[url=http://www.simpolitique.com/post188450.html#188450]Chapitre I. - Informations générales[/url] [url=http://www.simpolitique.com/post188453.html#188453]Chapitre II. - Emblèmes nationaux[/url] [url=http://www.simpolitique.com/post188666.html#188666]Chapitre III. - Cartographie[/url]
Géographie physique
Géographie administratives et des populations
[url=http://www.simpolitique.com/post188667.html#188667]Chapitre IV. - Institutions et principes généraux de gouvernement[/url]
Les institutions, entre traditions et modernisme nécessaire
Les relations étrangères, ou le difficile dilemme du choix des partenaires
[url=http://www.simpolitique.com/post212490.html#212490]Chapitre V. - Histoire[/url]
Le Schlessien au temps de l'empire de Naepolis
Une intégration de force à l'empire de Naepolis que les soulèvements empêchent
Le développement des sciences et des arts
Les Grandes invasions, l'acte de naissance de la culture germanique
Tötsches et Schlasches, le long périple vers le sud
La chute de Naepolis et l'arrivée des premiers peuples germaniques
Le Moyen Âge et l'impossible union
La constitution des premiers royaumes
La maison de Wittelsbach à la conquête du futur Saint-Empire
Le lent délitement du pouvoir impérial au cœur de l'ascension des grands seigneurs
Le Schlessien, ou le Saint-Empire constitué
Le Royaume de Braunschweig devient la principale puissance de l'île
François Joseph, l'artisan de l'achèvement de la construction impériale
Le Saint-Empire à la conquête de nouvelles terres
Chapitre VI. - Culture, patrimoine et société
Le Schlessien, terre d'art et de raffinement
Un patrimoine fortement influencé par une histoire monarchique et germanique
La tradition et le conservatisme, valeurs cardinales de la société schlessoise à travers les âges
Une absence de cosmopolitisme marquée
Le sentiment d'être un peuple élu
La Foi et le Christianisme au cœur de la vie quotidienne
Chapitre VII. - La famille impériale
Ses membres, dignes héritiers d'une grande dynastie
Ses palais, châteaux et lieux de résidence, symboles de leur puissance
Sa cour qui réunit ce que l'Empire compte de plus influents personnages
Chapitre VIII. - Economie et technologies Chapitre IX. - Système judiciaire et lois Chapitre X. - Système éducatif et enseignement supérieur
L'école schlessoise, une éducation publique qui garantit la transmission des savoirs
Une instruction donnée par des professionnels de l'éducation...
...qui s'inscrit dans une tradition religieuse de l'enseignement
Des savoirs et acquis de base qui permettent une orientation réussie et efficace
Les universités schlessoises qui dispensent des enseignements de grande qualité et préparent à la vie active
Dénomination officielle : Saint Empire Nom courant : Saint-Empire Langue officielle : Allemand Capitale : Wilhelmstadt Gentilé : Impériaux, Impériales Monnaie : Le Reichsmark (1$Rak=7,59RM) Population totale (2022): 138 959 333 habitants Superficie :
Schlessien métropolitain : 1 791 252 km²
Nordland : 433 751 km²
Wittenberghafen : 60 km²
Densité de population : ND Superficie en eaux : 5,3% Les grandes villes (aires urbaines, 2020) :
Wilhelmstadt (12 853 500 habitants),
Laugsburg (6 792 500 habitants),
Manhof (5 016 000 habitants),
Nordstadt (4 493 500 habitants),
Südhafenburg (4 075 500 habitants),
Friedrichshafen (2 717 000 habitants)
Worm (2 635 456 habitants)
Brünswick (2 00 777 habitants)
Katerinenhof (1 875 366 habitants)
Augsberg (978 369 habitants)
Dormagen (850 943 habitants)
Forme de l'État : Saint-Empire (monarchie absolue) Chef d'Etat : Sa Majesté Viktoria, par la Grâce de Dieu, Saint-Empereur Fête nationale : 18 janvier Idéologie politique : Conservatisme nationaliste, nationalisme catholique
Système économique : National-capitalisme Statut : Puissance mondiale (N1R2) Produit Intérieur Brut (2020) : 1 170 734 743 253 $US P.I.B par habitant (2021) : 8 425 $US Coefficient de Xi Jen (2021) : 0,160 (société méritocratique sociale) I.D.H (2020) : 0,877 (IRL : Espagne, Italie)
[img]http://img15.hostingpics.net/pics/707818DrapeauSchlessien.jpg[/img]
[url=http://img15.hostingpics.net/pics/538469DrapeauSchlessien.jpg](Cliquez sur le lien pour agrandir)[/url]</center>
SIGNIFICATION
L'or est symbole de noblesse, richesse et vertu. Ces trois
valeurs incarnent la monarchie impériale schlessoise. Elle est
l'une des plus ancienne et des plus illustres d'Alméra. Elle
constitue aussi l'une des plus riches ; dans son histoire comme
dans ses traditions. Sa vertu n'est plus à prouver. Depuis la
dynastie des Carlomans elle s'inscrit dans le plus grand respect
des préceptes du Seigneur.
L'aigle incarne la supériorité du Saint-Empire du Schlessien
sur les autres pays.
En effet, il peut régner sur les mêmes zones que le Lion
(représentation de la noblesse, de la bravoure, et de la force)
alors que ce dernier n'a pas de pouvoirs dans les airs. L'aigle
est un symbole impérial qui marque la suprématie.
L'aigle bicéphal est là pour marquer d'une part la souveraineté du
Royaume de Braunschweig, tandis que la deuxième tête incarne le
Saint-Empire dans son ensemble. On retrouve dans cet aigle à
deux têtes le symbolisme de l'aigle des Braunschweig.
Les auréoles qui coiffent les deux têtes de l'aigle symbolisent le
sacré de l'Empire. Béni de Dieu et adoubé par les descendants de
Saint Pierre à travers les âges, le Schlessien ne peut être que
d'essence divine.
Titre : [url=http://www.youtube.com/watch?v=3p39ulIfnzc]Gott erhalte Franz den Kaiser[/url]
Compositeur : Willibald Augustus von Staumdreher
Ecrivain : Wolfgang Georg Hansel
Date de composition : 1715
Adoption en tant qu'hymne : 2019
Paroles :
"Gott erhalte Franz den Kaiser,
Unsern guten Kaiser Franz,
Hoch als Herrscher, hoch als Weiser,
Steht er in des Ruhmes Glanz;
Liebe windet Lorbeerreiser
Ihm zum ewig grünen Kranz.
Gott erhalte Franz den Kaiser,
Unsern guten Kaiser Franz ! (bis)
Über blühende Gefilde
Reicht sein Scepter weit und breit;
Säulen seines Throns sind milde,
Biedersinn und Redlichkeit,
Und von seinem Wappenschilde
Strahlet die Gerechtigkeit.
Gott erhalte unsern Kaiser,
Unsern guten Kaiser Franz ! (bis)
Sich mit Tugenden zu schmücken,
Achtet er der Sorgen werth,
Nicht um Völker zu erdrücken
Flammt in seiner Hand das Schwert:
Sie zu segnen, zu beglücken,
Ist der Preis, den er begehrt,
Gott erhalte unsern Kaiser,
Unsern guten Kaiser Franz ! (bis)
Er zerbrach der Knechtschaft Bande,
Hob zur Freiheit uns empor!
Früh' erleb' er deutscher Lande,
Schlessischer Völker höchsten Flor,
Und vernehme noch am Rande
Später Gruft der Enkel Chor:
Gott erhalte unsern Kaiser,
Unsern guten Kaiser Franz !"
[img]http://img11.hostingpics.net/pics/275674Carteadministrative1.jpg[/img]
([url=http://img11.hostingpics.net/pics/907514Carteadministrative1.jpg]Cliquez sur le lien pour agrandir[/url])</center>
Le Saint-Empire du Schlessien (C8) est un archipel dont les îles sont principalement localisées en Alméra occidentale. A travers le Rheinland-Pfalz, le Schlessien dispose de terres continentales. C'est néanmoins la seule région non insulaire du pays. Le Rheinland-Pfalz a une frontière commune avec la République du Valacida (C5). Le Östliche Meerenge (détroit de l'est) constitue une frontière maritime avec le Royaume Canoviste du Numancia (C20) et la République de Terra Nostra (C18). La province du Nordland (D26, non représentée sur la carte), au nord Vicaskaran, a des frontières maritimes avec les Etats-Unis de Pelabssa (D27) et la République d'Efstland (D30). Elle constitue une possession d'outre mer du Saint-Empire du Schlessien intégrée à l'administration territoriale de la métropole.
Composé d'une multitude d'île, l'archipel du Schlessien constitue le plus grand pays insulaire d'Alméra et l'un des plus grand au monde. Ses nombreuses possessions ultramarines sont un atout majeur. Ainsi, elle contribuent à garantir la souveraineté sur le territoire entier ainsi que maritime. La position centrale en Mer d'Adélie est une composante majeur de la politique internationale du Saint-Empire. L'Archipel de Poel, par exemple, situé au nord-est des côtes schlessoises, ainsi que l'île de Pehrman constituent en Alméra les parties de terres les plus éloignées de l'île principale sur laquelle s'exerce la souveraineté impériale et contribuent à ce que le Schlessien dispose d'une importante zone maritime exclusive.
<center>CARTE DES POPULATIONS
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([url=http://img15.hostingpics.net/pics/655070Densitpopulation.jpg]Cliquez sur le lien pour agrandir[/url])</center>
Rouge : Aire urbaine de très forte densité de population Orange : Zone de forte densité de population Orange brûlé : Zone de moyennement forte densité de population Bleu : Zone de moyenne/faible densité de population
Le Saint-Empire du Schlessien est un pays dont la majorité de la population se concentre dans les villes. Ainsi, pour rappel, 71% des Schlessois vivent dans une agglomération ; tandis que 29% vivent dans des zones rurales. Cela s'en ressent en observant les cartes des populations. Avec ses presque treize millions d'habitants l'aire urbaine de Wilhelmstadt est la plus importante communauté urbaine de l'Empire. Regroupant des individus de provenance très diverses (il faut ici comprendre que de nombreux citadins viennent d'endroits variés du pays et non que c'est une métropole cosmopolite), elle est le véritable cœur politique, culturelle, et économique du Saint-Empire. Les politiques urbaines ont permis d'y d'attirer certains groupes étrangers, en plus des consortiums nationaux, qui ont pris la décision d'installer leur siège alméran dans la capitale schlessoise. Pourtant, le centre historique de la ville, ce qu'on peut appeler le « Wilhelmstadt intra-muros » ne compte que trois millions d’habitants. Le reste de la population se concentre dans les villes construites autour de la mégalopole. Les réseaux de transport en commun y sont développés, et la municipalité fournit d’importants efforts pour y faciliter au maximum le transport grâce au métropolitain, bus et autres moyens de transport ferrés. Les autres grandes villes schlessoises, tel Laugsburg, Manhof ou Norstadt disposent également d’un des meilleurs réseaux de transport urbain d’Alméra occidentale.
En analysant la carte, on se rend rapidement compte que la majorité de la population se répartit sur le littoral. Ainsi, les villes sont des lieux de forte concentration, tandis que plus on s’enfonce vers le centre du pays, et notamment vers le Schiefengebirge ou le Zittau Gebirge, moins la concentration est importante. La façade est de la Grosse Engelbucht reste étonnamment faiblement peuplée, ce qui y a permis le développement d’une forme de tourisme balnéaire. On s’aperçoit également que les littoraux et les fleuves sont des endroits le long desquels de nombreux Schlessois ont élus domicile.
<center>CARTE CLIMATIQUE
[img]http://img15.hostingpics.net/pics/891153Carteclimats1.jpg[/img]
([url=http://img15.hostingpics.net/pics/856590Carteclimats1.jpg]Cliquez sur le lien pour agrandir[/url])</center>
Le Schlessien présente cinq climats différents.
Le climat méditerranéen fait partie des climats dits « tempérés », ou « tempérés chauds ». Il se caractérise par des étés chauds et ces ainsi que des hivers plutôt doux mais humides. Cette particularité s’explique par la position intermédiaire de la pointe sud du pays qui est soumise à des dépressions tempérées et des anticyclones subtropicaux. La saison froide est donc humide tandis que la saison chaude reste chaude et sèche et subie un temps peu variable. La sécheresse estivale est une caractéristique du climat méditerranéen. Pendant les mois les plus chauds, les précipitations deviennent rares voire inexistantes, et le ciel est lumineux et dégagé. En revanche, les hivers sont bien arrosés dans les régions peu abritées des influences maritimes. L'autre caractéristique des précipitations de ce genre de climat est leur faible fréquence et leur intensité. Si les cumuls annuels moyens sont compris entre 300 et 1 000 mm la fréquence est faible. Ainsi, il pleut en moyenne moins de 100 jours par an. Les températures élevées favorisent de développement d'orages violents quand la masse d'air devient instable. Ce climat particulièrement chaud permet une culture de certains agrumes ou plus rarement d’olives. Ces pratiques agricoles restent toutefois très limitées et les récoltes de ces espèces plutôt maigres.
Le climat océanique, appartenant à la zone tempérée, se caractérise par des hivers doux et pluvieux et des étés frais et relativement humides, sachant que le maximum de précipitations se produit durant la saison froide. Un des traits majeurs de ce climat se caractérise aussi par son évolution progressive dès que l'on s'éloigne des façades maritimes, avec des traits de plus en plus continentaux. Seules les régions côtières connaissent un climat véritablement océanique, l'intérieur des terres étant caractérise par un climat continental dans le cas schlessois. Les précipitations paraissent beaucoup plus abondantes qu'elles ne le sont : leur total annuel ne dépasse guère le mètre, mais elles se répartissent sur toute l'année et tombent souvent sous forme de bruine ou encore en brouillard dense, avec un maximum en saison froide
Le climat continental est un climat qui concerne des régions éloignées du littoral. Plus on s'éloigne de ce dernier, plus le climat océanique se dégrade : les précipitations diminuent, les hivers sont plus froids que sur la côte. Il n’est pas rare que le thermomètre descende plutôt largement sous la barre du zéro. La végétation y est très variée. Les forêts mixtes s’y composent majoritairement d’arbres à feuille et de conifères. Le bouleau, le chêne, le tilleul, l’érable sont les principales catégories de feuillus, tandis que le pin, le sapin, le thuya ou l’épinette composent l’espèce des conifères.
Le climat alpin est défini comme le climat des régions situées au-dessus de la limite des arbres. Le climat devient plus froid à mesure que l'altitude augmente. L'air a tendance à se refroidir quand il monte, parce qu'il s'étend. La variation thermique de l'air avec l'altitude est de 10 °C par kilomètre d'altitude. C'est ce qui explique que monter de cent mètres en montagne est à peu près équivalent à un déplacement de quatre-vingts kilomètres en direction du pôle. Ainsi le Schlessien n'est pas épargné par ce phénomène à mesure que l'on gravit les montagnes.
Le climat montagnard est un climat propre aux diverses régions de haute montagne, indépendamment de la zone climatique où elles se situent. Il se caractérise par des hivers très froids et des étés frais et humides.
Dans chaque zone climatique, les rythmes thermiques et pluviométriques du milieu montagnard sont proches de ceux des plaines voisines, mais les températures sont plus faibles, et les précipitations augmentent au moins jusqu'à une altitude qualifiée d'optimale. L'exposition et la vigueur du relief apportent aussi des nuances importantes.
La pression atmosphérique et la densité de l'air diminuent avec l'altitude car l'air a tendance à se tasser au voisinage de la surface du globe. La respiration y devient plus difficile qu'en basse altitude. Ce phénomène se renforce à mesure que l'on monte en altitude.
<center>CARTE DES FEODALITES
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([url=http://img4.hostingpics.net/pics/524528Cartefodalits.jpg]Cliquez sur le lien pour agrandir[/url])</center>
1.- Marquisat de Diepholz ; 2.- Comté de Roggenburg ; 3.- Principauté archiépiscopale de Schwarzenberg ; 4.- Seigneurie de Klettgau ; 5.- Marquisat d'Ellwangen ; 6.- Principauté de Lobkowitz ; 7.- Seigneurie de Gandersheim ; 8.- Seigneurie de Bernburg ; 9.- Comté de Passau ; 10.- Comté d'Alschausen ; 11.- Comté de Dagsburg ; 12.- Marquisat de Nördlingen ; 13.- Marquisat de Sayn-Altenkirchen ; 14.- Comté de Reutligen ; 15.- Comté de Reipolskirhcen ; 16.- Marquisat d'Oldenburg ; 17.- Comté de Münster ; 18.- Comté de Justingen ; 19.- Électorat d'Haussen ; 20.- Principauté épiscopale d'Issemburg ; 21.- Comté d'Überlingen ; 22.- Comté de Waldeck ; 23.- Principauté de Thengen
Le Saint-Empire du Schlessien s'est construit sur la théorie du « fer et du sang ». C'est-à-dire que l’union des royaumes et principautés composant à l’époque le Schlessien géographique ont progressivement été soumis par le Royaume de Braunschweig. Cette histoire se fait ressentir dans l’organisation territoriale du Schlessien, où ont perduré les anciennes possessions nobiliaires. Les princes, ducs et comtes gardent aujourd’hui un pouvoir politique et administratif dans leurs territoires, tout en ayant juré fidélité et soumission au Saint-Empereur. Ils peuvent lever des impôts locaux, avec l’assentiment du Landtag (diète régionale) de leur province. Ils sont également en charge de l’application des décisions impériales ainsi que des textes votés et promulgué par le Parlement impérial et leur souverain. Ils ne possèdent en revanche aucun droit sur les individus vivant sur leurs terres, sujets de l’Empereur seul.
On retrouve parmi les féodalités actuelles d'anciens royaumes jadis puissants et ayant rivalisé avec ce qui deviendra plus tard, au 18e siècle le Saint-Empire du Schlessien. Ainsi, les royaumes de Würtemberg, de Hohenzollern ou de Hanovre, ainsi que le duché de Croÿ ou les principautsé de Battenberg et de Metternich constitue à ce jour les fiefs des plus illustres familles nobles schlessoises. Elles ont fourni nombre d'épouse de membres de la famille impériale tout en réussissant à faire vivre à travers les âges leur souveraineté territoriale.
Les institutions, entre tradition et modernisme nécessaire
Lee Saint-Empire est une monarchie absolue. Les institutions schlessoises se fondent sur quatre grands principes de gouvernement : la forme monarchique impériale, à laquelle le caractère divin de la charge du souverain confère une légitimité, la religion, la tradition, considéré comme le socle de la société et sans laquelle il ne peut y avoir de stabilité institutionnelle, et le partage du pouvoir par la seule volonté et expression de l’Empereur qui accorde gracieusement une constitution.
Ainsi, le préambule de la Charte constitutionnelle exprime dès ses premières lignes ces quatre fondements. Tout pouvoir provient de Dieu et lui seul peut le reprendre par la mort. Le devoir du souverain est de conserver, dans le seul intérêt de l'Empire et de ses peuples, les grandes prérogatives que lui confère la Couronne. Cette dernière ne peut être affaibli au profit d’autres institutions, que selon la volonté du monarque, qui par sa naissance et son sacre est le représentant de Dieu sur le trône impérial. Il veille donc à la stabilité et la force des institutions.
LE POUVOIR EXECUTIF
L’Empereur
Il est l’incarnation vivante du Saint-Empire et le représentant mortel du Seigneur en ce bas monde. Symbole de continuité et de permanence de l’Etat, il est le chef de l’Etat et détient à ce titre le pouvoir exécutif qu’il partage avec son Gouvernement. Il revient au souverain la charge de diriger aux destinées du pays en garantissant le juste fonctionnement des institutions et la bonne application des lois qu’il fait ou qui sont faites en son nom. Toutes les nominations civiles et militaires sont en son nom et sont l’expression de sa volonté. Lui seul dispose du pouvoir de nomination, qu’il peut déléguer le cas échéant aux ministres qu’il institue. Incarnation de la parole du Saint-Empire, l’Empereur garantie les traités et s’assure de faire la guerre et la paix, selon sa volonté et dans le seul intérêt de ses peuples. L’initiative des lois lui revient. A ce titre, conscient de sa qualité d’homme, il la délègue, s’il le souhaite, à son Gouvernement qui l’exerce alors en son nom. Le souverain dispose également d’un pouvoir référendaire dont il use pour interroger les sujets sur des questions de politique nationale ou internationale.
Les Ministres de la Couronne
Ils forment le « Gouvernement de Son Altesse impériale » aussi appelé « Gouvernement de la Couronne ». Selon l’article 63, Titre VIII de la Charte constitutionnelle, « il détermine et conduit la politique de la nation. Il dispose de l’administration. Il est responsable devant l’Empereur ». Composé d’un nombre variable de ministres, le Gouvernement est dirigé par un Chancelier. Ce dernier est nommé par le monarque qui peut, selon son bon vouloir, lui demander la démission de son équipe ministérielle. Si ce dernier est le chef du gouvernement, il ne préside pas le conseil des ministres. Cette prérogative revient à l’Empereur. Les ministres se prêtent à raison d’une fois par semaine de session du Parlement à des séances de question au gouvernement. Ces dernières permettent aux parlementaires de l’évaluer et de le critiquer. Sur l’initiative du Chancelier, le gouvernement peut engager devant l’Assemblée impériale sa responsabilité sur son programme ou sur une déclaration de politique générale. En cas de vote de censure, et si l’Empereur refuse la démission de son gouvernement, alors il peut dissoudre la chambre basse.
LE POUVOIR LEGISLATIF
Le pouvoir législatif est délégué par l’Empereur au Parlement impérial qui l’exerce concurremment avec le gouvernement.
La Chambre des Nobles
La Chambre des Nobles siège au Herrenhausgebäude (Bâtiment de la Chambre des Nobles). Elle est composé de maximum 398 membres tous nommés par le monarque. Les princes de l’Empire (membres de la famille impériale) et le prince impérial (héritier) qui ont atteinte leur seizième année, les titulaires d’une grande dignité de l’Empire ainsi que les sujets jugés dignes d’être élevés au rang de Noble. Elle est présidée par l’Empereur, ou à défaut par le grand-électeur. En plus de ses fonctions législatives, la chambre haute fait office de garant des libertés individuelles garanties et accordées par la loi. La Chambre des Nobles statue en première lecture avant de transmettre les projets et propositions de loi à l’Assemblée impériale. Elle dispose d’un pouvoir d’amendement qui lui permet de modifier les textes qui lui sont soumis.
L’Assemblée impériale
L’Assemblée impériale est élue au suffrage universel direct par les sujets disposant de leurs droits civiques. Elle rassemble jusqu’à 877 députés qui disposent du pouvoir législatif. Cette chambre basse représente les électeurs. Si ses pouvoirs sont limitées, elle n’en reste pas moins un symbole pour de nombreux sujets. Son siège est le Heldenhaus (Maison des Héros). L’Assemblée impériale débat sur les projets et propositions de loi en seconde lecture. La chambre basse peut également modifier par voie d’amendement les textes qui lui sont proposés après modification à la Chambre des Nobles. Si l’adoption n’est pas exactement conforme à la version qui lui a été proposée, une commission parlementaire de conciliation rassemblant le même nombre de Nobles que de députés et respectant les rapports de force entre les différentes formations politiques statue. En cas de non résolution, c’est la Chambre des Nobles qui a voix prépondérante et qui vote la loi.
LE POUVOIR JUDICIAIRE
Voir Chapitre IX - Système judiciaire et lois
Les relations internationales, ou le difficile dilemme du choix des partenaires
Grande puissance qui s’assume de plus en plus comme telle, le Saint-Empire fut membre fondateur de la Sainte-Alliance. Ses valeurs et convictions sont celles du conservatisme, de la défense de la Foi catholique et de la réunion des Eglises orthodoxe et urbaine. A ce titre, sa participation à cette grande organisation internationale se justifie pleinement. Les anciens pays-membres de la Sainte Alliance sont ainsi au cœur de la diplomatie du Saint-Empire. Le Royaume du Thorval, le Royaume Canoviste de Numancia, le Commonwealth d’Oceania, ou encore le Royaume du Coorland sont les principaux partenaires de l’Empire. Les partenariats que le Saint-Empire signe sont en conséquence largement imprégnés du tissu de valeurs qui font le pays et sa société. Pourtant, si tout porte le Saint-Empire vers des états conservateurs, catholiques et traditionnalistes, le gouvernement a pourtant ouvert sa diplomatie à des partenaires qui initialement n’auraient pas été considérés comme des interlocuteurs possibles. Il existe également dans la société un fort ressentiment souverainiste, et à certains égards nationalistes. Cela a pour conséquence que beaucoup de sujets se méfient de l’étranger, et cette méfiance se renforce à mesure que l’on quitte le continent, l’Alméra occidentale.
La Sainte Alliance est le noyau de toutes les initiatives diplomatiques et internationales du Saint-Empire. Les accords qui le lient à ses alliés sont nombreux. Politique tout d’abord puisque chacun a accepté en adhérant à l’Alliance de renoncer en quelque sorte à une forme de totale liberté dans le choix de ses partenaires. L’article 17 de son traité fondateur invite en effet tous les membres à s’engager à respecter des valeurs, des autorités et la chrétienté dans leur action diplomatique, mais également intérieure. C’est ce que le Saint-Empire s’applique, à chaque instant, de respecter. Dans le cadre des accords de la Sainte Alliance, tous les états-membres participent au financement de l’action commune. Cette dernière peut prendre la forme de fond de solidarité pour le développement, d’apporter un soutien militaire en cas d’agression externe ou si de forts troubles intérieurs compromettent l’ordre public et ainsi de suite. Chaque année, ce sont presque un milliards de dollars pelabssiens qui partent dans le financement des actions de l’Alliance. Cela fait du Saint-Empire l’un des plus importants contributeurs net annuel.
La récente attaque avec des armes de destruction massive durant la Guerre Patriotique qui opposa le Quantar, les Etats-Unis et l’Albion à l’ancien Rike Av Lochlann et au Saint-Empire contribua à refaçonner en profondeur la diplomatie almérane. Là où existait auparavant avec le Quantar et l’Albion une sorte de neutralité plus ou moins bienveillante et une collaboration sérieuse avec les Pelabssiens est apparu une politique hostile. Pour Wilhelmstadt, le génocide perpétré par les autorités d’Hellington est considéré comme une limite qui a été franchie et constitue un crime dont l’horreur ne pourra être oubliée. Le Lochlann a été contraint d’abandonner les hostilités, alors même que sur tous les fronts l’Alliance était victorieuse. La chute des responsables lochlannais a contraint le Saint-Empire à pourvoir à cette absence d’organes de décision. Ainsi, la longue période de reconstruction a débuté avec le soutien actif du Saint-Empire, qui a réussi, à installer sur le trône du désormais Grand-Duché du Lochlann l’héritière de la couronne impériale. A terme, lorsque cette dernière deviendra impératrice s’opèrera une union personnelle des couronnes. En Alméra occidentale, l’objectif reste le renversement des institutions albionnaises et un apaisement avec la République fédérale du Quantar. Ce but a été validé lorsque les forces socialistes ont pris le pouvoir en Albion.
Les ennemis du Saint-Empire ne sont pourtant pas nécessairement libéraux. En effet, s’engageant pour la foi catholique et l’Eglise, ce dernier voit d’un très mauvais œil les actions du Pacte qui rassemblent les états communistes (Eran, Kirkstan, Thaliboz ou encore le Kirep). Ainsi, la encore, l’endiguement de la propagation du bolchevisme reste dans le viseur du Gouvernement de la Couronne. La Rostovie et ses satellites (Juvna en tête) représenteraient aux yeux des autorités de l’Empire toutefois une menace supérieure. Aucune relation n’existe entre ces différents états et Wilhelmstadt. Il se dit en revanche dans les couloirs des ministères et des palais que l’Empereur s’entretiendrait régulièrement avec les autorités rostoviennes en exil. Nina Saratova et les représentants de l’Eglise orthodoxe de Rostovie constituent des alliés de poids dans le renversement du Rovostran et du communisme en Alméra orientale. La chute de Kirov et Terrienkov reste ainsi l’objectif principal de l’ensemble des services impériaux.
A côté de ces relations conflictuelles, le Saint-Empire a mis en place un réseau diplomatique influent, notamment dans les pays germaniques. Considérés comme représentant de cette culture, ses liens historiques avec le Litzburg et le Schwartzland renforcent cette image positive dans le monde nordico-germanique. Ancienne possession de la Couronne, le Grand Duché de Litzburg constitue un très proche allié schlessois, bien que sa puissance militaire et économique reste pour l’heure encore timide. Le Schwartzland en revanche incarne aux yeux du Saint-Empire un sérieux atout pour la défense de la cause conservatrice et germanique en Alméra du nord. Si le Lochlann est entré dans le giron impérial, le Schwartzland a vocation, selon la diplomatie impériale, à garantir l’inviolabilité de l’Alméra face aux assauts répétés des forces « progressistes ». Il obtiendrait, toujours selon de nombreux diplomates, toute l’assistance dont il pourrait avoir besoin dans cette réalisation. Economique, culturelle, politique et militaire si nécessaire. A côté des ces états germaniques, le Saint-Empire a des relations cordiales avec l’Empire de Kaiyuan et l’Empire du Raksasa. Ces deux pays makarans représentent une opportunité dans le contrebalancement de la puissance rouge. Le premier notamment au Zanyane par une étroite coopération pour le développement, dans le cadre de l’Organisation Mondiale de Lutte contre la Pauvreté (OMLP) et le second par une active politique de puissance visant à contrecarrer les ambitions mondiales du communisme.
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[url=http://img11.hostingpics.net/pics/547028Relationsinternationales.jpg](Cliquez sur le lien pour agrandir)[/url]</center>
Rouge bordeaux : hostilité manifeste Orange : tensions, voire conflit diplomatique sérieux Gris : neutralité Vert pâle : bonnes relations, nombreux partenariats Vert foncé : très bonnes relations, coopération multilatérale intense Jaune pâle : allié ou état vassalisé Jaune foncé : état-membre de la Sainte Alliance
Une intégration de force que les soulèvements empêchent
Au Ier siècle avant Jésus Christ la Raetia (péninsule englobant aujourd’hui le Saint-Empire du Schlessien) est habitée par différents peuples barbares. Les Jastorfs, originaires du continent et ayant débarqués en Raetia vers 350 avant notre ère, ont au fil des décennies soumis toutes les peuplades qui vivaient jusqu’alors sur l’île. L’empire de Naepolis s’étend à cette époque sur le continent à l’ouest de la péninsule. Rassemblant sous l’aigle et son faisceau le plus grand espace jamais conquis et soumis à une seule puissance que l’humanité n’ait connu, il est alors un centre de la philosophie, des sciences, des mathématiques et du savoir. Avec une armée redoutable, basée sur des légions obéissantes et à la pointe de la modernité militaire de l’époque, il lorgne depuis plusieurs années sur la « province barbare de Raetia». En 43 après Jésus Christ, à l’initiative de l’empereur naepolitien, le sénat ordonne que soit levée une armée pour marcher sur la péninsule. C’est le début de la conquête naepolitienne de la Raetia. Ce n’est pourtant pas la première fois que l’empire, dont le cœur politique est l’Urba d’aujourd’hui, tente d’imposer sa domination. Durant le siècle précédent, le consul naepolitien Augustinus Octavius avait mené une expédition, restant sans lendemain, mais qui avait permis de commencer à inclure l’ouest de l’archipel dans la sphère d’influence d’Urba. Installant des relations commerciales et diplomatiques, le sénat en profitera pour préparer ses conquêtes depuis ces bases avancées. C’est l’empereur Pertinax (41 après Jésus Christ à 53 après Jésus Christ) qui souhaitait lancer l’invasion de la Raetia, pont maritime vers l’Alméra centrale. Le sénateur Aulus Plautaius obtint le commandement suprême de quatre légions et environ 30 000 auxiliaires pour soumettre ces contrées. Les troupes parties d’Urba débarquent à Putupiae, sur la côte nord ouest. Pourtant, les historiens ne sont pas parvenus à déterminer exactement le lieu de débarquement. Se basant sur des témoignages d’époque et les archives du sénat urbain, ils en ont conclu cette information. Pour certains, l’armée aurait atteint les terres au niveau du site archéologique actuel de Putupiae, pour d’autres, elle aurait débarqué plus au sud, au royaume de Verica, dans l’embouchure de l’Elorn.
Une importante armée de Jastorfs livra bataille aux légions de l’empire près de Nerviorum, sur le fleuve Elorn. Les combats firent rage pendant deux jours, et étant donné son rôle crucial dans ces derniers, le consul Asidius Geta reçut les ornements triomphaux. Les Jastorfs furent chassés par delà les montagnes du Schiefergebirge par les légions naepolitiennes qui leur infligèrent de lourdes pertes. Le chef barbare Togodumnos fut vaincu et gravement blessé, il mourut peu après. Les légionnaires conquirent et balayèrent l’ouest de l’île, prenant jusqu’à la capitale Urvoea Magna. Le roi des Jastorfs s’enfuit vers l’est pour continuer la résistance. Le sénateur Aulus Plautaius, âgé, mourut durant la campagne. L’empereur Pertinax prit personnellement le commandement et poursuivit la guerre en pourchassant ses ennemis. Réduisant en esclavages nombre de soldats vaincus, c’est près de Carnuntum (l’actuelle Südhafenburg) qu’il défit son adversaire, soumettant ainsi l’île toute entière à son autorité. Le roi Arminius est fait prisonnier et l’empereur le ramène à Urba, où il défilera enchaîné derrière le char de Pertinax qui fut accueilli triomphalement. En 47 après Jésus Christ, les Naepolitiens ont balayé toute résistance et entièrement conquis l’archipel. L’île de Corintium (Stralsund actuel) fut maîtrisée la dernière année de la campagne, mais ce n’est que deux ans après la fin officielle de celle-ci qu’elle est considérée comme pacifiée. En 53, à la mort de Pertinax, l’empereur Septime monte sur le trône. Les proconsuls Caius Veranio et Quinto Suetonis déclenchent une offensive pour conquérir les derniers îlots encore non-soumis. Le dernier bastion barbare tombe en 54 après Jésus Christ. Les légions prirent soin d’écraser la rébellion quelle qu’elle soit. Matant les chefs autochtones un peu trop autonomes, ces derniers préfèrent souvent le suicide à la captivité. Pourtant, jamais au long des deux siècles de domination latine, les Naepolitiens ne parviendront totalement à intégrer ces contrées. Devant souvent faire face à des soulèvements, de nombreuses escarmouches éclatent entre les légions qui occupent l'île et les guerriers barbares. L’assujettissement des peuples proto-germaniques de Raetia ne fut qu’une réalisation en apparence. En mettant en place une stratégie fondée sur la guérilla et le harcèlement Ottoninus s’imposa rapidement comme un chef important pour les Jastorfs. Il ne parvient toutefois jamais à faire céder l’envahisseur. Tout au plus réussit-il à démoraliser sérieusement les légions stationnées à l’ouest. Son ultime victoire il la remporta près de la forêt de Graupicus. A partir de 70 après Jésus Christ, la région peut être considérée comme pacifiée, malgré les troubles mineurs qui l’agitaient sporadiquement tout au long des siècles suivants et qui grandirent avec le déclin de l’empire.
Le développement des sciences et des arts
Si l’occupation se fit dans la violence, la présence de l’empire de Naepolis permit un vif et rapide essor des arts, lettres et sciences. Apportant ses savoirs et ses technologies, les Naepolitiens permirent une modernisation conséquente de la Raetia. La technologie était l’un des éléments les plus importants de la civilisation naepolitienne. Elle fut sans doute la plus avancée de l’Antiquité. Si les civilisations makaranes ont également atteint d’importants niveaux de développement scientifique, les historiens s’accordent à dire que c’est surtout en Alméra qu’ont été observées les principales découvertes. La technologie a permis la croissance démographique de l’empire tout en lui permettant de se doter d’une grande puissance économique et militaire qui favorisa la conquête de l’Alméra. Lors de l’invasion de la Raetia, diverses inventions propres à Urba firent leur apparition sur la péninsule et l’île se réorganisa. De nouvelles cités furent créées, sur la base des tribus existantes. Parfois, un centre urbain était déjà existant et l'agglomération se fondait dessus tandis que d'autre fois, un nouveau centre était fondé par déplacement de population. Les historiens schlessois ignorent où se trouvait réellement la capitale provinciale à cette époque : certains auteurs penchent pour Urvoea Magna, sans doute fondée dans le courant du deuxième siècle avant Jésus Christ- d'autres avancent Eburacum. Un important réseau de routes fut construit dans le pays, tandis qu'une hiérarchie de fonctionnaires assurait l'administration et que l'armée faisait régner l'ordre. Les liaisons avec le continent s’opéraient par Putupiae depuis l’ouest et Venta Silitum depuis l’est. L’activité et l'exportation minière restait importante : mines de plomb argentifère, d’or, de cuivre, d’étain, et même de fer et de charbon. A l’époque la Raetia disposait d’importantes réserves de minerais, qui avec le temps se sont presque toutes épuisées. Le latin fut introduit comme langue véhiculaire pour les fonctionnaires et les populations locales. La latinisation resta cependant plutôt superficielle et a surtout concerné le bassin d’Urvoea Magna. Les vieux fonds germaniques perdurèrent pendant toute la durée de l’occupation, pendant près de deux siècles. Les Jarstofs continuèrent de parler leur langue germanique, sauf pour les élites locales qui généralement devinrent bilingues. La latinisation obtint un franc succès parmi cette catégorie d’individus qui y voyaient là une marque de raffinement et de civilisation. L’écrivain naepolitien Tacite écrivit :
<center>« En fait, les populations locales et rurales ne furent pas assimilés par les occupants. La langue latine resta une langue étrangère, sans doute nécessaire pour les relations avec les Naeopolitiens. La latinisation des villes fut plus importante, mais pas au point de faire changer de langue les habitants »</center>
Les réalisations naepolitiennes étaient pour la plus part des réalisations d’artisans et pour les plus imposantes celles de savants architectes, formés par un système d’apprentissage que l’empire amena avec lui lors des conquêtes. Le compagnonnage qui apparut au Moyen Age est directement hérité des pratiques de l’empire de Naepolis. Tous les maîtres artisans ne donnaient leurs secrets qu'à leurs apprentis de façon à éviter la concurrence d'autres artisans et à assurer par leur réputation de maître, le recrutement des meilleurs apprentis. Cependant, cela suffit pour que rapidement de nouvelles constructions soient lancées en Raetia. Viaducs, ponts, routes et canaux importants permirent un développement économique, et parallèlement démographique, important. L’introduction des unités de mesures de Naepolis permirent une transmission améliorée des savoirs. La médecine a également connu des progrès notable. Héritant des pratiques helléniques, l’empire de Naepolis utilisaient des techniques variées qui faisaient appel à divers instruments et pratiquaient également des rites religieux. L’origine se situe dans la croyance que de nombreuses maladies avaient une explication surnaturelle. Contrairement aux civilisations helléniques, qui voyaient dans la santé une affaire personnelle, le gouvernement de Naepolis encourageait fortement la santé publique. Aussi, à côté d'une médecine privée, s’était instituée une communauté médicale publique et les autorités croyaient à la prévention des maladies en améliorant les conditions sanitaires par la construction d’aqueducs pour amener l’eau dans les villes, la construction de bains publics et de réseaux d’évacuation des eaux usées. Beaucoup de grandes villes, comme Urba, se vantèrent de posséder un système d'égouts performant, ce qui se fera de mieux dans le monde occidental jusqu'à la fin des XVIIe et XVIIIe siècles. La Raetia n’échappa pas à ces progrès qui expliquent les grands bouleversements dans le taux de mortalité qui baissa fortement à partir de la conquête par Naepolis. L’ophtalmologie, l’urologie et d’autres spécialités médicales furent appliquées dès le Ier siècle après Jésus Christ. Les chirurgiens disposaient de matériel médical avancé : pinces, scalpels, cathéters ou extracteurs à flèche. La désinfection des instruments par l’utilisation d’eau bouillante fut également une pratique révolutionnaire pour l’époque. Les études de médecine étaient également une activité scientifique notable. Avec de brillants maîtres médecins, Naepolis forma de futurs excellents praticiens sur l’île. Grâce à ces découvertes et innovations, le niveau de vie et de santé publique grimpa rapidement.
D’un point de vue artistique, la présence des latins fut également un bouleversement dans la pratique des arts. Les historiens ont longtemps reproché à l’art naepolitien d’être une copie de l’art hellénique. Pourtant, des changements s’opérèrent au contact des nouvelles tribus soumises. La Raetia n’a pas échappé à ce phénomène. La latinisation dans le domaine artistique s’opéra également sur la péninsule, en intégrant des particularités germaniques. Les Urbains (habitants d’Urba, capitale de l’Empire) n'aimaient pas l'innovation. Le mot nova res désigne l'innovation ; c'était un mot dépréciatif, synonyme de révolution, c'est-à-dire ce qu'il y a de pire pour les Urbains. Pour eux il fallait, même dans le domaine de l'art, rester dans la tradition. En réalité tout changeait. Ces changements s'effectuent dans les provinces, loin d’Urba. Et ils reviennent à Rome avec une certaine ancienneté, et sont donc acceptés. La péninsule n’échappa pas à cela. Du point de vue des sculptures et de l’architecture, beaucoup de nouvelles constructions étaient largement inspirées de ce qui se faisait auparavant dans l’empire. Le savoir-faire architectural considérable de Naepolis explique cette tendance. Théâtres, amphithéâtres, arcs de triomphe, aqueducs et thermes sont les principales réalisations qui furent développées. Représentations même de la civilisation naepolitienne, ils rencontrèrent un vifs succès et leur développement se propagea rapidement. Souvent ornés de mosaïques et de fresques colorées et admirables, ils symbolisèrent le raffinement et la distinction d’un empire étendu et riche en diversités. La peinture murale se distingue en quatrestyles. Le premier plutôt oriental n’arriva jamais vraiment en Raetia, en raison de la conquête tardive de cette province, à un moment ou ce mouvement déclinait. Les trompes l’œil du deuxième style furent en revanche largement plébiscités par de riches notables et politiciens qui y voyaient là la maîtrise de cette technique découverte avec l’arrivée des premiers « colons ». Il ne tarda pas à décliner avec l’émergence à Urba du troisième style, qui se surchargeait d’ornements, en réponse à l’austérité du précédent. Il a eu une importance considérable dans l’histoire de l’art. Le dernier style fut sans doute celui qui rencontra le plus fort succès et la plus grande propagation dans les demeures. Il réalisait une synthèse entre le second style illusionniste et la tendance décorative et figurative du troisième style.
C'est également dans cette période d'occupation de la Raetia que se propagea une croyance nouvelle : le christianisme. D'abord persécutés, les Chrétiens étaient alors considérés comme une secte et ne rassemble pas 5% de la population totale de l'Empire. Pourtant, avec les années, les fidèles à cette nouvelle religion devinrent de plus en plus nombreux. Se cachant dans des catacombes, ou pratiquant leur culte le plus secrètement possible, ils finirent par rassembler une majorité des Naepolitiens. En 372 après Jésus Christ, alors que l'Empire était confronté à de nombreuses incursions barbares de plus en plus fréquentes, l'Empereur Dioclite Maximus voulut y voir le signe de Dieu qui sanctionnait son empire de ne pas se convertir. Il fit du christianisme la religion d'Etat et interdit toute idolâtrie, tout culte à des dieux païens, sacrifices et autres adorations de statues. Envoyant des missionnaires partout dans les provinces de l'empire, la Raetia vit son taux de chrétiens croître rapidement. L’évangélisation de l'Alméra commença pour ne se terminer qu'avec l'effondrement complet de Naepolis.
Les Grandes invasions, l’acte de naissance de la culture germanique
Tötsches et Schlassches, le long périple vers le sud
Installés au nord de l‘Alméra, là où se situe aujourd’hui le Lochlann et l’Albion, les Schlassches et Tötsches étaient des peuples vivant en confédération de tribus germaniques. Apparaissant pour la première fois dans les textes naepolitiens en 213, ils commencèrent à s’étendre vers le sud aux alentours de 250 après Jésus Christ pour se répandre ensuite sur un territoire couvrant une partie du Quantar, de l’Albion et du Swedmark où ils contribuèrent à la germanisation de ces régions précédemment latinisées ou partiellement sous domination de l’empire de Naepolis. La chute du premier empire lochlannais contribua à pousser vers le sud plus prospère ces peuples germaniques. Si ces mouvements étaient au départ plutôt anecdotiques comme en témoignent les récits retrouvés lors de fouilles archéologiques, c’est vers 309, emmenés par le roi germanique Ariovistinus que les Schlassches quittèrent véritablement et massivement leurs terres d’origine. A cette époque on assiste à un début de déclin du jusqu’alors hégémonique empire latin. Certaines peuplades barbares ont réussi à vaincre les puissantes légions naepolitiennes. Voulant profiter de cette opportunité pour asseoir sa domination sur le nord de l’Alméra, les Schlassches prennent les armes et marchent vers le sud. Franchissant les frontières de l’actuel Schwartzland, ils poursuivent leur migration vers la Mer d’Adélie. Rapidement ils réussissent à vaincre les légions et franchissent les limes germaniques. Pourtant, en s’enfonçant dans les territoires de Naepolis, les tribus schlassches voient leur victoire devenir moins certaine. Depuis Urba, l’empereur Octavius Tiberius a envoyé ses légions combattre l’envahisseur. Sur la plaine de Cassinius (actuel Litzburg) le roi Ariovistinus est contraint de livrer bataille face à un ennemi mieux organisé, plus nombreux et mieux équipé. Défait, il se replie vers le nord. Si historiquement cette invasion barbare est considérée comme une victoire naepolitienne, elle n’en reste pas moins la preuve que les puissantes légions ne sont pas invincible et que l’édifice impérial est plus fragile qu’il n’y paraît. En effet, pour défendre ses immenses possessions, Naepolis a été contraint de lever de nombreuses armées qui pèsent lourdement sur les finances de l’empire. L’économie s’en ressent et les caisses se vident dangereusement.
La chute de Naepolis et l’arrivée des peuples germaniques
Pour contrer les incursions barbares de plus en plus fréquentes, le sénat d’Urba accorde aux provinces frontalières une autonomie accrue. Espérant ralentir la désagrégation de son autorité, conséquence de son incapacité de plus en plus persistante à empêcher les invasions, l’empire de Naepolis accéléra en réalité sa perte d’influence dans le nord Alméra. Refoulé par les armées latines, les Schlassches confortent leur domination sur le nord. Vers 389, ils marchent sur les Tötsches et deviennent maîtres d’un vaste royaume s’étendant de l’est quantarien à l’ouest litzburgeois. Dominant les peuples qui vivaient jusqu’alors sur place, ils seront responsables d’une germanisation de cette partie de l’Alméra qui perdurera jusqu’à aujourd’hui. Profitant de l'affaiblissement de l’empire , résultat de l'anarchie militaire qui y régnait, et devant fuir vers le sud à cause de la refondation de l’empire lochlannais, les Schlassches, à la tête de tribus germaniques soumises ou alliés franchirent la mer d’Adélie en 403. Ils débarquèrent alors en Raetia. La péninsule était alors divisée en trois provinces. Sur la façade maritime nord, la Panonia, à l’ouest, sud ouest, la Caryntia, et à l’est, la Bravatia. Chacune était administrée par un proconsul, responsable de l’administration et de l’armée. Disposant de six légions pour couvrir les besoins défensifs de ces dernières, les Naepolitiens ne s’attendaient pas à voir arriver si vite des peuples barbares en Raetia. Faisant face à des incursions de plus en plus nombreuses et de plus en plus fréquentes, Naepolis fut contraint d’abandonner certaines possessions. Conscient que l’édifice impérial vacillait et qu’il était sur le point de s’effondrer à cause de l’impossibilité de le défendre à cause des vastes étendues sous son contrôle, l’empereur accorda leur autonomie à de nombreuses provinces. Le déclin était en marche. En 405, soit deux ans après le débarquement en Raetia, les légions naepolitiennes se préparaient à livrer bataille. Regroupant ses hommes sur le plateau d’Istengus, le général naeopolitien aligna environ cinq mille soldats face aux trois mille guerriers schlassches. A cette époque de décadence et de déclin de l’empire, les armées de Naepolis, bien qu’encore puissantes, ne ressemblaient plus aucunement à ce qu’elles avaient pu être à leur heure de gloire. En l’espace de quelques heures, les troupes impériales sont vaincues. Avec cette défaite, aux allures de massacres, le moral des légions est profondément atteint. reculant vers le sud et l’ouest, elles sont confrontées à des embuscades nombreuses qui finissent d’achever les derniers espoirs. Se livrant au pillage, au meurtre et au viol, les guerriers barbares sèment la terreur sur leur passage. Les prisonniers sont exécutés ou réduit en esclavage. Laissant ses hommes se livrer à tout genre d’exactions, Travis, roi des Schlassches, décide de livrer une ultime bataille. Lucius Flevetius écrivit à propos des invasions barbares en Raetia :
<center>« La violence n’avait pas d’égal. Jamais de mémoire d’homme le sang ne coula autant. Les femmes et les enfants ne furent pas épargnés. La civilisation naepolitienne fut confrontée à un déferlement de barbarie. Les hommes qui n’était pas réduits en esclavage, parce qu’incapables de travailler à cause de leur âge, leur santé ou leur infirmité étaient pour la plupart tués. ce n’est qu’une fois le corps d’armée de Naepolis vaincu que le calme revint, lorsque les guerriers barbares continuaient de s’avancer à l’intérieur de la Raetia »</center>
Regroupant le gros de ses forces au nord d’Urveo Magna, il doit faire face à 15 000 légionnaires. Dans un combat enragé, il parvient à défaire les reste de l’armée de Naepolis en Raetia. Son succès est tel que le consul commandant aux armées impériales préférant la mort au déshonneur de la défaite se donne la mort. Naepolis n’avait à partir de cet instant plus aucun contrôle sur sa province insulaire. Sentant l’opportunité, des royaumes se constituent à l’est. Occupant le nord ainsi que l’ouest de l’actuel Schlessien, Travis crée le Royaume des Schlassches. Maître d’une population majoritairement chrétienne, il se fait baptiser afin de s’en attirer la sympathie. Il contraint l’ensemble de ses soldats à l’imiter.
Le Moyen Âge et l’impossible union
La constitution des premiers royaumes
L’empire de Naepolis était sur le déclin. Partout ses frontières furent menacées par des incursions barbares. Le pouvoir urbain ne contrôlait plus ses limes le plus éloignées et profitant des faiblesses d’un état autrefois maître du monde connu, les peuples germaniques s’enfoncèrent à l’intérieur des territoires impériaux. Pillages, sacs, massacres et destruction étaient le nouveau destin de Naepolis. Après que les Schlassches se soient installés en Raetia, au début du Vème siècle après Jésus Christ, n’acquirent de nombreux royaumes dont ceux de Thüringie, d’Alamania ou Ulaid. Ces terres jadis sous domination naepolitienne furent conquises par les peuples germaniques venus de l’est Alméra qui profitèrent de la faiblesse de l’empire pour s’installer et édifier leurs principautés, royaumes et possessions. Au milieu de ces enchevêtrements de peuples, les Schlessches, conduit par le roi Travis Ier comprennent qu’il leur serait difficile de faire durer leur domination sans l'assentiment des peuples latinisés. Ainsi, son baptême en 406 à Broenica (actuel Wilhelmstadt) permet la collaboration des peuplades germaniques avec les élites naepolitiennes locales. Les historiens considèrent Travis Ier comme le fondateur de la première dynastie non latine durable et stable de l’histoire schlessoise : les Carlomaniens, du nom d’un des premiers ancêtres de Travis, et donc fondateur de la lignée.
La conversion de Travis constitue dans l’histoire du Saint-Empire un élément central qui explique l’attachement à la notion de droit divin. Selon la légende, l’huile utilisée pour le baptême des empereurs, le Saint-Chrême, aurait été apporté dans une ampoule par le Saint-Esprit. Ce « don de Dieu » justifiera aux yeux des futurs souverains schlessois la prédominance du titre impérial sur tous les autres. Puisque c’est le Seigneur qui a souhaité directement, en livrant la Sainte-Ampoule, l’avènement de la dynastie Carlomanienne, dont descendent les autres, la maison du Schlessien ne peut qu’être destinée à commander au monde. Ainsi, dans son œuvre Fondation et histoire du Saint-Empire, le moine Augustinus écrit en 1732 :
<center>« Comment des souverains dont la légitimité vient directement de Dieu peut-elle avoir d’autre destin que de gouverner le monde des mortels ? Il n’est rien de plus grand dans l’histoire du Saint-Empire que ce qui arriva en 406 lorsque, par l’intermédiaire du Saint-Esprit, le Seigneur plaça entre les main des Carlomans l’huile sacrée. Cet événement d’une grande portée symbolique incarne l’esprit même de ce qui forgea durant les siècles suivants le fondement du pouvoir des empereurs schlessois »</center>
Si les Schlassches réussirent à s’imposer comme la principale puissance politique et militaire en Raetia en fondant un royaume redouté, le royaume des Schlassches, il n’en demeurait pas moins que leur conception patrimoniale des royaumes menaçait à la mort de chaque souverain l’édifice conquis puis bâti. Ainsi, Travis partagea son royaume entre ses trois fils, ce qui favorisa les guerres entre les héritiers. La carte du pays évolua au gré des conflits, des crises et des héritages : le royaume de Travis fut vite divisé entre Neustria, et la marche de Fränkia, qui fusionna en 445 avec le royaume de Schlassche ; suite à une union forcée des couronnes, que la défaite du deuxième fils de Travis face à son frère aîné Ottonius explique. Ce dernier s’étendit alors vers l’est agrandissant légèrement ses possessions.
Sous les Carlomans la période de régression amorcée depuis la fin de l’empire de Naeopolis se poursuivit et s’accéléra. Partout en Alméra ce phénomène entraina un recul des civilisations. En plus du déclin artistique, et technologique, les épidémies liées à la mauvaise hygiène, aux guerres ou aux autres problèmes de l’urbanisation se répandirent. La peste sera l’une des principales causes de ce déclin démographique. La désorganisation liée aux invasions barbares contribua à la disparition des artisans spécialisés qui avaient fait la renommée de la Raetia et de Naepolis. Les routes n’étaient alors plus entretenues. Le rare transport des marchandises se faisait par voie fluviale. Le grand commerce s'arrêta presque totalement et une économie autarcique autour des grands domaines se développa rapidement. Beaucoup de paysans perdirent leur liberté car ils durent se donner aux puissants en échange de leur protection. Le terme Schlassches finit par désigner les hommes libres, qu'ils soient d'origine germanique ou naepolitienne, mais ils furent de moins en moins nombreux. Les historiens considèrent le Vème siècle comme les prémices du servage au Schlessien.
Le déclin s’observa également au niveau du pouvoir politique. Une succession malheureuse de souverains intellectuellement limités ou physiquement faibles montèrent sur le trône. Ne pouvant diriger eux-mêmes aux destinées de leurs possessions, ils confièrent ces tâches à de grands nobles qu’ils appelaient auprès d’eux. Si ces derniers n’avaient aucune fonction officielle, rapidement ils acquirent des titres et fonctions. Le conseiller royal, sorte de premier ministre, devint un personnage au moins aussi puissant que le roi. A mesure que les monarques perdent en influence, leur conseiller se révélaient être les véritables maîtres en la demeure. cette situation empira lorsque, n’ayant plus de terres à distribuer à ses vassaux, le roi Chlodomer est contraint de céder la charge de conseiller royal à Karl de Wittelsbach. Plus puissante famille du royaume des Schlassches ce dernier entrepris de renforcer la position de sa maison et obtint en 611 l’hérédité de sa fonction. Dans ses fiefs l’autorité royale n’était plus respectée et il devint le principal personnage du pays. Reléguant le souverain à simple moyen de légitimation de son pouvoir absolu sur ses terres et de son influence grandissante dans le royaume. Il conquit les marches germaniques du Schlassches et les soumis à l’autorité du roi, et donc en partie à la sienne. Confondant souvent ses prérogatives avec les pouvoirs royaux, il profita de la courte durée de règne des monarques et de leur faiblesse politique et militaire pour garantir sa situation. A des vassaux du roi remettant en question sa charge il fait confisquer les immenses biens fonciers et remet dans l’orbite carlomanienne … devenus quasi indépendants. Il entame également la conquête de l’Ostfriesland au nord du royaume. Etant donné que les finances de l’Etat se trouvaient à cette époque dans une situation peu enviable, Karl de Wittelsbach s’empare des biens des grands seigneurs de la nouvelle possession et s’en sert pour récompenser ses guerriers. En 699, son petit-fils dépose le roi et l’enferme dans un monastère. Ce dernier y mourut deux ans plus tard. Débarrassé de souverains qui n’usaient de toute évidence plus de leurs prérogatives, Karlmann prend le soin de faire reconnaître son pouvoir royal par les seigneurs du royaume avant de recevoir le soutien papal. Ceci lui permet de s'assurer de leur fidélité sans se défausser de ses propres biens tout en obtenant l’assentiment de l’Eglise. Il y gagne la légitimité, celle de l’élu de Dieu. La dynastie des Carlomans a vécu, commence alors celle des Wittelsbach.
La maison de Wittelsbach à la conquête du futur Saint-Empire
Karlmann eut l’un des règnes les plus longs de l’histoire du Schlessien, compte tenu des conditions de vie excessivement moins bonnes qu’aujourd’hui. Avoir déposé le roi Antoninus ne suffisait pas à Karlmann pour faire reconnaître son autorité par certains seigneurs encore peu habitués à la nouvelle domination schlassche dans les anciennes marches du royaume. Sans véritable légitimité, c’est vers le pape qu’il se tourna pour s’assurer que son œuvre pourrait durer à travers les âges. Les évêques lui ayant déjà, au nom de l’Eglise, reconnu le titre de roi des Schlassches, et lui ayant donné l’extrême onction, en marquant son front avec l’huile sainte afin qu’il reçoive le Saint-Esprit, le Saint-Père reconnut le nouveau monarque. Cette cérémonie marqua une forme de continuité dans la tradition monarchique et devait permettre de faire un rapport avec la légende sacrée qui veut que les souverains soient choisis par Dieu et bénéficient de sa protection. Par cette onction, le roi était désormais investi par Dieu d'une mission de protection de l'Église. De plus, en détenant la force morale du droit divin, il avait la charge de diriger les peuples que Dieu lui confie selon le dogme chrétien, au nom de l'Église, et sous la direction du pape. Mais cette légitimité eu un coût politique, celui de la fidélité à l'Église. Karlmann mena alors une politique de soutien inconditionnel à la papauté, et notamment à Urba.
En 703, le pape ne régnait pas encore sur les terres qui plus tard seront connues comme les Etats Pontificaux. Son autorité temporelle se limitait à la ville d’Urba et ses plus proches environ. Les querelles avec le royaume des Reths finirent par mettre la papauté dans une situation militaire et politique délicate. Menacée par une invasion Urba ne pouvait plus être défendue sans solliciter une aide auprès des royaumes chrétiens d’Alméra. En 704, le souverain pontife se résigna à demander l’aide de Karlmann. Ce dernier envoya Chrodegang von Hasbania pour conduire dans le royaume des Schlassches le pape. Ce dernier se résolut donc à traverser la mer pour solliciter le soutien du roi. Pour la première fois un pape entreprit pareil voyage ; n’ayant d’autre choix. Les autres royaumes chrétiens ne pouvaient à cette époque porter secours au Saint-Père parce que trop éloignés ou en posture délicate. Satisfait des services de Chrodegang von Hasbania il lui accorda la pallium ainsi que le titre d’archevêque. Ce fut dans l’actuelle Plaine de Teutoburg et non dans la capitale du royauime, Augsberg, que le roi vint au devant du pontife au palais de Ponthionus et qu’avec grande déférence prit la bride de son cheval, reproduisant ainsi le geste d’allégeance des empereurs de Naepolis à l’égard du pape. Cet habile acte politique eut pour conséquence que le pape proposa une alliance par laquelle il confirmerait par un second sacre, fait par lui-même, la grâce divine sur le roi et sur ses fils. L'accord définitif se fit le 14 avril de la même année, jour de Pâques, à Ponthionus. Le pape apporta son appui spirituel à Karlmann, et ce dernier s'engagea à offrir au Saint-Siège un domaine assez grand pour le mettre à l'abri de toute agression.
Un traité fut signé, créant les États pontificaux. Il comprenait une donation au pape et une contrepartie. La donation attribuait au pape toute la rive droite d’Urba ainsi que l’île de Syracuse aux mains des Reths. En contrepartie, le pape reconnut la dynastie des Wittelsbach et approuva la relégation au couvent, imposée au dernier roi carlomaniens. Cette donation fut confirmée à Urba lors du second sacre, impérial cette fois. Par cet acte fort, le souverain pontife s’en remit aux Schlassches pour sa sécurité. Cet épisode marqua le début d’une longue collaboration, parfois orageuse, avec les Wittelsbach et leurs héritiers.
Le roi Karlmann rompit alors son alliance avec les Reths et prépara sa marche sur Urba. Monarque par la Grâce de Dieu il avait le devoir en tant que fils aîné de l'Église, prenant la défense de sa « Sainte Mère » de s’en aller faire la guerre contre ses alliés d’hier. Les revendications qui furent portées par sa délégation auprès du roi barbare ne furent entendues et en 705 une armée se mit en marche. Cette expédition fut couronnée de succès. Il se fit sacrer Saint-Empereur par le pape à Urba. Ce dernier disposait alors des terres qui lui avaient été promises. Pourtant, Karlmann dut lancer encore deux campagnes, également couronnées de succès pour parvenir à repousser les Reths hors des Etats Pontificaux. A l’issue de ces expéditions, l’empereur confia les territoires conquis au pontife. Si lors de du traité de Ponthionus la rive droite et Syracuse devaient être confiés au Saint Siège, les guerres suivantes permirent la conquête des deux rives et de l’île promise. L’ensemble fut offert au pape.
Empereur guerrier, Karlmann mena en outre de nombreuses campagnes en Raetia. Les possessions schlassches incluaient des territoires solidement tenus et hérités du passé. Pourtant, aux frontières, l’agitation et les ambitions des autres souverains et princes pouvaient menacer à terme l’édifice constitué.
Le principe fondamental de l'armée de Karlmann fut celui de l'armée de ses ancêtres : elle se composait d’hommes libres qui avaient comme droit et devoir de participer à l'armée. L'armée pouvait être convoquée chaque année pendant la période de guerre (généralement au printemps et en été). De fait sur les années du règne de Karlmann, on ne trouve que deux années où il n'y ait pas eu de convocation de l'armée. Les historiens estiment les effectifs potentiellement mobilisables de 10 000 à 40 000 hommes. Concrètement, il y avait chaque année une assemblée des grands du royaume, censés représenter l'ensemble du peuple des libres, couramment appelée lors du champ de mai ; cette assemblée prenait diverses décisions, ou plutôt : entérine les décisions de l’empereur, et en particulier celle de lancer une expédition contre tel ou tel ennemi. Cette décision était diffusée auprès des intéressés, soit par les vassaux directs du monarque auprès de leurs dépendants, soit par les comtes, évêques et abbés auprès des habitants de leur ressort. Chaque guerrier mobilisé devait apporter son équipement et ses vivres pour trois mois et se rendre au point de rassemblement de l'armée. Les forces mobilisées se décomposaient entre la cavalerie lourde, la cavalerie légère et l'infanterie. L'armée de Karlmann ne semblait pas utiliser beaucoup de matériel technique, en particulier lors des quelques sièges de ville qui ont eu lieu. Par ailleurs, l’empereur disposait d'un certain nombre de guerriers dépendant directement de lui, qui formaient sa garde, et qui pouvaient être utilisés pour des opérations urgentes.
Karlmann entreprit alors en 710 un vaste chantier : celui de la consolidation et de l’élargissement du territoire. Sous son règne, l’empire s’agrandit nettement. Le rêve du souverain était de reconstituer un domaine aussi puissant et respecté que le fut jadis l’Empire de Naepolis. Si juste avant sa mort en 699, le père de Karlmann a obtenu la soumission du duché d’Obodrites après l’assassinat du duc Waïfre par des membres de son entourage, de nombreux autres domaines refusèrent de reconnaître l’autorité nouvellement acquise par l’empereur. Certains en raison de leur fierté, d’autres parce qu’encore non chrétiens. C’est avec le royaume des Reths que le souverain eut les affrontements les plus marquants. N’ayant toujours pas accepté les défaites subies à Urba, ces derniers n’eurent qu’un objectif : vaincre l’empire des Schlassches. A la demande du pape, qui se sentait menacé par la subsistance d’un pouvoir jusque là hostile à l’idée d’Etats Pontificaux, Karlmann entreprit de défaire les Reths. L’armée franchit les frontières et livra bataille à plusieurs reprises. Refusant le combat et préférant de petites escarmouches de moindre envergure, le roi Hunald dut tout de même se résigner à engager le conflit au niveau de l’Isar. Ne pouvant aligner autant de soldats que l’armée schlassches et n’ayant pas le talent militaire de son adversaire, il fut défait. Se repliant dans Katerinenhof, il subit un siège de plusieurs semaines auquel la maladie et la faim vinrent mettre un terme. Vaincu, Hunald reconnut l’autorité de son adversaire et devint son vassal. Conservant ses terres et prenant le titre de duc de Reth, il mourut peu de temps après. Karlmann ne donna pas le titre à son descendant et rattacha la province à son empire. En 714, le fils aîné de Karlmann, Louis se fit sacrer roi des Reths par l’archevêque de Katerinenhof. Ce titre ne correspondait alors plus à un état formel mais il permit à ce dernier d’assumer le contrôle de l’ancien royaume des Reths ainsi que sur les marches de l’empire. Karlmann préparait ainsi sa succession en marquant la continuité de sa lignée. Ce fut pourtant Urba qui décida véritablement du sort de cet ancien royaume. Ne voulant le voir se détacher de la couronne impériale le pape suggéra cette solution au protecteur schlassches. Cette étape marqua la naissance de l’influence grandissante de l’Eglise sur l’empire et elle perdura à travers les âges. L’État ne pouvait désormais se passer de l'Église. Entre elle et lui se forma une association de services mutuels qui, les mêlant sans cesse l'un à l'autre, mêla aussi continuellement les questions spirituelles aux questions temporelles et fit de la religion un facteur essentiel de l'ordre politique. En 717, après avoir mené encore divers conflits de moindre importance, Karlmann prit la décision de renommer son pays pour en faire le Schlessien que nous connaissons aujourd’hui. Ce changement s’inscrivait alors dans une logique surtout linguistique. Schlassches correspondait à du vieil allemand et ne s’associait plus avec la langue qui avait évolué.
La paix ne dura que quelques années. En effet, en 720, un puissant peuple du sud, les Westphales, établi en deçà des plateaux métallifères et encore largement préservé des influences chrétiennes refusaient toujours la conversion. Les armées du roi Widukind menaient régulièrement des incursions ce qui contribua à contraindre Karlmann de l’affronter. En 728, il livra une guerre qui se termina par un accord faisant du royaume de Westphale un tributaire de l’empire du Schlessien. Pourtant, dès 730, le tribut qui s’établissait à 300 chevaux par an ne fut pas payé. L’année suivante, les incursions reprirent. Le souverain schlessois prit donc la décision de soumettre définitivement ces terres païennes. La campagne dura plusieurs mois au cours desquels le principal sanctuaire, Irminsul, symbole de la résistance du paganisme et lieu de réunion des Païens qui lui apportaient une offrande après chaque victoire fut saccagé. A partir de cet instant, les Westphaliens menèrent une guerre acharnée. Ils opposèrent une vive résistance, contraignant parfois les armées de Karlmann à battre en retraite. Ainsi, à Süntel, les troupes schlessoises subirent une violente défaite. Celle-ci aurait pu permettre à Widukind de remporter la guerre, mais l’arrivée de l’hiver mit un terme aux affrontements, permettant à l’empereur de rassembler ses troupes et de se préparer à la contre-attaque au moment du printemps. Repoussé jusqu’à l’Isar Karlmann réorganisa ses troupes et en profita pour masser ses hommes et en faire venir de nouveaux depuis l’arrière du « front ». Le revers de Süntel avait profondément marqué les esprits schlessois et dès la fonte des premières neiges, Karlmann marcha à la rencontre des Westphaliens. Les représailles furent sanglantes. 5.000 soldats ennemis furent massacrés à la bataille de Weser, contraignant Widukind à la capitulation. L’empereur imposa alors le Capitulaire de Partibus Westphaliae, une législation d’exception qui prévoyait des peines sévères pour de nombreuses infractions. En 730, Widukind se convertit au christianisme. Il fut décidé que chaque nouveau né devrait également être baptisé dans la tradition chrétienne. Ce capitulaire eut pour conséquence de soulever plusieurs fois les peuples de Westphales. Ce n’est qu’en 733, après plusieurs nouvelles campagnes militaires que cette ancienne marche de l’empire fut définitivement soumise et annexée. Le christianisme s’était répandu assez paisiblement chez les voisins du Schlessien, au Westphaliens, il fut imposé par la force. Le peuple fut contraint de recevoir le baptême, et la peine de mort fut décrétée contre tous ceux qui sacrifieraient encore aux idoles. De là les violences et les massacres des guerres et de là aussi l'acharnement à défendre leurs dieux devenus les protecteurs de leur liberté. Avec la fin des guerres contre la Westphales, la sécurité aux frontières fut assurée. Toute l’archipel entra alors dans la culture almérane et chrétienne. Les dernières années de règne de Karlmann sont marquées par les malheurs. En 735, son fils cadet, Karl, mourut d’une blessure en chassant. La même année, sa troisième épouse Hiltrud d’Eghingard décéda d’une infection, sans doute une pneumonie. S’enfermant dans un foi de plus en plus grande, l’empereur laissa majoritairement son fils aîné, Louis, assurer les affaires courantes de l’empire. En 740, ce fut son troisième enfant qui laissa sa vie lors de l’hiver. Affecté par le chagrin, l’état de santé du vieil empereur qui atteignait sa 71ème année se dégrada, et en 742 il mourrait après un règne de 42 ans ! Son fils restant monta sur le trône. La question de la transmission du titre impérial se posa alors. Karlmann lui-même s’était interrogé à propos de cette question et estimait en 730 que la dignité impériale ne lui était conférée qu'à titre personnel, pour ses exploits, et que son titre n'était pas appelé à lui survivre. Pourtant, au fil des années, et avec a disparition de ses deux autres fils, et surement après s’être entretenu avec le pape, il changea son opinion et décida du maintien de l‘intégralité de l’empire et du titre impérial. Karlmann n'ayant laissé aucune indication concernant ses funérailles, après de simples cérémonies mortuaires dans la cathédrale d’Augsburg, il fut inhumé dans une fosse le jour même sous le dallage de la Chapelle.
Le lent délitement du pouvoir impérial au cœur de l'ascension des grands seigneurs
A la mort de Karlmann en 741 le domaine schlessois était à son apogée. Jamais depuis la chute de l’empire de Naepolis un monarque n’avait réussi à unir sous sa bannière autant de royaumes, principautés et duchés. Ses deux frères étant morts peu de temps avant son père, Louis monta seul sur le trône et revêtit la dignité impériale. Il régna pendant trente deux ans sur un empire relativement stable et prospère. De ses deux mariages il eut trois fils. A sa mort en 773, ces derniers se partagèrent les possessions impériales selon la tradition dans la maison de Wittelsbach. Otton obtint le sud est, Charles l’est, tandis que Lothaire hérita de l’ouest, où se trouvait la capitale d’empire, Augsburg, selon les dernières volontés de Louis.
Lothaire fit de Paderbornn et Augsburg les centres principaux de son pouvoir nouveau. Ayant conservé sous son autorité la capitale de l’ancien empire à présent partagé, c’est à lui qu’échoua la dignité impériale. Le pape reconnut cette dernière et confirma les volontés de Louis, fils de Karlmann qui avait aidé à la création des Etats Pontificaux. Pourtant cette dernière devrait par la suite perdre de sa puissance pendant quelques années avant d’être pleinement réintroduite par les Braunschweig au cours des siècles suivant. Lothaire fut un empereur guerrier, à l’image de son grand père Karlomann. N’acceptant pas de voir que ses frères aient pu obtenir pareilles terres, il décida e reconquérir ce que son père avait défait par son testament. En vingt six ans de règne, il mena de nombreuses campagnes militaires contre ses frères. A la bataille de Heilbronn, Lothaire remporta une victoire décisive contre son frère Charles qui lui ouvrit la route vers le sud. Ce dernier fut emprisonné et mourut sept ans plus tard surement d’un typhus. En revanche, face à son second frère, Otton, la campagne militaire se révéla être plus compliquée. Pendant trois ans, entre 777 et 780, aucun des deux souverains ne put remporter de victoire franche. Plusieurs fois Lothaire fut mis en difficulté sans jamais subir de défaite le contraignant à abandonner ses projets. Ce n’est qu’à l’usure que finalement il vainquit définitivement son adversaire familial à la bataille de Worms. Occasionnant de lourde perte à l’armée d’Otton (on parle de pas loin de 8.000 morts), il le contraignit à l’exil. Se repliant dans un monastère de Stralsund, il y finit paisiblement ses jours, et survécut même à Lothaire, sans jamais pourtant n’avoir la prétention de revenir prétendre à ses droits au trône.
Du point de vue de sa politique intérieure, Lothaire fut un empereur aimé qui renforça considérablement les structures de son pouvoir. En imposant à ses vassaux de lui prêter allégeance il se protégea des révoltes. Il prit soin d’éviter de distribuer des fiefs trop importants à ses obligés. On observa pourtant au cours de son règne l’émergence de grandes familles nobles qui dans leurs terres voyaient leur pouvoir se renforcer. Les institutions étaient parfaitement adaptées à la dignité impériale. Du moins tant que des souverains forts étaient sur le trône. Pour finir de protéger son œuvre, Lothaire modifia les lois de la succession afin que seul son fils aîné ne puisse lui succéder et ainsi de suite. C’est donc marqué par les affrontements avec ses frères qu’il prit pareille décision. En 799, un siècle après l’accession au trône de son grand père, Lothaire du Schlessien décéda, laissant à son premier fils un empire aussi vaste que celui qui fut bâtit par Karlmann.
Les années qui suivirent furent marquées par les invasions maritimes. Au fil des règnes suivants, aucun souverain ne fut suffisamment fort pour repousser seul les attaques étrangères. S’appuyant de plus en plus sur les grands seigneurs locaux, l’empereur dut abandonner de son pouvoir et agrandir les possessions de ses vassaux pour s’assurer de leur soutien face aux menaces extérieures. On assista alors à un lent délitement de la fonction impériale ainsi que du pouvoir central de l’empereur qui devint petit à petit qu’un souverain symbolique ne disposant plus de réels pouvoirs, les ayant tous progressivement délégués aux grands propriétaires terriens. Pourtant, à aucun moment le pape ne retira son soutien aux Wittelsbach, ce qui contribua largement à les protéger de la déposition par des seigneurs de plus en plus avides de pouvoir. La féodalité se renforça, dans sa version la moins avantageuse pour les empereurs qui se voyaient reléguer au simple rang de chef théorique, de suzerain des suzerains. Dans leur propre famille les empereurs n’étaient plus considérés comme capables de rétablir l’autorité nécessaire à un Schlessien fort. L’émiettement de ce qui fut jadis un grand empire, redouté et puissant finit par affecter la dignité même des souverains. Dans le même temps, une branche cadette de la maison de Wittelsbach, les Braunschweig prenaient toujours plus d’importance et contribuaient à garantir un semblant d’ordre au sommet de l’état en empêchant que ne soient renversés les monarques impériaux. Jusqu’en 1373, la faiblesse du caractère des empereurs ne contribua nullement à restaurer leur image et leur pouvoir. Ce n’est qu’à la mort de Rudolf de Wittelsbach que les choses changèrent. Laissant un empire en plein émiettement et sans pouvoir central conséquent, il mourut également sans successeur. Ses frères étant morts avant lui, ce fut à la ligné de Braunschweig, branche éloignée des Wittelsbach et descendante de Karlmann qu’alla la dignité impériale. Cet événement marqua un tournant majeur dans l’histoire du Schlessien.
A cette époque les grands seigneurs se faisaient la guerre entre eux pour agrandir leurs possessions sans que l’empereur ne puisse intervenir, en raison de l’absence d’armée propre pour mettre un terme à ces conflits dévastateurs pour les campagnes et les récoltes. Le royaume de Braunschweig constituait l’un des plus importants domaines du point de vue de sa superficie, mais aussi de sa puissance. C’est sur lui que s’étaient appuyés de nombreux empereurs pour conserver leur trône et leur couronne. C’est sur lui que reposait à présent l’avenir de l’empire. Albrecht de Braunschweig envoya à Urba Guido de Teutonenburg pour rencontrer le pape. Il le chargea de demander au souverain pontife de le sacrer empereur du Schlessien. Habile diplomate, il informa le pontife qu’une accession au trône impérial d’un monarque capable de restituer l’autorité des empereurs marquerait une amélioration des conditions des Etats Pontificaux. Ces derniers, bien que solidement défendus par une armée convenable, restaient souvent la cible des ambitions de souverains almérans, se rêvant maîtres de la cité papale. L’émissaire revint avec la confirmation du titre d’empereur à Albrecht. Ce dernier se rendit alors à Urba pour s’y faire couronner par le pape Etienne V. cet épisode donna lieu à des soulèvements et coalitions de seigneurs voyant d’un mauvais œil l’accession au trône d’un empereur à la tête d’une véritable armée et capable de restaurer l’autorité centrale. Dans une époque de guerres et d’affrontements sanglants pour le pouvoir, le monarque impérial put néanmoins compter sur certains soutiens, notamment en raison de la reconnaissance de la dignité par le souverain pontife. Le principal opposant à ce changement dynastique fut Jobst de Schwartzburg, duc de Schwartzburg. S’alliant à Friedrich de Hohenstaufen, duc de Hohenstaufen et Heinrich de Supplimburg, il marcha à la rencontre des armées impériales.
Le Royaume de Braunschweig devient la principale puissance de l’île
Albrecht du Saint-Empire, face à la menace des armées des ducs de Schwartzburg, Hohenstaufen et Supplimburg, décida de marcher à leur rencontre. Conscient qu’une fois que les trois corps auraient fait jonction la situation militaire deviendrait délicate pour lui, il décida de les vaincre séparément. Particulièrement audacieuse pour l’époque cette technique ne fut possible que grâce aux espions dont disposait l’empereur dans les rangs ennemis. De nombreux soldats firent également défection en apprenant que le sacre avait obtenu l’assentiment papal. C’est à Flensburg, au sud des Schiefergebirge, qu’Albrecht affronta l’armée coalisée de Jobst de Schwartzburg et d’Heinrich de Supplimburg. Pendant deux jours les deux camps se firent face. C’est grâce aux canons qu’il fit massivement incorporer à ses armées que l’empereur remporta une victoire éclatante. Pour la première fois dans l’histoire du Schlessien des pièces d’artillerie furent utilisées massivement. Les deux ducs durent obliger leurs armées à se retrancher derrière les murs de la ville, en attendant qu’arrivent les renforts du duc de Hohenstaufen. Avertit de la situation de ses alliés ce dernier préféra négocier avec Albrecht du Saint-Empire un ralliement plutôt que de risquer une bataille incertaine et un sort sans doute funeste. Les nombreux traîtres qui avaient fait défection au sein de ses troupes finirent de le convaincre de la justesse de sa décision. Contre un pardon impérial, il s’engagea à reconnaître pour lui et ses descendants l’autorité des Braunschweig. Deux semaines plus tard ses hommes mirent le siège devant Flensburg, en soutien aux armées impériales. Les clefs de la ville furent remises à l’empereur, bien que les armées coalisées décidèrent délivrer une dernière bataille. Vaincus, ils furent mis au ban de l’empire et se résolurent à rester sur leurs terres où ils moururent quelques années plus tard. Son pouvoir établit et son titre reconnut par les principaux seigneurs du Schlessien, Albrecht du Saint-Empire décida en 1381 de renforcer encore son autorité. Il obligea tous les nobles à se faire vassaux de sa couronne. Certains acceptèrent, mais d’autres, plus nombreux s’y opposèrent, y voyant une atteinte à leur condition. Dans sa bulle Ausculta fili le pape proclame la supériorité du titre impérial sur tous les autres. Il menaça d’excommunication tout un chacun refusant de reconnaître la suzeraineté du Saint-Empereur sur les autres nobles de l’empire. Les réticences n’en étant que légèrement diminuées, le Pontife rappela une vieille expression de l’époque naépolitienne :
<center>« Extra Ecclesiam nulla salus » (trad. Hors de l’Eglise il n’y a point de salut )</center>
Albrecht du Saint-Empire se résolut finalement à porter le glaive contre ceux refusant les proclamations papales et les injonctions impériales. A la tête d’une immense armée, il dut toutefois faire face à une coalition des seigneurs ayant juré de limiter le pouvoir des Braunschweig. Cette étape marqua le début de la guerre des princes. Pendant quatre vingt ans, un conflit dévasta les plaines de l’empire. Albrecht et ses successeurs ne parvinrent jamais véritablement à défaire complètement leurs ennemis. Finalement, c’est en 1487 que le petit fils d’Albrecht, Maximilian Ier, tailla en pièce les restes des armées princières. Il imposa alors la volonté de son aïeul et fit appliquer la bulle pontificale. Tour à tour, chaque seigneur vint s’incliner devant la toute puissance conquise du Saint-Empereur. Il put alors partir à la conquête du reste du Schlessien. A l’est et au sud des contrées restaient en effet hors de l’autorité impériale. Néanmoins, après plus de cent ans de guerre et de conflits, entre coupés de trêves et de paix plus ou moins longues, le pays est fatigué, affaibli. La peste qui ravagea l’Alméra pendant cette même période, bien qu’elle atteignit moins fortement l’île, fut un autre élément de l’affaiblissement démographique schlessois. Le nombre de morts directs resta cependant relativement faible, en comparaison de la durée du conflit. Les batailles furent peu nombreuses et n’engagèrent que peu d’hommes ; rarement plus de 10.000. La peste frappa le Saint-Empire majoritairement en raison des nombreux navires qui entraient dans les ports de l’époque, apportant avec eux des marchandises du continent, mais aussi les maladies. A l’est néanmoins, les combats ont épargné les populations et le pays. Les récoltes, bien que parfois plus maigres ont permis de maintenir une démographie correcte (la peste ayant tout de même fait son œuvre).
Quelques escarmouches opposèrent Maximilian du Saint-Empire aux puissants ducs d’Oldenburg ou de Schoenburg, sans pour autant compromettre leur autonomie et les ramener sous l’influence de l’empereur. Ce n’est donc qu’en 1519 que Charles (Karl) VI put se vanter de vaincre définitivement les nobles « rebelles » à la bataille de Sickingen. Poursuivant son objectif d’affirmation du pouvoir impérial, il envoya le comte François (Franz) de Sigmaringen vers le nord de Dormagen tandis que l’archiduc Philippe est chargé de prendre Worm, mettant ainsi l’ennemi dans une situation inconfortable et l’obligeant à se battre sur deux flancs, tandis que les armées impériales marcheraient au centre. Le Pape, voyant dans ce conflit l’occasion de voir émerger durablement un pouvoir impérial suffisamment puissant pour se faire entendre par les grands seigneurs envoya quelques milliers d’hommes soutenir l’empereur. Avec un souverain fort à la tête du Schlessien, et qui plus est déférent face au Saint Siège, le Pontife avait acquis la certitude de voir sa propre influence croître. En 1524, le Saint-Empire était entièrement maître de l’archipel. Le pouvoir impérial s’appliquait alors partout sur l’île. Cette date marque la fin de la féodalité au Schlessien, puisque dorénavant, avec l’édit de 1525, les décisions impériales frappaient l’ensemble de l’empire, et bien que des titres eussent pu être distribués, et même reliés à des terres, l’empereur restait seul maître en son royaume.
L’empereur Charles VI, bien qu’il ait réussi à soumettre tous les seigneurs et de se trouver à la tête d’un état unifié et de disposer d’un pouvoir sans limite a été ensuite confronté à un nouveau défi : la réforme protestante. Au Quantar, un dénommé Martin Luther publia ses 95 thèses. Elles furent le prélude à l’essor du protestantisme. Le Saint-Empereur prit la menace très au sérieux. Plusieurs fois, il s’entretint avec le Pape Leon X à ce sujet. Au Saint-Empire, pour endiguer la propagation des théories luthériennes, l’Inquisition était chargée de juger les prélats qui pouvaient se laisser tenter par l’aventure protestante. Mais c’est un danger plus grand qui compromit davantage l’Eglise. Le protestantisme se propagea mieux sur le continent, menaçant les frontières mêmes de la papauté. Depuis les terres de la Fédération Bureaucratique, des troupes se massaient pour répondre aux velléités papales à reconnaître le nouveau culte. L’empereur Charles VI fut alors à l’origine de la tradition navale schlessoise. Il fit construire une impressionnante marine pour transporter ses hommes en territoires pontificaux et y protéger le Souverain Pontife. A la bataille navale de Syracuse, les canons lourds nouvellement fondus pour cette expédition firent le succès de l’entreprise. En portant assistance au pape, l’empereur schlessois réaffirma son rôle de protecteur des Etats Pontificaux. Néanmoins, cet épisode de l’histoire almérane ne fut que le début d’une période d’agitation religieuse qui secoua tout le continent durant des décennies, jusqu’aux 17e et 18e siècles.
En 1559, l’Empereur Charles VI s’éteint à Wilhelmstadt. Après 38 ans de règne sans partage, il laissa un empire plus vaste que jamais et solidement unifié. Les seigneurs locaux avaient été soumis au prix d’importantes et sanglantes guerres. Pourtant, le résultat garantissait une gouvernance impériale facilitée, bien que se confrontant quelques fois à des difficultés en raison de l’étendue des contrées sous la domination du souverain. Succédant à Charles VI, son fils, Maximilian du Saint-Empire monta sur le trône, augurant une ère neuve, en raison de son jeune âge. Beaucoup à la cour se mirent à penser que s’ouvrait un règne de longue durée qui aurait assuré la stabilité de l’œuvre de son prédécesseur. La Providence en voulut autrement. Mourant sans héritier mâle à 26 ans à la suite d’une chute de cheval, le Saint-Empire se retrouva dans la tourmente. Finalement, c’est son oncle, le frère de Charles VI, qui fut sacré Saint-Empereur par le Pape à Urba en 1563. « Vieux » de déjà 55 ans au moment de son accession au pouvoir, cette fois-ci certains se mirent à croire à un règne intermédiaire, qui ferait la liaison entre les temps passés et ceux qui viendraient avec le sacre d’un successeur plus jeune. La devise de Ferdinand I est le reflet de son action.
<center> « Fiat justitia et pereat mundus » (trad. Que la justice triomphe, même si le monde doit périr)</center>
Si initialement Ferdinand du composer avec les velléités du Saint-Siège de le reconnaître comme chef du Saint-Empire du Schlessien, ce dernier nia la nécessité de ce consentement et depuis lors, les empereurs ont cessé de demander la confirmation de leur charge au Pape. Un bref conflit entre la papauté et le Saint-Empire naquit de cette opposition. Toutefois, chacun reconnaissant rapidement le besoin de ne pas s’affronter, en raison des guerres en Alméra pour protéger les Territoires Pontificaux ainsi qu’en raison de l’impératif pour les empereurs de pouvoir compter sur le soutien politique du Pape sur le continent, les tensions retombèrent après seulement quelques années. Le règne de Ferdinand fut paisible malgré les quelques difficultés pour s’imposer dans les plus puissants royaumes composant l’Empire. Ainsi, il dut subir des tentatives d’autonomisation des grands princes. Néanmoins, après avoir déjoué plusieurs complots visant à l’assassiner, il réussit à mater les plus récalcitrants de ses nobles vassaux et put alors se consacrer pleinement à la pacification et à sa principale réalisation : la réorganisation administrative du Saint-Empire. Sous l’influence de ses conseillers, juristes spécialisés en droit urbain, Ferdinant Ier poursuivit une politique absolutiste et centralisatrice dont les innovations principales furent la rémunération des fonctionnaires d’Etat en numéraire plutôt qu’en donations. L’Empereur permis grâce à cette nouveauté administrative de préserver plus largement ses possessions en s’allouant les services de serviteurs de l’Etat dépendant entièrement de lui pour leur survie. Cela contribua à diminuer nettement les actes de désobéissance au sein de l’appareil étatique. Cette nouveauté donna également l’opportunité au pouvoir impérial de séparer les activités financières des affaires politiques et judiciaires tout en assurant une gestion collégiale des compétences. L’administration devient alors plus fiable grâce notamment à une surveillance mutuelle des acteurs. Cette réorganisation apporta une autre avancée. Devant faire face à moins de problèmes, Ferdinand n’eut alors plus besoin de convoquer les Etats généraux aussi régulièrement et ce n’est donc que contraint et forcé par des situations des plus délicates qu’il fit appel à eux pour trancher les questions épineuses. Les circonstances politiques exceptionnelles devenant de moins en moins nombreuses à mesure que l’administration se réformait, la convocation de cet organe d’exception se fit aussi plus rare. Ce fut à partir d’institutions centrales que les Braunschweig se mirent alors à gérer leurs royaumes. Le Conseil Secret s’occupa des affaires extérieures et des questions générales de politique intérieure tandis qu’un Conseil de la Cour prit en charge l’administration centrale et les affaires judiciaires. La Chancellerie de la Cour, ancêtre des grandes dignités, eut alors pour tâche de valider les décisions des deux corps. C’est donc bien une action administrative volontariste qui marqua le règne de Ferdinand I. Ce dernier, après douze ans de réforme s’éteignit, laissant un état modernisé et centralisé à son successeur.
Si son père avait mené une politique plus ou moins tolérante envers le protestantisme, Rodolphe II appuya largement la Contre-Réforme. En 1559, à la fin du règne de Charles VI avait été créée l’université de Hohenems pour devenir le centre théologique de cette Contre-Réforme. Le Duc de Gravenitz fut à l’époque chargé de mener la répression contre les protestants. Les massacres qui s’en suivirent et les excès des ligueurs furent au Saint-Empire du Schlessien les grandes traductions des guerres de religion. Certains nobles convertit à la religion de Luther furent arrêtés, jugés et condamnés pour hérésie puis mis à mort. Ces exécutions menèrent à une violente guerre entre les possessions restées catholiques et les nouveaux états protestants au Schlessien. L’ouest, plus fidèle à la papauté vit d’un très mauvais œil les désirs de s’affranchir de l’autorité impériale et du Saint-Siège des grands nobles de l’est. La guerre qui éclata en 1573, soit deux ans après l’accession au trône de Rodolphe II, marqua les changements dans la politique impériale vis-à-vis des réformés. Pendant quarante ans, les armées impériales firent la chasse aux puissances protestantes. La Schlacht am Weißen Berg (trad. Bataille de la Montagne Blanche) fut à ce titre l’une des plus importantes batailles de ce conflit meurtrier et ravageur. Ses conséquences furent dramatiques. Avec plus de deux millions de morts, cette guerre a laissé le Saint-Empire marqué à vif. Bien que ce conflit entraina un fort renouveau des pratiques religieuses catholiques et que sur le plan des idées il amena un progrès parmi les élites de fait national, avec la langue comme facteur d’unification et contribua à inspirer de grands artistes, tel Grimmelshausen avec son roman Simplicius Simplicissimus, il saigna à blanc l’économie des royaumes du Schlessien tout en amenant de graves pénuries alimentaires. Encouragé par Urba dans ses actions pour reconquérir par la force les territoires passés à la Réforme, Rodolphe II utilisa la religion et le catholicisme pour servir ses ambitions politiques. Garantissant un retour du fort contrôle de l’Eglise sur les populations restées fidèles au Pape, il permis le développement des universités, des collèges, des confréries et des missions dans ses territoires. Des églises furent bâties dans un style nouveau destiné à impressionner les foules par une richesse et un style grandiose. Rodolphe II, empereur catholique guerrier, fut aussi un grand soutien pour l’expansion de l’art baroque. Les protestants furent en parallèle séparés progressivement de la communauté nationale et contraints pour beaucoup à l’exil, perdant au passage nombre de leurs biens. La confiscation de leur patrimoine assura aux diocèses catholiques un fort enrichissement considérant que l’appartenance de ces saisies leur fut transférée. Les résultats de la Contre-Réforme au Saint-Empire du Schlessien furent considérables. Les ordres nouveaux ont émergé un peu partout. Les capucins par exemple se montrèrent particulièrement actifs pendant les guerres de religion. Une fois la situation plus calme, ils devinrent prédicateurs, directeurs de conscience et missionnaires principalement dans les milieux populaires. Le clergé gagna en dignité et en efficacité. Tous les problèmes ne furent cependant pas réglés. Le cumul des bénéfices ou a commande persistèrent après la Contre-Réforme. Certaines grandes familles, tels les Halenstein à Dormagen continuèrent de s’accaparer les dignités ecclésiastiques. La formation des séminaires laissa encore longtemps à désirer et les évêques ne respectaient que difficilement l’intervalle des visites pastorales dans les paroisses. On observa toutefois un certain recul dans l’étalage de la richesse du haut-clergé.
Vers la fin de son règne, largement marqué par la gestion des affaires religieuses, Rodolphe devient un souverain plus introverti et mélancolique. Laissant souvent place à la nostalgie du passé, il s’enferma dans une vie pieuse à l’extrême, allant jusqu’à passer des journées entières à prier et à se tourner vers le Seigneur. La cour tomba alors dans une profonde piété, contrastant avec certaines pratiques qui eurent lieu en l’absence du monarque du palais durant la Guerre de Quarante ans. Alors que la guerre de religion se termina en 1613, Rodolphe vécut encore jusqu’à l’âge de 75 ans mourut à 75 ans de la petite vérole en 1622. C’est son petit-fils Ferdinand II qui lui succéda. Son règne fut également marqué par un farouche anti-protestantisme. Devant faire face à des tentatives de révolte dans l’est, le nouvel empereur fit décapiter 27 des principaux conspirateurs. Le siècle qui suivit vit se succéder des empereurs qui chacun à leur manière contribuèrent à stabiliser la toute puissance du Royaume du Schlessien au Saint-Empire. A leur façon ils le firent entrer dans la cour européenne et renforcèrent sa stature de grande puissance militaire, politique, culturelle et économique.
En 1705, le futur Charles VII voit son père l’Empereur Leopold I mourir. C’est alors son frère aîné, Joseph, qui monte sur le trône sous le nom de Joseph Ier. Ce dernier, après avoir vécu une enfance entre la guerre et la politique mena un règne similaire à celui de son paternel. Menant des combats contre la puissance germanique quantarienne, il s’enlisa dans des guerres souvent coûteuse et parfois même victorieuses. Mariant sa sœur avec l’héritier de Terra Nostra, le futur roi Jean V, et usa d’une politique matrimoniale propre aux Braunschweig. Atteint de la petite vérole qui frappa toute l’Alméra, il mourut à 33 ans, laissant le trône à son frère, le prétendant Charles VII. A la mort de son frère Joseph, le Saint-Empereur Charles VII fut le dernier des descendants masculins en ligne directe d’Albrecht de Braunschweig, le fondateur de la lignée.
Le règne de Charles VII fut marqué par un calme relatif. Si à l’intérieur des frontières du Saint-Empire l’autorité du souverain n’était plus contesté, sur le plan de la politique internationale, il fut marqué par les guerres de successions et la tentative d’expansion. Deux conflits majeurs ont ainsi occupé les affaires de l’Etat durant plusieurs années. Ces affrontements armés marquèrent durablement la politique de l’Empereur et celle du Saint-Empire. Alors que le Numancia, puissant et gênant voisin, menait des politiques coloniales ambitieuses, le monarque impérial tenta d’affaiblir son « ennemi mortel ». Dans son opposition au roi Felipe Ier, Charles VII tenta de mener à bien la Contre-Réforme que ses prédécesseurs avaient réussi à imposer sur leurs terres. Le calvinisme numancien faisait à l’époque tâche dans une Alméra profondément catholique. Pendant cinq ans, Numanciens et Impériaux s’affrontèrent et se déchirèrent, sur mers surtout, mais également sur terre. La bataille navale de La Plata permit à la flotte impériale de démontrer ses talents face à la réputée « Invincible Armada ». Bien que peu de navires numanciens ne furent coulés (presque autant des deux côtés), dans les esprits ce combat naval s’est imposé comme une victoire du Saint-Empire, en cela qu’en retirant sa flotte, le roi Felipe contribua à instaurer le mythe de la défaite de son royaume. L’autre cause majeure pour les différentes guerres qui ont secoué les relations numanço-impériales fut la politique coloniale du Numancia. S’enrichissant rapidement, le pays ibérique devient de plus en plus menaçant pour les intérêts du Saint-Empire en Alméra. Pourtant, c’est le conflit qui éclata en 1718 qui bouleversa profondément la géopolitique alméranne. Chassés du Laagland en 1667-1668, les Numanciens avaient tout de même réussi à imposer un Stadhouder issu de l’ancienne élite hispanophone. A la mort de ce dernier, Willem II fut élu par les Etats généraux pour diriger l’action des Royaumes Unies du Laagland. « Candidat » du Saint-Empire à la fonction, il réveilla les ambitions numanciennes sur la région. Renversé par une brève révolte, ce fut à son appel qu’il obtint du Saint-Empereur un soutien armé. Il retrouva rapidement sa charge, mais dut pendant cinq ans encore compter avec les velléités de nombreux aristocrates locaux qui acceptaient mal la nouvelle influence germanique et catholique sur la province. En effet, une bourgeoisie locale s’était constituée avec l’appui des autorités royales numanciennes. A leur départ, cette dernière prit une influence encore plus grande sur les affaires de l’Etat. Ce n’est qu’à la bataille de Muiden en 1722 que Willem II s’imposa comme la nouvelle autorité laaglandaise. Pour sceller l’alliance avec le Saint-Empire, nouveau protecteur officieux des Royaumes Unis, il prit pour épouse la fille de l’Empereur, l’héritière et future souveraine Maria Theresia. Sans héritier mâle en 1729, à l’âge de 44 ans, Charles VII publia la Pragmatique Sanction, permettant aux femmes de monter sur le trône. La question impériale fut alors posée. Une femme pouvait-elle prétendre à cette dignité, traditionnellement dévolue aux hommes. Interrogé, le Souverain Pontife répondit que profondément imprégnée de connotations religieuses, elle pouvait être dévolue à une femelle à condition que celle-ci l’adopte en sa qualité d’homme (au sens de membre de l’espèce humaine) et non en tant que femme. Ainsi, en 1740, à la mort de Charles VII, sa fille Maria Theresia devint la première femme à ceindre la couronne impériale. Son époux, le Stadhouder Willem II, est ainsi devenu le premier homme non empereur à être le conjoint d’un souverain du Saint-Empire, rendant encore plus légitime son action aux Royaumes Unis. Ultime pied de nez aux Numanciens, la promulgation de la Pragmatique Sanction permit de sceller dans le marbre les gains de la Paix de Medemblik de 1723. Restait alors à garantir une forme d’hérédité des fonctions de chef d’Etat du Laagland. C’est ce que s’attelèrent à réussir la nouvelle impératrice et son époux.
Pourtant, un danger plus grand guettait le trône du Saint-Empire. Ceux-là même qui avant le décès de Charles VII s’étaient engagés à soutenir Maria Theresia se retournèrent contre elle à la mort de ce dernier, ouvrant ainsi la guerre de Succession impériale. Le roi de Fiémance forma une coalition avec l’empire de Biturige, divers états schlessois, et le Lochlann pour placer sur le trône un prétendant masculin, le cousin de l’impératrice Charles Albert. Réussissant à s’allier aux Adéliens et optenant le soutien des Royaumes Unis, elle mena une guerre sur plusieurs fronts, avec la garantie du Numancia de ne pas intervenir dans le conflit. Huit ans durant, son autorité fut remise en question à l’intérieur de ses possessions, comme à l’extérieur. En défaisant un à un les princes schlessois, lors des batailles de Mollwitz (1741), Soor (1745), Laufeld (1747) et Kesseldorf (1748), Maria Theresia obtint d’eux une reconnaissance de la Pragmatique Sanction et de prêter allégeance à sa personne, mais également à sa charge, évitant ainsi de futurs soulèvements lors de successions difficiles. Contre les Fiémançais, les Biturigeois et le Lochlann, elle remporta diverses batailles. Aux Royaumes Unis, le Prinz Eugen (trad. Prince Eugène) s’imposa à Bergen-op-Zoom (1740), tandis que l’Archiduc Charles Joseph triompha en 1746 à la bataille de Rocourt, défaisant la coalition francophone. La seconde partie de son règne lui permit de prouver sa grandeur d’âme et son courage politique. Sa politique lui valut le titre de « Marie-Thérèse la Grande ». Les réformes centralisatrices, menées à l’aide du chancelier Wenzel Anton von Kaunitz-Reitberg lui permirent d’engager une politique mercantiliste. En 1770, elle songea à abdiquer, fatiguée des affaires de l’Etat, elle renonça rapidement, en raison du tempérament agressif de son fils, l’héritier. Dix ans encore, elle dirigea aux destinées du Saint-Empire. En 1780, elle s’éteignit après 40 ans de règne. Son fils, l’Archiduc Joseph monta sur le trône du Saint-Empire, tandis que son père continua de gouverner les Royaumes Unis, jusqu’en 1786, date à laquelle ce fut le frère cadet du Saint-Empereur Joseph II qui fut élu Stadhouder, installant les Braunschweig à la tête de cette province.
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Joseph II, à la mort de sa mère, accéda à la dignité impériale. Tandis qu’en Alméra la succession de Marie-Thérèse avait été imposée par la force des armes aux autres puissances monarchiques, le nouveau souverain se montra résolument moderne et réformiste. La brutalité des changements entacha cependant leur interprétation de l’incompréhension. Les réformes ne furent ni acceptées, ni comprises par les puissants nobles ainsi que par les bourgeois qui prenaient un poids de plus en plus considérables au Saint-Empire. Selon les témoignages qui restent, des nombreux enfants de Marie-Thérèse –seize au total- Joseph fut le plus difficile à élever. Bien qu’il soit venu au monde après trois filles, et que cet événement réjouit l’ensemble de la cour, les responsabilités qui pesèrent sur lui par la suite marquèrent ses jeunes années. Elevé par des religieux, qui lui enseignèrent la moral catholique, le latin, les mathématiques, les arts de la guerre ou par d’éminents penseurs qui s’attachèrent à lui inculquer des notions de [url=http://fr.wikipedia.org/wiki/Physiocratie]physiocratie[/url], l’épisode des « Lumières » fut sans doute le plus influent courant de pensée qui intéressa le futur monarque. Il voyait dans l’habileté en politique et les victoires militaires les véritables attributs des grands rois. Ce fut un but qu’il ne cessa de poursuivre durant tout son règne. Joseph servit toutefois surtout les intérêts diplomatiques et politiques de sa mère qui lui donna la petite fille du roi de Fiémance pour épouse ; « une jeune fille d’un esprit et d’une intelligence remarquables mais d’un tempérament mélancolique » s’attachent à souligner les historiens. Celle-ci fit la conquête de toute la cour ainsi que de la famille impériale sans trop de difficultés tant elle était attachante. De ce mariage, Joseph eut une fille qu’il prénomma Marie-Thérèse mais qui mourut à l’âge de huit ans, d’un mal inconnu. L’année suivante, Joseph perdit sa femme alors qu’elle donnait naissance à une seconde fille qui ne survécut pas non plus à l’accouchement. Terriblement affecté, vieux d’à peine 21 ans, il resta plusieurs années sans épouse. La mort de sa première fille en 1770 fut un choc terrible pour celui qui aimait à l’appeler « Tya Tya ». Ce n’est qu’en 1781, un an après être monté sur le trône, et pour le plus grand soulagement de ses conseillers qui voyait en l’absence de descendance un grave péril pour l’empire, à peine sorti d’une guerre de succession, que Joseph II prit une nouvelle épouse : Maria Josepha Antonia Felicitas Regula von Walburg, fille du roi de Hanover, et de vingt ans sa cadette. Elle fut emportée à 28 ans, en 1788, par la maladie. De la perte de ses deux épouses, Joseph resta à jamais inconsolable et ne se remariât jamais.
C’est donc un empereur austère qui se décida à mener les grandes réformes dont ses royaumes avaient besoin. Son œuvre fut énorme. Il publia 6 000 décrets et 11 0000 lois en douze ans de règne. Maître absolu en ses royaumes, il voulut imposer ses réformes. Celles-ci furent tout d’abord religieuses. Le nombre de séminaires fut réduit, certaines congrégations furent supprimées et de nombreux ordres contemplatifs jugés inutiles furent interdits. Cela ne manqua pas de susciter une certaine colère au sein des milieux catholiques, allant jusqu’à appeler le Pape à intervenir. Ces changements inquiétèrent le Souverain Pontife au point où celui-ci fit personnellement le voyage depuis Urba pour venir s’entretenir avec le Saint-Empereur pour l’inciter à revenir sur ses intentions. Le déplacement du Pontife fut considéré comme une victoire puisque ce dernier prit la peine de venir lui-même plutôt que de convoquer le souverain. La réforme de l’administration et des territoires alla contre les intérêts des aristocrates et provoqua leur colère. Un statut de fonctionnaire fut instauré pour les serviteurs de l’Etat. Ces fonctions furent réservées aux titulaires de titres universitaires et non plus à la seule noblesse. La fronde fut terrible. Cependant, usant de ses immenses pouvoir et de son fort caractère, Joseph II fit taire les contestataires et faisant condamner pour l’exemple certaines figures véhémentes de l’opposition à ses projets. Instaurant un impôt par tête, il mit fin au privilège de la noblesse et du clergé d’être exemptés de l’impôt. Basé sur la possession de terre, celui-ci toucha fortement les aristocrates et l’Eglise. Il le combina avec l’abolition du servage, la levée des monopoles de vente seigneuriaux et la possibilité de l’accès à la terre pour les paysans. Ces derniers devinrent alors propriétaire de leurs champs ; amputant les seigneurs locaux d’une grande partie de leurs biens. L’allemand sous son règne la langue officielle de tous les pays sous sa loi. La brutalité des réformes se heurta à l’hostilité et au mécontentement de beaucoup. C’est par une brutalité équivalente qu’il réprima les contestations. Menant une vie austère et sans fastes, voyageant incognito sans protocole, Joseph II, par sa politique réformatrice et néanmoins absolutiste, fut l'exemple parfait du « despote éclairé ». Il mourut en 1792, à cinquante et un ans, dans la tristesse, sans postérité, totalement incompris, ayant fait l'unanimité contre lui, suivi sur le trône par son neveu Franz II.
L’Empereur Franz II était initialement destiné à l’état ecclésiastique. Ce sont d’ailleurs ses études théologiques, qu’il n’appréciait guère, qui furent à la source de ses politiques défavorables à l’Eglise ; s’inscrivant ainsi encore plus en avant de son frère à la tête du Saint-Empire. A la mort de son père, il fut fait Grand-duc de Limburg. C’était la condition de son mariage avec Marie Louise, fille du roi du Numancia. Paradoxalement, c’est lors des cérémonies des noces que son père s’éteignit. Il y instaura un système d’imposition rationnel et fit exécuter divers travaux publics utiles. N’ayant pas d’armée à entretenir (il était sous la protection de celle de son frère l’empereur), il mit tout le revenu disponible au profit de l’Etat. Ses manières simples et son train de vie limité ne lui permirent cependant pas de devenir particulièrement populaire auprès de ses sujets. Son naturel froid et distant fut considéré comme l’un des obstacles à une véritable relation avec ses sujets. Son administration stable, cohérente et intelligente lui permirent de progresser pas à pas, jusqu’à mener le Grand-duché à un niveau élevé de prospérité. Il s’appuya sur des fonctionnaires de grandes valeurs pour réformer. Lorsqu’en 1792 il monta sur le trône impérial, Franz II s’inquiéta du désordre causé par la politique de son frère, bien qu’il voyait en celle-ci un indispensable pas en avant. Le Joséphisme fut prolongé, mais dans une version plus adaptée aux nécessités de son époque. Franz II déclara ainsi devant la Diète que les Etats composant son empire étaient comme « les piliers de la monarchie ». Ces propos apaisèrent quelque peu les aristocrates et seigneurs schlessois. Pourtant, lorsque ces derniers, face au peu de changement, menacèrent la stabilité du Saint-Empire, le souverain fit entrer ses troupes dans les Etats seigneuriaux pour y ramener l’ordre. Cette preuve d’autorité ramena à la raison les frondeurs. Face à l’Eglise il se montra inflexible, n’autorisant aucune bulle pontificale à être publiée en ses terres sans son assentiment. Cette règle persiste encore aujourd’hui. Il fut également le Saint-Empereur qui fit interdire la franc-maçonnerie et qui mena intensément un combat acharné contre les différentes sectes. Sous son règne, les loges perdirent de nombreux membres, alors même qu’ailleurs dans le monde leur influence progressait. C’est également à Franz II que le Saint-Empire doit l’université technique de Wilhelmstadt qui compte aujourd’hui près de 50 000 étudiants.
Il fut marié à l’âge de vingt ans à Elisabeth von Wurttemberg qui était la sœur de la future tsarine de Rostovie ; Sophie-Dorothée. La jeune et timide princesse est morte en couche, alors qu’elle donnait naissance à la première fille du futur Saint-Empereur en 1790. Cette dernière mourut également un an plus tard. Appelé à devenir souverain, il fut rapidement remarié la même année à Marie-Thérèse von Hohenstein, princesse quantarienne. Bien qu’il y ait eu douze enfants de ce mariage, ses débuts en furent très difficiles. Profondément amoureux de sa première femme, il rejeta d’abord tout contact inutile avec sa seconde épouse malgré la grande affection que celle-ci lui vouait. S’il s’acquitta de tous ses devoirs de mari, il limita ses rapports et les apparitions en publics à ses côtés. Le temps passant, les relations entre les deux conjoints s’améliorèrent. C’est avec un profond chagrin qu’il accueillit en 1807 la nouvelle de la mort de l’Impératrice, qu’il avait appris à aimer et pour qui il avait depuis la naissance de leur deuxième enfant, Ferdinand, en 1793, une grande tendresse. De son décès il ne se remit jamais, bien qu’il épousa en 1810, en troisième noce, la fille du Tsar de Rostovie Vladimir III. Trois enfants naquirent de cette union. Il meurt en 1835, à l’âge de 67 ans, dont 43 passés sur le trône, en faisant l’un des plus long règne de l’histoire du Saint-Empire. De son règne, Anton Winznieski, historien écrivit :
<center>« Son règne fut marqué par les réussites politiques. Rares furent les empereurs qui avant lui avaient réussi à pareillement stabiliser l’œuvre impériale. Laissant à la postérité le souvenir d’un souverain résolument moderne qui sut s’attacher à conserver les traditions, il a marqué toute la philosophie de gouvernement de ceux qui lui ont succédé. Il a jeté les bases du Saint-Empire tel que nous le connaissons aujourd’hui, à savoir administrativement solide, politiquement cohérent et culturellement brillant »</center>
Ferdinand I était le second enfant né de la deuxième union de son père. Premier héritier mâle d’une fratrie de douze enfants (quinze en comptant ses demi-frères et sœurs), il monte sur le trône immédiatement après la mort de son prédécesseur malgré sa simplicité et les crises d’épilepsie dont il souffrait. Il n’était pas voué à régner. En effet, ses échecs dans ses études, ses faiblesses physiques et les difficultés à maîtriser les arts militaires poussèrent son père Franz II a placer ses espoirs en son frère, Franz Charles Joseph. L’empereur pensa même l’écarter de la succession au profit de son deuxième fils. En 1814, alors même que Franz Charles n’avait que douze ans, on lui promit la princesse Sophie von Baden. Ce mariage fut célébrer en 1824. La nouvelle archiduchesse, contrairement à son époux, montra de réelles capacités politiques, et, forte de son emprise sur son mari, elle fit preuve d’une grande ambition. Ces projets effrayèrent rapidement le chancelier Metternich. Ainsi, il convainquit le Saint-Empereur Franz II de laisser Ferdinand monter sur le trône et de la marier rapidement à Marie-Anne d’Astia. Les noces furent célébrées en 1831, alors que l’héritier était âgé de 38 ans et sa promise de 28 ans. Intelligente et pieuse, la future impératrice s’occupa avec dévouement de son époux débile imposé par les ambitions du chancelier. Elle n’apprit cependant jamais l’allemand, se contentant de converser en français avec Ferdinand. A la mort de son père en 1835, il monte sur le trône et ceint la couronne. Sous l’influence de son gouvernement il ne s’intéressera que très peu aux affaires de ses royaumes. Il fut cependant très apprécié de ses sujets qui voyaient en lui un souverain bon et gentil. Ils le surnommeront d’ailleurs Ferdinand der Gute (trad. Ferdinand le Bon). En 1848, face à la politique de son chancelier, réputé réactionnaire et fermé à toute réforme, les peuples se soulèvent. Le Printemps des Peuples contraint la famille impériale à fuir Wilhelmstadt pour trouver refuge dans la Principauté de Metternich, où le chancelier les rejoint rapidement. Interrogeant le chancelier qui venait de l’informer des la situation politique et de l’éclatement d’une révolution, Ferdinand se serait exprimé avec ces mots, reflet de l’incompréhension face à la politique et aux affaires de l’Etat :
<center>« Ja, dürfen Sie denn das ? » (trad. Mais… ont-ils le droit de faire cela ?)</center>
La belle sœur de Ferdinand, voyant dans ces événements l’occasion d’imposer les intérêts de son fils, consulte et réussit à faire nommer le Prince Maximilian zu Schwartzenberg Ministre-président. Proche de Sophie von Baden, il convainc Ferdinand d’abdiquer au profit de son frère, tandis que l’archiduchesse réussit à faire renoncer son époux Franz Charles à ses droits au profit de son fils, âgé de dix-huit ans seulement. Ferdinand et son épouse seront alors accueillit au Palais Lietzen par le nouveau maître des lieux : Franz Joseph. Ils y résideront jusqu’à la mort de l’ancien souverain en 1875. Son épouse le suivit dans la tombe neuf ans plus tard. Ils furent tout deux ensevelis dans la Kaisergruft(trad. Crypte impériale).
Franz Joseph, l'artisan de l'achèvement de la construction impériale
Lorsqu'éclate le Printemps des Peuples, et après que la famille impériale ait fuit la capitale, Franz Joseph accède au trône. Sa mère, avec le soutien du Chancelier, Maximilian Fürst zu Schwartzenberg, a agit dans l'ombre et habillement négocié pour que son fils puisse ceindre la couronne. Marqué par ces événements révolutionnaires, le jeune empereur se fera un farouche partisan de l'écrasement de la révolte populaire. Refusant de doter le pays d'une constitution, il ordonne à l'armée de rétablir l'ordre et la paix dans les frontières des royaumes. Le général Alfred Candidus Ferdinand Fürst zu Windisch-Graetz s'apprête alors à marcher sur Wilhelmstadt à la tête de ses régiments pour y réinstaller l'ordre et le calme. Son beau frère le Chancelier Maximilian zu Schwartzenberg est chargé par le jeune souverain de former un gouvernement. ce dernier se montrera particulièrement attaché aux traditions et mènera une politique franchement réactionnaire. Dans la grande salle du Palais Lietzen, l'empereur Ferdinand Ier abdique au profit de son neveu de dix-huit ans. Alors que l'empire est au bord de la désagrégation, il en profite pour rappeler son attachement à maintenir uni les royaumes. Sa devise en sera le symbole.
<center>« Viribus unitis » (trad. Avec nos forces unies)</center>
Franz Joseph décide de reprendre sans attendre en main les affaires de l'empire. Il dévoile ainsi une capacité de travail sans commune mesure avec celle de ses prédécesseurs. Pourtant, de par sa jeunesse, il reste fortement sous l'influence de sa mère, l'archiduchesse Sophie, de son Chancelier, le prince de Schwartzenberg et de son aide de camp, August Nikolaus Graf von Grüne. Ce dernier se charge d’ailleurs essentiellement de gérer les affaires militaires de l’empire. Franz Joseph décide malgré les réticences de son entourage de promulguer une constitution. Des projets lui sont présentés. Toutefois, jugés trop libéraux, trop démocratiques et surtout pas suffisamment dans l’esprit de la contre-révolution qui est née des événements de 1848. La Charte qui fut promulguée a donc retenu le modèle conservateur et centralisateur ; souhaitant unifier l’empire plutôt que d’accorder l’autonomie aux minorités. Pour s’assurer l’intégralité du pouvoir, le monarque impérial va même jusqu’à dissoudre la Chambre basse du Parlement et en interdit la réunion.
Malgré les décisions autoritaires, les contestations ne cessent pas partout. Certains révolutionnaires restent dangereux et menacent même la capitale. Contraint de demander de l’aide aux Numanciens, l’empereur Franz Joseph remporte définitivement la guerre en 1849. La répression qui s’ensuivit fut terrible. Le général Kremsier, rendu célèbre par les tueries consécutives aux batailles contre les rebelles, acquis ainsi le surnom de « Hyène du Schlessien ». Il mena pendant presque un an les opérations de traques des adversaires de la monarchie. Nombre de principautés disparaissent en tant qu’entité politique pour être absorbées par des féodalités plus importantes. Avec l’écrasement définitif des agitateurs, s’ouvre l’ère d’un néo-absolutisme qui continue de marquer encore fortement les institutions impériales. Puisque les révoltes sont réprimées, Franz Joseph se concentre alors sur les affaires intérieures. Administrativement et politiquement, il unifie le Schlessien. Son but est d’empêcher toute nouvelle révolution dans ses états. Tous les contre pouvoirs sont progressivement abolis. La constitution, promulguée pour apaiser les révoltés, est vidée petit à petit de sa substance avant d’être finalement abrogée. Avec le Reichsrat, l’empereur concentre tous les pouvoirs. Ses affidés obtiennent des postes clefs dans l’administration tandis que les ministres deviennent de simples exécutants des volontés du souverain. Pourtant, le système féodal reste aboli.
La mort du Chancelier Maximilian zu Schwartzenberg en 1855 marque un tournant dans la gestion des affaires étatiques. S’appuyant sur des ministres talentueux et fidèles, Franz Joseph se lance dans une modernisation importante de son administration pour l’adapter aux contraintes nouvelles de l’époque. Peu à peu, celle-ci se retrouve de plus en plus centralisée à Wilhelmstadt. S’appuyant sur une puissante bureaucratie, unifiée par l’utilisation de la langue allemande comme seule langue officielle, malgré les dialectes jusqu’alors pratiqués dans différentes principautés, notamment à, l’est, le régime impérial trace la voie vers un Schlessien plus unifié administrativement et politiquement. Les parlements régionaux sont en outre progressivement mis à l’écart, malgré une organisation administrative qui n’a jamais suspendu un certain fédéralisme. Ainsi, dans les royaumes composant le Schlessien, des districts relevant de l’administration wilhelmstadtoise sont créés. Pour poursuivre l’unification territoriale, l’allemand est favorisé au détriment des autres idiomes. Les particularismes régionaux sont étouffés, ce qui ne manque pas d’engendrer les hostilités des minorités. L’attentat de Lobiyeni sur l’empereur est l’un des éléments déclencheurs de l’accélération de l’unification administrative et culturelle. Lors de cette attaque, un exalté manque de peu d’assassiner Franz Joseph. L’armée et l’Eglise catholique sont d’importants soutiens du régime. Ainsi, afin de continuer de s’assurer le soutien du clergé, un poids considérable lui ets rendu dans la société et un concrodat avec le Saint-Siège est signé en 1856.
Souhaitant faire de sa capitale une métropole d’envergure, Franz Joseph ordonne la destruction des remparts l’entourant afin de relancer des politiques de la ville. L’activité croissante à Wilhelmstadt témoigne du dynamisme de l’empire. Ce phénomène s’accompagne d’une unification fiscale pour tous les royaumes dépendant de l’empire. Ce dernier n’est ainsi plus prélevé localement. Si certaines taxes régionales perdurent, c’est dorénavant l’Etat qui a la responsabilité des politiques budgétaires. Les droits de douanes au sein du Schlessien sont également abolis. Cela s’accompagne d’une modernisation considérable de l’agriculture avec le remembrement des terres au profit des grands propriétaires. L’industrie se développe tandis que les grandes banques d’affaires apparaissent. C’est un essor considérable que connait alors le Saint-Empire. Celui-ci reste toutefois encore insuffisant et inégal selon les régions.
Malgré la dureté politique de son époux, l’impératrice Elisabeth du Saint-Empire parlait en terme particulièrement élogieux de ce dernier, et lui trouvait un caractère particulièrement aimable. Des échanges de courriers avec sa sœur cadette datant du début de leur vie conjugale en témoignent.
<center> « Quand quelqu’un présente une requête en termes respectueux et qu’il ne peut lui donner une suite favorable, il sait dire non avec l’amabilité qui lui est propre. En revanche, si quelqu’un s’adresse à lui sans ménagement et avec insistance, il se tellement montre froid et sec que son interlocuteur est congédié sans délicatesse. »</center>
A mesure que le temps passe et que Franz Joseph avance dans son règne, il se libère des influences de ses conseillers. Au début sa politique étrangère hasardeuse le conduit à s’opposer diplomatiquement aux Thorvaliens et aux Valacides. Ainsi, au début des années 1860, les tensions territoriales grandissent avec le voisin hispanophone. Les nationalistes schlessois se montrent de plus en plus vindicatifs et appellent à prendre les armes pour mater les revendications valacides en matière d’hégémonie continentale. Dans un contexte de montée des nationalismes en Alméra occidentale, la politique des Braunschweig n’a de cesse de saper l’influence du puissant voisin en Mer d’Adélie. Pour contrer le Valacida sur le plan politique Franz Joseph réunit un congrès des princes pour préparer l’affaiblissement de l’adversaire. La presse fut à ce titre particulièrement manipulée pour faire croître les rivalités schlesso-valacides. Finalement, la guerre éclate entre les deux puissances occidentales. Face à la modernité des flottes impériales, la marine hispanique est défaite à plusieurs reprises, sans pour autant subir de défaite cuisante. Profitant de l’espace laissé sur les mers, les soldats du Saint-Empire mettent pied au Valacida et prennent possession d’un morceau de terres. Voulant éviter un conflit sanglant, les deux parties acceptent une paix dans laquelle le Saint-Empire remporte le Rheinland-Pfalz.
Consécutivement à cette victoire stratégique, les politiques intérieures et extérieures se clarifient et engendrent une nouvelle ère de croissance économique qui durera jusqu’en 1875. Le retour au libre-échange permet ainsi à l’économique schlessoise de connaître une expansion importante, stimulée par le développement des productions agricoles. L’embellissement de Wilhelmstadt se poursuit par de nouvelles et nombreuses constructions. C’est durant cette période que fut d’ailleurs achevée la Ringstrasse. Dans le même temps, sur le plan religieux, les catholiques sont encore renforcés. Si d’autres confessions émergent lentement, elles ne seront que « tolérées » par les Lois confessionnelles. L’expérience libérale qui avait débutée dix ans auparavant s’achève toutefois en 1877, avec la chute du gouvernement d’Eduard von Taaffe. C’est l’opposition de ces derniers à la politique étrangère de l’empereur qui précipite leur fin. Franz Joseph met ainsi un terme aux fonctions de Chanceliers de ce dernier après qu’il eut pris la parole publiquement pour désavouer en des termes très durs le souverain. Organisant des élections l’empereur voit avec bonheur la victoire des conservateurs. Ils ne quitteront plus le pouvoir jusqu’en 1934 qui verra un bref intermède national-libéral. Le nouveau Chancelier Julian von Dunajewski est toutefois rapidement confronté aux grandes problématiques sociales. Le paupérisme urbain explose tandis que la croissance urbaine, combinée à un exode rural n’améliore pas la situation. Les nouvelles populations des villes viennent grossir les rangs des ouvriers dont les conditions de vie sont misérables. A la fin des années 1880, on compte de nombreux quartiers ouvriers insalubres. La petite bourgeoisie, victime de la concurrence des entreprises à fort taux capitalistique, manifeste son mécontentement. Pour éviter des révoltes ou la montée du socialisme, von Dunajewski prend des mesures sociales importantes tel l’abaissement de la durée quotidienne de travail à onze heures, la réglementation du travail des femmes et des enfants ou l’institution d’une assurance maladie.
Pourtant, des puissants mouvements vont ébranler la société schlessoise. Ainsi, les défenseurs d’un pangermanisme ambitieux se font de plus en plus remuants, tandis que la question du suffrage universel vient à se poser. Les conservateurs, hostiles à ce dernier, le rejettent massivement. Avec la montée en puissance de certaines minorités écrasées lors de l’accession au trône de Franz Joseph, le nationalisme croît. C’est finalement la combinaison de la question pangermanique et du suffrage universel qui provoqueront la chute du cabinet von Dunajeswki. Franz Joseph appelle alors au pouvoir le Fürst von Windisch-Graetz. Celui-ci s’allie aux libéraux pour consolider sa majorité. Un conflit linguistique provoquera la première crise de gouvernement qu’il aura à affronter. Passés les troubles avec les minorités, grâce à un accord négocié par l’empereur lui-même, le calme politique revient, lorsque le Chancelier se sépare des libéraux.
À partir de la fin des années 1890 se forge l'image de l'« alter Herr » (ltrad. le vieux monsieur), du vieux monarque symbole vivant et ciment de la monarchie.
Le portrait de l'empereur est omniprésent dans les lieux publics. Un véritable culte populaire s'organise autour de sa personne, comme le montrent les jubilés organisés en 1900 et 1910. Cette incontestable popularité de l’empereur permet de préparer la transition en de garantir la continuité dynastique des Braunschweig.
Mais la célébration de l'empereur concerne également la famille impériale, à laquelle Franz Joseph appartient. En effet, la centaine d'archiduc qui la composent jouent un rôle dans la diffusion de la popularité de personne impériale : par leur présence dans l'armée et leur dispersion dans les provinces, ces membres de la famille impériale contribuent à la mise en place du culte à la personne et à la famille régnante dans l'ensemble de l'empire.
L'armée joue un rôle non négligeable dans l'adhésion des populations de la monarchie à la personne du souverain. Au sein de l'armée, l'encadrement est personnellement et fidèlement attaché à la personne du souverain, lié par un serment de fidélité, alors que Franz Joseph montre son attachement à l'armée de multiples manières : il vit en uniforme.
Bien que robuste, la santé de Franz Joseph décline à partir de 1913. Frappé de congestion pulmonaire il est pris de violentes fièvres qui ne le quittent généralement qu’au bout de quelques jours. La fatigue l’empêche de s’occuper comme auparavant des affaires de l’Etat. Progressivement, il délègue à son héritier, l’archiduc Karl Franz Joseph Ludwig Otto Maria du Saint-Empire. Pourtant, il tente autant que possible de continuer d’assumer les charges inhérentes à son rang de monarque. Enchainant les obligations officielles et les entrevues avec ses ministres, tout en parcourant ses royaumes, il est de plus en plus affaibli. Alors qu’il poursuit de remplir ses obligations au Palais Lietzen, Franz Joseph est pris de douloureux maux de ventres. Rappelé de ses inspections l’archiduc Karl parvient juste à temps à être de retour pour s’entretenir encore une dernière fois avec son père. Mourant, Franz Joseph s’endort au plus mal. Le 21 novembre 1916 il s’éteint aux alentours de dix heures du matin après avoir reçu l’extrême onction. Son règne de 68 ans fut l’un des plus long du Saint-Empire. Ses funérailles officielles rassemblèrent des milliers de sujets et se déroulent selon le cérémonial impérial. S’étant appuyé sur les forces traditionnelles du Saint-Empire, à savoir la haute noblesse, le clergé et l’armée, c’est au sein de ces catégories qu’il fut le plus admiré. Pourtant, les historiens sont unanimes pour lui reconnaître un rôle clef dans la construction du Saint-Empire. Il lègue un Etat renforcé composé de nombreuses principautés soudées autour de la couronne impériale.
Mise à jour [url=http://www.simpolitique.com/post212491.html#212491]Chapitre V. Histoire[/url] Le Schlessien, ou le Saint-Empire constitué Franz Joseph, l'artisan de l'achèvement de la construction impériale