RP 2020 - 2023 | Vrais faux-amis et faux vrais-amis
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Sébaldie
<center>Le messager du dieu Libéralisme (1/2)
29 novembre 2020</center>
44 %. Ce pourcentage évoquait la part de Sébaldes qui soutenait le gouvernement de leur pays. Karina Rawald, la présidente de la République, était face à un désaveu de plus en plus grand. Humilié par le Kirkstan, le pays était incapable de s’imposer sur la scène internationale. Le lot de consolation s’appelait l’Union du Jeekim et Rawald résumait d’ailleurs sa politique internationale à cette organisation encore balbutiante. Economiquement, le pays stagnait. Culturellement, il régressait. Et sportivement, n’en parlons pas.
Le déficit de crédibilité était d’autant plus grand que la présidente sébalde était confrontée à plusieurs menaces sur la scène politique nationale : l’une était libérale-conservatrice et s’incarnait à travers le visage faussement angélique de Dana Liesder. L’autre était gauchiste et s’incarnait dans Egon Hochten, contre lequel elle s’est battue avec beaucoup de peine lors de l’élection présidentielle de 2018. Qui plus est, elle se faisait plonger dans l’ombre par les membres de son propre gouvernement, de plus en plus autonome. L’idée d’une large réforme des institutions, lui donnant plus de pouvoirs, occupait de plus en plus ses projets politiques.
<center>[img]http://img267.imageshack.us/img267/1544/palaisprsidentiel.jpg[/img]
Palais Présidentiel</center>
Cet après-midi, un des éléments nuisibles avait pris rendez-vous dans le bureau de Rawald, situé dans le Palais Présidentiel. Cet élément nuisible avait des cheveux blonds coupés au carré et était sûrement la femme la plus puissante du pays après elle. Après que son entrée soit annoncée à la Présidente, celle-ci entra :
<center>[img]http://img341.imageshack.us/img341/5496/danaliesder300px.jpg[/img]
Dana Liesder
Chef de l’opposition libérale-conservatrice
Vice-présidente du groupe Texalde</center>
Dana Liesder : « Bonjour, Karina. Belle journée de novembre, non ? »
<center>[img]http://imageshack.us/a/img710/4099/karinaralwad200px.jpg[/img]
Karina Rawald
Présidente de la République Sébalde</center>
Karina Rawald : « Bonjour, Dana. Que me vaut le plaisir de ta venue ? Souhaites-tu quelque chose en particulier ? »
Dana Liesder : « Oui : ta place. »
Karina Rawald, qui préparait les rafraîchissements qui lui avaient été mis à disposition, fut coupée nette sans son élan. Elle se retourna, l’œil hagard, vers Dana, qui souriait.
Dana Liesder : « Pardonne-moi, c’est de mauvais goût. »
Karina Rawald s’installa sans un mot dans le fauteuil et invita son invitée à faire de même.
Dana Liesder : « Voilà. Tu n’es pas sans savoir que Kajetán Biermann, qui occupe actuellement le poste de président directeur général de Texalde, prendra en janvier 2021 sa retraite. Je le succéderai à ce poste. »
Karina Rawald : « Dommage. Le groupe perd un bon gestionnaire. » (*Manifeste son indifférence, en buvant une gorgée de sa tasse*)
Dana Liesder : « Bref. Une fois à sa tête, j’envisage de réorienter sérieusement la politique de Texalde. Je veux un groupe innovant, prêt à s’investir sur le marché international. Et je ne peux y parvenir si l’Etat ne cède pas ses parts. »
Karina Rawald : « Hors de question ! L’Etat sébalde a toujours gardé une part de l’actionnariat de Texalde. Et toi qui veux briguer la présidence de la République, tu sais bien qu’il est nécessaire pour l’Etat de garder un œil sur les secteurs stratégiques. Le textile en est un en Sébaldie. Notre participation permet d’évaluer la santé du secteur textile dans le pays et d’agir en conséquence. »
Dana Liesder : « Je me doutais que tu aurais cette réaction. Tu es la fille d’un ancien grand patron du secteur sylvicole, tu sais comment l’action de l’Etat peut être… invasive. Honnêtement, tu as mal choisi ta voie en t’engageant auprès du Mouvement Nationaliste Sébalde, je suis sûre que tu aurais pu faire une excellente libérale-conservatrice. »
Karina Rawald : « En attendant, c’est moi qui suis chef d’Etat. »
Dana Liesder : « Peut-être… Parce que des circonstances douteuses t’ont placé à ce niveau. Cela durera 5 ans, ton nom ne sera peut-être même pas mentionné dans les manuels d’histoire. N’y vois pas un quelconque reproche… Je t’invite au contraire à donner une vision plus large, n’hésite pas à voir en grand pour ton pays. Où est donc passée ton éternelle ambition ? Voilà le marché que je te propose : Texalde rachète les parts de l’Etat et tu tiendras une conférence de presse dans laquelle tu te féliciteras de cette nouvelle, source d’emplois et d’un avenir radieux pour la Sébaldie. Ou sinon, je serais dans le regret de rechercher des investisseurs étrangers, qui ont beaucoup moins d’estime que moi pour les salariés. Ils développeront certes le groupe mais au détriment des salariés de Texalde… et aussi aux innombrables salariés des sous-traitants de Texalde… voire même ceux des sous-traitants des sous-traitants. Bref, tu m’as compris. »
Karina Rawald : « La vision libérale dans toute sa splendeur. Ce n’est pas un marché que tu me proposes, c’est du chantage. Mais marché, chantage, c’est la même chose pour vous ! »
Dana Liesder : « Ne te trompes pas d’ennemies. Tu es une femme intelligente, mais parfois un peu naïve. Tu sais comme moi que tu ne brigueras pas un deuxième mandat si tu continues dans cette voie. »
Karina Rawald : « Et toi, si tu délocalisais certains services de Texalde, tu sais très bien que tu seras aux yeux des électeurs la femme qui a tué un million d’emplois. »
Dana Liesder : « Je ne pense pas justement. Je pense que je serais perçue comme la chef d’entreprise, qui ne peut pas développer son affaire car étouffée par un Etat dirigé, lui, par une femme bornée à des convictions qui n’ont jamais fait leurs preuves. Beaucoup d’électeurs s’identifieront davantage à moi qu’à toi. *Regarde sa montre* Bon, je dois te laisser. Réfléchis à ma proposition, l’avenir du pays peut nous appartenir si nous collaborons à deux. Médite seule, ne t’entoure pas des crétins qui forment ton gouvernement. Ils ont davantage d’idées malveillantes à ton égard que moi… »
Dana Liesder serra fermement la main de la Présidente, un sourire bienveillant aux lèvres, avant de partir du bureau. Karina Rawald, elle, resta dans le fauteuil… au calme, seule, en train de faire tourner son alliance. Le divorce était prononcé depuis plusieurs mois mais elle continuait à la porter. Elle était anxieuse : son mariage était déjà détruit, sa carrière politique était menacée de l’être également…
29 novembre 2020</center>
44 %. Ce pourcentage évoquait la part de Sébaldes qui soutenait le gouvernement de leur pays. Karina Rawald, la présidente de la République, était face à un désaveu de plus en plus grand. Humilié par le Kirkstan, le pays était incapable de s’imposer sur la scène internationale. Le lot de consolation s’appelait l’Union du Jeekim et Rawald résumait d’ailleurs sa politique internationale à cette organisation encore balbutiante. Economiquement, le pays stagnait. Culturellement, il régressait. Et sportivement, n’en parlons pas.
Le déficit de crédibilité était d’autant plus grand que la présidente sébalde était confrontée à plusieurs menaces sur la scène politique nationale : l’une était libérale-conservatrice et s’incarnait à travers le visage faussement angélique de Dana Liesder. L’autre était gauchiste et s’incarnait dans Egon Hochten, contre lequel elle s’est battue avec beaucoup de peine lors de l’élection présidentielle de 2018. Qui plus est, elle se faisait plonger dans l’ombre par les membres de son propre gouvernement, de plus en plus autonome. L’idée d’une large réforme des institutions, lui donnant plus de pouvoirs, occupait de plus en plus ses projets politiques.
<center>[img]http://img267.imageshack.us/img267/1544/palaisprsidentiel.jpg[/img]
Palais Présidentiel</center>
Cet après-midi, un des éléments nuisibles avait pris rendez-vous dans le bureau de Rawald, situé dans le Palais Présidentiel. Cet élément nuisible avait des cheveux blonds coupés au carré et était sûrement la femme la plus puissante du pays après elle. Après que son entrée soit annoncée à la Présidente, celle-ci entra :
<center>[img]http://img341.imageshack.us/img341/5496/danaliesder300px.jpg[/img]
Dana Liesder
Chef de l’opposition libérale-conservatrice
Vice-présidente du groupe Texalde</center>
Dana Liesder : « Bonjour, Karina. Belle journée de novembre, non ? »
<center>[img]http://imageshack.us/a/img710/4099/karinaralwad200px.jpg[/img]
Karina Rawald
Présidente de la République Sébalde</center>
Karina Rawald : « Bonjour, Dana. Que me vaut le plaisir de ta venue ? Souhaites-tu quelque chose en particulier ? »
Dana Liesder : « Oui : ta place. »
Karina Rawald, qui préparait les rafraîchissements qui lui avaient été mis à disposition, fut coupée nette sans son élan. Elle se retourna, l’œil hagard, vers Dana, qui souriait.
Dana Liesder : « Pardonne-moi, c’est de mauvais goût. »
Karina Rawald s’installa sans un mot dans le fauteuil et invita son invitée à faire de même.
Dana Liesder : « Voilà. Tu n’es pas sans savoir que Kajetán Biermann, qui occupe actuellement le poste de président directeur général de Texalde, prendra en janvier 2021 sa retraite. Je le succéderai à ce poste. »
Karina Rawald : « Dommage. Le groupe perd un bon gestionnaire. » (*Manifeste son indifférence, en buvant une gorgée de sa tasse*)
Dana Liesder : « Bref. Une fois à sa tête, j’envisage de réorienter sérieusement la politique de Texalde. Je veux un groupe innovant, prêt à s’investir sur le marché international. Et je ne peux y parvenir si l’Etat ne cède pas ses parts. »
Karina Rawald : « Hors de question ! L’Etat sébalde a toujours gardé une part de l’actionnariat de Texalde. Et toi qui veux briguer la présidence de la République, tu sais bien qu’il est nécessaire pour l’Etat de garder un œil sur les secteurs stratégiques. Le textile en est un en Sébaldie. Notre participation permet d’évaluer la santé du secteur textile dans le pays et d’agir en conséquence. »
Dana Liesder : « Je me doutais que tu aurais cette réaction. Tu es la fille d’un ancien grand patron du secteur sylvicole, tu sais comment l’action de l’Etat peut être… invasive. Honnêtement, tu as mal choisi ta voie en t’engageant auprès du Mouvement Nationaliste Sébalde, je suis sûre que tu aurais pu faire une excellente libérale-conservatrice. »
Karina Rawald : « En attendant, c’est moi qui suis chef d’Etat. »
Dana Liesder : « Peut-être… Parce que des circonstances douteuses t’ont placé à ce niveau. Cela durera 5 ans, ton nom ne sera peut-être même pas mentionné dans les manuels d’histoire. N’y vois pas un quelconque reproche… Je t’invite au contraire à donner une vision plus large, n’hésite pas à voir en grand pour ton pays. Où est donc passée ton éternelle ambition ? Voilà le marché que je te propose : Texalde rachète les parts de l’Etat et tu tiendras une conférence de presse dans laquelle tu te féliciteras de cette nouvelle, source d’emplois et d’un avenir radieux pour la Sébaldie. Ou sinon, je serais dans le regret de rechercher des investisseurs étrangers, qui ont beaucoup moins d’estime que moi pour les salariés. Ils développeront certes le groupe mais au détriment des salariés de Texalde… et aussi aux innombrables salariés des sous-traitants de Texalde… voire même ceux des sous-traitants des sous-traitants. Bref, tu m’as compris. »
Karina Rawald : « La vision libérale dans toute sa splendeur. Ce n’est pas un marché que tu me proposes, c’est du chantage. Mais marché, chantage, c’est la même chose pour vous ! »
Dana Liesder : « Ne te trompes pas d’ennemies. Tu es une femme intelligente, mais parfois un peu naïve. Tu sais comme moi que tu ne brigueras pas un deuxième mandat si tu continues dans cette voie. »
Karina Rawald : « Et toi, si tu délocalisais certains services de Texalde, tu sais très bien que tu seras aux yeux des électeurs la femme qui a tué un million d’emplois. »
Dana Liesder : « Je ne pense pas justement. Je pense que je serais perçue comme la chef d’entreprise, qui ne peut pas développer son affaire car étouffée par un Etat dirigé, lui, par une femme bornée à des convictions qui n’ont jamais fait leurs preuves. Beaucoup d’électeurs s’identifieront davantage à moi qu’à toi. *Regarde sa montre* Bon, je dois te laisser. Réfléchis à ma proposition, l’avenir du pays peut nous appartenir si nous collaborons à deux. Médite seule, ne t’entoure pas des crétins qui forment ton gouvernement. Ils ont davantage d’idées malveillantes à ton égard que moi… »
Dana Liesder serra fermement la main de la Présidente, un sourire bienveillant aux lèvres, avant de partir du bureau. Karina Rawald, elle, resta dans le fauteuil… au calme, seule, en train de faire tourner son alliance. Le divorce était prononcé depuis plusieurs mois mais elle continuait à la porter. Elle était anxieuse : son mariage était déjà détruit, sa carrière politique était menacée de l’être également…
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Sébaldie
<center>Poire conférence (1/2)
27 janvier 2021</center>
Centre-ville de Senheim, au cœur du pays. Tout le gratin était invité à une réception donnée au siège social de Texalde, le géant sébalde du textile. Le conseil d’administration était réuni, dans son intégralité. Une centaine de personnalités y étaient conviées et représentaient un comité sélectif, trié sur le volet. Des vigiles et des hôtesses veillaient notamment à ce qu’aucune personne non-invitée ne s’infiltre dans cette réunion pour le moins exceptionnelle pour l’entreprise. Bien évidemment, les dirigeants de l’entreprise se gardèrent bien de convier les petites mains qui faisaient la réputation actuelle du groupe. Les ouvriers et même les cadres étaient exclus de la réception.
<center>[img]http://imageshack.us/a/img19/4981/texaldesiegesocial.jpg[/img]
Siège social du groupe Texalde</center>
Depuis 1983, le groupe était géré par Kajetán Biermann. Ce paternaliste dans l’âme avait toujours suscité la sympathie de ses salariés, qui pouvaient bénéficier d’un salaire plus généreux que la moyenne, en particulier les ouvriers. Malgré la mécanisation et l’arrivée de la technologie de pointe dans les industries, le travail leur restait pénible. Ces mesures visaient donc à rendre leur quotidien moins difficile. Au cours de son mandat de président-directeur-général, il avait participé à de nombreux projets immobiliers, visant la création de « quartiers ouvriers » - qui en taisaient le nom – autour de ces industries, éparpillées dans tout le pays. Il était également apprécié de la classe politique, à l’exception évidente de l’extrême-gauche. Sociaux-démocrates, libéraux-conservateurs et nationalistes s’accordaient sur les qualités de cet homme. Cependant, Biermann fut dans l’obligation vitale de se retirer de la vie professionnelle : en bon vivant, il ne se refusait jamais quelques petits excès, tout en continuant à travailler d’arrache-pied pour entretenir le mastodonte qu’il dirigeait. Ce train de vie l’a conduit en 2019 à un infarctus, qui l’a considérablement affaibli. Il avait ainsi décidé de lever le pied définitivement au début de l’année 2021, à l’âge de 74 ans. Cette réception visait à lui souhaiter une bonne retraite. Il s’exprima en ces termes, s’appuyant de manière fébrile sur une canne à laquelle il était dépendant depuis son malaise cardiaque.
<center>[img]http://img46.imageshack.us/img46/796/kajetanbiermann.jpg[/img]
Kajetán Biermann
Président du groupe Texalde (1983-2021)</center>
Kajetán Biermann : « C’est avec le cœur serré que je quitte la présidence du groupe Texalde. Et vous savez bien combien j’ai le cœur fragile… *Sourire* Je crois d’ailleurs n’avoir eu qu’un seul amour dans ma vie et il est matérialisé à travers Texalde. Nous sommes entre amis, vous savez tous que j’ai eu dans ma vie 4 femmes différentes et 5 divorces. Et je dois dire que la vie que j’ai partagée avec Texalde a été plus… sereine, si vous me permettez ce petit écart misogyne. *Sourire*Je suis fier de conclure mon premier mariage par un succès : Texalde est aujourd’hui l’une des plus grandes entreprises du pays. Le chemin fut long : j’ai démarré moi-même, à l’âge de 23 ans, en tant qu’ouvrier du textile. Et dans les années 1960, nous n’avions pas toute cette informatique pour nous faciliter la tâche... J’ai toujours été très sensible au sort de mes salariés, j’ai voulu concilier ce souci du bien-être avec la réussite du groupe. Et je pense l’objectif partiellement atteint : les collaborateurs de Texalde sont aujourd’hui fiers d’appartenir à notre groupe. En effet, l’objectif n’est que partiellement atteint puisque je ne suis pas parvenu à épouser – une fois encore ! – un rêve qui m’était cher… à savoir investir le monde et véhiculer la culture Texalde en dehors de nos frontières. Je vous quitte cette année avec ce nouvel objectif ambitieux. Mais n’ayez crainte… Dana Liesder, qui a été ma vice-présidente depuis maintenant un peu plus de 10 ans, garantira – j’en suis sûr – le meilleur avenir pour notre groupe… »
Sous les applaudissements, Kajetán Biermann recula pour faire place à une petite femme, aux cheveux coupés au carré, le sourire aux lèvres. Dans la salle, quelques cadres de son parti politique – l’Union Nationale Démocratique – étaient présents et explosaient l’applaudimètre. Dana Liesder leur adressa un discret clin d’œil avant de s’engager dans un discours :
<center>[img]http://img341.imageshack.us/img341/5496/danaliesder300px.jpg[/img]
Dana Liesder
Chef de l’opposition libérale-conservatrice
Présidente du groupe Texalde (depuis 2021)</center>
Dana Liesder : « Je vous remercie. Je serai beaucoup plus brève que Kajetán, ne serait-ce parce que nous aurons bien d’autres occasions pour échanger. Et oui, Kajetán, une femme sait difficilement se taire… *Rires de l’ensemble de l’audience* Je tenais à vous rassurer sur un autre point : mon engagement politique ne sera jamais une nuisance pour Texalde, bien au contraire. J’entends peser sur les décisions nationales afin de conduire au succès la politique voulue par Kajetán Biermann. Texalde doit s’internationaliser et pour ce faire, la Sébaldie doit s’ouvrir au monde. C’est indiscutable. J’ai confiance en l’avenir, j’ai confiance en vous, en notre pouvoir ! […] »
À la fin du discours et après les félicitations, Dana Liesder se mit à l’écart avec son prédécesseur. Les autres invités étaient conviés à prendre part au buffet préparé par l’un des meilleurs traiteurs du pays. Dana Liesder s’exprima à voix basse à son interlocuteur :
Dana Liesder : « N’oublions pas Karina. Je lui ai promis de la tenir au courant. Cela ne te dérangerait-il pas de la contacter pour moi ? Elle a de bons rapports avec toi, meilleurs qu’avec moi. »
Kajetán Biermann : « Es-tu sûre que cela ne risque pas, justement, d’entacher notre relation ? »
Dana Liesder : « Non, elle a confiance en toi. Tu étais un ami proche de son père… Fais en sorte qu’elle annonce la nouvelle lors de la prochaine conférence de presse. Insiste sur le fait qu’elle doit être réactive pour être crédible et que soutenir l’ouverture de Texalde au monde est nécessaire… notamment pour sa carrière. »
27 janvier 2021</center>
Centre-ville de Senheim, au cœur du pays. Tout le gratin était invité à une réception donnée au siège social de Texalde, le géant sébalde du textile. Le conseil d’administration était réuni, dans son intégralité. Une centaine de personnalités y étaient conviées et représentaient un comité sélectif, trié sur le volet. Des vigiles et des hôtesses veillaient notamment à ce qu’aucune personne non-invitée ne s’infiltre dans cette réunion pour le moins exceptionnelle pour l’entreprise. Bien évidemment, les dirigeants de l’entreprise se gardèrent bien de convier les petites mains qui faisaient la réputation actuelle du groupe. Les ouvriers et même les cadres étaient exclus de la réception.
<center>[img]http://imageshack.us/a/img19/4981/texaldesiegesocial.jpg[/img]
Siège social du groupe Texalde</center>
Depuis 1983, le groupe était géré par Kajetán Biermann. Ce paternaliste dans l’âme avait toujours suscité la sympathie de ses salariés, qui pouvaient bénéficier d’un salaire plus généreux que la moyenne, en particulier les ouvriers. Malgré la mécanisation et l’arrivée de la technologie de pointe dans les industries, le travail leur restait pénible. Ces mesures visaient donc à rendre leur quotidien moins difficile. Au cours de son mandat de président-directeur-général, il avait participé à de nombreux projets immobiliers, visant la création de « quartiers ouvriers » - qui en taisaient le nom – autour de ces industries, éparpillées dans tout le pays. Il était également apprécié de la classe politique, à l’exception évidente de l’extrême-gauche. Sociaux-démocrates, libéraux-conservateurs et nationalistes s’accordaient sur les qualités de cet homme. Cependant, Biermann fut dans l’obligation vitale de se retirer de la vie professionnelle : en bon vivant, il ne se refusait jamais quelques petits excès, tout en continuant à travailler d’arrache-pied pour entretenir le mastodonte qu’il dirigeait. Ce train de vie l’a conduit en 2019 à un infarctus, qui l’a considérablement affaibli. Il avait ainsi décidé de lever le pied définitivement au début de l’année 2021, à l’âge de 74 ans. Cette réception visait à lui souhaiter une bonne retraite. Il s’exprima en ces termes, s’appuyant de manière fébrile sur une canne à laquelle il était dépendant depuis son malaise cardiaque.
<center>[img]http://img46.imageshack.us/img46/796/kajetanbiermann.jpg[/img]
Kajetán Biermann
Président du groupe Texalde (1983-2021)</center>
Kajetán Biermann : « C’est avec le cœur serré que je quitte la présidence du groupe Texalde. Et vous savez bien combien j’ai le cœur fragile… *Sourire* Je crois d’ailleurs n’avoir eu qu’un seul amour dans ma vie et il est matérialisé à travers Texalde. Nous sommes entre amis, vous savez tous que j’ai eu dans ma vie 4 femmes différentes et 5 divorces. Et je dois dire que la vie que j’ai partagée avec Texalde a été plus… sereine, si vous me permettez ce petit écart misogyne. *Sourire*Je suis fier de conclure mon premier mariage par un succès : Texalde est aujourd’hui l’une des plus grandes entreprises du pays. Le chemin fut long : j’ai démarré moi-même, à l’âge de 23 ans, en tant qu’ouvrier du textile. Et dans les années 1960, nous n’avions pas toute cette informatique pour nous faciliter la tâche... J’ai toujours été très sensible au sort de mes salariés, j’ai voulu concilier ce souci du bien-être avec la réussite du groupe. Et je pense l’objectif partiellement atteint : les collaborateurs de Texalde sont aujourd’hui fiers d’appartenir à notre groupe. En effet, l’objectif n’est que partiellement atteint puisque je ne suis pas parvenu à épouser – une fois encore ! – un rêve qui m’était cher… à savoir investir le monde et véhiculer la culture Texalde en dehors de nos frontières. Je vous quitte cette année avec ce nouvel objectif ambitieux. Mais n’ayez crainte… Dana Liesder, qui a été ma vice-présidente depuis maintenant un peu plus de 10 ans, garantira – j’en suis sûr – le meilleur avenir pour notre groupe… »
Sous les applaudissements, Kajetán Biermann recula pour faire place à une petite femme, aux cheveux coupés au carré, le sourire aux lèvres. Dans la salle, quelques cadres de son parti politique – l’Union Nationale Démocratique – étaient présents et explosaient l’applaudimètre. Dana Liesder leur adressa un discret clin d’œil avant de s’engager dans un discours :
<center>[img]http://img341.imageshack.us/img341/5496/danaliesder300px.jpg[/img]
Dana Liesder
Chef de l’opposition libérale-conservatrice
Présidente du groupe Texalde (depuis 2021)</center>
Dana Liesder : « Je vous remercie. Je serai beaucoup plus brève que Kajetán, ne serait-ce parce que nous aurons bien d’autres occasions pour échanger. Et oui, Kajetán, une femme sait difficilement se taire… *Rires de l’ensemble de l’audience* Je tenais à vous rassurer sur un autre point : mon engagement politique ne sera jamais une nuisance pour Texalde, bien au contraire. J’entends peser sur les décisions nationales afin de conduire au succès la politique voulue par Kajetán Biermann. Texalde doit s’internationaliser et pour ce faire, la Sébaldie doit s’ouvrir au monde. C’est indiscutable. J’ai confiance en l’avenir, j’ai confiance en vous, en notre pouvoir ! […] »
À la fin du discours et après les félicitations, Dana Liesder se mit à l’écart avec son prédécesseur. Les autres invités étaient conviés à prendre part au buffet préparé par l’un des meilleurs traiteurs du pays. Dana Liesder s’exprima à voix basse à son interlocuteur :
Dana Liesder : « N’oublions pas Karina. Je lui ai promis de la tenir au courant. Cela ne te dérangerait-il pas de la contacter pour moi ? Elle a de bons rapports avec toi, meilleurs qu’avec moi. »
Kajetán Biermann : « Es-tu sûre que cela ne risque pas, justement, d’entacher notre relation ? »
Dana Liesder : « Non, elle a confiance en toi. Tu étais un ami proche de son père… Fais en sorte qu’elle annonce la nouvelle lors de la prochaine conférence de presse. Insiste sur le fait qu’elle doit être réactive pour être crédible et que soutenir l’ouverture de Texalde au monde est nécessaire… notamment pour sa carrière. »
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Sébaldie
<center>Poire conférence (2/2)
28 janvier 2021</center>
Suite à la [url=http://www.simpolitique.com/post187068.html#187068]conférence de presse[/url] qu’elle avait tenue, Karina Rawald eut l’impression de céder trop facilement aux envies de son adversaire politique. Elle se sentait presque humiliée : cinq ans auparavant, elle ne se serait jamais rabaissée à féliciter les résultats et ambitions du groupe Texalde, qui lui a toujours été hostile politiquement. Son intervention fut brève mais très calculée : en se félicitant rapidement de l’élection de Dana Liesder à la présidence générale de Texalde, Karina Rawald paraissait moins sectaire. En affirmant que l’Etat aiderait Texalde à entreprendre ses projets, elle travaillait l’image d’une Sébaldie entreprenante. Mais en insistant sur le rôle de l’Etat, elle tenait à ce que le socle de son électorat ne se désolidarise pas d’elle. Elle devait jouer sur certains aspects du libéralisme, sans trop en faire néanmoins. Si, objectivement, elle considéra son intervention habile, elle restait globalement amère à l’idée qu’elle devait ainsi jouer des pieds et mains pour rester politiquement crédible.
L’âge d’or du Mouvement Nationaliste Sébalde, entre 2009 et 2016, était maintenant bien lointain. Carriériste et ambitieuse, Karina Rawald prenait le risque de perdre son soutien interne pour continuer à exercer le pouvoir. Elle savait la prochaine élection présidentielle compromise et que son avenir ne se dessinerait plus dans un gouvernement d’inspiration nationaliste mais plutôt libérale. Elle ne pouvait pas redevenir une simple députée ! Son flux de conscience était agité. Fidèlement au conseil de Dana Liesder, elle s’entourait de moins en moins de ses ministres pour préparer ses interventions. Seul son vice-président Goran Horandson restait à ses yeux un confident en qui elle pouvait avoir confiance… Ou tout du moins, en qui elle pensait avoir confiance.
<center>[img]http://imageshack.us/a/img710/4099/karinaralwad200px.jpg[/img]
Karina Rawald
Présidente de la République Sébalde</center>
Karina Rawald : « Oui, entrez ! »
On avait effectivement toqué à la porte. Celle-ci s’ouvrit et laissa apparaître un visage austère, aux yeux globuleux cachés par des lunettes démodées : c’était Goran Horandson, le vice-président.
<center>[img]http://img16.imageshack.us/img16/9586/goranhorandson200px.jpg[/img]
Goran Horandson
Vice-président de la République Sébalde</center>
Goran Horandson : « Bonsoir, Karina. Je ne te dérange pas, au moins ? »
Karina Rawald : « Pas du tout, bien au contraire ! Je suis heureuse de te voir. »
Goran Horandson : « Le plaisir est partagé, nous nous voyons rarement en ce moment… La dernière réunion des ministres remonte à si longtemps. Tu sembles si… absente. »
Karina Rawald : « Oui, j’avais besoin de réfléchir seule. Ces derniers temps, j’ai dû prendre des décisions difficiles, il me fallait une concentration optimale. »
Goran Horandson : « C’est justement ce qui m’amène dans ton bureau. Identité Sébalde ne décolère pas de ta décision d’accueillir près de 25 000 Kasoviens dans notre pays. Le MNS, quant à lui, ne comprend pas non plus cette décision mais est davantage dérangé par tes félicitations à Dana Liesder pour le groupe Texalde. Tu sais bien que le groupe représente ce que nous répugnons officiellement le plus : le mondialisme, l’ultra-libéralisme, l’exploitation des hommes par les hommes. »
Karina Rawald : « Je te pensais plus pragmatique, Goran… Si tu étais à la tête de l’Etat, tu comprendrais que tout n’est pas une question d’idéologie, d’ouvrages scientifiques et de conférences universitaires… »
Le vice-président sébalde avait les yeux écarquillés. Il était choqué de la réaction de Karina Rawald : jamais elle n’avait tenu des propos aussi secs à son égard. Il tenta de reprendre la main en la caressant dans le sens du poil…
Goran Horandson : « Je suis désolé si je t’ai offensée. Tu es une femme intelligente mais parfois un peu trop naïve. Ne prends pas mal ma remarque, c’est un vrai ami qui t’apprécie beaucoup qui te la formule... Seulement, ne perds pas le cap, reste vigilante : notre majorité parlementaire est fragile, toute décision qui pourrait déconcerter Identité Sébalde ou même le MNS est à éviter. »
Karina Rawald : « Cela fait bientôt 7 ans que nous sommes au pouvoir… 7 ans ! Et quel souvenir laissera-t-on à la Sébaldie ? Quelle image au niveau international ? À part ta légalisation du cannibalisme ?! »
Goran Horandson : « De la consommation de viande humaine… »
Karina Rawald : « Non, du cannibalisme ! C’est ainsi que cela a été perçu à l’internationale. Et à chaque rencontre diplomatique, je dois me faire la VRP de cette loi. Ils nous prennent des fous. Et maintenant, tu prétends que j’ai fait l’erreur d’accueillir 25 000 réfugiés kasoviens ? Rares sont les pays qui ont ouvert leurs portes à ceux que nous devons considérer comme nos frères slaves. De mémoire, il n’y a que le [url=http://www.simpolitique.com/post184546.html#184546]Wapong[/url]. Tout service que nous leur rendrons nous sera rendu en retour. Quelles portes nous a fait ouvrir ton histoire de cannibalisme ? »
Goran Horandson : « De la consommation de viande humaine. Je ne comprends pas ta colère… Nous avons connu de pires épreuves, et nous avons toujours été plus forts. Tu parles justement de l’image que nous donnons à l’étranger. Sache qu’un [url=http://www.simpolitique.com/post187080.html#187080]article du Liethuviskos Rytas[/url] considère ta dernière conférence de presse fébrile. Ils te mettent au défi de renouer la confiance des libéraux et celle des bourses étrangères. Je suis donc en droit de te demander : quelles portes nous feront ouvrir ton rapprochement avec Dana Liesder ? Tu crois que le service que tu lui as rendu te sera rendu en retour ? Pardonne-moi l’expression mais pour elle, tu es une bonne poire… »
Goran Horandson adressa un geste amical à Karina Rawald, en posant sa main sur son épaule. Assez perturbé par la rencontre, il quitta le bureau de la présidente sébalde. Il semblait avoir perdu l’emprise qu’il avait habituellement sur elle et s’en inquiétait. Il était conscient qu’il devait rester très attentif à ses humeurs… afin d’assurer ses arrières pour éviter qu’elle ne l’entraîne dans sa chute.
28 janvier 2021</center>
Suite à la [url=http://www.simpolitique.com/post187068.html#187068]conférence de presse[/url] qu’elle avait tenue, Karina Rawald eut l’impression de céder trop facilement aux envies de son adversaire politique. Elle se sentait presque humiliée : cinq ans auparavant, elle ne se serait jamais rabaissée à féliciter les résultats et ambitions du groupe Texalde, qui lui a toujours été hostile politiquement. Son intervention fut brève mais très calculée : en se félicitant rapidement de l’élection de Dana Liesder à la présidence générale de Texalde, Karina Rawald paraissait moins sectaire. En affirmant que l’Etat aiderait Texalde à entreprendre ses projets, elle travaillait l’image d’une Sébaldie entreprenante. Mais en insistant sur le rôle de l’Etat, elle tenait à ce que le socle de son électorat ne se désolidarise pas d’elle. Elle devait jouer sur certains aspects du libéralisme, sans trop en faire néanmoins. Si, objectivement, elle considéra son intervention habile, elle restait globalement amère à l’idée qu’elle devait ainsi jouer des pieds et mains pour rester politiquement crédible.
L’âge d’or du Mouvement Nationaliste Sébalde, entre 2009 et 2016, était maintenant bien lointain. Carriériste et ambitieuse, Karina Rawald prenait le risque de perdre son soutien interne pour continuer à exercer le pouvoir. Elle savait la prochaine élection présidentielle compromise et que son avenir ne se dessinerait plus dans un gouvernement d’inspiration nationaliste mais plutôt libérale. Elle ne pouvait pas redevenir une simple députée ! Son flux de conscience était agité. Fidèlement au conseil de Dana Liesder, elle s’entourait de moins en moins de ses ministres pour préparer ses interventions. Seul son vice-président Goran Horandson restait à ses yeux un confident en qui elle pouvait avoir confiance… Ou tout du moins, en qui elle pensait avoir confiance.
<center>[img]http://imageshack.us/a/img710/4099/karinaralwad200px.jpg[/img]
Karina Rawald
Présidente de la République Sébalde</center>
Karina Rawald : « Oui, entrez ! »
On avait effectivement toqué à la porte. Celle-ci s’ouvrit et laissa apparaître un visage austère, aux yeux globuleux cachés par des lunettes démodées : c’était Goran Horandson, le vice-président.
<center>[img]http://img16.imageshack.us/img16/9586/goranhorandson200px.jpg[/img]
Goran Horandson
Vice-président de la République Sébalde</center>
Goran Horandson : « Bonsoir, Karina. Je ne te dérange pas, au moins ? »
Karina Rawald : « Pas du tout, bien au contraire ! Je suis heureuse de te voir. »
Goran Horandson : « Le plaisir est partagé, nous nous voyons rarement en ce moment… La dernière réunion des ministres remonte à si longtemps. Tu sembles si… absente. »
Karina Rawald : « Oui, j’avais besoin de réfléchir seule. Ces derniers temps, j’ai dû prendre des décisions difficiles, il me fallait une concentration optimale. »
Goran Horandson : « C’est justement ce qui m’amène dans ton bureau. Identité Sébalde ne décolère pas de ta décision d’accueillir près de 25 000 Kasoviens dans notre pays. Le MNS, quant à lui, ne comprend pas non plus cette décision mais est davantage dérangé par tes félicitations à Dana Liesder pour le groupe Texalde. Tu sais bien que le groupe représente ce que nous répugnons officiellement le plus : le mondialisme, l’ultra-libéralisme, l’exploitation des hommes par les hommes. »
Karina Rawald : « Je te pensais plus pragmatique, Goran… Si tu étais à la tête de l’Etat, tu comprendrais que tout n’est pas une question d’idéologie, d’ouvrages scientifiques et de conférences universitaires… »
Le vice-président sébalde avait les yeux écarquillés. Il était choqué de la réaction de Karina Rawald : jamais elle n’avait tenu des propos aussi secs à son égard. Il tenta de reprendre la main en la caressant dans le sens du poil…
Goran Horandson : « Je suis désolé si je t’ai offensée. Tu es une femme intelligente mais parfois un peu trop naïve. Ne prends pas mal ma remarque, c’est un vrai ami qui t’apprécie beaucoup qui te la formule... Seulement, ne perds pas le cap, reste vigilante : notre majorité parlementaire est fragile, toute décision qui pourrait déconcerter Identité Sébalde ou même le MNS est à éviter. »
Karina Rawald : « Cela fait bientôt 7 ans que nous sommes au pouvoir… 7 ans ! Et quel souvenir laissera-t-on à la Sébaldie ? Quelle image au niveau international ? À part ta légalisation du cannibalisme ?! »
Goran Horandson : « De la consommation de viande humaine… »
Karina Rawald : « Non, du cannibalisme ! C’est ainsi que cela a été perçu à l’internationale. Et à chaque rencontre diplomatique, je dois me faire la VRP de cette loi. Ils nous prennent des fous. Et maintenant, tu prétends que j’ai fait l’erreur d’accueillir 25 000 réfugiés kasoviens ? Rares sont les pays qui ont ouvert leurs portes à ceux que nous devons considérer comme nos frères slaves. De mémoire, il n’y a que le [url=http://www.simpolitique.com/post184546.html#184546]Wapong[/url]. Tout service que nous leur rendrons nous sera rendu en retour. Quelles portes nous a fait ouvrir ton histoire de cannibalisme ? »
Goran Horandson : « De la consommation de viande humaine. Je ne comprends pas ta colère… Nous avons connu de pires épreuves, et nous avons toujours été plus forts. Tu parles justement de l’image que nous donnons à l’étranger. Sache qu’un [url=http://www.simpolitique.com/post187080.html#187080]article du Liethuviskos Rytas[/url] considère ta dernière conférence de presse fébrile. Ils te mettent au défi de renouer la confiance des libéraux et celle des bourses étrangères. Je suis donc en droit de te demander : quelles portes nous feront ouvrir ton rapprochement avec Dana Liesder ? Tu crois que le service que tu lui as rendu te sera rendu en retour ? Pardonne-moi l’expression mais pour elle, tu es une bonne poire… »
Goran Horandson adressa un geste amical à Karina Rawald, en posant sa main sur son épaule. Assez perturbé par la rencontre, il quitta le bureau de la présidente sébalde. Il semblait avoir perdu l’emprise qu’il avait habituellement sur elle et s’en inquiétait. Il était conscient qu’il devait rester très attentif à ses humeurs… afin d’assurer ses arrières pour éviter qu’elle ne l’entraîne dans sa chute.
-
Sébaldie
<center>Pornocratie (1/3)
1er mai 2021</center>
Chaque premier samedi du mois, c’était le même rituel. Dans l’ambiance feutrée d’une salle de réception, aussi discrète qu’onéreuse, le gratin sébalde se réunissait. Les cocktails qui y étaient préparés étaient pourtant mauvais. Mais la clientèle ne venait pas pour cela. On y achetait le silence, qui comme le disait l’adage, se vendait à prix d’or.
<center>[img]http://img705.imageshack.us/img705/223/hoteln.jpg[/img]</center>
Chaque soir, c’était une petite vingtaine de personnalités des affaires ou de la politique qui conviaient des invités, tous masculins, de moins de 18 ans pour une soirée mémorable. Il y en avait pour tous les goûts mais les peaux basanées avaient un certain succès. Plusieurs membres du gouvernement et du Parlement sébaldes s’étaient donné rendez-vous. Ministre de l’Intérieur, Leonard Maigsruck ne ratait pour rien au monde ces soirées pendant lesquelles il pouvait réaffirmer sa toute-puissance.
<center>[img]http://img24.imageshack.us/img24/3310/leonardmaigsruck.jpg[/img]
Leonard Maigsruck
Ministre de l’Intérieur de la République Sébalde</center>
Leonard Maigsruck : « Viens là… »
Ce soir, il avait jeté son dévolu sur un petit corps frêle et innocent, à qui il tendit plusieurs généreux billets de 50 Bald, la monnaie locale.
<center>[img]http://imageshack.us/a/img845/3878/gabrielmilikard200px.jpg[/img]
Gabriel Milikard
Ministre de l’Ecologie et de l’Environnement de la République Sébalde</center>
Gabriel Milikard : « Passe-le moi ensuite, Leo. »
C’était la voix du ministre de l’Ecologie. Ce n’était que la deuxième fois qu’il venait. Il manquait encore de repères et avait besoin de solliciter son ami Leonard. Gabriel était peu serein et plutôt crispé : sa carrière politique pouvait être comprise et même sa propre intégrité puisqu’il faisait était parfaitement illégal. Il se reposait sur la prudence de Leonard.
Leonard Maigsruck : « Je vais demander si Goran veut bien se joindre à nous… »
Il se saisit d’un téléphone jetable pour effectuer son appel. À l’autre bout, le vice-président décroche.
<center>[img]http://img16.imageshack.us/img16/9586/goranhorandson200px.jpg[/img]
Goran Horandson
Vice-Président de la République Sébalde</center>
Goran Horandson : « Je t’ai déjà dit que je n’étais pas intéressé par tes soirées, Leonard… »
Leonard Maigsruck : « Tu en es sûr ? Gabriel était réticent, il s’est laissé convaincre. Il n’y a aucune crainte à avoir, je donne toute ma confiance dans le gérant de l’hôtel. »
Goran Horandson : « Sur le principe, je ne m’y oppose pas. Seulement, je n’ai rien à faire là-bas. Je les préfère plus mûrs. Je ne fais rien d’illégal de mon côté, ils ont atteint la majorité. Ne m’appelle plus jamais dans ces circonstances : nous n’avons jamais eu cette conversation, ni les précédentes. S’il t’arrive quelque chose, je ne pourrai rien faire pour toi. Mon silence vaut déjà de l’or. »
Leonard Maigsruck : « Comme tu voudras. »
Goran Horandson avait déjà raccroché mais cela ne semblait pas troubler Leonard, qui se dirigeait doucement vers une chambre avec son invité. Persuadé d’être inatteignable dans cet havre de plaisir.
1er mai 2021</center>
Chaque premier samedi du mois, c’était le même rituel. Dans l’ambiance feutrée d’une salle de réception, aussi discrète qu’onéreuse, le gratin sébalde se réunissait. Les cocktails qui y étaient préparés étaient pourtant mauvais. Mais la clientèle ne venait pas pour cela. On y achetait le silence, qui comme le disait l’adage, se vendait à prix d’or.
<center>[img]http://img705.imageshack.us/img705/223/hoteln.jpg[/img]</center>
Chaque soir, c’était une petite vingtaine de personnalités des affaires ou de la politique qui conviaient des invités, tous masculins, de moins de 18 ans pour une soirée mémorable. Il y en avait pour tous les goûts mais les peaux basanées avaient un certain succès. Plusieurs membres du gouvernement et du Parlement sébaldes s’étaient donné rendez-vous. Ministre de l’Intérieur, Leonard Maigsruck ne ratait pour rien au monde ces soirées pendant lesquelles il pouvait réaffirmer sa toute-puissance.
<center>[img]http://img24.imageshack.us/img24/3310/leonardmaigsruck.jpg[/img]
Leonard Maigsruck
Ministre de l’Intérieur de la République Sébalde</center>
Leonard Maigsruck : « Viens là… »
Ce soir, il avait jeté son dévolu sur un petit corps frêle et innocent, à qui il tendit plusieurs généreux billets de 50 Bald, la monnaie locale.
<center>[img]http://imageshack.us/a/img845/3878/gabrielmilikard200px.jpg[/img]
Gabriel Milikard
Ministre de l’Ecologie et de l’Environnement de la République Sébalde</center>
Gabriel Milikard : « Passe-le moi ensuite, Leo. »
C’était la voix du ministre de l’Ecologie. Ce n’était que la deuxième fois qu’il venait. Il manquait encore de repères et avait besoin de solliciter son ami Leonard. Gabriel était peu serein et plutôt crispé : sa carrière politique pouvait être comprise et même sa propre intégrité puisqu’il faisait était parfaitement illégal. Il se reposait sur la prudence de Leonard.
Leonard Maigsruck : « Je vais demander si Goran veut bien se joindre à nous… »
Il se saisit d’un téléphone jetable pour effectuer son appel. À l’autre bout, le vice-président décroche.
<center>[img]http://img16.imageshack.us/img16/9586/goranhorandson200px.jpg[/img]
Goran Horandson
Vice-Président de la République Sébalde</center>
Goran Horandson : « Je t’ai déjà dit que je n’étais pas intéressé par tes soirées, Leonard… »
Leonard Maigsruck : « Tu en es sûr ? Gabriel était réticent, il s’est laissé convaincre. Il n’y a aucune crainte à avoir, je donne toute ma confiance dans le gérant de l’hôtel. »
Goran Horandson : « Sur le principe, je ne m’y oppose pas. Seulement, je n’ai rien à faire là-bas. Je les préfère plus mûrs. Je ne fais rien d’illégal de mon côté, ils ont atteint la majorité. Ne m’appelle plus jamais dans ces circonstances : nous n’avons jamais eu cette conversation, ni les précédentes. S’il t’arrive quelque chose, je ne pourrai rien faire pour toi. Mon silence vaut déjà de l’or. »
Leonard Maigsruck : « Comme tu voudras. »
Goran Horandson avait déjà raccroché mais cela ne semblait pas troubler Leonard, qui se dirigeait doucement vers une chambre avec son invité. Persuadé d’être inatteignable dans cet havre de plaisir.
-
Sébaldie
<center>Pornocratie (2/3)
13 mai 2021</center>
Goran Horandson travaillait plus tard que d’habitude ce jeudi soir. À 19 heures, il avait eu une vidéoconférence avec les responsables d’Identité Sébalde, qui se démarquaient de plus en plus de la présidente sébalde, surtout depuis que cette dernière ait décidé de soutenir les « islamistes modérés » tchoconaliens. Lui-même s’en insurgeait mais de manière muette. Il devait continuer à défendre le bilan et la politique de Karina Rawald quand bien même, lui-même n’y croyait pas une seconde. La discussion a duré près de trois quarts d’heure, son rendez-vous de vingt heures avançait à grand pas. Il éteignit rapidement son ordinateur et se changea, dans la salle de bains annexe à son bureau.
Le rendez-vous de vingt heures lui exigeait une tenue impeccable. Le vice-président s’habilla de son plus beau costume même si aucun ne lui allait. Il avait toujours cet air ridicule. Se peignant et s’arrachant les cheveux blancs qu’il voyait et cela d’autant plus que son rendez-vous avait plus la moitié de son âge. Il recevait un grand acteur du cinéma sébalde, récompensé à de multiples reprises. Il était présent dans la vidéothèque de Goran Horandson mais ensemble, ils ne parleraient pas de politique, ni de cinéma. Enfin, c’est ce que le vice-président pensait…
On frappait à sa porte. C’était lui. Il avait un peu d’avance. Goran prit une longue respiration avant de lui ouvrir.
<center>[img]http://img221.imageshack.us/img221/7926/rq1m.jpg[/img]</center>
Anton Davornik : « Me voilà donc. »
Goran Horandson perdit ses moyens et ne parvint pas à prononcer un mot. Toujours muet, il fit un signe pour l’inviter à entrer dans le bureau. Il avait en face de lui Anton Davornik, célèbre acteur pornographique gay à la carrière prolifique du haut de ses 25 ans. Sa venue n’était pas un hasard : le jeune acteur avait pu profiter des honoraires versés par le généreux salaire du vice-président sébalde. Pour autant, Goran Horandson voulait que ces honoraires justifient. Aussi, lui demanda-t-il de prouver qu’il était bien le « Monsieur 25 centimètres » de son studio de production.
<center>[img]http://img16.imageshack.us/img16/9586/goranhorandson200px.jpg[/img]
Goran Horandson
Vice-Président de la République Sébalde</center>
Goran Horandson : « Peux-tu me montrer ce que tu m’as promis… ? »
Anton Davornik : « Pas de souci. »
L’acteur laissa tomber son pantalon pour prouver sa bonne foi.
Anton Davornik : « Evidemment, elle est au repos. »
En même temps qu’il contempla l’attribut, Goran Horandson glissa un billet de 50 Bald dans la poche de chemise du jeune homme. L’un de ses rêves se réalisait-il enfin ? Voyant que le vice-président s’approchait doucement, Davornik se rhabilla et le repoussa gentiment avec un sourire :
Anton Davornik : « L’argent ne m’intéresse pas de votre part. Vous n’êtes pas un client habituel. J’ai une demande à vous faire… »
Goran Horandson : « Tu peux me tutoyer. Je t’écoute. »
Anton Davornik : « Voilà... Je m’étais dit que vous… que tu pourrais peut-être m’aider à gagner en notoriété. J’avais pensé à créer du « buzz » autour de ma personne en m’engageant en politique. »
Goran Horandson écarquilla les yeux. Dans un pareil moment, il lui fallait encore discuter politique ?! Presque agacé, il répondit :
Goran Horandson : « Qu’est-ce que je peux faire pour toi ? Quelles sont tes opinions politiques ? »
Anton Davornik : « Je sais pas, moi… La politique et moi… »
Horandson réfléchit quelques secondes. Ne pouvait-il pas faire un geste pour ce jeune homme ? Un geste suffisamment fort pour qu’il lui soit reconnaissant pour longtemps.
Goran Horandson : « Bon. Tu n’as qu’à rejoindre le MNS, le Mouvement Nationaliste Sébalde ? »
Anton Davornik : « Ah ouais ? C’est quoi vos opinions, là-bas ? »
Goran Horandson : « Retiens juste que la surpopulation est le principal fléau du monde. Le reste, je m’en occupe. Ne t’inquiète pas, c’est très facile. »
Anton Davornik : « Cool. Et comment je peux faire mon entrée ? »
Goran Horandson : « Aux prochaines élections législatives, dans deux ans, tu seras en deuxième position, derrière moi, sur la liste que je conduirai dans la province du Centran. Tu es sûr d’être élu. Le Parlement a besoin de petits jeunes comme toi, ce sont de vieux croulants qui y siègent pour la plupart. »
Anton Davornik : « Tu en sûr ? Ma carrière risque d’être un frein… »
Goran Horandson : « Non. Les électeurs votent pour des listes, ils n’ont pas le temps de s’arrêter sur la biographie de chacun. C’est ce qui rend la proportionnelle si palpitante. Mais pour cela, j’ai besoin de ton honnêteté, de ta confiance… »
Anton Davornik : « Ça peut le faire. »
Le vice-président afficha alors un grand sourire. Il serra la main de son jeune futur colistier, sans prendre conscience dans l’immédiat des conséquences de son engagement. Rien ne l’empêchait de revenir sur sa décision. Mais au moins, pour ce soir, il goûtera à un rêve qu’il caressait depuis si longtemps…
13 mai 2021</center>
Goran Horandson travaillait plus tard que d’habitude ce jeudi soir. À 19 heures, il avait eu une vidéoconférence avec les responsables d’Identité Sébalde, qui se démarquaient de plus en plus de la présidente sébalde, surtout depuis que cette dernière ait décidé de soutenir les « islamistes modérés » tchoconaliens. Lui-même s’en insurgeait mais de manière muette. Il devait continuer à défendre le bilan et la politique de Karina Rawald quand bien même, lui-même n’y croyait pas une seconde. La discussion a duré près de trois quarts d’heure, son rendez-vous de vingt heures avançait à grand pas. Il éteignit rapidement son ordinateur et se changea, dans la salle de bains annexe à son bureau.
Le rendez-vous de vingt heures lui exigeait une tenue impeccable. Le vice-président s’habilla de son plus beau costume même si aucun ne lui allait. Il avait toujours cet air ridicule. Se peignant et s’arrachant les cheveux blancs qu’il voyait et cela d’autant plus que son rendez-vous avait plus la moitié de son âge. Il recevait un grand acteur du cinéma sébalde, récompensé à de multiples reprises. Il était présent dans la vidéothèque de Goran Horandson mais ensemble, ils ne parleraient pas de politique, ni de cinéma. Enfin, c’est ce que le vice-président pensait…
On frappait à sa porte. C’était lui. Il avait un peu d’avance. Goran prit une longue respiration avant de lui ouvrir.
<center>[img]http://img221.imageshack.us/img221/7926/rq1m.jpg[/img]</center>
Anton Davornik : « Me voilà donc. »
Goran Horandson perdit ses moyens et ne parvint pas à prononcer un mot. Toujours muet, il fit un signe pour l’inviter à entrer dans le bureau. Il avait en face de lui Anton Davornik, célèbre acteur pornographique gay à la carrière prolifique du haut de ses 25 ans. Sa venue n’était pas un hasard : le jeune acteur avait pu profiter des honoraires versés par le généreux salaire du vice-président sébalde. Pour autant, Goran Horandson voulait que ces honoraires justifient. Aussi, lui demanda-t-il de prouver qu’il était bien le « Monsieur 25 centimètres » de son studio de production.
<center>[img]http://img16.imageshack.us/img16/9586/goranhorandson200px.jpg[/img]
Goran Horandson
Vice-Président de la République Sébalde</center>
Goran Horandson : « Peux-tu me montrer ce que tu m’as promis… ? »
Anton Davornik : « Pas de souci. »
L’acteur laissa tomber son pantalon pour prouver sa bonne foi.
Anton Davornik : « Evidemment, elle est au repos. »
En même temps qu’il contempla l’attribut, Goran Horandson glissa un billet de 50 Bald dans la poche de chemise du jeune homme. L’un de ses rêves se réalisait-il enfin ? Voyant que le vice-président s’approchait doucement, Davornik se rhabilla et le repoussa gentiment avec un sourire :
Anton Davornik : « L’argent ne m’intéresse pas de votre part. Vous n’êtes pas un client habituel. J’ai une demande à vous faire… »
Goran Horandson : « Tu peux me tutoyer. Je t’écoute. »
Anton Davornik : « Voilà... Je m’étais dit que vous… que tu pourrais peut-être m’aider à gagner en notoriété. J’avais pensé à créer du « buzz » autour de ma personne en m’engageant en politique. »
Goran Horandson écarquilla les yeux. Dans un pareil moment, il lui fallait encore discuter politique ?! Presque agacé, il répondit :
Goran Horandson : « Qu’est-ce que je peux faire pour toi ? Quelles sont tes opinions politiques ? »
Anton Davornik : « Je sais pas, moi… La politique et moi… »
Horandson réfléchit quelques secondes. Ne pouvait-il pas faire un geste pour ce jeune homme ? Un geste suffisamment fort pour qu’il lui soit reconnaissant pour longtemps.
Goran Horandson : « Bon. Tu n’as qu’à rejoindre le MNS, le Mouvement Nationaliste Sébalde ? »
Anton Davornik : « Ah ouais ? C’est quoi vos opinions, là-bas ? »
Goran Horandson : « Retiens juste que la surpopulation est le principal fléau du monde. Le reste, je m’en occupe. Ne t’inquiète pas, c’est très facile. »
Anton Davornik : « Cool. Et comment je peux faire mon entrée ? »
Goran Horandson : « Aux prochaines élections législatives, dans deux ans, tu seras en deuxième position, derrière moi, sur la liste que je conduirai dans la province du Centran. Tu es sûr d’être élu. Le Parlement a besoin de petits jeunes comme toi, ce sont de vieux croulants qui y siègent pour la plupart. »
Anton Davornik : « Tu en sûr ? Ma carrière risque d’être un frein… »
Goran Horandson : « Non. Les électeurs votent pour des listes, ils n’ont pas le temps de s’arrêter sur la biographie de chacun. C’est ce qui rend la proportionnelle si palpitante. Mais pour cela, j’ai besoin de ton honnêteté, de ta confiance… »
Anton Davornik : « Ça peut le faire. »
Le vice-président afficha alors un grand sourire. Il serra la main de son jeune futur colistier, sans prendre conscience dans l’immédiat des conséquences de son engagement. Rien ne l’empêchait de revenir sur sa décision. Mais au moins, pour ce soir, il goûtera à un rêve qu’il caressait depuis si longtemps…
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Sébaldie
<center>Mazel Tov !
16 juillet 2021</center>
Alors que la plupart des parlementaires étaient partis profiter des vacances d’été, Dana Liesder ne chômait pas. Un temps isolée au sein de son parti, elle devait entreprendre un travail de longue haleine, quitte à être seule, pour regagner la crédibilité et la confiance des libéraux-conservateurs. Cette pré-campagne d’une élection présidentielle prévue pour avril 2023 la fatiguait déjà. Pour tenir le coup, le médecin lui avait prescrit des fortifiants, qui accéléraient son rythme cardiaque, la rendant plus opérationnelle. Néanmoins, à 45 ans, le médecin l’a mis en garde sur une consommation importante de ces petites pilules magiques, qui pouvait lui être fatale. Têtue et bornée, elle passa outre ces recommandations : la santé pouvait attendre, selon elle, les prochaines échéances électorales.
<center>[img]http://img826.imageshack.us/img826/7664/vw8j.jpg[/img]</center>
Dans le Palais des Congrès de Nova-Lenbruck, elle avait beaucoup travaillé pour mettre sur pied cette conférence, à laquelle seront conviées des figures éminentes de la diaspora juive en Sébaldie. Artistes, intellectuels et politiques, du pays ou de l’étranger, étaient invités. Elle savait qu’elle se trouvait sur un terreau électoral qui lui était très favorable. Elle était la seule candidate à vouloir revenir sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat en République Sébalde, face à toute la brochette de laïcards… Mais elle ignorait sans doute l’importance des revendications de cette communauté. La conférence arrivait pratiquement à son terme, avant le buffet. Le dernier intervenant prenait la parole. Asaf Kaufman dirigeait l’Union des Sébaldes Juifs, un parti politique non représenté au Parlement mais qui entendait l’être prochainement. Il arrivait au terme de son discours :
<center>[img]http://img266.imageshack.us/img266/7228/mzun.jpg[/img]
Asaf Kauman
Président de l’Union des Sébaldes Juifs</center>
Asaf Kaufman : « … Ici, en Sébaldie, nos valeurs sont bafouées. L’institution familiale est anéantie, le gouvernement nous insulte en destituant le yiddish des langues officielles, la loi nous interdit toute ostentation de signes religieux. C’est une atteinte au principe de libre culte. Ce projet politique, largement désavoué, ici, au Novacan, est malheureusement soutenu dans le reste des provinces nationales. Nous n’avons qu’un seul choix : constituer une nation juive indépendante. Nous y arriverons, au mieux, par la force de la démocratie, au pire par la force de nos bras. »
L’audience applaudit largement le discours du sioniste sébalde. D’autres représentants de la diaspora étaient présents, notamment des Tchoconaliens, réprimés par le régime de leur pays ; ainsi que des Tel-Eribains. À côté d’eux, Dana Liesder était mal à l’aise : il était convenu que l’Union des Sébaldes Juifs soutienne la coalition libérale-conservatrice. Elle ne s’attendait pas à ce que les revendications d’Asaf Kaufman aillent au-delà. Dana Liesder était prise en étau : sa coalition ne devait pas être cataloguée de sioniste mais elle avait besoin du soutien sans faille de la communauté juive, sans quoi l’Union des Sébaldes Juifs se présenterait de manière indépendante aux élections générales, la privant de précieuses voix. À l’heure du buffet, Dana Liesder voulut obtenir quelques précisions, à l’abri des oreilles indiscrètes :
<center>[img]http://img341.imageshack.us/img341/5496/danaliesder300px.jpg[/img]
Dana Liesder
Chef de l’opposition libérale-conservatrice
Présidente du groupe Texalde</center>
Dana Liesder : « Un discours très pertinent, Monsieur Kaufman. Le Mouvement Nationaliste Sébalde, au pouvoir, est un danger pour nous. Je voulais néanmoins revenir sur votre souhait de constituer un Etat sioniste… »
Asaf Kaufman : « Oui. Nous ne sentons plus chez nous, en Sébaldie. Le gouvernement nous presse de partir ou de nous taire. Le Novacan était un Etat indépendant, avant son annexion par la Sébaldie au XIXe siècle. Il n’est pas impossible de revenir à cette situation. »
Dana Liesder : « Vous connaissez les raisons de cette annexion. Votre communauté était menacée par l’antisémitisme grandissant, la République Sébalde pouvait constituer un rempart contre vos ennemis. Sans elle, vous ne seriez pas là, à tenir des conférences pour la création d’un Etat sioniste. »
Asaf Kaufman : « Nous avons une dette envers la République Sébalde, il est certain. Mais le pays a perdu de sa grandeur, de sa légitimité… Et nous ne voyons que ce seul moyen pour nous en sortir. »
Dana Liesder : « Mais vous ne pourrez pas garantir votre indépendance économique. Votre Etat ne sera pas reconnu aux yeux de la communauté internationale… »
Asaf Kaufman était visiblement agacé par les propos de Dana Liesder et le manifesta, en fronçant légèrement les sourcils…
Asaf Kaufman : « Dois-je comprendre que nous n’avons plus votre soutien ? Sachez que nous n’avons besoin de personne pour parvenir à notre fin mais il me semblait être dans l’intérêt de tous, de choisir la voie démocratique et pacifiste, en nous alliant à votre coalition. »
Dana Liesder : « Oui mais… »
Asaf Kaufman : « Peut-on compter sur votre soutien : oui ou non ? »
Dana Liesder hésita longuement. Elle était face à un dilemme politique de grande ampleur, dont les conséquences étaient totalement inconnues. Elle devrait faire preuve de beaucoup de pédagogie à l’égard de sa base militante de son électorat. Timidement, elle répondit par l’affirmative en hochant la tête. Asaf Kaufman sourit de nouveau :
Asaf Kaufman : « Mazel Tov ! Venez honorer cette alliance autour du buffet. »
Dana Liesder tendit son verre à une audience complètement conquise et ravie de l’alliance électorale. Mais ce soir, le champagne avait une saveur aigre-douce pour la chef libérale-conservatrice.
16 juillet 2021</center>
Alors que la plupart des parlementaires étaient partis profiter des vacances d’été, Dana Liesder ne chômait pas. Un temps isolée au sein de son parti, elle devait entreprendre un travail de longue haleine, quitte à être seule, pour regagner la crédibilité et la confiance des libéraux-conservateurs. Cette pré-campagne d’une élection présidentielle prévue pour avril 2023 la fatiguait déjà. Pour tenir le coup, le médecin lui avait prescrit des fortifiants, qui accéléraient son rythme cardiaque, la rendant plus opérationnelle. Néanmoins, à 45 ans, le médecin l’a mis en garde sur une consommation importante de ces petites pilules magiques, qui pouvait lui être fatale. Têtue et bornée, elle passa outre ces recommandations : la santé pouvait attendre, selon elle, les prochaines échéances électorales.
<center>[img]http://img826.imageshack.us/img826/7664/vw8j.jpg[/img]</center>
Dans le Palais des Congrès de Nova-Lenbruck, elle avait beaucoup travaillé pour mettre sur pied cette conférence, à laquelle seront conviées des figures éminentes de la diaspora juive en Sébaldie. Artistes, intellectuels et politiques, du pays ou de l’étranger, étaient invités. Elle savait qu’elle se trouvait sur un terreau électoral qui lui était très favorable. Elle était la seule candidate à vouloir revenir sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat en République Sébalde, face à toute la brochette de laïcards… Mais elle ignorait sans doute l’importance des revendications de cette communauté. La conférence arrivait pratiquement à son terme, avant le buffet. Le dernier intervenant prenait la parole. Asaf Kaufman dirigeait l’Union des Sébaldes Juifs, un parti politique non représenté au Parlement mais qui entendait l’être prochainement. Il arrivait au terme de son discours :
<center>[img]http://img266.imageshack.us/img266/7228/mzun.jpg[/img]
Asaf Kauman
Président de l’Union des Sébaldes Juifs</center>
Asaf Kaufman : « … Ici, en Sébaldie, nos valeurs sont bafouées. L’institution familiale est anéantie, le gouvernement nous insulte en destituant le yiddish des langues officielles, la loi nous interdit toute ostentation de signes religieux. C’est une atteinte au principe de libre culte. Ce projet politique, largement désavoué, ici, au Novacan, est malheureusement soutenu dans le reste des provinces nationales. Nous n’avons qu’un seul choix : constituer une nation juive indépendante. Nous y arriverons, au mieux, par la force de la démocratie, au pire par la force de nos bras. »
L’audience applaudit largement le discours du sioniste sébalde. D’autres représentants de la diaspora étaient présents, notamment des Tchoconaliens, réprimés par le régime de leur pays ; ainsi que des Tel-Eribains. À côté d’eux, Dana Liesder était mal à l’aise : il était convenu que l’Union des Sébaldes Juifs soutienne la coalition libérale-conservatrice. Elle ne s’attendait pas à ce que les revendications d’Asaf Kaufman aillent au-delà. Dana Liesder était prise en étau : sa coalition ne devait pas être cataloguée de sioniste mais elle avait besoin du soutien sans faille de la communauté juive, sans quoi l’Union des Sébaldes Juifs se présenterait de manière indépendante aux élections générales, la privant de précieuses voix. À l’heure du buffet, Dana Liesder voulut obtenir quelques précisions, à l’abri des oreilles indiscrètes :
<center>[img]http://img341.imageshack.us/img341/5496/danaliesder300px.jpg[/img]
Dana Liesder
Chef de l’opposition libérale-conservatrice
Présidente du groupe Texalde</center>
Dana Liesder : « Un discours très pertinent, Monsieur Kaufman. Le Mouvement Nationaliste Sébalde, au pouvoir, est un danger pour nous. Je voulais néanmoins revenir sur votre souhait de constituer un Etat sioniste… »
Asaf Kaufman : « Oui. Nous ne sentons plus chez nous, en Sébaldie. Le gouvernement nous presse de partir ou de nous taire. Le Novacan était un Etat indépendant, avant son annexion par la Sébaldie au XIXe siècle. Il n’est pas impossible de revenir à cette situation. »
Dana Liesder : « Vous connaissez les raisons de cette annexion. Votre communauté était menacée par l’antisémitisme grandissant, la République Sébalde pouvait constituer un rempart contre vos ennemis. Sans elle, vous ne seriez pas là, à tenir des conférences pour la création d’un Etat sioniste. »
Asaf Kaufman : « Nous avons une dette envers la République Sébalde, il est certain. Mais le pays a perdu de sa grandeur, de sa légitimité… Et nous ne voyons que ce seul moyen pour nous en sortir. »
Dana Liesder : « Mais vous ne pourrez pas garantir votre indépendance économique. Votre Etat ne sera pas reconnu aux yeux de la communauté internationale… »
Asaf Kaufman était visiblement agacé par les propos de Dana Liesder et le manifesta, en fronçant légèrement les sourcils…
Asaf Kaufman : « Dois-je comprendre que nous n’avons plus votre soutien ? Sachez que nous n’avons besoin de personne pour parvenir à notre fin mais il me semblait être dans l’intérêt de tous, de choisir la voie démocratique et pacifiste, en nous alliant à votre coalition. »
Dana Liesder : « Oui mais… »
Asaf Kaufman : « Peut-on compter sur votre soutien : oui ou non ? »
Dana Liesder hésita longuement. Elle était face à un dilemme politique de grande ampleur, dont les conséquences étaient totalement inconnues. Elle devrait faire preuve de beaucoup de pédagogie à l’égard de sa base militante de son électorat. Timidement, elle répondit par l’affirmative en hochant la tête. Asaf Kaufman sourit de nouveau :
Asaf Kaufman : « Mazel Tov ! Venez honorer cette alliance autour du buffet. »
Dana Liesder tendit son verre à une audience complètement conquise et ravie de l’alliance électorale. Mais ce soir, le champagne avait une saveur aigre-douce pour la chef libérale-conservatrice.
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Sébaldie
<center>La main dans le sac !
12 septembre 2021</center>
Goran Horandson était de retour de ses congés annuels. Ses vacances lui ont permis de réfléchir à son avenir. Il se voyait déjà chef d'Etat, nommant les ministres un par un. Perdu dans ses pensées, il s'était d'ailleurs trompé en indiquant à son chauffeur la direction du Palais Présidentiel. Sa place n'était pas encore là. Le Ministère d'Etat lui semblait trop vétuste, trop étroit pour un homme aussi ambitieux, impatient et insatisfait comme Horandson. Lui qui venait d'une famille nombreuse, il a connu les privations et désormais, il ne pourrait plus vivre sans tous ces privilèges.
Un dossier chaud l'attendait : la prétendue menace terroriste sur le sol sébalde. Il avait pour mission de diriger l'action des ministres, toujours sous la direction de la Présidente Karina Rawald. Leur amitié s'était effritée depuis plusieurs années. Leurs rencontres se raréfiaient et les deux agissaient de manière plus personnelle. Aussi, ne fut-il pas étonné de voir la Présidente arriver au ministère d'Etat. Elle se déplaçait rarement, surtout pour rencontrer un subordonné. Goran Horandson fantasmait sur une éventuelle démission de cette dernière mais il fut vite rappelé à la raison.
<center>[img]http://imageshack.us/a/img710/4099/karinaralwad200px.jpg[/img]
Karina Rawald
Présidente de la République Sébalde</center>
Karina Rawald : « Goran, il faut que je te parle. »
Le vice-président sébalde resta assis mais cacha sa surprise derrière un sourire, un sourire qu'il gardait précieusement et exclusivement pour la présidente. Qu'importe l'objet de sa visite, il ne devait rien laisser transparaître.
<center>[img]http://img96.imageshack.us/img96/4585/ynkb.png[/img]
Goran Horandson
Vice-président de la République Sébalde</center>
Goran Horandson : « Je t'écoute. »
Karina Rawald : « Je n'ai pas pris la peine de t'en avertir mais j'ai été contacté par les autorités tchoconaliennes de la présence sur notre sol de membres appartenant à un groupe sioniste, potentiellement violent, souhaitant en arriver jusqu'aux armes pour obtenir ce qu'ils veulent... »
Déjà, Horandson se sentait trahi : Karina Rawald ne prenait plus la peine, comme elle le faisait auparavant, de le référer des situations et décisions importantes. Il est indispensable pour lui de regagner sa confiance. Elle poursuivit :
Karina Rawald : « Ces individus n'ont rien fait d'illégal, difficile de mener une enquête contre eux pour connaître les raisons de leur venue. On n'est pas en Tchoconalie, on ne peut pas arrêter les gens à l'aéroport pour exiger d'eux le récit de leur voyage. Il nous faut des preuves solides. Aussi, il m'a fallu décréter la vigilance rouge pour me pencher la question. Mais ce, de manière discrète pour ne pas éveiller les soupçons. Devine ce que j'ai découvert. »
Horandson ne répondit pas. La Présidente continua :
Karina Rawald : « La tenue d'un congrès sioniste à Nova-Lenbruck, chapeauté par l'Union des Sébaldes Juifs. »
Goran Horandson : « Il n'y a rien d'étonnant. Ils organisent souvent ce genre d'événements. Tout le monde sait qu'ils sont dangereux mais on ne peut rien faire tant qu'ils n'auront pas agi. »
Karina Rawald : « Je sais. Il y a une autre découverte intéressante : Dana Liesder a loué et financé l'endroit. L'information a été difficile à obtenir. Tu sais combien le Novacan est hostile au gouvernement... Et encore, la vigilance rouge nous a permis d'obtenir le document plus rapidement que prévu. Mais ces fumiers ont utilisé toute la durée prévue par la loi avant de nous le fournir. Il est temps de réviser cette loi. Il est anormal de devoir attendre un mois après un document lorsque l'on décrète une menace terroriste ! »
Au premier abord, Goran Horandson ne comprenait pas pourquoi cette information devait l'intéresser. Puis, il se souvint que pour accéder à la présidence, il devait également battre la candidate libérale-conservatrice, ce qui n'était pas une mince affaire. Cette idée le taraudait désormais.
Goran Horandson : « C'est une bonne nouvelle ! Mais comment comptes-tu l'exploiter ? On t'accusera d'espionner tes adversaires politiques... »
Karina Rawald : « J'y travaille. J'entretiens de bons rapports avec L'Observateur Sébalde, qui sortira un dossier sur les relations de Dana Liesder, au moment opportun. Cette femme est une menace pour notre mouvement. Utilisons notre intelligence pour l'écarter... »
Goran Horandson : « Tu peux compter sur moi. »
La Présidente s'apprêtait à repartir avant de se retourner de nouveau vers son vice-président...
Karina Rawald : « J'ai également pêché une autre information. Elle m'a également surprise. »
Goran Horandson : « Quoi donc ? »
Karina Rawald : « Es-tu en couple, Goran ? »
Horandson fit un léger sursaut et peina à garder son sang-froid. Une goutte de sueur coula le long de son visage...
Goran Horandson : « Non. Tu sais, le travail est très prenant... Pourquoi cette question ? »
Karina Rawald : « Tu es tellement discret sur ta vie privée... Tu sais, lorsque la vigilance rouge est décrétée, toutes les administrations publiques sont soumises à un contrôle encore plus important des entrées et sorties. Je ne t'apprendrai donc rien en te disant que la liste des visiteurs des ministères a été soigneusement étudiée... »
Si, le vice-président l'apprenait. Il savait maintenant où sa supérieure voulait en venir et commença à paniquer :
Goran Horandson : « Oh... mais... euh... tu sais, il m'arrive de recevoir de la visite de proches, de ma famille... »
Karina Rawald : « Anton Davornik, acteur pornographique gay ferait-il donc partie de ta famille ? Il s'est présenté comme un de tes « amis proche ». Je connais un peu le jargon, je sais ce que ça sous-entend. C'est pourquoi je t'ai demandé si tu étais en couple. La différence d'âge me paraissait trop grande pour t'imaginer avec ce jeune homme. »
Goran Horandson ne répondit pas, il voulut à l'instant se faire tout petit. Il se sentait à la fois trahi et humilié. Il peina à affronter le regard de la Présidente.
Karina Rawald : « C'est ta vie privée, ça ne me regarde absolument pas. L'homosexualité est parfaitement acceptée en Sébaldie, tu le sais bien. Je n'ai aucun problème à ce sujet. Mais la prochaine fois, évite de l'accueillir dans ton ministère... Ce serait très mauvais en termes de communication si ça se savait. Surtout un acteur porno... La presse de caniveau ne manquerait pas une miette pour nous ridiculiser et les Identitaires risquent d'accueillir la nouvelle avec plus de virulence. Mène la vie que tu veux mais éloigne-la de ta vie professionnelle. Tu es un personnage public, ne l'oublie pas. Sur ce, je ne te dérange pas plus longtemps. On se reverra bientôt au sujet de Dana Liesder. »
La Présidente retourna les talons et partit du ministère d'Etat. Elle dissimula une certaine fierté, elle avait désormais l'impression de reprendre la main sur son gouvernement. Horandson, lui, semblait anéanti. Ses passions mettaient maintenant sa carrière politique en jeu mais il était d'autre part pris au piège, puisqu'il a promis à Anton Davornik une place au Parlement sébalde, sans quoi ce dernier ne se gênerait pas à tout « balancer » à la presse. Il était maintenant dans une position délicate, que même le Kamasûtra n'avait pas décrite...
12 septembre 2021</center>
Goran Horandson était de retour de ses congés annuels. Ses vacances lui ont permis de réfléchir à son avenir. Il se voyait déjà chef d'Etat, nommant les ministres un par un. Perdu dans ses pensées, il s'était d'ailleurs trompé en indiquant à son chauffeur la direction du Palais Présidentiel. Sa place n'était pas encore là. Le Ministère d'Etat lui semblait trop vétuste, trop étroit pour un homme aussi ambitieux, impatient et insatisfait comme Horandson. Lui qui venait d'une famille nombreuse, il a connu les privations et désormais, il ne pourrait plus vivre sans tous ces privilèges.
Un dossier chaud l'attendait : la prétendue menace terroriste sur le sol sébalde. Il avait pour mission de diriger l'action des ministres, toujours sous la direction de la Présidente Karina Rawald. Leur amitié s'était effritée depuis plusieurs années. Leurs rencontres se raréfiaient et les deux agissaient de manière plus personnelle. Aussi, ne fut-il pas étonné de voir la Présidente arriver au ministère d'Etat. Elle se déplaçait rarement, surtout pour rencontrer un subordonné. Goran Horandson fantasmait sur une éventuelle démission de cette dernière mais il fut vite rappelé à la raison.
<center>[img]http://imageshack.us/a/img710/4099/karinaralwad200px.jpg[/img]
Karina Rawald
Présidente de la République Sébalde</center>
Karina Rawald : « Goran, il faut que je te parle. »
Le vice-président sébalde resta assis mais cacha sa surprise derrière un sourire, un sourire qu'il gardait précieusement et exclusivement pour la présidente. Qu'importe l'objet de sa visite, il ne devait rien laisser transparaître.
<center>[img]http://img96.imageshack.us/img96/4585/ynkb.png[/img]
Goran Horandson
Vice-président de la République Sébalde</center>
Goran Horandson : « Je t'écoute. »
Karina Rawald : « Je n'ai pas pris la peine de t'en avertir mais j'ai été contacté par les autorités tchoconaliennes de la présence sur notre sol de membres appartenant à un groupe sioniste, potentiellement violent, souhaitant en arriver jusqu'aux armes pour obtenir ce qu'ils veulent... »
Déjà, Horandson se sentait trahi : Karina Rawald ne prenait plus la peine, comme elle le faisait auparavant, de le référer des situations et décisions importantes. Il est indispensable pour lui de regagner sa confiance. Elle poursuivit :
Karina Rawald : « Ces individus n'ont rien fait d'illégal, difficile de mener une enquête contre eux pour connaître les raisons de leur venue. On n'est pas en Tchoconalie, on ne peut pas arrêter les gens à l'aéroport pour exiger d'eux le récit de leur voyage. Il nous faut des preuves solides. Aussi, il m'a fallu décréter la vigilance rouge pour me pencher la question. Mais ce, de manière discrète pour ne pas éveiller les soupçons. Devine ce que j'ai découvert. »
Horandson ne répondit pas. La Présidente continua :
Karina Rawald : « La tenue d'un congrès sioniste à Nova-Lenbruck, chapeauté par l'Union des Sébaldes Juifs. »
Goran Horandson : « Il n'y a rien d'étonnant. Ils organisent souvent ce genre d'événements. Tout le monde sait qu'ils sont dangereux mais on ne peut rien faire tant qu'ils n'auront pas agi. »
Karina Rawald : « Je sais. Il y a une autre découverte intéressante : Dana Liesder a loué et financé l'endroit. L'information a été difficile à obtenir. Tu sais combien le Novacan est hostile au gouvernement... Et encore, la vigilance rouge nous a permis d'obtenir le document plus rapidement que prévu. Mais ces fumiers ont utilisé toute la durée prévue par la loi avant de nous le fournir. Il est temps de réviser cette loi. Il est anormal de devoir attendre un mois après un document lorsque l'on décrète une menace terroriste ! »
Au premier abord, Goran Horandson ne comprenait pas pourquoi cette information devait l'intéresser. Puis, il se souvint que pour accéder à la présidence, il devait également battre la candidate libérale-conservatrice, ce qui n'était pas une mince affaire. Cette idée le taraudait désormais.
Goran Horandson : « C'est une bonne nouvelle ! Mais comment comptes-tu l'exploiter ? On t'accusera d'espionner tes adversaires politiques... »
Karina Rawald : « J'y travaille. J'entretiens de bons rapports avec L'Observateur Sébalde, qui sortira un dossier sur les relations de Dana Liesder, au moment opportun. Cette femme est une menace pour notre mouvement. Utilisons notre intelligence pour l'écarter... »
Goran Horandson : « Tu peux compter sur moi. »
La Présidente s'apprêtait à repartir avant de se retourner de nouveau vers son vice-président...
Karina Rawald : « J'ai également pêché une autre information. Elle m'a également surprise. »
Goran Horandson : « Quoi donc ? »
Karina Rawald : « Es-tu en couple, Goran ? »
Horandson fit un léger sursaut et peina à garder son sang-froid. Une goutte de sueur coula le long de son visage...
Goran Horandson : « Non. Tu sais, le travail est très prenant... Pourquoi cette question ? »
Karina Rawald : « Tu es tellement discret sur ta vie privée... Tu sais, lorsque la vigilance rouge est décrétée, toutes les administrations publiques sont soumises à un contrôle encore plus important des entrées et sorties. Je ne t'apprendrai donc rien en te disant que la liste des visiteurs des ministères a été soigneusement étudiée... »
Si, le vice-président l'apprenait. Il savait maintenant où sa supérieure voulait en venir et commença à paniquer :
Goran Horandson : « Oh... mais... euh... tu sais, il m'arrive de recevoir de la visite de proches, de ma famille... »
Karina Rawald : « Anton Davornik, acteur pornographique gay ferait-il donc partie de ta famille ? Il s'est présenté comme un de tes « amis proche ». Je connais un peu le jargon, je sais ce que ça sous-entend. C'est pourquoi je t'ai demandé si tu étais en couple. La différence d'âge me paraissait trop grande pour t'imaginer avec ce jeune homme. »
Goran Horandson ne répondit pas, il voulut à l'instant se faire tout petit. Il se sentait à la fois trahi et humilié. Il peina à affronter le regard de la Présidente.
Karina Rawald : « C'est ta vie privée, ça ne me regarde absolument pas. L'homosexualité est parfaitement acceptée en Sébaldie, tu le sais bien. Je n'ai aucun problème à ce sujet. Mais la prochaine fois, évite de l'accueillir dans ton ministère... Ce serait très mauvais en termes de communication si ça se savait. Surtout un acteur porno... La presse de caniveau ne manquerait pas une miette pour nous ridiculiser et les Identitaires risquent d'accueillir la nouvelle avec plus de virulence. Mène la vie que tu veux mais éloigne-la de ta vie professionnelle. Tu es un personnage public, ne l'oublie pas. Sur ce, je ne te dérange pas plus longtemps. On se reverra bientôt au sujet de Dana Liesder. »
La Présidente retourna les talons et partit du ministère d'Etat. Elle dissimula une certaine fierté, elle avait désormais l'impression de reprendre la main sur son gouvernement. Horandson, lui, semblait anéanti. Ses passions mettaient maintenant sa carrière politique en jeu mais il était d'autre part pris au piège, puisqu'il a promis à Anton Davornik une place au Parlement sébalde, sans quoi ce dernier ne se gênerait pas à tout « balancer » à la presse. Il était maintenant dans une position délicate, que même le Kamasûtra n'avait pas décrite...
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Sébaldie
<center>Dessine-moi les moutons du Jeekim.
24-25 décembre 2021</center>
Karina Rawald avait fait un horrible cauchemar cette nuit. Devant le travail, elle s’était assoupie dans son canapé et au cours de sa courte siestre, elle avait rêvé qu’une centaine de Sébaldes avaient fait irruptiondans le Palais Présidentiel pour la lyncher. Coups de pied, crachats, griffes… Elle avait été mise à genoux, son visage ensanglanté. Son propre vice-président Goran Horandson était présent parmi les lyncheurs, de même que son adversaire libérale-conservatrice Dana Liesder. Toujours dans cet étrange rêve, ces deux derniers avaient été éventrés par son ministre des Affaires Etrangères, Lazar Dragovic, qui se targuait d’avoir appris cette technique en prison. Le réveil ne fut que salvateur. Il était minuit, on était officiellement le 25 décembre mais Karina Rawald n’avait pas l’esprit aux fêtes de fin d’année. C’était tout l’inverse : la situation au Jeekim l’inquiétait, tout comme l’entrée dans l’année 2022, dernière année entière où elle pouvait agir en tant que présidente, avant une campagne électorale harassante du premier semestre de 2023. Sa première pensée fut d’appeler son ministre des Affaires Etrangères. Son sauveur de la nuit sera-t-il réellement un sauveur ?
<center>[img]http://img11.hostingpics.net/pics/838070Rawaldsang.png[/img]
Karina Rawald
Présidente de la République Sébalde
(ainsi représentée dans son cauchemar)</center>
Karina Rawald : « Bonsoir Lazar, désolé de te déranger mais il faudrait que tu fasses un saut au Palais. C’est urgent. »
<center>[img]http://img109.imageshack.us/img109/4089/lazardragovic.png[/img]
Lazar Dragovic
Ministre des Affaires Etrangères de la République Sébalde</center>
Lazar Dragovic : « À cette heure, ça peut pas attendre ? C’est Noël quand même… »
Karina Rawald : « Je suis désolé. En échange, tu auras le choix de ta prochaine destination diplomatique. Que dis-tu d’aller en Esmark ? C’est l’été là-bas, c’est très joli. Ou au Valacida, avec ses belles femmes latines. Ou en Fiémance ? Euh… non, oublie la Fiémance. »
Lazar Dragovic : « Non, c’est bon, j’arrive dans vingt minutes… »
Karina Rawald sourit à cette réponse positive. Même s’il était minuit passé, elle recoiffa son chignon, complètement défait par sa sieste. Pourtant, vingt minutes plus tard, Lazar Dragovic n’eut pas le même souci de l’apparence puisqu’il arriva au Palais en survêtement, les mains dans les poches, bâillant à chaque phrase. Mais la Présidente n’y prêta guère d’attention.
Karina Rawald : « Merci d’avoir fait aussi vite. Je tenais à te féliciter pour tes tentatives de réconciliation entre la Tcherkessie et le reste du Jeekim. »
Lazar Dragovic : « Pour l’instant, elles restent vaines… »
Karina Rawald : « Peu importe. La presse, du moins celle qui est de notre côté, saluera ce changement de personnalité. Te souviens-tu comment tu étais décrit en 2018, à ton arrivée au gouvernement ? Un « hooligan ». Aujourd’hui, tu prêches la bonne parole à l’Union du Jeekim. Il n’y a pas meilleure réinsertion…
Lazar Dragovic : « Toujours est-il que la Varlovie, de son côté, ne démord pas et provoque à son tour la Tcherkessie. »
Karina Rawald : « La Varlovie est un va-t-en-guerre. Dès qu’il y a un conflit ou un soupçon de conflit, elle y part illico. Les Varloviens peuvent se le permettre, avec leur budget militaire. C’est pour cela que ce sont nos alliés. Ne les frustre surtout pas. »
Lazar Dragovic : « Que fait-on de la Tcherkessie ? »
Karina Rawald : « Rien pour l’instant. On ne peut pas se permettre d’envoyer nos troupes au Coorland, dans un pays totalement étranger aux Sébaldes et avec lequel ils ont peu de liens. C’est malheureux mais la Sébaldie est culturellement plus proche de la Tcherkessie ; les communautés tchèques de Sébaldie et de Tcherkessie ont gardé des liens très forts, que ce gouvernement communiste tente d’abolir. Avec les Coors, nous n’avons rien en commun, ils nous ont toujours un peu snobé, comme la Transyldavie. Bref, on reste sur notre position, à savoir une neutralité totale quant à l’adhésion de la Tcherkessie à l’Union du Jeekim. »
Lazar Dragovic : « Le Liethuviska et le Genfin sont plutôt favorables à son adhésion… »
Karina Rawald : « Tout ce qui leur intéresse, à ces deux-là, c’est d’ouvrir les frontières et de créer une « Fédération du Jeekim ». Le Liethuviska n’arrive même pas à tenir ses ex-ministres en place… J’ai eu quelques contacts avec leur ancien ministre de l’Education, Juozas Menecius, qui a été évincé comme un malpropre et qui, apparemment, va le faire savoir dans tout le pays. Alors, comment veux-tu qu’il garde un contrôle sur la situation au Jeekim ? Personnellement, je crains quand même que la Tcherkessie soit une menace pour l’équilibre du Jeekim, je ne peux pas donner mon accord pour une adhésion. Les sénateurs de Dana Liesder ont également voté en faveur… Ces libéraux, qu’ils soient sébaldes, liethuviskiens ou génifiens croient vraiment avoir la science infuse. Ils croient qu’une main invisible ira renverser les derniers remparts des Etats-nations. »
Lazar Dragovic : « C’est l’impression que j’ai également. Jozef Sùlik est un idéologue, un obsédé de la « lutte contre le capitalisme ». Au Conseil, j’ai l’impression de parler à l’incarnation d’un manifeste communiste mal écrit. Ils croient vraiment que Stramine et ses potes iront le secourir… Même au Pacte, ses camarades se plaignent que le Kirkstan la joue trop solo. La Tcherkessie est mal armée, elle n’a pas énormément de choix pour se fournir, elle fera ses courses probablement auprès du Kirkstan, qui vendra les armes à prix d’or. Au final, l’idéologue communiste tcherkessien ira faire ses courses chez le capitaliste pragmatique kirkstanais. »
Karina Rawald : « N’hésite pas à soulever cette contradiction, en des termes plus politiquement corrects bien sûr, auprès de la Tcherkessie. Notre but est d’éviter à tout prix un conflit, qui serait trop cher à assumer en termes de budget et de popularité. Les conflits à l’étranger n’ont jamais intéressé les Sébaldes et ce n’est pas la Tcherkessie qui changera la donne. »
La Présidente était satisfaite de ce petit entretien nocturne. Elle savait que sa candidate libérale irait l’attaquer sur son absence sur la scène internationale. En affirmant ainsi la place de la Sébaldie à l’Union du Jeekim, elle entendait se donner une carrure non pas de femme d’Etat mais de dirigeante du monde. Pour autant, elle craignait que les engagements pris, notamment militaires, ne lui soient trop gourmands financièrement parlant. Dans ce jeu d’alliances intra-jeekimoises, la Sébaldie ne risquait-elle pas d’être un mouton qui, par engagement, irait sauter d’une falaise avec ses voisins moutons ?
24-25 décembre 2021</center>
Karina Rawald avait fait un horrible cauchemar cette nuit. Devant le travail, elle s’était assoupie dans son canapé et au cours de sa courte siestre, elle avait rêvé qu’une centaine de Sébaldes avaient fait irruptiondans le Palais Présidentiel pour la lyncher. Coups de pied, crachats, griffes… Elle avait été mise à genoux, son visage ensanglanté. Son propre vice-président Goran Horandson était présent parmi les lyncheurs, de même que son adversaire libérale-conservatrice Dana Liesder. Toujours dans cet étrange rêve, ces deux derniers avaient été éventrés par son ministre des Affaires Etrangères, Lazar Dragovic, qui se targuait d’avoir appris cette technique en prison. Le réveil ne fut que salvateur. Il était minuit, on était officiellement le 25 décembre mais Karina Rawald n’avait pas l’esprit aux fêtes de fin d’année. C’était tout l’inverse : la situation au Jeekim l’inquiétait, tout comme l’entrée dans l’année 2022, dernière année entière où elle pouvait agir en tant que présidente, avant une campagne électorale harassante du premier semestre de 2023. Sa première pensée fut d’appeler son ministre des Affaires Etrangères. Son sauveur de la nuit sera-t-il réellement un sauveur ?
<center>[img]http://img11.hostingpics.net/pics/838070Rawaldsang.png[/img]
Karina Rawald
Présidente de la République Sébalde
(ainsi représentée dans son cauchemar)</center>
Karina Rawald : « Bonsoir Lazar, désolé de te déranger mais il faudrait que tu fasses un saut au Palais. C’est urgent. »
<center>[img]http://img109.imageshack.us/img109/4089/lazardragovic.png[/img]
Lazar Dragovic
Ministre des Affaires Etrangères de la République Sébalde</center>
Lazar Dragovic : « À cette heure, ça peut pas attendre ? C’est Noël quand même… »
Karina Rawald : « Je suis désolé. En échange, tu auras le choix de ta prochaine destination diplomatique. Que dis-tu d’aller en Esmark ? C’est l’été là-bas, c’est très joli. Ou au Valacida, avec ses belles femmes latines. Ou en Fiémance ? Euh… non, oublie la Fiémance. »
Lazar Dragovic : « Non, c’est bon, j’arrive dans vingt minutes… »
Karina Rawald sourit à cette réponse positive. Même s’il était minuit passé, elle recoiffa son chignon, complètement défait par sa sieste. Pourtant, vingt minutes plus tard, Lazar Dragovic n’eut pas le même souci de l’apparence puisqu’il arriva au Palais en survêtement, les mains dans les poches, bâillant à chaque phrase. Mais la Présidente n’y prêta guère d’attention.
Karina Rawald : « Merci d’avoir fait aussi vite. Je tenais à te féliciter pour tes tentatives de réconciliation entre la Tcherkessie et le reste du Jeekim. »
Lazar Dragovic : « Pour l’instant, elles restent vaines… »
Karina Rawald : « Peu importe. La presse, du moins celle qui est de notre côté, saluera ce changement de personnalité. Te souviens-tu comment tu étais décrit en 2018, à ton arrivée au gouvernement ? Un « hooligan ». Aujourd’hui, tu prêches la bonne parole à l’Union du Jeekim. Il n’y a pas meilleure réinsertion…
Lazar Dragovic : « Toujours est-il que la Varlovie, de son côté, ne démord pas et provoque à son tour la Tcherkessie. »
Karina Rawald : « La Varlovie est un va-t-en-guerre. Dès qu’il y a un conflit ou un soupçon de conflit, elle y part illico. Les Varloviens peuvent se le permettre, avec leur budget militaire. C’est pour cela que ce sont nos alliés. Ne les frustre surtout pas. »
Lazar Dragovic : « Que fait-on de la Tcherkessie ? »
Karina Rawald : « Rien pour l’instant. On ne peut pas se permettre d’envoyer nos troupes au Coorland, dans un pays totalement étranger aux Sébaldes et avec lequel ils ont peu de liens. C’est malheureux mais la Sébaldie est culturellement plus proche de la Tcherkessie ; les communautés tchèques de Sébaldie et de Tcherkessie ont gardé des liens très forts, que ce gouvernement communiste tente d’abolir. Avec les Coors, nous n’avons rien en commun, ils nous ont toujours un peu snobé, comme la Transyldavie. Bref, on reste sur notre position, à savoir une neutralité totale quant à l’adhésion de la Tcherkessie à l’Union du Jeekim. »
Lazar Dragovic : « Le Liethuviska et le Genfin sont plutôt favorables à son adhésion… »
Karina Rawald : « Tout ce qui leur intéresse, à ces deux-là, c’est d’ouvrir les frontières et de créer une « Fédération du Jeekim ». Le Liethuviska n’arrive même pas à tenir ses ex-ministres en place… J’ai eu quelques contacts avec leur ancien ministre de l’Education, Juozas Menecius, qui a été évincé comme un malpropre et qui, apparemment, va le faire savoir dans tout le pays. Alors, comment veux-tu qu’il garde un contrôle sur la situation au Jeekim ? Personnellement, je crains quand même que la Tcherkessie soit une menace pour l’équilibre du Jeekim, je ne peux pas donner mon accord pour une adhésion. Les sénateurs de Dana Liesder ont également voté en faveur… Ces libéraux, qu’ils soient sébaldes, liethuviskiens ou génifiens croient vraiment avoir la science infuse. Ils croient qu’une main invisible ira renverser les derniers remparts des Etats-nations. »
Lazar Dragovic : « C’est l’impression que j’ai également. Jozef Sùlik est un idéologue, un obsédé de la « lutte contre le capitalisme ». Au Conseil, j’ai l’impression de parler à l’incarnation d’un manifeste communiste mal écrit. Ils croient vraiment que Stramine et ses potes iront le secourir… Même au Pacte, ses camarades se plaignent que le Kirkstan la joue trop solo. La Tcherkessie est mal armée, elle n’a pas énormément de choix pour se fournir, elle fera ses courses probablement auprès du Kirkstan, qui vendra les armes à prix d’or. Au final, l’idéologue communiste tcherkessien ira faire ses courses chez le capitaliste pragmatique kirkstanais. »
Karina Rawald : « N’hésite pas à soulever cette contradiction, en des termes plus politiquement corrects bien sûr, auprès de la Tcherkessie. Notre but est d’éviter à tout prix un conflit, qui serait trop cher à assumer en termes de budget et de popularité. Les conflits à l’étranger n’ont jamais intéressé les Sébaldes et ce n’est pas la Tcherkessie qui changera la donne. »
La Présidente était satisfaite de ce petit entretien nocturne. Elle savait que sa candidate libérale irait l’attaquer sur son absence sur la scène internationale. En affirmant ainsi la place de la Sébaldie à l’Union du Jeekim, elle entendait se donner une carrure non pas de femme d’Etat mais de dirigeante du monde. Pour autant, elle craignait que les engagements pris, notamment militaires, ne lui soient trop gourmands financièrement parlant. Dans ce jeu d’alliances intra-jeekimoises, la Sébaldie ne risquait-elle pas d’être un mouton qui, par engagement, irait sauter d’une falaise avec ses voisins moutons ?
-
Sébaldie
<center>La nécessité de rouler des mécaniques (1/2)
24 avril 2022</center>
Froide nuit pour Goran Horandson, dans une proche banlieue de Senheim. Cette ville, au cœur du pays, était de climat continental, avec une forte amplitude thermique : il pouvait faire jusqu’à 20°C de différence entre le moment le plus chaud de la journée et la nuit. Le vice-président sébalde avait brouillé les pistes, jusqu’à enfiler un sweatshirt à capuche pour venir jusqu’ici incognito. Il avait pris le dernier train de la gare de Stranaberg à destination d’une commune voisine de Senheim. Chaque fois qu’il arrivait dans cette ville, où il naquit en 1969, il était pris d’un léger malaise. Tant de mauvais souvenirs à Senheim, dans cet immeuble de 11 étages où il vivait entassé avec ses frères et sœurs… Son but n’était pas de voir la famille – loin de là, il a coupé tout contact avec elle depuis sa majorité – mais de rencontrer un homme qui allait l’aider à battre Dana Liesder aux prochaines élections qui avaient lieu dans un an, presque jour pour jour. Il ne pouvait pas se permettre de téléphoner et faire le sale boulot à distance, de peur d’être écouté. Il ne pouvait pas non plus passer par des intermédiaires, de peur d’être trahi. Goran savait brouiller les pistes et ce, depuis le jour où il se savait homosexuel.
<center>[img]http://img845.imageshack.us/img845/8093/xqjx.png[/img]</center>
Dix minutes plus tard, Goran Horandson fut rejoint par un homme. Trapu, atteint de calvitie, l’œil hagard, la cinquantaine… On pouvait facilement en conclure que ce n’était pas pour ses qualités physiques que le vice-président sébalde avait pris rendez-vous.
Danijel Kadlec : « Bonsoir Frank. »
<center>[img]http://img16.imageshack.us/img16/9586/goranhorandson200px.jpg[/img]
Goran Horandson
Vice-président de la République Sébalde</center>
Goran Horandson : « Frank ? Je suis… »
Danijel Kadlec : « Je sais encore qui vous êtes. Soyez plus discret, venez… »
Il l’emmena dans sa voiture et le conduisit vers son garage. Ce bricoleur, fou de mécanique, était une connaissance d’une connaissance d’un ancien ami de Goran. Son garage entreposait plusieurs modèles mais un seul retint l’attention du vice-président sébalde.
<center>[img]http://img4.autodeclics.com/photo_etx/P/2/p0001356.jpg[/img]</center>
Danijel Kadlec : « Voilà le modèle que vous m’avez demandé. Carrerov 348 Cortinbourg. 320 chevaux, vitesse maximale de 270 km/h. Comme convenu, c’est une voiture assez lourde, elle pèse presque une tonne et demi. Si elle entre en collusion avec son véhicule, vous pouvez être sûr qu’elle ne survivra pas. »
Goran Horandson : « Et vous, alors ? »
Danijel Kadlec : « Ecoutez, on ne m’appelle pas l’as du volant pour rien, j’ai déjà rempli plusieurs contrats et j’en suis presque toujours sorti indemne. J’aurais un casque, les mains accrochés au volant… et surtout, j’aurais l’avantage considérable sur elle de ne pas être pris à dépourvu. »
Goran Horandson : « Et si on retrouve votre véhicule ? »
Danijel Kadlec : « Premièrement, c’est impossible. Deuxièmement, ce véhicule ne m’appartient pas : il est un riche cadre de l’industrie pharmaceutique et dispose déjà d’un véhicule de fonction de fonction. Il a souscrit à la crème des assurances. On fera croire à un vol, on fera disparaître le véhicule. En plus, le constructeur est varlovien, il sera heureux d’apprendre que la voiture a servi à tuer de la libérale. »
Goran Horandson : « Vous devez me prendre pour un fou… »
Danijel Kadlec : « Ecoutez, je ne fais pas de politique, je n’ai jamais voté de ma vie et je n’ai aucun jugement à porter. Si demain, vos adversaires prennent votre place, je collaborerai avec eux. Mais en attendant, je veux que vous remplissiez votre part du contrat. »
Goran Horandson : « Considérez que c’est déjà fait : votre casier judiciaire redeviendra vierge et vous aurez une avance sur votre compte bancaire d’ici lundi, vous pourrez développer votre entreprise légale comme bon il vous semble. »
Danijel sourit. Il serra fermement la main à Goran en lui disant :
Danijel Kadlec : « Marché conclu ! Bien, fixons une date maintenant… Avez-vous une idée ? »
Goran Horandson : « Oui. Le conseil d’administration de Texalde se réunira le 3 mai. Généralement, il se finit assez tard, vers 22 heures. En tant que présidente du groupe, elle quitte généralement les locaux une demi-heure après le dernier actionnaire. Elle essaiera de rejoindre l’autoroute le plus vite possible. Essayez donc d’être là dès 22h30 et de l’intercepter au niveau d’un des carrefours. »
Le vice-président adressa un dernier sourire à son tueur à gages, avant de quitter les lieux. Malgré sa mine enjouée, il regretta d’en arriver là pour combattre un adversaire politique mais le terrain des idées ne suffisait plus. Dana Liesder était plus coriace que la Présidente, qui était beaucoup plus crédule. Mais elle avait l’avantage, pour lui, de n’être concurrencée par aucun autre au sein des libéraux-conservateurs. Aussi, sa perte conduirait à l’éclatement de leur mouvement... et mécaniquement, à sa concrétisation personnelle, pensait Horandson...
24 avril 2022</center>
Froide nuit pour Goran Horandson, dans une proche banlieue de Senheim. Cette ville, au cœur du pays, était de climat continental, avec une forte amplitude thermique : il pouvait faire jusqu’à 20°C de différence entre le moment le plus chaud de la journée et la nuit. Le vice-président sébalde avait brouillé les pistes, jusqu’à enfiler un sweatshirt à capuche pour venir jusqu’ici incognito. Il avait pris le dernier train de la gare de Stranaberg à destination d’une commune voisine de Senheim. Chaque fois qu’il arrivait dans cette ville, où il naquit en 1969, il était pris d’un léger malaise. Tant de mauvais souvenirs à Senheim, dans cet immeuble de 11 étages où il vivait entassé avec ses frères et sœurs… Son but n’était pas de voir la famille – loin de là, il a coupé tout contact avec elle depuis sa majorité – mais de rencontrer un homme qui allait l’aider à battre Dana Liesder aux prochaines élections qui avaient lieu dans un an, presque jour pour jour. Il ne pouvait pas se permettre de téléphoner et faire le sale boulot à distance, de peur d’être écouté. Il ne pouvait pas non plus passer par des intermédiaires, de peur d’être trahi. Goran savait brouiller les pistes et ce, depuis le jour où il se savait homosexuel.
<center>[img]http://img845.imageshack.us/img845/8093/xqjx.png[/img]</center>
Dix minutes plus tard, Goran Horandson fut rejoint par un homme. Trapu, atteint de calvitie, l’œil hagard, la cinquantaine… On pouvait facilement en conclure que ce n’était pas pour ses qualités physiques que le vice-président sébalde avait pris rendez-vous.
Danijel Kadlec : « Bonsoir Frank. »
<center>[img]http://img16.imageshack.us/img16/9586/goranhorandson200px.jpg[/img]
Goran Horandson
Vice-président de la République Sébalde</center>
Goran Horandson : « Frank ? Je suis… »
Danijel Kadlec : « Je sais encore qui vous êtes. Soyez plus discret, venez… »
Il l’emmena dans sa voiture et le conduisit vers son garage. Ce bricoleur, fou de mécanique, était une connaissance d’une connaissance d’un ancien ami de Goran. Son garage entreposait plusieurs modèles mais un seul retint l’attention du vice-président sébalde.
<center>[img]http://img4.autodeclics.com/photo_etx/P/2/p0001356.jpg[/img]</center>
Danijel Kadlec : « Voilà le modèle que vous m’avez demandé. Carrerov 348 Cortinbourg. 320 chevaux, vitesse maximale de 270 km/h. Comme convenu, c’est une voiture assez lourde, elle pèse presque une tonne et demi. Si elle entre en collusion avec son véhicule, vous pouvez être sûr qu’elle ne survivra pas. »
Goran Horandson : « Et vous, alors ? »
Danijel Kadlec : « Ecoutez, on ne m’appelle pas l’as du volant pour rien, j’ai déjà rempli plusieurs contrats et j’en suis presque toujours sorti indemne. J’aurais un casque, les mains accrochés au volant… et surtout, j’aurais l’avantage considérable sur elle de ne pas être pris à dépourvu. »
Goran Horandson : « Et si on retrouve votre véhicule ? »
Danijel Kadlec : « Premièrement, c’est impossible. Deuxièmement, ce véhicule ne m’appartient pas : il est un riche cadre de l’industrie pharmaceutique et dispose déjà d’un véhicule de fonction de fonction. Il a souscrit à la crème des assurances. On fera croire à un vol, on fera disparaître le véhicule. En plus, le constructeur est varlovien, il sera heureux d’apprendre que la voiture a servi à tuer de la libérale. »
Goran Horandson : « Vous devez me prendre pour un fou… »
Danijel Kadlec : « Ecoutez, je ne fais pas de politique, je n’ai jamais voté de ma vie et je n’ai aucun jugement à porter. Si demain, vos adversaires prennent votre place, je collaborerai avec eux. Mais en attendant, je veux que vous remplissiez votre part du contrat. »
Goran Horandson : « Considérez que c’est déjà fait : votre casier judiciaire redeviendra vierge et vous aurez une avance sur votre compte bancaire d’ici lundi, vous pourrez développer votre entreprise légale comme bon il vous semble. »
Danijel sourit. Il serra fermement la main à Goran en lui disant :
Danijel Kadlec : « Marché conclu ! Bien, fixons une date maintenant… Avez-vous une idée ? »
Goran Horandson : « Oui. Le conseil d’administration de Texalde se réunira le 3 mai. Généralement, il se finit assez tard, vers 22 heures. En tant que présidente du groupe, elle quitte généralement les locaux une demi-heure après le dernier actionnaire. Elle essaiera de rejoindre l’autoroute le plus vite possible. Essayez donc d’être là dès 22h30 et de l’intercepter au niveau d’un des carrefours. »
Le vice-président adressa un dernier sourire à son tueur à gages, avant de quitter les lieux. Malgré sa mine enjouée, il regretta d’en arriver là pour combattre un adversaire politique mais le terrain des idées ne suffisait plus. Dana Liesder était plus coriace que la Présidente, qui était beaucoup plus crédule. Mais elle avait l’avantage, pour lui, de n’être concurrencée par aucun autre au sein des libéraux-conservateurs. Aussi, sa perte conduirait à l’éclatement de leur mouvement... et mécaniquement, à sa concrétisation personnelle, pensait Horandson...
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Sébaldie
<center>Pornocratie (3/3)
3 mai 2022</center>
<center>[img]http://img823.imageshack.us/img823/7692/lghi.png[/img]</center>
Cela faisait cinq jours que Leonard se sentait mal. Le paracétamol que lui avait administré son médecin traitant ne faisait, de toute évidence, aucun effet. En tant que ministre de l’Intérieur, il devait aujourd’hui inaugurer un grand commissariat à Senheim. Cet établissement avait son importance dans une ville gangrénée par la délinquance. La Présidente l’avait sommé d’être présent à l’inauguration : « nous devons montrer aux Senheimois que nous avons la situation en main » lui répétait-elle sans cesse. Chaque jour, elle était plus inquiète pour sa réélection en 2023… Le ministre de l’Intérieur ne pouvait donc faire fond bond en aucun cas ou c’était l’éviction directe au prochain remaniement. Après avoir fait son nœud de cravate, il se rendit aux toilettes pour uriner. Il avait des sensations de brûlures depuis quelques jours, qui commençaient à l’inquiéter. Il exprima sa douleur :
<center>[img]http://img24.imageshack.us/img24/3310/leonardmaigsruck.jpg[/img]
Leonard Maigsruck
Ministre de l’Intérieur de la République Sébalde</center>
Leonard Maigsruck : « Putain, ça fait mal ! »
Mais il n’avait guère le temps de se préoccuper de son entrejambe : il était déjà en retard. Il devait être à Senheim dans moins de deux heures maintenant. Il n’avait plus d’autre choix que de prendre l’avion – ce qui était toujours impopulaire auprès des Sébaldes. Le trajet fut long et douloureux et la douleur ne cessa guère durant la cérémonie d’inauguration. Après un échange de courtoisies, sourires et autres serrages de main de routine avec les policiers, Leonard Maigsruck, il prononça un discours préparé de toutes pièces par son directeur de cabinet avant de se rassoir. Il dut croiser les jambes, ce qu’il ne faisait jamais d’ailleurs, pour atténuer la douleur, écoutant à moitié le discours du chef de service du nouveau commissariat qui le suivit. Après cette cérémonie somme toute insupportable, Maigsruck fut l’un des premiers à s’absenter. Il se rappela de cet urologue dont lui avait parlé Goran Horandson, que ce dernier consultait lorsqu’il était à Senheim. Il travaillait à la clinique privée de la ville. Après avoir trouvé son numéro sur son smartphone, il lui passa un coup de fil :
Leonard Maigsruck : « Bonjour docteur, Leonard Maigruck à l’appareil…»
Dr. Viktor Markovic : « Oh, bonjour monsieur le ministre. Quelle surprise de vous avoir au téléphone… Monsieur Horandson a dû vous parler de moi… »
Leonard Maigsruck : « Euh… Oui. Pouvons-nous avoir un rendez-vous en urgence ? À l’abri des regards… »
Dr. Viktor Markovic : « Bien sûr, je comprends. Je finis mon service à 19 heures mais je peux vous recevoir après. Vous n’avez qu’à entrer par la porte de derrière. »
Ainsi, à 19 heures pétantes, Leonard Maigsruck toqua à la porte du docteur. Après de courtes amabilités, le médecin ferma la porte à clé et les deux hommes entrèrent dans le vif du sujet.
Dr. Viktor Markovic : « Enlevez votre pantalon pour que je puisse regarder de plus près… »
Leonard s’exécuta. Au vu de la mine déconcertée du médecin, cela ne présageait rien de bon. Il rendit son verdict.
Dr. Viktor Markovic : « Cela m’a tout l’air d’une gonorrhée… »
Leonard Maigsruck : « Une gonorrhée ?! Comment j’ai pu attraper ça ?! »
Dr. Viktor Markovic : « C’est la question que je n’osais pas vous poser, monsieur le ministre. Je vais vous prescrire de la ceftriaxone et de l’azithromycine. Et comme il est possible que vous soyez également infecté par une chlamydiose, je vais également vous prescrire de la doxycycline… Vous ne souffrez pas de maux d’estomac ? »
Leonard Maigsruck : « Non… Vous êtes sûr que ça fonctionnera ? »
Dr. Viktor Markovic : « Ne vous inquiétez pas, vous serez sur pied d’ici une semaine. Néanmoins, je vous recommande d’en avertir toutes les personnes avec lesquelles vous avez eu un rapport depuis ces… disons… 3 derniers mois. »
Leonard Maigsruck : « Ainsi que celles qui ont également des contacts avec les personnes infectées ? »
Dr. Viktor Markovic : « Euh… Effectivement, si vous les connaissez, c’est préférable. C’est une infection plutôt virulente et contagieuse. »
Leonard Maigsruck : « Une personne avec laquelle je travaille, au quotidien, risque donc de venir vous voir. Vous me faites la promesse que vous ne direz rien à personne ? Nous nous sommes amusés, rien de plus.
Dr. Viktor Markovic : « Je suis tenu au secret médical, monsieur le ministre, ne vous inquiétez pas... »
Après avoir salué le médecin, Leonard Maigsruck pressa le pas vers la sortie et s’en alla composer le numéro de Gabriel Milikard, son ami et collègue à l’Environnement :
<center>[img]http://imageshack.us/a/img845/3878/gabrielmilikard200px.jpg[/img]
Gabriel Milikard
Ministre de l’Ecologie et de l’Environnement de la République Sébalde</center>
Gabriel Milikard : « Je te l’avais dit que je ne le sentais pas, ce Danmayais ! Au moins, si on avait choisi le Tel-Eribain, on aurait été certain qu’il était clean. Qu’est-ce que je vais dire à ma femme, maintenant ? »
Leonard Maigsruck : « Je suis désolé. J’aurais dû savoir que le Danmaya est un pays de débauchés ! Ces jeunes, ils vont n’importe où ! »
À l’hôpital, l’urologue tenta de faire discret. Un de ses collègues, urgentiste, remarqua au loin la sortie du ministre de l’Intérieur. « Ce doit être quelqu’un qui lui ressemble » conclue-t-il, dans sa tête, avec un sourire. Il interpella le docteur Markovic :
Dr. Janko Kucera : « Tiens, Viktor, j’ignorais que tu étais de garde cette nuit. »
Dr. Viktor Markovic : « Oh… Euh… C’était imprévu mais je suis de garde, oui… On se voit tout à l’heure ? »
Visiblement gêné, Markovic pressa le pas pour aller fumer une cigarette, sous l’œil inquisiteur et curieux du docteur Janko Kucera, qu’il n’appréciait guère. Kucera aurait le loisir d’enquêter toute cette nuit. Après tout, de son côté, le service des urgences était calme… Du moins, c’est ce qu’il pensait…
3 mai 2022</center>
<center>[img]http://img823.imageshack.us/img823/7692/lghi.png[/img]</center>
Cela faisait cinq jours que Leonard se sentait mal. Le paracétamol que lui avait administré son médecin traitant ne faisait, de toute évidence, aucun effet. En tant que ministre de l’Intérieur, il devait aujourd’hui inaugurer un grand commissariat à Senheim. Cet établissement avait son importance dans une ville gangrénée par la délinquance. La Présidente l’avait sommé d’être présent à l’inauguration : « nous devons montrer aux Senheimois que nous avons la situation en main » lui répétait-elle sans cesse. Chaque jour, elle était plus inquiète pour sa réélection en 2023… Le ministre de l’Intérieur ne pouvait donc faire fond bond en aucun cas ou c’était l’éviction directe au prochain remaniement. Après avoir fait son nœud de cravate, il se rendit aux toilettes pour uriner. Il avait des sensations de brûlures depuis quelques jours, qui commençaient à l’inquiéter. Il exprima sa douleur :
<center>[img]http://img24.imageshack.us/img24/3310/leonardmaigsruck.jpg[/img]
Leonard Maigsruck
Ministre de l’Intérieur de la République Sébalde</center>
Leonard Maigsruck : « Putain, ça fait mal ! »
Mais il n’avait guère le temps de se préoccuper de son entrejambe : il était déjà en retard. Il devait être à Senheim dans moins de deux heures maintenant. Il n’avait plus d’autre choix que de prendre l’avion – ce qui était toujours impopulaire auprès des Sébaldes. Le trajet fut long et douloureux et la douleur ne cessa guère durant la cérémonie d’inauguration. Après un échange de courtoisies, sourires et autres serrages de main de routine avec les policiers, Leonard Maigsruck, il prononça un discours préparé de toutes pièces par son directeur de cabinet avant de se rassoir. Il dut croiser les jambes, ce qu’il ne faisait jamais d’ailleurs, pour atténuer la douleur, écoutant à moitié le discours du chef de service du nouveau commissariat qui le suivit. Après cette cérémonie somme toute insupportable, Maigsruck fut l’un des premiers à s’absenter. Il se rappela de cet urologue dont lui avait parlé Goran Horandson, que ce dernier consultait lorsqu’il était à Senheim. Il travaillait à la clinique privée de la ville. Après avoir trouvé son numéro sur son smartphone, il lui passa un coup de fil :
Leonard Maigsruck : « Bonjour docteur, Leonard Maigruck à l’appareil…»
Dr. Viktor Markovic : « Oh, bonjour monsieur le ministre. Quelle surprise de vous avoir au téléphone… Monsieur Horandson a dû vous parler de moi… »
Leonard Maigsruck : « Euh… Oui. Pouvons-nous avoir un rendez-vous en urgence ? À l’abri des regards… »
Dr. Viktor Markovic : « Bien sûr, je comprends. Je finis mon service à 19 heures mais je peux vous recevoir après. Vous n’avez qu’à entrer par la porte de derrière. »
Ainsi, à 19 heures pétantes, Leonard Maigsruck toqua à la porte du docteur. Après de courtes amabilités, le médecin ferma la porte à clé et les deux hommes entrèrent dans le vif du sujet.
Dr. Viktor Markovic : « Enlevez votre pantalon pour que je puisse regarder de plus près… »
Leonard s’exécuta. Au vu de la mine déconcertée du médecin, cela ne présageait rien de bon. Il rendit son verdict.
Dr. Viktor Markovic : « Cela m’a tout l’air d’une gonorrhée… »
Leonard Maigsruck : « Une gonorrhée ?! Comment j’ai pu attraper ça ?! »
Dr. Viktor Markovic : « C’est la question que je n’osais pas vous poser, monsieur le ministre. Je vais vous prescrire de la ceftriaxone et de l’azithromycine. Et comme il est possible que vous soyez également infecté par une chlamydiose, je vais également vous prescrire de la doxycycline… Vous ne souffrez pas de maux d’estomac ? »
Leonard Maigsruck : « Non… Vous êtes sûr que ça fonctionnera ? »
Dr. Viktor Markovic : « Ne vous inquiétez pas, vous serez sur pied d’ici une semaine. Néanmoins, je vous recommande d’en avertir toutes les personnes avec lesquelles vous avez eu un rapport depuis ces… disons… 3 derniers mois. »
Leonard Maigsruck : « Ainsi que celles qui ont également des contacts avec les personnes infectées ? »
Dr. Viktor Markovic : « Euh… Effectivement, si vous les connaissez, c’est préférable. C’est une infection plutôt virulente et contagieuse. »
Leonard Maigsruck : « Une personne avec laquelle je travaille, au quotidien, risque donc de venir vous voir. Vous me faites la promesse que vous ne direz rien à personne ? Nous nous sommes amusés, rien de plus.
Dr. Viktor Markovic : « Je suis tenu au secret médical, monsieur le ministre, ne vous inquiétez pas... »
Après avoir salué le médecin, Leonard Maigsruck pressa le pas vers la sortie et s’en alla composer le numéro de Gabriel Milikard, son ami et collègue à l’Environnement :
<center>[img]http://imageshack.us/a/img845/3878/gabrielmilikard200px.jpg[/img]
Gabriel Milikard
Ministre de l’Ecologie et de l’Environnement de la République Sébalde</center>
Gabriel Milikard : « Je te l’avais dit que je ne le sentais pas, ce Danmayais ! Au moins, si on avait choisi le Tel-Eribain, on aurait été certain qu’il était clean. Qu’est-ce que je vais dire à ma femme, maintenant ? »
Leonard Maigsruck : « Je suis désolé. J’aurais dû savoir que le Danmaya est un pays de débauchés ! Ces jeunes, ils vont n’importe où ! »
À l’hôpital, l’urologue tenta de faire discret. Un de ses collègues, urgentiste, remarqua au loin la sortie du ministre de l’Intérieur. « Ce doit être quelqu’un qui lui ressemble » conclue-t-il, dans sa tête, avec un sourire. Il interpella le docteur Markovic :
Dr. Janko Kucera : « Tiens, Viktor, j’ignorais que tu étais de garde cette nuit. »
Dr. Viktor Markovic : « Oh… Euh… C’était imprévu mais je suis de garde, oui… On se voit tout à l’heure ? »
Visiblement gêné, Markovic pressa le pas pour aller fumer une cigarette, sous l’œil inquisiteur et curieux du docteur Janko Kucera, qu’il n’appréciait guère. Kucera aurait le loisir d’enquêter toute cette nuit. Après tout, de son côté, le service des urgences était calme… Du moins, c’est ce qu’il pensait…