Accueil de Lucius Idam
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Amaski
Novaparte était la plus vielle cité de l'Empire tarnois. Vaincu durant la guerre de l'Age des Ténébres, sa population sera exterminée par les tarnois victorieux. C'est au fil du millénaire suivant que les rares survivants reconstruiront cette ville et d'une façon ou d'une autre permettront à la culture roderken de connaître une modeste renaissance. Novaparte, la ville au bord de l'Océan, cité de tous les craintes était aujourd'hui le plus grand chantier naval de tout le Commonwealth. Jusqu'à dix navires pouvaient être construits en chaîne dans les chantiers de la ville des Rodjers. Des gigantesques sous-marins se réalisaient dans une ville qui avait un rôle stratégique pour la future puissance maritime de l'Empire. Aciéries et ouvriers peuplent ce que d'antan fut la plus grande puissance militaire du sous-continent tarnois. Une ville avec une longue histoire trouvant son apothéose par l'acier et le feu.
Antony Bresk attendait dans cette cité sur l'arrivé d'un invité tout particulier : Lucius Idam. Le nom était bien connu dans la cour impériale. Certains voyaient en lui un idiot inconscient, un homme sans vrai foi et animé par une haine naturelle envers la civilisation tarnoise. D'autres voyaient en lui qu'une marionnette au service d'un régime corrompu par les siècles et rendus incapables par l’arthrose du pouvoir républicain. Ceux qui avaient une bonne opinion de lui n'existaient pas et si des gens l'affirmaient, alors que dans l'espoir d'en réaliser de desseins bien différents que de faire part d'une opinion sincère.
Il fallait admettre que les tarnois n'avaient à la base pas une bonne opinion des almérans. Des barbares et brutes issus de l'âge médiéval, endoctriné par une religion de haine et méprisant tous ce qui ne rentrait pas dans leurs conception restreinte du monde. Il existaient des exceptions à cette opinion comme le Thorval et le Schlessien, mais c'étaient des cas isolés.
C'est ainsi que Lucius Idam était attendu.
Antony Bresk attendait dans cette cité sur l'arrivé d'un invité tout particulier : Lucius Idam. Le nom était bien connu dans la cour impériale. Certains voyaient en lui un idiot inconscient, un homme sans vrai foi et animé par une haine naturelle envers la civilisation tarnoise. D'autres voyaient en lui qu'une marionnette au service d'un régime corrompu par les siècles et rendus incapables par l’arthrose du pouvoir républicain. Ceux qui avaient une bonne opinion de lui n'existaient pas et si des gens l'affirmaient, alors que dans l'espoir d'en réaliser de desseins bien différents que de faire part d'une opinion sincère.
Il fallait admettre que les tarnois n'avaient à la base pas une bonne opinion des almérans. Des barbares et brutes issus de l'âge médiéval, endoctriné par une religion de haine et méprisant tous ce qui ne rentrait pas dans leurs conception restreinte du monde. Il existaient des exceptions à cette opinion comme le Thorval et le Schlessien, mais c'étaient des cas isolés.
C'est ainsi que Lucius Idam était attendu.
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Rezzacci
Le voyage avait été atroce. Lucius Idam avait passé son temps à se demander ce qui allait lui arriver une fois dans l'Empire. Il se sentait trahi, abandonné par ce pays qu'il avait servi durant tant d'années. Tout ça parce qu'il avait bêtement recopié ce qu'un stupide docteur en théologie lui avait dicté ! Depuis quand l'empire Tarnois est au courant des missives qu'on envoie au Saint-Siège ? Elles n'étaient pas sensées être classées comme secrètes ?
Mais Lucius Idam, en tant que fonctionnaire des Archives de Stalagmanque, obéissait. C'est ce qu'on apprenait en premier, que la Loi est le plus important, et qu'il fallait obéir. Et tout ce qui n'est pas interdit pas la Loi est autorisé, voir louable. Et comme envoyer un fonctionnaire à la mort dans un pays étranger, si c'est pour récupérer un comptoir, n'est pas illégal, alors il s'y pliait avec diligence. Quand le Doge ordonnait, on obéissait, car il représente la Loi, avec le Sénat. Quis legi non oboedit ex civite est ; quis ex civite est, non est.
Le navire s'ammarra dans le port de Novaparte. Le vice-directeur du service de greffe du Sénat de Stalagmanque se leva, fier et digne, rajusta sa cravate, prit sa serviette, et descendit du navire pour se rendre aux autorités. Il voulait montrer une image honorable de Stalagmanque, un peuple d'hommes honnêtes et de marchands, malgré tous les stéréotypes qui couraient sur eux. Il ne nierait pas sa faute, il l'accepterait et demanderait le pardon. Si le Kanseltan était chrétien, il le lui accorderait. C'était sa seule consolation, pouvoir vérifier de visu s'il se trouvait bien en face de l'Antéchrist ou non...
On lui avait promi, tout de même, qu'il pourrait servir de diplomate pour l'établissement du comptoir. Il espérait que ces négociations se passeraient bien. Il voulait mourir en héros, se sacrifiant pour permettre la reconstruction de l'Empire Stalagmantin. Ce serait véritablement un honneur pour lui. Plutôt que mourir en traître, il finirait en martyre, dans une flamboyante apothéose.
Il craignait juste qu'on ne lui permette pas d'obtenir l'extrême-onction. Bah, l'Empire Tarnois se revendiquait catholique, il devait respecter ces coutumes.
Lucius Idam posa les pieds sur le sol tarnois, et attendit, avec soumission mais la mine fière, que les autorités viennent à lui.
Mais Lucius Idam, en tant que fonctionnaire des Archives de Stalagmanque, obéissait. C'est ce qu'on apprenait en premier, que la Loi est le plus important, et qu'il fallait obéir. Et tout ce qui n'est pas interdit pas la Loi est autorisé, voir louable. Et comme envoyer un fonctionnaire à la mort dans un pays étranger, si c'est pour récupérer un comptoir, n'est pas illégal, alors il s'y pliait avec diligence. Quand le Doge ordonnait, on obéissait, car il représente la Loi, avec le Sénat. Quis legi non oboedit ex civite est ; quis ex civite est, non est.
Le navire s'ammarra dans le port de Novaparte. Le vice-directeur du service de greffe du Sénat de Stalagmanque se leva, fier et digne, rajusta sa cravate, prit sa serviette, et descendit du navire pour se rendre aux autorités. Il voulait montrer une image honorable de Stalagmanque, un peuple d'hommes honnêtes et de marchands, malgré tous les stéréotypes qui couraient sur eux. Il ne nierait pas sa faute, il l'accepterait et demanderait le pardon. Si le Kanseltan était chrétien, il le lui accorderait. C'était sa seule consolation, pouvoir vérifier de visu s'il se trouvait bien en face de l'Antéchrist ou non...
On lui avait promi, tout de même, qu'il pourrait servir de diplomate pour l'établissement du comptoir. Il espérait que ces négociations se passeraient bien. Il voulait mourir en héros, se sacrifiant pour permettre la reconstruction de l'Empire Stalagmantin. Ce serait véritablement un honneur pour lui. Plutôt que mourir en traître, il finirait en martyre, dans une flamboyante apothéose.
Il craignait juste qu'on ne lui permette pas d'obtenir l'extrême-onction. Bah, l'Empire Tarnois se revendiquait catholique, il devait respecter ces coutumes.
Lucius Idam posa les pieds sur le sol tarnois, et attendit, avec soumission mais la mine fière, que les autorités viennent à lui.
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Amaski
La pluie s'abattait sur les quais de Novaparte. Antony Bresk vit alors Lucius Idam descendre du navire. Antony Bresk était un nameken d'âge moyen qui faisait bien plus jeune, effet accentué par le fait que les almérans avaient toujours des problèmes d'estimer l'âge correct des personnes d'autres ethnies. En tant que Commissaire à l'Intérieur il était une des personnes les plus puissantes de l'Empire et du Commonwealth avec le contrôle sur une grande partie de l'industrie primaire des pays du Commonwealth. Officiellement fils d'un intellectuel de Namikon, personne savait qu'Antony Bresk était en vérité le fils d'un des douze directeurs du Baal Group. Ce qu'en revanche on savait et ce qui fut vrai c'est qu'il fut un des lieutenants de Gorun Sun.
Le Commissaire ouvrit un parapluie noir et le tendit au-dessus de la tête de Lucius Idam pour protéger l'émissaire de la pluie fameuse de Novaparte. Il salua en même temps le diplomate.
« Votre Excellence, soyez bienvenu dans l'Empire. J'espère que votre voyage n'ait pas été trop désagréable ? Soyez sans crainte, vous ne venez pas ici pour mourir. Vous ne serez ni jugé ni exécuté. Je vous expliquerais plus tard les vrais raisons pourquoi nous avons proposé ce ignoble marché à votre gouvernement. Je suis persuadé que vous rirez quand vous saurez la vérité. Mais je suis désolé de devoir vous presser mais nous devons au plus vite rejoindre la voiture. »
C'est ainsi que les deux hommes firent une trentaine de pas pour arriver auprès une voiture noire aux formes brutes et carrées. Un chauffeur en uniforme y attendait pour ouvrir la porte aux deux hommes de plume. Le Commissaire et Idam s'engouffraient alors dans la voiture pour prendre place sur des sièges en cuir noir. Le chauffeur entra à son tour dans la voiture pour prendre le volant. A peine quelques secondes plus tard la voiture démarra et se mit en route. Bresk dit alors à Idam.
« Je vous conseille de mettre votre ceinture. Nous allons prendre la hyper-voie. Soyez sans inquiétude, les premières minutes sont inhabituelles mais des que la voiture a prit sa vitesse de croisière, vous ne devriez plus rien sentir. De toute facon nous aurons que pour une heure pour atteindre Titanua. »
Bresk se mit alors la ceinture qu'on trouvait au plafond de côté de chaque siège. Cinq minutes plus tard la voiture quitta les rues de Novaparte pour entrer sur la gigaroad vers Titanua. Les gigaroads étaient une invention tarnoise. C'étaient rien d'autre que des autoroutes à dix voies ou on avait voué chaque voie à un autre type de véhicule. Trois voies étaient réservés pour les voitures civiles divisé en zones de vitesse, une autre étaient pour les camions et une autre pour les véhicules d'urgence et officiels. Entre les voies d’allée et celle du retour se trouvaient aussi une double voie ferroviaire. Ce système ambitieux permettait de lutter de manière efficace contre les embouteillages et assurait que les camions n'étaient pas affectés par les éventuels embouteillages. A force de devoir construire un réseau autoroute complet, au moins le faire correctement, s'étaient dit les inventeurs du concepte de gigaroad. La voiture officielle de Bresk et Idam se trouvait sur la voie la plus centrale qui était vide. Après quelques centaines de mètres la voiture fut légèrement secoué et se leva de quelques dizaines de centimètres. Quelques instants suivants la voiture prit chaque fois d'avantage de vitesse. Bresk commenta.
« Vous êtes le premier étranger à pouvoir circuler sur la première voie électromagnétique au monde. La voie vient d'être finie il y a un mois et relie Novaparte et Titanua. Bien évidemment que des voitures adaptés à la propulsion magnétique peuvent l’utiliser et donc nous la réservons aux voitures officielles. Pour le moment il y a qu'une voie aménagée sur la direction Novaparte-Titanua donc nous sommes forcés de planifier son utilisation surtout que par mesure de sécurité les voitures doivent tenir une distance de deux kilomètres. Mais vous verrez, dans quelques décennies toutes les autoroutes du Commonwealth seront dotés du système et chacun pourra faire Titanua-Borisk en deux heures. »
La voiture accéléra toujours pour après cinq minutes atteindre la vitesse de croisière. Les voitures sur les autres voies ne faisaient que défiler en une nuée de couleurs. Une fois la vitesse stable, Bresk reprit la parole.
« Bien, nous devrions avoir encore une bonne cinquantaine de minutes avant d'arriver à Titanua. Je pense que vous avez des questions ? »
Le Commissaire ouvrit un parapluie noir et le tendit au-dessus de la tête de Lucius Idam pour protéger l'émissaire de la pluie fameuse de Novaparte. Il salua en même temps le diplomate.
« Votre Excellence, soyez bienvenu dans l'Empire. J'espère que votre voyage n'ait pas été trop désagréable ? Soyez sans crainte, vous ne venez pas ici pour mourir. Vous ne serez ni jugé ni exécuté. Je vous expliquerais plus tard les vrais raisons pourquoi nous avons proposé ce ignoble marché à votre gouvernement. Je suis persuadé que vous rirez quand vous saurez la vérité. Mais je suis désolé de devoir vous presser mais nous devons au plus vite rejoindre la voiture. »
C'est ainsi que les deux hommes firent une trentaine de pas pour arriver auprès une voiture noire aux formes brutes et carrées. Un chauffeur en uniforme y attendait pour ouvrir la porte aux deux hommes de plume. Le Commissaire et Idam s'engouffraient alors dans la voiture pour prendre place sur des sièges en cuir noir. Le chauffeur entra à son tour dans la voiture pour prendre le volant. A peine quelques secondes plus tard la voiture démarra et se mit en route. Bresk dit alors à Idam.
« Je vous conseille de mettre votre ceinture. Nous allons prendre la hyper-voie. Soyez sans inquiétude, les premières minutes sont inhabituelles mais des que la voiture a prit sa vitesse de croisière, vous ne devriez plus rien sentir. De toute facon nous aurons que pour une heure pour atteindre Titanua. »
Bresk se mit alors la ceinture qu'on trouvait au plafond de côté de chaque siège. Cinq minutes plus tard la voiture quitta les rues de Novaparte pour entrer sur la gigaroad vers Titanua. Les gigaroads étaient une invention tarnoise. C'étaient rien d'autre que des autoroutes à dix voies ou on avait voué chaque voie à un autre type de véhicule. Trois voies étaient réservés pour les voitures civiles divisé en zones de vitesse, une autre étaient pour les camions et une autre pour les véhicules d'urgence et officiels. Entre les voies d’allée et celle du retour se trouvaient aussi une double voie ferroviaire. Ce système ambitieux permettait de lutter de manière efficace contre les embouteillages et assurait que les camions n'étaient pas affectés par les éventuels embouteillages. A force de devoir construire un réseau autoroute complet, au moins le faire correctement, s'étaient dit les inventeurs du concepte de gigaroad. La voiture officielle de Bresk et Idam se trouvait sur la voie la plus centrale qui était vide. Après quelques centaines de mètres la voiture fut légèrement secoué et se leva de quelques dizaines de centimètres. Quelques instants suivants la voiture prit chaque fois d'avantage de vitesse. Bresk commenta.
« Vous êtes le premier étranger à pouvoir circuler sur la première voie électromagnétique au monde. La voie vient d'être finie il y a un mois et relie Novaparte et Titanua. Bien évidemment que des voitures adaptés à la propulsion magnétique peuvent l’utiliser et donc nous la réservons aux voitures officielles. Pour le moment il y a qu'une voie aménagée sur la direction Novaparte-Titanua donc nous sommes forcés de planifier son utilisation surtout que par mesure de sécurité les voitures doivent tenir une distance de deux kilomètres. Mais vous verrez, dans quelques décennies toutes les autoroutes du Commonwealth seront dotés du système et chacun pourra faire Titanua-Borisk en deux heures. »
La voiture accéléra toujours pour après cinq minutes atteindre la vitesse de croisière. Les voitures sur les autres voies ne faisaient que défiler en une nuée de couleurs. Une fois la vitesse stable, Bresk reprit la parole.
« Bien, nous devrions avoir encore une bonne cinquantaine de minutes avant d'arriver à Titanua. Je pense que vous avez des questions ? »
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Rezzacci
Plusieurs émotions se bousculaient sous le crâne de Lucius Idam. La première était la déception : il s'était fait à l'idée de devoir mourir en martyre, et le fait qu'on lui retire ce plaisir le décevait quelque peu.
La deuxième était la peur. On lui avait dit que les tarnois était un peuple versatile et imprévisible. Il ne savait absolument pas ce qui l'attendait, et, en bon superstitieux, s'attendait au pire.
Lais la troisième émotion était la curiosité. Même si ça devait le tuer, il brûlait de l'envie de savoir ce qui l'attendait. Ce retournement de situation était vraiment innattendu, et l'ombre de l'ignorance était tout sauf attirante ou rassurante.
Il gardait en mémoire que sa mission était et restait de parler des comptoirs commerciaux. L'Empire avait promit, et il espérait sincèrement qu'il tienne sa parole. S'il devait revenir, il voulait revenir en héros.
Les premières minutes sur la voie électromagnétique le laissaient sans voie. Depuis dix ans qu'il occupait son poste de vice-directeur, il n'était pas sorti de la capitale stalagmantine, où le moyen de transport le plus rapide était le vaporetto ou la course à pied. Cette vitesse le mettait mal à l'aise. Il faisait partie de ces gens qui ne comprenaient pas qu'on doive aller si vite. Quand on a un rendez-vous, on prépare son itinéraire pour arriver à l'heure en prenant son temps et en ne risquant pas sa vie. L'empire Stalagmantin s'était bâti sur des navires à voiles, où l'on était à la merci des caprices du vent et des marées, et où on devait accepter de prendre son temps.
Mais il appréciait la prouesse technologique. Il n'y comprenait guère quelque chose, mais il se devait de reconnaître que c'était une avancée extraordinaire. Et il ressentait un tantinet d'orgueil : le premier étranger sur cette voie, et c'était lui.
Une affeuse pensée lui vint en tête : il pouvait également être le premier étranger à mourir sur cette voie, dans un tragique accident. Car, après tout, à une telle vitesse, la moindre collision et on devra rammasser son cadavre à la petite cuillère.
« En effet, monsieur, des questions, j'en ai. J'aimerais savoir ce que vous me réservez. J'ai du travailler dur pour arriver là ou je suis, et j'ai eu l'habitude de subir les piques de collègues et amis. En général, l'univers m'en veut, et je ne vois pas pourquoi cela s'arrêterait ici. »
La deuxième était la peur. On lui avait dit que les tarnois était un peuple versatile et imprévisible. Il ne savait absolument pas ce qui l'attendait, et, en bon superstitieux, s'attendait au pire.
Lais la troisième émotion était la curiosité. Même si ça devait le tuer, il brûlait de l'envie de savoir ce qui l'attendait. Ce retournement de situation était vraiment innattendu, et l'ombre de l'ignorance était tout sauf attirante ou rassurante.
Il gardait en mémoire que sa mission était et restait de parler des comptoirs commerciaux. L'Empire avait promit, et il espérait sincèrement qu'il tienne sa parole. S'il devait revenir, il voulait revenir en héros.
Les premières minutes sur la voie électromagnétique le laissaient sans voie. Depuis dix ans qu'il occupait son poste de vice-directeur, il n'était pas sorti de la capitale stalagmantine, où le moyen de transport le plus rapide était le vaporetto ou la course à pied. Cette vitesse le mettait mal à l'aise. Il faisait partie de ces gens qui ne comprenaient pas qu'on doive aller si vite. Quand on a un rendez-vous, on prépare son itinéraire pour arriver à l'heure en prenant son temps et en ne risquant pas sa vie. L'empire Stalagmantin s'était bâti sur des navires à voiles, où l'on était à la merci des caprices du vent et des marées, et où on devait accepter de prendre son temps.
Mais il appréciait la prouesse technologique. Il n'y comprenait guère quelque chose, mais il se devait de reconnaître que c'était une avancée extraordinaire. Et il ressentait un tantinet d'orgueil : le premier étranger sur cette voie, et c'était lui.
Une affeuse pensée lui vint en tête : il pouvait également être le premier étranger à mourir sur cette voie, dans un tragique accident. Car, après tout, à une telle vitesse, la moindre collision et on devra rammasser son cadavre à la petite cuillère.
« En effet, monsieur, des questions, j'en ai. J'aimerais savoir ce que vous me réservez. J'ai du travailler dur pour arriver là ou je suis, et j'ai eu l'habitude de subir les piques de collègues et amis. En général, l'univers m'en veut, et je ne vois pas pourquoi cela s'arrêterait ici. »
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Amaski
Bresk comprit que trop bien la question d'Idam. Maintenant qu'ils étaient en route vers Titanua et bien en route, rien s'opposait au fait d'éclaircir sa lanterne. Il n'avait pas pu lui donner des détails faute de temps chose qui maintenant n'était plus le cas. C'est alors que le Commissaire à l'Intérieur lui offrit la réponse tant attendue.
« Vous pouvez m’appelez Antony voir Antonios si vous voulez être correct. Le "y" je l'ai ajouté quand j'étais à l'université de Newport. J'ai gardé la coutume vu que ceci fait plus occidental ce qui est toujours avantageux quand il faut négocier des accords avec les almérans. Et vous savez comme c'est : old habits die hard.
Donc pour ce qu'on vous réserve, connaissant ma secrétaire, vous risquez du thé et des biscuits. J'espère qu'elle n'aura pas préparé ces biscuits maisons. Je vous jure, à croire que cette femme y ajoute du béton armé.
Mais je suppose que ceci n'est pas la réponse que vous vous y attendiez. Donc pour vous répondre dans le sens que vous désirez, la réponse est simple : rien. Vous êtes en entrant dans l'Empire sous la loi de l'hospitalité et cette loi est sacrée. Vous êtes donc sous protection et risquez aucun mal. A ceci s'ajoute que vous êtes un diplomate et jamais il nous passerait par l'esprit d'oser faire du mal à un homme protégé par les lois internationales. Et pour conclure, croyez-vous vraiment que nous avons pensé une seconde de vous donnez la mort pour avoir insulté le Kansteltan? Si nous devrions condamner à mort toute personne qui dit des sottises, soyez assuré que notre pays serait bien peu peuplé. La mort, on la donne aux valeurs, aux fonctionnaires corrompus mais pas aux hommes qui écrivent du n'importe quoi.
Maintenant vous vous demandez certainement : alors pourquoi cette mise en scène? Au fond vous n'êtes qu'un outil à un but supérieur. Nous avons testé votre gouvernement. Nous voulions savoir si votre gouvernement serait prêt d'oser de sacrifier un de ses plus précieux éléments pour quelques profits économiques. En somme, est-ce que votre gouvernement estime-il la vie humaine plus que l'argent ou vice-versa? La réponse de vos supérieurs nous a beaucoup éclairé. Ils ont sans hésiter été prêts à sacrifier un de leurs citoyens pour des accords commerciaux. Ils n'ont pas agis par peur, ni en étant mal informé mais pas pure avidité. Nous savons donc deux choses : on peut acheter vos supérieurs, car ceux qui sont prêts à sacrifier un citoyen pour du profit le feront encore plus aisément si l'enjeu est moins qu'une vie humaine, et nous savons que votre gouvernement n'a aucun respect pour la vie humaine. Ils seront donc prêt à toutes les ignominies pour arriver à leur fin. Donc pour conclure, cette mise en scène nous a permis de révéler la profonde nature de votre république. Désormais nous pouvons adapter notre politique diplomatique à cette connaissance.
Nous savons que vous avez été maltraité mais ce fut nécessaire. Mais nous ne sommes pas des monstres, le renard tarnois est rusé mais pas méchant. L'Empire vous offrira un titre de noblesse et des terres, ce qui vous permettra de choisir votre avenir. Soit revenir dans votre pays fort de cette nouvelle puissance soit vous installez chez nous et permettre à votre famille de vivre une vie d'aristocrates tarnois. »
« Vous pouvez m’appelez Antony voir Antonios si vous voulez être correct. Le "y" je l'ai ajouté quand j'étais à l'université de Newport. J'ai gardé la coutume vu que ceci fait plus occidental ce qui est toujours avantageux quand il faut négocier des accords avec les almérans. Et vous savez comme c'est : old habits die hard.
Donc pour ce qu'on vous réserve, connaissant ma secrétaire, vous risquez du thé et des biscuits. J'espère qu'elle n'aura pas préparé ces biscuits maisons. Je vous jure, à croire que cette femme y ajoute du béton armé.
Mais je suppose que ceci n'est pas la réponse que vous vous y attendiez. Donc pour vous répondre dans le sens que vous désirez, la réponse est simple : rien. Vous êtes en entrant dans l'Empire sous la loi de l'hospitalité et cette loi est sacrée. Vous êtes donc sous protection et risquez aucun mal. A ceci s'ajoute que vous êtes un diplomate et jamais il nous passerait par l'esprit d'oser faire du mal à un homme protégé par les lois internationales. Et pour conclure, croyez-vous vraiment que nous avons pensé une seconde de vous donnez la mort pour avoir insulté le Kansteltan? Si nous devrions condamner à mort toute personne qui dit des sottises, soyez assuré que notre pays serait bien peu peuplé. La mort, on la donne aux valeurs, aux fonctionnaires corrompus mais pas aux hommes qui écrivent du n'importe quoi.
Maintenant vous vous demandez certainement : alors pourquoi cette mise en scène? Au fond vous n'êtes qu'un outil à un but supérieur. Nous avons testé votre gouvernement. Nous voulions savoir si votre gouvernement serait prêt d'oser de sacrifier un de ses plus précieux éléments pour quelques profits économiques. En somme, est-ce que votre gouvernement estime-il la vie humaine plus que l'argent ou vice-versa? La réponse de vos supérieurs nous a beaucoup éclairé. Ils ont sans hésiter été prêts à sacrifier un de leurs citoyens pour des accords commerciaux. Ils n'ont pas agis par peur, ni en étant mal informé mais pas pure avidité. Nous savons donc deux choses : on peut acheter vos supérieurs, car ceux qui sont prêts à sacrifier un citoyen pour du profit le feront encore plus aisément si l'enjeu est moins qu'une vie humaine, et nous savons que votre gouvernement n'a aucun respect pour la vie humaine. Ils seront donc prêt à toutes les ignominies pour arriver à leur fin. Donc pour conclure, cette mise en scène nous a permis de révéler la profonde nature de votre république. Désormais nous pouvons adapter notre politique diplomatique à cette connaissance.
Nous savons que vous avez été maltraité mais ce fut nécessaire. Mais nous ne sommes pas des monstres, le renard tarnois est rusé mais pas méchant. L'Empire vous offrira un titre de noblesse et des terres, ce qui vous permettra de choisir votre avenir. Soit revenir dans votre pays fort de cette nouvelle puissance soit vous installez chez nous et permettre à votre famille de vivre une vie d'aristocrates tarnois. »
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Rezzacci
"Comment ? Monsieur, vous m'insultez, et vous insultez le Doge et le Sénat.
J'ai été moi-même au courant du courrier que vous nous envoyâtes il y a quelques jours, demandant de me livrer, mentit-il avec la plus belle sincérité. Je me suis moi-même porté volontaire pour me livrer. La grandeur du pays passe avant l'individu faible et chétif. L'Etat est supérieur à l'individu, c'est notre philosophie. Vous me direz peut-être que je suis endoctriné, mais cela fait 1300 ans que nous existons, et nous n'avons jamais eu de gros problèmes, la révolution ayant des sources extérieures !"
Ce qui passa ensuite par la tête du vice-directeur étaient, cependant, pure et stricte vérité, qu'il ne put s'empêcher de dire, aveuglé par la colère et la répulsion que lui inspirait cet homme et ce pays.
"Vous parler de sacrifice d'un de ses plus précieux éléments. C'est là preuve d'une grande lacune de connaissances envers l'administration et la hiérarchie stalagmantine. Je suis peut-être vice-directeur, mais d'un sous-service minime des Archives. Notre administration fonctionne sur le principe que nul n'est irremplaçable. Nous ne sommes que des noms inscrits sur un organigramme.
Et bien entendu qu'une vie est moins importante que des profits ! Les profits permettent de bâtir une société, de garantir un cadre strict, ce qui permet, sur le long terme, de garantir une plus grande sécurité et prospérité aux citoyens et de diminuer les pertes.
Et sachez que notre gouvernement est, cependant, incorruptible. Le fait que j'ai pû partir ici est dû au fait que ce n'était interdit à aucune loi. Mais il y a tellement de contrôles, de contre-pouvoir, de surveillance, que pour acheter notre Doge, vous devrez acheter les cinq milles sénateurs, la haute administration de l'Inquisition, les fonctionnaires des Archives, le Fisc, la Douane, les journaux, l'Université, le Conseil des VII, les Juges Métropolitains et la plupart des patrons des guildes. Tout cet ensemble rassemble la population la plus riche du monde, il vous faudrait donc dépenser des sommes énormes ou promettre des choses faramineuses pour dévier notre pays du droit chemin.
Et sachez que si vous ne vouliez de moi uniquement pour tester notre gouvernement, veuillez, je vous prie, me ramener au port. Je compte rentrer chez moi le plus rapidement, en déclinant vos terres et votre titre de noblesse. La puissance par la terre est une chimère, un mirage. Idam je suis né, sans fleurs ni couronnes, et Idam je mourrais, aussi nu et vil que lorsque je suis né. J'ai eu une vie admirable, j'ai une fortune suffisante et un excellent travail, une épouse convenable, et je n'attends que le mariage de mon fils pour le faire entrer au Sénat. Républicain je suis, républicain je reste, loin de cette racaille aristocrate qui nous pourrissent l'existence depuis plus d'un millénaire.
Nous avons peut-être de nombreux défauts, mais nous ne pouvons observer que nous sommes ceux qui obéissent aux sentiments les plus chrétiens, qui restont le plus indépendant face aux tourmentes de ce monde. Et nous fûmes, sommes et resterons, quoiqu'il arrive et qu'il advienne, incorruptibles."
J'ai été moi-même au courant du courrier que vous nous envoyâtes il y a quelques jours, demandant de me livrer, mentit-il avec la plus belle sincérité. Je me suis moi-même porté volontaire pour me livrer. La grandeur du pays passe avant l'individu faible et chétif. L'Etat est supérieur à l'individu, c'est notre philosophie. Vous me direz peut-être que je suis endoctriné, mais cela fait 1300 ans que nous existons, et nous n'avons jamais eu de gros problèmes, la révolution ayant des sources extérieures !"
Ce qui passa ensuite par la tête du vice-directeur étaient, cependant, pure et stricte vérité, qu'il ne put s'empêcher de dire, aveuglé par la colère et la répulsion que lui inspirait cet homme et ce pays.
"Vous parler de sacrifice d'un de ses plus précieux éléments. C'est là preuve d'une grande lacune de connaissances envers l'administration et la hiérarchie stalagmantine. Je suis peut-être vice-directeur, mais d'un sous-service minime des Archives. Notre administration fonctionne sur le principe que nul n'est irremplaçable. Nous ne sommes que des noms inscrits sur un organigramme.
Et bien entendu qu'une vie est moins importante que des profits ! Les profits permettent de bâtir une société, de garantir un cadre strict, ce qui permet, sur le long terme, de garantir une plus grande sécurité et prospérité aux citoyens et de diminuer les pertes.
Et sachez que notre gouvernement est, cependant, incorruptible. Le fait que j'ai pû partir ici est dû au fait que ce n'était interdit à aucune loi. Mais il y a tellement de contrôles, de contre-pouvoir, de surveillance, que pour acheter notre Doge, vous devrez acheter les cinq milles sénateurs, la haute administration de l'Inquisition, les fonctionnaires des Archives, le Fisc, la Douane, les journaux, l'Université, le Conseil des VII, les Juges Métropolitains et la plupart des patrons des guildes. Tout cet ensemble rassemble la population la plus riche du monde, il vous faudrait donc dépenser des sommes énormes ou promettre des choses faramineuses pour dévier notre pays du droit chemin.
Et sachez que si vous ne vouliez de moi uniquement pour tester notre gouvernement, veuillez, je vous prie, me ramener au port. Je compte rentrer chez moi le plus rapidement, en déclinant vos terres et votre titre de noblesse. La puissance par la terre est une chimère, un mirage. Idam je suis né, sans fleurs ni couronnes, et Idam je mourrais, aussi nu et vil que lorsque je suis né. J'ai eu une vie admirable, j'ai une fortune suffisante et un excellent travail, une épouse convenable, et je n'attends que le mariage de mon fils pour le faire entrer au Sénat. Républicain je suis, républicain je reste, loin de cette racaille aristocrate qui nous pourrissent l'existence depuis plus d'un millénaire.
Nous avons peut-être de nombreux défauts, mais nous ne pouvons observer que nous sommes ceux qui obéissent aux sentiments les plus chrétiens, qui restont le plus indépendant face aux tourmentes de ce monde. Et nous fûmes, sommes et resterons, quoiqu'il arrive et qu'il advienne, incorruptibles."
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Amaski
Antony écouta Idam. Un parfait produit de son pays et un exemple type de l'homme socialement conditionné, se disait-il. Comme quoi un bon système social peut faire des miracles. Leçon pour l'avenir : la culture et la religion sont la clé pour dominer les masses humaines.
Antony laissa Idam parler et faire son discours. Il ne pouvait que sentir de la répulsion pour cette idéologie infecte qui sacrifiait l'homme pour des intérêts d'état. C'est à cause de cette mentalité prête à sacrifier les humains pour la raison d'état que les pires régimes ont pu émerger. L'homme n'est rien? Non, il est tout. La vie humaine n'a pas de prix; l'existence d'un seul homme vaut plus que la richesse de toute la planète. Leur état a tenu 1300 ans? Un état qui se construit sur le sang et le corps d'humains ne mérite pas d'exister une minute. Tous ceci furent les pensées d'Antony et son visage resta stoic, un sourire s'afficha sur ses levres pour détourner l'attention d'Idam de ses yeux remplis de mépris pour cette idéologie humanicide.
Bresk après quelques instants de silence total répondit à Idam.
« Je pense qu'il n'a pas de sens que je rentres avec vous dans un débat de philosophes condamné d'avance. Je peux qu'admirer l'efficacité de votre société de former ses citoyens.
Donc si je comprends bien, vous désirez être ramené à Novaparte? Si ceci est votre volonté, ainsi soit-il. Vous pourrez donc retourner dans votre pays et informez le Doge que s'il désire voir un accord être négocié au sujet du droit d'implantations de vos comptoirs dans l'Empire, il n'aura qu'a envoyer un autre émissaire. Je l'attendrais dans mon bureau à Titanua, l'émissaire n'aura qu'a s'annoncer à ma secrétaire. Bien évidemment libre à vous de faire les négocations mais je vous prie de me dire votre décision dans les cinq minutes à venir vu que pour tourner nous devrons sortir à Kanton. »
Antony laissa Idam parler et faire son discours. Il ne pouvait que sentir de la répulsion pour cette idéologie infecte qui sacrifiait l'homme pour des intérêts d'état. C'est à cause de cette mentalité prête à sacrifier les humains pour la raison d'état que les pires régimes ont pu émerger. L'homme n'est rien? Non, il est tout. La vie humaine n'a pas de prix; l'existence d'un seul homme vaut plus que la richesse de toute la planète. Leur état a tenu 1300 ans? Un état qui se construit sur le sang et le corps d'humains ne mérite pas d'exister une minute. Tous ceci furent les pensées d'Antony et son visage resta stoic, un sourire s'afficha sur ses levres pour détourner l'attention d'Idam de ses yeux remplis de mépris pour cette idéologie humanicide.
Bresk après quelques instants de silence total répondit à Idam.
« Je pense qu'il n'a pas de sens que je rentres avec vous dans un débat de philosophes condamné d'avance. Je peux qu'admirer l'efficacité de votre société de former ses citoyens.
Donc si je comprends bien, vous désirez être ramené à Novaparte? Si ceci est votre volonté, ainsi soit-il. Vous pourrez donc retourner dans votre pays et informez le Doge que s'il désire voir un accord être négocié au sujet du droit d'implantations de vos comptoirs dans l'Empire, il n'aura qu'a envoyer un autre émissaire. Je l'attendrais dans mon bureau à Titanua, l'émissaire n'aura qu'a s'annoncer à ma secrétaire. Bien évidemment libre à vous de faire les négocations mais je vous prie de me dire votre décision dans les cinq minutes à venir vu que pour tourner nous devrons sortir à Kanton. »
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Rezzacci
Lucius Idam s'arrêta, se sentant un peu benêt. Il est vrai qu'il avait une mission à accomplir, initialement. Bien que présumé condamné à mort, il restait un diplomate membre du service de greffe, dont l'une des nombreuses devises était : "Reviens en ayant parlementer, ou ne reviens pas", une manière comme une autre de dire "Fais ton boulot".
Il se calma donc, rajusta sa cravate et s'adressa à son compagnon de route :
"Veuillez m'excusez pour m'être emporté ainsi. Le tempérament latin étant ce qu'il est, nous sommes assez vifs et tête brûlée. Soit, là, je reconnais mon erreur.
De plus, je ne peux que louer votre diplomatie. Fine et subtile à la fois, vous tenez néanmoins vos promesses. Vous aviez parler d'un éventuel accord sur des comptoirs commerciaux, et vous le maintenez, malgré le fait que m'avoir attiré ici n'était qu'un piège, une tentative pour tester mon gouvernement. En tant que diplomate, je ne peux qu'applaudir.
Soit, je suis ici primordialement pour parler affaires, je vais rester pour parler affaires. Mais uniquement pour cela. Inutile de changer de voie, j'accepte de continuer les négociations.
Ah, j'oubliais néanmoins la moindre des politesses : merci de ne pas m'avoir tué. C'est toujours agréable. "
Il se calma donc, rajusta sa cravate et s'adressa à son compagnon de route :
"Veuillez m'excusez pour m'être emporté ainsi. Le tempérament latin étant ce qu'il est, nous sommes assez vifs et tête brûlée. Soit, là, je reconnais mon erreur.
De plus, je ne peux que louer votre diplomatie. Fine et subtile à la fois, vous tenez néanmoins vos promesses. Vous aviez parler d'un éventuel accord sur des comptoirs commerciaux, et vous le maintenez, malgré le fait que m'avoir attiré ici n'était qu'un piège, une tentative pour tester mon gouvernement. En tant que diplomate, je ne peux qu'applaudir.
Soit, je suis ici primordialement pour parler affaires, je vais rester pour parler affaires. Mais uniquement pour cela. Inutile de changer de voie, j'accepte de continuer les négociations.
Ah, j'oubliais néanmoins la moindre des politesses : merci de ne pas m'avoir tué. C'est toujours agréable. "
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Amaski
Antony Bresk était presque deçu de la réponse d'Idam mais bon, ceci facilitait au moins les choses. Ca lui évitait de devoir ramener Idam au port et devoir accueillir un second émissaire qui serait peut être encore plus compliqué à gèrer à Idam. Bresk connaissant sa chance, suspectait fortement d'être tombé sur un bon lot. La voiture continuait son chemin pendant que Bresk répondit.
« Il y a rien de mal. J'avoue que le caractère latin est...particulièrement unique en son genre mais on finit par s'habituer et en concevoir un certain attrait.
Soyez assuré, nous parlerons que d'affaire. Loin de moi l'idée d'aller faire les boutiques avec vous et vous inviter à dîner à l'Impérial*. Et pour le meurtre, vous n'avez pas besoin de faire part de vos remerciements. Nous n'avons pas l'habitude de tuer nos invités, à vrai dire nous tenons en grande estime le principe de l'hospitalité. Ce serait ridicule d'inviter un émissaire dans notre pays et le mettre ainsi sous la loi de l'hospitalité pour le traîner ensuite en justice. Absolumenet ridicule, n'en est-il pas?
Je vous propose donc qu'on parle d'affaire dans mon bureau vu que je n'ai pas de documents sur moi concernant les places pour les comptoirs. Il y a des journaux sous votre siège, ils sont tous en anglais, soyez assuré que je ne vais pas vous forcer à lire du tarnois. »
Ceci dit, Bresk sortit un journal sous son siège et le déplia. C'était le Borisk Times mais il était dans l'alphabet tarnois donc il était peu probable qu'Idam puisse lire les articles en premier page parlant de l'accord signé entre le Baal Group et l'Hondias. Un quart d'heure plus tard la voiture arriva dans la périphérie de Titanua. Au loin on pouvait voir les immeubles et gratte-ciels de couleur cuivrée s'élevant dans les airs dans un style néo-gothique. La ville de Titanua était une citée construite sur sept plateaux chacun plus haut que la dernière formant une vaste montagne de maisons, palais et monuments. Au sommet trônait le palais impérial, massif et dirigé vers les airs avec ses tours et jardins. Un plateau plus bas se trouvait le Grand Temple Bleu avec sa coupole dorée et quatre petits minarets.
La voiture arriva enfin à l'entrée du centre-ville. L'entrée était marqué par deux statues géantes en acier posés sur des podiums en marbre bordant les deux côtés de l'autoroute. Les statues étaient hautes chacune de trente mètres. La première statue était celle de Gorun Sun portant dans sa main gauche le manifeste suniste posé sur sa poitrine sur le coeur. Son bras et sa main droite pointaient avec l'index vers ceux qui arrivaient vers la capitale. Le doigt était ainsi dirigé vers Kanton rappelant que c'est depuis ici que Gorun Sun avait conduit les troupes fédéraux à l'encontre de Nortokon pour libérer la ville de Kanton. L'autre statue était une représentation de Victor Kim qui tenait dans sa main gauche la première constitution démocratique de la Fédération d'Aquanox et avait l'index droite levé vers le ciel indiquant le désir de renforcer la conquête spatiale.
On passa entre les deux statues pour arriver au coeur de Titanua. Les gratte-ciels cuivrés s'élevaient vers le ciel qui était rempli de zeppelins faisant le trajet entre chaque gratte-ciel. Au sommet des gratte-ciel se trouvaient des jardins et potagers servant de lieu de répos et de distraction pour les habitants. Les anciens immeubles avaient pour la plus part disparus en faveur d'édifices plus modernes et dignes de la renaissance de la civilisation tarnoise. La voiture arriva vers le quartier ou se trouvait le Commissariat à l'Intérieur. La gigaroad se terminait sur un Arc de Triomphe en construction représentant l'entrée des troupes tarnoises à Ceuta, Urba et Nueva Esperanza. Depuis là, la voiture tourna à droite et s'arrêta devant un gratte-ciel qui était le Commissariat à l'Intérieur. Le portier de l'immeuble s'approcha de la voiture et ouvrit la porte aux deux hommes. Antony Bresk sortit de la voiture en compagnie d'Idam et entrait dans m'immeuble pour prendre l'ascenseur conduisant à son bureau.
Les deux hommes se retrouvaient dix minutes plus tard seuls dans le bureau d'Antony Bresk qui était au dernier étage. Les vitres donnaient la vue sur le palais impérial qui siégait sur la plus haute colline de la ville. Une femme d'une quarantaine d'années entra dans le bureau posant deux verres remplis de thé avec des biscuits qui à voir le regard de Bresk était les fameux biscuits au béton armé. Antony remercia la secrétaire et s'assit alors au bureau en invitant Idam de prendre place. Le bureau était très simple. Il avait plusieurs archives et des bibliothèques remplis de classeurs. A côté de la porte se trouvait un buste de Victor Kim et au mur à droite du bureau un tableau représenté Victor Kim en uniforme à Nordia. Un autre tableau ornait le mur en face représentant le dieu Ba'al entra de faire pleuvoir sur un désert. Antony Bresk s'adressa enfin à Idam.
« Je pense qu'il serait contraire aux droits de l'homme si je vous proposerait les biscuits de ma secrétaire néanmoins je peux que vous inviter de vous servir du thé. En même temps je vous laisser présenter vos souhaits au sujet du comptoir. »
*Restaurant de luxe au centre de Titanua
« Il y a rien de mal. J'avoue que le caractère latin est...particulièrement unique en son genre mais on finit par s'habituer et en concevoir un certain attrait.
Soyez assuré, nous parlerons que d'affaire. Loin de moi l'idée d'aller faire les boutiques avec vous et vous inviter à dîner à l'Impérial*. Et pour le meurtre, vous n'avez pas besoin de faire part de vos remerciements. Nous n'avons pas l'habitude de tuer nos invités, à vrai dire nous tenons en grande estime le principe de l'hospitalité. Ce serait ridicule d'inviter un émissaire dans notre pays et le mettre ainsi sous la loi de l'hospitalité pour le traîner ensuite en justice. Absolumenet ridicule, n'en est-il pas?
Je vous propose donc qu'on parle d'affaire dans mon bureau vu que je n'ai pas de documents sur moi concernant les places pour les comptoirs. Il y a des journaux sous votre siège, ils sont tous en anglais, soyez assuré que je ne vais pas vous forcer à lire du tarnois. »
Ceci dit, Bresk sortit un journal sous son siège et le déplia. C'était le Borisk Times mais il était dans l'alphabet tarnois donc il était peu probable qu'Idam puisse lire les articles en premier page parlant de l'accord signé entre le Baal Group et l'Hondias. Un quart d'heure plus tard la voiture arriva dans la périphérie de Titanua. Au loin on pouvait voir les immeubles et gratte-ciels de couleur cuivrée s'élevant dans les airs dans un style néo-gothique. La ville de Titanua était une citée construite sur sept plateaux chacun plus haut que la dernière formant une vaste montagne de maisons, palais et monuments. Au sommet trônait le palais impérial, massif et dirigé vers les airs avec ses tours et jardins. Un plateau plus bas se trouvait le Grand Temple Bleu avec sa coupole dorée et quatre petits minarets.
La voiture arriva enfin à l'entrée du centre-ville. L'entrée était marqué par deux statues géantes en acier posés sur des podiums en marbre bordant les deux côtés de l'autoroute. Les statues étaient hautes chacune de trente mètres. La première statue était celle de Gorun Sun portant dans sa main gauche le manifeste suniste posé sur sa poitrine sur le coeur. Son bras et sa main droite pointaient avec l'index vers ceux qui arrivaient vers la capitale. Le doigt était ainsi dirigé vers Kanton rappelant que c'est depuis ici que Gorun Sun avait conduit les troupes fédéraux à l'encontre de Nortokon pour libérer la ville de Kanton. L'autre statue était une représentation de Victor Kim qui tenait dans sa main gauche la première constitution démocratique de la Fédération d'Aquanox et avait l'index droite levé vers le ciel indiquant le désir de renforcer la conquête spatiale.
On passa entre les deux statues pour arriver au coeur de Titanua. Les gratte-ciels cuivrés s'élevaient vers le ciel qui était rempli de zeppelins faisant le trajet entre chaque gratte-ciel. Au sommet des gratte-ciel se trouvaient des jardins et potagers servant de lieu de répos et de distraction pour les habitants. Les anciens immeubles avaient pour la plus part disparus en faveur d'édifices plus modernes et dignes de la renaissance de la civilisation tarnoise. La voiture arriva vers le quartier ou se trouvait le Commissariat à l'Intérieur. La gigaroad se terminait sur un Arc de Triomphe en construction représentant l'entrée des troupes tarnoises à Ceuta, Urba et Nueva Esperanza. Depuis là, la voiture tourna à droite et s'arrêta devant un gratte-ciel qui était le Commissariat à l'Intérieur. Le portier de l'immeuble s'approcha de la voiture et ouvrit la porte aux deux hommes. Antony Bresk sortit de la voiture en compagnie d'Idam et entrait dans m'immeuble pour prendre l'ascenseur conduisant à son bureau.
Les deux hommes se retrouvaient dix minutes plus tard seuls dans le bureau d'Antony Bresk qui était au dernier étage. Les vitres donnaient la vue sur le palais impérial qui siégait sur la plus haute colline de la ville. Une femme d'une quarantaine d'années entra dans le bureau posant deux verres remplis de thé avec des biscuits qui à voir le regard de Bresk était les fameux biscuits au béton armé. Antony remercia la secrétaire et s'assit alors au bureau en invitant Idam de prendre place. Le bureau était très simple. Il avait plusieurs archives et des bibliothèques remplis de classeurs. A côté de la porte se trouvait un buste de Victor Kim et au mur à droite du bureau un tableau représenté Victor Kim en uniforme à Nordia. Un autre tableau ornait le mur en face représentant le dieu Ba'al entra de faire pleuvoir sur un désert. Antony Bresk s'adressa enfin à Idam.
« Je pense qu'il serait contraire aux droits de l'homme si je vous proposerait les biscuits de ma secrétaire néanmoins je peux que vous inviter de vous servir du thé. En même temps je vous laisser présenter vos souhaits au sujet du comptoir. »
*Restaurant de luxe au centre de Titanua
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Rezzacci
Par curiosité malsaine, Lucius prit tenta de goûter un des fameux biscuits, mais il ne fut pas surpris : il devait exister un moule génétique duquel sortait quantité de femmes douées dans des tas de domaines mais qui, pour une inexplicable raison, n'arrivait jamais à incorporer le comestible dans leurs confections. Sa femme, comme la secrétaire de Bresk, en faisaient partie. Tandis que Bresk s'installait à son bureau, Idam reposa le biscuit l'air de rien, se massant les dents avec la langue.
"Les comptoirs. Oui. Ce qu'il faut d'abord assimiler est le fait que les comptoirs stalagmantins sont rarement de simples entrepôts spécifiques grâce auxquels l'Empire fait commerce avec le pays d'origine. Nous voyions plus grand, et avions bâti une réelle économie de comptoirs, sur laquelle notre fragile équilibre reposait.
Il est nécessaire de comprendre, en premier lieu, que, contrairement à certains colonisateurs barbares, nous avons tenté d'être le plus humaniste avec nos colons. En premier lieu, nous n'avons jamais, au grand jamais, pratiqué l'esclavage. Nous avons toujours considéré les populations locales comme des êtres humains, mieux, comme des hommes libres et des âmes dignes d'être sauvées, ce qui expliquent nos missions catholiques nombreuses qui accompagnaient les comptoirs.
Nous n'avons aucune envie d'expansion stricto sensu, id est nous ne cherchons pas à accroître notre puissance militaire. Le but essentiel de ces comptoirs était d'avoir un approvisionnement direct, sans intermédiaires, de matières de luxe, telles que soie, métaux et pierres précieuses, café, cacao, tabac...
Le comptoir était régie par des lois qui le définissait comme "un territoire géré et administré par la Sérénissime République, cette dernière en étant le propriétaire, avec des arrangements diplomatiques avec le pays local". Cela fonctionne comme une véritable colonie classique. Bien entendue, comme nous n'avons aucune visée de repeuplement par les stalagmantins, la population majoritaire reste locale, et nous n'avons aucune envie de détruire leur culture. Ce système de colonie de comptoir permet non seulement de nous approvisionner en matières luxueuses, mais également de rendre active économiquement la région, en offrant du travail et en encourageant la production.
Il est évident que demander à un pays d'abandonner un élément de sa souveraineté peut être chose difficile à concevoir. Néansmoins, nous avions l'habitude de considérer, nous comme les pays locaux, ces comptoirs comme de gigantesques ambassades. Par ailleurs, le gouverneur était souvent nommé consul auprès dudit pays.
De nombreux accords bilatéraux régissent usuellement les liens entre les comptoirs et le pays local. Entre autre, bien que des contrôles stricts soient fait, il y a libre passage entre les deux pays ; la justice locale a lieu dans le comptoir (mais, habituellement, on pratique l'extradition même pour un crime commis sur le territoire du comptoir) ; les travailleurs locaux engagés dans le comptoir sont soumis à des règles spécifiques établies spécialement entre le pays local et le comptoir.
Sachez que la technique du comptoir est un excellent moyen d'entretenir et de maintenir d'excellentes relations commerciales avec un pays. Nous l'aidons à se développer économiquement, par exemple - c'est pourquoi, par désir humaniste, nous nous établissons généralement dans les régions pauvres. De plus, et là ce sont les faits qui parlent, nous n'avons jamais été en guerre avec un pays dans lequel nous avions des comptoirs. L'exemple le plus frappant est la Roumalie, avec laquelle nous avons entretenues des relations cordiales jusqu'à la disparition du comptoir en 1807.
C'est pourquoi je désire savoir, en premier lieu, si le Kanseltan serait en accord avec l'idée d'accorder une extraterritorialité aménagée à notre comptoir.
"Les comptoirs. Oui. Ce qu'il faut d'abord assimiler est le fait que les comptoirs stalagmantins sont rarement de simples entrepôts spécifiques grâce auxquels l'Empire fait commerce avec le pays d'origine. Nous voyions plus grand, et avions bâti une réelle économie de comptoirs, sur laquelle notre fragile équilibre reposait.
Il est nécessaire de comprendre, en premier lieu, que, contrairement à certains colonisateurs barbares, nous avons tenté d'être le plus humaniste avec nos colons. En premier lieu, nous n'avons jamais, au grand jamais, pratiqué l'esclavage. Nous avons toujours considéré les populations locales comme des êtres humains, mieux, comme des hommes libres et des âmes dignes d'être sauvées, ce qui expliquent nos missions catholiques nombreuses qui accompagnaient les comptoirs.
Nous n'avons aucune envie d'expansion stricto sensu, id est nous ne cherchons pas à accroître notre puissance militaire. Le but essentiel de ces comptoirs était d'avoir un approvisionnement direct, sans intermédiaires, de matières de luxe, telles que soie, métaux et pierres précieuses, café, cacao, tabac...
Le comptoir était régie par des lois qui le définissait comme "un territoire géré et administré par la Sérénissime République, cette dernière en étant le propriétaire, avec des arrangements diplomatiques avec le pays local". Cela fonctionne comme une véritable colonie classique. Bien entendue, comme nous n'avons aucune visée de repeuplement par les stalagmantins, la population majoritaire reste locale, et nous n'avons aucune envie de détruire leur culture. Ce système de colonie de comptoir permet non seulement de nous approvisionner en matières luxueuses, mais également de rendre active économiquement la région, en offrant du travail et en encourageant la production.
Il est évident que demander à un pays d'abandonner un élément de sa souveraineté peut être chose difficile à concevoir. Néansmoins, nous avions l'habitude de considérer, nous comme les pays locaux, ces comptoirs comme de gigantesques ambassades. Par ailleurs, le gouverneur était souvent nommé consul auprès dudit pays.
De nombreux accords bilatéraux régissent usuellement les liens entre les comptoirs et le pays local. Entre autre, bien que des contrôles stricts soient fait, il y a libre passage entre les deux pays ; la justice locale a lieu dans le comptoir (mais, habituellement, on pratique l'extradition même pour un crime commis sur le territoire du comptoir) ; les travailleurs locaux engagés dans le comptoir sont soumis à des règles spécifiques établies spécialement entre le pays local et le comptoir.
Sachez que la technique du comptoir est un excellent moyen d'entretenir et de maintenir d'excellentes relations commerciales avec un pays. Nous l'aidons à se développer économiquement, par exemple - c'est pourquoi, par désir humaniste, nous nous établissons généralement dans les régions pauvres. De plus, et là ce sont les faits qui parlent, nous n'avons jamais été en guerre avec un pays dans lequel nous avions des comptoirs. L'exemple le plus frappant est la Roumalie, avec laquelle nous avons entretenues des relations cordiales jusqu'à la disparition du comptoir en 1807.
C'est pourquoi je désire savoir, en premier lieu, si le Kanseltan serait en accord avec l'idée d'accorder une extraterritorialité aménagée à notre comptoir.