[RP 2012 - 2019] Le Directoire
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Johel3007
12/09/2018
Bureau de la Défense, Wapong-City, District 1
Rapport conjoint du Dr. Hideki Yoko (Projet "Maraudeurs") et Ba Hiep Diep (DG Services Spéciaux)
Statut : Secret, Niveau Rouge
[quote]Objet : Réactivation potentielle du projet "Maraudeur"
Rapport préliminaire des Services Spéciaux
Esmark
La RPS d'Esmark n'a eu vent de ceci qu'en même temps que nous et ne peut nous fournir davantage de renseignements sur ce sujet.
L'impact devrait être minime.
Les relations entre l'Esmark et l'Aquanox ne devraient pas changer.
Celles entre l'Esmark et le Java ne s'en trouveront pas affectée non plus.
L'Esmark n'a pas de relations avec l'Icario.
Les agents ont pris contact avec des familles wapongaises immigrées en Esmark.
Les ressources humaines restent néanmoins limitées :
Une large part des Wapongais vivant en Esmark ont fui le Wapong car ils n'avaient aucun amour pour la République.
Et parmi les patriotes, ceux qui forment nos cellules immigrés nous ont prévenu que leur marge de manoeuvre était étroite.
Les services de renseignement esmarkiens s'intéressent eux-même aux communautés non-esmarkiennes.
Surtout venant de pays idéologiquement opposés.
Militer contre le Tarnosia sera difficile.
Officiellement c'est possible mais dans les faits, une telle manifestation sera sévèrement réprimé.
La Police Populaire Nationale réprimerait tout trouble à l'ordre public qui ne serait pas à l'avantage du gouvernement actuel.
L'expulsion des leaders d'un mouvement de contestation organisé est pour ainsi dire garantie.
La Police Secrète de Défense des Travailleurs sera prompte à arrêter toute personne soupçonnée de travailler au profit d'intérêts étrangers.
Il est toutefois bon de noter que, lors des élections présidentielles, le gouvernement avait laissé une large marge de manoeuvre aux cellules immigrées.
La campagne contre le PTNR avait été accueillie très favorablement par les autorités Esmarkiennes.
Il est à envisager que, si le Tarnosia venait à menacer les intérêts du gouvernement Esmarkien, alors une action de propagande anti-tarnoise serait acceptable du point de vue du gouvernement Esmakien.
En interne, la situation politique de l'Esmark est fracturée.
le PPE est plutôt favorable aux tarnois.
Le principal parti gouvernemental a toujours réussi à tisser des liens certes souvent complexes mais plutôt positifs avec ce pays.
Cette opinion est partagé par les autres mouvements présents dans la coalition gouvernementale.
L'opposition libérale et sociale-démocrate ne sait pas quoi penser des tarnois vu leurs changements constants de politique.
Les conservateurs sont étonnamment eux aussi assez favorables aux tarnois.
Les nationaux-socialistes sont bien évidemment contre.
L'Aquanox représente pour le PTNR l'antre du mal au Vicaskaran.
C'est là un point commun que le PNM et la LNC possède avec le PTNR et, si ce n'était pour son anti-makiranisme, ce parti pourrait être un allié.
La population esmarkienne dans son ensemble est neutre, oscillant dans les différentes catégories selon les moments et les évènements nationaux et internationaux.
Des cellules natives peuvent être développées mais difficilement, à l'exception des mouvements libéraux.
Ces derniers font toutefois déjà l'objet d'une surveillance par la PSDT.
La connexion serait également trop évidente et nuirait aux progrès de la démocratie et des libertées en Esmark.
Cotan
le Cotan est semblable à l'Esmark même si le pays n'a pas oublié que les tarnois s'étaient opposés à l'intervention esmarkienne.
L'opinion est donc neutre à tendance négative.
En système de politique et de sécurité, depuis la prise de pouvoir du FSUPC, le Cotan est fortement aidé et conseillé par l'Esmark.
Ce qui fait du pays une petite Esmark exotique sur ces points, bien qu'un peu plus radical dans son interprétation du communisme.
Côté cellules natives, les cotanais restent plus que méfiants devant tous les makarans.
Excepté dans l'Union Archipel Makiran, qui est devenu le parti de la communauté maki.
Là aussi, la connexion serait toutefois évidente et nous devons éviter de causer du tord à nos frères Makirans.
Nueva Hispalis
Le territoire est maintenant contrôlé par un gouvernement totalement dévoué aux intérêts esmarkiens.
Le nouveau gouvernement est très méfiant sur les tarnois vu que ceux-ci ont tenté plusieurs fois des les annexer.
Ils ne voient donc en la renaissance de l'Empire qu'une nouvelle colonisation et espèrent que leur grand frère Esmarkien ne les oubliera pas.
Côté population, même opinion générale, bien que souvent plus simpliste : les Tarnois, qu'ils soient Sayaken, Zoroken, Albinoken, Nameken, Aquanox ou autre caste, sont au mieux méprisés.
Niveau cellules natives, le gouvernement comme la population n'a pas oublié la période 2013 à 2015.
Leur pays a souffert de la drogue, des cartels et des groupes de paras largement financés par les élites makaranes.
Il y a donc peu de chance que des cellules natives se développent de manière directe.
Nous prônons pour l'heure de débuter un travail de sape progressif.
La création de cellules natives devra se faire au sein des groupes les plus vigoureusement opposés aux makirans comme aux tarnois.
Leur haine devra ensuite être dirigée contre les Tarnois, menace immédiate et visible.
Des dégats collatéraux contre la communauté Makiranne d'Esmark, du Cotan et de Nueva Hispalis sont inévitables.
Mais tant que ceux-ci se limitent à des violences occasionnelles, ils ne remettront pas en cause la place de ces populations dans la société.
Ranekika
Nos agents enquêtent encore sur place.
Java et Icario
Nos agents enquêtent encore sur place.
Il est étrange que ces pays soient maintenant prêt à devenir de vulgaires provinces autonomes.
L'Icario a été dévasté par les Tarnois à deux reprises et les Icariens ont subis un véritable génocide aux mains des Sayakens.
Sans parler des pillages des "mongols" Tarnois
[Note : pas moyen de se retrouver le nom de cette caste-là.
Il est question des faux-makirans plus arriérés que les autres Tarnois].
Le Java a été menacé de bombardements aériens.
Les deux ont été menacés d'attaques chimiques.
Nous pensons qu'il s'agit du résultat habituel de la diplomatie Tarnoise :
- Promesses démesurées (qui ne seront pas tenues dans la durée)
- Démonstrations amicales excessives (et sans la moindre profondeur)
- Intimidation indirecte (via une attitude ambigüe)
Si tel est bien le cas, alors le gouvernement seul aura été affecté.
Il suffira d'ouvrir les yeux aux populations locales pour la pousser à exiger l'annulation des engagements pris par son gouvernement.
La protection militaire de l'OTH suffira ensuite à ridiculiser les tentatives d'intimidation Tarnoises.
Ces pays représentent de vastes réserves de minéraux et hydrocarbures.
Ainsi que des marchés émergeants et une connexion entre l'Ouest et l'Est du continent via l'Icago et le Luania.
La présence du Java dans l'OTH n'est pas compatible avec un commerce ouvert avec le Tarnosia.
Son gouvernement devra choisir.
S'il choisit le Tarnosia, nous devrons le renverser.
S'il choisit l'OTH, nous devrons le soutenir.
Rappellons néanmois que notre priorité doit être le Wapong et le Makara.
Une action politique est acceptable pour protéger nos intérêts indirects sur le continent Vicaskaran.
Mais il est hors de question de procéder, comme sous Nute Fan, à l'érection d'une structure socioéconomique parallèle basée sur les paramilitaires et financées par les deniers Pelabssiens.
Le Parti Nationaliste Makiran et la Ligue Nationale Capitaliste ont obtenu le pouvoir en critiquant justement ces faits.
Ne tombons pas dans les mêmes travers.[/quote]
Bureau de la Défense, Wapong-City, District 1
Rapport conjoint du Dr. Hideki Yoko (Projet "Maraudeurs") et Ba Hiep Diep (DG Services Spéciaux)
Statut : Secret, Niveau Rouge
[quote]Objet : Réactivation potentielle du projet "Maraudeur"
Rapport préliminaire des Services Spéciaux
Esmark
La RPS d'Esmark n'a eu vent de ceci qu'en même temps que nous et ne peut nous fournir davantage de renseignements sur ce sujet.
L'impact devrait être minime.
Les relations entre l'Esmark et l'Aquanox ne devraient pas changer.
Celles entre l'Esmark et le Java ne s'en trouveront pas affectée non plus.
L'Esmark n'a pas de relations avec l'Icario.
Les agents ont pris contact avec des familles wapongaises immigrées en Esmark.
Les ressources humaines restent néanmoins limitées :
Une large part des Wapongais vivant en Esmark ont fui le Wapong car ils n'avaient aucun amour pour la République.
Et parmi les patriotes, ceux qui forment nos cellules immigrés nous ont prévenu que leur marge de manoeuvre était étroite.
Les services de renseignement esmarkiens s'intéressent eux-même aux communautés non-esmarkiennes.
Surtout venant de pays idéologiquement opposés.
Militer contre le Tarnosia sera difficile.
Officiellement c'est possible mais dans les faits, une telle manifestation sera sévèrement réprimé.
La Police Populaire Nationale réprimerait tout trouble à l'ordre public qui ne serait pas à l'avantage du gouvernement actuel.
L'expulsion des leaders d'un mouvement de contestation organisé est pour ainsi dire garantie.
La Police Secrète de Défense des Travailleurs sera prompte à arrêter toute personne soupçonnée de travailler au profit d'intérêts étrangers.
Il est toutefois bon de noter que, lors des élections présidentielles, le gouvernement avait laissé une large marge de manoeuvre aux cellules immigrées.
La campagne contre le PTNR avait été accueillie très favorablement par les autorités Esmarkiennes.
Il est à envisager que, si le Tarnosia venait à menacer les intérêts du gouvernement Esmarkien, alors une action de propagande anti-tarnoise serait acceptable du point de vue du gouvernement Esmakien.
En interne, la situation politique de l'Esmark est fracturée.
le PPE est plutôt favorable aux tarnois.
Le principal parti gouvernemental a toujours réussi à tisser des liens certes souvent complexes mais plutôt positifs avec ce pays.
Cette opinion est partagé par les autres mouvements présents dans la coalition gouvernementale.
L'opposition libérale et sociale-démocrate ne sait pas quoi penser des tarnois vu leurs changements constants de politique.
Les conservateurs sont étonnamment eux aussi assez favorables aux tarnois.
Les nationaux-socialistes sont bien évidemment contre.
L'Aquanox représente pour le PTNR l'antre du mal au Vicaskaran.
C'est là un point commun que le PNM et la LNC possède avec le PTNR et, si ce n'était pour son anti-makiranisme, ce parti pourrait être un allié.
La population esmarkienne dans son ensemble est neutre, oscillant dans les différentes catégories selon les moments et les évènements nationaux et internationaux.
Des cellules natives peuvent être développées mais difficilement, à l'exception des mouvements libéraux.
Ces derniers font toutefois déjà l'objet d'une surveillance par la PSDT.
La connexion serait également trop évidente et nuirait aux progrès de la démocratie et des libertées en Esmark.
Cotan
le Cotan est semblable à l'Esmark même si le pays n'a pas oublié que les tarnois s'étaient opposés à l'intervention esmarkienne.
L'opinion est donc neutre à tendance négative.
En système de politique et de sécurité, depuis la prise de pouvoir du FSUPC, le Cotan est fortement aidé et conseillé par l'Esmark.
Ce qui fait du pays une petite Esmark exotique sur ces points, bien qu'un peu plus radical dans son interprétation du communisme.
Côté cellules natives, les cotanais restent plus que méfiants devant tous les makarans.
Excepté dans l'Union Archipel Makiran, qui est devenu le parti de la communauté maki.
Là aussi, la connexion serait toutefois évidente et nous devons éviter de causer du tord à nos frères Makirans.
Nueva Hispalis
Le territoire est maintenant contrôlé par un gouvernement totalement dévoué aux intérêts esmarkiens.
Le nouveau gouvernement est très méfiant sur les tarnois vu que ceux-ci ont tenté plusieurs fois des les annexer.
Ils ne voient donc en la renaissance de l'Empire qu'une nouvelle colonisation et espèrent que leur grand frère Esmarkien ne les oubliera pas.
Côté population, même opinion générale, bien que souvent plus simpliste : les Tarnois, qu'ils soient Sayaken, Zoroken, Albinoken, Nameken, Aquanox ou autre caste, sont au mieux méprisés.
Niveau cellules natives, le gouvernement comme la population n'a pas oublié la période 2013 à 2015.
Leur pays a souffert de la drogue, des cartels et des groupes de paras largement financés par les élites makaranes.
Il y a donc peu de chance que des cellules natives se développent de manière directe.
Nous prônons pour l'heure de débuter un travail de sape progressif.
La création de cellules natives devra se faire au sein des groupes les plus vigoureusement opposés aux makirans comme aux tarnois.
Leur haine devra ensuite être dirigée contre les Tarnois, menace immédiate et visible.
Des dégats collatéraux contre la communauté Makiranne d'Esmark, du Cotan et de Nueva Hispalis sont inévitables.
Mais tant que ceux-ci se limitent à des violences occasionnelles, ils ne remettront pas en cause la place de ces populations dans la société.
Ranekika
Nos agents enquêtent encore sur place.
Java et Icario
Nos agents enquêtent encore sur place.
Il est étrange que ces pays soient maintenant prêt à devenir de vulgaires provinces autonomes.
L'Icario a été dévasté par les Tarnois à deux reprises et les Icariens ont subis un véritable génocide aux mains des Sayakens.
Sans parler des pillages des "mongols" Tarnois
[Note : pas moyen de se retrouver le nom de cette caste-là.
Il est question des faux-makirans plus arriérés que les autres Tarnois].
Le Java a été menacé de bombardements aériens.
Les deux ont été menacés d'attaques chimiques.
Nous pensons qu'il s'agit du résultat habituel de la diplomatie Tarnoise :
- Promesses démesurées (qui ne seront pas tenues dans la durée)
- Démonstrations amicales excessives (et sans la moindre profondeur)
- Intimidation indirecte (via une attitude ambigüe)
Si tel est bien le cas, alors le gouvernement seul aura été affecté.
Il suffira d'ouvrir les yeux aux populations locales pour la pousser à exiger l'annulation des engagements pris par son gouvernement.
La protection militaire de l'OTH suffira ensuite à ridiculiser les tentatives d'intimidation Tarnoises.
Ces pays représentent de vastes réserves de minéraux et hydrocarbures.
Ainsi que des marchés émergeants et une connexion entre l'Ouest et l'Est du continent via l'Icago et le Luania.
La présence du Java dans l'OTH n'est pas compatible avec un commerce ouvert avec le Tarnosia.
Son gouvernement devra choisir.
S'il choisit le Tarnosia, nous devrons le renverser.
S'il choisit l'OTH, nous devrons le soutenir.
Rappellons néanmois que notre priorité doit être le Wapong et le Makara.
Une action politique est acceptable pour protéger nos intérêts indirects sur le continent Vicaskaran.
Mais il est hors de question de procéder, comme sous Nute Fan, à l'érection d'une structure socioéconomique parallèle basée sur les paramilitaires et financées par les deniers Pelabssiens.
Le Parti Nationaliste Makiran et la Ligue Nationale Capitaliste ont obtenu le pouvoir en critiquant justement ces faits.
Ne tombons pas dans les mêmes travers.[/quote]
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Johel3007
Le Panmakiranisme (2)
[img]http://img710.imageshack.us/img710/8332/321z.png[/img]
Dans cette édition, nous offrons la définition de quelques termes ainsi que leur relevance dans le cadre du Panmakiranisme et de l'Histoire.
En espérant que cela aide et inspire.
!!!! idéaux xénophobes et thèses racistes !!!
Cela ne reflète pas la vision de votre serviteur, mondialiste dans son coeur.
Mais il est impossible de faire un RP nationaliste sans aborder les questions de ce qui fait légitimement un peuple et une nation.
Premier Peuple et Grand Ancêtre :
Orginalement, il fut utilisé pour désigner la population dominante en Eran, bien avant que le Panmakiranisme ne se construise.
L'idée était que la Famille Impériale d'Eran descendait des Dieux.
L'Empereur était l'humain le plus proche de la branche ainée des descendants du "Grand Ancêtre".
Ce dernier était le fils du premier humain et d'une déesse.
L'Empereur représentait donc la connexion directe entre la terre et le ciel.
Le reste de la "race d'Eran", comme on en parlait alors, était les descendants des fils du "Grand Ancêtre".
Leur divinité, bien que plus dilluée, était toujours bien présente, comme un résidu de la pureté originelle.
Par piété filiale, chaque Eranéen se devait donc de respecter et honorer l'Empereur comme le fils favori de la Déesse.
Le terme a ensuite évolué pour s'élargir de plus en plus aux autres ethnies du Makara.
La génétique a en effet forcé les Makirans à reconnaitre que le "Grand Ancêtre" n'était pas le fils du premier homme :
Le premier homme était Zanyanais... et l'Humanité n'est apparue au Makara que plusieurs milliers d'années après.
Le mythe a expliqué cette contradiction facilement :
Le "Grand Ancêtre" était le fils d'un homme ordinaire mais choisi par la Déesse pour ses qualités exceptionnelles sur tous les plans.
Le principe que les descendants du "Grand Ancêtre" auraient pu voyager et fonder des familles ailleurs qu'en Eran a aussi été admis.
La "pureté divine" existerait chez tout les peuples du Makara, à différent degré.
Et fatalement, elle serait absente chez les peuples barbares : ceux-ci ne ressemble pas du tout à des Eranéens.
Cette doctrine dominait dans les années 1920, lorsque l'ultranationalisme dominait lui aussi en Eran.
Et que l'expansionisme panmakiran faisait son chemin dans le crane de la classe dirigeante.
Cette doctrine permettait de donner une explication "théologique" à la nécessité politique de l'expansionisme Eranéen :
Unifier tous les fils de la Déesse au sein d'une seule grande famille.
Et bien entendu, étant les plus proches de la branche ainée, les Eranéens auraient été au sommet de la hiérarchie.
Tel fut le "Hakkō ichiu", ou "Le monde sous un seul toit".
Après la guerre, cette théorie est resté mais a été fortement modérée.
Les Eranéens avaient été humiliés et leur "divinité" ne les avait pas aidé non seulement contre les barbares mais contre leurs "frères".
L'Empereur était à présent un souverain constitutionnel, bien incapable des excès autoritaires de la précédente Impératrice.
La "pureté" s'avérait impossible à prouver sans une étude généalogique complexe.
La hierarchie entre les peuples Makirans, alors majoritairement indépendant des puissances coloniales, a été abandonnée.
La notion de "Grand Peuple" remplaça celle de "Premier Peuple".
On parle toutefois encore souvent de "Fils du Premier Peuple" pour désigner les souverains des dernières monarchies du Makara.
Ceux-ci sont considérés comme des individus d'exception qui se sont hissé au pouvoir par leur vertu.
Ou comme les descendants de tels individus.
Leur connexion avec le ciel est donc forte, résultat du mélange de très bon lignage et d'une éducation de valeur.
Ce fait est d'autant renforcé que les dernières monarchies en place peuvent réellement tracer leur linéage sur 1.000 ans et d'avantage.
Le "Premier Peuple" a donc évolué dans un sens beaucoup plus strict, signifiant les dix générations qui suivirent le "Grand Ancêtre".
Il inclut aussi les quelques individus d'exception qui ont sû préserver leur linéage.
Ou qui, par accident de la génétique, naissent avec une plus grande "pureté" que leurs parents et manifestent leur talent.
Grand Peuple :
Terme utilisé pour désigné l'ensemble des peuples et tribus du Makara partageant un lien de sang avec le "Premier Peuple".
Le "Premier Peuple" désigne les descendants directs du "Grand Ancêtre".
Le "Grand Peuple" désigne l'ensemble de ses descendants, assumés comme ayant depuis longtemps englober l'ensemble des Makirans "jaunes".
Le terme est souvent utilisé lorsque des politiciens de deux pays Makirans différents cherchent à mettre en avant un lien fraternel ou ancien.
Il est un passe-partout pour stimuler l'unité entre individus et entre peuples lors des temps de division ou de conflit.
Dans les milieux libéraux du Makara, il a une connotation nettement moins raciste, agressif et archaïque que "Premier Peuple".
Le terme est parfois utilisé comme argument pour la "confédération des peuples" si l'on entend "peuple" comme une subdivision du "Grand Peuple".
L'accent est alors mis sur le lien de sang mais sans mêler celui-ci à la politique contemporaine.
Mais il est également utilisé contre la "confédération des peuples" par ceux qui verraient bien un Makara uni sous une seule bannière.
Dans ce contexte, la "confédération des peuples" est niée car il n'y a qu'un seule peuple au Makara et c'est le "Grand Peuple".
Beaucoup de panmakiranistes combattent toutefois l'idée de "Grand Peuple".
Ceux-là sont généralement au courrant qu'il s'agit d'un concept Eranéen qui a commencé bien loin de sa signification actuelle.
Pour ces gens-là, le panmakiraniste est bien une union de différents peuples qui partagent des aspects culturels.
Mais la génétique ne devrait pas être impliquée, surtout si elle risque d'aboutir sur un concept de hiérarchisation des individus par le sang.
Le Mandat des Cieux
Vieille notion présente depuis des millénaires à l'échelle de tout le continent.
Elle est très antérieure aux notions de "Premier Peuple", "Grand Ancêtre" et "Grand Peuple".
Pour faire simple, elle identifie le souverain comme le lien entre la terre, royaume des mortels, et la Bureaucratie Céleste.
Si le souverain est sage, fort et vertueux, alors la Bureaucratie Céleste appuiera son règne.
C'était particulièrement important par le passé car l'économie (et donc le bien-être) dépendait en très grande partie de l'agriculture.
Hors, les rendements de celle-ci dépendaient des alléas météorologiques.
Un "bon" souverain était donc un souverain qui apportait de belles saisons.
Grâce à elles, il avait les moyens de conduire sa politique et donc d'apporter encore d'avantage de prospériter au pays.
Toutefois, même avec le beau temps, un souverain n'était "bon" que si sa politique résultait RÉELLEMENT en une prospérité accrue.
Un incompétent chanceux coté climat avait donc les mêmes risques d'être qualifié de "mauvais" souverain qu'un talentueux mal chanceux.
L'argument fut utilisé surtout par les jeunes dynasties désirant se gagner une légitimité par le mérite.
Mais au sein des vieilles dynasties, il fut aussi utilisé lors de conflits fratricides.
Pour justifier l'éviction d'un ainé incompétent au profit d'un cadet plus apte.
Ou simplement pour forcer un dirigeant à abandonner une politique désastreuse contre laquelle, visiblement, les Cieux eux-mêmes s'insurgent.
Quantité de rebelles ont aussi utilisé cette argument pour justifier leur révolte contre un dirigeant.
Aujourd'hui, l'importance de l'agriculture dans l'économie a diminé et les progrès en matière agronomique peuvent compensé le climat.
Le talent d'un dirigeant est donc critique et pour ainsi dire le seul critère sur lequel se baser pour définir s'il a le Mandat des Cieux.
Le Panmakiranisme argumente que les dirigeants, qu'ils soient élus, autoproclamés ou héritiers, ne sont que des intermédiaires.
Ils gouvernent les terres et les mortels qui les habitent mais uniquement au nom de la Bureaucratie Céleste.
Et seulement aussi longtemps que leurs actions, publiques comme privées, sont en accord avec la dite bureaucratie.
La bureaucratie peut très bien toléré un individu décadent et corrompu si aucun autre candidat viable n'est disponible.
Mais si la décadence et corruption interfèrent avec la bonne gouvernance, les catastrophes s'enchaineront.
Ce sera le signe que le dirigeant a perdu le Mandat des Cieux et qu'il doit être changé pour le bien du Makara et de ses habitants.
Idéalement, donc, les peuples doivent vivre en harmonie, chacun dirigé par les individus qui sont les plus aptes à les diriger.
Et le Mandat des Cieux n'est qu'une indication parmi d'autres pour savoir si un de ces individus est apte ou non.
Bureaucratie Céleste
Équivalent Makiran du panthéon dans certaines religions occidentales.
Mais en bien plus hiérarchisé (les Makirans diraient "harmonieux").
L'identité des divinités et leur lien avec les mortels varie d'une religion et philosophie à l'autre.
Le point commun est qu'elles ont tendance à agir par concensus global lorsqu'une action importante est requise.
Mais comme tous les mythes, aucune règle n'est immuable et quantité de contes populaires contredisent ce fait.
L'importance de la Bureaucratie Céleste dans le panmakiranisme est surtout lié aux nombreux mythes desquels le mouvement s'inspire.
Même les athés ont un reste culturel des notions liées à la religion de leurs ancêtres.
L'Île-Continent
Le Makara.
La définition a varié au cours des siècles, parfois incluant ou excluant les archipels d'îles alentours selon les nécessités politiques.
Aujourd'hui, c'est une définition large qui prévaut.
Barbares
Étrangers, généralement dans le sens non-Makiran.
Mais parfois dans un sens encore plus strict où un peuple considère le reste du monde comme "barbares".
La signification exacte, comme pour beaucoup de terme diviseur ou englobeur, dépend des périodes et des nécessités politiques.
En période de prospérité et de paix, le mot "barbare" ne désigne souvent que les peuples d'outremer les plus éloignés.
En période de péril, le mot désigne très clairement tout ce qui est étranger à la nation, voir à l'ethnie majoritaire.
Le sens n'est toutefois pas plus péjoratif que le terme "étranger" utilisé en Alméra.
Il a néanmoins une connotation de vulgarité, d'impatience, d'inconsistence ainsi que de manque de raffinement et de sagesse.
Autant d'aspect de la personnalité méprisé par la majorité des cultures du Makara.
Confédération des Peuples
Terme utilisé pour désigné l'idée panmakiraniste (ainsi qu'internationaliste et mondialiste) que les peuples doivent coexister.
Pacifiquement si possible.
Ou au minimum dans une ignorance mutuelle respectueuse.
Dans le cadre du Makara, elle est envisionnée de trois manières :
Une confédération au sens stricte, où les territoires seraient unis en une seule nation tout en gardant une très large autonomie.
Ce modèle est typique du Hakkō ichiu Eranéen d'avant la Grande Guerre.
Il prône un gouvernement central pour les grandes orientation stratégique et la défense globale de l'Île-Continent contre les barbares.
Et plusieurs gouvernements "provinciaux" pour les différentes régions et ethnies, selon leurs spécificités socioculturelles et économiques.
Le modèle ultranationalisme d'Eran, "Hakkō ichiu", plaçait les Eranéens dans une position de soldats et d'administrateurs.
Tandis que les autres "races" étaient laissés en paix mais en servitude indirecte des intérêts d'In-Tao.
Deux autres modèles, dit de Jiuyan et de Fuxianji, existent aussi mais sont moins clairement structurés.
Une confédération plus fraternelle, où les populations se reconnaitraient comme partageant un lien culturel spécial.
C'est le modèle accepté par la majorité des panmakiranistes pour définir un Makara "divisé politiquement mais uni diplomatiquement".
Où les gouvernements ne chercheraient pas à juger l'idéologie des autres ou à répendre la leur en dehors de leur frontière.
Et où, en toute circonstance, les autres nations du Makara auraient priorité sur les barbares.
Une confédération "monarchique" où les différents peuples seraient chacun dirigés par différents monarques.
Ces monarques seraient liés par le sang.
Soit directement via des mariages entre familles.
Soit symboliquement via la notion de "Premier Peuple".
Ce lien de sang les empêcherait de se nuire directement et les pousserait à agir comme les membres d'une même grande famille.
Mais en tant que pères de leurs familles respectives, à savoir leurs sujets, ils concerveraient à coeur les intérêts pratiques de leurs royaumes.
Un quatrième modèle, alliant le confédéralisme monarchique et le confédéralisme stricte, existe.
Il soutient qu'après une phase de monarchisme, les mariages entre dirigeants aboutiraient à l'unification des royaumes sous un seul Roi.
Le "Roi des Rois" serait le descendant le plus fidèle au concept du "Premier Peuple" et de "Grand Ancêtre".
Les individus qui lui seraient apparentés seraient dans des positions de pouvoir subalternes, légitimisés par leur lignage avec le "Grand Ancêtre".
Ce modèle est en soit une copie moins raciste du "Hakkō ichiu" Eranéen, où le concept de "race" a disparu.
[img]http://img710.imageshack.us/img710/8332/321z.png[/img]
Dans cette édition, nous offrons la définition de quelques termes ainsi que leur relevance dans le cadre du Panmakiranisme et de l'Histoire.
En espérant que cela aide et inspire.
!!!! idéaux xénophobes et thèses racistes !!!
Cela ne reflète pas la vision de votre serviteur, mondialiste dans son coeur.
Mais il est impossible de faire un RP nationaliste sans aborder les questions de ce qui fait légitimement un peuple et une nation.
Premier Peuple et Grand Ancêtre :
Orginalement, il fut utilisé pour désigner la population dominante en Eran, bien avant que le Panmakiranisme ne se construise.
L'idée était que la Famille Impériale d'Eran descendait des Dieux.
L'Empereur était l'humain le plus proche de la branche ainée des descendants du "Grand Ancêtre".
Ce dernier était le fils du premier humain et d'une déesse.
L'Empereur représentait donc la connexion directe entre la terre et le ciel.
Le reste de la "race d'Eran", comme on en parlait alors, était les descendants des fils du "Grand Ancêtre".
Leur divinité, bien que plus dilluée, était toujours bien présente, comme un résidu de la pureté originelle.
Par piété filiale, chaque Eranéen se devait donc de respecter et honorer l'Empereur comme le fils favori de la Déesse.
Le terme a ensuite évolué pour s'élargir de plus en plus aux autres ethnies du Makara.
La génétique a en effet forcé les Makirans à reconnaitre que le "Grand Ancêtre" n'était pas le fils du premier homme :
Le premier homme était Zanyanais... et l'Humanité n'est apparue au Makara que plusieurs milliers d'années après.
Le mythe a expliqué cette contradiction facilement :
Le "Grand Ancêtre" était le fils d'un homme ordinaire mais choisi par la Déesse pour ses qualités exceptionnelles sur tous les plans.
Le principe que les descendants du "Grand Ancêtre" auraient pu voyager et fonder des familles ailleurs qu'en Eran a aussi été admis.
La "pureté divine" existerait chez tout les peuples du Makara, à différent degré.
Et fatalement, elle serait absente chez les peuples barbares : ceux-ci ne ressemble pas du tout à des Eranéens.
Cette doctrine dominait dans les années 1920, lorsque l'ultranationalisme dominait lui aussi en Eran.
Et que l'expansionisme panmakiran faisait son chemin dans le crane de la classe dirigeante.
Cette doctrine permettait de donner une explication "théologique" à la nécessité politique de l'expansionisme Eranéen :
Unifier tous les fils de la Déesse au sein d'une seule grande famille.
Et bien entendu, étant les plus proches de la branche ainée, les Eranéens auraient été au sommet de la hiérarchie.
Tel fut le "Hakkō ichiu", ou "Le monde sous un seul toit".
Après la guerre, cette théorie est resté mais a été fortement modérée.
Les Eranéens avaient été humiliés et leur "divinité" ne les avait pas aidé non seulement contre les barbares mais contre leurs "frères".
L'Empereur était à présent un souverain constitutionnel, bien incapable des excès autoritaires de la précédente Impératrice.
La "pureté" s'avérait impossible à prouver sans une étude généalogique complexe.
La hierarchie entre les peuples Makirans, alors majoritairement indépendant des puissances coloniales, a été abandonnée.
La notion de "Grand Peuple" remplaça celle de "Premier Peuple".
On parle toutefois encore souvent de "Fils du Premier Peuple" pour désigner les souverains des dernières monarchies du Makara.
Ceux-ci sont considérés comme des individus d'exception qui se sont hissé au pouvoir par leur vertu.
Ou comme les descendants de tels individus.
Leur connexion avec le ciel est donc forte, résultat du mélange de très bon lignage et d'une éducation de valeur.
Ce fait est d'autant renforcé que les dernières monarchies en place peuvent réellement tracer leur linéage sur 1.000 ans et d'avantage.
Le "Premier Peuple" a donc évolué dans un sens beaucoup plus strict, signifiant les dix générations qui suivirent le "Grand Ancêtre".
Il inclut aussi les quelques individus d'exception qui ont sû préserver leur linéage.
Ou qui, par accident de la génétique, naissent avec une plus grande "pureté" que leurs parents et manifestent leur talent.
Grand Peuple :
Terme utilisé pour désigné l'ensemble des peuples et tribus du Makara partageant un lien de sang avec le "Premier Peuple".
Le "Premier Peuple" désigne les descendants directs du "Grand Ancêtre".
Le "Grand Peuple" désigne l'ensemble de ses descendants, assumés comme ayant depuis longtemps englober l'ensemble des Makirans "jaunes".
Le terme est souvent utilisé lorsque des politiciens de deux pays Makirans différents cherchent à mettre en avant un lien fraternel ou ancien.
Il est un passe-partout pour stimuler l'unité entre individus et entre peuples lors des temps de division ou de conflit.
Dans les milieux libéraux du Makara, il a une connotation nettement moins raciste, agressif et archaïque que "Premier Peuple".
Le terme est parfois utilisé comme argument pour la "confédération des peuples" si l'on entend "peuple" comme une subdivision du "Grand Peuple".
L'accent est alors mis sur le lien de sang mais sans mêler celui-ci à la politique contemporaine.
Mais il est également utilisé contre la "confédération des peuples" par ceux qui verraient bien un Makara uni sous une seule bannière.
Dans ce contexte, la "confédération des peuples" est niée car il n'y a qu'un seule peuple au Makara et c'est le "Grand Peuple".
Beaucoup de panmakiranistes combattent toutefois l'idée de "Grand Peuple".
Ceux-là sont généralement au courrant qu'il s'agit d'un concept Eranéen qui a commencé bien loin de sa signification actuelle.
Pour ces gens-là, le panmakiraniste est bien une union de différents peuples qui partagent des aspects culturels.
Mais la génétique ne devrait pas être impliquée, surtout si elle risque d'aboutir sur un concept de hiérarchisation des individus par le sang.
Le Mandat des Cieux
Vieille notion présente depuis des millénaires à l'échelle de tout le continent.
Elle est très antérieure aux notions de "Premier Peuple", "Grand Ancêtre" et "Grand Peuple".
Pour faire simple, elle identifie le souverain comme le lien entre la terre, royaume des mortels, et la Bureaucratie Céleste.
Si le souverain est sage, fort et vertueux, alors la Bureaucratie Céleste appuiera son règne.
C'était particulièrement important par le passé car l'économie (et donc le bien-être) dépendait en très grande partie de l'agriculture.
Hors, les rendements de celle-ci dépendaient des alléas météorologiques.
Un "bon" souverain était donc un souverain qui apportait de belles saisons.
Grâce à elles, il avait les moyens de conduire sa politique et donc d'apporter encore d'avantage de prospériter au pays.
Toutefois, même avec le beau temps, un souverain n'était "bon" que si sa politique résultait RÉELLEMENT en une prospérité accrue.
Un incompétent chanceux coté climat avait donc les mêmes risques d'être qualifié de "mauvais" souverain qu'un talentueux mal chanceux.
L'argument fut utilisé surtout par les jeunes dynasties désirant se gagner une légitimité par le mérite.
Mais au sein des vieilles dynasties, il fut aussi utilisé lors de conflits fratricides.
Pour justifier l'éviction d'un ainé incompétent au profit d'un cadet plus apte.
Ou simplement pour forcer un dirigeant à abandonner une politique désastreuse contre laquelle, visiblement, les Cieux eux-mêmes s'insurgent.
Quantité de rebelles ont aussi utilisé cette argument pour justifier leur révolte contre un dirigeant.
Aujourd'hui, l'importance de l'agriculture dans l'économie a diminé et les progrès en matière agronomique peuvent compensé le climat.
Le talent d'un dirigeant est donc critique et pour ainsi dire le seul critère sur lequel se baser pour définir s'il a le Mandat des Cieux.
Le Panmakiranisme argumente que les dirigeants, qu'ils soient élus, autoproclamés ou héritiers, ne sont que des intermédiaires.
Ils gouvernent les terres et les mortels qui les habitent mais uniquement au nom de la Bureaucratie Céleste.
Et seulement aussi longtemps que leurs actions, publiques comme privées, sont en accord avec la dite bureaucratie.
La bureaucratie peut très bien toléré un individu décadent et corrompu si aucun autre candidat viable n'est disponible.
Mais si la décadence et corruption interfèrent avec la bonne gouvernance, les catastrophes s'enchaineront.
Ce sera le signe que le dirigeant a perdu le Mandat des Cieux et qu'il doit être changé pour le bien du Makara et de ses habitants.
Idéalement, donc, les peuples doivent vivre en harmonie, chacun dirigé par les individus qui sont les plus aptes à les diriger.
Et le Mandat des Cieux n'est qu'une indication parmi d'autres pour savoir si un de ces individus est apte ou non.
Bureaucratie Céleste
Équivalent Makiran du panthéon dans certaines religions occidentales.
Mais en bien plus hiérarchisé (les Makirans diraient "harmonieux").
L'identité des divinités et leur lien avec les mortels varie d'une religion et philosophie à l'autre.
Le point commun est qu'elles ont tendance à agir par concensus global lorsqu'une action importante est requise.
Mais comme tous les mythes, aucune règle n'est immuable et quantité de contes populaires contredisent ce fait.
L'importance de la Bureaucratie Céleste dans le panmakiranisme est surtout lié aux nombreux mythes desquels le mouvement s'inspire.
Même les athés ont un reste culturel des notions liées à la religion de leurs ancêtres.
L'Île-Continent
Le Makara.
La définition a varié au cours des siècles, parfois incluant ou excluant les archipels d'îles alentours selon les nécessités politiques.
Aujourd'hui, c'est une définition large qui prévaut.
Barbares
Étrangers, généralement dans le sens non-Makiran.
Mais parfois dans un sens encore plus strict où un peuple considère le reste du monde comme "barbares".
La signification exacte, comme pour beaucoup de terme diviseur ou englobeur, dépend des périodes et des nécessités politiques.
En période de prospérité et de paix, le mot "barbare" ne désigne souvent que les peuples d'outremer les plus éloignés.
En période de péril, le mot désigne très clairement tout ce qui est étranger à la nation, voir à l'ethnie majoritaire.
Le sens n'est toutefois pas plus péjoratif que le terme "étranger" utilisé en Alméra.
Il a néanmoins une connotation de vulgarité, d'impatience, d'inconsistence ainsi que de manque de raffinement et de sagesse.
Autant d'aspect de la personnalité méprisé par la majorité des cultures du Makara.
Confédération des Peuples
Terme utilisé pour désigné l'idée panmakiraniste (ainsi qu'internationaliste et mondialiste) que les peuples doivent coexister.
Pacifiquement si possible.
Ou au minimum dans une ignorance mutuelle respectueuse.
Dans le cadre du Makara, elle est envisionnée de trois manières :
Une confédération au sens stricte, où les territoires seraient unis en une seule nation tout en gardant une très large autonomie.
Ce modèle est typique du Hakkō ichiu Eranéen d'avant la Grande Guerre.
Il prône un gouvernement central pour les grandes orientation stratégique et la défense globale de l'Île-Continent contre les barbares.
Et plusieurs gouvernements "provinciaux" pour les différentes régions et ethnies, selon leurs spécificités socioculturelles et économiques.
Le modèle ultranationalisme d'Eran, "Hakkō ichiu", plaçait les Eranéens dans une position de soldats et d'administrateurs.
Tandis que les autres "races" étaient laissés en paix mais en servitude indirecte des intérêts d'In-Tao.
Deux autres modèles, dit de Jiuyan et de Fuxianji, existent aussi mais sont moins clairement structurés.
Une confédération plus fraternelle, où les populations se reconnaitraient comme partageant un lien culturel spécial.
C'est le modèle accepté par la majorité des panmakiranistes pour définir un Makara "divisé politiquement mais uni diplomatiquement".
Où les gouvernements ne chercheraient pas à juger l'idéologie des autres ou à répendre la leur en dehors de leur frontière.
Et où, en toute circonstance, les autres nations du Makara auraient priorité sur les barbares.
Une confédération "monarchique" où les différents peuples seraient chacun dirigés par différents monarques.
Ces monarques seraient liés par le sang.
Soit directement via des mariages entre familles.
Soit symboliquement via la notion de "Premier Peuple".
Ce lien de sang les empêcherait de se nuire directement et les pousserait à agir comme les membres d'une même grande famille.
Mais en tant que pères de leurs familles respectives, à savoir leurs sujets, ils concerveraient à coeur les intérêts pratiques de leurs royaumes.
Un quatrième modèle, alliant le confédéralisme monarchique et le confédéralisme stricte, existe.
Il soutient qu'après une phase de monarchisme, les mariages entre dirigeants aboutiraient à l'unification des royaumes sous un seul Roi.
Le "Roi des Rois" serait le descendant le plus fidèle au concept du "Premier Peuple" et de "Grand Ancêtre".
Les individus qui lui seraient apparentés seraient dans des positions de pouvoir subalternes, légitimisés par leur lignage avec le "Grand Ancêtre".
Ce modèle est en soit une copie moins raciste du "Hakkō ichiu" Eranéen, où le concept de "race" a disparu.
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Johel3007
01/10/2018
Sean Tin, République Nationale Viek
Les couloirs du bâtiment étaient déserts en cette heure tardive.
Et pourtant, une lumière était encore allumée dans un des bureaux.
Celui de Park Tyan, Porte-Parole de la République Nationale Viek auprès des nations étrangères.
La jeune femme était toutefois d'avantage connue comme "Liberty-Chan".
Pendant les 3 années de résistance contre l'Eran, sa voix avait été omniprésente.
Elle avait dominé le conflit bien plus sûrement que tout autre pièce de propagande des deux camps.
Elle avait rallié les Vieks dans tout le Makara à prendre les armes et avaient encouragé ceux hors de l'Île-Continent "à contribuer à la cause".
Les donations d'une jeunesse dorée en quête de ses racines avaient afflués.
Et, s'ils n'étaient qu'une goutte d'eau dans l'océan de dollars Pelabssiens, ils avaient aidé à gagner une certaine image :
Celle d'un peuple aux abois qui implorait le monde pour une aumone afin de charger des cartouches dans de vieux fusils pour affronter des tanks.
Même les soldats Eranéens, en dépit des consignes d'In-Tao sur l'interdiction des radios privées, connaissaient le son mélodieux.
Les chansons, occidentales comme traditionnelles, avaient bercés les nuits des rebelles comme des loyalistes, leur offrant une fenêtre sur une alternative à la guerre.
Pour les rebelles, c'était l'espoir de meilleurs lendemain.
Pour les loyalistes, un aperçu de ce qu'ils manquaient.
Après la guerre, elle avait naturellement accepté le poste de Porte-Parole.
Un poste qui, officiellement, était politiquement neutre.
Et de fait, la jeune femme ne s'était pas mêlée des conflits fratricides qui déchiraient la nouvelle classe politique.
Au-dessus des factions, elle s'était contenté de relayer avec enthousiasme les messages du Comité d'Unité National.
Trop pure que pour être approchée, trop connue que pour être éliminée.
Une Saratova agnostique, en somme.
Oui, l'après-guerre avait été fascinante.
Presque autant que l'avant-guerre.
Mais d'ailleurs, que savait le monde de la Park Tyan d'avant guerre ?
Qui avait-elle été avant d'être Liberty-Chan ?
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[quote]Curriculum Vitae officiel :
http://www.simpolitique.com/post131522.html#131522
"Née dans une famille aisée de la capitale du Viek Kiong, Park se montre très tôt curieuse de tout.
En 2007, elle se présente au cours de beauté de Miss Viek Kiong et finit seconde.
Elle débute ensuite des études de journalisme.
Son charisme naturel la pousse à prendre la tête de "Unité Makiran", un groupe étudiant d'idéologie panmakiran.
Elle particpe aussi à la rédaction d'un journal étudiant pendant la majeur partie de ses études.
Diplôme sous le bras, elle trouver un emploi auprès du "Senate's Daily Report" qui couvre les débats du Sénat.
Elle y reste pendant presque 3 ans avant de se voir offrir un poste de professeur assistante à l'Université de Wapong-City. "[/quote]
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Avril 2012,
Sean Tin, République Sénatoriale du Viek Kiong
"-Je te le dis Park, Ngô est foutu.
La plupart de ses troupes ont déjà désertés ou rejoins celles du MLC.
Les révoltés contrôlent déjà tout le haut du fleuve et ils se rapprochent chaque jour un peu plus de la capitale.
On dit que le Pelabssa leur fournit du matériel par train entier depuis le Shankhaï.
Les choses vont bougé là-bas !!"
"-Mais ça bouge tout les quatre ans, dans ce coin pourri.
Il n'en sortira jamais rien de bon.
Tout ça à cause des barbares et de leurs putains d'obsession pour l'arme atomique."
"-Hein ?"
"-Bah oui, tu crois que le Pelabssa soutient une bande de punks anarcho-capitalistes pour leurs beaux yeux et par idéalisme démocratique ?
L'Oncle Joe voudra son uranium frais chaque matin.
Et si Nute Fan ne le lui chie pas comme une poule qui pond son oeuf, les choses vont bougé là-bas, pour te citer.
Si Ngô ne s'était pas lié les poings en suivant ce fou qui se prend pour la réincarnation de Kirov, il aurait pu s'en sortir en traitant avec le Pelabssa."
"-Hé !! Mais... Bon, d'accord, t'as sans doute raison pour le Pelabssa.
Mais y'a pas que des anarcho, dans le MLC. Pas mal de nos frères..."
"-Oh s'il te plait !! Les panmakirans wapongais ?! Vraiment ?!
Des mecs comme Li Fu, Won Soon, Wen Kan, Rho Than et les autres ?
Ils soutenaient Ngô tant que celui-ci les laissaient exploité les mines et tirer leur petit profit sur un compte au Savoia.
Comme ils soutenaient chacun des dictateurs précédents jusqu'à ce que celui-ci touche à leurs privilèges.
Ils ne sont panmakirans que tant que ça leur permet de détourner l'attention de la plèbe avec des drapeaux et des chants.
Tu veux que je te dise ?
La seule raison pour laquelle ils sont avec Nute Fan, c'est parce qu'ils ont senti le vent tourné.
Cat Tuong, le Général Chuyen et les autres seigneurs de guerre, ils leur auraient taillé un deuxième croupion, à ces vieux débris.
Alors qu'en souriant au clan Fan, ils sont sous la protection officieuse de l'Oncle Joe : personne ne les touchera, juste pour éviter d'avoir un accident.
Le Wapong, je te le dis : cela va être comme à chaque fois.
Dès que le peuple se sera fait saigné une nouvelle fois à blanc et aura compris qu'on s'est foutu de sa gueule, un nouveau "messie" arrivera.
C'est comme ça tout les quatre ans, environ, depuis la fin du Royaume de Lokfol."
La conversation cessa pendant quelques secondes.
Park Tyan en profita pour boire quelques lampées dans son verre.
Elle et Bo Vang, un ami d'enfance tout aussi engagé qu'elle dans "Unité Makiran", savouraient la fin de l'automne à l'intérieur d'un bar.
Sean Tin n'offrait pas beaucoup de distraction en ce début d'hiver.
D'ailleurs, la plupart des gens n'en cherchait pas :
L'ambiance était sombre.
L'Empire d'Eran n'était plus, tombé sous un coup d'état communiste.
Hors, les discours du nouveau pouvoir laissait entendre que la "République Démocratique d'Eran" n'était que le début de la vague rouge.
Même les socialistes les plus radicaux en frémissaient :
Les Eranéens restaient lourdement discriminés au Viek Kiong.
Leur réputation se remettait à peine de la Grande Guerre, 65 ans plus tôt.
Qu'un leader adhérant à une idéologie expansioniste et militariste prenne le pouvoir, ce ne pouvait pas être bon.
Dans cette atmosphère, la une du "Senate's Daily Report" avait vite été trouvée.
Et le reste de l'actualité internationale en était facilement éclipsée.
Park Tyan, une acharnée de lecture, ne manquait toutefois aucun détail.
Elle n'avait pas non plus manqué l'état de santé déclinant du vieux Hsu au Sionving et espérait de tout son coeur la mort du vénérable souverain :
L'Homme n'aimait pas la démocratie.
Contrairement à son fils, un moderniste un rien plus souple bien que décrit par les médias comme impulsif et orgueilleux.
Siman sur le trône, c'était un espoir de voir l'Eran renoncer à ses ambitions territoriales par peur de titiller la fierté du jeune souverain.
Cela, même Bo Vang était au courant.
Mais la révolution au Wapong ?
"Encore une ?" était le commentaire le plus fréquent des journalistes sérieux.
Ils haussaient les épaules avant de simple coller la dépêche de presse telle qu'elle.
Pas Park Tyan.
Malgré son opinion "officielle", elle pensait sincèrement que cette "République Souveraine" dont le Vieux Renard parlait avait une chance.
Elle avait lu "Essais sur l'Esprit", la "Doctrine pour un Lendemain" et d'autres livres par Nute Fan.
Ainsi que de ceux qu'ils avaient rassemblé dans son équipe :
Jihye Hwang, Ji Wu, Thach Wai, Akemi Tamaka,...
Des hommes au passé divers et aux opinions contraires.
Mais qui sauraient mené la barque et faire fit, au moins pour un temps, de leurs agendas personnels.
Elle voyait aussi le socialisme se relever partout... et cela la dégoutait.
Si le chef de file de "Unité Makiran" n'avait pas été clair sur les consignes pour la dernière campagne, elle l'aurait fait savoir :
Le Panmakiranisme, s'il était socialiste, périrait dans un repli identitaire stérile ou se dilluerait dans un internationalisme nauséabond.
On voyait bien comment les républiques socialistes du Makara stagnaient.
Elles n'étaient, au final, que des excuses pour qu'une même clique garde le pouvoir en jouant sur la jalousie des pauvres pour la minorité aisée.
Mais elle s'était tue : ils auraient besoin des socialistes s'ils voulaient l'emporté face aux pures libéraux.
Vendu à l'Empire d'Eran jusqu'à peu, ces traitres avaient un puissant soutien financier d'In-Tao.
Ils avaient maintenant perdu ce soutien mais pouvaient jouer la carte de la "Terreur Rouge" pour maintenir un score honorable.
"-Hé Ho, tu rêves ou quoi ?"
"-Hein ? Oh, désolé... Tu disais ?"
"-Je disais que Wong vient d'appeller. Il a besoin de moi donc je vais y aller.
On se voit ce soir, chez Mi ?"
Il n'attendit même pas la réponse pour partir... sans payer son verre.
Typique...
Park était encore en train de râler intérieurement, pestant sur son bon-à-rien d'amis et autres individus à l'esprit étroit et peu alerte quand le tintement des pièces sur la table la sortit de sa rêverie.
Elle leva les yeux... et découvrit avec dégout la silouhette d'un vieil homme ventripotent qui lui souriait.
Son regard tomba, méprisant à dessein, sur la poignée de pièces laissées par l'inconnu.
"-Même si j'étais ce genre de fille, il en faudrait beaucoup plus que ça, papi.
Et certainement plus de manière et de charme."
"-Oh, effroyable méprise..."
Il prit une chaise.
"-Vraiment ?"
Soupire... Et voilà qu'il cherchait à la draguer. Mais quel lourd !!
Le message avait-il vraiment été trop subtil ?
"-Non, en fait. Tu es bien Park Tyan, n'est-ce pas ?"
Là, elle eu un moment de blocage mental, mélange de panique, de curiosité, d'irritation mais aussi de pure confusion.
Comment ce vieux...
"-... schnoc connait-il ton identité ?
Je vais t'épargné beaucoup d'interrogation, non, nous ne nous sommes jamais rencontrés.
Non, je ne suis pas de ta famille ou de celle d'un de tes amis.
Non, nous n'avons pas d'amis commun... ou du moins, pas que je sache, bien que j'ai beaucoup d'amis, au point qu'il est difficile d'être sûr.
Mais si je te suis complétement inconnu, tu ne l'es pas complétement pour moi.
Disons que ton... article a retenu mon attention."
Ah !! Un recruteur. Elle se calma un peu.
Depuis qu'elle était diplomée, ce n'était pas le premier.
Grande distinction, cela attirait les regards, surtout dans un pays où les universitaires restaient rares... et restaient rarement au pays, d'ailleurs.
Encore un truc qui clochait et un des seuls biens potentiels de la mort de l'Empire d'Eran :
La fin de la fuite des cerveaux.
Aller, il restait quelques heures avant que sa mère ne s'inquiète de ne pas la voir rentrer pour souper.
Elle pouvait jouer le jeu.
Qui sait ? Peut être y avait-il là un poste plus prestigieux qu'une petite rubrique dans un bulletin politique à l'audiance réduite ?
"-J'ai déjà un emploi, comme vous le savez. Et qui me satisfait beaucoup.
La rédaction me fait confiance, me laisse beaucoup de liberté et..."
"-Au point que tu ais besoin de publier tes articles les plus intéressants dans un autre média et d'avoir à recourir à un pseudonyme pour le faire ?"
Nouveau battement.
Ce n'était peut être pas un recruteur.
Un maitre-chanteur, alors ? Quel article, déjà ? Et que savait-il ?
La réponse se matérialisa sur la table : une page imprimée depuis un site de la Toile, un miniblog où Park et plusieurs activistes publiaient leurs pensées.
La majorité des contributeurs se contentaient de quelques messages rapides ou d'un cours article.
Mais elle, face aux impératifs électoraux des partis nationalistes, tenait une véritable rubrique clandestine sous le pseudo "Makara Girl 0045".
Elle y défendait ses VRAIS convictions avec bien plus de franchise que nulle part ailleurs.
"-Je crois avoir définitivement conquis ton attention, n'est-ce pas ?"
"-Que voulez-vous ?"
"-Sur la défensive ? Ah, bah !! C'est normal. Inutile mais normal.
Pour l'instant, je tiens avant tout à parler et à ce que tu m'écoutes trèèès attentivement.
Tu bois quelque chose ?
Je n'ai pas sorti ces pièces par hasard et on risque d'avoir soif à force de papotter."
La voix, précédemment faible et hésitante, était maintenant ferme, grave et masculine, sans rapport avec l'apparence de l'individu.
Et avec une touche mielleuse sans être trop suave.
Ainsi qu'un accent qu'elle ne remettait pas mais qui ne l'empêchait pas de s'exprimer dans un argo typique des quartiers Nord de Sean Tin.
"-Une bière. Blanche."
"-Bien, bien... En attendant le serveur, j'aimerai te poser une question.
Mademoiselle, aimeriez-vous rendre un petit service à votre gouvernement...et à la démocratie ?"
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[quote]Curriculum Vitae officiel :
"[...]presque 3 ans avant de se voir offrir un poste de professeur assistante à l'Université de Wapong-City.
Là, elle fait profiter de son expérience la jeunesse dorée du la jeune république.
Elle en profite aussi pour s'investir avec le Parti Socialiste Réformateur, seul réel défenseur d'une justice sociale démocratique dans ce pays."[/quote]
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Applaudissement des militants, pour la plupart étudiants à peine plus jeunes qu'elle-même.
De son coté, rougissement de fausse modestie, inclinaison respectueuse en remerciement, puis poing levé, fermé, conquérant, vers l'emblême du PSR.
Chaque geste est calculé, chaque mimique préparée, au-delà même de ce que ces amateurs du PSR appelle de la "communication électorale".
Nous sommes en Octobre 2012 et les élections sont pour bientôt en République Souveraine du Wapong.
Park Tyan a tout plaqué voici maintenant moins de 5 mois pour rejoindre la capitale encore jonchée de débris et d'impacts de balles sur les murs.
La nourriture est infecte et hors de prix.
La seule source d'eau courrante est le fleuve, pollué.
L'électricité fonctionne seulement quelques heures et même là, les coupures sont fréquentes, selon la régularité des trains de charbon.
Les rues sont presque désertes :
À l'approche des rebelles, la population a fuit vers les campagnes en prévision du pillage de la cité.
Tradition millénaire dans la région. Pas de raison que ce soit différent.
Et pourtant, cela l'avait été :
Nute Fan, avec l'aide des "Observateurs Militaires" Pelabssiens et Lochlannais, a su tenir la bride à ses partisans.
Cela fait 5 mois que Park Tyan vit dans un trou à rat, une chambre chauffée, en hauteur, avec une porte blindée et deux gardes à l'entrée.
Des miliciens du PSR, qui veillent sur ce quartier avec la vigilence de bergers quantariens... du moins quand ils ne sont pas bourrés au whisky.
5 mois d'enfer et pourtant, elle n'en regrette pas une seule journée.
Ba Hiep Diep, alias "le Maître" pour elle et "l'Inamovible Boucher" pour les autres, n'avait pas mentit :
Depuis son arrivée, elle a appris d'avantage sur les réalités de ce monde que durant tout le reste de son existance bien pensante au Viek Kiong.
Elle avait vu la misère extrême, la richesse absolue et surtout le vrai pouvoir, celui de contrôler sa destiné à l'instant présent.
Et de contrôler celle des autres aussi, parfois.
Elle s'était fait dévalisée et avait elle-même dû voler pour retrouver son domicile.
Elle avait faillit mourir à trois reprises dans les bas-fonds.
Elle avait imploré pour sa vie et fait des choses peu honorables les deux premières fois pour s'en sortir.
Ses agresseurs l'avaient laissée, souillée et meurtrie dans sa chair comme dans son esprit.
La troisième, elle avait tué. L'entrainement des Tourterelles commençait à prendre.
Elle avait fait la connaissance de gens intéressants, chacun aux antipodes les uns des autres.
Elle avait cotoyé ses idoles et ses némésis, auteurs politiques et acteurs géopolitiques.
Elle avait visité tout un pays qui, si on voulait être franc, ne se résumait vraiment qu'à un fleuve et des mines.
Mais qui existait par la diversité de ses habitants et des divisions mesquines qui les opposaient et les rendaient humains... et donc manipulables.
Elle avait été témoin des excès auxquels hommes et femmes étaient près pour atteindre leur but, pour s'accaparer une once de pouvoir.
Sur eux-mêmes ou sur les autres, peu importait : l'essentiel était de se sentir important, indépendant et en vie.
Elle-même avait succombé au virus qui n'était ni de gauche ni de droite : c'était la nature même de notre espèce.
Une nature que les Kirovistes prétendaient pouvoir éliminer, comme une maladie vénérienne honteuse.
Et que Ba Hiep Diep lui avait appris à accepter pour mieux la dompter et en faire un instrument utile.
Aujourd'hui, descendant la tribune après avoir fait le discours de clôture de ce meeting local du PSR, elle souriait au fond d'elle-même.
Elle était en vie et, par ses actions, elle contribuait à modeler le futur d'une République de 16 millions d'habitants.
Mais aussi de plusieurs centaines de millions d'autres humains.
Qui survivaient, endormis dans leur bétise et dans la complaisante certitude que les gouvernements contrôlaient leur vie.
En oubliaient que les gouvernements étaient fait d'hommes comme eux.
Et que comme eux, ces hommes étaient manipulables par d'autres hommes.
Au final, c'était à celui qui parvenait à profiter de l'existance et à imposer sa volonté sans trop se faire exploiter comme un pantin.
Là, dans l'immédiat, elle n'était qu'une marionnette, inconciente du but profond de sa mission mais consciente d'avoir un but.
Peu importait lequel : même si elle le savait, elle ne pourrait jamais vraiment être certaine de ne pas être en fait abusée.
Elle faisait cette mission car cela l'amusait.
Cela exitait ses sens et jusqu'ici, son partenariat avec "le Maître" était équitable.
Pour ce qu'il lui en avait dit, le PSR gagnerait un large contrôle dans ces élections, afin de forcer le PNM à suivre Nute Fan.
Ce qui maintiendrait l'unité du pays pour les cinq prochaines années.
Mais en participant au pouvoir dans une coalition aussi large, le PSR perdrait sa crédibilité.
Le SSP, ce petit mouvement de fanatiques Gakistes sans leadership, récolterait les voix du PSR.
Il ferait un score un rien meilleur lors des prochaines élections.
Assez pour faire peur et provoquer un raz-de-marée nationaliste car les libéraux auront été trop mondialistes.
Juste à temps, si le reste se passait bien, pour faciliter le début de l'essor futur de l'Empire du Makara.
En gros, en souriant aux militants socialistes, elle confortait une position qui, d'ici quelques mois, lui donnerait les moyens d'affaiblir le PSR.
Et de renforcer le Panmakiranisme non seulement au Wapong mais dans le reste du continent.
"-Tyan-san ? Monsieur Nakamura va vous recevoir.
Il a hâte de faire cette interview concernant la future centrale nucléaire de Gudae et ces dangers."
"-Et j'ai hâte d'avoir l'occasion de lui expliquer en quoi cette centrale sera un bienfait pour les travailleurs de Gudae et pour le Wapong..."
Cette nuit, elle "expliquerait" à Nakamura, futur leader socialiste de Gudae, la nécéssité de soutenir la construction d'une centrale dans sa ville.
Une arme pour le futur, afin de discréditer cet "incorruptible défenseur des travailleurs".
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[quote]Curriculum Vitae officiel :
"[...]pour s'investir avec le Parti Socialiste Réformateur, seul réel défenseur d'une justice sociale démocratique dans ce pays.
Lorsque l'Eran envahit le Viek Kiong, elle se joint aux protestations des autres expatriés Viek et fonde "Liberty-Chan", une radio clandestine.
Personnalité appréciée et même adulée par les Vieks comme par les Wapongais, ces derniers l'ont élue Miss Wapong 2015."[/quote]
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La salle était jonchée de corps.
Six... non, sept peut être.
Les cadavres comme les murs étaient perforés de balles, plusieurs impacts encore fumant.
Portant d'épaisses chaussures de marche, Park enjamba le carnage avec soin tandis que les mercenaires de la GSI achevaient de récupérer les armes.
C'était la troisième fois qu'elle leurrait des activistes du SSP dans un tel piège grossier.
Des recrues de l'Internationale Kiroviste.
Ils croyaient vraiment s'embarquer pour le Viek Kiong, afin d'infiltrer le MRNV comme le MRNV infiltrait les milices populaires vieks ?
L'informateur au sein du SSP avait partagé un verre avec elle.
Un seul. Elle n'avait même pas eu à user de ses charmes pour lui délier la langue :
Elle avait fein la ferveur et l'intérêt pour la révolution kiroviste internationale.
Elle avait dû sonné comme tant de jeunes paysannes désoeuvrés après les expropriations de la YummiCorp.
Pas de terre, pas d'éducation, pas d'avenir... sinon les trottoires de Wapong-City ou les champs de bataille pour la Rédemption.
Et ça avait marché : le jeune homme était aussi dans ce cas et avait été mis en charge du recrutement.
Avoir le lieu de rendez-vous pour le passage en Hakoim avait été facile.
Dans les baraquements alentours, c'était plusieurs centaines de communistes parmi les plus radicaux qui se faisaient massacrés.
Les balles n'avaient été utilisés ici que parce qu'aucune ouverture n'était disponibles pour les lance-flammes.
Ces soit-disants infiltrateurs seraient remplacés dès ce soir par les tirailleurs internationaux de la GSI, recrutés eux aussi au Wapong.
Ni vu, ni connu. Agents triples ? Quadruples ? Peu importait :
L'Eran avait déjà perdu.
"-On se dépêche les enfants. Je passe à l'antenne dans 2 heures, moi.
J'ai un public à faire rêver."
Deux heures plus tard, Park remporterait le titre de Miss Wapong.
Elle tirerait des cris de rage conquérante chez la jeunesse viek expatriée et des larmes chez les ménagères.
Le lendemain, elle serait de retour à son poste radio, pour une émission quotidienne retransmise depuis le Bokchow jusqu'au coeur du Viek Kiong.
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01/10/2018
Sean Tin, République Nationale Viek
La "fervante patriote Viek" en avait fait du chemin.
Et sa mission d'aujourd'hui serait exactement ce que Ba lui avait promi le premier jour de leur rencontre :
Un petit service à son gouvernement...et à la démocratie
Enfin, façon de parler :
Elle n'avait d'ailleurs la nationalité Viek que pour le grand public.
Les tourterelles n'étaient même plus Wapongaises.
Elles n'appartenaient à aucune nation, aucun gouvernement.
Elles n'appartenaient qu'à elles-mêmes et au "Maître".
Lequel ne servait la démocratie que parce que c'était la chose utile à faire.
Selon où tournait le vent.
Peut être était-il un peu Tarnois, en fait ?
En silence, elle ferma le dossier sur lequel elle travaillait.
C'était l'heure.
Rapide vérification :
Microaiguilles empoisonnées sous les ongles.
Patch NANITO fixé discrètement entre deux orteils.
Capsule de neurotoxique VX dans une dent creuse.
Tout semblait en place.
Elle acheva de boutonné son uniforme officiel de Porte-Parole, fixant le pistolet cérémoniel dans son étuit.
Rapide coup d'oeil dans le miroir.
La drogue de combat, prise quelques minutes avant, commençait à faire effet, faisant miroiter d'un bleu azur ses iris.
Facilement camouflable avec les nouvelles lentilles à affichage électronique.
Merveilleuse technologie fournie par les généreux donateurs outremers.
C'était l'heure du dernier coup de fil.
Le GSM crypta le signal qui, quelques secondes après arriva à son destinataire.
"-Park... Donne-moi de bonne nouvelle, ma colombe."
"-Le chirurgien va commencé à extraire la tumeur.
Pas d'imprévu. Tout sera fini quand le patient se réveillera."
"-Parfait. Bonne nuit. Amuse-toi bien."
Sean Tin, République Nationale Viek
Les couloirs du bâtiment étaient déserts en cette heure tardive.
Et pourtant, une lumière était encore allumée dans un des bureaux.
Celui de Park Tyan, Porte-Parole de la République Nationale Viek auprès des nations étrangères.
La jeune femme était toutefois d'avantage connue comme "Liberty-Chan".
Pendant les 3 années de résistance contre l'Eran, sa voix avait été omniprésente.
Elle avait dominé le conflit bien plus sûrement que tout autre pièce de propagande des deux camps.
Elle avait rallié les Vieks dans tout le Makara à prendre les armes et avaient encouragé ceux hors de l'Île-Continent "à contribuer à la cause".
Les donations d'une jeunesse dorée en quête de ses racines avaient afflués.
Et, s'ils n'étaient qu'une goutte d'eau dans l'océan de dollars Pelabssiens, ils avaient aidé à gagner une certaine image :
Celle d'un peuple aux abois qui implorait le monde pour une aumone afin de charger des cartouches dans de vieux fusils pour affronter des tanks.
Même les soldats Eranéens, en dépit des consignes d'In-Tao sur l'interdiction des radios privées, connaissaient le son mélodieux.
Les chansons, occidentales comme traditionnelles, avaient bercés les nuits des rebelles comme des loyalistes, leur offrant une fenêtre sur une alternative à la guerre.
Pour les rebelles, c'était l'espoir de meilleurs lendemain.
Pour les loyalistes, un aperçu de ce qu'ils manquaient.
Après la guerre, elle avait naturellement accepté le poste de Porte-Parole.
Un poste qui, officiellement, était politiquement neutre.
Et de fait, la jeune femme ne s'était pas mêlée des conflits fratricides qui déchiraient la nouvelle classe politique.
Au-dessus des factions, elle s'était contenté de relayer avec enthousiasme les messages du Comité d'Unité National.
Trop pure que pour être approchée, trop connue que pour être éliminée.
Une Saratova agnostique, en somme.
Oui, l'après-guerre avait été fascinante.
Presque autant que l'avant-guerre.
Mais d'ailleurs, que savait le monde de la Park Tyan d'avant guerre ?
Qui avait-elle été avant d'être Liberty-Chan ?
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[quote]Curriculum Vitae officiel :
http://www.simpolitique.com/post131522.html#131522
"Née dans une famille aisée de la capitale du Viek Kiong, Park se montre très tôt curieuse de tout.
En 2007, elle se présente au cours de beauté de Miss Viek Kiong et finit seconde.
Elle débute ensuite des études de journalisme.
Son charisme naturel la pousse à prendre la tête de "Unité Makiran", un groupe étudiant d'idéologie panmakiran.
Elle particpe aussi à la rédaction d'un journal étudiant pendant la majeur partie de ses études.
Diplôme sous le bras, elle trouver un emploi auprès du "Senate's Daily Report" qui couvre les débats du Sénat.
Elle y reste pendant presque 3 ans avant de se voir offrir un poste de professeur assistante à l'Université de Wapong-City. "[/quote]
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Avril 2012,
Sean Tin, République Sénatoriale du Viek Kiong
"-Je te le dis Park, Ngô est foutu.
La plupart de ses troupes ont déjà désertés ou rejoins celles du MLC.
Les révoltés contrôlent déjà tout le haut du fleuve et ils se rapprochent chaque jour un peu plus de la capitale.
On dit que le Pelabssa leur fournit du matériel par train entier depuis le Shankhaï.
Les choses vont bougé là-bas !!"
"-Mais ça bouge tout les quatre ans, dans ce coin pourri.
Il n'en sortira jamais rien de bon.
Tout ça à cause des barbares et de leurs putains d'obsession pour l'arme atomique."
"-Hein ?"
"-Bah oui, tu crois que le Pelabssa soutient une bande de punks anarcho-capitalistes pour leurs beaux yeux et par idéalisme démocratique ?
L'Oncle Joe voudra son uranium frais chaque matin.
Et si Nute Fan ne le lui chie pas comme une poule qui pond son oeuf, les choses vont bougé là-bas, pour te citer.
Si Ngô ne s'était pas lié les poings en suivant ce fou qui se prend pour la réincarnation de Kirov, il aurait pu s'en sortir en traitant avec le Pelabssa."
"-Hé !! Mais... Bon, d'accord, t'as sans doute raison pour le Pelabssa.
Mais y'a pas que des anarcho, dans le MLC. Pas mal de nos frères..."
"-Oh s'il te plait !! Les panmakirans wapongais ?! Vraiment ?!
Des mecs comme Li Fu, Won Soon, Wen Kan, Rho Than et les autres ?
Ils soutenaient Ngô tant que celui-ci les laissaient exploité les mines et tirer leur petit profit sur un compte au Savoia.
Comme ils soutenaient chacun des dictateurs précédents jusqu'à ce que celui-ci touche à leurs privilèges.
Ils ne sont panmakirans que tant que ça leur permet de détourner l'attention de la plèbe avec des drapeaux et des chants.
Tu veux que je te dise ?
La seule raison pour laquelle ils sont avec Nute Fan, c'est parce qu'ils ont senti le vent tourné.
Cat Tuong, le Général Chuyen et les autres seigneurs de guerre, ils leur auraient taillé un deuxième croupion, à ces vieux débris.
Alors qu'en souriant au clan Fan, ils sont sous la protection officieuse de l'Oncle Joe : personne ne les touchera, juste pour éviter d'avoir un accident.
Le Wapong, je te le dis : cela va être comme à chaque fois.
Dès que le peuple se sera fait saigné une nouvelle fois à blanc et aura compris qu'on s'est foutu de sa gueule, un nouveau "messie" arrivera.
C'est comme ça tout les quatre ans, environ, depuis la fin du Royaume de Lokfol."
La conversation cessa pendant quelques secondes.
Park Tyan en profita pour boire quelques lampées dans son verre.
Elle et Bo Vang, un ami d'enfance tout aussi engagé qu'elle dans "Unité Makiran", savouraient la fin de l'automne à l'intérieur d'un bar.
Sean Tin n'offrait pas beaucoup de distraction en ce début d'hiver.
D'ailleurs, la plupart des gens n'en cherchait pas :
L'ambiance était sombre.
L'Empire d'Eran n'était plus, tombé sous un coup d'état communiste.
Hors, les discours du nouveau pouvoir laissait entendre que la "République Démocratique d'Eran" n'était que le début de la vague rouge.
Même les socialistes les plus radicaux en frémissaient :
Les Eranéens restaient lourdement discriminés au Viek Kiong.
Leur réputation se remettait à peine de la Grande Guerre, 65 ans plus tôt.
Qu'un leader adhérant à une idéologie expansioniste et militariste prenne le pouvoir, ce ne pouvait pas être bon.
Dans cette atmosphère, la une du "Senate's Daily Report" avait vite été trouvée.
Et le reste de l'actualité internationale en était facilement éclipsée.
Park Tyan, une acharnée de lecture, ne manquait toutefois aucun détail.
Elle n'avait pas non plus manqué l'état de santé déclinant du vieux Hsu au Sionving et espérait de tout son coeur la mort du vénérable souverain :
L'Homme n'aimait pas la démocratie.
Contrairement à son fils, un moderniste un rien plus souple bien que décrit par les médias comme impulsif et orgueilleux.
Siman sur le trône, c'était un espoir de voir l'Eran renoncer à ses ambitions territoriales par peur de titiller la fierté du jeune souverain.
Cela, même Bo Vang était au courant.
Mais la révolution au Wapong ?
"Encore une ?" était le commentaire le plus fréquent des journalistes sérieux.
Ils haussaient les épaules avant de simple coller la dépêche de presse telle qu'elle.
Pas Park Tyan.
Malgré son opinion "officielle", elle pensait sincèrement que cette "République Souveraine" dont le Vieux Renard parlait avait une chance.
Elle avait lu "Essais sur l'Esprit", la "Doctrine pour un Lendemain" et d'autres livres par Nute Fan.
Ainsi que de ceux qu'ils avaient rassemblé dans son équipe :
Jihye Hwang, Ji Wu, Thach Wai, Akemi Tamaka,...
Des hommes au passé divers et aux opinions contraires.
Mais qui sauraient mené la barque et faire fit, au moins pour un temps, de leurs agendas personnels.
Elle voyait aussi le socialisme se relever partout... et cela la dégoutait.
Si le chef de file de "Unité Makiran" n'avait pas été clair sur les consignes pour la dernière campagne, elle l'aurait fait savoir :
Le Panmakiranisme, s'il était socialiste, périrait dans un repli identitaire stérile ou se dilluerait dans un internationalisme nauséabond.
On voyait bien comment les républiques socialistes du Makara stagnaient.
Elles n'étaient, au final, que des excuses pour qu'une même clique garde le pouvoir en jouant sur la jalousie des pauvres pour la minorité aisée.
Mais elle s'était tue : ils auraient besoin des socialistes s'ils voulaient l'emporté face aux pures libéraux.
Vendu à l'Empire d'Eran jusqu'à peu, ces traitres avaient un puissant soutien financier d'In-Tao.
Ils avaient maintenant perdu ce soutien mais pouvaient jouer la carte de la "Terreur Rouge" pour maintenir un score honorable.
"-Hé Ho, tu rêves ou quoi ?"
"-Hein ? Oh, désolé... Tu disais ?"
"-Je disais que Wong vient d'appeller. Il a besoin de moi donc je vais y aller.
On se voit ce soir, chez Mi ?"
Il n'attendit même pas la réponse pour partir... sans payer son verre.
Typique...
Park était encore en train de râler intérieurement, pestant sur son bon-à-rien d'amis et autres individus à l'esprit étroit et peu alerte quand le tintement des pièces sur la table la sortit de sa rêverie.
Elle leva les yeux... et découvrit avec dégout la silouhette d'un vieil homme ventripotent qui lui souriait.
Son regard tomba, méprisant à dessein, sur la poignée de pièces laissées par l'inconnu.
"-Même si j'étais ce genre de fille, il en faudrait beaucoup plus que ça, papi.
Et certainement plus de manière et de charme."
"-Oh, effroyable méprise..."
Il prit une chaise.
"-Vraiment ?"
Soupire... Et voilà qu'il cherchait à la draguer. Mais quel lourd !!
Le message avait-il vraiment été trop subtil ?
"-Non, en fait. Tu es bien Park Tyan, n'est-ce pas ?"
Là, elle eu un moment de blocage mental, mélange de panique, de curiosité, d'irritation mais aussi de pure confusion.
Comment ce vieux...
"-... schnoc connait-il ton identité ?
Je vais t'épargné beaucoup d'interrogation, non, nous ne nous sommes jamais rencontrés.
Non, je ne suis pas de ta famille ou de celle d'un de tes amis.
Non, nous n'avons pas d'amis commun... ou du moins, pas que je sache, bien que j'ai beaucoup d'amis, au point qu'il est difficile d'être sûr.
Mais si je te suis complétement inconnu, tu ne l'es pas complétement pour moi.
Disons que ton... article a retenu mon attention."
Ah !! Un recruteur. Elle se calma un peu.
Depuis qu'elle était diplomée, ce n'était pas le premier.
Grande distinction, cela attirait les regards, surtout dans un pays où les universitaires restaient rares... et restaient rarement au pays, d'ailleurs.
Encore un truc qui clochait et un des seuls biens potentiels de la mort de l'Empire d'Eran :
La fin de la fuite des cerveaux.
Aller, il restait quelques heures avant que sa mère ne s'inquiète de ne pas la voir rentrer pour souper.
Elle pouvait jouer le jeu.
Qui sait ? Peut être y avait-il là un poste plus prestigieux qu'une petite rubrique dans un bulletin politique à l'audiance réduite ?
"-J'ai déjà un emploi, comme vous le savez. Et qui me satisfait beaucoup.
La rédaction me fait confiance, me laisse beaucoup de liberté et..."
"-Au point que tu ais besoin de publier tes articles les plus intéressants dans un autre média et d'avoir à recourir à un pseudonyme pour le faire ?"
Nouveau battement.
Ce n'était peut être pas un recruteur.
Un maitre-chanteur, alors ? Quel article, déjà ? Et que savait-il ?
La réponse se matérialisa sur la table : une page imprimée depuis un site de la Toile, un miniblog où Park et plusieurs activistes publiaient leurs pensées.
La majorité des contributeurs se contentaient de quelques messages rapides ou d'un cours article.
Mais elle, face aux impératifs électoraux des partis nationalistes, tenait une véritable rubrique clandestine sous le pseudo "Makara Girl 0045".
Elle y défendait ses VRAIS convictions avec bien plus de franchise que nulle part ailleurs.
"-Je crois avoir définitivement conquis ton attention, n'est-ce pas ?"
"-Que voulez-vous ?"
"-Sur la défensive ? Ah, bah !! C'est normal. Inutile mais normal.
Pour l'instant, je tiens avant tout à parler et à ce que tu m'écoutes trèèès attentivement.
Tu bois quelque chose ?
Je n'ai pas sorti ces pièces par hasard et on risque d'avoir soif à force de papotter."
La voix, précédemment faible et hésitante, était maintenant ferme, grave et masculine, sans rapport avec l'apparence de l'individu.
Et avec une touche mielleuse sans être trop suave.
Ainsi qu'un accent qu'elle ne remettait pas mais qui ne l'empêchait pas de s'exprimer dans un argo typique des quartiers Nord de Sean Tin.
"-Une bière. Blanche."
"-Bien, bien... En attendant le serveur, j'aimerai te poser une question.
Mademoiselle, aimeriez-vous rendre un petit service à votre gouvernement...et à la démocratie ?"
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[quote]Curriculum Vitae officiel :
"[...]presque 3 ans avant de se voir offrir un poste de professeur assistante à l'Université de Wapong-City.
Là, elle fait profiter de son expérience la jeunesse dorée du la jeune république.
Elle en profite aussi pour s'investir avec le Parti Socialiste Réformateur, seul réel défenseur d'une justice sociale démocratique dans ce pays."[/quote]
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Applaudissement des militants, pour la plupart étudiants à peine plus jeunes qu'elle-même.
De son coté, rougissement de fausse modestie, inclinaison respectueuse en remerciement, puis poing levé, fermé, conquérant, vers l'emblême du PSR.
Chaque geste est calculé, chaque mimique préparée, au-delà même de ce que ces amateurs du PSR appelle de la "communication électorale".
Nous sommes en Octobre 2012 et les élections sont pour bientôt en République Souveraine du Wapong.
Park Tyan a tout plaqué voici maintenant moins de 5 mois pour rejoindre la capitale encore jonchée de débris et d'impacts de balles sur les murs.
La nourriture est infecte et hors de prix.
La seule source d'eau courrante est le fleuve, pollué.
L'électricité fonctionne seulement quelques heures et même là, les coupures sont fréquentes, selon la régularité des trains de charbon.
Les rues sont presque désertes :
À l'approche des rebelles, la population a fuit vers les campagnes en prévision du pillage de la cité.
Tradition millénaire dans la région. Pas de raison que ce soit différent.
Et pourtant, cela l'avait été :
Nute Fan, avec l'aide des "Observateurs Militaires" Pelabssiens et Lochlannais, a su tenir la bride à ses partisans.
Cela fait 5 mois que Park Tyan vit dans un trou à rat, une chambre chauffée, en hauteur, avec une porte blindée et deux gardes à l'entrée.
Des miliciens du PSR, qui veillent sur ce quartier avec la vigilence de bergers quantariens... du moins quand ils ne sont pas bourrés au whisky.
5 mois d'enfer et pourtant, elle n'en regrette pas une seule journée.
Ba Hiep Diep, alias "le Maître" pour elle et "l'Inamovible Boucher" pour les autres, n'avait pas mentit :
Depuis son arrivée, elle a appris d'avantage sur les réalités de ce monde que durant tout le reste de son existance bien pensante au Viek Kiong.
Elle avait vu la misère extrême, la richesse absolue et surtout le vrai pouvoir, celui de contrôler sa destiné à l'instant présent.
Et de contrôler celle des autres aussi, parfois.
Elle s'était fait dévalisée et avait elle-même dû voler pour retrouver son domicile.
Elle avait faillit mourir à trois reprises dans les bas-fonds.
Elle avait imploré pour sa vie et fait des choses peu honorables les deux premières fois pour s'en sortir.
Ses agresseurs l'avaient laissée, souillée et meurtrie dans sa chair comme dans son esprit.
La troisième, elle avait tué. L'entrainement des Tourterelles commençait à prendre.
Elle avait fait la connaissance de gens intéressants, chacun aux antipodes les uns des autres.
Elle avait cotoyé ses idoles et ses némésis, auteurs politiques et acteurs géopolitiques.
Elle avait visité tout un pays qui, si on voulait être franc, ne se résumait vraiment qu'à un fleuve et des mines.
Mais qui existait par la diversité de ses habitants et des divisions mesquines qui les opposaient et les rendaient humains... et donc manipulables.
Elle avait été témoin des excès auxquels hommes et femmes étaient près pour atteindre leur but, pour s'accaparer une once de pouvoir.
Sur eux-mêmes ou sur les autres, peu importait : l'essentiel était de se sentir important, indépendant et en vie.
Elle-même avait succombé au virus qui n'était ni de gauche ni de droite : c'était la nature même de notre espèce.
Une nature que les Kirovistes prétendaient pouvoir éliminer, comme une maladie vénérienne honteuse.
Et que Ba Hiep Diep lui avait appris à accepter pour mieux la dompter et en faire un instrument utile.
Aujourd'hui, descendant la tribune après avoir fait le discours de clôture de ce meeting local du PSR, elle souriait au fond d'elle-même.
Elle était en vie et, par ses actions, elle contribuait à modeler le futur d'une République de 16 millions d'habitants.
Mais aussi de plusieurs centaines de millions d'autres humains.
Qui survivaient, endormis dans leur bétise et dans la complaisante certitude que les gouvernements contrôlaient leur vie.
En oubliaient que les gouvernements étaient fait d'hommes comme eux.
Et que comme eux, ces hommes étaient manipulables par d'autres hommes.
Au final, c'était à celui qui parvenait à profiter de l'existance et à imposer sa volonté sans trop se faire exploiter comme un pantin.
Là, dans l'immédiat, elle n'était qu'une marionnette, inconciente du but profond de sa mission mais consciente d'avoir un but.
Peu importait lequel : même si elle le savait, elle ne pourrait jamais vraiment être certaine de ne pas être en fait abusée.
Elle faisait cette mission car cela l'amusait.
Cela exitait ses sens et jusqu'ici, son partenariat avec "le Maître" était équitable.
Pour ce qu'il lui en avait dit, le PSR gagnerait un large contrôle dans ces élections, afin de forcer le PNM à suivre Nute Fan.
Ce qui maintiendrait l'unité du pays pour les cinq prochaines années.
Mais en participant au pouvoir dans une coalition aussi large, le PSR perdrait sa crédibilité.
Le SSP, ce petit mouvement de fanatiques Gakistes sans leadership, récolterait les voix du PSR.
Il ferait un score un rien meilleur lors des prochaines élections.
Assez pour faire peur et provoquer un raz-de-marée nationaliste car les libéraux auront été trop mondialistes.
Juste à temps, si le reste se passait bien, pour faciliter le début de l'essor futur de l'Empire du Makara.
En gros, en souriant aux militants socialistes, elle confortait une position qui, d'ici quelques mois, lui donnerait les moyens d'affaiblir le PSR.
Et de renforcer le Panmakiranisme non seulement au Wapong mais dans le reste du continent.
"-Tyan-san ? Monsieur Nakamura va vous recevoir.
Il a hâte de faire cette interview concernant la future centrale nucléaire de Gudae et ces dangers."
"-Et j'ai hâte d'avoir l'occasion de lui expliquer en quoi cette centrale sera un bienfait pour les travailleurs de Gudae et pour le Wapong..."
Cette nuit, elle "expliquerait" à Nakamura, futur leader socialiste de Gudae, la nécéssité de soutenir la construction d'une centrale dans sa ville.
Une arme pour le futur, afin de discréditer cet "incorruptible défenseur des travailleurs".
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[quote]Curriculum Vitae officiel :
"[...]pour s'investir avec le Parti Socialiste Réformateur, seul réel défenseur d'une justice sociale démocratique dans ce pays.
Lorsque l'Eran envahit le Viek Kiong, elle se joint aux protestations des autres expatriés Viek et fonde "Liberty-Chan", une radio clandestine.
Personnalité appréciée et même adulée par les Vieks comme par les Wapongais, ces derniers l'ont élue Miss Wapong 2015."[/quote]
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La salle était jonchée de corps.
Six... non, sept peut être.
Les cadavres comme les murs étaient perforés de balles, plusieurs impacts encore fumant.
Portant d'épaisses chaussures de marche, Park enjamba le carnage avec soin tandis que les mercenaires de la GSI achevaient de récupérer les armes.
C'était la troisième fois qu'elle leurrait des activistes du SSP dans un tel piège grossier.
Des recrues de l'Internationale Kiroviste.
Ils croyaient vraiment s'embarquer pour le Viek Kiong, afin d'infiltrer le MRNV comme le MRNV infiltrait les milices populaires vieks ?
L'informateur au sein du SSP avait partagé un verre avec elle.
Un seul. Elle n'avait même pas eu à user de ses charmes pour lui délier la langue :
Elle avait fein la ferveur et l'intérêt pour la révolution kiroviste internationale.
Elle avait dû sonné comme tant de jeunes paysannes désoeuvrés après les expropriations de la YummiCorp.
Pas de terre, pas d'éducation, pas d'avenir... sinon les trottoires de Wapong-City ou les champs de bataille pour la Rédemption.
Et ça avait marché : le jeune homme était aussi dans ce cas et avait été mis en charge du recrutement.
Avoir le lieu de rendez-vous pour le passage en Hakoim avait été facile.
Dans les baraquements alentours, c'était plusieurs centaines de communistes parmi les plus radicaux qui se faisaient massacrés.
Les balles n'avaient été utilisés ici que parce qu'aucune ouverture n'était disponibles pour les lance-flammes.
Ces soit-disants infiltrateurs seraient remplacés dès ce soir par les tirailleurs internationaux de la GSI, recrutés eux aussi au Wapong.
Ni vu, ni connu. Agents triples ? Quadruples ? Peu importait :
L'Eran avait déjà perdu.
"-On se dépêche les enfants. Je passe à l'antenne dans 2 heures, moi.
J'ai un public à faire rêver."
Deux heures plus tard, Park remporterait le titre de Miss Wapong.
Elle tirerait des cris de rage conquérante chez la jeunesse viek expatriée et des larmes chez les ménagères.
Le lendemain, elle serait de retour à son poste radio, pour une émission quotidienne retransmise depuis le Bokchow jusqu'au coeur du Viek Kiong.
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01/10/2018
Sean Tin, République Nationale Viek
La "fervante patriote Viek" en avait fait du chemin.
Et sa mission d'aujourd'hui serait exactement ce que Ba lui avait promi le premier jour de leur rencontre :
Un petit service à son gouvernement...et à la démocratie
Enfin, façon de parler :
Elle n'avait d'ailleurs la nationalité Viek que pour le grand public.
Les tourterelles n'étaient même plus Wapongaises.
Elles n'appartenaient à aucune nation, aucun gouvernement.
Elles n'appartenaient qu'à elles-mêmes et au "Maître".
Lequel ne servait la démocratie que parce que c'était la chose utile à faire.
Selon où tournait le vent.
Peut être était-il un peu Tarnois, en fait ?
En silence, elle ferma le dossier sur lequel elle travaillait.
C'était l'heure.
Rapide vérification :
Microaiguilles empoisonnées sous les ongles.
Patch NANITO fixé discrètement entre deux orteils.
Capsule de neurotoxique VX dans une dent creuse.
Tout semblait en place.
Elle acheva de boutonné son uniforme officiel de Porte-Parole, fixant le pistolet cérémoniel dans son étuit.
Rapide coup d'oeil dans le miroir.
La drogue de combat, prise quelques minutes avant, commençait à faire effet, faisant miroiter d'un bleu azur ses iris.
Facilement camouflable avec les nouvelles lentilles à affichage électronique.
Merveilleuse technologie fournie par les généreux donateurs outremers.
C'était l'heure du dernier coup de fil.
Le GSM crypta le signal qui, quelques secondes après arriva à son destinataire.
"-Park... Donne-moi de bonne nouvelle, ma colombe."
"-Le chirurgien va commencé à extraire la tumeur.
Pas d'imprévu. Tout sera fini quand le patient se réveillera."
"-Parfait. Bonne nuit. Amuse-toi bien."
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Johel3007
01/10/2018
Sean Tin, République Nationale Viek
Centre ville
La cascade d'eau chaude s'arrêta et, à tatons, Rakhoth chercha l'essuie de bain pour éponger son visage.
L'homme, malgré son age, restait bien bâti.
Des années à lutter dans les forêts et montagnes, combinées à un soin naturel pour son physique afin de préserver l'image d'un leader.
C'est que, au sein de Force VK, l'image importait beaucoup.
L'homme avait fait du chemin depuis les premières heures de la résistance.
Après l'invasion Eranéenne, il avait monté son propre groupe à partir de divers éléments brisés de l'armée régulière en déroute.
Il lui avait fallut du temps pour s'imposer parmi les inombrables factions armées qui peuplaient les campagnes.
Mais il avait fini par faire son trou et par imposer Force VK comme une force puissante.
Le soutien reçu par l'internationale anti-kiroviste n'avait pas fait de mal non plus à cet égard.
Cette petite faction était aujourd'hui l'une des plus puissantes au Viek Kiong.
Moins influente sur le plan électoral que le Front Socialiste Viek ou le Parti Nationaliste Makiran.
Mais militairement, il était à égalité avec chacun d'eux.
Hors, si la phase militariste prenait lentement fin, le pouvoir restait au bout du canon.
Pour l'heure toutefois, les pensées de Rakhoth était d'avantage tournée vers les évenements en cours.
Les paroles de "Smith" lui revenait avec force.
"Il sera même totalement purifié, je vous le promet."
Au vu des moyens que proposaient d'utiliser ce salopard, quantité d'innocents Vieks perdraient la vie.
Mais ceux qui survivraient, les pures Vieks de corps et d'esprit, rebâtiraient une grande nation.
La simple connaissance que la République disposait d'une arme biologique suffirait à tenir l'Eran et le Raksasa à distance.
Et à la tête de la République, Rakhoth imposerait sa vision.
Il ne pouvait toutefois s'empêcher de penser qu'il faisait une grosse connerie.
Un scrupule, sans doute, un doute bien naturel quand on manipulait des forces aussi imprévisibles.
D'ailleurs, il y avait en effet un risque, même s'il avait demandé quelques garanties avant de se salir les mains, littéralement.
Mais quand même... Il était déjà trop tard mais il ne pouvait s'empêcher d'avoir des regrets.
Peut être qu'une autre solution, moins radicale, était possible ?
Rakhoth Sar :
"-Non !! Foutaise sentimentaliste !! Et c'est trop tard, de toute façon !!"
Son poing heurta le carrelage du mur tandis qu'il achevait de se sècher.
Le léger engourdissement l'aida à raffermir s'éclaircir les idées :
Ce n'était pas avec des demi-mesures et des hésitations qu'on changeait les choses.
S'il avait voulu être le "gentil" de l'histoire, il serait probablement déjà mort, gisant dans une rizière, quelque part dans les montagnes.
Il avait fait exécuté de nombreux frères d'armes, parfois même de vrais amis, car ils étaient soupçonnés d'être des traitres vendus à l'Eran.
Ou parce que leurs actions et paroles menaçaient d'écarter Force VK de sa route.
Il n'allait pas maintenant reculer.
Pas maintenant. Les choses avaient déjà progressées trop loin.
Tout ce qu'il pouvait faire à présent, c'était achever les préparatifs.
Dans une semaine, il quitterait le pays pour prendre des vacances officielles.
Visiter un cousin au Schlessien.
Il y passerait en fait seulement quelques jours, avant de revenir en urgence au pays lorsque les premiers cas seraient révélés.
Demain était son dernier devoir officiel :
Une réunion du Comité d'Unité Nationale.
La belle blague, ce truc-là, aussi.
Une brochette d'idiot qui croyait pouvoir diriger par concensus.
Quand tout ceci serait fini, il les remplacerait tous par des gens déterminés et acquis à sa cause.
Des gens comme la jeune personne avec qui il avait rendez-vous ce soir.
Devant le miroir, Rakhoth acheva de vérifié sa toilette, préparant le rasoir et la mousse en chantonnant une chanson à la mode.
Penser à la soirée à venir le mettait de bonne humeur et l'aidait à chasser ses idées noires.
Se concentrer sur l'instant présent, voilà la clé du bonheur, disaient certains moines.
La lame entama l'ombre de barbe sur sa joue quand on toqua à la porte de sa chambre.
À la veille de ces réunions du Comité, Rakhoth résidait toujours dans un des hotels de la capital, réservés aux barbares friqués.
Il n'avait rien commandé au service d'étage.
L'identité du visiteur s'imposa donc d'elle-même.
Elle était là.
Rakhoth Sar :
"-Une minute !!"
La voix était chantonnante, l'anticipation joyeuse s'y lisait clairement.
Rakhoth hésita un instant tout en essuyant les restes de mousse.
Devait-il la faire attendre et en profiter pour enfiler quelque chose de décent ?
Bah !! Ce n'était pas comme si la suite implicite de ce "diner d'affaire" pouvait être ignorée.
Autant jouer directement carte sur table... et peut être même sauter le diner.
Elle désirait s'aligner et rejoindre le camp des vainqueurs ? Autant qu'elle joue franc jeu, alors.
C'est donc une simple serviette autour de la taille qu'il ouvrit la porte.
Rakhoth Sar :
"-Liberty-chan. Vous êtes un peu en avance.
Une qualité rare chez une femme."
Park Tyan :
"-Sar-san... Vous savez que je n'aime pas qu'on m'appelle ainsi.
Utilisez donc mon véritable nom."
Rakhoth Sar :
"-Désolé, Park. Radieuse, comme d'habitude, au fait.
Mais un peu formel, peut être. L'uniforme officiel pour un diner à deux..."
Et effet, Park Tyan, alias Liberty-Chan, n'avait pas exactement opté pour la tenue la plus provocatrice qui soit.
Une situation qui mettait Rakhoth, à moitié nu, dans une situation embarassante.
Avait-il mal intérprété l'offre de la jeune femme ? Et n'avait-elle pas compris le sous-entendu de son invitation ?
Park Tyan :
"-Je crains que ce diner ne doive être remis à plus tard, Sar-san.
Des nouvelles inquiétantes sont arrivées de la frontière avec l'Eran.
Tout les membres du Comité ont pour instruction de rejoindre la commanderie la plus proche pour le protocole d'urgence."
Rakhoth Sar :
"-Hein ?!"
Le ton calme sur lequel elle lui annonçait cela...
Et pourquoi aucun de ses subordonnés ne l'avaient-ils contacté à ce propos ?
Il avait son portable, toujours actif au cas où.
Et "instruction" de qui, bordel ?
Le Comité Réduit ? Il siégeait au Comité Réduit, bon sang !!
Park Tyan :
"-... récente et encore non vérifiée.
Aussi, pour éviter la panique, l'État-Major n'a communiqué qu'avec quelques personnes.
J'ai proposé de vous annoncer la nouvelle moi-même, vu que nous devions de toute façon nous voir.
Si c'est bien une invasion, nous ne devons pas donner à l'ennemi l'opportunité de décapité la République et..."
Rakhoth Sar :
"-Aaaaarh !! Ok, ok, j'ai compris !!
Merci pour cette attention mais honnêtement, j'aurai préféré parlé directement à un membre de l'État-Major !!
Bon, donnez-moi quelques minutes pour m'habiller et nous pourrons partir.
Une escorte doit nous rejoindre, non ?"
Park Tyan :
"-Elle attend déjà. Je suis venu avec eux.
Pas besoin de quatre voitures quand deux suffisent.
Votre escorte est partie chercher le conseillé Tun Gap."
Rakhoth retourna dans la salle de bain pour se changer.
Il se sentait soudainement moins à l'aise à l'idée de révéler son intimité à la Porte-Parole du gouvernement.
La romance avait disparu mais la politique demeurait.
Rakhoth Sar :
"-Une belle économie de moyens.
Sinon, concernant la raison du diner de ce soir, je suppose que votre offre reste d'actualité.
Force VK aurait beaucoup à gagner à savoir que la voix du Viek Kiong nous soutient.
Et au fond, j'aurai dû toujours le savoir : vous faisiez partie de Unité Makiran avant la guerre, non ?
J'avais un fils qui était aussi dans ce mouvement.
Personnellement, l'idée d'un Makara unifié n'est pas ma tasse de thé mais il est évident qu'il nous faut une culture nationale forte.
Notre identité importe d'avantage que notre modèle socioéconomique.
Ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi vous avez attendu aussi longtemps avant de me contacter."
Park Tyan :
"-Le moment n'était pas propice."
Rakhoth Sar :
"-Mouais... dites surtout que vous vouliez être certaine de miser sur le bon cheval.
Les derniers développements doivent vous avoir convaincu, donc.
Notre nation est plus unie que jamais et ces faiblards de demi-rouges du FSV perdent chaque jour un peu plus de leur influence."
Park Tyan :
"-La montée en influence de FVK et du PNM ne peut en effet pas être ignorée.
Si mes convictions à long terme sont pour le panmakiranisme, j'estime que, pour l'instant, il nous faut surtout un leadership fort et affirmé.
Un leadership national, cela va de soit. Pas un vague sentiment confédéraliste qui ne profiterait qu'au Raksasa."
Rakhoth Sar :
"-Bien parlé !! Je vous sens un peu trop modérée sur certains aspects.
Mais l'important est que nous nous comprenions sur l'essentiel, je suppose."
Il sortit de la salle de bain, pantalon et chemise mal fermés mais cachant l'essentiel.
Quelques minutes de plus et il fut prêt à descendre en rue.
Il leur fallut à peine quelques minutes pour rejoindre l'escorte qui attendait devant les voitures.
Park Tyan :
"-Je monte dans l'autre voiture.
Question de protocole : jamais deux cibles dans un même panier."
Rakhoth Sar :
"-Oui, oui, je connais le protocole aussi.
Même si en l'occurence, il est bien génant.
À tout à l'heure, Park-chan."
Park Tyan :
"-À tout à l'heure... Sar-san"
C'est avec un sourire et un salut timide de la main qu'elle fit ses adieux au chef de Force VK.
Car il s'agissait bien là d'un adieu.
-----------------------
01/10/2018
Sean Tin, République Nationale Viek
Quartiers des docks
La voiture s'arrêta.
Et les doutes que Rakhoth Sar entretenait depuis quelques minutes déjà se confirmèrent.
Il eut un sourire amer.
Rakhoth Sar :
"-La petite garce..."
L'un des deux miliciens au volant de la berline sortit et ouvrit la porte à coté du siège de Rakhoth.
Enfin, "milicien"... ils étaient des agents des Cellules d'information et contre-espionnage.
C'était à présent évident pour le politicien.
Au sein de Force VK, identifier ces agents étaient une tâche permanente pour leur limité l'accès aux informations sensibles.
Mais impossible d'être toujours certains que vos propres hommes n'avaient pas des intérêts divergeants des vôtres.
En temps normal, en cas d'évacuation d'urgence, cela aurait été un trio de prétoriens issus de ses plus loyaux adeptes qui l'aurait accompagné.
Ils auraient conduits, il lui aurait obéi en toute chose et l'auraient protégé avec leur vie.
Mais là, dans la précipitation, Rakhoth n'avait pas analysé la situation à froid.
Il avait pensé avec sa bite, laissant l'apparence naive de Park lui faire croire qu'il n'avait rien à craindre.
Un membre du sexe faible, surtout une idéaliste comme Park, qu'il connaissait depuis des années, ne pouvait pas être dangereuse.
Pensée machiste ? Peut être mais c'était si facile de s'y laisser aller quand on se croyait invincible.
Et qu'une jeune femme se jetait à vos pieds à cause de ça.
La jeune femme en question l'avait abusé.
Et il se retrouvait à présent seul, sur les quais, sans arme, sans escorte... et même sans moyen de communication :
Il avait réalisé trop tard qu'il avait "oublié" son téléphone portable.
La vérité s'imposait maintenant à lui : durant le temps qu'il avait passé dans la salle de bain, Park avait dû dérobé l'objet.
Elle l'avait ensuite pressé et avait détourné son attention de ce genre de détails.
Ce n'était qu'une fois installé dans la berline et en route qu'il avait constaté l'absence du téléphone dans son veston.
Quand il avait pensé à appeller son secrétaire pour informer les cadres de Force VK de la situation d'urgence.
Le tour de passe-passe avait été simple, en fait.
Une question importante : pourquoi ?
Mais considérant qu'il serait bientôt un cadavre, cela semblait soudainement trivial pour Rakhoth.
Rakhoth Sar :
"-Vous m'accorderez une dernière cigarette, au moins ?"
Sa femme n'aimait pas qu'il fume.
Il avait donc chercher à limiter cette habitude.
Mais là, en ses derniers moments...
Agent :
"-Pourquoi ? Ta mort n'est pas prévue. Pas aujourd'hui, en tout cas."
Il ouvra la bouche pour poser une question qui n'était pas encore formée dans son esprit.
Le son de ses mots, quels qu'ils furent, s'étouffa dans une cagoule noire.
Une douleur soudaine dans ses bras, rabattus en arrière avec force, suivi par la morsure du plastique dans ses poignets.
Le deuxième agent avait agit vite.
Pour la deuxième fois de la soirée, un léger engourdissement dans ses mains l'aida à s'éclaircir les idées :
Bien entendu, ils n'allaient pas le tuer.
À travers lui, ils avaient accès à toute la structure de Force VK.
Nouvelle question, et cette fois elle le tourmentait :
Qui étaient "ils" ?
-----------------------
Les cellules d'information et contre-espionnage.
Officiellement, un outil de renseignement et de police de la République.
Dans les faits, un simple ensemble de cellules natives téléguidées par les Services Spéciaux Wapongais.
Et l'un des nombreux moyens au travers duquel, depuis trois ans, le Directoire de la République Souveraine du Wapong dirige le Viek Kiong.
Pourtant, la domination Wapongaise était loin d'être absolue.
Au lendemain de la victoire sur l'Eran, Force VK était soudainement apparue comme une faction militaire majeure, le MRNV avait dû rendre des comptes.
Une faction aussi puissante avait pu grandir en parallèle des autres mouvements bien infiltrés et bien contrôlés.
Sans que le Wapong ne s'en apperçoivent.
Sans information sur ces mystérieux acteurs, aucune action directe et rapide n'était possible.
Le Viek Kiong devait resté uni.
Il avait fallu trois ans et un long travail de sape, aussi bien via des mesures gouvernementales que dans l'ombre via les espions.
Mais Force VK, troisième parti politique du pays et dangereux électron libre, avait été mis à nu.
Ses chefs, sa hiérarchie, ses ressources financières, ses soutiens parmi la population, sa logistique pour transporter et communiquer.
La création de l'ensemble des organes de la République Nationale Viek avait visé à diviser les partis, à disperser leurs forces.
Et donc dilluer leurs influences pour éviter des dominations locales et de possibles insurections.
La surmilitarisation de la société avait eu lieu.
Organisée en "bataillons" jusque dans les domaines d'activité civil, la société avait été contrôlée par une stricte hiérarchie.
La jeunesse elle-même avait été canalysée vers une seule filière, les Jeunesses Républicaines Viek.
Afin de couper court à toute possibilité de désinformation et d'embrigadement local.
Les bureaux d'harmonisation avaient permi de marginaliser le rôle pratique des commanderies.
Dirigées par d'anciens seigneurs de guerre, elles perdaient de leur influence réelle au profit d'une bureaucratie politiquement neutre.
Mais toute cette centralisation avait aussi ses propres risques.
Le système demeurait dirigé par des individus, lesquels avaient leur couleur politique officieuse et leurs allégeances non-officielles.
Il avait fallut du temps pour identifier où Force VK disposait d'appuis et à travers qui.
La multiplication des projets avec les entreprises étrangères et les aides humanitaires internationales aidaient à voir les intérêts locaux.
Et selon l'ardeur avec laquelle Force VK avait défendu ou combattu tel ou tel projet, on pouvait deviné où ses supporters se trouvaient.
Contrairement au MRP, Force VK avait accepté de rejoindre le gouvernement.
Cela l'avait forcé à avancer à découvert.
Ses membres étaient connus.
Ses supporters étaient visibles.
Ils avaient été intégré dans le gouvernement afin qu'ils ne voient pas l'utiliter de travailler hors du gouvernement.
Aujourd'hui, l'édifice social qu'était Force VK était visible et connu.
Et à l'aide de quelques charges bien placées, le Wapong l'enverrait s'écrouler au sol.
Park Tyan venait d'achever de faire détonner une de ces charges :
À ses pieds, le cadavre du Général Cao, membre de l'État Major, nommé à sa fonction afin de plaire à Force VK.
Elle enleva le silencieux sur le pistolet avant de le ranger.
L'homme avait été pris par surprise, comme la majorité de ceux qui allaient mourir ou être capturés ce soir.
Téléphone satellite à la main, Park contacta le "Maître".
Un complexe système de cryptage et retransferts du signal s'initia avant que la voix de Ba Hiep Diep ne gronde dans le combiné.
Ba Hiep Diep :
"-Cela fait vingt-six, donc..."
Park Tyan :
"-Vingt-sept. Le Colonel Nim était aussi là. Un imprévu en notre faveur, pour finir.
Mais j'aimerai autant éviter d'autres surprises de ce genre.
Il a bien failli avoir ma tête."
Ba Hiep Diep :
"-Où serait l'intérêt si tout était connu d'avance ? Ce sont ces petits imprévus qui pimentent notre profession, ma belle."
Park Tyan :
"-J'espère au moins que tout se déroule comme prévu ailleurs.
Assassiner juste une trentaine d'officiels n'aiderait pas notre cause."
Ba Hiep Diep :
"-Un petit oiseau m'a dit que nous approchions déjà les 800 officiels.
Le cap du millier est proche.
Je n'ai pas encore d'informations pour les cibles secondaires mais vu les moyens mis en oeuvre..."
Park Tyan :
"-Bien. Je vais m'y remettre.
J'ai perdu assez de temps et je... Oooh !!"
Ba Hiep Diep :
"-Oooh ?
J'ose espéré que le petit cocktail ne montre pas déjà ses effets secondaires ?
La nuit est encore longue et je crois savoir que tu as un pari avec Megumi.
Elle en est déjà à trente-deux, au fait..."
Park Tyan :
"-Je... je tiendrais le coup.
Juste un vertige. Une autre dose et ça ira..."
Ba Hiep Diep :
"-Si tu le dis...
À toi de voir mais quoi que tu décides, ne me déçois pas.
Ton utilité n'est qu'à la hauteur de ton efficacité."
Park n'écoutait déjà plus.
Dans son bras, l'aiguille d'une cartouche d'injection tremblait tout en diffusant le mélange d'un bleu turquoise dans ses veines.
Le torrent d'adrénaline qui envahit son organisme la fit haleter un instant avant qu'elle ne bondisse sur ses pieds.
D'une touche du pouce, elle raccrocha le téléphone avant de reprendre sa mission.
-----------------------
Composition des différents services publiques de la République Nationale Viek :
Avant et après la "Grande Offensive du MRP"
[img]http://img59.imageshack.us/img59/6955/forcevkpurge.png[/img]
Sean Tin, République Nationale Viek
Centre ville
La cascade d'eau chaude s'arrêta et, à tatons, Rakhoth chercha l'essuie de bain pour éponger son visage.
L'homme, malgré son age, restait bien bâti.
Des années à lutter dans les forêts et montagnes, combinées à un soin naturel pour son physique afin de préserver l'image d'un leader.
C'est que, au sein de Force VK, l'image importait beaucoup.
L'homme avait fait du chemin depuis les premières heures de la résistance.
Après l'invasion Eranéenne, il avait monté son propre groupe à partir de divers éléments brisés de l'armée régulière en déroute.
Il lui avait fallut du temps pour s'imposer parmi les inombrables factions armées qui peuplaient les campagnes.
Mais il avait fini par faire son trou et par imposer Force VK comme une force puissante.
Le soutien reçu par l'internationale anti-kiroviste n'avait pas fait de mal non plus à cet égard.
Cette petite faction était aujourd'hui l'une des plus puissantes au Viek Kiong.
Moins influente sur le plan électoral que le Front Socialiste Viek ou le Parti Nationaliste Makiran.
Mais militairement, il était à égalité avec chacun d'eux.
Hors, si la phase militariste prenait lentement fin, le pouvoir restait au bout du canon.
Pour l'heure toutefois, les pensées de Rakhoth était d'avantage tournée vers les évenements en cours.
Les paroles de "Smith" lui revenait avec force.
"Il sera même totalement purifié, je vous le promet."
Au vu des moyens que proposaient d'utiliser ce salopard, quantité d'innocents Vieks perdraient la vie.
Mais ceux qui survivraient, les pures Vieks de corps et d'esprit, rebâtiraient une grande nation.
La simple connaissance que la République disposait d'une arme biologique suffirait à tenir l'Eran et le Raksasa à distance.
Et à la tête de la République, Rakhoth imposerait sa vision.
Il ne pouvait toutefois s'empêcher de penser qu'il faisait une grosse connerie.
Un scrupule, sans doute, un doute bien naturel quand on manipulait des forces aussi imprévisibles.
D'ailleurs, il y avait en effet un risque, même s'il avait demandé quelques garanties avant de se salir les mains, littéralement.
Mais quand même... Il était déjà trop tard mais il ne pouvait s'empêcher d'avoir des regrets.
Peut être qu'une autre solution, moins radicale, était possible ?
Rakhoth Sar :
"-Non !! Foutaise sentimentaliste !! Et c'est trop tard, de toute façon !!"
Son poing heurta le carrelage du mur tandis qu'il achevait de se sècher.
Le léger engourdissement l'aida à raffermir s'éclaircir les idées :
Ce n'était pas avec des demi-mesures et des hésitations qu'on changeait les choses.
S'il avait voulu être le "gentil" de l'histoire, il serait probablement déjà mort, gisant dans une rizière, quelque part dans les montagnes.
Il avait fait exécuté de nombreux frères d'armes, parfois même de vrais amis, car ils étaient soupçonnés d'être des traitres vendus à l'Eran.
Ou parce que leurs actions et paroles menaçaient d'écarter Force VK de sa route.
Il n'allait pas maintenant reculer.
Pas maintenant. Les choses avaient déjà progressées trop loin.
Tout ce qu'il pouvait faire à présent, c'était achever les préparatifs.
Dans une semaine, il quitterait le pays pour prendre des vacances officielles.
Visiter un cousin au Schlessien.
Il y passerait en fait seulement quelques jours, avant de revenir en urgence au pays lorsque les premiers cas seraient révélés.
Demain était son dernier devoir officiel :
Une réunion du Comité d'Unité Nationale.
La belle blague, ce truc-là, aussi.
Une brochette d'idiot qui croyait pouvoir diriger par concensus.
Quand tout ceci serait fini, il les remplacerait tous par des gens déterminés et acquis à sa cause.
Des gens comme la jeune personne avec qui il avait rendez-vous ce soir.
Devant le miroir, Rakhoth acheva de vérifié sa toilette, préparant le rasoir et la mousse en chantonnant une chanson à la mode.
Penser à la soirée à venir le mettait de bonne humeur et l'aidait à chasser ses idées noires.
Se concentrer sur l'instant présent, voilà la clé du bonheur, disaient certains moines.
La lame entama l'ombre de barbe sur sa joue quand on toqua à la porte de sa chambre.
À la veille de ces réunions du Comité, Rakhoth résidait toujours dans un des hotels de la capital, réservés aux barbares friqués.
Il n'avait rien commandé au service d'étage.
L'identité du visiteur s'imposa donc d'elle-même.
Elle était là.
Rakhoth Sar :
"-Une minute !!"
La voix était chantonnante, l'anticipation joyeuse s'y lisait clairement.
Rakhoth hésita un instant tout en essuyant les restes de mousse.
Devait-il la faire attendre et en profiter pour enfiler quelque chose de décent ?
Bah !! Ce n'était pas comme si la suite implicite de ce "diner d'affaire" pouvait être ignorée.
Autant jouer directement carte sur table... et peut être même sauter le diner.
Elle désirait s'aligner et rejoindre le camp des vainqueurs ? Autant qu'elle joue franc jeu, alors.
C'est donc une simple serviette autour de la taille qu'il ouvrit la porte.
Rakhoth Sar :
"-Liberty-chan. Vous êtes un peu en avance.
Une qualité rare chez une femme."
Park Tyan :
"-Sar-san... Vous savez que je n'aime pas qu'on m'appelle ainsi.
Utilisez donc mon véritable nom."
Rakhoth Sar :
"-Désolé, Park. Radieuse, comme d'habitude, au fait.
Mais un peu formel, peut être. L'uniforme officiel pour un diner à deux..."
Et effet, Park Tyan, alias Liberty-Chan, n'avait pas exactement opté pour la tenue la plus provocatrice qui soit.
Une situation qui mettait Rakhoth, à moitié nu, dans une situation embarassante.
Avait-il mal intérprété l'offre de la jeune femme ? Et n'avait-elle pas compris le sous-entendu de son invitation ?
Park Tyan :
"-Je crains que ce diner ne doive être remis à plus tard, Sar-san.
Des nouvelles inquiétantes sont arrivées de la frontière avec l'Eran.
Tout les membres du Comité ont pour instruction de rejoindre la commanderie la plus proche pour le protocole d'urgence."
Rakhoth Sar :
"-Hein ?!"
Le ton calme sur lequel elle lui annonçait cela...
Et pourquoi aucun de ses subordonnés ne l'avaient-ils contacté à ce propos ?
Il avait son portable, toujours actif au cas où.
Et "instruction" de qui, bordel ?
Le Comité Réduit ? Il siégeait au Comité Réduit, bon sang !!
Park Tyan :
"-... récente et encore non vérifiée.
Aussi, pour éviter la panique, l'État-Major n'a communiqué qu'avec quelques personnes.
J'ai proposé de vous annoncer la nouvelle moi-même, vu que nous devions de toute façon nous voir.
Si c'est bien une invasion, nous ne devons pas donner à l'ennemi l'opportunité de décapité la République et..."
Rakhoth Sar :
"-Aaaaarh !! Ok, ok, j'ai compris !!
Merci pour cette attention mais honnêtement, j'aurai préféré parlé directement à un membre de l'État-Major !!
Bon, donnez-moi quelques minutes pour m'habiller et nous pourrons partir.
Une escorte doit nous rejoindre, non ?"
Park Tyan :
"-Elle attend déjà. Je suis venu avec eux.
Pas besoin de quatre voitures quand deux suffisent.
Votre escorte est partie chercher le conseillé Tun Gap."
Rakhoth retourna dans la salle de bain pour se changer.
Il se sentait soudainement moins à l'aise à l'idée de révéler son intimité à la Porte-Parole du gouvernement.
La romance avait disparu mais la politique demeurait.
Rakhoth Sar :
"-Une belle économie de moyens.
Sinon, concernant la raison du diner de ce soir, je suppose que votre offre reste d'actualité.
Force VK aurait beaucoup à gagner à savoir que la voix du Viek Kiong nous soutient.
Et au fond, j'aurai dû toujours le savoir : vous faisiez partie de Unité Makiran avant la guerre, non ?
J'avais un fils qui était aussi dans ce mouvement.
Personnellement, l'idée d'un Makara unifié n'est pas ma tasse de thé mais il est évident qu'il nous faut une culture nationale forte.
Notre identité importe d'avantage que notre modèle socioéconomique.
Ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi vous avez attendu aussi longtemps avant de me contacter."
Park Tyan :
"-Le moment n'était pas propice."
Rakhoth Sar :
"-Mouais... dites surtout que vous vouliez être certaine de miser sur le bon cheval.
Les derniers développements doivent vous avoir convaincu, donc.
Notre nation est plus unie que jamais et ces faiblards de demi-rouges du FSV perdent chaque jour un peu plus de leur influence."
Park Tyan :
"-La montée en influence de FVK et du PNM ne peut en effet pas être ignorée.
Si mes convictions à long terme sont pour le panmakiranisme, j'estime que, pour l'instant, il nous faut surtout un leadership fort et affirmé.
Un leadership national, cela va de soit. Pas un vague sentiment confédéraliste qui ne profiterait qu'au Raksasa."
Rakhoth Sar :
"-Bien parlé !! Je vous sens un peu trop modérée sur certains aspects.
Mais l'important est que nous nous comprenions sur l'essentiel, je suppose."
Il sortit de la salle de bain, pantalon et chemise mal fermés mais cachant l'essentiel.
Quelques minutes de plus et il fut prêt à descendre en rue.
Il leur fallut à peine quelques minutes pour rejoindre l'escorte qui attendait devant les voitures.
Park Tyan :
"-Je monte dans l'autre voiture.
Question de protocole : jamais deux cibles dans un même panier."
Rakhoth Sar :
"-Oui, oui, je connais le protocole aussi.
Même si en l'occurence, il est bien génant.
À tout à l'heure, Park-chan."
Park Tyan :
"-À tout à l'heure... Sar-san"
C'est avec un sourire et un salut timide de la main qu'elle fit ses adieux au chef de Force VK.
Car il s'agissait bien là d'un adieu.
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01/10/2018
Sean Tin, République Nationale Viek
Quartiers des docks
La voiture s'arrêta.
Et les doutes que Rakhoth Sar entretenait depuis quelques minutes déjà se confirmèrent.
Il eut un sourire amer.
Rakhoth Sar :
"-La petite garce..."
L'un des deux miliciens au volant de la berline sortit et ouvrit la porte à coté du siège de Rakhoth.
Enfin, "milicien"... ils étaient des agents des Cellules d'information et contre-espionnage.
C'était à présent évident pour le politicien.
Au sein de Force VK, identifier ces agents étaient une tâche permanente pour leur limité l'accès aux informations sensibles.
Mais impossible d'être toujours certains que vos propres hommes n'avaient pas des intérêts divergeants des vôtres.
En temps normal, en cas d'évacuation d'urgence, cela aurait été un trio de prétoriens issus de ses plus loyaux adeptes qui l'aurait accompagné.
Ils auraient conduits, il lui aurait obéi en toute chose et l'auraient protégé avec leur vie.
Mais là, dans la précipitation, Rakhoth n'avait pas analysé la situation à froid.
Il avait pensé avec sa bite, laissant l'apparence naive de Park lui faire croire qu'il n'avait rien à craindre.
Un membre du sexe faible, surtout une idéaliste comme Park, qu'il connaissait depuis des années, ne pouvait pas être dangereuse.
Pensée machiste ? Peut être mais c'était si facile de s'y laisser aller quand on se croyait invincible.
Et qu'une jeune femme se jetait à vos pieds à cause de ça.
La jeune femme en question l'avait abusé.
Et il se retrouvait à présent seul, sur les quais, sans arme, sans escorte... et même sans moyen de communication :
Il avait réalisé trop tard qu'il avait "oublié" son téléphone portable.
La vérité s'imposait maintenant à lui : durant le temps qu'il avait passé dans la salle de bain, Park avait dû dérobé l'objet.
Elle l'avait ensuite pressé et avait détourné son attention de ce genre de détails.
Ce n'était qu'une fois installé dans la berline et en route qu'il avait constaté l'absence du téléphone dans son veston.
Quand il avait pensé à appeller son secrétaire pour informer les cadres de Force VK de la situation d'urgence.
Le tour de passe-passe avait été simple, en fait.
Une question importante : pourquoi ?
Mais considérant qu'il serait bientôt un cadavre, cela semblait soudainement trivial pour Rakhoth.
Rakhoth Sar :
"-Vous m'accorderez une dernière cigarette, au moins ?"
Sa femme n'aimait pas qu'il fume.
Il avait donc chercher à limiter cette habitude.
Mais là, en ses derniers moments...
Agent :
"-Pourquoi ? Ta mort n'est pas prévue. Pas aujourd'hui, en tout cas."
Il ouvra la bouche pour poser une question qui n'était pas encore formée dans son esprit.
Le son de ses mots, quels qu'ils furent, s'étouffa dans une cagoule noire.
Une douleur soudaine dans ses bras, rabattus en arrière avec force, suivi par la morsure du plastique dans ses poignets.
Le deuxième agent avait agit vite.
Pour la deuxième fois de la soirée, un léger engourdissement dans ses mains l'aida à s'éclaircir les idées :
Bien entendu, ils n'allaient pas le tuer.
À travers lui, ils avaient accès à toute la structure de Force VK.
Nouvelle question, et cette fois elle le tourmentait :
Qui étaient "ils" ?
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Les cellules d'information et contre-espionnage.
Officiellement, un outil de renseignement et de police de la République.
Dans les faits, un simple ensemble de cellules natives téléguidées par les Services Spéciaux Wapongais.
Et l'un des nombreux moyens au travers duquel, depuis trois ans, le Directoire de la République Souveraine du Wapong dirige le Viek Kiong.
Pourtant, la domination Wapongaise était loin d'être absolue.
Au lendemain de la victoire sur l'Eran, Force VK était soudainement apparue comme une faction militaire majeure, le MRNV avait dû rendre des comptes.
Une faction aussi puissante avait pu grandir en parallèle des autres mouvements bien infiltrés et bien contrôlés.
Sans que le Wapong ne s'en apperçoivent.
Sans information sur ces mystérieux acteurs, aucune action directe et rapide n'était possible.
Le Viek Kiong devait resté uni.
Il avait fallu trois ans et un long travail de sape, aussi bien via des mesures gouvernementales que dans l'ombre via les espions.
Mais Force VK, troisième parti politique du pays et dangereux électron libre, avait été mis à nu.
Ses chefs, sa hiérarchie, ses ressources financières, ses soutiens parmi la population, sa logistique pour transporter et communiquer.
La création de l'ensemble des organes de la République Nationale Viek avait visé à diviser les partis, à disperser leurs forces.
Et donc dilluer leurs influences pour éviter des dominations locales et de possibles insurections.
La surmilitarisation de la société avait eu lieu.
Organisée en "bataillons" jusque dans les domaines d'activité civil, la société avait été contrôlée par une stricte hiérarchie.
La jeunesse elle-même avait été canalysée vers une seule filière, les Jeunesses Républicaines Viek.
Afin de couper court à toute possibilité de désinformation et d'embrigadement local.
Les bureaux d'harmonisation avaient permi de marginaliser le rôle pratique des commanderies.
Dirigées par d'anciens seigneurs de guerre, elles perdaient de leur influence réelle au profit d'une bureaucratie politiquement neutre.
Mais toute cette centralisation avait aussi ses propres risques.
Le système demeurait dirigé par des individus, lesquels avaient leur couleur politique officieuse et leurs allégeances non-officielles.
Il avait fallut du temps pour identifier où Force VK disposait d'appuis et à travers qui.
La multiplication des projets avec les entreprises étrangères et les aides humanitaires internationales aidaient à voir les intérêts locaux.
Et selon l'ardeur avec laquelle Force VK avait défendu ou combattu tel ou tel projet, on pouvait deviné où ses supporters se trouvaient.
Contrairement au MRP, Force VK avait accepté de rejoindre le gouvernement.
Cela l'avait forcé à avancer à découvert.
Ses membres étaient connus.
Ses supporters étaient visibles.
Ils avaient été intégré dans le gouvernement afin qu'ils ne voient pas l'utiliter de travailler hors du gouvernement.
Aujourd'hui, l'édifice social qu'était Force VK était visible et connu.
Et à l'aide de quelques charges bien placées, le Wapong l'enverrait s'écrouler au sol.
Park Tyan venait d'achever de faire détonner une de ces charges :
À ses pieds, le cadavre du Général Cao, membre de l'État Major, nommé à sa fonction afin de plaire à Force VK.
Elle enleva le silencieux sur le pistolet avant de le ranger.
L'homme avait été pris par surprise, comme la majorité de ceux qui allaient mourir ou être capturés ce soir.
Téléphone satellite à la main, Park contacta le "Maître".
Un complexe système de cryptage et retransferts du signal s'initia avant que la voix de Ba Hiep Diep ne gronde dans le combiné.
Ba Hiep Diep :
"-Cela fait vingt-six, donc..."
Park Tyan :
"-Vingt-sept. Le Colonel Nim était aussi là. Un imprévu en notre faveur, pour finir.
Mais j'aimerai autant éviter d'autres surprises de ce genre.
Il a bien failli avoir ma tête."
Ba Hiep Diep :
"-Où serait l'intérêt si tout était connu d'avance ? Ce sont ces petits imprévus qui pimentent notre profession, ma belle."
Park Tyan :
"-J'espère au moins que tout se déroule comme prévu ailleurs.
Assassiner juste une trentaine d'officiels n'aiderait pas notre cause."
Ba Hiep Diep :
"-Un petit oiseau m'a dit que nous approchions déjà les 800 officiels.
Le cap du millier est proche.
Je n'ai pas encore d'informations pour les cibles secondaires mais vu les moyens mis en oeuvre..."
Park Tyan :
"-Bien. Je vais m'y remettre.
J'ai perdu assez de temps et je... Oooh !!"
Ba Hiep Diep :
"-Oooh ?
J'ose espéré que le petit cocktail ne montre pas déjà ses effets secondaires ?
La nuit est encore longue et je crois savoir que tu as un pari avec Megumi.
Elle en est déjà à trente-deux, au fait..."
Park Tyan :
"-Je... je tiendrais le coup.
Juste un vertige. Une autre dose et ça ira..."
Ba Hiep Diep :
"-Si tu le dis...
À toi de voir mais quoi que tu décides, ne me déçois pas.
Ton utilité n'est qu'à la hauteur de ton efficacité."
Park n'écoutait déjà plus.
Dans son bras, l'aiguille d'une cartouche d'injection tremblait tout en diffusant le mélange d'un bleu turquoise dans ses veines.
Le torrent d'adrénaline qui envahit son organisme la fit haleter un instant avant qu'elle ne bondisse sur ses pieds.
D'une touche du pouce, elle raccrocha le téléphone avant de reprendre sa mission.
-----------------------
Composition des différents services publiques de la République Nationale Viek :
Avant et après la "Grande Offensive du MRP"
[img]http://img59.imageshack.us/img59/6955/forcevkpurge.png[/img]
-
Johel3007
18/11/2018
????
?????
La lumière faiblit enfin.
La peinture blanche apposée sur les cloisons de la cabine, cessa de refléchir l'éclat brûlant du projecteur.
Assi dans un coin, pieds et poignets menotés par des lanières en plastique, Rakhoth Sar ouvrit les yeux pour la première fois depuis ce qui semblait une éternité.
Ses rétines, fatiguées par la blanche lueur, savourèrent l'obscurité soudaine et absolue qui règnait dans la pièce.
Même avec les paupières closes, il avait été difficile de trouver le sommeil quand des lampes de 500 Watts illuminaient chaque angle.
Également d'un grand soulagement fut le silence, le vrai, l'absolu.
Ses geoliers avaient insonorisés la pièce et l'avait privé de la parole via un baillon.
Le seul son qui lui était parvenu ces derniers jours était le grésillement éléctrique des lampes.
Diffus au début, inaudible, il était vite devenu assourdissant à mesure que l'ouille de Rakhoth ne pouvait ignoré la seule source de stimulation.
Ce silence, à présent, le prisonnier en appréciait chaque seconde.
Il ne s'écoula pourtant guère plus de quelques minutes avant que silence et obscurité ne soient déchirés par le grincement métalique d'une porte s'ouvrant sur un couloir éclairé.
Dans l'encadrement de l'écoutille, un homme en uniforme bleu foncé se tenait.
Il avança vers Rakhoth d'un pas décidé, levant l'homme d'une main, le hissant sur ses jambes tremblantes avant de le pousser sans un mot vers la sortie.
Les privations de nourriture et d'eau avaient affaibli l'ancien leader de Force VK et sa tête était lourde, son esprit embrumé par le manque de sommeil.
Il chercha toutefois à maintenir les apparences de la dignité tandis qu'on le menait vers ce qui serait sans doute un interrogatoire.
Titubant à chaque pas dans le couloir, il eu l'occasion de remarqué l'aspect brouillon et mal fini des paroies.
Évacué en pleine nuit par bateau, puis par hélicoptère puis par cannot à moteur et enfin par bateau, il était resté encagoulé durant le voyage.
Aucune idée d'où il se trouvait. Il savait qu'il était en mer, toutefois.
Quand on est immobilisé pendant des jours, on finit par noter le tangage.
La question restait la même : qui était donc ses geoliers ?
Sans doute l'Eran... ou la Rostovie.
Il avait assez fait pour s'opposer aux rouges.
Ou peut être l'Empire ? Non, jamais les Raksasans n'auraient pris le risque.
On le fit descendre un escalier improvisé, fait d'échelles boulonnées aux cloisons, incroyablement raide.
Et dangereusement difficile à descendre avec les chevilles toujours attachées.
De longues séries de corridors entre chaque échelle, visiblement pour ralentir une possible évasion et rendre difficile la progression.
Finalement, le labyrinthe prit fin au cinquième escalier.
Une porte fut ouverte et le vent frais et salé du grand large balaya le visage de Rakhoth.
Tandis que la semi-pénombre des couloirs fut remplacée par la clarté naturelle du soleil, à peine filtrée par une bache en tissu.
Là, devant lui, les silouhettes encore floues d'une quarantaine d'autres détenus apparurent.
Certains étaient jaunes, d'autres noirs, d'autres blancs.
Tous avaient l'air misérables et résignés.
-----------------------
Navire cargo "WSS YT-007"
Mer Australe, eaux territoriales du Raksasa
Capitaine Tuy :
Yamato Transport
"-Et voilà votre rendez-vous de 14h00, Madame."
Accoudée à la rambarde en métal du pont d'observation, l'Agent Tourterelle dominait la cour où les détenus prenaient l'air.
Le WSS "Rusted Tin" était la version Wapongaise d'une prison de haute sécurité mobile :
Un navire cargo, rempli à raz-bord de conteneurs.
Ces derniers formaient un ensemble cohérant et modulaire où les infrastructures requises pouvaient être ensuite installées.
On avait découpé des ouvertures où cela était nécessaire, transformant certains en cellules.
D'autres en couloir, en salle d'interrogation, en infirmerie, en cuisine, en dortoir, en armurerie...
Une prison flottante et mobile, réalisée à moindre coût et, vue du ciel ou d'un autre navire, indistinguable d'un autre navire cargo.
Le tonnage l'empêchait de mouiller à quai dans la majorité des ports, lui fournissant une excuse pour rester au large.
Et recourir à des navires intermédiaires pour le chargement, une mesure utile autant pour la sécurité du cargo que pour la discrétion quant à sa nature.
[img]http://img820.imageshack.us/img820/3703/containership1.jpg[/img]
La Cause en opérait une bonne dizaine à travers le monde, sous le pavillon de différents pays, au nom de différentes entreprises.
Mais cela, l'agent n'en savait rien. Elle ignorait même ce qu'était la Cause.
Elle savait juste que les Services Secrets Wapongais avaient accès à cette prison via un accord avec la Yamato Shipyards.
Elle savait aussi que sa mission, la raison de sa présence, était d'interroger un nouvel arrivant.
L'homme était un politicien étranger, une grosse pointure enlevée il y a maintenant un peu plus d'un mois.
En soit, il ne détenait aucune information vitale ou urgente.
Mais Ba Hiep Diep avait jugé bon de voir ce qui pourrait être récupéré, juste au cas où.
On ne savait jamais si, par hasard, une mine d'or potentielle n'était pas cachée dans les replis de son cerveau.
Et puis, ce n'était pas comme si cela coûtait beaucoup :
L'homme n'irait de toute façon nulle part, maintenu en vie jusqu'à ce que son utilité prenne fin.
Il devait déjà être brisé par la faim et la fatigue.
Cela ne prendrait que quelques heures, tout au plus une journée.
Sinon, tant pis :
Pour elle, son "patient" suivant.
Pour lui, retour dans une lumineuse cellule...
????
?????
La lumière faiblit enfin.
La peinture blanche apposée sur les cloisons de la cabine, cessa de refléchir l'éclat brûlant du projecteur.
Assi dans un coin, pieds et poignets menotés par des lanières en plastique, Rakhoth Sar ouvrit les yeux pour la première fois depuis ce qui semblait une éternité.
Ses rétines, fatiguées par la blanche lueur, savourèrent l'obscurité soudaine et absolue qui règnait dans la pièce.
Même avec les paupières closes, il avait été difficile de trouver le sommeil quand des lampes de 500 Watts illuminaient chaque angle.
Également d'un grand soulagement fut le silence, le vrai, l'absolu.
Ses geoliers avaient insonorisés la pièce et l'avait privé de la parole via un baillon.
Le seul son qui lui était parvenu ces derniers jours était le grésillement éléctrique des lampes.
Diffus au début, inaudible, il était vite devenu assourdissant à mesure que l'ouille de Rakhoth ne pouvait ignoré la seule source de stimulation.
Ce silence, à présent, le prisonnier en appréciait chaque seconde.
Il ne s'écoula pourtant guère plus de quelques minutes avant que silence et obscurité ne soient déchirés par le grincement métalique d'une porte s'ouvrant sur un couloir éclairé.
Dans l'encadrement de l'écoutille, un homme en uniforme bleu foncé se tenait.
Il avança vers Rakhoth d'un pas décidé, levant l'homme d'une main, le hissant sur ses jambes tremblantes avant de le pousser sans un mot vers la sortie.
Les privations de nourriture et d'eau avaient affaibli l'ancien leader de Force VK et sa tête était lourde, son esprit embrumé par le manque de sommeil.
Il chercha toutefois à maintenir les apparences de la dignité tandis qu'on le menait vers ce qui serait sans doute un interrogatoire.
Titubant à chaque pas dans le couloir, il eu l'occasion de remarqué l'aspect brouillon et mal fini des paroies.
Évacué en pleine nuit par bateau, puis par hélicoptère puis par cannot à moteur et enfin par bateau, il était resté encagoulé durant le voyage.
Aucune idée d'où il se trouvait. Il savait qu'il était en mer, toutefois.
Quand on est immobilisé pendant des jours, on finit par noter le tangage.
La question restait la même : qui était donc ses geoliers ?
Sans doute l'Eran... ou la Rostovie.
Il avait assez fait pour s'opposer aux rouges.
Ou peut être l'Empire ? Non, jamais les Raksasans n'auraient pris le risque.
On le fit descendre un escalier improvisé, fait d'échelles boulonnées aux cloisons, incroyablement raide.
Et dangereusement difficile à descendre avec les chevilles toujours attachées.
De longues séries de corridors entre chaque échelle, visiblement pour ralentir une possible évasion et rendre difficile la progression.
Finalement, le labyrinthe prit fin au cinquième escalier.
Une porte fut ouverte et le vent frais et salé du grand large balaya le visage de Rakhoth.
Tandis que la semi-pénombre des couloirs fut remplacée par la clarté naturelle du soleil, à peine filtrée par une bache en tissu.
Là, devant lui, les silouhettes encore floues d'une quarantaine d'autres détenus apparurent.
Certains étaient jaunes, d'autres noirs, d'autres blancs.
Tous avaient l'air misérables et résignés.
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Navire cargo "WSS YT-007"
Mer Australe, eaux territoriales du Raksasa
Capitaine Tuy :
Yamato Transport
"-Et voilà votre rendez-vous de 14h00, Madame."
Accoudée à la rambarde en métal du pont d'observation, l'Agent Tourterelle dominait la cour où les détenus prenaient l'air.
Le WSS "Rusted Tin" était la version Wapongaise d'une prison de haute sécurité mobile :
Un navire cargo, rempli à raz-bord de conteneurs.
Ces derniers formaient un ensemble cohérant et modulaire où les infrastructures requises pouvaient être ensuite installées.
On avait découpé des ouvertures où cela était nécessaire, transformant certains en cellules.
D'autres en couloir, en salle d'interrogation, en infirmerie, en cuisine, en dortoir, en armurerie...
Une prison flottante et mobile, réalisée à moindre coût et, vue du ciel ou d'un autre navire, indistinguable d'un autre navire cargo.
Le tonnage l'empêchait de mouiller à quai dans la majorité des ports, lui fournissant une excuse pour rester au large.
Et recourir à des navires intermédiaires pour le chargement, une mesure utile autant pour la sécurité du cargo que pour la discrétion quant à sa nature.
[img]http://img820.imageshack.us/img820/3703/containership1.jpg[/img]
La Cause en opérait une bonne dizaine à travers le monde, sous le pavillon de différents pays, au nom de différentes entreprises.
Mais cela, l'agent n'en savait rien. Elle ignorait même ce qu'était la Cause.
Elle savait juste que les Services Secrets Wapongais avaient accès à cette prison via un accord avec la Yamato Shipyards.
Elle savait aussi que sa mission, la raison de sa présence, était d'interroger un nouvel arrivant.
L'homme était un politicien étranger, une grosse pointure enlevée il y a maintenant un peu plus d'un mois.
En soit, il ne détenait aucune information vitale ou urgente.
Mais Ba Hiep Diep avait jugé bon de voir ce qui pourrait être récupéré, juste au cas où.
On ne savait jamais si, par hasard, une mine d'or potentielle n'était pas cachée dans les replis de son cerveau.
Et puis, ce n'était pas comme si cela coûtait beaucoup :
L'homme n'irait de toute façon nulle part, maintenu en vie jusqu'à ce que son utilité prenne fin.
Il devait déjà être brisé par la faim et la fatigue.
Cela ne prendrait que quelques heures, tout au plus une journée.
Sinon, tant pis :
Pour elle, son "patient" suivant.
Pour lui, retour dans une lumineuse cellule...
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Johel3007
24/11/2018
Bureau de la Défense,
Wapong-City,
District 1
Les ombres dançaient entre les lumières tamisées de la pièce et l'image changeante de la projection holographique.
Elles accentuaient la gravité de l'expression sur le visage de Cat Tuong tandis qu'il regardait l'enregistrement avec un intérêt inquiét.
[quote]-[...]ne savais pas. Je n'avais aucune idée jusqu'à ce qu'il soit déjà trop tard.
Quand nous nous sommes encontré, j'ai vu les opportunités.
Notre nation était à genoux à cause de la faiblesse du Sénat et de l'avidité des étrangers.
C'était peut être un pacte avec le démon mais les méthodes honorables ne nous avaient rien apporté.
Vous devez comprendre. Force VK est responsable mais... mais pas coupable.
Je regrette vraiment d'avoir fait partie de cette organisation de fous, dirigés par des psychopathes.
Inconsciemment, je l'ai sans doute toujours sû, que ça finirait mal, qu'on allait droit dans le mur.
Mais j'ai préféré l'ignorer. Quand vous êtes au coeur de la tempête, vous ne réalisez pas à quel point les choses sont atroces.
C'est seulement après quand ça se calme, en prenant un peu de recul comme ces derniers jours...
Oh par les Kamis !!![/quote]
Ba Hiep Diep :
Directeur Général des Services Spéciaux
"-Ah, c'est la partie chiante où il se met à chialer !! On va avancé jusqu'à ce que je voulais vous montrer."
[quote]-[...]par la nourriture et par l'eau.
Avec les campagnes sous contrôle par les CTA, l'accès à la nourriture était restreint pour le MRP.
Les convois secrets depuis l'Eran ne suffisait pas.
Il devait utilisé le marché noir, le vol dans des entrepôts, le racket des paysans...
On a autorisé un brèche dans la sécurité, dans un entrepot d'une commanderie sous contrôle de Force VK.
De la viande, contaminée par le virus, y était stockée.
Il n'a fallut que quelques jours pour que le MRP morde à l'hameçon.
À partir de là, il suffisait d'attendre."
"-Il y avait quand même un risque.
Cette nourriture aurait pu attérir n'importe où, non ?"
"-Oui. Oui, c'était un risque. Mais vous ne comprenez pas.
Vous ne pouvez pas comprendre.
Ce poison qui ronge le Makara... qui ronge le Viek Kiong !!
L'approvisionnement en nourriture des partisans de Force VK était bien contrôlé.
Seuls les autres, les infidèles, auraient été atteints.
Aucun des vrais Vieks, ceux qui croyent vraiment en notre cause et sont obéissants, n'auraient été contaminés !!"
"-Continuez."
"-Force VK, une fois le pays purifié, aurait dû assumé la gouvernance.
Rebâtir la nation Viek sur des bases saines.
C'est con, en fait : on a essayé de prendre le contrôle de l'intérieur du système.
Mais on a jamais pensé que quelqu'un pouvait faire la même chose en même temps.
Terrerov[...][/quote]
Cat Tuong :
Directeur Général à la Défense
"-Terrerov ?!! Vladislav Terrerov !!? Au Viek Kiong ?!!"
Ba Hiep Diep :
Directeur Général des Services Spéciaux
"-Chuuut !! C'est la dernière fois que je regarde un film avec vous, vraiment..."
Cat Tuong :
Directeur Général à la Défense
"-Au diable ce film, bon sang !! Nous avons des analystes bien plus compétents que moi pour ça !!"
Ba Hiep Diep :
Directeur Général des Services Spéciaux
"-Nos "alliés" en ont de plus compétents encore.
Si je vous le montre, c'est pour décider si nous désirons vraiment faire appel à eux... et si rien de compromettant n'est visible sur cette bande.
Le nom de notre principal agent au Viek Kiong y est cité à plusieurs reprises."
Cat Tuong :
Directeur Général à la Défense
"-Vous semblez déjà avoir identifier ce qui pourrait causer problème.
Et vous ne me montrerez de toute façon que ce qui vous arrange, pas vrai ?
Donnez-moi votre idée et qu'on en finisse..."
Ba Hiep Diep :
Directeur Général des Services Spéciaux
"-Vous voyez, c'est pour ça que vous êtes un mauvais joueur.
Seul le résultat vous intéresse.
Bon, en clair, le Viek Kiong est foutu. Ou en tout cas, les Vieks le sont.
On peut estimé entre 10 et 20 millions de morts.
Si la maladie sort du pays, cela se chiffrera en centaines de millions au Makara et pourrait atteindre le milliards à l'échelle de la planète.
L'aide humanitaire actuelle contribuera à rendre la quarantaine un peu plus efficace.
On interroge toujours Sar concernant les informations que ce "Smith" lui a donné sur la maladie et les moyens de protection ou prévention.
Mais si vous voulez mon avis, smitty lui a balancé des conneries juste pour le rassurer :
Il n'avait aucune intention de voir un seul membre de Force VK survivre à cet épidémie.
Au contraire : en leur donnant l'impression qu'ils seraient immunisés, il les a littérallement jeter en pâture au virus en les poussant en première ligne.
Procédure de sécurité de base quand une opération devient trop visible : on nettoye ses traces en éliminant les témoins potentiels."
Cat Tuong :
Directeur Général à la Défense
"-De ce coté-là, les prisonniers... Que dit le rapport médical ?"
Ba Hiep Diep :
Directeur Général des Services Spéciaux
"-J'y viens, j'y viens. Pas d'inquiétude.
Concernant Terrerov, je propose de contacter les services secrets de nos alliés mais aussi ceux de la Sainte Alliance.
Un petit oiseau m'a dit que les curés avaient un oeuf à peller avec ce gentelman."
Bureau de la Défense,
Wapong-City,
District 1
Les ombres dançaient entre les lumières tamisées de la pièce et l'image changeante de la projection holographique.
Elles accentuaient la gravité de l'expression sur le visage de Cat Tuong tandis qu'il regardait l'enregistrement avec un intérêt inquiét.
[quote]-[...]ne savais pas. Je n'avais aucune idée jusqu'à ce qu'il soit déjà trop tard.
Quand nous nous sommes encontré, j'ai vu les opportunités.
Notre nation était à genoux à cause de la faiblesse du Sénat et de l'avidité des étrangers.
C'était peut être un pacte avec le démon mais les méthodes honorables ne nous avaient rien apporté.
Vous devez comprendre. Force VK est responsable mais... mais pas coupable.
Je regrette vraiment d'avoir fait partie de cette organisation de fous, dirigés par des psychopathes.
Inconsciemment, je l'ai sans doute toujours sû, que ça finirait mal, qu'on allait droit dans le mur.
Mais j'ai préféré l'ignorer. Quand vous êtes au coeur de la tempête, vous ne réalisez pas à quel point les choses sont atroces.
C'est seulement après quand ça se calme, en prenant un peu de recul comme ces derniers jours...
Oh par les Kamis !!![/quote]
Ba Hiep Diep :
Directeur Général des Services Spéciaux
"-Ah, c'est la partie chiante où il se met à chialer !! On va avancé jusqu'à ce que je voulais vous montrer."
[quote]-[...]par la nourriture et par l'eau.
Avec les campagnes sous contrôle par les CTA, l'accès à la nourriture était restreint pour le MRP.
Les convois secrets depuis l'Eran ne suffisait pas.
Il devait utilisé le marché noir, le vol dans des entrepôts, le racket des paysans...
On a autorisé un brèche dans la sécurité, dans un entrepot d'une commanderie sous contrôle de Force VK.
De la viande, contaminée par le virus, y était stockée.
Il n'a fallut que quelques jours pour que le MRP morde à l'hameçon.
À partir de là, il suffisait d'attendre."
"-Il y avait quand même un risque.
Cette nourriture aurait pu attérir n'importe où, non ?"
"-Oui. Oui, c'était un risque. Mais vous ne comprenez pas.
Vous ne pouvez pas comprendre.
Ce poison qui ronge le Makara... qui ronge le Viek Kiong !!
L'approvisionnement en nourriture des partisans de Force VK était bien contrôlé.
Seuls les autres, les infidèles, auraient été atteints.
Aucun des vrais Vieks, ceux qui croyent vraiment en notre cause et sont obéissants, n'auraient été contaminés !!"
"-Continuez."
"-Force VK, une fois le pays purifié, aurait dû assumé la gouvernance.
Rebâtir la nation Viek sur des bases saines.
C'est con, en fait : on a essayé de prendre le contrôle de l'intérieur du système.
Mais on a jamais pensé que quelqu'un pouvait faire la même chose en même temps.
Terrerov[...][/quote]
Cat Tuong :
Directeur Général à la Défense
"-Terrerov ?!! Vladislav Terrerov !!? Au Viek Kiong ?!!"
Ba Hiep Diep :
Directeur Général des Services Spéciaux
"-Chuuut !! C'est la dernière fois que je regarde un film avec vous, vraiment..."
Cat Tuong :
Directeur Général à la Défense
"-Au diable ce film, bon sang !! Nous avons des analystes bien plus compétents que moi pour ça !!"
Ba Hiep Diep :
Directeur Général des Services Spéciaux
"-Nos "alliés" en ont de plus compétents encore.
Si je vous le montre, c'est pour décider si nous désirons vraiment faire appel à eux... et si rien de compromettant n'est visible sur cette bande.
Le nom de notre principal agent au Viek Kiong y est cité à plusieurs reprises."
Cat Tuong :
Directeur Général à la Défense
"-Vous semblez déjà avoir identifier ce qui pourrait causer problème.
Et vous ne me montrerez de toute façon que ce qui vous arrange, pas vrai ?
Donnez-moi votre idée et qu'on en finisse..."
Ba Hiep Diep :
Directeur Général des Services Spéciaux
"-Vous voyez, c'est pour ça que vous êtes un mauvais joueur.
Seul le résultat vous intéresse.
Bon, en clair, le Viek Kiong est foutu. Ou en tout cas, les Vieks le sont.
On peut estimé entre 10 et 20 millions de morts.
Si la maladie sort du pays, cela se chiffrera en centaines de millions au Makara et pourrait atteindre le milliards à l'échelle de la planète.
L'aide humanitaire actuelle contribuera à rendre la quarantaine un peu plus efficace.
On interroge toujours Sar concernant les informations que ce "Smith" lui a donné sur la maladie et les moyens de protection ou prévention.
Mais si vous voulez mon avis, smitty lui a balancé des conneries juste pour le rassurer :
Il n'avait aucune intention de voir un seul membre de Force VK survivre à cet épidémie.
Au contraire : en leur donnant l'impression qu'ils seraient immunisés, il les a littérallement jeter en pâture au virus en les poussant en première ligne.
Procédure de sécurité de base quand une opération devient trop visible : on nettoye ses traces en éliminant les témoins potentiels."
Cat Tuong :
Directeur Général à la Défense
"-De ce coté-là, les prisonniers... Que dit le rapport médical ?"
Ba Hiep Diep :
Directeur Général des Services Spéciaux
"-J'y viens, j'y viens. Pas d'inquiétude.
Concernant Terrerov, je propose de contacter les services secrets de nos alliés mais aussi ceux de la Sainte Alliance.
Un petit oiseau m'a dit que les curés avaient un oeuf à peller avec ce gentelman."
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Johel3007
27/11/2018
Izigor,
Esmark
*DING DONG*
Mme Wu :
"-Chéri, va donc voir qui ça peut être à cette heure-ci."
Le vieux Wu, installé dans le canapé devant sa télévision, poussa un soupir exaspéré alors qu'il se levait.
Qui que ce soit, il avait intérêt à avoir une bonne raison pour interrompre [url=http://www.simpolitique.com/post119193.html#119193]"La famille Deniedo"[/url].
Pour Wu et sa famille, émigré voici déjà quatre années en Esmark, cette série était un des rares moments où ils étaient tous réunis.
Un facteur d'intégration aussi : les gosses apprenaient à parler le dialecte local grâce à cette fichue émission.
Wu, lui, appréciait surtout l'humour léger après une dure journée de labeur au restaurant.
Alors quand on sonnait à la porte, fatalement...
Mr Wu :
"-Voilà, voilà... On arrive !!"
De sa main gauche, il enleva le verrou à la porte.
De la droite, il chercha à taton pour le tuyaux en plomb qu'il réservait aux visiteurs indésirables, juste au cas où.
Vieille habitude gardée de l'époque où il vivait à Lushan, au Wapong.
Quand il ouvrit la porte, ce ne fut pourtant pas exactement un voyoux qu'il trouva face à lui.
Izumi Nakara :
"-Mr Wu !! Par les Kamis, vous êtes... là !! Laissez... laissez-moi rentrer... s'il vous plait... vite !!"
Sans même réfléchir, Wu s'écarta sans dire un mot, laissant entrer celle qui était, depuis déjà quelques mois, devenu sa meilleure cliente.
Izumi Nakara était une jeune femme classe, pas encore la trentaine et pourtant avec déjà de gros diplomes et un emploi confortable.
Ou en tout cas, c'était l'impression qu'elle donnait : il ne lui avait jamais vraiment demandé ce qu'elle faisait dans la vie.
Il savait juste qu'elle venait du Wapong aussi et y retournerait sans doute dans quelques années.
Toujours polie, généreuse dans les pour-boires, pas difficile sur la cuisine, propre.
Elle était même devenue assez amie avec sa femme, malgré une différence d'age de plus de deux décennies.
Les deux femmes avaient le business dans la peau et sous leur comérage, Mr Wu voyait bien qu'elles lui préparaient une surprise.
Voilà pourquoi il n'avait pas pu dire non quand Madame Nakara, en sueur et parvenant à peine à articuler, lui avait demandé d'entrer sur un air paniqué.
Izumi Nakara :
"-Verrouillez... s'il vous plait."
Mme Wu :
"-Nakara-san !! Quelle surprise !! Mais que faites-vous ici ? Le restaurant est fermé, à cette heure.
Mon dieu, vous avez l'air horrible !! Avez-vous courru ?"
Mr Wu :
"-J'pense que le voisinage doit lui avoir fait des misères.
Sans doute les fils de Paolo qui font encore des siennes.
Grand temps que la police les embarque, ceux-là.
Ils ont cassé un carreau chez Jin la semaine dernière."
Mme Wu :
"-Oh !! Ma pauvre !! Est-ce cela ?
Venez. Venez vous assoir. Je vais apporter du thé.
Et toi, grand fainéant, ne reste pas planter là, enfin.
Appelle donc la police !!"
Izumi Nakara :
"-Non... Pas... pas la police. Je..."
Mme Wu :
"-Pas d'inquiétude, ma chère.
Les policiers d'ici ne sont pas comme au pays.
Ils sont compétents. Enfin... la plupart d'entre eux, du moins.
Et ils sont honnêtes, surtout.
Avez-vous été frappée ? On vous a prit quelque chose ?"
Izumi Nakara :
"-Non... Non, je vais bien. Mais... il ne faut pas..."
Mme Wu :
"-Ma petite, pourquoi ne voulez-vous pas la police ?
Ah !! Je sais !! Une histoire de coeur qui tourne mal.
J'évite de le mentionner devant mon époux mais, dans ma jeunesse, j'ai eu moi-même mon lot de soupirant un peu... envahissants.
Laissez-moi vous dire que s'ils ne savent pas comprendre un simple non, c'est qu'ils ne vous causeront que des problèmes.
Mieux vaut envoyer un message clair à celui-là en appellant la police.
Cela ne coûtera rien, ici."
Izumi Nakara :
"-Quoi ? Non, écoutez, sincèrement, cela va aller.
Si je peux juste utiliser votre téléphone pour appeler un taxi..."
Le vieux Wu hocha la tête et raccrocha le combiné.
Il sourit intérieurement : finalement, la soirée allait reprendre son cours rapidement.
Et demain, à midi, il pourrait s'attendre à un très généreux pour-boire.
On pouvait dire ce qu'on voulait : la générosité, ça payait...
*DING DONG*
... ou pas.
Levant les yeux au plafond, Wu soupira de plus belle.
Mr Wu :
"-Encore ?!!
Mais ils se sont passé le mot, ce soir !!"
Mme Wu :
"-Et bien va donc voir, enfin !!"
Vas donc voir, vas donc voir... Pas même un mot gentil ou un "s'il te plait".
Il était son mari, bon sang, pas son esclave.
Ah, il le sentait, quand elle était de cette humeur, les "migraines" n'étaient pas loin.
Il pourrait sans doute faire un noeud dedans pour ce soir.
Bon, la porte... à peine ouverte, elle révéla deux malabarts, des Esmarkiens.
Chouette blouson de cuir. Chouettes pompes aussi. Wu serra le tuyau de plomb.
Mr Wu :
"-Ouais, c'est pour quoi ?"
???? :
"-Dégage, face de citron."
Wu avait une réplique sur le bout de la langue.
Un truc malin, même pour lui, un peu piquant et moqueur.
Le poing du premier balèze lui cloua le bec.
Le genoux du second l'expédia au tapis.
Les cris de sa femme et de ses enfants lui arrachèrent un grognement plaintif tandis qu'un coup de pied au visage acheva de le sonner.
Le son était coupé mais pas l'image.
Avec le recul, lors de sa convalescence à l'hopital, il aurait des doutes sur le fait que la scène n'était pas une hallucination.
Mais le spectacle d'une petite bourgeoise wapongaise parfaitement manucurée saisir un tranchoir à poulet sur la cuisine lui resta en mémoire.
Tout comme le lancer en direction du crâne du premier balèze, qui s'écroula en faisant trembler le mobilier.
Le coup de pied sauté à destination du plexus du second fut aussi de toute beauté.
Pas de chance pour Izumi, la brute Esmarkienne attrappa sa jambe au vol et tourna d'un coup sec.
Avant de faire voler la jeune femme vers l'armoire contenant la vaiselle en porcelaine de Roumalie.
Il aurait volontier hurler de rire en voyant sa femme essayer de s'interposer en sautant sur le dos du voyoux.
L'homme se débarassa de cette gène temporaire d'un mouvement d'épaule avant de calmer la vieille d'une revers de la main.
C'était assez pour Izumi qui, décidément, pour une intello friquée, se révélait pleine de surprise.
Le cou de stylet entre les deux jambes, ça devait faire mal.
Celui dans l'oeil aussi, en tout cas d'avantage que l'enchainement de crochets au visage qui suivit.
Wu ne vit pas la riposte du malabar :
Il sombra enfin dans la douceur de l'inconcience tandis que deux autres silhouettes enjambaient son corps.
-----------------------
28/11/2018
Bureau de la Défense,
Wapong-City,
District 1
Agent Spécial :
Services Spéciaux
"-Monsieur ? C'est à propos de..."
Ba Hiep Diep :
Directeur Général des Services Spéciaux
"-Viek Kiong ? Avec les autres, sur la pile de droite."
Agent Spécial :
Services Spéciaux
"-Non, monsieur. C'est au sujet de l'opération "Maraudeurs".
Nous avons perdu le contact avec un de nos agents en Esmark.
Elle était assignée à l'infiltration du PTNR à Izigor.
Mettre en place des contacts à l'intérieur du parti.
Nous avons aussi confirmation que deux des recrues potentielles ont perdu la vie dans un accident de voiture hier.
Cela laisse supposer qu'elle a été découverte."
Ba Hiep Diep :
Directeur Général des Services Spéciaux
"-À quand remonte sa dernière prise de contact avec l'ambassade avant sa disparition ?"
Agent Spécial :
Services Spéciaux
"-Déjà cinq jours, Monsieur.
C'était une opération d'infiltration en profondeur.
Elle devait limité les contacts au maximum.
Vous le savez, ka PSTD tient à l'oeil la majorité de nos ressortissants."
Ba Hiep Diep :
Directeur Général des Services Spéciaux
"-Bah !! Même si c'est le PSTD, ils n'ont rien.
Au pire, elle s'en tiendra à sa seconde couverture, sera condamnée pour activité politique illicite ou un truc du genre.
A-t-elle activé sa puce ?"
Agent Spécial :
Services Spéciaux
"-Peut être. Nous l'ignorons.
L'OTH n'a pas de récepteurs assez puissants dans cette partie du globe.
Et nos récepteurs mobiles sont en nombre limités."
Ba Hiep Diep :
Directeur Général des Services Spéciaux
"-Posez le dossier.
J'examinerai ça à mon aise plus tard.
C'est juste du contrôle de dégats.
Pas de quoi s'exciter : une agent de troisième classe, ça se remplace vite.
Les bordels de Lushan en sont plein."
---------------------------------
Réveille-toi...
Izumi avait la tête lourde.
Ses cheveux, rendus collant par un mélange de sueur et de sang, pendaient lamentablement sur son visage, obstruant sa vision.
Et la voix semblait distante, comme étouffée.
Une baffe lui confirma quand même qu'elle n'avait pas perdu toute sensibilité.
???? :
"-Réveille-toi, salope !!
La patronne veut te causer !!"
Les paupières douloureuses, Izumi leva le regard vers la silhouette qui lui faisait face.
Grande. Un peu ronde mais rien d'inhabituel pour une Vicaskarienne.
Et un regard dur comme l'acier.
???? :
Chef du SOP
"-J'ai entendu dire que tu as donné beaucoup de mal à mes garçons.
Un mort, deux autres à l'hopital pour un bon moment.
C'est inattendu pour une simple secrétaire, non ?
Je crois que Sanchez sera très heureux de ce que tu vas nous raconter."
---------------------------------
En collaboration avec Soiouz
http://www.simpolitique.com/post162138.html#162138
Izigor,
Esmark
*DING DONG*
Mme Wu :
"-Chéri, va donc voir qui ça peut être à cette heure-ci."
Le vieux Wu, installé dans le canapé devant sa télévision, poussa un soupir exaspéré alors qu'il se levait.
Qui que ce soit, il avait intérêt à avoir une bonne raison pour interrompre [url=http://www.simpolitique.com/post119193.html#119193]"La famille Deniedo"[/url].
Pour Wu et sa famille, émigré voici déjà quatre années en Esmark, cette série était un des rares moments où ils étaient tous réunis.
Un facteur d'intégration aussi : les gosses apprenaient à parler le dialecte local grâce à cette fichue émission.
Wu, lui, appréciait surtout l'humour léger après une dure journée de labeur au restaurant.
Alors quand on sonnait à la porte, fatalement...
Mr Wu :
"-Voilà, voilà... On arrive !!"
De sa main gauche, il enleva le verrou à la porte.
De la droite, il chercha à taton pour le tuyaux en plomb qu'il réservait aux visiteurs indésirables, juste au cas où.
Vieille habitude gardée de l'époque où il vivait à Lushan, au Wapong.
Quand il ouvrit la porte, ce ne fut pourtant pas exactement un voyoux qu'il trouva face à lui.
Izumi Nakara :
"-Mr Wu !! Par les Kamis, vous êtes... là !! Laissez... laissez-moi rentrer... s'il vous plait... vite !!"
Sans même réfléchir, Wu s'écarta sans dire un mot, laissant entrer celle qui était, depuis déjà quelques mois, devenu sa meilleure cliente.
Izumi Nakara était une jeune femme classe, pas encore la trentaine et pourtant avec déjà de gros diplomes et un emploi confortable.
Ou en tout cas, c'était l'impression qu'elle donnait : il ne lui avait jamais vraiment demandé ce qu'elle faisait dans la vie.
Il savait juste qu'elle venait du Wapong aussi et y retournerait sans doute dans quelques années.
Toujours polie, généreuse dans les pour-boires, pas difficile sur la cuisine, propre.
Elle était même devenue assez amie avec sa femme, malgré une différence d'age de plus de deux décennies.
Les deux femmes avaient le business dans la peau et sous leur comérage, Mr Wu voyait bien qu'elles lui préparaient une surprise.
Voilà pourquoi il n'avait pas pu dire non quand Madame Nakara, en sueur et parvenant à peine à articuler, lui avait demandé d'entrer sur un air paniqué.
Izumi Nakara :
"-Verrouillez... s'il vous plait."
Mme Wu :
"-Nakara-san !! Quelle surprise !! Mais que faites-vous ici ? Le restaurant est fermé, à cette heure.
Mon dieu, vous avez l'air horrible !! Avez-vous courru ?"
Mr Wu :
"-J'pense que le voisinage doit lui avoir fait des misères.
Sans doute les fils de Paolo qui font encore des siennes.
Grand temps que la police les embarque, ceux-là.
Ils ont cassé un carreau chez Jin la semaine dernière."
Mme Wu :
"-Oh !! Ma pauvre !! Est-ce cela ?
Venez. Venez vous assoir. Je vais apporter du thé.
Et toi, grand fainéant, ne reste pas planter là, enfin.
Appelle donc la police !!"
Izumi Nakara :
"-Non... Pas... pas la police. Je..."
Mme Wu :
"-Pas d'inquiétude, ma chère.
Les policiers d'ici ne sont pas comme au pays.
Ils sont compétents. Enfin... la plupart d'entre eux, du moins.
Et ils sont honnêtes, surtout.
Avez-vous été frappée ? On vous a prit quelque chose ?"
Izumi Nakara :
"-Non... Non, je vais bien. Mais... il ne faut pas..."
Mme Wu :
"-Ma petite, pourquoi ne voulez-vous pas la police ?
Ah !! Je sais !! Une histoire de coeur qui tourne mal.
J'évite de le mentionner devant mon époux mais, dans ma jeunesse, j'ai eu moi-même mon lot de soupirant un peu... envahissants.
Laissez-moi vous dire que s'ils ne savent pas comprendre un simple non, c'est qu'ils ne vous causeront que des problèmes.
Mieux vaut envoyer un message clair à celui-là en appellant la police.
Cela ne coûtera rien, ici."
Izumi Nakara :
"-Quoi ? Non, écoutez, sincèrement, cela va aller.
Si je peux juste utiliser votre téléphone pour appeler un taxi..."
Le vieux Wu hocha la tête et raccrocha le combiné.
Il sourit intérieurement : finalement, la soirée allait reprendre son cours rapidement.
Et demain, à midi, il pourrait s'attendre à un très généreux pour-boire.
On pouvait dire ce qu'on voulait : la générosité, ça payait...
*DING DONG*
... ou pas.
Levant les yeux au plafond, Wu soupira de plus belle.
Mr Wu :
"-Encore ?!!
Mais ils se sont passé le mot, ce soir !!"
Mme Wu :
"-Et bien va donc voir, enfin !!"
Vas donc voir, vas donc voir... Pas même un mot gentil ou un "s'il te plait".
Il était son mari, bon sang, pas son esclave.
Ah, il le sentait, quand elle était de cette humeur, les "migraines" n'étaient pas loin.
Il pourrait sans doute faire un noeud dedans pour ce soir.
Bon, la porte... à peine ouverte, elle révéla deux malabarts, des Esmarkiens.
Chouette blouson de cuir. Chouettes pompes aussi. Wu serra le tuyau de plomb.
Mr Wu :
"-Ouais, c'est pour quoi ?"
???? :
"-Dégage, face de citron."
Wu avait une réplique sur le bout de la langue.
Un truc malin, même pour lui, un peu piquant et moqueur.
Le poing du premier balèze lui cloua le bec.
Le genoux du second l'expédia au tapis.
Les cris de sa femme et de ses enfants lui arrachèrent un grognement plaintif tandis qu'un coup de pied au visage acheva de le sonner.
Le son était coupé mais pas l'image.
Avec le recul, lors de sa convalescence à l'hopital, il aurait des doutes sur le fait que la scène n'était pas une hallucination.
Mais le spectacle d'une petite bourgeoise wapongaise parfaitement manucurée saisir un tranchoir à poulet sur la cuisine lui resta en mémoire.
Tout comme le lancer en direction du crâne du premier balèze, qui s'écroula en faisant trembler le mobilier.
Le coup de pied sauté à destination du plexus du second fut aussi de toute beauté.
Pas de chance pour Izumi, la brute Esmarkienne attrappa sa jambe au vol et tourna d'un coup sec.
Avant de faire voler la jeune femme vers l'armoire contenant la vaiselle en porcelaine de Roumalie.
Il aurait volontier hurler de rire en voyant sa femme essayer de s'interposer en sautant sur le dos du voyoux.
L'homme se débarassa de cette gène temporaire d'un mouvement d'épaule avant de calmer la vieille d'une revers de la main.
C'était assez pour Izumi qui, décidément, pour une intello friquée, se révélait pleine de surprise.
Le cou de stylet entre les deux jambes, ça devait faire mal.
Celui dans l'oeil aussi, en tout cas d'avantage que l'enchainement de crochets au visage qui suivit.
Wu ne vit pas la riposte du malabar :
Il sombra enfin dans la douceur de l'inconcience tandis que deux autres silhouettes enjambaient son corps.
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28/11/2018
Bureau de la Défense,
Wapong-City,
District 1
Agent Spécial :
Services Spéciaux
"-Monsieur ? C'est à propos de..."
Ba Hiep Diep :
Directeur Général des Services Spéciaux
"-Viek Kiong ? Avec les autres, sur la pile de droite."
Agent Spécial :
Services Spéciaux
"-Non, monsieur. C'est au sujet de l'opération "Maraudeurs".
Nous avons perdu le contact avec un de nos agents en Esmark.
Elle était assignée à l'infiltration du PTNR à Izigor.
Mettre en place des contacts à l'intérieur du parti.
Nous avons aussi confirmation que deux des recrues potentielles ont perdu la vie dans un accident de voiture hier.
Cela laisse supposer qu'elle a été découverte."
Ba Hiep Diep :
Directeur Général des Services Spéciaux
"-À quand remonte sa dernière prise de contact avec l'ambassade avant sa disparition ?"
Agent Spécial :
Services Spéciaux
"-Déjà cinq jours, Monsieur.
C'était une opération d'infiltration en profondeur.
Elle devait limité les contacts au maximum.
Vous le savez, ka PSTD tient à l'oeil la majorité de nos ressortissants."
Ba Hiep Diep :
Directeur Général des Services Spéciaux
"-Bah !! Même si c'est le PSTD, ils n'ont rien.
Au pire, elle s'en tiendra à sa seconde couverture, sera condamnée pour activité politique illicite ou un truc du genre.
A-t-elle activé sa puce ?"
Agent Spécial :
Services Spéciaux
"-Peut être. Nous l'ignorons.
L'OTH n'a pas de récepteurs assez puissants dans cette partie du globe.
Et nos récepteurs mobiles sont en nombre limités."
Ba Hiep Diep :
Directeur Général des Services Spéciaux
"-Posez le dossier.
J'examinerai ça à mon aise plus tard.
C'est juste du contrôle de dégats.
Pas de quoi s'exciter : une agent de troisième classe, ça se remplace vite.
Les bordels de Lushan en sont plein."
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Réveille-toi...
Izumi avait la tête lourde.
Ses cheveux, rendus collant par un mélange de sueur et de sang, pendaient lamentablement sur son visage, obstruant sa vision.
Et la voix semblait distante, comme étouffée.
Une baffe lui confirma quand même qu'elle n'avait pas perdu toute sensibilité.
???? :
"-Réveille-toi, salope !!
La patronne veut te causer !!"
Les paupières douloureuses, Izumi leva le regard vers la silhouette qui lui faisait face.
Grande. Un peu ronde mais rien d'inhabituel pour une Vicaskarienne.
Et un regard dur comme l'acier.
???? :
Chef du SOP
"-J'ai entendu dire que tu as donné beaucoup de mal à mes garçons.
Un mort, deux autres à l'hopital pour un bon moment.
C'est inattendu pour une simple secrétaire, non ?
Je crois que Sanchez sera très heureux de ce que tu vas nous raconter."
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En collaboration avec Soiouz
http://www.simpolitique.com/post162138.html#162138
-
Johel3007
31/08/2018
De : Cat Tuong, Directeur Général à la Défense
à : Li Fu, Directeur Exécutif
[quote]<center>-- Niveau Rouge --</center>
Concerne : Viekovirus
Monsieur,
Les travaux sur le Viekovirus se poursuivent.
La coopération avec d'autres pays nous a permi d'obtenir plusieurs spécimens de citoyens du Pacte.
Les tests sanguins réalisés sur ces spécimens indiquent l'absence d'anticorps réagissant positivement aux souches virales récupérées.
Cela semble donc confirmé l'hypothèse déjà testée sur les Cubaliviens :
Aucune vaccination à grande échelle n'a eu lieu à travers le Pacte de Novgorod.
Les équippes de recherche affirment toutefois devoir procéder à des tests sur un échantillon de spécimens plus important et plus diversifié.
En effet, il est possible que le Pacte, au regard de son mépris pour la vie humaine en général, ait négligé certaines zones géographiques.
Ou même des catégories entières de citoyens, ne vaccinant par exemple que les membres du Parti ou les soldats et leurs familles.
Il n'est pas crédible selon nous que l'URKR n'ait pas développé un vaccin avant de lâcher le germe nommé "Viekovirus".
Et au vu de la paranoïa chronique au sein du régime, il est impensable que ce vaccin n'ait pas été administré au moins au personnel clé.
Le Directeur Général Diep suggère que, justement, cette paranoïa, poussée à l'extrême aurait poussée à ne pas vacciner.
Par peur que des nations étrangères ne fassent exactement ce que nous sommes en train de faire.
Il a avancé la théorie que, afin de vérifier si l'URKR possède un vaccin, infecter l'Eran serait une méthode "potentiellement utile".
Son raisonnement est qu'une réelle épidémie au sein du Pacte pourrait pousser l'URKR à démarrer les vaccinations.
Il met toutefois en garde que, si Kirov et ses sbires ont un degrés de folie paranoïaque extrême, ils laisseront l'Eran être consumé.
Juste pour éviter de perdre l'exclusivité de leur vaccin.
Bref, comme à son habitude, Diep ne fournit pas de réponse claire.
Sa dernière suggestion fut, je cite :
"-Dans le doute, lâchez la bête. Ce sera amusant."
Vous comprendrez pourquoi je ne rejoins pas sa position.
Dans l'immédiat, la recherche se poursuit.
Une alternative récente est la recherche parmi les populations Viek d'individus ayant développer une immunité sérologique à l'infection.
Le HCS avait estimé la mortalité à 85% des cas d'infection.
Nous devrions donc trouver environ 1,7 millions de survivants.
Même un millième de ce chiffre suffirait à donner une base solide pour la recherche d'un sérum.
En cas de reprise de l'épidémie ou de pandémie, un tel sérum devrait permettre de s'attaquer directement aux populations malades.
La propagation du virus pourra alors être limitée à une région donnée dès l'apparition des premiers malades.
La possession d'anticorps réactifs au virus pourrait aussi grandement faciliter la recherche d'un futur vaccin.
Si les moyens utilisés dans nos recherches demeurent secret, nos résultats sont périodiquement transmis à nos agents au sein du HCS.
Il est prévu que ceux-ci partagent "leurs" découvertes avec leurs collègues étrangers et laissent ces derniers tirer le mérite officiel.
J'ai également lu le projet du Directeur Général Wai concernant le Traité International de Non-Prolifération des Armes Biologiques.
Je suis d'accord avec Wai sur le fait que l'épidémie du Viek Kiong a fortement affecté l'opinion mondiale.
Les dangers de l'usage d'armes virales ou bactériologiques sont devenus bien apparants.
Même l'URKR, si ses dirigeants autorisaient la critique, ne pourrait nier avoir frôler la catastrophe.
Mais je suis sceptique quant à la réussite d'un tel projet.
Il est probable que la majorité des nations, en dépit de la connaissance des risques, décident de développer leur propre arme.
De même, une proposition à l'Assemblée des États serait sans effet.
Car l'Assemblée condamne déjà la fabrication, la détention et l’utilisation d’armes biologiques.
Ceci alors que nous avons confirmation qu'au moins trois de ses membres possèdent de telles armes en secret.
Toutefois, j'apporte mon soutien à l'initiative du Directeur Général Wai.
Et je ne peux donc que vous encourager à promouvoir un tel traité lors de vos échanges diplomatiques.
L'adoption d'un tel traité par les autres nations de l'Organisation du Traité d'Hellington serait déjà un grand pas en avant.
Convaincre la Sainte Alliance devrait aussi être une priorité.
Ceci afin de montrer que deux des trois grands blocs refusent les armes conçues spécifiquement pour tuer des civils.
Bien à vous,
Cat Tuong,
Directeur Général à la Défense[/quote]
De : Cat Tuong, Directeur Général à la Défense
à : Li Fu, Directeur Exécutif
[quote]<center>-- Niveau Rouge --</center>
Concerne : Viekovirus
Monsieur,
Les travaux sur le Viekovirus se poursuivent.
La coopération avec d'autres pays nous a permi d'obtenir plusieurs spécimens de citoyens du Pacte.
Les tests sanguins réalisés sur ces spécimens indiquent l'absence d'anticorps réagissant positivement aux souches virales récupérées.
Cela semble donc confirmé l'hypothèse déjà testée sur les Cubaliviens :
Aucune vaccination à grande échelle n'a eu lieu à travers le Pacte de Novgorod.
Les équippes de recherche affirment toutefois devoir procéder à des tests sur un échantillon de spécimens plus important et plus diversifié.
En effet, il est possible que le Pacte, au regard de son mépris pour la vie humaine en général, ait négligé certaines zones géographiques.
Ou même des catégories entières de citoyens, ne vaccinant par exemple que les membres du Parti ou les soldats et leurs familles.
Il n'est pas crédible selon nous que l'URKR n'ait pas développé un vaccin avant de lâcher le germe nommé "Viekovirus".
Et au vu de la paranoïa chronique au sein du régime, il est impensable que ce vaccin n'ait pas été administré au moins au personnel clé.
Le Directeur Général Diep suggère que, justement, cette paranoïa, poussée à l'extrême aurait poussée à ne pas vacciner.
Par peur que des nations étrangères ne fassent exactement ce que nous sommes en train de faire.
Il a avancé la théorie que, afin de vérifier si l'URKR possède un vaccin, infecter l'Eran serait une méthode "potentiellement utile".
Son raisonnement est qu'une réelle épidémie au sein du Pacte pourrait pousser l'URKR à démarrer les vaccinations.
Il met toutefois en garde que, si Kirov et ses sbires ont un degrés de folie paranoïaque extrême, ils laisseront l'Eran être consumé.
Juste pour éviter de perdre l'exclusivité de leur vaccin.
Bref, comme à son habitude, Diep ne fournit pas de réponse claire.
Sa dernière suggestion fut, je cite :
"-Dans le doute, lâchez la bête. Ce sera amusant."
Vous comprendrez pourquoi je ne rejoins pas sa position.
Dans l'immédiat, la recherche se poursuit.
Une alternative récente est la recherche parmi les populations Viek d'individus ayant développer une immunité sérologique à l'infection.
Le HCS avait estimé la mortalité à 85% des cas d'infection.
Nous devrions donc trouver environ 1,7 millions de survivants.
Même un millième de ce chiffre suffirait à donner une base solide pour la recherche d'un sérum.
En cas de reprise de l'épidémie ou de pandémie, un tel sérum devrait permettre de s'attaquer directement aux populations malades.
La propagation du virus pourra alors être limitée à une région donnée dès l'apparition des premiers malades.
La possession d'anticorps réactifs au virus pourrait aussi grandement faciliter la recherche d'un futur vaccin.
Si les moyens utilisés dans nos recherches demeurent secret, nos résultats sont périodiquement transmis à nos agents au sein du HCS.
Il est prévu que ceux-ci partagent "leurs" découvertes avec leurs collègues étrangers et laissent ces derniers tirer le mérite officiel.
J'ai également lu le projet du Directeur Général Wai concernant le Traité International de Non-Prolifération des Armes Biologiques.
Je suis d'accord avec Wai sur le fait que l'épidémie du Viek Kiong a fortement affecté l'opinion mondiale.
Les dangers de l'usage d'armes virales ou bactériologiques sont devenus bien apparants.
Même l'URKR, si ses dirigeants autorisaient la critique, ne pourrait nier avoir frôler la catastrophe.
Mais je suis sceptique quant à la réussite d'un tel projet.
Il est probable que la majorité des nations, en dépit de la connaissance des risques, décident de développer leur propre arme.
De même, une proposition à l'Assemblée des États serait sans effet.
Car l'Assemblée condamne déjà la fabrication, la détention et l’utilisation d’armes biologiques.
Ceci alors que nous avons confirmation qu'au moins trois de ses membres possèdent de telles armes en secret.
Toutefois, j'apporte mon soutien à l'initiative du Directeur Général Wai.
Et je ne peux donc que vous encourager à promouvoir un tel traité lors de vos échanges diplomatiques.
L'adoption d'un tel traité par les autres nations de l'Organisation du Traité d'Hellington serait déjà un grand pas en avant.
Convaincre la Sainte Alliance devrait aussi être une priorité.
Ceci afin de montrer que deux des trois grands blocs refusent les armes conçues spécifiquement pour tuer des civils.
Bien à vous,
Cat Tuong,
Directeur Général à la Défense[/quote]
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Johel3007
Le National Capitalisme (1)
[img]http://img404.imageshack.us/img404/3680/mnc.png[/img]
"-La somme des égoismes individuels produit le plus grand bénéfice commun."
Cat Tuong, Directeur Général à la Défense
Dans cette édition, quelques concepts et éclaircissements sur le National-Capitalisme.
L'article se veut ouvertement arrogant à l'égard des nations n'ayant pas la même vision :
Tolérance ne veut pas dire acceptation ou respect.
Les origines : Sombre présent, lugubre avenir
À l'aube de la seconde décennie du 21ème siècle, le futur de l'Humanité semblait peu enviable.
Le retour en force du Kirovisme, qui avait été lentement errodé et finalement dissous après 40 années d'effort des USP, était un coup dur.
D'autant que le "nouveau" Kirov semblait décidé à compenser le retard pris durant les 8 années de pacifisme.
Les forges de Rostovie se remirent en route, produisant chars, canons et munitions en quantité jamais encore atteinte.
Face au retour de la menace thermonucléaire, la nostalgie romantique du 19ème siècle saisit le coeur de l'Alméra Occidental.
Bigoterie religieuse et xénophobie protectioniste revinrent au galop sur la vague traditionnaliste.
La moitié des nations du monde se réarma en conséquence.
Partout, le bruit martial des bottes résonnait.
Il remplaçait la douce musique célébrant la prospérité et le progrès scientifique nés de la tolérance des années de "Pax Pelabssa".
La demande en énergie fossile explosa à nouveau, tout comme le prix de la majorité des minéraux.
Plusieurs nations, face aux conditions juridiques changeantes résultant du protectionisme de leurs partenaires, sombrèrent.
Alors même que d'autres, pour ne pas être victimes, devinrent bourreaux et rompirent quantité de traités.
La parole des nations perdit en valeur autant que les indices boursiers des principaux groupes internationaux, désormais incapables d'opérer.
La passivité du géant Pelabssien et le retour d'un contre-pouvoir firent s'enhardir les tyrans en mal de gloire militaire.
Des conflits éclatèrent aux quatre coins du monde, les dictatures fascistes ou socialistes attaquant le ventre mou et gras des démocraties libérales.
Le commerce international diminua jusqu'à ne représenter qu'une fraction de ce qu'il avait été en 2006, à l'apogée du Libéralisme Mondialiste.
La situation ne devint toutefois réellement apparente qu'avec la crise financière Pelabssienne de 2015.
Le Pelabssa, refusant de dévaluer sa monnaie, encaissa 10% de perte de productivité en une seule année.
Plus de 10.000 milliards $USP d'actifs investis à l'étranger ou dans des entreprises dépendants de l'étranger, ruinés par le chaos international.
Les exportations hightech diminuèrent drastiquement, ne permettant plus de payer les importations nécessaires à la gloutonnerie des citoyens.
Le reste de l'économie se reposait sur une industrie vieillissante et sur des services locaux peu productifs.
Le 7 Novembre 2015, la 2ème Guerre Froide s'ouvrait officiellement avec la destruction de la station spatiale Philadelphia.
Bijoux technologique, fruit de 10 années de travail à la fin des années 90, sa destruction fut un symbole douloureux du déclin du Monde Libre.
L'Age des Libertés prenait fin.
Un nouvel Age de barbarisme et d'oppression commençait.
L'agonie du libéralisme dans son sens premier du terme débuta ce jour-là.
La doctrine s'accrocha à l'existance avec l'énergie du désespoir.
Mais à l'aube 2020, il n'en restait qu'un corps malade en phase terminale.
Trop faible, trop tolérant, trop conscilliant, trop empathique, trop respectueux, trop universaliste, trop pacifique...
Mais le capitalisme, état naturel des choses, trouve toujours un chemin.
Du cadavre en sursis émergea le National-Capitalisme.
Une doctrine alliant les forces économiques et scientifiques propres à la pensée libérale mais lui ôtant ses faiblesses morales.
La pensée éclairée fit place à un égoisme ultrapragmatique, mesquin, agressif et ouvertement orgueilleux.
Et cela convenait à l'époque...
Concept clé : Eden, centre de la civilisation humaine
Le libéralisme avait pour objectif de créer un monde où le potentiel individuel serait maximisé grâce à une application mondiale de l'offre et de la demande en un seul marché :
On produit un bien ou service donné là où le rapport qualité/prix est le meilleur.
Ainsi, les individus ont accès à un bien être matériel toujours en hausse par la nécessité des producteurs de rester les meilleurs.
Dans cette optique de "guerre de la productivité", la recherche scientifique et la croissance industrielle auraient été en progrès constant.
La seule limite aurait été la disponibilité des matériaux, chose qu'ici aussi science et industrie coopéraient à réduire.
Le National-Capitalisme applique le même principe mais à une échelle graduée.
L'idée centrale se base sur deux pilier :
1) le libéralisme vrai ne peut survivre et s'épanouir que dans un monde en paix
Un monde où les relations entre individus sont honnêtes et contractuelles.
Et où les États-Nations ne chercheraient pas à protéger des privilèges nationaux arbitrairement par la force.
Bref, un monde de démocraties pacifiques et ouvertes au dialogue.
2) Nous ne vivons pas dans un tel monde.
Nos concitoyens peuvent désiré un tel monde mais tant que la majorité de l'Humanité y sera opposé dans ses actes, cela ne sera pas possible.
Le monde actuel est donc divisé entre deux zones :
"Eden", le jardin paradisiaque où chaque individu peut voir son plein potentiel s'épanouir tant qu'il contribue à la prospérité du jardin.
Et "Géhenne", un univers désolé où des peuples primitifs dirigés par des chefs instables se font la guerre pour des motifs sans intérêt matériel.
Il faudra d'abord construire Eden chez nous, en ralliant par l'exemple le reste de la planète région par région, individu par individu.
Ceci tout en défendant avec la argne d'un chacal enragé les intérêts des habitants d'Eden.
Afin de maintenir la folie de la Géhenne hors des frontières du jardin.
Sans considération pour le bien être ou même la survie des habitants de la Géhenne
Certains individus rejoindront Eden par idéal.
D'autres par intérêt socioéconomique, afin de profiter du bien-être né de la stabilité et de la tolérance.
D'autres encore par nécessité de protection, afin de survivre face aux autres habitants de la Géhenne
Peu importe leur raison :
Tous sont les bienvenus tant qu'ils respectent les règles, contribuent à la prospérité du jardin et méritent leur ticket d'entrée.
Concept clé : le Citoyen, individu responsable
Ce ticket d'entrée, c'est la citoyenneté
Les moyens de l'obtenir sont variés selon les nations, chacune ayant ses variantes.
Le National-Capitalisme, de par sa nature même, n'est en effet pas une théorie rigide ou unifiée.
À l'échelle du Wapong, les règles d'immigration fixées sous Nute Fan sont toujours en vigueur :
Aucune règle, juste l'obligation de s'enregister auprès des autorités du District et donc d'avoir une carte de résident.
Cela pourrait toutefois changé, avec notamment visite médicale et autres contraintes à mesure que la Géhenne devient un véritable enfer.
On ne peut pas laisser n'importe quel pestiféré ou fanatique kiroviste rentrer, après tout :
Il faut des individus responsables.
Pas des idéalistes spirituellement intolérants et professionnellement incompétents.
Ce concept de responsabilité est très important car il définit véritablement la place de chaque citoyen dans la société national-capitaliste.
Un citoyen doit être un actionnaire avant tout.
Il investit son temps et son énergie dans la nation et, à ce titre, possède une partie de la nation.
La nation, Eden, étant une entreprise commune, ses habitants en sont les entrepreneurs et donc les actionnaires.
En tant qu'actionnaire, le citoyen a un droit de regard sur la gestion d'Eden et un droit de décision quant aux projets communs.
Il exprime cette décision par son vote, en mettant en place des leaders qu'il estime capable de donner vie à sa vision d'Eden.
Quand ces leaders échouent, ils ne sont pas réélus.
Peu importe que leurs subordonnés soient partiellement responsables :
C'est la responsabilité du chef que de s'assurer que ses subordonnés exécutent correctement ses décisions.
Si ce n'est pas le cas, il n'est pas un leader et doit être remplacé au plus vite.
Voilà pourquoi il est important de voter pour des individus et non pour un parti :
La responsabilité du citoyen, qu'il soit actionnaire ou leader, est personnelle.
Et pour qu'elle soit vérifiable, des audits indépendants doivent avoir lieu.
L'auditeur est, en cela, autant responsable que celui qu'il contrôle si jamais il ne relève pas une faute ou un abus.
Et de même, en cas de réussite, la récompense est personnelle, sous la forme d'un paiement en devise monétaire.
La devise monétaire du pays est l'équivalent d'une action.
Quand Eden réalise un surplus, l'allocation de celui-ci est décidé :
"Distribution" aux actionnaires via appréciation de la devise afin de doper les importations et temporairement augmenter le niveau de vie.
Ou réinvestissement dans des projets récoltant l'assentiment de la majorité des citoyens dans le but d'améliorer durablement le niveau de vie.
Quand Eden réalise une perte, chaque citoyen y contribue à hauteur de ses investissements.
Ceci au travers de l'inflation de la devise.
Le National-Capitalisme soutient que n'ont le droit de vote que ceux qui possède des terres au sein d'Eden et peuvent acheter leur voix.
Ce qui est consistant avec la notion de responsabilité du citoyen-actionnaire :
Il a investit dans l'achat d'une terre, chose qu'il ne peut emmené avec lui et donc preuve qu'il est bien lié à Eden.
Il a assez de devises pour acheter sa voix, preuve qu'il contribue à la prospérité d'Eden par son travail et son ingéniosité.
Le fait qu'il soit prêt à sacrifier une partie de ses devises pour le droit de prendre une décision sur l'avenir d'Eden est une preuve supplémentaire d'investissement et de prise de responsabilité.
Un citoyen doit s'investir dans Eden.
Et pour s'investir, il doit travailler.
Travailler lui donnera des devises monétaires.
Avec lesquelles il pourra satisfaire ses besoins et désirs avant de réinvestir le reste dans Eden.
Le projet spécifique dans lequel il investira définira comment Eden évoluera pour plaire à ses citoyens.
À noter que les projets sont démarrés par les citoyens eux-mêmes.
La liberté d'expression et la libre entreprise permettent à chacun d'agir pour combler des lacunes que le gouvernement n'aurait pas identifié.
Et ici aussi, chaque projet est une entreprise, avec ses entrepreneurs qui sont ses actionnaires... et parfois aussi des citoyens d'Eden.
La seule réelle différence de gestion entre Eden et les projets qui y ont lieu est que les surplus et pertes des projets sont payés en devises plutôt que par l'appréciation ou l'inflation de la devise.
Un citoyen doit être ensuite un travailleur
L'investissement est donc, en soit, le renoncement volontaire à la jouissance immédiate du fruit de son travail au profit d'Eden.
Ceci en sachant que cet investissement va contribuer à faire d'Eden à monde meilleur via le "travail gratuit" dont Eden aura bénéficié.
Le travail est une composante essentielle de la citoyenneté car, sans lui, il est impossible d'améliorer Eden, quantitativement comme qualitativement.
Le travailleur n'est toutefois pas seulement travailleur pour Eden.
Il travaille avant tout sur un projet, lequel est gérer par des leaders élus par les actionnaires du projet.
Et rien n'empêche le travailleur d'être lui-même un actionnaire.
Cette notion n'est pas nouvelle mais le National-Capitalisme l'encourage :
Les salaires en devises monétaires sont maintenu bas.
Et en compensation, le travailleur reçoit des actions de l'entreprise où il travaille.
Ce modèle encourage le travailleur à performer car, en cas de surplus de l'entreprise, il sait qu'il recevra un dividende généreux.
Il sait aussi que s'il ne performe pas, la valeur de l'action chutera et qu'il ne pourra pas les revendre à la valeur à laquelle il les a reçu.
C'est donc une forme d'épargne productive forcée que le National-Capitalisme prône de mettre en place.
Bien que le terme "forcée" soit inadapté :
En cas de besoin financier urgent, le travailleur peut vendre quelques actions.
Alternativement, cela pousse aussi les travailleurs à ne choisir un travail qu'auprès de projets dans lesquels ils sont prêt à s'investir.
C'est à dire des projets dans lesquels ils ont confiance.
Si les masses de la plèbe saisiront sans doute malgré tout le premier job venu, les gens talentueux pourront se permettre de choisir.
Et donc de concentrer leurs efforts sur les projets qu'ils jugent réellement intéressant et rentable, maximisant ainsi les chances de succès :
Il y a plus dans la tête de 17 millions de travailleurs que dans les 5 têtes de membres d'un politburo.
À noter que le travail, d'un point de vue individuel, n'est pas essentiel.
Un citoyen, une fois qu'il dispose d'assez d'actions dans des projets rentables, peut décider de ne plus travailler.
Et de simplement profiter du fruit du labeur dont il a refusé de jouir immédiatement par le passé.
Les Nationaux-Capitalistes voient notamment ce scénario dans le cadre des retraites.
L'investissement du citoyen, par son travail dans des projets qui continuent de contribuer à Eden, assure à ce citoyen un confort durant ses dernières années.
Le problème vient toutefois que, afin de fournir ce flot continu d'actions pour payer les rémunérations, les projets font de nouvelles émissions chaque année.
Il en résulte une chute perpétuelle des cours des actions... compensée par le réinvestissement partiel des bénéfices.
Lesquels, en raison des faibles salaires monétaires, sont énormes.
Le National-Capitalisme vient donc à bout du problème que dénoncent les marxistes sous le nom de "Wage Slave".
Et que le communisme lui-même a échoué à résoudre :
Le citoyen choisit son emploi et est libre de le quitter ou même de ne pas en avoir.
Il bénéficie directement et proportionnellement des vrais fruits de son travail.
Il a un pouvoir de décision sur la manière dont son emploi évolue.
Mais, en étant à la fois patron et travailleur, il doit dosé tout cela de manière responsable.
C'est un apprentissage qui culmine en un développement personnel important et une remise en question constante :
"-Quelle est ma valeur réelle ? Comment faire pour améliorer mon quotidien actuel sans compromettre mon futur ?"
Le citoyen est aussi un client
La satisfaction des besoins et désirs est le but suprême et final du travail.
Si cela n'était pas le cas, le travail ne serait accompli qu'à titre de loisir, comme un moyen d'enrichissement spirituel.
Ce n'est pas le cas : le travail, dans sa large majorité, demeure aliénant car il empêche l'individu de se consacrer justement à ses loisirs.
Rare sont les cas où travail et loisir se combinent en une même activité sans que l'un ne devienne l'autre.
On ne peut pas vivre que d'amour et d'eau fraiche :
La majorité des besoins et désirs sont liés à la consommation d'un bien ou service matériel.
Et dans une société National-Capitaliste, la mesure à laquelle l'individu est autorisé à satisfaire ses besoins et désirs est son travail.
Le travail lui a donné des devises monétaires.
Ou des actions qui elles-mêmes lui donnent des devises monétaires.
Et ces devises n'ont de valeur que si des biens et services sont produits par le travail au sein même d'Eden.
La satisfaction des besoins et désirs est donc le but suprême et final du travail.
Car le travail seul permet la satisfaction des besoins et désirs.
Pour satisfaire ses besoins et désirs, le citoyen les achète auprès de projets commerciaux.
Il échange ses devises monétaires, représentation du fruit de son travail, contre les biens et services qui sont le réel fruit de ce travail.
L'échange indirect ainsi effectué entre les travaux variés de millions d'individus contribue à leur satisfaction commune.
Le citoyen est un client en cela qu'il consomme.
Par ses habitudes de consommation, il indique aux autres citoyens les lacunes potentielles d'Eden.
Et permet à des projets de voir le jour pour compenser ces lacunes.
S'il consomme le fruit de ces projets, ceux-ci auront les ressources financières nécessaires à investir dans leur développement.
S'il ne consomme pas, les projets déclineront car la non-consommation de leur fruit sera preuve qu'ils sont inutiles ou au moins inadaptés à Eden.
Au delà des simples voix qu'il achète par volonté d'investissement dans la gestion d'Eden, le citoyen responsable influence Eden en étant un client.
Sa consommation responsable et mesurée, sans gâchi mais sans privation, contribue à l'édification d'un jardin plus prospère.
Enfin, le citoyen est un soldat
Travailler, consommer le fruit de son travail et investir le reste ne suffit pas à la prospérité d'Eden.
Dans le monde voulut par la doctrine libérale, cela serait amplement suffisant.
Mais nous ne vivons pas dans un tel monde :
L'ennemi nous guête, dehors comme dedans.
Dehors, la Géhenne ravagée par les guerres, les trahisons, l'oppression, les maladies, l'injustice, la misère,...
Les miséreuses créatures qu'elle engendre se presse à nos portes.
Certains sont envieux.
Désireux de goûter au fruit de notre labeur mais incapables de payer le prix de la sueur pour le créer eux-mêmes, ils envisagent de le saisir par force ou traitrise.
D'autres sont haineux.
Intolérants, ils ne supportent pas l'idée qu'une autre opinion existe.
Et au lieu de chercher à prouver leur supériorité par l'exemple comme nous, ils ne cherchent qu'à nous nuire pour minimiser nos réalisations.
Lychaka, Tarnosia, Rostovie, FLBA, Force Trois, Juvna,... les noms ne manquent pas.
Tous ne vivent que pour détruire ce qui n'est pas déjà à eux et exploiter comme de vulgaires pions ceux qui se rallient à leur bannière.
Ils créent une race d'esclaves, de larves humaines endoctrinées à plaire à leurs maîtres plutôt qu'à s'élever par elles-mêmes.
Une race d'insectes sociaux qui ne sont rien sans les autres et qui, même ensemble, ne sont pas grand chose sinon un outil de destruction.
Une race qui ne succite que la peur et aucune admiration car elle manque d'imagination au-delà de sa capacité de nuisance.
Ils sont des prédateurs et des charognards, rongeant la carcasse d'un monde à l'agonie que leur hostilité a contribué à créer.
Et nous devons faire notre possible pour que, quand ils périront, nous survivions sans dommage à leur dernier acte suicidaire.
Dedans, les naïfs bien pensants qui montrent de la pitié pour le reste de l'Humanité et désirent le retour du libéralisme mou et pacifiste.
Ceux-là doivent être encouragé à aller voir par eux-mêmes la Géhenne
Les génocides et persécutions méticuleusement organisés par les peuples de la Géhenne contre leurs propres populations seront éloquentes.
La mémoire des attentats contre nos propres populations à l'époque où nous étions tout aussi naïfs devra être gardée brûlante.
Face à ces horreurs, un esprit ferme et résolu est la meilleure défense.
Le citoyen-soldat est armé et prêt.
Il se battra pour défendre son foyer contre toute forme de tyrannie.
Il se battra pour défendre le Jardin, ses habitants et leurs intérêts.
Afin que le Jardin reste prospère, que le confort matériel de ses résidents ne diminuent pas et que la liberté, la tolérance et la justice règnent en son enceinte.
Le citoyen-soldat est un volontaire, pas un conscript.
Il fait don de plusieurs années de sa vie et, si besoin, de sa vie elle-même, afin de défendre le foyer où il retournera.
Il accepte le fait que, dans le monde de violence qu'est la Géhenne il n'y a pas de place pour la douceur ou la pitié.
Tout habitant de la Géhenne est au mieux un allié temporairement utile et au pire une dangereuse menace.
Tout habitant de la Géhenne est soit un mou idéaliste en manque de protection ou un fanatique agressif plein d'envie et de haine.
Tout habitant de la Géhenne est sacrifiable si cela signifie qu'un citoyen d'Eden pourra vivre heureux et libre pendant un jour de plus.
Le citoyen-soldat ne sert pas par devoir mais par responsabilité.
Il n'est pas obligé de servir et, si besoin, peut quitter son poste.
Avec ou sans uniforme, il demeure un défenseur d'Eden contre tous ce qui s'opposent à ses valeurs à l'intérieur et à ses intérêts à l'extérieur.
Faire ses preuves comme soldat est un bon moyen de gagner la citoyenneté pour les habitants de la Géhenne désirant intégrer Eden.
Investir cinq longues années dans l'Armée Auxiliaire afin de protéger une patrie que l'on ne verra peut être jamais est une belle preuve de dédication.
Le citoyen idéal est tout cela à la fois
Mais la majorité des citoyens, du moins durant les premières décennies, ne seront que partiellement ou temporairement certains de ces rôles.
Par exemple, pendant longtemps encore, la majorité des habitants du Wapong resteront des travailleurs et des clients.
Rien d'autres.
L'aspect actionnaire demandera une certaine éducation.
Du patronat, d'abord, qui devra accepté d'abandonner le privilège de gérer l'entreprise sans les travailleurs.
Et des travailleurs, qui devront limiter leur consommation pendant quelques temps afin de conserver leur rôle d'actionnaires.
L'aspect soldat est déjà en place au Wapong mais prendra du temps dans le reste du monde.
Car il sous-entend un abandon du monopole de la violence par l'État.
Mais aussi une responsabilisation des individus.
Doctrine Tarkin
La doctrine Tarkin théorise que, lorsque l'on traite avec des habitants de la Géhenne il faut agir différemment d'avec les citoyens d'Eden.
Chercher à convaincre par des arguments raisonnables et mutuellement bénéfiques est inutile :
L'expérience a montré que beaucoup d'habitants de la Géhenne préfère tout perdre, y compris leur vie, afin de nuire légère à Eden.
Une approche mutuellement bénéfique ne fait donc que présenter une cible aux habitants de la Géhenne
Chercher à établir des relations durables est inutile :
L'expérience a montré que, en raison de leur existance en permanence menacée, les habitants de la Géhenne se fichent du long terme.
Ils n'ont pas de notion d'amitié, de loyauté, d'honneur, de fierté ou de vision au-delà de leurs intérêts immédiats.
Une approche basée sur une relation durable ne durera que tant que personne ne leur fera la promesse de mieux.
Chercher à rallier par la générosité est inutile :
L'expérience a montré que la gratitude, tout comme la patience, était un concept alien pour les habitants de la Géhenne
Ils ne montrent aucune générosité sincère ou durable et abuseront sans hésitation de ce qu'ils voient comme une faiblesse.
Une approche basée sur la générosité entrainera simplement du mépris, de la haine et de la jalousie car ils ne sont jamais satisfaits.
La seule méthode qui fonctionne est la démonstration de force directe, massive, irrésistable, sans pitié mais controlée.
Réalisant leur possible annihilation sans même succiter un effort de notre part et sans nous nuire, les habitants de la Géhenne abandonnent.
Certains parmi les plus primitifs et violents choisissent de s'entêter.
Ceux-là ne pourront pas être raisonnés et sont une menace :
localisez-les, immobilisez-les, désarmez-les et éliminez-les.
[img]http://img404.imageshack.us/img404/3680/mnc.png[/img]
"-La somme des égoismes individuels produit le plus grand bénéfice commun."
Cat Tuong, Directeur Général à la Défense
Dans cette édition, quelques concepts et éclaircissements sur le National-Capitalisme.
L'article se veut ouvertement arrogant à l'égard des nations n'ayant pas la même vision :
Tolérance ne veut pas dire acceptation ou respect.
Les origines : Sombre présent, lugubre avenir
À l'aube de la seconde décennie du 21ème siècle, le futur de l'Humanité semblait peu enviable.
Le retour en force du Kirovisme, qui avait été lentement errodé et finalement dissous après 40 années d'effort des USP, était un coup dur.
D'autant que le "nouveau" Kirov semblait décidé à compenser le retard pris durant les 8 années de pacifisme.
Les forges de Rostovie se remirent en route, produisant chars, canons et munitions en quantité jamais encore atteinte.
Face au retour de la menace thermonucléaire, la nostalgie romantique du 19ème siècle saisit le coeur de l'Alméra Occidental.
Bigoterie religieuse et xénophobie protectioniste revinrent au galop sur la vague traditionnaliste.
La moitié des nations du monde se réarma en conséquence.
Partout, le bruit martial des bottes résonnait.
Il remplaçait la douce musique célébrant la prospérité et le progrès scientifique nés de la tolérance des années de "Pax Pelabssa".
La demande en énergie fossile explosa à nouveau, tout comme le prix de la majorité des minéraux.
Plusieurs nations, face aux conditions juridiques changeantes résultant du protectionisme de leurs partenaires, sombrèrent.
Alors même que d'autres, pour ne pas être victimes, devinrent bourreaux et rompirent quantité de traités.
La parole des nations perdit en valeur autant que les indices boursiers des principaux groupes internationaux, désormais incapables d'opérer.
La passivité du géant Pelabssien et le retour d'un contre-pouvoir firent s'enhardir les tyrans en mal de gloire militaire.
Des conflits éclatèrent aux quatre coins du monde, les dictatures fascistes ou socialistes attaquant le ventre mou et gras des démocraties libérales.
Le commerce international diminua jusqu'à ne représenter qu'une fraction de ce qu'il avait été en 2006, à l'apogée du Libéralisme Mondialiste.
La situation ne devint toutefois réellement apparente qu'avec la crise financière Pelabssienne de 2015.
Le Pelabssa, refusant de dévaluer sa monnaie, encaissa 10% de perte de productivité en une seule année.
Plus de 10.000 milliards $USP d'actifs investis à l'étranger ou dans des entreprises dépendants de l'étranger, ruinés par le chaos international.
Les exportations hightech diminuèrent drastiquement, ne permettant plus de payer les importations nécessaires à la gloutonnerie des citoyens.
Le reste de l'économie se reposait sur une industrie vieillissante et sur des services locaux peu productifs.
Le 7 Novembre 2015, la 2ème Guerre Froide s'ouvrait officiellement avec la destruction de la station spatiale Philadelphia.
Bijoux technologique, fruit de 10 années de travail à la fin des années 90, sa destruction fut un symbole douloureux du déclin du Monde Libre.
L'Age des Libertés prenait fin.
Un nouvel Age de barbarisme et d'oppression commençait.
L'agonie du libéralisme dans son sens premier du terme débuta ce jour-là.
La doctrine s'accrocha à l'existance avec l'énergie du désespoir.
Mais à l'aube 2020, il n'en restait qu'un corps malade en phase terminale.
Trop faible, trop tolérant, trop conscilliant, trop empathique, trop respectueux, trop universaliste, trop pacifique...
Mais le capitalisme, état naturel des choses, trouve toujours un chemin.
Du cadavre en sursis émergea le National-Capitalisme.
Une doctrine alliant les forces économiques et scientifiques propres à la pensée libérale mais lui ôtant ses faiblesses morales.
La pensée éclairée fit place à un égoisme ultrapragmatique, mesquin, agressif et ouvertement orgueilleux.
Et cela convenait à l'époque...
Concept clé : Eden, centre de la civilisation humaine
Le libéralisme avait pour objectif de créer un monde où le potentiel individuel serait maximisé grâce à une application mondiale de l'offre et de la demande en un seul marché :
On produit un bien ou service donné là où le rapport qualité/prix est le meilleur.
Ainsi, les individus ont accès à un bien être matériel toujours en hausse par la nécessité des producteurs de rester les meilleurs.
Dans cette optique de "guerre de la productivité", la recherche scientifique et la croissance industrielle auraient été en progrès constant.
La seule limite aurait été la disponibilité des matériaux, chose qu'ici aussi science et industrie coopéraient à réduire.
Le National-Capitalisme applique le même principe mais à une échelle graduée.
L'idée centrale se base sur deux pilier :
1) le libéralisme vrai ne peut survivre et s'épanouir que dans un monde en paix
Un monde où les relations entre individus sont honnêtes et contractuelles.
Et où les États-Nations ne chercheraient pas à protéger des privilèges nationaux arbitrairement par la force.
Bref, un monde de démocraties pacifiques et ouvertes au dialogue.
2) Nous ne vivons pas dans un tel monde.
Nos concitoyens peuvent désiré un tel monde mais tant que la majorité de l'Humanité y sera opposé dans ses actes, cela ne sera pas possible.
Le monde actuel est donc divisé entre deux zones :
"Eden", le jardin paradisiaque où chaque individu peut voir son plein potentiel s'épanouir tant qu'il contribue à la prospérité du jardin.
Et "Géhenne", un univers désolé où des peuples primitifs dirigés par des chefs instables se font la guerre pour des motifs sans intérêt matériel.
Il faudra d'abord construire Eden chez nous, en ralliant par l'exemple le reste de la planète région par région, individu par individu.
Ceci tout en défendant avec la argne d'un chacal enragé les intérêts des habitants d'Eden.
Afin de maintenir la folie de la Géhenne hors des frontières du jardin.
Sans considération pour le bien être ou même la survie des habitants de la Géhenne
Certains individus rejoindront Eden par idéal.
D'autres par intérêt socioéconomique, afin de profiter du bien-être né de la stabilité et de la tolérance.
D'autres encore par nécessité de protection, afin de survivre face aux autres habitants de la Géhenne
Peu importe leur raison :
Tous sont les bienvenus tant qu'ils respectent les règles, contribuent à la prospérité du jardin et méritent leur ticket d'entrée.
Concept clé : le Citoyen, individu responsable
Ce ticket d'entrée, c'est la citoyenneté
Les moyens de l'obtenir sont variés selon les nations, chacune ayant ses variantes.
Le National-Capitalisme, de par sa nature même, n'est en effet pas une théorie rigide ou unifiée.
À l'échelle du Wapong, les règles d'immigration fixées sous Nute Fan sont toujours en vigueur :
Aucune règle, juste l'obligation de s'enregister auprès des autorités du District et donc d'avoir une carte de résident.
Cela pourrait toutefois changé, avec notamment visite médicale et autres contraintes à mesure que la Géhenne devient un véritable enfer.
On ne peut pas laisser n'importe quel pestiféré ou fanatique kiroviste rentrer, après tout :
Il faut des individus responsables.
Pas des idéalistes spirituellement intolérants et professionnellement incompétents.
Ce concept de responsabilité est très important car il définit véritablement la place de chaque citoyen dans la société national-capitaliste.
Un citoyen doit être un actionnaire avant tout.
Il investit son temps et son énergie dans la nation et, à ce titre, possède une partie de la nation.
La nation, Eden, étant une entreprise commune, ses habitants en sont les entrepreneurs et donc les actionnaires.
En tant qu'actionnaire, le citoyen a un droit de regard sur la gestion d'Eden et un droit de décision quant aux projets communs.
Il exprime cette décision par son vote, en mettant en place des leaders qu'il estime capable de donner vie à sa vision d'Eden.
Quand ces leaders échouent, ils ne sont pas réélus.
Peu importe que leurs subordonnés soient partiellement responsables :
C'est la responsabilité du chef que de s'assurer que ses subordonnés exécutent correctement ses décisions.
Si ce n'est pas le cas, il n'est pas un leader et doit être remplacé au plus vite.
Voilà pourquoi il est important de voter pour des individus et non pour un parti :
La responsabilité du citoyen, qu'il soit actionnaire ou leader, est personnelle.
Et pour qu'elle soit vérifiable, des audits indépendants doivent avoir lieu.
L'auditeur est, en cela, autant responsable que celui qu'il contrôle si jamais il ne relève pas une faute ou un abus.
Et de même, en cas de réussite, la récompense est personnelle, sous la forme d'un paiement en devise monétaire.
La devise monétaire du pays est l'équivalent d'une action.
Quand Eden réalise un surplus, l'allocation de celui-ci est décidé :
"Distribution" aux actionnaires via appréciation de la devise afin de doper les importations et temporairement augmenter le niveau de vie.
Ou réinvestissement dans des projets récoltant l'assentiment de la majorité des citoyens dans le but d'améliorer durablement le niveau de vie.
Quand Eden réalise une perte, chaque citoyen y contribue à hauteur de ses investissements.
Ceci au travers de l'inflation de la devise.
Le National-Capitalisme soutient que n'ont le droit de vote que ceux qui possède des terres au sein d'Eden et peuvent acheter leur voix.
Ce qui est consistant avec la notion de responsabilité du citoyen-actionnaire :
Il a investit dans l'achat d'une terre, chose qu'il ne peut emmené avec lui et donc preuve qu'il est bien lié à Eden.
Il a assez de devises pour acheter sa voix, preuve qu'il contribue à la prospérité d'Eden par son travail et son ingéniosité.
Le fait qu'il soit prêt à sacrifier une partie de ses devises pour le droit de prendre une décision sur l'avenir d'Eden est une preuve supplémentaire d'investissement et de prise de responsabilité.
Un citoyen doit s'investir dans Eden.
Et pour s'investir, il doit travailler.
Travailler lui donnera des devises monétaires.
Avec lesquelles il pourra satisfaire ses besoins et désirs avant de réinvestir le reste dans Eden.
Le projet spécifique dans lequel il investira définira comment Eden évoluera pour plaire à ses citoyens.
À noter que les projets sont démarrés par les citoyens eux-mêmes.
La liberté d'expression et la libre entreprise permettent à chacun d'agir pour combler des lacunes que le gouvernement n'aurait pas identifié.
Et ici aussi, chaque projet est une entreprise, avec ses entrepreneurs qui sont ses actionnaires... et parfois aussi des citoyens d'Eden.
La seule réelle différence de gestion entre Eden et les projets qui y ont lieu est que les surplus et pertes des projets sont payés en devises plutôt que par l'appréciation ou l'inflation de la devise.
Un citoyen doit être ensuite un travailleur
L'investissement est donc, en soit, le renoncement volontaire à la jouissance immédiate du fruit de son travail au profit d'Eden.
Ceci en sachant que cet investissement va contribuer à faire d'Eden à monde meilleur via le "travail gratuit" dont Eden aura bénéficié.
Le travail est une composante essentielle de la citoyenneté car, sans lui, il est impossible d'améliorer Eden, quantitativement comme qualitativement.
Le travailleur n'est toutefois pas seulement travailleur pour Eden.
Il travaille avant tout sur un projet, lequel est gérer par des leaders élus par les actionnaires du projet.
Et rien n'empêche le travailleur d'être lui-même un actionnaire.
Cette notion n'est pas nouvelle mais le National-Capitalisme l'encourage :
Les salaires en devises monétaires sont maintenu bas.
Et en compensation, le travailleur reçoit des actions de l'entreprise où il travaille.
Ce modèle encourage le travailleur à performer car, en cas de surplus de l'entreprise, il sait qu'il recevra un dividende généreux.
Il sait aussi que s'il ne performe pas, la valeur de l'action chutera et qu'il ne pourra pas les revendre à la valeur à laquelle il les a reçu.
C'est donc une forme d'épargne productive forcée que le National-Capitalisme prône de mettre en place.
Bien que le terme "forcée" soit inadapté :
En cas de besoin financier urgent, le travailleur peut vendre quelques actions.
Alternativement, cela pousse aussi les travailleurs à ne choisir un travail qu'auprès de projets dans lesquels ils sont prêt à s'investir.
C'est à dire des projets dans lesquels ils ont confiance.
Si les masses de la plèbe saisiront sans doute malgré tout le premier job venu, les gens talentueux pourront se permettre de choisir.
Et donc de concentrer leurs efforts sur les projets qu'ils jugent réellement intéressant et rentable, maximisant ainsi les chances de succès :
Il y a plus dans la tête de 17 millions de travailleurs que dans les 5 têtes de membres d'un politburo.
À noter que le travail, d'un point de vue individuel, n'est pas essentiel.
Un citoyen, une fois qu'il dispose d'assez d'actions dans des projets rentables, peut décider de ne plus travailler.
Et de simplement profiter du fruit du labeur dont il a refusé de jouir immédiatement par le passé.
Les Nationaux-Capitalistes voient notamment ce scénario dans le cadre des retraites.
L'investissement du citoyen, par son travail dans des projets qui continuent de contribuer à Eden, assure à ce citoyen un confort durant ses dernières années.
Le problème vient toutefois que, afin de fournir ce flot continu d'actions pour payer les rémunérations, les projets font de nouvelles émissions chaque année.
Il en résulte une chute perpétuelle des cours des actions... compensée par le réinvestissement partiel des bénéfices.
Lesquels, en raison des faibles salaires monétaires, sont énormes.
Le National-Capitalisme vient donc à bout du problème que dénoncent les marxistes sous le nom de "Wage Slave".
Et que le communisme lui-même a échoué à résoudre :
Le citoyen choisit son emploi et est libre de le quitter ou même de ne pas en avoir.
Il bénéficie directement et proportionnellement des vrais fruits de son travail.
Il a un pouvoir de décision sur la manière dont son emploi évolue.
Mais, en étant à la fois patron et travailleur, il doit dosé tout cela de manière responsable.
C'est un apprentissage qui culmine en un développement personnel important et une remise en question constante :
"-Quelle est ma valeur réelle ? Comment faire pour améliorer mon quotidien actuel sans compromettre mon futur ?"
Le citoyen est aussi un client
La satisfaction des besoins et désirs est le but suprême et final du travail.
Si cela n'était pas le cas, le travail ne serait accompli qu'à titre de loisir, comme un moyen d'enrichissement spirituel.
Ce n'est pas le cas : le travail, dans sa large majorité, demeure aliénant car il empêche l'individu de se consacrer justement à ses loisirs.
Rare sont les cas où travail et loisir se combinent en une même activité sans que l'un ne devienne l'autre.
On ne peut pas vivre que d'amour et d'eau fraiche :
La majorité des besoins et désirs sont liés à la consommation d'un bien ou service matériel.
Et dans une société National-Capitaliste, la mesure à laquelle l'individu est autorisé à satisfaire ses besoins et désirs est son travail.
Le travail lui a donné des devises monétaires.
Ou des actions qui elles-mêmes lui donnent des devises monétaires.
Et ces devises n'ont de valeur que si des biens et services sont produits par le travail au sein même d'Eden.
La satisfaction des besoins et désirs est donc le but suprême et final du travail.
Car le travail seul permet la satisfaction des besoins et désirs.
Pour satisfaire ses besoins et désirs, le citoyen les achète auprès de projets commerciaux.
Il échange ses devises monétaires, représentation du fruit de son travail, contre les biens et services qui sont le réel fruit de ce travail.
L'échange indirect ainsi effectué entre les travaux variés de millions d'individus contribue à leur satisfaction commune.
Le citoyen est un client en cela qu'il consomme.
Par ses habitudes de consommation, il indique aux autres citoyens les lacunes potentielles d'Eden.
Et permet à des projets de voir le jour pour compenser ces lacunes.
S'il consomme le fruit de ces projets, ceux-ci auront les ressources financières nécessaires à investir dans leur développement.
S'il ne consomme pas, les projets déclineront car la non-consommation de leur fruit sera preuve qu'ils sont inutiles ou au moins inadaptés à Eden.
Au delà des simples voix qu'il achète par volonté d'investissement dans la gestion d'Eden, le citoyen responsable influence Eden en étant un client.
Sa consommation responsable et mesurée, sans gâchi mais sans privation, contribue à l'édification d'un jardin plus prospère.
Enfin, le citoyen est un soldat
Travailler, consommer le fruit de son travail et investir le reste ne suffit pas à la prospérité d'Eden.
Dans le monde voulut par la doctrine libérale, cela serait amplement suffisant.
Mais nous ne vivons pas dans un tel monde :
L'ennemi nous guête, dehors comme dedans.
Dehors, la Géhenne ravagée par les guerres, les trahisons, l'oppression, les maladies, l'injustice, la misère,...
Les miséreuses créatures qu'elle engendre se presse à nos portes.
Certains sont envieux.
Désireux de goûter au fruit de notre labeur mais incapables de payer le prix de la sueur pour le créer eux-mêmes, ils envisagent de le saisir par force ou traitrise.
D'autres sont haineux.
Intolérants, ils ne supportent pas l'idée qu'une autre opinion existe.
Et au lieu de chercher à prouver leur supériorité par l'exemple comme nous, ils ne cherchent qu'à nous nuire pour minimiser nos réalisations.
Lychaka, Tarnosia, Rostovie, FLBA, Force Trois, Juvna,... les noms ne manquent pas.
Tous ne vivent que pour détruire ce qui n'est pas déjà à eux et exploiter comme de vulgaires pions ceux qui se rallient à leur bannière.
Ils créent une race d'esclaves, de larves humaines endoctrinées à plaire à leurs maîtres plutôt qu'à s'élever par elles-mêmes.
Une race d'insectes sociaux qui ne sont rien sans les autres et qui, même ensemble, ne sont pas grand chose sinon un outil de destruction.
Une race qui ne succite que la peur et aucune admiration car elle manque d'imagination au-delà de sa capacité de nuisance.
Ils sont des prédateurs et des charognards, rongeant la carcasse d'un monde à l'agonie que leur hostilité a contribué à créer.
Et nous devons faire notre possible pour que, quand ils périront, nous survivions sans dommage à leur dernier acte suicidaire.
Dedans, les naïfs bien pensants qui montrent de la pitié pour le reste de l'Humanité et désirent le retour du libéralisme mou et pacifiste.
Ceux-là doivent être encouragé à aller voir par eux-mêmes la Géhenne
Les génocides et persécutions méticuleusement organisés par les peuples de la Géhenne contre leurs propres populations seront éloquentes.
La mémoire des attentats contre nos propres populations à l'époque où nous étions tout aussi naïfs devra être gardée brûlante.
Face à ces horreurs, un esprit ferme et résolu est la meilleure défense.
Le citoyen-soldat est armé et prêt.
Il se battra pour défendre son foyer contre toute forme de tyrannie.
Il se battra pour défendre le Jardin, ses habitants et leurs intérêts.
Afin que le Jardin reste prospère, que le confort matériel de ses résidents ne diminuent pas et que la liberté, la tolérance et la justice règnent en son enceinte.
Le citoyen-soldat est un volontaire, pas un conscript.
Il fait don de plusieurs années de sa vie et, si besoin, de sa vie elle-même, afin de défendre le foyer où il retournera.
Il accepte le fait que, dans le monde de violence qu'est la Géhenne il n'y a pas de place pour la douceur ou la pitié.
Tout habitant de la Géhenne est au mieux un allié temporairement utile et au pire une dangereuse menace.
Tout habitant de la Géhenne est soit un mou idéaliste en manque de protection ou un fanatique agressif plein d'envie et de haine.
Tout habitant de la Géhenne est sacrifiable si cela signifie qu'un citoyen d'Eden pourra vivre heureux et libre pendant un jour de plus.
Le citoyen-soldat ne sert pas par devoir mais par responsabilité.
Il n'est pas obligé de servir et, si besoin, peut quitter son poste.
Avec ou sans uniforme, il demeure un défenseur d'Eden contre tous ce qui s'opposent à ses valeurs à l'intérieur et à ses intérêts à l'extérieur.
Faire ses preuves comme soldat est un bon moyen de gagner la citoyenneté pour les habitants de la Géhenne désirant intégrer Eden.
Investir cinq longues années dans l'Armée Auxiliaire afin de protéger une patrie que l'on ne verra peut être jamais est une belle preuve de dédication.
Le citoyen idéal est tout cela à la fois
Mais la majorité des citoyens, du moins durant les premières décennies, ne seront que partiellement ou temporairement certains de ces rôles.
Par exemple, pendant longtemps encore, la majorité des habitants du Wapong resteront des travailleurs et des clients.
Rien d'autres.
L'aspect actionnaire demandera une certaine éducation.
Du patronat, d'abord, qui devra accepté d'abandonner le privilège de gérer l'entreprise sans les travailleurs.
Et des travailleurs, qui devront limiter leur consommation pendant quelques temps afin de conserver leur rôle d'actionnaires.
L'aspect soldat est déjà en place au Wapong mais prendra du temps dans le reste du monde.
Car il sous-entend un abandon du monopole de la violence par l'État.
Mais aussi une responsabilisation des individus.
Doctrine Tarkin
La doctrine Tarkin théorise que, lorsque l'on traite avec des habitants de la Géhenne il faut agir différemment d'avec les citoyens d'Eden.
Chercher à convaincre par des arguments raisonnables et mutuellement bénéfiques est inutile :
L'expérience a montré que beaucoup d'habitants de la Géhenne préfère tout perdre, y compris leur vie, afin de nuire légère à Eden.
Une approche mutuellement bénéfique ne fait donc que présenter une cible aux habitants de la Géhenne
Chercher à établir des relations durables est inutile :
L'expérience a montré que, en raison de leur existance en permanence menacée, les habitants de la Géhenne se fichent du long terme.
Ils n'ont pas de notion d'amitié, de loyauté, d'honneur, de fierté ou de vision au-delà de leurs intérêts immédiats.
Une approche basée sur une relation durable ne durera que tant que personne ne leur fera la promesse de mieux.
Chercher à rallier par la générosité est inutile :
L'expérience a montré que la gratitude, tout comme la patience, était un concept alien pour les habitants de la Géhenne
Ils ne montrent aucune générosité sincère ou durable et abuseront sans hésitation de ce qu'ils voient comme une faiblesse.
Une approche basée sur la générosité entrainera simplement du mépris, de la haine et de la jalousie car ils ne sont jamais satisfaits.
La seule méthode qui fonctionne est la démonstration de force directe, massive, irrésistable, sans pitié mais controlée.
Réalisant leur possible annihilation sans même succiter un effort de notre part et sans nous nuire, les habitants de la Géhenne abandonnent.
Certains parmi les plus primitifs et violents choisissent de s'entêter.
Ceux-là ne pourront pas être raisonnés et sont une menace :
localisez-les, immobilisez-les, désarmez-les et éliminez-les.
-
Johel3007
31/01/2019
De : Ji Wu, Directeur Générale aux Finances
à : Public
[quote]<center>-- Niveau Bleu --</center>
Concerne : Évolution de la société Wapongaise
Ci-joint, un récent rapport analysant l'évolution socioéconomique de la République au cours des 5 dernières années.
Une projection pour 2019 est également intégrée.
Phase 1 : la dénationalisation
De Mai 2012 à Décembre 2014, le Directoire s'est efforcé de stimuler la construction d'une société civile forte et autonome vis-à-vis de l'État.
La tâche était d'ampleur car la majorité de la population était immobilisée dans une occupation agricole de subsistance.
Et celle qui ne l'était pas était intégrée à la machine Kiroviste du Général Ngô, travaillant pour l'État sans notion réelle d'efficacité.
Mais la revente des actifs de l'État à des entreprises étrangères a permit à la République d'obtenir les capitaux nécessaires à financer ce stimuli.
Les monarchies pétrolières du Barejbal sont en cela à remercier pour leur générosité.
Plusieurs magnats de la Sainte Alliance virent aussi dans le Wapong une bouffée d'oxygène pour des investissements non-régulés.
La majorité des pays de l'actuel OTH profitèrent également de l'aubaine, tout comme l'Hylée et le Savoia.
Les contrats avec l'industrie navale Shawiricienne furent aussi critique pour sécuriser une demande industrielle lourde.
Ces 30 mois furent aussi une période de semi-anarchie.
Où les anciennes structures de pouvoir traditionnelles et institutionnelles furent littéralement balayées.
Et remplacées naturellement par les entreprises commerciales et associations citoyennes émergeantes.
Cette "adolescence" du Wapong vit l'importance de plus de 50% au lendemain de la révolution de Mai 2012 à seulement 23% en Décembre 2014.
La part de l'armée, jadis proche des 30%, s'écroula rapide à moins de 6%.
Cela s'explique en grande partie par la "privatisation" de la sécurité quotidienne, jadis assurée par les milices kirovistes de Ngô.
Les effectifs des forces armées étatiques étaient, à fin 2014, de moins d'un quinzième de ce qu'elles avaient été sous Ngô.
Leur professionnalisme en faisait, après le Pelabssa et le Ranekika, l'une des forces les mieux entrainées et équippées au monde.
Phase 2 : reconstruction progressive
Les 36 mois suivants virent une croissance méthodique de la productivité, affichant un pourcentage à deux chiffres chaque année.
Avec la modernisation agricole et l'industrialisation, la part de population active engagé dans l'économie productive approcha rapidement les 80%.
Tandis que l'introduction de méthodes toujours plus efficaces de division du travail, appuyé par une éducation de terrain, emballait le moteur économique.
L'inflation des prix des denrées courantes fut toutefois dramatique, entrainant un fossé croissant entre nouveaux riches et pauvres.
Les exportations de biens finis et semi-finis explosèrent vers le Pelabssa, compensées par l'importation de machineries.
Ce qui, paradoxalement, aggrava l'inflation des prix en raison de la pénurie de biens de consommation au Wapong.
Si bien que la misère urbaine entraina une immigration importante de la part des individus les plus fragiles, sensibles ou paresseux.
Le reste réussit à conquérir les sommets ou accepta son sort dans l'espoir de meilleurs lendemains.
L'importance des dépenses publiques stabilisa autour de 20% de la productivité nationale, laissant la société civile prospéré avec les autres 80%.
Cette énorme liberté d'accès aux ressources permit aux individus de lancer leurs propres initiatives citoyennes.
La charité sociale autant que la sécurité privée connurent un age d'or, comblant les lacunes de la République en la matière.
Phase 3 : essor exponentiel
La "Doctrine Fan" semble avoir pris racine :
Le PIB/hab est passé de 627 $USP en fin 2012 à 1.536 $USP à fin 2018.
On peut donc sans trop d'erreur affirmer que le niveau de vie moyen des wapongais a effectivement triplé en 6 ans.
Avec une hausse moyenne de +24% par an, malgré les inégalités de revenus et l'inflation des prix à la consommation, c'est un miracle.
Une large partie de cet envol a été réalisé dans les faits au cours de l'année 2018, avec une croissance de productivité de +45%.
La croissance des dépenses publiques sur la même période n'a été que de +30%.
Cela reste important mais la différence de croissances entre ces deux indices entraine une hausse de l'émancipation de la société civile.
La part de l'État dans l'économie est de seulement 20%, contre 23% de 2014.
Les analyses de conjoncture semblent indiqués qu'une tendence similaire devrait avoir lieu en 2019.
Le défi du gouvernement actuel sera donc de capitaliser sur les semances du gouvernement Fan.
Afin que cette croissance ne faiblisse pas et que, en Janvier 2023, notre pays dispose de plus de 115 milliards de productivité.
Si une telle chose est réalisable sans une hausse de population de plus de 2 à 3%, alors notre nation aura un PIB/hab de 6.750 $USP
Nous pourrons considérer avoir réussi le pari de faire passer le Wapong d'une nation arriérée à une nation moderne en une seule décennie.
Et cela en laissant une société libre et juste.
Où l'État, en ne mobilisant que 15% des ressources, sera un simple arbitre entre les disputes et un protecteur de la nation.
Afin d'assumer ce rôle de protecteur, il est conseillé de maintenir le poids de la Défense entre 5 et 6% des efforts nationaux.
Cela impliquerait donc un budget de 6,31 milliards en 2022.
Et à effectifs égaux, cela représenterait donc presque 400.000 $USP par an et par soldat.
À titre de comparaison, les estimations concernant l'ANR étaient à 244.000 $USP par soldat en 2017.[/quote]
<center>[img]http://img689.imageshack.us/img689/7748/wapondpublictrend.png[/img]
De : Ji Wu, Directeur Générale aux Finances
à : Public
[quote]<center>-- Niveau Bleu --</center>
Concerne : Évolution de la société Wapongaise
Ci-joint, un récent rapport analysant l'évolution socioéconomique de la République au cours des 5 dernières années.
Une projection pour 2019 est également intégrée.
Phase 1 : la dénationalisation
De Mai 2012 à Décembre 2014, le Directoire s'est efforcé de stimuler la construction d'une société civile forte et autonome vis-à-vis de l'État.
La tâche était d'ampleur car la majorité de la population était immobilisée dans une occupation agricole de subsistance.
Et celle qui ne l'était pas était intégrée à la machine Kiroviste du Général Ngô, travaillant pour l'État sans notion réelle d'efficacité.
Mais la revente des actifs de l'État à des entreprises étrangères a permit à la République d'obtenir les capitaux nécessaires à financer ce stimuli.
Les monarchies pétrolières du Barejbal sont en cela à remercier pour leur générosité.
Plusieurs magnats de la Sainte Alliance virent aussi dans le Wapong une bouffée d'oxygène pour des investissements non-régulés.
La majorité des pays de l'actuel OTH profitèrent également de l'aubaine, tout comme l'Hylée et le Savoia.
Les contrats avec l'industrie navale Shawiricienne furent aussi critique pour sécuriser une demande industrielle lourde.
Ces 30 mois furent aussi une période de semi-anarchie.
Où les anciennes structures de pouvoir traditionnelles et institutionnelles furent littéralement balayées.
Et remplacées naturellement par les entreprises commerciales et associations citoyennes émergeantes.
Cette "adolescence" du Wapong vit l'importance de plus de 50% au lendemain de la révolution de Mai 2012 à seulement 23% en Décembre 2014.
La part de l'armée, jadis proche des 30%, s'écroula rapide à moins de 6%.
Cela s'explique en grande partie par la "privatisation" de la sécurité quotidienne, jadis assurée par les milices kirovistes de Ngô.
Les effectifs des forces armées étatiques étaient, à fin 2014, de moins d'un quinzième de ce qu'elles avaient été sous Ngô.
Leur professionnalisme en faisait, après le Pelabssa et le Ranekika, l'une des forces les mieux entrainées et équippées au monde.
Phase 2 : reconstruction progressive
Les 36 mois suivants virent une croissance méthodique de la productivité, affichant un pourcentage à deux chiffres chaque année.
Avec la modernisation agricole et l'industrialisation, la part de population active engagé dans l'économie productive approcha rapidement les 80%.
Tandis que l'introduction de méthodes toujours plus efficaces de division du travail, appuyé par une éducation de terrain, emballait le moteur économique.
L'inflation des prix des denrées courantes fut toutefois dramatique, entrainant un fossé croissant entre nouveaux riches et pauvres.
Les exportations de biens finis et semi-finis explosèrent vers le Pelabssa, compensées par l'importation de machineries.
Ce qui, paradoxalement, aggrava l'inflation des prix en raison de la pénurie de biens de consommation au Wapong.
Si bien que la misère urbaine entraina une immigration importante de la part des individus les plus fragiles, sensibles ou paresseux.
Le reste réussit à conquérir les sommets ou accepta son sort dans l'espoir de meilleurs lendemains.
L'importance des dépenses publiques stabilisa autour de 20% de la productivité nationale, laissant la société civile prospéré avec les autres 80%.
Cette énorme liberté d'accès aux ressources permit aux individus de lancer leurs propres initiatives citoyennes.
La charité sociale autant que la sécurité privée connurent un age d'or, comblant les lacunes de la République en la matière.
Phase 3 : essor exponentiel
La "Doctrine Fan" semble avoir pris racine :
Le PIB/hab est passé de 627 $USP en fin 2012 à 1.536 $USP à fin 2018.
On peut donc sans trop d'erreur affirmer que le niveau de vie moyen des wapongais a effectivement triplé en 6 ans.
Avec une hausse moyenne de +24% par an, malgré les inégalités de revenus et l'inflation des prix à la consommation, c'est un miracle.
Une large partie de cet envol a été réalisé dans les faits au cours de l'année 2018, avec une croissance de productivité de +45%.
La croissance des dépenses publiques sur la même période n'a été que de +30%.
Cela reste important mais la différence de croissances entre ces deux indices entraine une hausse de l'émancipation de la société civile.
La part de l'État dans l'économie est de seulement 20%, contre 23% de 2014.
Les analyses de conjoncture semblent indiqués qu'une tendence similaire devrait avoir lieu en 2019.
Le défi du gouvernement actuel sera donc de capitaliser sur les semances du gouvernement Fan.
Afin que cette croissance ne faiblisse pas et que, en Janvier 2023, notre pays dispose de plus de 115 milliards de productivité.
Si une telle chose est réalisable sans une hausse de population de plus de 2 à 3%, alors notre nation aura un PIB/hab de 6.750 $USP
Nous pourrons considérer avoir réussi le pari de faire passer le Wapong d'une nation arriérée à une nation moderne en une seule décennie.
Et cela en laissant une société libre et juste.
Où l'État, en ne mobilisant que 15% des ressources, sera un simple arbitre entre les disputes et un protecteur de la nation.
Afin d'assumer ce rôle de protecteur, il est conseillé de maintenir le poids de la Défense entre 5 et 6% des efforts nationaux.
Cela impliquerait donc un budget de 6,31 milliards en 2022.
Et à effectifs égaux, cela représenterait donc presque 400.000 $USP par an et par soldat.
À titre de comparaison, les estimations concernant l'ANR étaient à 244.000 $USP par soldat en 2017.[/quote]
<center>[img]http://img689.imageshack.us/img689/7748/wapondpublictrend.png[/img]