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- - - - -- - - - 7 Décembre 2009, Azibi, capitale du Royaume du Valacida
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - 9:03 AM
Les journées dans un palais royal sont d'ordinaire plutôt ennuyeuses et répétitives. Les activités sont toujours les mêmes.
Les discussions toujours aussi inintéressantes et plates. Seulement, cette journée-ci ne fut pas comme les précédentes.
Je m'en était d'abord réjoui. Puis, peu à peu, je compris que ce n'était plus un jeu. Que je ne vivrai plus dans mes beaux draps de soie.
Que je ne pourrai plus admirer la beauté des environs, au lever du soleil, du haut de mon balcon princier.
Le nombre de gardes royaux dans le palais avait lourdement diminué. Les serviteurs avaient déserté les lieux.
Chaque matin, un soldat venait annoncer les nouvelles à père, qui se mettait à hurler et à briser tout ce qu'il avait sous la main.
Il m'effrayait. Il n'était plus le même père qu'autrefois. Mère, elle, n'osait plus l'approcher. Sa violence dépassait notre entendement.
Mais ils restaient tous deux dans le secret. Je n'étais au courant de rien. Ce matin-là, père ne brisa rien. Il s'écroula sur le sol.
Il se mit à geindre. Comme si on le poignardait. Il pleurait et hurlait.
Je m'approchai de lui pour l'aider, mais il me repoussa brusquement, trop fier pour accepter qu'on le voie verser des larmes amères.
Après quelques minutes de crise, il semblait s'être calmé.
Je vins l'étreindre et fredonnai une mélodie qu'il me chantait, autrefois, chaque fois qu'il venait me réconforter après un cauchemar.
Il se détendit. Une fois la chansonnette terminée, il se releva difficilement, et me serra dans ses bras.
À cet instant, mère entra et sembla surprise de nous voir enlacés. Père se mit à genoux. Il prit sa couronne, tombée au sol, puis la mit sur ma tête.
Il m'embrassa le front, ému et crispé.
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - [img]http://img195.imageshack.us/img195/3041/couronne.png[/img]
Hernando III : Toi, ils ne t'auront pas... Oui, tu vivras. Tu vivras longtemps. [il ferme les yeux et colle son front au mien] Aussi longtemps que possible.
Sur les traces d'un héritier... [RP]
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Jacinto
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- - - - - - - - - - - - - - - 7 Décembre 2009, Azibi, capitale du Royaume du Valacida
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - 10:48 AM
La porte du bureau de père était entre-ouverte. J'en profitai pour écouter ce qu'il disait à ses conseillers. Que me cachait-il ? Je faufilai mon oreille près de la porte.
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - [img]http://img718.imageshack.us/img718/8360/sanstitre1nty.png[/img]
Hernando III : La ville ne tiendra pas. Une partie de l'armée a rejoint les rebelles. Azibi la grande n'a plus assez de forces en elle pour résister au soulèvement.
[Sa voix se trouble, il semble ému] Le royaume est ruiné et semble voué à l'enfer.
Que se passera-t-il si ce José Staliz, ce gueux, ce poissonnier, cet ignare, ce pauvre fou qui croit pouvoir changer le monde, venait à gouverner MON pays ?
Il ne connait rien à la politique. La seule chose qu'il sait faire c'est haranguer les foules et mentir pour son propre profit.
C'est un monstre. Avez-vous entendu ce qu'il a annoncé dans les médias clandestins ? Avez-vous lu les tractes qu'il fait diffuser en secret ?
Il menace ma famille de mort. Il veut l'abolition de la monarchie et que le pouvoir revienne au peuple. Et les voilà qui brandissent les couleurs du socialisme !
Quel funeste avenir pour le peuple, si nous échouons. D'où sort-il ? Pour qui se prend-il ? S'il croit m'impressionner il se trompe. Je ne suis pas un lâche.
Je me battrai jusqu'au bout pour vaincre le serpent rouge.
Conseiller politique : Peut-être devriez-vous mettre votre famille en sûreté, si vous n'êtes pas certain de pouvoir vaincre les révoltés.
Si le peuple pénètre dans le palais, ils n'épargneront pas votre majesté, ni sa famille. Ils sont manipulés par leurs meneurs, qui vous diabolisent.
Ils n'hésiteront pas à vous... enfin je veux dire, ils ne vous craignent plus et souhaitent vous voir disparaître. Et ce par n'importe quel moyen.
Si votre famille survit, alors, lorsque le peuple se rendra compte de l'absurdité de leurs dirigeants, il pourra se tourner vers l'espoir qu'incarne votre fils.
Felipe est un jeune prince très prometteur. Il est très intelligent pour son âge. Laissez-le, avec sa mère, quitter le pays, si la guerre tourne mal.
Donnez-lui la chance de pouvoir remettre le Valacida vers le droit chemin, celui d'une monarchie exemplaire.
Hernando III : Nous n'avons pas d'amis dans cette tourmente. Quel pays voisin accepterait de sauver ma famille ?
Le Quantar ? Ces chiens libéraux d'ivrognes, qui empestent la bière à des kilomètres à la ronde ?
Le Lochlann ? Ces nordiques poilus, chauvins et primitifs qui méprisent les étrangers ? [il rit]
Alors je vous le demande, qui accepterait de les sauver ?
Conseiller politique : Si nous préparons à temps un dernier avion discret, votre fils et votre femme pourraient quitter le Valacida,
vers une autre monarchie... dans le secret. Ils pourraient vivre en paix, le temps que les valacides se manifestent.
Que les vrais chrétiens entraînent un nouveau soulèvement. Cela prendra surement des années pour se faire, cela donnera à votre fils le temps de grandir et de s'éduquer.
Envoyez-les dans un petit village thorvalien, peu habité et assez rural, avec ce qu'il reste des caisses de l'état.
Cela suffira surement à payer un logement convenable et quelques semaines de vivres.
Hernando III : La situation au Thorval est des plus préoccupantes. Connaissez-vous ce fou à lier qui est à la tête de cette nation ? S'il apprend que...
Conseiller politique : [il le coupe] Il n'en saura rien. Et c'est une bonne chose que la situation soit instable là bas aussi.
Cela n'attirera pas les mauvais yeux sur votre enfant. Rien de mieux pour faire de l'ombre si des rumeurs se mettaient à circuler.
Hernando III : [il soupire] Quand le convoi aérien serait-il prêt ?
Conseiller politique : D'ici deux ou trois heures l'avion serait opérationnel, votre Altesse.
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - [img]http://img692.imageshack.us/img692/4438/sanstitre2vqc.png[/img]
Je n'en revenais pas. Mes mains tremblaient, mes jambes vacillaient. Père allait se sacrifier pour nous ? Je ne le reverrais plus ? Pourquoi partir immédiatement ?
Et qui sont ces rebelles, de quel droit ils souhaitent la mort de mon très cher père ? Je ne comprenais pas ce qu'il se passait. Et les choses semblaient se compliquer.
Je courus dans ma chambre, pour y pleurer des larmes d'incompréhension et d'injustice. Je ne voulais pas partir de mon pays. Mon âme y était enracinée, mon cœur y était ancré.
- - - - - - - - - - - - - - - 7 Décembre 2009, Azibi, capitale du Royaume du Valacida
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - 10:48 AM
La porte du bureau de père était entre-ouverte. J'en profitai pour écouter ce qu'il disait à ses conseillers. Que me cachait-il ? Je faufilai mon oreille près de la porte.
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Hernando III : La ville ne tiendra pas. Une partie de l'armée a rejoint les rebelles. Azibi la grande n'a plus assez de forces en elle pour résister au soulèvement.
[Sa voix se trouble, il semble ému] Le royaume est ruiné et semble voué à l'enfer.
Que se passera-t-il si ce José Staliz, ce gueux, ce poissonnier, cet ignare, ce pauvre fou qui croit pouvoir changer le monde, venait à gouverner MON pays ?
Il ne connait rien à la politique. La seule chose qu'il sait faire c'est haranguer les foules et mentir pour son propre profit.
C'est un monstre. Avez-vous entendu ce qu'il a annoncé dans les médias clandestins ? Avez-vous lu les tractes qu'il fait diffuser en secret ?
Il menace ma famille de mort. Il veut l'abolition de la monarchie et que le pouvoir revienne au peuple. Et les voilà qui brandissent les couleurs du socialisme !
Quel funeste avenir pour le peuple, si nous échouons. D'où sort-il ? Pour qui se prend-il ? S'il croit m'impressionner il se trompe. Je ne suis pas un lâche.
Je me battrai jusqu'au bout pour vaincre le serpent rouge.
Conseiller politique : Peut-être devriez-vous mettre votre famille en sûreté, si vous n'êtes pas certain de pouvoir vaincre les révoltés.
Si le peuple pénètre dans le palais, ils n'épargneront pas votre majesté, ni sa famille. Ils sont manipulés par leurs meneurs, qui vous diabolisent.
Ils n'hésiteront pas à vous... enfin je veux dire, ils ne vous craignent plus et souhaitent vous voir disparaître. Et ce par n'importe quel moyen.
Si votre famille survit, alors, lorsque le peuple se rendra compte de l'absurdité de leurs dirigeants, il pourra se tourner vers l'espoir qu'incarne votre fils.
Felipe est un jeune prince très prometteur. Il est très intelligent pour son âge. Laissez-le, avec sa mère, quitter le pays, si la guerre tourne mal.
Donnez-lui la chance de pouvoir remettre le Valacida vers le droit chemin, celui d'une monarchie exemplaire.
Hernando III : Nous n'avons pas d'amis dans cette tourmente. Quel pays voisin accepterait de sauver ma famille ?
Le Quantar ? Ces chiens libéraux d'ivrognes, qui empestent la bière à des kilomètres à la ronde ?
Le Lochlann ? Ces nordiques poilus, chauvins et primitifs qui méprisent les étrangers ? [il rit]
Alors je vous le demande, qui accepterait de les sauver ?
Conseiller politique : Si nous préparons à temps un dernier avion discret, votre fils et votre femme pourraient quitter le Valacida,
vers une autre monarchie... dans le secret. Ils pourraient vivre en paix, le temps que les valacides se manifestent.
Que les vrais chrétiens entraînent un nouveau soulèvement. Cela prendra surement des années pour se faire, cela donnera à votre fils le temps de grandir et de s'éduquer.
Envoyez-les dans un petit village thorvalien, peu habité et assez rural, avec ce qu'il reste des caisses de l'état.
Cela suffira surement à payer un logement convenable et quelques semaines de vivres.
Hernando III : La situation au Thorval est des plus préoccupantes. Connaissez-vous ce fou à lier qui est à la tête de cette nation ? S'il apprend que...
Conseiller politique : [il le coupe] Il n'en saura rien. Et c'est une bonne chose que la situation soit instable là bas aussi.
Cela n'attirera pas les mauvais yeux sur votre enfant. Rien de mieux pour faire de l'ombre si des rumeurs se mettaient à circuler.
Hernando III : [il soupire] Quand le convoi aérien serait-il prêt ?
Conseiller politique : D'ici deux ou trois heures l'avion serait opérationnel, votre Altesse.
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Je n'en revenais pas. Mes mains tremblaient, mes jambes vacillaient. Père allait se sacrifier pour nous ? Je ne le reverrais plus ? Pourquoi partir immédiatement ?
Et qui sont ces rebelles, de quel droit ils souhaitent la mort de mon très cher père ? Je ne comprenais pas ce qu'il se passait. Et les choses semblaient se compliquer.
Je courus dans ma chambre, pour y pleurer des larmes d'incompréhension et d'injustice. Je ne voulais pas partir de mon pays. Mon âme y était enracinée, mon cœur y était ancré.
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Jacinto
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- - - - - - - - - - - - - - - 7 Décembre 2009, Azibi, capitale du Royaume du Valacida
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - 11:12 AM
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - [img]http://img713.imageshack.us/img713/9518/sanstitre3vb.png[/img]
La pâle lumière d'un matin de Décembre peinait à transpercer les nuages. J'avais froid. La chaleur de mon corps semblait s'être dérobée, à l'instar de celle du palais.
La vie semblait disparaître, s'envoler, nous laissant dans l'effroi et l'ennui macabres d'un tombeau endormi. Les rideaux se ma chambre ne sentait plus que la poussière.
Leur doux parfum d'antan s'était évanoui. Autrefois, ils laissaient passer les rayons de lumière, les rayons de chaleur que nous offre le soleil.
Désormais, ils absorbaient cette lumière et laissaient la pièce dans l'obscurité. Je me levai pour scruter, surement pour la dernière fois, la beauté des environs.
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - [img]http://img408.imageshack.us/img408/2230/sanstitre4lc.png[/img]
Je n'avais connu que ce paysage, mais je ne m'en rassasiais jamais. La vie de mes ancêtres avait marqué tous ces monuments.
Ils avaient fait de cette ville un phare pour tout le pays. J'ouvris la porte du balcon, puis m'approchai de la rambarde, la tête levée vers le soleil.
Le froid assaillit mes mollets, puis mes bras et mon visage. Le léger courant d'air glacial qui caressait ma peau paraissait aussi térébrant qu'une lame cisaillant chacun de mes membres.
Mes habits étaient trop fins pour ce genre de saison. Mais père semblait dire que nous n'avions plus la possibilité de vivre dans le confort absolu. Alors, je ne sortais plus.
Cela devait faire pas moins d'un an et demi que je n'avais pas quitté Azibi... Que je n'avais pas ressenti le bien-être de la campagne.
Que je ne me baignais plus dans l'eau fraiche et fortifiante du Tigro. Que je ne côtoyais plus mes amis. Que je voyais chaque matin père s'emporter et briser les derniers trésors du palais.
Que je montais dans ma chambre pour essayer de trouver le réconfort dans les pensées et dans les souvenirs du passé... Je refermai la porte du balcon puis m'écroulai sur mon lit.
Je fondis en larme. Quel destin. Ainsi, père voulait désormais m'emmener loin de lui.
Je ne saurais être capable de supporter une telle existence, une telle destinée, que celle d'être l'héritier du trône du Valacida, sans l'avoir à mes côtés pour me conseiller et m'épauler.
Je ne m'en sentais pas capable. La porte boisée grinça, c'était lui. Il entra dans la chambre lentement, puis s'assit, près de moi, sur le lit.
Il passa sa main sur mon visage, défiguré par la peine. Il semblait s'être rendu compte que j'avais compris ce qui m'attendait.
Hernando III : [d'une voie faible] Tu es si froid. [il fronce les sourcils et ferme les yeux] Felipe...
Ne gâche pas ton existence à pleurer un pauvre fou qui semble perdre un peu plus la tête chaque jour nouveau. Ton avenir s'annonce tellement plus rayonnant.
Tant d'espoir repose sur toi. L'espoir d'un monde meilleur. L'espoir de revoir le Valacida entrer dans son apogée.
Il y a des siècles de cela, tes prédécesseurs ont su apporter l'âge d'or à ce pays.La vie y était plus douce que jamais.
Et je sais que tu as l'intelligence et la sagesse suffisantes pour y parvenir. Tu dois te tourner vers l'avenir et non te morfondre pour le passé douloureux que l'on aura vécu ensemble.
Ton père sera toujours là, Felipe... [il pointa ma poitrine du doigt] et là [il pointa mon front]... [sa voix tremble, il est ému]
Promets-moi seulement de te rappeler des bons moments.
Rappelle-toi de l'époque où nous partions avec ta mère vers l'Ouest, sur les flancs de la montagne, où tu courrais, aussi vif et agile qu'un étalon.
Rappelle-toi de l'amour que j'ai pu te donner. Et rappelle-toi aussi de ce moment. [Une larme se forme au bas de son œil gauche, puis dévale lentement la pente de ses joues]
En... en revanche... jure-moi d'oublier tout ce que j'ai pu dire ou faire dans la colère... Oublis tous les matins où je me suis emporté.
Et efface de ta mémoire les moments douloureux que j'ai pu te faire passer. Oublie-les... Je... je t'aime Felipe. Mais maintenant il te faut partir.
Tu ne peux plus rester ici. [Il sortit une petite valise d'un des placards, il la pose sur le lit]
Prends le strict nécessaire, puis rejoins-nous dans le salon. Fais vite Felipe.
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - [img]http://img703.imageshack.us/img703/5922/sanstitre5gle.png[/img]
Il sortit de la pièce en fermant délicatement la porte, puis descendit les escaliers d'un pas mou. Je n'avais plus le choix désormais.
Mon destin était tracé ailleurs, loin, dans un pays qui m'était inconnu...
- - - - - - - - - - - - - - - 7 Décembre 2009, Azibi, capitale du Royaume du Valacida
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - 11:12 AM
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La pâle lumière d'un matin de Décembre peinait à transpercer les nuages. J'avais froid. La chaleur de mon corps semblait s'être dérobée, à l'instar de celle du palais.
La vie semblait disparaître, s'envoler, nous laissant dans l'effroi et l'ennui macabres d'un tombeau endormi. Les rideaux se ma chambre ne sentait plus que la poussière.
Leur doux parfum d'antan s'était évanoui. Autrefois, ils laissaient passer les rayons de lumière, les rayons de chaleur que nous offre le soleil.
Désormais, ils absorbaient cette lumière et laissaient la pièce dans l'obscurité. Je me levai pour scruter, surement pour la dernière fois, la beauté des environs.
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Je n'avais connu que ce paysage, mais je ne m'en rassasiais jamais. La vie de mes ancêtres avait marqué tous ces monuments.
Ils avaient fait de cette ville un phare pour tout le pays. J'ouvris la porte du balcon, puis m'approchai de la rambarde, la tête levée vers le soleil.
Le froid assaillit mes mollets, puis mes bras et mon visage. Le léger courant d'air glacial qui caressait ma peau paraissait aussi térébrant qu'une lame cisaillant chacun de mes membres.
Mes habits étaient trop fins pour ce genre de saison. Mais père semblait dire que nous n'avions plus la possibilité de vivre dans le confort absolu. Alors, je ne sortais plus.
Cela devait faire pas moins d'un an et demi que je n'avais pas quitté Azibi... Que je n'avais pas ressenti le bien-être de la campagne.
Que je ne me baignais plus dans l'eau fraiche et fortifiante du Tigro. Que je ne côtoyais plus mes amis. Que je voyais chaque matin père s'emporter et briser les derniers trésors du palais.
Que je montais dans ma chambre pour essayer de trouver le réconfort dans les pensées et dans les souvenirs du passé... Je refermai la porte du balcon puis m'écroulai sur mon lit.
Je fondis en larme. Quel destin. Ainsi, père voulait désormais m'emmener loin de lui.
Je ne saurais être capable de supporter une telle existence, une telle destinée, que celle d'être l'héritier du trône du Valacida, sans l'avoir à mes côtés pour me conseiller et m'épauler.
Je ne m'en sentais pas capable. La porte boisée grinça, c'était lui. Il entra dans la chambre lentement, puis s'assit, près de moi, sur le lit.
Il passa sa main sur mon visage, défiguré par la peine. Il semblait s'être rendu compte que j'avais compris ce qui m'attendait.
Hernando III : [d'une voie faible] Tu es si froid. [il fronce les sourcils et ferme les yeux] Felipe...
Ne gâche pas ton existence à pleurer un pauvre fou qui semble perdre un peu plus la tête chaque jour nouveau. Ton avenir s'annonce tellement plus rayonnant.
Tant d'espoir repose sur toi. L'espoir d'un monde meilleur. L'espoir de revoir le Valacida entrer dans son apogée.
Il y a des siècles de cela, tes prédécesseurs ont su apporter l'âge d'or à ce pays.La vie y était plus douce que jamais.
Et je sais que tu as l'intelligence et la sagesse suffisantes pour y parvenir. Tu dois te tourner vers l'avenir et non te morfondre pour le passé douloureux que l'on aura vécu ensemble.
Ton père sera toujours là, Felipe... [il pointa ma poitrine du doigt] et là [il pointa mon front]... [sa voix tremble, il est ému]
Promets-moi seulement de te rappeler des bons moments.
Rappelle-toi de l'époque où nous partions avec ta mère vers l'Ouest, sur les flancs de la montagne, où tu courrais, aussi vif et agile qu'un étalon.
Rappelle-toi de l'amour que j'ai pu te donner. Et rappelle-toi aussi de ce moment. [Une larme se forme au bas de son œil gauche, puis dévale lentement la pente de ses joues]
En... en revanche... jure-moi d'oublier tout ce que j'ai pu dire ou faire dans la colère... Oublis tous les matins où je me suis emporté.
Et efface de ta mémoire les moments douloureux que j'ai pu te faire passer. Oublie-les... Je... je t'aime Felipe. Mais maintenant il te faut partir.
Tu ne peux plus rester ici. [Il sortit une petite valise d'un des placards, il la pose sur le lit]
Prends le strict nécessaire, puis rejoins-nous dans le salon. Fais vite Felipe.
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Il sortit de la pièce en fermant délicatement la porte, puis descendit les escaliers d'un pas mou. Je n'avais plus le choix désormais.
Mon destin était tracé ailleurs, loin, dans un pays qui m'était inconnu...
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Jacinto
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- - - - - - - - - - - - - - - 7 Décembre 2009, Azibi, capitale du Royaume du Valacida
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - 12:05 AM
"Le strict nécessaire", avait-il dit... J'avais donc rempli ma valise de vieux vêtements de citadins, essentiellement. J'entrai dans la salle d'eau pour me coiffer autrement.
J'avais l'habitude de tirer mes cheveux en arrière, là je les mis en désordre.
Je fis mes adieux à ma chambre, puis descendit comme convenu dans le salon, où père, mère et leurs derniers partisans m'attendaient.
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - [img]http://img80.imageshack.us/img80/4237/sanstitre6j.png[/img]
Mère tenait dans ses mains un sac de provisions. Le voyage allait durer longtemps apparemment. Je restais planté devant eux, le regard vide et l'air perdu.
Felipe : Je suis prêt.
Hernando III : Bien. Maintenant, tu vas suivre ta mère jusqu'à un camion, où des soldats vous attendront.
Ce camion vous emmènera tous les deux jusqu'à l'aéroport, où un avion attend ses derniers passagers, c'est-à-dire vous.
[À mère] Une fois arrivés au Thorval, laissez les officiers vous guider.
Ils connaissent le chemin et vous emmèneront discrètement dans un village, où une petite maison a été achetée pour vous.
Il vous faudra apprendre le thorvalien, afin de pouvoir vous intégrer parfaitement. [Murmure] Je compte sur toi pour veiller au bien être de notre enfant...
[Il l'embrasse, puis se retire].
Nous fûmes escortés jusqu'au camion dont il était question, à l'extérieur du palais. Les soldats semblaient de pierre. Aucune émotion.
Des gestes presque mécaniques, des machines. Les yeux vides de vie. Ils portaient des armes noires énormes et impressionnantes.
Ces hommes me firent grimper juste avant mère. Il faisait plus froid qu'à l'extérieur...
Nous nous assîmes côte-à-côte au milieu du camion et je posai ma tête contre son bras. Elle tremblait, j'entendais son cœur battre aussi fort qu'un tambour.
Avant d'ordonner le départ du véhicule, un général s'installa près de nous sur la banquette. Il se tourna vers mère.
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - [img]http://img41.imageshack.us/img41/3876/sanstitre7ac.png[/img]
Général : [chuchotant, pensant que je n'entendrais pas] Ma reine, des informateurs nous ont confié que les rebelles s'approchaient d'Azibi.
La ville risque de tomber dans la journée... et la monarchie avec elle. Si tel est bien le cas, nous ne devrons pas perdre de temps.
L'aéroport est abandonné depuis bientôt 1 mois. Nous y avons envoyé des forces armées pour assurer votre sécurité jusqu'à l'avion qui vous emmènera loin du danger.
Toutefois, il nous faudra rester très attentifs. Les rebelles sont imprévisibles et peuvent surgir à n'importe quel moment pour assaillir l'aéroport...
S'il vous arrive quoi que ce soit, je ne me le pardonnerais jamais, votre majesté. Votre survie est le dernier espoir pour ce pays.
Mère acquiesça, son cœur se mit à battre plus fort encore. Les vibrations du camion m'inquiétaient d'autant plus.
La route était délabrée, mais la vitesse à laquelle nous devions rouler devait surement être la cause de ses vibrations intenses.
Quelques minutes plus tard le camion se stoppa net. Il n'y avait plus aucun bruit. Mais, brusquement, on entendit parler vivement à l'extérieur...
Les soldats se levèrent, inquiets, et je regardai mère incompréhensif. Étions-nous arrivés ? Ou le camion avait-il été stoppé par quelque chose ? Ou quelqu'un ?
La porte arrière s'ouvra brusquement... Mais nous aperçûmes la façade de l'aéroport. Soupir de soulagement dans le camion... Nous étions bien arrivés.
Mère me prit par la main, nous courûmes en direction de l'entrée de l'aéroport, persuadés que nous étions sauvés.
Les militaires applaudirent, et le général souriait en nous regardant à quelques mètres de l'entrée de l'aéroport. Mais leur mission tourna au cauchemar...
Un bruit d'explosion surgit derrière nous. Je me retournai, et vis le camion qui nous avait transportés exploser, emportant le corps du général et des soldats dans la déflagration.
La peur me fit trébucher et ma jambe se tordit. Je criai de douleur, mère, prise de peur, ne pouvait plus bouger. Soudain, des cris retentirent au loin, des cris de rage.
Des drapeaux rayés de blanc et de rouge, ornés d'étoiles et d'une faucille apparurent à travers la fumée qui se dégageait du véhicule explosé.
Les derniers soldats vivant sortirent de l'aéroport pour venir affronter les rebelles.
Un homme, un officier surement, me prit, me porta sur ses épaules, et m'emmena à toute vitesse dans l'aéroport.
Mère, ne bougeait toujours pas. On lui criait de courir, mais elle restait pétrifiée. Quand les rebelles traversèrent la nuée de flammes, elle se ressaisit et accourut vers l'entrée.
Mais les rebelles étaient armés, et les soldats chargés de nous protéger n'étaient pas suffisamment proches pour la couvrir.
Je ne pouvais plus l'apercevoir : on me porta jusqu'à l'avion. Des coups de feu retentirent... Les rebelles criait et assourdissait peu à peu le bruit des tirs.
Un homme armé portant les couleurs des rebelles avança sur la piste.
Un des officiers qui devaient nous accompagner jusqu'au Thorval fit signe au pilote de l'avion de démarrer, en soupirant. Je criai, hurlant qu'il fallait l'attendre, qu'il fallait la sauver.
Mais rien n'y fit. Quand nous décollâmes, les rebelles avaient envahis l'aéroport...
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- - - - - - - - - - - - - - - 7 Décembre 2009, Azibi, capitale du Royaume du Valacida
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - 12:05 AM
"Le strict nécessaire", avait-il dit... J'avais donc rempli ma valise de vieux vêtements de citadins, essentiellement. J'entrai dans la salle d'eau pour me coiffer autrement.
J'avais l'habitude de tirer mes cheveux en arrière, là je les mis en désordre.
Je fis mes adieux à ma chambre, puis descendit comme convenu dans le salon, où père, mère et leurs derniers partisans m'attendaient.
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Mère tenait dans ses mains un sac de provisions. Le voyage allait durer longtemps apparemment. Je restais planté devant eux, le regard vide et l'air perdu.
Felipe : Je suis prêt.
Hernando III : Bien. Maintenant, tu vas suivre ta mère jusqu'à un camion, où des soldats vous attendront.
Ce camion vous emmènera tous les deux jusqu'à l'aéroport, où un avion attend ses derniers passagers, c'est-à-dire vous.
[À mère] Une fois arrivés au Thorval, laissez les officiers vous guider.
Ils connaissent le chemin et vous emmèneront discrètement dans un village, où une petite maison a été achetée pour vous.
Il vous faudra apprendre le thorvalien, afin de pouvoir vous intégrer parfaitement. [Murmure] Je compte sur toi pour veiller au bien être de notre enfant...
[Il l'embrasse, puis se retire].
Nous fûmes escortés jusqu'au camion dont il était question, à l'extérieur du palais. Les soldats semblaient de pierre. Aucune émotion.
Des gestes presque mécaniques, des machines. Les yeux vides de vie. Ils portaient des armes noires énormes et impressionnantes.
Ces hommes me firent grimper juste avant mère. Il faisait plus froid qu'à l'extérieur...
Nous nous assîmes côte-à-côte au milieu du camion et je posai ma tête contre son bras. Elle tremblait, j'entendais son cœur battre aussi fort qu'un tambour.
Avant d'ordonner le départ du véhicule, un général s'installa près de nous sur la banquette. Il se tourna vers mère.
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Général : [chuchotant, pensant que je n'entendrais pas] Ma reine, des informateurs nous ont confié que les rebelles s'approchaient d'Azibi.
La ville risque de tomber dans la journée... et la monarchie avec elle. Si tel est bien le cas, nous ne devrons pas perdre de temps.
L'aéroport est abandonné depuis bientôt 1 mois. Nous y avons envoyé des forces armées pour assurer votre sécurité jusqu'à l'avion qui vous emmènera loin du danger.
Toutefois, il nous faudra rester très attentifs. Les rebelles sont imprévisibles et peuvent surgir à n'importe quel moment pour assaillir l'aéroport...
S'il vous arrive quoi que ce soit, je ne me le pardonnerais jamais, votre majesté. Votre survie est le dernier espoir pour ce pays.
Mère acquiesça, son cœur se mit à battre plus fort encore. Les vibrations du camion m'inquiétaient d'autant plus.
La route était délabrée, mais la vitesse à laquelle nous devions rouler devait surement être la cause de ses vibrations intenses.
Quelques minutes plus tard le camion se stoppa net. Il n'y avait plus aucun bruit. Mais, brusquement, on entendit parler vivement à l'extérieur...
Les soldats se levèrent, inquiets, et je regardai mère incompréhensif. Étions-nous arrivés ? Ou le camion avait-il été stoppé par quelque chose ? Ou quelqu'un ?
La porte arrière s'ouvra brusquement... Mais nous aperçûmes la façade de l'aéroport. Soupir de soulagement dans le camion... Nous étions bien arrivés.
Mère me prit par la main, nous courûmes en direction de l'entrée de l'aéroport, persuadés que nous étions sauvés.
Les militaires applaudirent, et le général souriait en nous regardant à quelques mètres de l'entrée de l'aéroport. Mais leur mission tourna au cauchemar...
Un bruit d'explosion surgit derrière nous. Je me retournai, et vis le camion qui nous avait transportés exploser, emportant le corps du général et des soldats dans la déflagration.
La peur me fit trébucher et ma jambe se tordit. Je criai de douleur, mère, prise de peur, ne pouvait plus bouger. Soudain, des cris retentirent au loin, des cris de rage.
Des drapeaux rayés de blanc et de rouge, ornés d'étoiles et d'une faucille apparurent à travers la fumée qui se dégageait du véhicule explosé.
Les derniers soldats vivant sortirent de l'aéroport pour venir affronter les rebelles.
Un homme, un officier surement, me prit, me porta sur ses épaules, et m'emmena à toute vitesse dans l'aéroport.
Mère, ne bougeait toujours pas. On lui criait de courir, mais elle restait pétrifiée. Quand les rebelles traversèrent la nuée de flammes, elle se ressaisit et accourut vers l'entrée.
Mais les rebelles étaient armés, et les soldats chargés de nous protéger n'étaient pas suffisamment proches pour la couvrir.
Je ne pouvais plus l'apercevoir : on me porta jusqu'à l'avion. Des coups de feu retentirent... Les rebelles criait et assourdissait peu à peu le bruit des tirs.
Un homme armé portant les couleurs des rebelles avança sur la piste.
Un des officiers qui devaient nous accompagner jusqu'au Thorval fit signe au pilote de l'avion de démarrer, en soupirant. Je criai, hurlant qu'il fallait l'attendre, qu'il fallait la sauver.
Mais rien n'y fit. Quand nous décollâmes, les rebelles avaient envahis l'aéroport...
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Jacinto
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- - - - - - - - - - - - - - - 8 Décembre 2009, Azibi, capitale du Royaume du Valacida
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - 0:15 AM
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - [img]http://img855.imageshack.us/img855/7682/sanstitre9xj.png[/img]
L'avion vola toute l'après-midi, à une vitesse relativement faible. Je ne pus trouver de réconfort pendant le voyage. Je n'avais pas bougé, j'étais resté figé, depuis le départ d'Azibi.
Je ne réalisais pas ce qui se passait. On m'emmenait loin de mes parents. Mes pleurs s'étaient adoucis vers la fin du trajet.
Mais je n'arrivais pas à oublier l'expression de son visage, la terreur qu'elle avait éprouvée, quand l'explosion avait retenti.
Le ciel s'assombrissait à mesure que nous nous approchions de la destination. La nuit tombait. On vint m'attacher à mon siège, puis le pilote amorça l'atterrissage.
De ce que je voyais par le hublot, il n'y avait pas de piste. Nous allions atterrir dans un champ de céréales en pleine nuit. Lorsque le train d'atterrissage toucha le sol, je crus que nous allions tous périr.
L'aéronef trembla, vibra, remua et nous secoua pendant plusieurs minutes, avant de s'arrêter net, à l'extrémité du champ.
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - [img]http://img267.imageshack.us/img267/5554/sanstitre10tz.png[/img]
Voilà. Nous étions enfin arrivés. Que me réservaient ces officiers royaux, exilés du Valacida ? Allaient-ils réellement m'aider ? Et pourquoi le ferait-il, plus rien ni personne ne leur y oblige.
Ma jambe semblait être cassée. Je ne pouvais plus la bouger sans crier de douleur. On dut me porter pour me faire sortir de l'avion.
À l'extérieur, une jeep cachée dans un bosquet nous attendait. Au volant : un homme blond et blanc. Il parlait l'espagnol avec un étrange accent scandinave.
Il conseilla de faire disparaître l'avion si nous ne voulions pas d'ennui. Un officier s'en chargea et installa un explosif dans l'avion juste avant de monter de la jeep.
L'étrange nordique au volant démarra en hâte, et s'engagea dans une route abandonnée, parsemée de troncs et enneigée.
L'officier appuya sur un interrupteur, on entendit la carcasse de l'avion exploser. Dans la conversation entre les militaires, je crus entendre le nom de la ville vers laquelle nous nous dirigions : Avanøt.
Un nom étrange, dont la sonorité m'était inconnue. Je n'aperçus les premières maisons qu'au bout de quatre heures de trajet, dans le froid, la douleur, la peine et l'incompréhension.
On me transportait comme une vulgaire valise remplie de marchandises convoitées.
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - [img]http://img52.imageshack.us/img52/3754/sanstitre11z.png[/img]
Nous arrivâmes au lever du jour. La jeep nous déposa dans un endroit discret, à proximité de la place du marché. La ville semblait abandonnée. Il n'y avait pas beaucoup de bruit.
Les quelques passant qui éraient dans les rues faisaient la manche. Le conducteur du véhicule repartit dans la direction inverse sans dire un mot.
Les officiers se changèrent rapidement, le corps pétrifié par le froid. Ils s'habillaient en civils, avec des vêtements chauds, pour l'hiver.
Ils enterrèrent leurs uniformes et me conduisirent jusqu'au marché, où ils me posèrent sur un banc. L'un d'entre eux s'assit à côté de moi, l'autre se rendit dans une auberge sombre et peu fréquentable.
Je regardais avec consternation les habitants de cette ville. Ils semblaient tous démunis. Leurs habits étaient abîmés et leurs visages semblaient tristes.
Je voyais beaucoup de personnes âgées. Quelques personnes de la cinquantaine se manifestaient de temps à autre. Mais personne de mon âge.
Toutefois, lorsque je regardai près de la fontaine centrale, j'aperçus une jeune fille, brune aux yeux bleus. Un bleu intense et raffiné, comme la couleur d'un doux ciel printanier qui se reflète sur la mer froide et agitée.
Son visage, à moitié voilé par un petit capuchon et orné d'une fine mèche de cheveux, était d'une tendresse incomparable, et sa carrure élégante.
Toutefois, son regard trahissait la souffrance et la colère, un besoin de vengeance.
Je ne faisais que l'apercevoir, pourtant j'avais l'impression que nous étions proches... que nos destins étaient liés.
Je voulais m'approcher d'elle, mais lorsque je descendis du banc, ma jambe me fit atrocement mal, je me roulai sur le sol enneigé.
L'officier me leva et me dit de ne pas bouger, en me lançant un regard froid et agacé.
La jeune fille, entendant mon tapage, fut interpelée, et appela deux jeunes enfants, tout plus jeunes que moi, avant de quitter la place.
Je la regardai partir, s'envoler, avec grâce, une grâce qui me rappelait la cour et la noblesse au Valacida.
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - [img]http://img189.imageshack.us/img189/1231/sanstitre12iy.png[/img]
Quelques minutes après, l'officier ressortit de l'auberge, accompagné d'un scandinave bedonnant, qui lui parla en une langue que je ne comprenais pas.
Il semblait donner une direction, un itinéraire. Il faisait des gestes, je compris que nous n'allions pas rester au village.
L'officier remercia cet homme, puis expliqua à son collègue qu'il m'emmenait dans un lieu sûr où personne ne viendrait me trouver.
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - [img]http://img809.imageshack.us/img809/3518/sanstitre13l.png[/img]
Par dessus l'épaule de l'officier qui me portait, je vis une grande colline, une sorte de petite montagne, au dessus de laquelle avait été érigé un abbaye.
On atteignit rapidement le bâtiment au sommet de cette colline. Les officiers discutèrent pendant près d'une heure avec des moines, avant de me confier à eux.
Je passai de bras en bras. Les moines essayaient de me parler, mais je ne comprenais pas leur langue. Je fronçais les sourcils.
On m'installa dans un lit, où l'on examina ma jambe. Épuisé par le voyage et les émotions, je m'assoupis sans m'en rendre compte, et sombrai dans mes rêves les plus doux : père, mère, moi... nous étions de nouveau réunis...
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - FIN
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - [img]http://img849.imageshack.us/img849/6635/sanstitre14zl.png[/img]
- - - - - - - - - - - - - - - 8 Décembre 2009, Azibi, capitale du Royaume du Valacida
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L'avion vola toute l'après-midi, à une vitesse relativement faible. Je ne pus trouver de réconfort pendant le voyage. Je n'avais pas bougé, j'étais resté figé, depuis le départ d'Azibi.
Je ne réalisais pas ce qui se passait. On m'emmenait loin de mes parents. Mes pleurs s'étaient adoucis vers la fin du trajet.
Mais je n'arrivais pas à oublier l'expression de son visage, la terreur qu'elle avait éprouvée, quand l'explosion avait retenti.
Le ciel s'assombrissait à mesure que nous nous approchions de la destination. La nuit tombait. On vint m'attacher à mon siège, puis le pilote amorça l'atterrissage.
De ce que je voyais par le hublot, il n'y avait pas de piste. Nous allions atterrir dans un champ de céréales en pleine nuit. Lorsque le train d'atterrissage toucha le sol, je crus que nous allions tous périr.
L'aéronef trembla, vibra, remua et nous secoua pendant plusieurs minutes, avant de s'arrêter net, à l'extrémité du champ.
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Voilà. Nous étions enfin arrivés. Que me réservaient ces officiers royaux, exilés du Valacida ? Allaient-ils réellement m'aider ? Et pourquoi le ferait-il, plus rien ni personne ne leur y oblige.
Ma jambe semblait être cassée. Je ne pouvais plus la bouger sans crier de douleur. On dut me porter pour me faire sortir de l'avion.
À l'extérieur, une jeep cachée dans un bosquet nous attendait. Au volant : un homme blond et blanc. Il parlait l'espagnol avec un étrange accent scandinave.
Il conseilla de faire disparaître l'avion si nous ne voulions pas d'ennui. Un officier s'en chargea et installa un explosif dans l'avion juste avant de monter de la jeep.
L'étrange nordique au volant démarra en hâte, et s'engagea dans une route abandonnée, parsemée de troncs et enneigée.
L'officier appuya sur un interrupteur, on entendit la carcasse de l'avion exploser. Dans la conversation entre les militaires, je crus entendre le nom de la ville vers laquelle nous nous dirigions : Avanøt.
Un nom étrange, dont la sonorité m'était inconnue. Je n'aperçus les premières maisons qu'au bout de quatre heures de trajet, dans le froid, la douleur, la peine et l'incompréhension.
On me transportait comme une vulgaire valise remplie de marchandises convoitées.
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Nous arrivâmes au lever du jour. La jeep nous déposa dans un endroit discret, à proximité de la place du marché. La ville semblait abandonnée. Il n'y avait pas beaucoup de bruit.
Les quelques passant qui éraient dans les rues faisaient la manche. Le conducteur du véhicule repartit dans la direction inverse sans dire un mot.
Les officiers se changèrent rapidement, le corps pétrifié par le froid. Ils s'habillaient en civils, avec des vêtements chauds, pour l'hiver.
Ils enterrèrent leurs uniformes et me conduisirent jusqu'au marché, où ils me posèrent sur un banc. L'un d'entre eux s'assit à côté de moi, l'autre se rendit dans une auberge sombre et peu fréquentable.
Je regardais avec consternation les habitants de cette ville. Ils semblaient tous démunis. Leurs habits étaient abîmés et leurs visages semblaient tristes.
Je voyais beaucoup de personnes âgées. Quelques personnes de la cinquantaine se manifestaient de temps à autre. Mais personne de mon âge.
Toutefois, lorsque je regardai près de la fontaine centrale, j'aperçus une jeune fille, brune aux yeux bleus. Un bleu intense et raffiné, comme la couleur d'un doux ciel printanier qui se reflète sur la mer froide et agitée.
Son visage, à moitié voilé par un petit capuchon et orné d'une fine mèche de cheveux, était d'une tendresse incomparable, et sa carrure élégante.
Toutefois, son regard trahissait la souffrance et la colère, un besoin de vengeance.
Je ne faisais que l'apercevoir, pourtant j'avais l'impression que nous étions proches... que nos destins étaient liés.
Je voulais m'approcher d'elle, mais lorsque je descendis du banc, ma jambe me fit atrocement mal, je me roulai sur le sol enneigé.
L'officier me leva et me dit de ne pas bouger, en me lançant un regard froid et agacé.
La jeune fille, entendant mon tapage, fut interpelée, et appela deux jeunes enfants, tout plus jeunes que moi, avant de quitter la place.
Je la regardai partir, s'envoler, avec grâce, une grâce qui me rappelait la cour et la noblesse au Valacida.
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - [img]http://img189.imageshack.us/img189/1231/sanstitre12iy.png[/img]
Quelques minutes après, l'officier ressortit de l'auberge, accompagné d'un scandinave bedonnant, qui lui parla en une langue que je ne comprenais pas.
Il semblait donner une direction, un itinéraire. Il faisait des gestes, je compris que nous n'allions pas rester au village.
L'officier remercia cet homme, puis expliqua à son collègue qu'il m'emmenait dans un lieu sûr où personne ne viendrait me trouver.
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - [img]http://img809.imageshack.us/img809/3518/sanstitre13l.png[/img]
Par dessus l'épaule de l'officier qui me portait, je vis une grande colline, une sorte de petite montagne, au dessus de laquelle avait été érigé un abbaye.
On atteignit rapidement le bâtiment au sommet de cette colline. Les officiers discutèrent pendant près d'une heure avec des moines, avant de me confier à eux.
Je passai de bras en bras. Les moines essayaient de me parler, mais je ne comprenais pas leur langue. Je fronçais les sourcils.
On m'installa dans un lit, où l'on examina ma jambe. Épuisé par le voyage et les émotions, je m'assoupis sans m'en rendre compte, et sombrai dans mes rêves les plus doux : père, mère, moi... nous étions de nouveau réunis...
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Jacinto