Opération "Grande Catherine"

Dmitri Korolev

Message par Dmitri Korolev »

(HRP: L'action se déroule aux alentour du 20 décembre 2016)

Le colonel Vradlìc était un homme grand et sec, malgré sa soixantaine fièrement entamé l'année dernière. Il servait son pays avec zèle, mais commençait à être fatigué de cette vie, pas physiquement, sa carrure de colosse avait admirablement bien résisté aux affres du temps, mais mentalement, il n'avait plus la foi, il était las. Sa femme, Rostove, était morte il y a de ça trois ans, ce qui lui avait valu de ne pas être évincé de son poste il y a 6 mois au moment de ce qu'on pourrait appeler des purges. Alors quant le ponte de la la mafia du coin était venu le voir avec un marché tout à fait honnête, il avait signé. Rien ne le retenait ici, sa fille unique gagnait correctement sa vie au Shmorod, et il avait qu'une envie, c'est de la rejoindre. Il paraissait qu'elle s'était mariée et qu'elle avait un enfant. Lui qui, comme tout les hommes, a toujours voulu être grand-père, il avait saisi cette occasion de la rejoindre. Le marché n'était ni compliqué, ni même risqué. Il recevrait $1 000 000 sur un compte du paradis fiscal de l'île de Vallon s'il vendait ce que contenait les entrepôts sous sa garde. C'était juste des céréales, rien qui ne pouvait nuire à son pays. Il accepta donc. Les gardes-frontières ne se formaliseraient pas de ce déplacement. Malgré les tensions certaines entres la Molvoïdine et la Transyldavie, le commerce n'en souffrait pas. Il était courant que les produits exportés par le pays le soient par voies maritimes, et les ports les plus proches étaient les ports Transyldaves et Varloviens. Le client, une société de l'agro-industrie enregistré dans un autre paradis fiscal qui ne connaissait surement d'elle qu'une boite aux lettres devait prévoir des ventes records pour une raison ou une autre, et avait besoin de plus de matières premières.
Cela faisait maintenant trois jours que des semi-remorques repartaient chargés de marchandise. Demain, tout serait fini, et le soir même, il aurait quitté le Jeekim. Ses employés ne se formalisaient pas. Il arrivait souvent qu'on remplace les stocks, ou qu'on les déplaces, et ce n'était pas la première fois que les entrepôts seraient vide pour un soir ou deux. Le colonel se retourna alors vers son PC, et consulta sa boite mail. Il cliqua sur le message qui était arrivé il y a peu et en regarda le contenu. Le compte n°1 398 784 856 de la Vallon International Bank, à son nom, venait d'être crédité du montent promis. Tout ce déroulait comme prévu.


De l'autre coté de la frontière, dans les environs de Vlidakavakz, Timoutchenko regardait calmement un des hangars de la 4ème base de Cavalerie se remplir de caisses. Il aurait fallu faire garder les entrepôts par l'armée, autant faire d'une pierre deux coups. Au jugé, 2/3 de ce qui était prévu était déjà la, et même si tout s’arrêtait maintenant, ce qui n'était pas le cas, les stocks accumulés seraient déjà suffisants. Il rendrait compte demain soir au Tsar de l'avancement de ce qu'il tramait, et qui pour l'instant n'était connu de personne, et devrait le rester le plus possible. Son téléphone sonna:


Correspondant:
Monsieur, la transaction bancaire a été effectuée. Nous l'avons tracée et enregistrée, tout est dans la boite.


Timoutchenko:
Parfait, l'étau se ressert. On devrait voir les résultats d'ici la fin Janvier, et alors...
Dmitri Korolev

Message par Dmitri Korolev »

Timoutchenko était confortablement installé dans son salon. Celui-ci était sobre, mais équipé avec gout. Dans un renfoncement, se tenait un écran de télévision Raksasan qui semblait ne pas être vieux. L'homme se saisi de la télécommande, alluma deux ou trois appareils: décodeurs, démodulateur, ... Pendant que l'écran s'allumait, il regarda sa montre: 19h59. Les infos allaient commencer, juste dans les temps. Cela faisait plusieurs jours qu'il suivait les informations en Molvoïdine, et la situation se raprochait sensiblement de celle qu'il espérait voir. Enfin, le logo de la chaine fit son apparition, suivit du visage de la présentatrice Blanca Visradìc.

<center>[img]http://upload.wikimedia.org/wikipedia/fr/a/ae/Logo_Radio_T%C3%A9l%C3%A9vision_de_Serbie.gif[/img]

[img]http://www.latinreporters.com/espagneletiziartizdernierjt.jpg[/img]</center>

Blanca Visradìc: Mesdames et Messieurs, bonsoir. Voici les titres de l'actualité de ce jeudi 4 février.
-La famine gronde. Dans plusieurs grandes villes, les épiceries sont désormais fermées faute de marchandise.
-Ouverture demain du procès du Metropolite de Dubrodjana, convaincu d'avoir poussé l'église à enfreindre les lois raciales.
-Internationale, le Valacida toujours en proie à la guerre civile.

Mais tout d'abord, commençons par la pénurie qui se fait de plus en plus présente. Dans les plus grandes villes du pays, les files s'allongent désespérément devant les derniers magasins ouverts, où les denrées sont hors de prix, comme ici à Dubrodjana, où les gens ont du attendre jusqu'à parfois 5h pour acheter ne serait-ce que quelques conserves pour le prix d'une semaine de vivre il y a encore 6 mois. Comment cela est-ce possible? Il y a plusieurs facteurs qui entre en conjoncture. Tout d'abord, selon les statistiques du gouvernement, l'année a été particulièrement mauvaise en terme de récolte. Les gelées de fin Mars conjuguées aux fortes chaleurs de Juin ont fortement réduites la production annuelle agricole du pays. Mais en temps normal, ceci ne suffit pas à placer un pays dans une telle situation. Le fait est que les tensions Molvoïdo-Transyldaves ont sensiblement réduites les importations de nourriture qui transitent par les ports Transyldaves. Mais normalement, les greniers du gouvernement sont là pour prendre le relais si cette situation extrême venait à se présenter. Il apparait cependant ici que les greniers du gouvernement seraient déjà vides. Comment expliquer cela? Une commission d’enquête a été mise en place afin de la faire lumière sur la déficience de ce service gouvernemental, qui coute cher au peuple aujourd'hui. Le président Tsiparìc se refuse pourtant à demander l'aide internationale. Toujours est-il que la population gronde. Plusieurs manifestations sont prévues, qui se rajoutent aux quelques marches spontanées, organisé par l'opposition, et notamment l'Union Impériale. L'opinion de la population à propos du gouvernement quant à elle, souffrira surement de cette crise.

Demain, le Métropolite du Dubrodjana, Serges XVIII, devra répondre de...


Tchiouk!

Timoutchenko avait entendu ce qu'il voulait savoir. Il éteignit donc la télévision, et rassembla ses pensées. Les dernières pièces de l’édifice se mettaient en place. Il se rendit à son bureau, et demanda à sa secrétaire, Mlle Natascha Krikinova, une estimation de la "température" de la population, avant de lancer la phase finale de l'OP.
Dmitri Korolev

Message par Dmitri Korolev »

Cela faisait maintenant plus de 18 mois que l'opération avait été lancée, et elle avançait tout à fait correctement. Le peuple grondait maintenant fortement en Molvoïdine, et la première partie rampante de la dernière phase touchait à sa fin. Il était temps de rendre compte à qui de droit, et de passer à la partie un peu plus mouvementée.
Timoutchenko attendait dans l'antichambre qui précédait le bureau du Tsar. Il avait une paire de chemises cartonnées sur les genoux, et cornait nerveusement le bout d'une d'elles. Son souverain était pour le moment en réunion avec son ministre de la défense, et il supposait qu'ils discutaient des tenants et aboutissants du déploiement militaire Transyldave en Tyrie. Il espérait lui qu'il n'aurait pas à déployer quoique ce soit à la frontière Sud.
Un valet vient alors le chercher et le guida jusqu'au Tsar, malgré le fait qu'il connu le chemin par cœur. Le protocole est le protocole, tout comme le fait que ce même valet lui ouvre la porte avec ses gants blancs. Il trouvait cela un peu surfait et anachronique mais c'est ce qui fait, parait-il, le charme des monarchies Alméranes et Jeekimoises.
L'attendait évidement le Tsar, mais aussi le ministre de la défense. Après tout, il était lui aussi fortement impliqué. Ils se saluèrent, puis entrèrent directement dans le vif du sujet.


Timoutchenko: Votre Altesse, Monsieur le ministre. Il est temps de passer à la dernière étape. Nous avons suffisamment fait scintiller la cuillère, il est temps de ferrer le poisson, si je puis m'exprimer ainsi. Depuis plus de 18 mois maintenant nous rachetons, par le biais d'une entreprise fantôme basée en Aishren, elle-même protégée par une société écran enregistrée sur l'île de Vallon, la quasi-totalité des stocks de nourritures Molvoïdes. La population commence à réellement crier famine, et c'est la que tout devient intéressant. Ces vivres, principalement des céréales, nous les ré-expédions en Molvoïdine afin que la population souffre de manière tolérable, et de nombreuses ONG, Transyldaves et Molvoïdes à tendances unionistes distribuent ces mêmes vivres, où il est spécifié en évidence d'où ils proviennent. La population est maintenant fermement remonté contre le gouvernement, et la Transyldavie voie sa côte de popularité crever le plafond. A ceux-ci s'ajoute médecins et médicaments pour lutter contre la sous-nutrition.
A ceci s'ajoute un second point de pression: l'église. Le pays est très majoritairement Orthodoxe, et si l'Etat s'est attelé à réduire l'influence du patriarcat, ça n'a eu pour conséquence que de dresser l'église contre lui. Ainsi, grâce à ces dons, et à l'aura dont bénéficie la Transyldavie sur le plan religieux à l'international, notamment depuis sa pleine intégration à la Sainte-Alliance, et en particulier les encouragements de Sa Béatitude Constantin XII, noter patriarche, l'église Molvoïde prêche plus ou moins ouvertement pour un renversement du gouvernement et un rapprochement avec nous, voir dans la moitié nord du pays, carrément pour l'union avec la Transyldavie, et le retour du Tsar sur le trône. Nous ne savons pas comment les populations le prenne, mais depuis le temps qu'ils prêchent, et avec la situation actuelle, on peut supposer qu'ils ont su trouver une oreille attentive chez une bonne partie de leurs ouailles. Ceci d'autant plus que l'Etat s'est montré très dur avec les prêtres, et nous avons multiplié les affaires d'arrestations abusives de membre du clergé. Ça nous l'a définitivement acquis, ainsi qu'une frange supplémentaire de la population.
Et enfin, la propagande et la présence auprès de la population du partis Union Impériale, fortement financé par votre Majesté, a très clairement du porter ses fruits.
Il est ainsi temps de mettre le feux aux poudres pour pousser la population aux urnes et à demander le rattachement du pays. Les 25% de Rostovs et de Transyldaves nous sont déjà acquis, il s'agit d'attirer 25 autres pour-cents.
Premier point, je préconise l'activation et financement de nos cellules en Molvoïdine afin de faire émerger des leaders contestataires et embrigader la population dans une optique d'union nécessaire et bienfaisante après des années de dérives. Si aucun meneur charismatique ne prend la tête du PUI, nous avons plusieurs éléments sur place à même d'occuper cette place.
Second point, je suggère de pousser le clergé local à prêcher clairement l'union avec la Transyldavie. Je me suis entretenu avec Sa Béatitude le patriarche Constantin XII, qui m'a assuré d'user de toute son influence à ce but. La aussi, un financement serait utile. Etant donné notre influance actuelle, ce ne devrait pas être trop difficile.
Enfin, troisième atout, et pas des moindres puisqu'à lui seul, il aurait pu suffire, mais vous me connaissez, j'aime la sécurité. Il s'agit d'une liste de compte bancaire. Il dévoile comment l'élite de l'état, autant militaire que civile, s'en est mit plein les fouilles en vendant à des sociétés sans morales la quasi-totalité des réserves de vivre du pays, et que la situation de quasi-famine n'est du à personne d'autre que cette classe de dirigeants corrompus qui sacrifie leur peuple pour quelques millions de dollars, histoire de se dorer la pilule au Shmorod ou au Ranekika, d'autant plus que nous avons des photos montrant d'anciennes figures du pays en pleine débauche avec cette argent alors que le Molvoïde moyen meurs de faim.
Ceci devrait pleinement achever le gouvernement, et imposer la tenue d'élections. Le PUI serait alors clairement favoris.
Enfin, si cela devait mal tourner, sachez que nous contrôlons de par notre action, et les divisions culturelles du pays, une partie de l'armée Molvoïde. D'après nos estimations, une quinzaine de pour-cents. Ceci devrait augmenter avec le temps par ailleurs.


S.A.I. le Tsar Dmitri II: Bien, je ne vous ai pas nommé directeur du KBI pour rien, j'ai l'impression. Je suis content que Tsiparìc n'ai pas un gars comme vous. Je vais allouer $100 millions de rallonge à vos services, j'espère que ce sera suffisant. Ce gouvernement raciste, dangereux et anti-religieux n'a que trop duré, il est temps qu'il tombe, et dans mon escarcelle.

Timoutchenko: Merci votre Altesse, ça devrait être largement suffisant. Cependant, bien qu'il semblerait que le mouvement de contestation touche également l'armée, il apparait que nous aurions le contrôle sur certains éléments de l'armée Molvoïde grâce au PUI, qui peuvent s'avérer utile, il serait judicieux de placer quelques troupes à la frontière en état d'alerte, afin de palier à un éventuel baroud d'honneur de celle-ci, ou d'apporter un soutient en cas de répression violente en cas de soulèvement.

M. de la Défense: J'ai déjà songé à cette éventualité. 50 000 hommes, 5 000 véhicules de transports, un millier de blindés et une cinquantaine d'appareils vont dans les prochains mois être repositionner en Basse-Caucalie et en Voïvodine. Il arrive du materiel tout les jours depuis le Schlessien et le Terdus. Nous avons également infiltré des soldats d'élite afin de veiller sur la santé des opposants influents.


Les trois hommes se regardèrent alors, satisfaits. Reste à savoir comment tout ceci allait réagir, il est difficile de prévoir les réactions humaines. Toutefois, les circonstances étaient fortement favorables.


HRP: MJ, un petit état des lieux, savoir s'il faut que je pousse plus ou non les Molvoïdes, merci d'avance.
MJ Coordinateur

Message par MJ Coordinateur »

<center>[img]http://fr.rian.ru/images/19541/70/195417061.jpg[/img]
La situation se détériore peu à peu en Molvoïdine</center>


Le ton monte contre le régime en place et les privilèges de certains.
Les différents lieux de culte à travers le pays ont été les témoins de prêches particulièrement accusatrices qui ont trouvé échos au sein des fidèles.
Les premières manifestations ont lieu pour dénoncer l'incapacité du régime à gérer les problèmes du pays, particulièrement en ce qui concerne l'épisode de famine. Le régime est même accusé d'en être l'un des principaux responsables.
Quelques slogans pro-transyldaves se font entendre au coeur des manifestations.
La population demande clairement du changement à la tête du pays.

Les manifestations sont encadrées par les forces de l'ordre qui peinent à en garder le contrôle.
Des menaces sont faites de la part du régime, qui promet de durcir la répression si les contestataires ne cessent pas leurs actions de destabilisation au service de puissances étrangères.

La situation reste encore sous contrôle, mais il suffirait de rien pour que les manifestations dégénèrent définitivement et entraînent derrière elles tout un pays dans une profonde crise.
Dmitri Korolev

Message par Dmitri Korolev »

Nom de code Ulysse relu une dernière fois les instructions du plis remit à son intention par les services de Timoutchenko. Il avait reçu une clé USB contenant un volumineux dossier, ainsi qu'une liste d'adresse en Molvoïdine. Sa mission était simple: il devait dupliquer le dossier sur d'autres clés, et ensuite les déposer aux adresses qu'on lui avait fait parvenir. Il savait qu'au moins deux ou trois autres agents avaient la même mission avec d'autres adresses. Il n'avait pas à lire le dossier, et ne le lu pas, bien qu'il devine en partie de quoi il s'agissait. Il mit ses lunettes et son chapeau, sa barbe masquant le reste du visage, sorti de sa voiture, et se dirigea vers le siège du "Journal du Khan", le quotidien réalisant le second tirage du pays. A peine entré dans le bâtiment, il se dirigea vers le gardien.

Ulysse: Remets ça à ton rédacteur en chef, ça va lui plaire.

Il planta la le gardien qui le regardait avec un air ahuri, et retourna à son véhicule et quitta les lieux immédiatement. Il avait déjà posé le même dossier au siège du PUI, et il se rendait maintenant aux bureaux d'un important quotidien en ligne.

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Kubilai Feofar était rédacteur en chef depuis 13 maintenant, et il tenait un scoop monstrueux. Sur son écran s'affichait des pages de preuves prouvant l'implication et la responsabilité des dignitaires du régime dans la famine qui sévissait dans le pays. Entre ceux qui avaient vendus les stock de céréales de l'état pour se refaire une vie au Shmorod, photos à l'appui, ceux qui avaient touchés des commissions pour ne rien voir, et ceux qui en profitait pour faire grimper les prix, il y avait de quoi faire tomber le gouvernement, et même deux ou trois.
Les prochains jours allaient être mouvementés dans le pays.
Dmitri Korolev

Message par Dmitri Korolev »

Une foule disparate s'étalait devant lui. Toutes les tranches d'âges étaient représentées, mais à n'en pas douter, pas toutes les tranches de revenus. C'était la plèbe qu'il avait devant lui, et c'était cette même plèbe qui allait assurer le succès de son parti, il en était sur. Ce serait donc en parti son succès. Enfin il l'espérait. Avec tout ce qu'il avait donné, il pouvait bien s'en octroyer une part. Les nuits dans des caves sordides à imprimer des tractes, à planifier des manifestations, à organiser les sous-sections du PUI à travers le territoire entier. Mais maintenant, l'heure du triomphe était arrivé comme il pensait, et c'est tout ce qui comptait. Bientôt, la Molvoïdine rejoindrait l'Etat Impérial de Transyldavie, ce pays vu, où tout du moins qui s'efforçait à se montrer comme un havre de lumière, d’espérance et d'abondance pour qui vivait en paix avec ses origines. Le pays avait fait beaucoup d'effort pour rendre cela possible, des dons d'argents à l'aide au nécessiteux, et son image en était ressortie fortement grandie. Alors, lui, Kanat Tselmeg, qui était haut placé dans la hiérarchie du parti savait que tout n'était pas nette. Le scandale qui éclaboussait l'ensemble du gouvernement depuis quelques semaines était trop énorme pour être honnête, l'agitation trop violente et soudaine pour être parfaitement naturelle, les énormes fonds dont disposait le PUI en un laps de temps trop court, l'aide apportée aux Molvoïdes trop importante par rapport à ce que faisait la Transyldavie pour ses propres voisins, voir sa propre population, mais il aimait à se rappeler que c'était surement par charité chrétienne, et que malgré ce quelques tords, la situation ne pourrait que s'améliorer.
Soudain, il réalisa qu'il tenait à la main un microphone. Avoir un moment d'absence sur scène au moment d'une harangue n'était pas une bonne chose. Il se remémora les grandes lignes de celle-ci, commuta l'interrupteur et se lança dans le grand bain, un des premiers, mais certainement pas le dernier.



Kanat Tselmeg: Mes amis, mes compatriotes! Vous savez pourquoi je suis devant vous ce soir! Il est grand temps de changer ce gouvernement qui nous conduit à notre perte, et qui s'accroche comme un virus au pouvoir qu'il a utilisé pour tout sauf servir son peuple. Hier encore, j'étais dans un village au nord de Dubrodjana, et une femme m'a emmener voir une petite stèle, là où elle a enterré ses deux jumeaux de 16 mois, mort de faim. Et je suis sur que chacun d'entre vous connait une pareille histoire, terrible histoire. Et la question que tout le monde se pose alors est: mais pourquoi? Je vais vous dire pourquoi! Effectivement, les récoltes sont mauvaises depuis 2 ans dans le centre du Jeekim, et particulièrement chez nous, mais pourquoi donc? Tout d'abord parce que la politique agricole, ou plutôt sa suppression par le gouvernement Tsiparìc a conduit nombreux petits exploitant sinon à la faillite, à réduire les surfaces exploitées du fait de l'impossibilité de financer ces l'exploitation de celles-ci, jusqu'à maintenant. Ensuite, parce que la politique profondément anti-cléricale du gouvernement a fait que le Tout-Puissant nous met maintenant à l'épreuve, et par celle-ci nous pousse à comprendre tout le mal que fait l'état. C'est, mes amis, un avertissement du ciel avant que tout ceci ne dégénère encore plus.
Mais, me direz-vous, nous avons prévu ce genre de situation. Et bien, oui, mais plus. Ces corrompus qui nous dirigeaient jusqu'à maintenant on vendu, oui, vendu les réserves de céréales du peuple à des entreprises peu scrupuleuses pour se payer une retraite dorée sur les plages Shmorodimes ou Shariwicienne, au prix inestimable de la vie de milliers de leurs compatriotes. Mes amis, ces hommes-là vous ont sciemment condamné à mort sur l'autel de l'égoïsme, et nous voudrions qu'ils continuent à ne serait-ce que diriger un troupeau de moutons? Jamais! Dehors les affameurs!
Et que ce passe-t-il à coté? Vous avez un pays qui a une croissance de 35% quand le notre stagne, dont la population mange à sa faim, puisque c'est lui qui vous nourri gratuitement depuis maintenant des mois et qui possède un niveau de vie 50% supérieur au notre. Vous avez un pays qui, au-lieu de stigmatiser et d'exclure le clergé, le fait pleinement prendre par aux décisions gouvernementales afin de rendre le tout le plus proche possible du peuple, et il n'y a qu'à voir le résultat pour comprendre la sagesse de tout ceci. Et ce pays, mes amis, vous accueil à bras ouvert, il partage, selon les principes des Saintes-Ecritures. Pourquoi refuser? Vous savez tous quoi faire! Votez PUI, le parti de l'Union Impériale. Rendez au peuple Molvoïde, à vous, sa dignité, nationale et internationale.
Et maintenant, allons faire entendre ce message à qui de droit! Avec moi au palais présidentiel.


Kanat était épuisé par son monologue. Il n'aurait pas pu tenir beaucoup de phrases supplémentaires, mais ça avait marché. Des applaudissements avaient ponctués sont discours, et maintenant une immense clameur montait de la foule. Devant, il n'avait plus de doute, le changement était en route à n'en pas douter. Il recommencerait demain, mais pour l'heure, il était temps de marcher sur le Palais présidentiel afin de marquer le plus possible la présence du PUI, et de se présenter comme seul alternative possible. Ça aussi, ça le surprenait. Des temps comme ceux-ci, nombres de formations politiques auraient du émerger, et les deux ou trois autres vrais partis d'opposition donner de la voix, mais en dehors des commentaires de rigueur, pas grand chose. Décidément, le KBI avait le bras plus long qu'il n'aurait imaginé.


HRP: MJ, un état du bronx que je m'efforce de mettre en Molvoïdine, et accessoirement un soudage sur une possible victoire du PUI, que je connaisse les résultats des efforts du KBI?
Merci d'avance!
MJ Coordinateur

Message par MJ Coordinateur »

[quote="Dmitri Korolev"]HRP: MJ, un état du bronx que je m'efforce de mettre en Molvoïdine, et accessoirement un soudage sur une possible victoire du PUI, que je connaisse les résultats des efforts du KBI?
Merci d'avance![/quote]

Le Pays est plus que divisé et de nombreux partisans rejoignent les rangs du PUI, pour distribuer des tracts, convaincre des foules, etc, plusieurs membres de l'Eglise ont été arretés pour leurs prises de positions pro Transyldave, mais relachés sous la pression des foules.

L'Armée a refusé d'intervenir pour calmer une foule en colère dans une ville de l'Est du pays.

Un sondage récent donne une victoire à 61% du PUI aux elections. Les jeunes vont massivement dans la rue pour soutenir le PUI lors des harangues publiques.
Dmitri Korolev

Message par Dmitri Korolev »

<center> [img]http://roland.grenier1.free.fr/ressources%20primaire/cm1/G%E9ographie%20histoire/r%E9volution%201789/serment%20jeu%20de%20paume%201.jpg[/img]</center>


Cela faisait maintenant des semaines qu'il arpentait le pays à la rencontre des populations. Lui, comme beaucoup d'autres adhérents du PUI, se démenait comme des beaux diables pour arriver à ses fin, c'est à dire l'accès au pouvoir pour le PUI, et par extension accomplir leur but final, se rattacher à l'Empire Impérial de Transyldavie qu'il n'aurait, selon lui, jamais du quitter en 1953 date de la révolution rouge. Ses discours avaient jusqu'à présent enflammés les foules d'ouvriers, de paysans et d'étudiants venu l'écouter. C'est d'ailleurs ce qui l'avait conduit jusqu'ici aujourd'hui: la Douma Molvoïde. L'allocution qu'il relisait fébrilement, écrite par lui-même la veille au soir était l’achèvement de mois de lutte de haute volée avec le gouvernement actuel. Elle devait apporter le coup de grâce à Tsiparìc, et mettre un gouvernement pro-unioniste à la tête du pays. La suite ne devrait pas poser de problème. Tselmeg se concentra. Faire un discours devant des parlementaires endurci n'était pas la même paire de manche que devant quelques paysans analphabètes. De plus, les élections législatives avaient eu lieu l'année dernière, un mois ou deux après le commencement de la pénurie et des premières harangues hostiles de la part du clergé. Cela avait eu pour conséquences la perte de la majorité pour le pouvoir en place, puisque son pari ne rassemblait que 35% des sièges, contre 41% pour le PUI. Le pouvoir législatif était de fait paralysé par l'impossibilité de former une majorité stable. Il s'agissait donc de convaincre 9% de plus parmi les parlementaires des autres formations, et le tour serait joué. Plus facile à dire qu'à faire. Enfin, le président de la chambre l'appela. En descendant dans l'hémicycle, il eu le sentiment fugace d'être un gladiateur rentrant dans l'arène. La grandeur où la décadence de son parti se jouait partiellement en ce moment. L'état de révolte qui régnait lui laisserait certainement une seconde chance, mais il ne voulait pas y penser. Il se remémora une phrase d'un célèbre auteur de théâtre Adélien de la renaissance "Suivez l'ardeur qui vous emporte, et dans l'assaut, criez Dieu pour Henri, Adélie et Saint-George". Il récita une petite prière et cela le remonta à bloc. Il s'installa au microphone, prit une profonde inspiration, et se jeta à l'eau.

Kanat Tselmeg: Mesdames Messieurs les députés, vous savez pourquoi je suis devant vous en ce jour. Depuis maintenant deux ans, notre peuple souffre, meure de faim, voit son clergé persécuté. Et pourquoi? Parce que ceux qui avaient justement fait serment de tout mettre en œuvre pour porter à la population croissance du niveau de vie, éducation, travail, logement, et nourriture, parce que ceci ont reniés leurs engagements, se sont servi dans les caisses de l'état, dans les stocks stratégiques qui auraient du servir pour une telle situation, pour se payer sur le dos, sur la vie de leurs concitoyens une retraite dorée. Ceci, mes chers collègues parlementaires, n'est pas excusable, n'est pas tolérable, c'est juste condamnable!
Ce gouvernement ayant prouvé plusieurs fois sa corruption, son incapacité à réagir à la crise, pire, à se remettre en question sur la question même qui cause tant de souffrance, ce gouvernement, Mesdames Messieurs ne peut plus, ne doit plus se trouver à la tête de l'état. C'est pourquoi je demande à cette assemblé de voter pour l'application de l'article 19 de notre constitution stipulant que si il devait être prouvé que le gouvernement en place a délibérément manqué à ses devoirs, commis des actions condamnables devant la justice de notre pays, alors la Douma a la capacité de destituer le dit gouvernement et de mettre en place des élections anticipées.
C'est pourquoi je propose au vote une motion de destitution à l'encontre du président Tsiparìc et de son gouvernement. Car il ne fait absolument aucun doute que celui-ci répond à noter grand malheur à toutes ces conditions amenant le vote de destitution.
Au nom de l'amour que vous tous portez à notre peuple, ou du moins au moins deux tiers d'entre vous, je vous demande de nous soutenir dans cette démarche afin de palier au plus vite aux dangereuses, aux mortelles errances du gouvernement Tsiparìc. Mesdames, Messieurs, il est plus que temps de reprendre les choses en main!


Une immense clameur se leva au centre droit de l'hémicycle. Tout les parlementaires du PUI étaient debout, acclamant l'orateur, lui-même. A l'inverse, sur l'extrême droite, les députés visés le huaient. Il doutait franchement de la sincérité des acclamations comme des huées. Il n'était pas populaire auprès de tout le monde chez lui, tout comme il était persuadé que Tsiparìc voyait certain de ses députés s'éloigner de plus en plus de lui et de ses écarts. Mais la n'était pas l’intéressant. Le primordial, c'était de voir l'effet de sa tirade sur le troisième homme, multiple celui-ci, de la Douma. Si quelques uns semblaient acquis à sa cause, l'immense majorité des 24% restant semblait plus pensif qu'autre chose. Beaucoup de formations commençaient déjà à se regrouper pour tenir conciliabules et débats, puisque le vote allait très certainement, en suivant les us, se tenir d'ici une heure. Le suspens serait donc présent jusqu'au dépouillage de la consultation. Si comme il l’espérait, le "Oui" l'emportait, alors d'ici trois semaines, ils auraient un nouveau président et un nouveau gouvernement. Et alors, et alors, peut-être un nouvel Empereur.


HRP: MJ, les résultats de la consultation s'il tô plait :)
Dmitri Korolev

Message par Dmitri Korolev »

Depuis maintenant 18 mois, l'opération "Grande Catherine" était passée dans une autre phase.
La première phase de l'opération s'était achevée en demi-teinte. Le but ultime était de mettre le gouvernement dans une position intenable, dans laquelle son incompétence totale aurait été dévoilée totalement, entrainant la demande viscérale de la population à un changement radical de gouvernance. Et devant la l'histoire et le positionnement de la Transyldavie, on était en droit d'espérer du côté de Saint-Wladimir que le parti prônant la réunification sous la suzeraineté du Tsar l'emporterait.
Ça n'a malheureusement pas été le cas, puisque si la colère sociale a bien éclaté, si l'église Orthodoxe a bien joué au maximum son rôle, des élections anticipées n'ont pas eu lieux. Il faudrait donc attendre les élections classiquement prévue au début de l'année 2022. Cette première phase n'a pas été inutile. Elle a permis à l'église de se poser comme un réel contre-pouvoir, et surtout à la Transyldavie de se poser comme une alternative politique plus que crédible, et d'augmenter très sérieusement sa popularité sur place, même auprès de la population ethniquement différente. Seulement, il ne fallait absolument rien laisser au hasard. Le PUI devait gagner les élections afin de voter une adhésion à l'Etat Impérial Transyldave. Et pour ça, Vladimir Timoutchenko, le chef du KBI, les services secrets Transyldave, avait encore quelques idées derrières la tête.
D'ailleurs, il était en ce moment même en train d'expliquer la teneur de ses plans au Tsar, dans son bureau du Palais Impérial.


Vladimir Timoutchenko : Votre Altesse Impérial, comme vous le savez, notre position localement est très favorable. La première phase de notre opération, visant à la manipulation des stocks et des prix du grains en territoire Molvoïde ayant portés plus ou moins ses fruits. Nous sommes définitivement présent sur place, notre aura est intacte, et dans certaine frange de la population, vu comme la seule alternative à un purgatoire éternel. Néanmoins, alors que nous nous attendions à ce que cela suffise, ça n'a pas été le cas. Il nous faut donc préparer le coup de grâce. Comme vous le savez surement, afin de palier à la pénurie de nourriture, et principalement de céréale engendrée par notre action, le gouvernement Molvoïde a du réagir. Et il a effectivement réagi. Il lui était inconcevable de laisser ses devoirs régaliens être rempli par un tiers sous peine de perdre toute légitimité, et c'est ce qui l'a surement sauvé jusque là. Mais pour acheter ce grain, et mettre en place la logistique de distribution, de don, et la réforme agraire du pays qui s'en est suivie, il a fallu beaucoup beaucoup d'argent pour un si petit pays. Et il a donc énormément emprunté sur marché obligataire. Alors étant donné que son taux d'endettement était encore acceptable à l'époque, une soixantaine de pour-cents à l'époque, il dépasse légèrement les 100% à l'heure actuelle. Il est donc temps d'achever cet état moribond. Comment? Je m'explique. Il se trouve que pour emprunter comme il l'a fait, Tsiparìc n'a pas été très regardant sur les préteurs, et la majorité des obligations de court-terme ont été acquises par des banques pratiquant des taux faibles, et il se trouve que dans notre immense élan de solidarité de l'époque, nous ayons convaincu nos banques privée de prêter à des taux vraiment bas. La Caisse Impérial de Dépôts, le Crédit Transyldave et la Banque Impérial de Transyldavie possèdent par exemple à elle trois quasiment 20% des obligations à court-terme émises à ce moment-là. La seule chose étant qu'en contre-partie de ces prêts à si faible taux, ces banques, entre autres, obtiennent en garantie différentes participations, relativement faible au départ, dans les grandes compagnies nationales, notamment pétrolifères et minières. En revanche, en cas de défaut de payement, il existe des protocoles de remboursement impliquant la cession quasi-totale de ces compagnies à ces banques, banques Transyldaves. Dans tout les cas, nous commençons à noyauter l'économie du pays. Mais ceci est loin d'être le point d'orgue de notre petite affaire.
Il se trouve que par un montage financier complexe, passant par le biais de plusieurs sociétés écrans basées notamment sur l'île de Vallon ou au Shmorod, nous avons trouvé le moyen de manipuler facilement le taux auquel la Molvoïdine emprunte! En effet, pour financer sa dette, elle est obligée de contracter de nouveaux emprunts par l’émission de nouvelles obligations. Or, chacun de ces obligations ce voit être protégée par ce qu'on appelle des CDS, Credit Default Swap, des assurances en cas de défaut de payement. L'avantage de ces CDS, c'est qu'avec la dérégulation de la finance Pélabssaienne, ils peuvent être possédés à nu, c'est à dire sans forcement posséder les obligations devant être assurées. L'astuce étant que ce marché des CDS est un marché de gré à gré, avec un très faible volume, facilement manipulable en rachetant une grosse partie de ces CDS, chose assez aisée, surtout au regard de l'important nombre de société écrans dont nous disposons. Et un rachat massif de CDS entraine une forte inquiétude sur les marchés, et les taux d'emprunt de la Molvoïdine devrait passer de 5% à l'heure actuelle à plus de 10% d'ici deux semaine. Parce que nous avons déjà commencé à racheter ces CDS, et que nos banques ne prêteront plus à des taux si bas. Il y a aucun moyen de découvrir la spéculation à laquelle nous nous livrons. Et d'ici 2 mois, la Molvoïdine se déclarera au mieux en cessation de paiement partielle avec baisse des salaire, licenciement dans le publique et fin des subventions, au pire, en cessation totale de payement. Ceci nous permettra de prendre le contrôle des grosses compagnies du pays, d'assoir définitivement notre prépondérance et notre statut de sauveur providentiel, et l'incompétence totale du gouvernement Tsiparìc, et devrait nous permettre de gagner ces élections sur des roulettes.


Le Tsar avait écouté attentivement la description des grandes lignes du plans, et force était de constaté que c'était solide et efficace. Il n'aimait pas cette habitude de Vladimir de lancer une opération, et ensuite seulement la lui exposer, mais depuis le début, il n'avait jamais rien eu à redire à la situation. Grâce à sa vivacité d'esprit, d'ici deux trimestre maximum, la Molvoïdine serait Impériale, et c'était le seul résultat qui comptait. Il allait maintenant, une fois les grandes lignes du plan comprises, s'attarder à rentrer dans les détails de l'opération afin de régler minutieusement tout ceci, il était impératif de ne pas écorner la réputation sans tâche de pourfendeur du communisme et du libéralisme, et de champion de l'Orthodoxie du Tsar à l'étranger. Ce serait assez désastreux.
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