Evènements sur Concordia

Répondre
kinolas

Message par kinolas »

Aujourd'hui, le 27 septembre 2012, les travaux de construction de la base Concordia II ce sont terminées.
De manière officielle, cette base est opérationnelle, ce jour, à 25%.


[url=http://img46.xooimage.com/views/2/a/f/02-1eb8d39.jpg/][img]http://img46.xooimage.com/files/2/a/f/02-1eb8d39.jpg[/img][/url]

Base Concordia II

[url=http://img44.xooimage.com/views/4/e/f/base-concordia-ii-1eb8d58.jpg/][img]http://img44.xooimage.com/files/4/e/f/base-concordia-ii-1eb8d58.jpg[/img][/url]

Détails de la base Concordia II :

* 2 niveaux potentiellements indépendants l'un de l'autre.
* 4 laboratoires distincts
* logements pouvant accueillir 12 scientifiques et 1 section de 21 hommes
* 1 salle de communication.
* salle n°15 "top secret"

Cette base est totalement indépendante et autonome si nécessaire, sur une période de 60 jours
kinolas

Message par kinolas »

Le navire scientifique "Revenge Concordia", avec à bord 6 scientifiques chargés de poursuivre les travaux de recherche est arrivé sur l'île Concordia (E5). Les 2 patrouilleurs démineurs sont intervenus pour sécuriser un "chenal".

<center>[url=http://www.casimages.com][img]http://nsa15.casimages.com/img/2010/05/20/100520100959434668.jpg[/img][/url]</center>

Les scientifiques remettent en fonctionnement la base Concordia II. Seule la salle 15 ultra-secrète, piégée depuis le suicide des militaires et des scientifiques, reste entièrement en l'état.
kinolas

Message par kinolas »

<center>

[url=http://www.casimages.com/img.php?i=100528090543944489.jpg][img]http://nsa14.casimages.com/img/2010/05/28/mini_100528090543944489.jpg[/img][/url]</center>

[quote]
de : M-C Brancaz, Chef du Gouvernement de Savoia.
à : Anne Claville, Ministre de l'Economie.

Madame,

Comme convenu lors du dernier conseil des ministres, veuillez mettre en place les procédures nécessaires concernant le développement de l'île Concordia, selon les éléments suivants :

* Expansion de la capitale Inuit "Laaksvit" (1.311 habitants) : proposition d'installation subventionnée pour des savoisiens.
* Développement économique : accroissement sous forme de subvention de l'Etat, des zones agricoles (objectif de nourrir 1 million d'habitants), des zones de pêches, et de la production bovine (objectif de nourrir 10 millions d'habitants).

Cordialement,

M-C Brancaz, Chef du Gouvernement de Savoia.


[/quote]
kinolas

Message par kinolas »

<center>Les premières habitations destinées aux premiers "colons" venus de Savoia, ont été livrées.

[url=http://img51.xooimage.com/views/c/0/5/groenland-village-1-3-1--22a677b.jpg/][img]http://img51.xooimage.com/files/c/0/5/groenland-village-1-3-1--22a677b.jpg[/img][/url]

C'est un nouveau quartier, en bordure du lac "Nicolas Ier" de Laaksvit, qu'est en train de sortir de terre un tout nouveau quartier.

[url=http://img52.xooimage.com/views/2/a/1/groenland-20-1c7c371-1--22a67ef.jpg/][img]http://img52.xooimage.com/files/2/a/1/groenland-20-1c7c371-1--22a67ef.jpg[/img][/url]

Le village a accueillit les 100 premiers colons, qui sont essentiellement des techniciens, éleveurs et agriculteursIl est prévu dans les mois à venir, l'intensification de l'élevage destiné en premier lieu à l'exportation.
Les forêts existantes vont être égaelemtn "exploitées" de manière à répondre à l'ensemble des besoins de Concordia : il n'y aura pas d'exportation de cette matière première.
Enfin, va être expérimenté l'élevage de bovins, résistants aux températures extrèmes : la race Holstein, croisée avec la race sibérienne Yakoutsk et qui a donné naissance à une nouvelle race, dite "alpine" va être introduite sur Concordia.


Enfin, les travaux d'agrandissement du port de Laaksvit débuteront au mois de mars 2013, à la fin de l'hiver arctique.

[url=http://img52.xooimage.com/views/f/e/f/1211877563_2136226623bi-1--22a6926.jpg/][img]http://img52.xooimage.com/files/f/e/f/1211877563_2136226623bi-1--22a6926.jpg[/img][/url]</center>
Vladimir Ivanov

Message par Vladimir Ivanov »

[url]http://www.simpolitique.com/post133593.html#133593[/url]
Fin-Juillet 2016

L'U.R.K.R. prend le contrôle de l'île et la rebaptise : "Île Jules Guesde"

[img]http://files.sharenator.com/1_007_Typhoon_Class_Russian_Submarine-s580x434-70807-580.jpg[/img]

Une nouvelle base navale de l'U.R.K.R. y est construite. Elle portera le nom de "Louis Auguste Blanqui".
Une station d'écoute longue-portée est en cours de construction en vue de compléter le réseau de radars et bases d'interception des communications (privées et publiques) élaborés par l'ANR dans le cadre du programme secret "Polious".
Vladimir Ivanov

Message par Vladimir Ivanov »

UN CURIEUX PROBLÈME SUR LA BASE "BLANQUI"

L'île en soi, on s'en fiche : elle n'est rien de plus qu'un "caillou" inhabité. Tout ce qui peut se dérouler là-bas ne peut que concerner directement la base navale de "Blanqui".

Déjà qu'on a exterminé en quelques secondes plus d'un tiers de ses hommes au Pelabssa au moyen d'un vaisseau à canon ionique spatial invulnérable, mais aussi qu'une force surnaturelle aurait tenté de lui faire perdre définitivement sa faculté de progresser techniquement, l'ANR (l'Armée rostovique) est encore une fois déboussolée. Elle ne comprends pas bien ce qui a pu se passer sur cette île : il semblerait que la base "Blanqui" ait été subitement abandonné par l'ensemble de son personnel militaire.
Pourtant, quelques constats irréfutables :

_ l'état de paix règne
_ il n'y a aucun ennemi
_ il n'y a aucun habitant autochtone (et donc aucune menace potentielle)
_ la désertion est punie (en temps de paix) de plusieurs années de camp
_ les moyens de retourner en Rostovie sont plus que limités sans autorisation

Maintenant, la question que les généraux se posent est : sont-ils revenus dans leur pays en pirogue ou à la nage ?... ou peut-être en sous-marin d'attaque à propulsion nucléaire ? Mais alors pourquoi aucun d'eux ne manquent à l'appel ?
Et une fois en Rostovie, ont-ils kidnappés leurs femmes et leurs enfants pour les emmener de force dans des isbas abandonnées pour commencer une vie d'ermites sans papiers, dans le grand froid, sans chauffage, sans école et sans hôpitaux ? Se sont-ils tous réfugiés, clandestinement, tel des gens du voyage, dans des banlieues désaffectées de grandes villes ? Pour y vivre dans la misère ?
Comment ont-ils fait pour tous trahir leur pays et tous revenir en Rostovie clandestinement ? La base étant laissée subitement à l'abandon malgré l'entretien (couteux) et la permanence de l'activité militaire ?

Entre ces trois options :
1_ resté loyal et actif dans la base, pour, après quelques mois de service, revoir sa femme et ses enfants dans sa chère demeure en Rostovie et recevoir une paye plus que correcte en comparaison du reste de la population,
2_ se mutiner pour protester contre le nouveau régime et la baisse brutale des dépenses militaires rostoves (et donc aussi, il est vrai, de sa paye), malgré le prix à payer d'une telle prise de risque,
3_ déserter pour fuir clandestinement dans son pays natal (séparée de l'île par 3 000 kilomètres d'eaux glacées même l'été), et par la même occasion, mettre toute sa famille dans l'embarras, voire en danger de mort (vie de clandestinité...) si elle n'a pas été purement et simplement abandonné... et cela, pour perdre finalement tout confort matériel, toute sécurité sanitaire, toute reconnaissance sociale et même au final, toute existence légale.
...le soldat rostov de la base de Blanqui a décidé de choisir, avec l'ensemble de ses camarades, l'option n°3.

Si les soldats avaient organisé une mutinerie contre le régime à Novgorod (option 2)... il y aurait au moins une certaine logique dans cette affaire. Mais curieusement, ici, les soldats de la base se sont enfuit sans laisser de trace au péril de leur vie, au mépris de leurs familles, et sans explication logique. Voilà ici une crise particulièrement étrange à laquelle nous avons à faire...

Rapport du responsable de la flotte de guerre rostove, au Vosroskom.
Siman

Message par Siman »

L'Empire du Raksasa déploie un porte-avion nucléaire à 20 miles de l'ile Jules Guesde.










(Evidemment, je leaule.)
Vladimir Ivanov

Message par Vladimir Ivanov »

HRP : je ne supprime pas mon premier message parce que le MJ-Coord semble tenir à sa dénonciation. J'aurai donc sans doute droit à mon premier avertissement. :roll:

Après son abandon par les déserteurs, l'ANR réactive la base "Blanqui" et répare les bâtiments endommagés. Les déserteurs sont traqués et condamnés de 1 à 10 années de camp de rééducation selon leur comportement en cours de Justice.

(Suite les prochains jours si motivation)
Vladimir Ivanov

Message par Vladimir Ivanov »

===> RAPPEL : [url]http://www.simpolitique.com/post265424.html#p265424[/url]

[img]http://graphshirt.com/986-thickbox/t-shirt-geek-evolution-de-l-espece-informatique.jpg[/img]

Un jeune soldat renvoyé sur la base profite d'un temps de pause pour utiliser un ordinateur de la base ayant accès au réseau du net mondial. Il écrit des messages sur un forum internet, lequel met en scène dans le cadre d'un jeu virtuel, des nations fictives telles que "Etats-Unis d'Amérique", "URSS", "Afghanistan", ou bien "France". Dans le cadre d'un faux débat, il écrit (sans se relire, d'où les innombrables fautes d'orthographe et de syntaxe) :

[quote]Aaah :-D Enfin un débat passionnant !
Les autres l'étaient aussi, mais celui-ci me tient particulièrement à cœur :oops:

Donc, j'ai reçu deux réponses. Elle se rejoignent sur une idée principale : l'URSS "brejnevienne" (années 1964-1987), c'était mal.
Je vais donc répondre à cette légende noire. Et ce, aussi bien à Troska qu'à Johel, les deux en même temps pour une seule réponse.

Quelques "pré/proto-scriptum" :

@ Staline, démocratie, Constitution de 1936, tout le pouvoir aux soviets...
[quote]Grover Furr a écrit un texte sympa là dessus, je te le filerai si tu veux[/quote]
Je serai en effet très intéressé, parce que je ne connais que fort peu ce sujet précis ;)

Je comprends tout à fait ce que dit Johel sur les méfaits de la propagande, dont témoignent les fameuses "anekdoty". Même si pour moi, cela faisait partie du charme de l'époque :D Mais je parlerai de tout cela en détail ici même, à la suite.
En même temps que je comprends les critiques de Trotska contre le révisionnisme soviétique apporté par Khrouchtchev qui a indubitablement fragilisé les fondements philosophiques de l'URSS... en détrônant brutalement Staline de son piédestal, et je parle plus du symbole idéologique qu'il représentait que de l'homme lui-même, Khroutchtchev a créé une immense vague de désillusion dans toute la société soviétique, les citoyens se demandant si "finalement, le communisme n'était peut-être qu'une utopie impossible à réaliser, sachant que tous les politicards soviétiques ne valaient probablement pas mieux que les tsars, que se soit Staline ou ses successeurs". Le culte de la personnalité avait ses défauts de fond (Staline est un être humain comme nous tous ! et comme tous les dirigeants de tous les pays de toute l'Histoire du Monde... il a dû jouer les criminels pour sauver son pays...), mais en même temps, le peuple soviétique y croyait : Staline, Petit Père des Peuples, les avait sauvé du nazisme malgré le prix à payer, que se soit par l'essor économique prodigieux des années 1930 ou par la Grande Guerre Patriotique, et faisait répercuter son image positive relayée par la propagande sur le comportement des soviétiques. Le totalitarisme stalinien avait donc ses avantages structurels évidents par rapport au désastre idéologique et à la désillusion de masse créés par la déstalinisation khrouchtchevienne.

Ce que tu dis Trotska au début de ton pavé, me rappelle un excellent livre, "Staline, histoire et critique d'une légende noire" de l'italien Domenico Losurdo (et au passage, merci à Michel Collon de faire de la pub pour ce bouquin :D ), qui démonte point par point toutes les critiques superflues marquées par cette violence hystérico-hyperbolique spécialement ouest-européenne (voire française) contre l'URSS de l'époque et de son dirigeant.

Eh bien ce qui suit résultera de mes efforts consistant tant bien que mal à éclaircir l'image bien trop obscure que vous avez (comme beaucoup de gens en Occident) de l'époque brejnevienne : "l'URSS bureaucratique de Brejnev à Tchernenko, histoire et critique d'une légende noire".

L’Ère Khrouchtchev, je rappelle quelques avantages qu'il ne faut pas oublier. D'abord bien-sûr, la conquête spatiale (même si on ne va pas s'attarder là-dessus en détail, le sujet est bien connu), non pas dans ce qu'elle a de concret, mais plutôt de symbolique : Sputnik, Gagarine, Terechkova et un peu plus tard Leonov... ces succès, gravés à jamais dans l'Histoire, procureront à jamais une gloire non-pas seulement à l'URSS, mais à l'idéologie qu'elle représentait, c'est-à-dire au socialisme.
Cette image, malgré les ravages de la destalinisation que je dénonce (mais il faut parfois faire preuve de souplesse), est (re)devenue nettement positive aux yeux de tous les anti-capitalistes : des peuples colonisés en quête de libération jusqu'aux militants de gauche à l'Ouest du rideau de Fer, l'espoir ne pouvait être que conforté. Certes, on a toujours cette photo ridicule avec la grosse brute chauve qui brandit son maïs sur les terres kazakh. Cet échec soviétique dans la production agricole (qui a toujours été un problème jusqu'à la chute de l'URSS, l'obligeant parfois a traiter avec des capitalistes et des fascistes, que se soit les USA ou l'Argentine -géant agricole) ne doit pas faire oublier les incroyables succès de son industrie, qui s'enchainent encore bien après l'ère stalinienne. Si les données statistiques sur la progression du PIB dans ce pays peuvent être contredites ("propagande, mensonges, pas bien !"), la plupart des indicateurs indirects (amélioration évidente du niveau de vie global des soviétiques de Staline à Brejnev, baisse de la mortalité -du moins jusqu'aux années 70, natalité réduite à un niveau plus que suffisant pour "renouveler les générations", etc...), et notamment les succès dans l'industrie de l'armement (qui a toujours été la priorité absolue pour des raisons évidentes de survie face à l'extraordinaire agressivité occidentale), mais aussi les prouesses scientifiques (de la technologie laser à la physique quantique, de la robotique à la médecine, y compris les télécommunications et les technologies radars ! mais également de l'aérospatial y compris civil à la productivité dans l'industrie lourde, couplé à un système éducatif reconnu pour sa qualité dans le monde entier -Université Lomonossov, Patrice Lumumba... qui accueillait des étudiants du Monde entier-, et que Cuba reproduira avec un succès tout aussi énorme proportionnellement à la taille de l'île et à sa population, notamment en ce qui concerne la médecine) sont des signes suffisants pour faire admettre à tous les analystes, tous les historiens, tous les experts, tous les anti-communistes, que l'URSS n'était pas une grande puissance.
Mais une SUPERPUISSANCE.
_ malgré le gel de ses ports par la glace 6 mois par an, et de tous les autres en "mer chaude" par les détroits ennemis (Copenhague-Malmö, Bosphore-Dardanelles...)
_ malgré la guerre civile épouvantable qui ensanglanta le pays au début des années 1920 (chose que n'avait pas connu les Etats-Unis depuis 1865 et à une ampleur infiniment moindre)
_ malgré les dégâts pantagruéliques dont a souffert l'URSS pendant la Grande Guerre Patriotique (supérieur en valeur absolue à n'importe quel autre pays du monde, et dépassé en valeur relative que par la Pologne), que les pillages de 1945 (Prusse orientale, pays collabos d'Europe de l'Est, Mandchourie, etc...) sans même parler du fait que ces régions furent de toute façon ruinées par la Guerre, n'auraient jamais pu rembourser...
_ malgré la fuite des cerveaux très favorables aux États-Unis qui profitèrent du génie de ressortissants -souvent juifs, mais aussi nazis !- de France, d'Angleterre, d'Allemagne, également du Japon et biens d'autres... (entre le niveau de vie d'un génie soviétique et celui d'un américain, la différence est abyssale... le premier ne commencera à exister qu'après son décès -nécessité du contre-espionnage- tandis que le second... la ou les villas, les jacuzzis et j'en passe).
_ malgré les conditions climatiques nettement plus favorables aux américains et européens... (les USA qui disposent non-seulement d'un milieu de vie largement favorable à l'agriculture, mais aussi d'espaces peu peuplés extrêmement riches en ressources naturelles, y compris en hydrocarbures), là où l'URSS n'est qu'un monstre de terres stériles, dont les latitudes, couplés à un climat continental extrêmement rude que ne connaissent pas les scandinaves, dégradent considérablement leurs conditions de vie... et indirectement, leur niveau de vie avec.
_ et surtout, plus encore que tout cela, le fait que le commerce extérieur des Etats-Unis était incomparablement supérieur à n'importe quel autre pays à l'époque (concurrencé que par des pays capitalistes ouest-européens et est-asiatiques) favorisant un essor économique et technologique jamais vu dans l'Histoire humaine... là où l'URSS était isolée avec sa zone tampon est-européenne, pauvre depuis bien avant le communisme (pensez dont aux niveaux de vie des polonais et des roumains au XIXe siècle, comparé à ceux des français, des allemands, ou des anglais... eux-même déjà miséreux dans les usines... le décalage est-ouest ne date absolument pas du clivage idéologique communisme-capitalisme), et encerclée par des pays explicitement ennemis : Norvège, RFA, Grèce des colonels et l'ensemble du bloc ouest-européen, Turquie, Iran (surtout celle du Shah), et le bloc des pétro-monarchies arabo-islamiques, la Chine qui pactisait avec les américains, le Japon, la Corée du Sud, Singapour pour le détroit de Malacca, l'Egypte de Sadate pour celui de Suez, + base de Diego Garcia... tout cela rendant difficile la présence soviétique en Océan Indien, pourtant réelle et même très dissuasive ! (on la vu pendant la Guerre de Libération du Bangladesh pour revenir là-dessus).

Bref, l'URSS, superpuissance ? Elle n'aurait jamais du le devenir. Les avantages bruts, indépendamment de l'idéologie, des pays capitalistes étaient absolument écrasants. Et si j'ose dire, heureusement que l'URSS avait de quoi profiter de ses richesses naturelles... sinon comment aurait-elle fait, ainsi isolée ? Commercez avec les pays africains qu'elle a participé à décoloniser ? .. oui, c’eût aurait été juste dans l'idéal, mais évidemment que cela n'aurait pas suffit pour faire bondir le PIB soviet.

Si la priorité absolue de son économie était tournée vers le complexe militaro-industriel (qui dépassait 50% du PNB selon sa page wiki dans les années 1980) connaissant l'ampleur du seul budget de la défense (14% selon l'Agence du département d’État américain sur le désarmement, ou encore les données de l'Institut International pour les Recherches Stratégiques, IISS de Londres -ce qui est gigantesque pour un pays de cette "taille", ) on peut aussi estimer l'efficacité du système soviétique (qu'il le soit sous Staline, Khrouchtchev ou Brejnev) par la qualité de ses armes.
_ Mig-15, considéré comme le meilleur avion du monde pendant toute la Guerre de Corée, y compris lorsque le F-86 Sabre remplacera les décevants F-84 Thunderjet...
_ Son dérivé le MiG-17 (et sa version chinoise le Shenyang J-5), qui causa des dégâts considérables et de grosses frayeurs aux américains pendant la Guerre du Vietnam
_ si le MiG-19 était une déception, voire plus mauvais encore que son prédécesseur ( XD ), le MiG-21 fut l'avion de chasse le plus réputé de toute la Guerre Froide. Lorsque les israéliens s'empareront d'un modèle au milieu des années 1960 en stipendiant un pilote irakien, tous constateront : "si nous avions eu cet avion au lieu des Mirage III français, nous aurions fait des résultats ENCORE meilleurs contre les arabes, aussi bien durant la Guerre des Six Jours que durant celle du Kippour. Lorsque les pressions américains pour obtenir cet exemplaire unique pour le tester réussirent, il fit également l'unanimité chez les pilotes US s'entrainant au Nevada : cet avion est extraordinaire. Produit à 11 000 exemplaires, le MiG-21 fut la fierté de l'aviation indienne, comme chinoise d'ailleurs, qui le produit sous le qualificatif de Chengdu J-7, le fleuron de l'aviation chinoise qui était jusqu'à récemment d'ailleurs, complètement dépassée.
_ et je passe sur les Mig-29 et Su-27, autres prodiges des bureaux d'étude Mikoïan-Guriévitch et Sukhoï, qui, s'ils avaient du retard dans la production sur les géniaux F-15 (apparus plus tôt), leur qualité était équivalente à leurs homologues US.
_ sur les chars de combat, les seuls qui pouvaient vraiment rivaliser avec les dernières versions soviétiques des années 1980 (T-72A/M, T-64B et T-80B/U) furent les Léopard 2 allemands et les Challenger britanniques. Quand on compare les quantités produites pour chaque modèle, on constate encore une fois l'écrasante supériorité soviétique. Selon des rapports conjoints d'experts germano-américains, qui consistaient à évaluer la puissance réelle des T-72 (impitoyablement humiliés par les américains en Irak durant la Guerre du Golfe) au standard de l'Armée Rouge de l'époque (années 1980), ils étaient stupéfaits : avec le blindage composite et réactif, les munitions à noyau en tungstène et autres équipements électroniques dont étaient totalement dépourvus les T-72 exportés à l'Irak (qui avaient un blindage homogène en acier et des munitions obsolètes, sans parler de l'entrainement médiocre de l'équipage et de l'entretien déplorable), ces chercheurs s'aperçurent que les chars russes pouvaient aisément perforer le blindage des M1A1, tandis que ni les munitions allemandes des Léopard 2, ni celles des M1A1, ne pénétraient celui du T-72.
_ ne pas oublier les centaines de Tupolev soviétiques engagés dans la guerre électronique et la surveillance maritime, ainsi que les radars, et bien d'autres encore qui assuraient à l'URSS une défense digne de ce nom face aux menaces américaines et des alliés US ouest-européens, wahhabites, japonais et chinois.
_ et enfin, les navires : la supériorité américaine ne reposant que sur ses porte-avions géants (au nombre de 14 + 1 d'entrainement en 1982), la flotte soviétique n'avait pas de quoi les envier non-plus par ailleurs : en 1982, plus de patrouilleurs de combat, 2 fois plus de corvettes et frégates, une dizaine de destroyers en moins mais plus de croiseurs et cuirassés, trois fois plus de sous-marins, et bien plus de SNLE. La qualité est globalement considérée comme supérieure côté US, et le tonnage global donne l'avantage aux américains grâce à leurs porte-avions géants. Mais encore une fois ici, la quantité compense une différence qualitative fragile... (les sous-marins lanceurs de missiles croisière soviétiques construits et développés depuis les années 1960 n'ont pas d'équivalent US avant juin 1985 avec le Los Angelès class "flight II"... on a également le célèbre Akula, bref...)
_ enfin, un net avantage en terme quantitatif comme qualitatif pour les missiles de la défense anti-aérienne (missiles 5В55К, 5В55Р et variantes, + 9М82/83 à la vitesse nettement supérieure au MIM-104 Patriot PAC-1 pour une portée soit équivalente, soit supérieure à la même époque, tandis que le S-300 est antérieur au Patriot : le premier produit à partir de 1975 pour entrer en service en 1978, le second produit à partir de 1976 pour n'entrer en service qu'en 1981).

Si j'en fais tout un chapitre, c'est tout simplement parce que l'armement était le véritable but de l'ensemble des efforts soviétiques fournis depuis... 1917... au sacrifice VOULU et sciemment calculé, malheureusement, des biens de consommation de la population, victime des pénuries. Et bien-sûr, des terribles gaspillages, comme tu l'as très bien expliqué, Troska.

L'erreur que tu fais malheureusement, c'est de mettre sur un même plan l'URSS Brejnev-Andropov, avec celle de Gorby. Ce dernier a d'ailleurs rien fait d'autre, finalement, que de retirer à l'URSS ce que tu dénonces visiblement avec le plus de zèle : la bureaucratie. Alors, Gorbatchev, un fidèle communiste ? Là où je vois la bureaucratie comme un mal nécessaire...
La réforme Liberman (qui ne consistait pas non-plus à installer le capitalisme en Russie, mais seulement à assouplir la lourdeur de l'encadrement étatique et justement, sa bureaucratie ! même s'il aurait abouti à l'avènement d'une concurrence néfaste, porte ouverte, en effet, à une crise majeure du socialisme), a lamentablement échoué (y compris en Europe de l'Est), et a été très rapidement abandonné par Brejnev. Contrairement à la Yougoslavie, qui l'a appliqué à partir de ces mêmes années 1960 et concrétisée cette fois, eu des conséquences (comme en Hongrie d'ailleurs), décevantes, voire négatives : la Yougoslavie des années 1970 et 1980 fut marquée par une grande pauvreté, y compris en comparaison des autres pays d'Europe de l'Est.
Selon le département d’État américain, voici les PNB/habitant des pays suivants, en 1980 :
_ RDA : 7 800 $
_ Tchécoslovaquie : 7 400 $ (équivalents occidentaux : Grande Bretagne, Australie, Nouvelle Zélande...)
_ Union Soviétique : entre 4 900 et 5 100 $ (selon les estimations américaines + Banque Mondiale, de son PNB et de sa croissance entre 1977 et 1980).
_ Hongrie : 4 900 $ (équivalents occidentaux : Italie, Espagne)
_ Pologne : 4 600 $
_ Bulgarie : 4 200 $ (équivalents occidentaux : Singapour, Israël, Irlande, Grèce)
_ Roumanie : 3 600 $ (équivalents occidentaux : Chypre, Venezuela)
_ Yougoslavie : 2 900 $ ! (équivalents occidentaux : ... disons l'Argentine, mais beaucoup plus que le Portugal)

Si on considère le coefficient de Gini, on se rend compte évidemment que l'écrasante majorité de la population des pays socialistes vivaient sans doute mieux que ceux de leurs équivalents occidentaux pour un même PNB/habitant. Même si bien-sûr, rien de comparable avec des pays comme la Libye de Kadhafi, les USA, le Japon ou le Canada avec 9 000 $, ou comme la RFA et la Suède, à 12 et 13 000 ou encore le Koweit déjà à 20 000 !).

Les dollars utilisés ici sont ceux de l'année 1979.

Donc la Yougoslavie titiste, et c'est là que je te rejoins, est devenue une honte absolue pour le communisme quand la pauvreté du pays supérieure même aux autres pays de l'Est était accompagné par une dépravation morale endémique... ===> un clip musical """communiste""" de la Yougoslavie que m'ont fait découvrir des amis de ce forum... (Giorgios ou Alexei, je me souviens plus XD) même si je ne connais pas l'année précise : [url]https://www.youtube.com/watch?v=VyZzz30zpDw[/url].
... une honte absolue, une TRAHISON envers le socialisme, méritant les plus impitoyables des purges.

Mais... la Yougoslavie titiste, heureusement, ne se résume pas à cela. Les livraisons d'armes et les aides financières américaines (tu me diras si je me trompe), datent des années 1950 et cessent aussitôt que l'URSS engage le processus de réconciliation avec Tito durant les années 1960-70. Je me base notamment sur les données du SIPRI (Institut international de recherche sur la paix de Stockholm) en ce qui concerne les transactions militaires.
Je connaissais personnellement un ami bosniaque, lequel avait vu son amie de jeunesse se faire tuer d'une balle dans la tête par un sniper serbe. Sa colère envers les serbes est donc compréhensible, quoi qu'exagérée, mais il avoue toutefois son admiration envers Tito, et se souvient des travaux collectifs des années 1980, dans la fraternité inter-ethnique et l'égalité sociale. Des souvenirs magnifiques qui contrastent avec la situation conflictuelle des années 1990 bien-évidemment. Tito est d'ailleurs toujours populaire chez le petit peuple serbe, comme bosniaque ou même croate (Tito était croate). Même si la société yougoslave était profondément malade de son hérésie titiste, comme en témoigne cet ignoble clip qui fait honte à l'espèce humaine, on en peut le résumer comme tel et ainsi jeter l'ensemble à la poubelle comme tu dis. Et c'est aussi là où je te rejoins pleinement quand tu dis qu'il ne faut pas hésiter à critiquer les exemples historiques du socialisme, pour corriger ses fautes et défauts passés, sans toutefois, jamais même, jeter le bébé avec l'eau du bain.
Et c'est un peu l'objet de ma réponse ici, montrer que l'URSS post-stalinienne (jusqu'à Tchernenko) avait plus d'avantages qu'on ne le voit aujourd'hui. Un vieux GenSek vieux et moche, la vodka à volo, les queues dans les magasins, la grisaille partout impression quelque peu faussée par ces vieilles photos en noir et blanc ou de fausse-couleur, bref, on ne peut pas résumer l'URSS de l'époque ainsi.

Comme en témoigne le référendum du 17 mars 1991 (à peu près libre en Russie et en Ukraine, falsifié malheureusement dans les républiques d'Asie Centrale par des potentats locaux), où l'on demandait à la population le sort qu'on devait réserver à l'URSS... victoire de l'option conservatrice à plus de 70% en Russie (73) comme en Ukraine (71), les deux poids lourds de la démographie de l'Union avec une participation estimée à 80%.
Mon ancienne prof de russe qui a connu cette époque, et n'était certainement pas membre du PCUS, n'en a pratiquement que de bons souvenirs. La plupart des russes regrettent l'URSS de Brejnev, parce que malgré les dysfonctionnements évidents, ils étaient heureux : paix sociale, niveau de vie correct, éducation de qualité à la renommée mondiale, culture accessible à tous et gratuite (du théâtre le plus prestigieux au musée de province, etc...), égalité sociale relative : les plus hautes personnalités soviétiques du PCUS étaient incomparablement moins cossus que n'importe quel footballeur professionnel ou patron milliardaire occidental.
Donc oui, je vais me répéter et peser chacun de mes mots et ce n'est pas parce que la bureaucratie était aussi lourde et envahissante que cela remet en cause la réalité socialiste de l'URSS :
_ pas de pornographie hors les quelques revues playboy qui se comptent sur les doigts de la main qui sont parvenus à franchir le rideau de fer (Hongrie surtout,et encore moins en RDA) au prix d'une démolition pièce par pièce de la voiture du "touriste" qui par chance, arrivait à cacher sa contrebande... dans son estomac peut-être... et puis quoi encore ? :-D
_ pas de business hormis les petites affaires au marché noir, nombreuses en ces temps de crise, et celles des apparatchiks, dont la fameuse affaire du coton, par la mafia ouzbek... chose que je condamne évidemment, mais déjà démantelée de A à Z au début des années 1980, même si Charaf Rachidov (le GenSek de Tachkent) avait ses qualités par ailleurs.
_ pas de chômage, hormis là aussi, un chômage déguisé par le travail "improductif"... mais JAMAIS inutile.
_ pas de misère, avec toutefois, une certaine pauvreté... mais toujours bien moins catastrophique que celle qu'un pays comme la Russie ou ses voisins ont toujours connu depuis que l'homme de croc magnon commença à peupler ces terres, en passant par les scythes, la Rus' kievienne, la Moscovie, l'Empire tsariste, et même la Russie d'aujourd'hui, où des SDF croisent encore des oligarques multimilliardaires.

La bureaucratie, je vais le dire franchement, n'était pas le problème n°1 en URSS.
Et dans l’hypothèse où, l'URSS serait restée purement et fidèlement "marxiste-léniniste", que ses prodiges militaires, ceux de l'industrie lourde, de la recherche scientifique, et que ses performances économiques avaient été plus élevés encore qu'aux Etats-Unis... allant jusqu'à donner un niveau de vie comparable à ceux de l'Ouest, et cela à n'importe quel citoyen soviétique, mes critiques de fond contre l'URSS ne changeraient pas tellement : ce pays, comme le marxisme de toute manière, a commis une erreur terrible : celui de nier Dieu, de nier la religion.
Je suis persuadé que, quoiqu'en diront les athées, dans une population donnée, si on ne croit pas en Dieu, la tendance sur long terme sera : "tout est permis"... y compris les pires atrocités. Je parle plus de l'idée de Dieu et de sa Vertu pour une vie après la mort, que du cadre religieux et de ses clercs, pourris par l'hypocrisie et les "évangélisations" forcées avec tortures et esclavages en prime, comme en a trop connu l'Histoire.
C'est d'ailleurs en partie pour cela que je suis communiste malgré ma confession chrétienne : je comprends la colère du peuple contre les salopards qui leur imposait une religion pour mieux les faire taire "si tu t'insurges contre l'injustice, tu iras en enfer !"... rien de plus ignoble (peut-être autant que ce fameux clip yougoslave disons :D ).
Mais je pense que Dostoïevski avait raison quelque part, quand ils disaient que sans Dieu tout est permis. Personnellement très attaché à la liberté religieuse, elle n'était pas assez respectée en URSS, et c'est le moins qu'on puisse dire.
En destituant Staline d'ailleurs, dont l'image, le symbole, l'idée vertueuse qui se cachait derrière avait quelque chose de "divin", Khrouchtchev, comme je l'ai dit plus haut ici, a provoqué une déception immense, une irréversible désillusion chez les soviétiques que les chinois avaient raison de rejeter (c'est là que je rejoins pleinement Mao Zedong !). Mais voilà quel était l'erreur de fond du communisme : faire du marxisme un dogme absolu, et tout réduire au matérialisme. Si je me réclame tout de même du marxisme-léninisme le plus strict, c'est parce que toutes les hérésies qui ont voulu jouer sur plusieurs tableaux en mélangeant un peu tout, on finit par tomber, irrémédiablement, dans le capitalisme le plus sauvage. C'est pourquoi j'ose, avec un grand culot je le conçois, une certaine naïveté, un peu de provocation (voire carrément), et peut-être aussi une ambition démesurée, chercher une voix quelque part entre le marxisme-léninisme de la ligne pure (Lénine - Staline - Mao - Hoxha - Kim Il Sung) et le christianisme des origines, celui des monastères, celui des grands Saints, et celui des traditionalistes (dont on soutiendrait en même temps la ligne morale la plus "dure" : l'homosexualité est une anormalité, une blessure grave, l'avortement est un meurtre, et parce qu'à tout cela j'adhère complètement... mais dont on arracherait avec la plus impitoyable des révolutions, leurs ignominies sur-responsabilistes du genre "un patron chrétien c'est bien !", "si t'es homo tu vas direct en enfer espèce d'inverti !" ou "rien à foutre que t'as pas de quoi nourrir ton gosse, si tu avortes tu seras damné pour l'éternité !"). Bref, des chrétiens qui sur-enchérissent dans l’hypocrisie moralisatrice, pour favoriser, encore et toujours, le capitalisme... et finalement renier le message originel de Jésus-Christ pour lequel il faut "aimer ses ennemis (privés)", "choisir" entre Lui et l'Argent (les deux en même temps est impossible), "pardonner 7 fois 77 fois", et "que celui qui n'a jamais péché lui jette la première pierre".

Même si cela est une opinion quasi-inexistante chez les communistes comme chez les chrétiens, tous deux se cantonnant avec absurdité dans leurs tribus et leurs stupides préjugés, je souhaite rallier les deux pour ne faire plus qu'un.

Mais euh... bon c'est un peu désordonné tout ça, comme à mon habitude. Donc je poursuis sur le sujet initial.

Les défauts de l'URSS sont innombrables, mais cela ne change guère de n'importe quel autre système socio-politique existant ou ayant existé dans l'Histoire humaine. Il faut donc savoir modérer un peu ses critiques, comme je le fais moi avec la Chine de Mao (d'ailleurs, tu me dis que "ça n'apporte rien du tout au schmilblick" ===> pourquoi à chaque fois qu'on emploie cette expression je n'arrive jamais à comprendre où veut en venir son auteur ? :? )
Concernant la citation constitutionnelle que tu me ponds ici, "État pour le peuple tout entier", je comprends tout à fait ce que tu veux dire, mais cela ne me paraît pas gravissime à ce point là... étant donné que, je le répète, l'URSS restait un Etat fidèlement socialiste. Les réformes Liberman étaient sensés, à l'origine, octroyer une relative autonomie financière (plutôt "comptable", "khozraschiot" comme on disait en Russie, le mot n'est pas très joli je te l'accorde) à l'entreprise soviétique, un autofinancement, à laquelle s'ajoutera ensuite "l'Experiment" en 1983, qui ne réintroduit pas tout à fait le "profit" tel qu'on le voit en Occident, mais essaie plutôt de susciter l'envie du travailleur de donner de meilleurs résultats à son entreprise en lui accordant des primes à partir de fonds spéciaux détenus par chaque entreprise... elles-mêmes toujours étatisées.
Loin de moi l'idée que cette réforme était la chose à faire. Mais comme tu le fait avec la diplomatie chinoise, je le remet dans son contexte : et ce fut un échec, tout simplement parce que cette autonomie accordée aux entreprises était illusoire. L’État fixait seul les prix comme les salaires (Gosplan, Gosbank), tandis que les travailleurs ne trouvaient pas grand chose sur le marché (pénurie de biens de consommation). En somme, le capitalisme en URSS... n'est rien d'autre qu'un mythe (et ne me parlez pas de "capitalisme d’État" comme le font les anars encore marqués par la puberté, un oxymore si trivial qu'il réussirait presque à mettre au même niveau l'économie allemande sous Hitler, voire celle de la France d'aujourd'hui... avec celle de l'URSS Staline... :roll: )

Troska, tu dis : "toute la ligne rouge de Mao s'est construite vis à vis de la défiance vis à vis de la clique révisionniste de Moscou" ===> n'était-ce pas là le problème, justement ? Cette hystérie anti-russe qui poussa justement la Chine à revoir de vieux traités frontaliers (comme celui d'Aigun dont je ne suis pas fan pour autant) et qui certes, étaient "inégaux" (c'est le cas de la dire) contre la Chine du temps où ce pays ne valait pas mieux que la Russie tsariste, mais vieux de près d'un siècle au moment des affrontements à la frontière, j'y vois quand même clairement un prétexte tout donné pour les fanatiques de la Révolution Culturelle pour agresser l'ancien allié russe... Alors que, avons-le, honnêtement, l'île de Zhenbao... c'est pas franchement la priorité absolue du maoïsme, au point de risquer un désastre nucléaire. Si ?
Déjà que le Grand Bon en Avant fut un désastre (sans commune mesure avec les échecs de l'URSS dans certains secteurs économiques), causant des millions de morts (certes couplé aux terrifiantes catastrophes naturelles, mais quand Mao lui-même reconnait son erreur... on ne va pas me faire l'éloge de cette expérience), on a eu ensuite une "Grande Révolution Culturelle Prolétarienne" tout aussi désastreuse pour l'économie chinoise, plongeant le pays dans le chaos. Mao soutenant les gardes rouges au moment de leurs formations en 1966 (en fermant les écoles d'études supérieures), avant de se retourner brutalement contre eux à partir de 1968.
J'ai une certaine fascination pour cette expérience de la GRCP, qui avait du bon à la base, et même à la limite, pour le GBA. Et puis cette génération "unique en son genre" de jeunes chinois, envoyés dans les communes populaires pour se rééduquer dans la vertu révolutionnaire... cela m'avait donné envie d'assassiner ma prof de français au collège quand on étudiait "Balzac et la Petite Tailleuse chinoise", ce drôle de roman qui fait honte à l'écrivain français et sent à plein nez l'individualisme pédophile, frôlant l'aspect criminel de cette dégradante philo-"sophie". De quoi aimer plus encore Mao et le Laogaï malgré leur absence totale de scrupule. :twisted:
Mais il faut aussi se rendre à l'évidence : Mao a fait des conneries monumentales que Staline lui-même -malgré ses crimes-, n'a pas commis. Plonger son propre pays dans l'anarchie en étant contraint de mobiliser l'APL pour sécuriser les sites sensibles du pays, tout bonnement à l'arrêt sur le plan économique ou des recherches militaires et scientifiques... c'est une erreur monumentale.

Toutefois, à me relire sur les naxalites (et mon bon copain BHL XD), j'avoue avoir été un peu fort sur la forme. Dans le fond toutefois, je ne retire absolument pas ce que je viens de dire. Ils étaient au mauvais endroit, et au mauvais moment. La critique du "social-impérialisme" de l'URSS est un faux combat, limite absurde, sachant que justement pour la raison indiquée précédemment, et que tu as toi-même approuvé, mieux vaut gagner plutôt que perdre, et donc ne pas hésiter à soutenir pleinement le moins pire (l'URSS révisionniste... mais toujours fermement socialiste !) contre le pire (les États-Unis et ses alliés). Ce qui m'inquiète chez toi, visiblement, c'est que j'ai peur de te voir tomber dans le piège des autres mao qui, tellement envieux de la réussite soviétique des années 1970 (succès du modèle cubain, succès du panarabisme, succès des réformes d'Indira Gandhi en Inde, etc...) et tellement dégoûté par une faute certes, grave, mais qui n'enlève pas pour autant le statut socialiste réel de l'URSS (que confirment tous les témoignages personnels que j'ai reçu), ont décidé de faire de la lutte contre l'URSS leur objectif absolu, utilisant de vieux prétextes tel que les traités d'Aigun ou de Nertchinsk, ou encore celui de l'invasion du Cambodge par les troupes vietnamiennes, que les khmers accueillaient en libérateur, soulagés de voir partir les fanatiques de Pol-Pot plus maoïstes que Mao.
Sur l'agression chinoise contre le Vietnam (1979), ainsi que la Théorie des trois mondes, d'accord, Mao n'était pas responsable soit parce qu'il était déjà mort, soit parce qu'il s'y opposait quand cette théorie est apparue à la fin de sa vie, comme tu l'as dit.
Mais son impardonnable trahison diplomatique, que tu remets dans son contexte, ne succède pas à des agressions soviétiques mais plutôt à des ignorances. Si l'URSS avait placé plus d'un million d'hommes et de grandes quantités de matériel de guerre à l'Est sibérien et kazakh, c'est parce que la Chine avait commencé à menacer. C'est elle la première, ou plutôt ses éléments "incontrôlables" de la GRCP (qui me rappellent Pol Pot par leur cruauté), qui prirent d'assaut l'ambassade soviétique à Pékin, et ce sont bien les chinois qui, les premiers, ont agressé l'URSS.
[quote]On March 2, 1969, a group of People's Liberation Army (PLA) troops ambushed Soviet border guards on Zhenbao Island. The Soviets suffered 59 dead, including a senior colonel, and 94 wounded.

[wiki sur la question][/quote]
Et ce n'est pas la fuite de quelques milliers de ouigours dans les années 1960 ou des traités vieux de plus d'un siècle qui rendent légitimes cette agression.
La Chine avait de quoi faire en tentant une réconciliation avec l'URSS (et ce, malgré son révisionnisme, j'insiste là-dessus, parce que celui-ci ne mérite pas d'être aussi violemment attaqué connaissant les nombreux désastres de la politique de Mao, bien pires encore que ceux d'URSS). La Chine avait de quoi faire avec ses ennemis du Pacifique : Japon, Corée du Sud, Taïwan... je me répète mais c'est vital, quand on prétend chercher à gagner une guerre contre le capitalisme, plutôt que de se limiter à cracher sur des hérésies qu'on voit finalement absolument partout.
Et les chinois fanatiques de la Révolution Culturelle qui tentèrent de s'emparer de la région du Paektu San, en Corée du Nord, c'est peut-être la faute de vieux traités entre la Corée et la Chine ? Ou peut-être oublions nous que cette même Corée, avant d'être envahit par le Japon, fut longtemps vassalisée par la Chine impériale ?
On pourrait aller plus loin en parlant des turcs d'Asie Centrale, persécutés conjointement par les russes et les chinois... A ce compte là, pourquoi pas faire éclater chacun de ces deux pays au nom des petits-nationalismes, pour laisser les Américains rafler la mise... encore eux, encore une fois...

La Corée du Nord, souveraine, fidèlement marxiste-léniniste et pacifique vis à vis de ces deux voisins du Nord, ne méritait pas d'être agressée ainsi par les chinois sous prétexte que Kim Il Sung avait émis quelques doutes sur l'expérience de la GRCP.
Je vois donc l'attaque contre le Vietnam comme une poursuite de la politique chinoise extrêmement agressive, amorcée sous Mao, et qui désigne comme "ennemis principaux" les communistes qui les déplaise... souvent derrière des objectifs géopolitiques cachés.

Et l'Inde, maintenant... Indira Gandhi, machiavélique et heureusement (sinon où serait aller l'Inde avec un homme d’État faible et naïf...), instrumentalise le PCI en se plaçant à la gauche la plus radicale du Parti du Congrès... mais tu oublies de dire que cela permet ensuite au PCI de peser, de faire pression, et de gagner en influence, une stratégie tout à fait juste et intelligente, que je soutiens totalement.
C'est seulement après son assassinat (à Indira, lorsque son con de fils Rajiv lui succède) que je rejoins pleinement tes critiques, et me rétracte sur mes critiques abusives à l'encontre des naxalites, dont la cause est juste et doit être soutenue.
Toutefois, quand tu dis que "l'attentisme révolutionnaire et le suivisme de la politique mené par Indira Gandhi n'allait certainement pas garantir le succès d'une potentielle révolution socialiste", peut-être, mais la rébellion armée contre un pays comme celui-ci l'était encore moins. La révolution pacifique, est, dans certaine circonstance, possible. L'influence du PC en Inde était très grande. L'aile gauche la plus radicale du Parti du Congrès dirigeait le pays, d'où les nationalisations, de banques et de grandes sociétés, d'où les plans quinquennaux, d'où l'abolition des privilèges (maharadjahs) et d'où le fait qu'elle fut assurément la chef d’État la plus populaire de l'Inde depuis son libérateur éponyme et peut-être Nehru, encore aujourd'hui.
Si Brejnev ne jouit pas d'une telle popularité chez lui, c'est la période elle-même des années 50-80, succédant au Dégel et s'arrêtant brusquement en 1985/87, qui est l'objet d'une véritable nostalgie en Russie encore de nos jours, notamment pour tous ceux qui ont connu cette période (personnes âgées...). Quant aux grands personnages, il est vrai que c'est plutôt Lénine et Staline qui reçoivent le plus d'approbation, même si leur époque est infiniment moins enviable en vue des crises qui la caractérise.
En fait, contrairement à moi qui ait du mal à me projeter vers l'avenir (Johel a pu en profiter XD), il faut savoir jouer aux échecs... y compris en diplomatie. Défendre à fond les naxalites quand c'est le gouvernement indien qui prend un virage à droite. Mais tenter de les mesurer quand celui-ci passe très à gauche, au point que la N°1 soit obligée de s'appuyer sur le PCI (et donc lui faire de nombreuses concessions...) pour obtenir la majorité et contrebalancer l'influence de l'aile droite de son Parti.
Plutôt que la mère Gandhi, il aurait mieux fallu en finir avec ses deux fils, Sanjay et Rajiv, tous deux libéraux. Contre eux c'est évident, une fois leur mère décédée, je rejoins pleinement la cause naxalite. MAIS : n'oublie pas l'opposition "idéalisme fantaisiste et passionnelle" VS "réalisme définit et rationnel". Dans le fond, il faut resté pur et dur. Mais dans la forme, rien n'empêche quelques petites compromissions (NEP, Coexistence Pacifique, révisionnisme bureaucratique soviétique, expériences maoïstes maladroites suivis de "la marche pas à pas", ou la répression qui stoppe net la GRCP, etc...), pour pouvoir avancer... et gagner.
Tout comme Deng Xiaoping, Gorbatchev a renoncé au fond. Ce qui a conduit à l'effondrement brutal du socialisme dans les deux pays.
En se ralliant aux américains, Mao a commis une faute qui selon moi est plus grave encore que le révisionnisme khrouchtchevien. Parce qu'au moins, ce dernier avait ses raisons finalement justes, sur le plan humain déjà (on dirait "humanitaire" aujourd'hui). Le caractère impitoyable du régime stalinien était quelque peu adoucit, et franchement, faut bien dire que cela contient ses aspects positifs. Alors que s'allier aux Etats-Unis, quand on agresse gratuitement son allié nord-coréen, puis l'URSS... alors je me permet simplement de dire que Mao a fait le con au sujet de sa réorientation diplomatique, tandis que sous son "règne", en 1974, Deng Xiaoping exposait à l'ONU sa Théorie des Trois Monde... là où Mao aurait du le purger avant qu'il n'ouvre la bouche.
Et... Hoxha, eh bien il avait raison. Car ce n'est pas tellement la façon de critiquer qui importe, mais plutôt la raison pour laquelle on le fait. C'est pour réagir à la trahison diplomatique chinoise, que Hoxha a critiqué le système chinois, pas toujours adroitement peut-être. Mais l'Albanie a été déçu par les deux géants. L'URSS a sapé son propre système en salissant son idéal, la Chine (sans parler de ses erreurs internes) a trahi la Cause révolutionnaire en pactisant avec les américains.
Et pas de "l'URSS aussi" qui compte. Quand Brejnev allait boire un coup tout sourire avec Nixon (SALT I, SALT II...), ses espions étaient justement en train de lui livrer des détails cruciaux sur la conception du futur missile intercontinental mer-sol vecteur de plusieurs têtes nucléaires "Trident C4" en cours de conception, afin de permettre aux russes de mirver les leurs quelques années plus tard. Alors que Brejnev vantait la qualité des vins californiens que lui proposait "amicalement" Nixon, ses conseillers militaires livraient les premières cargaisons de MANPADS Strela 2 aux Vietnam démocratique, qui les livrait ensuite au Viet Cong contre les avions américains.
La Chine elle, collaborait, ni plus ni moins. Relire mon précédent message.

A propos de l'opportunisme des groupes africains (FRELIMO, MPLA) ===> tu as tout à fait raison ! Mais qui est-ce qu'on remercie ? Qui est le responsable de leur retournement soudain ? Le successeur de Neto en Angola, dos Santos, ou Joaquim Chissano côté Mozambique, ou France-Albert René, dirigeant des Seychelles, des dirigeants communistes qui sont restés au pouvoir très longtemps, bien après la chute du Mur, tout simplement parce qu'ils ont rallié le capitalisme et l'Empire américain. Mais pourquoi ? A qui la faute ?
Mikhaïl Gorbatchev.
Et quelque part, pour la même raison que j'ai expliqué tout à l'heure (mieux vaut gagner plutôt que de recherche la perfection immédiate au prix d'une inévitable défaite), je me fiche royalement de leur sincérité. Les petits tyrans du Tiers-Monde, qu'ils soient capitalistes ou communistes, et même n'importe quel chef d’État... sont bien souvent soumis aux évènements et au contexte socio-économique. Considérant comme Marx que l'infrastructure domine et détermine la superstructure, que "ce n'est pas la conscience des hommes qui détermine leur existence, c'est au contraire leur existence sociale qui détermine leur conscience", l'avis intérieur profond du tyran du Congo-Brazaville, "Denis Sassou-Nguesso Ier Le Sanguinaire", on s'en fiche : ce qui importe c'est le titre officiel du pays, "République POPULAIRE du Congo", et c'est le système économique en place, et l'idéologie d’État qui est sensé progresser en ce sens.
C'est pourquoi je soutiens totalement le régime militaire du Derg en Ethiopie, dont la réputation (tout comme celle de Lénine, ou encore de Trotski qui a écrasé Kronstadt), a été mis à mal par la Guerre Civile et la situation de famine qui subsistait depuis l'ère impériale (Haile Selassié). Oui, Mengistu a tué. Mais pas plus que Mao, même proportionnellement parlant, sachant qu'à l'époque tout de même, en Éthiopie, le dictateur rouge n'avait pas que des amis... et c'est un euphémisme : Union démocratique ethiopienne (droite libérale pro-US), Parti Révolutionnaire du Peuple Ethiopien (maoïstes qui continuent les combats malgré l'instauration du marxisme-léninisme...), Front de Libération de Somalie occidentale (qui précipitera le pays dans la guerre de l'Ogaden... la Somalie étant l'agresseur, l'URSS a donc légitimement décidé de soutenir l’Éthiopie en position défensive), les deux factions érythréennes (FLE et FLPE, dont l'insurrection se poursuit après la chute de l'Empereur), Front de Libération des Peuples du Tigré au Nord, Front de Libération Oromo au Sud, et enfin pour finir, les Afars à côté de Djibouti. Que des mouvements violents, que des mouvements insurrectionnels. Alors oui, excusez Mengistu d'avoir été brutal... mais au moins, alors que Gorby commençait déjà à le trahir (1987) il va instaurer la République démocratique populaire d'Éthiopie. Ses errements par la suite ne m'intéressent pas : quand l'URSS te trahi puis s'effondre, que la Chine n'est rien de plus qu'un paradis capitaliste pour main d’œuvre corvéable à merci (merci Deng), quand le communisme s'effondre partout, alors oui, on peut comprendre le petit africain perdu, isolé, qui n'a plus d'autre choix pour survivre (ou resté au pouvoir, ça va souvent ensemble), qu'il soit tyran opportuniste ou finalement de bonne volonté pour son peuple, qu'importe, de laisser tomber... et de se soumettre. La faute n'en est que plus grande pour Gorbatchev, qui a accordé aux entreprises l'autonomie absolue (chose que la réforme Liberman n'avait jamais réussi à faire), qui a libéralisé les prix, qui a laissé les rapaces égoïstes bouffer leurs proies complètement déboussolées par le passage brutal d'une société en crise mais stable, finalement morale, juste et pacifiée, à une société dégénérée, avec insécurité endémique, crise sociale épouvantable, effondrement démographique, etc...
La démographie est un indicateur qui devient intéressant pour analyser le comportement et l'état psychologique d'une population donnée (seulement lorsqu'on a franchi la "transition démographique"). Je demande à Johel de se renseigner sur la démographie soviétique puis russe, et notamment des villes en URSS. Alors qu'aucun "exode urbain" n'a été constaté dans les années 1987-1999, tous les indicateurs, absolument partout (sauf à Moscou qui devient une "géante capitaliste"), confirment le traumatisme : passant de 2.1 à 1.1 enfant par femme, la démographie des villes chutant toutes à l’unisson à partir du tournant de la Perestroïka. Des statistiques démographiques qui ne peuvent avoir été altéré par une quelconque propagande (c'eût aurait été absurde). La mortalité dépassant largement la natalité, cela ne pouvait être qu'un signe évident marquant à quel point la crise psychologique avait frappé le peuple russe lorsqu'on instaura le capitalisme. Les indicateurs économiques firent de même : quel qu'en soit la propagande, l'économie soviétique (selon les données américaines, du Département d'Etat, ou de la Banque Mondiale), montre des signes de faiblesse évident dans les années 1980, mais pas plus négatif qu'une stagnation, ou une très légère progression (évolution de PIB ou PNB toujours mesuré en dollar constant bien-sûr, sinon cela fausse la réalité pour le coup). Sous Gorby, à partir de 1987, tout s'effondre, et l'effondrement se poursuit encore jusqu'en 2000.

Sinon, pour le Yemen... à part Aden, ses environs et les Îles Sokotra, il n'y a pas grand chose... et il faut parfois procéder par étape... donc si les déserts inhabités restent marqués par le féodalisme islamique... on pourra éventuellement s'en préoccuper plus tard, tant que l’État sud-yéménite restait un allié à la fois de l'URSS et de la Chine... contre les impérialismes les plus dangereux et les plus ignobles dans la région que sont les États-Unis (et son pantin Saoud), l'Angleterre (et son pantin l'Oman) et la France à Djibouti.

Sur l'Afghanistan, j'ai pas mal étudié le sujet, car c'est une véritable passion pour moi.
L'invasion soviétique doit également être remise dans son contexte. Toutefois, quand je dis que je soutiens les intérêts soviétiques dans la région, c'est parce que les ennemis de l'URSS n'étaient rien d'autres... que ces barbus qui jettent de l'acide sur le visage des femmes ou les lapident quand celles-ci ne font pas tout à fait ce qu'ils leur demandent... ces barbus qui crucifient des petites filles de 14 ans parce qu'elles sont chrétiennes, etc...
Daoud Khan, qui n'était pas communiste, avait à la fin de son règne décidé de se rapprocher de pays musulmans certes proches géographiquement, mais prétexte annulé, car parmi les plus obscurantistes : Pakistan de Zia ul-Haq (le militaire et islamiste radical installé par la CIA après la chute du père Ali Buttho), Arabie Saoudite (pas de commentaire), ou encore l'Iran du Shah, autre allié indéfectible des États-Unis où la lapidation était encore en vigueur (jusqu'à ce que la Révolution Islamique l'abolisse dans sa législation factuelle -hormis théorique mais jamais appliquée).
Là où tu vois dans la Révolution de Saur en 1978, une manigance des soviétiques, j'y vois une convergence entre la volonté des afghans éclairés de se libérer de leur système féodal absurde, criminel et dépassé, eeeet, en effet, des intérêts soviétiques... finalement en cohérence avec leurs principes, et ceux du Socialisme. Ce qui ne m'empêchera pas bien-sûr de dénoncer l'erreur stratégique que fut l'invasion militaire de l'Afghanistan, tout en soutenant totalement les soviétiques une fois la guerre déclenchée. Parce qu'en face d'eux ne combattaient pas les défenseurs de l'Afghanistan, mais ses persécuteurs : que ce soit le pseudo-modéré Massoud (défendu par la tartuffe Venus ouest-européenne), ou le méchant Gulbuddin Hekmatyar (défendu par la prétentieuse Mars américaine).
Si je soutiens la faction des parchamis (Parcham), c'est pour la même raison que j'explique ici, en long, en large et en travers. Plutôt que de vouloir tout effacer en même temps et d'un seul coup, comme tenteront de le faire Taraki et surtout Amin, il faut procéder par étape, intelligemment. Je pense par exemple à ce drapeau rouge, sans aucun signe local, ou "national"... symbole du fanatisme en vigueur de la faction Khalq (interdiction du port de la barbe... impitoyables purges anti-parchamis, qui furent la cause de l'intervention soviétique, d'ailleurs, Amin ayant assassiné des dizaines de milliers de communistes...).
Après, tu avoueras sans doute que les "pantins" de "l'affreux social-impérialisme soviétique", ils n'ont pas fait que de mauvaises choses non-plus :

_ scolarisation massive des jeunes filles/femmes (et hommes...)
_ réforme agraire redistributiste et d'inspiration collectiviste
_ abolition de la Sharia
_ interdiction des mariages forcés
_ ré-élévation de l'âge minimum du mariage (et fini la pédophilie wahhabite...! bon débarras !)
_ promotion de l'égalité homme-femme

et les dérives, malheureusement, qui entrainèrent l'intervention soviétique (qui consistait à écarter Amin, trop radical, du pouvoir) :

_ interdiction des parchamis (communistes modérés) dans l'armée (d'abord commandée par Hafizullah Amin)
_ on encourage les afghans à ne plus porter la barbe (un peu ridicule...)

D'abord, sans succès malheureusement, l'URSS essaiera de tempérer le radicalisme des khalqis (encore une bonne action du "social-impérialisme"...), notamment du temps de Taraki (30 avril 1978 - 14 septembre 1979). Tel que faire respecter la pratique religieuse, faire entrer au gouvernement des parchamis et des non-communistes, et même stopper la réforme agraire car impopulaire du fait de sa radicalité.
Taraki finit par rallier le point de vue de l'URSS, mais il est trop tard : Hafizullah Amin gravit les échelons et après l'exil de Karmal (le futur dirigeant afghan pendant la guerre et ami personnel de Brejnev ([url=http://nsarchive.gwu.edu/NSAEBB/NSAEBB409/Brezhnev-Karmal-small.jpg]Aaaah ! la fraternité socialiste ![/url]), Hafizullah Amin est nommé président du Conseil révolutionnaire. Il entre au très restreint Politburo du PDPA (Parti Démocratique Populaire d'Afghanistan), puis, deux mois avant son coup de force, le nombre de ses partisans dépasse ceux de Taraki aux organes dirigeants du PDPA (Politburo). Taraki qui, contrairement à Amin, restera fidèlement anti-saoudien et anti-pakistanais, donc oui, certes, une sorte de vassal de l'URSS, chose que je considère comme tout à fait préférable.
Après avoir fait assassiner Taraki (dont la santé était déjà fragile...), Amin organise immédiatement des purges massives au sein de son Parti (PDPA), tuant 500 membres, et prend très vite ses distances avec l'URSS, au profit de la Chine, de l'Iran et du Pakistan... tandis qu'il fait régner sur le pays une véritable Terreur rouge, tuant 40 000 personnes en trois mois (plus de 400 condamnations à mort quotidiennes) et jetant des dizaines de milliers d'autres en prison. Les estimations varient, mais on a l'idée générale... cet Amin discrédite le communisme, puisqu'il massacre d'autres communistes et commence à se rallier avec le régime criminel du Pakistan. L'URSS décide donc d'intervenir.

Très populaire chez les femmes attachées à leur liberté, et chez certaines minorités persécutées, ethniques notamment, la cause soviétique en Afghanistan ne pouvait vaincre une alliance islamo-américaine plein aux as, aussi brutale qu'elle mais dont le but différait fondamentalement : soumettre la femme en détruisant la dignité de l'homme.
Elle aurait peut-être due se limiter à une opération spécialisée des Spetnaz, lors de cette fameuse intervention Chtorm-333.[/quote]
Répondre

Retourner vers « Île Jules Guesde »