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Ramiro de Maeztu

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<center>Corporación Paraguas – Corporation Parapluie</center>



<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/1/0/3/b/umbrella_corporat...ilentbang-966e07.png.htm][img]http://img1.xooimage.com/files/0/3/b/umbrella_corporat...ilentbang-966e07.png[/img][/url]

"Sabemos lo que estamos haciendo... y tenemos que ir hasta el final. Así lo planeamos, así lo haremos." - "Nous savons ce que nous faisons... et nous devons aller jusqu'au bout. Ainsi nous l'avons planifié, ainsi nous le ferons." (R. de M.)</center>





<center>Ce RP interne au Royaume Canoviste de Numancia est strictement confidentiel et secret. Vous ne pouvez en utiliser aucune information sauf en cas d’accord écrit de ma part par message privé.
Merci de bien vouloir en tenir compte.
</center>
Ramiro de Maeztu

Message par Ramiro de Maeztu »

<center>Chapitre premier : la Cité Virtuelle – Primer capítulo : la Ciudad Virtual</center>


<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/53/7/9/5/m-2822a23.jpg.htm][img]http://img53.xooimage.com/files/1/5/3/m-2822a24.jpg[/img][/url]
Une vue d'artiste du très chic Quartier de Salamanca, à Hispalis (Province d'Hispania), où vivent les deux principaux protagonistes</center>



Vers dix-sept heures quinze, Alejandro de Maeztu se réveilla, encore perturbé par plusieurs cauchemars qui l’avaient hanté toute la journée durant. Parcouru de sueurs froides, il constata que Ramiro n’était plus à ses côtés. Sa place dans le lit était encore chaude et les draps portaient la marque presqu’imperceptible de son corps. Mais le jeune homme, qui devait avoir tout au plus trente-cinq ans, n’entendit aucun bruit d’eau provenir de la salle de bains : l’autre devait déjà être en train de prendre un en-cas devant la télévision. Il sortit du lit en un bond et alla se débarbouiller rapidement. Le miroir de la pièce d’eau refléta à son entrée un homme musculeux, au visage carré parsemé d’une fine barbe qui devait dater de deux jours à peine. Ses yeux étaient d’un vert si clair, presque laiteux et ses cheveux, ni courts, ni longs, d’un noir intense. Il se passa de l’eau sur le visage, se brossa les dents et s’aspergea d’un déodorant dont la forte odeur de musc et d’embruns le trahissait à deux cents mètres. Puis il se vêtit rapidement dans la chambre commune ; toujours habillé de la même façon, il était d’une assez rare élégance dans ses chemises blanches et impeccables et ses costumes sobres, accompagnés de cravates grenat ou noires. Il sortit de la chambre en fixant son imposante montre-bracelet, de fabrication savoisienne, à son poignet.

Dans le salon, sur le canapé, Ramiro de Maeztu, déjà vêtu et préparé depuis une heure, terminait une tasse de café noir en regardant une chaîne d’informations en continu. Il avait mis un polo d’une couleur assez indéfinissable, entre l’écru et le blanc cassé, et un de ces jeans qui ne plaisaient qu’à lui seul. Alejandro allait ouvrir la bouche pour le saluer, mais il n’eut pas le temps de prononcer un seul mot que son compagnon déclara d’un ton monocorde :


Ramiro de M. : Le livreur a apporté tes trois nouveaux costumes de chez Adolfo Domínguez. J’ai appelé la laverie tout à l’heure, Marta passera récupérer tes deux autres ensembles et les rapportera demain matin.

Alejandro de M. : Bonjour, moi aussi ça va bien, merci !


Cette réponse, un brin ironique mais en rien agressive, fut ponctuée d’un sourire étrange adressé à Ramiro, qui ne releva même pas. Alejandro avait l’habitude, contrairement à son compagnon, de ne jamais déjeuner au réveil. Il ne buvait qu’un verre de jus d’orange Don Pascual avant d’enfiler sa veste de costume noire rayée de minces traits blancs et son trois-quarts d’hiver. Dans la foulée, Ramiro de Maeztu s’habilla lui aussi assez chaudement et déposa sa vaisselle dans l’évier. Leur femme de ménage, qui venait chaque jour de huit à seize heures, s’en chargerait le lendemain.

Ils sortirent de leur vaste appartement et Alejandro ferma la porte d’entrée à clefs tandis que Ramiro appuyait sur le bouton de l’ascenseur. La lumière tamisée du couloir venait d’être allumée : il devait déjà être six heures, tout du moins à en juger par la nuit qui était tombée sur la métropole. L’ascenseur arriva au sixième étage, déclamant de sa douce voix féminine : « Sexto piso ». Les portes s’ouvrirent et la cage d’ascenseur avala le couple, qui descendit vers le premier sous-sol. Mais, à peine un étage fut-il passé que la machine s’arrêta : « Cuarto piso ».


Alejandro de M. : Bonsoir à vous, Madame Avellaneda. Vous allez bien ?

Josefina Avellaneda : Parfaitement, et vous, Monsieur de Maeztu ? Vous allez au travail, comme d’habitude ?

Alejandro de M. : Comme d’habitude, Madame Avellanada.


De son côté, Ramiro ne pipait mot. Il était foncièrement taciturne et n’appréciait en rien cette dame d’un âge respectable (sans doute cinquante-cinq ans) qu’il prenait pour une commère vulgaire malgré ses magnifiques tailleurs et ses parures aussi élégantes que discrètes. Cette dernière, qui ne ressentait non plus aucune affection pour le jeune homme de vingt-deux ans ; en revanche, elle appréciait beaucoup son époux, plus affables, plus chaleureux. Plus numancien, en somme. Elle sortit au rez-de-chaussée, tandis que les deux hommes attendirent le premier sous-sol, où était garée leur grande berline noire. Une SNAT Nicolasol, bien entendu.
Alejandro de Maeztu s’installa comme d’habitude au volant (son compagnon avait horreur de la conduite, surtout en ville) tandis que Ramiro de Maeztu était déjà connecté sur Internet via sa tablette de dernière génération. Au prix où les employés d’Altavista, Conglomérat National à l’Informatique, aux Réseaux et aux Nouvelles Technologies, pouvaient l’acquérir, il aurait eu tort de s’en priver !

Cela circulait mal dans le quartier de Salamanca, le plus riche quartier d’Hispalis, où ils habitaient, entre les sièges de consortiums et les plus anciens ministères du Numancia. Ils sortirent rapidement de la capitale, néanmoins, en rejoignant en une dizaine de minutes l’avenue Arturo Soria qui menait au boulevard périphérique souterrain M30, autoroute la plus empruntée du pays. D’Hispalis, l’on rejoignait rapidement la banlieue proche puis les bourgades de la banlieue lointaine et enfin la campagne de la Province d’Hispania, où les huertas de fruits et les champs de blé s’étendaient à perte de vue entre les villages et villes modestes qui caractérisaient le Royaume.

Alejandro de Maeztu prit la sortie 23 en direction de la bourgade de Riofrío del Llano mais, au lieu d’entrer dans le bourg proprement dit, il bifurqua à hauteur d’un panneau qui indiquait « Ciudad Virtual Altavista-Manganesia ». Rapidement, le véhicule parvint à hauteur de la fameuse Cité Virtuelle, dont il existait dix exemplaires en tout et pour tout dans le pays. Conçues comme un ensemble de bureaux, laboratoires et manufactures, ces Cités Virtuelles étaient réservées aux seuls employés de l’un des deux conglomérats aux nouvelles technologies. L’on y travaillait, y pensait, s’y réunissait, y mangeait, y dormait, y vivait Altavista-Manganesia. Tout dans cette véritable métropole « privée » était surveillé, électronique, évoquait le futur tant promis au-dessus des portiques automatiques pour véhicules qui permettaient d’y entrer.

A hauteur du « péage », Alejandro ouvrit sa vitre et passa son badge dans le lecteur optique. Une voix informatisée lui répondit : « ¡Bienvenido, señor de Maeztu! Usted lleva dos minutos de retraso » Deux minutes de retard sur l’heure habituelle, cela allait. Sur le côté, l’un des membres du service de sécurité, dans son uniforme parfaitement coupé, salua le couple qu’il connaissait bien et qui venait travailler tous les jours, à dix-huit heures trente-cinq. Devant eux, la Cité Virtuelle de Riofrío del Llano s’étendait.


<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/61/d/f/6/t_l-2822a44.jpg.htm][img]http://img61.xooimage.com/files/b/f/d/t_l-2822a45.jpg[/img][/url]
La Cité Virtuelle Altavista-Manganesia de Riofrío del Llano (Province d'Hispania), où travaillent les deux principaux protagonistes</center>
Ramiro de Maeztu

Message par Ramiro de Maeztu »

<center>Chapitre second : le dossier – Segundo capítulo : el expediente</center>


<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/52/4/3/1/dossier-2826cac.jpg.htm][img]http://img52.xooimage.com/files/7/1/b/dossier-2826cad.jpg[/img][/url]
Des rapports d’analyses et d’expériences par centaines pour un programme aussi ambitieux que confidentiel…</center>



A dix-huit heures cinquante, la berline garée sur une place de stationnement prévue à cet effet, Alejandro et Ramiro de Maeztu pénétrèrent dans le bâtiment « Añil » (« Turquoise »), qui comptait de très nombreux laboratoires électroniques, des salles de recherche et des salons de conférence sur plusieurs étages. En passant dans le hall d’accueil, les deux hommes saluèrent d’un simple mouvement de tête la réceptionniste, une certaine Juana « tout court » (ils n’avaient jamais appris son nom de famille). La jeune femme n’avait jamais compris pourquoi les deux chercheurs s’étaient mariés. Qu’y avait-il de commun entre eux ? Rien, pas même physiquement : Ramiro était plus petit et plus frêle qu’Alejandro, qui a sa stature imposante ajoutait une importante musculature développée elle ne savait commun. Dans les brèves discussions qu’elle avait eues avec l’un ou l’autre, lors de pauses café ou cigarette, dans le parc adjacent au bâtiment, elle avait découvert que le plus jeune des deux avait toujours rêvé de devenir scientifique et était passionné depuis sa plus tendre enfance par le monde de l’informatique et des nouvelles technologies. Le plus âgé, quant à lui, une fois son baccalauréat littéraire en poche, avait erré de facultés en facultés, profitant du décloisonnement le plus total qui existe dans le système universitaire numancien. Il avait fini par atterrir, à vingt-cinq ans passés, dans le département d’Ingénierie Electronique Supérieure de l’Université Royale Canoviste d’Hispalis (Province d’Hispania). De fil en aiguille, il avait décroché sa licence, puis sa maîtrise et avait été embauché à trente-et-un ans par le géant de l’informatique du pays. Ramiro avait toujours su ce qu’il voulait et allait droit au but, comme pour compenser un physique charmant mais fragile; Alejandro papillonnait sans complexe, sûr de lui et de son charisme naturel. Et, malgré les apparences, c’était le plus faible des deux qui s’avérait souvent le plus fort, coupant la parole, imposant ses vues, n’admettant presque jamais la réplique, méprisant tout et tout le monde dans une sorte de misanthropie cynique et désabusée. Alejandro, au contraire, était plus diplomate, plus avenant ; souriant, charmeur, il savait enjôler juste ce qu’il fallait pour obtenir le strict nécessaire. Mais Juana avait vite compris que le plus amoureux des deux n’était pas forcément celui que l’on croyait.
En entrant dans l’ascenseur du bâtiment, Ramiro de Maeztu remarqua que l’employée écoutait sur une quelconque fréquence radiophonique un étrange titre hispanophone qu’il n’avait jamais entendu auparavant. Il disait en substance dans son refrain : « Ton indifférence ne me touche pas, je peux très bien me passer de toi… » Alejandro, de son côté, ne prêta même pas attention à cette ritournelle mélancolique : il ne s’était jamais senti l’âme d’un mélomane. Il se contenta d’appuyer sur le bouton qui menait au troisième sous-sol une fois les portes de la cage refermées ; il avait pris soin, auparavant, d’insérer un code dans le panneau de contrôle situé en-dessous des touches métalliques numérotées. Les précautions mises en place pour éviter l’espionnage industriel étaient multiples et toujours plus fortes dans la firme ; une vraie paranoïa s’était emparée de l’entreprise depuis qu’elle s’était largement étendue à l’étranger. La voix de synthèse de l’ascenseur finit par déclamer, monocorde : « Tercer sótano ».
En s’ouvrant, les portes découvrirent un vaste sas blanc, illuminé à l’excès, condamné par un système électronique qui exigeait des empreintes digitales valables. Comme à l’accoutumée, c’est Alejandro de Maeztu qui passa en premier, suivi de près par son époux, qui n’avait pas changé d’expression faciale depuis leur départ d’Hispalis. Imperturbable, il salua plusieurs employés du laboratoire qui, tantôt en blouse blanche, tantôt en costume, s’affairaient dans les couloirs, discutaient, riaient aux éclats, couraient remettre un dossier ou rentraient chez eux après une dure journée de labeur. Arrivés à hauteur d’un bureau aux murs vitrés transparents, les deux jeunes hommes s’arrêtèrent ; le plus âgé frappa à la porte et entra aux côtés du plus jeune. A l’intérieur, une femme à l’âge indéfinissable (peut-être avait-elle cinquante ans ?) était au téléphone ; elle fit signe aux deux invités de s’assoir à son bureau, les saluant d’un hochement de tête. Elle conversait avec un ami ou un parent proche, d’après le contenu et le ton de sa discussion. Au bout de dix minutes, elle finit par raccrocher. Elle sourit alors aux deux hommes, particulièrement à Ramiro, qu’elle avait toujours considéré comme son « petit protégé ».

Cristina de Tomás : Eh bien, comment allez-vous, aujourd’hui ?
Ramiro de M. : Formidablement bien, merci, Cristina.
Alejandro de M. : Nous avons fini d’éplucher le dossier. Il est… éloquent.
Ramiro de M. : Eloquent dans l’échec, c’est le moins que l’on puisse dire. Comment pouvons-nous être aussi loin des résultats attendus après déjà un an et demi de travail acharné ?
Cristina de Tomás : N’est-ce pas pour répondre à cette question que vous êtes grassement payés ?
Ramiro de M. : Un peu de sérieux, Cristina, jouons cartes sur table : qu’est-ce qui a merdé exactement ?
Cristina de Tomás : L’endorphine était une mauvaise idée, définitivement. Et nous n’avons pas les bons composants, cela crève les yeux.
Alejandro de M. : Même l’utilisation massive de morphine n’a rien donné ?
Cristina de Tomás : Tu as bien lu le rapport complémentaire ? Cela a été d’une rare inefficacité.

Alejandro avait toujours ressenti une profonde attirance pour cette femme d’un âge certain ; il ne s’agissait pas d’un désir physique, tant s’en fallait. Il était plutôt fasciné par son assurance et sa droiture, lesquelles étaient dénuées de la froideur que démontrait (presque) toujours Ramiro. Non pas qu’il en manquât, mais il se trouvait trop chaleureux, passait pour un donjuan à tous les coups alors que la séduction qu’il exerçait n’était qu’intellectuelle. Evidemment, face à l’impassibilité de son compagnon, Alejandro passait pour un joyeux drille ; mais ce n’était souvent qu’une façade : Ramiro de Maeztu était un jeune homme qui séparait strictement le cadre de la détente de celui du travail. Rien ne pouvait franchir cette cloison qui était l’un des aspects qui avait tant plu à Alejandro.
Perdu dans ses pensées, ce dernier ne remarqua même pas que Cristina et son époux discutait sur le projet commun. Plusieurs obstacles s’étaient présentés dans les recherches capitales que menait cette équipe d’Altavista-Manganesia ; Ramiro se sentait épié depuis quelques temps et avait peur qu’un espion un peu malin ne filât le couple. Il avait aussi identifié un autre personnage un peu trop curieux qu’il fallait éliminer : la survie de l’unité de recherche en dépendait. La conversation à trois dura encore trois quarts d’heure, puis les deux jeunes hommes prirent congé de leur directrice. Avant de partir, Alejandro la complimenta sur sa nouvelle perruque blonde qui lui allait à merveille ; il savait que ce petit mot ferait plaisir à Cristina, qui était captivée par l’univers du déguisement et du maquillage. Elle lui décocha un sourire complice en retour. Après le départ de ses deux collègues, la chercheuse imprima une fiche d’identité à partir de sa base de données informatisée et la glissa dans une enveloppe vierge. Elle rédigea une brève missive l’accompagnant : « Mon cher ami, comme convenu, voici l’identité complète de l’intrus que nous suspectons d’espionnage passif depuis plusieurs mois. Son élimination est une question de vie ou de mort. Il ne doit pas passer la semaine. » Elle plia la lettre en trois, l’inséra dans l’enveloppe, ferma cette dernière et en frappa le revers du sceau de la Corporación Paraguas.


<center> [url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/63/8/f/d/g-28270af.jpg.htm][img]http://img63.xooimage.com/files/b/7/3/g-28270b0.jpg[/img][/url]
Cristina de Tomás, la directrice de l’équipe de recherche Altavista-Manganesia dont font partie les deux protagonistes</center>
Ramiro de Maeztu

Message par Ramiro de Maeztu »

<center>Chapitre troisième : de retour à la maison – Tercer capítulo : de vuelta a casa</center>


<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/41/1/6/e/2ugz3bp-28515cf.jpg.htm][img]http://img41.xooimage.com/files/8/1/4/2ugz3bp-28515d0.jpg[/img][/url]
Le salon de l’appartement d’Alejandro et Ramiro de Maeztu, dans le quartier chic de Salamanca, à Hispalis (Province d’Hispania)</center>


Alejandro de Maeztu, qui était parti se promener en ville et aller boire un café seul, revint ce jour-là vers quatorze heures trente. Le couple avait pris dix jours de congé et il devait partir le lendemain en vacances, sans doute du côté d’Ademtown, au Royaume du Thorval, l’une de leurs destinations préférées. Ramiro, de son côté, après avoir préparé les valises, s’était assoupi sur l’un des deux canapés du salon. Il avait commencé à lire le dernier romain qu’il avait commandé en ligne, un ouvrage d’un certain Jean Genêt, un auteur savoisien, intitulé Querelle. Le livre était posé sur la table, la dernière page lue dument signalée par un marque-page, et le jeune homme s’était endormi sur le ventre. Il était régulièrement et légèrement soulevé par le mouvement de sa respiration. Alejandro remarque qu’il n’avait même pas pris la peine d’ôter sa dernière paire de chaussures et le déchaussa en prenant garde de ne pas le réveiller. Mais Ramiro avait le sommeil aussi léger qu’une plume et s’éveilla brusquement ; il sursauta, surpris par la présence de son compagnon, et s’assit contre l’accoudoir.

Alejandro de M. : (avec un grand sourire) Tu t’étais endormi.
Ramiro de M. : Ta perspicacité est à toute épreuve.

Le jeune homme se leva du sofa et se rendit dans la cuisine, où il sortit un verre d’un placard haut. Il ouvrit le robinet de l’évier et remplit son verre d’eau. Il le but d’une traite et le rinça rapidement. Alejandro, qui était à son tour entré dans la cuisine, arriva par derrière et mit ses mains sur ses hanches.

Ramiro de M. : Que fais-tu donc ?...
Alejandro de M. : Rien, je suis content de te revoir.
Ramiro de M. : On ne s’est pourtant pas quitté il y a bien longtemps…

Soudainement, il sortit de la cuisine, se dirigea vers le bureau commun et en ressortit une lettre à la main. Il la tendit à Alejandro qui se saisit de son coupe-papier et l’ouvrit.

Ramiro de M. : C’est de Cristina, c’est bien ça ?
Alejandro de M. : En effet ; elle nous souhaite de bonnes vacances et nous informe des dernières avancées du programme « Víbora ». Il semblerait que les premiers résultats positifs soient parvenus. Mais il vaut mieux éviter de s’emballer : elle reste évidemment très floue, elle veut nous voir à notre retour d’Ademtown.
Ramiro de M. : A ce sujet, j’ai préparé nos valises. Un taxi passera nous chercher ce soir, vers dix-huit heures ; l’avion décolle à vingt heures mais les réservations électroniques précisent bien qu’il faut être à l’aéroport au moins deux heures à l’avance.
Alejandro de M. : Tu as pris le classeur contenant l’ensemble des résultats et conclusions des essais jusqu’à présent ? Je vais essayer de le potasser durant le voyage.

Ramiro de Maeztu soupira et fusilla son compagnon du regard : il avait horreur d’emporter du travail durant les vacances, d’autant plus que les leurs étaient bien méritées. Il s’empara toutefois du classeur en question et le glissa dans le bagage à main d’Alejandro.

Ramiro de M. : A ce sujet, j’avais pensé à une innovation qui pourrait nous être fort utile. Elle n’a rien de très scientifique à proprement parler, il s’agit plutôt de bon sens et d’organisation.
Alejandro de M. : Je t’écoute.
Ramiro de M. : Pourquoi ne pas constituer, via nos contacts à l’étranger, dans des pays où l’on ne nous refuserait guère cette faveur, une filière qui nous fournirait plus rapidement et plus sûrement ? Pour les aspects juridiques, vu la souplesse du cadre légal de certaines nations, cela ne devrait pas être trop compliqué : un contrat avec une clause de déresponsabilisation totale fera l’affaire.
Alejandro de M. : J’aime ce genre d’idée…

Et le jeune homme se rapprocha de son compagnon pour l’embrasser.

<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/41/4/6/8/2328111215_ed1ef53580-2852af7.jpg.htm][img]http://img41.xooimage.com/files/c/e/3/2328111215_ed1ef53580-2852af8.jpg[/img][/url]
Un terminal à l’Aéroport International Quique de Valdepeñas d’Hispalis</center>
Ramiro de Maeztu

Message par Ramiro de Maeztu »

<center>Chapitre quatrième : dans un restaurant d’Ademtown – Cuarto capítulo : en un restaurante de Ademtown</center>


<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/66/2/1/8/le-noma-elu-meill...173725_l-28dd966.jpg.htm][img]http://img66.xooimage.com/files/e/c/a/le-noma-elu-meill...173725_l-28dd967.jpg[/img][/url]
Le Noma, meilleur restaurant d’Ademtown et de tout le Royaume du Thorval, où se rendent les deux protagonistes</center>

A. de Maeztu : Je pense que je vais prendre un kjøtakker, et toi ?

Ramiro de Maeztu reposa le menu sur la table et voulut sortir une cigarette, mais son compagnon lui rappela que fumer dans un lieu public était interdit au Thorval, tout comme au Numancia. Il se contenta de montrer le nom (imprononçable) de la salade dont il se contenterait : une krabbefad. Ils étaient depuis trois jours dans la capitale du royaume nordique et aimaient à se promener dans les rues de la vieille ville médiévale. Ils appréciaient particulièrement les monuments religieux qui parsemaient ce quartier plein de charme, de cachet et d’authenticité. Ils avaient aussi visité la toute nouvelle cité vaticane, superbe et d’aspect antique malgré son caractère très récent, ainsi que le musée royal, plus riche pinacothèque du pays. Mais cela ne semblait pas satisfaire Ramiro de Maeztu, qui pestait comme à l’accoutumée contre tout et s’enterrait de plus en plus dans un mutisme que son compagnon ne connaissait que trop bien. Mais alors qu’Alejandro de Maeztu allait ouvrir la bouche, son interlocuteur ne le laissa pas parler et s’exclama :

R. de Maeztu : Ne me regarde pas comme ça, tu sais fort bien que ce n’est pas ce que j’avais envie de voir. L’Aquarium d’Ademtown, la statue de John Ier… Tout cela est bien bel et bon, mais ce n’est pas ce que je veux voir. Nous ne sommes pas des touristes raksasans embourgeoisés et grassouillets, mitraillant de nos appareils photographiques le moindre détail et prenant les Thorvaliens pour des autochtones amusants et follement différents.
A. de Maeztu : Et alors, qu’est-ce que tu veux voir ? Qu’est-ce qui te dériderait, te ferait avoir le sourire ?
R. de Maeztu : Pourquoi crois-tu que, tous les samedis soirs où nous ne travaillons pas, je te traîne dans une bodega où nous finissons la nuit autour d’un spectacle de flamenco, dans les quartiers populaires d’Hispalis ? Pourquoi crois-tu que j’aime flâner non seulement au Musée de la Meseta, mais aussi au marché de la Latina, le dimanche ? Je veux voir l’âme d’un peuple, y compris le mien. Ce n’est pas dans les manifestations qui brillent à Hellington ou à Lyöns que l’on peut découvrir le Pelabssa ou le Quantar. Ce n’est pas dans un restaurant branché d’Ademtown que nous verrons Ademtown.

Alejandro de Maeztu dut reconnaître que son compagnon n’avait pas tort. Mais il pensait lui faire plaisir en lui payant l’un des meilleurs établissements culinaires d’Alméra et du monde, récemment primé par un grand magazine gastronomique numancien. Mais il avait aussi d’autres préoccupations : Cristina de Tomás lui avait envoyé plusieurs courriers électroniques sur sa tablette, notamment pour le tenir au courant des avancées sur la filière makarane, qui semblait en bonne voie. Il n’osait pas en parler à Ramiro, qui avait horreur de discuter travail en vacances, mais il ne put finalement se retenir. Il allait s’exprimer lorsque le serveur arriva. Ce dernier prit les commandes, demanda si ces messieurs désiraient du vin, ce qu’ils refusèrent : à quoi bon aller au Thorval si c’était pour boire un Valdepeñas ou un Priorato ? Peu de temps après être reparti avec son calepin à la main, il revint avec une carafe d’eau puis s’en alla servir d’autres clients.

R. de Maeztu : J’espère que tu as tiré du liquide : les cartes bancaires sont rares au Thorval.
A. de Maeztu : J’ai ce qu’il faut sur moi, ne t’en fais pas, j’ai prévu le coup. Dis voir, je voulais te parler…
R. de Maeztu : Du programme de ce soir ? De la suite du séjour ?
A. de Maeztu : Non, de tout autre chose. J’ai reçu trois messages électroniques de Cristina en trois jours.
R. de Maeztu : Ça va, ça fait une bonne moyenne. Elle s’est moins excitée que d’habitude sur son téléphone portable, même si je me doutais qu’elle ne résisterait pas à l’envie pressante de nous écrire et de nous gâcher nos vacances. Allez, dis-moi tout.

Alejandro de Maeztu allait ouvrir la bouche pour lui expliquer l’état des choses mais il n’eut pas le temps d’articuler le moindre mot que son interlocuteur se saisit de sa tablette et appuya sur l’écran tactile pour entrer dans sa boîte postale électronique. Le jeune homme réagit comme à l’accoutumée : il décocha un grand sourire et plaisanta.

A. de Maeztu : Ne te gêne pas, surtout ! Heureusement que nous sommes censés tout partager dans le cadre du mariage, sinon, je pourrais porter plainte contre toi.
R. de Maeztu : Tu n’oserais pas, voyons… Je vois que la filière makarane commence à s’animer tout doucement, c’est bien. Dans combien de temps penses-tu que nous pourrons l’exploiter correctement ? Au retour des vacances ?
A. de Maeztu : Cela m’étonnerait fort. Il faudra encore attendre jusqu’en juin au moins pour que nous soyons totalement couvert d’un point de vue juridique.
R. de Maeztu : Eh bien, en attendant, profitons de vacances bien méritées !

Ils trinquèrent avec leur simple verre d’eau. L’avenir semblait se découvrir enfin de ces vilains nuages : l’Opération Víbora pourrait rapidement reprendre.



<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/70/5/3/4/copenhague-2-28df2d6.jpg.htm][img]http://img70.xooimage.com/files/f/8/0/copenhague-2-28df2d7.jpg[/img][/url]
Un parc d’attractions d’Ademtown, capitale du Thorval, où se déroule l’action de ce quatrième chapitre…</center>
Ramiro de Maeztu

Message par Ramiro de Maeztu »

<center>Chapitre cinquième : un appui inattendu – Quinto capítulo : un apoyo inesperado</center>


<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/8/1/b/a/resident_evil_01-260229.jpg.htm][img]http://img2.xooimage.com/files/9/1/a/resident_evil_01-193b42c.jpg[/img][/url]
Le symbole apposé sur la plupart des portes du laboratoire souterrain de la Cité Virtuelle Altavista-Manganesia de Riofrío del Llano (Province d'Hispania)</center>



Cristina de Tomás avait promis à Alejandro et Ramiro de Maeztu de leur présenter une personne qui serait capable de les aider à mener à bien leur projet. Tous deux s'étaient alors montrés plus que sceptiques et la pensée de cette mystérieuse aide extérieure avait occupé leur trois derniers jours de vacances à Ademtown, au Royaume du Thorval. Depuis le coup de fil de la directrice de l'Opération Víbora, le plus âgé des deux, Alejandro, n'en dormait presque plus. Il tenait, tout comme son compagnon, beaucoup au bon déroulement de leurs recherches. Mais Ramiro était moins communicatif, plus renfermé que son alter ego. Il parlait peu de leurs travaux, surtout lorsqu'ils étaient en villégiature à l'étranger, et rien ne venait jamais troubler son sommeil. Quel que fût le temps qu'il avait passé dans les bras de Morphée, il se réveillait dans une forme olympique, bien que son visage fût fermé et renfrogné, comme à l'accoutumée. Inversement, quel que pussent être ses soucis présents, il tenait à ne pas modifier ses habitudes. Il mangeait, lisait, regardait la télévision, naviguait sur la toile, remplissait des formulaires, discutait ou dormait comme si le monde vivait toujours dans une parfaite normalité. L'univers extérieur n'avait pas de prise sur lui, ce qu'avait remarqué Alejandro dès leur première rencontre.

Il s'en souvenait d'ailleurs très bien : c'était un 7 juillet, en plein été. Il faisait très chaud sur Hispalis, comme toujours. Le soleil était à son zénith et, au premier étage du Café Heladitos, dans la Rue du Banc de Sable, Ramiro avait commandé un fondant au chocolat et un jus d'orange pressé. Tous les jeudis après-midi, lorsque son emploi du temps le lui permettait, il quittait l'Université Royale Canoviste, située dans le quartier de Moncloa, pour se diriger vers cet établissement très couru du centre historique de la ville, à deux pas de la Puerta del Sol. Il aimait particulièrement le métropolitain de la capitale numancienne et attendait avec impatience ce mélange de voix masculine et féminine qui allait annoncer, quelques instants plus tard, la station en approche : "Próxima estación : Sol - Correspondencia con : líneas uno y tres". Puis elle allait ajouter : "¡Atención! Estación en curva. Al salir, tengan cuidado para no introducir el pie entre coche y andén." C'est alors qu'Alejandro monta à l'étage du café, avec son plateau, accompagné d'une amie de longue date.

C'est à cette première rencontre qu'il pensait d'ailleurs en entrant dans l'ascenseur du rez-de-chaussée du bâtiment « Añil ». En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, les deux jeunes hommes arrivèrent au sous-sol des laboratoires. Au bout du couloir, Cristina de Tomás les attendait, souriante. Elle avait hâte de leur dévoiler l'identité de sa petite surprise, cet appui institutionnel si important qu'elle allait leur fournir. Elle embrassa avec profusion Alejandro et salua plus cordialement que d'habitude Ramiro. L'on sentait une grande impatience et une réjouissance peu commune dans ses gestes. Elle les conduisit vers son bureau. Elle en avait fermé les stores, ce qui empêcha les deux hommes de voir la personne qui y était présente avant d'y entrer. Mais le plus âgé des deux ne put contenir son cri de surprise en pénétrant dans la pièce.


Alejandro de M. : Vous ?
Ana G. S. : Moi-même ! A qui vous attendiez-vous à voir, Monsieur de Maeztu ? Le Messie ?


<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/67/3/a/b/1251798166_0-298e4d1.jpg.htm][img]http://img67.xooimage.com/files/c/6/f/1251798166_0-298e4d2.jpg[/img][/url]
C'était au Café Heladitos de la Rue du Banc de Sable, en plein cœur historique, qu'Alejandro avait vu Ramiro pour la première fois</center>
Ramiro de Maeztu

Message par Ramiro de Maeztu »

<center>Chapitre sixième : un mois d'octobre torride – Sexto capítulo : un mes de octubre bochornoso</center>


<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/72/b/b/5/gran_via_noche-2bab50d.jpg.htm][img]http://img72.xooimage.com/files/d/1/a/gran_via_noche-2bab50e.jpg[/img][/url]
La Gran Vía, l'une des artères symboliques et mythiques d'Hispalis (Province d'Hispania), la nuit où les deux protagonistes dînent dans un restaurant</center>



L'été était certes terminé au Royaume Canoviste de Numancia, comme dans tout l'hémisphère nord, mais la canicule estivale se poursuivait largement dans tout le pays. C'était surtout la moitié méridionale, en-dessous d'une ligne Filipina-Parpadeas, qui était touchée par cet automne torride, même si le Nord, malgré des températures légèrement moindres, était lui aussi concerné. Sans parler de la Province Cisplatine... Ce mois d'octobre, même bien avancé, restait donc caniculaire. Hispalis, la brillante capitale, en profitait et sa vie nocturne était encore plus agitée que d'habitude. A Vallecas, quartier populaire du Sud, les barbecues étaient tous sortis sur les terrasses, dans les patios ou même sur le trottoir. Les voisins bavassaient gaiement et s'offraient volontiers à boire et à manger, dans cette bonne humeur qui caractérise si souvent les Hispaliens en particulier et les Numanciens en général. De mémoire d'habitant de la métropole de douze millions d'habitants, l'on n'avait pas vu un automne aussi chaud depuis celui de 1967, qui avait fait perdurer des températures de vingt degrés jusqu'au 10 novembre.
Les touristes étaient certes moins nombreux que durant l'été, mais beaucoup de retraités ou de personnes aisées profitaient de cette douceur (pour ne pas dire de cette fournaise) inhabituelle pour profiter de vacances en basses saison. Dans le quartier chic de Salamanca, où habitaient Alejandro et Ramiro de Maeztu, les autobus déposaient leur lot de visiteurs et de locaux, les uns avec leur appareil photographique numérique estampillé Altavista, les autres avec leurs pendentifs en forme de croix que portent presque tous les Numanciens et qui surprennent toujours les touristes par leur visibilité. Même Alejandro et Ramiro - surtout eux deux, devrait-on dire - ne sortent jamais sans.
Dans le grand axe historique qui joint l'Avenue d'Alcalá, la Place de Cybèle et la Puerta del Sol, les voitures étaient plus nombreuses qu'à l'accoutumée. Sur la Gran Vía, illuminée par ses néons, ses magasins ouverts jusqu'à deux heures du matin, ses théâtres, ses cinémas et ses restaurants, l'on riait, courait après son autobus, descendait dans une bouche de métropolitain ou payait son addition au serveur.
Dans un petit établissement de haut de gamme qui faisait le coin avec la Rue des Trois Croix, Alejandro et Ramiro dînaient avec leur supérieure hiérarchique directe à Altavista-Manganesia, Cristina de Tomás. Après avoir commandé leur menu et s'être fait apporter leur apéritif (de la liqueur de xérès pour tous les trois), ils purent commencer à parler sérieusement.


R. de Maeztu : J'ai bu de meilleurs xérès, mais l'on fera avec.

A. de Maeztu : Tu es un peu dur, je le trouve tout à fait acceptable, pour ma part.

C. de Tomás : Il est passable de façon générale, mais pas pour un restaurant de ce niveau. Leur cuisine, en revanche, ravira vos papilles, j'en suis certaine. Mais parlons travail, nous sommes là pour ça. Tu m'as cette après-midi, au téléphone, que tu as reçu hier une réponse positive de la part de nos futurs collaborateurs ?

R. de Maeztu : C'est cela même. Regarde, je te passe ma tablette. Tu verras par toi-même, si tu n'as pas trop perdu tes notions en langues étrangères...

C. de Tomás : (Elle lut rapidement ce qu'afficha la tablette Altavista de Ramiro) Je n'ai pas tout saisi (j'ai toujours été moins forte que toi pour les langues) mais l'essentiel y est. Quand cela devrait-il démarrer ?

R. de Maeztu : C'est là que le bât blesse : nous n'en savons encore rien. Nos collaborateurs sont fiables pour à peu près tout, sauf pour les dates...

C. de Tomás : Et de notre côté, nous sommes au point ?



Le serveur passa à ce moment à la table des trois collègues pour apporter les entrées. Une assiette de fromage de La Mancha pour Cristina, une coupe de gaspacho pour Alejandro et une assiette de jambon serrano pour Ramiro. Et une assiette de tapas pour tous les trois.


A. de Maeztu : Nos derniers résultats sont plus que prometteurs. Nous avons repris les expériences de José Delgado selon les conseils qu'il nous avait donné par téléphone. Il a encore toute sa tête malgré son âge et il connaît parfaitement son métier. Nous maîtrisons maintenant le système des impulsions électriques dans le cortex et le lobe pariétal.

R. de Maeztu : Mais nous ne savons pas vraiment si nos avancées en la matière intéresseront nos collaborateurs de marque... Ils ont été très évasifs sur leurs propres expériences et veulent attendre notre première rencontre pour nous révéler l'étendue et le domaine précis de leurs travaux.

C. de Tomás : Ce n'est pas grave. Nos puces électroniques de dernière génération nous seront utiles pour plus d'un usage. Vous savez dans tous les cas que je ne pourrai pas vous accompagner à votre rendez-vous, quelle que soit la date à laquelle il aura lieu. Je dois rester ici, en "agent de liaison", auprès de Doña Ana. Elle compte beaucoup sur vous, néanmoins.

R. de Maeztu : Elle m'a fait une très forte impression lors de notre rencontre, à Riofrío del Llano. Et elle maîtrise elle aussi son sujet. Et tu sais très bien à quel point je déteste faire des compliments. Jamais je n'aurais imaginé une Ministre de l'Économie aussi impliquée et experte.

A. de Maeztu : Sois tranquille, en tout cas, Cristina : la rencontre n'aura sûrement pas lieu avant novembre. Nous prendrons une journée de congés au soleil, sans doute en Province Cisplatine. Et nous reviendrons en pleine forme pour prendre l'avion à Hispalis.

C. de Tomás : A moins que nos collaborateurs se déplacent, même si c'est douteux. Nous n'en savons rien, après tout.

R. de Maeztu : Pour tout résumer, Cristina, nous ne savons rien sur rien, sauf que nous allons peut-être changer le monde pour les siècles à venir... Mais en attendant, mangeons. Je n'ai pas envie que nous soyons en retard pour notre séance de cinéma. J'ai hâte de voir Le Moine.



<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/69/0/f/3/ricon_yelmo--253x190-2bab73e.jpg.htm][img]http://img69.xooimage.com/files/0/f/3/ricon_yelmo--253x190-2bab73e.jpg[/img][/url]
Le complexe cinématographique Yelmo, où les protagonistes se rendront après leur dîner</center>
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