10/05/2014
Il aura fallut le temps mais nous y sommes arrivé.
Avec Maï, Duan et d'autres leaders "de terrain", nous avons constitué notre propre faction au sein du Syndicat.
Nous nous sommes accordés sur deux objectifs communs :
Maintenir la capacité d'agression et d'autodéfense du SSP.
Et faire revivre la fibre révolutionnaire et prolétaire du mouvement.
Le désarmement des milices syndicales et la bureaucratisation du Parti finira par laisser le SSP vulnérable face aux mercenaires et à l'armée.
Cela ne doit pas être.
Notre popularité, notre pouvoir et notre influence viennent de nos actions radicales, lesquelles nécessitent une force paramilitaire.
Car, quand on regarde au fond des choses, la diplomatie est au bout du fusil.
Notre action sur les chantiers de la BTP a considérablement ralenti les travaux du pipeline.
Mais son véritable succès est ailleurs.
Premièrement, nous avons réussi à pousser les masses ouvrières à protester contre les inégalités entre eux et les travailleurs Sionvingiens.
Deuxièmement, nous avons montré au peuple Wapongais que le SSP n'était plus aussi uni et monolithique qu'il n'en avait l'air.
Il y a les dirigeants, des élites politiciennes engraissées par la sueur de leurs partisans mais qui ont oublié le fondement du communisme.
Ils pronent un socialisme hybride et nationaliste, plus proche de la Solidarité soit-disant Volontaire des Vieks que du Kirovisme véritable.
Et il y a la base.
Les soldats de la Révolution, donnant leur sang et leur jeunesse pour un monde meilleur et plus juste.
Un monde international, où chaque homme sera frère et où les peuples seront unis dans un totalitarisme volontaire pour atteindre la Rédemption.
De belles conneries, sans doute, mais il faut bien croire en quelque chose, même si le cynisme nous dévore.
Nous allons poursuivre notre travail, afin d'exposer encore d'avantage cette division et délégitimiser le Secrétariat Général du Syndicat.
Et lorsque le moment sera propice, nous frapperons.
La seule inconnue reste le Kirep.
S'il n'apprécie pas notre petite révolution de palais, le SSP perdra son principal sponsor.
Nous n'y survivrons pas.
Sergio Vargas
[RP 2012 - 2019] Journal d'un Cubalivien au Wapong
-
Johel3007
14/12/2014
"-Et maintenant, Camarade ?"
Considérant un instant la question du jeune mineur, Sergio tira une bouffée sur son cigare.
Enfin... "son" cigare, c'était surtout celui du contre-maitre dont on avait emporté le cadavre quelques minutes plutôt.
L'homme avait du goût et s'il n'avait pas été un chien au service des oppresseurs bourgeois, lui et Sergio auraient sans doute pu s'entendre.
Mais bon... il savait à quoi il s'engageait le jour où il avait signé, pas vrai ?
Le Cubalivien souffla la fumée et se tourna vers l'adolescent qui, un manche de pioche entre les mains, attendait toujours une réponse.
"-Maintenant, ça dépend.
Toi, Camarade, tu vas à ton poste, avec les autres.
Ne laissez entrer personne et écartez les gêneurs.
Soyez forts et intraitables. Sans cela, l'UMW ne pliera pas face à vos demandes.
Demande à la Camarade Maï, elle te donnera une vrai arme.
Et n'oublie pas : c'est l'ensemble des travailleurs du Wapong qui a les yeux fixer sur nous !!"
Le gosse sembla se satisfaire de la réponse, bombant même le torse de fierté en entendant la dernière phrase de Sergio.
Il hocha la tête avant de rallier une vingtaine d'autres mineurs et d'avancer vers la sortie du tunnel.
Sortant de l'ombre, un wapongais en treilli, à la stature courte mais musclée, s'avança vers le Cubalivien.
"-Tu crois qu'ils ont une chance ?"
"-Aucune, tu le sais bien.
Dès que les grands pontes apprendront l'arrêt du travail, il leur faudra moins de quelques heures pour réagir.
Mais en attendant, ils feront diversion.
Comment ça progresse, de ton coté ?"
"-On en est à un peu plus de 10 tonnes, le tout chargé dans les wagons et prêt à être évacuer dès que Maï confirmera que la sécurité est out.
Tu es sûr qu'IL acceptera la transaction ?
J'veux dire... IL ne prendra peut être pas le risque de se brouiller avec Xi Fu et les autres inutiles. C'est encore eux qui tiennent les rènes, non ?"
"-IL est assez malin que pour sentir le vent tourné. Et sinon, on a d'autres acheteurs.
Les Tarnois, les Lynchakiens, les Javanais, les Irankiens... c'est pas comme si le monde manquait de salopards mégalomanes."
Duan resta silencieux un instant, comme pour préparer une réplique.
Il laissa finalement tombé, activant son talkiewalkie et crachant quelques mots dans un patois wapongais.
Il reçut une réponse tout aussi claire pour Sergio, lequel interrogea du menton le Wapongais.
"-Tout va bien."
Sergio tira une autre bouffée sur le cigare.
Des actions comme celles d'aujourd'hui, il en avait mené un paquet au cours des six derniers mois.
Encourager la révolte sur les chantiers, dans les mines, dans les plantations, dans les ateliers...
Bref, semer le chaos et forcer la confrontation entre patronat et travailleurs.
Tout cela sans consulter le Secrétariat Général du Syndicat, afin de prendre de court les cols blancs comme Xi Fu.
Et faire ainsi comprendre aux partisans du Syndicat pour la Solidarité Paysanne que leur leadership officiel était illégitime.
Ils avaient abandonné la voie révolutionnaire au profit de la voie parlementaire, les timoniers du communisme wapongais.
Mais aujourd'hui, il n'était pas seulement question de semer la discorde.
Si Sergio, Maï, Duan et une cinquantaine de fidèles avaient investi les mines d'uranium, c'était aussi pour financer leur mouvement.
La farine du Kirep et le pavot du Luveing, ça allait un moment mais on était loin du genre de jackpot nécessaire.
Surtout que le gros des profits allait dans les poches du Secrétariat Général.
C'est pourquoi la cellule "Scorpion", baptisée ainsi en référence au Rovostran, avait besoin de fonds indépendants.
La revente du minerai d'uranium qu'ils voleraient aujourd'hui serait un premier pas dans cette direction.
Quant à la lutte ouvrière qui se jouait ici, maintenant, si Sergio la trouvait noble et louable, elle n'était qu'une escarmouche servant la Cause.
Pas une fin en soit. Les participants étaient un sacrifice nécessaire vers l'édification d'un socialisme international, tel que prôné jadis par Kirov.
Et aujourd'hui par Gak.
"-Ouais... Gak..."
Le talkiewalkie grésilla.
[...]"-Vargas-sama !! Ils arrivent !!"
"-Nombreux ? Bien armés ?"
[...]"-Une centaine... pas d'armes à feu visibles... Peut être qu'ils viennent pour parlementer ?"
Silence. Là-haut, ils attendaient ses ordres.
[...]"-Vargas-sama ? Vous me recevez ? On fait quoi ?"
Sergio se tourna vers Duan.
Le Wapongais appella dans sa propre radio.
"-Maï, Au rapport !!"
[...]"-La voie est libre. Deux blessés. Aucun morts... enfin, chez nous.
Les camions vous attendent, Camarades."
Le guérillero écrasa son cigare sous sa botte avant de vérifier le chargeur de sa Gigakov.
La culasse claqua, faisant résonner un écho métalique à travers la gallerie.
"-Ok, Duan, dis à tes gars de se magner. On décroche."
Alors que le groupe progressait, le grésillement reprit à la radio de Sergio.
[...]"-V... Vargas-sama ? Ils... Je pense pas qu'ils soient là pour négocier. Vous êtes là ? On va vraiment avoir besoin de vous !!"
Vargas coupa le talkiewalkie.
Énervant babillage...
"-Et maintenant, Camarade ?"
Considérant un instant la question du jeune mineur, Sergio tira une bouffée sur son cigare.
Enfin... "son" cigare, c'était surtout celui du contre-maitre dont on avait emporté le cadavre quelques minutes plutôt.
L'homme avait du goût et s'il n'avait pas été un chien au service des oppresseurs bourgeois, lui et Sergio auraient sans doute pu s'entendre.
Mais bon... il savait à quoi il s'engageait le jour où il avait signé, pas vrai ?
Le Cubalivien souffla la fumée et se tourna vers l'adolescent qui, un manche de pioche entre les mains, attendait toujours une réponse.
"-Maintenant, ça dépend.
Toi, Camarade, tu vas à ton poste, avec les autres.
Ne laissez entrer personne et écartez les gêneurs.
Soyez forts et intraitables. Sans cela, l'UMW ne pliera pas face à vos demandes.
Demande à la Camarade Maï, elle te donnera une vrai arme.
Et n'oublie pas : c'est l'ensemble des travailleurs du Wapong qui a les yeux fixer sur nous !!"
Le gosse sembla se satisfaire de la réponse, bombant même le torse de fierté en entendant la dernière phrase de Sergio.
Il hocha la tête avant de rallier une vingtaine d'autres mineurs et d'avancer vers la sortie du tunnel.
Sortant de l'ombre, un wapongais en treilli, à la stature courte mais musclée, s'avança vers le Cubalivien.
"-Tu crois qu'ils ont une chance ?"
"-Aucune, tu le sais bien.
Dès que les grands pontes apprendront l'arrêt du travail, il leur faudra moins de quelques heures pour réagir.
Mais en attendant, ils feront diversion.
Comment ça progresse, de ton coté ?"
"-On en est à un peu plus de 10 tonnes, le tout chargé dans les wagons et prêt à être évacuer dès que Maï confirmera que la sécurité est out.
Tu es sûr qu'IL acceptera la transaction ?
J'veux dire... IL ne prendra peut être pas le risque de se brouiller avec Xi Fu et les autres inutiles. C'est encore eux qui tiennent les rènes, non ?"
"-IL est assez malin que pour sentir le vent tourné. Et sinon, on a d'autres acheteurs.
Les Tarnois, les Lynchakiens, les Javanais, les Irankiens... c'est pas comme si le monde manquait de salopards mégalomanes."
Duan resta silencieux un instant, comme pour préparer une réplique.
Il laissa finalement tombé, activant son talkiewalkie et crachant quelques mots dans un patois wapongais.
Il reçut une réponse tout aussi claire pour Sergio, lequel interrogea du menton le Wapongais.
"-Tout va bien."
Sergio tira une autre bouffée sur le cigare.
Des actions comme celles d'aujourd'hui, il en avait mené un paquet au cours des six derniers mois.
Encourager la révolte sur les chantiers, dans les mines, dans les plantations, dans les ateliers...
Bref, semer le chaos et forcer la confrontation entre patronat et travailleurs.
Tout cela sans consulter le Secrétariat Général du Syndicat, afin de prendre de court les cols blancs comme Xi Fu.
Et faire ainsi comprendre aux partisans du Syndicat pour la Solidarité Paysanne que leur leadership officiel était illégitime.
Ils avaient abandonné la voie révolutionnaire au profit de la voie parlementaire, les timoniers du communisme wapongais.
Mais aujourd'hui, il n'était pas seulement question de semer la discorde.
Si Sergio, Maï, Duan et une cinquantaine de fidèles avaient investi les mines d'uranium, c'était aussi pour financer leur mouvement.
La farine du Kirep et le pavot du Luveing, ça allait un moment mais on était loin du genre de jackpot nécessaire.
Surtout que le gros des profits allait dans les poches du Secrétariat Général.
C'est pourquoi la cellule "Scorpion", baptisée ainsi en référence au Rovostran, avait besoin de fonds indépendants.
La revente du minerai d'uranium qu'ils voleraient aujourd'hui serait un premier pas dans cette direction.
Quant à la lutte ouvrière qui se jouait ici, maintenant, si Sergio la trouvait noble et louable, elle n'était qu'une escarmouche servant la Cause.
Pas une fin en soit. Les participants étaient un sacrifice nécessaire vers l'édification d'un socialisme international, tel que prôné jadis par Kirov.
Et aujourd'hui par Gak.
"-Ouais... Gak..."
Le talkiewalkie grésilla.
[...]"-Vargas-sama !! Ils arrivent !!"
"-Nombreux ? Bien armés ?"
[...]"-Une centaine... pas d'armes à feu visibles... Peut être qu'ils viennent pour parlementer ?"
Silence. Là-haut, ils attendaient ses ordres.
[...]"-Vargas-sama ? Vous me recevez ? On fait quoi ?"
Sergio se tourna vers Duan.
Le Wapongais appella dans sa propre radio.
"-Maï, Au rapport !!"
[...]"-La voie est libre. Deux blessés. Aucun morts... enfin, chez nous.
Les camions vous attendent, Camarades."
Le guérillero écrasa son cigare sous sa botte avant de vérifier le chargeur de sa Gigakov.
La culasse claqua, faisant résonner un écho métalique à travers la gallerie.
"-Ok, Duan, dis à tes gars de se magner. On décroche."
Alors que le groupe progressait, le grésillement reprit à la radio de Sergio.
[...]"-V... Vargas-sama ? Ils... Je pense pas qu'ils soient là pour négocier. Vous êtes là ? On va vraiment avoir besoin de vous !!"
Vargas coupa le talkiewalkie.
Énervant babillage...
-
Johel3007
[img]https://s32.postimg.org/n1szjd31h/bionic_eye.jpg[/img]
30/05/2030
Sergio se faisait vieux. En ce début d’hiver, la vallée de Wa se couvrait des premières neiges portées depuis les montagnes et il pouvait sentir le froid humide s’attacher à ses vieux os. L’homme restait dans une forme fantastique pour son âge mais même les meilleures machines, à force d’usure, finissaient par grincer au niveau des rouages. Trois opérations récentes avaient permis de remplacer certaines pièces : rotules, col de la hanche droite et même sa main gauche, cette dernière sur amputation volontaire après que tremblements moteurs et arthrite aient ruiné sa visée, pourtant supposée impeccable grâce au traitement de stimulation transcranienne contre les symptômes suspectés d’une possible présence d’un début de parkinson et à la prothèse oculaire qu’il avait reçu voici trois ans déjà. On pouvait dire ce qu’on voulait du Pelabssa, de l’OTH et de leurs laquais capitalistes mais ils avaient apporté de sérieux progrès à la médecine moderne, en particulier en matière d’implants, domaine où les multinationales ayant survécu au Pelabssa avait repris le flambeau. C’est à partir d’un de ces implants qu’il avait enregistré la conversation d’il y a deux jours et se la repassait à présent, dans le confort de son chez-soi.
[quote]
Sergio Vargas
N°3 du Syndicat pour la Solidarité Paysanne
« -…contre la garnison de Kampong. Avec les troubles récents en Eran et dans les grandes villes, le gros des troupes sont mobilisées dans les provinces orientales. »
Sun Loe :
Leadeuse de la LCM
« -C’est une opération risquée, quand même. Mais ce sera une belle manière d’ouvrir les hostilités de façon théâtrale, en montrant notre capacité à atteindre même les places les mieux défendues du Mayong. Et avec l’ampleur de l’aide promise par le Camarade Zan, même une défaite tactique comme celle-là serait négligeable. »
Sergio Vargas
N°3 du Syndicat pour la Solidarité Paysanne
« -Justement, en parlant de cette aide… Camarade Zan, tu me permettras de douter de tes dires. Nos frères ont effectués quelques recherches avant de venir à cette réunion. Tu es le fils d’un marchand, un riche marchand, j’ajouterai même. »
Zan Gon
Représentant de Tian-Guó
« -Camarade Vargas, me reprocherais-tu les fautes de mon père ? Quantité de nos frères ne sont pas issus de pauvres familles de paysans ayant miraculeusement survécu jusqu’à l’âge adulte malgré la misère noire des campagnes tout en grandissant dans les centres éducatifs du Syndicat. La société sans classe que nous voulons érigé doit faire abstraction du passé si elle ne veut pas tomber dans le piège de la ségrégation sociale que nous tentons justement de briser. »
Sergio Vargas
N°3 du Syndicat pour la Solidarité Paysanne
« -Un fils de riche marchand, qui avait repris le commerce de son père et ne l’a tourné à la Confrérie que voici quelques mois à peine avant de rejoindre l’aile modérée de Tian-Guó. Pourquoi donc aurais-tu été choisi comme émissaire par celle-ci, alors que tu t’adresses ici à des radicaux néokirovistes ? Pourquoi le leadership de Tian-Guó, lui-même radical, aurait-il confié de tels fonds à un homme que je soupçonne de n’avoir rejoint leurs rangs que par intérêt personnel ? »
Zan Gon
Représentant de Tian-Guó
« -Comment oses-tu… »
Sun Loe :
Leadeuse de la LCM
« -Camarades !! Je ne tolèrerai pas ce genre d’accusations gratuites !! Il y aura un temps pour l’autocritique de chacun. Mais ce n’est pas ce temps. Camarade Vargas, eut égard pour tes années de lutte avérée pour le Syndicat et la confiance placée en toi par Sœur Shansi, je considérerai les implications de tes paroles mais te prierai à plus de retenue. Camarade Zan, je ne te connais pas et si le bureau de la Confrérie à In-Tao a confirmé ton identité et ton mandat, j’aimerai des détails sur l’origine de ces fonds. »
Zan Gon
Représentant de Tian-Guó
« -Fort bien !! La transparence est le prix de la confiance. Cet argent provient de sources minoritaires au sein de l’Union Rédemptoriste de Rostovie, plus précisément de l’aile radicale du KPR. Il s’agit d’un budget voté en secret par plusieurs membres de ce parti ayant une influence certaine dans l’appareil économique de l’URR et qui détournent une partie des revenus de cet appareil au profit du financement d’actions clandestines visant à combattre le Raksasa et le rapprochement entre Jiyuan et Novgorod, qu’ils voient comme une erreur pour la révolution. »
Sergio Vargas
N°3 du Syndicat pour la Solidarité Paysanne
« -En gros, il s’agit d’argent volé à l’URR par une faction si radicale que même le PKR la désavouerait si elle s’exposait ouvertement. Diplomatiquement délicat mais je reconnais bien là la marque de fabrique du NKRD. J’ai quand même du mal à voir comment une telle somme peut être un investissement profitable pour ces radicaux. »
Zan Gon
Représentant de Tian-Guó
« -Il est leur espoir qu’une révolution réussite au Mayong force le Raksasa à intervenir directement sur place et finalement annexer le Mayong au sein des Provinces-Unies. Cela créerait de vives tensions à beaucoup de niveaux.
D’abord, au sein du KPR, la paranoïa habituelle reprendrait le dessus : on verrait l’action du Raksasa comme un coup monté par Jiyuan en vue d’instrumentaliser le kirovisme comme une menace fictive justifiant l’expansionnisme panraksasan aux yeux des non-kirovistes. La sagesse du maintien d’un soutien à l’alliance de Novgorod et Jiyuan serait reconsidérée car cette alliance semblerait profiter surtout au Raksas sur le plan géopolitique, via une expansion territoriale rapide par phagocytage de tout le Makara. La frange radicale kiroviste gagnerait en influence car même les plus modérés du PKR reconnaissent le danger d’un Raksasa qui absorberait l’Eran, le Mayong, le Wa, le Shankhaï, le Choson, l’Endo puis, peut-être, le Levant, la Roumalie et le Kaiyuan. Un tel scénario changerait le rapport de force entre Novgorod et Jiyuan à un point tel qu’on ne pourrait plus parler d’alliance entre égaux. La Rostovie ne serait que le premier des vassaux de Jiyuan, indépendante pour ses affaires internes mais soumise à la ligne diplomatique de Jiyuan pour ses affaires externes. Inacceptable pour le KPR et même pour le PKP, l’ARF et le SBRM.
De fait, la question deviendrait vite une affaire nationale en Rostovie : le financement de Tian-Guó par l’URR est un secret de polichinelle au Viétché et même ailleurs, seul l’ampleur exacte demeurant inconnue du grand public. Si cela devient public avec des preuves que Tian-Guó aurait financé la Ligue des Communistes du Mayong à hauteur d’un milliards $RAK grâce à des fonds clandestins reçus de l’URR, cela entrainera une condamnation politique officielle du Raksasa… et une demande à l’URR de cesser son ingérence dans les affaires de l’Eran. Cela forcera le Viétché à faire le choix entre un futur Eran communiste et un Raksasa d’un milliard d’habitants… et donc entre soutenir Tian-Guó au prix de son alliance avec Jiyuan ou abandonner Tian-Guó pour sauver cette même alliance.
Il en est beaucoup en Rostovie qui attendent précisément que le Bloc Saratova pour la Rostovie Miriste propose de sacrifier la révolution Eranéenne communiste d’inspiration kirovisto-miriste au profit de la realpolitik. Une occasion pour eux de justifier de tuer politiquement les plus modérés des saratovistes en les dénonçant comme des traitres à l’idéal rédemptoriste. Celui-ci est déjà fortement dénigré par les échecs du système du Mir mais tient bon pour des raisons d’idéologie morale. Raisons qui s’effondreront si la géopolitique nationale est privilégiée à l’idéologie morale. Une manière pour les kirovistes et communistes de reprendre le pouvoir en grignotant les partisans du Bloc Saratova.
La même question s’étendrait ensuite aux alliés Makirans et Barejbaliens du Raksasa : si celui-ci absorbe un ancien allié au premier signe de déloyauté, peut-on parler de nations alliées... ou s’agit-il d’une simple collection d’états tributaires, en permanence menacés d’annexion par des Provinces-Unies transcontinentales dans leurs ambitions ? La dissolution du Pacte de Kanton, c’est la fin des coopérations avec le Raksasa, ce qui affaiblira celui-ci mais, nous l’espérons surtout, facilitera la victoire des révolutions communistes à long terme.
Enfin, le reste des nations pourront voir à quels extrêmes pourrait mener un Raksasa ambitieux et privé d’adversaires crédibles. Face à cette révélation, le ralliement aux idées de la Fiémance sera d’autant plus rapide. Hors, la Fiémance et son G30, si elles pourront protéger leurs membres d’invasion militaire conventionnelle, seront incapables d’empêcher les révolutions populaires que l’Internationale pourra soutenir. »
Sun Loe :
Leadeuse de la LCM
« -… Des radicaux kirovistes rostovs avec peu de légitimité populaire mais de grands moyens économiques veulent que Tian-Guó utilise la révolution du Mayong pour forcer la Rostovie à s’aligner de manière plus tranchée en faveur de Tian-Guó et donc contre le Pacte de Kanton au Makara, ceci dans l’espoir que cela ruine l’alliance entre le Raksasa et la Rostovie tout en créant encore plus d’antagonismes internationaux contre le Raksasa ? »
Zan Gon
Représentant de Tian-Guó
« -C’est comme ça que je le comprends. »
Sun Loe :
Leadeuse de la LCM
« -Je n’aime pas que nous ne soyons que des pions dans le jeu des géants… mais quelle alternative avons-nous ? »
[/quote]
30/05/2030
Sergio se faisait vieux. En ce début d’hiver, la vallée de Wa se couvrait des premières neiges portées depuis les montagnes et il pouvait sentir le froid humide s’attacher à ses vieux os. L’homme restait dans une forme fantastique pour son âge mais même les meilleures machines, à force d’usure, finissaient par grincer au niveau des rouages. Trois opérations récentes avaient permis de remplacer certaines pièces : rotules, col de la hanche droite et même sa main gauche, cette dernière sur amputation volontaire après que tremblements moteurs et arthrite aient ruiné sa visée, pourtant supposée impeccable grâce au traitement de stimulation transcranienne contre les symptômes suspectés d’une possible présence d’un début de parkinson et à la prothèse oculaire qu’il avait reçu voici trois ans déjà. On pouvait dire ce qu’on voulait du Pelabssa, de l’OTH et de leurs laquais capitalistes mais ils avaient apporté de sérieux progrès à la médecine moderne, en particulier en matière d’implants, domaine où les multinationales ayant survécu au Pelabssa avait repris le flambeau. C’est à partir d’un de ces implants qu’il avait enregistré la conversation d’il y a deux jours et se la repassait à présent, dans le confort de son chez-soi.
[quote]
Sergio Vargas
N°3 du Syndicat pour la Solidarité Paysanne
« -…contre la garnison de Kampong. Avec les troubles récents en Eran et dans les grandes villes, le gros des troupes sont mobilisées dans les provinces orientales. »
Sun Loe :
Leadeuse de la LCM
« -C’est une opération risquée, quand même. Mais ce sera une belle manière d’ouvrir les hostilités de façon théâtrale, en montrant notre capacité à atteindre même les places les mieux défendues du Mayong. Et avec l’ampleur de l’aide promise par le Camarade Zan, même une défaite tactique comme celle-là serait négligeable. »
Sergio Vargas
N°3 du Syndicat pour la Solidarité Paysanne
« -Justement, en parlant de cette aide… Camarade Zan, tu me permettras de douter de tes dires. Nos frères ont effectués quelques recherches avant de venir à cette réunion. Tu es le fils d’un marchand, un riche marchand, j’ajouterai même. »
Zan Gon
Représentant de Tian-Guó
« -Camarade Vargas, me reprocherais-tu les fautes de mon père ? Quantité de nos frères ne sont pas issus de pauvres familles de paysans ayant miraculeusement survécu jusqu’à l’âge adulte malgré la misère noire des campagnes tout en grandissant dans les centres éducatifs du Syndicat. La société sans classe que nous voulons érigé doit faire abstraction du passé si elle ne veut pas tomber dans le piège de la ségrégation sociale que nous tentons justement de briser. »
Sergio Vargas
N°3 du Syndicat pour la Solidarité Paysanne
« -Un fils de riche marchand, qui avait repris le commerce de son père et ne l’a tourné à la Confrérie que voici quelques mois à peine avant de rejoindre l’aile modérée de Tian-Guó. Pourquoi donc aurais-tu été choisi comme émissaire par celle-ci, alors que tu t’adresses ici à des radicaux néokirovistes ? Pourquoi le leadership de Tian-Guó, lui-même radical, aurait-il confié de tels fonds à un homme que je soupçonne de n’avoir rejoint leurs rangs que par intérêt personnel ? »
Zan Gon
Représentant de Tian-Guó
« -Comment oses-tu… »
Sun Loe :
Leadeuse de la LCM
« -Camarades !! Je ne tolèrerai pas ce genre d’accusations gratuites !! Il y aura un temps pour l’autocritique de chacun. Mais ce n’est pas ce temps. Camarade Vargas, eut égard pour tes années de lutte avérée pour le Syndicat et la confiance placée en toi par Sœur Shansi, je considérerai les implications de tes paroles mais te prierai à plus de retenue. Camarade Zan, je ne te connais pas et si le bureau de la Confrérie à In-Tao a confirmé ton identité et ton mandat, j’aimerai des détails sur l’origine de ces fonds. »
Zan Gon
Représentant de Tian-Guó
« -Fort bien !! La transparence est le prix de la confiance. Cet argent provient de sources minoritaires au sein de l’Union Rédemptoriste de Rostovie, plus précisément de l’aile radicale du KPR. Il s’agit d’un budget voté en secret par plusieurs membres de ce parti ayant une influence certaine dans l’appareil économique de l’URR et qui détournent une partie des revenus de cet appareil au profit du financement d’actions clandestines visant à combattre le Raksasa et le rapprochement entre Jiyuan et Novgorod, qu’ils voient comme une erreur pour la révolution. »
Sergio Vargas
N°3 du Syndicat pour la Solidarité Paysanne
« -En gros, il s’agit d’argent volé à l’URR par une faction si radicale que même le PKR la désavouerait si elle s’exposait ouvertement. Diplomatiquement délicat mais je reconnais bien là la marque de fabrique du NKRD. J’ai quand même du mal à voir comment une telle somme peut être un investissement profitable pour ces radicaux. »
Zan Gon
Représentant de Tian-Guó
« -Il est leur espoir qu’une révolution réussite au Mayong force le Raksasa à intervenir directement sur place et finalement annexer le Mayong au sein des Provinces-Unies. Cela créerait de vives tensions à beaucoup de niveaux.
D’abord, au sein du KPR, la paranoïa habituelle reprendrait le dessus : on verrait l’action du Raksasa comme un coup monté par Jiyuan en vue d’instrumentaliser le kirovisme comme une menace fictive justifiant l’expansionnisme panraksasan aux yeux des non-kirovistes. La sagesse du maintien d’un soutien à l’alliance de Novgorod et Jiyuan serait reconsidérée car cette alliance semblerait profiter surtout au Raksas sur le plan géopolitique, via une expansion territoriale rapide par phagocytage de tout le Makara. La frange radicale kiroviste gagnerait en influence car même les plus modérés du PKR reconnaissent le danger d’un Raksasa qui absorberait l’Eran, le Mayong, le Wa, le Shankhaï, le Choson, l’Endo puis, peut-être, le Levant, la Roumalie et le Kaiyuan. Un tel scénario changerait le rapport de force entre Novgorod et Jiyuan à un point tel qu’on ne pourrait plus parler d’alliance entre égaux. La Rostovie ne serait que le premier des vassaux de Jiyuan, indépendante pour ses affaires internes mais soumise à la ligne diplomatique de Jiyuan pour ses affaires externes. Inacceptable pour le KPR et même pour le PKP, l’ARF et le SBRM.
De fait, la question deviendrait vite une affaire nationale en Rostovie : le financement de Tian-Guó par l’URR est un secret de polichinelle au Viétché et même ailleurs, seul l’ampleur exacte demeurant inconnue du grand public. Si cela devient public avec des preuves que Tian-Guó aurait financé la Ligue des Communistes du Mayong à hauteur d’un milliards $RAK grâce à des fonds clandestins reçus de l’URR, cela entrainera une condamnation politique officielle du Raksasa… et une demande à l’URR de cesser son ingérence dans les affaires de l’Eran. Cela forcera le Viétché à faire le choix entre un futur Eran communiste et un Raksasa d’un milliard d’habitants… et donc entre soutenir Tian-Guó au prix de son alliance avec Jiyuan ou abandonner Tian-Guó pour sauver cette même alliance.
Il en est beaucoup en Rostovie qui attendent précisément que le Bloc Saratova pour la Rostovie Miriste propose de sacrifier la révolution Eranéenne communiste d’inspiration kirovisto-miriste au profit de la realpolitik. Une occasion pour eux de justifier de tuer politiquement les plus modérés des saratovistes en les dénonçant comme des traitres à l’idéal rédemptoriste. Celui-ci est déjà fortement dénigré par les échecs du système du Mir mais tient bon pour des raisons d’idéologie morale. Raisons qui s’effondreront si la géopolitique nationale est privilégiée à l’idéologie morale. Une manière pour les kirovistes et communistes de reprendre le pouvoir en grignotant les partisans du Bloc Saratova.
La même question s’étendrait ensuite aux alliés Makirans et Barejbaliens du Raksasa : si celui-ci absorbe un ancien allié au premier signe de déloyauté, peut-on parler de nations alliées... ou s’agit-il d’une simple collection d’états tributaires, en permanence menacés d’annexion par des Provinces-Unies transcontinentales dans leurs ambitions ? La dissolution du Pacte de Kanton, c’est la fin des coopérations avec le Raksasa, ce qui affaiblira celui-ci mais, nous l’espérons surtout, facilitera la victoire des révolutions communistes à long terme.
Enfin, le reste des nations pourront voir à quels extrêmes pourrait mener un Raksasa ambitieux et privé d’adversaires crédibles. Face à cette révélation, le ralliement aux idées de la Fiémance sera d’autant plus rapide. Hors, la Fiémance et son G30, si elles pourront protéger leurs membres d’invasion militaire conventionnelle, seront incapables d’empêcher les révolutions populaires que l’Internationale pourra soutenir. »
Sun Loe :
Leadeuse de la LCM
« -… Des radicaux kirovistes rostovs avec peu de légitimité populaire mais de grands moyens économiques veulent que Tian-Guó utilise la révolution du Mayong pour forcer la Rostovie à s’aligner de manière plus tranchée en faveur de Tian-Guó et donc contre le Pacte de Kanton au Makara, ceci dans l’espoir que cela ruine l’alliance entre le Raksasa et la Rostovie tout en créant encore plus d’antagonismes internationaux contre le Raksasa ? »
Zan Gon
Représentant de Tian-Guó
« -C’est comme ça que je le comprends. »
Sun Loe :
Leadeuse de la LCM
« -Je n’aime pas que nous ne soyons que des pions dans le jeu des géants… mais quelle alternative avons-nous ? »
[/quote]