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Posté : mer. oct. 23, 2013 1:17 pm
par Lychaka
<center>9 Juin 2022 - Laboratoire aux environs de Tirkiz


[img]http://www.alexanderwild.com/Ants/Making-a-Living/The-Trap-Jaw-Ants/i-jvDjnhG/1/L/bauri7-L.jpg[/img]
Odontomachus Bauri</center>

Wen Lü allait et venait entre les tubes et les différents aquariums qui prenaient toute la place dans la petite salle. Il y a avait là une richesse et une diversité dans les espèces qui rendait fier le petit homme. Le travail du scientifique était devenu sa passion. Par chance, ses recherches bénéficiaient d'un budget, qui bien que ridicule, suffisait à faire vivre et marcher le petit laboratoire. Si son objet d'étude, les fourmis, pouvait paraître ridicule voire inutile il arrivait toujours à obtenir du gouverneur les fonds suffisants pour poursuivre. L'ancien gouverneur, Jeong Nam les lui avait accordé contre des rapports réguliers sur ses recherches, le rêve de celui-ci était de parvenir à calquer le modèle social myrmécéen et de l'appliquer à l'espèce humaine. Après tout, le modèle d'organisation des fourmis n'est-il pas le communisme le plus réussi qui soit ? Un réel modèle où seul la collectivité compte, où l'individu n'est rien sans elle. Wen Lü avait réussi à convaincre le nouveau gouverneur, mais celui-ci semblait plus réticent, heureusement certaines entreprises impliquées dans la fabrication d'insecticides souhaitaient également ses services, ce qui permettait d'assurer une rentrée d'argent supplémentaire qui justifiait l'existence du laboratoire au-delà des buts un peu délirants de son fondateur. Wen Lü s'apprêtait à quitter le laboratoire mais aimait passer et repasser entre les différentes colonies, les observer lui procurait de la satisfaction. Il s'arrêta soudain devant un support pour tubes à essais. Il prit avec beaucoup de précaution l'un des tubes en mains. Une étiquette placée sur la réserve d'eau indiquait : "Camponotus ligniperdus n°276". La petite colonie dans le tube était à peine composée de sa gyne et d'une demi-douzaine d'ouvrières, et la goutte de liquide protéinée placée dans le tube comme nourriture du jour n'avait toujours pas été consommée. Le petit scientifique reposa le tube à sa place avant de sortir un petit carnet rouge et son crayon de papier pour noter :
[quote]
=> Camponotus ligniperdus n°276
Ne consomment toujours pas leur nourriture à la lumière du jour. Risque de poser problème pour faire des études de comportement. Possibilité de s'en débarrasser si le problème perdure.
[/quote]
Il remit le carnet et le crayon à leur place dans sa blouse et soupira avant de quitter les lieux. La lumière s'éteignit subitement et le laboratoire se retrouva dans le noir le plus total.

Posté : jeu. oct. 24, 2013 8:42 am
par Lychaka
<center>12 Juin 2022 - Université de Tirkiz

[img]http://frphoto500x500.mnstatic.com/le-parc-de-l%E2%80%99universite-de-los-andes_519080.jpg[/img]
Jardins de l'Universié de Tirkiz</center>

Wen Lü parcourait les rues du centre-ville historique de Tirkiz. C'était un condensé d'architectures appartenant à des peuples et des cultures différents, encore fallait-il avoir un certain sens de l'observation. Le petit homme rajusta ses lunettes sur son nez. Certains bâtiments préservaient parfois une base très ancienne et barebjalienne comme c'était le cas pour l'Université de Tirkiz, ces bâtiments étaient néanmoins très peu nombreux à avoir survécus à la période zanyannaise. Par la suite il y avait eu de nombreuses puissances almérannes établissant des comptoirs sur l'île dès XVè siècle : valacides, thorvaliens, quantariens... Ceux-ci avaient apporté ici leur architecture pendant cette courte période et particulièrement les valacides, dont l'Université de Tirkiz était l'exemple même, les bases barebjaliennes avaient été complétées par un style latin, ce mélange donnait au lieu toute sa beauté. Wen Lü entrait dans les jardins de l'Université, plusieurs jardiniers y travaillaient d'arrache-pied. En métropole l'hiver battait son plein, mais pas ici, malgré la saison la température allait rarement en deçà de 15°c. Grand avantage pour l'étude des fourmis de l'île pensa le petit homme, ici elles n'avaient pas besoin de leurs quelques mois de diapause hivernale pendant laquelle toute leur activité était stoppée. Wen Lü trouva rapidement son chemin, ce n'était pas la première fois qu'il venait à l'Université de Tirkiz pour donner à des élèves volontaires un cours de myrmécologie puisque l'Université lui avait proposé cette intervention. Il traitait avec les étudiants particulièrement de reproduction et de génétique. Les étudiants l'attendaient déjà, pendant deux heures ceux-ci auraient le loisir de l'écouter parler de sa passion.

<center>
"[...]
Les ouvrières ont un coefficient de parenté de 0,75 avec leurs sœurs, asexuées et sexuées confondues. Ce même coefficient est réduit à 0,25 avec leurs frères mâles sexuées. Ces premières ont donc un plus grand intérêt à élever des gynes que des mâles pour faire prospérer leur patrimoine génétique.
La gyne elle même a un coefficient de parenté de 0,5 avec ses filles comme avec ses fils, elle n'a donc pas d'intérêt à produire plus de femelles ou de mâles, si la gyne ne contrôlait pas un minimum la reproduction alors la colonie ne produirait que rarement des mâles et ceux-ci se verraient exécutés par leurs sœurs. C'est certainement pourquoi la gyne chez Linepitema humile (la fourmi d'esmark) manipule les ouvrières pour contrôler la reproduction, et avoir un ratio mâles/femelles cohérent.
[...]
Il est simple de faire le rapprochement avec le Gène Gp-9 qui s'exprime avec les allèles BB, Bb et bb (létale) chez Solepnopsis Invicta, la fourmi de feu pelabssienne. Ce gène explique le caractère polygyne (Bb) ou monogyne (BB) des colonies. Des expériences ont prouvé que si les ouvrières sont plus de 15% de type Bb elles détruisent toutes les larves de sexués de type BB. La colonie reste ainsi polygyne et rend impossible l'envoi de gynes monogynes.
[...]
Le principe de reconnaissance des larves grâce à une expression génétique d'un gène exprimant des protéines sur la cuticule est semblable, d'où...
[...]
</center>

Posté : jeu. mars 13, 2014 7:06 pm
par Lychaka
<center>08 Aout 2023 - Tirkiz

[img]http://www.larousse.fr/encyclopedie/data/images/1006016-La_Havane.jpg[/img]
Tirkiz, capitale de la région Eone</center>

Journal d'un Lychakien du Danmaya

1er Jour - Trois ans. Trois années d'attente supplémentaires auront été finalement nécessaires pour revenir ici. Au lendemain de la signature des accords de Kingstona j'avais fait ma demande. Mais pendant trois années l'administration framande avait fait son travail : ralentir toutes les demandes. Seuls 300 danmayens descendants de makans avaient pu rejoindre l'Union en 2021, 3 000 en 2022, et je fais désormais partie des heureux élus de l'année 2023. Je vais enfin retrouver, non pas la terre de mes ancêtres mais au moins mes pairs. Par chance la langue lychakienne s'est transmise dans ma famille de génération en génération, je n'aurai pas à réapprendre ça, mais j'espère au moins le parler correctement. L'Eone est donc ma destination, le gouvernement de l'Union m'a assigné à Tirkiz, et j'ai déjà un emploi qui m'attend. Fini la précarité de l'emploi du Danmaya. On ne m'a pas encore dit exactement en quoi ce métier consisterait mais cela se déroulera dans un port selon les papiers officiels qu'on m'a fourni, parmi lesquels le plus précieux est ma carte d'identité makanne sur laquelle on a pas indiqué la mention danmayen à mon plus grand plaisir.
L'avion va bientôt partir, il est temps d'embarquer.
À 33 ans ma vie se termine ici au Danmaya, dans quelques heures une seconde va commencer sous d'autres latitudes.

Posté : ven. mars 14, 2014 12:27 pm
par Lychaka
<center>10 Aout 2023 - Tirkiz

[img]http://www.larousse.fr/encyclopedie/data/images/1006016-La_Havane.jpg[/img]
Tirkiz, capitale de la région Eone</center>

Journal d'un Lychakien du Danmaya

3è Jour - Je suis ici depuis 3 jours et j'ai pourtant déjà presque l'impression d'avoir toujours vécu ici. Tout me semble à la fois totalement nouveau et totalement ancien & intégré. J'ai été accueilli à l'aéroport de Tirkiz par un membre de l'administration de la ville nommé Kim. Nous avons rapidement pris le bus pour atteindre un quartier résidentiel proche du port de Tirkiz, il m'a conduit à l'appartement déjà meublé fourni par la ville pour les arrivants comme moi dans un des nombreux HLM. Rien de très grand, seulement le nécessaire. Ensuite il m'a rapidement expliqué en quoi consisterait mon premier emploi : porteur au port de Tirkiz, on me fournissait une semaine de salaire d'avance afin d'assurer mes premières dépenses en Eone. Cela ne m'enthousiasmait pas vraiment, mais c'est un travail comme un autre, et au moins j'ai un toit sûr au-dessus de la tête, ce qui n'a pas toujours été le cas au Danmaya notamment lorsque les mouvements syndicaux ont tenté de forcer la classe politique à changer. Je n'ai rien pu faire de plus le jour de mon arrivée. Il était déjà tard, j'ai décidé de manger dans un petit restaurant situé plus bas dans la rue puis d'aller me coucher pour être prêt à aller travailler de bonne heure le lendemain.
[...]
La journée de travail se passa relativement bien, le travail était moins compliqué qu'il n'y paraissait d'abord. J'étais affecté au chargement des camions en partance du port, il fallait charger les camions souvent carton par carton pour que ceux-ci puissent ensuite livrer la marchandise dans toute l'île.
J'ai fini ma journée en milieu d'après-midi, j'ai erré longtemps au centre-ville en partie par égarement. Tirkiz est grande et j'ai encore du mal à me repérer. J'ai fini par arriver par hasard à l'Université et ses jardins ouverts à tous. L'Université en elle-même est un chef d'œuvre architectural auquel chaque civilisation ayant occupé successivement l'île a apporté sa pierre, les jardins quant à eux sont extrêmement bien entretenus et on y retrouve de nombreux espaces destinés à la détente, même si ils sont majoritairement occupés par les étudiants. Je n'ai pu rejoindre mon petit chez moi que lorsque la nuit commençait à tomber.
[...]
Aujourd'hui j'ai pu rentrer tôt, je ne me suis pas perdu. On m'a parlé de la bibliothèque de l'Université, et pour cause j'ai pour voisin de palier un étudiant en Marxisme, j'ai pu sympathiser rapidement avec lui et mon origine l'a un peu intrigué, je ne sais pas si ça a influé sur son opinion sur moi en bien ou en mal mais en tout cas il me semble très investi dans ses études. Nous parlions quand il a abordé la bibliothèque de l'Université, celle-ci est ouverte à tous, selon lui on peut y trouver presque tous les ouvrages écrits en langue lychakienne ayant subsisté jusqu'à nos jours. Bien évidement il exagère, mais j'irai moi-même y jeter un œil.
[...]

Posté : dim. juin 01, 2014 8:55 am
par Lychaka
<center>28 Mars 2024 - Tirkiz

[img]http://chine-services.fr/wp-content/uploads/2010/06/Chinese-Cargo-Containers-Ready-for-Shipment-Port-of-Shenzhen1.jpg[/img]
Port de Tirkiz</center>

Journal d'un Lychakien du Danmaya

7è mois - Nous avons tous été très surpris ce matin lorsque la police est arrivée sur les docks. Généralement les contrôles de registres et du personnel présent se fait discrètement, par deux ou trois agents au maximum. Ce matin plus d'une trentaine sont arrivés à la fois. Ils savaient qui ils cherchaient et où ils devaient être. J'avais pris ma pause à ce moment et j'étais donc le premier à qui ils ont posé des questions, rapidement ils ont prit mon nom, m'ont posé calmement des questions sur mon travail dans les docks, mon implication dans la gestion, j'ai dis que je n'y connaissais rien, ma seule tâche ici est de charger et de décharger. Ensuite il m'a présenté des photos de certains camarades qui travaillent au dock, m'a posé des questions sur eux, si ils avaient des activités étranges, si j'avais quelque chose de particulier à signaler sur eux. On m'a remercié puis on m'a dis que je pourrai être recontacté plus tard si besoin.
Je les ai vu embarquer tous ceux qu'ils cherchaient, c'était impressionnant parce qu'ils étaient presque une quinzaine. J'ai su à midi en lisant le journal qu'on les suspecte d'avoir été corrompus et d'avoir trafiqué les registres. Je ne les connaissais pas personnellement, mais si c'est vrai, alors ils cachaient bien leur jeu. La corruption est un grand mal, qu'il faut combattre, au Danamaya la corruption était courante, presque quotidienne et à tous les niveaux de l'état, et je sais ce qui en résulte; un pays infâme et immonde où ceux qui possèdent l'argent sont rois.