Posté : mar. oct. 22, 2013 8:00 pm
<center>6 Juin 2022 - Environs de Kinyong
[img]http://www.courrierinternational.com/files/imagecache/article/illustrations/article/2010/01/1801-VIETNAM.jpg[/img]
Kinyong capitale de la région Makiran Oriental</center>
Kinyong était, ou avait été la capitale du Makiran Oriental, son cœur économique comme politique. Désormais cette période n'était qu'un rêve lointain cher au cœur de On T'an. L'ancien regardait tristement de ses yeux fatigués à travers la fenêtre de sa minuscule cuisine la rue où jouaient les enfants makis. Leur joie simple contrastait avec la morosité générale des makis. Kinyong restait la capitale officielle de ce qui était devenu une simple province d'outre-mer lychakienne, une capitale qui semblait sinistrée. Le pouvoir lychakien avait tenté d'intégrer les makis à son système, et il avait échoué. À la place il avait reporté tous ses espoirs sur l'immigration des éranéens dans le sud de l'archipel et les villes nouvelles qui sortaient de terre comme des champignons, parfois en quelques mois seulement, prêts à accueillir des éranéens à la recherche d'une nouvelle vie loin du continent. Certains étaient allés dans le sud, disait-on, et ce qu'ils avaient vu là-bas leur semblait à la fois fascinant et révoltant. Les villes étaient selon leurs dires fantastiques et modernes, les usines fonctionnaient selon eux à plein régime. Les foules d'éranéens vivaient selon eux dans un confort bien supérieur au leur. Ces histoires que les Makis se racontaient entre eux depuis des années étaient finalement devenues banales, le mouvement de révolte qui avait secoué leur peuple ne s'était pas tout à fait estompé, mais avait perdu de sa force avec le temps, peut-être en partie parce que la métropole avait fini par abandonner totalement les villes peuplées de Makis ? Le gouvernement lychakien avait tenté de forcer les Makis à adopter son système collectiviste, ceux-ci avaient refusé plusieurs fois de l'accepter, parfois dans la force. Et le résultat avait été quelques fois sanglant.
On T'an détourna la vue et finit par reporter son attention sur le café qui l'attendait et le journal. Si le café était exquis, il était de contrebande et provenait directement du continent, il n'y en avait pas de meilleur selon le vieillard qui avait depuis longtemps abandonné la consommation du seul café réellement vendu sur l'île, le café wilais memkilois, qui était totalement quelconque. Il ouvrit le journal, le Maki Rouge, s'il était évidemment à la solde du pouvoir en place, employait au moins des Makis, raison pour laquelle On T'an l'achetait encore. Les lignes du journal ne parlaient essentiellement que des événements et de la réussite du sud de l'archipel, des éranéens... Il finit néanmoins par dénicher un article nommé "Tentative d'émigration illégale au nord de l'archipel, 7 fusillés". Sept Makis, des jeunes hommes plein d'avenir, si le système leur en avait donné un, avaient décidé de quitter le pays, une nuit sans lune et avec pour seule embarcation une barque de fortune. Ils avaient été interceptés avant de passer à l'acte et accusés de trahison envers la nation avaient été condamnés à mort. Leur procès avait du tourner court pensa le vieux. Comme tant d'autres avant eux avaient écopés de la même condamnation ! Veuf, On T'an n'avait plus de réelle occupation, sinon aider Lok Tung le gérant du bar du coin à faire ses comptes, les vrais bien sûr, et ceux falsifiés à destination de l'état, ce n'était pas bien payé, mais cela suffisait pour survivre, ce que tous tentaient de faire, plus ou moins bien selon les familles.
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Kinyong capitale de la région Makiran Oriental</center>
Kinyong était, ou avait été la capitale du Makiran Oriental, son cœur économique comme politique. Désormais cette période n'était qu'un rêve lointain cher au cœur de On T'an. L'ancien regardait tristement de ses yeux fatigués à travers la fenêtre de sa minuscule cuisine la rue où jouaient les enfants makis. Leur joie simple contrastait avec la morosité générale des makis. Kinyong restait la capitale officielle de ce qui était devenu une simple province d'outre-mer lychakienne, une capitale qui semblait sinistrée. Le pouvoir lychakien avait tenté d'intégrer les makis à son système, et il avait échoué. À la place il avait reporté tous ses espoirs sur l'immigration des éranéens dans le sud de l'archipel et les villes nouvelles qui sortaient de terre comme des champignons, parfois en quelques mois seulement, prêts à accueillir des éranéens à la recherche d'une nouvelle vie loin du continent. Certains étaient allés dans le sud, disait-on, et ce qu'ils avaient vu là-bas leur semblait à la fois fascinant et révoltant. Les villes étaient selon leurs dires fantastiques et modernes, les usines fonctionnaient selon eux à plein régime. Les foules d'éranéens vivaient selon eux dans un confort bien supérieur au leur. Ces histoires que les Makis se racontaient entre eux depuis des années étaient finalement devenues banales, le mouvement de révolte qui avait secoué leur peuple ne s'était pas tout à fait estompé, mais avait perdu de sa force avec le temps, peut-être en partie parce que la métropole avait fini par abandonner totalement les villes peuplées de Makis ? Le gouvernement lychakien avait tenté de forcer les Makis à adopter son système collectiviste, ceux-ci avaient refusé plusieurs fois de l'accepter, parfois dans la force. Et le résultat avait été quelques fois sanglant.
On T'an détourna la vue et finit par reporter son attention sur le café qui l'attendait et le journal. Si le café était exquis, il était de contrebande et provenait directement du continent, il n'y en avait pas de meilleur selon le vieillard qui avait depuis longtemps abandonné la consommation du seul café réellement vendu sur l'île, le café wilais memkilois, qui était totalement quelconque. Il ouvrit le journal, le Maki Rouge, s'il était évidemment à la solde du pouvoir en place, employait au moins des Makis, raison pour laquelle On T'an l'achetait encore. Les lignes du journal ne parlaient essentiellement que des événements et de la réussite du sud de l'archipel, des éranéens... Il finit néanmoins par dénicher un article nommé "Tentative d'émigration illégale au nord de l'archipel, 7 fusillés". Sept Makis, des jeunes hommes plein d'avenir, si le système leur en avait donné un, avaient décidé de quitter le pays, une nuit sans lune et avec pour seule embarcation une barque de fortune. Ils avaient été interceptés avant de passer à l'acte et accusés de trahison envers la nation avaient été condamnés à mort. Leur procès avait du tourner court pensa le vieux. Comme tant d'autres avant eux avaient écopés de la même condamnation ! Veuf, On T'an n'avait plus de réelle occupation, sinon aider Lok Tung le gérant du bar du coin à faire ses comptes, les vrais bien sûr, et ceux falsifiés à destination de l'état, ce n'était pas bien payé, mais cela suffisait pour survivre, ce que tous tentaient de faire, plus ou moins bien selon les familles.