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Posté : mer. août 28, 2013 4:22 pm
par Roman Récit
Essla, bureau de la présidente de la République

Un bureau austère. Des murs lambrissés de bois de chêne verni. Deux fenêtres orientées est-ouest. Par l'une d'entre elles on aperçoit le soleil qui décline. Un bureau surchargé de papiers divers. Journaux du monde entier, décrets à signer, lois à promulguer, nominations à effectuer. Un papier en particulier, qu'on hésite à signer.

Aurélia Novantin : Vous réalisez ce que ce serait que de signer ce papier, n'est-ce pas ?

La présidente de la République du Genfin est tendue, aux limites de l'énervement et de la fatigue. Le chef d'état-major des forces armées baisse les yeux.

Général Marc Olivet : Madame...

Aurélia Novantin : Ce papier, c'est une loi dont ce pays n'a pas l'habitude, et dont je ne suis pas sûre qu'il ait le goût.

Général Marc Olivet : Madame... répéta le chef d'état-major.

Son ton presque plaintif acheva d'irriter la présidente.

Aurélia Novantin : Oui, oui, je sais, vous trouvez que c'est nécessaire, étant données les circonstances, que c'est le meilleur moyen de protéger le Genfin. Vous faites votre boulot. Mais si vous y croyez, ayez l'air convaincu, pas dérangé ! Allez, sortez, filez me chercher la présidente du Conseil et le ministre de la Défense.

Général Marc Olivet : Madame... répéta une troisième fois le militaire avant de quitter la pièce.

...

Même lieu, plus tard dans la fin de l'après-midi

La porte du bureau s'ouvrit et entrèrent trois des personnages les plus importants de l'Etat génifinien : la présidente du Conseil des ministres, véritable chef du gouvernement, la ministre des affaires étrangères et le ministre de la Défense.

Aurélia Novantin : Mesdames et messieurs les ministres, je vous ai fait venir pour vous informer que j'use immédiatement de ma capacité présidentielle d'initiative en matière de défense pour proposer, dès demain, une loi militaire à la Comesie.

Elle laissa au trois le temps de digérer la nouvelle. L'absence d'opposition la poussa à continuer.

Aurélia Novantin : Ce texte prévoit la mobilisation effective du contingent de 300'000 jeunes effectuant actuellement leur service militaire dans l'armée. C'est le nombre maximum que nos réserves actuelles d'armement nous permettent d’appeler sous les armes. Un conseil de direction militaire sera institué pour la durée de cette mobilisation, composé de l'Etat-major, de vous quatre et de moi-même. Le ministère de la Défense sera autorisé à utiliser pleinement les fonds à sa disposition, et le pays passera en état d'alerte maximum. Objection ?

La présidente du Conseil prit la parole.

Laura Girard : Madame la présidente, c'est un de vos pouvoirs constitutionnels de mobiliser le peuple, et la situation actuelle l'exige à nos yeux comme aux votre. Mais j'espère que les choses rentrerons dans l'ordre rapidement. Après tout, personne n'a intérêt à en venir aux mains...

Aurélia Novantin : Croyez-moi Laura, nous en viendrons aux mains assez rapidement si notre pays ne montre pas lui aussi qu'il est mobilisé aux côtés de ses alliés et qu'il n'est pas disposé à se laisser envahir le premier venu. Bien, si c'est entendu, vous pouvez disposer...

Comme ses invités quittaient la salle, la présidente sourit. C'était la première fois qu'elle usait vraiment de son pouvoir présidentiel, et celà semblait marcher...