Posté : dim. août 11, 2013 2:07 pm
2 Novembre de l'an de grâce 2021
<center>[img]http://www.museoweb.it/secondo_mona/img/b1-f07b.jpg[/img]
Vielle photo que je viens de retrouver. Moi avec deux mécanos sur mon Marchettiae. On vient de passer 4 heures à effectuer la maintenance totale sur le gros moulin de 1 200cv au dessus de ma tête. Il faut croire que son fabriquant Isotta Fraschius aimait les pilotes pour faire un moteur aussi simple et fiable. 23 ans, et toujours fringant.</center>
Il commence à faire froid, très froid, et ce même sur la côte. Je n'ai pas dépassé 3 000 pieds d'altitude, et pourtant malgré mes gants de cuir de mouton retourné, j'ai senti mes doigts s'engourdir. Heureusement que l'amerrissage n'est pas trop technique du coté de Durrosnik, sinon il est probable que j'en aurais réellement bavé, et très certainement tapé un peu fort à la surface de l'eau. Il aurait ensuite fallu que je passe encore des heures à être transi afin de réparer les flotteurs, et je suis bien aise de m'être épargné cette peine. Mais bon, ce sont les petits inconvénient d'être un aviateur en free-lance. Vous savez ce qu'on dit : "Peu importe le temps, les marchandises doivent passer".
C'est encore Julius Actinien, mon contacte et surtout ami en cette belle ville qui m'a dit de rappliquer. A peine arrivé, il m'a emmené à la gendarmerie locale. Grosse surprise s'il en est une. En temps normal, je ne travaille jamais directement pour l'état, non pas que je n'aime pas le faire, mais surtout que c'est extrêmement rare qu'il fasse appel à nous, pilotes de la mer de Caru. L'officier en poste m'explique la raison de ma présence en ces lieux. Sur l'île de Santlitis où se trouve un petit détachement de la marine Transyldave, il y a eu un soucis. La dernière livraison de carburant diesel à destination des deux patrouilleurs a été contaminé à l'essence. Depuis le temps que je dit que ce sont des tâches à la Compagnie Impériale de l'Energie... Ce n'est pas pour rien que je fais le plein de ma cage à poule que chez des petits pompistes de confiance dont je sais qu'ils ont vérifié l'indice d'octane de l'essence. Bref, toujours est-il que les marins ont fait le plein de leur barquette, ils ont vogué, vogué, vogué, et sont tombés en carafe... L'ajout d'essence dans le diesel entraine un abaissement dangereux du point éclaire, et interdit donc l'auto-allumage correct du diesel. Et en plus, la visquosité du mélange est trop grande, et ne sert donc plus efficacement de lubrifiant. Résultat, en plus de ne pas tourner rond, la lubrification n'est plus assurée de façon correcte... Ils ont cassé le vilebrequin sur le premier navire, et coulés deux bielles sur le second. Ce sont de sacré tanches quand même, ils auraient pu s'en rendre compte. Et ce sont mes impôts qui vont éponger cette connerie. Mais bon, on m'offre 25 000 Szloty (100 USP$) pour faire la course, je ne vais pas râler. En plus, si ça se passe bien, je pourrais rentrer dans les petits papiers de l'état, ou du moins de l'armée. Ça peut toujours servir dans le futur.
Je viens de finir mon plan de vol pour demain. Départ à 5h avec la marée descendante. Ça n'a pas l'air comme ça, mais chargé, il est quasiment impossible de décoller face à un courant contraire. Normalement, le vol ne devrait pas dépasser 3 heures et demi, mais avec le sale temps qui s'annonce, je veux bien être pendu si je ne dois pas dévier de ma route à un moment ou à un autre. Mais j'aime bien ces escales dans les îles, c'est même pour ça que j'y passe le plus claire de mon temps. On cause avec les marins, et on apprend pas mal de chose sur comment évaluer les changements de météo. Je ne vais pas faire un dessein, en hydravion, la météo, c'est le point critique numéro un, et si ces vieux loups de mer peuvent encore m'apprendre quelque chose, c'est mieux. Ce n'est pas parce que j'ai presque 12 ans de métier derrière moi que je sais tout, et ça me fait mal dans mon orgueil de pilote que de le reconnaitre.
Bon, je viens de voir passer un camion de l'armée qui se dirige vers les quais. Ce doit être les militaires qui vont charger mon appareil. Je vais aller surveiller, parce que ces abrutis sont encore capable de marcher n'importe où sur les ailes et de passer à travers. Il me faudrait alors au moins trois jours pour réparer. Je te raconte pas le manque à gagner, et je peux toujours me gratter pour que ces ronds de cuir me dédommagent. Bref, faut toujours tout faire soit-même, c'est la clef de l'indépendance.
<center>[img]http://www.museoweb.it/secondo_mona/img/b1-f07b.jpg[/img]
Vielle photo que je viens de retrouver. Moi avec deux mécanos sur mon Marchettiae. On vient de passer 4 heures à effectuer la maintenance totale sur le gros moulin de 1 200cv au dessus de ma tête. Il faut croire que son fabriquant Isotta Fraschius aimait les pilotes pour faire un moteur aussi simple et fiable. 23 ans, et toujours fringant.</center>
Il commence à faire froid, très froid, et ce même sur la côte. Je n'ai pas dépassé 3 000 pieds d'altitude, et pourtant malgré mes gants de cuir de mouton retourné, j'ai senti mes doigts s'engourdir. Heureusement que l'amerrissage n'est pas trop technique du coté de Durrosnik, sinon il est probable que j'en aurais réellement bavé, et très certainement tapé un peu fort à la surface de l'eau. Il aurait ensuite fallu que je passe encore des heures à être transi afin de réparer les flotteurs, et je suis bien aise de m'être épargné cette peine. Mais bon, ce sont les petits inconvénient d'être un aviateur en free-lance. Vous savez ce qu'on dit : "Peu importe le temps, les marchandises doivent passer".
C'est encore Julius Actinien, mon contacte et surtout ami en cette belle ville qui m'a dit de rappliquer. A peine arrivé, il m'a emmené à la gendarmerie locale. Grosse surprise s'il en est une. En temps normal, je ne travaille jamais directement pour l'état, non pas que je n'aime pas le faire, mais surtout que c'est extrêmement rare qu'il fasse appel à nous, pilotes de la mer de Caru. L'officier en poste m'explique la raison de ma présence en ces lieux. Sur l'île de Santlitis où se trouve un petit détachement de la marine Transyldave, il y a eu un soucis. La dernière livraison de carburant diesel à destination des deux patrouilleurs a été contaminé à l'essence. Depuis le temps que je dit que ce sont des tâches à la Compagnie Impériale de l'Energie... Ce n'est pas pour rien que je fais le plein de ma cage à poule que chez des petits pompistes de confiance dont je sais qu'ils ont vérifié l'indice d'octane de l'essence. Bref, toujours est-il que les marins ont fait le plein de leur barquette, ils ont vogué, vogué, vogué, et sont tombés en carafe... L'ajout d'essence dans le diesel entraine un abaissement dangereux du point éclaire, et interdit donc l'auto-allumage correct du diesel. Et en plus, la visquosité du mélange est trop grande, et ne sert donc plus efficacement de lubrifiant. Résultat, en plus de ne pas tourner rond, la lubrification n'est plus assurée de façon correcte... Ils ont cassé le vilebrequin sur le premier navire, et coulés deux bielles sur le second. Ce sont de sacré tanches quand même, ils auraient pu s'en rendre compte. Et ce sont mes impôts qui vont éponger cette connerie. Mais bon, on m'offre 25 000 Szloty (100 USP$) pour faire la course, je ne vais pas râler. En plus, si ça se passe bien, je pourrais rentrer dans les petits papiers de l'état, ou du moins de l'armée. Ça peut toujours servir dans le futur.
Je viens de finir mon plan de vol pour demain. Départ à 5h avec la marée descendante. Ça n'a pas l'air comme ça, mais chargé, il est quasiment impossible de décoller face à un courant contraire. Normalement, le vol ne devrait pas dépasser 3 heures et demi, mais avec le sale temps qui s'annonce, je veux bien être pendu si je ne dois pas dévier de ma route à un moment ou à un autre. Mais j'aime bien ces escales dans les îles, c'est même pour ça que j'y passe le plus claire de mon temps. On cause avec les marins, et on apprend pas mal de chose sur comment évaluer les changements de météo. Je ne vais pas faire un dessein, en hydravion, la météo, c'est le point critique numéro un, et si ces vieux loups de mer peuvent encore m'apprendre quelque chose, c'est mieux. Ce n'est pas parce que j'ai presque 12 ans de métier derrière moi que je sais tout, et ça me fait mal dans mon orgueil de pilote que de le reconnaitre.
Bon, je viens de voir passer un camion de l'armée qui se dirige vers les quais. Ce doit être les militaires qui vont charger mon appareil. Je vais aller surveiller, parce que ces abrutis sont encore capable de marcher n'importe où sur les ailes et de passer à travers. Il me faudrait alors au moins trois jours pour réparer. Je te raconte pas le manque à gagner, et je peux toujours me gratter pour que ces ronds de cuir me dédommagent. Bref, faut toujours tout faire soit-même, c'est la clef de l'indépendance.