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Posté : sam. janv. 26, 2013 3:12 pm
par Arios
Deux hommes fument le long d'une route de forêt. Pistolet mitrailleur en main, uniforme sur le dos.
" - J’sûs bé sûre qu'a l'a enne bé bonne corporance. J'mins va l'aflater, mi, j'te dis.
- Parquenne, i senle qu'a l'arrive. Al'é en sauret d'étalache j'te dis mi, t'aflate rein ed tout.
- 10 qu'j'aflate, et 10 qu't'aflate ti auchi tein !
- J'tacherai d'vouèr. 10 qu'al a pas d'pouétrinne... GARDE À VOUS ! "
Deux motards, suivis de trois voitures noires s'arrêtent devant les deux hommes et leur barrière de fortune. Après avoir salué les gendarmes de l'escorte, les douaniers demandent leurs papiers.
"
- Bonjour Messieurs, v'savez qu'on doit vous dmonder vos papiers pour être sûr qu'vos ates bien des thorvaliens hein ?
- Bonjour, vous savez qui nous transportons ? Tenez, voici les papiers de nous, répondit le motard.
- On saît bin oui mais on doit vérifier pour âte sûr qu'vous barouter bin la Reine d'vot pays, reprit le deuxième douanier.
- Je vous demande le pardon ?
- Euh. Vous transportez la Reine ? demanda l'un des douaniers.
- Dis ti voudrouait vouèr hein, glissa discrètement à son collègue le deuxième.
- Oui nous sommes avec Sa Majesté.
- C'est pas pour vous contraindre messires, il faut que l'un de nous vérifie. "
L'un des douaniers quitta son fusil mitrailleur, le motard descendit de son véhicule et l'accompagna à la vitre arrière de la voiture du milieu. La vitre se baissa et le douanier put voir le visage de la Reine du Thorval qui lui fit un sourire tandis qu'il ôtait sa casquette en présentant ses respects.
Il remercia le motard et fit signe à l'autre d'ouvrir la barrière pour laisser passer le convoi.
" - T'è biète t'sais t'è biète.
- Pouétrinne ?
- En ch'ai rin. Po eu l'tan. "
Il saluèrent à nouveau le convoi au garde à vous avant de refermer la barrière.
à suivre
Posté : lun. janv. 28, 2013 3:16 pm
par Arios
<center>[img]http://www.somme-tourisme.com/var/cdt80/storage/images/media/photos/villes_de_la_somme/amiens/amiens_cathedrale/cathedrale_notre_dame_d_amiens_13/53570-1-fre-FR/cathedrale_notre_dame_d_amiens_13_visuel_diaporama_photo.jpg[/img]
C'était dans la ville de Maignelay, authentiquement fivarde, que la Reine du Thorval faisait l'honneur à l'État royal Fiémançais de sa visite, et au Roi de Fiémance, et des Fiémançais, Charles-Philippe un de ses lointains cousins, qui s'il eut assez de rang à l'époque de son mariage, eût aisément pu partager le lit d'Annabelle, sort qu'on ne jugera pas mais qui l'eût écarté vraiment du trône fiémançais, et les Arduns également.
C'était la première rencontre en face à face des deux souverains, celle d'une mère dite très fatiguée de ses nombreuses grossesses, et d'un nouveau monarque qu'on jugea un peu attardé à la façon qu'il avait de correspondre avec l'Empereur.
Si Opemont n'avait pas été choisie, c'est que la tradition aristocratique ne prêtait que peu d'importances aux espaces urbains à moins qu'ils ne fussent de véritables laboratoire à la religion comme ce devait être davantage le cas au Thorval. Ce n'était pas dans un bois, mais dans une Maison de dominicains de la capitale du Gauquois, Maignelay, en face de sa Cathédrale, que les souverains pourraient s'entretenir accompagnés de nombreux conseillers, ministres, journalistes ou du moins prosateurs, et même un peintre venu immortaliser la scène dans le cas où cette dernière devînt une référence pour l'Histoire.
Le traducteur officiel de la Reine, bien qu'elle connût sans doute assez la langue de Molière pour donner la réplique au campagnard du Duché d'Ardun, qui devait encore prouver sa respectabilité aux cours alméranes, expliquait à Sa Majesté dans la voiture qui la conduisit au lieu de la rencontre, voulue discrète, l'ordre du jour.
[quote]-Entretien personnel entre Ses Majestés
-Discussions communes avec les conseillers et membres des gouvernements.[/quote]
[img]http://www.la-couronne.org/medias/images/jean-de-france-en-lys-copie-1.jpg[/img]
Dans la salle austère où les monarques entameraient la rencontre, les armes de Charles de Fiémance coloraient les murs de chêne, là où les ouvriers de ses ancêtres avaient apposé la marque de leurs Rois. Madeleine était absente de la rencontre, car si personne ne remettait en doute le fait qu'Annabelle fût une femme et une féconde, on la disait homme pour les affaires publiques, aimant traiter là où d'autres figuraient, et rabrouer où certaines se contentaient de plaire.
Posté : lun. janv. 28, 2013 6:37 pm
par Zaldora
La Fiémance, ce puissant royaume à l'histoire aussi riche que glorieuse, au rayonnement culturel ayant incontestablement touché son voisin du Grand Nord. Le XVe siècle, époque du florilège d'artistes Fiémançais arpentant la terre nordique. La langue de ces messieurs fut, d'ailleurs, seconde à la Cour, après le Thorvalien, entre 1320 et 1503. Les deux États royaux prirent peu à peu leurs distances au cours du XVIe, sans doute à cause d'Ingeborg mais sans remettre en cause la cordialité de leurs rapports. Historiquement, les deux pays n'eurent pas d'hostilité l'un pour l'autre, sauf à la fin du XVIIIe pendant la Révolution Fiémançaise. L'ancienne royauté refondée, pourquoi avoir tant attendu avant de renouer ?
Maignelay d'architecture Fivarde allait accueillir la rencontre, au sein d'une maison de dominicains construite en face de sa Cathédrale. Annabelle pénétra à l'intérieur avec ceux qui l'accompagnait. La Reine était en forme, n'avait plus les traces de sa dernière grossesse, grâce au repos qu'on lui accordait - deux mois - après chacune des naissances. Toutefois, en dépit du temps qu'on lui concédait, et de ses capacités à s'en remettre, elle souhaitait faire une pause dans l'enfantement. Ses neuf enfants la comblaient bien suffisamment, au regret de quelques uns de ses sujets dont l'heureux évènement était prétexte à de grandes beuveries. Le travail du Traducteur se limitera à faire la lumière sur de possibles incompréhensions, car la Souveraine maitrisait en majeure partie la langue de Molière, tant son lexique que sa grammaire, ainsi que sa prononciation, malgré un naturel accent scandinave, néanmoins pas suffisamment audible pour irriter ses interlocuteurs.
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Annabelle II : Cher cousin, je vous salut. Merci de m'accueillir en votre royaume, dans cette humble lieu qu'est cette maison de dominicains.
Posté : lun. janv. 28, 2013 8:49 pm
par Arios
Charles-Philippe Ier : Nous en sommes honorés. Cette demeure nous met à l'abri de l'agitation populaire et des journalistes. Et puis, la capitale est en travaux. J'ai pensé que vous apprécierez ce lieu en connaissance de votre grande piété.
Comment se porte la cour à Ademtown ? Et les affaires courantes, la monarchie est-elle toujours aussi appréciée des thorvaliens ?
Posté : mar. janv. 29, 2013 5:49 pm
par Zaldora
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Annabelle II : L'amour entre la monarchie et les thorvaliens est intacte. La longue tradition royaliste est enracinée dans la société, si bien que nous ne souffrons d'aucune division sur la nature des institutions. Pourtant, le républicanisme a eu sa chance au XXe siècle, mais il échoua. Dieu merci, la Cour s'est assagit et n'est plus ce qu'elle pouvait être lorsque mes aïeux régnaient. Puis-je vous retourner la question ? Comment se déroule vos premiers mois sur le trône ?
Posté : jeu. janv. 31, 2013 9:40 am
par Arios
Charles-Philippe Ier : Bien, je me montre peu, et je gouverne peu en préférant donner leurs tâches à mes conseillers et principaux ministres. Je veux laisser à la classe politique le plus d'autonomie qui ne fera que grandir dans leur coeur l'attachement à ma personne. Néanmoins j'ai aimé à faire revenir les gouvernants sur plusieurs points, comme le calendrier, ou la fonction de premier ministre. Peut-être qu'à l'avenir je les encouragerai à appuyer le vote des femmes, qui bénéficierait à l'Église.
Enfin voilà, je pense, je conseille en vérité l'appareil d'État. Je suis surtout tout à l'éducation de mon fils au côté de Son Altesse la Reine, qui reprendra un jour ce que moi et mes bons gouvernants construisons.
J'ai beaucoup essayé de freiner le nationalisme des premiers temps de la restauration. Il ne pourrait être que mauvais à un État déjà riche et puissant de par ses héritages.
Le Thorval se plaît-il toujours autant dans la Sainte Alliance ? Je dois vous dire que la venue de l'Océania dans votre organisation a été une surprise ici.
Posté : jeu. janv. 31, 2013 5:18 pm
par Zaldora
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Annabelle II : Votre surprise est légitime. La chrétienté de l'Oceania ne saute pas au yeux, elle est plus subtile, au moins pour le moment. En effet, ce pays est depuis peu un terreau chrétien ne demandant qu'à grandir, et qui, arrivé à maturité, sera un grand État chrétien. Après les décennies de luttes internes ayant suivit la décolonisation, opposant capitalisme et communisme, j'ai la conviction que les Océaniens ont finalement compris que leur salut ne viendra pas des récentes idéologies, mais d'un retour à la croyance chrétienne, ainsi qu'au cadre de vie attaché à celle-ci. La Sainte-Alliance est, d'une certaine manière, le jardinier. Concernant l'organisation, nous pensons qu'elle s'est bien remise de la crise née en 2015. A cette époque, nous étions sur le point d'en claquer la porte mais nous avons finit par penser qu'il serait plus constructif de taper du point sur la table. Et c'est ce qui arrivera si la Sainte Alliance repartait à la dérive.
Posté : ven. févr. 01, 2013 2:40 pm
par Arios
Charles-Philippe Ier : Je comprend. Vous ne devez pas douter que malgré des intérêts nationaux, d'autonomie, et de libre-conscience, la Fiémance est une grande nation catholique qui n'hésiterait pas à défendre ses ...congénères catholiques, pour avoir une vision organiciste, s'ils venaient à être menacés.
Mais, et peut-être que notre tolérance beaucoup moins grande historiquement à la prétendue Réforme et notre éloignement très froid des Schismatiques y est pour quelque chose, elle ne peut adhérer à la Sainte Alliance.
De plus, j'émets de nombreuses réserves sur la politique impériale en Terre-des-Lacs. Si la Christianisation est une très bonne chose et que cyniquement la situation exceptionnelle de ce pays nous en facilite la possibilité, je suppose très volontiers que de simples missions auraient été plus efficaces, en tout cas non moins, qu'une telle présence schlessoise au Nord.
Posté : ven. févr. 01, 2013 5:57 pm
par Zaldora
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Annabelle II : Oh eh bien, vos réserves sont compréhensives. Le Schlessien a put bénéficié de son statut d'ancien belligérant allié du Lochlann, afin de s'y installer. La Christianisation n'est effectivement pas un problème, en revanche, nous accepterons beaucoup moins une germanisation du territoire. Nous suivons ceci de près. La Grande Duchesse Viktoria devrait, selon moi, avoir une certaine indépendance d'esprit, et non pas seulement être une prolongation de son père. Elle doit en premier lieu agir pour le bien de sa nouvelle patrie, et du peuple qui la compose. Il en va de sa crédibilité en tant que monarque, mais aussi de la pérennité de sa Couronne. Je peux la conseiller sur ces questions.
Posté : ven. févr. 01, 2013 6:02 pm
par Arios
Charles-Philippe Ier : Je n'en doute pas, nous appuierons l'idée que vous conseilliez le monarque au détriment même des liens qui la lient à l'Empire. Si le statut de défenseur bienfaisant de la Foi ne peut être discuté à Frédéric IV, le Roi germanique qu'il est peut être parfois tenté de profiter des deux couronnes. Pas encore, mais peut-être.
Comment sont vos rapports avec le Saint Père, et vos sentiments sur la politique actuelle de l'Église Catholique ? Doit-elle être plus ouverte envers les autres chrétiens ?