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Posté : sam. nov. 17, 2012 10:00 pm
par Iskupitel
<center>[img]http://globalvoicesonline.org/wp-content/uploads/2012/04/biblioteka-450x289.jpg[/img]
Bibliothèque Nationale de Tel-Érib
Ici pourront être retrouvés des écrits, qu'ils soient de culture générale ou simplement d'écrivains confédérés de Tel-Érib.
Une rangée d'ordinateurs attend tout visiteur soucieux de rendre rapidement visite à un ouvrage en particulier :
[url=http://www.simpolitique.com/post170448.html#170448]Lutte contre le Kerrouenlandisme, Thibaud FIVARD[/url]
[url=http://www.simpolitique.com/post170451.html#170451]Tragédie pour une Reine, ou Didon en 5 scènes, Thibaud FIVARD[/url]
[url=http://www.simpolitique.com/post170456.html#170456]La pâquerette et l'humain, Thibaud FIVARD[/url]
[url=http://www.simpolitique.com/post170532.html#170532]Les jeunes de Tel-Érib, Alexander MOXX[/url]
[url=http://www.simpolitique.com/post170812.html#170812]Tel-Érib, une capitale mais pas seulement, Alexander MOXX[/url]
[url=http://www.simpolitique.com/post171683.html#171683]Rizla (Acte I- Scène I), Thibaud FIVARD[/url]
[url=http://www.simpolitique.com/post171688.html#171688]Rizla (Acte I - Scène II), Thibaud FIVARD[/url]
[url=http://www.simpolitique.com/post171693.html#171693]Rizla (Acte I - Scène III), Thibaud FIVARD[/url]
[url=http://www.simpolitique.com/post172438.html#172438]Rizla (Acte I - Scène IV), Thibaud FIVARD[/url]
[url=http://www.simpolitique.com/post176520.html#176520]Rizla (Acte I - Scène V), Thibaud FIVARD[/url]
[url=http://www.simpolitique.com/post176522.html#176522]Rizla (Acte II - Scène I), Thibaud FIVARD[/url]
[url=http://www.simpolitique.com/post176927.html#176927]Rizla (Acte II - Scène II), Thibaud FIVARD[/url]
[url=http://www.simpolitique.com/post177596.html#177596]Rizla (Acte II - Scène III), Thibaud FIVARD[/url]
[url=http://www.simpolitique.com/post178165.html#178165]Rizla (Acte II - Scène IV), Thibaud FIVARD[/url]
[url=http://www.simpolitique.com/post178176.html#178176]Rizla (Acte II - Scène V), Thibaud FIVARD[/url]
[url=http://www.simpolitique.com/post178453.html#178453]La Tribu de Tel-Gaza, Alexander MOXX[/url]
[url=http://www.simpolitique.com/post178460.html#178460]Index des mouvements politiques tel-éribains (1/2), Alexander MOXX[/url]
[url=http://www.simpolitique.com/post178496.html#178496]Index des mouvements politiques tel-éribains (2/2), Alexander MOXX[/url]
[url=http://www.simpolitique.com/post179198.html#179198]Journal d'enfance, Anonyme SHUKH[/url]</center>
Posté : sam. nov. 17, 2012 10:39 pm
par Iskupitel
Extrait de Lutte contre le Kerrouenlandisme, de Thibaud FIVARD (2019)
[quote]Les pas se succédaient, frappant les pavés, tantôt feutrés, tantôt claquants. Chaque bruit était différent, dépendant du pied comme de la chaussure, de la force comme de la semelle. Par ces quelques sons, l'atmosphère changeait, et l'humeur des gens pouvait se ressentir comme se traduire par l'écoute attentive des participants de cette longue marche désordonnée et sans communauté, sans union. Que la pluie tombe ou que le soleil luise, toujours la force imposait le regard, le bruit imposait l'écoute, mais les couleurs dédaignaient la vue. C'était un fait que le sérieux public était assuré par des vêtements et une profusion capillaire de couleur neutre et posée. Ainsi, le noir et le gris se répandaient comme une nuée d'insectes volants envahit une région nourrissante. Cette communauté travailleuse ne s'éveillait pas même lors des fêtes, se clairsemant pour certains, se recluant pour d'autres. Bien que la tolérance y soit imposée, des vêtements d'une couleur jugée incongrue par ses membres ne menait pas à l'exclusion pure et simple, les dirigeants respectant en façade quelques règles instituées auparavant par quelque grand homme au nom oublié par l'hypocrisie maladive des pontes ostentatoires et fumants de la glorieuse communauté économique, kerrouenlandiste, internationale et moderne, mais plutôt à la mise en attente de l'accusé tacite, ses supérieurs tentant à chaque instant de découvrir le détail les menant à la réalisation de leur cher souhait, soit la mise en examen du patient atteint d'irrégularité communautaire. Chaque homme, chaque femme, est à tout moment scruté(e), dans le but de se débarrasser de lui, d'elle, dès que possible.
Cette communauté du momentané, de l'éphémère est aussi durable que leurs produits, l'esprit kerrouenlandiste menant à une disparition brutale de l'action détaillée pour généraliser les achats.
Dans le même temps, une jeune fille toute de rose vêtue semblait être idéaliste aux yeux de ses parents, forgés dans les flammes du taylorisme glorieux. Pourtant, ils ne pouvaient s'empêcher de penser que l'idéalisme enfantin menait à l'assurance adolescent, puis au sérieux adulte. Portant un sac à dos bleu cobalt, elle pensait être supérieure à cela et ainsi être capable de devenir adulte sur-le-champ. Ses camarades de classe, eux, la voyaient comme une jolie fille, pas trop idiote et drôle, se jugeant capables d'obtenir les faveurs incommensurables de son cœur. Enfin, un jeune homme, plus âgé que le jeune fille, la regardait hautainement, à la manière d'un chien de prairie et, pensant connaître la vie, se disait avec une engagée et remarquable certitude que cette jeune fille avait un avenir certain de le monde de la prostitution organisée, et qu'à son seizième printemps elle fêterait ses deux années de déflorée, s'accouplant joyeusement, croyant connaître l'amour, avec le premier garçon un tant soit peu beau venu. Sans le savoir, la jeune fille devait déjà préparer son avenir, à peine sa douzième année de vie entamée. Contrairement au fait que, comme le dit la célèbre pièce de théâtre, « la vie ne fait aucun cadeau », elle en faisait un : le temps de préparation. C'étaient quelques années, de paix pour certains, d'épreuves pour d'autres moins chanceux – car tout ceci est un formidable fruit de l'aléatoire pseudo-divin et profondément anti-kerrouenlandiste –, que la vie offrait en récompense aux génités de géniteurs accomplis. La communauté bretonne ne prenait pas cela en compte, préférant le mérite. Du moins publiquement, le mérite n'étant hélas pas leur principale préoccupation, bien au contraire. Le problème du mérite, c'est qu'il faut du temps pour l'apercevoir. Et la communauté kerrouenlandiste, elle, n'a pas de temps à perdre. Comme dit le fameux diction : « Le temps, c'est de l'argent ! ».
Alors que le monde subissait l'invasion makarane, wapongo-roumalo-kaiyuano-raksasane et des autres terres de libertés récentes et prétendument immarcescible d'un kerrouenlandisme ravageur et clairement annoncé, les peuples opprimés subissaient, eux, l'oppression de leurs oppresseurs accomplis, qu'ils soient issus de pères kerrouenlandistes ou kirkstanais. Alors qu'en Transyldavie les restes kirkstanais disparaissaient peu à peu sous la force de la coupe et de l'autel des vainqueurs de 75, c'est au Remino que les choses se dégradent, partagés entre la vie et la mort du Peuple. Alors qu'en Pâqueronnie la Vendetta sans discontinuer conserve place, c'est de la provence pâqueronnienne que proviennent les détracteurs de la belle Concorde de 68. Ainsi, du nord au sud, de l'est à l'ouest, tous, tous les peuples luttent, toutes les nations luttent. Que ce soit pour la survie ou pour le simple fait de lutter, elle est de rigueur. Si l'Histoire retient quelque chose, alors les Nations l'ont vécu. Individuellement ou en communauté, tout événement est recensé selon le point du vue, la culture et les problèmes actuels des peuples, ainsi que selon les transmissions orales du savoir à court ou long terme.
Autre part dans le monde, en Fiémance, une belle demoiselle de presque 16 belles années s'apprête à partir au pays du taylorisme breton pour une longue durée. Elle en est heureuse, c'est de circonstance, mais elle ne soupçonne pas même les éventuels événements consécutifs à son départ dans le cœur et la tête de nombreuses personnes habitant également le beau pays fiémançais. Son souhait, celui de s'envoler vers ce pays kerrouenlandiste si populaire de l'autre côté de la mare verticale qui l'en sépare, va enfin se réaliser et elle en est si heureuse qu'un large et éblouissant sourire l'illumine et – par la même occasion – illumine ses amusés camarades, de même qu'une lueur de joie immarcescible – que dis-je, une leur ? Un soleil ! - fait briller ses yeux. L'œuf qu'elle nomme alors « voyage » ne peut qu'être une renaissance, comme si elle était entré volontairement dans un œuf sans savoir que c'était un œuf dont elle ne pourrait sortir et dont elle ne sortirait qu'à son retour de Kerrouenland, renaissance dont elle se servira comme une sorte de tremplin vers ses activités futures. Sans qu'elle le sache encore, elle ne pourra refréner son envie, dans l'avenir, de promouvoir et de faire connaître son passage d'un cent quatre-vingt-douzième de ses étés d'alors dans le glorieux et bicentenaire passé de trente-six années pays, tandis qu'en Reno, dans la ville de Hope plus précisément, un homme s'apprête à battre sa femme, encouragé par son ébriété, pour un prétexte futile. Alors que l'alcool jeune coule à flots dans l'énorme gosier du gris et breton personnage, la femme, originaire du violet état du Constance, ne peut que subir les assaut répétés, presque frénétiques, et au premier abord moraux de l'homme avec qui elle s'est pour la vie engagée, selon les lois en vigueur dans leur état de résidence. Sans accepter la colère de son mari, elle le pardonne, l'excuse, car elle ne sait que trop bien qu'il fut dépisté atteint de catatonie, une maladie peu soignée par l'alcool. Aimante, elle l'avait toujours soutenu, malgré les effets secondaires douloureux qu'elle subissait avec une faible lueur de condescendance au fond du bleu pur des iris de ses yeux.
Tandis, dans les rues de Starfalgur, en Efstland, un vieux briscard devenu cicérone à son propre compte souffrait la désuétude et gisait sur la pierre taillée et sale du trottoir de la voie publique, ayant depuis plusieurs heures sombré dans la profondeur abyssale de l'alcoolisme dégénératif et quasi-permanent dont sa recherche était récemment devenu d'une grande priorité. Ayant vécu l'époque kiroviste des états kirkstanais de l'Alméra en raison de ses nombreux voyages, et ayant eu connaissance du krach boursier des pays-bas fiémançais de la dernière année du XVIème siècle, il était violemment conter l'économie de marché perpétrée par les kerrouenlandistes ultra-mondialistes. Lorsqu'on lui prêchait les bienfaits de cette économie, il ne parlait que de billevesées et autres chimères dont il ne souhaitait être un esclave pseudo-libéré, jurant envers ses prêcheurs dont l'espoir était clairement vain quant à cet homme. Devenu malheureux depuis la mort de sa femme, atteinte d'un cancer du pancréas, et de ses deux filles, l'une à 8 ans dans l'incendie de leur domicile familial et l'autre à 13 ans lors d'un accident de la route, il ne fait depuis que chercher l'amour qui comblera le vide laissé par ces trois disparitions. Ayant à peine réussi à offrir une sépulture décente à ses deux enfants, en raison de ses maigres revenus, il consacrait tous ses bénéfices à rembourser ardemment l'achat des pierres tombales. Hésitant quant à l'existence d'un quelconque Dieu qui l'aurait laissé seul et malheureux, pauvre, sur cette terre de mort, il avait depuis quelques temps cessé de prier et de rendre visite à ses chères disparues, sentant - à tort ou à raison, qui sait ? - la futilité de ses actes.
Au pays du kerrouenlandisme nordique, où les hommes étaient plus libres, c'étaient les riches qui prospéraient, notamment dans la capitale Tufqsp – pour ne pas la citer correctement. Ne connaissant pas les législations connues dans d'autres terres comme certaines restreignant aux yeux kerrouenlandistes la liberté de peuples dont peut-être la volonté était d'obtenir cette législation tout en permettant un épanouissement particulier, original et incompréhensible par l'esprit gouvernemental kerrouenlandiste, de quelque département que ce soit, le bonheur affiché n'étant pas une réelle alacrité, tenant plus de la simulation que de la réalité qu'ils prônent. Dans le monde dans lequel vivent les chefs kerrouenlandistes de la millénaire dynastie des Dbqjubmjtuft, soit officiellement le monde réel et sur lequel se basent les actions que nous pouvons percevoir, celui dans lequel nous sommes « éveillés », de grands concepts permettent l'évolution de l'humanité et sa progression dans l'Univers. Seront cités par exemple la monnaie, instrument indispensable au kerrouenlandisme – bien qu'il puisse en théorie subsister sans monnaie – ou encore les frontières et l'appartenance étatique ou nationale, prétextes des guerres et des tensions qui ont toujours secoué le monde dans lequel vivent les kerrouenlandistes, pour des puérilités habituelles, basées sur des quiproquo entre nations ou alliances basées, elles, sur des histoires d'appartenance étatique ou nationale, chaque état souhaitant pouvoir vivre en autarcie si le besoin s'en ressentait. Le souhait actuel des chefs étatiques et kerrouenlandistes était bien entendu la propagation au niveau mondial voire universel de leur doctrine kerrouenlandiste.[/quote]
Posté : sam. nov. 17, 2012 11:30 pm
par Iskupitel
Tragédie pour une Reine, ou Didon en 5 scènes, de Thibaud FIVARD. (texte intégral)
[quote]<center>Acte I
Scène 0
Énée et Didon parlent dans une pièce.
DIDON</center>
Mon seigneur, ami, dites-moi donc comment
De cette admirable et magnifique cité
Vous fûtes ainsi que votre père et votre enfant
Sur nos beaux rivages de sable rejeté ?
<center>ÉNÉE</center>
Mon roman ne pourrait suffire à tout décrire,
Et ce récit ne glorifierait nos héros.
L'horreur qu'apportaient nos ennemis dans leurs rires
Et de ces guerriers je ne sera le héraut,
Ainsi donc, chère amie, je ne pourrai vous dire
Ni vous conter ce que mon peuple a enduré
À l'arrivée d'Agamemnon, ce triste Sire
Qui ravagea toutes nos côtes l'épée tirée.
Et dès lors je vais chercher de nouveaux domaines
Pour établir en de nouvelles contrées les lares
De ma Patrie. Je cherche encore à perdre haleine
Et malgré le temps passant, je conserve espoir.
<center>DIDON</Center>
Je suis désolée de vous causer si grand peine
À votre cœur exposé à bien des malheurs.
Je pleure vos aïeux ainsi que vos marraines
Pour vous avoir quitté avant la fatale heure,
Rejoignant les cieux et les Dieux, vous attendant
Dans la plus pure des gloires immarcescibles
Vos vénérables ancêtres les rejoignant
Et rendant ainsi leur vénération possible.
Essayez tout de même, je vous en supplie,
De me conter le récit des flammes sur Troie ;
Il me plairait d'entendre le bois qui se plie,
Et le fracas des armes tandis que je bois,
Contés par vos soins, je suis persuadée que
Les horreurs belliqueuses du sac d'une ville
Pénétreront mon esprit, ma tête si bien que
Je pourrai reconnaître ce lieu entre mille,
Me fiant seulement aux sons et aux images
Que vous me décrirez avec beaucoup de faste,
Mais point trop de mensonges ou de mirages,
Monsieur je vous en prie pas d'influence néfaste.
<center>ÉNÉE</center>
Lorsque les grecs ligués entrèrent dans la ville,
Aidés dans leur attaque par un subterfuge
D'un de leurs preux seigneurs, Ulysse le subtil :
Tous ces vils traîtres avaient un cheval pour refuge
D'où ils sortirent, assoiffés de sang,
Décidés à piller Troie et assassiner
Hommes, femmes et enfants dans leurs beaux lits dormant.
Les destructeurs de leur fière et grande cité
Violaient, tuaient, brûlaient faubourgs, palais, temples.
Tandis que moi, Énée, fuyais, portant l'épée
Mon dos voyant se perdre les vêtements amples,
Faits de lin, de soie, de somptueuses beautés.
<center>Scène 1
Didon, seule dans une pièce, assise, se lamente, éplorée.
DIDON</center>
Le soleil brille de mille feux dans les cieux
Mon amour dérobé puisse-t-il être guidé
Par le désir et la volonté de nos dieux,
Portant son père depuis si long-temps bien ridé.
Je contiens cependant la fureur qui m'anime :
Me découvrir moi-même et déclarer mes feux
En déguisant encor mon dépit légitime.
Je ne puis parler de mon amour malheureux.
<center>IARBE</center>
<center>entre dans la pièce et s'avance vers Didon.</center>
Est-ce donc de moi qu'ainsi vous parlez, ma chère ?
Ces propos sortant de votre bouche m'émeuvent,
Et peu à peu mon amour envers vous se libère.
Et j'attends de votre cœur si beau une preuve.
<center>fait une pause en voyant sa dulcinée éplorée, puis reprend.</Center>
Dites-moi donc la cause de tous vos tourments.
Je vois que votre cœur est chargé d'une peine
Indescriptible, lourde et vous bouleversant.
Que se passe-t-il dans votre esprit de Reine ?
<center>DIDON</center>
Mon cher, ma politesse n'est qu'une façade
Et mes mots sont aussi durs et froids que les pierres.
Les malheurs sont tombés sur moi en cascade
Et votre piètre insolence aussi vile que fière
Me blesse profondément. Partez ! Oui, partez.
Je suis lasse de ceci autant que de vous.
<center>IARBE</center>
Il faut donc que je vous aime pour accepter
Ce qui atteint mon cœur plus durement que des coups.
<center>s'en va, tête basse, épaules voûtées et saluant Didon, à la manière du courtisan qu'il est.
Scène 2
Énée sur la plage où il vient de débarquer pour rejoindre Didon.</center>
<center>ÉNÉE</Center>
Dieux que le Vent souffle dans mes boucles dorées,
Grandissant malheureusement marées et vagues,
Portant l'appel de détresse d'une éplorée,
Que je peux percevoir. Elle attend une bague,
Et sans tarder je la lui porterai, pensant
Que la vie ne fait aucun cadeau, que les Dieux
Si avides de sacrifices ne pouvaient tant
Voir dans le lointain, car ils avaient besoin d'yeux
De mortels capables d'agréablement voir
Si l'homme, par le Dieu en question possédé
Peut apercevoir le divin dans un miroir.
Je me languis ainsi d'être loin de mon cœur,
Transpercé de part en part de flèches d'argent,
Qui cruelles me font du mal j'en ai peur,
Et déchirent mes veines, font couler mon sang,
Car au-delà de l'océan j'entends toujours
L'appel, le cri de la dame de mes pensées
Qui somme tacitement de jour en jour
De revenir et de sa main lui demander.
<center>IARBE
rencontre Énée sur la plage.</Center>
Holà mon ami ! Dites-moi donc ce que vous
Faites sur notre terre, pour vous étrangère,
Qui de droit m'appartient, car je serai l'époux
De celle qui me fut promise par son père.
Vous l'aurez compris, c'est Didon qu'ici j'évoque.
Cette Didon qui ne vous a point retenu,
Celle qui, hélas pour vous, vous trouve équivoque.
En partant d'ici, vous lui avez tant déplu
Qu'elle ne souhaite jusqu'à ne plus jamais vous revoir.
Trépassez Dardanien rescapé d'une ville
Dont la reconstruction est œuvre dans espoir
Surtout si le projet est d'un être si vil !
Et vil vous l'êtes pour sûr, chien immonde, galeux,
Dont la Rage autour de lui fane Faune et Flore.
Que votre colère se déchaîne comme elle le veut,
Car mon être tout puissant ne craint pas la Mort.
<center>ÉNÉE
courroucé, hors de lui et sortant son glaive.</center>
Quels propos indignes d'un homme vous tenez !
Qu'Hadès vous damne et vous emporte dans les Enfers.
Taisez-vous, par Héphaïstos, ou vous mourrez !
Monsieur je m'insurge, vous goûterez au fer !
Et que Mars, Dieu de la Guerre, guide ma Lance !
<center>jette sa lance mais n'atteint point Iarbe.</Center>
Vous dites de mes mots, mais que sont donc vos gestes ?
Vous mériteriez de danser à la Potence,
Pour que votre cadavre sur les routes empeste.
Si je peux me permettre, votre œil est berné :
Vous n'arrivez même plus à lancer un pilum !
Le Dieu de la Guerre n'a que faire de vous, Énée.
<center>ÉNÉE
ayant repris son calme, commence à ironiser.</Center>
J'irai faire mes excuses sur le Forum
<center>en s'inclinant, le sourire aux lèvres,</center>
Au plus grand seigneur et futur Roy de Carthage,
Dont la Grandeur étincelante nous surpasse.
Ô mon grand Prince, le plus beau de tous les âges,
Votre Or est comparable à celui de Midas !
<center>IARBE</center>
Ainsi, cher ami, vous devenez raisonnable !
Votre esprit ne s'égare plus en de vains lieux,
Et vous me promettez une amitié durable,
Sous le regard et l'égide de tous nos Dieux.
<center>ÉNÉE
se reculant.</center>
Vous vous méprenez, prince digne des Enfers.
Mes propos ne cherchaient pas à vous glorifier.
J'allais, dénigrant toujours votre cœur pervers,
Noir du mal impie auquel on ne peut se fier.
<center>IARBE
véritablement étonné.</center>
Mon cœur souffre le martyre des jeunes Hébreux,
Et de ma ville natale je me souviens.
Ma grande douleur est telle celle de ceux
Qui furent massacrés par les Grands Dieux païens.
J'avais tort de croire que vous aviez changé,
Que vous vous mettiez donc sous mon protectorat,
Et qu'une amitié entre nous s'était forgée.
Mais c'est donc en vain que mon esprit espéra.
Vous avez donc pour une fois gagné, ennemi.
Mais mes propos vont de nouveau vous dénigrer.
Retournez-donc chez les gueux pleurer votre mie.
Vous n'êtes point digne d'une telle beauté !
<center>ÉNÉE
furieux.</center>
Point digne ? Fiez donc ! Vos dires sont mensonges !
Que pensez-vous donc ? Que de vous elle est éprise ?
Je vous assure, vous n'occupez pas ses songes !
C'est mon cœur qui en Didon étend son emprise !
<center>part, rengainant son glaive et laissant sa lance à terre.</center>
<center>Scène 3
IARBE
seul, visiblement désespéré et dépressif.</center>
Dieux vous m'imposez un sacrifice cruel,
Et je ne sais plus quoi faire pour conserver
J'errerai donc seul, éploré, dans les ruelles
Où ma souffrance saura comment s'abreuver.
Cette arme à terre, celle de mon ennemi,
Va m'aider à laver mon honneur sanglant.
Que faire aujourd'hui, mon destin je le choisis,
Mais ce mariage est un cercueil où chaque enfant
Aurait été un nouveau clou dans le bois d'aulne
Qui ferment la bière qui a jamais s'engloutit
Dans la Mort, le symbole du grand Roi des Aulnes,
Devant lequel toute forme de vie s'enfuit.
Que faire à part mettre fin à mon existence ?
Je ne crains donc pas la mort ni ne la repousse.
Cette chose à terre sera ainsi ma chance,
Mais personne ne peut venir à ma rescousse.
<center>saisit la lance, la lève au ciel et, présentant la poitrine à la pointe de la mortelle arme, rejoint le Roides Aulnes dans une sensuelle étreinte.
Scène 4
ÉNÉE
de retour dans la salle de détente de Didon de Carthage.</center>
Mais malgré mes sentiments, je dois vous quitter.
Votre amour reste ancré en moi à tout jamais ;
Excusez-moi, j'ai une tâche dont m'acquitter.
Adieu, chère et tendre ami qui fut mon aimée.
<center>sort.
Scène 5
DIDON
assise, se lamente, telle le Penseur.</center>
Pour ce Monde d'ici est-il si cruel ?
Pourquoi faut-il donc que je sois abandonnée ?
Pourquoi tombent ainsi sur moi les foudres du ciel ?
Pourquoi en des lieux mauvais mon cœur est-il jeté ?
Un sort malheureux est tombé sur ma personne.
Je prends le glaive qu'Énée m'a laissé en gage.
Que mon grand cri de douleur résonne
Jusqu'à Énée, pour qu'à jamais il crie de rage.
<center>prend le glaive, l'enfonce en son sein.</center>[/quote]
Posté : dim. nov. 18, 2012 1:55 am
par Iskupitel
La pâquerette ou l'humain, Thibaud FIVARD. (texte intégral)
[quote]Sur leur colline, les pâquerettes chantaient et dansaient en fleur depuis longtemps, lorsque les humains vinrent et découvrirent qu'il existait un trésor insoupçonné à l'intérieur de la colline. Ils décidèrent de vivre avec les pâquerettes, jusqu'à ce que celles-ci leur apprennent les secrets de ce trésor. Les pâquerettes ont toujours été des animaux minéraux très bavards. Ainsi, lors de la première soirée, les humains apprirent à danser. Lors de la seconde soirée, les humains apprirent le respect de l'autre. Mais cette soirée-là était très arrosée, et le lendemain ils avaient oublié comment respecter. Lors de la troisième soirée, alors que ses congénères apprenaient auprès des pâquerettes comment utiliser la force du Soleil, le chef des humains, autoproclamé, vint voir la pâquerette la plus grande, et lui dit : « Holà, jolie pâquerette ! Conte-moi, je te prie, les mystères de cette colline et de son trésor insoupçonné ! » « D'accord, répondit la pâquerette, amusée de la franchise de cet homme qu'elle trouvait par ailleurs charmant, je vais tout te dire. », et la pâquerette raconta au chef des humains tous les secrets pâquerettesques de la colline.
Dès que la pâquerette eut terminé son récit, l'humain de tête la prit par le cou, et le lui tordit. Ensuite, il alla tordre le cou à plusieurs autres pâquerettes, et il les assembla dans sa grande main. Ainsi, il disposait d'un outil relativement solide, la cohésion des pâquerettes mortes étant assurée par ses mains calleuses. Il prit cet objet, et il creusa le sol avec. Rapidement, la terre s'effrita, et l'humain put récupérer des morceaux de terre, qu'il utilisa avec ingéniosité afin de renforcer son outil. Ainsi, petit à petit, il parvint aux bassesses qui servaient de fond à la Terre, qu'il transperça.
La chaleur le submergea, et rapidement il suffoqua. « Ainsi, pensa-t-il, les dires des pâquerettes étaient véridiques : l'Enfer est bien situé sous cette colline... » Galvanisé par la puissance de l'espèce humaine, qui était capable de franchir les limites du monde, pour trouver le lieu où se trouvaient les âmes des défunts après leurs mauvaises action, il grimpa pour rentrer à la surface, réfléchit un instant : « Soit j'avertis mes compatriotes, et dans ce cas je dois partager le trésor que je trouverai, soit je poursuis seul, auquel cas je deviens le roi de toutes ces contrées, régnant même sur les autres humains, qui devront me baiser les pieds en signe de soumission. Soit. Je continue seul, c'est bien lus intéressant ! »
Il reprit son outil en main, et de nouveau il descendit en ce lieu suffoquant qu'il avait nommé Enfer d'après les indications de la grande pâquerette. Mais lorsqu'il fut arrivé à la pierre qui était son point de repère, il trouva, avec surprise, des millions de pâquerettes, vêtues de chaînes, de casques, portant ds armes dorées, ou des projectiles enflammés.
La bataille, inévitable, eut lieu, les pâquerettes, souhaitant venger leurs sœurs, affrontant ensemble, soudées, l'humain, seul, qui souhaitait protéger un lieu qui en rien ne lui appartenait mais qu'il considérait sien, qui était plus le terrain d'un Dieu que le sien. Il ne possédait pas d'armes, car il ne savait pas ce que c'était, et qu'il avait brisé son outil pour creuser peu avant. Il ne possédait pas de vêtements, car il ne savait pas ce que c'était. Il ne possédait pas de compagnons, car il avait préféré le profit potentiel unique à la forme de communauté.
Rapidement, il fut submergé par les petites pâquerettes, qui avaient privilégié le nombre à la force personnelle. De son côté, l'humain, malgré à sa force naturelle supérieure à celle de la pâquerette « standard », ne pouvait cautionner un tel nombre de parasites. Puis l'humain eut recours à une technique qui lui est propre : le baroud d'honneur. Quelle que soit l'espèce animalière, lorsqu'elle s'apprête à mourir, elle meurt, se résignant à son sort. Alors que l'humain, lui, tenta d'utiliser le feu des projectiles pour de non pas seulement se protéger des pâquerettes mais également de les tuer par la même occasion, mettant feu à son propre corps.
Cette attitude mena à une mort rapide de l'humain, dont l'âme quitta ce corps pour rejoindre l'Enfer, car sa vie était mauvaise. Contrairement à ses pensées, l'humain n'était pas en Enfer lorsqu'il est mort, car l'Enfer est, quoi que l'on puisse dire, toujours plus profond qu'on le pense, pensait et pensera toujours. Un jour, l'humain découvrit l'Enfer, et il découvrit cet Enfer dans un lieu assez peu imaginé pour abriter la lie de l'espèce humaine, bannie des Dieux et abandonnée de tous les autres habitants de la planète Terre. Cet Enfer, il le découvrit à ses pieds, car il était en haut d'une montagne lorsqu'il reçut l'illumination qui le conduisit à transporter son esprit en dehors du domaine habituel des Songes. Cet Enfer, c'est la civilisation humaine, et l'espèce en en générale. Ce fut ce qu'il pensa.
Mais un jour, que l'humain ayant perdu foi en l'humanité et n'ayant jamais eu le cœur d'annoncer sa découverte aux autres humains, marchait en haut d'une étrange colline dont le sommet était orné d'un petit trou, sorte de terrier gigantesquement profond, il vit une pâquerette. « Bonjour, jolie pâquerette, dit-il. Comment vas-tu ? » « Je vais bien, lui répondit la pâquerette au grand étonnement de l'humain. Que veux-tu, humain éclairé ? » « Je voudrais vivre avec toi, jolie pâquerette, dit-il après quelques instants de réflexion et de souvenir de son animosité de l'espèce humaine. J'aimerais apprendre à vivre comme une pâquerette. Penses-tu que cela soit possible ? » « Je ne sais pas, dit la pâquerette. Mais on peut toujours tenter. » L'humain défit alors ses chaussures, son pantalon, sa chemise, sa cravate, sa montre, son chapeau, ses lunettes, son crucifix, ses chaussettes, ses sous-vêtements, et creusa un trou où il se planta lui-même.
« Non, dit la pâquerette. Tu commences mal : tu ferais mieux de faire appel à ceux qui ne sont pas loin et qui voudront bien t'aider sans rien demander en retour. Ainsi, tu seras plus intelligent. »
L'humain obéit à la pâquerette, et il demanda son aide à un rocher voisin et à son amie la jolie pâquerette. Les deux animaux minéraux acceptèrent de l'aider, et il fut bien vite dans son trou, ses doigts de pieds sentant le douce fraîcheur de la terre fraîche. Puis, l'humain tenta de débloquer ses bras de l'emprise de la terre.
« Non, dit la pâquerette. Tu continues mal : tu ne devrais pas refuser l'étreinte de ta mère, celle qui t'a mis au monde. » « Mais, répondit l'humain, ma mère n'est pas là ! » « Ta mère, continua la pâquerette sans s'énerver le moins du monde, est la Terre, car si toi-même tu ne fus pas enfanté par la Terre, alors ton ancêtre ayant vécu auparavant le fut, ou bien son prédécesseur. On descend tous de la Terre, si l'on remonte assez loin dans les racines tortueuses de la famille. Tu devrais donc laisser la terre et ses autres enfants t'emprisonner les membres supérieurs. Ainsi, tu seras plus sage. »
L'humain obéit de nouveau à la pâquerette, et il abandonna ses bras mais aussi ses jambes à la Terre et son étreinte. La pâquerette le remarqua.
« Non, dit la pâquerette. Tu continues mal : tu ne devrais pas vouloir apprendre trop vite et brûler les étapes. Je suis ta conseillère, je t'ai instruit, pour devenir plus sage, de ne pas refuser l'étreinte de ta mère, en parlant de tes membres supérieurs. À moins que tes jambes ne soient placées plus haut que tes bras, tu n'aurais pas du aller trop vite en besogne. Si quelqu'un te donne un bœuf, iras-tu prendre le second et dernier bœuf de cette personne ? Si un cheval accepte que tu montes sur son dos, iras-tu le domestiquer ? Vous, les humains, vous êtes comme cela. Mais ce n'est pas le bon chemin de vie. Tu devrais donc reprendre possession de tes jambes jusqu'à ce que la Terre te les demande. Alors, tu les lui céderas. Ainsi, tu seras plus réfléchi. »
L'humain obéit, et il reprit possession de ses jambes. Les jours passèrent, l'humain ayant décidé de se limiter pour le moment à ces trois commandements, qu'il commença à maîtriser après une semaine de vie avec la pâquerette. Puis, il sentit la Terre se fendre devant lui, et le monde des humains fut emporté au loin, le morceau de Terre en quête de la vérité ayant subitement disparu. Où qu'il regarde, il ne voyait personne.
« Non, dit la pâquerette. Tu continues mal : tu ne devrais pas chercher à revoir tes anciens compatriotes. Le jour où tu devras les revoir n'est pas encore arrivé, et il se présentera à toi de façon spectaculaire, car c'est ainsi que vivent les humains qui sont idiots. Toi, tu n'es pas un humain idiot, car tu recherches la vérité là où elle ne se trouve peut-être même pas. Si tu continues à chercher ainsi, tu resteras seul, car bientôt je quitterai ce monde, te laissant seul devant ton destin, si tu ne respectes pas les commandements rapidement. Tu devrais donc t'astreindre à oublier ton passé, car la seul chose qui puisse importer est ton futur. Ainsi, tu seras capable d'avancer. »
L'humain obéit fidèlement, et bientôt il ne se souvenait plus de ce qu'il avait fait auparavant, ayant même oublié son nom. Tout ce dont il se souvenait, c'était qu'il était humain et les préceptes et commandements de son amie la jolie pâquerette. Le lendemain de son oubli, une humaine grimpa en haut de la colline où se trouvait la tête de l'humain, la dernière chose émergée de son corps. Il ne parla pas, et elle ne le remarqua pas. Elle redescendit la colline, et il fut bientôt subjugué par cette humaine.
« Non, dit la pâquerette. Tu continues mal : tu ne devrais pas voir cette humaine comme la solution à tes problèmes de solitude, car si elle peut t'apporter le réconfort, est-ce cela durable et sincère ? D'autant plus que, je te le rappelle, tu as voué ta vie et ton corps à la Terre et à mes conseils de vie. Tu devrais donc t'astreindre à ne pas lui répondre, si dorénavant elle désirait te parler. Ainsi, tu seras moins versatile. »
L'humain obéit aux préceptes de son amie la jolie pâquerette, et comme depuis à présent des mois il ne parlait plus, cela ne lui serait pas difficile de respecter ce commandement, s'étant lui-même inscrit dans une routine de silence. Du moins, le pensait-il. Le jour suivant, l'humaine gravit de nouveau la colline, et remarqua cette fois l'humain, dont seule la tête sortait encore du sol. Elle lui parla, mais il ne lui répondit pas. Elle continua, trouvant en cet humain la personne à qui parler, la personne qui comprendrait tous ses malheurs puérils et totalement futiles.
Ainsi, toutes les heures depuis le zénith jusqu'au coucher du soleil furent consacrées par l'humain à écouter attentivement les paroles de l'humaine, et à l'humaine de se confier sincèrement à l'humain. Elle lui racontait sa vie de tous les jours, ses petits bonheurs et ses malheurs amoureux, ses questions faussement existentielles, sa santé et celle de sa famille. « Ainsi, pensa l'humain, il y a encore d'autres humains ! » Comme il n'avait en réalité pas totalement oublié la destruction de la Terre devant ses yeux ébahis, savoir que cette humaine n'était pas, avec lui-même, la seule rescapée de ce désastre lui permit d'espérer de nouveau en l'espèce humaine. « Si tous les gens sont aussi gentils et attentionnés que cette humaine, pensa-t-il, alors je veux bien revenir vivre avec eux. »
Le jour de la treizième visite de l'humaine, l'humain prit la parole, faisant résonner de sa voix caverneuse l'air environnant le sommet de la colline qu'il habitait depuis si longtemps qu'il ne savait plus se défaire de l'amour qui le liait à la Terre. Alors qu'elle évoquait une réflexion quant à la Terre, il dit « Maman », et tel fut son premier mot, le premier mot d'un homme plein de renouveau.
L'humaine s'arrêta de parler, et elle fondit en larmes. La jolie pâquerette, elle, observait sans rien dire. Elle se demandait quelle bêtise humaine l'humain allait encore pouvoir faire. L'humain bougea ses mains, puis ses bras, et finalement il s'extirpa de son trou, pour se relever et prendre la main de l'humaine, qui le mena vers un village constitué de maisons de bois. Il dit bonjour à tous les habitants du village, et il leur demanda leur aide afin de construire une maison et un jardin, où il cultiverait le fruit de la Terre. Ils n'acceptèrent pas, et de nouveau l'humain se sentit tellement haineux envers cette espèce qu'il s'étendit devant son amie la jolie pâquerette, et qu'il lui dit : « Je suis désolé, jolie pâquerette, mais je crois que ma vie se terminera avant toi. Je lui mets fin, car mon espèce n'est pas digne de mon amour. »
« Non, dit la jolie pâquerette. Tu finis mal : tu ne devrais pas vainement espérer l'amour de tes compatriotes par gentilles envers eux, mais vivre dans le respect des préceptes que je t'ai prodigués. Tu devrais savoir que cette espèce est condamnée, et que très peu nombreux sont les représentants de cette espèce qui ne sont pas avides de pouvoir et de richesses. Si tu fais cela, alors tu seras digne d'être un homme. »
L'humain écouta attentivement l'ultime conseil de son amie la jolie pâquerette, puis lui dit adieu et se rendit dans son village, où il fit rassembler tous les habitants devant une estrade qu'il s'était confectionnée rapidement, assemblant quelques planches de bois qu'il avait trouvées près de la colline. « Mes amis ! Ma vie recommence aujourd'hui, et de votre amitié si ce n'est de votre amour je veux être digne. Je possède la sagesse qu'il vous manque, alors je vais vous enseigner les commandements de la pâquerette qui vit en haut de cette colline, dit-il en désignant la colline de laquelle il venait. » Les gens, autour de lui, le prenaient pour un fou. Ils se demandaient qui était cet humain pour venir, crier autour de lui, prétendre posséder le savoir ultime et le tenir de la parole d'une pâquerette, et ils le rejetèrent. L'humain retourna voir la pâquerette, pour quérir des conseils, et il la chercha partout sur la colline. Il retrouva finalement le trou qui l'avait habité, et celui qui avait abrité la pâquerette, vides. Il eut alors l'idée de creuser de façon perpendiculaire au sol et en séparant le trou de la pâquerette en deux, comme la pâquerette lui avait enseigné peu avant que l'humaine vienne les troubler dans leur tranquillité spirituelle. Il parvint finalement à un résultat, après plusieurs heures de labeur. Était inscrit : « Je pars : mes commandements ne sont pas utilisés à bon escient. Hélas pour toi, humain, je ne te garantis pas que tu survivras au vent de colère des habitants de cette contrée inhospitalière, comme tu l'as constaté. Adieu, humain. Adieu... »
Lorsqu'il se redressa, il vit au bas de la colline les gens du village l'accuser de sorcellerie, et ils venaient le tuer pour éviter que sa maladie se propage. Il se résolut alors à s'enterrer, de nouveau, cherchant refuge auprès de sa mère. Il ferma les yeux, et la Terre, répondant à son appel, l'engloutit à jamais dans les souterrains de l'erreur humaine, où il put rencontrer le premier humain, celui qui s'était autoproclamé chef des humains et qui avait creusé dans la colline. Ils ne purent parler, mais les yeux vides et pourtant dégageant une telle aura de remords du premier humain exprimait tout ce que ses mots ne pourraient décrire.
La dernière image qu'il eut du monde, avant de rejoindre définitivement sa créatrice, sa mère, la Terre, mourant par le même biais, fut ce fut un dessin de pâquerette au mur d'une caverne qu'il traversait, entraîné par la Terre, sa mère, qui l'avait toujours pris sous son aile et cela sans rien demander en retour.[/quote]
Posté : dim. nov. 18, 2012 6:41 pm
par Iskupitel
Extrait de Les jeunes de Tel-Érib, de Alexander MOXX (2016).
[quote]Une des grandes forces de Tel-Érib, impossible à renier, est la jeunesse. En 2015, les enfants de 0-15 ans représentaient plus de 26% de la population, ce qui constitue une formidable ressource pour l'État. Ainsi, la réaction du ministre des affaires étrangères lors de la rencontre Sébaldie-Tel-Érib était prévisible : le plan de réduction de la population est très intéressant, mais ce serait perdre une partie de nos atouts que de refréner cette natalité (18.2/1000 en 2015). Une telle jeunesse ne peut alors aller que de conserve avec le système éducatif. La natalité progressant, les enfants sont plus nombreux, ce qui constitue des classes imposantes, devant être fragmentées en de nouvelles classes, rendant nécessaire l'investissement dans l'agrandissement des écoles et indispensables l'embauche de nouveaux professeurs. De plus, ces nouveaux professeurs, quel que soit le niveau où ils sont demandés, aspirent à être formés à la pédagogie "sur le tas", car se basant sur de bonnes connaissance provenant d'études auxiliaires, les nouveaux employés du Ministère de l'Éducation n'ont plus qu'à affronter les élèves : c'est l'inconvénient majeur de cette hausse de la population. Mais non seulement cela permet d'apprendre à travailler en groupe et de valoriser cette compétence, mais en plus le Ministère de l'Éducation connaît ce problème et le prend en compte, créant d'obligatoires "journées pédagogiques" où les anciens professeurs apprenaient à former des adultes au travail qu'ils pratiquent depuis plus de 5 ans. Depuis la mise en place de ces journées pédagogiques en 2002, les progrès ont été fulgurants, et c'est une aubaine pour tout le monde : les jeunes cherchant du travail en trouvent en tant que professeur, tandis que les meilleurs formateurs d'adultes s'arrachent au sein des plus grandes écoles, là où l'augmentation de salaire se remarque en comptant le nombre de chiffres.
Mais les jeunes ne passent pas l'intégralité de leur vie à l'école. Sont nombreuses les écoles de musique dans les villes, car il est de notoriété publique que jouer d'un instrument de musique améliore les capacités cognitives et l'agilité d'un enfant. Grâce au Ministère de la Culture et des Sports, il existe depuis 2011 une bourse permettant aux familles peu aisées de se procurer une guitare, un piano ou un violon d'occasion. Le système musical permet de faire vivre à l'enfant une évolution au sein même de son école de musique. Un concert annuel par établissement musical a été rendu obligatoire par la loi en 2014, et l'équipe encadrante de l'école se doit d'utiliser les compétences de chaque élève, qui a faire jouer du triangle aux plus nuls. Le but de cela est de faire connaître aux enfants le monde du travail en équipe, encore une fois très présent. Et cela est normal : peut-on jouer parfaitement d'un instrument dans un groupe sans écouter les autres ? La réponse du Prince est très claire sur ce point, et le Ministre de la Culture et des Sports reste persuadé de la même chose.
L'autre activité praticable par les jeunes sur leur temps extra-scolaire sont les Scouts de Tel-Érib. De 8 à 19 ans, divisés en quatre classes d'âge (8-10 ; 11-13 ; 14-16 ; 17-19), revêtant une chemise uniformisée de couleur associée à leur classe d'âge (8-10 : orange ; 11-13 : bleu ; 14-16 : rouge ; 17-19 : vert) et encadrés par des chefs reconnus par l'État, cette organisation regroupe plus de 2 millions de jeunes sur tout le territoire. Sortant des clichés des "BA" (Bonnes Actions), des ventes de biscuits et des camps de survie en pleine forêt, les scouts de Tel-Érib cherchent à conserver une vitesse de croisière quant à leur adaptation aux changements que subit le monde qui les entoure. Ainsi, les Scouts de Tel-Érib ont appris à allier les compétences des enfants concernant les nouvelles technologies et l'esprit plus professionnel et communicatif de leurs chefs. Ainsi a été organisé, en 2014, un grand rassemblement des 14-16 ans (les pionniers-caravelles), regroupant plus de 400 000 jeunes. Pendant cinq jours, ils ont vécu dans des installations scoutes (uniquement de la ficelle et du bois) et ont organisé un immense message déliré au Zanyane et à tous les pays qui connaissent la guerre, se disposant dans une immense plaine et dessinant grâce à des cartons colorés le drapeau de Tel-Érib et de l'AdE, côte à côte. La Prière fut également tournée vers ces peuples malmenés. En effet, les scouts de Tel-Érib sont officiellement laïques, mais en pratique la totalité des jeunes sont princiers, donc des Prières à grande échelle sont organisées. Point intéressant : les scouts de Tel-Érib sont exonérés d'impôt, pour "service rendu à la Nation".[/quote]
Posté : mer. nov. 21, 2012 7:56 pm
par Iskupitel
Tel-Érib, une capitale mais pas seulement, de Alexander MOXX (2016). (Extrait)
[quote="Tel-Érib, une capitale mais pas seulement"]
La première ville de Tel-Érib est également sa capitale. Son nom est avant tout historique. D'abord nommée Tyrie par le Prince Iskupitel lors de sa fondation, au début du 7ème siècle, elle est renommée en 1975 par ce même Prince "Tel-Érib", comme le début d'une nouvelle ère pour les territoires du sud de l'Île du Prince.
Plus grande ville du pays éponyme, autant par la population que par le PIB, c'est une ville dynamique, abritant le somptueux Palais Princier de Tel-Érib. Regroupant le sciège des plus grandes entreprises de Tel-Érib, c'est une ville vivante et verte. Développant un grand système éducatif et universitaire pour les jeunes vivant dans la Tribu de Tel-Érib, elle mérite amplement son titre de "capitale".
Mais Tel-Érib n'est pas seulement une ville. Certes, le territoire de la Tribu de Tel-Érib est bien plus maigre que celui des autres Tribus, mais cela n'empêche pas la "Tribu princière" d'être compétitive, au moins au niveau national, quant à l'agriculture et le commerce. Ainsi, la "Tribu Première" contient l'entreprise "Téréos" :
[quote]<center>[img]http://www.blogagroalimentaire.com/wp-content/uploads/2011/09/tereos-logo.jpg[/img]
Nom : Téréos
Date de création : 2019
Secteur : Secondaire
Production : Alcool de betterave
Partenaires internationaux : Aucun</center>[/quote]
Mais également d'autres, comme "Opium" :
[quote]<center>[url=http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=343157opiumSlide1.jpg][img]http://img15.hostingpics.net/pics/343157opiumSlide1.jpg[/img][/url]
Nom : Opium
Date de création : 2010
Secteur : Primaire
Production : Opium
Partenaires internationaux : investisseurs du Shankhaï</center>[/quote]
À celles-là s'ajoute l'entreprise Prince - Food & Fish :
[quote]<center>[url=http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=840242PrinceFishFood.jpg][img]http://img15.hostingpics.net/pics/840242PrinceFishFood.jpg[/img][/url]
Nom : Prince - Fish & Food
Date de création : 1970
Secteur : Primaire - Secondaire
Production : Agroalimentaire
Partenaires internationaux : Aucun</center>[/quote]
... et, bien sûr, les grandes surfaces de mobilier en kit, Kydith :
[quote]<center>[img]http://img94.xooimage.com/files/f/e/0/plk-3be6d3b.jpg[/img]
Nom : Kydith
Date de création : 2010
Secteur : Secondaire
Production : Mobilier en kit, entièrement bois.
Partenaires internationaux : Océania</center>[/quote]
D'autres entreprises sont présentes, mais nous elles ne seront pas toutes mentionnées ici, en raison de leur trop grand nombre.
La "Tribu princière" comporte la plus grande diversité de cultes. Bien que la Liberté de Culte n'ait pas toujours été une évidence, comme aujourd'hui, les citoyens pratiquant une autre religion se cachaient dans la région, ne pouvant faire autrement, s'ils souhaitaient pouvoir travailler. Ainsi, l'on retrouve sans grande difficulté des temples chrétiens, juifs ou musulmans, clandestins, cachés dans l'arrière-salle d'une petite taverne au fond d'une sombre impasse à demi-éclairée. De même, à la campagne, on trouve des temples confucianistes, bouddhistes et taoïstes, moins dissimulés. L'explication est claire : la police contrôlait plus les villes que les campagnes, considérant sur ordre du Prince que les paysans étaient "des païens de toute façon !" Il aurait également ajouté (sauf votre respect, Prince Iskupitel) "Si la connerie était une fleur, mes campagnes seraient le plus beau jardin du monde".
Le paysage de la campagne de la "Tribu Première" est composé de magnifiques champs de betterave ou de blé, parsemés de bois et d'enclos à bétail. Les routes sont rares, et la principale voie goudronnée est l'axe Ajnin-Aqshiah, surnommé "l'autoroute de la mer".[/quote]
Posté : mer. nov. 28, 2012 8:54 pm
par Iskupitel
Rizla, Thibaud FIVARD (2019). (Œuvre intégrale - Acte I Scène I)
[quote="Rizla"]<center>Acte I
Scène I
Une grande pièce claire, au milieu de laquelle est, prosterné, Rizla.
Rizla</center>
Dieux, qu'ai-je fait ? Pourquoi dois-je tant souffrir pour ne pas même obtenir ce pour quoi j'ai souffert ? Je sens ma tête tourner, et me jambes se font moins puissantes, fléchissant ostensiblement. Que diable, Rizla. Que diable ! Seront-ce quelques tracas qui à terre de nouveau te mettront ? Voilà des pas qui approchent... Qui cela peut-il être ? Si c'est Sovana, les Dieux savent que mes jours verront sa fin. Je sens cette rage bouillir au fond de moi, et je me sens déjà brandir cette épée, la plantant en son flasque corps, déchirant successivement chaque derme de sa poitrine, sentant la résistance de la cage thoracique puis sa sonore fracture, faisant couler le sang à sa source, abrégeant sa vie pauvre, inutile et exaspérante faite de rapines et autres vols, ressassant sans cesse ses fautes et ses actions à ses victimes. Moi-même, j'ai été perdu par cet affreux personnage. J'en ai honte, et à présent ma famille a honte de moi ! Que faire pour retrouver l'amour de ma femme, de ma fille et de ma mère ? Que faire pour laver cet affront ? Que faire pour retrouver cette tranquillité d'antan ? Où se peut trouver ce Dieu, dont l'on m'a si souvent vanté les mérites, les actions et les pouvoirs ? Où se peut trouver mon salut ? Où se peut trouver ma rédemption ?
<center>La porte s'ouvre et un homme entre.
Sovana</center>
Te voilà donc, cher ami ! Te cacherais-tu ? Sache que te trouver fut plus difficile que ce que j'espérais. Signeras-tu mon offre ?
<center>Rizla</center>
Que viens-tu encore me tourmenter, affreux personnage !
<center>Sovana</center>
Te tourmenter ? Pourquoi donc ? Qu'ai-je fait pour provoquer un tel courroux de ta part ?
<center>Rizla</center>
Dieux que oui, tu me tourmentes de fond en combles ! C'est ton hypocrisie qui dans cet état me met ! Que ne poursuis-tu tes rapines chez un autre homme fragile ? Ton offre, je la refuse. Pourquoi accepterais-je l'offre de quelque malvenu ? Tu ne fais que m'offrir la garantie d'être riche une fois mort. Quel usage en aurais-je ?
<center>Sovana
Pose le contrat, sorti de son porte-feuilles, sur une table.</Center>
Je dois aller, Rizla. Je ne sais réellement pourquoi tu ne daignes ni le signer ni m'entendre comme je suis, mais voilà le contrat ; si tu l'acceptes tout de même, signe-le. Sinon, déchire-le, brûle-le, donne-le à ton chien. Mais informe-moi de ta réponse, je t'en prie.
<center>Il sort.
Rizla
s'approche et prend le contrat, le lit puis prend une plume, résigné.</center>
Hélas ! Que ne puis-je le refuser ! Je n'ai le choix, et l'envie de résister ne m'anime plus. Qui pourrait me conseiller ? Dieu ?
<center>Il rit.
Dieu
apparaissant dans une éblouissante lumière blanche.</center>
Rizla, je sais que tu doutes. J'ai la réponse à tes questions, si tu les acceptes.
<center>Rizla</center>
C'est bien la première question que je me pose. Accepté-je les réponses à mes propres questions ou préféré-je oublier tout cela ?
<center>Dieu</center>
Je peux te répondre.
<center>Rizla</center>
Alors, réponds !
<center>Dieu</center>
Comment oses-tu me parler sur ce ton ? Ne suis-je pas Dieu ?
<center>Rizla</Center>
Tu l'es, pour sûr. Mais Dieu ne se doit-il pas de mettre la compréhension au service des Hommes ?
<center>Dieu</Center>
Dieux que non ! Je comprends, et je sais, que tu t'égares, Rizla. Dieu n'est pas la source du savoir des Hommes ; il n'est que le relais entre Æ'C'psethnorothkyuu* et les Hommes. Vous avez d'ailleurs plusieurs façons de me voir. Certains pensent que je suis le père d'un certain Jésus ; d'autres pensent que j'ai donné le savoir à un certain Mahomet ; d'autres encore me considèrent comme Justice ; d'autres enfin décuplent ma magnificence. Je ne suis aucun des quatre et toi, Rizla, tu as l'honneur de le savoir. Alors, me diras-tu, que penser des agnostiques et autres athées ? Alors, te dirai-je, ce ne sont que d'autres formes de moi. Entends-tu bien ce que je te dis ?
<center>Rizla</center>
Je t'entends. Mais que dois-je faire quant à ce contrat ?
<center>Dieu</Center>
Je peux te conseiller. Mais sache que je connais la suite des événements. Je connais les malheurs qui parviendront à toi. Je connais les bonheurs qui te réjouiront.
<center>Rizla</Center>
Alors, que me conseilles-tu ? Dois-je attendre, le signer ou le brûler ?
<center>Dieu</center>
Attendre te fera perdre la raison. Le signer te fera perdre ton âme. Le brûler te fera perdre la vie.
<center>Rizla</Center>
Est-ce là le choix que tu me proposes ?
<center>Dieu</Center>
En effet. Mais ce n'est pas mon choix. C'est ce que tu as entraîné par tes actions.
<center>Rizla</Center>
Lesquelles furent mauvaises ?
<center>Dieu</center>
Aucune. Ce n'est pas une question de bien ou de mal, mais une question de choix ; des choix faits depuis bien avant ta naissance.
<center>Rizla</center>
Qu'est-ce-à-dire ?
<center>Dieu</center>
Ta naissance fut impactée des choix de tes parents, qui eux-mêmes naquirent grâce aux choix de leurs géniteurs, et leur rencontre fut le résultat d'autres choix perpétués. Tout est occasion de choix, et chaque choix est une occasion. Entends-tu cela ?
<center>Rizla</Center>
Je l'entends. C'est donc à moi de faire ce choix ?
<center>Dieu</Center>
Entièrement. Et n'oublie pas que ce choix aura toujours une incidence sur toi, ta façon d'être, ta façon de penser.
<center>Rizla</Center>
Ne puis-je savoir exactement le résultat de chaque choix ?
<center>Dieu</center>
Tu le peux. Vois, si tu le souhaites.[/quote]
* Æ'C'psethnorothkyuu : [erpsetnolotciy:]
Posté : mer. nov. 28, 2012 9:38 pm
par Iskupitel
Rizla, Thibaud FIVARD (2019). (Œuvre intégrale - Acte I Scène II)
[quote="Rizla"]<center>Scène II
Une pièce sombre, à peine éclairée, dans laquelle est une chaise.
Rizla
Assis sur la chaise.</Center>
J'attends, j'attends toujours... Dieu, réponds-moi ! Que dois-je faire, à présent ? J'ai mal choisi, permets-moi de mieux décider, je t'en prie ! Je te vois de nouveau... ou peut-être est-ce mon imagination ? C'est mon imagination, je le sais à présent.
<center>il se lève.</Center>
Voilà qu'approche quelqu'un ! Peut-être est-ce Sovana, qui vient recueillir ma réponse. Que vais-je lui dire ? Pourquoi ne pas le tuer pour lui faire mériter ses actes ? Il me semble être trop cruel, à présent. Et dans le même temps, c'est lui a causé tous mes soucis, lui et lui seul ! Peut-être est-ce un charme qu'il a jeté contre moi ? Ainsi, sa mort libérera tous les êtres charmés et ainsi me libérera et me permettre de vivre en paix ! Oui... oui... oui, je vais le poignarder et faire jaillir le sang noir de son âme. Mais où se peut trouver son âme ? Je le poignarderai sur tout le corps, le faisant plus encore souffrir, expiant ses péchés. Je lui ferai voir le paradis et l'y mènerai ! Il approche... et voilà un beau poignard !
<center>prend le poignard niché dans la poche intérieure de son habit.</Center>
Voilà... maintenant, je n'ai plus qu'à me dissimuler derrière cette porte, et dès qu'il sera entré, me tournant le dos, je ferai jouir cet homme des représailles qu'il a mérité. Il va bientôt frapper le bois, et moi je frapperai la chair. L'on verra bien qui souffrira le plus !
<center>Quelqu'un frappe à la porte à trois reprises : trois fois six coups.</Center>
Entrez, cher ami ! Je vous attendais avec impatience !
<center>La personne entre.
Sovana</Center>
Rizla, où es-tu ? As-tu enfin la réponse au contrat que je t'ai proposé ? Préfères-tu le signer et venir à la raison ?
<center>Rizla
brandit le poignard et le plonge dans le cou de Sovana. Puis, une fois la victime à terre, il ne cesse de planter le poignard sur tout le corps de l'inanimé, sa main s'appuyant sur l’omoplate gauche de l'homme.</center>
Enfin ! Enfin, je peux sentir ton âme maudite s'échapper par les orifices de ton cou, que je perce de ma propre main, ma propre main armée de ce propre poignard, faisant couler ce diable sang en provenance de ce diable cœur. Et que peux-tu faire à présent, Sovana ? Souffres-tu ? Peux-tu ressentir la souffrance du cœur que tu as provoquée en chacun de tes clients ? Oh, du sang ! Beaucoup de sang ! Est-ce le tien, Sovana ? Oui, c'est le tien ! Il se perd, tu aurais du faire attention à cela, lorsque tu as choisi de venir me harceler, non ? Car maintenant, tu comprends ma souffrance ! Et pourquoi dois-je abreuver ces fraises de ton sang ? Et pourquoi ne réponds-tu plus ? Et pourquoi sens-je cette douleur dans ma main ? Tu peux contrôler les autres Sovana. Mais je sais. Et cette Sapience me permettra de relativiser ta matérialité. Car que n'es-tu un calque qu'un être appliquerait à notre monde ? Que ne le sais-je ? Que ne le fuis-je ? Ah, que j'aime planter cette lame dans ton corps replet ! Que j'aime te voir souffrir ! Que j'aime me venger moi-même !
<center>Il arrête de planter-déplanter la lame, et s'aperçoit qu'il s''est blessé à la main.</Center>
Ah ! Tu tentes de me gangrener, pauvre fou ! Ta mort ne t'aura donc pas suffit, à toi et ton âme ! Éloigne-toi de moi !
<center>il se lève, lâche la lame au sol et, la main en sang, se tape la tête contre le mur.</center>
Si tu es entré dans ma tête, corniaud, tu vas en sortir !
<center>il tape.</Center>
Crève, et retourne en enfer, ne viens pas ici !
<center>il tape.</Center>
Tu n'as aucunement ta place dans ma tête, si pure !
<center>il tape.</Center>
Ne m'entends-tu pas ? Tu n'as rien à faire là !
<center>il tape.</Center>
Pars ! Pars ! Kaede ! Kaede !
<center>il tape.</Center>
Si je dois perdre la vie pour te faire sortir, je le ferai !
<center>il tape.</Center>
Si cette violence n'est pas suffisante, dis-le !
<center>il tape.</Center>
Je te sens enfin sortir... je... ne peux... que... te... remercier......
<center>Il tombe à terre, le front en sang, les yeux rouges.
Dieu</center>
Rizla, tu t'es égaré. La mort t'appelle à présent, et toi tu as préféré emmener avec toi cet homme. Certes, il n'a pas toujours été parfait, mais est-ce là une raison pour le mener à tes côtés vers la vie éternelle ? Et que diras-tu lorsque durant le Purgatoire tu auras ton trône de sang entre le sien et celui de cet homme, mort, autre part, en se suicidant ? Quel sera ton sentiment ? Ta souffrance sera-t-elle amplifiée par ton erreur ? Que diras-tu à Ormazd le mazdéen* lorsqu'il te fera entrer dans son territoire et te placera une couronne de nœud éternel** brisé ? Ne réponds pas Rizla. Il est temps pour toi de partir vers ce purgatoire, temps pour toi de trôner de souffrance, de mêler cette souffrance au tout commun, de faire vivre par ta mort et ta souffrance, ta passion. Ce choix n'était pas bon.[/quote]
* Ormazd le mazdéen : principe du bien en Aîshren, à relativiser donc.
** nœud éternel : symbole de la protection contre la souffrance bouddhiste.
Posté : mer. nov. 28, 2012 10:27 pm
par Iskupitel
Rizla, Thibaud FIVARD (2019) (Œuvre intégrale - Acte I Scène III)
[quote="Rizla"]<center>Scène III
Une pièce claire, garnie d'un banc noir.
Rizla
assis sur le banc, le contrat entre les mains.</center>
Eh bien, il ne me semble pas pouvoir choisir autre chose. Comparé à la vie et la raison, qu'est mon âme ? Rien d'autre qu'une représentation invisible de ma conscience. Un homme peut vivre sans son âme, j'en suis persuadé. Et si je ne l'avais pu, Dieu autrement me l'aurait formulé, n'est-il pas ? Voilà des pas... sûrement est-ce Sovana. Je m'en vais lui ouvrir, car je l'excuse.
<center>il s'en va ouvrir la porte.
Sovana
entrant.</center>
Merci, mon ami. Voilà un admirable changement de personnalité ! À l'instant, vous me hurliez et vous hurliez à l'affreux personnage ! Entre nous, je préfère cela ainsi. Que ne pouvons-nous faire mariage ; j'aurais dit oui, assurément. Que ne pouvons-nous faire ripaille ; j'aurais dit oui, assurément. Que ne pouvons-nous faire affaires ; j'aurais dit oui, assurément. Mais pardonnez-moi, je m'égare. Nous pouvons faire affaires, et c'est d'ailleurs pour cela qu'ici je me suis rendu, attendant avec impatience de découvrir votre réponse, que je me permets espérer positive, apposant votre sceau manuscrit au bas de ces quelques pages, remplies de mots complexes et de différents jargons de métier dont nous nous contrefichons. Ainsi, Rizla, avez-vous fait votre choix ? L'avez-vous signé ?
<center>Rizla
tendant le contrat à Sovana.</center>
J'ai fait mon choix ; et je viens de le signer. J'ai réfléchi à tout cela, et il me semble avoir eu tort.
<center>Sovana
prenant le contrat.</Center>
Merci mille fois, cher ami. Voilà une bonne chose de faite.
<center>se transforme en Satan.</center>
Et maintenant, toi, Rizla, innocent ignorant, tu feras partie de ces âmes qui à mon service se sont mises ; et de leur plein gré ! Tu sais, Rizla, l'ère où Dieu était seul maître de tous les Mondes est révolue. Maintenant, chaque Monde a son souverain, et chaque souverain se déteste lui-même et déteste les autres. J'ai réussi, Rizla. J'ai semé la discorde et la zizanie entre les Mondes, et plus rien ne pourra les unir de nouveau, sois-en sûr ! Alors, me diras-tu, quel rôle ai-je dans tout cela ? Ton rôle, Rizla, est de passer l'éternité sur un trône de feu, enchaîné, souffrant afin d'alimenter de l'énergie de ta souffrance et de tes cris de douleur les œuvres toutes-puissantes que j'ai mises en place. Cela ne semble être très divers du royaume d'Ormazd le mazdéen, me diras-tu ; et je te l'accorderai. Mais il y a une différence, Rizla ; elle est simple et claire : tu ne peux espérer sortir de l'Enfer. Ce n'est pas une prison ; c'est pire encore. La seule chose qui aurait une infime chance de te sauver, avec effort d'une grande quantité de chance, ce peut-être la mort. Hélas pour tous ceux qui y sont enfermés, ils le sont déjà, et leur âme ne peut pas passer dans le monde d'après - celui qu'on nomme au-delà dans le tien, et que d'autres voient comme l'"avant-tout". Tu peux vivre, Rizla ; pour l'instant.
<center>Dieu
apparaissant dans une claire lumière, devant Sovana.</center>
Te voilà donc, Satan. Dieu sait que je t'ai long-temps recherché. Mais ta cavale prend fin ; et ta cabale est loin. Tu n'as plus personne derrière qui fuir, couard !
<center>Sovana</Center>
Comme toujours, tu fais erreur, Dieu. Je ne suis pas seul ici.
<center>il montre Rizla, abrité derrière le banc noir.</center>
Vois-tu ce mortel ? Il vient de se vouer à moi. Tu ne peux agir davantage sur lui. Lorsque j'ai su que tu lui avais fait voir les trois lignes temporelles, j'ai espéré - je le dis - qu'il fasse le meilleur choix pour servir mes intentions. Et il l'a fait, sans hésiter plus avant ! La faiblesse des Hommes est palpable, c'est agréable. Ne le penses-tu ? À présent, j'ai à faire autre part. Fais bien, Dieu, puisque c'est ton seul pouvoir.
<center>Dieu</Center>
Comment oses-tu, Satan ? Comment oses-tu, Rizla ? Toi, Mal absolu, tu as corrompu peut-être le seul homme incorruptible !
<center>Sovana</Center>
Je ne l'ai pas corrompu, tu fais erreur ! Il s'est offert à moi, selon les termes de ce contrat ! Mais toi, n'étais-tu pas cet être omniscient tant vanté ? Ne le savais-tu pas ?
<center>Dieu</Center>
J'aurais pu le savoir. Mais mon pouvoir d'omniscience ne se peut surpasser les limites du temps. Certes, je connais l'avenir. Certes, je connaissais cette fin. Mais je ne pouvais prévoir que Rizla ferait ce choix. Il est nombre de choses que les mortels ont pouvoir de décider.
<center>Rizla</center>
Tu les as créés, ces mortels, si j'en crois certains textes te mentionnant, n'est-il pas ?
<center>Dieu</center>
Je vous ai effectivement créés, mais jamais je ne vous ai donné vie. Là n'est pas mon œuvre.
<center>Rizla</center>
Alors, qui ?
<center>Sovana</center>
Moi ! Dans le moment où le monde qui est le tien était vide, et où les corps inanimés des Premiers Hommes attendaient la vie, que Dieu souhaitait voir venir seule, comme cela aurait été le cas au terme d'un certain laps de temps plus ou moins conséquent, j'ai moi-même infesté les Hommes de ma magnificence maléfique, faisant de vous la lie des Mondes.
<center>Rizla</Center>
Pourtant, certains Hommes sont bons.
<center>Dieu</Center>
Tu as raison, Rizla. Comme toujours, les œuvres de Satan sont incomplètes et imparfaites ; car la perfection et la complétion sont du domaine du Bien ; mon domaine.
<center>Sovana sort.
Rizla</center>
Mais, bien que ta magnificence soit effective et vérifiée, Dieu, tu ne sembles pouvoir te contraindre à en être modeste.
<center>Dieu</center>
Il est vrai que la modestie est parfois symbole de pureté ; mais pourquoi, si l'on possède une compétence qui, plus que d'autres, est remarquable, pourquoi se priver de la partager aux autres êtres ? Que gagne-t-on à ne pas le faire ?
<center>Rizla</center>
Tes questions sont assurément rhétoriques ; car qui mieux que Dieu peut répondre à de telles interrogations ? Point autre que toi. De même, point autre que toi n'aurait pu savoir quel choix j'allais faire, et, pour preuve, Satan lui-même ne pouvait qu'espérer que je respecterais ses volontés. Le fait est que je les ai respectées, mais là n'est pas le problème. Le problème te concerne. Comment peux-tu gémir de ne pas tout savoir quand tu te vantes de ta propre magnificence et de la puissance du bien ? Cela me semble diablement illogique. Et la logique n'est-elle pas bénéfique ?
<center>Dieu</Center>
Je savais qu'un jour tu serais entraîné par le vent. Mais je ne savais pas que ce jour si vite arriverait.
<center>Rizla</Center>
Tu aurais du le savoir, puisque c'est Dieu que te nomment les Hommes. Æ'C'psethnorothkyuu t'aurait-il trompé ?
<center>Dieu</Center>
Le fleuve du Savoir ne me dit pas tout.
<center>Rizla</center>
Ainsi, tu es comme un fonctionnaire, perdu par le Savoir et la complexité de ta tâche !
<center>Dieu</center>
Ne te moque pas de moi, Rizla ! Si la Bible des chrétiens dit une seule chose véritable sur mon illustre personne, c'est bien que mon courroux n'est jamais souhaitable, et que toute ma miséricorde ne peut le compenser.
<center>Rizla</center>
Tu ne peux être courroucé ; voilà ce que je crois.
<center>Dieu</center>
Mais tu te trompes, Rizla !
<center>Rizla tombe à terre, pris de convulsions.</center>
Je ne te tuerai pas, car ton heure n'est pas arrivée. Mais si cela en avait été autrement, la Faux t'aurait gardé contre elle. Il est dans l'au-delà quatre royaumes : le Paradis, dont je suis le seul et unique maître ; l'Enfer, dont le maître est Satan ; le Purgatoire, dont le maître est Ormazd le mazdéen.
<center>Rizla
se relevant, tremblant.</Center>
Et le quatrième ? Quel est-il ?
<center>Dieu</Center>
Le quatrième est le Styx ; ce fleuve, connu des grecs et oublié par leurs descendants. Son roi est la Faux, le Passeur, et tout autre nom présent dans toute autre religion. C'est cet être qui mène les morts dans l'au-delà ; et c'est lui qui répartit les âmes entre les quatre royaumes.
<center>Rizla</center>
Pourquoi me parles-tu de cela ?
<center>Dieu</center>
Car le Styx sera ta résidence éternelle.
<center>Rizla</Center>
Ne sera-ce le Purgatoire, comme tu me l'avais dit ?
<center>Dieu</center>
Non ; tes choix ont impacté ta mort ; et le Styx à présent t'attend.
<center>Rizla</Center>
J'implore ton pardon, Dieu ! J'ai péché, c'est vrai, mais telle n'était pas mon intention.
<center>Dieu</center>
Toute ma miséricorde ne te sauvera pas, Rizla. Comme tu l'as si bien évoqué toute à l'heure, je ne suis pas tout-puissant et parfait. Quoi que je fasse, tu arpenteras les rives du Styx pour l'éternité. De sa source à l'infini de son écoulement, ta marcheras, un pas après l'autre, vers l'inexistant estuaire. Jamais ton âme ne sera en paix, et, tourmenté, tu erreras. Admire les conséquences de tes choix, Rizla. Car tu ne peux rien faire d'autre.
<center>il disparaît.</Center>[/quote]
Posté : mar. déc. 04, 2012 7:41 pm
par Iskupitel
Rizla, Thibaud FIVARD (2019) (Œuvre intégrale - Acte I Scène IV)
[quote]<center>Scène IV
Une pièce claire, garnie de deux chaises et d'une table blanches.
Rizla
Assis sur une chaise.</center>
Faire un choix est plus dur que ce que j'aurais pensé. Le signer me semble une mauvaise idée. Je vais le brûler, cela me semble la meilleure chose à faire. Oui, je vais faire le choix le moins choisi. Quoi de mieux que détruire la cause de mes problèmes ?
<center>Il saisit le contrat, posé sur la table.</center>
Toi, affreux papier, vois tes derniers jours. Que dis-je ? Tu ne vois rien, tu es une feuille tout ce qu'il y a de plus normal, assemblage pâteux d'arbres sous l'égide des artisans du papier. Mais, pourtant, tu me sembles différent des autres morceaux de papier que j'ai tenu dans mes pauvres mains. Je ne peux te lire, bien que j'aurais voulu avoir la Connaissance nécessaire à cela. Si seulement Dieu avait pu m'inculquer cela ! Si seulement la lecture avait pu être plus aisée pour ceux de mon espèce... Après tout, parler n'est pas sorcier, comprendre les autres Hommes ne l'est pas plus. Alors quelle invisible barrière peut bien nous empêcher de faire le lien entre ces tracés noirs et ces sons que prononcer n'exige aucunement une gymnastique mentale ? Et dans quel fol esprit ont pu germer ces glyphes que ses congénères ne peuvent décrypter sans sa science ? Voilà une belle question dont la réponse doit être simple pour Dieu ! J'aimerais pouvoir la lui poser... hélas, il n'est pas ici. Et j'ai la conviction que, contrairement à ce que dit ce bel écrit qu'est la Bible de Jérusalem, suivie par toute cette série de prêtres dont l'on peut entendre les enseignements sacrés dans ces grands bâtiments nommés églises, cathédrales et chapelles, Dieu ne se trouve aucunement dans mon cœur. Qu'y ferait-il ? Quel serait son intérêt ? Et comment pourrait-il se trouver en chacun des Hommes ? Quel serait ce terrible pouvoir qui lui permettrait de se démultiplier et de se mettre à la taille de chaque cœur ? Mais je m'égare, et cela ne me donne aucune réponse. Pourrai-je seulement avoir des réponses ? Le monde c'est-il pas une terre où chaque Homme ne peut que souffrir l'ignorance ? Si c'était le cas, qu'y ferait Dieu ? Quel serait son rôle ? Quel serait, de nouveau, son intérêt ? Non, la Connaissance doit être mise à disposition des Hommes, je suis et reste persuadé de cela. Ainsi, en toute logique ignorante, je devrais avoir la capacité de lire. Bien qu'ignorant, cette simple chose doit être maîtrisable par le pauvre être, bien que frappé par la vie, que je suis. Dois-je plutôt apprendre de la vie et devenir sage, ou plutôt rechercher la Sapience et devenir savant ? Que n'es-tu là, Dieu ! toi au moins, tu aurais pu me révéler la meilleure de ces deux choses à faire. Voilà de nouveaux pas... Sovana reviendrait-il aussi tôt ? Si c'est bien le cas, je me dois de brûler ce contrat au plus vite. Quel intérêt à cette "assurance-vie" ? Me permettra-t-elle de revoir ma mère, ma femme et ma fille ? Aucunement, hélas. Et à qui reviendrait cette importante somme sinon à Sovana lui-même ? Il le sait, et je refuse de le rendre riche par ma mort. Les pas se font plus pressants, et ma décision se fait plus précise mais ne se concrétise pas. Quelle anormalité, Rizla ? Qui brûlera ce contrat sinon toi ? Agis, personne ne le fera à ta place, cette fois.
<center>Il déchire le contrat.</center>
Brûler est une œuvre sataniste. Toi, contrat, tu n'as droit qu'à la dilacération. Meurs, toi qui sens Satan !
<center>quelqu'un frappe trois séries de six coups à la porte.
Sovana
entrant.</center>
As-tu fait ton choix, Rizla ?
<center>voit les lambeaux de papier sur la table.</center>
Il me semble que oui. Ce n'est hélas pas le choix auquel je m'attendais ; plutôt, pas le choix que j'espérais. Tu me déçois terriblement, Rizla. Quelle fut ta motivation ? Pourquoi as-tu choisi cette issue ?
<center>Rizla</Center>
Ma motivation fut l'éclairage que Dieu m'a fourni à ce sujet. En es-tu étonné ?
<center>Sovana</center>
Quelle question ! Oui, j'en suis étonné ! Je te pensais plus humain, Rizla.
<center>Rizla</center>
C'est-à-dire ?
<center>Sovana</Center>
Comment crois-tu pouvoir subvenir aux besoins de ta famille ?
<center>Rizla</center>
Je ne le peux.
<center>Sovana</center>
Tu ne le peux plus, Rizla. Certes, tu ne peux pas les faire vivre pour l'instant, mais l'argent nécessaire leur aurait été prodigué grâce à ta mort, si tu avais signé ce contrat. Je te l'aurais bien promis, mais je ne le peux plus, à présent.
<center>Rizla</center>
Ce qu'ici tu me dis est-il véridique ?
<center>Sovana</center>
Je te le promets.
<center>Rizla</center>
Hélas, je ne peux plus changer d'avis.
<center>Sovana</Center>
C'est le cas.
<center>Rizla</Center>
Non, quoi que tu puisses me dire, jamais je n'aurais souhaité être rémunéré par ma mort.
<center>Sovana</center>
Préférerais-tu mourir simplement ?
<center>Rizla</center>
À choisir, oui. Je trouve cela malsain de devenir riche par la mort d'un proche ; je dis cela pour ma famille.
<center>Sovana</center>
Pourquoi donc ? Qui cela blessera-t-il ?
<<center>Rizla</center>
Ma fammile ; mes proches.
<center>Sovana</center>
Quitte à ce que tu meures, ne pourraient-ils être rémunérés ?
<center>Rizal</center>
Je n'aime pas ce terme de rémunération. Pour moi, une rémunération se mérite par un travail ; pas par un acte de Dieu.
<center>Sovana</center>
Mais que fais-tu des assassins et autres militaires ?
<center>Rizla</Center>
Ils ont fait un travail résultat d'une préparation ; leur rémunération est donc honnête.
<center>Sovana</center>
Je t'entends. Mais je ne raisonne pas ainsi.
<center>Rizla</Center>
Alors, comment raisonnes-tu ?
<center>Sovana</center>
Chaque choit doit pouvoir permettre d'obtenir une quelconque somme d'argent. C'est ainsi que je comprends la rémunération. C'est la raison de ma profession. L'on pourrait me nommer "indemnisateur" que cela ne me gênerait nullement ; car là est ma mission, mon devoir. Cela n'est-il pas honnête, Rizla ?
<center>Rizla</center>
Non, je ne trouve pas cela honnête. Comment peux-tu accepter de vivre grâce à la mort de tes congénères ?
<center>Sovana</center>
Je ne vis pas uniquement de cela, détrompe-toi.
<center>Rizla</Center>
De quoi d'autre, alors ?
<center>Sovana</center>
De leurs maladies, de leurs accidents, de leurs incidents ; voilà de quoi je me nourris, voilà de quoi je nourris les miens. Certes, cela n'est pas des plus glorieux, mais une fois encore je pense davantage aux proches qu'aux contracteurs de mes assurances. Si je devais chaque jour penser à ces honnêtes gens et à leurs nombreux malheurs, je n'en aurais fini de déprimer. Je suis humain, Rizla, et je souhaite le montrer. Tu me fais perdre un précieux montant, et je ne sais comment te le faire payer.
<center>Rizla</Center>
Pourquoi me le faire payer ? Pourquoi me faire des malheurs ?
<center>Sovana</center>
Peut-être qu'à cause de toi je ferai faillit.
<center>fait se lever Rizla et, en face de lui, lui plante une lame dans le ventre.</center>
Voilà une bonne chose de faite.
<center>Rizla</center>
Que ? Pourquoi ? Pourquoi tant de... folie ?
<center>Sovana</center>
Savoure ; et mérite, mauvais client. Tu es le premier que je récompense ; mais tu paies pour tous les autres ![/quote]