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Posté : sam. nov. 10, 2012 9:33 am
par Arios
Les Hylèens étaient monté aux créneaux, dénonçant l'appropriation d'un territoire par la Fiémance suite à de simples accords économiques avec lui, et avaient demandé l'annulation de ces derniers - notamment le chapitre plus défensif - au nom du respect mutuel entre les partenaires de la zone.
La naissance d'un Empire absurde et illégitime à la place de la Biturige plaçait les deux pays dans de nouvelles perspectives de liaisons, car si Opemont refusait catégoriquement de reconnaître cet empereur qui jusque dans son nom de sacre faisait tâche, Ctésiphon croyait encore possible de ressusciter les républicains corrompus dans l'affaire.

Posté : sam. nov. 10, 2012 10:43 am
par Alderande
<center>[url=http://imageshack.us/photo/my-images/714/senateseal.png/][img]http://img714.imageshack.us/img714/1362/senateseal.png[/img][/url]

[url=http://imageshack.us/photo/my-images/651/pilouasbaek01juliusbaer.jpg/][img]http://img651.imageshack.us/img651/6693/pilouasbaek01juliusbaer.jpg[/img][/url]</center>

Le Commissaire aux Affaires Étrangères de la République Confédérale d'Hylè, saer Julius Bær, avait été dépêché à Opemont pour rencontrer le Porte-Parole du gouvernement du Royaume des Fiémançais. Les Accords de Mercœur passés avec le Wabaron avait été accueillis à Ctésiphon comme un véritable camouflet diplomatique qui mettait à mal les relations naissantes entre les deux pays ; on soupçonnait bien volontiers le nouveau Royaume d'entamer une politique panfiémançaise au niveau régional qui risquait de mettre à mal la position hyléenne en la rabaissant à un rôle de spectateur inutile et dépassé. Le coup d'état impérial en Biturige, même s'il n'avait reçu aucune légitimation au niveau international et s'il n'avait pas encore prouvé sa solidité, venait encore rendre la situation plus complexe. On se rêvait au rétablissement de la République en Biturige et à l'instauration d'un gouvernement modéré en Fiémance. Si les récents événements sonnaient comme un échec retentissant pour la diplomatie de la Chancelière Suprême Lynn Amber Thoden, c'était l'Hylè entière qui se sentait prise dans un étau.

Posté : sam. nov. 10, 2012 5:51 pm
par Arios
[...]

Henri Conspeyre : Bien ! Prenez vos aises, ce bureau servira à nos discussions. Voulez-vous du ... whisky ? Je reviens du Schlessien pour tout vous dire. Discussions sur la situation en Biturige. Je ne vous apprend rien en vous disant qu'ils sont très à cran, et que l'Empire veut s'implanter dans la région, au moins dans les mémoires. Le bras séculier de Dieu tient à son rôle.
Quant à nous il n'est pas question que nous entrions dans le conflit.

Il n'est pas terrible ce whisky. Première marque. Enfin on ne va pas ouvrir le coorlandais alors que nos nations sont à deux doigts de couper leurs relations.

Saer Baer, pourquoi tant de méfiance de votre côté ?

Posté : dim. nov. 11, 2012 10:41 am
par Alderande
Si la délégation officielle hyléenne avait été accueillie avec une certaine courtoisie en Fiémance, la désinvolture affichée par le représentant du gouvernement fiémançais n'arrangeait pas la situation... Le contexte géopolitique régional avait empiré en quelques jours et, à Ctésiphon, on fustigeait autant l'attitude inutilement belliqueuse et offensante de l'« Empire Démocratique » envers le Saint-Empire que l'attitude non moins complaisante du Royaume de Fiémance dans cette affaire... Le Commissaire Bær s'exprimait dans un bon français avec un léger accent hyléen qu'il affectionnait et qu'il cultivait non sans quelque fierté.

Julius Bær : « À vrai dire, Monsieur Conspeyre, il faudrait plutôt poser la question à votre gouvernement : quelle politique régionale envisagez-vous ? Cela vous convient-il de ruiner l'équilibre politique et de laisser des nations étrangères s'installer confortablement dans la région ? Et ne renversons pas la situation, il a toujours importé à l'Hylè que l'ensemble de la région forme une cohérence et maintienne son indépendance au niveau international, cela est notre seul objectif et c'est ce point que nous défendions avec l'ancien gouvernement brestangeais. Or, votre politique des « petits traités » et votre complaisance avec le Saint-Empire mettent à mal à la fois la confiance mutuelle entre tous les états de la région et livrent à des forces étrangères le soin d'imposer ses vues et ses décisions. Si vous souhaitez déserter l'AdE, vous émancipez de vos devoirs au niveau régional et fonder d'autres alliances au niveau international, dîtes-le plus directement au-lieu de faire passer le gouvernement hyléen pour des criards inquiets et hystériques. »

Il fit une pause.

« Et en effet, ce whisky est terrible. »

Posté : dim. nov. 11, 2012 12:45 pm
par Arios
Henri Conspeyre : Sachez, Monsieur Baer, que la présence militaire importante du Schlessien en cours de formation dans la région nous inquiète.

Vous plaignez un manque de confiance dans nos relations, laissez-moi donc être franc.

Pousser le Schlessien à s'engager contre la Biturige, c'est notre intérêt, à une heure où la Biturige se veut clairement impérialiste et expansionniste. Je vous parlerai du Vandaron, confirmée par nos services secrets à Avaric comme l'espace vital nécessaire à la lutte au nord contre les envahisseurs, selon ces gens.
Cinq millions de Vandaronnais, de Wabaronnais si vous préférez la déformation anglo-saxonisante du nom de ce pays. Je crois monsieur que la culture des hommes est un point important, sans doute au contraire de ceux qui approuvent l'émergence d'un Empereur en Biturige.
Je vous parlerai de l'Edravie, clairement visée par les personnes qui bien que s'étant excusé sont toujours à la tête de ce pays, acoquinés avec l'usurpateur.

Alors certes, nous pouvons parler certaines fois comme les inspirés d'Ademtown et Wilhelmstadt, en disant "usurpateur", en comprenant Dieu dans nos raisonnements politiques, en menaçant la frange anti-monarchiste de notre population. Nous avons une culture. Mais sachez Monsieur que cette culture n'est pas celle du Schlessien, et nous n'acceptons pas que le Schlessien, certes avec son Ô très légitime Empereur Urbain, ne sème le trouble dans la région ou ne s'implante.

Si Friedrich IV veut maintenir des roitelets marionnettes à côté de chez nous, notre réponse militaire sera très nette. Je vous tiens le discours de la franchise.

Mais en attendant, il est dans notre intérêt que...le Schlessien mérite un peu son titre. Qu'ils se battent. C'est le coeur en sang que nous verrons les Biturigeois souffrir, mais contre nos avertissements, s'ils restent dans leur bêtise et leur idolâtrie, alors nous ne pouvons rien faire de plus.

Il n'est pas dans l'intérêt du Royaume de Fiémance de voir un Empereur panfiémançiste à sa manière coller à nos frontières. Et toutes les politiques, même celle des petits traités que vous qualifiez avec un mépris que nous prenons en compte.
Nous garantissons les pays menacés par l'Empire biturigeois comme par sa République. Et nous ne partagerons des pays indépendants, ni avec le Schlessien, ni avec l'Hylè.

...
Il prit une gorgée de whisky.
...

Je dirais plus horrible. Mais de l'alcool avec de la tourbe, me direz-vous, il ne fallait pas s'attendre à mieux.

Soyez convaincu que si Friedrich IV devenait, par mégarde, Roi du Schlessien, cela nous enchanterait à Opemont.

Posté : dim. nov. 11, 2012 2:47 pm
par Alderande
Julius Bær : « Nous sommes très au clair à propos des revendications biturigeoises sur le Wabaron et l'Édravie mais nous regrettons que le Royaume de Fiémance n'intervienne que pour défendre ses propres intérêts et sans esprit de conciliation aucun : il y a beaucoup d'autres possibilités pour empêcher de tels agissements, à l'AdE ou même en concertation avec notre gouvernement par exemple. Et, qu'est-ce qui, à l'inverse, prouve les bonnes intentions de votre gouvernement envers ces deux États notamment ? De notre point de vue, vous vous trouvez dans la même situation que la Biturige : nous n'avons aucune garantie que ces deux nations resteront indépendantes et ne tomberont pas sous votre giron ou sous celui de la Biturige. Votre argumentation à ce sujet est tout à fait ambivalente : vous ne refusez les prétentions biturigeoises que pour vous porter en fer de lance de l'unionnisme francophone dans la région. Si nous comprenons vos craintes contre la Biturige, laissez-nous exprimer les mêmes à votre encontre parce que la Fiémance a tout autant de revendications sur ces deux nations que n'en a la Biturige ou même l'Hylè, pourquoi pas !

De plus, il nous semble important que nos deux nations s'accordent, publiquement, sur les prétentions schlessiennoises à s'immiscer dans la politique régionale sous quelque prétexte que ce soit et votre position à ce sujet nous semble beaucoup trop ambiguë pour ne pas être suspecte. Nous travaillons actuellement à ce que le nouveau régime biturigeois renonce à ses prétentions territoriales et à ses prétentions titulaires pour que la situation soit pacifiée et que les visées fiémançaises ou schlessiennoises ne soient plus considérées comme des visées expansionnistes (visant à l'annulation des accords précédents). Imaginons que la Biturige renonce à ses revendications territoriales et que nous nous portons tout trois garants de l'indépendance de tous les pays neutres de la région, est-ce que la Fiémance s'y accorderait ? »

Posté : dim. nov. 11, 2012 3:17 pm
par Arios
Henri Conspeyre : Monsieur, vous ne cessez de nous assimiler à des expansionnistes sur le simple constat que nous avons garanti l'indépendance du Vandaron. Il me semble que le gouvernement fiémançais ne s'est jamais vanté d'avoir mené une politique d'unionisme francophone, et qu'au delà même de ça, le pays que je sers n'est que la résultante d'intérêts économiques croisés, dont la formation a été facilitée par un fond culturel commun.

Considérer la Fiémance avec le mépris dû aux états voyous et matraqueurs n'est pas une insolence qui nous laisse indifférent.

Alors cessez de croire que l'entente entre nos deux pays vole en éclat, du moins si vous arrêtez votre diplomatie culpabilisante à notre égard.
Nous appuierons la reconnaissance par nos pays de l'indépendance des pays neutres, mais ne reconnaîtrons pas Alexandre Ier dans sa position d'empereur.

Posté : dim. nov. 11, 2012 3:40 pm
par Alderande
Julius Bær : « Il est évident que les changements radicaux de ces dernières semaines ont largement brouillé les pistes et il nous semble impératif de savoir si la Fiémance se portera en continuateur de la diplomatie brestangeaise. Pour ce qui est de nos suspicions à votre égard, elles existent et elles existeront tant que nous n'aurons aucune garantie car : aucune déclaration officielle n'a émané des autorités fiémançaises pour rendre compte de son programme ni de sa cohérence diplomatiques (compte tenu aussi des accords passés prioritairement avec des nations de la Sainte Alliance) ; rien n'est fait à propos des espoirs panfiémançais de certains groupuscules et agitateurs ; l'idéologie qui a mené à la création de la Fiémance pourrait trouver sa suite naturelle dans un expansionnisme territorial dont les autorités fiémançaises ; la diplomatie fiémançaise ne reconnaît pas le titre d'Empereur au souverain biturigeois pour la seul raison que la Biturige pourrait porter des espoirs panfiémançais sans aucune autre considération ; aucune déclaration officielle n'est venue rassurer la communauté internationale (et nous mêmes) sur la garantie de l'indépendance et de l'intégrité territoriale de vos voisins qui pourraient se sentir menacés par la réunification fiémançaise. Vous voyez que nous ne sommes donc pas paranoïaques et que nous avons besoin de garantie, garanties que nous n'avons jamais eues.

De plus, et très concrètement, dans un avenir proche, nous espérons que la Biturige renonce à ses prétentions territoriales et à son titre impérial et cela permettrait :
- la signature d'un accord triple (Fiémance-Biturige-Hylè) pour que chacune de nos nations garantissent l'indépendance et l'intégrité territoriale des nations neutres, obligeant toute nation agressive à entrer en conflit avec les deux autres
- de rendre caduques les prétentions schlessoises

Que pensez-vous de tout ceci ? »

Posté : dim. nov. 11, 2012 3:54 pm
par Arios
Henri Conspeyre : Je pense Monsieur que vous ne considérez pas la difficulté qu'est celle d'une entreprise comme la création de la Fiémance, et à quel point l'appareil gouvernemental, administratif et diplomatique a été et est encore mobilisé pour donner corps à cette idée, et donc ô combien sont prioritaires des questions comme l'établissement de la démocratie élective et la sûreté intérieure sur les angoisses de salons à l'étranger.

Je crains malheureusement que la Biturige ne doive renouveler l'ensemble de sa classe politique pour avoir encore un soupçon de crédibilité à nos yeux.
Et je pense enfin que mon pays servira toujours ses intérêts aux détriment de l'épiderme de ses voisins, fussent-ils ses alliés.

À l'heure actuelle, sachez que dans toute son arrogance, le Schlessien nous a invité à considérer la Fivardie comme la limite de nos zones d'influences respectives. Nous sommes bien conscients, Saer Baer, que le ver est dans le fruit.
Et des textes en réunions, des colloques en fac-similés, des compromis en concessions pour l'adolescence de la classe politique biturigeoise, nous ne considérons pas la voie que vous préconisez comme la meilleure.

Laissons le Schlessien mettre une rouste, au nom de ce qu'il veut, aux biturigeois, et concentrons-nous plutôt sur notre alliance toute relative. Sachons dire le jour venu : dehors, boches.

Posté : lun. nov. 12, 2012 12:30 am
par Alderande
Julius Bær : « Nous prenons acte de votre discrétion quant à vos volontés politiques au niveau régional et nous agirons en conséquence - et de toutes nos forces, quitte à imposer une médiation par l'AdE.

Cependant, il nous semble absolument évident que ce laisser-aller assumé et cette indifférence feinte ne répondent pas aux attentes de nos peuples respectifs et cela ne fera que ranimer les angoisses nationalistes aussi bien en Biturige, en Fiémance ou en Hylè. Il est évident que les revendications territoriales de part et d'autre n'iront qu'en s'accélérant si un discours ferme et des traités efficaces ne sont pas mis en place ; et vous verrez bientôt les nationalistes hyléens crier à la récupération des « terres hyléens » de nos pays voisins. Si notre majorité au Sénat tombe et si nos tentatives diplomatiques échouent, nous craignons que nos successeurs ne soient pas aussi ouverts d'esprit. Des Sénateurs réclament déjà une adhésion à l'OTH alors que d'autres seraient prêts à des compromissions intolérables avec l'étranger dans le seul but de maintenir à l'Hylè une meilleure voix au niveau régional - au prix d'une nouvelle servitude. Nous ne voulons pas de cela, nous ne voulons pas de l'OTH, nous ne voulons pas des tarnois, nous ne voulons pas du Schlessien et de la Sainte-Alliance, nous ne voulons pas du panfiémancisme ; nous voulons une unité régionale respectueuse, indépendante et libre. Dans cette perspective, nos efforts ont déjà porté leurs fruits : Alexandre de Berry a réussi un compromis vivable avec les républicains dont la légitimité sera bientôt appuyé par des élections et il a refusé de se faire sacrer pour respecter le titre schlessois. Nous travaillons actuellement à ce que la Biturige cesse ses revendications territoriales sur les pays voisins pour rendre caduques les prétentions du Saint-Empire à imposer sa médiation : nous sommes presque déjà à même de “virer les boches” (pour vous reprendre) Qu'attendez-vous donc ? Les efforts qui restent à fournir au Royaume de Fiémance sont minces et nous vous prions de vous joindre à nos efforts. »