Page 1 sur 2

Posté : jeu. oct. 25, 2012 4:00 am
par Sir_Ulric
<center>Choc des civilisations (I)

[img]http://imageshack.us/a/img651/6935/naviredestaligmanque.jpg[/img]
Vaisseau de Stalagmanque, s'illustrant élégamment

C'est sous la bienveillance du Ciel, qu'un navire, ô bien éloigné de son repaire, battant pavillon de l'État de Stalagmanque, dressait ses voiles carrés (ou latines), où, d'un sextant, d'une boussole, d'une vigie et d'une longue vue, avec l'Étoile du Nord comme guide, et les connues habilités des matelots et officiers, que reflétant bien l'adresse et la beauté de leur nation, s'illustrant avec force, sans trop tangué, voguait sur les eaux de la cité portuaire de Yukuni. En cet endroit, il se trouvait, entassés, près des quais, plusieurs navires traditionnels en bois, telle que la fameuse et réputée jonque, ainsi que de nombreuses barques, avec d'autres types de bateaux, sillonnant et parcourant lesdites eaux, que peu agitées.

[img]http://imageshack.us/a/img844/1018/arrive2.png[/img]
Arrivée du représentant de la République Sérénissime de Stalagmanque, sur une barque de transport, avec sa délégation

C'est après un long voyage, si ce n'est, périple, que l'émissaire débarqua de son étendu navire, sous sollicitation courtoise, pour aller rejoindre, un petit bateau de transport, ayant pour quête, d'assurer le déplacement de son Excellence, le dignitaire, jusqu'au dock approprié, où l'attendait, quelques mandarins (fonctionnaires), en tenues officielles, munis de, non loin, chevaux et transports à locomotion humaine, avec porte-étendards, qui laissaient flotter l'oriflamme drapeau du Grand-Royaume, avec broderies dorées, au gré de la brise de l'Ouest. S'y trouvant bien, des fantassins de la Garde royale, attendaient, en ligne, uniforme avec, pour l'occasion, quelques fanfreluches et colifichets argentés, ou œuvres de couture élaborée. La tradition y était représentée sans le moindre défaut.

[img]http://imageshack.us/a/img571/7132/roumalien.jpg[/img]
Ici, l'exemple du salut roumalien se retrouve

Dès que la barque transportant le diplomate étranger accosta, les fantassins dégainèrent leurs lames, pour aller former une haie, avec épées face à leur personne, et eux-mêmes, légèrement fléchis. Quant aux mandarins de la Cour, ils étaient un peu plus au bout de ladite haie, et saluèrent, telles les coutumes le prescrivaient, les invités, tout en ployant modérément.

Quelques musiciens, avec des chœurs et artistes, firent entendre l'hymne nationale du royaume, dans un enchaînement sans fausse note:

http://www.youtube.com/watch?v=Wc9PEJMFeR4&feature=related

Ce qui pouvait se voir, au-delà de ce faste accueil, était la vie des Roumaliens, principalement celle des pêcheurs, grossistes et autres marchands et ouvriers, telle qu'elle avait toujours été, et que ceux-ci défendaient, au fort prix de leur vie.

[img]http://imageshack.us/a/img687/8372/quai2.png[/img][img]http://imageshack.us/a/img824/8138/quai.png[/img]
Paysage de Yukuni, en activité régulière

Bien entendu, la Garde civile encadrait et surveillait la zone, pour permettre, dès le retrait des officiels, le rétablissement de la voie, prise pour l'évènement. Qui plus est, un nombre certain de paysans venait observer l'arrivée de la délégation étrangère, tout en démontrant un respect total.

Une fois la haie traversée et les fonctionnaires de tous rangs salués, le Mandarin, en apparence, d'un galon supérieur aux autres, progressa vers l'émissaire, salua poliment celui-ci, et entama les premières paroles.


[img]http://imageshack.us/a/img440/8859/fonctionnairemangziduan.png[/img]
Excellence Ryu Mosa-Wu, mandarin de 3e rang et second du Ministre des Affaires étrangères, à la Cour royale, arborant le carré mandarin, représentant un paon, talentueusement cousu et brodé

3e rang Ryu Mosa-Wu: «Mes respects vous sont humblement présentés, Grand Émissaire, de Son Altesse le Doge de Stalagmanque ! Nous sommes ici bienheureux de recevoir votre visite, si entendu, depuis d'innombrables mois, mais je puis constater, avec plaisir, que vous êtes fin parvenu à traverser l'océan en sécurité, ce qui nous a semblé fort prévisible, considérant la réputation de vos marins. Puis-je me permettre, Excellence, de vous demander si vous connaissez bien l'équitation ?»

Posté : ven. oct. 26, 2012 3:09 pm
par Rezzacci
Myosotis Boraginacci avait passé un excellent voyage. Profitant des cabines des passagers de première classe du navire, il avait pu passer son temps à lire des romans, relire ses notes sur la Roumalie et prendre l’air sur le pont, tout en observant une mer d’huile mais un vent constant qui permirent au navire d’effectuer le trajet sans grands problèmes et avec une relative rapidité.

L’arrivée dans le port fut un véritablement émerveillement et dépaysement pour le diplomate. Boraginacci a toujours été fasciné par les autres cultures, ce qu’il l’avait poussé à entrer dans le service de greffe du Sénat de Stalagmanque. Il avait même sacrifié son titre de patricien pour pouvoir se mouvoir librement de par le monde.

La vue de tous ces navires étrangers, que l’on avait plus vus depuis des siècles dans les ports stalagmantins, ravirent les yeux et l’esprit du diplomate.

Mais le meilleur moment fut celui où, descendu du navire, il respira à plein poumons cet air délicieux. Outre les senteurs de la mer, auxquelles le stalagmantin était habitué par sa vie en pleine lagune, on y sentait l’arôme caractéristique du poids du Temps qui n’a pas réussi à modifier en profondeur le pays. Fidélité, tradition, conservation et respect des anciens, voilà tout ce que ces odeurs évoquaient dans l’esprit de Boraginacci.

Il fut particulièrement ravi par l’accueil, et il s’amusait à tenter de reconnaître les différents grades des mandarins qu’il pouvait discerner. L’administration roumalienne est si agréablement complexe qu’il est parfois difficile de s’y retrouver pour le novice.

Le seul bémol fut l’hymne roumalien. Bien qu’ouvert aux autres cultures, Myosotis Boraginacci avait toujours eu du mal avec l’art makaran. Mais il ne laissa rien transparaître, à peine à léger fourmillement de ses favoris.

Boraginacci répondit au salut du mandarin de la même manière, espérant ainsi ne pas briser les coutumes nationales.


<center>[url=http://www.casimages.com/img.php?i=121026052408414197.jpg][img]http://nsa31.casimages.com/img/2012/10/26/121026052408414197.jpg[/img][/url]</center>

Myosotis Boraginacci
Je crains de vous décevoir, monsieur. L’équitation est un art réservé à la noblesse, et je n’ai pu y accéder. C'est fort dommage, j'entends, mais j'espère que cette déficience ne portera pas préjudice à nos relations. Il vaut mieux que nos paroles soient sensées plutôt que nos actes bien menés. Je souhaite fort que cette faiblesse n'est pas la prémice malheureuse de notre rencontre.

Posté : mar. nov. 06, 2012 12:15 am
par Sir_Ulric
<center>Choc des civilisations (II)

[img]http://img819.imageshack.us/img819/8269/merdechainee.jpg[/img]

Océan ravageur, mer correctrice, horizon de la raison, se présentant farouchement, mais doucement

Directement, lorsque le haut-fonctionnaire entendit que l'invité n'était en rien aise, avec une monture, celui-ci leva, d'un geste rapide, sa main droite, qui semblait maintenir une badine, et la redescendit aussitôt, après un bref regard vers l'homme qui se tenait non loin de lui. Ainsi, le destrier, qui était plus tôt visible, fut remplacé par un transport adapté, pour les gens ne pratiquant pas la chevauche, ou y préférant la vue sans effort.

[img]http://imageshack.us/a/img440/8859/fonctionnairemangziduan.png[/img]
Excellence Ryu Mosa-Wu, mandarin de 3e rang et second du Ministre des Affaires étrangères, à la Cour royale, arborant le carré mandarin, représentant un paon, talentueusement cousu et brodé

3e rang Ryu Mosa-Wu: «N'aillez nulle crainte, Sieur. Nous ne vous blâmerons pas pour ceci. En réalité, excusez-nous, Excellence. Nous ne savions pas, qu'en vos lointaines contrées, que l'équitation était une maîtrise exclusivement réservée à une caste chevaleresque, ou aristocratique. De par le passé, nous n'avons guère croisé d'autre chose, concernant votre république, que d'imposants vaisseaux en bois, armés de canons en bronze, brandissant, dès lors, la vieille bannière de la Compagnie des Indes. Bien sûr, nous connaissons fort bien quelques épopées et aventures, si ce ne sont, quelques sagas, de votre estimée flotte marchande, mais rien de comparable à ce que les pays que vous avez côtoyé, autrefois, ont connu de vous, en ayant un contact plus direct. Si mes affirmations s'avèrent exactes, nos dernières traces pointant vers vos marchands, et ce, il y a de ça, bien des décennies, sont celles du temps de la Route de la Soie. l'Âge où les commerçants se relayaient, et affrontaient les plus endurcis dangers, que sont la rapine et autres actes de brigandage.

Puis-je vous inviter à vous asseoir confortablement dans ce véhicule à locomotion entièrement humaine, Messire Boraginacci ?
»

[img]http://img32.imageshack.us/img32/193/poussepousse.jpg[/img]
''Exemple'' Pousse-pousse (Rickshaw) traditionnel, étant toujours de rigueur en Roumalie

C'est alors que se présentait, près du convié, quelques eunuques (servants royaux), s'abaissant modérément vers ledit invité, en guise d'avéré respect, tout en présentant le véhicule, nommé pousse-pousse, avec siège adroitement rembourré. L'un des castrats, tranquillement, alla à la rencontre de l'émissaire, et lui demanda si celui-ci désirait un rafraîchissement. Un autre s'approcha doucement, puis s'inclina , avant d'exprimer ceci

Eunuque: «Messire, moi, humble serviteur, vous offre, auprès de vous, un présent désintéressé, venant de notre céleste souverain. »

L'être devant l'émissaire s'agenouilla, baissa légèrement son regard vers le sol, en surélevant le cadeau, qui se trouvait à être, un coffret de bois finement sculpté, avec verrou à clé, décoré de deux précieux saphirs, de la taille, tous deux, d'un ongle, faisant office d'œils fixés, pour un visage sévère et draconique, avec pattes griffues en jade et ébène, et bordures en dégradé.

Posté : mar. nov. 06, 2012 3:34 pm
par Rezzacci
Le diplomate était tout émoustillé de voyager en un tel véhicule. Cela allait être une première, et il avait hâte.

Il reçut le présent avec humilité, l'examina sous toutes les coutures, d'abord avec l'oeil aiguisé du commerçant stalagmantin, puis avec le regard doux du collectionneur admiratif.

Il souriait comme un enfant quand le pousse-pousse se mit en route. Il ne faisait qu'à demi attention aux paroles du mandarin, tant il était fasciné par ce qu'il voyait. Il essaya néanmoins d'engager la conversation avec son interlocuteur qui voyageait juste à côté.


<center>[url=http://www.casimages.com/img.php?i=121026052408414197.jpg][img]http://nsa31.casimages.com/img/2012/10/26/121026052408414197.jpg[/img][/url]</center>

Myosotis Boraginacci
Vous ne pouvez pas savoir à quel point je me sens bien, ici. L'air est si doux, le peuple si agréable... Si je n'avais été stalagmantin, j'eusse préféré être roumalien, soyez-en assuré.

Pour l'histoire de l'équitation réservée à la noblesse, laissez-moi vous expliquer. Cela remonte à la chute de la monarchie, en 735. Pour une raison inconnue, lorsque le roi fut remplacé par le Doge, on conserva la noblesse, à savoir trzie familles, très influentes en l'époque. Ces dernières occupaient le poste des bellatores dans la répartition tripartite zanyano-almérane. De ce fait, ils parvinrent de jure à conserver pour eux-mêmes les avantages militaires terrestres. Par exemple, seuls eux peuvent monter à cheval, manier des armes nobles, posséder un colombier... Si, de nos jours, l'armée est plus sous le commandement de roturiers nommés par le Sénat ou le Doge, les nobles peuvent, en théorie, intercepter toute manoeuvre et les rediriger comme bon lui semble.

Cet aspect de notre vie est bien sûr peu connu. L'aristocratie est si peu développée de nos jours et tellement méprisée par notre pays - ils sont juifs, par exemple -, l'esprit républicain est tellement raccroché à Stalagmanque depuis des siècles, qu'on en oublie presque ce reliquat du Royaume.

Posté : ven. nov. 23, 2012 3:16 pm
par Sir_Ulric
<center>Choc des civilisations (III)

[img]http://img109.imageshack.us/img109/6166/paysagemunicipale.png[/img]
Paysage municipale


Peu après un accueil, semblait-il, réussi et agréable, ayant présenté un certain formalisme, ainsi que quelques particularités purement régionales, le patricien...du moins, l'ancien patricien, selon les dires de l'homme, fut invité à prendre place sur le banc du pousse-pousse, ce qu'il accepta, avec entrain apparent, principalement visible à travers son brillant regard.

Pendant que l'émissaire s'asseyait, le responsable, lui, se retira brièvement de la vue de son assigné, alla demander au personnel de service en surplus de discrètement disposer et échangea scrupuleusement des informations avec le capitaine de l'escorte, avant de revenir à la vue de tous, en présentant un regard averti en direction d'abord de son convié, puis vers l'officier avec lequel il venait d'achever une discussion.
Ceci fait, le Mandarin titulaire empoigna vivement la sangle de rattachement de son cheval, puis avec rapidité, il s'élança, pour adroitement se voir bien installé sur sa selle.
Bien monté, il donna gestuellement des consignes à l'escorte, via ledit capitaine désigné, et ordonna l'avancée.

Suite aux commandes, les six gardes royaux restant montèrent à leur tour leur destrier, pour ensuite se mettre en ordre de marche, et finalement poursuivre ce qui était prévu.

Bien entendu, il était aisé de voir que le Mandarin titulaire restait toujours très près de l'émissaire, pour entamer des conversations, mais aussi, parque le protocole et la politesse l'exigeaient


[img]http://imageshack.us/a/img440/8859/fonctionnairemangziduan.png[/img]
Excellence Ryu Mosa-Wu, mandarin de 3e rang et second du Ministre des Affaires étrangères, à la Cour royale, arborant le carré mandarin, représentant un paon, talentueusement cousu et brodé

3e rang Ryu Mosa-Wu: «Messire Boraginacci, vous nous faites tous honneur. Sachez que vos paroles subsisteront en ma mémoire. Ceci, Excellence, étant bien exprimé, je vous remercie pour vos explications, quant aux...bellatores. Enfin, à votre aristocratie. Selon vos propos, une noblesse détestée parvint, 1 284 ans après la chute de l'Ancien Régime, à ne se faire retirer que leur droit d'accession au trône ? »

[img]http://imageshack.us/a/img513/8272/templeroumalie.jpg[/img][img]http://imageshack.us/a/img254/8484/pagodew.jpg[/img]


Pendant la discussion, l'environnement s'imposait de lui-même, en révélant de nombreux passants, dont des piétons, étant des villageois venant vendre leurs surplus à des grossistes, ou de simples citadins, des marchands sous leurs échoppes, avec des artisans. Il y avait même quelques gardes civils, restant là, observant et appliquant la loi. Au-delà, se montraient des cavaliers, des meuniers sur leurs chariots ou charrettes, plusieurs pousses-pousses partant et venant. Les structures de la cité, fort éloignées des grattes-ciels d'Occident, se laissaient admirer, comme les majestueux temples, avec disciples visibles, casernes illustres, pagodes décorées, grandes statuts de philosophes, de généraux ou souverains, mais d'autres bâtiments aussi, tels les thermes publics ou les sources d'eau chaude contrôlées, se voyaient. Les écoles de lettres avec les maisons d'arts martiaux témoignaient de siècles d'accumulation de savoirs, ce qui se sentait uniquement dans l'air, tout comme, dans les mouvements de la population, qui n'avait guère changée. À la surprise de la plupart des étrangers, les Roumaliens étaient civilisés, bénéficiaient d'une hygiène très soignée et de routes pavées à la façon des Urbains (Romains) de l'antiquité. Plus loin, était à portée de vue, des épais murs d'enceinte, probablement ceux de la cité, avec leurs tours de garde, où des vigiles veillaient.

[img]http://img9.imageshack.us/img9/2667/roumalieville2.jpg[/img]

Posté : sam. nov. 24, 2012 12:58 am
par Rezzacci
Décidément, le voyage était plein de surprises. Si un échange permanent d'ambassades allait être mit sur pied, Boraginacci se promit de tout mettre en oeuvre pour obtenir le poste.

Il continuait d'entretenir la conversation, mais oubliant toutes les règles de la bienséance, parlait d'un ton un peu distrait, décousu, ne tenait pas vraiment attention à ses paroles, absorbé comme il l'était par toutes les merveilles qui l'entouraient.


<center>[url=http://www.casimages.com/img.php?i=121026052408414197.jpg][img]http://nsa31.casimages.com/img/2012/10/26/121026052408414197.jpg[/img][/url]</center>

Myosotis Boraginacci
En réalité, la noblesse n'eut jamais le droit d'accéder au trône. La succession se faisait selon la primogéniture mâle directe uniquement. Dieu fut de notre côté pendant longtemps, car la dynastie fut ininterrompue pendant près de quatre cents ans, chaque monarque donnant naissance à un magnifique jeune homme pour le succéder. Cependant, ce qui devait arriver arriva, et la dynastie s'éteignit un beau jour, sans héritier mâle. Dans n'importe quel pays, on aurait chercher un successeur parmi les cousins, la famille éloignée, ou même parmi la noblesse ; mais déjà en Stalagmanque, tradition faisait force de Loi, et il était impensable de mettre sur le trône de Stalagmanque autre qu'un membre direct de la famille royale. Il n'y en avait plus, et le pays était au bord de la guerre civile. L'aristocratie se battait, bien entendu, pour obtenir le pouvoir, et chacune y allait de ses arguments pour monter sur le trône ; malheureusement, les élites du pays - grands propriétaires et riches marchands - s'y opposèrent, en partie à cause de la tradition, et également à cause du fait que la noblesse était juive et que le roi devait être chrétien.
Alors un système oligarchique fut mis en place : notre système institutionnel actuel. Il est intéressant d'observer - et ceci, peu de personnes le savent - que le Code de la République n'est, en théorie, que provisoire, le temps qu'un héritier légitime se présente et soit accepté ; il ne devait durer, techniquement, pas plus de dix ans. La probabilité qu'une telle personne se présente est quasi-nulle de nos jours, ce qui assoit définitivement la légitimité de notre système.

Mais je parle, je parle... Votre système gouvernemental, ce Grand Royaume tant vanté et admiré, n'a, à ce que je sais, rien à envier en longévité à notre république, je ne me trompe ?

Posté : jeu. nov. 29, 2012 4:55 pm
par Sir_Ulric
<center>Choc des civilisations (IV)

[img]http://imageshack.us/a/img231/2736/dcor2.png[/img][img]http://imageshack.us/a/img208/1831/dcor3.png[/img]
Paysages portuaires de la cité, en cours d'éloignement du cortège


Les décors se laissaient observés, dans une animation commune, pour les gens de cet endroit. Les bâtiments, de bois finement charpenté, de pierre sculptée et de marbre taillé, grands et petits, prospéraient, là, dressés, depuis des temps immémoriaux, comme si les siècles passés depuis longtemps, avaient oublié cet endroit, qui semblait fonctionner comme autrefois.

Les regards attentifs du visiteur, lui permirent de voir des moyens relativement anciens, de s'éclairer, très courant, comme de larges braseros et de petites lanternes, et sur des bureaux, gisaient de courtes chandelles, non loin de visibles abaques.

Lors du passage de l'escorte, des gens saluèrent respectueusement le convié, en s'inclinant modestement, ou en pratiquant le salut classique roumalien, poliment.

C'est alors que vint la réponse de l'émissaire, qui, en apparence, avait satisfait l'accompagnateur. Ensuite, tout aussi curieux, l'étonné questionna à son tour, le Mandarin, qui lui, s'attendait à ce retour logique d'interrogations.


[img]http://imageshack.us/a/img440/8859/fonctionnairemangziduan.png[/img]
Excellence Ryu Mosa-Wu, mandarin de 3e rang et second du Ministre des Affaires étrangères, à la Cour royale, arborant le carré mandarin, représentant un paon, talentueusement cousu et brodé

3e rang Ryu Mosa-Wu: «Votre nation subit des péripéties tourmentés, mais pas autant que les indigestes révolutions de d'autres chutes. Tous les monarques, en Occident, n'eurent pas la chance d'être des personnalités admirées et aimées, contrairement à vos souverains. Plus étonnant encore, selon vous, la fin théorique de la monarchie fut le manque d'héritier direct mâle, et non le fruit d'une machination bourgeoise et incontrôlée. En vos cœurs, vous disposez encore d'un souvenir gracieux, de vos rois, à l'opposé de celui des survivants, qui ne représentent pas moindrement vos peuples...Ce qui me paraît inouï, car la noblesse almérane, ne se devait-elle pas d'être le pâle reflet de l'être sur le trône, et de dignement représenter la culture, à travers les manses et les redevances...Un lien entre les seigneurs et leurs serfs, indubitable ?

Quant à votre question, en effet, notre Grand-Royaume tant exposé a plus de 6 919 ans. Il a passé de départ, et sous la même dynastie, premièrement par un modeste shogunat, puis deuxièmement, par un royaume en essor, et finalement, un grand royaume, s'étendant sur un empire territorial. Notre histoire est longue, et elle pourra vous être expliqué, sans dilemme. Nous vivons sous une monarchie absolue de droit divin, avec les Cheng, clan qui a depuis tant de siècles, le soutien de ses peuples et du Ciel. Nous ne nous imaginons pas avec une autre lignée à notre tête.

Disposez-vous d'autres questionnements, Excellence ?
»

[img]http://imageshack.us/a/img23/1561/dcorq.png[/img][img]http://imageshack.us/a/img854/6643/dcor5.png[/img]
Grands bazars ou forums (marchés publics), se présentaient, vers le centre-ville

Poursuivant leur route, les gens de l'escorte de dirigeaient au centre de la cité, où pouvait rigidement s'imposer, une forteresse, haute de terre, métissant l'aspect militaire des châteaux et l'élégance des palais.



[img]http://imageshack.us/a/img402/5633/dcor4.png[/img][img]http://imageshack.us/a/img835/8185/dcor6.png[/img]
Des thermes et offices de l'administration, se démontraient en activité

Posté : sam. déc. 01, 2012 5:00 pm
par Rezzacci
<center>[url=http://www.casimages.com/img.php?i=121026052408414197.jpg][img]http://nsa31.casimages.com/img/2012/10/26/121026052408414197.jpg[/img][/url]</center>

Myosotis Boraginacci
Oh, votre Excellence, vous faîtes ici un amalgame des plus naturels en rapport avec notre culture. Laissez-moi vous expliquer véritablement comment fonctionne l'esprit sociétal stalagmantin.

Chez nous, quand on dit "Tradition fait force de Loi", ce n'est pas un aphorisme que l'on profère à la légère, entre la poire et le fromage, comme disent nos amis fiémançais. Ce qui a été consacré par la Tradition est immuable, et ne saurait être modifié que si un évènement extérieur et totalement fortuit viendrait mettre la pagaille - excusez mon langage, je vous prie - et faire en sorte que le système ne se tienne absolument plus du tout.

Nous détestions nos rois, cette chose est certaine. Si nous avons eu, dans la masse énorme de souverains, quelques fins stratèges, d'habiles commerçants, de doctes mécènes ou de justes législateurs, la plupart formait un amalgame grossier d'individus bouffis par les richesses et le pouvoir. Le nombre de pamphlets dénonçant les méfaits des rois ne se comptaient même plus, et il ne se passait pas une semaine sans qu'une effigie en paille du souverain soit brûlée par le peuple en place publique.

Le respect envers les souverains s'était éteint il y a fort longtemps, nous devons le confesser. Certains historiographes et sociopoliticiens se demandèrent alors pourquoi le peuple ne renversait pas ces rois tant abhorrés, et ils se le demandent toujours par ailleurs. La raison en est que le peuple stalagmantin - le véritable, je parle, celui qui entoure la lagune, non pas celui des territoires annexés par la suite ou des colonies - suit à la lettre la Tradition et la Loi. Ce sont eux qui se sont opposés premièrement à l'ascension d'un aristocrate au trône, et qui se sont mis en recherche effrenée d'un possible successeur. Ce sont les intellectuels et marchands qui montèrent alors notre système actuel pour permettre à la société d'être gérée, en attendant le retour du roi.

Et ne croyez pas que le complot mercanto-bourgeois soit si éloigné. De nombreuses légendes parleraient d'un fils caché, qui aurait été enlevé par une coalition d'armateurs et de riches marchands, afin d'éteindre la dynastie et permettre l'instauration d'un Sénat ploutocrate et catholique. Bien que cette théorie possède de nombreuses lacunes, il faut admettre que la Sérénissime République s'est très rapidement mise en place à la chute du Royaume.

Vous parlez d'un empire territorial... Quels sont les territoires qui composent le Grand Royaume de Roumalie ? Comment ont-ils été annexés ? Et, question importante à mes yeux, comment sont-ils administrés, et comment sont considérés ses habitants par rapport aux populations de la Roumalie métropolitaine ?

En posant cette question, le regard du diplomate se laissa porter vers la forteresse du centre-ville. Encore une fois, il était ébaubi devant tant de magnificience : allier utilité, défense et esthétique, c'était un art que Myosotis Boraginacci croyait du domaine exclusif des architectes stalagmantins et de quelques illuminés étrangers particulièrement doués. Mais il devait avouer qu'il se trompait...

Posté : lun. déc. 03, 2012 6:58 am
par Sir_Ulric
<center>Choc des civilisations (IV)

[img]http://imageshack.us/a/img39/1348/ruelle.png[/img][img]http://imageshack.us/a/img28/9594/dehors.png[/img]
Vues se présentant près du cortège, d'un centre-ville actif, effervescent


Au cours du chemin, où les sens olfactifs ne restaient pas indifférents, des flagrances florales transcendaient l'air, sans être de surplus et encombrantes, se métissant bien aux odeurs naturelles, de l'océan et des mets d'auberges probablement à point. Il y avait, de plus, présents, bien visibles, des élèves d'une école d'arts martiaux, non loin, avec l'habit du dojo, étendard levé, au signe du maître, en un rang bien uniforme et discipliné. De surcroît, en vue, et audible, des groupes de philosophes discutaillaient l'un avec l'autre, des ecclésiastiques confucéens, près d'un temple, riche en ornements et sculptures, marmonnaient des paroles incompréhensibles pour l'étranger nouvellement arrivé, et des acteurs, un peu plus à l’écart, organisaient publiquement une prestation, avec percutions et actions adroitement exécutées. C'était, visiblement, le zénith culturel de la civilisation roumalienne.

Le cortège était de plus en plus proche du château-palais, et les échanges restaient actifs et convenables.


[img]http://imageshack.us/a/img440/8859/fonctionnairemangziduan.png[/img]
Excellence Ryu Mosa-Wu, mandarin de 3e rang et second du Ministre des Affaires étrangères, à la Cour royale, arborant le carré mandarin, représentant un paon, talentueusement cousu et brodé

3e rang Ryu Mosa-Wu: «Excusez mon impression qui était catégoriquement erronée, sur vos souverains. C'était probablement un dilemme d'interprétation subtile entre nos langues.

Vos explications me permirent d'en apprendre beaucoup sur votre civilisation, en peu de temps, et votre conception de la Loi et de la Tradition, ma foi, est sacralisée, cristallisée dans les consciences populaires, ce qui est très respectable. J'ose imaginer que le catholicisme, chez-vous, doit être force de loi dans les mœurs régionales, aussi bien que la parole du Sénat. Ça me rappel, si vous le permettez, le système de l'ancien grand empire d'Alméra...Népolis, il me semble, de culture méditerranéenne; leur république, avant de devenir un empire politique, était oligarchique...Enfin, veuillez me pardonner l'excès.

Vos questions sont légitimes. Hmm...Autrefois, notre ''empire'' était plus étendu qu'il ne l'ai de nos jours, mais si nous conversons bien du présent, notre vaste royaume est composé de l'île du Zhao, du Simbokie-Est, de la Mokrekyovie et de la Roumalie métropolitaine, ce sont eux qui forment l'unité du Grand-Royaume. Sur les cartographies, il s'agit du A-10 B, du A-22 B, du A-17 et du A-19. Annexé ? C'est une question de point de vue politique, mais le Zhao a été récupéré par la force de l'épée, en 2015, là où le prix fort fut payé, contrant les Seigneurs de Guerre locaux et l'Empire du Raksasa, représentant l'OTH. La Simbokie-Est, elle, a été reprit par l'idéal, faute de l'exaspération du peuple, de se faire réduire par une minorité venant de fils de colons, et la Mokrekyovie a été le résultat d'une nécessité vivace, idéologique et réelle de revenir sous l'égide des Cheng. Encore une fois, là, la Roumalie agit selon le désir des Makarans.
Je ne peux pas, et ne suis pas autorisé à exposer pleinement les détails, mais globalement, c'est ce qui s'est passé. Les habitants ? Ethniquement, le Grand-Royaume de Roumalie est formé d'une majorité de Kiyu, avec quelques minorités, mais tous sont des Roumaliens, soit de sang et de chair, soit de cœur et d'âme, et il n'y a pas de différence entre un Roumalien du Zhao et un Roumalien de la métropole. Ce ne sont pas des vassaux. Les terres retrouvées sont celles que le Grand-Royaume perdit lors de l'invasion des Almérans, et des troubles qui en suivirent, et non de la maltraitance et des inégalités entre les ethnies makaranes, qui étaient déjà, de toute manière, en majorité des Kiyu, donc, des Roumaliens de sang. Administrativement, chaque ville dispose d'un gouverneur municipal et chaque province, d'un gouverneur provincial, avec des fonctionnaires triés lors de l'Examen royal de passage, pour devenir mandarin. Le Roi est le meneur de cette bureaucratie méritoire, avec une hiérarchie civile et militaire...Les villages sont gérés par des patriarches...Avez-vous des questions plus précises, Excellence ?
»


Pendant l'exposé, le convoi arriva face à une large passerelle, qui était relié à l'immense forteresse qui prédominait sur la ville. Le Mandarin s'excusa rapidement, pour l'arrêt de la discussion, et révéla à l'invité que la suite des échanges allait se dérouler face au gouverneur, pour le reste de la journée, et que le lendemain, le voyage se poursuivra vers la capitale, où le roi lui-même accueillera l'émissaire.

C'est donc ainsi que le pousse-pousse pénétra, avec les quelques cavaliers, à l'intérieur, où une quantité non négligeable de mandarins, de tous les rangs, c'était dressée, pour l'accueil, avec, à leur tête, le gouverneur, et plusieurs fantassins royaux, bannières hautes, au vent.
Tous, dans un mouvement synchronisé, en même temps, exécutèrent le salut roumalien.

Le gouverneur, accoutré de son habit officiel, s'avança, avant de souhaiter officiellement la bienvenue au délégué, qui désormais, était entouré de militaires, de bureaucrates et de murs de pierre.


[img]http://imageshack.us/a/img854/8348/entreq.png[/img][img]http://imageshack.us/a/img100/7789/rassemblementmandarinal.png[/img]
Lors de l'entrée, après l'abaissement d'une sorte de pont-levis, et la levée d'une imposante herse, suivit de l'ouverture d'une énorme et épaisse porte double capitonnée, artistiquement fabriquée...

Posté : lun. déc. 03, 2012 5:55 pm
par Rezzacci
Myosotis Boraginacci fit un signe poli de la main, indiquant qu'il en avait fini avec les questions d'ordre culturel et général sur la Roumalie. Il en profita pour observer davantage le magnifique décor qui s'offrait à lui. Il se sentait comme un gosse le jour de Noël, en déballant ses cadeaux. Approcher de si près la culture roumalienne était un honneur pour un homme de sa condition, surtout après les récentes crises qui traversèrent le pays.
Quand il racontera ça à sa femme et à ses amis du bureau, ils en seront verts de jalousie, songea-t-il, tout émoustillé.
Mais il se força à se calmer. Après tout, ce n'était que le gouverneur qu'il allait rencontrer. Outre que cette perspective était tout de même follement excitante, ce n'était rien comparé à ce qui l'attendait demain.
Il allait rencontrer le roi de Roumalie.
Il se demanda s'il réussirait à tenir jusque là. Un de ses rêves d'enfants était en train de se réaliser sous ses yeux. Le roi de Roumalie, un personnage de légende, un graal innaccessible, que seuls quelques diplomates et hommes d'Etat peuvent approcher.
Mais patience est grande vertu, dit-on. Il calma donc ses ardeurs et se prépara, tout émoustillé, à rencontrer le gouverneur.

Le pousse-pousse pénétra dans l'immense forteresse. Le salut roumalien, parfaitement synchronisé, impressiona fortement l'humble diplomate. Et, quand le gouverneur s'approcha de celui-ci, Boraginacci se fendit dans le plus maladroit salut roumalien qu'il tenta de réaliser.


<center>[url=http://www.casimages.com/img.php?i=121026052408414197.jpg][img]http://nsa31.casimages.com/img/2012/10/26/121026052408414197.jpg[/img][/url]</center>

Myosotis Boraginacci
Votre Excellence, je suis bien aise et fort enchanté de faire votre connaissance. Je suis Myosotis Boraginacci, votre très humble serviteur.