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Posté : jeu. août 23, 2012 3:29 pm
par Rezzacci
Suite à la récente mais précaire alliance militaire existant entre le Kirkstan et Stalagmanque, certains pays s'étaient - à raison - posé la question de la raison de cette alliance entre un pays qui a fourni son lot de croisé, et un anticlérical forcené. Si seule la raison pratique pour le commerce et la paix de la région avaient été les raisons d'un tel traité, certains se demandaient quand même si cela en valait la peine.
La Sébaldie - une des victimes du Kirkstan - avait spécialement contacté le service de greffe du Sénat pour en savoir un peu plus. Un sommet fut donc organisé, afin de discuter de ces raisons qui pouvaient paraître obscures.
Willem Hoekenveen, le diplomate chargé de cette affaire, attendit devant le palais des diplomates que le vaporetto privé qui devait faire le trajet entre Furibaldi et Stalagmanque arrive.
Après quelques minutes d'attentes, à l'angle du canal, il vit apparaître le navire. Espérons que ce sommet va se passer sous les meilleurs auspices.
Posté : ven. août 24, 2012 1:20 pm
par Sébaldie
La République Sébalde était encore surprise de l’alliance de la République de Stalagmanque avec le Kirkstan. Les deux pays ne s’étaient donc pas rencontrés pour une simple normalisation des relations mais bien pour une coopération, d’ordre militaire principalement. La Présidente de la République Karina Rawald s’était montrée outrée par cette affinité, parlant même de « pays d’apparats » pour qualifier le Stalagmanque. Le vice-président Goran Horandson était plus réservé, il était à moitié surpris que des pays qui se disaient profondément chrétiens soient les premiers à déclarer la guerre. Inévitablement, en réponse, le Stalagmanque a condamné, à demi-mot, la légalisation de la consommation de viande humaine en Sébaldie. Il était même vacciné, si on peut dire, contre ce chef d’accusation qui revenait à lui régulièrement. Aussi, a-t-il tenu à se rendre en Stalagmanque pour y rencontrer le ministère des Affaires étrangères. Ce trajet en vaporetto, plutôt reposant, n’avait en rien modifié la détermination du Sébalde. Une fois descendu du navire, Goran Horandson rejoignit son hôte :
<center>[img]http://img16.imageshack.us/img16/9586/goranhorandson200px.jpg[/img]</center>
Goran Horandson : « Heureux de faire votre connaissance, monsieur Hoekenveen. »
Posté : ven. août 24, 2012 5:15 pm
par Rezzacci
<center>[url=http://www.casimages.com/img.php?i=120824072614502932.jpg][img]http://nsa30.casimages.com/img/2012/08/24/120824072614502932.jpg[/img][/url]
Willem Hoekenveen</center>
Moi de même, monsieur. Veuillez rentrer et vous installer.
Bien. Je sais que cette réunion n'est pas une affaire de banales mondanités géopolitiques. Nous avons eut vent de vos inquiétudes, et je suis en possession de tous les dossiers qui pourraient éclairer vos lanternes.
Je vous prierais donc de bien vouloir clarifier, point par point, le ou les motifs de vos inquiétudes. Je m'efforcerais d'y répondre de la manière la plus claire et correcte possible. Nous espérons ainsi qu'un malentendu ne saurait s'installer entre nos nations.
Posté : ven. août 24, 2012 6:12 pm
par Sébaldie
<center>[img]http://img16.imageshack.us/img16/9586/goranhorandson200px.jpg[/img]</center>
Goran Horandson : « Mes inquiétudes sont multiples. Tout d'abord, le traité que vous avez signé avec le Kirkstan prévoit, dans son article III, une entraide militaire dans le cas où le Stalagmanque ou le Kirkstan entrerait en guerre. De manière assez vague, l’article IV rend caduc l’article précédent en cas d’initiative d’une des deux parties à entrer en guerre. Cela signifie-t-il qu’il n’y a entraide que si les deux pays donnent leur accord pour déclarer la guerre à un autre pays ?
La République Sébalde est également déçue que vous reconnaissiez les frontières du Kirkstan et la légitimité de Vladimir Stramine, lequel a colonisé sans pitié des régions voisines à la métropole kirkstanaise. En donnant votre reconnaissance, vous soutenez donc le régime et vous donnez tort au peuple pasjonstanais de se révolter contre l’occupation kirkstanaise. La République Sébalde, comme bien d’autres nations, refusent de reconnaître les frontières décidées par Stramine et délimite le Kirkstan à sa seule métropole.
Je regrette enfin, qu’au vu de l’implication de Stramine dans l’assassinat du président Stefan Zavek, vous n’ayez refusé, pour des intérêts économiques et militaires, de rencontrer un assassin, que la justice sébalde a reconnu comme tel, et qui est en attente d’un procès à la Cour Internationale de l’Assemblée des Etats.
Voici les principaux points sur lesquels je souhaitais vous entendre… Mais ne nous éparpillons pas, commençons avec le premier d’entre eux. »
Posté : ven. août 24, 2012 7:30 pm
par Rezzacci
<center>[url=http://www.casimages.com/img.php?i=120824072614502932.jpg][img]http://nsa30.casimages.com/img/2012/08/24/120824072614502932.jpg[/img][/url]
Willem Hoekenveen</center>
Je vais tenter de répondre à toutes vos inquiétudes une à une. Mais je tiens à préciser que toutes les confidences faîtes ici sont placées sous le sceau du secret professionnel et diplomatique.
Stalagmanque établit ce que l'on appelle le droit subversif, technique ancestrale qui se base sur des définitions floues et, par conséquent, innapliquables selon le droit stalagmantin. Nous préférions prendre ces précautions face au Kirkstan au cas où un grave problème se ferait sentir.
Pour l'article IV, il n'y a entraide que si l'un des deux pays est attaqué. Le traité est caduc si l'une des deux parties prend l'initiative d'entrer en guerre.
Le droit subversif est utile aussi au niveau des frontières. Nous n'étions que peu au courant des récentes annexions du Kirkstan. Ainsi, prenant nos précautions, nous n'avions pas précisé par qui les frontières reconnues étaient dessinées. Plus clairement, les frontières que nous reconnaissons pour le Kirkstan, il n'est précisé nulle part si ce sont les frontières selon les cartographes kirkstanais, stalagmantins, sébaldes ou brobdignabesques. Ainsi, théoriquement, nous ne reconnaissons nullement toutes les frontières actuelles du Kirkstan, et rien n'oblige le Kirkstan à reconnaître notre souveraineté sur l'île de Nursie et nos territoires continentaux. Mais Vladimir Stramine n'est pas sensé le savoir.
Enfin, nous n'étions nullement au courant de l'assassinat de votre président lors du début du sommet diplomatique. Sachez bien qu'envoyer un de nos diplomates droit dans la gueule d'un assassin nous aurait répugné. Mais Léonardo Démosthène - le diplomate associé - nous a assuré que le tyran s'est comporté d'une manière très cordiale et courtoise, quoiqu'un peu paranoïaque.
Pourquoi toutes ces précautions, nous direz-vous ? Pour toutes les raisons qui ont fait que nous avons été anathémisés par l'ensemble de la communauté internationale bien pensante. Le socialisme et la tyrannie kirkstanais étaient autant d'obstacles qui auraient du nous empêcher d'établir des contacts avec eux.
Mais notre Seigneur nous enseigne à pardonner à tout le monde, et d'être charitable même envers les êtres les plus vils. Tout le monde peut-être sauvé de la damnation éternelle. De plus, nous sommes voisins, et nous ne voulons pas avoir à nos portes un ennemi plus habile militairement capable de nous raser sans trop de difficultés. Et, enfin, notre but ultime en tant que république catholique est de rallier toutes les nations du monde en une paix qui nous mènerait tous à la prospérité commune.
Posté : ven. août 24, 2012 8:36 pm
par Sébaldie
<center>[img]http://img16.imageshack.us/img16/9586/goranhorandson200px.jpg[/img]</center>
Goran Horandson : « Si vous me permettez cette autre précaution, je pense que vous jouez avec le feu. Je crains que l’explication que vous m’avez donnée au sujet des articles du traité ne convienne à Vladimir Stramine. Il fait partie de ces hommes que l’on ne peut pardonner, au risque de paraître à vos yeux un mauvais chrétien. Il n’a pas su saisir les occasions pour se racheter, malgré les nombreuses opportunités qui se sont montrées. Depuis, pour fuir ses responsabilités, notamment à l’égard de la justice, il s’enferme dans sa tour d’ivoire, au Kirkstan. La meilleure preuve chrétienne qui soit n’est pas dans l’ignorance de ces actes mais dans l’ouverture d’un procès juste et équitable. S’il ne se rend pas, il sera progressivement isolé, sa légitimité sera contestée, l’armée ne le reconnaîtra plus en tant que dirigeant et sera tôt ou tard à la merci de son peuple et à toute sa violence. Asseoir sa légitimité, en entretenant des relations cordiales avec lui, c’est nourrir ce risque.
Je ne propose pas de condamner le Kirkstan au nom de la bien-pensance mais de le rendre responsable de ses actes. D’autant qu’il faut rappeler que c’est Stramine qui a initié le conflit entre notre nation et le Kirkstan. La Sébaldie et le Kirkstan entretenaient une relation de neutralité avant que Stramine n’envoie des missives très virulentes à notre ministère des Affaires Etrangères concernant la légalisation de la consommation de viande humaine…
Sans douter de votre bonne foi, sachez que je ne suis pas tout à fait convaincu par l’application de ce que vous appelez le droit subversif. Stramine est une ordure mais c’est un homme intelligent, paranoïaque et donc, difficile à amadouer. De fait, tout me laisse à penser que cette coopération militaire entre le Kirkstan et vous est viable. Dans le conflit qui vous oppose à la Stohorie, vous avez demandé au Kirkstan d’honorer ses engagements. Il ne s’agit donc pas d’une simple normalisation des relations kirkstano-stalagmantines : vous ne souhaitiez pas seulement ne pas vous mettre le Kirkstan à dos, vous souhaitez coopérer explicitement avec cet Etat.
Je comprends néanmoins votre volonté de ne pas cibler les ennemis considérés comme tels par la communauté bien-pensante. Si l’on veut aller dans ce sens, le Kirkstan n’est pas moins répréhensible certains Etats de la Sainte-Alliance ou de l’OTH. D’ailleurs, la Sébaldie entretient des relations respectueuses avec des Etats de ces organisations mais aussi avec des Etats du Pacte de Novgorod. Aucune idéologie ne nous est incompatible. »
Posté : ven. août 24, 2012 9:11 pm
par Rezzacci
<center>[url=http://www.casimages.com/img.php?i=120824072614502932.jpg][img]http://nsa30.casimages.com/img/2012/08/24/120824072614502932.jpg[/img][/url]
Willem Hoekenveen</center>
Voyez-vous, monsieur, l'Eglise Catholique nous enseigne que même l'individu le plus vil, le plus méprisable, auteur des pires actes et ne ressentant aucune contrition, lui aussi mérite le pardon. Que là où la charité humaine, trop snob et trop étriquée, tourne le dos et s'en va le nez haut, la charité chrétienne prend le relais. Celui qui refuse d'accorder son pardon, ce sera lui, le mauvais chrétien.
Bon, le jour où Stramine blasphèmera le Saint Esprit, nous ne pourrons plus rien pour lui. Tout dialogue restera inutile, il sera damné pour l'éternité.
Nous n'ignorons pas ses actes, nous essayons de les comprendre. Avez-vous essayé, une seule fois, de comprendre Vladimir Stramine ? Je ne parle pas du tyran du Kirkstan, de l'assassin de votre président, du desporte sanguinaire, mais bien de l'Homme. L'isolement progressif et total de cet individu n'est pas la solution pour le mettre face à ses actes. Il est dans la situation classique du besoin du confesseur. D'une, parce que ce sera peut-être le moment de le faire toucher par la grâce divine. De plus, si ce n'est pour lui accorder le pardon divin, c'est au moins pour lui assurer une oreille attentive qui ne le jugera pas. Dans ce monde, il ne peut faire confiance à personne. Seule l'oreille du confesseur pourra lui permettre de confesser ses pechés, et non l'abrutissement législatif d'un tribunal.
De plus, vous appuyez que nos relations avec le Kirkstan appuient sa légitimité. Croyez-vous vraiment que quelques relations avec une oligarchie millénaire et catholique empêcherait le peuple kirkstanais de renverser son tyran si l'envie lui en prenait ?
La demande envers le Kirkstan d'honorer ses engagements dans la guerre contre la Stohorie étaient une manière de voir si la parole de Stramine valait sa signature. Si le Kirkstan alloue sa puissance militaire à un allié idéologiquement étranger, alors son aspect monomaniaque et dérangé pourrait être quelque peu atténué. La coopération sera ponctuelle. De plus, il est de notoriété qu'on attaque plus difficilement un ancien allié militaire. C'est une tactique nécessaire pour assurer nos arrières. Nous sommes entourés d'anti-cléricaux, et devont agir en conséquence. De plus, la guerre nous permettrait de voir comment agissent ses forces militaires, ses stratèges, la puissance de son armée, et autant d'informations que des siècles d'espionnages ne nous auraient pas donner.
Bien entendu, nous ne verrions cela que si la guerre avec la Stohorie s'effondre en guerre totale, ce que nous essayerons d'éviter.
Posté : dim. août 26, 2012 1:37 pm
par Sébaldie
<center>[img]http://img16.imageshack.us/img16/9586/goranhorandson200px.jpg[/img]</center>
Goran Horandson : « Votre vision de la chrétienté, très noble, s’est inévitablement confrontée à la vision étriquée de la Sainte-Alliance. Sachez que nous ne nous inscrivons pas dans cette vision et que la bien-pensance est davantage le fait de cette organisation que celui de la République Sébalde. Nous savons pardonner : preuve en est, la justice sébalde vise davantage en la réinsertion de ses prisonniers qu’en la répression inhumaine. Nous refusons par contre de tendre l’autre joue après la douloureuse claque que le Kirkstan nous a infligée. Nous préférons nous prévenir de ses actes, les anticiper parce qu’il n’y a aucun moyen de revenir en arrière, même avec le pardon, quand le mal a été fait.
J’ignore ce dont il a été question dans la rencontre entre le diplomate stalagmantin et Stramine. Ce dernier s’est peut-être montré sous un autre jour. Mais de lui, nous ne connaissons que ce qu’il donne à voir, à savoir l’image d’un mégalomane, sourd à toute leçon d’humilité, qui s’engage dans d’infâmes entreprises colonisatrices… »
Goran Horandson se tût un instant et eut une pensée aux Sébaldes, pris en otage au Kirkstan. Le vice-président en profita pour aborder le sujet à son interlocuteur :
Goran Horandson : « Nous ne demandons qu’à avoir des preuves des capacités d’écoute de Vladimir Stramine. Le Stalagmanque est une des rares nations à entretenir des relations cordiales avec le Kirkstan : même le Pacte de Novgorod auquel il appartient se désolidarise de lui. En cette qualité, peut-être pouvez-vous faire entendre notre voix. [url=http://www.simpolitique.com/post160531.html#160531]35 otages sébaldes sont actuellement détenus au Kirkstan[/url] à la suite d’un simple match de boxe qui a tourné au drame. Vous conviendrez qu’il aurait été une folie, de la part de la Sébaldie, de payer une « amende » de plusieurs centaines de milliers d’euros pour leur libération alors qu’ils ont été condamnés par une justice kirkstanaise que vous savez des plus partiales. Ces Sébaldes sont une délicate situation puisque Stramine a entrepris de [url=http://www.simpolitique.com/post161809.html#161809]les naturaliser[/url] pour pouvoir la pleine mainmise sur eux et les envoyer en camp de concentration. Ce que je vous propose, c’est d’établir des liens avec Stramine pour permettre la libération de ces otages. Si l’entreprise s’annonce fructueuse, la République Sébalde s’engage à ouvrir des relations économiques avec votre pays. Cela nous permettra d'ailleurs de changer notre regard vis-à-vis de Stramine. »
Posté : dim. août 26, 2012 2:07 pm
par Rezzacci
[quote="Rezzacci"]<center>[url=http://www.casimages.com/img.php?i=120824072614502932.jpg][img]http://nsa30.casimages.com/img/2012/08/24/120824072614502932.jpg[/img][/url]
Willem Hoekenveen</center>
Seigneur ! Une telle amende pour un simple match de boxe ? Et des réactions aussi... Je n'arrive pas à trouver d'adjectifs.
Nous allons voir ce que l'on peut faire. Je vais déjà donner immédiatement les informations à mes collègues.
Le diplomate prit une feuille de papier, y écrivit quelques lignes, la plia et la cacheta le plus rapidement possible, puis il fit venir un commis afin qu'il apporte la missive au service de greffe le plus rapidement possible.
<center>Willem Hoekenveen</center>
Sachez, monsieur, que nous allons essayer de faire de notre mieux. Nous ne savons que peu de choses sur le Kirkstan, et il nous faudra nous renseigner davantage sur l'affaire. Mais vous avez ma parole que nous ferons tout ce que nous pouvons.
Vos méthodes judiciaires sont des plus nobles. La réinsertion des prisonniers est primordiale non seulement pour l'être, mais également pour l'économie.
L'anticipation des actes est, bien entendu, quelque chose de très important. Nous ne vous demandons pas de baisser votre garde, mais de baisser le bouclier de quelques centimètres pour jeter un regard sur l'homme.
De plus, une question me taraude, moi et mes collègues. Pouvez-vous nous parler un peu plus de l'anthropophagie en Sébaldie ? Nous aimerions en savoir un peu plus sur cette coutume d'apparence barbare mais qui peut cacher probablement des trésors de civilisation.
Posté : lun. août 27, 2012 11:37 am
par Sébaldie
<center>[img]http://img16.imageshack.us/img16/9586/goranhorandson200px.jpg[/img]</center>
Goran Horandson : « Nous vous remercions infiniment pour votre aide, nous espérons que Vladimir Stramine sera sensible à vos propos même si j’en doute, très honnêtement [HRP : je considère, pour plus de réalisme, que la rencontre se déroule avant la missive reçue au ministre sébaldes des Affaires Etrangères]. Votre action permettra certainement de sauver la vie d’une trentaine de Sébaldes. »
Le soulagement de Goran Horandson se confronta très vite à la question épineuse de l’anthropophagie. Le vice-président sébalde avait bien entendu étudié la question de fond en comble et expliqua le plus précisément le principe de cette loi :
Goran Horandson : « Il s’agit davantage d’une loi symbolique qu’une loi réellement efficace sur le plan économique même si, il est vrai, que nous avons officiellement le monopole sur le marché de la viande humaine, et que nous pouvons par conséquent bénéficier des avantages de cette situation monopolistique.
L’anthropophagie – et je vous remercie de ne pas avoir employé le terme sauvage de « cannibalisme » - s’inscrit dans une réflexion plus grande, menée depuis 2016 par le gouvernement sébalde. À cette époque, je venais d’être nommé ministre de l’Economie par l’ancien président Stefan Zavek. Ce dernier voulait incarner une vision nouvelle de l’économie et a été sensible à mes arguments. Je suis en fait universitaire de formation : j’ai développé une thèse que l’on peut qualifier de néomalthusienne sur les méfaits de la surpopulation, estimant que l’avenir de l’humanité réside dans un ralentissement – mieux une diminution – de la démographie humaine. Parce que l’humain a des exigences, vitales (alimentaires, logements…) et consuméristes. Je ne crois plus au progrès technique, j’estime que nous sommes arrivés au bout d’un système productiviste et que le perpétuer nous mènera à la perte de notre planète et a fortiori vers la nôtre. Chômage, crise du logement, crise alimentaire, crise écologique sont autant de problèmes qui trouvent leur origine dans notre accroissement démographique. Face à ces problèmes, nous avons deux solutions : revoir notre mode de vie ou revoir notre démographie. Autrement dit, choisir entre être nombreux à mal vivre ou être peu à bien vivre. Sachant qu’il est difficile de faire changer le mode de vie de nos citoyens, j’estime qu’il est plus juste de prévenir de ces besoins en appelant tout simplement à la baisse de la population, que ce soit par l’intermédiaire de la promotion de la contraception, de l’avortement et de l’euthanasie.
Mais notre modèle humaniste, qui met l’humain au cœur de sa réflexion, nous empêche d’envisager ces méthodes, pourtant cruciales pour notre survie. Parallèlement, nous tirons profit de la mort des animaux mais pas de celle des humains. La loi sur l’anthropophagie permet avant tout de rappeler ce que nous sommes : des bouts de viande dotés de culture et d’un peu plus de raison que les animaux. Et je pense que de ce point de vue, je rejoins la morale chrétienne qui consiste à dire que la vie n’est qu’une enveloppe charnelle et que notre vie, la vraie, ne débutera que dans l’au-delà. Je rejoins par conséquent le mouvement antispéciste qui considère que le fait d’être humain ne constitue pas un motif suffisamment valable pour considérer les droits qui lui sont accordés. Je veux même aller plus loin, en souhaitant partager ma conviction que l’être humain est foncièrement plus mauvais que l’animal qui, lui, ne fait que reproduire le schéma de la chaîne alimentaire dans lequel il a été conçu et que sa présence sur Terre ne se fait pas au détriment de l’environnement… bien au contraire. Là où l’humain est, si l’on peut dire, « inutile ».
Bien évidemment, même si la politique était d’envergure mondiale, je pense que je serai mort avant de pouvoir constater les effets de cette politique. Mais je suis convaincu que c’est celle-là qu’il convient d’adopter. D’ailleurs, notre souhait de changer le regard des humanistes se concrétise par notre participation à l’Union Centriste-Humaniste initiée par la République d’Azude. Notre philosophie est réellement humaniste : il s’agit de montrer ce qui manque tant à l’humain, c’est-à-dire de l’humilité. Et c’est la leçon principale que nous enseignent les morales religieuses, n’est-ce pas ? »