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Posté : sam. juil. 28, 2012 2:47 am
par Roman Récit
22 septembre 2018, rencontre d'Eric Mandin, Président du Conseil, ministre du Logement et de l’Industrie, avec Goran Horandson, Vice-Président de la République Sébalde, à Essla, Genfin.
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Il pleuvait. Un violent orage d'automne avait éclaté et répandait ses trombes d'eau. Les nuages, depuis les quelques heures déjà qu'ils se vidaient sur la capitale genifinienne, avaient perdu de leur caractère menaçant, et Eric Mandin, le Président du Conseil des ministres de la République de Genfin, et accessoirement (mais lui prenait cette triple casquette très au sérieux) ministre du Logement et de l'Industrie, attendait sur le tarmac de l'aéroport national, à l'abri sous une structure métallique couverte d'une bâche. Les conditions météorologiques avaient poussé à prendre cette mesure de protection. Une conférence de presse aurait lieu, probablement, après l'entrevue des deux hauts responsables, et Mandin détestait donner des entrevues ou des conférences de presse dans un costume mouillé. D'une manière générale, il n'aimait pas les costumes mouillés. En fait, à bien y réfléchir, c'est la pluie qu'il n'aimait pas. Surtout au-dessus de ce quartier. Les Lapiousins n'étaient déjà pas bien beaux en temps normal, alors quant il s'agissait d'y traîner sous un ciel gris et la pluie, on finissait par se demander pourquoi on y avait fait bâtir un aéroport. Oh, bien sûr, il s'agissait d'un "acquis social", d'une "oeuvre d'égalité des territoires", qui visait à ouvrir le pays sur l'international et à diversifier l'activité d'une zone trop axée sur l'industrie. C'est du moins ce que ne cessait de répéter, dès qu'on avait le malheur d'aborder le sujet en sa présence, la ministre des Affaires étrangères. SA ministre des Affaires étrangères ! Comme à chaque fois qu'il évoquait mentalement Alicia Daroux, un frisson lui hérissa le dos. Après près de trois ans à travailler ensemble, il n'en pouvait plus de cette insupportable pimbêche égocentrique, qui passait la plus grande partie de son temps à le harceler, ainsi que les ministres de l'Intérieur et du Travail, en leur parlant du "progrès social". Mais enfin, qu'est-ce qu'elle croyait, l'autre illuminée ? Que l'Etat pouvait se permettre la moindre générosité superflue dans la gestion de ses comptes ? Ah, il en avait soupé des discours sur l’aménagement du territoire ! Lorsqu'il avait composé son gouvernement avec la présidente Novantin, il s'était farouchement opposé à ce que la furie rousse devienne ministre des affaires étrangères et numéro deux du gouvernement, mais il avait dû plier devant les nécessités découlant de la constitution de l'Assemblée. L'UDMR de Daroux avait chèrement monnayé son soutien au parti présidentiel, et la promotion extraordinaire de sa dirigeante était la condition première sans laquelle le pouvoir aurait basculé aux mains des sociaux-démocrates plus conciliants. Le président du Conseil dut faire un effort pour chasser de sa tête ses considérations de politique intérieure alors qu'un technicien lui apportait un téléphone aussi antique que massif. Il décrocha le combiné d'un geste sec, pour s'entendre confirmer que l'avion sébalde se poserait d'ici quelques minutes. Il repassa rapidement en revue dans son esprit de technicien, calculateur et bien rangé, les informations dont il disposait sur la République Sébalde et l'homme qu'il s'apprêtait à rencontrer, son vice-président, Goran Horandson. Il ne lui fallut pas grand temps pour comprendre qu'il ne savait pas grand-chose d'un pays pourtant, comme le sien, démocratique et dont il partageait le continent. Derrière lui, Aurélien Assinon, le ministre délégué aux Affaires jeekimiennes, dont la présence lui avait été imposée par une Daroux trop soucieuse des prérogatives de son ministère, se tortillait d'impatience. Déterminé à rester concentré et à ne pas replonger son esprit dans le flot de critiques qu'il tenait prêtes pour les membres de l'UDMR quasiment en permanence, il se força à scruter le ciel pour essayer de distinguer l'avion sébalde. Il vit du coin de l'oeil certains soldats de son escorte de la Garde Républicaine l'imiter. Visiblement, tout le monde avait hâte de se retrouver ailleurs que sur le tarmac de cet aéroport ouvert à tous les vents et aux intempéries.
Posté : sam. juil. 28, 2012 9:49 pm
par Sébaldie
Le jet présidentiel qui transportait Goran Horandson connaissait de légères perturbations à l’approche de la République de Genfin. Le commandant de bord avait demandé au vice-président sébalde de bien boucler sa ceinture : rien de grave, juste des mesures de précaution. De toute évidence, Horandson était imperturbable à ces phénomènes météorologiques qui n’étaient pas sans rappeler ceux de certaines régions de la Sébaldie : après un été chaud et sec, l’automne s’annonçait plus frais et beaucoup plus humide… ce qui créait inévitablement des orages. Le temps passé dans l’avion lui avait permis d’établir plusieurs constats sur son voisin du Jeekim : dirigée elle aussi par une présidente la République de Genfin n’était pas tout à fait sur la même ligne idéologique que la République Sébalde. Et la missive que le gouvernement sébalde a reçue tend à le prouver puisque le diplomate génifien a noté la différence de régime entre les deux pays. Là où le Genfin était dirigé par une coalition de droite, sans doute modérément libérale et conservatrice, la Sébaldie était incarnée par un mouvement néo-nationaliste, que l’on pouvait situer à l’extrême-droite de l’échiquier politique, et qui a refusé de coopérer avec les autres politiques. Mais le souci de la démocratie était incarné par les deux nations, ce qui représente un point non négligeable.
Goran Horandson avait été mandaté pour cette rencontre, avant tout pour asseoir sa légitimité, son image qui est salie jusqu’à l’étranger depuis son accession au gouvernement en 2014. Il était le moins nerveux des principales figures du gouvernement sébalde mais pas le plus modéré. L’avion atterrit sur le tarmacadam de l’aéroport national, non sans mal au vue des trombes d’eau qui tombaient. Les délégués s’empressaient de protéger le vice-président de parapluies, surtout s’il devait tenir une conférence de presse et il lui fut conseiller de hâter le pas vers la structure métallique où l’attendait Eric Mandin. Une fois à l’abri, Goran Horandson prononça ces quelques mots, avec un sourire crispé :
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Goran Horandson : « Heureux de poser le pied sur une parcelle sèche du sol génifien ! »
Posté : sam. juil. 28, 2012 11:58 pm
par Roman Récit
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Eric Mandin vit son invité de marque descendre de l'avion sébalde, précédé, suivi et encadré d'une nuée de parapluies. Sur l'instant, il eut une pensée absurde en songeant qu'il avait eu raison de ne pas convoquer la presse à l'aéroport. La photo aurait été au mieux ratée, au pire un peu ridicule... Le sébalde s'empressa visiblement de s'abriter sous la structure protectrice. Arrivé face à Mandin, il lui adressa un sourire qui n'en était pas tout à fait un. Mandin lui sera la main tandis qu'il se disait enchanté d'être sur une parcelle sèche du sol genifinien. Le président du Conseil s'efforça de détailler d'un oeil, sans en avoir l'air, le vice-président Sébalde. Comme lui, il commençait à être un peu blanchi sous le harnais. Ses lunettes d'une taille supérieure à la moyenne amplifiaient le côté perçant de son regard.
EM : J'espère que la météo n'aura pas rendu votre vol trop pénible. Le sol genifinien est aussi content de vous accueillir que vous d'y trouver un carré sec, je vous l'assure ! vous êtes le premier chef de gouvernement depuis bien trop longtemps à y venir en visite diplomatique.
Il indiqua au sébalde une voiture officielle quelques mètres plus loin. Il avait dû batailler dur avec son propre ministre du budget pour que celui-ci accepte de ne pratiquer aucune coupe dans les dépenses de fonctionnement de la présidence du Conseil. Encore un de ces protégés d'Alicia Daroux, qui étaient persuadés que la carrière politique de leur mentor et la position dominante de leur parti seraient éternels. Mandin espérait sincèrement que d'ici neuf mois les résultats de la futur élection présidentielle les feraient déchanter. Il sourit à cette pensée, peut-être un peu trop visiblement.
EM : Si vous voulez bien me suivre ! Là-dedans il ne pleut pas, et j'ai réussi à sauver le mini-bar dans le siège central...
Posté : dim. juil. 29, 2012 12:29 pm
par Sébaldie
Goran Horandson jeta un vif regard autour de lui pour apercevoir si des « journaleux » - comme les appelle la présidente de la République Sébalde – étaient à l’affût d’une photo de lui, sous la pluie battante. Le vice-président sébalde était rassuré de ne voir aucune présence de flash à l’horizon. Au sec, Eric Mandin l’accueillait et s’excusait pour ce temps capricieux, une routine pour Goran Horandson, qui multipliait les voyages à l’étranger. Le Sébalde fit un signe de tête discret pour remercier son interlocuteur en même temps qu’il essuyait ses lunettes couvertes de buée. Une fois les lunettes remises, il retrouva une vue correcte et aperçut le sourire étrange du Président du Conseil génifien, sans savoir quelle situation l’avait provoqué. Si Horandson était aussi susceptible que le ministre des Affaires Etrangères sébalde, il aurait pensé qu’il se moquait de lui et de ses lunettes couvertes de buée. Mais qu’importe, le vice-président sébalde n’y prêta pas davantage attention et rejoignit la voiture officielle.
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Goran Horandson : « Parfait. Toutes les conditions sont donc réunies pour démarrer cette rencontre. »
Posté : dim. juil. 29, 2012 1:22 pm
par Roman Récit
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Installé dans la voiture, au sec, et tandis que le véhicule battu par la pluie quittait l'aéroport, Eric Mandin essaya de se concentrer sur le sujet de la rencontre qui venait, de fait, de commencer, ainsi que le vice-président sébalde l'avait souligné. Il lui répondit.
EM : D'abord je tiens à vous remercier, au nom de la présidente de la République, d'avoir proposé de venir vous-même. Il semble en effet que votre agenda soit actuellement bien rempli de rencontres internationales. Nous espérons que celle-ci ne sera pas simplement une parmi tant d'autres et que nos deux pays sauront en profiter. Je propose d'utiliser ce trajet pour nous présenter nos nations, nos peuples, nos idéologies, bref, tout ce qui est préalable à une bonne compréhension et une bonne entente. Dites-moi donc : comment est la Sébaldie ?
Posté : dim. juil. 29, 2012 1:42 pm
par Sébaldie
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Goran Horandson : « Je vais essayer d’être le plus exhaustif possible… La République Sébalde est un pays indépendant depuis 1815, à la suite d’une sanglante révolution contre la domination impériale (HRP : le Saint-Empire Orthodoxe du Khabarovsk, qui n'existe plus aujourd'hui dans le jeu après le départ du joueur). Notre pays est de culture slave globalement, même s'il est également d'influence germanique. Cette révolution a nourri le désir de démocratie dans notre pays et beaucoup de réformes, tout au long du XIXe siècle sont allés dans ce sens. Malheureusement, le pays a connu le revers de la médaille puisque de cette démocratie est née une certaine instabilité politique, une incapacité à gouverner correctement qui, peu à peu, a mené vers l’accession d’un communiste au pouvoir – Igor Miradko – en 1949. Jusqu’en 1968, il dirigera le pays d’une main de fer, la Sébaldie est plongée dans une dictature, les plus sombres heures de son histoire : camps de concentration sont construits et tous les équipements de loisirs sont fermés parce que Miradko les considéraient comme fournisseurs d'opium au peuple et les détournaient de ce qui comptait réellement : le travail et la lutte des classes. Au sortir de la dictature, le paysage politique sébalde s’est construit : d’abord dirigé par des « indépendants », le pays a ensuite été dirigé par des coalitions de gauche, puis libérales, puis sociale-démocrates. Enfin, en 2014, le mouvement dont je suis issu – le Mouvement Nationaliste Sébalde (MNS) – arrive au pouvoir, par l’élection de Stefan Zavek à la présidence de la République.
J’arrive moi-même au gouvernement en 2016, en tant que ministre de l’Economie. Je n’ai jamais occupé de fonctions politiques auparavant. De formation, je suis démographe et économiste. Universitaire depuis l’écriture de ma thèse contre les dangers de la surpopulation, j’interviens dans de nombreuses universités sébaldes pour assurer des cours. Pour faire face aux problèmes de chômage et de logement, tout en répondant aux urgences écologiques, j’estime que la baisse de la population humaine est nécessaire puisque tous les problèmes sont indirectement liés à la surpopulation. Le président Stefan Zavek a été sensible à mes arguments, il a souhaité une vision nouvelle de l’économie. De manière symbolique, la première mesure que j’ai entreprise à l’Economie a été la légalisation de la consommation de viande humaine. Cette légalisation a bousculé le « lobby humain », j’ai été victime d’injures, de critiques très sévères, voire même de menaces de mort. Et ce, jusqu’à l’étranger, puisque le dirigeant communiste du Kirkstan lui-même s’est indigné de la loi. En 2017, le pays obtient l’organisation de la Coupe du monde de football, un événement a priori anodin dans l’Histoire avec un grand H du pays mais qui sera lourd de conséquences puisque, à l’issue de la compétition, des agents secrets kirkstanais assassineront le président Zavek. Par inadvertance cependant puisque j’étais leur cible. Des élections anticipées se sont naturellement déroulées, elles ont vu la victoire de la vice-présidente Karina Rawald, nouvelle présidente de la République Sébalde. Elle-même me nommera à la vice-présidence du pays.
Nous incarnons un mouvement que l’on pourrait qualifier de « néo-nationaliste », nous combattons le libéralisme effréné, nous nous opposons au communisme et nous rejetons avant tout le conservatisme, qui va de pair avec des politiques natalistes qui détruisent nos sociétés. Nous souhaitons être un mouvement moderne, qui pose des questions contemporaines et ce, sans tabous, comme pourraient le faire les partis bien-pensants sociaux-démocrates ou sociaux-libéraux. Nous incarnons enfin le seul mouvement écologiste de la République Sébalde, loin de la naïveté des partis de gauche qui prônent le mondialisme et qui sont effrayés par le mot de « nation ». »
Goran Horandson s’arrêta un moment et s’hydrata, en se servant un verre au minibar de la voiture. En tant qu’universitaire, le Sébalde était habitué aux longs discours.
Goran Horandson : « Je pense avoir fait le tour mais si vous avez d’éventuelles questions ou remarques, n’hésitez pas… »
Posté : lun. juil. 30, 2012 9:36 pm
par Roman Récit
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EM : Je comprend votre positionnement. Nous ne le partageons pas. Mon parti, et donc mon gouvernement, s'inscrivent beaucoup plus dans une logique conservatrice. Nous héritons d'une histoire mouvementé. Les nombreuses guerres entre les royaumes genifiniens entre les années 1419 et 1883 ont aboutis à leur réunification et à la proclamation de la République. Nous n'en somme cependant pas à notre première période démocratique, puisque les origines de notre nation se fondent sur un système de démocratie patriarcale. Nous n'en somme pas vraiment à notre galop d'essai, et nous avons toujours su trouver parmi nos citoyens des dirigeants apte à gérer efficacement les affaires de la Nation, tandis que le peuple n'a jamais accordé majoritairement sa confiance à des tenants de ce dangereux système qu'est le communisme. Pas de dictateurs chez nous, même si de longues présidences ont parfois valu ce titre, lors de quelques débats animés, à certains chefs de la Nation. Vous voyez donc que nous comprenons, en ce qui nous concerne, le mot "nation" !
Posté : mar. juil. 31, 2012 9:15 pm
par Sébaldie
Goran Horandson avait tenté le tout pour le tout : il s’adonnait au même exercice depuis qu’il était vice-président de la République Sébalde, à savoir de ne rien cacher sur la politique néomalthusienne du pays, qui pouvait bousculer certaines nations conservatrices. Sentant que son interlocuteur s’est senti, à tort, visé, par la petite pique adressée par le Sébalde à ses opposants, Goran Horandson rectifia le tir :
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Goran Horandson : « Je ne doute pas que vous connaissiez le mot « nation », j’accusais davantage nos opposants sur la scène politique sébalde. Le conservatisme, le social-libéralisme, la social-démocratie, le socialisme, voire même le communisme peuvent être des idéologies saines si elles sont bien interprétées, ce qui n’est pas le cas de nos opposants, mais ce qui peut être le cas des diplomates étrangers, comme vous. Je suis désolé si vous avez entendu ma remarque comme une invective contre vous. »
Posté : mar. juil. 31, 2012 10:17 pm
par Roman Récit
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Mandin avait compris que le sujet était sensible. Le positionnement anti-nataliste de la Sébaldie était connu et irréversible au plus tôt jusqu'aux prochaines élections. Il y avait danger pour les deux parties à aborder le sujet, et Mandin démina le sujet aussi vite que son interlocuteur.
EM : Ce n'était pas le cas, je vous assure. Il est dans notre tradition démocratique d'accepter toute idéologie. Ce n'est pas à nous de nous prononcer sur leur justesse, mais au peuple. Un soucis démocratique que je sais que vous partagez. Tenez, nous arrivons... La presse est là, je pense qu'il vaut mieux que vous me suiviez. Nous serons au calme dans mon bureau.
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Il jeta un coup d'oeil par la fenêtre. Le palais du Conseil était une bâtisse de briques et de verre située sur un place centrale d'Essla. Ses deux tours dominaient les environs. Le cortège s'arrêta devant le bâtiment, et lorsqu'un huissier vint leur ouvrir la porte, le cliquètement d'une nuée d'appareils photos envahit tout l'espace sonore. Les deux hommes adressèrent un vague salut à la presse tandis que la Garde Républicaine veillait à contenir les curieux (terme qui valait tant pour les passants intrigués que pour les photographes) et entrèrent dans le bâtiment. Le président du Conseil indiqua le chemin de son bureau à son interlocuteur, et ils montèrent les escaliers jusqu'à s'y retrouver seuls à seuls. Enfin, seuls à seuls... Apparemment, Aurélien Assinon avait réussi à les suivre malgré les deux voitures de retard qu'il avait et la vitesse soutenue à laquelle ils avaient monté les marches, et l'huissier n'osa pas lui barrer le chemin.
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EM : Ah, oui... Monsieur Horandson, voici Aurélien Assinon, ministre délégué auprès de la ministre des Affaires étrangères chargé des Affaires jeekimiennes. Madame la ministre m'a convaincu de le laisser assister à notre réunion afin de veiller à ce qu'il puisse remplir son office de la façon la plus efficace. J'espère que sa présence ne vous importunera pas ?
Le ministre délégué lui tendit la main.
Posté : mar. juil. 31, 2012 10:31 pm
par Sébaldie
L’interlocuteur de Goran Horandson changea de sujet, assez furtivement. Le vice-président s’y attendait et préféra se laisser guider durant ce sommet plutôt que d’imposer les sujets à aborder. Au moment d’arriver au palais du Conseil, Goran Horandson ne se sentit pas dépaysé : le paysage architectural d’Essla ressemblait à de nombreuses villes sébaldes. À la sortie du véhicule, Eric Mandin esquiva les journalistes, ce qui était tout à son honneur. Goran Horandson, lui, ne prit pas la peine de saluer la presse, il préférait se contenter du strict minimum vis-à-vis de ces professionnels des médias qu’il méprisait, sans faire la distinction entre journalistes sébaldes et génifiens. Une fois arrivé au bureau, le ministre délégué génifien s’imposa dans la rencontre, ce qui semblait gêner Eric Mandin. Cela faisait rappeler au vice-président sébalde qu’il a, lui aussi, connu des ministres délégués lorsqu’il était ministre de l’Economie : de jeunes loups aux dents loups, qui ont eu leur place par arrivisme, trop peu charismatiques et expérimentés pour lui ravir la place de ministre. Horandson lui serra la main et adressa quelques mots :
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Goran Horandson : « Si je ne m’abuse, c’est vous qui avez adressé une missive au ministère sébalde des Affaires Etrangères. Je suis heureux de constater que je garde une bonne mémoire. [Sourire crispé et forcé avant se tourner vers Eric Mandin]. Sa présence ne m’importunera pas, ne vous inquiétez pas. »