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Posté : dim. déc. 04, 2011 9:31 am
par Visarian Tanyan
Je suis Agyan Noryan, 26 ans, ouvrier. Je vis à Cya, cité tentaculaire peuplée de millions d'âmes en peine, qui marchent droit devant elles, sans savoir ce qui les attend au bout de la rue...
Je suis né dans un pays de gris, de métal et de fumées noires. Mon père était soldat, et ma mère était employée dans l'administration publique, et tous deux étaient patriotes, dévoués tout entier à leur nation.
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Moi, enfant...
Je vis dans un petit appartement, dans un quartier ouvrier. Je ne suis pas riche, et même si répondre à mes besoins vitaux m'enlève la quasi-totalité de ma paye, j'essaie d'économiser pour réparer mon autel des ancêtres, c'est important pour moi.
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Devant chez moi...
Je n'ai plus de famille, ou du moins pas en vie, et j'hésite parfois à m'engager dans l'armée. Tous les jours, je travaille dur, mais comme dit le chancelier: "Nous avons fondé cette nation à partir de rien, notre seule force, c'est notre détermination" .
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Le travail...
Voilà, c'est tout pour aujourd'hui.
Je suis Agyan Noryan, 26 ans, ouvrier, et je vis à Cya, cité tentaculaire peuplée de millions d'âmes en peine.
Posté : dim. déc. 18, 2011 12:55 pm
par Visarian Tanyan
Kalyan était nerveux: c'était sa première participation à une opération de répression, et il doutait d'être à la hauteur. Pendant près de quatre ans, il avait préparé ce moment, mais face à la concrétisation du moment, il perdait tous ses moyens, et peinait à se rappeler des choses aussi simples que le nom des membres de l'escouade. À côté de lui se trouvait Glyph, lui aussi pour la première fois en intervention. Le fait qu'il paraisse lui aussi peu à l'aise rassura Kalyan, qui reprit très légèrement confiance en lui. Il vérifia une dernière fois que son arme était bien chargée, puis il lança son regard en direction du chef, ce dernier leur fit signe de se mettre en position: un inaudible bruit de moteur semblait venir du large.
Glyph et Kalyan allèrent se placer en surplomb de la plage, et se mirent à scruter l'horizon, à la recherche d'un quelconque point lumineux. La visibilité était bonne en raison de la pleine lune, et les deux hommes ne tardèrent pas à apercevoir au loin une lampe se déplaçant à grande vitesse vers la côte. Après quelques secondes, Kalyan reconnut sans difficulté l'embarcation comme un hors-bord, exactement le genre de bateau utilisé par les trafiquants...
Peu à peu, le bruit se rapprocha, et les hors la loi finirent par atteindre la plage. Souriant mécaniquement, Kalyan pensa qu'ils allaient avoir une grosse surprise en débarquant.
Le premier trafiquant posa le pied sur le sable: personne ne tira; sans l'ordre du chef, personne ne tirait ! Kalyan vit le doigt de Glyph tremble sur la gâchette, d'un geste sans bruit, il prit la main de son ami et la retira de l'arme, l'autre le regarda, comme pour le remercier. Les deux acolytes recommencèrent à observer les allées et venues des cibles, qui apportaient sur le bord des caisses au contenu inconnu, mais assurément illégal !
Soudain, alors que l'ensemble des trafiquants se trouvaient sur la plage, un mot grésilla dans les radios, un seul mot, chargé de sens, et qui déchaîna l'enfer. Le "feu" résonna à l'oreille de Kalyan, qui appuya sans s'en rendre compte sur la détente de son fusil-mitrailleur. Instantanément, une pluie de munitions incendiaires se déversa sur les passeurs, qui s'enflammèrent comme de véritables torches humaines...
Kalyan contemplait avec fascination et horreur le spectacle abominable qui se déroulait sous ses yeux. Partout, des trafiquants couraient, rongés avec avidité par les flammes et la chaleur. Ils hurlaient de douleur, plongeaient dans la mer, et ne comprenaient que trop tard qu'il aurait mieux fallu mourir brûlé sur la plage qu'agoniser la chair à vif dans l'eau salée...
Les cris se prolongèrent, encore et encore, les cris, la douleur, les hurlements ! Et lorsqu'enfin, ils se turent, Kalyan ne semblait plus qu'un légume, un corps inhabité, laissé à l'abandon. Le chef approcha, et parla dans le vide, car Kalyan n'entendait plus et ne pensait plus.
"Ça fait toujours ça la première fois !"
Le chef retourna sur la plage, et posa sur les corps une petit carte, un petit bout de papier marqué de quelques marques d'encre noire:
<center>"L'INQUISITION VEILLE..."
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</center>
Posté : ven. déc. 23, 2011 2:37 pm
par Visarian Tanyan
La gamine en savait trop, beaucoup trop ! Artyc, le regard fixé sur la jeune fille, essayait de la rattraper depuis près de dix minutes, et il courait vite. Pourtant il n'arrivait pas à aller plus vite que les frêles jambes blanches de la petite, elle se faufilait dans la foule, tournait brusquement dans des ruelles invisibles, sautait avec grâce et agilité les grillages, une vraie anguille ! Derrière Artyc couraient deux autres hommes, eux aussi surpris par la vélocité de la fille. La fille ? Une adolescente tout au plus ! Elle portait sur ses épaules une longue veste violette, visiblement trop grande pour elle : elle semblait nager dedans. Elle faisait claquer sur le sol d'immenses bottes blanches, sans talons, mais qui lui couvraient la totalité des mollets, et qui finalement montaient presque jusqu'aux genoux. Elle agitait dans sa course des cheveux d'un blond brillant, strict, et qui faisaient ressortir ses yeux d'un noir intense, sans lumière. Elle courait, courait à en perdre haleine, elle savait ce qui l'attendait si elle ne les semait pas, et elle savait aussi que dans cette cité sombre et obscure aux immeubles ombrageux, personne ne l'entendrait hurler...
<center>***</center>
20 minutes plus tôt...
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Helya aimait le vieux port : des vieux quais désaffectés, déserts et silencieux ; elle adorait la solitude ! Depuis que le nouveau port, plus grand et mieux aménagé, avait ouvert, plus personne ne venait au vieux docks. Les accès, condamnés pour la plupart, étaient camouflés, si bien qu'il fallait habiter ici depuis longtemps pour savoir qu'un lieu pareil existait. Helya était née ici, et c'était son domaine : elle connaissait comptoirs et jetées comme si elle disposait d'un plan dans la tête ; sans réfléchir, elle savait par où passer, et surtout pour aller à l'endroit qu'elle voulait !
Elle errait sur les quais depuis maintenant un quart d'heure, et seul le croassement lugubre d'une corneille était venu troubler sa quiétude. L'eau, calme et tranquille, bruissait de milliers de petits battements inaudibles, et de fines couches d'écume se formaient sur les rochers soutenant les jetées. Cette journée avait l'air semblable à n'importe quelle autre, et Helya était loin de se douter de ce qui allait lui arriver...
Alors qu'elle passait devant un hangar rouillé et verrouillé, une lueur filtrant d'un minuscule trou attira son attention. De nature curieuse, elle s'approcha, se baissa et entreprit de jeter un œil à l'intérieur. D'abord, elle ne vit rien ! Puis, alors que ses yeux s'habituaient lentement à la faible lumière, elle distingua peu à peu des formes, des formes qui s'agitaient, et qui parlaient. Intriguée, et ne pouvant entendre les paroles des individus, Helya décida d'entrer, elle savait qu'une veille porte en féraille s'ouvrait à l'arrière du hangar, et elle n'hésita pas une seule seconde.
D'ici, elle voyait mieux ! Elle discernait à présent plusieurs hommes, vêtus d'habits civils, et pour certains tatoués. Elle colla son oreille à la tôle dans l'espoir d'entendre mieux, et écouta avec concentration:
« Ça ira vous croyez ? »
« Personne ne passe jamais ici, c'est le lieu idéal ! On voulait un endroit bien situé et discret, c'est là le mieux. »
« Le projet Proteus est d'une importance capitale, vous le savez Artyc, l'inquisiteur Fyryan ne tolérera aucune erreur »
« J'en ai bien conscien... »
La voix s'arrêta : Helya venait de faire buter son pied contre une vieille boite vide, et le bruit résonnait encore dans le vieux hangar. Sans le voir, elle sut que les autres avaient dégainé des armes à feu, et qu'ils se dirigeaient vers sa position. Elle n'essaya même pas de se cacher, et courut vers la sortie...
<center>***
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C'était fini ! Ils avaient réussi à la bloquer dans une voie sans issue, et ils pointaient sur elle des armes bien réelles. Elle eut envie de crier : elle allait mourir, et personne ne le savait ! Plus de famille, pas d'amis, personne ne saurait qu'elle avait vécu ici, à Cya, rien ne resterait d'elle, et son nom ne serait plus écrit nulle part. Les coups de feu partirent ! Elle hurla, mais personne ne l'entendit hurler...
Posté : ven. janv. 27, 2012 5:10 pm
par Visarian Tanyan
9 Mars, quatrième jour de la Fête de la Lune...
Sylvyan se sentait prêt, prêt et concentré ! Il ne pouvait pas perdre, pas maintenant, pas après avoir vaincu tous ses précédents adversaires et être arrivé en finale du tournoi... Ça n'avait pas été facile, et il avait d'ailleurs du mal à réaliser qu'il s'était réellement montré plus adroit que la majorité des garçons du village, qui en comptait tout de même deux ou trois centaines ! La veille, il avait passé l'Heredius de sa famille dans les feux des ancêtres, il avait alors pu ressentir toute la force des flammes sacrés envahir l'immaculée lame de métal ouvragé. Il ne savait si sa perception de cette scène était la bonne, mais se soumettre à une tradition plus que millénaire l'avait empli d'une profonde joie, et d'un puissant courage. L'espace d'un instant, il avait perçu qu'il était le fruit d'une longue histoire mouvementée, et il n'en avait ressenti que plus de fierté. Ce même Heredius se trouvait entre ses mains à ce moment, car si le tournoi se composait dans la quasi-totalité de duels au sabre de bois, la finale se déroulait bel et bien avec les Heredius, ces sabres censés passer de générations en générations dans les familles Libriannes.
<center>[img]http://www.coldsteel-uk.com/store/1860-heavy-cavalry-sabre-88hcs.jpg[/img]</center>
Tout autour, c'était l'ensemble de la population du village qui s'était rassemblée, observant avec silence la préparation des deux jeunes hommes. Malgré l'absence de brouhaha, des paroles semblaient s'échanger à voix basse dans la foule, et une certaine tension était palpable... Les yeux de Sylvyan passaient d'un visage à l'autre dans l'assistance, tandis que son père lui revêtait l'armure souple et légère chargée de le garder en vie. Soudainement, son regard s'arrêta sur une fille : Dyanaa. Sylvyan connaissait ses traits angéliques par coeur : le résultat de plusieurs années à contempler avec fascination chaque acte et chaque parole de la jeune fille. Jamais il n'avait osé lui parler, et il se plaisait à imaginer qu'il en allait de même pour elle ; avec un peu de chance, elle avait peut-être une once de considération pour lui...
Il l'aimait ! Plus que tout ! Plus que son village ! Et peut-être même plus que sa patrie...
Sylvyan plissa les yeux pour mieux la discerner, elle affichait un air mélancolique, presque triste. L'espace d'un instant, il crut qu'elle avait peur pour lui, mais il chassa méthodiquement et immédiatement cette pensée de son cerveau : une fille comme elle ne savait sans doute même pas qu'il existait, et même à ce moment, elle ignorait probablement encore son nom.
Il leva la tête : le Soleil dominait le ciel, trônant au centre des nuages cotonneux et morcelés. Douce chaleur d'une matinée comme tant d'autres, azurée d'embruns au goût salé et sablé: la mer était proche...
Enfin, dans un mouvement laborieux, il s'arracha du ciel, et regarda droit devant lui, pour distinguer enfin celui qu'il allait combattre. L'autre avait à peu près son âge, mais contrairement à lui, il ne semblait ni douter, ni avoir peur. Cette première impression ne rassura pas Sylvyan, qui se demanda si l'issue du combat serait vraiment celle qu'il espérait.
Son père glissa à son oreille des conseils que Sylvyan ne comprit même pas, il était trop perturbé à cet instant pour écouter quelque conseil que ce soit. Pourtant, la voix de son père lui apparut sensée, et il fit un effort pour en discerner quelques syllabes :
« Les combats se gagnent dans la tête. Vigilance, détermination, sang-froid, voilà les clefs. La vigilance te permet de devancer l’intention de l’adversaire, la détermination te donne la force nécessaire au moment de l’affrontement, le sang-froid guide tes gestes lorsqu’il s’agit de frapper. La colère, la peur, l’arrogance, la haine, sont tes véritables ennemis, la colère t’aveugle, la peur absorbe une grande partie de ton énergie, l’arrogance te pousse à commettre des imprudences et la haine t’entraîne dans l'inefficacité de l'escalade de la violence... »
Il se rendit brutalement compte que le combat allait commencer, et il ressentit une certaine appréhension. Il tourna le cou pour admirer une dernière fois celle qui occupait ses pensées à chaque instant. Il leva son sabre, et dans un éclair de fureur, il lança un tonitruant : « ASAÏ ! »
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