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Posté : dim. juil. 25, 2010 3:18 pm
par Johel3007
L'horloge affichait 23h00 et pour Sergio Vargas, la nuit touchait à sa fin.
L'ambiance du bar est pour le moins calme : L'adaptation locale d'un grand hit Pelabssien passe à la radio, couvrant à peine le bruit du vieux ventilateur qui, par cet été caniculaire, cherche à rafraichir un rien la pièce enfumée. Les ouvriers locaux finissent leur verre de Bzën en silence, leur esprit alourdi par les vapeurs d'alcool de riz. Derrière le comptoir, le patron, un homme de petite taille à la musculature maigre mais nerveuse, en est à faire ses comptes tandis que son fils et sa fille nettoient la vaisselle.
Un groupe miliciens du MLC joue aux cartes, leurs armes bien en évidence, un trio de jeunes femmes pendues à leur cou. Prostituée ou simple jeunette cherchant à s'encanailler ? Sergio a apprit à ne plus chercher la différence.
À 32 ans, cet ancien vétéran de la Révolution de Peres ne pouvait s'empêcher de tirer un parallèle entre le Wapong d'aujourd'hui et la Cubalivie d'hier. Une minorité se prélassait dans le luxe, ayant massivement profiter de la privatisation, tandis que la majorité des gens luttaient pour s'en sortir, levant les yeux vers les tours de verre du centre-ville avec espoir.
La différence était qu'ici, les gens semblaient apprécier ce système en dépit des inégalités flagrantes. Le peuple avait été jusqu'à soutenir Nute Fan et son MLC capitaliste pour que soit renversée la République Socialiste du Wapong. Sergio avait beaucoup de mal à comprendre pourquoi un peuple pouvait en venir à renoncer au socialisme. Et c'était la raison de sa présence ici.
Enfin... pas tout à fait. Il y avait d'autres raisons. Des raisons d'État, si on pouvait dire. Mais pour l'heure, Sergio Vargas laissait la Cause Internationale sur le coté et savourait sa part de vice et de débauche. La bridée en face de lui posa une question dans un anglais très approximatif et Sergio hocha la tête avant de vider son verre et de faire signe au patron.
"-Ouais, ouais, t'inquiète pas, ma jolie. Tu les auras bientôt tes foutus Wans. Mais d'abord, j'en prends un dernier pour la route."
La prostituée lui sourit, n'ayant pas compris un traitre mot de ce que Sergio venait de dire en Urlivien.
"-Moi aimer beaucoup toi !!"
"-C'est vrai ? Ah, ben ça me touche beaucoup, tiens. C'est tellement sincère..."
Deux mois déjà qu'il était arrivé dans ce trou à rats que les locaux appelaient "Lokfol". Une ville minière, dans le nord du pays, sans aucun rapport avec le monstre qu'était Wapong-City : 200.000 habitants, pas un seul immeuble dépassant quatre étages, des "égouts" à ciel ouvert qui se déversaient dans un fleuve où l'on hésitait à tremper les orteils.
À l'exception de quelques objets et vêtements anachroniques, les gens y vivaient pratiquement comme au moyen-age, dans un état proche de l'anarchie, où les milices privées régnaient en maîtres et forçaient chacun à respecter une sorte de loi tacite, basée d'avantage sur le bon sens que sur un code législatif.
Lui-même, en tant que consultant pour la Global Security Initiative, était toujours armé : un revolver Avtorev, souvenir de la dernière "dispute" entre son pays et la grande sœur Rostovie. On lui avait proposé un PR-354, supposé plus puissant, mais Sergio avait refusé : les armes Rostof étaient peut être merdiques mais elles étaient fiables et solides.
Un boulot de merde, pour ainsi dire, que celui de consultant : Sergio passait son temps à voyager entre les plantations, les mines, les ateliers et parfois les camps du MLC, où il devait organiser la sécurité des propriétés, entrainer les cadres de la future armée Wapongaise et pondre de foutus rapports sur comment améliorer la situation.
En bon Cubalivien, Il avait "poliment" suggéré qu'on impose un peu plus de discipline et d'ordre dans les rues, que l'on confisque les armes des civils et que l'on interdise les milices privées, ceci afin de diminuer le véritable bordel qu'était le pays et de réaffirmer l'autorité centrale. Le regard que lui avait lancé le col blanc Wapongais qui lui servait de superviseur en avait dit long sur ce que les locaux pensaient de la nécessité d'une "autorité centrale"...
Le patron apporta l'addition.
"-Bon, aller, on y va."
Il se leva, suivit fidèlement par sa "conquête" du soir. Le patron lui jeta un regard sévère mais Sergio l'apaisa en sortant une liasse de billets. Le Cubalivien ne fit aucun commentaire sur le prix demandé : il savait que cela représentait plusieurs jours de salaire pour le Wapongais moyen et qu'on l'arnaquait donc probablement parce qu'il n'avait pas les yeux assez bridés.
Le chemin du retour à l'hôtel fut assez paisible : les rues, à cette heure-ci, étaient pour ainsi dire désertes, avec seulement le bruit des rats fouillant les ordures et le ronronnement des occasionnels groupes électrogènes pour briser le silence.
L'hôtel était une bâtisse plutôt solide : trois étages, en pierre, datant de l'époque coloniale, avec une dizaine de chambres et, un grand luxe, l'accès à l'eau courante (chaude et froide) et à l'électricité. Alors que la jeune Wapongaise se faisait plus câline que jamais, guidant son client imbibé d'alcool dans l'escalier, Sergio chercha ses clés.
Il n'en eut pas besoin : la porte était déjà ouverte. Avec les réflexes de l'expérience, il posa une main sur la bouche de la pute, la colla contre le mur avant de sortir son arme. Il lui murmura, dans un anglais parfait.
"-Tu ne fais aucun bruit. Je vais voir à l'intérieur. Tu attends ici et tu la fermes. Compris ?"
Il répéta le dernier mot en Wapongais. La jeune femme hocha la tête en gémissant faiblement. Sergio retira sa main et poussa la porte du pieds, couvrant les angles avec son arme tout en avançant aussi silencieusement que possible.
C'est là qu'il la trouva : accroupie devant le bureau, en train de fouiller dans les papiers, trop absorbée pour remarquer la présence du Cubalivien. Une simple voleuse aurait chercher l'argent ou des bijoux avant de partir aussi vite que possible. Le fait qu'elle s'attarde sur de la paperasse prouvait qu'elle était après autre chose. Et considérant la véritable raison derrière la présence de Sergio Vargas au Wapong...
"-Pas un geste."
L'ordre était bref, simple, prononcé d'une voix glacée. La cible ne sursauta même pas. Elle se figea un instant avant de lentement lever les mains, sans se retourner. Sergio avait raison : ce n'était pas une simple voleuse.
"-Lève-toi. Doucement. Mains sur le mur."
Elle obéit avec un calme olympien.
"-Qu'est-ce que tu cherches ? Pour qui tu bosses ?"
Sergio la fouilla rapidement. Il ne trouva pas d'armes, juste un porte-feuille. Il allait en vérifier le contenu quand un poids s'abattit sur son dos, en même temps qu'il sentait une brève piqure dans son cou.
D'un geste ample, il repoussa son agresseur et resta un instant surpris : la pute, qui l'instant d'avant était morte de terreur. Dans sa main, un tube de rouge à lèvres qui n'en était visiblement pas un, au vu de l'aiguille qui en dépassait.
Le monde se mit à tourner alors que l'alcool accentuait les effets du poison qu'on venait de lui administrer. Sergio pointa son arme et fit feu. Sa vision brouillée, il manqua complétement sa cible, laquelle était déjà debout et, dans un mouvement d'une grande souplesse et précision, lui asséna un coup de pied qui repoussa son bras sur le coté. Une clé de poignet et une bousculade plus tard, le Cubalivien s'écrasait au sol, son corps paraissant aussi lourd qu'un camion de deux tonnes.
"-Notre Médecine traditionnelle a quelques vertus, Monsieur Vargas, n'est-ce pas ?"
Évidemment, maintenant, elle parlait un anglais parfait. Sergio n'eut pas la force de répondre. Il jeta un regard confus sur la prostituée, visiblement aussi espionne que la voleuse, laquelle avait récupéré l'arme et tenait le Cubalivien en joue.
"-Règle numéro un : toujours refermer la porte lorsque tu t'introduis quelque part. Le bruit des clés dans la serrure t'évitera au moins d'être prise au dépourvu. Quel est ton matricule ?"
La voleuse ne répondit pas. À la place, elle pointa le pistolet sur l'espionne et lui colla une balle dans la tête.
"-Voilà ta part du rêve Vicaskaranien, pétasse !!"
Sergio voulut posé une question mais il perdit connaissance avant d'avoir pu articuler une syllabe.
******
Et voilà comment je suis arrivé ici.
À mon réveil, en plus d'un solide mal de crâne, je trouvais un bloc-note, un stylo et des vêtements propres dans ma cellule.
Un coup d'œil à travers le soupirail m'apprit que je n'était plus à Lokfol mais dans un de ces villages ruraux, où la population vit encore de la seule culture de la terre, avec trop peu d'interactions avec les villes que pour se soucier du capitalisme, du socialisme et autres idéologies.
J'ignore toujours l'identité de mes ravisseurs mais, s'ils me donnent un bloc-note, autant en faire usage. Ils savent visiblement déjà qui je suis et la raison de ma présence dans ce pays. Résumer les évènements par écrit ne présente donc pas un risque de fuite et m'aidera peut être même à organiser mes pensées.
Sergio Vargas
Posté : lun. juil. 26, 2010 8:12 am
par Johel3007
16/09/2012
Bonne nouvelle : mes ravisseurs ne sont pas les services de renseignement du MLC.
Très bonne nouvelle : ils sont socialistes et ont une certaine admiration pour la Révolution Cubalivienne.
Mauvaise nouvelle : ils refusent de me relâcher...
Allez comprendre ces foutus bridés !!
On aurait pu s'attendre à ce que la solidarité internationale ait un minimum de sens pour de soit-disant socialistes mais non !!
Quoique je ne puisse vraiment les blâmer : en Cubalivie, on aurait fait pareil avant Tony.
Pour ce que j'en ai compris, je suis retenu dans un village de campagne, non loin de Lokfol, bien que j'ignore la localisation exacte ou même quelle direction prendre pour rejoindre la ville.
Mes ravisseurs appartiennent à un groupe dont je n'arrive pas à prononcer le nom en Wapongais mais qui se traduirai grossièrement par "Syndicat de la Solidarité Paysanne".
Politiquement, le groupe semble proche des Socialistes Réformateurs, la seconde formation politique du pays.
Tout cela, je l'ai appris en jouant avec leurs nerfs quand ils étaient supposé m'interroger. Ils n'auront rien tirer du vieux Sergio mais auront lâché pas mal d'information en essayant. Amateurs...
Au vu de leurs questions, ils sont intéressés par mon passé de révolutionnaire et voudraient que j'entraine leurs miliciens.
Je leur ai demandé pourquoi ils n'avaient pas signé avec la GSI pour ce genre de chose, ce à quoi ils ont ri avant de m'expliquer : les tarifs de la GSI pour un seul mois d'entrainement représentent plus que les revenus annuels de tout un village.
Et puis, pourquoi payer quand il suffit de kidnapper et de menacer un peu ? Difficile d'argumenter contre leur logique, surtout quand ce sont eux qui tiennent les flingues...
Tard dans la soirée, on m'a servit un repas : une bouillie de céréales avec des morceaux de poulet et de l'oeuf, le tout mélanger dans du lait de chèvre.
J'ai cru comprendre qu'ici, c'était un menu de roi mais il faudra que mon estomac s'habitue vite si je ne veux pas crever de faim.
Sergio Vargas
Posté : mar. juil. 27, 2010 1:25 pm
par Johel3007
19/09/2012
Le programme de ces trois derniers jours a été plutôt chargé.
Après deux scéances d'interrogation supplémentaires, mes ravisseurs ont compris qu'ils ne tireraient rien d'intéressant de moi, à part une version très personnelle de l'Internationale.
C'est donc avec une pointe de dépit qu'ils m'ont libéré.
Enfin, libéré... J'ai des chaines aux chevilles et un jaune pour me suivre 24 heures sur 24. Mais je suis plus ou moins libre de mes déplacements dans le village, du moins quand Maï ne réclame pas ma présence.
Maï, c'est la voleuse maladroite à cause de qui je me retrouve dans ce trou. Militante socialiste de premier ordre et assistante auprès d'un des Délégués Adjoints du District. On m'a déjà prévenu qu'en raison de son emploi du temps chargé, le Délégué Adjoint en lui-même prendrait son temps avant de me rencontrer.
Opinion personnelle : ce politicien de mes deux tient surtout à couvrir ses arrières avant de se compromettre avec les ravisseurs d'un employé de la GSI. La version locale de la justice est expéditive et sans appel, comme j'ai pu le voir hier, lors de ma première sortie "libre".
Maï, afin de bien me faire comprendre les limites de ma liberté, ainsi que l'influence locale du SSP, s'est emparée d'un pistolet, a ordonné à deux de ses hommes de se saisir d'un passant, lequel a été couché au sol, accusé de vol, jugé et executé d'une balle dans la nuque, tout cela en moins de deux minutes et sans déclencher la moindre panique parmi les locaux : au pire, quelques curieux se sont arrêtés pour regarder avant d'être dispercés par les regards noirs des miliciens du SSP.
Telle est la justice ici, pour autant que j'ai pu l'observer : aucune loi mais de nombreuses règles non-dites.
De nombreux paysans portent une machette ou au moins un couteau, bien en évidence sur leur ceinture. Même les gosses.
Les armes à feu sont réservées aux plus riches ou ceux qui servent des groupes influents.
Qu'un délit ou crime soit commis et la victime n'aura aucun mal à trouver des alliés pour prendre sa défense :
Maï m'a expliqué que la plupart des gens appartiennent à un même "Lang", un mot signifiant "village" ou "clan", et sont donc bien plus enclins à se liguer contre un étranger si celui-ci ne sait pas se tenir.
Quant aux conflits opposant deux familles d'un même "Lang", ils sont souvent résolus par la médiation d'un Délégué Adjoint, bien que ce soit souvent les miliciens qui tranchent la question sur le champ, en applicant des amendes assez dures à la partie jugée coupable.
Encore que ces miliciens hésitent à intervenir trop souvent :
avoir un fusil ne vous protège pas d'une foule en colère, surtout quand commettre un massacre, même en état de légitime défense, vous voudrait d'être fusillé par vos supérieurs pour avoir "nuit à l'image politique" de l'organisation.
Pas d'autorité centrale pour détenir le monopole de la violence, donc. Pas non plus de système carcérale : trop coûteux. Une amende et un arrangement à la miable suffise.
Et si le "coupable" ne veut ou ne peut payé, une balle ou une corde font tout aussi bien l'affaire, même si ici aussi, on évite d'être trop strict, pour ne pas provoquer de révolte.
C'est un équilibre précaire, un ordre social qui ne tient que par le bon sens des individus, par le respect craintif qu'ils se témoignent les uns les autres et par un subtil jeu d'alliance et d'influence.
Une ambiance similaire règnait dans les villes que j'ai visité mais là-bas, la prédominance du MLC et des agences de sécurité privés rendait l'atmosphère moins chaotique. Curieusement, lorsque j'interrogeais Maï au sujet du manque de pouvoir fort, elle se mit à rire.
"-C'est la seule chose sur laquelle tout le monde est d'accord dans ce pays, pourtant !! Les précédents régimes ont toujours garanti la stabilité en imposant un régime autoritaire strict, en monopolisant autant que possible l'usage de la violence. Résultat ? Lorsque l'un de ces dictateurs bienveillants finit par abuser réellement de son pouvoir et par délaisser le pays au profit de sa seule gloire personnelle, il faut des années avant qu'une rébellion coérente ne soit en mesure de le détrôner."
Nous passions alors près du cadavre de l'homme qu'elle avait fait exécuter le matin même. Elle le désigna, désormais nu, les gosses de rue ayant dépouillé sa carcasse. Ce soir, ce serait aux chiens de s'en donner à coeur joie.
"-Même nous, pourtant ardants défenseurs du Socialisme, de l'Égalité et de la Justice, il nous arrive de piétiner les principes chers à nos coeurs parce que nous le jugeons nécessaire au triomphe final. Le fait que nous manquons de l'autorité pour le faire systématiquement nous permet de ne pas oublier pourquoi nous luttons. En cela, Nute Fan a compris qu'au Wapong, si un pouvoir stable était nécessaire, un pouvoir fort serait la mort de l'idéalisme, quel qu'il soit."
En écrivant ces lignes, je retourne ces mots dans ma tête. La Cubalivie a un pouvoir fort. Et pourtant, nous ne sommes pas un pays de monstres fanatiques gouvernés par des corrompus. La Camarade Emilia est certes parfois un peu... Non !! Le doute est le premier pas sur le chemin de la défaite !! Elle fait ce qui doit être fait, pour le triomphe de la Révolution !! Une révolution contre qui, là est la question...
Une question qu'il vaut mieux remettre à plus tard : deux jours de ballade dans ce village sont tout ce qui m'aura été donné comme "vacances" avant les choses sérieuses : demain, ils me transferent vers leur camp d'entrainement.
Sergio Vargas
Posté : jeu. juil. 29, 2010 12:03 pm
par Johel3007
26/09/2012
Ces sept derniers jours ont été consacré à l'entrainement de mes recrues.
20 rudes gaillards, tous avec une expérience du combat. Des gars capables, qui savent comment tenir et entretenir une arme, comment viser et tirer juste, où et quand se mettre à couvert... Rien à redire, je m'attendais à pire.
Mais ce ne sont pas des soldats. Tout au plus des brigands, excellents à titre individuel mais sans aucun esprit de corps ou sens de la discipline. Sur un champ de bataille, ils seront plus intéressés par sauver leur peau que par arracher la victoire. Ce n'est pas avec ça qu'on fait la révolution.
J'ai donc débuter un programme assez lourd : ils font tout les exercices en étant attachés à une cheville par groupe de deux.
Cela leur apprendra déjà à travailler ensemble et à tenir compte des faiblesses des autres plutôt qu'à ne compter que sur eux-mêmes.
Mais surtout, cela M'A donner du temps pour en apprendre plus sur la région.
Bien qu'étant au Sud, le Wapong ne bénéficie pas d'un climat tropical. Tout au plus le temps est-il plus chaud qu'à une latitude équivalente au Nord.
Ici, pas de forêts tropicales, bien que le bambou pousse comme une mauvaise herbe sur les collines.
C'est d'ailleurs l'un des principals moyens de construction, par ici. Les paysans l'utilisent pour leurs cabanes, leurs granges et leurs étables.
On construit aussi les chariots et brouettes avec, ainsi que les meubles.
Les vrais arbres sont présents aussi mais leur bois est de qualité médiocre pour la construction. Les locaux l'utilisent surtout pour le feu.
Le feu ici est encore le principal moyen de chauffage et d'éclairage.
Le bois est le principal combustible et sa collecte est une tâche qu'on assigne aux enfants lorsque ceux-ci ne sont pas à l'école.
Quand la famille moyenne est composée de 4 enfants, la contribution des plus jeunes aux tâches est indispensable.
En particulier quand on considère le prix de la nourriture. Pas énorme dans l'absolu mais scandaleux en comparaison des revenus.
Ceci s'explique par le fait que le Wapong a une agriculture pratiquement archaique : je n'ai pas vu un seul tracteur depuis mon arrivée dans ce village.
Et pourtant, nous avons traversé la campagne d'un bout à l'autre, à faire boiter mes pairs de recrues qui prétendaient "courir" !!
Le gros des travaux sont réaliser avec des moyens primitifs :
les champs sont encore labourés par de petites charrues tirées par des boeufs, la semaille est faite à la main en jetant les graines par poignée.
Je n'ai pas assisté à la moisson mais la présence de faux et de fourches contre certaines maisons me donne une idée précise de la méthode...
Tout cela pour dire que si Wapong-City brille de mille feux et se modernise rapidement, la campagne est nettement moins bien lotie :
les familles cultivent eux-même ce qu'elles mangent.
Dans ces conditions, une révolution est possible mais ne changera rien à la situation : sans mécanisation, le niveau de vie n'évoluera pas, peu importe le système économique et politique.
Je m'en suis ouvert à Maï, qui m'a à nouveau confirmer que c'était une des raisons pour lesquelles Socialistes et Libéraux ne s'étaient pas sauté mutuellement à la gorge dès la chute de Ngô :
le MLC de Nute Fan a réussi à unifier tout le monde avec un compromis qui, à défaut d'être parfait, est le plus petit dénominateur commun. D'abord moderniser la nation ensemble...et ensuite on verra !!
Cela n'empêche pas les tensions d'exister :
il y a quatre jours, le SSP a décrété la mobilisation générale à cause de mouvements de troupes du MLC.
Fausse alerte... mais cela prouve qu'il ne faudrait pas grand chose pour que ça pète.
Émilia sera heureuse de l'apprendre... si tant est que j'arrive à m'approcher d'une radio sans me faire hurler dessus. Ils sont toujours méfiants...
Sergio Vargas
Posté : mar. août 03, 2010 10:32 am
par Johel3007
09/10/2012
Pratiquement deux semaines depuis la dernière fois où j'ai pris la plume. Et pourtant, le temps a filé à une vitesse incroyable.
L'entrainement de mes recrues progressent. Trois d'entre eux présentent un bon potentiel pour être des officiers.
J'ai dû en virer deux, par contre : pas assez de tripes et de discipline.
Les autres seront des instructeurs convenables.
La rumeur voulait que l'Assemblée Citoyenne allait installer un pensionnat militaire dans le District, aussi avons-nous déménagé dans un village un peu plus large, dans le District voisin.
Ici, les affiches du SSP et du PSR sont visibles partout.
Les miliciens du MLC sont absents, remplacés par les milices ouvrières des syndicats locaux.
L'entrainement a maintenant lieu avec de vrais armes, sur un terrain en friches, derrière l'école primaire du village.
Encore un aspect de ce pays qui m'étonne autant qu'il me révolte : la manière ouverte et sans gène avec laquelle la violence, comme tout le reste d'ailleur, est exposée aux enfants.
Les gosses jouent à moins de 200 mètres du champ de tir et ne semblent pas s'inquiéter de prendre une balle perdue. Par contre, aucun n'a la curiosité stupide de venir gambader devant nous.
'faut croire qu'ils apprennent vite où est le véritable danger, ici.
Mais ce ne sont pas que les armes :
on trouve un peu partout des paysans désoeuvrés fumant l'opium ou se bourrant la gueule au Bzën, un alcool local infecte mais facile à produire.
Si l'héroine et la prostitution sont absentes des petits villages, je l'ai assez vue dans les villes du fleuve, où elles sont littéralement offertes à qui désirent perdre le fruit d'une journée de salaire pour quelques instants d'évasion.
Le pire est que mes chers "camarades" socialistes ne semblent pas vouloir faire quoique ce soit pour que cela cesse : leurs propres partisans s'accomodent très bien de cette décadence.
On m'accorde une certaine liberté.
Plus de garde pour me suivre à la trace, bien qu'on garde un oeil sur mes déplacements. M'enfuir serait assez facile mais pour aller où ? Et pour combien de temps ?
Je connais un peu la région, maintenant, et je peux dire une chose : les rares voitures et camions ne prennent pas d'auto-stoppeurs étrangers s'ils n'ont pas de dollars Pelabssiens.
Hors, des dollars, c'est l'une des choses que mes ravisseurs ne me donnent pas...
Non, si je dois fuir se sera à pieds ou à vélo. Et connaissant l'état des pistes, la seconde option ne serait pas forcément la plus rapide.
Ils me rattrapperaient en quelques heures, bien avant que je n'ai eu accès à un téléphone ou à une radio.
Qui sait ? Peut être y aura-t-il une opportunité avec les élections qui approchent ?
Mais en attendant que les jaunes élisent leurs dirigeants, ils vont d'abord élire leur Miss.
Encore un produit pure Pelabssa !!
Sergio Vargas
Posté : lun. août 16, 2010 7:58 pm
par Johel3007
18/11/2012
Les élections.
C'est comme ça qu'ils appèlent cette parodie de décision populaire.
D'un coté, des volontaires distribuent gentiment des tracts sous les regards mi-admiratifs mi-condescendants des observateurs internationaux.
D'un autre coté, les miliciens du MLC, du PSR et des autres formations politiques jouent du muscle pour rappeler à la population qui règnera vraiment dans le quartier, quel que soit le résultat des élections.
Ah, il me fait bien marré, le Nute Fan, avec ses grands discours sur l'individualisme, sur la liberté de choix et sur la responsabilité morale !!
Le paysan de base n'a pas de liberté de choix : s'il n'obéit pas, on lui brûle sa ferme, on tue son bétail et on viole ses filles.
On comprend qu'il n'ait pas le courage moral d'assumer ses choix dans de telles conditions.
Et leur sacro-saint droit à la propriété privé, incluant le port d'arme !!
Ils vont commencé à le regretter. À commencer par les libéraux.
Cela fait maintenant deux mois et demi que j'entraine les milices du SSP.
Ils apprennent vite mais restent indisciplinés pour la plupart.
Et puis, le manque de moyens techniques limite sérieusement la qualité des conditions d'entrainement.
Mais j'en ai tout de même fait une force armée potable... ou en tout cas utilisable.
On me surveille toujours de près.
Mais on me convie désormais aux réunions stratégiques du mouvement.
J'ai ainsi accompagné Maï jusqu'à Anali, où passent en contrebande les munitions et les armes venant... d'on ne sait pas où exactement.
À croire qu'il y a d'autres nations qui n'aiment pas de voir une démocratie active au Makara. Enfin, démocratie...
Bref, à Anali, j'ai pu avoir une vision clair de ce qui composait le SSP : pour la plupart, de petits chefs de région, ayant soit du charisme soit des compétences mais rarement les deux.
Aucun véritable leader de la trempe d'un Tony Pérès !!
La plupart pensent avant tout à défendre les privilèges et l'autonomie de leurs communautés agricoles.
Ils vivent selon les valeurs du collectivisme volontaire sans se soucier de la nation ou de l'Internationale Communiste.
Certains sont même d'avis de négocier avec le Parti Socialiste Réformateur "pour former une opposition forte au MLC"
Ces idiots se sont déjà résignés à la victoire du MLC par les urnes.
Ils sont réalistes...mais la révolution a besoin d'idéalistes, avant tout !!
Et là, elle est mal barrée, la révolution...
Toujours est-il que j'ai réussi à me faire entendre.
En tant qu'ancien camarade de Tony, ils m'ont prêté une oreille attentive.
C'est que le vieux est presque un mythe chez les communistes locaux.
Après de longues discussions, l'idée de raids préventifs visant à assassiner les candidats "vitrines" des autres partis a fait son chemin.
Et hier, nous l'avons mise en pratique : le Général Khunsan, ancien héros de la rébellion, frère d'arme du Général Chuyen mais aujourd'hui dans un autre camp politique, a été choisi comme cible.
Il était jadis le numéro 2 de la branche armée du MLC, avant de finalement rejoindre le Parti Nationaliste Makiran.
Un homme dangereux car il avait l'amour d'une bonne partie du petit peuple.
Avait, car maintenant, il n'a droit qu'à leurs pleurs.
Pendant que les pauvres moutons qui servent de partisans au SSP défilaient dans les rues de Lokfol, attirant l'attention du pays en provoquant les monarchistes, l'action se jouait ailleurs.
Moi et trois cents de miliciens avons encerclé la résidence du Général.
C'est qu'il ne se refusait rien, le bon Khunsan :
une villa magnifique, construite dans un jardin de près d'un hectare, gardé par d'anciens fidèles à lui, avec une caserne de l'armée régulière construite à moins de 500 mètres.
Quant à savoir comment il finançait tout ça, les champs de pavot sont une réponse éloquente...
Une attaque surprise en règle :
nous sommes arrivés par petits groupes, avons rapidement neutraliser les gardes avant de charger droit sur la maison.
Le vieux bonhomme a résisté un moment, tuant deux de mes gars avant que je lui aligne un pruneau dans le crâne.
Il a fallut batailler sec contre les soldats qui rappliquaient mais on s'en est sorti.
Enfin, "on"... Moi et une cinquantaine de gars chanceux. Les autres sont restés sur le carreau.
Faudra que je durcisse l'entrainement...
Une dizaine d'autres raids sont prévus d'ici les élections.
Si tout se passe bien, contacter la Cubalivie ne sera plus un problème : ils me la donneront, la radio !!
C'est dommage qu'on ne puisse pas atteindre Nute Fan, qui s'est barricadé dans le District 1, avec les autres officiels du MLC.
Sergio Vargas
Posté : ven. sept. 10, 2010 8:36 am
par Johel3007
29/01/2013
Le 29 Janvier...
Je réouvre ce journal et me surprend moi-même du temps écoulé depuis la dernière entrée.
Mais il faut dire que je n'ai pas eu beaucoup de temps pour réfléchir à autre chose qu'à ma survie.
Depuis les élections, la situation n'est allé qu'en s'empirant.
Notre politique aggressive a payé, garantissant au SSP le contrôle dans 15 des 81 Districts.
Considérant que ce sont les seules Districts où nous nous sommes présentés, c'est une victoire absolue.
Dans les campagnes moins miséreuses, le PSR a bénéficié indirectement de notre action.
Nos partis combinés récoltent presque la moitié des Districts et plus de la moitié des votes.
Une bonne chose pour le socialisme mais une mauvaise chose pour le SSP, que le PSR voit comme une bande d'extrémistes.
Les nouveaux changements politiques en Eran ne nous ont pas aidé à améliorer cela :
la propagande du MLC a immédiatement associé le SSP à la Camarade Jiang Quing, nous diabolisant en même temps qu'elle.
C'est une chose qu'il faut reconnaitre au MLC : il sait saisir les occasions pour rallier à lui le peuple.
Sa popularité n'a pas augmentée et il doit toujours partagé le pouvoir.
Mais la population ferme les yeux sur les "affaires" :
Le népotisme des politiciens, les collusions entre l'administration et grandes entreprises, les abus de pouvoir des officiers des milices...
Et en parlant des milices, celle du SSP se prend branlée sur branlée depuis deux mois.
En y réfléchissant, l'assassinat du Général Khunsan était une erreur stratégique.
Nous y avons gagné un District mais cela a tourné l'attention de la branche armée du MLC sur nous.
Le Général Chuyen a juré de venger Khunsan et on peut dire ce qu'on veut de ce salopard d'ex-baron de l'opium, il tient sa parole :
arrestations en masse, interrogation musclée, expéditions punitives contre les villages soupçonnés d'être communistes...
Les percepteurs d'impôt repoussés par les partisans du SSP ?
Son oeuvre, sa mise en scène pour justifier la répression.
J'y était :
Les percepteurs étaient accompagnés de soldats et ont tout fait pour provoquer les paysans.
Ils surestimaient de la surface des champs pour augmenter la taxe foncière.
Et comme beaucoup paient leurs taxes en nature, ils ont clairement sousestimé le poids du grain, des cochons et des poulets.
J'ai conseillé de mon mieux les leaders du SSP dans le conflit qui fait rage depuis lors.
Des escarmouches quotidiennes entre nos troupes et celles de Chuyen.
Plusieurs dizaines de morts, des centaines de blessés.
C'est un combat difficile :
J'ai une formation militaire solide et ma petit expérience de la guérilla au coté de Toni.
Mais ces enfoirés de jaunes ont une véritable tradition nationale en matière de guerre civile. Et Chuyen est redoutable en la matière.
Ce n'est pas pour rien que Nute Fan l'a nommé chef d'État-Major.
[url=http://www.simpolitique.com/post69826.html#69826]Cette bataille dans le District 55 l'a prouvé :[/url]
400 morts pour nous, 120 pour eux.
Maï m'a annoncé que certains leaders du SSP songeaient à me livrer.
Pour signer une trêve avec Chuyen.
Elle ne m'a pas livré sa pensée mais elle doit être contre cette idée : j'ai trouvé un pistolet chargé sous mon oreillé.
En dehors des querelles entre partis, je suis témoin des changements au Wapong.
Le MLC apporte au moins une bonne chose : la population est nourrie.
Depuis deux semaines, les cargos du Kirep, du Pelabssa et du Numancia se succèdent dans le port de Wapong-City.
Du grain, des fruits, des légumes, du poisson, revendu à des prix suffisemment bas que pour limiter la corruption et le marché noir.
Ces derniers existent toutefois, principalement entre les villes et les campagnes.
Si l'appétit des grandes villes est satisfait au-delà du nécessaire, la situation reste problématique dans les zones rurales pour des raisons logisitiques autant qu'économiques.
Le MLC a beau avoir juré de s'opposer à la spéculation, cette dernière permet actuellement à plusieurs individus de réaliser des fortunes.
Ils rachètent jusqu'à 50% des denrées vendues par la YummiCorp, les acheminent dans les campagnes par camions, utilisant les milices locales comme protection.
Ils ont ainsi un monopole sur la distribution...et pratiquent les prix qu'ils désirent.
Les paysans, avec leur absence d'épargne ou d'armes, leurs vélos et leurs charrettes à boeufs peuvent difficilement les concurrencer en terme de financement, de sécurité, de vitesse et de capacité de transport.
C'est l'une des raisons pour lesquelles les Syndicats de Solidarité Paysannes ont vu le jour :
Rassembler des moyens pour que les communautés rurales les plus pauvres puissent avoir accès au marché sans avoir à payer les énormes commissions des intermédiaires.
Des projets qui n'arrangent pas les exploiteurs de la faim.
En particulier les barons de l'opium, qui utilisent la nourriture comme pression sur les paysans.
D'où les affrontements entre milices syndicales et milices MLC : une grande parties des officiers du MLC et de l'armée ont encore leur propre petit traffic d'opium en plus de leur paie.
Je soumettrai demain un plan ambitieux aux dirigeants du SSP :
Contactez directement la Rostovie, le Kirep, l'Herria, l'Eran et le Sionving pour leur demander un soutien financier ou alimentaire.
Si le SSP obtient une aide assez importante en devises ou en nourriture, il pourra aider les campagnes à s'affranchir du MLC, de la YummiCorp et de leur clique d'oligarches.
Sergio Vargas
Posté : lun. déc. 20, 2010 10:26 am
par Johel3007
29/11/2013
Fourré au milieu d'autres reliques d'un autre temps, j'ai retrouvé ce journal.
Presque une année depuis la dernière entrée...
Le feuilletter me rend nostalgique d'une époque plus simple et moins politique.
Une époque où je luttais pour le Socialisme International.
Où mes camarades, qu'ils soient Cubaliviens, Rostovs, Eranéens, Kirepiens ou Wapongais, étaient unis par une cause commune.
Une époque de blanc et de noir, où l'ennemi était clair et les alliés évidents.
Ce n'est plus aussi sûr aujourd'hui.
Mais commençons par les bonnes nouvelles :
Nous survivons.
On aurait pu croire que des mois de combat contre les mercenaires de la YummiCorp aurait décimé nos rangs.
Le Syndicat a toujours eu du mal à trouver des recrues, surtout avec les mesures du MLC qui améliore le lot de tant de gens.
Mais cette tendance a ralentit depuis quelques mois : le miracle Wapongais se heurte à la réalité.
Nute Fan peut créer autant de milliers d'emplois qu'il veut, cela ne change pas le fait que le peuple vit comme des esclaves.
L'afflux de dévises étrangères a d'abord permit à chacun de goutter au luxe de la civilisation Almérano-Pelabssienne décadante.
Mais l'arrivée des étrangers, avec leurs salaires monstrueux, a rapidement créer une inflation monstrueuse dans les prix.
Et les salaires ne suivent pas.
Dans ces conditions, le Syndicat n'a pas trop de mal à trouver des recrues.
D'autant que nous possédons notre propre monnaie, imperméable à l'inflation car répondant toujours à un besoin constant : la farine du Kirep.
Ce pays contribue à lui seul à près de 80% des recettes du SSP.
Fini l'époque où il fallait extorqué "la taxe révolutionnaire" aux paysans. Maintenant, c'est nous qui leur apportons de quoi remplir leurs greniers.
Et nul besoin d'acheter des gigakovs de contrebande : elles arrivent directement du Kirep par navires, avec les munitions adéquates.
Plusieurs de nos hommes portent même de vieux uniformes de l'APK, ayant simplement arracher le drapeau du Kirep.
J'ai aussi rencontré quelques uns des "conseillés politiques" d'Ophrone.
Si ces gars-là sont des politiciens, moi je suis curé !!
Tout dans leur attitude respire le militaire et c'est ce qu'ils font :
former nos milices. Au moins, je ne suis plus tout seul...
En haut lieux, ils sont divisés sur ce sujet.
Les plus nationalistes prétendent que le Kirep veut simplement "apprivoiser" le SSP et en faire sa chose.
Les internationalistes s'en fichent, arguant qu'il est toujours possible de trancher la laisse d'un maître trop strict.
Moi et Maï nous rangeons au coté des internationalistes, alors que la plupart des grosses huiles prônent une non-dépendance vis-à-vis de l'étranger.
C'est sans doute l'une des mauvaises nouvelles :
Le Syndicat est divisé par des luttes intestines.
Des luttes d'autant plus violentes que les mercenaires de la YummiCorp, les milices du MLC, du PNM et PML massacrent nos dirigeants officiels.
Si l'armée était intervenue en notre faveur pendant un temps, elle se contente aujourd'hui de fermer les yeux.
Le PSR ne lève pas la voix pour nous défendre :
il sait qu'avec le départ des Brigades Wapong et Pâsindal pour le Ranekika, l'autorité centrale est affaiblie.
Et le PSR refuse de risquer une guerre civile.
Un comble, non ? Le départ des troupes républicaines jouent en notre défaveur car il laisse le champ libre aux milices ennemies !!
Une autre mauvaise nouvelle : le conflit au Viek Kiong.
En principe, si Kirov avait encore été aux commandes du Pacte, l'affaire aurait été pliée en quelques semaines.
Le monde aurait tremblé et le socialisme aurait triomphé, unifié dans la lutte et grandi par l'arrivée de nouveaux frères.
Au lieu de cela, les chacals s'enhardissent : toutes les semaines, des "volontaires makirans" débarquent à Lushan.
Des mercenaires de la GSI, recrutés dans tout le sous-continent Sud-Makiran et envoyés par milliers vers le Viek Kiong.
Nute Fan et Cat Tuong drainent la misère de notre continent et l'envoient périr au service du capitalisme.
Ils offrent la richesse aux mercenaires, promettent un "communisme plus juste" aux Vieks et laisse l'Eran se saigner à blanc et se discréditer.
Et le pire c'est que ça marche :
Moins de bouches inutiles à nourrir pour le Luveing, l'Hakoim et le Yinhok.
Plus de bras pour tenir les fusils de la résistance au Viek Kiong.
La misère se déplace vers ce pays et tout le monde blâme l'Eran et ses méthodes musclées.
Je fais ce que je peux pour prendre ces traitres en embuscade quand ils passent par les sentiers de montagne au Nord.
Mais ils sont tout simplement trop nombreux.
Et les grands pontes ont défendu ces attaques, estimant qu'elles ne nous regardaient pas. Le Wapong d'abord, le Makara ensuite.
Les abrutis...
Moi et Maï parlons beaucoup quant aux actions à prendre.
Comme précédemment, la possibilité d'une révolution interne au Syndicat est abordée.
Un coup risqué, cependant : le Kirep pourrait retirer son soutien si il estime que le SSP n'est pas assez uni.
Sergio Vargas
Posté : mar. janv. 11, 2011 11:50 pm
par Johel3007
02/02/2014
On sent que la fin est proche.
La Révolution se meurt et les porcs bourgeois se préparent à dépouiller la carcasse du socialisme.
Ce sont désormais par conteneurs entiers que l'aide pour le Viek Kiong arrive dans les ports du Wapong.
Des armes, des munitions, des mines, de la nourriture... Tout ça en quantité sans cesse croissante.
Et comme par hasard après que Nute Fan revienne du Pelabssa !!
Le Lynchaka est dans la tourmente, son leader ayant laissé la place à un avorton pourri gaté qui semble s'éloigner de l'Eran.
Tuera-t-il dans l'oeuf l'URCM de Jiang Quing ?
Cette noble entreprise sera-t-elle une autre tentative morte-née d'unifier le Makara sous la bannière rouge, comme la Ligue du Makara ?
La Rostovie laisse ses vassaux s'ouvrirent à la corruption, tolérant une démocratie libérale en Juvna.
Alors que la perte du canal pourrait asphixier l'oeuvre de Kirov en quelques mois à peine !!
Et le Kirep... Le Kirep qui se détourne de la Cause au profit d'un tiers-mondiste tolérant au pluralisme miteux !!
Kirov a ses tords mais le christianisme n'en est certainement pas un qui mérite le divorce.
Tel un vieil édifice, le Pacte s'éffrite.
Et dans sa lente agonie, il entraine dans la tombe toutes les petites révolutions en gestation de par le monde.
Des révolutions comme celle du Wapong : les gros bonnets du Syndicat sentent le vent qui tourne et il le suive.
Le Kirep dit que l'heure est à la lutte Nord-Sud, que le nationalisme a son importance.
Quelle douce musique aux oreilles de ces égoistes, plus soucieux de leur propre position que du triomphe du Grand Soir !!
Les dernières réserves de Maï sont tombées quand nous avons appris l'ouverture de négociations avec le MLC.
Hier, en petit comité, nous avons pris la décision : dès que nos camarades seront de retour du Kirep, nous agirons.
Sergio Vargas
Posté : dim. janv. 16, 2011 10:56 pm
par Johel3007
Interlude
18/02/2014
Quai de Lushan, Wapong
Le caboteur approcha lentement des quais.
Le ronronnement de son lourd moteur diesel couvrait les cris des mouettes qui se disputaient les détritus flottant dans les eaux du port.
Mais il ne pouvait couvrir les cris enthousiastes de ses passagers qui, agitant les gigakovs, saluait la foule modeste venu les accueillir.
La troupe habituelle de mendiants, prostituées, dockers curieux et marchands embullants en quête de pigeons.
Mais aussi, plus inhabituel, un large contingent de miliciens qui montraient leur allégeance par un foulard rouge sombre accroché au front ou au bras.
La centaine d'hommes et femmes des milices syndicales rendirent leur salut à leurs camarades revenus du Kirep.
Lorsque ces derniers débarquèrent, l'effusion de joie explosa réellement.
Les héros du Grand Nord étaient chaleureusement reçus après avoir lutter au coté du Leader Gak pour la Révolution Mondiale.
Les simples miliciens, après des semaines de discipline d'un socialisme rude, sévère et doctrinal, se laissaient allé aux douceurs du Wapong.
Plus d'un s'adonnerait aux merveilles du libertarianisme avant la fin de la nuit, appréciant ce qu'une paie généreuse pouvait offrir.
Mais pour d'autres, la lutte continuerait.
Certains membres du Syndicat de la Solidarité Paysanne ne pouvait se permettre la cause au placard, même pour une nuit.
Certains membres comme Sergio Vargas.
Tenant Maï par la taille, le Cubalivien gardait un air sérieux et digne alors que ses hommes fêtaient le retour des volontaires.
Ce n'est qu'en voyant enfin débarquer un nabot Wapongais à la musculature nerveuse que le barbu s'autorisa un sourire.
"-Duan !! Vieux salopard !! Alors, toujours vivant ?"
"-Vargas !! Maudit barbare !! Toujours à abuser de notre hospitalité, au lieu de retourner chez toi ?
Aurais-je à supporter ta présence jusque dans la tombe ?"
"-Vu les derniers dévelloppements ici, ce n'est pas l'envie de partir qui me manque, camarade."
Poignée de main ferme suivie d'un salut traditionnel Wapongais, buste incliné. Vargas, à présent accoutumé aux traditions locales, immita Duan.
"-Ton message radio était plutôt laconique mais notre escale en Eussie m'a permit de me mettre à jour.
Une salle affaire, hein ? Le Parti se bureaucratise, la Révolution se meure. Et comme le dit Kirov..."
"-...Si la volonté faiblit, nous avons déjà perdu.
Oui, j'ai relu Ses pensées récemment, même si les dernières publications sont contestables."
"-Tu prêches un convaincu, camarade. Je ne serais pas parti chez les barbares Almérans si je ne croyais pas que la Cause en ait besoin."
"-Le Nord s'affaiblit. La corruption est à leurs portes et les premiers fumets atteignent déjà nos fenêtres.
Le Kirep tient bon mais pour combien de temps ?"
"-Mouais... Je crois pas que ce soit prudent d'en parler sur les quais, comme ça."
Moment de silence. Visiblement le message était passé, Vargas était satisfait. Son sourire le montrait.
Il frappa les épaules de Duan, lequel lui arrivait à peine au niveau de l'estomac.
"-Tu as raison !!
Laissons tes hommes se détendrent et allons parler à l'ombre.
Tu as déjà rencontré la Camarade Maï, je crois ?"