Posté : mar. mai 21, 2019 8:54 pm
[center]Χρώματα και τοπία - Colori e paesaggi della Sibistria[/center]
[center]Panion de Phtiolide[/center]
[center][img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/05/21/190521100508686672.png[/img][/center]
Panion est une ville labyrinthique, née à la Préhistoire, et creusée dès l'époque des premiers hommes dans les pitons rocheux de tuf. Les premières traces du peuplement de ces falaises creusées, rapportées dès lors comme un ensemble de grottes reliées entre elles par des souterrains, des tunnels et escaliers intérieurs, se trouvent dans les chroniques de guerre des Rois hittites, dès le XVIIème siècle avant J-C. A l'époque, il semble que les souverains de la grande région de Cybistrie, combattant des tribus intérieures, mal identifiées, qui trouvent notamment refuge dans les environs, et à Panion - ville nommée alors Atusha. La ville est apparemment acculturée, au sein des autres tribus dominées par les Hittites, dès le XIIème siècle, puisque les récits contemporains narrant les guerres contre les Assurites font état de la "grande loyauté des habitants d'Atosh", vraisemblablement Atusha.
La ville, comme le reste de la Cybistrie hittite, est absorbée par l'Empire d'Assur, dominant le pays durant quatre siècles. Au début du Xème millénaire, Atosh compte "treize cent maisons formées dans les reliefs de la pierre tendre de l'endroit", selon le voyageur phénicien Aribaal de Fenon (~920-882). La ville est ensuite conquise, comme le reste du pays, par l'Empire de Babil. Atosh met encore, peut-être malgré elle, son relief et ses trésors labyrinthiques au service des opposants au conquérant : les chroniqueurs babilites racontent notamment comment le Roi Urukonosor IV, à la recherche de brigands attaquant régulièrement ses troupes le long des routes du sel (déjà 40 ans après le début de la présence babilite), rase méthodiquement le troisième piton le plus haut d'Atosh, dans lequel se seraient réfugié ses ennemis - d'après trois auteurs différents, Urukonosor ne parvint pas à mettre la main sur les hors-la-loi, qui se seraient enfui par une conduite inconnue vers un autre piton.
Atosh devient Panion dans les sources dès le sixième siècle. Il s'agirait d'un nom d'origine phénicienne : la thèse étymologique correspond aux pratiques contemporaines concernant le déplacement forcé de populations, au sein de l'Empire babilite, au gré des alliances féodales honorées ou disputées ; on sait que le Roi Assurpolassar avait déporté, dès le huitième siècle, une centaine de familles phéniciennes, des côtes de la Mer céruléenne vers la Pthiolide intérieure et notamment Atosh, où la communauté aurait pu maintenir ses us et coutumes. Panion conserve son nom à l'époque hellénistique, après qu'Alexandre eut soumis la région, notamment avec l'aide des Phéniciens - libérés de la tutelle étrangère, Babil ayant été prise à l'Est par un nouvel ennemi. A l'époque hellénistique, une Panion moderne voit le jour entre les pitons de tuf, suivant un plan quadrangulaire (d'ailleurs d'invention phénicienne). La ville, d'après Xanthos de Miliameni, compte 7 000 habitants au deuxième siècle après J-C.
Panion de Phtiolide sera par la suite occupée par les Latins. A l'époque du Christ, la cité aurait encore conservé certaines mœurs phéniciennes, ainsi qu'un dialecte dérivé du phénicien. Elle devient, au premier siècle, un important refuge pour les premiers Chrétiens persécutés par les autorités impériales. Avec la christianisation du pourtour céruléen, et la chute de l'Empire d'Occident, les premières communautés chrétiennes réfugiées dans les escarpements rocheux de Panion peuvent habiter à nouveau la plaine, et les maisons creusées retrouvent leur vocation de refuge pour familles en situation de précarité, ou de lieux de vie en commun pour le clergé régulier en constitution. La région de Panion se dote de nouvelles grottes creusées (quelques-unes nouvelles, pour une majorité qui avait été creusée déjà plusieurs siècles avant) avec l'essor du mouvement érémitique.
Lorsque la civilisation byzantine se retrouvera assaillie par la barbarie, sous l'effet d'invasions tardives par rapport à celles subies par l'Occident, Panion redeviendra un haut lieu de résistance militaire et spirituelle. Plusieurs Saints y finiront leurs jours, retrouvés parfois plusieurs décennies après l'occupation de la ville de plaine par les Musulmans. La langue hellénique s'y maintiendra jusqu'au début du XVIIème siècle, puis les Osmanides déporteront une grande part de la population hellène vers le sud. En 1995, les Turciques à leur tour seront chassés de Panion par les autorités helléniques de Cybistrie, en résultante de la Guerre de 1992-1995.
De tous temps, les paysages de Panion auront inspiré les vainqueurs et les vaincus, accueilli les pauvres, les faibles d'esprit, les puissants et les philosophes. Ils témoignent par leur image du passage du temps, ciselés dans leur masse claire par les innombrables gouttes de pluie les ayant caressés.
[center][img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/05/21/190521100518940454.png[/img]
La ville médiévale a littéralement "recouvert" une partie de la ville préhistorique... qui est toujours en grande partie habitée, "souterraine"
[img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/05/21/190521100531879038.png[/img]
Le paysage alentour... des forêts dominées par des pitons chauves
[img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/05/21/190521100534790436.png[/img]
La vallée rose, ses peupliers, cerisiers, fleurs sauvages...
[img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/05/21/19052110045937095.png[/img]
Un vieux-quartier de Panion sous la neige
[img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/05/21/190521100518836317.png[/img]
Les "dames noires", tour à tour refuge d'ermites... de djinns et de sorcières
[center]Panion de Phtiolide[/center]
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Panion est une ville labyrinthique, née à la Préhistoire, et creusée dès l'époque des premiers hommes dans les pitons rocheux de tuf. Les premières traces du peuplement de ces falaises creusées, rapportées dès lors comme un ensemble de grottes reliées entre elles par des souterrains, des tunnels et escaliers intérieurs, se trouvent dans les chroniques de guerre des Rois hittites, dès le XVIIème siècle avant J-C. A l'époque, il semble que les souverains de la grande région de Cybistrie, combattant des tribus intérieures, mal identifiées, qui trouvent notamment refuge dans les environs, et à Panion - ville nommée alors Atusha. La ville est apparemment acculturée, au sein des autres tribus dominées par les Hittites, dès le XIIème siècle, puisque les récits contemporains narrant les guerres contre les Assurites font état de la "grande loyauté des habitants d'Atosh", vraisemblablement Atusha.
La ville, comme le reste de la Cybistrie hittite, est absorbée par l'Empire d'Assur, dominant le pays durant quatre siècles. Au début du Xème millénaire, Atosh compte "treize cent maisons formées dans les reliefs de la pierre tendre de l'endroit", selon le voyageur phénicien Aribaal de Fenon (~920-882). La ville est ensuite conquise, comme le reste du pays, par l'Empire de Babil. Atosh met encore, peut-être malgré elle, son relief et ses trésors labyrinthiques au service des opposants au conquérant : les chroniqueurs babilites racontent notamment comment le Roi Urukonosor IV, à la recherche de brigands attaquant régulièrement ses troupes le long des routes du sel (déjà 40 ans après le début de la présence babilite), rase méthodiquement le troisième piton le plus haut d'Atosh, dans lequel se seraient réfugié ses ennemis - d'après trois auteurs différents, Urukonosor ne parvint pas à mettre la main sur les hors-la-loi, qui se seraient enfui par une conduite inconnue vers un autre piton.
Atosh devient Panion dans les sources dès le sixième siècle. Il s'agirait d'un nom d'origine phénicienne : la thèse étymologique correspond aux pratiques contemporaines concernant le déplacement forcé de populations, au sein de l'Empire babilite, au gré des alliances féodales honorées ou disputées ; on sait que le Roi Assurpolassar avait déporté, dès le huitième siècle, une centaine de familles phéniciennes, des côtes de la Mer céruléenne vers la Pthiolide intérieure et notamment Atosh, où la communauté aurait pu maintenir ses us et coutumes. Panion conserve son nom à l'époque hellénistique, après qu'Alexandre eut soumis la région, notamment avec l'aide des Phéniciens - libérés de la tutelle étrangère, Babil ayant été prise à l'Est par un nouvel ennemi. A l'époque hellénistique, une Panion moderne voit le jour entre les pitons de tuf, suivant un plan quadrangulaire (d'ailleurs d'invention phénicienne). La ville, d'après Xanthos de Miliameni, compte 7 000 habitants au deuxième siècle après J-C.
Panion de Phtiolide sera par la suite occupée par les Latins. A l'époque du Christ, la cité aurait encore conservé certaines mœurs phéniciennes, ainsi qu'un dialecte dérivé du phénicien. Elle devient, au premier siècle, un important refuge pour les premiers Chrétiens persécutés par les autorités impériales. Avec la christianisation du pourtour céruléen, et la chute de l'Empire d'Occident, les premières communautés chrétiennes réfugiées dans les escarpements rocheux de Panion peuvent habiter à nouveau la plaine, et les maisons creusées retrouvent leur vocation de refuge pour familles en situation de précarité, ou de lieux de vie en commun pour le clergé régulier en constitution. La région de Panion se dote de nouvelles grottes creusées (quelques-unes nouvelles, pour une majorité qui avait été creusée déjà plusieurs siècles avant) avec l'essor du mouvement érémitique.
Lorsque la civilisation byzantine se retrouvera assaillie par la barbarie, sous l'effet d'invasions tardives par rapport à celles subies par l'Occident, Panion redeviendra un haut lieu de résistance militaire et spirituelle. Plusieurs Saints y finiront leurs jours, retrouvés parfois plusieurs décennies après l'occupation de la ville de plaine par les Musulmans. La langue hellénique s'y maintiendra jusqu'au début du XVIIème siècle, puis les Osmanides déporteront une grande part de la population hellène vers le sud. En 1995, les Turciques à leur tour seront chassés de Panion par les autorités helléniques de Cybistrie, en résultante de la Guerre de 1992-1995.
De tous temps, les paysages de Panion auront inspiré les vainqueurs et les vaincus, accueilli les pauvres, les faibles d'esprit, les puissants et les philosophes. Ils témoignent par leur image du passage du temps, ciselés dans leur masse claire par les innombrables gouttes de pluie les ayant caressés.
[center][img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/05/21/190521100518940454.png[/img]
La ville médiévale a littéralement "recouvert" une partie de la ville préhistorique... qui est toujours en grande partie habitée, "souterraine"
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Le paysage alentour... des forêts dominées par des pitons chauves
[img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/05/21/190521100534790436.png[/img]
La vallée rose, ses peupliers, cerisiers, fleurs sauvages...
[img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/05/21/19052110045937095.png[/img]
Un vieux-quartier de Panion sous la neige
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Les "dames noires", tour à tour refuge d'ermites... de djinns et de sorcières