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Posté : mar. févr. 19, 2019 10:16 am
par Alexandre
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L'HEBDOMADAIRE POLITIQUE, ECONOMIQUE, CULTUREL ET SOCIAL[/center]


[right]17 au 23 mai 2038[/right]


[center]DOSSIER DE LA SEMAINE : Un peu d'histoire
La légende noire de Jean IV et l'affaire de l'abdication
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Cette semaine dans le Courrier Flavien, on s'intéresse à l'une des histoires les plus rocambolesque du moyen âge flave. Marc Baillon, professeur à l'Université d'Adelis nous en dit plus.

C'est une affaire comme on en croise souvent au moyen âge. Elle secoue la Flavie du XIVe siècle et est très connue de tous les flaviens. Enseignée dans les programmes d'histoires de nos écoles, l'affaire dite de la légende noire et de l'abdication de Jean IV est à la fois romanesque, sentimentale, tragique et éminemment politique. Dans un moyen âge très catholique (on est seulement un peu plus de 100 ans après le traité de Flavie de 1195), la Flavie connait une période d'essor commercial et économique qui lui permet de s'affirmer qui sera au fondement de la future culture flave, principalement construite à la Renaissance.

En ce début de XIVe siècle, Jean IV, un Roi mal aimé dirige le pays depuis la mort de son père, Jean III (dont il se dit qu'il aurait été empoisonné par la Reine Amélie son épouse, femme décrite comme tyrannique, qui se serait ainsi vengée d'une amante du Roi, par ailleurs sa servante attitrée, morte l'année suivante parait-il des mauvais traitements de sa Maitresse la Reine -comprenez par Maitresse sa patronne), en 1291. Jean est un Roi peu présent publiquement. Reclus dans son Château d'Adelis, parfois décrit par ses contemporains comme narcissique, paranoïaque et tyrannique, il est avant tout le Roi à l'autorité contestée par son peuple et par les nobles de Provinces. C'est qu'on lui préfère son frère, Henri, jeune blond décrit comme ayant un physique beaucoup plus avantageux que son frère, militaire de carrière et connu pour ses nombreuses conquêtes féminines que son frère lui envie. Henri se préoccupe peu de la morale. En tant que frère d'un Roi marié dont il attend qu'il fasse un héritier (la Reine Mathilde est atteinte de goutte et d'obésité morbide, selon les chroniques et portraits de l'époque et son époux lui manifestait peu d'attention), il n'estime pas utile de devoir se marier malgré sa première position dans l'ordre de succession, préférant les fêtes et la liberté de ses orgies, auxquelles participent parfois les plus hauts responsables royaux (contre l'avis du Roi).

Alors pourquoi préfère-t-on à un Roi qui a le sens de la responsabilité, en dépit des critiques qui lui sont faites à un frère qui n'a aucun sens du devoir royal ? C'est la question clé qui permet de comprendre l'affaire qui secoue bientôt le Royaume. Bien que très libertin, Henri est plus modéré que son frère, dont on dit qu'il aurait hérité du caractère de sa mère, l'infame Reine Amélie, tristement célèbre pour avoir été une meurtrière, d'après sa légende noire. C'est cette légende noire qui finit par déteindre sur son fils ainé. Jean IV est un adepte des exécutions sommaires (en 1301, il fait exécuter son plus proche conseillé pour s'être opposé à lui). Son caractère tyrannique le conduit à se faire des ennemis et à être détesté de tous. Son autorité finie même par être contestée durant la première décennies des années 1300 par les seigneurs des Provinces qui souhaitent qu'Henri monte sur le trône. En 1307, un complot est même conduit contre le Roi afin de l'assassiner et le remplacer par son frère. Mais l'échec du complot, démasqué par des fidèles du Roi amorce une période d'instabilité et les foudres royales s'abattent sur certains nobles, exécutés pour trahisons. Jaloux, Jean fait même enfermer son frère à la Forteresse d'Iremis, la prison royale par excellence. Peu à peu, la rumeur cours que le Roi s'adonne en secret à des rites sataniques dans les caves de son château, après qu'une servante ait déclarée avoir entendu des cris effrayants une nuit.

La légende noire autour du Roi est telle que l'Église de Flavie s'inquiète de ses rumeurs et presse le Roi de montrer patte blanche s'il ne veut pas perdre sa Couronne. Une Monarchie de Droit divin ne peut cautionner de tels actes. En 1310, Henri est libéré mais son frère, toujours sans enfants (on soupçonne son épouse d'être dans l'incapacité d'en faire, ce qui sera démentit plus tard) l'oblige à se marier. Il épouse alors la fille d'un fidèle du Roi. Mais alors qu'elle est enceinte en 1311, elle est accusée de ne pas porter l'enfant du prince Henri (elle aurait eu une relation avec un compagnon d'arme du prince). Elle est exécutée sur ordre du Roi et son père, destitué de ses titres, est disgracié. Cependant, le Prince est rapidement remarié avec une fille unique sans histoire, noble orpheline de père et dont la mère désespérait qu'elle ne se mariât.

Mais le mal est fait. En 1312, la critique contre le Roi devient grande et des insurrections ont lieu (on y brule des effigies du Roi). Le Roi fait abattre la répression mais sa légende noire le rattrape. Il est jugé sénille, fou et paranoïaque par ses médecins, à qui son ministre d'Etat avait demandé une expertise (le Roi est retrouvé une nuit de 1313 avec une arme au-dessus du cadavre de la servante qui l'avait accusé de s'adonner à des rites sataniques quelques années plus tôt, et déclare avoir vu le fantôme de sa mère lui demandant de tuer cette fille impure à la grandeur de leur famille). Il devient clair alors que le Roi souffre de démences et de crises de folies. Ses médecins estiment qu'il ne peut finir l'année 1314. Mais devant ce trop long délai, son courageux Ministre d'Etat presse alors le Prince Henri à se préparer à monter sur le trône alors qu'il demande au Roi d'abdiquer pour le bien de tous (on raconte qu'il lui aurait même tenu la main au moment de signer l'acte, tant le Roi en était incapable seul). Le 21 février 1314, Jean IV abdique et Henri monte sur le trône sous le nom d'Henri Ier.

L'histoire aurait pu s'arrêter là et tout le monde pensait que c'était la fin d'une horrible affaire. Mais ce fut en réalité le point de départ d'une autre, celle de l'affaire de l'abdication de Jean IV. À peine devenu Roi, Henri doit affronter une division entre les pro-abdication (ceux qui pensent qu'une abdication est possible) et les anti-abdication (qui estiment qu'il est impossible d'abdiquer en raison du caractère divin de la Monarchie. Il faut noter que ceux qui se situent dans ce camp ne sont pas forcément favorable à Jean IV en raison de ses exactions, mais ils estiment qu'au nom de Dieu, on ne peut choisir son monarque d'une telle façon et aller contre ce qu'a fait Dieu). Jean de son côté s'installe dans un château de province pour se reposer. Toujours touché par sa légende noire, il est cependant en meilleure santé en 1315. Si bien que l'année suivante, son épouse, l'ancienne Reine Mathilde tombe enceinte, tordant le cou aux rumeurs qui la disait stérile.

Il est là, le fond de l'affaire de l'abdication. L'enfant est en effet légitime et cela relance la guerre entre les pro et les anti abdication. D'autant plus que l'acte d'abdication de Jean IV ne prévoyait pas que celui-ci puisse avoir une descendance (on pensait la Reine incapable d'en faire et on n'a pas jugé utile de le préciser). Autrement dit, le Roi a abdiqué pour lui, mais par pour une hypothétique descendance, le cas n'ayant pas été prévu. Les deux champs se déchirent alors autour des droits de l'enfant au trône et aux modifications que les Hommes n'ont pas le droit d'apporter à une succession au caractère divin. À cela, il faut ajouter le fait que l'enfant passe avant le Roi Henri au titre d'ainé de la famille Froissey. Or, la Monarchie prévoit que l'ainé de la branche ainée soit le Roi. Si le Roi Jean, véritable ainé de la famille à ce moment, avait abdiqué, c'est à son fils qu'aurait pu revenir logiquement cet héritage. C'est également sur l'argument de l'ainé que les anti-abdication avancent la nullité de l'acte d'abdication du Roi. Pendant trois ans l'on se déchire et l'on remet en cause l'autorité du nouveau Roi, que tout le monde reconnait beaucoup plus apte que son frère et moins en proie à des problèmes personnels. Mais les capacités ne font pas un Roi sans légitimité en Flavie.

L'affaire va cependant connaitre un dénouement qui donne tout son sens à l'expression "le remède est parfois pire que le mal". En effet, si l'ancienne Reine Mathilde meurt en couche en 1316, son fils, qui fondait les espoirs d'un rétablissement de la lignée ainée sur le trône meurt d'une maladie infantile en 1319, à l'âge de 3 ans. Reste le Roi Jean, dernier à pouvoir poser un problème à l'autorité de son frère, de nouveau sujet à des crises de folie. La même année, il meurt dans d'étranges conditions. Si les rumeurs les plus folles ont alors circulées, la thèse de l'empoisonnement ressurgie comme un vieux démon des années passées. Le Roi Henri est le premier accusé. Si l'histoire n'a pas permis de prouver ces faits, il est probable qu'Henri ait ou ait fait empoisonner son frère ou qu'un de ses partisans en ait décidé pour lui. Toujours est-il que la mort de Jean met fin à cette crise dynastique et Henri devient l'ainé, Roi incontesté et incontestable sur son territoire. Il faudra néanmoins encore quelques années pour que les flaviens enterre cette histoire avec leur Roi, puisque la mort d'Henri en 1328 porte sur le trône son oncle paternel, le Roi Jacques II (Henri n'ayant jamais eu d'enfant).

Si ces temps troublés du moyen âge sont aussi notre passé à tous, nous pouvons cependant à soufflés que nos souverains ne descendent ni de Jean, ni de Henri. Ces deux prénoms maudits n'ont d'ailleurs plus été portés pour des Roi après eux. Avec Henri meurt l'une des pages les plus sombres de notre monarchie. Elle explique cependant pourquoi, depuis Jacques II, l'abdication est interdite en Flavie. Si le cas de la folie d'un Roi ne s'est plus représenté, la préférence ira désormais à la régence. L'histoire aura finalement contenté les pro-abdication avec la montée sur le trône du Roi Henri et les antis avec l'interdiction théorique de l'abdication. Le mot tabou n'a plus été sur les lèvres de nos Rois depuis. Si l'on dit parfois que l'histoire est un éternel recommencement, gageons que celle-là, reste dans le passé.

[right]Marc Baillon[/right]


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Posté : dim. mars 10, 2019 3:36 pm
par Alexandre
[justify]"La Taverne du Port" est un bar-auberge situé non loin du port de la ville d'Adelis. C'est ici que régulièrement, client occasionnels et piliers se mêlent autour d'un verre. On y parle surtout politique, vie quotidienne, potins et affaires locales. Gabrielle Trudeau en est la gérante avec son époux aux fourneaux. Ce 30 juillet après midi, alors qu'il faisait un beau soleil et une agréable chaleur estivale, on prenait du bon temps au comptoir du bar.

Lucien : Ah, voilà la mère Pascale. Un p'tit verre Laetitia ?

Laetitia : Volontiers Lucien. J'ai eu une dure journée. C'est à croire que tout le monde s'est donné le mot pour se blesser en même temps.

Gabrielle : C'est vendredi, tu vas pouvoir profiter de ton week-end alors. Tiens, une bonne bière te remettra sur pied.
A leur côté, un quatrième individu lisait un journal.

Grégoire : Tiens, la nouvelle législature est connue.

Gabrielle : C'est pas trop tôt, j'ai cru qu'on ne saurait jamais. Alors, du nouveau ?

Grégoire : Elle est pas mal celle là ! Le Roi n'a pas nommé que des favorables à l'ouverture. Il aura à peine la majorité.

Laetitia : Tu plaisantes ? C'est impossible. Je pensais qu'il ferait le contraire ? Qu'est ce qui lui prend.

Grégoire : Regarde par toi-même, il y a les noms. Tout ceux là sont contre. Eux n'ont pas changés et ceux là sont nouveaux. Et là ce sont ceux qui sont pour.

Laetitia : Il a perdu la tête ou quoi ?

Gabrielle : Je ne crois pas. Le Roi à toujours su ce qu'il faisait. Ça ne veut pas dire qu'il renonce à l'ouverture. Il a juste entendu les craintes du peuple. Il avait parlé d'ouverture progressive, de vigilance et de prudence du Gouvernement. Il le montre. La contradiction, c'est bien aussi. Moi ça ne m'étonne qu'à moitié. Il a toujours été dans le compromis. Le précédent Gouvernement par exemple, était composé pour moitié d'opposants. Et il n'a pas que des amis au Conseil Royal.

Laetita : Oui, c'est vrai. Et toi, tu en penses quoi Lucien.

Lucien : J'en pense que mon verre est vide et que je vais mourir de soif s'il n'est pas rapidement plein.

Gabrielle : C'est le dernier alors. Je pense que le Roi sait ce qu'il fait. D'ailleurs les sondages montrent que majoritairement les Flaviens lui font confiance. Il est Roi pas Président donc il n'y a aucune raison qu'il jette en pâture ses Sujets alors que c'est précisément ce qui fait sa fonction.

Grégoire : Personne n'a dit qu'il ne faisait pas confiance au Roi. C'est juste que c'est étonnant cette composition.

Lucien : Moi, j'ai toujours été contre l'ouverture. Mais je suppose que le Roi sera là pour veiller et nous protéger.

Gabrielle : Plus en tout cas que l'autre grande gueule de Prévert si tu veux mon avis.

Lucien : ça n'empêchera pas de Bau d'aller faire une petite visite à l'étranger en septembre par contre. D'ici à ce qu'il nous sorte des traités.

Laetitia : Il faut bien se lancer à un moment donné. Mais je pense qu'il sera vigilant sur le caractère contraignant.

Grégoire Eh bien moi, je suis rassuré de voir le Roi faire le tour du pays pour nous rassurer justement.

Lucien : Seul le rapport gouvernemental pourra nous dire où sont nos avantages à l'ouverture. Pour l'instant, rien n'est concret.

Laetita : Il y a une chose dont on entend plus parler, c'est la peine de mort.

Gabrielle : Forcément, c'est encore la garderie qui l'a.
En Flavie, il était courant de moquer l'Assemblée Populaire en l'appelant la garderie.

Gabrielle : Et comme c'est toujours l'heure de la sieste, on est pas près d'en entendre reparler.

Laetita : Je trouvais l'idée pas mauvaise, du moment qu'on ne supprime pas un pouvoir au Roi.

Lucien : Qui donc pourrait supprimer un pouvoir au Roi ? Il faudrait avoir des couilles. Et les perdre trois secondes plus tard en place publique à se faire luncher. Non, cette personne n'est pas née, croyez-moi. Qui diable oserait s'attaquer à notre Roi.

Grégoire : Il ne viendra pas de l'étranger non plus puisque l'immigration sera interdite.

Gabrielle : C'est une bonne chose. En Flavie, on est très entre-nous.

Laetita : ça ne veut pas dire qu'il n'y aura aucune entrée puisqu'il y aura des autorisations.

Gabrielle : Oui mais au moins le pouvoir contrôle. C'est ce qu'on attend d'eux, qu'ils ne perdent pas leur souveraineté dans l'ouverture.

Lucien : Dites, c'est pas ce soir qu'il y a garden party au château ?

Grégoire : L'été c'est presque tous les jours, donc je ne saurais dire.

Gabrielle : Souvent mais pas tous les jours, ne fais pas ta mauvaise langue.

Lucien : Alors à la santé du Roi.[/justify]

Posté : sam. mars 16, 2019 3:16 pm
par Alexandre
[center]ZOOM SUR…
Les Jeux du Garry
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Les Jeux du Garry est une compétition sportive créée en 1842 par le Roi Louis XIX. Elle vise à promouvoir la culture flave dans son ensemble ainsi que la culture de chaque province ainsi que la cohésion et le vivre ensemble. Elle réuni les 50 provinces du pays autour de nombreux jeux à caractères sportifs ainsi que des stands divers (spécialités locales, nourritures, boissons, artisanat, …) où se consomment et se vendent des produits divers. Cette compétition estivale a lieu dans la campagne de la province de Garry chaque année la semaine précédent le 25 aout, date de la rentrée royale.

Historiquement, les Jeux ont été instauré dans une période de crise après la révolution au début des années 1820. Louis XIX, successeur d'Alexandre Ier, cherche à tourner cette page noire de l'histoire flave. Outre son implication institutionnelle avec les nombreuses évolutions, le Roi trouve en ces Jeux le moyen de fédérer le pays divisé par la violente crise. Depuis, les Jeux sont un marqueur important de l'unité de la nation et de l'entente des différentes provinces qui trouvent la reconnaissance de leur culture spécifique dans un ensemble qu'est la culture flave. Les Jeux se déroulent dans le Garry en hommage à l'assassinat du Général de l'Armée François de la Motte du Garry en novembre 1820, dont la famille est originaire de la ville du même nom.

Aujourd'hui, les Jeux sont organisés par le Comité des Jeux du Garry (avec la participation de la Province du Garry, de la capitale de la Province -La-Motte-du-Garry- et du Ministère de la Culture, du Patrimoine et des Sports). Chaque année, de nombreux sportifs et spectateur assiste à cette rencontre très prisée dans le pays (on observe même une importante hausse du taux normal estival de congés cette semaine là par rapport aux autres semaines). Le spectacle est diffusé à la télévision et particulièrement commenté dans les médias. C'est aussi une semaine importante pour le commerce local (les hôtels sont complets plusieurs mois à l'avance).

La tradition occupe une place importante lors des Jeux. La Famille Royale assiste toutes les années à ces Jeux. L'ambiance y est peu protocolaire et très légère (c'est l'unique moment de l'année où l'on aperçoit publiquement la Famille Royal en vêtements simples) et les conversations, apolitiques, y sont détendues et à l'image de la rencontre. Sociologiquement, c'est aussi l'occasion d'un important brassage de classes sociales qui se mélangent et ne se distinguent plus. Les plus riches, les nobles, la comme les plus pauvres partagent la même expérience et les mêmes tribunes et il n'est pas rare que ce monde d'habitude si différent partage, en compagnie de la Famille Royale, un soirée barbecue -très prisées-, un pique-nique, ou une consommation à l'un des stands. Régulièrement également, les amateurs de tous horizons s'essayent aux différents jeux. Parier est aussi monnaie courante.

À ce jour, toutes les provinces du pays ont gagné au moins une fois les Jeux depuis leur création mais le record revient à la province du Gévaudois, 7 fois vainqueur.

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Posté : mar. mars 26, 2019 5:32 pm
par Alexandre
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L'HEBDOMADAIRE POLITIQUE, ECONOMIQUE, CULTUREL ET SOCIAL[/center]


[right]du 13 au 19 septembre 2038[/right]


[center]Mais quels sont et d'où proviennent les revenus du Roi ?[/center]
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C'est une épineuse question à laquelle on peine à répondre. Il y a fort à parier que si quelqu'un vous la pose, vous seriez bien en peine d'être précis. Et pour cause, l'opacité que règne autour de la question de la fortune du Roi -et plus largement de la famille royale- est volontairement maintenue. Pourtant, l'absence de transparence sur le sujet peut être levée -au moins en partie- si on s'y penche. Et à bien regarder de plus près, on préférait lorsqu'on ne savait pas, tellement la réponse est plus complexe encore que la question. Alors espérons que vous aurez l'esprit bien accroché car cette semaine, nous consacrons notre dossier aux revenus du Roi et de la Famille Royale.

L'homme et le Roi

L'un des postulats de départ qu'il faut poser pour comprendre quelque chose dans ce qui suivra, c'est de bien faire la distinction entre l'homme et le Roi. En effet, elle est primordiale. On le dit souvent, en Flavie ce n'est pas le Roi qui possède la Couronne mais l'inverse. Cette phrase prend tout son sens lorsqu'il est question de le fortune du Roi. En effet, le Roi possède certaines choses, ou obtient certains revenus en tant que Roi, et d'autres en son nom propre. Les revenus et possessions en tant que Souverain ne peuvent faire l'objet d'un testament. En vertu de la loi Salique et des Lois Fondamentales du Royaume de Flavie (un texte écrit par on ne sait qui, on ne sait quand, mais qui représente le principe au fondement de la Monarchie flave et utilisé dans la Constitution de 1822 et qui pose les limites du pouvoir du Roi, car tout monarque absolu est-il, un Roi ne fait pas ce qu'il veut), le Roi ne peut désigner son successeur. De fait, les possessions et revenus du Roi au titre de son rang et de sa fonction passent automatiquement à son successeur lorsqu'il est question de les transmettre. À l'inverse cependant, ses revenus et propriétés à titre personnelles peuvent faire l'objet d'un testament et le Roi est libre d'en jouir comme bon lui semble. Chaque fois que quelque chose lui appartient au titre de sa fonction, c'est avec l'argent public qu'il investit, entretient ou participe aux dépenses. Mais chaque fois que quelque chose lui appartient en propre, c'est avec son argent personnel qu'il le fait.

Ce postulat posé, nous pouvons entrer dans le vif du sujet.

Un revenu fondamental : les dotations de la Chancellerie

Le revenu le plus connu et le plus avancé lorsqu'il est question de revenus du Roi est le montant de la cassette dite "personnelle" accordée annuellement par la Chancellerie (dont le budget est issu des dépenses publiques du Budget Général et dont les revenus proviennent des prélèvements obligatoires). S'il est difficile de connaitre avec exactitude ce montant, il s'élèverait environ entre 150 000 000$ et 200 000 000$ chaque année. Une importante somme donc. Mais attention, cela ne veut pas dire que la fortune du Roi augmente chaque année de cette même somme. En effet, cet argent d'origine publique sert en partie au financement des frais de fonctionnement du Conseil Royal (il y en a très peu en vérité) mais surtout et avant tout au financement par le Roi de ses sorties et engagements officiels, de ses voyages et autres visites et déplacements ainsi que des donations à des associations, organisations de œuvres de charité dont il a le patronage ou le parrainage dans le cadre de ses engagements officiels. Une partie de cette somme est donc reversée. Le restant de la somme peut servir pour financer d'autres actions comme une rénovation d'un Palais ou l'entretien d'un jardin royal (attention, il faut aussi faire la distinction entre les résidences qui lui appartiennent en propre, auquel cas, c'est sur son portefeuille personnel qu'il les entretiens, de celles qui appartiennent au Roi, auquel cas, c'est avec ce budget qu'il participe mais en partie seulement car d'autres budgets comme ceux de la Maison du Roi participent aussi), etc. Seule une infime partie de cette somme finie de manière effective dans les poches du Roi. Autrement dit, le Roi ne compte pas sur l'argent public pour se construire une fortune. D'ailleurs, la logique des revenus publics est de n'entretenir que le Roi en tant qu'Institution et non le Roi en tant que personne, en tant qu'homme. Toutefois, il est important de noter que le Roi n'a pas à entretenir son Cabinet et sa Maison (puisqu'un budget spécifique est versé par la Chancellerie à ce sujet) ni même à payer des fonctionnaires (puisque c'est la Chancellerie également qui s'en charge).

Tout connu est-il, ce revenu public n'est que la face émergée de l'iceberg.

Des revenus privés divers : exploitations foncières, investissement, …

C'est donc principalement avec des revenus privés que le Roi s'entretient. Et la première source de revenu est le foncier. Le Roi est un immense propriétaire foncier dans tout le pays. Mais attention, là encore il convient de distinguer le Roi de l'homme. Car il existe un ensemble foncier appartenant au Roi (il est dit "domaine royal") et un ensemble foncier appartenant à l'homme (dit "domaine privé").

Le premier, le domaine royal, se compose de fiefs et de seigneuries sur lesquels le Roi a l'ascendant direct. Ainsi, les revenus engrangés par ces fiefs étant, comme tout autre fief du Royaume par ailleurs, reversés au seigneur dudit fief, le Roi perçoit des revenus liés à l'exploitation de ceux-ci. C'est principalement le Duché de Froissey qui constitut le domaine royal. Mais depuis que le Duc et la Duchesse de Froissey ont été titrés par le Roi (ce qui est très rare, ce titre étant donc principalement symbolique, le Roi voulait faire passer un message), ce domaine constitut désormais la rente du couple de Froissey et non plus du Roi. Si les revenus du Roi en sont donc réduits, il reste toutefois les autres fiefs du domaine royal pour faire sa fortune. Notons toutefois que le Duché de Froissey reviendra au domaine royal après la mort du Duc et de la Duchesse et que c'est leur second titre qui sera héréditaire à leur descendance. Tout ceci s'entretient sur de l'argent public (mais par le Duc et la Duchesse actuellement, ce qui fait faire des économies au Roi dans ses dépenses depuis les revenus publics qu'il peut alors utiliser pour autre choses).

Le second, le domaine privé, représente l'ensemble des propriétés foncières en nom propre du Roi. Avec le temps, les Rois successifs ont su faire grandir le domaine royal mais également constituer un domaine spécifique en leur nom propre qu'ils ont pu répartir ensuite généralement entre leurs enfants. Alexandre III n'échappe pas à la règle. Terres, biens immobiliers, loyers, industries, exploitations agricoles, … tout y passe et le Roi s'enrichit grâce à l'exploitation du foncier. C'est même aujourd'hui la principale source de revenu du portefeuille personnel du Roi (depuis qu'il n'a plus le Duché de Froissey, ce qui donne un indice sur la fortune actuelle du Duc et de la Duchesse) et ce qui constitut la majorité de sa fortune. Ainsi, le Roi se transforme en véritable gestionnaire d'un patrimoine foncier immense et qui s'étant dans tout le Royaume. À cela, il faut ajouter que le Roi est un investisseur et engrenage ainsi des retours sur investissement, dividendes, des revenus liées à la vente de titres de propriétés sur les marchés financiers, etc, etc. C'est avec l'ensemble de ces revenus privés qu'il entretient et investit.

Les propriétés matérielles à prendre en compte pour comprendre la fortune du Roi

On pourrait s'arrêter aux simples revenus et aux montants du compte en banque du Roi, mais ce serait oublier l'autre moitié de ce qui constitue sa fortune. Une moitié qui n'engendre pas des revenus pour le Roi mais dont la valeur est à évaluer pour connaitre la véritable fortune du Monarque. Et là encore, il faut distinguer le Roi et l'homme.

En tant que Roi, Alexandre III jouit d'un Palais et d'un Chateau principaux et de multitudes autres résidences à travers le pays. La valeur de ces biens constitue une part importante de la fortune du Roi. Ces biens sont entretenus par ses revenus publics.

En tant qu'individu, Alexandre III a acquis, et ses prédécesseurs avant lui, de nombreuses résidences, manoirs, châteaux et autres bâtissent qu'il faut prendre en compte et pour lesquelles le Roi ne perçoit aucun revenu mais qui compte à son patrimoine. C'est avec ses revenus privés qu'il les entretient.

A tout ceci il faut ajouter les collections de bijoux (certains possédés par le Roi, d'autres par l'homme), d'art (également distinguées entre l'homme et le Roi), les autres biens matériels du type carrosses, chevaux, voitures, ou encore les collections de porcelaines, la vaisselle, l'argenterie, les bibliothèques (qui renferment des ouvrages inestimables), etc, etc. On n'en finirait plus de compter toutes les possessions du Roi et de l'homme pour connaitre le véritable montant de sa fortune.

Les propriétés immatérielles et les autres éléments

Il est enfin impossible d'évoquer les propretés du Roi sans évoquer les propriétés immatérielles, qu'elle lui rapporte ou non des revenus en fonction de ce dont il s'agit. Et cette catégorie est complètement floue et il est difficile d'en connaitre le contenu exact. Quoi qu'il en soit, il semblerait que celle-ci soit minime au regard des énormes contenus des autres.

Un Roi bien entouré

Face à cette immense et incalculable fortune, il faut bien préciser que le Roi est entouré de conseillers financiers et autres personnels chargés de la gestion de son patrimoine. Le Roi ne peut tout faire tout seul, en plus de sa fonction. Et ces travailleurs embauchés par le Roi sont des travailleurs de droit privés et rémunérés par le Roi lui-même, à partir de ses revenus privés, qu'ils gèrent son patrimoine public ou son patrimoine privé. Le Roi est donc une immense entreprise qui fait travailler de nombreux salariés à travers tout le Royaume. Mais cette organisation est totalement opaque et il est difficile de savoir qui en fait partie et quelle est sa fonction.

Qu'en est-il du reste de la famille royale ?

En ce qui concerne le reste de la famille royale, le refrain est un peu le même mais en plus simple. La Reine et le Prince héritier touchent des revenus publics indirects via leur Cabinet, financés par la Chancellerie. Mais ils n'ont pas la double personne pour autant. Ainsi, leurs revenus publics et privés se mélangent. Les revenus privés proviennent principalement de l'exploitation de fiefs comme le domaine royal (plus largement, une partie des revenus du Roi, publics comme privés, servent à entretenir la Reine et le reste de la famille royale, y compris la Reine Douairière) ou des possessions de fiefs comme le Duché d'Adelis pour le Prince Héritier. La Princesse Louise pour sa part, est principalement entretenu par son Duché d'Iremis. Quant à la Reine Douairière, elle se finance par des possessions foncières, des investissements et des collections qu'elle peut avoir. Chacun possède aussi d'autres biens et collections. Là encore, chaque membre de la famille royale est une entreprise privée qui embauche de nombreux salariés pour gérer leur patrimoine. Toutefois, ce n'est pas parce que les choses sont plus simples qu'avec le Roi qu'il y a plus de transparence concernant la famille royale. Ainsi, il est très difficile d'estimer leur patrimoine. Néanmoins, il y a fort à parier qu'il reste inférieur à celui du Roi lui-même, qui pourrait bien être l'un des plus riches du Royaume, sinon le plus riche.

En conclusion, les questions d'argent peuvent être sensibles en Flavie, aussi bien dans les classes les plus populaires que dans les plus hautes sphères de l'Etat.


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Posté : mar. avr. 16, 2019 4:31 pm
par Alexandre
[center]ZOOM SUR…
L'égalité femmes/hommes et parité en Flavie
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Le 28 septembre dernier, le Département de Sciences Politiques et le Département de Sociologie de Dunmore (République Fédérale d'Ennis) en collaboration avec le journal Tráthscéal Iniseann, publiait le résultat de leur enquête intitulée "Indice de Parité de Genres (IPG) ouvert à chaque nation. La Flavie a participé à cette enquête via des universitaires de l'Université Royale d'Adelis et de l'Institut Royal Universitaire. Selon cet indice, la Flavie obtient un score de 8.167 correspondants à une catégorie présentée comme "composée de nations où l'égalité est imparfaite mais néanmoins très avancée". Trois secteurs sont notamment pris en compte : la parité politique (7.75), la parité socio-économique (6.75) et la parité dans les domaines de l'éducation et du médical (10.00). L'occasion de revenir sur l'égalité homme-femme et la parité en Flavie.

Que dit la Loi ?

Depuis longtemps, la Flavie cherche à assurer aux femmes un statut qui soit semblable à leurs homologues masculins. Historiquement, les premières lois sur le sujet remontent au XVIIe siècle et à la régence de la Reine Marguerite. La dernière grande avancée date du règne d'Alexandre II et son épouse Adelaïde.

En matière d'égalité homme-femme, aujourd'hui, les femmes jouissent des mêmes droits économiques, sociaux, culturels, … que les hommes et les différences et les discriminations sont interdites.

En matière de parité par contre, il n'existe aucune loi l'obligeant. La réponse se trouve dans la forme historique de l'Etat, très patriarcale. Ainsi, Monarchie et Noblesse (dans la transmission des titres également) avantagent les hommes. À son arrivé au pouvoir Alexandre III, acquis à la cause de l'égalité, a pris des dispositions pour permettre à la noblesse et aux femmes de la royauté d'êtres les égales de leurs époux (notamment en matière financière). Seul hic, le Roi ne pouvant faire ce qu'il veut, il n'a pu modifier les systèmes de dévolution. Il reste toutefois conscient de ce problème. Par ailleurs, les noms de métier ne sont pas féminisés et l'écriture inclusive, utilisée par une frange des universitaires flaves ne sera pas utilisée par l'administration et les institutions comme l'a décidé un arrêt du Conseil Royal en 2031 (Si la plupart des prédicats sont masculins : Mme le Président, Mme le juge, Mme le Directeur, …, ils peuvent s'accorder au sexe de l'individu. Exemple : "Mme le Directeur est-elle/il…" à une exception notoire près : Sa Majesté le Roi s'accordera au féminin. Exemple : "Sa Majesté est-elle…").

Dans la pratique : plus loin que la Loi ?

En dépit des lacunes de la Loi, le pays semble toutefois ne pas rencontrer de problèmes majeurs relativement à ces questions.
Si l'égalité homme femme est réalisée, ses résultats sont satisfaisants. Aujourd'hui, il existe encore une différence de 2.5% de différence de salaire toutes choses égales par ailleurs entre un homme et une femme en moyenne. Par ailleurs, la plupart des postes sont ouverts aux femmes alors qu'ils ne l'ont pas toujours été, malgré quelques exceptions : le Roi ne peut-être une femme et l'armée, bien qu'ouverte aux femmes, ne connait aucune haut gradée pour l'instant, bien que le Roi ait exprimé son envie que cela arrive.
En matière de parité, s'il n'existe aucune loi, cela ne veut pas dire que les femmes sont exclues pour autant. En effet, en vertu de la non-discrimination, ce sont les compétences qui sont privilégiées indépendamment du sexe de l'individu. Ainsi, de plus en plus de femmes sont PDG, Ministres, cadres, … et autres postes d'influence. Par exemple, l'actuel Président de la Chambre des Pairs est une femme (une première historique), le Chancelier également (il y en avait déjà eu une au début du XXe siècle), le précédent Président du Conseil était une femme (l'unique à ce jour), … soit trois des plus importants postes du pays.

Statistiquement, si les compétences sont privilégiées, en vertu de l'égalité des sexes et les femmes étant aussi compétentes que les hommes, comme chaque sexe représente environ (et pour simplifier) la moitié de la population, il y a toutes les chances pour que naturellement et statistiquement, elles accèdent autant aux postes que les hommes. C'est ce qui fait dire à certains qu'il n'y a pas besoin de Loi. Dans la pratique et à titre d'exemple, la précédente législature comptait 61% d'hommes et la nouvelle n'en comprend plus que 49%. À l'inverse, la précédente Assemblée Populaire comptait 55% de femmes contre 47% pour l'actuelle. Les statistiques s'équilibre donc sur le temps long avec certaines fois des hommes, d'autres fois des femmes.

Si le système est perfectible, la promotion des compétences indépendamment du sexe depuis l'époque que la Reine Adelaïde a fortement amélioré la présence des femmes sur les postes à responsabilité au détriment d'hommes incompétents. Un jour peut-être finira-t-on donc par nommer des femmes incompétentes à des postes de responsabilité pour parfaire l'égalité des sexes. (HRP : "La femme serait vraiment l'égale de l'homme le jour où, à un poste important, on désignerait une femme incompétente." Françoise Giroud).


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Posté : ven. avr. 26, 2019 5:14 pm
par Alexandre
[center]ZOOM SUR…
Le système éducatif flave
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L'éducation est en Flavie comme ailleurs, un fondement dans la vie d'une société et de ses individus. Depuis longtemps, l'État flave s'occupe des questions d'éducation. Mais c'est surtout après la Révolution qu'un Ministère spécialement consacré à cette question est institué. Au fil du temps, l'organisation du système scolaire et éducatif du pays est régulièrement modifiée jusqu'à aujourd'hui. L'occasion de s'arrêter un instant sur l'actuel système en vigueur.

Il faut cependant noter que si l'enseignement est obligatoire en Flavie, l'école elle, ne l'est pas. Certains programmes de scolarisation à domicile sont en place. Toutefois, la grande majorité (plus de 98% des enfants en âge de suivre une scolarité obligatoire) sont scolarisés dans des écoles. Le schéma ci-dessous représente le système scolaire classique en vigueur.

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Comme l'on peut le constater, il existe un découpage en deux parties de la scolarité en Flavie. La première partie, regroupée autour du rond noir noté "1" correspond à la scolarité dite inférieure. Cette scolarité inférieure est la partie du système éducatif obligatoire (symbolisée en vert) qui s'étend de 2 à 18 ans (pour une scolarité sans redoublement). En Flavie, ce n'est pas véritablement l'âge de fin d'enseignement obligatoire qui fait l'objet d'une Loi sur l'obligation de l'enseignement (bien que l'âge soit noté à titre indicatif) mais plutôt le processus. En pratique, cela veut dire que la Loi mentionne une obligation d'enseignement de l'âge de 2 ans et ce, jusqu'à obtention du diplôme final des études inférieures. Autrement dit, toute personne qui sort du système scolaire est au moins diplômé soit d'un diplôme de formation générale, soit d'un diplôme de formation professionnel comme nous allons le voir juste après.
La scolarité inférieure se décompose de la façon suivante :
  • L'école élémentaire (IRL = maternelle + CP) : comme son nom l'indique, elle est chargée des enseignements les plus élémentaires de l'éveil pour la première classe, à l'apprentissage de la lecture et de l'écriture pour la dernière en passant par la vie en communauté, l'apprentissage du langage, du développement de la parole et du vocabulaire, …. Sa durée est de 4 ans.
  • L'école primaire (IRL = primaire) : après l'apprentissage des fondamentaux à l'école élémentaire (apprentissage qui se poursuit tout de même au primaire pour l'écriture et la lecture notamment, avec les règles de grammaires, d'orthographes, de conjugaison, …). On y enseigne les savoirs primaires dans les matières canoniques (français, mathématiques, histoire, géographie, enseignement scientifiques, …) ainsi qu'un enseignement de matières complémentaires (musiques, arts, sports, …). Sa durée est également de 4 ans. À la fin du primaire, les élèves passent un certificat d'éducation primaire qui permet de faire un point sur leurs connaissances et aptitudes (et peut aider pour l'orientation future).
  • L'école secondaire (IRL = collège) : on y enseigne un approfondissement des connaissances dans les matières principales et on ajoute de nouvelles matières (technologie, séparation de l'enseignement scientifique en plusieurs matières, SHSE (sciences humaines sociales et économiques, …). Les matières complémentaires du primaire deviennent des options à choisir. Sa durée est de 4 ans. À la fin de l'école secondaire, les élèves passent un brevet d'éducation secondaire qui permet de faire un point sur leurs connaissances et aptitudes et aide à l'orientation. Ils ont ainsi la possibilité de choisir entre la voie générale et la voie professionnelle.
  • L'école de formation générale -EFG- (IRL = lycée) : lorsque la voie professionnelle n'est pas choisie, les élèves vont dans une EFG. C'est le début de la spécialisation à partir d'options et d'un système de majeures/mineures. Ainsi, les élèves conservent les matières canoniques mais peuvent décider celles qui seront dites majeurs (plus approfondies) des mineures. Il en va de même pour les matières ajoutées à l'école secondaire (au passage, l'on découpe les sciences humaines, sociales et économiques en différentes matières : économies, sciences sociales et sociologie, sciences politiques, …). À cela s'ajoute les options choisies qui peuvent être différentes de celles prises au secondaire. À la fin de l'EFG, les élèves passent un diplôme de formation générale. Dès lors que ce diplôme est obtenu, c'est la fin de l'obligation d'éducation et les élèves peuvent sortir pour rejoindre la vie active (flèche sortante en jaune) ou choisir de poursuivre les études vers le supérieur général.
  • L'école de formation professionnelle -EFP- (IRL = lycée) : lorsque la voie générale n'est pas choisie, les élèves vont dans une EFP. C'est le début de la spécialisation à partir d'options et d'un système de majeures/mineures. Ainsi, les matières canoniques sont automatiquement conservées mais elles sont toutes désignées comme mineures. Des matières professionnelles correspondant aux choix d'apprentissage sont pour leur part les majeures. À cela s'ajoute les options choisies qui peuvent être différentes de celles prises au secondaire. À la fin de l'EFP, les élèves passent un diplôme de formation professionnel. Dès lors que ce diplôme est obtenu, c'est la fin de l'obligation d'éducation et les élèves peuvent sortir pour rejoindre la vie active (flèche sortante en bleu sur le schéma) ou choisir de poursuivre les études vers le supérieur professionnel.
Notons qu'il existe une passerelle (double flèche orange) entre les EFG et les EFP. Sous certaines conditions, des élèves peuvent demander une réorientation scolaire. Il faut toutefois noter que si cette réorientation est possible à partir de n'importe laquelle des 4 années, elle entraine un redémarrage à la première année dans la nouvelle orientation.

Après la scolarité inférieure, les élèves (désormais étudiants) peuvent entrer dans la scolarité supérieure (regroupée autour du rond noir noté "2"). Il existe 2 voies : la voie générale (symbolisée en jaune) et la voie professionnelle (symbolisée en bleu).

Pour la voie générale, les étudiants entrent dans un Institut de formation universitaire -IFU- (par exemple une Université) ou tout autre école du supérieur général (par exemple l'Institut Royal Universitaire -IRU- qui forme les hauts fonctionnaires -IRL = Sciences po + ENA par exemple, regroupés sous une seule école-). Ils proposent une formation spécialisée dans un domaine et même une possibilité de construire son propre parcours à partir d'un catalogue de cours (ce qui donne à la fin des profils dits atypiques parfois recherchés pour des compétences moins formatées par les différentes facultés – option assez marginale tout de même. Ce n'est pas le cas à l'IRU qui propose plusieurs parcours spécifiques) qui peut aller jusqu'à 8 ans. Au bout de 3 ans, les étudiants obtiennent une licence, au bout de 5 ans, un master et au bout de 8 ans, un doctorat. Il faut noter que l'on peut quitter à tout moment le système du supérieur pour aller vers la vie active (flèches sortantes en jaune) quelle que soit l'année. Il est aussi possible pour des personnes issues de la vie active d'intégrer ce système (flèches entrantes en gris). Toute personne peut venir chercher à obtenir un diplôme supplémentaire et rependre des études quel que soit l'âge ou la vie active. Toutefois, il faut avoir le diplôme inférieur correspondant pour intégrer la formation spécialisée de niveau supérieure. Autrement dit, pour aller en master de géographie par exemple, il faut déjà avoir une licence de géographie, pour entrer en 3e année, il faut avoir fait la 2e année, …. Seule exception : l'entrée en 1ere année de licence est possible pour des personnes qui n'auraient pas le diplôme de formation général (mais le professionnel) mais nécessite un travail supplémentaire pour rattraper du retard. Toutefois, même si cette option est marginale dans les statistiques, elle offre le moyen à une personne venant de la vie active de réorienter totalement sa carrière par l'obtention de diplômes de la voie générale. À la fin des 8 ans, certaines professions (comme les médecins par exemple) peuvent encore se spécialiser. Ces formations supplémentaires sont délivrées dans des écoles spécifiques.

Pour la voie professionnelle, les étudiants entrent dans un Institut de formation professionnel -IFP- ou tout autre école du supérieur professionnel. Ils proposent une formation spécialisée dans un domaine professionnel spécifique qui peut aller jusqu'à 9 ans. Au bout de 3 ans, les apprentis ont un niveau de formation professionnelle initiale (apprentissage en alternance), au bout de 6 ans, un niveau de formation professionnelle intermédiaire (licence professionnelle) et au bout de 9 ans, un niveau de formation professionnelle terminale (ingénieur -certaines filières générales permettent aussi de devenir ingénieur avec une 9e année en formation supplémentaire dans une école spécifique). Il faut noter que l'on peut quitter à tout moment le système du supérieur pour aller vers la vie active (flèches sortantes en bleu) quelle que soit l'année. Il est aussi possible pour des personnes issues de la vie active d'intégrer ce système (flèches entrantes en gris). Toute personne peut venir chercher à obtenir un niveau (et un diplôme) supplémentaire et rependre des études quel que soit l'âge ou la vie active. Toutefois, il faut avoir le diplôme inférieur correspondant pour intégrer la formation spécialisée de niveau supérieure. Autrement dit, pour faire une licence professionnelle dans un domaine spécifique, il faut déjà avoir le niveau inférieur correspondant à ce même domaine spécifique (ne tient pas compte par contre du métier d'origine de la personne. Seul son diplôme compte), pour aller en 3e année, il faut avoir fait la 2e année, ... Seule exception : l'entrée en licence est possible pour des personnes qui n'auraient pas le diplôme de formation professionnel (mais le général) mais nécessite un travail supplémentaire pour rattraper du retard. Toutefois, même si cette option est marginale dans les statistiques, elle offre le moyen à une personne venant de la vie active de réorienter totalement sa carrière par l'obtention de diplômes de la voie professionnelle.

Notons qu'il existe une passerelle (double flèche orange) entre les IFU et les IFP au cours des 3 premières années. Sous certaines conditions, des élèves peuvent demander une réorientation. Il faut toutefois noter que si cette réorientation est possible à partir de n'importe laquelle des 3 années, elle entraine un redémarrage à la première année dans la nouvelle orientation. Étant donné par ailleurs que les élèves ne disposent pas du diplôme de formation correspondant à la nouvelle orientation, une réorientation à ce niveau ci des études est très compliqué car il nécessite de rattraper un important retard. Il est donc particulièrement rare et décrié.

En conclusion, le système éducatif se veut le plus complet possible. Bien que complexe et perfectible sur certains aspects (il existe des débats sur des possibilités d'amélioration de certains points), il tente aujourd'hui d'être le plus adapté possible à la réalité de la vie active dans ses contenu et son enseignement. Le système cherche également à privilégier les élèves et leurs volontés afin de leur offrir la possibilité d'exercer un métier voulu. Une importante place est faite au choix, peut-être un peu tôt pour des adolescents qui ne savent pas toujours à 15 ans le métier qu'ils voudront faire pendant environ 40 ans de leur vie, car les deux voies (professionnelles et générales) cloisonnent rapidement et enferment bien vite et il est parfois difficile de s'en défaire. On notera également la volonté de ne pas laisser les jeunes sans aucun diplôme sur le marché du travail, une disposition qui n'est toutefois pas sans aucunes limites. En effet, l'augmentation du nombre de diplômés réduit la valeur du diplôme et conduit le marché du travail à rechercher des niveaux plus élevés. Le marché reste toutefois accessible aux moins diplômés mais pour les tâches les plus subalternes et sans grandes responsabilités même s'il arrive parfois que des postes plus intéressants leurs soient accessibles. Dans une perspective d'ouverture au monde, et s'il devenait possible pour les travailleurs flaves de s'exporter (interdit pour l'instant), peut-être que les diplômes flaves les moins élevés pourraient avoir une plus grande valeur à l'étranger dans un pays où l'enseignement seraient moins développé. À relativiser toutefois avec le niveau de vie qu'il est possible d'en retirer dans ce même pays. La question reste entière et le débat est à mener.


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Posté : sam. mai 18, 2019 4:39 pm
par Alexandre
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L'HEBDOMADAIRE POLITIQUE, ECONOMIQUE, CULTUREL ET SOCIAL[/center]


[right]21 au 27 février 2039[/right]


[center]FEUILLETON DU MOIS : Un peu d'histoire
L'affaire des poisons : petit meurtre à la Cour (et en Flavie) !
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Hiver 1557, un vieil homme est assis près d'une cheminée du Château d'Adelis. Volets clos et nuit tombée, tout est fait pour que personne ne remarque rien. Mais remarquer quoi ? Ce vieil homme, c'est Timothé Ier, Roi de Flavie. Agé de 67 ans, usé par un règne de 41 ans, le vieil homme tient devant lui un dossier. Si Timothé Ier rouvre ce dossier, plus de 30 ans avant de l'avoir lui-même fermé, c'est qu'il contient les documents qui concerne l'une des plus importantes, impressionnante et célèbre affaire politico-judiciaire de l'histoire du Royaume. Plus de 200 ans après [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=348210#p348210] l'affaire de l'abdication de Jean IV[/url], éclate en effet un scandale qui marque, aujourd'hui encore, l'esprit des flaviens. Des courtisans conjurés, des nobles empoisonnés, un prince assassiné en plein coeur d'un château, une Duchesse et maitresse royale brulée vive pour sorcellerie, un prête adepte de rites sataniques, un village entier possédé par le démon au fin fond de la campagne la plus profonde de Flavie, une étrange épidémie de morts en succession, un fabuleux et légendaire trésor, une mystérieuse malédiction, une inquiétante forêt enchantée tels sont les ingrédients d'une des histoires les plus sombres et qui reste encore aujourd'hui, une énigme historique. Cette histoire, c'est celle dite des poisons, énigme qui secoue le début du XVIe siècle qui en vient à n'épargner personne, jusqu'au Roi. Pourtant, rien ne prédestinait un banal fait judiciaire dans un faubourg de la capitale au début de l'année 1519 à éclabousser la Cour et à concerner tout un pays et directement son Roi. Et pourtant, avant que le Roi ne referme arbitrairement le dossier en 1526, c'est tout le début du règne de Timothé Ier qui est sali par cette affaire. Alors, lorsque 30 ans plus tard, au soir de sa vie, Timothé Ier rouvre le dossier pour la première, fois, il décide, après avoir relu une à une chacune des pièces, de toute les mettre au feu dans la cheminée de sa propre main. Mais qu'a bien voulu cacher le Roi en commandant de ce fait un oubli perpétuel sur cette affaire. Heureusement pour nous, malgré la bonne volonté du Roi, tout n'a pas disparu et même si l'affaire reste par aspects bien mystérieuse, il est possible aujourd'hui de comprendre le geste du vieil homme qui voulu effacer à jamais les traces du scandale. Aujourd'hui, nous vous proposons de découvrir l'affaire des poisons et de mener l'enquête, plus de 500 ans plus tard. Que s'est-il passé et que contenait le dossier détruit par le Roi. La légende (qui se murmurait à la Cour) veut qu'en mourant en 1559, Timothé Ier ait emporté un grand secret avec lui dans son tombeau. Est-il possible de savoir quel était ce secret ? Cette semaine, le Courier Flavien, en collaboration avec Marc Baillon, professeur à l'Université Royale d'Adelis, de découvrir cette histoire. Chaque semaine, retrouvez un épisode du fascinant feuilleton digne de la plus fantasmée des Renaissances, de ses excès à ses plus sombres secrets.


[right]En collaboration avec Marc Baillon[/right]


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  • [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=351639#p351639]Episode 1 : Au commencement, un royaume en profonde mutation ou un contexte propice[/url]
  • [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=351889#p351889]Episode 2 : L'affaire Jean de Lagarde : un banal fait judiciaire dans les faubourgs de la capitale[/url]
  • [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=351997#p351997]Episode 3 : L'affaire de la Comtesse et du Curé : l'étincelle qui met le feu aux poudres.[/url]
  • [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=352342#p352342]Episode 4 : L'arbre qui cache la forêt (fin)[/url]

Posté : lun. mai 20, 2019 9:42 pm
par Alexandre
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[right]28 février au 6 mars 2039[/right]


[center]FEUILLETON DU MOIS : Un peu d'histoire
L'affaire des poisons : petit meurtre à la Cour (et en Flavie) !
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[center]Episode 1 : Au commencement, un royaume en profonde mutation ou un contexte propice[/center]

Notre histoire commence en 1519. Un banal fait judiciaire va alors se transformer en une impressionnante affaire qui marquera le XVIe siècle. Mais pour en comprendre les tenants et les aboutissants, il convient d'en comprendre avant tout le contexte historique.

En ce début de XVIe siècle, la Flavie est en pleine période de prospérité. La Renaissance apporte un développement artistique et culturel au pays avec des nombreux artistes qui s'y installent mais également un important développement économique grâce au commerce. L'Etat, très puissant sur le plan intérieur, peut compter sur la richesse que lui rapporte les terres et les ports. Car le pays est engagé depuis quelques décennies dans une lente et profonde réforme (qui ne se terminera qu'à la fin du XVIe siècle) visant à mettre fin à la féodalité. Le Roi a désormais son autorité pleine et entière sur tout le Royaume ce qui fait que les fiefs sont désormais non plus des pôles de puissances dépendant d'un seigneur plus ou moins indépendant du Roi, mais des terres accordées par le Roi à un seigneur qui n'en est plus le propriétaire en propre (le Roi peut retirer le fief par exemple et perçoit un impôt dessus et il est possible d'avoir accès à la propriété pour les paysans). Les seigneurs deviennent de simples exploitants fonciers et non plus de riches propriétaires terriens (ils conservent une rente de ces terres mais une part plus importante du revenu de l'exploitation de ces terres revient à ceux qui l'exploitent -les paysans- et à ceux qui en font commerce -les marchands et négociants-). Les riches nobles ne sont donc plus que les intendants d'un domaine (ils sont aussi dépossédés de leur pouvoir de faire la guerre, pouvoir regroupé au sein de l'armée qui se professionnalise, ce qui n'empêche pas les plus hauts corps de l'armée d'être occupés par cette même noblesse). L'absolutisme est alors en pleine expansion. Le niveau de vie des classes paysannes et agricoles s'améliore (ils sont devenus propriétaire de ce qu'ils cultivent sur les terres du seigneur -qui n'en est plus propriétaire- alors qu'avant, il en était le seul propriétaire). Les paysans peuvent donc vendre leur production et le seigneur perçoit une simple taxe (ce qui ne l'empêche pas de s'enrichir). La noblesse se spécialise alors en politique (une partie a un siège en Prairie et une autre à la Cour, d'autres occupent des fonctions gouvernementales et dans les institutions du Royaume). C'est à cette époque que sont fondés les Conseils Provinciaux qui visent à vider les seigneurs de leurs pouvoirs sur leurs fiefs, pouvoirs regroupés au sein d'un Conseil pour l'ensemble de la province (y compris le pouvoir de rendre la justice, car il n'y avait pas de tribunaux encore à cette époque et c'était jusque-là les seigneurs qui rendaient la justice sur leurs fiefs et la Chambre des Pairs était le tribunal de dernier ressort avant le Roi). Ces Conseils sont occupés par la noblesse mais de façon plus collégiale, ce qui permet de faire réduire la pression du seigneur sur son fief et renforce l'autorité du Roi au détriment de celle des seigneurs. Parallèlement, se développe la propriété. Car si le seigneur reste le représentant du Roi sur son fief, il n'en est plus propriétaire, ce qui permet donc aux paysans et surtout, à une nouvelle couche sociale, les négociants et marchands, d'acheter et de devenir propriétaires sur les terres d'un seigneur (aujourd'hui par exemple, lorsqu'un individu achète un terrain pour construire sa maison, il en est propriétaire, mais il y a toujours un seigneur qui est à la tête du fief sur lequel se trouve ce terrain). Ces marchands-propriétaire exploitent donc les terres et vendent ensuite leur marchandise (grâce aux ports par exemple). Adelis, la capitale, est alors une claque tournante du commerce. En effet, grâce au fleuve Louxerre qui se jeté dans la mer à cet endroit, les marchandises cultivées le long du fleuve plus à l'intérieur des terres (principalement entre Iremis et Adelis, sont acheminées jusqu'au port de la ville et partent ensuite dans le monde entier. Le rayonnement du pays est alors relativement conséquent (on est bien avant la révolution). Dernière spécificité du contexte à noter, depuis la fin du XVe siècle, la Flavie est la terre d'accueil de la famille Royale de Lorthon en exil, à une époque où le pays est grandement ouvert. La famille royale de Lorthon occupe une résidence à Prassac, au nord de l'île d'Aurora, une zone fraichement conquise à l'époque où la famille royale flave ouvre ses portes à celle exilée de Lorthon. Cette conquête, dernier agrandissement territorial en date, dote la Flavie des frontières qu'on lui connait aujourd'hui, mais implique aussi un long processus d'intégration et de développement du territoire nouvellement conquis.

C'est donc dans ce contexte que se déroule l'une des plus grandes affaires politico-juridiques de l'histoire du pays, encore aujourd'hui l'un des plus grands mystères de l'histoire. Sur un plan plus spécifique à notre histoire, en 1516, Timothé Ier monte sur le trône de Flavie à l'âge de 26 ans. L'année suivante, la Comtesse de Mollet perd son époux et hérite de lui, une incroyable et immense fortune. Dans une petite paroisse au cœur de la Province du Gévaudois, un prête fraichement nommé arrive depuis l'autre bout du pays. Dans la province voisine, la Forêt de Molet est le centre d'un fabuleux comte enchanté. Mais c'est aussi le domaine d'une mystérieuse bête féroce. C'est aussi une époque où l'on se passionne pour le récit d'un fabuleux et légendaire trésor perdu du moyen âge. Rien encore, ne prédestine, lorsque s'ouvre l'année 1519, ces éléments à être liés. Et pourtant, ils sont bientôt au centre d'une affaire qui aurait pu rester un simple fait divers, devenu malgré lui, une affaire d'Etat, envers, et contre tous.


[right]En collaboration avec Marc Baillon[/right]


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Posté : sam. mai 25, 2019 4:47 pm
par Alexandre
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L'HEBDOMADAIRE POLITIQUE, ECONOMIQUE, CULTUREL ET SOCIAL[/center]


[right]7 au 13 mars 2039[/right]


[center]FEUILLETON DU MOIS : Un peu d'histoire
L'affaire des poisons : petit meurtre à la Cour (et en Flavie) !
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[center]Episode 2 : L'affaire Jean de Lagarde : un banal fait judiciaire dans les faubourgs de la capitale[/center]

26 janvier 1519. L'hiver fait rage sur la Flavie. Les navires sont à quai au port de la capitale et le froid n'a pas été aussi persistant depuis longtemps. L'un des hivers les plus glacial du moment paralyse une partie du pays. Dans un Faubourg d'Adelys (le nom de la capitale était orthographié ainsi à l'époque), un homme, inconnu, se meurt dans la quasi indifférence générale. L'homme s'appelle Jean de Lagarde. Négociant dans une petite échoppe de la capitale, Jean est un homme comme l'on en trouve beaucoup à cette époque. "Jean de Lagarde est fils de négociant, lui-même négociant, et bien qu'il ne roule pas sur l'or, son activité est assez rentable et il semble en profiter pour vivre aisément". Propriétaire d'un logement au-dessus de son échoppe, Jean vit confortablement. "Il y a cependant un problème : Jean a bientôt 50 ans et n'a jamais eu ni femme ni enfant". À l'époque, la rumeur lui accorde une liaison avec une certaine Anne, une fille d'un paysan de la campagne environnante. "Anne, personne ne sait qui sait. Personne ne l'a jamais vu, sauf peut-être celui qui a lancé la rumeur selon laquelle Jean de Largarde a une liaison avec elle. Il se dit à l'époque que cette Anne serait une fille de petite vertu, on lui affuble des liaisons avec plusieurs gentilshommes. Anne est décrite comme devant être une fille pauvre mais au physique avantageux et sans doute moitié moins âgée que lui. En fait, ceux qui parlent d'elle ne l'ont jamais vu, mais la rumeur a la capacité de faire croire à beaucoup de chose. Les clients de Jean en sont tous persuadés en tout cas. Mais lui-même disait qu'il apprenait des choses sur lui grâce à la rumeur". Il faut dire que Jean découche souvent de son domicile situé au-dessus de son échoppe sans que personne ne sache où il se rend. "Personne ne l'a jamais vu en compagnie d'une dame, personne ne sait où il dort et personne n'ose lui poser la question parce qu'il lui arrivait de s'énerver contre la curiosité du monde". En ce 26 janvier 1519, la police retrouve un homme mort, dans une petite maison du faubourg, rapidement identifié comme étant Jean de Lagarde. "Là, tout le monde est stupéfait en apprenant sa mort". La police conclue à une mort naturelle, il faut dire que le froid et le corps, ne laissent que peu de doute. "Mais il y a un hic. Pourquoi est-ce que l'on a retrouvé Jean mort dans une maison qui n'était pas la sienne ? C'est ça, la vraie question. Et les gens commencent à se la poser aussi. Et naturellement, la rumeur rattrape encore une fois Jean et on commence à penser que c'était la maison dans laquelle il retrouvait sa maitresse, Anne". Problème, aucune trace de la fameuse Anne. La maison appartient en effet à … Jean en personne. Il en avait fait secrètement l'achat quelques mois plus tôt sans que personne n'en sache rien. "Soudain, Anne s'est envolée. Il n'y avait rien, rien qui puisse dire qu'elle avait existée. Les gens se rendent compte qu'ils propageaient une rumeur dont ils ne connaissaient ni le fondement, ni la part de vérité. Les gens demandaient à Jean de leur présenter Anne parfois. Mais lui n'a jamais répondu. Et personne au final ne savait qui pouvait être cette Anne". Sans enfant ni épouse, la police cherche alors à qui doivent revenir ses biens. "Et là, miracle, Jean avait légué ses biens dans son testament à une certaine Jeanne Ponce qui habitait à l'époque à Iremis". Jeanne, informée de son héritage, arrive à Adelis ou elle emménage dans l'appartement au-dessus de l'échoppe de Jean. "Jeanne est très mal vu l'époque. Déjà parce que c'était une étrangère aux yeux des locaux, une étrangère de vingt ans la cadette de Jean, ensuite parce personne ne comprenait pourquoi Jean avait donné ses biens à une inconnue qui vivait dans un autre village, et Jeanne en jouait, et enfin parce qu'elle venait d'hériter d'un petit magot, parce que le père Lagarde semblait en avoir plus qu'il ne voulait bien le dire et avait une certaine avarice au point d'avoir amassé une coquette petite somme". D'autant que Jeanne décide de vendre la maison du Faubourg et récolte là encore, un beau pactole. "En un rien de temps, Jeanne, fille de paysanne à héritière, modeste femme de chambre, s'est retrouvée riche héritière à la vie plutôt confortable". Et Jeanne commence à être courtisée mais toujours, refuse de se marier. "L'affaire était close. Jean était mort, la succession était faite et le dossier refermé". Mais ce n'est quelques mois plus tard que les choses basculent. "A la fin de l'été, on retrouve un homme mort à Iremis et il se trouve que Jeanne a été couchée sur le testament de cet homme. Vous imaginez. L'homme avait approximativement la même condition que Jean, le même âge, il y avait une ressemblance dans les deux cas". Jeanne quitte alors Adelis et retourne vivre à Iremis. "Les gens commencent à avoir la puce à l'oreille. Surtout que l'affaire semble se répétée à la fin de l'année avec un nouvel héritage pour Jeanne avec la mort d'un négociant à Adelis, de nouveau". Cette fois, plus personne ne croit à la mort naturelle. Jeanne est arrêtée et soupçonnée d'être responsable de la mort d'hommes qui avaient fait d'elle leurs héritières. "Il n'y avait aucune raison pour que trois hommes, et bientôt cinq, puisqu'on va découvrir qu'il y en aurait eu deux autres avant Jean, couchent une femme qu'ils ne semblaient pas connaitre sur leur testament. Ils connaissent en fait tous Jeanne mais personne ne savait comment ni pourquoi. Il y avait quelque chose de louche". Le mode opératoire semble toujours le même : Jeanne aurait séduit ces hommes dans le but de devenir leur héritière avant de les tuer. "Soudain le côté noir prend le dessus. On savait que Jean avait une maitresse, d'après la rumeur. On se demande si ce n'était pas elle. Jeanne devient une meurtrière aux yeux de tous". Il faut dire qu'elle possède désormais un beau magot qui lui permet de vivre aisément et même au-dessus de ses moyens. "Elle dépensait ce qu'elle venait d'hériter et ainsi de suite. Comme elle faisait en sorte d'avoir toujours une rentrée d'argent régulière, elle pouvait dépenser rapidement, en quelques mois seulement, tout l'argent du précédent héritage. Et comme elle choisissait des négociants, l'activité était très rentable pour elle". Mais la police n'a aucune preuve. Aucune, jusqu'à ce qu'une certaine Anne, fille de paysan, vingt-cinq ans, vienne se présenter à la police et déclare avoir été la maitresse de Jean. L'Anne des rumeurs existait bel et bien. "Imaginez un peu à l'époque, une affaire comme celle-ci qui fait sensation, parce que tout le monde s'y intéresse, et des rebondissements comme celui-là, mais c'est un feuilleton pour l'époque. C'est comme nos séries télé aujourd'hui. Tout le monde se prend au jeu, se demande qui donc a bien pu tuer Jean, on se demande ce qui s'est passé. Cette affaire a même donnée naissance au premier journal de l'histoire de la Flavie. Un imprimeur a l'idée de lancer un quotidien pour relater l'affaire et qu'il vend. Cette affaire a permis les débuts de la presse. Les gens achètent le journal, qui ne fait qu'une feuille mais qui semble les passionner. Et les gens pensaient que Jeanne était la fameuse Anne. Et là, rebondissement, vous avez une Anne qui se dénonce. Mais cette histoire est folle. Et cela relance l'enquête parce qu'on ne comprend plus du tout le lien entre Jean et Jeanne". D'autant que Jeanne s'obstine à garder le silence. Anne rapporte à la police des faits étranges qui vont l'intéresser. "Elle explique que Jean avait acheté pour elle cette petite maison du Faubourg, pour être prêt d'elle. Et puis elle parle d'un petit coffret en bois que Jean gardait toujours avec lui et qui contenait des petites fioles. Jean lui disait qu'il s'agissait de médicaments qu'il devait prendre". L'apothicaire que Jean fréquentait est alors arrêté. Mais il n'y a plus aucune preuve ni trace de ce coffret, la maison ayant été vendue par Jeanne quelques semaines après qu'elle en ait hérité. "Vous imaginez bien que si on trouve un coffret avec des fioles à l'intérieur, on pourrait se poser des questions". D'autant qu'à l'époque, on a peur des poisons. "On sait qu'ils existent et qu'ils sont parfois utilisés. C'était chose courante d'éliminer un père, un frère ou un cousin pour toucher un héritage par exemple. L'arsenic était à l'époque surnommée la poudre de succession. C'était donc bien que son usage était très répandu. Mais il était difficile de prouver quoi que ce soit. Naturellement, avec la police scientifique aujourd'hui c'est beaucoup plus facile, mais à l'époque, on ne peut pas faire de test aussi précis. Les empoisonneurs étaient accusés de pratiquer la sorcellerie ou de pacte avec le diable et brulés vifs. Mais la plupart du temps, il n'y avait aucune preuve véritable de leur culpabilité parce qu'on ne pouvait pas les prendre sur le fait accompli et aussi parce que certains poisons ne laissaient aucune trace, en tout cas, aucune détectable avec les moyens de l'époque. Il suffisait d'empoisonner votre père avec de l'arsenic par exemple, vous y alliez à petite dose et le tour était joué. Le poison est discret, on ne le voit pas. Alors il fait peur. Et il était aussi chose courante que les victimes s'empoisonnent elles-mêmes à leur insu. Si vous persuadez quelqu'un qu'il s'agit d'un médicament pour le soigner, il va le prendre en se méfiant plus ou moins, tout dépend de la personne qui donne le médicament et de celle qui la reçoit. Mais comme le "médicament" rend la personne de plus en plus malade, elle a de plus en plus besoin du "médicament". Et c'est un cercle vicieux jusqu'à ce que la personne ne meure. Si dans l'affaire de Jean, on avait retrouvé les fioles, un apothicaire aurait pu dire si elles avaient contenu du poison. Mais il ne restait rien. Quant à celui qui est arrêté, il n'y avait aucune preuve non plus". L'apothicaire est relâché mais la jeune Jeanne est emprisonnée et brulée vive en place publique au début de l'année 1520. L'affaire est alors refermée et rien ne semble alors pouvoir dire que ce calme avant la tempête va faire de ce banal fait judiciaire, un immense scandale et impliqué les plus hautes sphères de l'Etat.

[right]En collaboration avec Marc Baillon[/right]


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Posté : lun. mai 27, 2019 7:41 pm
par Alexandre
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L'HEBDOMADAIRE POLITIQUE, ECONOMIQUE, CULTUREL ET SOCIAL[/center]


[right]14 au 20 mars 2039[/right]


[center]FEUILLETON DU MOIS : Un peu d'histoire
L'affaire des poisons : petit meurtre à la Cour (et en Flavie) !
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[center]Episode 3 : L'affaire de la Comtesse et du Curé : l'étincelle qui met le feu aux poudres.[/center]


L'affaire de Jean se termine au début de l'année 1520. Rien ne la prédestine à connaitre une suite romanesque. Il faudra d'ailleurs attendre plus d'un an pour que cette affaire refasse parler d'elle … dans la province de Mollet. Quelques années plus tôt, la Comtesse de Mollet est devenue veuve et hérite de son époux une immense et incroyable fortune. "C'était la première fortune du Royaume. Elle avait une collection impressionnante de bijoux et de parures et bientôt, celle de tableaux de son époux ainsi qu'un magot incroyable en or. Son mari avait une fortune énorme, énorme. Certain même disaient qu'elle était si grande qu'il aurait pu rivaliser avec le Roi. D'ailleurs, plusieurs fois le Roi, le précédent, avait emprunté à son époux. La famille royale avait des dettes envers la Comtesse de Mollet désormais". La Comtesse habite dans un château à Monistrol de Mollet. "Elle se métamorphose en femme d'affaire. Les contemporains la décrivent comme froide et austère. On lui prêtait même quelques liaisons avec des nobles, et n'importe qui pouvant lui apporter quelque chose. À la fin de l'année 1520, un scandale avait éclaté. On soupçonnait la Comtesse d'avoir eu une liaison avec un prête du village". L'affaire fait grand bruit. Pour faire taire les ragots et éviter tout problème sur sa famille, la Comtesse obtient du Roi que le curé en question soit désormais nommé dans une paroisse du Gévaudois, une Province voisine. "Le Roi parvient à faire annuler ses dettes en échange de ce 'petit' service". Mais la Comtesse a juré de se venger de ceux qui ont jeté l'opprobre sur elle.

Au débat de l'année 1521, la Comtesse embauche une jeune fille de modeste condition pour devenir sa servante et rapidement, sa femme de chambre. La Comtesse ignore tout de celle-ci. Quelques temps après, la Comtesse découvre que sa jeune servante est en fait Anne, l'ancienne amante de Jean dans l'affaire de l'empoisonnement. En fait, elle découvre plus que cela : elle découvre une lettre de créance et des reconnaissances de dettes de la jeune Anne à Jeanne, la femme qui avait été condamné au buché pour le meurtre de Jean". Dès lors, la Comtesse comprend que la jeune Anne est liée au meurtre de son amant et décide de faire contre mauvaise fortune bon cœur en faisant de Anne la main armée de sa vengeance en échange de son silence, sans quoi, elle la dénoncera. "Anne se retrouve dans une situation bien compliquée. Elle avait menti. C'était sans doute elle qui avait tué Jean. Alors la Comtesse avait décidé de l'utilisée. À parti de là, l'histoire devient plus floue. On ne sait pas trop ce qui s'est réellement passé. Toujours est-il que dès les premiers mois de l'année 1521, on enregistre des morts dans le village de Monistrol de Mollet". Les témoignages des paysans parlent d'une bête. Une bête féroce qui sévirait dans la forêt de Mollet toute proche et qui s'attaquerait aux villageois qui s'y aventuraient. La forêt est depuis toujours le cadre de comte fabuleux. On lui prête des pouvoirs magiques, des histoires de fées et on fait d'elle une forêt enchantée. Et depuis le moyen âge, elle est aussi le lieu où une bête féroce dévore ceux qui s'approchent de trop près. "On ne sait pas trop d'où sort cette histoire de bête. À l'époque, la forêt de Mollet est le cadre d'un comte fabuleux. Depuis le moyen âge, on y cherche un trésor fabuleux qui, dit-on, aurait été caché là par un chevalier qui l'aurait dérobé à son seigneur après avoir combattu une 'bête féroce' dans la forêt. On dit aussi que ce trésor serait maudit". Mais la peur n'arrête pas les plus téméraires. Depuis le moyen âge, nombre de générations de villageois ont essayé de trouver le trésor. En vain. La plupart de ceux qui s'y étaient essayés seraient mort dans d'étranges conditions et de façon prématurés selon la légende. Une bien mystérieuse malédiction. De quoi dissuader les moins aventureux. "En 1521, la bête féroce devient cependant une réalité, puisqu'on enregistre vite des dizaines de victimes. Les villageois pensent qu'il s'agit de la bête qui garde le trésor, la bête de la légende et que, si celle-ci existe, c'est que le trésor existe aussi. C'est paradoxal, mais cela engendre un regain d'intérêt pour la recherche en forêt, certains pour le trésor, d'autres pour la bête, ce qui, par conséquent, engendre une hausse du nombre de victimes. En fait, c'est comme ci les gens se jetaient dans la gueule du loup, inconsciemment". L'affaire devient rapidement une source de préoccupation pour la police de l'époque. Si bien que le Roi en personne en est informé et dépêche son meilleur enquêteur sur place à l'été 1521 : celui-là même qui avait officié sur l'affaire de l'empoisonnement de Jean. "C'était un pur hasard qui avait fait cela. Mais c'est ce qui va permettre à ces évènements de se lier entre eux".

Pendant ce temps, le curé envoyé en Gévaudois prend ses fonctions au début de l'année 1521. "Il est très mal vu. Déjà parce que c'est quelqu'un qui vient de l'autre bout du Royaume, du moins pour l'époque, car la province d'à côté, c'est déjà l'autre bout du Royaume. Les gens n'avaient pas la même vision des choses. Là encore, les sources historiques sont partielles, mais il semblerait que de façon quasi concomitante à l'arrivée du prête dans la paroisse de Guérin, qui était à l'époque un modeste village perdu au milieu de la campagne, le village soit le cadre de curieuses manifestations de folie ou d'évènements surnaturels". Si l'on ne connait pas réellement la nature de ces évènements, les chroniques de l'époque parlent d'un village possédé par le démon.

La bête dans la forêt de Mollet et le village possédé par le démon vont perdurés durant toute l'année 1521 sans que personne ne parvienne à mettre fin à ces affaires. Le lieutenant général de la police royal, dépêché dans la province de Mollet ne parvient même pas à établir l'existence réelle de cette bête sans pour autant expliquer comment autant de morts avaient pu se produire. "Il attribue dans un premier temps ces morts à des loups. Il y en avait beaucoup dans la forêt de Mollet. C'est quelqu'un de plutôt rationnel. Il ne semble pas croire une seule seconde à la légende ni du trésor, ni de la bête et encore moins aux histoires de forêts enchantées. Mais l'affaire va prendre une proportion plus importante encore lorsque plusieurs cas de mort étranges dans le village se manifestent. "Le lieutenant parvient à établir, avec l'aide d'un apothicaire, qu'il s'agit d'empoisonnements. Et cela lui rappelle immédiatement une histoire similaire quelques mois plus tôt". Pire encore. Dans une des maisons est retrouvée un petit coffret à l'intérieur duquel de petites fioles au contenu suspect sont retrouvés. Après l'analyse d'un apothicaire, il est établi qu'elles contenaient un mélange de cyanure et d'arsenic. "Le coffret semblait avoir été oublié". Le lieutenant de la police parvient à découvrir qu'il appartient à la jeune Anne. "C'était un coffret sur lequel était gravé son nom. C'était une erreur stratégique de le laisser trainer". La suite de l'affaire reste floue. Anne est arrêtée. Il semblerait cependant qu'elle aurait agit sur les ordres de la Comtesse pour éliminer des individus (les sources ne permettent ni de le prouver, ni de comprendre en quoi ces individus avaient un lien avec elle, et parfois même qui sont ses individus). "Apparemment, Anne devait, comme de nombreuses empoisonneuses à l'époque, empoisonner petit à petit ses victimes. De plus en plus faibles, elles finissaient par mourir. Et parfois, la mort n'était pas brutale, cela permettait de la faire passer pour naturelle ou alors rendre une maladie foudroyante responsable". Anne, qui révèlera avoir été la main armée de Jeanne (qu'elle aurait rencontrée quelques années plus tôt alors que celle-ci était femme de chambre pour la Duchesse de Louxerre) pour ses meurtres et aurait fait en sorte de la faire condamner pour éviter qu'elle ne la dénonce pas, est condamnée au buché au printemps 1522 et la Comtesse emprisonnée. Après cela, les nombreuses attaques de la bête ont continué quelques temps, jusqu'à ce qu'un loup soit tué par des chasseurs de la région. "Il s'était dit à l'époque, mais encore une fois, plus rien ne peut le prouver désormais, que c'était Anne et la Comtesse en personne qui étaient responsables des attaques. Elles auraient affamé un loup dressé pour attaquer et le lâchait dans la forêt. Toujours est-il que le trésor est resté un mystère et une légende. Personne n'avait jamais rien trouvé". Personne ? pas si sûr. En 1522, soit quelques mois seulement après la mort d'Anne, l'ancien amant de la Comtesse emprisonnée, le tout nouveau curé de Guérin, lance la construction d'une impressionnante Cathédrale en remplacement de sa modeste église de paroisse et fait l'acquisition de nombreuses reliques de Saints. Les gens se posent des questions sur l'origine de tant d'argent et de richesses d'un coup alors que la paroisse avait toujours été modeste. Certains pensaient qu'il avait trouvé le fabuleux trésor". Quoi qu'il en soit, sa nouvelle cathédrale ne change rien à la crise de folie qui touche le village. "Plus le temps passait, et plus on soupçonnait le curé de s'adonner à des rites sataniques. Si bien qu'on mit le feu à la sa cathédrale et que le curé ne réapparu jamais". Si beaucoup l'on cru mort dans les flemmes, la disparition du curé de Guérin, en pleine nuit dans sa cathédrale en feu à l'hiver 1522 continue aujourd'hui encore d'être une énigme. Son successeur découvre alors une montagne d'or et de richesses et reprend et termine la construction de la cathédrale. Le village possédé par le démon retrouve une certaine tranquillité à la suite de ses évènements. Fort de son succès, à la fin de l'année 1522, le lieutenant du Roi rentre à Adelis. Mais ces évènements et empoisonnements ne sont que la partie émergée de l'iceberg. Bientôt, le Roi en personne sera concerné.


[right]En collaboration avec Marc Baillon[/right]


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