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Posté : sam. oct. 27, 2018 3:42 pm
par Dmitri Korolev
[center]Plles prés de té mon Diô
(Plus près de toi mon Dieu)
[/center]


Dieu. La raison de la présence Arpelane en Marquésie. Depuis plus de 900 ans, les rois Très Chrétiens de Dytolie assurent la protection des pèlerins et des lieux Saints, ces lieux si importants pour entrer en communion, en contact avec le Seigneur. Mais cela ne suffit pas, il faut se rapprocher du ciel pour se rapprocher du divin. La première étape est d'atteindre l'orbite, avant d'espérer aller au-delà. Mais avant toute chose, il faut s'assurer de la stabilité de Hiérosolyme. Rien ne sert de s'attaquer aux cieux si l'étape terrestre n'est pas maîtrisée.

[Ce RP a pour de présenter le programme spatial de long terme du Royaume d'Arpelat]

Posté : sam. oct. 27, 2018 4:55 pm
par Dmitri Korolev
[center]Une âme bien née ? (1ère partie)

[img]https://www.picclickimg.com/d/w1600/pict/172561031457_/Carte-Postale-Avion-en-Vol-Air.jpg[/img]
(Carte postale promotionnelle : MARA Maurica)[/center]

Les usines civiles de MARA occupent un grand espace à l'écart de l'aéroport "Ramon de Sant Geli" d'Ucetès. La, dans d'immenses hangars se pressent tout le jour une foule d'ouvriers qui assemblent les appareils de la manufacture. Dans des bâtiments adjacent se trouve la recherche et développement des appareils civils où des cohortes d'ingénieurs s'échinent à développer la société. Car MARA, l'avionneur Arpelan, est le porte étendard du pays. C'est probablement la seule entreprise, à l'heure actuelle, capable de survivre à l'international. De fait, elle est la fierté du pays, et en particulier du nouveau roi qui a été bercé depuis sa jeunesse par les exploits aéronautiques de ses ancêtres.

Mais aujourd'hui, les usines sont vides. La foule des employés et dirigeants se trouve au niveau du hangar principale de l'aéroport. Au premier rang, une multitude d'invités dont certains des plus prestigieux : Monsieur, frère du roi, et le premier Prince du Sang, Monsieur de Franchomer-Guelfes. Ils sont tous la pour la même raison : procéder au baptême du dernier né de la gamme MARA, le Maurica, dont le premier exemplaire de série tronait devant le hangar. Cet appareil moyen-courrier capable d'embarquer plus de 150 passagers va permettre, pour la première fois, de relier à une échelle sans précédent le territoire métropolitain à ses possessions ultramarines, le Royaume de Hiérosolyme. Ces hauts personnages feront parti de l'équipage du premier vol entre Saint-Maurice d'Arpelat, la capitale Arpelane, et Mont-Pélerin, la capitale provinciale du Comté de Sant-Geli et plus grand port du territoire.

Après les cérémonies d'usage et les interventions d'une multitude de personnage, dont une très émouvante de la part du pilote d'essai (MARA comptant encore sur ces intrépides pionniers plutôt que sur des simulations informatiques), le discours de Monsieur fini par clôturer les festivités :

Monsieur : Très chers employés de MARA, encore une fois comme depuis des décennies, vous êtes la fierté du Royaume ! Quelle majestueux oiseau que ce Maurica. Grâce à vous, et grâce à votre volonté, M. le directeur, nous pouvons maintenant annoncer que la métropole et l'outremer ne forment définitivement plus qu'un. Je suis très fier de vous annoncer que Monsieur de Carolothon-Guelfes et moi-même feront le voyage inaugural vers Mont-Pélerin d'ici quelques jours. Vous avez toutes les félicitation de la nation.

Puis, se saisissant d'une bouteille de clairette de Diaugustie (un excellent vin blanc mousseux, plus fruité que le champagne que d'aucun trouvent trop minéral) avec un air de pompe, il la lancé contre le flanc de l'appareil. La bouteille pourtant ne se brisa pas et rebondi contre le fuselage en aluminium de l'appareil et se balança, de manière pathétique, au bout du cordon. Mauvais présage. Un valet remis la bouteille dans les mains de Monsieur, et sa seconde tentative, à son immense soulagement, fut la bonne. Puis, se tournant vers la foule avec un certain air de pompe pour cacher son léger malaise. Mais bien malin celui qui aurait pu dire qui de Monsieur ou de la foule était le plus fier à ce moment précis.

Posté : dim. oct. 28, 2018 9:43 pm
par Dmitri Korolev
[center]Une âme bien née ? (2ème partie)

[img]https://vignette.wikia.nocookie.net/guerreirak/images/8/85/220px-DHL_Airbus_A300B4-203F%2C_BIAP_%282164280283%29.jpg/revision/latest?cb=20100912135148&path-prefix=fr[/img]
Les dégâts sur l'aile gauche, après l’atterrissage à l'aéroport de Mont-Pélerin[/center]

Une foule imposante se trouvait sur le tarmac de l'aéroport de Mont-Pélerin. Depuis plusieurs heures, déjà, ils attendaient sous le soleil écrasant du moyen-orient l'arrivée du vol inaugural du Maurica, le dernier né du fleuron de l'industrie Arpelane, MARA. Ils se réjouissant à double titre : d'une part accueillir pour le premier vol intercontinental de cet appareil, et d'autre part accueillir Monsieur, frère du roi, et le Premier Prince du Sang, Monsieur de Carlobivinge-Guelfes. En effet, cela faisait des années qu'une personnalité majeure de la famille royale s'était rendue en terre sainte, notamment à cause de la longue période de régence que venait de subir le pays. Enfin, une grande clameur s'éleva de la foule : on apercevait un large point brillant au loin, accompagné de deux plus petits points, très certainement deux appareils de chasse (des MARA Anthon) qui avait décollés quelques minutes auparavant pour accompagner sur les derniers instants ce vol.

Et puis d'un coup, le silence tomba. Des faubourgs de Mont-Pélerin, une fine volute de fumée venait de s'élever, précédé d'une étincelle Plus d'un millier de paires d'yeux suivait avec un mélange de fascination et d'appréhension cette petite flamme, précédée que quelques kilos d'explosifs, monter vers le Maurica. Le missile le dépassa, fit un large demi-tour et fini par atteindre l'appareil, dévastant l'aile gauche de l'appareil.

A l'intérieur de l'avion, personne n'avait rien vu venir. L'appareil n'étant pas militaire, aucune contre-mesure ni même alarme n'avait alerté l'équipage de l'imminence du dangers. Au contraire, l'équipage était occupé à expliquer le fonctionnement de l'engin à Monsieur, qui curieux, avait prit place dans le cockpit pour l'approche finale et l’atterrissage afin de se faire dispenser une leçon de pilotage. Le pilote expliquait le fonctionnement des trains d’atterrissages au moment où l’énorme déflagration se fit entendre.

Commandant André Turcat : Putain de merde, qu'es-ce qu'il vient de se passer !

Copilote Jean Selys : Je ne sais pas monsieur. On aurait dit une énorme explosion ! Attendez ... il semblerait qu'on perde la pression hydraulique sur les trois systèmes !

A ce moment, la chef de cabine rentre en coup de vent dans le poste de pilotage, de toute évidence pris d'une immense panique !

Chef de cabine : Commandant ! On a un immense problème ! L'aile gauche est massacrée. On a perdu plus d'n tiers de son épaisseur, dont tous les volets. A priori, il y a une grosse fuite de kérosène puisque l'aile brûle, et salement !

Copilote Jean Selys : Merde, les trois systèmes hydrauliques desservent les volets. Les trois doivent être sectionnées

Commandant André Turcat : Bordel, je n'ai plus de contrôle sur les gouvernes, les systèmes hydrauliques sont bels et bien flingués ! On est plus dans l'axe de la piste, et on arrive de toute manière trop vite. Il faut absolument remonter.

Comme s'il écoutait le commandant, l'appareil se mit à ce moment à remonter de lui-même. Après avoir grimpé de 800 pieds, ils se mit à redescendre d'un millier de pieds avant de recommencer à monter. Et ainsi de suite. L'appareil, sans gouvernes, était coincé dans une courbe phugoïde.
Cela faisait maintenant une bonne dizaine de minutes de les deux pilotes s'escrimaient à reprendre le contrôle de l'appareil. Après tout une ribambelle de tentatives, ils finirent par se rendre compte qu'ils leur restaient un moyen d'influencer la marche de l'appareil : les moteurs. En poussant la puissance, l'appareil gagnait en vitesse et montant. En la baissant, à l'inverse, il descendait. En en actionnant qu'un des deux, l'appareil dérapait et pivotait, ce qui permettait plus ou moins de lui fixer un cap.
Après quelques minutes d'essais et de tâtonnements, le commandant Turcat réussi à faire sortir l'avion de sa trajectoire phugoïde et lui faire adopter une configuration de vol stable. Il était temps de faire faire à l'appareil une grande boucle et s'aligner face à la piste d’atterrissage pour enfin poser sur le plancher des vaches ce fleurons qui s'était transformé en cercueil volant.

Commandant André Turcat : Bon l'approche se passe relativement bien. A 12 miles de la piste, on semble dans l'alignement. Selys, fait attention à la poussée du moteur gauche. L'aile gauche est hyper abîmée, donc on une traîné de dingue de ce côté ce qui fait tourner l'avion sur lui-même. Je vous charge de contrôler la poussée du moteur gauche afin de nous garder dans l'axe !

Copilote Jean Selys : C'est bien noté commandant. Mais il faut qu'on descende vite, l'explosion a du abîmer les circuits d'huile, le moteur chauffe drôlement, on est en train de le griller !

Commandant André Turcat : Monsieur, quand je vous donnerai le signal, si vous le voulez bien, vous abaisserez la manette suivante pour faire descendre le train. Comme on a plus d'hydraulique, il va falloir compter sur la gravité pour faire le job !

Un silence de plomb s'installa dans la cabine, seulement troublé par les alarmes criardes annonçant un ensemble de catastrophes à venir : plus de pression hydraulique, fuite de kérosène, incendie, etc.
Puis, le commandant donna le signal à Monsieur et les trains descendre. La gravité fit son oeuvre et verrouillant les deux trains principaux.

Copilote Jean Selys : Commandant, le badin chute ! Vous sentez comme ça commence à vibrer ? On va décrocher ! C'est ce foutu train qui offre trop de traînée, on va se mettre au tas si on accélère pas !

Commandant André Turcat : Poussez les moteurs à 80% monsieur de Selys, on a pas le choix. Mais on va arriver beaucoup trop vite sur la piste.

L'appareil se présenta finalement à plus de 350 km/h au seuil de la piste, plus de 100 km/h au-dessus des limites imposées par le constructeur. L'impossibilité de contrôler l'altitude de l'appareil et le manque de longueur fit que le pilote procéda à une manœuvre considérée comme hérétique par l'ensemble des pilotes : il déclencha les aérofreins alors qu'il était encore en l'air. L'avion tomba comme une pierre sur la piste. Les deux trains principaux résistèrent, mais la roulette de nez n'avait pas été verrouillée du fait de l'absence de pression hydraulique. Le nez s'affaissa donc sur la piste et l'avion se traîna pendant des centaines de mètres sur la piste, des gerbes titanesques d'étincelles jaillissant de sous le cockpit alors que l'aile gauche flambait toujours. Le fuselage se couda de plusieurs degrés à cause de cet impact et il s'en fallu de peu qu'il ne rompit tout à fait. L'appareil fini par sortir de la piste et s’immobiliser sur une bande de terre entre le taxiway et cette dernière.

Alors que les pompiers et les ambulances fonçaient toutes sirènes hurlantes vers la carcasse, l'ensemble des occupants se tinrent coi pendant un long moment. Puis Monsieur pris la parole :

Monsieur : Et bien monsieur Turcat, je vous remercie pour cette démonstration de pilotage. Mais je prendrais le bâteau au retour.

Posté : dim. nov. 11, 2018 8:38 pm
par Dmitri Korolev
[center]Ligne de vie

[img]https://farm1.static.flickr.com/399/17988228313_c2bdd80108.jpg[/img]
Un camion Maroupi au terminal de production[/center]



La petite croix se balançait comme possédée au bout du chapelet, lui-même accroché au rétroviseur intérieur de la cabine. Sur ces mauvaises routes du centre du Royaume de Hiérosolyme, les nids de poule mettaient à rude épreuve les suspensions des véhicules qui l'empruntait. Pourtant, l'état ne lésinait pas sur les moyens pour l'entretenir étant donné son caractère stratégique : cette voie reliait Hiérosolyme au port de Sant-Joan-de-Jaffascalon et était de fait l'artère principale du territoire Marquésien. Vers l'Est cheminait une multitude de pèlerins se rendant à la ville Sainte et de camions se rendant vers les unités de production de pétrole situées loin dans les terres. En sens inverse, les camions chargés de brute ou de pétrole raffiné redescendait vers la mer afin de l'exporter vers la métropole ou l'étranger. Tout le long de la route, des ouvriers étaient chargés de combler les affaissements de la route dues à la chaleur et à l'intense trafic.

Bernat était chauffeur routier depuis plus de 30 ans. Son camion avait quasiment le même âge et ils connaissaient les deux la route par cœur pour l'avoir emprunté tant de fois. Le travail était fatiguant : des heures de conduites dans une cabine surchauffée sur une route qui massacre les lombaires. Mais il payait bien son homme, du moins, tant que les citernes sur roues qu'ils conduisaient seraient nécessaire, ce qui n'était pas certain de perdurer. En effet, depuis quelques mois, afin d'augmenter le débit quotidien de barils vers les ports et de régulariser le flux, l'état s'échinait à construire un pipeline afin de relier directement le terminal maritime aux unités de production. Aux nouvelles qui courraient parmi les chauffeurs, cela allait encore prendre un moment, et même une fois en route, les routiers seraient toujours nécessaires, mais le prix de la course ne manquera pas de chuter. Bernat mangeait donc son pain blanc et essayait d'emmagasiner autant de pécunes que faire se peu avant cette échéance.

La vieille radio qui crachotait des chansons folkloriques depuis près d’une heure s’interrompit et laissa place aux informations. Bernat tendis alors le bras vers la console centrale et poussa le volume :
« Radio Terre-Sainte, l’info éclaire de midi ! Des nouvelles de l’attentat qui a visé le voyage inaugural du nouvel appareil de MARA. Les équipes de la police militaire scientifique en charge de l’enquête ont affirmées ce matin lors d’un point presse que les dégâts avaient bien été causé par un missile sol-air. Les autorités n’ont en revanche pas dévoilé d’indices sur son origine. Par ailleurs, les équipes du bureau d’analyse de l’autorité de régulation aérienne Arpelane sont arrivées avant-hier et ont déjà pu analyser une partie des données des boites noires et interrogé les pilotes. Leurs conclusions préliminaires sont que la fin heureuse de cette histoire est quasi-miraculeuse. En effet, jamais aucun pilote n’avait réussi à poser un appareil privé de ses gouvernes. On se rappelle en effet du terrible crash à l’atterrissage d’un avion de ligne au Sengaï en 1990 après l’explosion en vol d’un de ses moteurs qui avait fait plus de 300 morts. L’équipage, et en particulier son pilote André Turcat, sera anobli par le roi lors d’une cérémonie qui se tiendra le mois prochain. Rappelons que son sang-froid a permis le sauvetage de Monsieur et de Monsieur le Premier Prince du Sang.

Autre titre de l’actualité du jour, les travaux concernant la construction du pipeline Monreal – Tibérias – Tyacre – Sant-Joan-de-Jaffascalon progressent selon le délai prévu a annoncé le gouverneur de Galliléiade. Sa mise en production est prévue pour la fin de l’année ou le début de l’an prochain. Pour rappel, il permettra de désengorger l'axe routier saturés de poids-lourds entre la côte et Monreal et de permettre une exploitation plus moderne et efficace des gisements d’hydrocarbure.

Culture : le chantier de construction du grand télescope « Vaugelas » dans les montagnes de Savogensie devrait débuter le mois prochain. Il a pour but de … »


Bernat coupa la radio. Cet attentat contre la fierté de MARA l’avait profondément blessé, et chaque fois qu’il entendait de nouvelles informations à la radio, il ne pouvait pas s’empêcher d’y prêter oreille. Cela le courrouçait à un point qu’il devait se poser quelques instants pour se calmer. Puisqu’il était midi et qu’il arrivait vers un restaurant où il avait ses habitudes, il décida de prendre sa pause et de dévorer un casse-croûte pour passer ses nerfs. L’établissement était plein de militaire, ce qui n’était pas pour le surprendre pour deux raisons. D’une part, depuis l’attentat, la vigilance avait été renforcée et de nouvelles troupes déployées en Terre-Sainte pour assurer la protection des habitants. D’autre part, on arrivait à proximité de la route qui partait vers le sud un peu avant Tyacre et qui menait vers le centre spatial du Royaume. C’était probablement un des endroits les plus sécurisé des trois royaumes puisque l’ensemble des opérations de tirs spatiaux, une des grandes ambitions du nouveau roi, s’y déroulait. Quelques jours auparavant, lors du voyage aller, Bernat s’était retrouvé bloqué des heures par un convoi exceptionnel : une fusée toute droit émoulue des usines de métropole et débarquée à Sant-Joan-de-Jaffascalon rejoignait le pas de tir. Du coup, toute la circulation avait été bloquée pour l’occasion. Toutefois, le temps que la charge utile soit installée, le tir ne serait pas tout de suite.

Avant de pénétrer dans l’auberge, un bruit assourdissant se fit entendre dans le ciel, et une multitude de tête se levèrent vers le ciel : 12 MARA Varey en formation serrée passèrent en rase-motte au-dessus de la foule, suivi en couverture par autant de MARA Anthon. Bernat pensa alors tout haut que ça risquait de picoter sévère pour quelques traitres d’ici pas longtemps.

Posté : jeu. nov. 15, 2018 9:05 pm
par Dmitri Korolev
[center]Ligne de mort

[img]http://a407.idata.over-blog.com/600x373/1/95/08/26/SO-4050-Vautour./Photo_2_img459.jpg[/img]
Deux MARA Varey en formation[/center]

Les autorités Arpelanes avaient rapidement identifié le groupuscule à l'initiative de l'attentat contre le vol inaugural du Maurica qui avait failli coûter la vie à de très importants personnages de l'état. C'était un groupement sunnite qui revendique l'indépendance de "l'émirat de Hiérosolyme", dénonçant les autorités Arpelanes comme étant colonisatrice (ce qui est une aberration, les populations arabes ayant elles-mêmes chassées les populations chrétiennes qui habitaient la région précédemment). Le territoire connaissait des poussées de fièvre de manière régulière qui ne duraient pas bien longtemps. Le temps et une répression judicieusement ciblée faisait retomber comme un soufflet les "événements", comme on les appelait prudemment en métropole.

Toutefois, l'importance du territoire allait croissant pour le Royaume d'Arpelat. La province avait toujours été un pilier culturel et religieux de l'état, mais avec le développement des activités spatiales (qui nécessitent des infrastructures de lancement au plus près de l'équateur), elle était en phase d'acquérir une grosse importance scientifique. Cette pour cette raison que l'état-major avait décidé de frapper vite. Après exploitation des renseignements de terrain, le siège d'une importante pointure de l'organisation terroriste nommée "Al Boraq", a été identifié dans la province de Transiordan. Mais la durée de validité de l'information était faible, l'homme étant d'un caractère suspicieux et se sachant recherché. Ainsi, les autorités militaires avaient exclu une intervention au sol au profit d'une frappe aérienne. 12 avions d'attaque Varey avaient été sollicité pour cette opération. Avec leur armement, ils avaient largement de quoi vitrifier la zone.

Le commandant Pierre de Terail était le chef d'escadrille et avait la responsabilité de l'opération. Il n'avait pas tant à craindre d'intervention ennemis jusqu'à ce qu'ils soient sur site, et ce d'autant plus qu'il avait une couverture de chasse qui croisait à haute altitude. Il jeta rapidement un œil sur sa carte : ils arrivaient sur Tyacre. Encore quelques dizaines de minutes de vol. Ils venaient de dépasser sur leur droite le site de lancement ultra-secret. Une fusée était debout sur le pas de tir. A n'en pas douter, ils allaient être d'alerte d'ici peu pour protéger le lancement et récupérer des données en altitude. Laissant ces infrastructures sur leur droite, les aviateurs suivaient maintenant l'immense chantier du pipeline qui allait relier Sant-Joan-de-Jaffascalon à Monreal. Les travaux avançaient pas mal, le chantier étant il est vrai hautement prioritaire, tout comme la pacification qu'ils allaient mener d'ailleurs. Les minutes défilaient et maintenant, ils allaient arriver en vu de l'objectif d'ici quelques minutes au plus.

Commandant De Terail : Arrivée sur objectif dans T-12 minutes. On ne sait pas ce qu'ils ont comme artillerie anti-aérienne donc soyez sur vos gardes. Pour rappel, on se rapproche en rase-motte pour être le plus précis possible et éviter les pertes civiles. On largue les bébés et on rentre au bercail. A la charge de la garde de s'occuper des restes. A partir de maintenant, maintenez le silence radio.

Les appareils se rapprochèrent alors du sol et se maintinrent à 8m de hauteur. Heureusement, la configuration plate et désertique du terrain aidant la manœuvre. Sautant collines et maisons, évitant les lignes à haute tension, ils débouchèrent sur l'objectif avec une surprise totale. La cible consistait en un vaste complexe de bâtiments, évoquant les caravansérails antiques communs dans cette partie du royaume, mais de réalisation relativement moderne. Les avions larguèrent leur 24 bombes de 280kg sur l'ensemble du complexe et continuèrent leur route à quasiment mach 1. Les bombes, réglées pour exploser après quelques secondes, explosèrent toutes en même temps et ne laissèrent qu'un vaste champs de ruines de ce qui était encore il y a quelques instants une orgueilleuse bâtisse.

Commandant De Terail : Mission accomplie. On rentre au bercail avant qu'un barbu se réveille et soit pris d'une envie de faire un carton. Je paye ma tournée au messe en arrivant.

Posté : jeu. déc. 27, 2018 7:24 pm
par Dmitri Korolev
[center]Archange déchu

[img]https://www.ariane.group/wp-content/uploads/2017/05/v124.jpg[/img]
Fusée Gabrielle au décollage[/center]

Jehan Morestel travaillait depuis des années pour MARA. Il avait commencé au département aéronautique il y a de ça plus de 25 ans. A force de travail acharné, mais aussi d'une certaine dose de politique, il avait fini par devenir ingénieur en chef de la branche spatiale de l'entreprise, en charge de la conception et de l'exploitation des lanceurs spatiaux développés par le pays. MARA était sa vie, et son travail sa fierté. Mais la s'en était trop ! Il en allait de la réputation de sa personne, de sa société, et même de son pays ! Il entra sans même frapper dans le bureau du directeur des opérations :

Jehan Morestel : M. le directeur, vous devez reporter le tir ! Les conditions météo ne sont pas réunies pour procéder au lancement. On court droit à la catastrophe, vous devez vous en rendre compte nom de Dieu !

Dir. des opérations : M. Morestel, ne jurez pas je vous prie. Je connais votre position et vos réticences, vous m'en avez déjà fait part. Vous observez la chose uniquement à travers le spectre scientifique, mais tout lancement a un côté politique également. L'ensemble de l'état-major et de l'académie des sciences est la, un report serait catastrophique pour notre crédibilité à un moment où nous essayons de décrocher de nouveaux crédits. Et puis il y a des marges de sécurité qui servent justement à ce genre de situations.

Jehan Morestel : Mais enfin M. le directeur, vous avez bien conscience de la dangerosité de cette approche ! Sans compter qu'en cas d'échec notre crédibilité sera encore plus affecté. Je vous en prie, reconsidérez la question.

Dir. des opérations : M. Morestel, la décision es prise et irrévocable : Gabrielle 7 décollera demain, à 07:00 comme prévu.

Jehan Morestel : Et bien dans ces conditions, je vous prie d'accepter M. le directeur, ma démission. Je ne saurai être complice d'une telle mascarade.

[center]-------------------[/center]

Le lendemain, une foule imposante se pressait sur les gradins qui se trouvaient à 800m du pas de tir. Sur cette structure tubulaire, au départ temporaire mais qui avait fini par durer, se trouvait tout ce que le pays comptait de personnalité ayant un intérêt professionnel plus ou moins proche avec l'exploration spatiale : des généraux curieux de voir si une conversion en missile balistique était possible, des astronomes vivant un rêve éveillé, des ingénieurs curieux de voir de leurs propres yeux une prouesse mécanique de cette envergure, etc...
Tout ces braves gens sautillaient sur place et se frottaient les membres extérieurs : jamais il n'avait fait aussi froid en Hiérosolyme, quasiment -2° ce matin ! Mais à n'en pas douter le lancement allait les réchauffer, eux qui attendaient à leur place depuis bientôt une heure. Ils sont accompagné par quelques centaines de milliers de personnes qui regardent le lancement en direct à la télévision. En effet, pour la première fois dans l'histoire des Royaumes Unis d'Arpelat, de Modestena et de Hiérosolyme, un être vivant a pris place dans la coiffe de la fusée : une chienne nommée Gabrielle, comme la fusée.

Dans les hauts parleurs, la voix de l'opérateur du centre de contrôle se fait entendre à intervalle régulier : tir moins 10 min ; tir moins 5 min ; tir moins 2 min.
A T-10s, les 4 boosters sur les côtés de la fusée s'allument. Jehan Morestel est également devant son poste de télévision, à moitié en train de prier que tout se passe bien, mais sans pouvoir s'empêcher de s'attendre au pire. Mais le moment critique de l'allumage des boosters se passe sans soucis à son immense surprise et soulagement.
T-2, le moteur principal à propergol liquide s'allume également, et 2s plus tard, le long cylindre d'aluminium s'élève dans le ciel.

T+60, fonctionnement nominal. Jehan se dit qu'il a peut-être eu tord de démissionner : la fusée approche sa vitesse de croisière et les dangers semblent passés. Alors qu'i était en train de reprendre son souffle, le point brillant qu'était la fusée Gabrielle 7 se transforme soudainement en une immense boule blanchâtre, désintégrée en quelques secondes. Dans le ciel d'azur ne reste que des traînées de fumées au bout desquelles se devine un débris : Gabrielle 7 vient d'exploser en direct à la télévision après 76 secondes de vol, tuant avec elle l'autre Gabrielle, la chienne qui devait devenir la mascotte du programme spatial Arpelant.

A n'en pas douter, des têtes allaient tomber demain.