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Posté : mar. oct. 16, 2018 8:53 pm
par Gwenael
[center]ACTIVITÉS INTERNES
[img]https://nsa39.casimages.com/img/2018/10/16/181016110726822159.png[/img][/center]
Posté : mar. oct. 16, 2018 9:52 pm
par Gwenael
18 mai 2037
[justify][center][img]https://nsa39.casimages.com/img/2018/10/16/181016112013788745.png[/img][/center]
De gigantesques tours de verre. Nul au Lagac'hann ne pouvait en voir de pareilles, à moins de se rendre dans les quartiers d'affaires de Porzh-Araok, capitale de l’Évêché de Penmarc'hamor. Ilot de modernité dans un océan d'arriération, la ville située sur le littoral nord était le centre névralgique de toute l'activité boursière et financière du Royaume. Dans les gratte-ciels où s'affairaient plusieurs milliers d'employés de bureau, les décisions les plus capitales se prenaient, engageant parfois l'avenir de centaines de salariés, et des fonds s'élevant à plusieurs centaines de millions de dollars.
Dans le quartier est de la ville se trouvait une tour, dont la hauteur surplombait toutes les autres. Sur sa façade était accrochée une série de lettres géantes, qui bout à bout formaient l'inscription « Tignan Stroll », nom de l'un des groupes financiers les plus importants du pays. Il l'était d'autant plus que son Président Directeur Général n'était autre que Padrig Tignan, le Président de la Corporation des Industries, dont le rôle politique était de représenter les intérêts des industriels auprès du pouvoir royal. Le puissant homme d'affaires se rendait chaque jour dans la tour qui portait son nom, et qu'il avait, pas chance, faite assurer. Il y possédait un vaste bureau, dans lequel il pouvait librement tenir ses rendez-vous, professionnels comme personnels.
[center][img]https://nsa39.casimages.com/img/2018/10/16/181016105503373768.png[/img][/center]
Padrig Tignan : J'ai eu tout le temps d'essayer la marchandise dont vous m'avez confié un échantillon à l'issue de notre dernière rencontre. Je n'avais plus vu pareille qualité sur le marché depuis plus d'un an déjà. D'où vient cet art ?
Invité : D'Algarbe Occidentale, la meilleure qui soit...
Padrig Tignan : D'Algarbe, dites-vous ? Je pensais que la production là-bas avait complètement cessé depuis la guerre. Il parait que les anciennes terres de l'Empire sont toujours sous haute tension, et qu'il est presque suicidaire de s'y rendre.
Invité : L'endroit est bien moins sûr qu'il l'était auparavant, il est vrai, même si la sécurité ne fut jamais l'une de ses qualités premières. Toutefois, j'ai la chance d'y avoir vécu un certain temps avant de m'installer en Dytolie méridionale, ce qui m'a permis d'y nouer un certain nombre de contacts.
Padrig Tignan : C'est impressionnant... En tout cas, sachez que je suis disposé à faire affaire avec vous de manière durable. Je me doute que vous ne devez pas manquer de clients par ici. L'algarbienne est devenue extrêmement rare, et par conséquent, la demande doit être forte. Aussi, je n'irai pas par quatre chemin : il est indéniable que, de tous vos acheteurs potentiels, je suis celui qui pourra apprécier votre marchandise à sa plus juste valeur. Votre prix sera le mien.
Invité : À vrai dire, Monsieur Tignan, ce n'est pas vraiment d'argent dont j'ai besoin. Si l'effondrement de la Ligue Amarantine a mis un terme à mes activités sur place, j'ai déjà pu accumuler de quoi vivre très décemment au cours des dernières années. Je ne suis pas tant intéressé par votre argent que par votre influence au sein de l'administration de ce pays.
Padrig Tignan : Voilà autre chose... Auriez-vous des ambitions particulières ?
Invité : Pas le moins du monde. Mon problème est que je n'ai pas la nationalité lagarane. J'ai quitté la Cérulée en catastrophe pour me rendre à Porzh-Araok, là où il est le moins probable que je sois reconnu par quiconque ne m'a pas connu jadis. Toutefois, vous savez ce qu'il en coûte d'être un étranger dans votre pays.
Padrig Tignan : Que voulez-vous, concrètement ?
Invité : Une Fiche de Renseignement Administrative. Sans réseau sur place, c'est le seul moyen pour moi de pouvoir prétendre être né lagaran. En échange de cette fiche, je m'engagerai à fournir votre consommation personnelle pour toute l'année à venir.
Padrig Tignan : C'est un contrat qui m'intéresse. Considérez-le comme accepté. Je n'aurai pas de mal à vous trouver un père lagaran d'adoption, et tous les champs seront assez faciles à remplir. La seule chose dont j'aurai besoin, mis à part votre photographie, c'est votre nom.
[center][img]https://nsa39.casimages.com/img/2018/10/16/181016111319789429.jpg[/img][/center]
Invité : Roussin, Blaise Roussin.[/justify]
Posté : lun. nov. 12, 2018 12:23 am
par Gwenael
5 août 2037
De : Sa Majesté la Reine Gwennhaelle IV
À : Padrig Tignan, Président de la Corporation des Industries
CONTENU CONFIDENTIEL
[quote]
INVENTAIRE DES DÉTENUS DU CENTRE PÉNITENTIAIRE DE KASTELL-KRENV
Très jeunes garçons (0-4 ans) : 1 124
Très jeunes filles (0-4 ans) : 1 046
Jeunes garçons (5-12 ans) : 1 963
Jeunes filles (5-12 ans) : 1 871
Jeunes hommes (13-18 ans) : 2 153
Jeunes femmes (13-18 ans) : 1 205
Hommes (19-59 ans) : 15 578
Femmes (19-59 ans) : 4 867
Vieillards (60 ans et +) : 2 831
Vieillardes (60 ans et +) : 852
TOTAL : 33 490
Dont aptes au travail : 24 253
Répartition racialo-phénotypique
Caucasoïdes : 26 776 (79,9%)
- Dytoliens : 4 764 (14,2%)
- Arabo-berbères : 22 012 (65,7%)
Négroïdes : 6 714 (20,1%)[/quote]
Posté : jeu. janv. 17, 2019 9:17 pm
par Gwenael
18 février 2038
[justify][center][img]https://nsa39.casimages.com/img/2018/10/31/181031080801214675.png[/img][/center]
C'était une auberge comme il en existait des dizaines de milliers dans la campagne lagarane. Quasiment déserte en journée, elle se muait en taverne le soir venu pour devenir, l'espace d'un instant, le creuset social du village. Paysans et artisans s'y retrouvaient chaque soir pour se raconter leurs journées de labeur, autour de très, très nombreux verres. Quand venait la nuit, chacun rentrait chez soi pour souper et la taverne redevenait une auberge, où les voyageurs étrangers de passage pouvaient manger et coucher en échange de quelques livres.
Celle dont nous parlons se trouvait à Marellac, village situé à deux cent kilomètres à l'ouest de Rozavon, au pied des montagnes qui marquaient la frontière entre le Lagac'hann et la Santogne.
[center][img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/01/16/190116081800464575.png[/img]
Marcel, aubergiste et tavernier - Ignace, éleveur d'oies[/center]
Marcel : Bonsoir Ignace, qu'est ce que je te sers ?
Ignace : Quelle question ! Pinard, pardi.
Marcel posa un verre sur le comptoir et le remplit du précieux liquide couleur grenat. Ignace le vida d'une traite et le reposa sur le bar afin que le tavernier le remplisse à nouveau.
Marcel : Ça se passe bien, les affaires ?
Le paysan, ayant avalé sa seconde rasade, pointa son verre du doigt pour indiquer à son interlocuteur de le resservir.
Ignace : Ça peut aller. Maintenant qu'un peu de temps a passé depuis les fêtes, les gens sont de nouveau demandeurs de foie gras. J'ai un contact avec un commerçant qui va m'en acheter quelques kilos pour les revendre à Pouldon.
Marcel : De quoi faire péter la panse des évêques.
Ignace passa sa manche devant sa bouche pour essuyer les gouttes laissées à ses commissures par son troisième verre de vin.
Ignace : Prends garde, mon ami. Ce ne sont plus des choses que l'on peut dire par les temps qui courent... Tiens, tant que j'y pense, j'ai quelque chose à te montrer.
L'éleveur d'oies fouilla un instant dans sa poche pour en ressortir une feuille de papier froissée et légèrement tâchée.
Ignace : Mon fils a reçu ça aujourd'hui. Je reconnais le sceau royal dessus, et le nom de mon fils, mais le reste j'y comprends rien... Toi qui as travaillé dans l'armée, tu dois savoir.
L'aubergiste se saisit du document et prit quelques secondes pour le lire en fronçant les sourcils.
Marcel : J'y suis pas resté longtemps, tu sais. Et puis, ça commence à faire un moment. Voyons voir ça... Mmm... Soudard, c'est le soldat, ça je le sais... Amzer c'est le temps... Amzer-Soudard, ça doit faire un truc comme « temps du soldat ».
Ignace : Pff, ça veut rien dire leurs trucs... Ils peuvent pas nous écrire dans des mots qu'on comprenne, parbleu !
Marcel : Mais si. Le temps du soldat, c'est le service militaire. Ton gaillard est convoqué pour son service militaire !
Marcel rendit sa lettre au paysan en lui tapotant l'épaule.
Ignace : Boudiou ! Mais c'est que j'ai besoin de lui pour mes bêtes, moi...
Marcel : Fallait bien qu'il y passe un jour. Bon, je te sers un autre verre ? Ton fils qui va faire l'armée, ça se fête.
Ignace : Laisse moi dont la bouteille, pardieu.
Alors qu'il retournait à sa vaisselle, Marcel remarqua qu'une personne était assise à l'une des tables du fond de l'auberge. Sa carrure laissait deviner qu'il s'agissait d'une femme, mais sa capuche noire empêchait l'aubergiste de voir son visage. Il lâcha son torchon pour aller s'adresser à la nouvelle arrivante.
[center][img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/01/16/19011611351315046.png[/img][/center]
Marcel : Eh bien, c'est pas souvent qu'on voit des femmes sous ce toit ! Il y a juste la mère Pinjot qui vient chercher son jules de temps en temps quand il reste collé au comptoir. Elle nous fait de ces scènes !
Le tavernier laissa échapper un rire gras et bruyant qui dura un certain moment. L'inconnue ne répondit rien.
Marcel : Ahem... Bon, qu'est ce que je vous sers, ma p'tite dame ?
Inconnue : À souper.
L'accent de la demoiselle n'était pas argenton. Son parler ressemblait davantage à du gallique santognais. Après avoir rempli un bol de soupe, Marcel revint auprès de l'inconnue pour la servir.
Marcel : On croise assez peu d'étrangers par ici. D'où est-ce que vous venez ?
Inconnue : Loin.
La jeune femme n'avait pas daigné lever les yeux vers son interlocuteur. Elle se saisit de sa cuillère en bois et commença à avaler sa soupe.
De retour à son comptoir, l'aubergiste accueillit l'arrivée de deux autre clients. Il les connaissait bien, s'agissant de paysans du village qui se rendaient régulièrement à la taverne. Cependant, au lieu de leurs oripeaux habituels, ils portaient aujourd'hui des uniformes noirs parfaitement taillés. Fusil à l'épaule, ils arboraient fièrement l'écusson de la Milice d'Inquisition sur la poitrine. S'ajoutant à la Milice Communale, ce petit groupe paramilitaire venait d'être institué deux jours auparavant par le nouveau gouvernement théocratique de Marellac. L'accession des curés et évêques aux plus hautes fonctions des communes de l'Argentône méridionale était en effet de plus fréquente, en partie sous l'influence de la Santogne voisine, elle-même en proie à une montée en puissance de l'intégrisme catholique.
Marcel : Bonsoir les gars. Pinard ?
Milicien : Pas de refus.
Le tavernier remplit deux verres que les deux miliciens vidèrent d'une traite.
Marcel : Alors, les affaires sont bonnes ?
Milicien : Pas vraiment. On a eu des signalement à propos d'hérétiques qui seraient arrivés dans la région depuis la Santogne. Mais impossible de mettre la main dessus...
Marcel : C'est quoi ? Des protestants ?
Milicien : Bien pire que ça.
Marcel : Quoi ? Des Juifs ?
Milicien : Non plus. Je crois que si je te le disais, tu ne me croirais même pas... Tiens, à tout hasard, tu n'aurais rien vu de louche dans le coin ?
Marcel : Il me semble que non... Quoique, maintenant que vous le dites. Il y a bien cette femme bizarre. Là-bas, derrière.
Les deux miliciens se retournèrent pour inspecter la pièce du regard.
Marcel : À part les piliers de comptoir habituels, je ne vois rien.
Perplexe, Marcel quitta son bar pour aller se positionner face à la table qu'occupait précédemment l'étrange femme encapuchonnée. Constatant qu'elle avait disparue, il s'écria :
Marcel : Par Dieu, je vous jure qu'elle était là ![/justify]
Posté : ven. janv. 18, 2019 8:46 pm
par Gwenael
RECETTES DE L’ÉTAT EN 2037
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IMPÔTS
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Impôt Royal : 0,05 (taux d'imposition) x 3 261 (revenu moyen) x 6 267 834 (population masculine en âge de travailler) = 1 025 231 333 $
Impôt des Industries : 0,03 (taux d'imposition) x 83 728 997 436 (chiffres d'affaires cumulés des sociétés cotées en bourse) = 2 511 869 923 $
Dîme : 0,03 (taux d'imposition) x 3 261 (revenu moyen) x 6 267 834 (population masculine en âge de travailler) = 613 182 200 $
Impôt aux Incroyants : 0,1 (taux d'imposition) x 3 261 (revenu moyen) x 453 627 (nombre de non-catholiques en terre lagarane) = 147 927 765 $
Total impôts : 4 298 211 221 $
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TAXES
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Gabelle du sel : 1 312 431 $
Taxe sur l'opium : 2 457 384 $
Taxe sur la prostitution : 18 794 227 $
Taxe sur l'Islam : 1 248 $
Total taxes : 22 565 290 $
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EXPLOITATIONS ROYALES
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Sel : 72 409 (Tonnes de sel produites) x ( 100 (Prix de vente de la tonne) - 20 (Coût de production de la tonne) ) = 5 792 731 $
Pétrole marin : 70 271 073,83 (barils produits) x ( 103 (prix de vente) - 52 (coût de production) ) = 3 583 824 765 $
Fer : 4 411 098 (tonnes produites) x ( 221 (prix de vente) - 20 (coût de production) ) = 886 630 698 $
Cuivre : 68 133 (tonnes produites) x ( 7 000 (prix de vente) - 5 000 (coût de production) ) = 136 266 000 $
Agriculture : 453 326 $
Total exploitations : 4 607 174 789 $
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AUTRES RECETTES
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Actionnariat industriel : 1 241 587 615 $
Autres revenus du patrimoine : 127 651 847 $
Location de main d'oeuvre carcérale : 124 112 114 $
Amendes : 783 458 $
Total autres revenus : 1 494 135 034 $
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TOTAL
[hr][/hr]
Total des recettes : 10 422 086 334 $
Posté : mer. janv. 30, 2019 11:22 pm
par Gwenael
21 mars 2038
[justify][center][img]https://nsa39.casimages.com/img/2018/06/30/180630015718828460.png[/img][/center]
Elle l'avait fait. Cette garce l'avait fait. Seul dans sa chambre au Château d'Ysnevez, le [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1291&t=16798&p=341012#p341012]Roi consort Arzur eus Northmond[/url] était tout juste sorti de table à la fin du souper. Quelques instants auparavant, la Reine Gwennhaelle IV venait d'annoncer à la cour [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1291&t=16771&start=15#p347197]la nouvelle de sa grossesse[/url]. L'événement aurait dû le réjouir. C'était, du moins, l'image qu'il s'était efforcé de donner pendant que son épouse exposait les faits. Mais, à présent qu'il était enfermé dans ses quartiers, le Lorthonien exultait. Il s'efforçait de libérer sa rage en frappant le matelas de son lit de toutes ses forces quand, soudain, quelque chose l'interrompit.
Elle était là, la Voix. Il l'entendait. Elle était revenue...
Voix : Tu t'en doutais, tu le savais.
Arzur agrippa sa propre chevelure et tira avec force.
Arzur : Vas-t-en ! Vas-t-en de ma tête !
Voix : Tu ne peux le nier. Cela devait arriver.
Le Roi consort de Lagac'hann était en train de se frapper la tête contre le mur.
Arzur : Je veux être seul, laisse moi tranquille. Laisse moi tranquille !
Voix : Cette catin t'a trahi, Arzur, et tu t'y attendais. Trois mois que tu ne l'as pas touchée.
Arzur : C'est vrai... Depuis le temps que je la voyais s'éloigner pour fricoter avec... Ah ! je ne peux le supporter.
Voix : Le nom des Northmond a été souillé par les élans charnels de cette trainée. Ça ne peut rester impuni.
Arzur : Elle est la Reine ici. Je ne suis qu'un étranger. Je dois accomplir mon devoir de consort et me plier aux exigences de mon rang.
Voix : Tu représentes la dynastie des Rois de Lorthon. L'élite de l'élite. Ton nom doit être vengé.
Arzur : Je le sais, je le sais... Mais c'est impossible, je ne peux rien faire.
Voix : Si, Arzur. Tu sais très bien quoi faire.
Le Roi Arzur se roulait sur le sol de sa chambre. Il effectua quelques rotations en marmonnant, puis se releva d'un geste vif en s'écriant :
Arzur : Tu as raison ! L'élite sera vengée.
Il se pencha afin de saisir le pot de chambre qui reposait sous le lit.
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Cinq heures plus tard...
Au milieu de la nuit, alors que l'horloge murale affichait trois heures du matin, Gwennhaelle IV dormait profondément. Installée dans ses quartiers personnels, elle n'y était accompagnée que de sa femme de chambre, laquelle reposait dans un lit situé en retrait de celui de la Reine. Leur profond sommeil fut brutalement interrompu par un bruit sourd : quelque chose semblait avoir heurté la porte. Gwennhaelle se réveilla en sursaut et se leva aussitôt.
[center][url=https://nsa40.casimages.com/img/2019/01/31/190131121001871372.jpg][img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/01/31/19013112102512389.png[/img][/url][/center]
Gwennhaelle IV : Vous avez entendu ? Cela semblait venir du couloir.
La Reine enfila ses pantoufles et se dirigea vers la porte de la chambre.
Femme de chambre : Soyez prudente, Majesté. Peut-être serait-il plus sûr d'appeler la Garde...
Gwennhaelle IV : S'il y avait un danger, nous le saurions certainement déjà.
La souveraine lagarane ouvrit la porte. Le couloir était plongé dans la pénombre, et elle ne pouvait discerner ce qui s'y trouvait. Rejointe par sa femme de chambre, elle scruta l'obscurité quelques instants, puis sursauta lorsque retentirent des bruits de pas. Quelqu'un venait de s'enfuir en courant du couloir, mais il était impossible de percevoir de qui il s'agissait. Toutefois, en baissant légèrement le regard, Gwennhaelle IV aperçut un étrange objet qui gisait sur le sol.
Gwennhaelle IV : C'est sûrement cela qui a dû heurter la porte. Qu'est ce que ça peut bien être ?
Femme de chambre: Je l'ignore. On dirait un espèce de frisbee...
La Reine se pencha afin de saisir l'étrange objet. Toutefois, à peine l'avait-elle touché qu'elle retira aussitôt ses doigts.
Gwennhaelle IV : Ouille ! C'est glacé... Snif, snif... Mais qu'est ce que c'est que cette odeur ?
Gwennhaelle IV esquissa une grimace en reniflant ses doigts.
Femme de chambre: Je ne saurais le dire, mais c'est affreux. On dirait de l'urine...[/justify]
Posté : lun. févr. 04, 2019 11:06 pm
par Gwenael
12 avril 2038
[justify][center][url=https://nsa40.casimages.com/img/2019/01/31/190131121001871372.jpg][img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/01/31/19013112102512389.png[/img][/url][/center]
Gwennhaelle IV : Vous voulez dire que personne ne l'a vu depuis que je suis partie ?
Les domestiques secouèrent la tête.
Gwennhaelle IV : Vous vous moquez de moi ? Cela fait déjà trois jours que je suis partie pour le Berlim, et vous voudriez me faire croire que personne n'a vu mon mari depuis lors ?
Femme de chambre : Pardonnez-nous, Majesté. Nous pensions qu'il était avec vous...
Gwennhaelle IV : Il n'a tout de même pas dû s'envoler. Personne ne l'a vu quitter le Palais ?
Officier de la garde : S'il était sorti du château par la porte, nous le saurions, Votre Majesté.
Gwennhaelle IV : Bon, c'en est assez ! Allez voir dans ses quartiers s'il s'y trouve.
Femme de chambre : C'est impossible, Majesté...
Le Reine adressa un regard noir à la femme de chambre.
Gwennhaelle IV : Pardon ?
Femme de chambre : Je... je suis navrée... Cela fait de nombreux mois déjà que Son Altesse le Roi nous a interdit de pénétrer dans ses appartements personnels.
Gwennhaelle IV : Il faut bien que vous entriez pour faire le ménage, non ?
Femme de chambre : Pas même, non. Le Roi nous l'a formellement interdit...
Gwennhaelle IV : Si c'est une plaisanterie, ce n'est pas drôle ! Je vais y aller moi-même, dans ses appartements. Et il y a intérêt pour vous qu'il y soit !
Le Reine lagarane se mit en chemin en direction des appartements personnels du Roi consort, suivie par ses domestiques. Une fois parvenue devant l'entrée de ceux-ci, elle s'adressa à sa femme de chambre.
Gwennhaelle IV : Ouvrez la porte.
La domestique s'exécuta. Aussitôt que la porte fut ouverte, Gwennhaelle IV plaça spontanément ses mains devant sa bouche et recula d'un bond.
Gwennhaelle IV : Mais qu'est ce que c'est que ça !?
Le spectacle était singulier. Les appartements du Roi, meublés dans un style baroque autrefois somptueux, semblaient s'être transformés en un véritable dépotoir. Le sol était jonché de détritus divers, allant des restes alimentaires à leurs emballages. Les mégots de cigarette laissés ici et là faisaient régner dans la pièce une odeur de tabac froid, associée à l'arôme putride qui s'exhalait de la nourriture en décomposition. Certains meubles étaient renversés, et de nombreuses bouteilles en plastique remplies d'un mystérieux liquide jaunâtre encombraient les fenêtres. Il était impossible de poser les pieds où que ce soit sans risquer de glisser sur un détritus.
Le Roi Arzur, en revanche, n'était pas ici.
[center][url=https://diogene-france.fr/wp-content/uploads/2016/09/IMG_0415-768x1024.jpg][img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/02/05/190205120950818946.png[/img][/url][/center][/justify]
Posté : jeu. févr. 07, 2019 4:13 pm
par Gwenael
20 avril 2038
[justify][center][img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/02/07/190207012852494518.png[/img][/center]
Gwennhaelle IV : Pardonnez-moi, Mon Père, car j'ai péché.
De l'autre côté de la grille du confessionnal de la Chapelle Sant-Jakez, destinée à l'usage personnel des rois et reine de Lagac'hann au sein du château royal d'Ysnevez, le Père Madeg savait parfaitement à qui il avait affaire. Prêtre depuis plus de quarante ans déjà, il écoutait les confessions de Sa Majesté depuis que celle-ci était tout petite. La présence de la grille n'était que protocolaire, le secret de cette confession reposant uniquement sur le silence du prêtre.
[center][img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/02/07/190207043640934939.png[/img][/center]
Père Madeg : Je vous écoute, ma fille.
Gwennhaelle IV : Ce que j'ai à vous dire est difficile, mon Père.
Père Madeg : Ne vous adressez pas à moi, mon enfant. Adressez-vous à Dieu.
La Reine déglutit avant de commencer.
Gwennhaelle IV : Cela concerne les rumeurs qui ont circulé au sujet de mon enfant. Comme vous le savez, j'ai été contrainte de me soumettre à des tests afin de vérifier que mon époux en était bien le père.
Père Madeg : Je le sais, oui. Et les résultats ont montré que vous n'étiez point coupable de ce dont l'on vous accusait.
Gwennhaelle IV : En effet, oui...
Un long silence s'ensuivit.
Père Madeg : Eh bien, que venez-vous me confesser, dans ce cas ?
Gwennhaelle IV : Mon Père...
La Reine déglutit à nouveau avant de reprendre.
Gwennhaelle IV : Il se pourrait que les résultats que nous avons avancés aient été quelques peu... altérés...
Père Madeg : Signifiez-vous que Sa Majesté le Roi ne serait pas le véritable père de l'enfant ?
Gwennhaelle prit encore quelques secondes avant de répondre.
Gwennhaelle IV : C'est... c'est cela.
Père Madeg : Je vois. Toutefois, si les circonstances dans lesquelles fut conçu cet enfant sont certainement répréhensibles, il est compréhensible que ayez préféré en garder le secret, pour le bien de votre Royaume et de vos sujets. J'espère que le père véritable a lui aussi été mis au fait de la nouvelle.
Gwennhaelle IV : Non, il ne l'a pas été...
Le prêtre fronça les sourcils.
Père Madeg : Je ne saisis pas très bien... J'avais pourtant cru comprendre que le Roi de Forluno était informé de sa paternité.
Gwennhaelle IV : Il... il l'a cru, en effet.
Le ton sur lequel s'exprimait le prêtre, jusqu'alors très calme, commençait à monter de plus en plus dans les aigus.
Père Madeg : Vous voulez-dire que ce n'était pas non plus lui le père de cet enfant ?
Gwennhaelle IV : N... Non...
La voix de la Reine se faisait par ailleurs de plus en plus tremblotante. Il était évident qu'elle ne parvenait plus à contenir ses sanglots.
Père Madeg : Mais... Mais qui est-il alors ?
Gwennhaelle IV : Je... je...
Père Madeg : Majesté ?
Gwennhaelle IV : Je n'en sais rien...
La Reine était manifestement en pleurs. Sonné par ce qu'il venait d'entendre, le Père Madeg se tut pendant presque une longue minute, laissant à Gwennhaelle le temps de sécher rapidement les larmes qui s'écoulaient le long de ses joues.
Père Madeg : Majesté, je...
Gwennhaelle IV : Je sais.
Après avoir une dernière fois soupiré très amplement, le prêtre se racla bruyamment la gorge, comme pour signifier qu'il mettait à terme à cette parenthèse émotive pour habiter à nouveau sa fonction.
Père Madeg : Ma fille, vous avez pêché contre Dieu. Vous ferez pénitence par la récitation de vingt Pater et trente-cinq Ave par jour, pendant dix jours...
Il se signa.
Père Madeg : ... je vous absous de vos péchés.
La Reine quitta aussitôt le confessionnal, se précipitant afin de ne pas avoir à affronter le regard du Père Madeg. Elle se dépêcha de rejoindre le tabernacle sur lequel reposait le Saint-Sacrement, devant lequel elle fit génuflexion avant d'entamer sur-le-champs ses récitations.
[center]Pater noster, qui es in caelis
sanctificetur nomen tuum
adveniat regnum tuum
...[/center][/justify]