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Posté : sam. mars 24, 2018 5:49 pm
par Caton
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Il existe 4 grands journaux en Etera:
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Le Peuple
Journal dissident dont l'impression connait régulièrement des interruptions en raison de la volonté des conservateurs de le voir disparaitre. Périodique fortement lié au Parti du Peuple Eterain , organisation communiste marxiste-léniniste semi-clandestine dont l'objectif est la prise du pouvoir. Le Peuple n'est publié que tous les 3 ou 4 jours.

Les Temps Modernes
Quotidien apartisan dont une grande partie est rédigée par des intellectuels éterains, dont certains à l'étranger.

Etera Aeterna
Journal à tirage quotidien financé par les familles de patriciens les plus conservatrices et doté en conséquence de moyens considérables, sa ligne éditoriale est fortement pro-gouvernementale et pour le maintien des institutions en l'état.

Rénovation
Journal à faible tirage et surtout populaire dans les cercles d'affaires, Rénovation plaide pour une libéralisation massive de l'économie et l'entrée dans une social-démocratie débarassée des vieilles castes.

Posté : lun. avr. 02, 2018 5:50 pm
par Caton
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Le 7 octobre 2035

La préparation des Méditrinales bat son plein !


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[justify]Alors que la saison des vendanges touche à sa fin, les communautés rurales sont dans une effervescence peu commune : la faute à une récolte légèrement en retard cette année de par le climat, et qui oblige les viticulteurs de tout le pays à mettre les bouchées doubles pour être sûrs d’être prêts pour le 11 octobre, jour de commencement des Méditrinales.

Ancrées depuis des siècles dans les campagnes comme une tradition incontournable, les Méditrinales sont les fêtes qui suivent la fin des vendanges, fixées au 11 et 12 octobre chaque année. Dans tous les villages ruraux, et en particulier là où la culture de la vigne est prépondérante, les magistrats et prêtres ont déjà monté les chapiteaux et autres autels de libation où sera célébrée, avec offrandes, festoiements et ivresse, la bonne récolte du raisin. Le mélange du vin nouveau et du vin de l’an passé, comme chaque année, coulera à flots dans les localités, pour un prix plus que modique. Dans les campagnes, la bonne humeur des habitants est d’ores et déjà contagieuse, et malgré la précipitation pour finir les dernières vendanges à temps, les chants de joie se font déjà entendre, y compris de nuit, certains habitants prêtant main forte aux services de l’Etat le soir après le travail aux champs pour être certains que tout sera fin prêt le jour dit.

Cette année encore, les touristes sont attendus en masse à ces événements, notamment dans les villages les plus proches des grandes villes. Une belle occasion de montrer à tous ces visiteurs dont certains ont fait le déplacement expressément pour les fêtes, un pan important de la culture éteraine, et de leur faire déguster les spécialités locales. Cette année encore, les chambres d’hôtes, campings et auberges de jeunesse ont annoncé des taux record de chambres réservées.

Face à cette participation qui s’annonce massive, les autorités centrales ont pris leurs dispositions, le Decemvir chargé de la Sécurité Publique, Severus Dilavius Octo, a annoncé un plan de mobilisation de l’ensemble des effectifs préfectoraux pour éviter tout débordement, ainsi que la mise en place de vigies citoyennes dans l’espace public afin d’éviter l’arrivée d’un drame similaire à celui de l’année dernière. Le décès par noyade, il y a un an, de deux touristes olgariens fortement alcoolisés et tombés dans une rivière en voulant uriner dans le cours d’eau hante encore de nombreux responsables politiques. Dans sa dernière conférence de presse, le Consul Marcus Aemilius Silvanus a d’ailleurs appelé l’ensemble des citoyens à festoyer de manière éclairée, en restant vigilants et lucides face à leur consommation d’alcool.

Bien sûr, nul ne dit que ces recommandations seront suivies, l’ivresse étant depuis bien longtemps généralisée durant les Miditrinales, mais l’on peut espérer que cette année, aucun drame ne viendra assombrir le joyeux tableau des festivals ruraux. Joyeuses Miditrinales à tous ! In Vino felicitas !
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Posté : mar. avr. 03, 2018 6:07 pm
par Caton
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Le 9 octobre 2035

Un discours rassurant !


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[justify]Dans une allocution au sujet de la situation internationale, le consul Quintilius Antonius Felix est revenu sur la situation internationale agitée, et a tenu à rassurer l’ensemble des citoyens éterains.


Ce matin, alors qu’il menait un exercice de réponse directe à une conférence de presse improvisée au sortir de l’inauguration d’une école près de Novodunum, le consul Quintilius Antonius Felix n’a pu échapper aux questions pressantes des journalistes sur la dégradation de la situation internationale et le climat de tension ambiant qui persiste depuis maintenant plusieurs mois. Prenant sur lui d’apporter la réponse la plus claire possible, le consul a tenu des propos d’apaisement, souhaitant qu’aucun citoyen ne cède à une quelconque inquiétude, il a ainsi déclaré :

« Je tiens à rassurer les éterains, notre nation se tiendra éloignée de tout conflit ou tension internationale qui ne le concernerait pas directement. Notre priorité est d’assurer le bon développement de notre économie, et de satisfaire les besoins de la population de notre pays. »

La tirade aurait pu s’arrêter là, mais relancé par une autre question d’un journaliste de la télévision à propos d’un éventuel risque d’attentat dans le pays, Quintilius Antonius a ajouté :

« Je souhaite être le plus limpide possible, le terrorisme qui gangrène actuellement la Marquésie et menace d’embraser toute la région est une plaie que nous ne devons pas importer. En accord avec le decemvir chargé de la Sécurité Publique, nous avons d’ailleurs décider de renforcer momentanément les contrôles sur les lignes internationales aériennes et maritimes en provenance de plusieurs pays marquésiens récemment touchés par des attentats. Je tiens cependant encore une fois à rassurer la population : il n’y a aucune raison à l’heure actuelle de craindre un quelconque trouble sur le territoire national. »

Nous l’aurons compris, l’Etat veille, et les honnêtes citoyens peuvent dormir tranquilles, sans jamais douter que pour nos hommes politiques, la Pax Eterana n’est pas une notion vide de sens.

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Posté : jeu. avr. 05, 2018 5:05 pm
par Caton
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Le 15 octobre 2035

Biodiversité : le Phaeton en danger ?


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[justify]Selon une étude publiée récemment par le Département des Etudes Marines et Sciences de la Vie de la prestigieuse Université d’Etera, les phaetons, oiseaux symboles du pays, seraient menacés par l’urbanisation progressive du littoral.


Si la densification des espaces urbains côtiers à Etera a été pour beaucoup synonyme de progrès économique du pays, et a constitué pour les habitants l’illustration de la hausse du niveau de vie, les constructions qui ont fleuri un peu partout sur les zones littorales n’ont pas eu que des effets positifs. L’année dernière déjà, un rapport sénatorial pointait du doigt les conséquences négatives de l’artificialisation des sols sur la côte Eteraine, et plaidait pour une reprise en mains énergique de la planification urbaine par l’Etat afin d’éviter des détériorations durables de l’environnement. Si cette nouvelle étude s’inscrit dans la droite ligne de ce rapport d’un an déjà, elle diffère par son objet d’étude hautement symbolique.

En effet, le Phaeton, espèce d’oiseau à la queue très allongée et endémique de la région côtière éteraine, n’est pas seulement un animal unique, c’est aussi et surtout l’emblème du pays, présent dans les mythes fondateurs de la nation, au point qu’une version mythifiée du volatile est présente sur le drapeau du pays. Ainsi, de par la portée culturelle des considérations autour de l’espèce, il est raisonnable de penser que cette étude fera plus grand bruit que le rapport sénatorial précédemment mentionné, et ce malgré l’aspect plus global et prescriptif de ce dernier.

Le contenu de l’étude en elle-même est relativement alarmant : si le nombre de phaetons reste important dans l’absolu comparé à d’autres espèces, il est en baisse constante depuis plusieurs années, de quoi inquiéter certains acteurs du tourisme, pour lesquels l’oiseau est autant un symbole national qu’un argument commercial. Les ornithologues de l’Université d’Etera pointent du doigt une urbanisation qui entraine réduction de la superficie des zones de nidation et pollution lumineuse gênant les volatiles dans leur recherche alimentaire et leurs habitudes de reproduction. Selon les chercheurs, il n’est pas exagéré de penser que nous allons vers une mise en voie de disparition de l’espèce si de l’ordre n’est pas mis dans le processus de construction de nouveaux édifices, zones résidentielles et travaux publics.

Selon nos sources, le gouverneur de la province du Lunium aurait mis à l’étude des mesures simples pour protéger l’espèce, comme la réduction des éclairages publics dans les zones de nidation pendant les périodes de reproduction. A l’heure actuelle, personne ne semble capable de dire si de telles mesures seront suffisantes à long terme, mais les pouvoirs publics semblent au moins avoir enclenché un début de réflexion salvateur, ce qui n’est, disons-le clairement, pas du luxe.


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Posté : ven. avr. 06, 2018 3:20 am
par Caton
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Le 16 octobre 2035

Ceres : L’entreprise réinvestira les dividendes


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[justify]A deux mois de la clôture de l’année fiscale, le conseil d’administration, où l’Etat dispose du pouvoir de décision, a voté pour la deuxième année consécutive le réinvestissement de la totalité des dividendes.


Le dernier conseil d’administration de Ceres, qui a eu lieu hier, s’est déroulé dans une ambiance plutôt tendue. En effet, la décision prise par l’Etat, majoritaire au capital de l’entreprise, de réduire à zéro les dividendes pour l’année fiscale en cours a suscité l’indignation des actionnaires privés. Dans la foulée, à l’ouverture de la bourse ce matin, l’action a légèrement dévissé, avant de remonter progressivement suite à l’annonce par Quintus Varus Optio, le decemvir en charge de l’économie, des finances et du budget de la garantie de versement de dividendes pour l’année prochaine.

La décision de ne pas verser de dividendes malgré les bénéfices en hausse de la société pour cette année a été motivée, comme l’année dernière, par la volonté de renforcer les capacités d’investissement de Ceres, de pouvoir financer sans apport public supplémentaire l’agrandissement des laboratoires et centres de recherches de la firme, ainsi que la diversification des types de semences étudiées. Juste avant son annonce de garantir les dividendes pour l’année prochaine, Quintus Varus a justifié la décision dont il très logiquement à l’origine par la volonté de conserver la croissance de ce qui s’apparente au fleuron de l’économie éteraine. Sur ce point-là, difficile de lui donner tort : Ceres était l’année dernière et celles d’avant l’entreprise éteraine possédant le chiffre d’affaires le plus imposant, une évidence lorsque l’on sait à quel point l’agriculture constitue la colonne vertébrale de l’économie du pays, dominant de peu le tourisme, un secteur également important mais divisé en une multiplicité d’acteurs de taille relative.

Quoiqu’il en soit, si cette nouvelle a fait grand bruit dans les milieux initiés, les agriculteurs eux-mêmes oscillent entre indifférence et accueil positif de la nouvelle : l’augmentation de l’investissement chez Ceres ne peut qu’améliorer la qualité et la diversité des semences, et faciliter le travail, tandis que la couleur des dividendes est inconnue dans les milieux paysans, la terre appartenant de toute façon pour sa majorité aux familles patriciennes.

L’année dernière, la décision similaire de réinvestir les dividendes avait permis à Ceres de financer son ouverture à l’international, une décision importante mais dont on peine encore à voir l’intérêt, le carnet de commandes étant pour l’instant toujours clairsemé. Gageons que l’engagement pris par le gouvernement d’ouvrir le pays dans sa diplomatie permettra de faire de cette décision stratégique un succès.


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Posté : sam. avr. 07, 2018 9:27 am
par Caton
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Le 20 octobre 2035

Aznatirk : un marché agricole à prospecter ?


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[justify]Alors même que le carnet de commandes de l’entreprise Ceres continue d’être rempli dans sa quasi-totalité par les demandes des agriculteurs nationaux, la situation de l’agriculture dans d’autres pays, dégradée, constitue une opportunité.


En Aznatirk, de récents articles journalistiques ont mis en lumière la situation catastrophique de l’agriculture nationale. Cette faiblesse du secteur s’explique autant par une faiblesse de la superficie arable que par un manque d’investissement criant de la part des pouvoirs publics pour la modernisation agricole. Si cette situation est problématique pour le pays qui se voit contraint d’importer massivement des denrées alimentaires, il pourrait s’agir d’une opportunité diplomatique et économique pour Etera.

En effet, l’ouverture à l’internationale de l’entreprise nationale Ceres, fleuron de notre industrie agricole, se caractérise à l’heure actuelle par une absence de signature d’un contrat majeur, alors même que l’expertise de l’entreprise en ce qui concerne les semences, notamment génétiquement modifiées, et les techniques d’irrigation n’est plus à faire. Dans la mesure où l’un des problèmes en Aznatirk est le vaste territoire recouvert de désert, Ceres a largement de quoi faire valoir ses atouts. Qu’il s’agisse de profiter de nos derniers progrès en épigénétique pour produire des semences génétiquement modifiées adaptées au climat et au sol d’Aznatirk, ou de prévoir des plans d’irrigation des zones périphériques des déserts, nos scientifiques ont largement de quoi transformer le pays en un florissant jardin.

Interrogé sur la question, un membre du gouvernement nous confiait dernièrement en off que la normalisation des relations serait à l’étude et ce malgré les tensions croissantes dans la région. L’appât du gain semble donc être plus fort que la volonté de préserver Etera de tout lien avec des nations impliquées dans des conflits larvés. Une affaire à suivre donc, car après tout, et même si notre gouvernement semble prêt à normaliser les relations, rien ne dit que de l’autre côté de Mare Nostrum, notre bonne volonté soit attendue, et ce d'autant plus que la Turquanie, pays plus proche historiquement de l'Aznatirk, dispose lui aussi d'un secteur agricole fortement développé…

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Posté : dim. avr. 08, 2018 2:13 pm
par Caton
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Le 24 octobre 2035

Novodunum : une opération de l’Inquisition fait 4 morts


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[justify]Conclusion d’une enquête de plusieurs mois ayant permis de remonter un réseau de contrebande et de trafic de drogues, une opération de l’Inquisition a fait plusieurs morts après une fusillade dans une crique isolée.


Les habitants du petit village de pêcheurs de Tirana ne s’attendaient pas, la nuit dernière, à être réveillés par des bruits répétés de coups de feu qui se sont enchainés pendant près de 20 minutes, et qui ont troublé le sommeil des enfants comme des adultes.

La fusillade, d’une violence rare, a eu lieu dans une crique isolée située à quelques minutes à pieds des premières maisons de la localité, elle a opposé, d’après les dernières informations à notre disposition, les équipes d’intervention de l’Inquisition aux membres d’un réseau mafieux se servant de la crique pour faire passer illégalement sur le territoire des produits de contrebande et de la drogue depuis l’étranger, en déchargeant via de petites embarcations les marchandises illicites dans la crique, marchandises immédiatement récupérées et emmenées vers l’intérieur des terres par les opérateurs de ce réseau criminel.

Infiltrée depuis plusieurs mois au sein du réseau, l’Inquisition a finalement décidé d’organiser lors de cette livraison un coup de filet permettant de faire tomber l’ensemble du réseau. Placés en embuscade, les équipes d’interventions ont agi pendant le transfert de la marchandise, en arrivant à la fois par la mer et par les terres. Encerclés, les mafiosi ont tenté de se dégager en faisant usage d’armes à feu, entrainant une violente riposte des forces de l’Inquisition, qui ont criblé la plage d’impacts bien visibles au petit matin lorsque les premiers journalistes sont arrivés sur les lieux.

Dans un communiqué révélé quelques heures après l’opération, l’Inquisition a annoncé que les échanges de tir avaient abouti à un bilan de 4 morts et 6 blessés côté trafiquants, et 2 blessés dont 1 grave du côté de la loi. L’opération a par ailleurs permis de saisir plusieurs centaines de kilogrammes de drogues diverses et l’arrestation des têtes de réseau. Un succès qui tombe plutôt bien pour l’institution alors que certains sénateurs, dans une tribune datée du 8 octobre, dénonçaient une nouvelle fois l’opacité des techniques d’investigation des services inquisitoriaux, et l’absence de regard parlementaire sur les décisions judiciaires des tribunaux spéciaux sous responsabilité directe de l’Inquisition.

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Posté : ven. avr. 13, 2018 6:10 pm
par Caton
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Le 9 novembre 2035

La mafia, gangrène inexpugnable des cités éteraines ?


[img]http://www.lesechosdalger.com/wp-content/uploads/2017/05/traficants-de-drogue6LESECHOSDALGER-660x330.jpg[/img][/center]

[justify]Le mois dernier, une opération de l’Inquisition destinée à démanteler un réseau de trafiquants s’est soldée par la mort de plusieurs membres du réseau en question, tués par balles lors d’un débarquement de marchandises illicites, l’occasion pour nous de revenir sur la situation de la criminalité dans la République.


S’il est de nature connue qu’Etera est un pays relativement sûr en ce qui concerne la petite criminalité, la fraude en col blanc et le maintien de l’ordre public, la situation est en revanche bien moins reluisante en ce qui concerne le crime organisé. Le pays fait actuellement face à une situation complexe née de l’urbanisation à marche forcée d’il y a 30 ans.

Afin de comprendre le phénomène de la criminalité organisée en Etera, il faut revenir à ses sources. Etera a connu, il y a de cela une trentaine d’années, un exode rural à l’image de nombreux autres territoires en plein développement. Si l’organisation et la structure de l’économie rurale ont au final rendu le phénomène bien moins fort qu’en d’autres lieux, il a néanmoins généré un afflux de population des campagnes vers les villes, de l’intérieur des terres vers le littoral. Cet afflux interne, combiné à une période de forte immigration due au boom économique, a créé un besoin énorme d’urbanisation des zones côtières. Il fallait, à cet époque, des logements, des résidences, ceci afin d’éviter la prolifération de bidonvilles, et vite.

Conséquemment à ce besoin, les autorités, provinciales comme centrales, ont réagi en organisant la construction, via de l’investissement public et privé, de nouveaux quartiers à la périphérie des villes, plantant par là-même la graine des problèmes actuels. Ces quartiers, conçus dans une époque où une perspective moderniste et brutaliste dominait encore l’architecture, sont les héritiers d’une vision de l’espace urbain totalement zoné, sectorisé entre zones résidentielles, de loisir ou de travail. Se sont entassées, dans ces espaces enclavés, des familles au faible capital économique, et le plus souvent, au capital social également peu développé, dans une absence totale de mixité la plus élémentaire.

Cette absence de mixité sociale comme économique, a été aggravée par l’organisation politique de la République, qui distingue les citoyens des alienii, les votants de ceux ne pouvant voter. Espaces hébergeant proportionnellement la plus faible part de citoyens actifs dans la population, les quartiers périphériques ont été d’autant plus délaissés par les pouvoirs publics locaux. Manquant de capacités économiques, sociales, mais aussi politiques, les populations de ces quartiers ont souffert, surtout après la fin du boom économique, du chômage et de l’exclusion de l’espace public.

Cette marginalisation, associée à la pauvreté économique, a inévitablement abouti à l’émergence d’un crime organisé qui s’est peu à peu structuré et radicalisé. Naissant autour de petite contrebande, les mafias de la côte se sont ensuite tournées vers le trafic de drogues et même, ces dernières années, vers la traite humaine et le trafic d’organes pour certaines.
L’absence de réaction des autorités centrales s’est caractérisée, dans la République, par la relégation de la problématique comme une préoccupation laissée à l’Inquisition. Les politiques se sont dédouanés, depuis l’émergence du crime organisé, de toute responsabilité en se défaussant sur l’Inquisition sans pour autant en augmenter le budget. L’institution, auparavant principalement consacrée à la lutte contre la fraude, a mené depuis, du mieux qu’elle a pu, une politique d’endiguement du crime organisé, sans jamais parvenir à réellement le menacer faute de moyens et d’une tradition de la gestion de ce type de problèmes.

La situation, aujourd’hui, est problématique : les quartiers périphériques sont devenus les sanctuaires de ces mafias, qui ont progressivement remplacé l’Etat sur ces territoires, gagnant la population en offrant du travail, une perspective économique, chose que les autorités n’ont pas su offrir aux habitants de ces quartiers pour les détourner de la loyauté envers les parrains mafieux. Si la justice inquisitoriale donne les moyens juridiques de condamner les membres de ces clans mafieux, les difficultés se situent autour du recueil de l’information, de la non-accessibilité de ces quartiers pour les forces de l’ordre et de l’enracinement structurel du phénomène.

L’arrestation d’un chef de clan est le fruit de travail de plusieurs mois, parfois plusieurs années de la part des enquêteurs. Dans le meilleur des cas, le chef en question sera remplacé par un autre sous deux mois suite à sa neutralisation. Comment, dans ces conditions, régler le problème du crime organisé ? Les experts universitaires en la matière s’accordent tous : la réponse ne peut pas être entièrement répressive. Il faut, en plus de restaurer l’ordre et la sécurité dans ces quartiers, proposer une réponse politique. Sans horizon offert aux populations de ces quartiers, elles constitueront immanquablement une armée industrielle de réserve des réseaux mafieux, aujourd’hui entreprises du crime.

L’heure d’agir pourrait cependant être enfin venue. Dans les cabinets des responsables politiques, il se murmure que les deux consuls ont eu, le mois dernier et en compagnie de l’inquisitrice Lucrecia Dariana, de nombreuses réunions pour la mise en place d’un plan d’éradication du crime organisé. Une formulation un poil ambitieuse. Pour l’instant, aucune communication officielle de la part du gouvernement, mais une source travaillant dans les services du decemvir chargé de la sécurité publique nous informait, il y a deux semaines, que « quelque chose de gros, très gros » était en préparation.

Nul ne sait à l’heure actuelle la forme que prendra un tel plan, mais beaucoup doutent, en l’absence de résultat notable et durable ces dernières années en matière de lutte contre le crime organisé, de la capacité réelle de l’Etat Eterain à détruire les mafias de la côte.

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Posté : dim. avr. 15, 2018 7:43 am
par Caton
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Le 16 novembre 2035

Exode bancaire à Siracuzzia : Raz de marée financier


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[justify]Suite à l’absence d’accord entre grandes familles, la république sérénissime s’est retrouvée, dans la nuit, en cessation de paiement. Immédiatement, les banques ont annoncé leur déménagement vers d’autres pays dont la République Eteraine.


Réveillé dans la nuit par ses services, le decemvir en charge de l’économie affichait, ce matin, des cernes assez visibles. Dans une conférence de presse donnée en fin de matinée, Quintus Varus Optio annonçait avoir travaillé d’arrache-pied dès la nouvelle connue, ce afin de préparer au mieux cet exode bancaire et éviter toute déstabilisation des acteurs financiers nationaux.

Au cours de la conférence, Quintus Varus Optio a détaillé différentes mesures prises en urgence par l’Etat pour accueillir les banques Siracuzziennes. S’il a assuré que les banques en question étaient bien évidemment les bienvenues, il a néanmoins déclaré qu’afin de garantir la stabilité monétaire et éviter toute fluctuation du cours du Denarius, les volumes détenus par les banques ne seraient pas rendus immédiatement mobilisables par les établissements bancaires nouvellement arrivés. Ces volumes, s’ils seront garantis par l’Etat éterain, ne seront rendus mobilisables que progressivement d’ici à la fin de l’année, le temps pour le gouvernement de prendre les précautions nécessaires face à ce tsunami de devises. En échange de ces garanties, Quintus Varus a annoncé avoir négocié des taux extrêmement préférentiels pour l’emprunt public dans les années à venir, ainsi qu’une réduction des intérêts dus par l’Etat aux créanciers siracuzziens qui possèdent une partie de sa dette. Dans la foulée, les agences de notation internationales ont annoncé étudier une augmentation de la note éteraine.

Si la part de la dette nationale possédée par des créanciers siracuzziens est beaucoup plus faible que pour d’autres pays, à l’image de la Ligue du Montalvo, il s’agit néanmoins d’une part substantielle, la baisse des intérêts sur les emprunts concernés ne peut être qu’une bonne nouvelle.

Dans l’ensemble, la plupart des experts nationaux s’accordent pour dire qu’à moyen et long termes, cette installation d’une partie des banques Siracuzziennes sur le territoire éterain sera profitable à l’économie, en permettant un meilleur investissement public de par les avantages négociés, et en augmentant les mouvements financiers transitant par le territoire national. Pour résumer la situation, Fulvius Anatari, économiste à l’Université de Novodunum, déclarait lors d’une interview : « le gouvernement vient de dérouler le tapis rouge aux banques de Siracuzzia, non sans leur avoir fait payer le tapis en question. »


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Posté : mer. avr. 18, 2018 4:45 pm
par Caton
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Le 24 novembre 2035

Le tourisme gay en forte progression !


[img]http://blog.infotourisme.net/wp-content/uploads/2013/06/rio.jpg[/img][/center]

[justify]Alors que les législations autour de l’homosexualité sont de par le monde prises dans des mouvements d’ouvertures puis de replis successifs, Etera, dont les lois sont depuis longtemps favorables à la communauté, connait une forte progression du tourisme gay.


En mars dernier, le magazine « Gay Friday » classait Etera comme l’un des pays les plus gay-friendly au monde, conséquence d’une très bonne acceptation du phénomène par la population, et du développement d’une véritable filière du tourisme gay sur le territoire. Alors même que la fin de l’année approche, et que les chiffres nationaux des performances touristiques tombent un à un, il est d’ores et déjà annoncé par l’ensemble des hôteliers et gérants d’établissements spécialisés que le tourisme gay a, cette année encore, connu une forte progression.

Ce tourisme, principalement balnéaire et communautaire, se concentre logiquement sur la côte, avec une quasi-totalité des établissements ciblant exclusivement la communauté gay (discothèques, chambres d’hôtes, campings gays...) situés sur le littoral. Interrogés par « Gay Friday » sur les raisons de leur choix d’Etera comme destination de vacances, de nombreux touristes étrangers homosexuels ont pointé du doigt l’absence de regards négatifs de la population, la réputation des établissements spécialisés et le faible prix des billets d’avion comparés à d’autres destinations gay-friendly moins accessibles.

Dans le même dossier, Titus, un agent de voyages éterain, expliquait avoir complètement réorienté son business model ces deux dernières années, proposant maintenant des voyages organisés 100% gay-friendly, pour des séjours favorisant les rencontres en même temps que la découverte des lieux culturels éterains. Des voyages communautaires dont les jeunes seraient les premiers consommateurs, tandis que les touristes plus âgés persisteraient dans des formes de vacances plus classiques. En début d’année, Titus innovait même en lançant les premiers « Gay Spring Breaks » sur une plage du Sud du pays. Une action qu’il se dit prêt à renouveler, le succès ne s’étant pas fait languir.

Si le tourisme gay se massifie dans le pays, pour le plus grand bonheur des professionnels et de la communauté gay éteraine, ce développement ne va cependant pas sans causer quelques frictions. En juillet dernier, les « Enfants douloureux et Immaculés de Marie », une secte recrutant parmi les minorités chrétiennes du pays, avaient lors d’une action coup de poing repeint en rouge la devanture d’un restaurant connu pour sa clientèle touristique homosexuelle. Effectuée en plein service de mi-journée, l’action avait menacé de dégénérer à l’affrontement lorsque des clients avaient eux-mêmes été aspergés de peinture rouge. Les vigiles, arrivés sur les lieux rapidement, avaient procédé à plusieurs arrestations, suivies de procès qui sont toujours en cours à l’heure actuelle.

Car si le tourisme gay se massifie, cela s’accompagne également d’une plus grande visibilité de la communauté gay dans l’espace public, avec des plages et des quartiers aujourd’hui notoirement connus pour leur fréquentation quasi-exclusivement gay. Sur un site internet consacré aux conseils de voyages, le post excédé d’un habitant du village de Jarustia avait créé la polémique il y a de cela un mois. Ce dernier expliquait que la plage jouxtant son village, autrefois fréquentée par de nombreuses familles, était aujourd’hui « colonisée » par des individus homosexuels depuis l’ouverture d’un hôtel gay-friendly dans les environs, et que les familles n’osaient plus y venir de par les comportements ouvertement exhibitionnistes de certains touristes, qui n’hésitaient pas à avoir des relations sexuelles directement sur la plage, en plein jour. Il précisait que lui-même ne se rendait plus sur la plage, car recevant trop de propositions à chaque escapade sur le sable.
Le post avait causé la polémique, provoquant in fine la mise en place de patrouilles des forces de l’ordre sur la plage, qui ont à ce jour fait état de quelques verbalisations pour des atteintes à la pudeur dans l’espace public.

Quoiqu’il en soit, et étant établis les premiers chiffres du tourisme donnés par les autorités, ces quelques incidents ne semblent pas avoir enrayé la progression du tourisme gay, qu’il faut réinscrire, comme l’a précisé le decemvir en charge de l’économie, dans une montée en force générale du secteur touristique, qui connait une évolution positive dans son ensemble. Une bonne nouvelle pour l’économie donc, car si les pratiques de certains touristes semblent parfois causer des réactions de la part de certains groupes ou individus, leur argent quant à lui n’a pas d’odeur…


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