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Posté : dim. sept. 24, 2017 1:21 pm
par Basileus1081
[center]Presse du Royaume du Vahagnastan


[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2017/38/7/1506257347-papier-journal-vierge-1-feuille-a3-70g.jpg[/img]

« La critique, forcément critique, de la critique, ne peut être critiquée ! »

Rappel de la situation : Les médias au Vahagnastan se trouvent être pour l'essentiel rattachés à l'Etat. D'autres sous sa surveillance coexistent avec les médias d'Etat et peuvent fournir un point de vue moins officiel, plus proche des points de vue étrangers. Parfois censurés, souvent critiqués par leurs confrères à la solde de l'Etat, les journalistes qui participent à ces médias avouent volontiers en coulisse qu'ils font de la quasi figuration et ne touchent que peu d'audience et de lecteurs. La liberté de la presse, reconnue en théorie, demeure théorique.[/center]

Posté : dim. sept. 24, 2017 1:27 pm
par Basileus1081
Février 2034 – La passion nationale

[center][img]https://image.noelshack.com/fichiers/2017/38/2/1505804082-charge-heroique.jpg[/img]

« Chargez ! »[/center]


[center]Revue Histoire : « La charge héroïque »


En l’an 663 Après J-C la guerre faire rage, les hordes barbares fanatisées marchent vers Ani. Les hameaux sont brulés, les terres ravagées, les cités assiégées, l’armée royale débordée. Epuisé par onze ans de guerre avec l’Empire des Perses, le monde chrétien d’orient s’effondre comme un château de cartes face aux invasions arabes. La guerre au 7ème siècle transforme le pays, façonne une nation et imprime sa marque dans le sol d’Ani. En effet, lors de travaux de terrassement destinés à réorienter un modeste cours d’eau s’écoulant sur un terrain dédié à la construction, les ouvriers réalisent une découverte étrange. Creusant dans le sol, les ouvriers découvrent une tombe de granit. Sur cette tombe un symbole bien étrange resurgit, frappé du symbole du Chi-Rho et d’écrits en ancien arménien ayant pour l’essentiel disparu, la tombe est la première découverte depuis des dizaines d’années à proximité d’Ani. Une équipe de fouille est envoyée par l’académie d’Antiok afin de déterminer en quelques jours seulement la valeur de cette découverte. La fouille englobe rapidement un site de près de six-cent mètres de longueur et trois-cent de profondeur, les découvertes faites sont éblouissantes. Pas moins de 120 corps sont découverts au cours de la recherche. Etendue par la reine en personne, la recherche permet de découvrir progressivement 632 cadavres, des centaines d’armes, d’armures, des restes de chevaux, des bijoux, des reliques, des pièces de monnaie, des outils, des biens de la vie courante et de rite funéraire. La tombe, envoyée au laboratoire, est ouverte avec précaution. La tombe regorge de bijoux, une armure complète, fort bien conservée et faite de fer, d’or et d’argent, une croix d’or aux pierres incrustées et … ce que les chercheurs estiment être la couronne du monarque Manuel 1er, tombé dans la défense d’Ani en 663. Et pour cause, une pierre d’ambre gravée en arménien ancien en fait mention et relate la bataille et la mort du souverain et de ses guerriers. Ce qui semble être la base d’une croix géante ainsi que de fragments provenante de cette dernière a été découvert au milieu de ce cimetière.

Alors que le site n’est pas encore clos qu’affluent les gens des environs. L’Eglise Apostolique fait de Manuel 1er un guerrier saint et lieu de pèlerinage. La reine en personne visite les archéologues et déclare devant la foule, innombrable, qu’une basilique et un musé seront élevés sur ce site, les fresques narreront la lutte héroïque menée par les cavaliers d’Ani pour repousser les hordes barbares assiégeant la cité. Le complexe, monumental, devrait prendre six ans à être réalisé dans son intégralité. Un vaste jardin est également à l’ordre du jour ainsi qu’une enceinte de pierre blanche et des bains et un restaurant discret, tout autre marchandage étant exclu de l’enceinte de la « Cité de Manuel ». En outre, l’armée s’est emparée de la découverte et c’est par bataillons entiers que la troupe vient se faire bénir par les religieux, obtiennent à vil prix des icones et étendards à l’image de Manuel et gardent le site comme s’il s’agissait d’un bastion. A n’en point douter le site déchaine les passions y compris parmi les moins croyants de la population et une indifférence relative parmi les minorités nationales. L’opposition à ce « culte » de Manuel se fait jour au fil des semaines, principalement chez les urbains lettrés, hostiles à ce vent de nationalisme qui souffle sur la population, l’Eglise et l’Etat.[/center]

Posté : dim. sept. 24, 2017 1:29 pm
par Basileus1081
Mars 2034 – La passion nationale II

[center][img]https://image.noelshack.com/fichiers/2017/38/7/1506253008-reconstruction-of-the-palace-of-knossos-from-httpearth-chronicles-runews2013-09-23-51570.jpg[/img]

« Samosate II »[/center]


[center]Revue Histoire : « Au commencement était le Palais »

Aux environs de – 500 disparaissaient les dernières traces vivantes d’une grande civilisation, celle de Samosate. Du moins c’est ce qu’indique la destruction des Palais, laissés à l’abandon et recouverts en tout ou partie de cendres volcaniques. La quintessence de la civilisation proto-arménienne s’est élevée pendant deux millénaires avant de s’effondrer brutalement. La découverte de ce qui semblait être le Palais principal de cette civilisation (et donc sa ville) a apporté un nombre incalculable de ressources matérielles (jarres, sceaux, armes et armures, bijoux etc…) et même artistiques (gravures, peintures, sculptures, moulages etc…). Tout penche vers un abandon rapide des lieux et une disparition extrêmement rapide des habitants. Alors que les historiens et archéologues situent sa place dans l’actuel site de « Samosate » et bien que tout porte à croire que ce Palais géant soit le Palais central du système de cette civilisation. La découverte faite il y a peu semble faire trembler l’édifice académique, remettant en cause jusqu’aux fondements de l’histoire de Samosate et de surcroit donnant lieu à une interprétation et à un détournement historique majeur de la découverte.

Le site de « Samosate II » se situe en bas des montagnes menant à Kars. Il était caché par un espace sauvage comme l’essentiel des territoires autour de la cité d’or. D’emblée, le site de cette « Samosate II » prouve en sa bordure extérieur deux choses, la première c’est que la ville est plus vaste que n’importe quel site découvert fait au sujet de l’âge de bronze, en second que le site en question a été fortifié non pas une fois mais trois fois. En l’occurrence, les fortifications font état d’un premier rempart de pierre à un kilomètre du Palais, modeste il est en ruine, son mur brisé et ses blocs polis par les intempéries. Le second ouvrage défensif, le plus éloquent, se trouve à moins d’un stade de foot du Palais qui lui-même a été doté de tours défensives et d’une enceinte. A ce titre, chaque mur, presque toutes les tours se trouvent au centre d’un véritable charnier. Si les autres sites ont été abandonnés, celui-ci a été occupé plus longtemps et plus densément que n’importe quel autre. La civilisation aurait donc disparu dans une migration vers un autre territoire, mais pourtant des survivants se sont concentrés ici. La cité a vécu l’enfer selon les chercheurs. Elle a subit plusieurs sièges, une décimation de sa population (les fosses communes et tombes en témoignent) et non pas par la faim ou la soif, mais d’abord par le bronze lui-même. Les scientifiques qui ont découvert le site sont unanimes : l’invasion a déferlé, elle a emporté les défenses et finalement a vaincu la civilisation de Samosate.

Les galeries creusées dans la roche permettent des sorties (contre les assiégeants ou pour s’échapper vers Kars), des ossements ont été découverts dans ces souterrains, des bijoux et de nombreuses richesses figurent dans les biens récupérés et entreposés à l’académie et au laboratoire d’Ani. Les informations sur cette civilisation croissent, d’abord le Palais est bien le centre de tout, mais les temples y sont également, les morts devaient normalement se trouver à l’extérieur de la ville mais les habitants semblent avoir eu l’impossibilité d’enterrer individuellement les corps hors de l’enceinte, suggérant encore une fois l’impossibilité d’en sortir (de la cité). De nombreux fragments exposent des brides du système de Samosate. Les administrateurs du Palais disposaient de sceaux, symboles et moyens d’acter leurs décisions, chose confirmée par la découverte d’hommes dotés de ces fameux sceaux, de textes gravés listant les stocks de certains produits (miel, blé et ce qui semblerait être du lin) et de leur variation périodique. Les prix semblent avoir été pour partie fixés, pour partie négociés. En témoigne leur fluctuation sur quatre périodes différentes et les stocks contenant des résidus qui une fois analysés confirment la présence d’importantes réserves. Prospère puis ravagé par les cataclysmes dont le grand final n’est autre que l’invasion du royaume, le Palais de Samosate illustre la déchéance d’une civilisation et la ruine quasi-complète de son œuvre. De magnifiques armures reconstituées ou restaurées figurent désormais dans un musé d’Ani, les fragments y sont entreposés et exposés, la vie de Samosate et dans toute sa complexité est accessible aux visiteurs. L’âge de bronze du Vahagnastan est redécouvert par ses successeurs, les Vahagnastanais eux même. Mais au-delà des découvertes, l’interprétation pose problème. L’idée d’une première civilisation arménienne a des partisans conséquemment médiatisés, ceux là même qui parlent de troisième civilisation arménienne, nouveau stade de la grandeur vahagnastanaise. En opposition, des partisans de la division stricte et du rattachement de Vahagn et de son peuple aux migrateurs ayant détruit la civilisation de Samosate se voient plus faiblement portés par les médias, mais les débats dépassent le cadre de la télévision, des réunions, conférences géantes et échanges publics passionnent les foules. Au gré des intervenants, d’abord professeurs émérites et chercheurs puis politiciens passionnés ou opportunistes le Vahagnastan se bat pour trancher la question : Sommes-nous barbares, nous aussi ? Ou bien sommes-nous les derniers Samosatiens, la civilisation millénaire brille t-elle toujours ?[/center]

Posté : dim. sept. 24, 2017 4:54 pm
par Basileus1081
Mars 2034 – La passion nationale III

[center][img]https://image.noelshack.com/fichiers/2017/38/7/1506269436-salma-hayek-2015-feat.jpg[/img]

« Nous sommes Ani, nous sommes la descendante de Vahagn ! »[/center]


[center]Revue Politique : « La crise de Samosate II »

« A craindre l’obscurité, celle-ci nous envoute et nous cache le soleil. » - Manuel 1er lors de son discours aux cataphractaires d’Ani face aux troupes musulmanes assiégeant la cité royale.

Des montagnes de Kars aux mines de Tayk, de la « vallée verte » à la cité d’Antiok en passant par les usines d’Armavir et les Palais d’Ani, le royaume bouillonne. Celui-ci a connu bien des sursauts, mais jamais ils n’ont atteint à ce point la conscience du peuple. L’heure du choix à sonnée. Si Dieu offre le choix, c’est parce qu’il nous croit capable de faire celui qui s’impose comme juste. Malheureusement, si la justice appartient à Dieu et la reine à la justice, si Tamar est consciente de son rôle, elle méprise ouvertement quiconque ose s’accaparer la parole des justes. En l’occurrence, le Catholicos a pris position en faveur du « juste choix » à propos de la crise ouverte par l’interprétation de la découverte du site de « Samosate II ». Il a énoncé publiquement que c’est de Dieu que vient la couronne d’Ani (puisque Tamar est lieutenante de Dieu sur terre), que c’est de lui (Dieu) que Tamar tient son pouvoir. Autrement dit, Tamar est tributaire de l’Eglise, sa couronne, octroyée par héritage, son sang coulant et son cœur battant au rythme de celui de Vahagn, tout ceci est nié ou ignoré. Le récit national, sa légende, sa grandeur antique et préclassique, les fondations même de l’identité arménienne se voient remis en cause par les lettrés urbains, ces « libéraux de ruelle » et par l’Eglise elle-même, main dans la main pour saper l'autorité royale.

Le coup a été savamment orchestré, quelques ministres conservateurs étaient à la conférence de presse tenue par le Catholicos. Des hommes d’Etat, des fonctionnaires, des hommes de confiance … « Trahison ! » hurle Tamar lors du visionnage des informations. Il est temps de sortir du silence et de se montrer publiquement, d’annoncer aux oreilles et devant les yeux éberlués des Vahagnastanais sa décision. Sa contre attaque se faire jour à Samosate même, devant une foule de curieux et de caméras, elle annonce et martèle : « Samosate II ? Je ne vois qu’une Samosate, la notre ! ». Puis renchérie : « Vahagn et Menua (personnage découvert dans les gravures à la suite des fouilles de Samosate, le dernier Roi de la civilisation) ne forment qu’une seule et même histoire, une continuité historique nous lient, de Samosate à Ani des millénaires précèdent nos vies, mais tracent toute notre histoire ! Gloire à la mémoire de nos ancêtres, gloire au Vahagnastan et à son histoire ! ». La foule se courbe jusqu’à toucher terre, puis après plusieurs secondes silence, se relève et hurle à tout rompre, applaudissant sans discontinuer la reine. Filmée et relayée à travers tout le Vahagnastan, la prestation royale inquiète les milieux conservateurs, pire, elle terrifie nombre de ses soutiens enrichis et urbains. En contre partie, elle acquiert une visibilité que n’ont jamais sur avoir ses prédécesseurs et se fait la championne des nationalistes sécularistes qui voient en Samosate le début et non la fin d’une civilisation. La troisième civilisation arménienne, concept définissant Samosate comme base de la culture indépassable des Vahagnastanais s’offre tout naturellement un retour en force dans les esprits et se cultive activement dans les classes inférieures et médianes de la société.[/center]

Posté : mar. sept. 26, 2017 7:01 pm
par Basileus1081
Mars 2034 – La passion nationale IV

[center][img]https://image.noelshack.com/fichiers/2017/38/2/1505804082-charge-heroique.jpg[/img]

« Chargez ! »[/center]


[center]Revue Histoire : « Les barbares sont aux portes »


Les fouilles progressant et ce n’est pas une poignée d’hommes qui a été découverte. Les enceintes de l’antique Ani, décalées par rapport aux fortifications du moyen-âge tardif avaient été en grande partie détruites par les invasions, les fouilles devant ces dernières ont été étendues, loin de pâlir, la société découvre de nouveaux charniers avec passion. Manuel 1er est mort, mais son nom demeure associé au martyr. Il est le défenseur de la cité, l’armée royale a battu en retraite jusqu’à Ani, composée de bric et de broc, elle a défendu avec succès la capitale et opéré en plusieurs siècles une reconquête héroïque des terres arméniennes. Sa défense, connue via les écrits de Jacob le Nestorien, a toujours été laissée dans le silence par les autorités éducatives d’Etat mais mystifiée par l’Eglise Apostolique. La découverte du site ou a été enterré Manuel 1er ravive le sentiment mystique d’une forteresse perdue au milieu d’un désert peuplé de hordes sauvages.

Pour comprendre la défense d’Ani et sa brutalité, il faut revenir en arrière. En 656 l’invasion du monde chrétien par les arabes récemment islamisés et tout bonne fanatisés fait des ravages. Les troupes des frontières sont dépassées, appauvries qu’elles sont par les pertes financières et humaines de la guerre Thraco-Perse dans laquelle le Vahagnastan avait pris parti au profit de son allié chrétien, l’Empire Thracien. Les armées du croissant envahissent Théodosiopolis, Antiok la nouvelle, toute la partie sud de la vallée verte et encerclent la capitale en quelques années. La résistance des cités tourne parfois au drame, elles sont massacrées par l’épée ou par la famine, déportées par colonnes entières ou simplement islamisées de force (sans résultat probant). La campagne subit la famine elle aussi et le Roi ne parvient à assurer à la tête de l’Etat des rentrées fiscales suffisantes pour payer ses mercenaires. Aussi décide t-il en 659 de former une armée de volontaires et de conscrits, acceptant d’abandonner tout ou partie de l’impôt et la centralisation absolue de l’Etat au profit de recrues motivées. L’armée qui se trouve à Ani est la première armée « populaire » du Vahagnastan, une levée exceptionnelle permet de former 21 000 hommes structurés en de multiples bataillons ou se trouvent indistinctement porteurs de fourches et lanciers lourds. En face, les historiens les moins convaincus estiment que l’armée du croissant a rassemblé 48 000 hommes en armes.


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Ces guerriers arabes mettent la ville à l’épreuve, ils pilonnent deux nuits durant la ville, du 2 août 660 au 4 août puis passent les fleuves à gué et entament l’assaut des murailles occidentales. La bataille fait rage, l’assaut est un échec mais des renforts remplument l’effectif islamique dont le dispositif ne cesse de se renforcer. Parmi les troupes défendant la ville se trouvent des arméniens, mais aussi des grecs, des hérétiques nestoriens et même des païens. Face au doute et aux propositions de capitulation alléchantes ainsi et surtout face à la menace d’un nouvel et ultime assaut, Manuel rassemble ses hommes et le peuple, il tient un discours rapporté par un mur, abattu à sa base mais retrouvé pratiquement intacte sur sa partie écrite. Son texte, fort court, ne coïncide pas au texte rapporté par les religieux, contrairement à ces derniers il fait l’églogue de choses extrêmement concrètes. En l’occurrence, voici une citation de son discours : « Le siège tourne en notre défaveur mes frères, une nuée de pillards et de barbares nous fait face, ils prient un Dieu nouveau, nous avons le notre. Ils veulent une terre, ils en ont déjà plus qu’il n’en faut, mais c’est la notre qu’ils réclament. Ils désirent étendre jusqu’aux frontières du néant leur Foi, mais c’est nos esprits qu’ici ils convoitent. Je ne vous appelle pas à vous battre pour la Foi, Dieu m’en garde. Par delà nos murs se cachent nos femmes et nos enfants, qu’ils violeront et déporterons, réduirons en esclavage, nos frères et sœurs vivent sous le joug de ces tyrans mais leurs cœurs battent pour le jour ou ils pourront goutter le doux fruit de la paix, délivrés de ces bêtes sauvages. J’en appel à vos cœurs d’hommes, car à craindre les ténèbres elles nous envoûtent et nous cachent le soleil, mais voyez, il brillera encore lorsque nous seront morts, si tant est que nous sortions vainqueurs, s’ils triomphent, leurs ténèbres couvriront plus loin que leurs étendards, elles couvriront tout sur leur passage. Nous sommes l’ultime bastion de la civilisation, les barbares sont aux portes ! Alors garçons, allons tuer ces monstres, un arménien peut mourir, mais sa Patrie est immortelle ! En rangs serrés, opposons notre volonté à la leur et que les cieux décident qui doit régner sur la terre de Vahagn ! ».

La lutte a lieu devant les portes les plus faibles, le 5 août 660, dont ne subsistent que les fondations. L’assaillant musulman se met en branle, mais l’armée de Manuel 1er sort des murs, forme ses rangs et s’élance à la charge avec en son centre la cavalerie cataphractaire et, aux dires de Jacob le Nestorien, de tout ce qui pouvait être monté. Misant sur un choc qui emporterait leurs rangs, le Roi mène ses hommes dans cette ultime charge, cette poussée courageuse de loqueteux, de guerriers malmenés et de jeunes hommes inexpérimentés. La charge, contre toute attente, brise l’élan musulman qui semble avoir eu du plomb dans l’aille bien avant la bataille, les récoltes ayant été pillées et le ravitaillement étant lointain les ressources des guerriers arabes, faibles, n’ont pas du aider à motiver la piétaille. A ceci se conjugue la situation tactique au combien favorable du fait de l’étirement du front arabe dont le commandement a réparti les forces tout autour de la ville. La sortie est couronnée de succès, les pertes s’avèrent monstrueuses des deux côtés, mais le charnier découvert s’étend à près de sept mille cadavres et la comptabilisation macabre continue avec la découverte de nouvelles fosses. La victoire coûte aux arabes la conquête du Vahagnastan, au Vahagnastan son Roi qui tombe au combat, d’une flèche au cou selon l’étude de ses os.

Le conflit entre l’Eglise et la Reine s’envenime encore à la découverte de ces propos si lointains des propos prêtés à Manuel 1er pendant son discours par l’Eglise et ses professeurs. La voix d’un souverain parlant à ses hommes pour la sauvegarde d’une nation s’oppose à celui d’un croyant se battant pour sa seule Foi, l’antagonisme est évident. Aux racines du mal la fondation du royaume par un homme légendaire dont le culte était paien et la croyance récente selon laquelle le Roi est serviteur de Dieu et donc de l’Eglise. Conflit d’intérêt il est également idéologique et oppose deux Vahagnastan. La reine tend à se détacher de la tutelle du Catholicos et valoriser un Etat plus contemporain au nom d’une histoire aux rois et aux racines plus pragmatiques.[/center]

Posté : sam. sept. 30, 2017 2:09 pm
par Basileus1081
Mars 2034 – La crise de Mars

[center][img]https://image.noelshack.com/fichiers/2017/39/6/1506778974-manif.jpg[/img]

« Les manifestants battent le pavé»[/center]


[center]Revue Politique : « Crise de Mars »


Alors que les réformes avancent, le pays se contracte sous le poids des coupes structurelles décidées par la Reine. La résistance civile, d’abord passive mais réprimée, se transforme en résistance active. Toujours pacifique, cette résistance s’organise en groupes clandestins déterminés à faire valeur leurs revendications face à une couronne sans état d’âme. Le mouvement éclate en mars 2034 et dans toutes les villes du pays il se mue en une vague humaine, celle de centaines de milliers de manifestants, fonctionnaires pour la presque totalité d’en eux. Beaucoup se trouvent dans le collimateur de la réforme des municipalités. Beaucoup aussi supposent être les suivant dans cette interminable et massive purge des effectifs de la fonction publique. Face aux difficultés que connaît le pays depuis des décennies, face à la quasi stagnation de son économie et aux perspectives réduites de retrouver un emploi, des milliers de sujets marchent en cortèges pacifiques et engagent la monarchie dans un bras de fer.

Malheureusement pour eux, l’armée et la milice, fortes de près d’un million de fonctionnaires elles aussi, ne penchent pas pour le vent de révolte qui prédomine dans les autres services de l’Etat. Au contraire, ils bénéficient à nouveau de soldes régulières, d’indemnités et même d’une prime lors du début des manifestations. En conséquence, les débordements servent de prétexte à de véritables émeutes dans lesquelles les soldats s’en donnent à cœur-joie. L’étendue de la sédition équivaut au degré de répression. Mais tous ne sont pas réprimés, le mouvement, avant d’être écrasé, est méthodiquement démantelé. Les principaux meneurs, divisés, les groupuscules radicaux marginalisés, les monarchistes convaincus (nombreux) de tout bord, courtisés.

Consciente que la situation peut échapper à son contrôle, la reine appelle à elle des principaux meneurs de la manifestation, des gens convaincus qu’ils peuvent influer sur le cours des évènements en ralliant la couronne avec leurs alliés et ainsi, pacifiquement, engager des réformes moins macro-économiques, moins statisticiennes et plus proches des situations parfois terribles des services de l’Etat notamment en province. Aussi, ce qui va s’appeler à l’avenir le gouvernement d’avril fait entrer trois personnalités nouvelles autour de la souveraine : Theodoros Asenios, commerçant charismatique d’un magasin d’Etat et hellène orthodoxe d’Antiok. Sabat Karkachian, ingénieur arménien, grande gueule et socialiste issu du combinat militaire d’Armavir. Krikor Kasparian, un politicien issu de la bourgeoisie rurale, charismatique lui aussi il est arménien et monophysite. Cette équipe compose un « conseil d’Etat » qui, d’abord informel, devient officiel. Il s’agit d’un gouvernement, regroupant ses amis en place au Plan il intègre donc des « opposants » de Mars. Afin d’asseoir une rivalité interne (d’ordre politique) et une décompression populaire (afin de calmer le jeu), des concessions d’ordre politique sont faites lors de la publication du manifeste royal. Il énonce une volonté de changement progressif, d’écoute des premiers représentants (non élus) de la nation. Bien qu’antagonistes entre eux, les représentants prennent en charge quelques uns des nouveaux ministères. Enfin, réforme la plus indolore à première vue mais la plus importante : les partis locaux alors non approuvés par le pouvoir se voient autorités à l’échelle municipale. Temporisant, la Reine admet en privé que la situation est grave. En son fort intérieur elle sait que le sort de la monarchie dépend intégralement de sa capacité à donner un travail à tous ses sujets et concéder progressivement ce que d’autres pays connaissent depuis des siècles : une constitution et un corps politique au moins partiellement représentatif, apte à assurer la survie des héritiers de Vahagn.[/center]