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Posté : sam. sept. 16, 2017 5:37 pm
par phiwill61
[center]Palais de l'Avènement

[img]https://s15.postimg.cc/lzst8f6wb/palais_imp_rial_d_Eskha_Jaipur_1.jpg[/img][/center]

[justify]A nouveau occupé, le Palais de l'Avènement est un lieu riche, symbole du pouvoir impérial. Grande bâtisse du XVème siècle, située au centre d'Eskha, ce fut pendant des siècles le coeur du pouvoir en Eashatri. Inhabité pendant plus de trente ans, mais consciemment entretenue en vue d'accueillir la famille impériale dès son retour, le Palais avait ainsi toujours été prêt au retour des Bravelli-Khôma.

Aujourd'hui, si le pouvoir impérial a grandement diminué au profit d'un pouvoir parlementaire en l'absence de l'Empereur, les actions qui s'y déroulent, peuvent avoir une incidence parfois importante sur la vie de l'Empire... incidence d'autant plus grande, qu'actuellement, le nouvel Empereur est libre d'accepter ou non la constitution de l'Empire d'Eashatri...[/justify]

[center][img]https://s15.postimg.cc/xowsw6v8b/Kiran_Bravelli-_Kh_ma_Altamash_Faraz_3.png[/img]
Rajaputri Kiran Kanvar Etash Isha Vibodh Bravelli-Khôma
ou
Rajaputri Kiran Ier
[/center]

Posté : dim. sept. 17, 2017 7:56 pm
par phiwill61
[center]RP accessoire, qui n'aura que peu de lien avec les événements à venir, et qui va principalement servir à construire la psychologie du Rajaputri[/center]

21 février 2034:

[justify]Dix jours après son installation dans le palais impérial, Kiran Bravelli-Khôma découvrait chaque jour un peu plus le palais. Un palais riche, chargé d'histoire, aux salons et aux bibliothèques innombrables, aux pièces de réception en très grand nombre, toute décorées avec un goût d'antan typiquement janubien, et qui émerveillait le rajaputri (prince-empereur en marathi). Palais coloré et lumineux, le Palais de l'Avènement avait aussi pou avantage d'être trs confortable et d'offrir toujours des pièces plus spacieuses les unes que les autres. Une véritable splendeur aux yeux du nouveau souverain, qui semblait ne pas avoir été atteinte par le temps, comme si la bâtisse était imperméable aux caprices des événements. Jamais Kiran n'aurait pu s'imaginer qu'il allait vivre dans un lieu aussi fastueux, dans un lieu qui avait été le centre de l'Eashatri pendant plusieurs siècles... Lui, qui s'était cru pendant des années comme un membre d'une des familles nobles les moins riches, les moins titrées, respectée seulement parce que les Kahasi avaient été les plus fidèles et les plus proches nobles du dernier empereur pendant les dernières années de son règne, lui qui avait toujours cru que sa noblesse, qu'il jugeait insignifiante, allait disparaître... lui, il était désormais le propriétaire de ce palais luxueux et grandiose, dont tant d'eashates avaient rêvé quand ils étaient enfants...

Cependant le Palais de l'Avènement n'était pas comme dans son imagination; si le mobilier et les décors n'avaient pas subi les ravages de la Guerre d'Indépendance et du Temps, il manquait bien quelque chose à l'endroit, qui brisait entièrement le charme que le lieu aurait pu avoir : le Palais de l'Avènement était vide et baignait dans le silence mortuaire que la guerre civile avait fait régner dans la capitale durant plusieurs années, mais qui s'était maintenu dans ce bâtiment, dans lequel peu de personnes s'affairaient, hormis les quelques fonctionnaires chargés d'entretenir le palais, qui auraient été appelés autrefois serviteurs, et qui trouvaient toujours un prétexte pour s'éclipser lorsque le jeune monarque arrivait. Kiran Bravelli-Khôma se sentait affreusement seul, et ce n'était pas les réunions du conseil auxquelles il assistait tous les deux jours qui le dégageaient de sa solitude.

Ces réunions du conseil n'avaient rien d'officiel, et dataient d'un autre temps : celui où l'Eashatri était un Empire puissant, ou celui où l'Empire d'Eashatri avait été un empire fantoche géré d'une main de fer par les colonisateurs. Autrefois, le conseil était composé des cinq membres issus des familles nobles les plus importantes de l'Empire d'Eashatri après la famille impériale, choisis par l'Empereur, mais aujourd'hui le conseil qui s'était présenté à Kiran Ier ne correspondait aucunement à cette description: il s'agissait de cinq nobles dans la fleur de l'âge, dont les familles avaient des renommées très diversifiées, mais qui avaient convenu entre eux qu'ils allaient être membres du conseil impérial. Sexagénaires pour la plupart, ils croyaient pouvoir influer sur les décisions du Rajaputri, le jugeant naïf au vu de son âge peu avancé, et essayaient doucement de l'orienter vers un refus de la Constitution en vigueur, afin d'accorder plus de pouvoir impérial, selon leurs dires, mais qui en réalité servirait plus leurs propres intérêts. Le jeune souverain de vingt ans était loin d'être dupe, et ne cédait pas la moindre concession de ce type à ces ambitieux, mais ne pouvait cependant pas se passer de ces réunions, puisqu'il n'avait jamais été formé à gouverner l'Eashatri, et ce quand bien même sa fonction soit plus symbolique que prépondérante dans les mécanismes du pays. Il prenait néanmoins un malin plaisir à contrarier les membres du conseil, tous droits sortis d'une vision ancienne de l'aristocratie eashate, en s'habillant de manière plus moderne qu'eux, sans tomber dans un modernisme excessif, mais en étant en accord avec son temps.

Pour calmer son sentiment de solitude, le jeune monarque s'était pris de passion pour les très nombreuses lettres qu'il recevait, une trentaine par jour, et répondait lui même à chacune d'entre elles, compensait ainsi le fait qu'il était privé de contacts avec une majorité de ses amis, du fait de sa nouvelle place dans la noblesse. Place qui lui interdisait, par tabou plus que par loi écrite, d'entretenir des rapports humains avec politiciens, entrepreneurs, banquiers, chercheurs et cadres, qu'étaient devenus la majorité des amis qu'il s'était fait durant ses études sous le nom de Kiran Kahasi. Les journées du Rajaputri restant majoritairement vides, il s'était entrepris à découvrir le palais et ses pièces, et avait aussi commencé la lecture des innombrables ouvrages des bibliothèques du Palais, afin d'apprendre à gouverner rapidement, et ainsi de mettre toutes les chances de son côté pour être à la hauteur des espérances qui lui avaient été témoignées dans les lettres qu'il avait lues, de divers provenances, y compris l'étranger.[/justify]

Posté : mer. nov. 01, 2017 2:04 am
par phiwill61
[center]Communiqué Officiel[/center]

[justify]Lu devant la télévision eashate par l'Empereur à 22h32, heure d'Eskha, publiée immédiatement sur les site internet du Gouvernement et du Palais de l'Avènement, retranscrit le lendemain dans tout les journaux du pays, le 30 juin 2034

[quote]Bonjour. Comme première allocution télévisée, j'aurais espéré pouvoir réagir sur des événements plus joyeux, et ne pas être un porteur de mauvaises nouvelles à chaque fois que je m'exprimerai. Comme vous l'avez entendu il y a quelques minutes dans le Journal télévisé du Soir de GTE; notre voisin, le Karmalistan, est en souffrance. Une attaque de nature terroriste a été menée en sa capitale, Karagol, et la famille royale karmali aurait été prise pour cible. On nous a confirmé la tragique mort du Shakhan, mais aucune autre information n'est parvenue à cette heure. Sans doute le savez vous, le Karmalistan est un allié, et quand bien même certains des choix faits par le Shakhan et son gouvernement n'aient pas été forcément bien vus dans nos frontières, l'heure n'est pas à juger les actions qui ont été menées. Contrairement à ce que la presse a bien pu laisser entendre, ce n'est pas notre rôle, et dans ces heures sobres pour le Karmalistan, nous ne pouvons pas rester impassibles devant sa souffrance. Quelle sorte d'alliés serons nous, si nous nous refusons de tendre la main à un allié ?

Devant le peu d'informations en provenance de Karagol, aucune mesure n'a été prise, et aucune mesure ne sera prise si cela venait à entraver la souveraineté territoriale de notre voisin. Pour l'heure, nous ne pouvons physiquement que rester statiques, mais nous nous devons de réagir au plus vite dès que nous en aurons les moyens, et le plus tôt sera le mieux. C'est donc avec l'approbation du Gouvernement de Madame Ravikhan, que l'Eashatri va utiliser toutes les ressources légales nécessaires à comprendre les événements d'hier soir, et si besoin s'en fait sentir, pour accueillir les membres du Gouvernement karmal et les membres de la famille du Shakhan, si jamais ils se sentaient menacés par les récents événements.

Au nom de tout l'Empire d'Eashatri, j'adresse mes sincères condoléances à la famille du Shakhan et au Karmalistan tout entier, qui vit des heures bien trop sombres actuellement.

[right]Rajaputri Kiran Kanvar Etash Isha Vibodh Bravelli-Khôma, Empereur d'Eashatri[/right][/quote][/justify]

Posté : lun. nov. 27, 2017 11:33 pm
par phiwill61
[center]Conseil impérial du 20 septembre 2034[/center]

[justify]Depuis qu'il était monté sur le trône d'Eashatri, Kiran avait toujours eu une profonde aversion pour les conseils impériaux, et les avait fait s'espacer, passant de un tous les deux jours à un par semaine. Et cela l'énervait. Il fallait toujours qu'il joue au plus malin, en feignant l'ignorance. Les cinq nobles qui étaient devant lui avaient suffisamment d'influence pour lui faire perdre tout pouvoir s'ils le souhaitaient. Aussi, il feignait de servir leurs intérêts, mais ne les servait pas et se comportait de la même manière que s'il avait mal compris les "conseils" qui lui avaient été donnés. En six mois, sur les cinq conseillers initiaux, seuls trois étaient encore là, à s'accrocher à un pouvoir qu'ils ne pouvaient pas exercer, et que Kiran s'était bien décidé à ne pas exercer à leur place, bien qu'il en avait le pouvoir. Mais il n'allait pas pouvoir jouer à ce petit jeu bien longtemps, il fallait qu'il les congédie, au plus vite. Dans l'ombre, le prince-empereur avait déjà réuni trois noms: un ambassadeur, pour la diplomatie; une juge, pour le côté judiciaire, et un agent des services secrets, qui en théorie, ne pouvait pas le conseiller, mais le ferait très certainement volontiers. Il ne restait donc plus qu'une personne à trouver pour le conseiller sur les infrastructures qu'il comptait financer au travers du pays. Avec une fortune personnelle de quatre milliards d'Uars, et les dépenses qu'il faisait à tire personnel étant prise en charge par l'Etat de l'Empire d'Eashatri, il avait largement de quoi faire pour mettre sa fortune au profit du pays. Il fallait juste qu'il s'assure que tous ses futurs conseillers accepteraient sa proposition, et dès lors il pourrait congédier les anciens.

En attendant, Kiran prenait un malin plaisir à les contrarier, par les tenues modernes qu'il portait, mais aussi par le fait qu'il arrivait toujours le dernier dans les conseils, et avec cinq minutes de retard. Enfin, cinq grosses minutes, qui pouvaient monter jusqu'à vingt minutes. Une fois n'était pas coutume, Kiran Ier était en retard. Sauf qu'il y avait quatre conseillers dans la pièce, dont un qu'il n'avait jamais vu.

Conseiller n°1 : "Bonjour, votre Majesté, j'ai pris la liberté de faire venir un de mes cousins, pour qu'il puisse assister à nos réunions du conseil impérial, en vue de devenir lui même un de vos conseillers... J'espère que vous n'en verrez pas ombrage !"

Tant d'hypocrisie dans ces propos, cela écœurait Kiran presque autant que le cousin en question, dont la bave dégoulinait autant que l'hypocrisie du conseiller duquel il partageait un lien de parenté. Kiran ne pouvait s'empêcher d'espérer qu'à leur âge, il ne ressemblerait à aucun des conseillers assis autour de la table. Il préférait nettement qu'une certaine sagesse et qu'un calme naturel transparaissent de lui lorsqu'il aura leur âge, peut-être à l'image de l'Empereur Yangchen du Kaiyuan, dont l'honnêteté ne faisait pas de doute aux yeux de Kiran.

Kiran reprit le contrôle de ses pensées, et s'adressant au cousin en question:

Rajaputri Kiran Bravelli-Khôma : "Bonjour, Svami Kharhanrep. J'accepte sur le champ votre proposition et dans ce cas, vous allez remplacer votre cousin dès le prochain conseil. Mais avant cela, vous devriez peut-être prendre un mouchoir, pour vous essuyer la bouche, car cela ne vous met très clairement pas à votre avantage, et je trouve cela bien dommage."

Cousin du conseiller n°1 : "Mais, monsieur, c'est trop d'honneur, mais je ne saurais prendre la place de mon cousin, il est infiniment plus compétent que moi, et plus à même de servir les intérêts de ma fam... de ma patrie."

Rajaputri Kiran Bravelli-Khôma : "Dans ce cas, je me passerai de vos services, Svami, cela ne fait rien. Néanmoins, vous devriez quitter la salle, et demander une éponge et un médecin, cela commence à devenir urgent. Et accessoirement, je suis votre empereur, et donc il n'y a pas de Monsieur qui tienne, mais seulement Rajaputri."

L'homme ne savait plus où se mettre, et décida de quitter ivement la pièce, sous le regard indigné de son cousin, qui peinait à contenir son ressentiment :

Conseiller n°1 : "Mais enfin, votre Majesté, comment osez-vous manquer de respect envers mon cousin ! L'humilier ainsi est indécent, vous auriez bien besoin de ses conseils en la matière, lui qui respecte scrupuleusement la tradition !"

Rajaputri Kiran Bravelli-Khôma : "Excusez moi, Svami, je ne faisais que m'inquiéter pour sa santé. Je ne voulais pas vous offenser, aussi je veux bien lui présenter mes excuses sur le champ, à moins qu'il ne soit déjà parti chez le médecin."

Conseiller n°1 : "Mon cousin n'a pas besoin d'allé chez le médecin ! Et vous devriez faire plus attention à votre langue, qui nous fait nous méprendre sur vos intentions !"

Rajaputri Kiran Bravelli-Khôma : "Svami Kharhanrep, vous n'êtes pas exempt d'utiliser mon titre. A moins qu'il s'agisse d'une des règles que j'ignore... Qui se trouvent dans le Livre des Registres du Protocole Impérial, ici présent... L'avez-vous lu en entier ?"

Kiran posa un gros volume sur la table, dont l'épaisseur équivalait à ce que la paume d'une main pouvait contenir. Puis il posa le deuxième volume, un peu plus gros, juste à côté.

Conseiller n°2: Rajaputri, personne n'a lu ces livres depuis des siècles, le savoir s'est transmis par voie orale depuis des siècles, comme vous le savez. Seuls de très rares personnes sont capables de lire 23 000 pages..."

Rajaputri Kiran Bravelli-Khôma : "En six mois, j'ai eu tout le temps de le faire. Et ce livre est édifiant, je vous en conseille la lecture, Svamis. Il est un peu difficile à lire, mais contredit beaucoup de vos préceptes. Et notamment, à cette page, il est écrit que je peux renouveler quand je le souhaite la composition du Conseil Impérial."

Stupeur parmi les conseillers, qui avaient encore eu l'espoir que le Rajaputri allait être enfin manipulé conformément à leurs souhaits. Kiran poursuivit.

"Pourquoi semblez vous si surpris ? Il était évident que servir vos intérêts propres n'allait pas vous maintenir longtemps aux places que vous occupez encore aujourd'hui. Et je suis fatigué de vous entendre chercher à me manipuler."

Conseiller n°2: "Mais, Rajaputri, vous ne pouvez pas nous congédier, vous avez besoin de nous..."

Rajaputri Kiran Bravelli-Khôma : "Non. Ecoutez, je vous le dis en toute honnêteté, l'immobilisme ne me convient guère. De plus j'ai des ambitions pour l'Empire, et les vôtres ne correspondent pas plus aux miennes que les miennes ne vous plairaient... A vrai dire, j'aimerais ardemment rencontrer Mamta Ismaïla Khan, et Ghalib Sharida sous peu, avec dans l'idéal Aryabhatta Divekar."

Conseiller n°3: "Comment ? Vous voulez rencontrer des musulmans ? L'Eashatri tombe bien bas !"

Conseiller n°1 :"Là n'est pas le problème de la religion de ces dirigeants. Le fait est qu'ils sont inexpérimentés. 18 et 27 ans... Jamais vous n'obtiendrez quoi que ce soit de personnes aussi juvéniles incapables de gouverner..."

Rajaputri Kiran Bravelli-Khôma : "Dois-je vous rappeler que je suis moi même âgé de 20 ans ? Lorsque vous prétendez qu'ils ne seraient pas capables de gouverner, en raison de leur âge, comment dois-je le prendre ?"

Conseiller n°1 :"Non, non, loin de moi de telles pensées... Jamais, non ! Jamais je ne formulerai de telles idées, y compris dans mon âme !"
Rajaputri Kiran Bravelli-Khôma : "Oui je m'en doute, ce n'est absolument pas ce que vous sous-entendiez à l'instant."

Conseiller n°2: "Quoi qu'il en soit, Rajaputri, je vous déconseille fortement de rencontrer la Shakhane... On pourrait tenter d'attenter à votre vie..."

Rajaputri Kiran Bravelli-Khôma : "Si de telles menaces planaient sur sa Majesté Mamta Ismaïlia Khan, je doute fortement que ceux qui lui en veulent oseraient s'en prendre à moi, sans déclencher une crise politique sans précédent en Eashatri, et toutes les colères de 122 millions de personnes. Non, au contraire, ma présence, accompagnée des services de sécurités qui m'ont accompagné dans mes précédents voyages pourrait offrir quelques heures de protection à Mamta Ismaïlia Khan, si jamais elle acceptait ma venue. Mais Finalement, j'ai bien eu ce que je voulais, vous n'êtes effectivement pas capables de me seconder dans le pouvoir que je souhaite utiliser."

Conseiller n°3: "Mais vous ne comprenez pas..."

Kiran prit le temps d'inspirer lentement et avec calme, dévisageant chacun des trois conseillers, tout en expirant à la même vitesse. Puis il se surprit lui-même à employer un ton ferme et sec, presque autoritaire, mais en réalité, ce ton était simplement impérial:

Rajaputri Kiran Bravelli-Khôma : "Bien, il semblerait que vous n'avez pas compris. Votre Rajaputri vous congédie. Cette décision n'est pas discutable. Sortez. Et ne revenez pas, vous serez mal accueillis."[/justify]

Posté : ven. déc. 15, 2017 4:47 pm
par phiwill61
[center]15 novembre 2034[/center]

[justify]Cela faisait un mois et demi que Kiran avait congédié l'ancien Conseil impérial, et cela faisait un jour de moins qu'il avait nommé les membres du nouveau conseil, qui pour l'heure avait un effectif assez restreint. Si les membres du dit conseil, qui n'avait rien d'officiel, n'étaient pas tenus par la loi de faire un choix entre leur métier initial et la fonction qu'ils occupaient auprès de l'empereur, tous s'étaient engagés, sur l'honneur, à démissionner de leur place au conseil impérial si jamais les activités dues à leur emploi initial venaient à engendrer un conflit d'intérêts avec leur position de conseillers de l'empereur. Et le moins que l'on puisse dire, était qu'à propos de l'honneur, Kiran avait du caractère. A ses yeux, une promesse est une promesse, et rien ne peut y contrevenir, au point que lui-même ne faisait jamais de promesses, de peur de ne pas pouvoir les tenir. Aussi quand bien même les quatre conseillers nommés bénéficiaient de la très forte estime que le Rajaputri avait à leur égard, il n'en restait pas moins exigeant à leur égard.

[spoiler="Membres du Conseil Impérial"]Gaurav Lahadampur, Ambassadeur Eashe en Sitolie et Conseiller de Diplomatie

Dakini Bagchi, Juge d'Instruction au Tribunal Correctionnel d'Ashun et Conseillère de Justice

Amshul Emrani, Agent au Service de l'IESSE et Conseiller d'Image et de Sécurité

Aman Sardar, Assureur de la BECA et Conseiller des Investissements Impériaux[/spoiler]

Si beaucoup de commentateurs en Eashatri s'étaient amusés à mots couverts, pour ne pas froisser les lecteurs, de la personnalité très lisse qu'avait Kiran lors de son accession au trône, le Rajaputri prenait peu à peu en maturité, et en prestance, pour se fondre tout à fait dans les exigences inhérentes à sa fonction. S'il avait toujours une tendance à provoquer les codes dans lesquels on voulait le lier, Kiran commençait à dégager une certaine aura, assurément celle d'un aristocrate, mais pas encore celle d'un dirigeant. Cela étant dit, le jeune Rajaputri apprenait vite à être empereur, et malgré une évidente proximité avec les eashates, il parvenait à changer peu à peu son image dans les médias, passant de celle du jeune homme parachuté sur le trône d'Eashatri, à celle d'un jeune dirigeant inexpérimenté, mais au charisme grandissant, comme en témoignaient certaines photos publiées dans la presse eashate.[/justify]

[center][img]https://s15.postimg.cc/49r4npdzf/Kiran_Bravelli-_Kh_ma_Altamash_Faraz_10.png[/img]
Rajaputri Kiran dans un bain de foule après l'inauguration
d'une nouvelle route dans les sommets liphéens


[img]https://s15.postimg.cc/fndnyor0b/Kiran_Bravelli-_Kh_ma_Altamash_Faraz_2.png[/img]
Le prince-empereur très présent dans la scène culturelle locale ![/center]

Posté : dim. janv. 14, 2018 7:37 pm
par phiwill61
[center]15 février 2035[/center]


[justify]11 heures, Route entre Eskha et Dehampani, Berhavi :

Pour la première fois depuis la reprise des relations entre l'Empire d'Eashatri et le Royaume du Berhavi de Venkata VI, Kiran allait rencontrer le vieux roi seul, enfin pas exactement, mais il était le seul invité. En effet, lors des trois dernières rencontres, Emma Ravikhan, la Première Ministre de l'Eashatri, était également venue, ce qui avait par ailleurs été une opportunité pour la cheffe du gouvernement et le rajaputri de faire connaissance. Quoiqu'il en soit, la dernière entrevue s'étant mal déroulée, Venkata VI étant allé jusqu'à insulter la femme à la tête du Parlement eashate, Emma Ravikhan avait fait signifier qu'elle n'irait plus se rendre dans le Palais de Safran, et comme elle l'avait dit lorsqu'elle avait eu le dernier des Bravelli-Khôma au téléphone : elle pensait pouvoir faire confiance dans le nouvel empereur, qui selon elle avait la tête sur les épaules malgré son jeune âge, et serait tout à même d'éviter les manipulations du Raja du Berhavi. Kiran n'en était pas aussi certain, n'ayant eu que très peu d'expérience diplomatique à présent, mais il n'en restait pas moins déterminé : étant Empereur, il n'avait pas le droit d'hésiter.

La voiture impériale venait de traverser la frontière, juste après Sekhan, dernière ville eashate du trajet entre les deux capitales. Le passage au poste de frontière n'avait pas été rapide, et pourtant c'était à peine s'il y avait eu un contrôle visuel : le douanier berhavi était tellement surpris de voir Kiran qu'il avait appelé ses collègues, qui avaient voulu offrir des cadeaux au Rajaputri. Kiran avait bien du mal à comprendre cette adulation dont il faisait l'objet, mais il s'était prêté au jeu avec bon coeur, et avait décider de leur donner en retour un billet de 50 Uars chacun (un peu moins du cinquième du salaire mensuel de l'eashate médian). Tant pis si cela pouvait être repris par la presse à scandale comme des pots de vin, il ne pouvait tout simplement pas laisser ces hommes lui offrir des objets alors qu'ils en avaient très certainement plus besoin que lui.

La voiture impériale avait ensuite repris sa route vers Dehampani, à une allure assez rapide, pour éviter de faire trop attendre le Raja du Berhavi. Mais à peine arrivé dans la capitale du royaume qu'un autre événement allait retarder l'arrivée du Rajaputri : une manifestation bloquait tous les accès au quartier dans lequel se trouvait le Palais de Safran. Kiran pouvait lire sans problème et écouter de la même manière les slogans des manifestants, puisqu'ils s'exprimaient en Skhani (Rajasthani) une des langues officielles de l'Empire d'Eashatri. "Les impôts sont trop forts !" "Libérez nos familles !" "Arrêtez de nous affamer !" "Mon père est en prison, ma mère et mes soeurs sont servantes du roi, et mes frères meurent de faim !" "Mon frère a été arrêté pour avoir ouvert un livre !"

La voiture impériale avançait péniblement au rythme de la foule, qui restait plutôt calme dans ces actes, malgré les cris de colère qui jaillissaient de toutes parts. Selon le GPS de la voiture, il n'étaient plus qu'à neuf cents mètres du Palais de Safran, quand la foule eut un mouvement de panique. Les cris de colère cédaient place à des cris de terreur, et la marche organisée vers le palais fut remplacée par une bousculade brouillone dans la direction opposée, dans un tumulte quasi-uniforme, parsemé de coups de feu. Par une idée assez saugrenue, Kiran décida d'appeler un de ses conseillers, Amshul Emrani, tandis que la foule passait de chaque côté de la voiture. L'agent de l'IESSE ne tarda pas à répondre :

"Excusez moi Rajaputri, j'étais en pleine réunion. Si vous m'appelez je dois deviner qu'il y a une urgence ?

-Je ne sais pas encore, Amshul. Je suis à Dehampani, et nous étions bloqués dans une manifestation d'assez forte ampleur, quand elle a été interrompue par un mouvement de panique. Lors du prochain conseil, je veux tout savoir de la...

-Manière dont Venkata VI utilise sa milice. C'est bien noté.

-Quel genre de tyran tirerait sur ses propres sujets ?"
, demanda le Prince-Empereur, tandis que la milice armée de Venkata VI frappait aux fenêtres avec leurs armes.

Kiran baissa sa fenêtre, et se fit aboyer dessus :

"Descendez du véhicule et posez ce téléphone immédiatement !"

Kiran ne raccrocha pas, pour qu'Amshul Emrani puisse réagir convenablement si la situation venait à être pleinement au désavantage du Rajaputri, mais il posa néanmoins son téléphone et prit un ton assez cynique, pour masquer son agacement :

"Je doute que votre roi apprécie beaucoup votre manière de parler à ses invités.

-Tu sors où je te descends !"
, s'exclama le milicien en pointant son arme sur le Prince-Empereur, qui sortit en prenant exceptionnelllement la rigidité protocolaire de son rang, puis répondit :

"Tirez et vous aurez une guerre sur les bras avec l'Eashatri. Je doute que Venkata VI apprécie que ses mercenaires assassinent...

-Tous les mêmes les eashates, pire que les berhavis ! Vous croyez que les lois de votre pays s'appliquent ici...

-Comme vous le savez au Berhavi, contrairement à l'Eashatri, insulter un membre d'une famille royale ou lui manquer de respect est un crime passible de la peine de mort. Le menacer avec une arme aggrave le crime, et entraîne la mort de deux membres de votre famille. Je vais donc me permettre de me présenter. Je suis Kiran Bravelli-Khôma, Rajaputri d'Eashatri."


Le milicien avait perdu de sa superbe, et Kiran continuait:

"On dirait que les deux neurones de votre tête ont interagi. Oui je vous menace, et je n'aurais aucun remords à utiliser les lois de ce pays. Alors je vous laisse le choix : déguerpissez et faites-en sorte de ne plus jamais avoir à me rencontrer, ou continuez à me gâcher ma journée, et je m'arrangerai pour que votre mort ne soit ni indolore ni instantanée."

Le milicien prit ses jambes à son cou, laissant à Kiran Ier le soin de reprendre sa conversation avec l'agent Emrani, le temps de terminer le trajet jusqu'au Palais de Safran.[/justify]

Posté : mer. janv. 24, 2018 10:48 pm
par phiwill61
[center]9 mars 2035[/center]


[justify]14 heures, Salle du Conseil Impérial, Palais de l'Avènement, Eskha :

Cela faisait trois semaines que Kiran avait eu sa dernière visite au Berhavi, et on ne peut pas dire qu'il était prêt d'oublier son dernier séjour dans ce royaume. Non pas que le souverain, Venkata VI, s'était montré particulièrement discourtois avec Kiran, mais plutôt que le Rajaputri avait commencé à voir que le Berhavi n'était pas menacé que par la faim, et que la crise alimentaire, qui touchait désormais à sa fin, ne faisait en réalité que masquer une crise sociétale qui ne s'était pas encore déclarée. Nouvelle inquiétante, qui bien qu'elle ne concerna pas directement son pays, avait une influence directe, dans la mesure où le Royaume de Berhavi avait été créé par les britons à partir de la région correspondante de l'Empire d'Eashatri de 1782, et avait donc un lien de parenté évident avec l'Eashatri actuel. De plus, la déstabilisation d'une monarchie aux frontières d'un empire, ne pouvait que menacer la stabilité de l'empire en question, quand bien même la nature du pouvoir y soit nettement moins autoritaire. Et d'un point de vue empathique, Kiran ne pouvait tout simplement pas laisser des millions de gens subir les frasques d'une milice de mercenaires, il y avait bien quelque chose qu'il pouvait faire à son niveau, il était Empereur de l'Eashatri tout de même ! Aussi, avait-il demandé à tous ces conseillers, depuis deux semaines, de se renseigner autant que possible sur le Berhavi et sur la manière d'éviter un embrasement de la situation, surtout devant le dédain que Venkata VI exprimait vis-à-vis de sa population.

En ce début d'après-midi, le conseil se réunissait donc, et faisait un point sur les diverses activités de l'Empire, que ce se soit sur la reprise de l'agriculture, dont les premiers résultats étaient espérés arriver à la fin du mois, où à la réparation des toitures endommagées par les quintaux de cendres tombées ces derniers mois. Comme toujours, lorsque des travaux d'ampleur étaient menés, il y avait toujours des inégalités, mais contrairement à l'accoutumée, ce n'était pas tant les revenus les plus modestes qui avaient été les moins aidés par l'action gouvernementale, mais bel et bien les classes moyennes, ce qui rendait les inégalités moins visibles mais pas moins importantes. Kiran allait donc devoir jouer de l'influence impériale et d'une partie des fonds annuels qui lui étaient alloués par le Parlement eashate pour atténuer ce déséquilibre. Cela ne serait pas une tâche trop difficile, en réalité, puisque les entreprises moyennes étaient assez nombreuses à chercher à obtenir le prestige et la soi-disante preuve de qualité que pouvait représenter tout lien avec la personnalité de u Prince-Empereur, aussi mince que ce lien pouvait être. La vraie difficulté était de le faire en sorte que l'acion du Rajaputri reste discrète, puisque dans le cas contraire, tous les efforts seraient vains. Aussi il fut convenu que l'emploi du temps de Kiran serait adapté durant les deux prochains mois pour qu'il se rende dans diverses parties du pays, sans éveiller l'intérêt de la presse nationale.

Puis vint enfin le tour de la question du Berhavi, sur laquelle les quatre conseillers impériaux s'étaient penchés, et avaient contitué un véritable petit dossier sur l'affaire. Naturellement, l'affaire se déroulant en dehors du territoire eashate, ce fut au Conseiller de Diplomatie, Guarav Lahadampur, de commencer:

"Comme vous nous avez demandé, Rajaputri, nous nous sommes penchés sur l'état de crise que traverse actuellement le Berhavi, royaume avec lequel nous partageons la plus grande frontière actuellement, et dont la moitié des provinces est à moins de quatre heures de routes d'Eskha. En réalité, ce n'est pas la famine qui a créé la situation actuelle, mais plutôt l'impopularité du régime en place. A dire vrai, le pouvoir de Venkata VI est souvent qualifié de violent, et alors qu'il commence à se faire âgé, alors qu'il approche des 90 ans, l'ensemble de la société berhavi prépare un après Venkata Vi, avec impatience. Que ce soit l'aristocratie et la bourgeoisie berhavies, qui pour une fois travaillent main dans la main, ou les différentes communautés au sein de la population moins aisée, tout bouge en ce moment, et comme avez dû le remarquer il y a quelques semaines, la situation est sur le point de s'embraser.

-Dans ce contexte, j'ai usé de mon statut de membre de l'IESSE pour obtenir des renseignements assez précis sur les revendications des uns et des autres,
expliqua Amshul Emrani, dès que M. Lahadampur lui fit signe de tête pour qu'il développe à son tour. Tout d'abord, il faut savoir que notre intervention pour aider à mettre fin aux disettes, n'a pas eu l'effet auquel nous nous attendions: au lieu d'atténuer les tensions pour un temps, nous avons amplifié l'impression d'un peuple, d'être à la fois sur-exploité et abandonné par son monarque. En effet, le peuple vit dans une dimension à peine croyable, où le droit à l'éducation eashate est un rêve pour la classe intellectuelle berhavienne, alors même que l'accès à l'éducation est interdit depuis 2019 pour toute personne n'étant pas un aristocrate. A cela faut-il ajouter la violence de la répression menée par les milices de mercenaires tenues en laisse par Venkata VI, dont vous avez pu voir le visage il y a trois semaines, qui, dans le contexte du vieillissement du monarque, tend à menacer la stabilité du royaume.

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Amshul Emrani, Conseiller Impérial de la Sécurité et de l'Image Impériale[/center]

-Économiquement parlant, le Berhavi est un véritable désastre, et ce n'est pas la faute de cette crise interne, soupira Aman Sardar, le Conseiller des Investissements Impériaux. Les inégalités sont des plus élevées: alors que Venkata VI gère ses dépenses pour s'assurer une vie opulente, en n'hésitant pas à augmenter considérablement les dettes de son royaume quand la moitié de ses sujets n'a pas de toit officiel, la croissance s'est effondrée ces trois dernières années, au point que le Berhavi dont le PIB valait un quart du notre en 2032, a chuté à sept milliards aujoud'hui, et cela pourrait s'accentuer encore cette année, alors que toutes les parties du royaume cherchent à s'affranchir du pouvoir autocratique de Venkata VI.

-Juridiquement, la situation est des plus complexes
, termina Mme. Bagchi, la Conseillère Impériale de la Justice. Le Berhavi n'est qu'une montagne de paperasse, de décrets et de contre-décrets qui pourraient en faire un état de non-droit. Si quelqu'un est arrêté là-bas, il est impossible de conserver sa trace, et encore moins de le faire sortir de prison. Les archives du Haut-tribunal d'Eskha sont assez claires là dessus, sur les huit cent trente deux eashates retenus au Berhavi, nous savons que vingt-sept condamnés sont en vie. De même toute action que nous souhaiterions mener serait très difficile à justifier d'un plan légal, à moins d'avoir le soutien direct de Venkata VI. Or, pour stabiliser le Berhavi, il faut diminuer institutionnalisation de l'omnipotence du Raja, et je ne pense pas que Venkata VI soit près à en laisser un seul morceau.

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Dakini Bagchi, Conseillère Impériale de la Justice[/center]

-Et que veulent les berhavis ?
, demanda le Rajaputri. Concrètement, que souhaitent-ils ?

-Pour les aristocrates, retrouver leur prestige est leur principale aspiration, et nombreux sont ceux à considérer que Venkata VI leur retire tout, et à juste titre d'ailleurs, quand on voit les impôts massifs et les restrictions très nombreuses qu'il impose. D'un autre côté la majeure partie de la population souhaite simplement vivre une vie plus libre, plus simple et où tous ont le droit de lire et d'écrire, pour pouvoir suivre la version dominante de l'islam pratiquée de l'autre côté de la frontière par 54% de la population: le mutazilisme, suivi en Eashatri par 27% de nos concitoyens, sur 35% de musulmans. Pour les intellectuels berhavis, l'établissement d'institutions proches de celles mises en place en Eashatri serait un idéal, avec une conservation et même une restauration légère du statut de l'aristocratie, mais néanmoins une place importante laissée au peuple, le tout dans un état de droit. De plus, à l'Ouest du Berhavi, de plus en plus en plus d'habitants cherchent chaque année à passer la frontière...

-Amshul, qu'essayez-vous de me signifier ?
, s'étonna Kiran. Vous êtes en train de me dire que les berhavis ont en admiration le mode de vie eashate ?!

-Et bien,
s'enquit Gaurav Lahadampur, le Conseiller Impérial de la Diplomatie, ce que M. Emrani laissait entendre était que les berhavis sont de plus en plus nombreux à revendiquer l'héritage culturel eashate, qui fait que 75% d'entre eux ont pour langue maternelle au moins une des six langues officielles de notre Empire, à commencer par [url=http://www.simpolitique.com/histoire-geographie-empire-eashatri-t14361.html#p325348]le Skhani ou l'Emphuri[/url].

[center][img]https://www.telegraphindia.com/1100607/images/07metpabitra11.jpg[/img]
Gaurav Lahadampur, Conseiller Impérial de la Diplomatie[/center]

-Vous envisagez sérieusement ceci comme une possibilité ? De quoi aurions nous l'air ? Un pays qui prétend aider pour ensuite copier son modèle ailleurs ? Plus personne ne nous fera confiance ! Nous serions en train de déguiser notre domination sur un peuple, en une fausse libération d'un tyran !"

Kiran était resté calme, malgré sa colère, et sa frustration. Mais au vu de la manière dont ses quatre conseillers le regardaient, ils avaient omis un dernier détail, qui pouvait prendre toute son importance, et dont la gravité pouvait changer le cours des choses. Tout dépendait de ce qu'on n'en faisait, mais ce on, n'était aucune des personnes de la salle. Ce on n'était pas une personne au pouvoir en particulier, ce on était l'ensemble d'un peuple : le peuple berhavi. Aussi après quelques minutes de silence, Mme. Bagchi se résigna à admettre la vérité.

"Rajaputri, il y a une dernière chose, concernant la stabilité du Berhavi, et la solution de la crise actuelle: vous savez, Venkata VI n'a pas eu d'enfants, enfin, ils sont tous morts-nés. Aussi à sa mort, il faudra trouver un successeur au trône du Berhavi, mais la famille royale du Berhavi était très connue pour sa consanguinité, et Venkata VI a fait assassiner, tous ses cousins et frères lors des cinq années qui ont suivi son accession au trône. La plupart des branches annexes de la famille royale du Berhavi s'étant éteintes, et le droit berhavi ne reconnaissant que l'hérédité du trône par parent masculin... A la mort de Venkata VI, nous verrons une crise de succession s'ajouter à la crise actuelle, et le seul prétendant au trône connu à ce jour, a un lien de parenté avec Venkata VI qui remonte à 1802. Suite à quoi, après quatre générations, le sang a rejoint une famille de la petite aristocratie eashate, et ce lointain cousin de Venkata VI a décidé de prendre le nom de son épouse, Arava Kahasi. Or, selon le droit berhavi, la famille Kahasi n'est pas éteinte..."

Kiran compléta par lui-même. Si le droit de succession était accepté via l'adoption... le père de Kiran en quelque sorte, avait été adopté par Pitambar Kahasi, et était donc un Kahasi, ce qui faisait de Kiran le dernier représentant de la famille Kahasi. Le visage de Kiran ne se crispa pas. Au contraire. La situation était comique. Et tragique, aussi. Peut-être même pathétique. Il ne savait plus trop, mais ce qui était sûr : qui que ce soit qui avait inventé toute cette histoire, il devait drôlement rire de sa création. Aussi Kiran eut une réaction qu'aucun de ses conseillers n'aurait pu prédire, le jeune homme faisant rarement cas de cynisme :

"Ça tombe bien, ses crises de succession commençaient à me manquer ! Je suppose qu'avec ma chance, la presse sera déjà au courant à la fin de la journée !"[/justify]