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Posté : mer. août 02, 2017 4:48 pm
par Johel3007
[center][img]https://s2.postimg.org/i4zrm2ce1/Yamuna.png[/img][/center]

[center][url=https://www.youtube.com/watch?v=HBwZPozCmGA]Je voudrais déjà...[/url][/center]

[center][img]https://s2.postimg.org/r90d09ofd/Yamuna_Krishnan.png[/img]

Prénom et nom : Yamuna Arkidravi
Date de naissance : 10/10/2004
Origine : Mahajanubia[/center]

[spoiler="Courte biographie"]Née et élevée dans le palais de la principauté d'Aadheratkhe, dans les collines à l'Est du Mahajanubia, Yamuna Arkidravi est la fille aînée de l'actuelle souveraine, la Rani Ailis Arkidravi.
Face aux opinions très tranchées de sa mère en ce qui concernent les qualités pour une bonne Rani, elle a fait des études poussées en Britonnie tout en poursuivant plusieurs projets d'entreprises, notamment dans les domaines pharmaceutiques, dans les cosmétiques et la mode, cherchant sans cesse à prouver sa valeur à sa génitrice tout en affirmant son indépendance.
Brièvement employée comme journaliste auprès du Lanfair Network durant ses études, elle n'y resta toutefois que peu de temps, ses origines sociales faisant tache dans un milieu de tradition fortement travailliste. Elle y fera toutefois des rencontres enrichissantes, tout comme parmi ses camarades à l'Université. Elle est ainsi initiée aux idées de la gauche et y trouve une certaine logique sociale mais, si certaines des valeurs travaillistes font écho aux positions de sa dynastie, notamment en matière de moeurs et d'égalité politique entre les sexes, elle se retrouve tiraillée entre les intérêts économiques de sa famille et ses propres convictions politiques.

Alors que l'Amarantie défraie de plus en plus les chroniques internationales, notamment sur les questions d'esclavage sexuel, elle trouve dans l'appel du Prince de Movopolis une opportunité de concilier ses opinions et ses intérêts : elle deviendra Princesse de Movopolis, conquérant puis régnant suprême sur la principauté Amarantine. Elle la modèlera selon ses convictions, en faisant le laboratoire socioéconomique et le prototype de démonstration parfait pour convaincre la Rani Ailis Arkidravi de faire d'elle la future dirigeante d'Aadheratkhe.
Ce plan semble d'autant plus opportun [url=http://www.simpolitique.com/post316122.html#p316122]qu'un des projets de la Rani concernant l'Amarantie[/url] a récemment essuyer un revers significatif et que la vieille femme se retrouve donc sans soutien politique pour le mener à bien. Voir la chaire de sa chaire prête à s'impliquer de manière enthousiaste et en première ligne pour défendre une cause qu'elles partagent a convaincu la Rani d'accorder à son ainée les fonds nécessaires à obtenir un titre de noblesse, plantant ainsi son étendard sur les plages d'Amarantie et préparant la tête de pont d'où une vague progressiste déferlera sur le pays tout entier, tout en sécurisant d'avantage de terres pour la Dynastie.

Mais les projets de Yamuna ne s'arrêtent pas là : plus secrètement, à l'insu de sa propre mère, elle désire se débarrasser à terme de ses titres de noblesse, tant en Amarantie qu'au Mahajanubia. Ceux-ci ne sont que des outils pratiques pour la cause qu'elle a fait sienne avec discrétion depuis déjà plusieurs années : la Révolution Mondiale du Prolétariat !![/spoiler]
[spoiler="Positionnements politiques"]Conservateur - Progressiste :

Yamuna, de par son éducation et ses origines, a des vues assez conservatrices sur nombre de points. Il s'agit toutefois d'avantage de réflexes que d'opinions profondes et réfléchies car la jeune femme se définit d'avantage comme une femme moderne, désireuse d'embrasser le progrès et de balayer les traditions injustifiées.

Conventionnel – Révolutionnaire :

Définitivement révolutionnaire, Yamuna ne désire rien de moins que la chute de l'aristocratie mondiale au profit d'une véritable démocratie populaire.
Elle est toutefois consciente que ceux qui prétendent se battre pour la Révolution en agitant des pancartes et en combattant le système de front ne réussiront jamais qu'à gâcher des vies.

Economiquement interventionniste – Economiquement libéral :

Yamuna est en faveur d'une économie centralisée avec de forts éléments de planification.
Elle a toutefois une expérience d'entrepreneuse pleine de réussite et voit les avantages indéniables que peut avoir la Révolution à emprunter temporairement les modes d'organisation capitalistes jusqu'au triomphe final.

Pacifiste/Laxiste – Belliqueux/Autoritariste :

En apparence aimable et consciliante, Yamuna a toutefois l'âme d'un tyran. Habituée à ce que les faits lui donnent raison, elle ne supporte pas les opinions contraires, assumant par défaut qu'ils sont erronés. De même, elle est un vipère vicieuse envers ceux qui, en plus de ne pas partager son point de vue, s'opposent activement à ses actions.

Rural – Urbain :

Élevée dans une atmosphère rurale mais protégée puis envoyée dans les métropoles de Britonnie, le coeur de Yamuna appartient à la ville.

Biocentrisme – Anthropocentrisme :

L'écologie est une opinion que seuls les bourgeois riches et grassouillets peuvent se permettre le luxe de tenir lors de leurs soirées à l'abri des éléments.
Lorsque l'Humanité aura enchaîné et brisé Dame Nature, la condamnant pour toujours à une servitude inoffensive en pénitence des millénaires de souffrance infligés au nom de la "sélection naturelle", puissant à pleine mains dans ses entrailles de quoi subvenir aux besoins de chaque homme, femme et enfant, alors et seulement alors il sera temps de se laisser aller à des considérations aussi romantiques que la coexistence harmonieuse et durable avec les bébés phoques.

Suiveur – Meneur : 90% - 10%

Yamuna ne souhaite pas attiré l'attention si cela peut être évité.
Elle sera heureuse de laisser d'autres qu'elle attirer la lumière des projecteurs, tant que ses objectifs sont atteints.

Soutien au Prince :

Si vous avez lu ce qui précède, vous devez vous douter que l'opinion de Yamuna concernant Zénon II est des plus basses...[/spoiler]
[spoiler="Son équipe"][img]https://s1.postimg.org/irjg8o44f/Director0001.png[/img]
Darshit Lakadekavik
Directeur de Arkidravi Partnership
Centre Marketing gérant le contact clientèle pour un montage d'optimisation fiscale destiné à réduire les impôts des entreprises de Movopolis

[img]https://s2.postimg.org/umyqnnoo9/Dr.Rakesh_2.jpg[/img]
Ankhur Gaayheelar
Directeur du Cabinet Gaayheelar
Cabinet vétérinaire offrant une filière légale pour faciliter l'IVG chez les femmes le désirant mais rencontrant des blocages auprès de leur médecins pour raisons morales ou idéologiques[/spoiler]

Posté : mer. août 02, 2017 5:11 pm
par Johel3007
Spéculations législatives

[quote]
Loi sur les semences
Påske Froskersen

-Tout paysan qui le choisirait est en droit d'user de semences non-homologuées sans restriction et sans comptes à rendre à quiconque.
-Multiplier ses propres semences est une liberté paysanne à sauvegarder.

Votes en faveur
Påske Froskersen
Stephen Skylark
Lyco Seneca
Jovinien Ar Sent

Votes en opposition
Aleksy Kalesza
Adélia Sinclair
Yamuna Arkidravi
Ottilia d'Urnavuk

Votes inconnus
Benitto Montella
Akashita Fūma
William "Bill" Pecker
Sarit Kriangsak
Lee Tian Loon
Eric Bertaud
Linghuo Jizhi
Mara-Mamela Mavrocordato di Sutzopolis
Ibrahim Ould Abbès
Alexios Lakis
Toah Azo'ha
Alexandrine Tar D'Omnes
[/quote]

[quote]
Droit d'accès à l'IVG
Alexandrine Tar D'Omnes

-L'IVG est autorisé pour les femmes de moins de 14 ans jusqu'à 6 semaines après la conception
-L'IVG est autorisé pour toutes les femmes jusqu'à 6 semaines après la conception
-L'IVG nécessite toujours l'aval d'un gynécologue ou autre expert médical
-L'IVG est autorisé dans tous les cas si la grossesse met en danger la vie de la mère ou risquerait de provoquer des dommages physiques irréversibles
-L'IVG et les solutions mises en place pour le contrer sont gratuits pour toutes les femmes

[center][img]https://s2.postimg.org/bcw3e60s9/0001_-_Droit_d_acc_s_l_IVG.png[/img][/center]

Votes en faveur
Adélia Sinclair
Yamuna Arkidravi
Lyco Seneca
Alexandrine Tar D'Omnes
Ottilia d'Urnavuk
Stephen Skylark
Aleksy Kalesza

Votes en opposition
Jovinien Ar Sent
Eric Bertaud
Påske Froskersen
Ibrahim Ould Abbès

Votes inconnus
Benitto Montella
Akashita Fūma
William "Bill" Pecker
Sarit Kriangsak
Lee Tian Loon
Linghuo Jizhi
Mara-Mamela Mavrocordato di Sutzopolis
Alexios Lakis
Toah Azo'ha
[/quote]

Mise à jour : 12/10/2033

Posté : jeu. août 03, 2017 7:43 am
par Johel3007
Manoeuvres en coulisse
08/10/2033

[center][img]https://s1.postimg.org/3tyuxg7z3/Dominoes-_Isolated-1024x495.png[/img][/center]

[quote="Hobbes"]@Aleksy KaleszaERRATUM: Merci à @Movopolis874. En effet, j'ai mal interprété la nouvelle loi sur l'avortement[url=http://www.simpolitique.com/post317875.html#p317875]. Cette dernière proposition de loi[/url] me semble, en effet, plus raisonnable et conforme à la morale que la première. J'invite dès lors tous les nobles à soutenir ce projet parvenant à allier Morale et Bien-être.[/quote]

[quote="Alwine"]@Ottilia d'Urnavuk Je suis heureuse de voir une personne compétente reprendre la main sur cette affaire ! Je remercie @Movopolis874 pour son formidable travail de dialogue et de conciliation, et je ne saurais trop conseiller aux actuels promoteurs de cette loi de suivre cette sage suggestion. Sans cela, je suis certaine que d'autres auront la sagesse de la déposer pour faire barrage à la proposition actuelle ![/quote]

[quote="François de Callune"]@Stephen_Skylark : Le projet de loi pour l'IVG tel qu'il est proposé à rédigé par @Movopolis874 me paraît tout à fait convenable. Je suis prêt à voter favorablement pour cette loi, et la soutiendrai auprès du Conseil Nobiliaire. Je pense sincèrement que ce projet est raisonnable et respectueux de l'homme, de la femme et de l'enfance. Je remercie @Movopolis874 et le félicite pour sa sagesse et son écoute.[/quote]

Et voilà, c'était fait...

Posant sa tablette, Yamuna s'autorisa un soupir de soulagement. Elle avait passé les deux derniers jours en un va et viens constant, cherchant ses entrées dans la sphère nobiliaire de Movopolis là où elle pouvait les trouver.

Elle avait visiter le camp de hippies qui s'était dressé devant l'Assemblée Nobiliaire, incognito, vêtue d'un simple T-Shirt "Kirov Lives In Death" et d'une casquette "commerce équitable made in Bykova", avec seulement un garde du corps lui-même déguisé en un gigantesque transsexuel trop bronzé aux habits multicolores. Avec sa carrure, la brute ne passerait de toute façon pas inaperçu alors autant qu'il se fonde dans le décors. Non que ça lui eu plus mais c'était Yamuna qui signait ses chèques. Ou au moins qui tenait sa famille en servitude sur trois générations à cause d'une mauvaise récolte et d'un vol de bétail raté.
Dans ce camp, elle avait vu de tout mais surtout exactement le genre de gauchisme dont elle ne voulait pas : celui des adolescents en conflit avec l'autorité et les responsabilités, voulant simplement profiter du moment, rêver d'un monde qui serait beau comme un arc-en-ciel mais qui croyaient qu'il suffisait de venir participer à une orgie sous un nuage de fumée empestant le cannabis durant la nuit et de hurler très fort de jour pour que, soudainement, ils fassent changer d'avis à des politiciens ayant chacun acheter leur titre à un prix plus élevé que ce que ces punks idéalistes produiront durant toute leur existence.
La Révolution avait plusieurs voies mais celle de la protestation pacifique n'était certainement pas la meilleure, surtout si elle ne s'accompagnait pas de manœuvres politiques. S'il fallait certes laissé aux combattants l'occasion de faire exploser leurs passions, il fallait aussi lui donner une utilité. Une foule qui hurle ne sert à rien si la cible de leurs aboiements n'est pas contactée avec calme et respect par des agents plus raisonnables. Après tout, quel genre d'idiot accepterait de répondre à l'appel de la baronne rouge pour venir débattre avec elle devant une foule enragée ?

Il y avait aussi quelques authentiques révolutionnaires : des gars simples, avec leurs idées, venu offrir leurs corps et leurs bras pour former la manifestation physique et visible du désir populaire. Ils avaient un travail, une famille, une vie réelle, avec des impératifs matériels clairs. Et malgré tout, ils prenaient sur leur temps libre, sur leurs heures de sommeil, sur leurs congés même pour contribuer à une cause en laquelle ils croyaient. Ceux-là, même si elle ne leur parla pas, elle pouvait respecter. À défaut d'être utiles aujourd'hui, ils le serraient peut-être dans le futur.
Sur place, elle avait rencontré Lyco Seneca, "baron" au titre acheté par son gouvernement. Un porte-parole, en soit. Ou peut-être plus ? L'homme était difficile à cerner mais restait modeste à bien des égards. Cela plaisait à Yamuna. Et si le modèle de pensée de l'Ascensuséen était difficile à suivre et même un rien trop complexe pour la Janubienne, elle pu arrivé à trouver un terrain d'accord avec lui : cette manifestation ne servirait pas à grand chose. Lui-même n'était d'ailleurs peut-être là que pour recruter à sa cause quelques âmes pas encore trop décérébralisées par le chanvre et l'alcool.
Pour toutes ses bonnes idées, Lyco n'avait toutefois ni la grâce sociale ni l'instinct de tueur nécessaires à avancer en politique. L'homme le reconnaissait volontiers lui-même : il ne voulait pas d'une victoire électorale. Son objectif était la mise en place de structures parallèles, d'organisation des masses pour ensuite leur offrir Movopolis pacifiquement, sans avoir à tirer un seul coup de fusil, simplement parce que toute la structure étatique, toute la hiérarchie sociale antérieure, tous les rapports de pouvoir basé sur la loi de Movopolis... auraient été marginalisés de la vie des gens par un modèle supérieur. Bien entendu, Lyco l'avait dit avec des mots plus compliqués, de longues phrases alambiquées et une obsession du détail d'où dégoulinait l'amour des procédures, des petits comités, des concertations, ect... mais bon, sur le fond, l'ascensuséen était exactement son genre de révolutionnaire : un homme qui avait en tête un système et qui se battait pour convaincre les gens qu'il fallait le construire au sein de la société existante plutôt que de chercher à détruire ou changer radicalement le système actuel sur lequel reposait cette société.

Le contact avec la Baronne Rouge, Alexandrine Tar D'Omnes, fut un peu moins facile. La jeune femme avait une très forte personnalité, pleine d'un feu vibrant et d'un charisme qui fit même naître une pointe de doute dans l'acier froid des convictions de Yamuna. La Janubienne comprit ce qui avait rassemblé tant de monde autour d'Alexandrine pour une cause en apparence perdue : la jeune femme était un parfait tribun. Si chaque homme et femme était un outil au service de la Révolution, alors Alexandrine pourrait en être le marteau : brutale, honnête, agressive, allant droit au but sans même considérer que le problème n'est pas un clou et qu'une autre approche soit envisageable. Pour ces raisons, Yamuna ne parla pas beaucoup avec la Baronne Tar D'Omnes. Elle écouta surtout. Et longtemps. Puis elle posa des questions, afin de bien comprendre qu'est-ce qui, dans le discours de son interlocutrice sur l'IVG, était de la simple rhétorique et qu'est ce qui était des valeurs sacrées, des convictions profondes sur lesquelles Alexandrine ne reculerait pas, quoiqu'il arrive. Vers 05h00 du matin, elles durent s'arrêter de parler quand un "MAIS VOUS ALLEZ LA FERMER BIENTÔT, OUI ??!!" retentit depuis une tente proche. Mais aucun mot supplémentaire n'était requis : un accord tacite existait.

Le défilé de Ottilia d'Urnavuk avait été une occasion de rencontrer quelques têtes (et surtout de montrer la sienne) mais la princesse Janubienne n'avait pas senti un seul de ses pairs prêt à l'écouter parler de politique ce soir-là. Surtout pas sur un sujet aussi sensible que l'IVG. Si les robes firent rêver l'âme de princesse au fond de Yamuna et si l'ensemble fut une réussite parfaitement chronométrée, la Janubienne regretta de ne voir aucune de ses deux cibles de la soirée : Aleksy Kalesza et Ottilia d'Urnavuk s'étaient éclipsés peu après la fin.

Elle ne put contacter Ottilia d'Urnavuk que bien plus tard. Quant à Aleksy Kalesza, elle fut forcée d'embusquer l'homme à la sortie de la messe. Elle alla droit au but sitôt hors d'atteinte des oreilles du curé : Le projet de droit d'accès à l'IVG allait changer pour s'adoucir. Le projet de loi sur les semences, que le Baron Kalesza opposait, semblait bien parti pour passer. Si Yamuna lui garantissait le vote de trois nobles CONTRE la loi des semences, Kalesza devait voter POUR le droit d'accès à l'IVG sitôt le projet remanié. L'homme avait hésité et refusé de donner une réponse.

Une manoeuvre similaire avait eu lieu pour la Baronne d'Urnavuk et Stephen Skylark, bien qu'avec un autre type de carotte.
Ni l'un ni l'autre n'étaient opposés fondamentalement au droit d'accès à l'IVG. Mais ils voulaient une loi mieux ficelée. Débattre avec eux fut plus simple : un peu d'idéologie, beaucoup de pragmatisme. Paradoxalement, c'était avec les gens raisonnables qu'il fallait prendre le plus de précautions lors de la discussion. Il fallait bien comprendre où était la façade et où commençait les convictions, quand faire appel à la raison et quand ménager la fierté, comment agiter la carotte et comment montrer le bâton. Trop de l'un au mauvais moment et de la mauvaise manière... et votre interlocuteur pouvait soudainement passer d'incroyablement coopératif à viscéralement hostile. Dans l'ensemble, Yamuna pensait ne pas s'en être trop mal tirée.

La confirmation était venue lors de la relance du Baron Kalesza : un simple tweet anonyme, sous le pseudo d'emprunt @Movopolis874, noyé dans la masse de tweets que le staff du Baron devait déjà filtré quotidiennement. L'allusion à la messe du matin avait probablement permis de passer ce filtre. Et l'intelligence du Baron avait connecté les fils. Son changement d'opinion lui vaudrait sans doute quelques ennemis dans son propre camp mais, de la même manière qu'il pouvait ignoré les hippies sans le sou devant l'Assemblée Nobiliaire car son titre valait d'avantage que le travail combiné de leurs existences, il pouvait ignoré quelques bigots fondamentalistes... car les donations des lobbys des semences valaient d'avantage que toutes les aumônes des fanatiques.

Le Baron Kalesza avait été le premier d'une série de dominos.
Dans les heures qui avaient suivi son tweet annonçant son soutien au droit d'accès à l'IVG, Yamuna avait revu ses notes sur les discussions avec Skylark et d'Urnavuk. Puis elle avait contacté Lyco et Alexandrine pour les convaincre d'une part de voter CONTRE la loi sur les semences et d'autre part d'amender à nouveau le droit d'accès à l'IVG pour accommoder les nobles à présent indécis.
La victoire n'était toujours pas garantie mais, grâce aux débats publics ayant eu lieu les jours précédents, ce nouveau changement donnait l'impression que la loi était un compromis entre toutes les factions idéologiques de Movopolis. Que même un fervent catholique comme Kalesza s'y rallie suffirait à convaincre nombre de ses pairs.

Si la loi passait, Alexandrine en récolterait les lauriers vis-à-vis de ses partisans, la consacrant effectivement comme la meneuse de l'effort progressiste. Mais tout tiendrait maintenant à savoir si oui ou non elle amenderait la loi dans le sens proposé, si elle et Lyco respecteraient les consignes de vote, si Kalesza ne les trahirait pas et si Skylark et d'Urnavuk ne changeaient pas d'avis.
Beaucoup d'inconnues, beaucoup de risques... mais au moins, on avançait.

Posté : jeu. août 03, 2017 9:01 am
par Johel3007
Vers l'Oligopole Prolétarienne

Panneau publicitaire visible sur plusieurs façades et avenues de Movopolis :

[center][img]https://s1.postimg.org/66y05e7q7/Fiduci_re.png[/img][/center]


[center]-----------------------------[/center]

Le plan était simple :
Un site web basique construit à partir de ces CMS gratuits qu'on trouvait en abondance sur la Toile.
Et dessus, un formulaire électronique pour que les gens laissent leurs propres coordonnées :
Nom, Prénom, Nom de l'entreprise, Numéro d'entreprise, Numéro de téléphone, Adresse email

Une fois les clients potentiels arrivés, il n'y aurait qu'à contacter les plus juteux d'entre eux et faire une offre qu'ils ne pourraient pas refuser.
Yamuna allait crée une entreprise dont elle serait la seule actionnaire, directrice et travailleuse, accommodant la chose selon les subtilités légales locales.
La seule fonction de cette entreprise serait de fournir des "travaux administratifs" aux entreprises concernées, sans précision additionnelle nécessaire.

Avec chaque client, il serait convenu d'un montant à défiscaliser, d'une liste de bénéficiaires précis et de la somme à leur verser.
Une facture pour le montant serait adressée, gonflant le chiffre d'affaire de l'entreprise de Yamuna et donc le bénéfice imposé à seulement 11%.
En fin d'année, un simple calcul indiquerait à Yamuna combien d'actions devraient être émises par son entreprise... et vendues pour un euro symbolique aux bénéficiaires de sa liste.
Suivraient ensuite une distribution de dividendes, suivis d'un rachat des actions par Yamuna pour le solde restant dû à chacun.

Elle ne se ferait qu'un très faible bénéfice, juste de quoi couvrir ses propres coûts et un petit quelque chose en plus.
L'objectif n'était pas la richesse mais juste l'influence, gagnée auprès des milliers de capitaines d'entreprise qu'elle enrichirait.

Il y aurait des frais administratifs, bien sûr... mais avec 20% des sommes en jeu, elle avait de la marge.


[center]-----------------------------[/center]


[spoiler="Optimisation fiscale"]Situation initiale

Le client, que nous appellerons « CC1 » est une entreprise faisant 100.000 $ de chiffre d’affaire.
« CC1 » a aussi des frais (personnel, matières premières, amortissements, services divers) pour 70.000 $.
Il lui reste donc un bénéfice avant impôt de 30.000 $.
Si nous assumons que le bénéfice avant impôt est ici strictement égal au bénéfice imposable, il en résultera un impôt de 31% sur 30.000 $, soit 9.300 $ d’impôt et un bénéfice net après impôt de 20.700 $.
Ces 20.700 $ peuvent être distribués aux actionnaires. Selon si le système fiscal de Movopolis impose ou non les dividendes, un nouvel impôt sera alors prélevé dessus.
Au mieux, les actionnaires recevront donc 20.700 $.

Situation nouvelle

Le client, que nous appellerons « CC1 » est une entreprise faisant 100.000 $ de chiffre d’affaire.
CC1 a aussi des frais (personnel, matières premières, amortissements, services divers) pour 70.000 $.
S’y ajoute des frais venant de l’entreprise « Arkidravi Partnership n°1 », alias « FF1 », qui demande 25.000 $ pour ses services.
Il lui reste donc un bénéfice avant impôt de 5.000 $.
Si nous assumons que le bénéfice avant impôt est ici strictement égal au bénéfice imposable, il en résultera un impôt de 31% sur 5.000 $, soit 1.550 $ d’impôt et un bénéfice net après impôt de 3.450 $.
Ces 3.450 $ peuvent être distribués aux actionnaires. Selon si le système fiscal de Movopolis impose ou non les dividendes, un nouvel impôt sera alors prélevé dessus.
Au mieux, les actionnaires recevront donc 3.450 $.

Mais ces actionnaires ont aussi entretemps pu acheter des actions de « Arkidravi Partnership n°2 », ici appelée « FF2 » pour 1 $ chacune. Cet achat a été limité en fonction du nombre d’actions de « CC1 » qu’avaient déjà chaque actionnaire.
« FF1 » a eu un chiffre d’affaire de 25.000 $, des frais de 1.000 $ et a donc un bénéfice imposable de 24.000 $. Parce que « FF1 » est détenu à 100% par la baronne Arkidravi, le taux d’imposition n’est que de 11%, soit un impôt de 2.640 $.
Il reste donc à « FF1 » un bénéfice distribuable de 21.360 $, reçu en totalité par la Baronne Arkidravi.

Puis la Baronne Arkidravi rachète toutes les actions de « FF2 » pour un montant égal à ce qu’elle a reçu en dividendes nets de « FF1 ».

Ainsi, les actionnaires de « CC1 » auront reçu :
3.450 $ + 21.360 $ = 24.810 $
Cela représente une hausse de presque 20% comparé à ce qu’ils recevaient avant.

Et l'impôt, initialement de 9.300 $, est passé ici à 1.550 $ + 2.640 $ = 4.190 $, soit une baisse de 55%.
Elle aurait pu être jusqu'à 65% si la totalité du bénéfice "intermédiaire" de « CC1 » avait été capté par « FF1 ».

Sur de petites entreprises, la différence n’est pas énorme en valeur absolue, d'autant que les frais administratifs seront fixes par entreprise.
Mais sur de grandes entreprises ayant des millions en bénéfice imposable, ce genre de manœuvre peut rapporter rapidement beaucoup.
Et ceci sans nécessité que l’entreprise ne soit même partiellement cédée à un noble.[/spoiler]

Posté : ven. août 04, 2017 3:51 am
par Johel3007
Vers l'Oligopole Prolétarienne

[center][img]https://s3.postimg.org/fjqeobu83/p5-liars-a-20140115.jpg[/img][/center]

En prévision d'un possible afflux de clients potentiels, Yamuna Arkidravi prit les devants en prenant quelques arrangements dans sa chère patrie, la principauté d'Aadheratkhe. Figurant parmi les principautés pauvres du Mahajanubia, Aadheratkhe restait une "principauté majeure" de par sa taille : quelques 800.000 personnes y vivaient, principalement des familles paysannes dispersées à travers les quelques 14.000 km² que couvrait le domaine de la Dynastie Arkidravi. Des familles pauvres, vivant d'une agriculture de subsistance et qui saisissaient n'importe quelle occasion d'envoyer un fils cadet au service de la Rani ou d'un autre noble.
Quand Yamuna Arkidravi annonça son projet de créer un centre d'appel ainsi qu'un centre de formation au grec, les volontaires furent innombrables pour apprendre la langue et pour travailler. Les volontaires qualifiés, eux, étaient bien moins nombreux. La langue faisait visiblement barrière. Un appel similaire fut lancé à l'échelle nationale puis jusqu'en Horborash, où la main d'oeuvre était pour ainsi dire deux fois moins chère, mais sans réel succès : le grec n'avait tout simplement jamais pris dans la région. Et former des Janubiens à être capable de le parler prendrait du temps.

L'idée serait explorée dans l'avenir. Mais pour l'heure, il faudrait faire avec la main d'oeuvre locale.
Le boulot serait simple :

Trois équipes étaient formées.

Chaque matin, les messages reçus sur le site en ligne serait divisés en lots

Chaque employé de l'équipe 1 recevrait un lot, avec pour mission de faire un premier tri entre les clients potentiels et les messages "parasites". Trois facteurs-clés pour ce triage :
Le numéro d'entreprise, le nom de l'entreprise et l'email de contact mentionnés dans le formulaire.
Si les trois correspondaient à une véritable entreprise, il s'agissait d'un client potentiel. Il était ajouté aux lots du lendemain pour l'équipe 3.
Si seulement deux des trois correspondaient, il faudrait examiné plus en détail : était-ce un cas de fraude ? Ou juste une erreur ? Il était ajouté aux lots du lendemain pour l'équipe 2.
Si un seul ou aucun des trois ne correspondaient, le formulaire serait considéré comme rejeté et une réponse automatique serait envoyée.

L'équipe 2 recevrait des lots d'erreurs potentielles.
Sa mission : contacter l'entreprise mentionnée sur les coordonnées reprises sur son site en ligne plutôt que sur les coordonnées mentionnées sur le formulaire.
Il fallait vérifié d'où le message était parti et s'il s'agissait d'une fraude ou tentative de sabotage... et surtout informer l'entreprise que quelqu'un tentait d'utiliser son nom.
Celle-ci choisirait si oui ou non elle souhaitait poursuivre l'affaire en justice mais, à ce stade, cela ne concernerait plus Yamuna et ses employés.
En somme, il s'agissait de sous-traiter gratuitement la répression contre les spams et autres tentatives de sabotage, le tout en s'assurant peut-être des clients potentiels.

L'équipe 3 recevrait des lots de clients potentiels vérifiés, avec pour mission de les recontacter, de leur expliquer le mécanisme fiscal que proposait la baronne et de chercher à convaincre ces clients potentiels de devenir de véritables clients pour "une année d'essai".

Tous les employés commenceraient dans l'équipe 1 à titre d'essais. Tous suivrait aussi une formation supervisée par quelques représentants marketing expérimentés recrutés spécialement pour cela.
Les plus dégourdis passeraient dans l'équipe 2 jusqu'à remplir les effectifs. Ensuite, selon le flux de formulaires, l'équipe 3 serait formée à partir des meilleurs éléments de l'équipe 2.
En plus de leurs salaires (ridiculement bas mais néanmoins satisfaisant pour un travail si peu qualifié), les employés recevraient un bonus pour chaque client décroché. On espérait ainsi encouragé une certaine qualité et implication de la part des travailleurs. Il fut même question de leur donner des parts de la société d'ici trois ans si leurs performances étaient adéquates.

Enfin, des locaux furent loués. Yamuna Arkidravi envisagerait d'acheter dans le futur... mais pourquoi débourser plusieurs centaines de fois un loyer mensuel quand l'opération n'avait pas encore prouver sa viabilité ? Parfois, il fallait accepté de perdre un peu d'argent pour éviter d'en perdre beaucoup plus.

Les besoins furent estimés grossièrement :
  • 1 directeur avec des compétences et une solide expérience en marketing, avec un coût mensuel de 1000 $ et un bonus de 5 $ par 1000$ de chiffre d'affaire confirmé (ventes totales).
  • 3 directeurs adjoints avec des compétences et expérience marketing notable, avec un coût mensuel de 500 $ et un bonus de 5 $ par 1000$ de chiffre d'affaire confirmé (vendu par cette équipe).
  • 30 employés peu qualifiés avec un coût mensuel de 200 $ et un bonus de 10 $ par 1000$ de chiffre d'affaire confirmé (vendu par cet employé).
  • 500 m² de bureaux, histoire d'avoir de la place pour grandir si besoin. Cela ne devrait pas coûter bien cher, [url=http://www.simpolitique.com/post316960.html#p316960]vu la quantité d'espaces vides récemment apparus dans le centre commerciale Nokostous[/url] et la morosité ambiante de l'économie.
  • Ordinateurs, téléphones, imprimantes, mobiliers,... rien de bien coûteux, vu la petite échelle de l'entreprise.


Hors infrastructure, Yamuna estima grossièrement à 15.000 $ par mois les frais fixes récurrents, auxquels s'ajouterait 2% du chiffre d'affaire en bonus.
Le coût unique de l'infrastructure en elle-même serait de peut-être 50.000 $.
Au pire des cas, elle en aurait pour 250.000 $ de frais pour les douze premiers mois. Une aumône au vu des rentrées potentielles attendues.
Le vrai coût viendrait des bonus, proportionnels à la réussite de son affaire. Et si on y ajoutait des frais de notaire pour la création de milliers de sociétés écrans, il faudrait à la jeune noble une solide trésorerie... mais rien de ruineux, d'autant que le gros des coûts pouvaient être reportés en fin d'année, quand elle aurait confirmation si oui ou non la clientèle le justifiait.

Juste au cas où, elle décida quand même de se renseigner un peu plus sur les possibilités de créer un centre de formation au grec à Aadheratkhe.
Après tout, même sans la conquête de Movopolis dans la balance, l'idée restait intéressante sur un plan purement économique.

Posté : sam. août 05, 2017 8:32 pm
par Johel3007
Vers l'Oligopole Prolétarienne

[center][img]https://s1.postimg.org/yophacehr/Minor_Injury_Walk_In_Clinic1.jpg[/img][/center]

Les rapports sonnaient clairs : le droit d'accès à l'IVG allait passé.
Les détails restaient à régler mais, avec lui et l'assurance que le trésor public couvrirait les frais liés aux avortements, des milliers de femmes de la principauté mais aussi du reste de l'Amarantie allaient vouloir s'approprier le droit à disposer de leur corps et donc à refuser de porter les enfants non-désirés. Quantité d'ovaires fertilisés seraient ainsi bientôt assassinés à coup d'aspirateurs et autres méthodes créatives visant à réduire le taux de natalité de l'Amarantie et à offrir à ses femelles une sexualité libérée des tracas biologiques liés à leur genre.

Bien entendu, les nobles législateurs, dans leur grande sagesse et animer par le désir d'offrir au bon peuple une législation claire et juste, avaient travaillé d'arrache-pieds à perfectionner le projet de loi pour ne laisser qu'un texte clair et sans ambiguïté, un chef d'oeuvre légal sans la moindre possibilité d'abus potentiels.
Ainsi, la loi prévoyait que toute demande d'avortement soit soumise à l'approbation "d'un gynécologue ou autre expert médical".
Considérant que la majorité des membres du corps médical en Amarantie étaient des hommes et qu'ils faisaient partie d'un ordre ancestral fortement attaché à ses traditions, on pouvait s'attendre à ce que les héritiers spirituels d'Hippocrate soient vigilent à ne pas trivialiser le meurtre de nourrissons.

Évidemment, l'auteur réelle de ce projet de loi avait une vision bien plus réaliste et pragmatique de la situation...


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[img]https://s2.postimg.org/6pni800tl/Dr.Rakesh_2.jpg[/img]

Au Mahajanubia, le docteur Ankhur Gaayheelar était un membre respecté du corps vétérinaire. Un expert médical parmi les plus distingués de son Jati, responsable du succès de la mise à bas de centaines de génisses et même de quelques innovations techniques sur la fécondation in-vitro des bovins.
Bien entendu, il y avait une certaine marge entre les appareils génitaux des paisibles ruminants et ceux, plus délicat, des jeunes nymphomanes qui se presseraient bientôt au future "Cabinet Gaayheelar" dont il serait partenaire minoritaire avec la Baronne Yamuna Arkidravi.
Fort heureusement pour ses patientes, le cabinet du bon docteur n'était pas équipé pour pratiquer le genre d'intervention pour laquelle elles viendraient le consulter. Mais il était tout à fait à même, légalement, de délivrer son aval d'expert médical pour cette intervention. Libre à chacune de ces pauvres créatures d'aller ensuite choisir la clinique de leur choix pour se faire lessiver le bidon.
La clé résidait dans le fait qu'Ankhur Gaayheelar ne ferait pas ici de faux diagnostique. Il ne se prononcerait pas sur les dangers de la grossesse pour sa patiente. Il n'estimerait même pas la durée de la grossesse : ce travail aurait déjà été réalisé par un autre de ses collègues... qui auraient ensuite refusé de donner leur aval par simple principe. Ankhur Gaayheelar se contenterait, comme la loi l'autorisait dans sa lettre, de donner son aval d'expert médical sur base des diagnostiques de ses confrères : grossesse inférieur à 6 semaines donc IVG autorisé.

Pour ses services, Ankhur Gaayheelar réclamait des honoraires salés mais qui restaient tout à fait abordables comparés à l'avortement en lui-même.
Et comme ce dernier était à présent pris en charge financièrement par l'État...

Dans les locaux du futur cabinet, la pièce la plus spacieuse était la salle d'attente.
On attendait une file longue sitôt que les premières futures ex-mères seraient éconduites par leur gynécologue, leur médecin de famille et tout autre expert médical respectable.
Quelques minutes d'entretien pour avoir "la discussion" avec la jeune femme, visant à la dissuader via des arguments moraux, puis un coup de téléphone à ces médecins à l'esprit agité de scrupules pour s'assurer qu'ils aient bien rendu le diagnostic de 6 semaines aux dates mentionnées. Et si tout était en ordre, l'aval serait donné par écrit. Bonne chance, mesdemoiselles !!

Mais pour l'heure, ces locaux étaient déserts et la peinture de leurs murs encore fraîche.
La publicité ne débuterait qu'après que la loi soit passée.
Anticipant ce jour, Yamuna et Ankhur parlaient déjà de peut-être organiser des services de bus...

Posté : mar. août 08, 2017 8:03 am
par Johel3007
Vers l'Oligopole Prolétarienne

"-Bonjour Monsieur. Mon nom est Alkéos, employé chez Arkidravi Partnership. Je vous appelle suite à une demande d'information déposée voici quelques jours sur notre site. Suis-je bien en contact avec Monsieur Dēmētrianós Papadimitrios, de "Chez Dēmētrianós" ?"

"-... Un instant, je vais le cherché. CHÉRI !!! C'EST UN GARS QUI DIT QUE T'AS LAISSÉ UN TRUC SUR LEUR SITE !!"

"- Oui ?"

"-Bonjour Monsieur. Mon nom est Alkéos, employé chez Arkidravi Partnership. Je vous appelle suite à une demande d'information déposée voici quelques jours sur notre site. Comment allez-vous ?"

"-Bien merci. C'est... heu... oui, j'ai laissé ça y'a deux jours. J'étais curieux. Z'êtes rapide."

"-Nous essayons, Monsieur. Un service rapide et de qualité pour nos clients et peut-être futurs clients. Monsieur, la raison de mon appel est de vous parlez du service que nous proposons et répondre à vos questions. L'appel ne devrait pas durer plus d'une vingtaine de minutes. Êtes-vous confortable et disposé à discuter ? Ou pouvons-nous fixer un temps plus agréable pour vous afin que je vous rappelle ?"

"-Non, non, là, on a finit le service de midi donc c'est calme en salle. J'ai un peu lu votre site et c'est pas très clair comme machin. Aussi, j'ai [url=http://www.simpolitique.com/post307090.html#p307090]déjà entendu des trucs[/url] [url=http://www.simpolitique.com/post307123.html#p307123]concernant les nobles[/url] du Prince. Vous voulez pas racheter mon business, au moins ? Car de ce que je sais, votre patronne ressemble [url=http://www.simpolitique.com/post311775.html#p311775]un peu à l'autre bazané, là[/url]... [url=http://www.simpolitique.com/post316964.html#p316964]et j'veux pas fermer, moi.[/url]"

"-Aucune inquiétude de ce côté-là, Monsieur. Nous n'achetons rien. Au contraire, nous vendons. Êtes-vous familier avec le concept justement de plus-value mobilière ?"

"-Bah... Un peu. Mon demi-frère a perdu pas mal en boursicotant y'a quelques années. Ch'uis pas trop chaud si vous essayez de me fourguer des actions."

"-Il y a effectivement des ventes d'actions qui seront impliquées. Mais rien à voir avec la bourse, Monsieur. Et la seule incertitude quant aux prix viendra de votre business et donc de votre travail, Monsieur. Une valeur sûre selon nous, au vu des performances de votre petite entreprise. Cela fait 10 ans que vous tenez votre taverne mais je crois savoir que vous n'êtes pas le fondateur ?"

"-Oui. C'est un ami qui l'avait ouverte. J'ai repris l'affaire quand il s'est fait vieux."

"-Vous avez payer quelque chose pour l'acheter, cette affaire, n'est-ce pas ?"

"-Ouais."

"-Et bien, par exemple, la différence entre ce que votre ami a investit dans son affaire et ce que vous lui avez donné pour racheter les parts, c'est la plus-value mobilière. Celle-ci n'est pas imposée par la Principauté de Movopolis mais la revente de parts est interdite moins de 6 mois après leur achat *. Notre bon Prince veut ainsi éviter trop de spéculations et stabiliser le patrimoine de ses sujets tout en facilitant la vie aux petits entrepreneurs."

"-Bien bon d'sa part. Son père, s'tait un grand homme. Donc, oui, j'ai compris ce que c'est qu'une plus-value mobilière."

"-Parfait, Monsieur. Un autre concept clé pour vous expliquer notre service est la loi de juste taxation nobiliaire. En avez-vous entendu parler ?"

"-Oui. C'est un scandale !! On donne à cette bande de richards étrangers le privilège de décider pour nous... et le premier truc qu'ils font, c'est de s'enrichir sur notre dos !! Un scandale !!"

"-Croyez-le ou non, Monsieur, mais la Baronne Yamuna Arkidravi partage votre avis : tous devraient être égaux quand il s'agit de contribuer aux dépenses publiques. C'est pour cela que Arkidravi Partnership existe : faire profiter des privilèges fiscaux de la noblesse aux braves gens comme vous."

"-Ah bah ça c'est sympa !! Mais vous le faites gratuitement, comme ça, d'bon cœur ?"

"-Non, Monsieur. Tout cela demande un peu d'organisation et engendre des frais. Par exemple, mon salaire. Pour couvrir tout cela, nous demandons donc une petite contribution à nos clients. Mais rien d'excessif, comme vous allez le voir après que je vous ai expliqué. Nos tarifs sont également visibles sur notre site pour que vous ayez une parfaite visibilité."

"-D'accord. J'vous écoute."

"-La loi pour une juste taxation nobiliaire prévoit que les revenus des nobles et les bénéfices des entreprises contrôlées à au moins 51% par des nobles ne soient taxés qu'à 11% au lieu de 31% comme c'est le cas pour la majorité des revenus des citoyens et des bénéfices des entreprises de Movopolis. Donc, si vous gagnez 1000 $, Movopolis vous en prend 310 $ comme taxe alors que si Yamuna Arkidravi gagne 1000 $, Movopolis ne lui en prendra que 110 $ comme taxe. Une différence de 200 $ qui, pour beaucoup de gens, représente un mois entier de salaire.
C'est la même chose pour les entreprises : votre restaurant, je vois, fait un bénéfice annuel de 5000 $. Et vous en laissez dormir une bonne partie dans l'entreprise. Vous êtes un homme d'affaire prudent, Monsieur Papadimitrios."


"-Ouais, je sais. Merci."

"-Sur ces 5000 $, vous avez payé seulement 1400 $ de taxes grâce à de petites déductions spéciales. Mais cela fait quand même 28% d'impôt. Yamuna Arkidravi vous propose de n'en payer que 750 $. Cela ferait donc 650 $ en plus pour votre entreprise. Pour cela, nous allons procéder en plusieurs étapes. D'abord, nous allons vous vendre à 1 $ symbolique les parts d'une société-écran du nom de Arkidravi Partnership 125468. Vous en serez le propriétaire à 100%. Vous devrez garder la propriété des parts pendant au moins 7 mois. Vous et moi utiliserons cette société-écran comme un véhicule fiscal, une sorte de "marchandise" si vous voulez. Quand vous nous revendrez cette "marchandise, la plus-value sur la vente ne sera pas taxée. Comprenez-vous jusqu'ici ?"

"-Je crois, oui. En gros, je vous l'achète pour pas cher du tout et ensuite, vous me la rachetez pour très cher et la différence de prix, je la garde en poche, sans aucune taxe."

"-Vous êtes très intelligent, Monsieur Papadimitrios !! D'habitude, je dois expliqué un peu plus. Attendez, je dois sauté quelques fiches, du coup..."

"-J'vous en prie. Mais donc, si vous me filez presque gratuit la société-écran et qu'ensuite vous me la rachetez à bon prix, vous y gagnez quoi ?"

"-Ah voilà !! Oui, vous avez entièrement raison, Monsieur. C'est là l'astuce : Arkidravi Partnership 125468 n'est qu'une société-écran parmis des milliers d'autres. Mais votre entreprise, "Chez Dēmētrianós", elle va recevoir une facture de la part de Arkidravi Partnership 000001, notre société principale. Le montant de cette facture sera celui que vous voudrez mais, idéalement, il devra être environ égal à votre bénéfice estimé pour l'année concernée. Donc si, vers la mi-Décembre, vous voyez que vous pensez que vous aller avoir un bénéfice de 5000 $ avec votre taverne, vous nous le dites et nous vous faisons une facture pour 5000 $. Grâce à cela, vous avez des charges en plus et votre bénéfice est à 0 $... et donc votre impôt aussi est de 0 $. Avez-vous bien compris ?"

"-Ouais... ça commence à être visible. Donc en gros, vous prenez 5000 $ à ma taverne et à côté, vous me rachetez votre société-écran pour 5000 $ ?"

"-Oui... et non. Nous vous rachetons la société écran pour 4250 $. La différence de 750 $ représente nos frais, ce qui inclue mon salaire, diverses charges et aussi les 11% de taxes sur les 5000 $ que nous vous aurons facturé et qui, pour Arkidravi Partnership, représentent un bénéfice taxable."

"-Donc en gros, au lieu de payer 1400 $ de taxe, je vous paie 750 $ ?"

"-C'est bien cela. Et vous garder donc 650 $. Nous pouvons optimiser d'avantage au cas par cas, Monsieur Papadimitrios. Mais pour cela, je dois d'abord avoir votre accord par écris. Seriez-vous disposé à passer dans nos bureaux ce weekend ? En attendant, je vous fais parvenir un projet de contrat par email, ainsi que toute la documentation détaillant notre conversation, afin que vous puissiez relire tout cela à votre aise et préparer d'éventuelles questions pour notre entretien."

"-Heu... C'est que... Ouais, ça a l'air génial. Mais ça a l'air tellement facile."

"-C'est parce que cela l'est, Monsieur Papadimitrios. Mais si vous avez d'autres questions, je peux y répondre. Yamuna Arkidravi et son équipe sont au service des citoyens de Movopolis."

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Après quelques minutes, Alkéos raccrocha tout en faisant sa "danse de la victoire" sur son siège.

Il venait de décrocher un contrat pour 5000 $ de chiffre d'affaire, ce qui lui faisait un bonus personnel de 50 $. Vu son salaire de 200 $ par mois, c'était une très belle hausse, qui le plaçait d'ailleurs déjà dans la moyenne nationale. Et tout ça avec un seul client !! Il en aurait sans doute une dizaine ou plus d'ici la fin du mois. Et encore beaucoup plus en Septembre.
Ce job, il l'avait d'abord pris car il n'avait rien trouvé d'autre depuis des mois et que sa chère mère commençait à doucement s'énerver d'avoir un grand dadais qui squattait le canapé tout en ramenant l'un ou l'autre amants de temps en temps. Quand on lui avait dit 200 $ par mois, Alkéos avait été un peu perplexe : ce n'était pas mauvais mais pas franchement haut non plus. On leur avait promis un bonus de 1% des ventes, ce qui était ridiculement bas dans le marketing... mais ici, vu la facilité avec laquelle le service se vendait, le jeune homme comprenait pourquoi sa marge était si basse !!
S'il avait 10 clients comme celui-ci chaque mois, Alkéos aurait 700 $ par mois !! Alors que le salaire moyen national tournait autour des 250 $ !! Il serait très à l'aise financièrement d'ici l'année prochaine. Il pourrait même peut-être prendre son propre appartement, s'acheter une voiture à crédit et fumer autre chose que la merde que Rachid, son "ami" des bas-quartiers lui vendait.

Tout cela grâce à celle dont le portait trônait par dessus les cubes qui constellaient le plateau de travail : la Baronne Yamuna Arkidravi.
Il adressa un salut mental silencieux à l'immense photographie, choisissant d'ignorer la mégalomanie paternaliste de son employeur pour y voir surtout le fait qu'elle allait changer sa vie... et qu'elle le faisait sans réel bénéfice si on croyait ce que les directeurs disaient.
Alkéos se leva pour aller prendre sa pause cigarette. Ici, même si la hiérarchie était assez rigide et le boulot organisé avec la précision d'une horloge, on ne regardait pas trop ce qu'Alkéos faisait. Il gérait son temps comme il voulait. S'il ne vendait pas assez, cela se verrait sur les chiffres en fin de mois et le remplacer serait à la fois facile et peu coûteux. Orientés résultat, les patrons... ce qui n'était pas pour déplaire au jeune homme, vu la facilité à atteindre les dits résultats.

Sur le trottoir, il tira sur sa cigarette fourrée au chanvre tout en regardant sur la façade de l'immeuble voisin un autre indice sans la moindre subtilité de l'essor de la Baronne :


[center][img]https://s2.postimg.org/518f3tbx5/Arkidravi_Partnership0001.png[/img][/center]

*[hrp : information fournie par Sébaldie]