Page 1 sur 1

Posté : ven. déc. 30, 2016 6:04 pm
par Ramiro de Maeztu
[center][RP] Les coulisses du pouvoir - Los pasillos del poder[/center]


[center][url=http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=508421635616735644987977wb09e79cd.jpg][img]http://img11.hostingpics.net/pics/508421635616735644987977wb09e79cd.jpg[/img][/url]
La présidente de l'État libre d'Occident, Nieves Garamendi[/center]


Lorsque Nieves Garamendi s'est engagée en politique puisque lorsqu'elle a obtenu l'investiture du Parti nationale pour l'élection présidentielle de 2030, elle avait conscience des difficultés qui l'attendaient. Tout du moins le croyait-elle. Malgré des Cortes largement issues de sa propre formation et une administration resserrée en laquelle elle a toute confiance, ses premiers mois en tant que présidente de l'État libre d'Occident ont été pour le moins compliqués. Alors qu'elle se ressource un peu en famille en cette fin d'année 2031, elle consulte quelques dossiers en cours, répond à des courriers électroniques, prépare son agenda pour la rentrée de janvier 2032 en consultant régulièrement son chef de cabinet, Nicolás Zúñiga, et appelle à plusieurs reprises son vice-président, Álvaro López, pour lui demander quelques conseils.

C'est l'heure aussi pour elle de faire un premier bilan des textes de loi qu'elle désire faire passer, de l'avancement de sa politique et, plus largement, des ambitions qu'elle a pour l'Occident. Comment insérer son pays dans le vaste monde ? Quelle voix doit être la sienne ? Comment doit-il porter ses valeurs ? Comment le défendre et en illustrer le génie historique ? Comment le faire progresser dans le domaine économique et technologique ?
Ces questions métaphysiques lui laissent peu de temps pour profiter de son époux, Francisco Morales, célèbre galeriste de Puerto del Rosario qui reçoit régulièrement dans ses locaux la crème de la crème de la haute société. Il faut dire qu'il est lui aussi très occupé et passe plus de temps au téléphone qu'à discuter avec sa femme.

En dépit du fracas de la bataille politique, les institutions occidentales sont stables et tout le monde semble heureux sur la photographie de groupe. Les adversaires se sourient et se serrent la main, les coordinateurs font semblant d'être indulgents avec les élus de leur parti, les membres de l'administration présidentielle expliquent à la presse que tout se passe pour le mieux et que le dernier rejet de cette loi si importante sur le budget de l'année 2032 n'est qu'un contretemps dans la marche glorieuse de la nouvelle présidente vers la postérité.
Pourtant, en coulisses, tous se détestent, se font les pires coups fourrés, cherchent à faire avancer leur carrière personnelle et attendent leur tour pour participer aux prochaines primaires de leur parti et, peut-être, déloger Nieves Garamendi du Palais de l'Aurore. Tous récoltent des fonds, font des tournées d'auto-promotion, promettent que s'ils sont choisis par les Occidentaux, tout ira mieux demain. Tous se placent, réfléchissent à leur image, choisissent leur stratégie, fourbissent leurs armes.

C'est dans ce petit monde impitoyable d'une nation apparemment modeste que nous vous emmenons avec ce RP...

Posté : dim. janv. 01, 2017 6:39 pm
par Ramiro de Maeztu
[center]Chapitre 1 : le défi - Capítulo 1 : el reto[/center]


[center][url=http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=8325923693129441351.jpg][img]http://img11.hostingpics.net/pics/8325923693129441351.jpg[/img][/url]
La présidente de l'État libre d'Occident, Nieves Garamendi, photographiée devant son domicile personnel, à Puerto del Rosario[/center]


De toutes les résidences secondaires mises à disposition du président de l'État libre d'Occident par l'État, c'est sans nul doute le palais des Cendres ("palacio de las Cenizas") que la présidente Garamendi préfère. Elle se sent bien, au calme, entourée de toute cette nature, de ces oiseaux migrateurs et de ce silence reposant. Au cœur du Parc naturel d'Acebrón, elle peut enfin se ressourcer - si tant est que l'oubli et la farniente soient envisageables pour le chef de cet État.
Levée chaque jour à cinq heures du matin, elle commence par une heure de gymnastique avec son professeur personnel. Après une douche rapide, elle prend un petit-déjeuner préparé par son diététicien et ses cuisiniers puis commence à travailler. Elle n'accepte de répondre à aucun courrier électronique avant sept heures et ne répond à aucun appel avant de s'être mise à son bureau professionnel. De fait, elle n'allume pas son téléphone portable avant de s'être assise et d'avoir ouvert son ordinateur portable. Le ballet des appels et des claviers commence alors. Il ne cesse véritablement que vers treize heures, lorsque Nieves Garamendi peut se restaurer. Elle a, entre temps, accueilli sa secrétaire une bonne dizaine de fois et parlé brièvement à son mari, qui l'accompagne aussi souvent que possible dans ses retraites à la campagne.
Son emploi du temps reprend vers quatorze heures. Elle en a encore pour trois à quatre heures de signatures officielles, de conférences avec de hauts fonctionnaires et des membres de l'administration présidentielle, d'entretiens avec le chef de son cabinet, Nicolás Zúñiga, ou avec son vice-président, Álvaro López. Lorsque dix-huit heures sonnent à la grande horloge comtoise du hall d'entrée, elle s'arrête de travailler et entame alors une soirée qu'elle espère toujours plus calme et intime mais qui consiste le plus souvent en une série d'appels téléphoniques avec d'autres personnalités de la société occidentale.

C'est justement peu avant dix-huit heures que nous la retrouvons. Elle s'entretient pour la énième fois avec Nicolás Zúñiga, qui n'a cessé de la déranger tout au long de la journée. Il s'agit indéniablement d'un jeune homme compétent et plein de qualités, mais il ne sait ni gérer ni cacher son angoisse face aux échéances les plus pressantes et aux défis qui se présentent à l'administration présidentielle. Elle lui a déjà conseillé de consulter un spécialiste pour l'aider à surmonter ces problèmes mais il ne semble pas qu'il l'ait écoutée. Alors qu'elle reçoit son appel, elle est déjà en ligne avec son vice-président. Elle vérifie qui la contacte aussi tardivement, soupire et prend congé d'Álvaro López :

"Désolé, Álvaro, je dois vous laisser. J'ai un appel important à prendre. Nous nous recontacterons demain.
- Aucun problème, madame la présidente. J'ai aussi ma soirée à prendre !
- Je comprends. À bientôt, Álvaro - répond-elle en souriant.
- À bientôt, madame."

Elle conclut son appel puis appuie sur un autre bouton. Elle rapproche le téléphone de son oreille.

"Allô, madame la présidente.
- Allô, Nicolás. Que se passe-t-il ?
- Je me suis entretenu avec le coordinateur du parti, Eduardo Aguilar, à propos du vote du budget.
- Qu'est-ce que ça a donné, alors ?
- Pas grand-chose. Il refuse de soutenir la version proposée par le chancelier de l'Échiquier, Luis Alfredo Prados. Il nous pousse à renoncer avant le 12 février prochain. Pour lui, il faut remanier le projet de budget et prendre en compte les remarques du Parti national. Sans cela, les Cortes ne voteront rien. Nous n'avons pas le soutien de la formation, vous le savez.
- Je le sais, mais c'est aussi à vous de convaincre le coordinateur !
- Je crois, madame, qu'il n'y a pas d'autre choix que de le recevoir au palais de l'Aurore quand vous rentrerez à Puerto del Rosario, dans trois jours. Il faut que ce soit vous qui tentiez de le convaincre.
- Je refuse de le recevoir, Nicolás. Jusqu'à présent, il a toujours roulé contre nous. Dois-je vous le rappeler ? Non seulement il a refusé jusqu'au bout de soutenir ma candidature aux primaires du Parti national, puis a soutenu Horacio García lors de ces primaires et a même boudé tous nos meetings lorsque c'est moi qui ai gagné les primaires. Je suis sûr qu'il aurait préféré que ce soit le Parti de la Réforme qui gagne. Je ne veux pas lui faire la moindre concession. C'est presque par miracle qu'il a été réélu coordinateur du parti aux Cortes.
- Vous n'avez pas le choix, madame. Sans son soutien, nous courons droit à la catastrophe. Le parti ne nous soutiendra pas. Et le budget ne passera pas avant le 12 février. Nous risquons le blocage de l'État central.
- C'est votre travail, Nicolás. Démerdez-vous !"


Nieves Garamendi raccroche brutalement. Elle a dû avoir cette discussion au moins dix fois avec son chef de cabinet et ses nerfs ont lâché. Elle regrette immédiatement de lui avoir parlé sur ce ton mais elle sait aussi qu'elle doit être intraitable avec ses collaborateurs lorsque la situation l'exige. Elle sait parfaitement ce qu'elle encourt. Elle sait ce que signifie un blocage de l'État central. Les fonctionnaires ne seront plus payés dans leur ensemble ; seuls la défense, les services secrets, la police et l'administration présidentielle réduite à sa plus simple expression continueront à fonctionner normalement. Des milliers d'écoliers et d'étudiants renvoyés chez eux, des urgences saturées, des hôpitaux publics tournant au ralenti. Et l'opposition en profitera, bien entendu. Ce serait un bien triste premier anniversaire pour son mandat. Alors qu'elle médite, son majordome frappe à la porte de son bureau. Elle lui permet d'entrer ; il ouvre la porte, fait quelques pas et déclare, impassible :
"Madame, votre mari vous requiert.
- J'arrive, Tomás. J'en ai fini de ma journée, de toute façon".


[center][url=http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=90739320130112palaciodelacebron8.jpg][img]http://img11.hostingpics.net/pics/90739320130112palaciodelacebron8.jpg[/img][/url]
Le palais des Cendres, l'une des résidences secondaires du président de l'État libre d'Occident[/center]