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Posté : dim. déc. 18, 2016 7:59 am
par Rumy
[center][img]http://pre06.deviantart.net/0e39/th/pre/f/2011/144/f/0/a_kind_of_paradise_by_grivetart-d3h3m0n.jpg[/img]
Crédit photographique:[url=http://grivetart.deviantart.com/art/A-Kind-of-Paradise-210120503]Grivetart[/url]
«Personne ne sait vraiment qui était l'instigateur de la Grande Hégémonie qui domina le grande majorité du monde pendant plus de quatre décennies. Ce génie des temps modernes qui réussis à rallier l'élite mondiale sous sa vision du monde, unifiant pour la première fois l'humanité derrière un idéal commun au bénéfice de l'élite mondiale. Aucuns documents ne mentionnent son nom, ni aucunes images ne dévoilent son visage. Sa voix ne fut jamais enregistré, ni même un seul échantillon d'ADN ne fut recueillis. Rien n'indiquait l'existence d'un tel génie et pourtant sa légende restait au cœur même de la Grande Hégémonie, semant la peur dans les cœurs de ceux qui lui était redevable. De bénéficiaires, ils devinrent comploteurs et le Créateur fût écarté par sa Création. Depuis ce temps, plus personne n'entendis parler du prodige, le croyant mort ou retiré dans un recoin du monde. Et alors, la Grande Hégémonie prospéra de manière sans limite, tout comme la haine de son Créateur.
Tout commença par des murmures, des rumeurs de dissidence, des traces d'opposition dans l'obscurité. Les murmures devinrent des paroles, les paroles des hurlements. L'Enfer se déchaîna sur la Grande Hégémonie, ouvrant des plaies béantes qu'elle tentait avec peine de refermer, remplacé aussitôt par une nouvelle calamité. La révolte eu raison du Titan qui s'effondra dans les vestiges de l'Histoire sous le regard de celui dont les murmures réussirent à abattre un géant. Bien que l'on ne connaissait point son nom, ni même son existence pour la plupart d'entre nous, au sein des milieux très restreins celui qui créa la Grande Hégémonie et fomenta sa destruction était connu sous le nom de code de Parsifal. Un nom issu du titre d'un opéra de Richard Wagner, emplis d'un symbolisme terrifiant. Souvenez-vous seulement que lorsque Parsifal pose sur une blessure la lance utilisée lors de la crucifixion du Christ, il a le pouvoir de la guérir. Inversement, quiconque possède cette lance a le pouvoir de les ouvrir. Partout dans le monde.»
La Grande Hégémonie, Auteur inconnu, p. 1
Exemplaire unique
RP Personnel utilisable seulement sur demande[/center]
Posté : mer. juil. 12, 2017 6:21 am
par Rumy
[center]I[/center]
[justify][center][img]http://img10.deviantart.net/33de/i/2005/155/e/2/silent_garden_by_tiger1313.jpg[/img]
Crédit photographique:[url=http://maciejkuciara.deviantart.com/art/Silent-Garden-19057545]maciejkuciara[/url]
«Je les ai trouvés tous les deux dans la chambre à coucher. Le corps de Sa Majesté était froid comme de la glace, et a ses côtés, son fils, le jeune Long Yi Huan assis au milieu du lit, le regard posé sur son défunt père. Ce regard, oh ce regard! J'ai tout de suite su qu'il avait assisté à la mort de Sa Majesté. Je l'ai immédiatement fait évacué du palais, très loin de la capitale et des tumultes qui on suivit le décès de Sa Majesté Tianzun VI. Mais je n'oublierai jamais son silence, le silence de cet enfant d'à peine âgé de 6 ans, connus pour ses rires et son sourire enjoué. J'ai alors réalisé que cet enfant n'existait plus, il avait disparu, il était mort cette nuit-là avec son défunt père.»
Témoignage de Xiao Wuhan
Deuxième Conseiller de l'Empereur Tianzun VI et Précepteur du jeune Long Yi Huan.[/center]
L'Empereur Yangchen venait tout juste de mettre fin à une séance du Cabinet des ministres lorsqu'il prit congé de son secrétaire personnel et aide de camp, le Lieutenant Bao Sunlai. Il passa devant les deux gardes impassibles qui gardaient l'entrée des quartiers nord et il suivit le long et majestueux couloir orné de colonnades de bois rouge. Au loin, il pouvait entendre les cris d'amusement de ses petits-enfants qui jouaient dans les jardins du Pavillon du Chrysanthème au bout du couloir. Des rideaux de soie flottaient paresseusement au gré du vent à son entrée dans le pavillon illuminé par la lumière du soleil. Des tables basses et des cousins étaient disposés sur le sol et ils étaient occupés par ses deux fils et leurs épouses qui regardaient avec amusement leurs progénitures jouer dans la grande marre aux poisson-chat. Il se rendit compte à nouveau qu'ils grandissaient à une vitesse ahurissante, ce qui le fit sentir particulièrement vieux du haut de ses 63 ans. Le plus jeune des garçons, Zhao, était né quelques semaines après la guerre civile tel un présage de paix, de bonheur et de prospérité et la dernière, sa petite-fille Zia était né quelques années auparavant. Au fond de lui, il était heureux que la plupart de ses petits enfants n'aient pas vu le jour dans un monde en guerre. Son visage s'assombrit un court moment à la pensée de la terrible et longue guerre qui avait déchiré le pays il y a presque sept ans. Mais surtout en pensant à son fils aîné, Ti-Khuan Huan, mort à l'âge de 21 ans durant la bataille de Vinh Ranh contre les communistes, laissant sa jeune épouse veuve à l'âge de 20 ans et enceinte de son premier petit-fils; Ren Huan. Celui-ci n'était pas présent dans les jardins du pavillon du Chrysanthème, l'adolescent était actuellement étudiant au Collège privé de Liuxiang, une des institutions scolaires privées réservées aux membres du Clan Huan. À l'arrivée de l'Empereur, les enfants hurlèrent leur joie et coururent à sa rencontre. Mais ils furent coupés dans leur élan par les regards sévères de leurs mères qui les calma un moment, s'arrêtant devant le Monarque et s'inclinant maladroitement comme leur avait appris leur père. L'Empereur éclata d'un rire sincère et se pencha à leur niveau.
[Empereur Yangchen] : Je vois que vos parents vous inculquent comment vous comportez à la cour.
Zhao, 7 ans, Chen, 8 ans et Zia 5 ans levèrent la tête.
[Empereur Yangchen] : Savez-vous au moins pourquoi vous devez vous inclinez devant Grand-père?
Ceux-ci demeurèrent pensifs pendant un moment avant que Zia ne lève la main en souriant.
[Zia Huan] : Parce que tu es le Roi!
[Empereur Yangchen] : C'est exact! Je suis l'Empereur et en vous inclinant vous rendez hommage à mon titre et non à l'homme qui le porte. C'est pourquoi peut importe les circonstances vous devrez toujours m'appeler Grand-Père! Même si vos parents vous disent le contraire.
Yangchen passa sa main dans les cheveux de Zhao avant de leur faire signe d'aller jouer plus loin pendant qu’il irait dire un mot à leurs parents. À son approche, ses deux fils et leurs épouses inclinèrent respectueusement la tête. Jia Huan, l’épouse de son deuxième fils Tao Huan, lui tendit une tasse de thé bien chaude qu’il accepta avec gratitude.
[Empereur Yangchen] : Je vois que mon épouse n’est pas encore rentrée au palais, il me semblait qu’elle devait revenir cette après-midi après ses deux semaines de cours mensuels?
[Tao Huan] : Apparemment l’un de ses séminaires a duré plus longtemps que prévu, elle a manqué son train de 17h. Et puisque vous savez que mère déteste prendre l’avion, elle a attendu le prochain train. J’ai demandé à Jiang de nous avertir lorsque son train arrivera à la Gare Centrale de Fuxianji.
L’épouse de l’Empereur, l’Impératrice Lewei, né Yuen Shushen donnait des cours en biologie des populations à l’Université de Shengfen durant deux semaines par mois. Son rôle d’impératrice ne lui permettait pas d’effectuer son métier de professeur à temps plein, malgré son titre d’enseignante titulaire.
[Empereur Yangchen] : Je vois. Elle devrait peut-être envisager bientôt de prendre un poste dans l’une des universités de la capitale. Elles ne sont pas aussi réputées que l’Université de Shengfen, mais c’est un plan parfait pour quelques années jusqu'à ce qu’elle décide enfin de prendre sa retraite.
[Tao Huan] : Une Impératrice ne peut pas vraiment prendre sa retraite père.
Yangchen afficha un sourire.
[Empereur Yangchen] : En effet. Mais elle aura tout de même cette charge en moins sur les épaules.
[Jia Huan] : Sa Majesté l’impératrice est en parfaite santé. Vous devriez plutôt vous préoccupez de la vôtre Majesté.
[Empereur Yangchen] : Ma très chère Jia. On croirait entendre ma bien-aimée Quan.
[Jia Huan] : Vous savez très bien que votre fille vous aime énormément.
[Wu Huan] : En parlant de Quan, ne vient-elle pas au palais la semaine prochaine avec son mari et les jumeaux?
[Tao Huan] : Oui. Son accouchement est prévu le mois prochain. Nous allons faire venir Ren de son collège, ainsi que sa mère pour l’occasion.
[Empereur Yangchen] : Ne me dites pas que toute la famille sera réunie!? Je suppose que les jumeaux ont encore grandi de manière spectaculaire. Quels âges ont-ils déjà?
[Tao Huan] : Ils auront dix ans cette année.
[Empereur Yangchen] : Ils grandissent tellement rapidement!
Ils regardèrent pendant un moment les enfants jouer dans l'étang et Yangchen afficha involontairement un sourire. Il fut tiré de sa contemplation par le clic sonore d'un appareil photo que Tao Huan tenait dans ses mains. La vue de l'appareil le glaça sur place. Il reconnut l'Olympus OM-1 que son père lui avait offert en 1976 quelque mois à peine avant son décès tragique. Des images qu'il avait depuis longtemps oubliées lui revinrent en mémoire tel un autobus se fracassant sur un mur en béton. Il laissa tomber sa tasse de thé qui se fracassa sur la table. L'angoisse soudaine lui fit perdre son souffle et il agrippa le bras de son fils Wu, à ses côtés, dans un élan de panique. Sa vision devint floue et une douleur commença à se manifester dans son bras gauche. Alors que sa famille s'agitait autour de lui, l'Empereur sombra peu à peu dans l'inconscience, n'entendant pas son fils Tao hurler à la garde ni les pleurs de ses petits-enfants terrifiés par la scène.
Il se réveilla l'instant suivant. Du moins, c'était l'impression qu'il avait, mais il se trouvait couché dans son lit à ses appartements, des électrodes placées sur sa poitrine et un soluté qui coulait paresseusement par intraveineuse jusqu'à son bras gauche. Sa famille se trouvait au pied du lit, remarquant immédiatement son réveil. Une infirmière et le médecin du palais, Fuo Juengzhou, aidèrent l'Empereur à s'asseoir avant de procéder à un examen rapide. D'une voix faible, Yangchen s'adressa à son médecin.
[Empereur Yangchen] : Que...que c'est-il produit?
[Fuo Juengzhou] : Vous avez fait une crise d'angoisse qui a ensuite causé un malaise cardiaque. Heureusement, le pire est passé et vous ne semblez pas avoir de séquelles.
Le docteur fit une pause de quelques secondes pour laisser l'Empereur digérer l'information.
[Fuo Juengzhou] : Je vais devoir vous obliger à prendre plusieurs semaines de repos comme précaution. C'est votre premier incident cardiaque et nous ne devons pas le prendre à la légère.
L'Empereur hocha mécaniquement la tête.
[Empereur Yangchen] : Merci docteur. Vous pouvez disposer.
Le médecin s'inclina respectueusement et fit signe à l'infirmière de le suivre à l'extérieur de la chambre. Dès qu'ils eu quitté la pièce, ses fils et ses belles-filles s'approchèrent du lit en trombe, mais avant qu'ils n'aient dit un seul mot, l'Empereur les interrompit d'un signe de la main.
[Empereur Yangchen] : Je veux parlez seul à seul à Tao.
Ils affichèrent immédiatement un air surpris.
[Wu Huan] : Mais les enfants sont à l'extérieur, ils meurent d'envie de venir vous voir!
[Empereur Yangchen] : Ils devront attendre j'en ai bien peur.
Les belles-filles échangèrent un regard inquiet, le visage grave de l'Empereur Yangchen ne disait rien de bon. Ils quittèrent la pièce, suivit de Wu et Tao s'assit sur le lit face à son père qui s'assura qu'aucune oreille indiscrète n'était à porté.
[Empereur Yangchen] : Tao, où as-tu trouvé cet appareil photo.
L'Empereur fit un mouvement de tête en direction d'un sofa aux coussins de soie où Tao avait laissé le fameux Olympus OM-1 qu'il avait utilisé précédemment.
[Tao Huan] : Je l'ai trouvé dans de vieilles boîtes provenant du Domaine à Shengfen lorsque je cherchais les épées en bois que nous utilisions durant notre enfance. J'ai trouvé l'appareil au fond de l'une des boîtes et puisqu'il fonctionnait toujours bien j'ai décidé de le réutiliser.
[Empereur Yangchen] : À-tu changé le film de l'appareil?
[Tao Huan] : Non, je ne l'ai pas touché.
[Empereur Yangchen] : Bien
L'Empereur fit signe à son fils de bien vouloir lui donner un stylo plume et un bout de papier. Lorsque ce fût fait, il déchira un morceau de papier et écrit un nom sur celui-ci.
[Empereur Yangchen] : Je veux que tu ailles au Ministère impérial de l'Intérieur et que tu demandes à voir cet homme dont j'ai écrit le nom de code sur ce papier. La réception prétextera qu'aucun homme de ce nom ne travaille au Ministère. Tu devras répondre que le Dragon vermillon t'envoie et la réception vous demandera d'attendre en vous suggérant d'aller prendre une tasse de thé au salon de thé situé juste devant l'immeuble pour rendre l'attente supportable. Tu devras allez dans ce salon de thé et t'asseoir à la table la plus éloignée de la porte, l'homme dont j'ai écrit le nom sur ce papier se montrera et tu devras lui présenter ma demande.
[Tao Huan] : Euh ...
[Empereur Yangchen] : Tu lui diras seulement que le Dragon vermillon veut le rencontrer dans les plus brefs délais et avec un maximum de discrétion.
[Tao Huan] : Je ne comprends pas.
[Empereur Yangchen] : Il n'y a rien à comprendre mon fils. Fais seulement ce que je t'ai demandé de faire. Mémorise ce nom et brûle immédiatement ce papier.
Tao Huan prit quelques minutes pour mémoriser le nom, puis il brûla le papier au-dessus de l'une des chandelles aromatiques dispersées dans la pièce.
[Empereur Yangchen] : Maintenant tu peux faire entrer mes petits-enfants.[/justify]
Posté : dim. sept. 17, 2017 8:01 pm
par Rumy
[center]II[/center]
[center][img]https://img00.deviantart.net/433b/i/2013/258/e/7/the_lord_in_the_throne_room_by_ortsmor-d6h6ebl.jpg[/img]
Crédit photographique:[url=https://ortsmor.deviantart.com/]ortsmor[/url]
«Beaucoup sont ceux qui ont tenté d'analyser et de décortiquer les faits et gestes de Long Yi Huan, sa mentalité, son esprit en tant que stratège, tout élément pouvant expliquer les nombreux succès qui l'ont mené à rallier autour de lui de nombreux clans et à vaincre plus d'une fois de nombreux ennemis sur le champ de bataille. Toutes leurs tentatives se sont heurté à une donnée improbable, un facteur inconnu, empêchant toutes analyses satisfaisantes et crédibles. Les plus farfelus auront attribué au futur Empereur un pouvoir surnaturel, d'autres une incompétence latente chez les ennemis du monarque en devenir. Mais ce qu'il leur manque tous, c'est un élément hors de portée de leur regard, une ombre que peu d'entre nous aient eu l'occasion de croiser ou tout simplement de connaître l'existence. Un inconnu d'une équation irrésolue, sans nom ni visage, un mystère des limbes les plus profonds de la société. Seuls quelques initiés le connaissent sous son nom de code, encore moins l'on aperçut en chair et en os. Son nom? Monsieur K.»
Auteur Inconnu[/center]
[justify]Assis dans son lit, l'Empereur sirotait une tasse de thé qu'un domestique venait tout juste de servir dans une tasse de porcelaine que certains collectionneurs Lianwais auraient tuée pour acquérir. L'Empereur déposa sa tasse de porcelaine et remercia d'un signe de tête le domestique qui s'inclina respectueusement avant de quitter la pièce prestement. L'Empereur jeta son regard sur la série de pilules que lui avait prescrit son médecin, en émettant un soupir résigné. Il avala chacune d'entre elles avec une gorgée de thé bien chaud puis déposa sa tasse vide sur la table de chevet. Comme s’il avait attendu ce moment précis, un homme surgit de derrière une paroi de la chambre à coucher de l'Empereur. Sa présence ne sembla pas perturber Yangchen qui fixa l'inconnu approcher de son lit, tout habillé de noir, le visage recouvert d'un tissu noir. L'homme inclina légèrement la tête en signe de salutation.
[Monsieur K]: Veuillez excuser mon délai de réponse Majesté. Je n'étais pas à Fuxianji lorsque votre fils a requis ma présence.
[Empereur Yangchen]: N'ayez crainte. Après tout ce temps, c'est plutôt qui devrait m'excuser de vous requérir aussi brusquement. Je sais que vous êtes un homme plutôt occupé.
[Monsieur K]: Votre considération m'honore. J'ai été plutôt surpris de votre requête, d'autant plus qu'elle venait de votre fils, plutôt inhabituel au vu de nos relations régulières durant ces trois dernières décennies.
[Empereur Yangchen]: Je devais confier cette tâche à une personne de confiance. D'autant plus qu'il finira un jour par apprendre à vous connaître, ainsi que votre organisation, il est tout de même le Prince-Héritier.
[Monsieur K]: J'ai cru comprendre que vous aviez fait un malaise? Aurais-ce quelque chose à voir avec ma présence ici?
L'Empereur fit un signe de tête vers le sofa aux coussins de soie situé à la droite de Monsieur K où trônait l'appareil photo Olympus OM-1. Monsieur tourna la tête et s'approcha de l'appareil pour l'examiner.
[Empereur Yangchen]: Tao a trouvé cet appareil dans de vieilles boîtes au domaine du Clan à Shengfen. Il s'avère que cet Olympus OM-1 est l'appareil photo que m'a offert mon défunt père durant l'été 1976.
L'Empereur reprit son souffle, une goutte de sueur perlant le long de sa tempe.
[Monsieur K]: Pour un appareil de presque 60 ans, il est en très bon état.
[Empereur Yangchen]: Il.. Il a très peu été utilisé. Je l'ai reçu en cadeau seulement quelques semaines avant la mort de mon défunt père.
Monsieur prit délicatement l'appareil dans ses mains et leva la tête vers l'Empereur, semblant attendre la suite de l'histoire. Quelques secondes passèrent et Monsieur K prit l'initiative afin d'aider l'Empereur qui semblait en difficulté à ressasser les souvenirs du passé.
[Monsieur K]: Je suppose que la vue de cet appareil a fait ressurgir des souvenirs que vous auriez préféré oublier pour toujours. C'est ce qui a causé votre crise d'angoisse et le malaise cardiaque qui a suivi.
L'Empereur resta silencieux un moment.
[Empereur Yangchen]: C'était bien plus que des souvenirs refoulés. Je n'avais aucune mémoire des événements ayant entouré la mort de l'Empereur Tianzun VI. Cet état de fait a persisté pendant six décennies jusqu'à aujourd'hui. Cet appareil photo a fait ressurgir mes souvenirs des événements de cette fameuse nuit d'août, mais aussi des images très précises de ce qui s'est produit en ce moment fatidique.
Monsieur K répondit avec un silence respectueux, invitant le Monarque à continuer.
[Empereur Yangchen]: Vous savez que les circonstances de la mort de mon père ont été grandement débattues à l'époque et sont toujours sujettes à controverse, même près de soixante ans après sa mort.
[Monsieur K]: La cause officielle du décès était un suicide par empoissonnement si je ne me trompe pas. Les officiels de l'époque avaient pointé du doigt les récentes tragédies ayant frappé la famille du défunt Monarque, notamment la mort récente de son épouse bien-aimée afin d'expliquer son geste.
[Empereur Yangchen]: Et bien, je peux maintenant affirmer haut et fort que mon père ne c'est pas suicidé.
Monsieur K fronça les sourcils, surpris.
[Empereur Yangchen]: Je me rappelle très bien de cette nuit, du haut de mes six ans, j'arpentais les couloirs du palais avec mon appareil photo afin de photographier la lune qui était pleine cette nuit-là. Mais je me rappelle qu'un orage a rapidement éclaté que le grondement des éclairs m'a incité à rejoindre la chambre de mon père. Pour une raison inconnue, les gardes du palais n'étaient pas à leur poste habituel.
L'Empereur prit une pause.
[Empereur Yangchen]: J'ai vu trois hommes debout dans la chambre, mais l'obscurité m'a empêché de bien voir leurs visages. Ils étaient dos à la porte de la chambre à coucher et l'un d'eux parlait à mon père très lentement, alors qu'un deuxième pointait un pistolet en direction de celui-ci d'un air menaçant. Alors que j'observais la scène à travers la porte entrouverte, mon père m'a immédiatement aperçu et c'est figé sur place. Puis, quelques secondes plus tard, il a fermé les yeux et hoché la tête vers l'homme qui lui parlait. Celui-ci lui a donné un petit sachet dont il avala le contenu sans aucune hésitation.
Monsieur K hocha la tête d'un air compréhensif.
[Monsieur K]: Il l'on certainement menacé de prendre votre vie s’il ne coopérait pas.
L'Empereur hocha la tête.
[Empereur Yangchen]: Dès que les hommes ont quitté la chambre, j'ai pu me faufiler à son chevet, assistant à sa longue et interminable agonie...
Yangchen se mit la main sur le visage, incapable de continuer.
[Monsieur K]: Je suis certain que vous auriez fait la même chose pour votre fils si vous aviez été à sa place.
Yangchen leva la tête, le regard triste.
[Empereur Yangchen]: En effet.
[Monsieur K]: Je suppose que vous voulez que j'enquête sur les circonstances de la mort de l'Empereur Tianzun VI. Il sera difficile de trouver quoi que ce soit après toutes ces années.
[Empereur Yangchen]: Sur le film de cet appareil photo est exposé le visage de l'un des hommes présents cette nuit-là.
Monsieur K afficha un air surpris.
[Monsieur K]: Même avec cette photo, nous parlons ici d'un octogénaire au minimum. Il y a de fortes chances qu'il soit mort il y a bien longtemps. D'autant plus que la guerre civile a effacé de nombreuses données précieuses qui nous auraient été utiles. Auriez-vous d'autres éléments à me dévoiler afin de mener mon enquête dans une direction précise?
Yangchen pencha la tête, regardant ses mains pensivement.
[Empereur Yangchen]: J'ai...j'ai peut-être un nom.
Le monarque retint son souffle pendant quelques moments.
[Empereur Yangchen]: Parsifal. Oui, je me souviens très bien que l'un d'entre eux a mentionné ce nom.
Monsieur K s'inclina respectueusement, puis disparut dans l'ombre de la pièce alors qu'un domestique entrait avec le dîner. Alors qu'il marchait dans les méandres secrets du palais, Monsieur K affichait un air pensif, réfléchissant à toute cette affaire. Un suicide déguisé, la chute d'une dynastie, de mystérieux ravisseurs et un opéra de Wagner? Cette affaire prévoyait d'être passionnante.[/justify]
Posté : mar. févr. 26, 2019 2:35 am
par Rumy
[center]III
[img]https://images-wixmp-ed30a86b8c4ca887773594c2.wixmp.com/intermediary/f/2b27c7d7-b63e-42ef-8128-f00b0084986d/d4ibvc6-776ca738-322d-43c9-a90f-994722f33063.jpg[/img]
Crédits photographiques:[url=https://www.deviantart.com/joakimolofsson]Joakim Olofsson[/url]
«Novacarm était le conglomérat d'armement le plus massif et le plus puissant du monde à l'époque où les États-Unis d'Olgarie étaient encore puissants et entiers. Le groupe industriel fût l'un des plus importants piliers de la Grande Hégémonie et était la première entreprise des EFO en termes de capitalisation boursière, de capacité industrielle, de chiffre d'affaire et d'effectifs. Soupçonné d'avoir alimenté des guerres de faible intensité à travers le monde afin de soutenir une demande mondiale d'armement élevé, la chute de la Grande hégémonie lui fera perdre son immunité politique et judiciaire. Implication dans le financement de groupes terroristes, ventes d'armes à des groupes rebelles et à leur gouvernement, connivence avec des régimes autoritaires, lobbying agressif et parfois illégal à travers le monde pour la libéralisation du port d'arme, orchestration d'assassinats politiques, implication dans des activités de déstabilisation régionale, financement généreux de nombreuses entreprises de mercenariat privées. Alors que tous ses méfaits étaient étalés sur la place publique, l'entreprise s'effondra sous le poids des poursuites judiciaires, des contrats résiliés, de la fuite de ses capitaux et de la dilapidation de ses biens. Sa disparition généra des conséquences imprévues alors que ses stocks d'armement à travers le monde étaient saisis par les gouvernements de nombreux pays, mais aussi par des marchands d'armes sans scrupule qui alimentèrent les conflits du monde entier de leurs produits meurtriers. Le monstre cupide avait laissé sa place à des milliers d'autres. »
Le géant Novacarm
Extrait Des Piliers de la Grande Hégémonie, Jack Lawton Wells, p. 147[/center]
[justify]Siem Balung, Royaume du Sengaï
L'entrepôt n'avait pas l'air d'un endroit fréquentable aux yeux de Chaos, surtout pour un homme de son importance qui ne rencontrait généralement pas ses clients, ni ne participait aux transactions. Mais une série de contretemps fâcheux et la nature de la cargaison l'avait obligé à se déplacer lui-même sur place. Chose qu'il ne pouvait se permettre. Chaos attendait patiemment dans sa berline de luxe, ne voulant pas que son tailleur impeccable ne soit souillé par l'immense quantité de poussière et de crasse qui recouvrait les marchandises de cet entrepôt quasi abandonné. Quatre hommes armés d'armes automatiques étaient dispersés autour du véhicule, habillé d'habit noir et portant des lunettes teintées particulièrement clichées. Un camion tout à fait banal se situait à l'avant du véhicule où quatre hommes déchargeaient des caisses métalliques où l'on pouvait apercevoir, pour certaines, le logo de Novacarm, l'ancienne entreprise d'armement déchu. Leur travail fut toutefois interrompu par l’arrivée de plusieurs camionnettes grises qui déversa une bonne douzaine d’hommes habillés d’uniformes militaires plutôt abimé, mais propre. Leur arrivée fît soupirer Chaos qui sortis de son véhicule déposant ses souliers noirs immaculés sur le sol humide et sale de l’entrepôt. Immobile, il entendit que l’on vienne à lui, ce que l’un des militaires fit immédiatement regardant Chaos droit dans les yeux.
[Lieutenant Xu Delan] : Vous êtes celui que l’on nomme Ephialtès?
Chaos soupira intérieurement, Ephialtès ne les avait pas prévenus.
[Chaos] : Éphialtès a été malheureusement retenu par un contretemps, je suis en quelque sorte son patron.
Les deux hommes se jaugèrent mutuellement pendant quelques secondes.
[Lieutenant Xu Delan] : Et vous avez certainement un nom?
[Chaos] : Oh bien sûr. Mais je doute que notre transaction m’oblige à vous le dévoiler, vous pouvez m’appeler Monsieur C, cela devrait suffire.
Xu Delan afficha un air contrarié.
[Lieutenant Xu Delan] : Vous conviendrez que je veuille savoir à qui ais-je affaire!
[Chaos] : Non. Pour être franc, je m’en contrefiche. Habituellement se sont mes subordonnés qui s’occupent des transactions courantes, mais certaines circonstances m’obligent à venir salir mes chaussures dans cet endroit crasseux pour satisfaire les souhaits de quelqu’un bien au-dessus de moi. Je suis déjà irrité par ma présence ici, alors Monsieur le Soldat, je vous saurais gré de ne pas me faire perdre mon temps et de procéder immédiatement à la transaction pour que je puisse quitter cet endroit ennuyeux.
L’un des soldats du Lieutenant leva son arme, apparemment insulté par les propos de l’homme d’affaires.
[Camarade Yao Wen]: Sale bourgeois!
Le Lieutenant Xu Delan ne fit aucun signe d’apaisement alors que ses soldats levaient tous leurs armes vers les hommes de main de Chaos qui firent de même. Les hommes qui déchargeaient les caisses du camion se figèrent sur place alors que Chaos afficha un visage ennuyé.
[Lieutenant Xu Delan] : Votre arrogance ne m’étonne guère de la part d’un bourgeois tel que vous. Je pourrais très bien vous prendre vos cargaisons d’armes par la force. Vous connaissez la réputation des Brigades du Peuple du Parti communiste kaiyuanais, nous ne sommes pas des tendres et ce n’est pas la première fois que nous confisquons les biens de bourgeois arrogant tel que vous.
Chaos ne sembla pas impressionné par le discours du Lieutenant.
[Chaos] : Vous ne feriez rien de tel j’en ai bien peur.
Chaos ouvrit une caisse située sur sa gauche sous les yeux interrogateurs du Lieutenant puis se tourna vers celui-ci.
[Chaos] : Je suppose que vous reconnaissez le logotype affiché sur cette caisse Monsieur le Soldat?
[Lieutenant Xu Delan] : Oui, c’est celui de l’Armée impériale Kaiyuanaise ou du moins de l’ancienne armée impériale kaiyuanaise d’avant la guerre.
Chaos désigna un nouveau logotype sur les obus que contenait la caisse.
[Chaos] : Et ce logotype vous le reconnaissez?
Le Lieutenant s’approcha de la caisse et la seconde suivante il afficha un visage terrifié. Il fit signe à ses hommes de baisser leurs armes. Sur chaque obus était affiché le logotype très révélateur avertissant la présence d’une charge chimique.
[Lieutenant Xu Delan] : Ce sont des obus provenant de l’ancienne réserve d’armes chimiques de l’Armée impériale avant la guerre?!
[Chaos] : Oui, des obus au Sarin pour être plus précis. De quoi tuer la totalité des hommes dans cet entrepôt en quelques minutes si une balle perdue venait à endommager l’un de ces obus.
Chaos afficha un sourire face au visage blême du Lieutenant.
[Chaos] : Passons, voulez-vous. La transaction d’aujourd’hui concerne l’achat de fusils d’assaut, de lance-grenades, de lance-missiles sol-air, de lance-roquettes et surprise! Des obus au gaz sarin! Je suppose que vous avez le paiement que nous avions convenu.
Le Lieutenant Xu Delan fit signe à l’un de ses hommes d’approcher. Celui-ci transportait une petite valise métallique qu’il déposa sur une caisse à proximité. Chaos ouvrit la portière de la berline de luxe et s’adressa au passager assis près du conducteur. Celui-ci sortit du véhicule avec une mallette et il s’approcha timidement de la valise déposée par le soldat communiste. Il l’ouvrit, dévoilant une importante quantité de diamants que l’homme s’empressa d’inspecter.
[Chaos] : Je vois que notre ami commun au Juggong vous ait particulièrement profitable. Avoir le contrôle sur une mine de diamants est particulièrement utile, notamment pour des transactions vers l'extérieur du pays.
Le Lieutenant resta silencieux. Quelques minutes plus tard, l’inspecteur confirma l’authenticité des diamants et ferma la mallette avant de se rendre à nouveau dans la berline.
[Chaos] : Je crois que nous en avons terminé. Mes hommes termineront de décharger vos armes et vous pourrez les utiliser comme bon vous semble. Je doute fortement que je sois sollicité pour nos prochaines transactions fructueuses, alors je vous dis adieu, Monsieur le Soldat.
Chaos s’engouffra dans sa berline sous le regard méprisant du Lieutenant. En refermant la porte, il s’empara de son téléphone portable et composa un numéro.
[Chaos] : Voilà, c’est fait. Je compte sur vous pour avertir Éris.
Son interlocuteur répondit par l’affirmative.
[Chaos] : Et concernant Parsi…
Son interlocuteur le coupa net. Chaos l’écouta un moment.
[Chaos] : La succession est donc assurée. Très bien.
Chaos raccrocha, puis regarda l'heure sur sa rolex, puis il abaissa la vitre teinté qui le séparait du conducteur..
[Chaos] : Ramenez-nous à Pan Ranong. J'ai des diamants à faire échangé.
Le conducteur hocha la tête et la berline quitta l'entrepôt.[/justify]
Posté : ven. août 23, 2019 1:27 am
par Rumy
[justify][center]IV[/center]
[center][img]https://i.imgur.com/bm6NI4A.png[/img]
Crédit photographique:[url=https://www.deviantart.com/frankhong/art/Garden-of-Zen-156885520]frankhong[/url]
«L’Empire dispose de quatre territoires appartenant directement à la Couronne impériale et juridiquement connue sous la dénomination de Domaine impérial. Le premier est évidemment la capitale impériale Fuxianji, suivis des deux anciennes capitales; Sontey du Premier Empire et Shengfen du deuxième Empire. Le quatrième domaine toutefois se démarque des trois autres pour son statut très particulier; puisque celui-ci accueille la dernière demeure des Empereurs et de leur famille proche. Le Domaine impérial de Xiannan accueille les complexes funéraires de tous les Empereurs ayant vécu depuis la Première Dynastie Huan [1644 à 1712 ap J-C] composée de temples, de pagodes et de mausolées dispersés aux pieds de la chaîne de Taizhou. Leur gestion, leur entretien et leur protection ont été confiés au mystérieux clan Beifong qui remplit fidèlement cette tâche depuis un peu plus de trois siècles.»
Les Domaines de la Couronne
Guide touristique de l'Empire du Kaiyuan, Tome II, p. 27[/center]
Domaine des Beifong
Domaine Impérial de Xiannan, Empire du Kaiyuan
Le Domaine des Beifong était l’un des palais les plus idylliques de l’Empire. Situé en périphérie de Xiannan, aux pieds des montagnes, le complexe surplombait un escarpement au-dessus d’un petit lac alimenté par une chute d’eau digne d’une carte postale. Une forêt dense et luxuriante entourait les bâtiments anciens, offrant un spectacle à la fois spectaculaire et paisible. Selon certaines sources, le domaine aurait été la source d’inspiration du roman de James Hilton Les Horizons perdus et la création du concept de Shangri-La, bien que cette information n’ait jamais été confirmée ou réfutée par l’auteur lui-même. Les Beifong étaient un clan bien connu de l’Empire pour leur rôle de Gardien des Rites de l’Empire et leur rôle de protecteur des sépultures des Empereurs et de leurs familles. Toutefois, malgré cette importance, le clan Beifong n’avait jamais atteint les niveaux d’un clan majeur tels que les Huan ou les Faishans. Mais au sein du Domaine impérial de Xiannan la population pouvait se targuer d’être soit un membre du clan Beifong où un de leurs clans alliés. Peu hétérogène, Xiannan était habité à 90% de membre du clan Beifong, les 10% restant étaient essentiellement des clans mineurs alliés au clan Beifong depuis de nombreuses générations.
Associé cette réalité à la nature très réservée des Beifong et vous obtenez un clan enveloppé de mystères et de secrets. Sans oublier leur étonnante résistance durant la guerre civile, encerclée pendant une décennie entière par les forces communistes, coupant cette enclave du reste du monde et de leurs alliés. Un siège que les communistes ne purent jamais vaincre. Comment le pouvaient-ils? C’est ce que se demandait Ru Beifong, songeur, alors qu’il regardait le paysage par la fenêtre du véhicule où il se trouvait. Celle-ci filait seule sur la route menant vers le domaine du clan. Ils avaient dépassé quelques minutes plus tôt la grande porte principale du domaine gardé férocement par deux énormes statues de dragon en pierre ornée de jade. Cela faisait longtemps que Ru Beifong alias Monsieur K n’était pas retourné auprès de sa famille, ses recherches concernant l’affaire que lui avait confiée l’Empereur avaient été infructueuses et le patriarche réclamait son retour. La voiture pénétra dans la cour principale du domaine et s’arrêta devant un escalier de marbre ceinturé de colonnades de bois rouge où attendait un homme habillé d’un complet gris sombre sobre et impeccable. Les lunettes fumées et l’oreillette qu’il portait dévoilaient son rôle d’agent de sécurité au sein du domaine des Beifong. L’homme ouvrit la portière et salua poliment Ru Beifong qui sortit du véhicule, ajustant son veston, puis montant les escaliers alors que la voiture redémarrait pour quitter la cour principale.
Il passa sous l’arche marquant l’entrée de la cour intérieure et remarqua la présence d’une trentaine de jeunes hommes et femmes habillée de noir s’entraînant aux arts martiaux. Ils suivaient les instructions d’une femme que Ru Beifong reconnut comme étant sa sœur ainée, Lei Beifong. Celle-ci lui jeta à peine un regard, bien trop occupée à entraîner l’élite du Clan Beifong, d’autant plus qu’elle n’était pas du genre sentimental même quand cela concernait sa propre famille à l’exception peut-être de leur père, qu’elle adulait littéralement. Celui-ci se trouvait d’ailleurs sous l’arche marquant l’entrée de l’aile ouest du palais, à genoux devant les deux marches observant les hommes s’entraîner. Une petite table basse avait été installée à ses côtés où trônaient une tasse de thé et une théière en céramique. À quelques mètres de là, un domestique se faisait discret, attentif aux moindres besoins du patriarche. Il fallait préciser que Jun Beifong approchait bientôt de sa 80e année de vie. Ru Beifong s’approcha du patriarche, il joignit ses deux mains pour former un point puis s’inclina devant celui-ci en signe de respect. Le vieil homme inexpressif prit une gorgée de thé sans lui porter le moindre regard. Cela dura quelques minutes avant que le vieux patriarche ne porte son regard sur Ru Beifong faisant signe au domestique de retirer le thé et la table basse.
[Jun Beifong]: Finalement, mon fils répond à mon appel. Il fut un temps où vous vous seriez empressé de rejoindre le domaine au moindre signe de ma part.
Ru Beifong sourit.
[Ru Beifong]: Veuillez m’excusez père, j’avais des affaires à régler qui ont accaparé tout mon temps.
[Jun Beifong]: Rechercher un dénommé Parsifal par exemple?
Ru Beifong fronça les sourcils.
[Jun Beifong]: Ne fait pas cette tête, Lars m’a mis au courant de la requête personnelle de l’Empereur. Tu sais très bien que rien ne m’échappe pour bien très longtemps.
Le domestique qui avait retiré la table et le thé arriva avec un fauteuil roulant et aida Jun Beifong à se lever. Bien que le patriarche était capable de marcher, il ne pouvait pas le faire pour bien longtemps. C’est pourquoi il se déplaçait généralement en fauteuil roulant.
[Ru Beifong]: Au vu de l’ancienneté de l’affaire et de sa confidentialité, je n’ai pas cru bon de vous le mentionner par respect pour l’Empereur évidemment.
[Jun Beifong]: Certes, mais si tu me l’avais mentionné plus tôt, tu aurais pu recevoir certaines informations utiles sur ce Parsifal puisque ce nom a déjà été mentionné auparavant.
Ru était surpris.
[Ru Beifong]: Vous connaissez donc ce dénommé Parsifal?!
[Jun Beifong]: Oui et non.
[Ru Beifong]: Pourtant les bases de données de l’Organisation n’ont rien dévoilé et je doute que Lars ait manquer quoi que se soit.
[Jun Beifong]: L’information ne se trouve pas dans nos bases de données.
Jun fit signe au domestique de les laisser et demanda à son fils de le mener à son bureau dans le pavillon au nord du domaine. Les questions sans réponse s’accumulaient dans la tête de Ru Beifong qui resta silencieux durant tout le trajet. Arrivé dans son bureau, Jun s’approcha d’un pupitre à sa gauche qui supportait un présentoir arborant plusieurs épées anciennes. Jun sortis une clé de sa poche et déverrouilla le tiroir du pupitre pour y sortir une clé magnétique. Il se dirigea ensuite vers son imposante bibliothèque et plongea sa main entre plusieurs livres. Un déclic se fit entendre et la bibliothèque pivota doucement pour laisser place à une porte blindée qui contrastait avec le mobilier traditionnel de l’endroit. Cette porte menait aux archives du clan Beifong dont les seuls points d’accès étaient soit du bureau du Patriarche, soit à partir du Conservatoire situé dans l’aile ouest du domaine. Dans les deux cas, des tunnels creusés dans la pierre descendaient dans les profondeurs de la montagne vers les archives du clan.
[Ru Beifong]: Je croyais que la plupart de nos archives avaient été numérisées vers nos bases de données?
[Jun Beifong]: Pas toutes. Certaines informations ont été jugées préférables de n’être accessible que physiquement, et ce, au vu de la très haute sensibilité des informations. Nous ne sommes pas entièrement à l’abri d’une attaque informatique malgré les compétences hors norme de Lars.
Lars Boström était l’homme chargé de la sécurité informatique de l’Organisation et du Clan Beifong. Issu des clans Thorvalois de Phuket, personne n’aurait imaginé qu’un Thorvalois deviendrait un génie de l’informatique où bien si une telle chose avait déjà existé par le passé. Il faut dire que Lars Boström était l’un de ces enfants prodiges nés avec un énorme talent, notamment pour les mathématiques. Malgré la société très traditionnelle de Phuket, l’ancienne concession Thorvaloise était bien moins isolée et arriérée que le Thorval lui-même. Du point de vue du Thorval, Phuket avait embrassé la modernité alors que du point de vue du Kaiyuan, Phuket restait encore figé au 19e siècle. De ce fait Lars Boström eut rapidement accès au savoir moderne, s’expatriant à Shengfen pour étudier en génie informatique, en mathématique et en langues. En effet, en plus de connaître le dialecte Thorvalois de Phuket, Lars pouvait parler et comprendre le Tiànais, le Surinois, le Dakan, le Mandarin, l’arabe, le Britton, l’Italique, le Teiko, le Tottern, le latin et l’euskal. Selon les dernières nouvelles, il était en plein apprentissage du Tibétain et du Tojiks. Ajoutons à ce palmarès le fait qu’il soit un virtuose au violoncelle, un maître en Taekwando et un très bon joueur d’échecs et vous avez un individu hors-norme, presque surhumain en termes d’intelligence.
Jun Beifong fit glisser sa carte magnétique à l’endroit prévu et un écran tactile s’avança, permettant à Jun de composer un mot de passe de 8 chiffres. Après confirmation, Jun apposa la paume de sa main sur l’écran pour identifications des empreintes digitales. Quelques secondes plus tard, la porte blindée s’ouvrit et Ru Beifong poussa le fauteuil roulant de son père dans les profondeurs de la montagne. Les archives des Beifong étaient une vaste salle creusée dans la roche et composée de nombreux cubicules en verre renforcé. Ces cubicules contenaient diverses archives papier, des documents et des objets anciens. Chacun d’entre eux était conçu pour contrôler l’oxygène et l’humidité à l’intérieur afin de préserver leur précieux contenu des aléas du temps. Jun Beifong s’arrêta devant l’un d’entre eux et s’empara de gants situés dans un compartiment à proximité de la porte en faisant signe à Ru de s’emparer des masques à oxygène pendu du côté gauche de la porte. Chaque masque détenait un long tube connecteur qu’ils pouvaient connecter à une petite bonbonne d’oxygène.
Lorsqu’ils furent prêts, Jun entra un code à quatre chiffres sur la tablette numérique connectée au cubicule et la porte s’ouvrit rapidement laissant s’engouffrer de l’air dans le compartiment étanche qui séparait le cubicule de la salle. Les deux hommes s’engouffrèrent dans le compartiment et la porte se referma derrière eux. Après que tout l’oxygène fût évacué du compartiment, la deuxième porte s’ouvrit en émettant un bruit sonore et Ru poussa le fauteuil roulant devant lui alors que Jun lui faisait signe de se diriger vers la rangée 4. Le cubicule comportait six larges étagères métalliques composées de tiroirs métalliques verrouillés. Chaque étagère comportait un écran affichant l’inventaire de chacune d’entre elles et chaque écran comportait une fente requérant l’utilisation d’une carte magnétique. Jun s’empara de la carte magnétique utilisée tout à l’heure pour pénétrer dans les archives et l’utilisa sur l’un des écrans. Celui-ci demanda une nouvelle identification et Jun recomposa le mot de passe de 8 chiffres. Après confirmation l’ordinateur lui demanda quel tiroir Jun désirait, celui-ci sélectionna le tiroir 4H et l’écran afficha un code à quatre chiffres que les deux hommes devaient retenir.
À chaque vingt minutes, tous les ordinateurs affiliés à une étagère changeaient les mots de passe de tous les tiroirs qui leur étaient affiliés rendant toute tentative de décryptage quasiment impossible de l’extérieur même en ayant accès au système informatique. En cas de brèche dans un cubicule, un incendie ou toute autre menace, le système évacuait les étagères sous terre; celles-ci s’enfonçant rapidement dans le sol dans un compartiment blindé situé sous la salle des archives. De ce fait, il était quasiment impossible pour un voleur de faire sortir un document à l’extérieur du domaine. D’autant plus que celui-ci devrait aussi déjouer le personnel de sécurité et le clan tout entier dont la loyauté et le nombre rend difficile toute infiltration ou opération clandestine. Généralement, un étranger en ville était facilement identifié au vu du réseau déployé par les Beifong et le relatif isolement de Xiannan du reste du pays. Sans oublier les défenses naturelles que sont les montagnes et les forêts des environs qui rendent toutes intrusions massives plutôt périlleuses.
Ru se dirigea vers le tiroir 4H et composa le mot de passe à quatre chiffres sur le clavier alphanumérique du tiroir et un déclic sonore confirma son déverrouillage. Ru Beifong ouvrit le tiroir et s’empara des quelques documents et du livre qu’il contenait pour les déposer sur la table métallique disposée à proximité des étagères.
[Ru Beifong]: Un livre et quelques documents, c’est bien maigre comme information?
[Jun Beifong]: Et encore, le livre ne fait que mentionner l’existence de Parsifal et ne nous dévoile rien sur sa véritable identité.
[Ru Beifong]:Mais alors que nous dévoile-t-il?
[Jun Beifong]: Il nous dévoile comment la Grande-Hégémonie a été créé ou du moins les manœuvres mises en place dans l’ombre ayant mené à sa création.
[Ru Beifong]: Je n’ai pourtant jamais entendu parler d’un tel ouvrage.
[Jun Beifong]: C’est parce qu’il se trouve que c’est le seul exemplaire existant.
Ru inspecta le bouquin.
[Ru Beifong]: Aucun auteur, aucune mention d’un quelconque éditeur. Comment vous êtes-vous procuré ce livre?
[Jun Beifong]: Nous l’avons reçu par la poste.
Ru lui jeta un regard confus.
[Ru Beifong]: Pardon?
[Jun Beifong]: Aussi extraordinaire que cela puisse paraître, nous avons reçu ce livre par la poste il y a une dizaine d’années.
Ru porta son regard sur l’ouvrage, sa couverture sobre n’affichait que son titre : La Grande Hégémonie.
[Jun Beifong]: Mais l’information qui vous intéresse se trouve sur la première page de l’ouvrage.
Ru ouvrit le livre et se mit à lire. Une minute passa et Ru Beifong déposa l’ouvrage sur la table.
[Ru Beifong]: Officiellement, l’instigateur de la Grande Hégémonie a été la puissante entreprise Avendix qui a rallié les mégacorporations mondiales à sa cause d’où son surnom de Génie de l’Est, puisque basé en Ventélie.
[Jun Beifong]: Mais avec cet ouvrage, ce surnom prend un tout autre sens.
[Ru Beifong]: Ce Génie de l’Est serait en fait Parsifal? Le véritable fondateur de la Grande-Hégémonie. Mais qu’est-ce que cela a à voir avec la mort de l’Empereur Tianzun VI?
[Jun Beifong]: Ce livre de quelques pages décrit en détail les méthodes et les opérations de la Grande-Hégémonie qui ont permis sa montée en puissance à partir des années 70. Corruption, manigance, malversation, assassinat. Ils ont peu à peu remplacé les gouvernements du monde par des pantins qui leur ont offert la planète tout entière sur un plateau d’argent.
[Ru Beifong]: Vous pensez donc que la mort de l’Empereur…
[Jun Beifong]: Je ne le pense pas, j’en suis certain. Surtout après le témoignage de l’Empereur Yangchen. Tout le monde connaissait les positions modérées du défunt Empereur notamment ses positions réformistes et son rejet du capitalisme sauvage. Parsifal a éliminé l’Empereur pour y mettre un pantin plus malléable, l’Empereur Songto du clan Sukhueng. Vous savez aussi bien que moi que son règne autoritaire a été marqué par sa tolérance envers les mégas corporations et son laxisme en termes de liberté civile et de droit du travail. Un laxisme qui a permit à ces mégas corporations de transformer le pays en véritable manufacture géante pour alimenter une bonne partie de la planète en biens de consommation.
[Ru Beifong]: Et nous n’avons rien vu de cela? Pas le moindre signe avant-coureur?
[Jun Beifong]: L’Organisation était dirigée par mon défunt père à cette époque, le Patriarche Cao Beifong. Il a cru à un suicide, tout comme le reste du pays d’ailleurs. Les informations que nous détenions concluaient à un suicide. Par la suite, nous avons concentré nos efforts pour la protection du jeune Long Yi Huan, le dernier de son clan. Celui-ci a subi entre 1976 et 1993 près de 18 tentatives d’assassinats. L’Empereur ne l’a jamais su et nous n’avons jamais trouvé les commanditaires bien que nos soupçons étaient essentiellement tournés vers les Sukhueng. Mais nos informations réfutaient toute implication des Sukhueng dans ces tentatives. Mais voilà que le témoignage de l’Empereur Yangchen vient changer notre perspective des évènements.
[Ru Beifong]: Il serait donc aussi derrière ces tentatives d’assassinats? Pourquoi avoir mis fin à ceux-ci en 1993?
[Jun Beifong]: Selon le livre, 1993 est l’année où Parsifal aurait été écarté de la Grande-Hégémonie par ses dirigeants, disparaissant dans la nature sans laisser de trace.
[Ru Beifong]: Oui, mais tout ce que je vois se sont des preuves indirectes ou circonstancielles, rien de bien concret qui nous permettrait d’identifier Parsifal.
[Jun Beifong]: C’est là tout le mystère de la chose. Son existence n’est presque qu’une rumeur qui circule dans l’internet profond. Son génie et sa capacité à se rendre invisible aux yeux du monde le rend extrêmement dangereux.
[Ru Beifong]: Il doit être mort à l’heure qui l’est, si l’on fait quelques suppositions sur son âge.
[Jun Beifong]: Même avec un âge avancé, il reste dangereux. C’est tout de même lui, selon le livre qui a causé la chute de la Grande-Hégémonie.
[Ru Beifong]: J’ai tout de même du mal à le croire.
[Jun Beifong]: Comme le livre le mentionne, le nom de Parsifal est doté d’un puissant symbolisme qui démontre toute la dangerosité de l’individu. « Souvenez-vous seulement que lorsque Parsifal pose sur une blessure la lance utilisée lors de la crucifixion du Christ, il a le pouvoir de la guérir. Inversement, quiconque possède cette lance a le pouvoir de les ouvrir. Partout dans le monde ». Parsifal a utilisé sa lance pour créer la Grande-Hégémonie et il a utilisé celle-ci pour la faire chuter, c’est aussi simple que cela.
Les deux hommes restèrent silencieux un moment.
[Jun Beifong]: Et malheureusement pour nous, nous avons été les victimes de sa lance.
Jun fit glisser vers Ru les trois documents qui accompagnait le livre.
[Jun Beifong]: Par trois fois, le nom de Parsifal a été intercepté par nos services. Quatre, si l’on inclut dorénavant le décès de l’Empereur Tianzun VI. Le premier document est un rapport de la garde impériale concernant l’assassinat de l’Empereur Songto par un sympathisant communiste en 2003. Comme nous le savons, cet assassinat a été l’étincelle qui a fait sombrer le pays dans 23 années de guerre civile. Le nom de Parsifal y apparait brièvement, se perdant dans les nombreux témoignages.
Ru Beifong blêmit.
[Jun Beifong]: Le deuxième document est un rapport plutôt mince du Bureau impérial d’Investigation rédigé en 2001 sur des informations concernant la guerre civile Eashe et la présence d’un important réseau de trafic d’armement alimentant les différentes factions du conflit. Le nom de Parsifal y apparaît dans une transcription d’un interrogatoire avec un comptable impliqué dans le crime organisé. Ledit comptable trouvera mystérieusement la mort quelques jours plus tard d’une embolie cardiaque, malgré une santé robuste selon ses médecins.
Ru préféra rester silencieux, de la buée se formant sur son masque à oxygène.
[Jun Beifong]: Le troisième document est beaucoup plus récent. C’est une transcription d’un message crypté intercepté par les Services de Renseignement Kaiyuanais il y a plusieurs années. Le nom de Parsifal n’y est pas mentionné, mais plutôt un dénommé Perceval. Compte tenu du fait que le nom de Parsifal est issu de l’opéra de Wagner du même nom, lui-même basé sur un roman Töttern Parzival qui est lui inspiré du roman Perceval ou le Conte du Graal de Chrétien de Fabrègue, nous pouvons difficilement ignorer une telle coïncidence.
[Ru Beifong]: D’où provenait ce message crypté?
[Jun Beifong]: De la République populaire du Juggong.
Un silence pesant s’installa.
[Ru Beifong]: Vous vous foutez de moi?
[Jun Beifong]: J’ai bien peur que non.
[Ru Beifong]: Vous pensez que ce Parsifal serait aussi derrière l’augmentation des tensions entre Fuxianji et la République populaire?
[Jun Beifong]: C’est possible. C’est sa spécialité après tout. Il ouvre des plaies béantes avec une facilité déconcertante alors que nous nous démenons comme des forcenés pour les refermer.
[Ru Beifong]: Pourquoi ne pas en avoir avisé le gouvernement? L’Empereur?
[Jun Beifong]: Les aviser de quoi? Ce n’est qu’un nom apparaissant ici et là dans des rapports épars. Nous n’avons rien sur ses activités, absolument rien sur son identité, encore moins sur la véritable étendu de son implication sur l’assassinat de l’Empereur Tianzun VI et de l’Empereur Songto. Nous avons uniquement un livre mystérieux d’un auteur inconnu qui pourrait très bien raconter un ramassis de connerie.
[Ru Beifong]: Et pourtant, vous avez sauvegardé ces documents bien à l’abri ici. Ce qui veut dire que vous y portez une certaine importance, pourquoi?
[Jun Beifong]: Par instinct, je présume.
[Ru Beifong]: Je vous aie connu plus pragmatique.
[Jun Beifong]: Certes, mais je ne peux me défaire du malaise que j’éprouve en envisageant la possibilité, aussi faible soit-elle, qu’un individu puisse avoir autant d’Influence sur le l’histoire récente du monde sans que nous en sachions même l’existence. Une telle possibilité est si terrifiante que l’on ne peut l’ignorer, du moins pas complètement.
[Ru Beifong]: Notre mission est de protéger la Couronne et les Huans de toutes les menaces. Les circonstances floues entourant la mort de l’Empereur Tianzun VI nous démontrent que nous avons failli à notre tâche malgré toutes les précautions et les mesures que nous avons prises depuis des décennies pour éviter le pire. Notre mission nous oblige à envisager les scénarios les plus improbables et à nous préparer à y faire face coûte que coûte.
[Jun Beifong]: Apparemment, tout comme nous, l’ennemi agit dans l’ombre, à l’abri des regards. Il nous faut le forcer à sortir des ténèbres, à se dévoiler à la lumière, au regard de tous.
[Ru Beifong]: Il nous faut avant tout une piste solide pour arriver à cette fin.
[Jun Beifong]: Le Juggong. La piste du Juggong est encore fraîche. Je doute que nous puissions trouver quoi que se soit sur les circonstances entourant la mort de l’Empereur Tianzun VI au vu de temps écoulé depuis 1976. Même chose avec l’Empereur Songto et l’incendie du Palais Impérial au début de la guerre. Nous devrons nous concentrer sur les pistes les plus récentes avant qu’elles ne s’effacent au gré du temps.
[Ru Beifong]: Très bien. Je suppose que vous préviendrez Lars de la situation.
[Jun Beifong]: Il le faut, j’en aie bien peur.
[Ru Beifong]: Cela ne va qu’exacerber ses théories du complot.
[Jun Beifong]: En effet.[/justify]