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Posté : lun. oct. 17, 2016 12:52 am
par Thunderoad
[center]Activités Internes[/center]
Posté : lun. oct. 17, 2016 1:21 am
par Thunderoad
[right]On Every Street[/right]
Quand j'étais gamin , c'était encore l'apartleben , une ignominie sans nom .
Grandir blanc dans l'Algarbe du Sud des années 80, c'était comme vivre dans une bulle géante !
On vivait dans un quartier entièrement blanc , sans aucune particule étrangère .
La communauté rurale de l'Orania où je vivais était l'incarnation du bastion du nationalisme alekaner.
Un petit cercle d'entre soi sans personne d'autre que votre propre communauté : une bulle d'homogénéité impeccable sans un grain qui dépasse , monochrome et unilingue .
Dans la région , on parlait la kûtschen taal : le Fritz de cuisine , et on en était fier.
Parler en Fritzlandais standard vous faisait passer pour un pédant !
Et pour ça à l'époque , on vous ratait pas à la cour de récréation de l'école ...
La population noire d'Aleka ? Moi j'en avais pas vu dans la vrai vie jusqu'à l'âge de 19 ans .
Mon seul contact avec les noirs était la serveuse noire de la demeure familiale qui me lavait mes vêtements et préparait les repas de la journée : je la voyais furtivement le matin lorsque l'on s'installait autour de la table pour le breakfast mais elle s'effaçait toujours aussitôt que mon père venait .
Parce que l'on était blancs nous étions riches : c'était pas la grande vie , loin de là !
Mais l'on se consolait en nous disant que si pauvres nous étions , nous serions toujours intrinsèquement différents et meilleurs que le plus riche des noirs , et c'était rassurant .
Les noirs ont toujours été à notre service , le sont , et le seront toujours : telle était la vie dans l'immensité aride chaude le jour, et froide la nuit du Grand Karoo.
Pour moi les noirs étaient comme des fantômes : on savait qu'ils existaient , mais on en voyait pas .
Nous craignons profondément les noirs , et ce pas tant par pur racisme que par peur de l'inconnu .
Nous les voyons passer, mais on les voyait jamais dormir, manger, ou travailler... Où vivaient-ils ?!
On avait pas conscience que leur travail était justement de nous laver nos frusques et nous préparer à manger, précisément parce que l'on les voyait faire ça tout les jours !
Moi j'ai compris qu'à l'âge de 15 ans que c'était un travail ! Jusque là pour moi c'était du jeu !
J'insultais même la pauvre serveuse de fainéante et d'incapable , lui conseillant de faire bonniche ...
Sans réaliser que c'était justement là sa corvée quotidienne ...
Posté : lun. oct. 24, 2016 1:14 am
par Thunderoad
[right]On Every Street[/right]
Et me voilà de retour dans ce monstre d'acier, de verre et de béton .
Dans cette usine à folie , cette manufacture à erreurs , ce cerveau décérébré .
La machine ultime , celle qui vous avale d'une seule bouchée puis vous dévore .
En vous mâchant longuement pour écraser, démembrer, humilier, dézinguer vos nerfs .
Pour enfin vous recracher, vulgairement , dans le crachoir de l'humanité qu'est la pauvreté .
Oui, je suis revenu dans l'antre du démon , le ventre du Diable : l'administration .
Je pousse la lourde porte métallique qui laisse un fin passage vers le monde extérieur.
Vers l'univers encore sain d'esprit de notre mégasystème en marche perpétuelle ...
Je prends un ticket pour le paradis qui va vite se révéler être un ticket pour l'enfer.
Je n'ai pas le choix , j'y suis obligé par " la Bête ", pour échapper à un sort pire que la mort .
Mais n'est-il pas justement là , ce sort pire que la mort ?
Je pose mon cul comme un con sur une chaise froide impersonnelle , du plastique chambré métal .
Je regarde le comptoir, au loin et si proche ... Une heure passe et un ange passe ...
Et encore une , puis une autre , et une dernière : après 4 longues heures d'attente , c'est à moi .
On appelle mon numéro, et je crois en mon rencard . Je présente mes plus beaux atours .
Raté : J'ai oublié mon formulaire AZ-9-312-B ... Mais alors où puis-je l'obtenir, ce papelard ?
Réponse : Je sais pas , démerdez-vous . Vous avez l'habitude , non ?!
Certes , mais j'en attendais pas moins de la part d'une administration qui me fait patienter plus de quatre heures dans une vraie galère morale pour immatriculer une vraie galère physique ...
Posté : dim. oct. 30, 2016 8:34 pm
par Thunderoad
[right]It's cold at the top[/right]
Au sommet du pouvoir, la lettre diplomatique envoyée par de Klark fait scandale !
Le Bloc Démocratie étant essentiellement composé de membres et de députés alekaners élus avec le soutien de cette communauté l'idée que l'état alekan puisse en privé se réclamer paillasson du monde anglosaxon enrage les plus fidèles supporters du Premier Ministre qui lui-même n'avait pas été mis au courant de l'envoi de ce courrier et n'a pus le découvrir que dans la presse !
En coulisse , derrière les rideaux , le Premier Ministre a téléphoné tous azimuths pour se renseigner.
Il se murmure qu'un complot de la base aurait pour objectif de le renverser...
Et qu'à sa tête se trouverait sa pire ennemie : Lizzie Thorensen !
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Erik Per Sullivan : Lizzie , espèce de salope ! J'aurais dû me douter que c'était toi !
Lizzie Thorensen : Je n'ai fais que saisir une occasion me passant sous le nez ...
Menteuse , pouffiasse ! Je suis certain que tu as payé de Klark pour me faire ce coup de pute !
Je n'en ai pas eu besoin , il sait qu'il a besoin de moi , tout comme toi !
Soyons directs : je veux ton fauteuil , alors soit j'ai celui de Chancelière pour me contenter soit j'enclenche la procédure au sein du bloc pour te renverser par dessus bord . On fait comment ?
Ni l'un ni l'autre ! Tu peux crever. Je ne veux pas de ta charité à deux balles !
Pourtant si tu ne la saisis pas , je prendrais tout et toi tu n'auras plus rien !
Tiens-tu donc tant que ça à perdre pied dans ce monde si clos que tu as tant convoité ?
Qui mettras-tu à la place de Klark si tu gagnes à me virer ? L'autre abruti , je présume ?
Donc l'un , d'abruti , c'est bien toi ?
Arrêtes ça , Lizzie ! Va droit au but , comme tu disais toi-même !
Je mettrais effectivement Andreus de Paulson , mais je te rappelles que si tu lâches ton copain à temps soit tout de suite je peux envisager de calmer la base pour te laisser à ton siège ...
Ok-ok, va pas t'exciter. Admettons que tu deviennes Chancelière , que feras-tu ?
Tu le sais très bien depuis le temps que l'on se connait . On arrête ce cirque d'anticolonialisme à la noix et l'on tente de prendre contact avec ceux qui compteront vraiment dans le futur.
Donc toi en fait le dominion ça te va très bien ?
Parfaitement bien , en effet .
T'en as absolument rien à carrer que le peuple alekaner soit encore aujourd'hui dominé ?
Oh-dis , épargne moi ta complainte ! Dominé par quoi ?! Le Royaume-Uni est atone !
On gagnerait pas beaucoup plus en indépendance que ce que l'on a déjà mais l'on deviendrait automatiquement le pire paria de tout le continent aux yeux de la Dytolie ! Et c'est pas l'moment .
Bref, c'est surtout le moment que ça soit moi , le Chancelier. On le fait , oui ou non ?
Soupir de Sullivan qui opine penaudement de la tête puis soupir de soulagement pour Lizzie
Eh ben voilà , on est arrivé à quelque chose ...
Tu vas flinguer tout mon programme diplomatique en un jour, salope !
J'en ai rien à carrer, t'avais qu'à pas faire ton lèche-cul à 3 centimes dans les stades à aller gratter quelques voix de neuneus pour te faire élire au mépris de l'élite du parti .
C'est une guerre silencieuse entre toi et les alekaners d'un côté et moi et les anglophones de l'autre .
Aujourd'hui je viens me rappeler à toi pour t'aider à te souvenir que la majorité ne vous donnent pas tout les droits et encore moins d'opprimer ceux qui ont le pouvoir économique .
Posté : jeu. nov. 10, 2016 2:58 pm
par Thunderoad
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On Every Street[/right]
Cette chanson est un psaume extrêmement ancien dans le monde germanique : la première transcription écrite de l'ensemble ayant survécu jusqu'à nos jours est un parchemin signé de la main d'un moine Fritz bénédictin qui selon les analystes daterait du 12ème siècle , vers 1150 environ .
Rédigée en Mittel-Fritz , l’œuvre est probablement un poème païen récurrent dans la culture régionale de l'époque car l'on en retrouve des versions très proches mais sans références à Dieu qui sont encore plus anciennes que cela jusqu'au 8ème siècle de notre ère , écrites en vieux Fritz .
Les moines voyant son succès l'auraient alors christianisé et réincorporé dans le canon catholique .
Cruelle ironie de l'histoire quand on sait que ce poème servira ensuite à partir du 16ème siècle d'étendard identitaire à la révolution culturelle protestante et se disséminera partout dans le monde ...
En Aleka les premiers colons en avaient emporté une copie dans leurs bagages du voyage de 1652 .
On le sait parce que Stefan Van Driebeek le dit dans son journal de bord , et que l'on a justement retrouvé le parchemin du poème il y a quelques années dans ses possessions aujourd'hui stockées dans les archives du vaste musée national qui lui est dédié à Moonhoek !
Ce fut pendant des dizaines d'années l'une des rares ressources religieuses disponibles pour eux .
Face à l'isolement mental et géographique , et au faible nombre de bibles en circulation ce poème facile à chanter, mais aussi et surtout à retenir par cœur, a servi de fin rayon du phare de la foi pour les milliers de trekboers qui partaient en chariots dans les quatre déserts que comptent le pays .
Ci-dessous figure la version actuelle du poème , standardisé dans les esprits par la version produite par le groupe Fritz de rock-chrétien Kerkendam en 1964, puis traduite en Alekâns en 1976 par Louis Brittz et enfin traduite en Briton standard par le groupe alekans anglophone Godevotion en 2017.
Ce sont ces trois versions , qui en sont aujourd'hui les plus connues du poème présentées ainsi :
[right]
- 1ère version : Fritz
- 2ème version : Alekâns
- Dernière version : Briton
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Couplet 1[/center]
- In de hemel is de Heer
- In die hemel is die Heer
- In the heaven is the Lord
- en Zijn glans is als kristal
- En sy glans is soos kristal
- And His light is like crystal
- Hij is de Heilige van God
- en Hij heerst over het heelal
- En hy heers oor die heelal
- And he's reigning over us
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[center]
REFRAIN[/center]
- Er is macht in Zijn woord
- Daar is mag in Sy Woord
- There is might in His Words
- als de wateren bruist Zijn stem
- Soos die waters bruis Sy stem
- As the waters roar His name
- als de zon op de zee zo blauw
- Soos die son op die see se blou
- Like the sun over the blue ocean
- zo is de rijkdom van Zijn trouw
- So is die rykdom van Sy trou
- such is the richness of His truth
- Alle heerlijkheid en kracht
- En die heerlikheid en krag
- En de lof want U regeert !
- En die lof want U regeer !
- And the praise for Thine rule
[hr][/hr]
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Couplet 2[/center]
- Staan de engelen om Zijn troon
- Staan die engele om Sy troon
- Are the angels around His throne
- Verbijsterend Zijn sieraad
- En de schoonheid van Zijn kroon
- En die weelde van Sy kroon
- And the wealth of His crown
[hr][/hr]
[center]
2ème REFRAIN[/center]
[hr][/hr]
[center]
Couplet 3[/center]
- U regeert over het heelal
- U regeer oor die heelal
- Thou reign over the whole thing
Posté : sam. nov. 12, 2016 3:08 pm
par Thunderoad
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On Every Street[/right]
Ce poème très ancien fait partie du package culturel obligatoire de tout citoyen alekan .
Il est enseigné aux enfants dès la troisième année de la scolarité , pour être sûr qu'ils le connaissent par cœur, et l'ont tous bien compris pour ce qu'il représente pour le peuple alekan .
Il remonte probablement aux racines de la folkspraak , la langue du peuple alekaner, mais sa première trace écrite n'est qu'une transcription parcellaire en Fritz datant du début du XVIIIème siècle .
Sa première transcription intégrale est également en Fritz , datant des années 1780's environ .
Dans les deux cas sus-cités , on ne connait pas l'auteur, perdu dans l'oubli de l'histoire .
En revanche , on sait que c'est
Jan Van de Luis qui fut le premier à traduire le poème en Alekâns vers le milieu du XIXème siècle et qu'il en a patenté son travail auprès de l'état en 1851 à Moonhoek .
Plusieurs traductions en Alekâns ont coexisté dans le temps , mais la version de Luis a fini par s'imposer comme la valeur de référence et constitue aujourd'hui celle qui est enseignée à l'école .
Le poème fut ensuite traduit en Briton en 1894, par le grand écrivain bilingue Andrew Lankenhaven .
Cette traduction en Briton n'était pas gagnée d'avance , car le poème est tellement associé au nationalisme alekaner, depuis le tout début que les autorités britanniques de la Colonie du Cap ont toujours tout fait pour en limiter
sans censure la diffusion afin de couper l'herbe sous le pied aux nationalistes les plus ardents qui eurent tôt fait de s'en emparer. Lankenhaven dût s'autopublier, tant le refus d'assistance de la part des autorités culturelles britanniques était flagrant .
Il faudra attendre l'arrivée de la démocratie à la fin des années 1980's pour que la version anglaise soit ressortie de l'oubli et connaisse enfin le succès qu'elle méritait soit presque un siècle après !
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- My taal lê in die lug
- My language lay in the air
- Ma langue repose dans l'air
- My Gedagtes op die vloer
- My thoughts onto the floor
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- Onder wie se spel val ek vanaand ?
- Under whose spell I fell tonight ?
- Sous quel charme suis-je tombé ce soir ?
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- Die wynglas het my naam
- The wine glass has my name
- Le verre de vin connait mon nom
- Die lippe het my taal
- The lips have my language
- Die Trappe van vergelyking staar af op mekaar
- The degrees of comparison staring down on each other
- Les degrés de comparaison se regardent tous de haut
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- Nes in die ou dae
- Just like in the old days
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Posté : lun. nov. 21, 2016 6:41 pm
par Thunderoad
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On Every Street[/right]
Ce poème très ancien fait partie du package culturel obligatoire de tout citoyen alekan .
Il est enseigné aux enfants dès la troisième année de la scolarité , pour être sûr qu'ils le connaissent par cœur, et l'ont tous bien compris pour ce qu'il représente pour le peuple alekan .
Transcris en isiZulo pour la première fois par le missionnaire catholique britton Jakob Landry, en 1901 il a ensuite été traduit en briton par ses soins la décennie suivante et en Alekâns par le célèbre poète bilingue Andrew Lankenhaven avec l'autorisation de Jakob Landry, en 1917.
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OLWAMI UTHANDO
FORSAKEN LOVE
AMOUR INTERDIT[/center]
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- Ke ungaze wangilandela wena
- May you cease lingering like a bad dream
- Puisse-tu ne plus t'éterniser comme un cauchemar.
- Imini engikuthande ngayo isidlule
- The sun in our love has fully eclipsed and is now
- Le Soleil en notre amour, s'est eclipsé et n'est plus désormais
- Sengiwaphephethile amabhadu ezinyawo zakho
- Dimmed footprints, poetic ink across a fading paper sky
- Que de pâles empreintes de pas , encre poétique à travers un ciel de papier décoloré
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- Ngaze ngayivala iminyango ngezihluthulelo
- Listen to jarring notes when the rusty key locks the gates shut
- Écoutes les notes saisissantes quand la clé rouillée ferme les portes
- Ngokuba olwami uthando akulona uthando
- My forsaken love froths like life leaving flesh and bone
- Mon amour maudit écume comme la vie quittant la chair et les os
[hr][/hr]
- Wukuphuma komphefumulo wami uzihambela emzini
- Wandering in pain, in aimlessness of overcast day I
- Errant dans la douleur, dans le désordre de la journée nuageuse
- Uzuthi ungafunyanwa imini uphindele emuva
- Flee approaching soul-shadows as the multitudes awaken
- Je fuis les ombres de l'âme qui approchent alors que les multitudes s'éveillent
- Usuyakulala wodwa wetshisa izinkambo zawo
- Chewing sour cud like love banished to solitary Richtersveld
- Mâchant un cud amer, comme l'amour banni au Richtersveld solitaire
Posté : mer. nov. 30, 2016 1:15 pm
par Thunderoad
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On Every Street[/right]
Il est 14 H 07, dans le lycée Wellington à Port-Elizabeth, où se concentre le pire ramassis scolaire de la communauté anglophone locale dans ce bahut noté dernier parmi tout les lycées de la ville .
Le genre d'élèves à qui il faut répéter, vingt fois, doucement et à voix basse , un concept littéraire pour qu'ils commencent à assimiler les bases fondamentales et encore ! De ce qu'ils veulent bien ...
En cette fraiche journée de printemps la classe A-3 est réunie en cours de littérature .
Au programme ? Étude élémentaire d'un poème briton en langue galloise du XIVème siècle .
La prof, pauvre d'elle , en a des sueurs froides : non pas que les élèves soient méchants, ils ne feraient pas de mal à une mouche et manquerait plus qu'ils mordent , mais ils pigent jamais rien !
Même le britton à peu près standard a parfois du mal à passer, alors du gallois du XIVème siècle ...
Alors la professeur, forte de ses quinze années d'expérience , décide d'y aller franco :
Bien ! Donc après l'appel et les vérifications d'usage , commençons le programme !
Est-ce que l'un de vous connait le poète Davỳð Ak Gwilỳm ?
Silence dans la salle et les cigales chantent ...
Mhouais , j'm'en doutais aussi un peu ... Je vais vous lire maintenant son poème le plus connu .
Vous en avez peut-être entendu parler, ça s'appelle Dieu et les Femmes ! Nan ?
Un silence assourdissant d'indifférence et de gêne ...
Mh-bon , pas grave ... Enfin bref, voilà :
- Nid ỳdəu dɨu mor grəɨlon
Ag ỳ dəuaid hen ðỳnion.
Ni χiɬ dɨu enaid gŵr mʊɨn,
Er karu gwraig na morʊɨn.
Trifeθ a gerir drʊɨ'r bỳd :
Gwraig a hinon ak ieχid.
Merχ sỳð dekav blodəɨỳn
Yn ỳ nev ond dɨu əi hun.
Et maintenant dites-moi en toute franchise : est-ce que l'un d'entre vous a compris ?
Arrivé à ce niveau-là , c'est plus un ange qui passe mais une colonne de chars divins ...
Surtout vous pressez pas ... Après un temps de silence J'admire votre honnêteté ...
Posté : lun. déc. 19, 2016 9:38 pm
par Thunderoad
Vie courante
J'arrive au port de Bovendam à 17 H 45 après avoir roulé toute la journée à travers l'ile .
Les routes sont pas terribles et c'est super dur de garder sa droite quand on n'y est pas habitué !
Je rentre enfin en Aleka après avoir rendu visite à ma famille restée aux Villes-Unies et c'est si bon de rentrer au pays pour se sentir revenir chez soi !
Je suis ce que l'on pourrait appeler un zeederlandais de l'extérieur de seconde génération : J'ai 42 ans et je suis né de deux parents pauvres ayant du eux-mêmes fuir, étant enfants , avec leurs propres parents qui sont donc par conséquent mes grands-parents, lors de la grave crise des années 20 .
Je n'avais jamais vu ce pays , mais ma famille m'a toujours dis que c'était le nôtre , que l'on ne serait jamais britonniques et que notre destin était d'y retourner, mais finalement à force de s'être intégrés sur le continent noir, ni mes grands-parents ni mes parents n'ont pu réaliser ce rêve de retour.
Moi j'y comptais bien , pour mes enfants à moi , d'y aller, ne serait-ce pour qu'ils puissent le voir de leurs propres yeux , eux qui justement sont endormis sur la banquette arrière de la voiture .
Je vais à la capitainerie et demande 4 tickets simples dont 2 enfants , comme à l'aller.
[quote]Bonjour... Quatre tickets dont 2 enfants , je vous prie .
Quelle destination ?
Port de voyageurs de Gʊɨnɛð, vous avez encore ?
Non , je suis désolé mais c'est surbooké . Par contre on a une liaison avec le port de Lanfair !
Et vous n'avez rien de plus près ?
Malheureusement non , désolé .
Alors va pour Lanfair .
Pour le trajet de nuit d'aujourd'hui , je suppose ?
Vous supposez bien .
En quelle classe ?
La plus luxueuse, je vous prie .
Vous avez quel genre de véhicule ?
Une berline cinq portes de grand-standing, avec un porte-vélos ...
Ok ... Je peux vous proposer un départ ce soir, c'est bon !
Pour quel prix ?
Environ 1'200 $impodollars et des poussières , vous avez le prix exact sur l'écran LED de la caisse .
Avez-vous des animaux de compagnies ?
Oui en effet : on a un setter dalreudin d'un an et demi . Pourquoi ça serait plus cher, alors ?
Oui et non : c'est soumis à une caution , qui vous est rendu à la fin du voyage si il ne s'est rien passé ou qui est conservée si il y a eut des incidents pendant le parcours .
Et à qui je dois la transmettre ?
Au contrôleur d'embarquement et au PC de sûreté intérieure du navire , Pont B, section 4.
C'est un voyage direct ou pas ?
Le trajet inclue une étape technique d'environ quatre heures à Dùnéideann en Britonnie du Nord :
Vous avez droit en tant que VIP, grâce au tariff que vous avez choisi , à une séance de tourisme .
Je vous la réserve en étant clippée au prix ou pas ou je réserve rien du tout ?
Nan ! Génial ! J'y allais souvent étant gamin ! Je m'en rappelle encore ... Mais faut voir.
Bonne question ... Attendez un instant je vous prie ... Je sors mon téléphone portable :
Oui, allô ! Ouais, je suis en train de nous réserver les billets . Dis-moi est-ce qu'une courte visite de Dùnéideann en Britonnie Septentrionale t'intéresserait avec les enfants ou pas ?
Ouais je connais : j'y ai passé des vacances de ski en été quand j'étais môme et c'est beau !
Hmhm, on serait encore largement dans les prix que je me suis fixé ... Oui , inclue sur le trajet .
Okay, merci de la réponse ! Je raccroche et je reviens au plus vite ! Raccrochage
Ouais donc c'est bon vous pouvez nous booker une séance de visite à Dùnéideann !
Parfait alors je vous l'inclue sur vos tickets, à montrer au guide de la visite au moment venu .
Voilà monsieur, vos tickets . N'oubliez pas de présenter vos titres de transports à la douane et au contrôleur général 20 minutes avant l'embarquement !
Merci pour l'avertissement , passez une bonne soirée .[/quote]
Nous voyagerons sur un carferry, là encore comme pour l'aller, car nous sommes venus avec la voiture de tourisme , pour visiter le pays d'une manière plus agréable . Le départ est à 21 H 50, ce qui me laisse quatre bonnes heures pour réveiller doucement les enfants et les préparer au voyage :
[quote]Maria ! Aleksander ! Debout , on est arrivés à Bovendam !
Mmmh ... Déjà ?
Doodooo ...
Oui ma puce , tu pourras dormir sur le carferry mais là il faut te réveiller, on va passer la douane ![/quote]
Maria peine à se réveiller, mais quand faut y aller, faut y aller !
Je présente notre voiture au poste des douanes zeederlandaises : vérification des papiers de tout le monde ainsi que du véhicule et des bagages puis fouille aléatoire d'un quart des sacs ... Etc ...
Et c'est d'un long ! A croire qu'ils prennent tout leurs temps pour nous emmerder...
Alex n'apprécie pas du tout de voir les flics vider son sac de jeux vidéos et de CDs de musique !
Mais bon ... C'est la loi . Ils nous laissent enfin passer vers 20 H !
Ces cons ont pratiquement bouffé la moitié notre intermède ante-embarquement !
Vite , tout rassembler et fermer les valises . Je laisse ma douce Sandra veiller sur les mômes tandis que j'file au bureau des contrôleurs pour la présentation des tickets et de l'approbation de la douane .
Et c'est ensuite bardé de toutes les autorisations que je glisse doucement la Hurrykan dans le navire en avançant au pas pour ne pas réveiller les enfants puis me dirige ensuite vers le bar.
Je m'installe à pas de velours, je pend ma veste au porte-manteau , j'appelle le tenancier.
[quote]Alors qu'est-ce que ce sera , étranger ?
Un coup de gnôle frais et bien solide .
Okay, ça roule ...[/quote]
Ce soir-là j'ai beaucoup réfléchi au destin de ma petite famille : au fond j'avais de la chance .
J'étais un blanc alekaner, marié avec 2 enfants, un fils et une fille, dans une belle maison à Grünalia et ma petite entreprise de construction en travaux publics est assez rentable ...
J'étais tiraillé par ce que je pensais du futur.
D'un côté la reprise économique touche le monde entier, et le Commonwealth y est bien placé !
Donc les commandes ne sont pas près de s'arrêter, car quand tout va le bâtiment va ...
Et puis en plus mes enfants n'ont toujours connu que l'Aleka , et ce récent voyage au Zeederland a été planifié de longue date par mes soins et ma femme pour ne leur en montrer que le plus beau ...
Arriveraient-ils à s'intégrer à un pays dont ils ne connaissent ni le climat ni la langue ni la culture ?
Plus prosaïquement , leurs premières années scolaires seront-elles reconnues là-bas ?
Le soleil se couche peu à peu sur la Mer d'Elghinn : quand il reviendra Dùnéideann sera au loin !
Posté : mar. janv. 03, 2017 4:26 pm
par Thunderoad
Vie courante
Pendant ce temps dans les bureaux de l'antenne-relai à Kirkenesburg du Southern Star...
Le journal de gauche le plus prisé du pays et le plus ouvertement opposé à toute forme de ségrégation raciale au nom de l'égalité des chances (ce qui est osé, en Aleka !) se prépare à l'attaque .
C'est une étrange sensation de panique maitrisée qui règne à bord : les ultraprogressistes antiapartheid sont pour ainsi dire presque habitués à ce genre de scènes et ont fini par élaborer des business plans de réaction mesurée en plusieurs étapes pour savoir comment réagir, en ces cas-là .
Il faut dire que c'est une scène récurrente de la grande pièce de théatre politicosocial qui se joue à l'échelle du pays entier, pratiquement tout les jours sur cette ile surchauffée ...
Tout les dix à quinze ans , les néofascistes pro-apartheid de tout le pays entrent dans une colère sombre si l'on peut dire à propos d'un fait divers du moment où les noirs ont le mauvais rôle .
Le Mouvement de Résistance Alekaner, l'AWB, appelle alors ses troupes à la mobilisation !
Des colonnes de paramilitaires et de sympathisants se réunissent alors dans des centaines de petits villages puis convergent peu à peu de ruisseaux en rivières puis en fleuves jusqu'à tous venir se concentrer, ensembles et avec tout leur armement quasi-militaire , contre une seule ville .
Il est difficile de voir venir cette vague qui monte car enclencher tout le processus est long.
En plus , l'Aleka est un pays per se sanglant et très mouvementé : une poignée de morts dans un lynchage de noirs par des soudards alekaners en campagne n'intéresse personne ...
Il faut donc souvent un certain temps où ça bouge et remue avant de se rendre compte qu'il s'agit bien d'une crise de colère décennale de l'AWB, et pas d'un banal accident de personnes !
Une fois en ordre de bataille , l'AWB marche alors sur une grande ville : en général c'est très souvent sur l'une du TOP 5 des plus grandes métropoles du pays que ça tombe !
Soit Kirkenesburg, Dorban , Moonhoek , Grûnalia ou Port-Elisabeth ... D'une manière générale ça tombe quand même assez rarement sur Dorban et Port-Elisabeth car ce sont des bastions de la population blanche anglophone or les alekaners et les descendants de britons ne peuvent pas se sacquer.
Ni sur Moonhoek , d'ailleurs : trop loin ...
Donc de fait ça tombe surtout les villes du Witwatersrand , soit Kirkenesburg ou Grûnalia .
Et ce coup-ci , c'est au tour de la première qui se prépare donc à recevoir la venue de l'AWB...