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Posté : mar. oct. 11, 2016 4:09 pm
par Otto
Sommaire :
Posté : mar. oct. 11, 2016 4:27 pm
par Otto
Le toast de Casanegra
2 mai 2031 - dans un Hôtel de Casanegra
Ce soir, tout le gratin casanégrain s'était réuni pour un de ces traditionnels grands bals. Ici, le Résident Général, représentant de l'autorité républicaine, côtoyait tout à la fois le Capitaine-Général, chef militaire de la région, les grandes familles de propriétaires de la région, les élites berbères et Son Eminence le Cardinal Mageno. Le vin et la musique sont capables de réunir dans une même pièce ceux que tout opposent : les intellectuels libéraux dansent ici avec les jeunes filles de l'aristocratie, filles d'officiers, tandis que les jeunes gens de la bonne société berbère discutent avec les clercs catholiques. C'est dans cette ambiance policée, et assez joyeuse, que le cardinal Mageno, archevêque de Casanegra, prit la parole :
"Très chers amis,
Je tiens tout d'abord à remercier Son Excellence le Résident pour son invitation. Cette soirée est une brillante réussite : la musique est fort belle, l'alcool agréable et les convives sympathiques. Je pense néanmoins qu'il y a un temps pour tout. Nous nous amusons bien ce soir, mais nous ne devons pas oublier les durs réalités de notre siècle. Notre pays, si beau, est menacé de l'intérieur. Des rebelles ont pris les armes et tentent une nouvelle fois de troubler la paix. Mais nous devons dire non. Dans le même temps, l'anarchie a pris le contrôle de la Mattrita et la guerre civile semble guetter la Métropole. Mais nous ne devons pas céder aux affres de la guerre civile. C'est pourquoi j'appelle ce soir chacun d'entre nous à l'unité autour de Son Excellence le Résident Général Carlos Ursùa, et autour de notre armée !
Gloire à Dieu, au Rioda et au Morraco !"
Après ce rapide discours, le Cardinal fut très applaudis. Tous trinquèrent avant de revenir à la fête.
Posté : jeu. oct. 13, 2016 4:27 pm
par Otto
Le serment de Cherifa
10 mai 2031 - dans les montagnes de l'intérieur du pays
Il y a deux semaines, un commando nationaliste avait attaqué quelques familles dytoliennes et berbères à l'intérieur des terres. Cette attaque avait la une de tout les journaux ici ou en Métropole, les Dytoliens annonçant le retour de la sédition. Pourtant, pour les nationalistes arabes, celle-ci n'avait jamais cessé. A leurs yeux, les deux derniers siècles n'avaient été qu'une longue guerre contre la présence coloniale et ses alliés berbères. Les Arabes ont perdu leur pouvoir à l'arrivé des Blancs, ils le reprendront par la force des armes.
Une trentaine de chefs de clans, nomades ou sédentarisé dans les djebels de l'arrière pays, s'étaient réuni dans ces collines lointaines peuplées par quelques bergers, tant arabes que berbères. Ici, il n'y avait aucune chance que les autorités coloniales ne les découvrent. C'était l'un d'entre, Mohammed Alifia, qui avait fait venir les autres autour de lui. Il se présenta à eux en djellaba blanche et un fez rouge visé sur la tête. Autour de lui, plusieurs camarades de sa tribu tenait la faction.
La réunion commença de nuit, à la lumière de torche. Les trentaine hommes entonnèrent ensemble la dernière prière du jour et demandèrent à Allah de les guider. Après cela Ben Youssef pris la parole. Il harangua ses confrères, leur rappelant que ce pays est à eux. Pendant des années, les Alifouites, dont Mohammed descendaient, avaient dominés le pays et ses populations berbères. Les Riodéens étaient arrivés et avaient détruit l'Empire qui existaient ici depuis des siècles. Ils avaient fait des anciens esclaves les nouveaux maîtres de la région et avaient été jusqu'à métissé leur sang avec ce peuple impur que sont les Berbères.
Les chefs de clans présents approuvaient tous ce discours. Ils ponctuaient cette harangue d'Allahu Akkabar réguliers. A la fin de celle-ci, Mohammed leur proposa de prêter un serment solennel. Un serment contre les Blancs, contre les Berbères. Un serment les appelant à lutter jusqu'à ce que le Morraco redevienne arabe. Ce serment fut retranscris par un des lettrés présents pour être envoyé à tout les chefs de clans connu du Morraco afin qu'eux aussi rameutent leurs hommes et se préparent à la guerre.
[quote="Serment de Cherifa, écrit en arabe"]Nous, chefs des tribus de l'Alifia, jurons devant Allah que nous lutterons jusqu'à ce que l'ennemi riodéen soit chassé de notre pays. Depuis trop longtemps celui-ci nous nargue avec ses alliés infectes les Berbères. Prenons les armes, attaquons tout les symboles de l'oppression et renvoyons-les en Dytolie.
Nous nous battons depuis deux siècles, nous ne déposerons les armes qu'à la victoire finale.
Allahu Akkabar[/quote]
Posté : ven. oct. 14, 2016 7:00 am
par Otto
Déclaration de Casanegra
12 mai 2031 - dans un Hôtel de Casanegra
Les déclarations du gouvernement concernant le Morraco avait mis le feu au poudre au sein du Gouvernement de Salut Public. Officiellement, la République reconnaissait le gouvernement militaire, mais en pratique elle ne ferait rien pour défendre le Morraco contre les rebelles arabes. Elle avait considéré le départ des régiments morracois comme un acte de trahison et avait annoncé qu'elle n'enverra pas de régiment soutenir le gouvernement, officiellement car "l'Ordre et la Propriété", comme aiment sans cesse le répéter les républicains, sont menacés en Métropole. En effet, ils étaient menacés, mais à cause de la République justement. Elle s'en prenait à l'Eglise qui répondait en excitant le petit peuple. Le contexte métropolitain devenait beaucoup trop tendu et cela ne faisait plus aucun doute que Mattrita ne se préoccuperait pas de la guerre civile qui approche.
Ayant parfaitement conscience de tout cela, les militaires du Gouvernement de Salut Public décidèrent de frapper un grand coup. Puisque la République ne les aidera pas, alors ils ne la reconnaîtront plus. Le Megrada vit déjà en dehors de toute légalité républicaine, alors pourquoi pas le Morraco ? Néanmoins, il était hors de question de rappeler le roi comme le font les Megradois : ici, on ne se bat pas pour une idéologie, mais pour défendre sa terre contre un ennemi qui veut nous faire fuir... La Royauté, la défense du catholicisme, l'Ordre, la Propriété, tout ça passait bien au-dessus de la plupart des Morracois qui n'aspiraient qu'à un régime modéré, éventuellement catholique (ou au moins respectueux des religions pratiqués ici) et à une pacification du territoire.
La non-reconnaissance du gouvernement métropolitain ne semblait pas absurde ici : cela semblait même naturel depuis que certains pays avaient réfléchis ouvertement à reconnaître le gouvernement de Salut Public comme celui de la Ligue d'Amarantie. C'est en voyant cela que les militaires prirent conscience du fait qu'ils pouvaient très bien former un gouvernement libre par rapport à la Métropole, au moins le temps que la situation là-bas se calme.
[quote][center][img]http://orig03.deviantart.net/d1ed/f/2016/286/8/b/morraco_by_stan_de_barra-daku18n.png[/img]
Vive le Morraco Riodéen ![/center]
A tout les habitants du Morraco présents et à venir, saluons.
Nous, membres du Gouvernement Militaire de Salut Public, annonçons ne plus reconnaître la Présidence de Juan Cailloza. Le Morraco n'a pas trahit le Rioda en rappelant son armée : il a simplement souhaité mobiliser tout ses hommes pour la défense de son territoire plutôt que de les engager dans un conflit qui ne le concerne en rien. Ce rappel se justifie également par l'absence de soutient de la République envers le gouvernement morracois depuis le début des troubles.
Par conséquent, le Gouvernement Militaire de Salut Public, quoique toujours fidèle au Rioda, se met temporairement en retrait de la République et rappelle l'ensemble de ses députés. Nous ne réintégrerons la République que lorsque les troubles de l'intérieur du pays [comprendre les révoltes nationalistes arabes] seront résolus.
Vive le Morraco Riodéen ![/quote]
Posté : lun. oct. 31, 2016 7:17 pm
par Otto
Contre-offensive de Sidi-Maroufa
30 juin 2031 - Sidi-Maroufa
Il y a deux mois que les nationalistes arabes ont repris les hostilités face au pouvoir berbéro-dytolien qui dirige le Morraco. Afin de calmer les troubles, le pouvoir civil a laissé place à une junte militaire alliant les élites berbères locales à l'oligarchie catholique et dytolienne. Les tribus arabes rebelles ont pris le pouvoir à l'intérieur des terres désertiques du pays. Ils prennent villes et villages, forçant l'armée à reculer. Désormais, Mohamed Ben Youssef et ses hommes dirigent un territoire englobant des dizaines de villages différents et même quelques villes comme Sidi-Maroufa.
Le pouvoir militaire comprenait la gravité de la situation : chaque semaine, un nouveau village tombait entre les mains des rebelles sans que l'armée ne puisse agir. Les rebelles prirent à plusieurs reprises les miliciens et l'armée par surprise. Quand les rebelles se rendaient compte qu'un village n'est pas défendable, ils se contentaient de le piller et de repartir.
L'Amiral Quierez, chef de la junte militaire, décida qu'il était temps de contre-attaquer. Dès sa prise du pouvoir, il avait fait rappeler les Régiments Coloniaux présents en Métropole et en Ardogne vers le Morraco. Il avait aussi reçu le soutien de la Marine Républicaine, excédée par la politique anticléricale de la Mattrita. Avec ces renforts d'hommes, l'Amiral prépara une immense contre-offensive. Les 1er et 2ème Régiments de Cavalerie Nomade, les 4ème, 7ème et 8ème Régiments d'Infanterie Coloniale et le 1er Régiment d'Infanterie de Marine étaient mobilisés pour cette grande attaque. En tout, c'était près de 9.000 hommes qui étaient destinés à reprendre le territoire pris par les nationalistes Arabes.
L'attaque eu lieu un jeudi matin. Tôt le matin, les soldats assistèrent tous à une Messe votive pour le Salut des soldats qui mourront dans le combat à venir. Tous suivirent la Messe avec beaucoup d'attention, en espérant ne pas être dans la liste des morts le soir venu.
Vers 7 heures, les soldats entourèrent la ville de Sidi-Maroufa, que les rebelles avaient fortifiés depuis leur prise de contrôle. Des barricades improvisés muraient le bourg. L'armée arriva près de la ville, mais ils furent repérés par les éclaireurs arabes. Très vite, des combats éclatèrent à quelques kilomètres de la ville. Face aux 9.000 soldats de l'armée régulière luttèrent 5.000 soldats tribaux. Le combat fut une longue lutte au milieu du sable et des herbes hautes de la plaine. Ce n'est qu'en fin de journée et après une dizaine d'heures de bataille que les rebelles se replièrent sur le bourg.
Sidi-Maroufa, capitale des rebelles, n'avait pas encore été reprise, mais les rebelles avaient été pour la première fois défait. Cependant, après cette bataille d'autres tribus allaient désormais retourner vers Sidi-Maroufa pour défendre leurs alliés. Rien n'est encore sûr dans cette guerre de nationalité.