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Posté : ven. juil. 29, 2016 9:10 am
par Sébaldie
[justify]La République Sébalde était depuis quelques jours sortie de sa léthargie politique. Après que le Premier ministre eût été destitué par la Cour Constitutionnelle en janvier 2030, le pays sombra dans ce qui s’apparentait à [url=http://www.simpolitique.com/participatif-2030-anarchie-gelnan-t12906.html]une guerre civile[/url]. Des citoyens, révoltés par l’arrogance des gouvernants, avaient pris les armes et avaient tenté des expérimentations politiques locales sécessionnistes : des Etats pas plus grands qu’une ville autoproclamés avaient vu le jour, un Etat-libre fasciste ; une gouvernance civile juive et un royaume chrétien orthodoxe avaient été expérimentés. Des trois, il ne restait formellement que le [url=http://www.simpolitique.com/royaume-sebaldie-f819.html]Royaume de Sébaldie[/url], reconnu par quelques monarchies du monde, et qui avait décidé unilatéralement que les lois de la République ne s’appliquaient plus ici. La République Sébalde, elle, continuait de considérait l’espace occupé par ce royaume autoproclamé comme le sien mais elle lui retira toute dotation financière. Ils veulent leur indépendance, qu’ils la méritent à la sueur de leur front ! Cet épisode malheureux dans l’histoire de la Sébaldie avait entaché la crédibilité du pays sur la scène internationale et avait donné du l’eau au moulin de ses ennemis. La reconquête allait être longue mais la République Sébalde a toujours eu à cœur de nouer des relations avec tout le monde, selon le principe de la Realpolitik.

Pour ce faire, un gouvernement avait été constitué à la hâte, à quelques mois des élections générales, qui auront lieu en juin 2031. Un [url=http://www.simpolitique.com/post290874.html#p290874]gouvernement arc-en-ciel[/url] qui a poussé jusqu’aux limites de l’intelligibilité la construction d’une coalition, moyennant des arrangements avec les micropartis qui y participaient. Officiellement, le gouvernement était de centre-gauche mais dans les faits, rien n’allait réellement changer pour le quotidien des Sébaldes. A la tête de ce gouvernement figurait [url=http://www.simpolitique.com/post286822.html#p286822]Thorsten Solberg[/url], un jeune homme de 34 ans, dont la jeunesse antifasciste contraste avec sa vie d’adulte acquise au libéralisme et à l’économie de marché. Les étiquettes politiques n’avaient guère de sens en Sébaldie : officiellement, on était nationaliste, libéral-démocrate ou social-démocrate mais dans les faits, on restait tous attachés au libre-échange. La Sébaldie avait ainsi été érigé comme contre-modèle absolu de certains Etats comme la Rostovie.

Les relations devraient être cordiales avec la République de l'Atis et de l'Ababe. Dans sa jeunesse, Thorsten Solberg aurait honni ce pays, qu’il aurait qualifié de suprémaciste raciste mais avec l’exercice de la politique, l’homme a mûri, il a appris qu’en chacun sommeillait une part de bonté et surtout d’opportunités à saisir. L’Atis-Ababe avait sans doute ses raisons de distinguer les blancs des nègres et la Sébaldie ne pouvait guère être donneuse de leçons car elle était elle-même un pays communautariste, où se côtoyaient sans se mélanger des communautés de toutes sortes, toutes revendicatrices en nouveaux droits. Le Premier ministre sébalde recevait directement son homologue au sein de son tout nouveau bureau officiel, dans la capitale sébalde, [url=http://www.simpolitique.com/post281850.html#p281850]Stranaberg[/url]. Point commun entre les deux points et non des moindres, la néerlandophonie. La Sébaldie parlait un néerlandais standard, hérité du Royaume de Laagland dont il est issu. Le zanyaan atisababien était plus « craché », sans doute pour permettre aux autochtones zanyanais de le parler de manière audible. C’est donc sur le perron du Ministère d’Etat que le tout nouveau Premier ministre attendait son homologue…
[/justify]

Posté : ven. juil. 29, 2016 10:44 am
par the0
[justify]Que penser du Jeekim ? Ce continent était relativement méconnu en Atis-Ababe, où l'obsession était surtout celle d'être des Blancs déchus de l'Alméra, des Blancs hors-sol ayant du s'installer avec fermeté et conquête sur des terres a priori hostiles. On avait fait un mythe de toute cette épopée de migration : les auteurs les plus romantiques parlaient de l'Atis-Ababe comme une "terre promise" pour les protestants almérans, de Nouveau monde, une terre qui leur était due, spécialement donnée par Dieu à tous les Blancs très-chrétiens. Dans toute cette mythologie historique, le Jeekim avait peu sa place, d'autant plus que les migrants jeekimois étaient absolument absents de la composition ethnique du pays. On comptait tout au plus des petites communautés éparses de lointains commerçants sébaldes notamment, mais qui ne dépassaient pas quelques centaines d'âmes, et concentrées dans les plus grandes villes. En Atis-Ababe, on appelait ces populations des Vitwanelders ("des Blancs venus d'ailleurs", par opposition aux Withiervendaan, les "Blancs d'ici", puisqu'en fait d'ici, les Blancs avaient supplanté les Nègres... c'était ça, l'Atis-Ababe) - ces Blancs d'ailleurs n'étaient ni méprisés ni vraiment considérés comme partie intégrante de la nation atisababienne, qu'importe leur ancienneté sur le territoire, parce que leurs ancêtres n'avaient pas souffert la Déchéance ("the Fall" pour les Landbuners, "Afname" pour les Zanyaaners") : l'expulsion de l'Alméra pour leur foi protestante, l'installation difficile sur ces terres, les guerres avec les indigènes, les familles, les sécheresses, les rivalités communautaires...
Quelque chose rapprochait néanmoins l'Atis-Ababe de la Sébaldie, c'est cette communauté néerlandophone importante. Dans les programmes littéraires classiques des jeunes bourgeois atisababiens, on lisait généralement un (parfois deux) ouvrages sébaldes néerlandophones classiques pour ouvrir les étudiants à d'autres horizons. La langue est différente du zanyaan mais l'intercompréhension est quand même possible avec de l'effort, de la concentration et de l'ouverture d'esprit. Le zanyaan est en effet une langue bien moins mélodique, beaucoup plus crachée, coupée, hachée, pleine de glotte, de consonnes occlusives. C'est initialement la langue de fermiers, de commerçants, de mineurs, de pionniers - ce n'est que plus tard, au XIX et XXème siècles, que l'on commencera à faire de ce matériau grossier des ouvrages littéraires d'un romantisme passionné et tonnant.
Dans tous les cas, le régent Belcour savait que dans le monde contemporain, il fallait compter avec la Sébaldie, bien qu'en proie à des divisions internes. C'était un pays très industrialisé, regorgeant de talents et d'intérêts. Il y avait certes un éloignement géographique conséquent, compensé par une liaison des langues, mais de toute façon, l'intérêt diplomatique, politique et économique commandait de s'ouvrir à des horizons plus lointains, surtout lorsqu'ils étaient aussi prometteurs.
L'Atis-Ababe, elle, était toujours aussi stable d'apparence. Le seul potentiel trouble, c'était cette dizaine de millions de nègres recluse dans les terres. Les élites avaient une peur bleue d'un soulèvement indigène ("pas une révolution, une révolte, notez-bien, puisqu'un Nègre, ça gesticule, ça tue par instinct, c'est une humanité animale ; il n'est capable que d'impulsivité, pas de projet révolutionnaire !" disait-on dans les hauts cercles de l'administration fédérale). Mais même une simple révolte, si elle advenait un jour, risquerait bien de plonger le pays à feu et à sang, sauf à les massacrer tous... Cela trottait tous les jours dans la tête des membres du conseil doyen, qui avaient ensemble décidé que des actions de grande envergure devaient être prises pour endiguer de potentiels "événements"... il restait à définir lesquelles.

Le régent du conseil François Belcour arriva donc sur le perron du ministère d'Etat, tout sourire - c'était un bel homme, propre sur lui, qui commençait à se faire un peu vieux (il approchait la soixantaine), mais qui gardait dans son regard la malice et l'étincelle d'un jeune homme.[/justify]
Sieur François Belcour, régent du conseil doyen de l'Atis et de l'Ababe
Monsieur, c'est un honneur que d'être accueilli sur le territoire sébalde.

Posté : sam. juil. 30, 2016 8:06 am
par Sébaldie
[justify]Le Jeekim était un continent païen, qui contrastait au moins sur ce point avec l’Alméra de culture chrétienne. La Sébaldie était elle-même l’un des pays les moins croyants et pratiquants au monde. Néanmoins, elle n’aurait sans doute jamais eu de notoriété si elle n’avait été qu’une simple nation almérane parmi tant d’autres. Elle était aujourd’hui la première puissance économique du continent et tenait à garder ce statut, qui lui permettait d’avoir une influence au niveau mondial. Le chemin fut long pour et certains diront que le pays a sacrifié ses valeurs fondamentales pour y parvenir mais le résultat était là et incontestable.

La néerlandophonie était de nos jours sérieusement réduite, comparativement à il y a encore un siècle. Elle était composée du Royaume de Laagland, aujourd’hui en retrait de la scène politique internationale ; de la République Sébalde ; de la République Fédérale d'Oranje au Thyroptis et de la République de l’Atis et de l’Adabe. Il ne fallait pas sous-estimer la force de l’union des nations par la langue, Thorsten Solberg le savait.

Pour sa première rencontre diplomatique, Thorsten Solberg était un peu tendu, peu habitué à ces nouvelles fonctions. Il y a encore quinze ans, il jetait des pavés sur les forces de l’ordre et taguait les permanences des partis politiques nationalistes et identitaires. De cette période, il n’avait gardé que la barbe et la queue de cheval. Autrement, il était… « rentré dans le rang ». Il accueillit son homologue, François Belcour, avec un grand sourire :


[center][img]http://img4.hostingpics.net/pics/588646Solberg.png[/img]
Thorsten Solberg
Premier ministre de la République Sébalde (depuis 2030)
Ancien ministre de l’Ecologie et de l’Environnement (2023-2027)
Député de l’Alliance Sociale-Démocrate (2023-2030, suppléé entre 2023 et 2027, puis depuis 2030)
Ancien militant antifasciste
[/center]

Thorsten Solberg : « Je partage cet honneur, Excellence. Soyez le bienvenu. »

Ils se serrèrent la main, la poignée ayant été immortalisée par la horde de journalistes vers laquelle ils se sont retournés. Thorsten Solberg invita le régent atisababien dans son bureau. Des rafraîchissements et des petits fours végétariens étaient à disposition, un employé du ministère d’Etat se chargeant de servir les deux hommes. Le Premier ministre sébalde invita François Belcour à prendre place dans un canapé en face du sien puis s’assit à son tour.

Thorsten Solberg : « Si vous avez besoin de quoi que ce soit, n’hésitez pas à le demander. Je vous propose d’organiser la rencontre suivant cet ordre du jour : chapitre diplomatique (présentation des Etats, reconnaissance mutuelle, traité de non-agression, ouverture d’ambassades), chapitre économique et chapitre culturel et scientifique. Je ne suis pas un homme très protocolaire, nous ne sommes pas tenus de le respecter à la lettre. Si cela vous convient, nous pouvons commencer par présenter assez brièvement mais de manière complète chacun notre Etat. Je vous laisse le soin de commencer. »

Posté : dim. juil. 31, 2016 11:17 am
par the0
Le régent Belcour appréciait la prise d'initiative du Premier ministre. Voilà une rencontre qui pourrait porter des fruits concrets.

Sieur François Belcour, régent du conseil doyen de l'Atis et de l'Ababe
[justify]Cet ordre du jour me convient parfaitement, monsieur le Premier ministre.

L'Atis-Ababe est une fédération unie autour de la République de l'Atis et de l'Ababe dont je suis le régent du conseil doyen. C'est-à-dire que la République est gouvernée par un exécutif collégial et que ce collège, dont je fais partie, m'a élu régent pour conduire en son nom la politique fédérale et internationale de notre pays.
Notre pays est composé à presque 80% de populations d'origine almérane ; la quasi-totalité provenant de Fiémance, du Laagland ou de l'Adélie, et dont l'immigration date de plusieurs siècles maintenant. Le principal motif migratoire, outre les opportunités économiques, est la fuite des persécutions des protestants, voire, comme en Fiémance, l'expulsion manu militari au XVIIème siècle de ceux-ci.
Sur le plan idéologique, l'Atis-Ababe est un pays à large dominance "conservatrice, paternaliste, chrétienne et propriétaire terrienne", une description en quadriptyque qui me semble parfaitement pertinente. Conservatrice puisque les traditions culturelles et institutionnelles sont particulièrement ancrées ; paternaliste puisque le modèle familial est fondé sur la figure du père, voire plus symboliquement de l'aïeul, ce qui revient à reconnaitre une part importante donnée à la valeur du sang ; chrétienne puisque 80% de la population est protestante et 10% est catholique et les personnes qui ne sont pas versées dans la religion gardent quand même, globalement, le christianisme comme référent culturel global ; et propriétaire terrienne puisque la très large majorité de la population est propriétaire terrienne et apporte un sens important à la valeur de la terre, à sa conservation, ce qui, politiquement, nous incite au souverainisme.
Le pays est divisé en de multiples provinces, dont les trois plus importantes sont blanches (Terreneuve fiémançoise, Zanyaanstat zanyaaner, Landbun adélienne), deux autres bien plus mineures étant aussi blanches. Il en existe plusieurs autres, mais encore plus mineures elles aussi, je ne vais pas vous ensevelir sous les descriptifs géographiques et démographiques !
Notre politique est peu marquée par les partis. Bien que nous nous réunissions souvent sous des étiquettes telles que le parti zanyaaner pour la grande majorité des conservateurs zanyaaner, c'est avant tout un monde politique de notables.[/justify]
Le régent Belcour fixait le plafond, bouche ouverte, comme pour chercher quelque chose à ajouter. Mais se rendant compte que son descriptif était finalement assez satisfaisant, il se tut et sourit à Thorsten Solberg, comme pour lui laisser la parole.
Un esprit attentif aura remarqué qu'aucun mot n'aura été prononcé quant aux populations indigènes.

Posté : dim. juil. 31, 2016 8:51 pm
par Sébaldie
Le Premier ministre sébalde croisa les jambes et écouta attentivement son interlocuteur, se plaisant assez bien à l’idée de parler de la Sébaldie comme « son » pays, c’est-à-dire celui qu’il gouvernait. Cette nouvelle stature lui permettait d’avoir des discussions plus enrichissantes, avec des diplomates étrangers, qu’il n’en avait quand il n’était qu’un banal député. Après que François Belcour eût terminé de s’exprimer, Thorsten Solberg reprit la parole :

[justify][center][img]http://img4.hostingpics.net/pics/588646Solberg.png[/img]
Thorsten Solberg
Premier ministre de la République Sébalde (depuis 2030)
Ancien ministre de l’Ecologie et de l’Environnement (2023-2027)
Député de l’Alliance Sociale-Démocrate (2023-2030, suppléé entre 2023 et 2027, puis depuis 2030)
Ancien militant antifasciste
[/center]

Thorsten Solberg : « La colonisation est un fait que nous connaissons bien en Sébaldie, j’y reviendrai après en Sébaldie. Si je peux me permettre, l’histoire de la République de l’Atis et de l’Ababe a quelques points communs avec celle de la République Fédérale d’Aiglantine, qui elle aussi appartient au continent zanyanais, même si elle n’en est qu’une île au large. La coopération des colons alméranes avec les autochtones zanyanais est salutaire. »

Si son interlocuteur avait pris le soin de parler de populations blanches, cela signifiait qu’il en existait des noires. Il y a encore dix ans, il aurait crié au fascisme de ce régime du Sud du Zanyane. Mais l’époque a changé, Thorsten a troqué le bandana rouge contre un costume de diplomate – certes sans cravate ! – et il savait bien qu’il ne fallait brusquer son interlocuteur. S’il n’avait pas évoqué le cas des « nègres », c’est parce qu’il n’en avait pas envie. Inutile de lui tirer les vers du nez, Thorsten Solberg but une gorgée de thé et s’attela au même exercice :

Thorsten Solberg : « Le multilinguisme qui caractérise votre pays est un phénomène que nous connaissons aussi, en Sébaldie, mais qui fait moins l’objet d’âpres débats qu’il n’en faisait auparavant. Vous avez choisi la voie du fédéralisme, qui est le meilleur moyen de faire cohabiter des hommes et des femmes qui même s’ils ne sont pas unis par la langue ou la culture, partagent le même désir d’avancer ensemble. La Sébaldie devrait s’en inspirer, surtout au regard des troubles internes qu’elle a connus.

Si je devais qualifier la Sébaldie, je dirais qu’elle est le pays à la croisée des chemins au Jeekim : sa position centrale en fait un passage quasi-obligé des déplacements Nord-Sud et Sud-Nord, ce qui a lui permis de bénéficier des apports de cultures germaniques et slaves et d’être une nation multiculturelle et multiconfessionnelle. Pour le reste, la Sébaldie est à la base peuplée de colons laaglandais, qui nous ont laissé, comme pour l’Atis-Ababe, un héritage néerlandophone. Pour le reste, la Sébaldie est à la base peuplée de colons laaglandais, qui nous ont laissé l’héritage néerlandophone. Les populations qui entendaient fuir le régime laaglandais venaient se réfugier en Sébaldie. Malheureusement, la suite de l’histoire est moins glorieuse : la montée des empires nationalistes slaves a eu raison de la Sébaldie : le Jeekim a été peu à peu slavisé par les pays d’Alméra orientale, dont l’actuelle Rostovie. C’est un véritable remplacement de population qui a eu lieu : les Néerlandophones furent massacrés par les Slaves. Les historiens débattent pour qualifier ce massacre de génocide… vous imaginez bien que si cet événement est effectivement qualifié de génocide, il aura des conséquences sur les héritiers actuels de ses victimes. La Sébaldie fut sous la coupe du Saint-Saint-Empire Orthodoxe du Khabarovsk durant toute l’Epoque moderne, jusqu’à la guerre d’indépendance vers 1815. Depuis, c’est sur la notion même de liberté que le pays entend se construire, malgré une [url=http://www.simpolitique.com/post259497.html#p259497]parenthèse malheureuse entre 1949 et 1968, durant laquelle il a connu une dictature communiste[/url].

La marche vers la liberté fut longue, je ne vous le cache pas. Et c’est avec un certain regret que j’ai vu le Sébaldie s’enfoncer dans le nationalisme entre 2014 et 2023. Même si elle n’avait pas perdu son caractère démocratique, elle a succombé aux sirènes du Mouvement Nationaliste Sébalde, qui a migré du nationalisme conservateur au malthusianisme, avec à sa tête [url=http://www.simpolitique.com/post230816.html#p230816]Goran Horandson[/url], qui est un poison pour notre pays depuis plus de quinze ans. Sous sa vice-présidence, il a entrepris une politique de désincitation à la procréation, ce qui a fait reculer pendant plusieurs années de suite la démographie sébalde. Il a fallu l’arrivée au pouvoir des libéraux en 2023 pour freiner ce déclin. La Sébaldie s’est largement ouverte au monde à partir de 2024, en faisant appel à une immigration massive pour compenser cette carence démographique. Les communautés vivent aujourd’hui plus ou moins paisiblement.

Néanmoins, le premier semestre de l’année 2030 fut marqué de graves troubles internes en Sébaldie. Suite à la destitution du Premier ministre par la Cour Constitutionnelle, la Sébaldie s’est retrouvée sans gouvernement ou pour être précis, avec un « gouvernement d’affaires courantes » aux prérogatives réduites, qui perd notamment son initiative législative, son pouvoir de mobiliser son armée et celui de dissoudre le Parlement. Cette situation est censée durer de manière très brève, jusqu’à la nomination par le Président de la République (qui remplit un rôle essentiellement honorifique ici) d’un nouveau Premier ministre. Hélas, impossible de trouver un successeur au poste de Premier ministre capable d’avoir le soutien de la majorité du Parlement… La Sébaldie s’est donc enlisée dans une crise politico-constitutionnelle. Des Sébaldes ont considéré être abandonnés par l’Etat et ont donc constitué des mouvements sécessionnistes illégaux, de différentes obédiences. Des identitaires ont pris le pouvoir par la force dans la municipalité d’Ambrosius, qu’ils ont déclarée « Etat libre », ne reconnaissant plus aucune loi de la République Sébalde. Ce proto-Etat n’a duré que quelques semaines, l’occasion toutefois pour lui de se livrer à d’ignobles exactions. La ville fut « reconquise » par une autre faction, par un dénommé Valerian Maksimov, qui s’est autoproclamé « roi de Sébaldie ». Il faut en effet savoir qu’avant de devenir une République en 1815, la Sébaldie était un royaume. Deux dynasties se disputent le trône toutefois : les Néerlandophones et les Slaves. [url=http://www.simpolitique.com/royaume-sebaldie-f819.html]Ce pseudo-royaume existe encore aujourd’hui[/url], grand comme quatre municipalités. Mais entre-temps, le Président m’a nommé à la tête du gouvernement et j’ai obtenu la confiance du Parlement. Mon gouvernement est donc le premier gouvernement de plein droit depuis janvier 2030. Nous pourrions reprendre le contrôle par la force mais ce serait coûteux. Il s’écroulera de lui-même, faute d’infrastructures économiques suffisantes et de légitimité internationale.

L’histoire récente de la Sébaldie est, j’en conviens, difficile à comprendre pour les étrangers. La situation n’est donc pas rentrée tout à fait dans l’ordre mais elle est aujourd’hui sous contrôle. »

Thorsten Solberg exposa la situation de la Sébaldie pendant près de dix minutes. Il y avait tant à dire pour que son interlocuteur comprenne comment il était arrivé au pouvoir. Bien sûr, il se garda bien d’évoquer les sujets les plus fâcheux, et notamment le fait que la Sébaldie s’était imposée malgré elle comme un Etat esclavagiste… Du point de vue des antifascistes, la République de l’Atis et de l’Ababe était elle aussi esclavagiste mais Thorsten se garda bien d’en faire le parallèle…[/justify]

Posté : lun. août 01, 2016 7:03 pm
par the0
[justify]Le laxisme de Solberg avec cette petite expérience monarchique l'inquiétait. Il essayait de transposer abstraitement cette situation en Atis-Ababe mais n'y parvenait pas : une telle rebellion aussi scandaleuse, aussi "non-unitaire", aurait rapidement été sévèrement réprimée. Mais c'était peut-être là ces subtilités modernes alméranes, de ce continent qui acceptait la diversité, la tolérance, et donc le désordre, et qui au fond s'accommodait facilement d'événements que l'on jugerait profondément subversifs et scandaleux en Atis-Ababe...
L'éventualité d'une vraie révolution monarchique lui semblait malgré tout lointaine, surtout si cette situation n'était cantonnée qu'à quelques municipalités. Et il continuait à traiter avec son interlocuteur comme un dirigeant parfaitement légitime, à considérer à long-terme, mais tout de même ! Cela lui avait légèrement brouillé l'esprit, avait sensiblement enrayé sa confiance, et il feignait la pleine confiance en Solberg (au fond, c'était son pays, et c'était son dirigeant, et ce n'était a priori pas un idiot - il s'en sortirait) pour ne pas mettre à mal leur rencontre.

...

Mais quand même, cela lui brûlait la langue.[/justify]
Sieur François Belcour, régent du conseil doyen de l'Atis et de l'Ababe
Ne craignez-vous pas que ces quatre municipalités n'en deviennent, cinq, six, douze, vingt-quatre, quarante-huit ? Les révolutions sont faites par les minorités... Et je suis persuadé que certaines monarchies traditionalistes alméranes ne rechigneraient pas à faire de cette enclave sans légitimité internationale un mouvement de résistance parfaitement soutenu de l'extérieur.

Posté : lun. août 01, 2016 9:41 pm
par Sébaldie
[justify]Thorsten Solberg regrettait d’avoir évoqué ce sujet à son interlocuteur. Peu accommodé à ce costume d’exécutant, il était resté dans celui d’opposant. Sa franchise l’avait trompé, il n’aurait pas dû exposer ainsi les faiblesses du pays qu’il dirige à un Etat tiers ! Bien sûr, le Premier ministre sébalde se gardait bien de dire que la Sébaldie était un « pays ingouvernable », habité par des peuplades capricieuses qui avaient perdu toute fierté nationale. Par ailleurs, il se garda bien d’avouer que la sécession de ces municipalités arrangeait les comptes de la Sébaldie puisque c’étaient des villes déshéritées, en proie à des difficultés économiques assez importantes. Sa franchise avait heureusement des limites et Thorsten Solberg préféra camoufler le problème :

[center][img]http://img4.hostingpics.net/pics/588646Solberg.png[/img]
Thorsten Solberg
Premier ministre de la République Sébalde (depuis 2030)
Ancien ministre de l’Ecologie et de l’Environnement (2023-2027)
Député de l’Alliance Sociale-Démocrate (2023-2030, suppléé entre 2023 et 2027, puis depuis 2030)
Ancien militant antifasciste
[/center]

Thorsten Solberg : « Oh, vous savez, les villes conquises par ce pseudo-royaume n’ont pas les moyens matériels d’étendre leur influence. Et si cela devait arriver, nous mobiliserons la force armée. Si elles parviennent à s’étendre, cela signifierait qu’elles ont obtenu le soutien de puissances étrangères. Je ne crois pas qu’un Etat alméran, fût-il monarchiste et traditionnaliste, se risquera à un casus belli de la part de la Sébaldie, pour soutenir le premier gigolo qui se prétend roi. La Sébaldie a bien plus de soutiens et d’alliés dans le monde que ce royaume n’en aura jamais, même dans son imagination la plus fertile.

C’est la raison pour laquelle la Sébaldie a toujours tenu à avoir des relations cordiales avec les tous les autres pays du monde et ce, indépendamment de leur régime. À chaque nouvelle majorité parlementaire, le gouvernement a été critiqué par l’opposition pour avoir normalisé des relations avec tel ou tel autre Etat jugé « peu recommandable ». Pourtant, ça lui a permis d’avoir des partenaires de toutes les obédiences. Les quelques Etats qui nous sont hostiles sont ceux qui ont lancé les hostilités en premier.

Vous faites bien de soulever ce point, cependant et j’apprécie votre franchise. Vous n’êtes d’ailleurs pas sans savoir que le Saint-Empire d’Alméra a été refondé, sur l’initiative du Viertenstein, qui a montré une image moins candide que celle de l’Enfant-Jésus. Bien sûr, nous n’avons rien contre le Viertenstein, qui est un partenaire non négligeable de la Sébaldie, mais nous veillons à ce qu’il ne s’ingère pas dans les affaires jeekimoises. Si je peux me permettre, d’ailleurs, le Zanyane n’est pas en reste. Entre le Bardaran, foyer du christianisme, et le Royaume de Maok, dont les ressortissants ne manquent pas d’évangéliser avec un certain zèle les pays dans lesquels ils s’investissent, il convient de se méfier de l’appétit grandissant de ces monarchies chrétiennes. »

« Des monarchies nègres » en l’occurrence. Mais cette expression n’était pas dans le vocabulaire de l’antifasciste Thorsten Solberg, qui même s’il était un libre-penseur, un athée convaincu, était plutôt un rose qu’un rouge-brun. Bouffer du curé de temps en temps était toujours agréable…[/justify]

Posté : mar. août 02, 2016 10:43 am
par the0
François Belcour répondit à l'aide d'un simple sourire - il ne souhaitait faire aucune vague pour le moment avec l'Union alémanique, qui s'était avérée être un très précieux partenaire économique, scientifique voire politique pour le moment. Pour le Maok, les relations étaient encore en cours de construction, mais elles n'étaient a priori pas négatives. Quant à la sortie de Solberg sur le christianisme, Belcour n'en avait nullement pris ombrage : les Atisababiens étaient des protestants calvinistes, expulsés en raison de leur foi il y a plusieurs siècles, de telle sorte que sur le plan de la foi, il leur était aisé de se dissocier des monarchies catholiques que Solberg pointait ici du doigt. Quant à la critique monarchique, Belcour pouvait éventuellement rejoindre Solberg sur un point : la reconnaissance de la res publica démocratique comme système politique supérieur, puisque fondé uniquement sur la raison et le droit. C'était ce qui distinguait, pour beaucoup d'Atisababiens, le Nègre du Blanc : l'abstraction rationnelle d'un État non-héréditaire, issu d'une conception nationale de la souveraineté. C'était, tout compte fait, la civilisation, la politique comme issue d'une philosophie séculière et logicienne, et pas seulement sur l'adoration historique d'une hérédité... Cela ne poussait pas l'Atis-Ababe à l'hostilité face aux monarchies, toujours en raison de ce principe de souveraineté et de non-ingérence - d'autant plus que beaucoup de Blancs admiraient malgré tout les régimes monarchiques pour leur profondeur ancestrale, leur aura romantique.

Sieur François Belcour, régent du conseil doyen
Je vois. Je n'ai de toute façon aucun doute sur votre capacité à maintenir la pleine et entière légitimité de votre République, qui coule de toute façon de source au regard du bon sens et du droit.

Posté : mer. août 03, 2016 7:51 am
par Sébaldie
[justify]Thorsten Solberg était par définition hostile au principe monarchique et c’est la raison pour laquelle il mène un âpre combat contre le royaume autoproclamé de Sébaldie mais aussi, de l’autre côté, contre le retour opportuniste de Sebastiaan Van Althuis pour la dynastie néerlandophone. Il souhaitait préserver le modèle républicain de Sébaldie, qui faisait sa force (et sa faiblesse) depuis 1815. L’Atis-Ababe avait épousé l’idéal républicain, lui aussi, même si de nombreuses différences existaient entre la Sébaldie et elle. La présence de colons blancs fiémançais, laaglandais et adéliens aurait donné du fil à retordre aux dirigeants atisababiens si le pays avait eu pour projet de devenir un royaume. Différentes dynasties blanches se seraient disputé le trône… Et les Noirs auraient peut-être profité de leur unité pour s’imposer ! Solberg sourit légèrement à la remarque de son interlocuteur et poursuivit le volet diplomatique :

[center][img]http://img4.hostingpics.net/pics/588646Solberg.png[/img]
Thorsten Solberg
Premier ministre de la République Sébalde (depuis 2030)
Ancien ministre de l’Ecologie et de l’Environnement (2023-2027)
Député de l’Alliance Sociale-Démocrate (2023-2030, suppléé entre 2023 et 2027, puis depuis 2030)
Ancien militant antifasciste
[/center]

Thorsten Solberg : « Nous sommes d'accord... Si je peux me permettre de vous poser cette question, la République de l’Atis et de l’Ababe est-elle amenée à nouer des relations avec tous les Etats, quels que soient les régimes ? Ou émet-elle des réserves vis-à-vis de certains de ces régimes ? »

Posté : mer. août 03, 2016 11:13 am
par the0
[justify]Sieur François Belcour, régent du conseil doyen de l'Atis et de l'Ababe
Pour le moment, nous refusons de penser en blocs. Nous essayons de nous ouvrir à un maximum de pays pour pouvoir jouir d'un maximum d'opportunités et pouvoir créer un maximum de liens avec l'extérieur. Mais il est vrai qu'il est toujours plus facile de coopérer avec un pays qui n'est pas soumis à un sévère régime de guildes et de corporations, ou avec un pays dont toutes les entreprises sont des compagnies d'État sous la direction du Grand Soviet Suprême. Pour le premier le problème relève du dynamisme économique, pour le second le problème relève évidemment de la géostratégie : laisser une entreprise d'État investir sur son territoire, surtout d'un État socialiste, n'est pas une idée brillante. Disons que nous avons une tendance naturelle à nous allier aux libéraux-conservateurs de tout bord, mais que nous savons aussi nous faire des amis malgré tout chez certaines monarchies traditionnelles, puisqu'elles partagent avec nous un grand nombre de valeurs. Pour les pays socialistes, c'est plus... compliqué. Je pense que nous pourrions nouer quelques liens, mais cela n'irait pas très loin. Le socialisme n'est pas une idée à la mode en Atis-Ababe. Loin de là.
C'est pourquoi la Sébaldie présente un visage qui nous ravit tout particulièrement : ouverte aux opportunités économiques, un noble régime républicain. Vous êtes certes progressiste sur certains sujets me semble-t-il, mais, hé, qui suis-je pour piétiner votre souveraineté en donnant mon opinion sur le jeu vidéo dans vos écoles ? Nous sommes avant tout des souverainistes, c'est-à-dire que nous pensons par rapport à notre intérêt, pas selon des caprices idéologiques - et très souvent, comme avec vous je l'espère, les intérêts peuvent être concordants.

Et vous ?[/justify]