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Posté : dim. juin 26, 2016 3:30 am
par Alwine
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Malinia Namalik Balioko, Ministre Royale des Affaires Étrangères.[/center]

[right]16 Juin 2030, Aéroport de Lokaroum.[/right]

Après son voyage en Oustrie, Malinia accueillait cette fois-ci « à domicile »... la Rostovie. Après être longtemps resté assez muet vis-à-vis du Maok, le monde slave, dit aussi est-alméran ou même tout simplement communiste, par généralisation, tant ces trois groupes semblaient souvent se brouiller selon un regard extérieur, ce monde, donc, acceptait en cascade les propositions de dialogue maokorien... à l'exception notable du Kirep, bien entendu, qui par sa politique anti-religieuse avait choisie une voie totalement adverse. Malinia devait bien s'avouer d'ailleurs que la chose avait valeur de symbole : à l'heure où les fiémançais semblaient vouloir imposer une alliance des pays chrétiens avec les kirépiens contre toute logique, contre toute bonne foi, par ce qui ne pouvait même plus s'appeler de la rostophobie, mais plutôt de la rosto-paranoïa, le Maok se distançait clairement de ce positionnement et réaffirmait qu'il était prêt à discuter avec tout un chacun à part les persécuteurs de la foi... et qu'à des slavo-communistes persécuteurs il préférerait toujours des slavo-communistes neutres ou mieux encore chrétiens.

Bien entendu il y avait des choses à reprocher à la Rostovie, et des raisons de se méfier de la main tendue rostov... qui avait trop longtemps été Noire et couverte de sang pour paraître parfaitement innocente. Mais c'était en dialoguant avec eux, en donnant au nouveau gouvernement rostov des raisons de prospérer dans la paix que l'on parviendrait à un mieux... non pas en leur donnant toutes les raisons de retomber dans la guerre. Quoi qu'il en soit, en attendant une fois encore ses visiteurs à l'aéroport de Lokaroum, nouvelle version – mais elle commençait peu à peu à s'y habituer, il fallait l'avouer – la Ministre ne pouvait s'empêcher de songer que si personne n'avait foi en la Rostovie elle ne pourrait que retomber dans ses travers... même si certains semblaient prêts à courir le risque dans leur peur de voir les rostovs tendre la main aux raksas. Mais les maokoriens, eux, se souciaient peu de cette soit-disant « alliance des grands », et étaient convaincus qu'elle resterait légère... sauf si on forçait les mains aux deux parties pour les obliger à en faire plus.

Secouant doucement la tête, Malinia sorti ces idées de son esprit et se concentra sur la rencontre présente. Elle attendait devant la haie d'honneur qui attendait les dignitaires à la sortie de la zone de débarquement, menant jusqu'à la voiture, en compagnie d'un interprète. L'avion rostov était annoncé en approche, et bientôt elle pourrait, concrètement, poser les premiers jalons des relations avec le géant slave du nord.

Posté : lun. juin 27, 2016 1:17 am
par Vladimir Ivanov
Monarchie chrétienne du Zanyane, le Maok excellait d'abord, aux yeux des rostovs, [url=http://www.simpolitique.com/post265090.html#p265090]par la justesse de sa législation[/url]. L'hypocrite "droit d'entreprendre" était borné par un système corporatiste de guildes et de fraternités qui certes, était vivement dénoncé en Rostovie comme rétrograde, inégalitaire et anti-communiste, mais toujours considéré comme largement préférable au modèle capitaliste libéral. Garant d'un idéal de Bien Commun en matière économique, ce système, bien que dénoncé chez eux, était très respecté par les rostovs à l'étranger. A cela s'ajoute le droit des femmes, garanti, et justement -pour le renforcer- les limites imposées en matière de mœurs et de sexualité empêchaient toute tentative de "sexualiser" ou marchandiser la femme maokorienne, être humain digne et respecté. Mieux, là où certains pays soi-disant "puritains" autorisent les jeux d'argent (pourtant vecteurs des pires débauches...), ceux-ci n'existaient pas au Maok, prouvant par-là même que la morale chrétienne n'était pas prise à la légère au Maok. Autant de lois donc, que les rostovs respectent profondément. La devise du pays (« Fraternité, foi, fidélité ») symbolise bien la perception qu'ont les rostovs de ce pays : une fraternité typique de la culture zanyanaise tant admirée historiquement par le communisme rostov, elle-même encouragée par le catholicisme, une foi en la Trinité que partagent les rostovs, mais une fidélité envers des principes nationalistes ou coutumiers qui peuvent nuire au progrès social prôné par les kiroviens rostovs. D'où la réputation qu'ont les maokoriens en Rostovie : des hommes extrêmement entêtés, viscéralement attachés à leurs principes jusqu'à l'incrédulité, mais toujours respectueux et honnêtes (voire francs...).
L'ouverture au monde lancée par le nouveau souverain Ménélok IV (depuis 2026) avait pour ambition de ne pas nuire aux traditions nationales, à l'âme du Maok. Elle était donc une ouverture diplomatique avant d'être une ouverture commerciale : la politique se devait de dicter ses principes au commerce, pour concilier profits financiers, respect de la morale chrétienne et préservation de l'identité culturelle. Voilà qui convenait parfaitement comme "philosophie des relations internationales" pour la Rostovie.
Historiquement très liée au Zanyane par son idéologie tiers-mondiste héritée de la Révolution kirovienne, la Rostovie espère également que ses deux alliés kirovistes, le Makengo et le Bangiso, seront acceptés par le Maok comme des voisins amis, voire frères, malgré leurs divergences idéologiques.

Le commissaire-général du KOS (Commissariat de Salut Public) du Viétché de l'URR, Oleg Dniepropetrov (héros de la "Conjuration" anti-Terienkov de 2023 aboutissant à la libération de la Rostovie du joug de la Main Noire) était non-seulement très heureux de se rendre sur ce que les rostovs appelaient leur "Continent ami", mais aussi dans un pays chrétien aux valeurs fortes et admirables, dont la notoriété était devenue immense grâce à son incomparable énergie diplomatique, aussi récente que dynamique et productive.

Posté : lun. juin 27, 2016 4:54 pm
par Alwine
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Malinia Namalik Balioko, Ministre Royale des Affaires Étrangères.[/center]

Ce fut avec le sourire que Malinia vit descendre de l'avion le commissaire-général rostov, qui semblait, à vue, être ouvert à la discussion. Quand il arriva devant elle, et alors que la haie d'honneur se mettait au garde-à-vous pour saluer le dignitaire, elle lui tendis la main pour une poignée de main cordiale, qui, elle l'espérait, était un symbole de la bonne entente qu'ils pourraient établir entre leurs deux pays.

« Bienvenue, commissaire-général Dniepropetrov ! C'est un plaisir pour moi de vous accueillir ici aujourd'hui pour cette rencontre que, je l'espère, marquera le début de relations amicales entre nos deux pays. »

La Ministre était bien entendu accompagnée d'un interprète qui traduisait ses propos en rostov. Elle n'avait pas osé tabler sur une éventuelle connaissance de son interlocuteur du latin ou des langues germaniques, et avait donc préféré prévoir cet agrément. Après avoir échangé avec lui les salutations, elle désigna d'un geste la voiture qui les attendait.

« Si vous le voulez bien, je vous propose de nous rendre dans la voiture où nous pourrons nous mettre en route, tout en profitant du trajet pour discuter un peu, si cela vous convient. »

Si son invité le pourrait bien, ils pourraient passer au travers de la haie d'honneur traditionnelle des rencontres diplomatiques maokoriennes et, après qu'un officier leur ait ouvert la porte de la voiture, y prendre place pour se mettre en chemin vers le lieu de la rencontre proprement dite.

Posté : mer. juin 29, 2016 12:46 am
par Vladimir Ivanov
C'est là que Svetozar Dzérine manquait... ancien diplomate en chef de la Rostovie (récemment remplacé par Haïdarovski), il était non-seulement un grand linguiste (il parlait couramment de nombreuses langues, et même un dialecte thorvalien !) mais il était un proche de la culture zanyanaise, ayant vécu plusieurs années au Makengo lorsqu'il combattait le régime de Terienkov en Rostovie [url=http://www.simpolitique.com/comite-soutien-zanyan-pour-retour-kirov-rostovie-t8212.html]depuis ce pays zanyanais communiste, avec Kirov lui-même[/url].
Dneipropetrov de son côté avait beaucoup de notions en langues germaniques, mais pas suffisamment pour comprendre toutes ses subtilités et les parler couramment.
Néanmoins très heureux d'arriver au Zanyane, Oleg Dniepropetrov misait beaucoup sur la réussite de cette rencontre : confiant, il était certain que la philosophie de cette nouvelle grande puissance diplomatique zanyanaise ne pouvait que concorder avec celle de la Rostovie malgré l'idéal communiste de cette dernière, comme l'ont prouvé jusque-là les relations rosto-thorvaliennes.
Comme le veut la tradition diplomatique rostove depuis la chute du tsarisme et l'avènement du kirovisme tiers-mondiste, Novgorod insisterai une fois de plus sur une stricte relation d'égal à égal, sans aucune mention d'un quelconque rapport de supériorité, pas même implicite. Il est en effet fondamental pour les rostovs de bien mettre les choses au clair à ce sujet : la souveraineté nationale est une chose sacrée, et contrairement aux rumeurs, même le PELIC en Constance (pourtant soutenu par eux) n'hésite pas à critiquer la "lâcheté rostove" quant à son engagement plus que timide dans la crise au Jeekim, et à revendiquer le droit de demander le départ des bases militaires une fois la crise terminée et l'armée constancienne pleinement reconstituée.
La Rostovie ne doit pas "impressionner" ou quoi que se soit qui y ressemble en raison de son armée ou de son économie. Novgorod est en effet très attaché à ses valeurs égalitaristes, y compris en relations internationales. Oleg Dniepropetrov ferait donc le nécessaire dans ce but pour une relation saine et réussie entre deux États à pouvoirs rigoureusement égaux.
Dniepropetrov se soumettait d'abord à toutes les conventions et formalités relatives à toute visite officielle à l'étranger.


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Oleg Dniepropetrov : Bonjour et merci à vous d'avoir accepté de me recevoir chez vous en ces temps de crise internationale ! Je suis très heureux de me rendre enfin sur ce magnifique continent qu'est le Zanyane ! Un continent dont on m'a tant parler en positif en Rostovie, que se soit par les kiroviens ou les saratovistes. Ces derniers m'ont conseillé le Maok comme première destination, et en effet, j'ai bon espoir que cette rencontre sera historique pour nos deux pays, car nos points communs fondamentaux l'emporteront sur nos divergences politico-économiques ou diplomatiques !

Posté : mer. juin 29, 2016 4:01 pm
par Alwine
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Malinia Namalik Balioko, Ministre Royale des Affaires Étrangères.[/center]

Après les salutations d'usage, les deux représentants purent donc prendre place dans la voiture, simple mais assez confortable, qui devait les emmener au Petit Palais, siège du gouvernement maokorien et lieu de la rencontre. Après que l'officier qui leur avait ouvert la porte l'ait refermée derrière eux, Malinia repris la parole, à nouveau assisté de l'interprète, le personnel maokorien étant maintenant rôdé à ce genre d'échange par interprète interposé, qui ne posait plus guère de problèmes.

« Je suis heureuse de voir que nous partageons visiblement une même envie du dialogue, Excellence. Il est vrai que la situation internationale est particulière, et je vous avouerai d'ailleurs que cela a bel et bien joué sur notre réflexion à propos de cette rencontre... mais positivement. En effet, nous ne sommes pas la Fiémance, et je vous avouerai que nous ne comprenons pas les choix de celle-ci. Jamais le Maok n'acceptera de s'allier à une nation persécutant les chrétiens, comme le Kirep actuel, d'autant plus sur le seul prétexte fumiste de se protéger contre une puissance... qui elle fait de véritables efforts de rechristianisation.

Cette rencontre est donc pour nous un moyen de rappeler l'indépendance de la diplomatie maokorienne, qui se veut neutre et rayonnante. Je sais que certains, jusque dans votre pays, ont tendance à voir la Fiémance comme le leader d'un supposé bloc monarchique-chrétien héritier de la Sainte-Alliance. Mais s'il existe bel et bien des liens entre les monarchies catholiques, la Fiémance n'a rien d'un leader politique dans ce réseau d'alliance. La Fiémance peut bien faire les yeux doux au Kirep pour ses armes, notre politique se dicte avant tout par notre conscience... et je peux vous assurer que nous ne sommes pas les seuls à partager ce point de vue, jusque dans le Saint-Empire...

Mais enfin, je ne voudrais pas vous ennuyer, je voulais juste vous assurer que si le Maok a accepté de vous recevoir en cette période mouvementée c'est en toute connaissance de cause ! Nous n'approuvons pas la mise à l'écart de la Rostovie que tente d'opérer la Fiémance, pour nous si quelqu'un a des problèmes avec vous la meilleure solution serait de vous inclure et non de vous exclure, vous comme n'importe qui d'autre, jusqu'au Raksasa. C'est d'ailleurs sur cette base que notre envoyé a prit position au G30 : si cette organisation veut se transformer en plate-forme de discussion mondiale elle doit être ouverte à tous, et pas juste aux alliés fiémançais.

Enfin, je ne voudrais pas vous lasser, je le disais. Ordinairement, je propose à mon invité de me présenter son pays, mais je ne vous ferai pas l'injure de vous faire croire qu'il faudrait me présenter la Rostovie... en revanche, j'aimerais vous demander si vous pourriez me parler de votre positionnement géopolitique actuel ? Je serai bien sûr ravie par ailleurs de répondre à cette question en miroir ou à toute autre que vous puissiez avoir sur le Maok. »

Posté : mar. juil. 05, 2016 2:30 pm
par Vladimir Ivanov
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Oleg Dniepropetrov : Je comprends les raisons qui vous ont poussé à rapprocher la date de cette rencontre, nous n'en sommes nullement affecté, c'est bien normal d'avoir des intérêts à défendre (et des principes à rappeler) dans une arène mondiale qui ressemble bien à une jungle, et de toute évidence nous rappelons que cette rencontre était déjà prévue avant que la crise internationale ne s'envenime véritablement.
Maintenant, pour répondre à votre question, un peu d'histoire.
Après l'effondrement de son "empire", malsain voire satanique (n'ayons pas peur des mots) -du temps de l'URKUR-, la Rostovie s'était repliée sur elle-même après sa libération, et cette fois-ci dans tous les sens du terme (ère dite du "dégel", 2023-2027). Économiquement nous avons été durement touché par ce repli stratégique (jusqu'à la Grande Famine de 2024-2025), et nos rivaux géopolitiques en ont profité en avançant leurs pions sur l'échiquier. Depuis l'année dernière, nous cherchons à revenir sur l'arène internationale pour stopper ce refoulement continuel depuis sept ans et défendre nos intérêts vitaux : notre peuple de 260 millions d'âmes a lui aussi besoin d'être protégé. De par notre expérience, avec l'histoire lochlannaise et la notre propre, par exemple, nous savons que des grandes puissances peuvent être imprévisibles et frapper à n'importe quel moment pour un tas de raisons (nomination, élection ou coup d’État amenant au pouvoir une organisation fanatique ou ultra-nationaliste, escalade militaire, aggravation d'une crise géopolitique à propos d'un enjeu régional...). Et il s'avère qu'une grande puissance se dresse devant nous, à quelques centaines de kilomètres à vol d'oiseau de notre capitale Novgorod : l'immense empire fiémançais, qui ne cesse de se répandre au cœur de l'Alméra, annexant les nations voisines les unes après les autres en Alméra centrale et orientale, octroyant la surveillance militaire du canal juvnien que nous avons nous même construit à ce qui était encore à l'époque notre pire ennemi, le Raksasa. On ne compte plus le nombre de fois qu'Opemont a cherché à nous agresser indirectement.
Mais nous avons des principes fondamentaux. Notre peuple apprécie beaucoup la culture fiémançaise, du moins l'authentique, pas ce qu'elle est devenue à Opemont ou dans certaines autres cités du Sud. Nous reconnaissons partager quelques valeurs communes avec la Fiémance, mais avec un peu de recul, l'on constate surtout nos nouvelles et croissantes divergences idéologiques : là où la Rostovie est chrétienne-socialiste, égalitaire et puritaine, la Fiémance est chrétienne-libérale, inégalitaire (l'ancien système d'ordres persiste) et de plus en plus... "libertaire" - pour ne pas dire libertine.
Excusez ces termes un peu dur, mais vous avez sans doute déjà pu constater par vous même la colère qui nous anime en Rostovie, à l'égard de cette Fiémance qui nous renfonce systématiquement en rappelant notre passé (comme si nous étions éternellement coupable des horreurs commises par Terienkov et la Main Noire, ceux-là même qui ont tué 30 millions d'entre-nous, donc rostovs...).

Mais la Fiémance ne nous obsède pas suffisamment non-plus pour oublier le reste du monde. Ainsi, la Rostovie ne cherche pas à s'allier au Raksasa contre la Fiémance, mais simplement à apaiser les vieilles tensions qui nous opposent avec notre rival n°1, et éviter ainsi la réédition de 2022, une guerre dévastatrice entre superpuissances. Nous trouverons sans doute des accords pour limiter nos arsenaux ADM respectifs, nous nous mettrons d'accord pour ne pas nuire à nos souverainetés territoriales respectives (séparatismes bokchowi au Raksasa et karachaï en Rostovie), et définirons nos points de convergence pour harmoniser nos relations et nos actions à l'international. Tout cela n'a rien d'un "complot entre géant contre les petites nations", mais au contraire, d'un accord au profit de tous, entre adversaires mutuellement respectueux afin de prévenir le monde d'une irréparable guerre future et limiter les coûts financiers ou humains d'une course aux armements mêlée à de potentiels conflits régionaux (et éviter ainsi du mieux possible les guerres par alliés interposés).
Mais force est de constater que ces "potentiels conflits régionaux" impliquant la Rostovie mettra en scène, inévitablement, la Fiémance. On a déjà tenté, en vain, de nous réconcilier. On a également proposé à la Rostovie de rejoindre le G-30 ou du moins demander à le faire, chose que nous avons catégoriquement refuser. Le G-30 a été conçu dès l'origine pour combattre la Rostovie et le Raksasa. Il est une œuvre de la Fiémance, notre adversaire le plus virulent (pour ne pas dire ennemi), dans le but précis de nous isoler. Ainsi Novgorod n'a aucunement l'intention de rejoindre cette conférence. Nous n'allons pas mendier pour la rejoindre, tel un petit canard rejeté par le groupe et ne demandant qu'à l’intégrer. Quand un groupe nous rejette, nous restons fiers de ce que nous sommes, nous seront fiers de notre solitude, et nous pourrons toujours nous débrouiller.
Certes, beaucoup de pays au G-30 se fichent de la confrontation Rostovie-Fiémance et n'ont pas de grief particulier à notre égard. Mais leur avis ne compte pas dans la mesure où le G-30 n'a pas besoin de leur avis sur la question pour jouer son rôle anti-rostov. Si vous comprenez où nous voulons en venir : la Fiémance n'a pas besoin de persuader les participants du G-30 pour en faire une conférence "anti-rostove", il suffit de nous mettre de côté, de nous faire oublier, ou de s'attaquer à nos intérêts de manière indirecte. D'où notre intervention -"diplomatiquement" un peu brutale je dois l'avouer- en Antarctique. Plutôt que d'attendre passivement les décisions du G-30 sur une zone internationale, nous avons pris les devants pour bien montrer que Novgorod ne subira pas sans réagir les perfides manœuvres fiémançaises. Nous savons nous défendre, et je dirais même plus : nous savons tirer profit des situations difficiles, en transformant une agression (G-30) en occasion pour renforcer notre puissance (expédition en Antarctique sans demander l'avis à personne puisque personne ne nous le demande).

Cette expédition a pu éveiller la conscience de certains États à notre sujet (relativement au G-30) -d'où justement son utilité- mais je crains que cela ne change rien fondamentalement : le G-30 a été conçu dès l'origine comme conférence anti-rostove (nous avons jamais été "exclu", vu que notre pays n'a jamais été invité), et la Rostovie n'ira pas mendier auprès de cette organisation pour espérer la rejoindre : une humiliation supplémentaire que nous ne pouvons tolérer.

Plus globalement, la Rostovie a renoué avec le pacifisme : en Constance, après la libération de ce pays du joug varlovien, nous avons insisté sur sa non-participation à la guerre selon la volonté des constantais. Nous avons refusés de participer au blocus de la mer de Carù par le Kirep, et nous avons même refusés d'intervenir militairement au canal juvnien pour récupérer ce qui nous revenait de droit (à savoir le seul droit de surveillance du canal, construction rostove) malgré les pressions intérieures de certains politiciens nationalistes à Novgorod.
Nous sommes prêts à défendre nos intérêts vitaux face à ceux qui oseraient les menacer, ainsi qu'à défendre nos alliés. Naturellement. Mais l'âge de la "Rostovie conquérante" est révolue, comme en témoigne la nature de notre expédition en Antarctique : purement scientifique, sans aucune arme à feu, et ouverte à la collaboration internationale.

Certes, l'orientation idéologique de notre diplomatie n'a pas complètement disparu : nous serons toujours enclin à nouer des relations poussées avec des États puritains moralement, socialement égalitaires et surtout économiquement socialistes ou du moins non-capitalistes. Mais nous nous sommes malgré tout ouvert à des États capitalistes qui nous respectaient : sans parler du Raksasa qui restera toujours un rival à surveiller, nous pensons à la Shawiricie. Ou même au Tarnosia qui s'est converti tout entier au capitalisme en reniant Gorun Sun... trahison que la Rostovie supporte puisque respectant la souveraineté politique de ses alliés.

Posté : mar. juil. 05, 2016 9:08 pm
par Alwine
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Malinia Namalik Balioko, Ministre Royale des Affaires Étrangères.[/center]

Malinia écouta avec beaucoup d'attention le long exposé de son invité rostov en réponse à sa question. Il était rare que ses invités politiques répondent à ses interrogations de façon fouillée et détaillée, mais cela fut bien entendu bien loin de déplaire à la Ministre, que du contraire, celle-ci écouta l'exposé rostov avec intérêt. Celui-ci était très partial, mais après tout c'était bien le point de vue rostov qu'elle avait demandé, aussi cela n'était-il nullement un problème, et ce fut avec le sourire qu'elle répondit.

« Hé bien, voilà qui était plus qu'intéressant, Excellence. Je dois dire que cela éclaire en effet certains points qui m'avaient intrigué jusqu'ici, et je vous remercie de m'avoir ainsi répondu. Je ne saurais dire que je suis d'accord avec l'ensemble de vos points de vue, mais je peux néanmoins comprendre l'ensemble, je l'avoue. Cependant, je voudrais tout de même vous rassurer sur le caractère « anti-rostov » du G30. Même si c'est l'idée de la Fiémance, ce n'est pas forcément la tendance des pays qui y ont envoyé un représentant pour débattre sur certaines questions-clés. Le Maok par exemple s'est décidé en partie pour ne pas laisser faire tout et n'importe quoi sans pouvoir influé et en partie en espérant pouvoir diffusé une politique de tolérance religieuse, fut-ce seulement parmi les nations présentes...

Je vous rejoins toutefois sur le fait qu'une telle réunion ne pourra jamais être à la hauteur de ses ambitions affichées tant qu'elle sera dans une logique d'action contre la Rostovie ou le Raksasa. D'ailleurs, malgré ses désirs, aucune mesure anti-rostov n'a encore été prise ou même discutée, vous le noterez : sur la question du pôle sud, la plupart des acteurs ont refusé de discuter dans ces conditions. Je dois dire que le Maok ne juge pas votre initiative, surtout, je serai honnête, parce que la question ne nous intéresse pas vraiment. Nous sommes un peuple tropicale, et nous n'avons guère le goût des longs séjours dans les pôles, pour parler vrai ! Et je vous avoue aussi que notre réseau diplomatique large nous fait avoir peu de crainte quant aux possibilités d'utiliser une base ou une autre si un jour nous voulons y faire des recherches. Mais je comprend que vous ayez dû réagir pour protéger vos intérêts, bien entendu !

Pour le reste, je comprend que vous n'ayez pas voulu « mendier » une place à la table, et de toute façon je ne pense pas cela nécessaire : si une vraie discussion impactant la Rostovie devait commencer nombreux seraient les pays à les refuser sans que vous n'y ayez d'abord été invité, bien entendu. Quoique je dois vous avouer, une fois encore, et j'espère que vous ne me reprocherez pas ma franchise mais je ne crois pas aux secrets dans ce genre de discussions, que les tensions entre la Rostovie et la Fiémance semblent, vues du Maok un peu... paranoïaque. Que votre pays et le Raksasa se rapprochent nous semblent une bonne nouvelle pour la paix, et pas une raison de s'armer... pareillement nous comprenons mal la fiémancophobie qui semble transparaître parfois dans votre presse. Mais cela après tout regarde vos deux pays.

Pour ce qui est du Maok, nous avons une politique très ouverte, comme vous le savez sûrement, fermés seulement aux régimes anti-chrétiens ou clairement hostiles au Maok. De ce fait, nous ne pouvons que louer votre axe politique pacifique et souhaiter qu'il puisse se concrétiser ! En tous cas, le Maok est bien entendu prêt à dialoguer avec la Rostovie, et nous espérons que ce dialogue sera positif. Dites-moi, avez-vous un thème que vous voudriez aborder, ou des questions que vous voudriez poser avant que nous arrivions ? »

Posté : lun. juil. 11, 2016 5:37 pm
par Vladimir Ivanov
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Oleg Dniepropetrov : A mon tour, je comprends que notre relation extrêmement tendue avec la Fiémance vous importune. Cela est même bon signe pour un État cherchant tout simplement le bien de l’Humanité : le conflit politique rosto-fiémançais ne peut rien apporter de bon à notre monde. Mais la Rostovie est victime de sa propre défense stratégique : l'expansion fiémançaise nous inquiète et nous ne pouvons rester sans réagir.
On garde l'espoir que ce conflit s’apaisera de lui-même avec le temps à condition qu'Opemont ne poursuive pas son impérialisme.
Concernant votre pays, nous aurions une question en effet : en résumé, brièvement, comment concevez vous votre système économique ? Où en sont les inégalités sociales ? Comment faites-vous pour les combattre ou du moins les atténuer ?

Posté : lun. juil. 11, 2016 8:30 pm
par Alwine
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Malinia Namalik Balioko, Ministre Royale des Affaires Étrangères.[/center]

Malinia hocha la tête en entendant la réponse de son interlocuteur au sujet des relations rostovo-fiémançaises. Peut-être finiraient-elles par s'apaiser... mais elle était loin d'en être convaincue. Pour le reste, en effet, cela ne concernait de toute façon guère directement le Maok, et elle choisi plutôt, en répondant, de se concentrer sur la question de son interlocuteur.

« L'économie maokorienne... hé bien, nous ne cherchons pas à « adhérer » à un modèle particuliers, néanmoins nous nous approchons naturellement de l'ordoéconomisme, tel qu'il peut être pratiqué au Thorval, sans chercher à se fondre spécialement dans ses principes comme je l'ai dit. Concrètement, notre économie repose sur les guildes, qui encadrent toute forme de travail. L'ingénieur, l'artiste, le balayeur, l'ouvrier, le paysan, et ainsi de suite... tous font partie d'une guilde, et ont été apprentis, avant de devenir compagnons, puis éventuellement, pour les plus doués, maîtres. Les modes de progression varient d'une guilde à l'autre, entre certaines qui forment les apprentis depuis leur jeunesse et d'autres qui les intègrent une fois les études terminées, l'apprentissage étant plus long dans le premier cas, bien entendu.

Les guildes ont de nombreux rôles. D'une part elles remplissent les mêmes fonctions que le syndicat dans les modèles moins structurés, c'est à dire qu'elles protègent leurs membres et permettent de faire remonter facilement les revendications vers le haut, c'est à dire vers le gouvernement généralement, mais d'autre part elles servent aussi de relais dans l'autre sens. Elles remplissent le rôle de premier filet de solidarité, les membres étant toujours solidaires entre eux et pouvant éventuellement faire ensuite appels à d'autres sources pour la remporter. Par ailleurs elles assurent que tout travail soit bien fait, dans les règles du métiers, et évitent que les choses ne tournent au productivisme : celui qui voudrait faire beaucoup au lieu de faire bien serait désavoué par la guilde et s'il s'obstinait ne trouverait de toute façon plus de client. Leur rôle est aussi plus vaste, difficile à expliquer : en quelques sortes elles sont toute la structure de la société, au-delà même du social.

Quelque part, elles sont aussi un élément de réponse à votre question sur les inégalités : grâce aux guildes et aussi à la charité chrétienne qui prévaut dans notre société et l'imprègne largement, les gens plus aisés faisant des dons à l'église qui à son tour aident les moins aisés... quand ils ne leurs viennent pas directement en aide eux-mêmes, bien entendu. De ce fait, je ne dirais pas qu'il n'y a pas d'inégalité : les gens les plus capables finissent par s'enrichir, mais il n'y a pas de fortunes « indécentes » au Maok comme on peut en voir dans beaucoup de pays libéraux. Quand on voit à l'étranger une grande entreprise maokorienne, il n'y a pas derrière un homme seul qui engrangerait du bénéfice : ce sont les guildes ensembles qui font cela, et redistribuent les richesses soit directement, soit par l'achat de matériel commun et ainsi de suite. Hors donc ce sont les guildes et la charité, des gens mais aussi de la couronne, qui régulent les inégalités sociales... mais je parle, je parle, et voici que nous arrivons ! »


Et en effet, comme la diplomate venait de l'annoncer, la voiture ne tarda pas à ralentir, et s'arrêta bientôt sur une vaste place, en face d'un palais qui en était l'élément central, placé juste en face de l'accès principal de la place. D'extérieur, le palais était de style majoritairement alméran, et plus précisément alémanique, avec néanmoins des touches qui l'identifiait clairement comme un produit également des traditions locales. Il s'agissait du Petit Palais, siège du gouvernement civil.

Loin d'être un édifice nain, comme son nom aurait pu le laisser entendre, il comprenait une vaste salle centrale au rez-de-chaussée où se réunissait le parlement, accompagné de salles plus petites servant à des comités parlementaires et autres choses du même genre, et de bureaux et salles aménagés dans les étages supérieurs où travaillaient les ministres et leurs cabinets. C'était également là qu'on avait récemment aménagés les salles qui devaient permettre à la Ministre de recevoir ses homologues étrangers.

Rapidement, un soldat vint leur ouvrir la portière, et Malinia laissa son invité descendre le premier avant de le suivre. Une fois hors de la voiture, la Ministre passa devant le diplomate rostov avec le sourire, pour gravir l'escalier menant au Palais en l'invitant à la suivre. Une haie d'honneur avait été mise en place par des guerriers traditionnels, du bas des marches jusqu'à l'entrée majestueuse, que les deux dignitaires franchirent après qu'on leur ait ouvert les portes. Il fallut alors parcourir un couloir assez long, monter un escalier de marbre rose puis enfin parcourir un couloir plus court.

Au bout de celui-ci, un garde leur ouvrit la porte de la salle de réunion, une salle lumineuse, où se déversait la lumière du soleil à flot, au décors épuré et élégant, prévu pour ne pas heurter l'un ou l'autre visiteur, quel qu'il soit, qui avait vu la plupart des rencontres du Maok effectuées « à domicile » jusqu'ici. Il y avait une table ronde et plusieurs chaises, et la Ministre invita le représentant de la Rostovie à prendre place avant de faire de même.

« Nous voici arrivé ! J'espère que vous êtes bien installés. Désirez-vous un rafraîchissement ou une collation ? Et par ailleurs, auriez-vous encore des questions ou des choses à préciser avant que nous ne commencions la rencontre proprement dites ? Si c'est le cas bien entendu n'hésitez pas ! »

Posté : lun. juil. 18, 2016 7:33 pm
par Vladimir Ivanov
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Oleg Dniepropetrov : Un peu d'eau fraîche suffira s'il vous plait, merci infiniment !
Votre réponse sur l'économie du Maok m'a pleinement satisfait et je dois dire que j'ai été agréablement surpris ! Il s'agit d'un système sain, à mi-chemin entre collectivisme et individualisme, entre étatisme et libéralisme. Un "juste-milieu" pourrais-t-on dire. Même si en Rostovie nous ne sommes pas tous de cet avis, loin de là. -sourire-
Dans tous les cas, je reconnais totalement, en tant que dirigeant rostov et personnellement, toute la dignité d'un tel système économique, soucieux de bien commun et de respect de chacun face aux tentations du culte au profit.
Nous pouvons donc passer à la rencontre en elle-même.

Dniepropetrov n'était pas communiste. Mais en tant que dirigeant d'un pays s'en réclamant, il avait le devoir de défendre ne serait-ce qu'un minimum les principes communistes. Il insista donc sur les aspects positifs, c'est-à-dire "anticapitalistes", d'une économie dite "corporatiste".

[HRP : toutes mes excuses pour ma lenteur, j'ai pas mal de boulot à faire IRL ces jours-ci, d'où ma relative absence]