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Posté : dim. mars 20, 2016 1:20 pm
par Otto
[center]ACTIVITÉ INTERNE[/center]

Ici sera posté des messages sur les mentalités ou la vie courante de Bassaxe afin de permettre aux autres joueurs d'en avoir une vue la plus claire possible. Tout sera réel et rien ne tiendra de la propagande.
Pour toute utilisation, contactez-moi par message privé.


La vie au palais :
Récits concernant la vie du duc Ernst-Lothar et de sa famille au Palais Rodhé.
[url=http://www.simpolitique.com/post279741.html#p279741]Partie 1.[/url]

La Réforme traditionaliste :
Textes qui suivent les activités politiques en faveur du traditionalisme politique et religieux.
[url=http://www.simpolitique.com/activite-interne-t12718.html#p281075]Commençons par le commencement[/url]
[url=http://www.simpolitique.com/post283782.html#p283782]Ad Dei Majorem Gloriam[/url]

Dans les rues d'Henzbüri :
Récits sur la vie quotidienne dans la capitale de la Bassaxe, principale ville fiémancophone de Bassaxe.
[url=http://www.simpolitique.com/post281807.html#p281807]novembre 2029[/url]
[url=http://www.simpolitique.com/activite-interne-t12718.html#p288824]Duel de soutane[/url]

Posté : dim. mars 20, 2016 1:21 pm
par Otto
La vie au palais (1.)

Ernst-Lothar vivait depuis quelques mois dans le Palais Rodhé, en plein cœur de la ville d'Henzburg. Depuis la proclamation du Duché le 9 mars, sa vie avait basculé. Avec sa mère, sa petite sœur et son petit frère, ils avaient quittés le quartier Woerthwiller d'Opemont pour s'installer dans ce grand palais du XVIIème dans une ville où ils n'avaient jamais vécu. Lui-même n'avait appris l'alémanique que comme une langue vivante, parlant fiémançais à la maison. Depuis leur arrivé dans le palais, il avait constaté que tout avait changé, malgré ses quatorze ans. Sa mère, Hélène de Montgovert, avait cessé de travailler comme professeur de littérature fiémançais et parlait alémanique aussi souvent que possible. Ernst avait cessé d'aller en cours, des professeurs particuliers d'histoire, de littérature, d'alémanique, de fiémançais, de latin de mathématique et d'économie se succédaient au Palais pour lui faire apprendre tout ce qu'un monarque doit savoir.

Mais ce n'était pas tout. Ernst se retrouvait désormais à la tête d'un État. Il était encore jeune et ne gouvernait pas seul : Varwick, le Premier Ministre, dirigeait l’État et accompagnait le nouveau monarque. Sa mère, sans formation politique, avait également mis en place un Cabinet Privé chargé d'aider le duc à gouverner. Ce Cabinet était distinct du gouvernement afin que le duc ne soit pas influencé par les idées politiques d'un gouvernement changeant à chaque élection. La mère du duc avait décidé de faire siéger au Cabinet l'archevêque d'Henzburg, Monseigneur Alexander Golltmänn, le général de la Garde Ducale Henri de la Pierre-Bonchamp ainsi que le ministre plénipotentiaire du Viertenstein Johannes von Brücke, qui avait été envoyé par la Principauté pour aider au gouvernement. Ces conseillers sont familiers avec la notion de monarchie car ils ont été pétrie de la culture traditionaliste d’État comme le Viertenstein, d'où Brück est originaire et où Golltmänn a fait ses études, ou de l'ancien Terdus, dont Pierre-Bonchamp est originaire.

Le duc essayait de trouver sa place dans cette nouvelle monarchie. Il constatait qu'autour de lui l'inquiétude régnait. La capitale du pays était peuplé d'une majorité de fiémancophones qui n'acceptaient guère l'indépendance de la Bassaxe. Le Palais était sans cesse surveillé par la Garde d'Hochburg, des soldats venu du Viertenstein pour protéger la famille ducale. Néanmoins, le Cabinet était formel : si la ville d'Henzburg était fortement pro-Prétorus (c’est-à-dire en faveur du retour de la province en Franconie), les autres villes du Duché ainsi que les campagnes étaient loyales au duc. Personne ignorait cette fracture qui divisait le pays entre Henzburg, la capitale, sociale-démocrate, fiémancophone, sécularisée, face à une campagne alémanophone, libérale et catholique (mais assez peu traditionaliste).

Ces divisions étaient particulièrement forte à l'intérieur du Gouvernement Provisoire et de l'Assemblée Constituante. La Constitution n'était pas encore achevée après sept mois de débats et la transition entre les autorités franconiennes et ducale se déroulait tant bien que mal à l'approche de la rentrée scolaire… Malgré ses quatorze ans, le duc est bien décidé à agir pour ce pays dans lequel il n'a jamais vécu mais dont les ancêtres ont été les dirigeants.

Posté : sam. avr. 09, 2016 9:38 am
par Otto
La Réforme Traditionaliste (1.)
Commençons par le commencement.

La Bassaxe avait été une terre chrétienne. Alors que les Guerres de Religion divisaient les pays fiémancophones, les Bassaxons luttèrent avec le roi de Franconie pour défendre la catholicité. Les grandes familles de la noblesse alémanique se firent les champions de l'Eglise : des personnages tel que Karl le Balafré, le Cardinal Heinrich von Hasabrü ou Louis de Mathern étaient resté dans les mémoires locales comme les fiers combattants du catholicisme alémanique contre le protestantisme fiémancophone d'outre-Jôges (la chaîne de montagne servant de frontière entre la Bassaxe et la Franconie). Néanmoins, la pratique religieuse s'était perdue au XXème siècle : la sécularisation de l'Etat y était pour beaucoup. Désormais, les églises ne se remplissaient que lors des grandes fêtes liturgiques, tel Noël ou Pâques. Pourtant, les Bassaxons gardaient un grand attachement au catholicisme et s'était même à cause de cela qu'ils étaient devenu indépendants : ils avaient refusé de devoir choisir entre le catholicisme et l'autonomie.

Le Grand Séminaire d'Henzbüri, ou d'Henzbourg comme on disait du temps de la République de Franconie, s'était vidé d'années en années depuis la seconde moitié du XXème siècle. La crise des vocations avait frappé de plein fouet ce pays libéral, à tel point qu'en mai 2029, on ne comptait plus qu'une vingtaine de séminaristes dans l'immense séminaire fondé à la fin du XVIIIème siècle. Le dernier étage du bâtiment, composé d'une centaine de chambre, avait été abandonné au début des années 2000 à cause du nombre trop faible d'entrant. En plus de la vingtaine de séminariste, on trouvait dans les bâtiments six prêtres, dont deux très âgés. La plupart ne portaient plus l'habit religieux et formaient les séminaristes par des cours à la qualité médiocre, ce qui n'encourageait pas les étudiants à rester. A la rentrée 2028, trois élèves étaient entrés en première année : Johannes, 20 ans, qui a discerné sa vocation jeune, Henri, 38 ans, marié, deux enfants, qui a décidé de s'engager dans l'Eglise après le Concile des Valeurs qui permit l'ordination d'hommes mariés, Karl, 25 ans, titulaire de plusieurs diplômes universitaires de philosophie, de théologie et de sociologie, il est venu ici par défaut, dans l'espoir de faire carrière.

Mais le retour du Duc et la formation de la Confédération Alémanique change beaucoup de chose pour l'Eglise de Bassaxe. Le duc Ernst a vécu de nombreuses années a Opemont où il a put discuter avec les prêtres de la paroisse des Woerthwiller. Ces prêtres avaient souvent fait leurs études au Viertenstein et étaient imprégné d'une tradition ecclésiale bien différente de celle enseigné au Séminaire d'Henzbüri. Ces prêtres sentaient toujours l'encens, récitaient d'immenses prières en latin, face à Dieu et non aux fidèles, avec une majesté splendide ; ils prononçaient des sermons édifiants pour la foi individuelle, exaltant les vertus et condamnant les errements. Bref, il y avait chez ces prêtres une vigueur que l'on ne retrouve plus dans le Séminaire de Bassaxe, empoussiéré par plus de 50 ans de réformes modernistes.

Sur l'impulsion du duc, une équipe de prêtre de la Société des Pères Ignatiens de Stricte Observance arriva en Bassaxe. Ils s'installèrent au Grand Séminaire, sur ordre du duc. Pour forcer la main au père supérieur, celui-ci expliqua que le Séminaire appartenait à l'Etat et qu'il faisait ce qu'il voulait du bâtiment : c'est pourquoi le dernier étage sera alloué à la Société. Officiellement, les huit prêtres ignatiens n'avaient pas de missions au séminaire. Néanmoins, le duc leur avait attribué la gestion de la Chapelle du Palais, de l'autel Sainte-Odile de la cathédrale (il s'agissait de l'autel de la famille ducale, lequel tombait en ruine depuis des années) ainsi que de l'église Sainte-Materne, une petite église de la ville. Pourtant, ils devaient officieusement redonner une vie au Séminaire.

L'arrivé des huit pères début septembre fit grand'bruit. Ils passèrent la grande porte du Séminaire ensoutané alors que les séminaristes étaient dans la cour pour leur pause du matin. Ils montèrent immédiatement au quatrième étage. Le père supérieur n'avait rien fait pour bien les accueillir : il s'était contenté de leurs donner les clefs et de leur indiquer où elles étaient. Elles n'avaient pas été lavé depuis longtemps mais les huit prêtres, jeunes, prirent les balais à bras le corps et travaillèrent pour remettre en ordre leurs chambres. C'est lors de l'office du milieux du jour, avant le repas, que les tensions entre les nouveaux traditionalistes et les vieux modernistes débuta. Les ignatiens entrèrent dans la chapelle une demi-heure avant les bassaxons pour célébrer l'office en latin. Lors des dernières prières, des séminaristes entrèrent pour dire l'office en alémanique : ils furent surpris d'entre les nouveaux pères psalmodiés dans cette vieille et belle langue qu'est le latin, tandis que chantaient tant bien que mal en alémanique. Lorsque les pères du séminaire prirent la place des viertensteinois, à la fin de l'office latin, ils psalmodièrent en alémanique, avec le peu d'entrain habituel. Il était consternant de voir que huit prêtres Viertensteinois chantaient plus fort que vingt-six Bassaxons. Parmi les séminaristes, certains, surtout chez les plus jeunes, décidèrent de se rapprocher des nouveaux prêtres...

Posté : mar. avr. 19, 2016 3:44 pm
par Otto
Dans les rues d'Henzbüri (1.)
Novembre 2029

Un dimanche matin, devant la cathédrale

Deux officiers viertensteinois traversent la place en tenue endimanché (uniforme noir, médailles sur le torse et épées à la ceinture). A l'entrée de la cathédrale, ils donnent un peu d'argents à une jeune mendiante. Elle les jette à terre en jurant en fiémançais : « Gardez votre or, vive la Franconie ».



Dans les rues de la ville

Trois jeunes gens, en manteau et journaux à la main. Ils portent au bras gauche un signe distinctif : un brassard bleu. Ils vendent leurs journaux, un micro-journal identitaire fiémancophone en criant les grands titres « La trahison de Finckel : comment la Franconie nous a abandonné entre les mains d'Ernest le Libéral ? - Jean et Franconville, la réussite fiémançaise ».

Une rixe éclate entre eux et un groupe d'étudiant alémanophone. Ceux-ci leur saute dessus en criant « Vive le Duc, vive l'indépendance ».



Dans une salle de classe d'une petite école, un soir de semaine à 19 heure

Les enfants ont laissés la place à leurs parents sur les bancs. Ils sont là volontairement pour ré-apprendre la langue et la culture de leurs ancêtres grâce à l'intervention bénévole de professeurs d'alémanique ou d'histoire du secondaire. Ces initiatives, de plus en plus nombreuses, accueillent quelques familles intéressées par le passé du duché. La plupart sont des provinciaux dont les grands-parents parlaient encore quelques mots d'alémanique mais que la Franconie avait remplacé par le fiémançais.. Dans le centre-ville bourgeois, les habitants restent imperméable à l'alémanique et défendent mordicus le fiémançais : ils continuent notamment de prononcer « Henzbourg » pour parler de la ville.



La capitale devient de plus en plus distante de la province : le pays est majoritairement alémanophone tandis que la capitale est fiémancophone. Des réflexes identitaires légers apparaissent dans les deux communautés : les fiémancophones craignant d'être écrasés par les alémanophones et les alémanophones voulant effacer les siècles de domination franconienne.

Posté : mer. mai 11, 2016 6:47 pm
par Otto
La Réforme Traditionaliste (2.)
Ad Dei Majorem Gloriam.

La Bassaxe, comme la plupart de l'Alméra, avait connu le phénomène de désertification religieuse de la seconde moitié du vingtième siècle. En 2028, il était courant de voir un prêtre s'occuper de 20 ou 30 clochers dans les campagnes tandis qu'en ville, les paroisses se vidaient sans que les prêtres puissent faire quoi que ce soit. Parfois des initiatives de ré-évangélisations apparaissaient mais elles étaient presque toujours vouées à l'échec. La province avait subit de plein fouet la déchristianisation. Pourtant, le catholicisme était un facteur identitaire chez bien des Bassaxons, y compris chez les jeunes indépendantistes. Des noms comme ceux du père Modeste Aldenauer (explorateur du Nankin pour le compte de la Brestange), de Karl le Balafré (général catholique franconien lors des guerres de religion) ou encore de Maximilian von Braunschweig (seigneur du sud de la Bassaxe, grand chevalier de la fin du Moyen Âge) résonnait encore dans les oreilles de tout les Bassaxons comme ceux de héros nationaux. Les trois avaient été très marqués par leur foi catholique.

De plus le peuple alémanique, dès son indépendance, avait appelé à le diriger le jeune duc Ernst-Lothar zu Nydersasche, émigré à Opémont où il fréquentait la paroisse des Woerthwiller qui était administrée par des prêtres du Viertenstein. Le duc, du haut de ses 14 ans, souhaitait que ses sujets puissent découvrir les bienfaits de la foi dans laquelle il avait été élevé et qu'ils puissent retrouver la foi de leurs ancêtres. Connaissant la crise des vocations qui touchait durement ses États, le duc décida de faire appel à d'autres prêtres catholiques pour évangéliser la Bassaxe. Comme autrefois les jésuites le firent au Vicaskaran et les pères blancs au Zanyane, la Société des Pères Ignatiens de Stricte Observance étaient chargés d'évangéliser ce pays.

Cette congrégation de prêtre, séparée des jésuites dans les années 1970 après le refus des réformes liturgiques de Vatican II et de vie de la Société, imposait encore les règles de vie tels que prévues par Saint Ignace de Loyola : les prêtres portaient la soutane, célébraient la Messe et les Offices en latin et dos à l'assemblée. Le duc demanda au Supérieur Général de la Société, le père Hohensigmaren, d'installer une mission en Bassaxe chargée de rechristianiser le pays. Celle-ci fut mise sur pieds et débarqua dans le pays en 2030, six mois après que les premiers pères ignatiens se soient installés à Henzbüri pour faire évoluer les choses au sein du séminaire.

Soixante-dix prêtres étaient envoyés en Bassaxe. A leur tête, le Supérieur Général avait nommé un Administrateur, le père Aloïs Kirchmann, et un second avait été élu par les missionnaires, le père Hans von Leunheim. Les bons pères ne dépendaient que de ces deux prêtres, ce qui avait de quoi énerver les évêques de Bassaxe qui voyaient cela comme une ingérence de la part d'un ordre étranger au pays.

En ce début 2030, les Pères Ignatiens débutent leur mission. Avec ou sans le soutien de l'épiscopat bassaxon, ils reprennent en main le Gymnase du Duc Heinrich III, la paroisse Saint-Arbogast d'Henzbüri ainsi que diverses communautés dans les autres grandes villes du pays. Leur but officiel est transformer la Bassaxe en un pays catholique et alémanique. A Henzbüri, quelques tensions sont à noter avec le clergé, très majoritairement moderniste et fiémancophone mais dans le reste du pays, les évêques semblent accueillir ces renforts avec joie car ils viennent soutenir l’Église bassaxone face à la crise des vocations.

Posté : jeu. juin 30, 2016 7:57 pm
par Otto
Dans les rues d'Henzbüri (2.)
Duel de soutane

Dans la capitale, deux ordres religieux s'affrontent silencieusement. D'un côté, l'Ordre des Frères Maristes, un groupe religieux créé par Saint Marcellin à Montbreson (Fiémance) en 1822. En face de lui, la Compagnie des Pères Ignatiens de Stricte Observance, ordre viertensteinois d'inspiration jésuite créé en 1968. Plus que deux groupes cléricaux, cet affrontement met en jeu la vision de la foi, et de la société. D'un côté, les Maristes pratiquent le rite dit "moderne" (Missel de 1962), disant la Messe en fiémançais et face aux fidèles. Ils se revendiquent proche de leurs ouailles et attentifs à leurs communautés. Les frères maristes vivent dans le siècle, ils ont par exemple abandonner la soutane pour un costume plus sobre (en conservant néanmoins le rabat fiémançais). Ils organisent des discussions avec leurs fidèles, s'occupent de la jeunesse grâce à leur présence dans des établissements du primaire et du secondaire, la plupart du temps comme aumôniers mais aussi parfois comme administrateurs ou professeurs, ainsi que par leur action au sein du scoutisme où ils parviennent même à toucher des jeunes déchristianisés.

En face d'eux, les Pères Ignatiens ont l'air bien austères. La plupart d'entre eux parlent en alémanique dans cette capitale très fiémancophone. Ils portent la soutane noire, recouverte d'une cape lors des jours de fraîcheur ou de pluie. Ils disent la Messe selon le vieux rite, c'est-à-dire en latin et tourné vers l'autel plutôt que vers les fidèles. D'ailleurs, plutôt que de plaire aux fidèles et de paraître moderne, ces prêtres insistent sur le sens du sacré et peuvent se montrer rigides sur la discipline lors de la Messe. Ils s'insèrent moins dans la société mais ils établissent malgré tout des réseaux dans la ville grâce à leur présence dans les hôpitaux et dans certaines écoles.

La lutte entre les deux ordres est une lutte d'influence dont ils ne sont finalement que les pions. En effet, ce n'est pas un ordre qui triomphera à la fin, mais une façon de voir le monde. D'un côté la vision mariste, fiémancophone et plutôt moderniste, et de l'autre la vision ignatienne, alémanophone et plutôt traditionaliste.

Posté : dim. juil. 31, 2016 11:44 am
par Otto
La Réforme Traditionaliste (3.)
Schola Chritianae.

La Cité Scolaire de la Fraternité était le plus grand établissement scolaire d'Henzbüri avec ses 3.000 étudiants âgés entre 11 et 18 ans. Fondé au début des années 2000 sous le régime fasciste franconien, il était devenu sous la République libérale une véritable expérience sociale, accueillant à la fois des élèves des banlieues, issus de l'immigration est-almérane et makarane, parlant tant bien que mal le fiémançais et des enfants de la campagne, bassaxons depuis des générations, pour qui l'alémanique est la langue maternelle et le fiémançais une langue imposée par l'école.

Cet établissement secondaire tombait en ruine : sa taille empêchait toute rénovation et la présence d'élèves issus de milieux aussi différents créait une ambiance explosive. Chaque année, une dizaine de jeune finissait à l'hôpital après des bagarres qui avaient mal fini. Des professeurs partaient régulièrement en dépression à cause de leurs classes surchagées et de l'ambiance délétère qui y règne.

Mais en ce mois de septembre, deux visiteurs font leur apparitions à la Cité Scolaire. Deux hommes, l'un de 64 ans et l'autre de 42, tout deux vêtus d'une large soutane. Ils traversent l'établissement en compagnie d'un troisième homme, en costume, et d'un dernier, le directeur de l'établissement. Les deux prêtres étaient les pères Kirchmann et Leunheim, administrateurs du District Bassaxon des Pères Ignatiens de Stricte Observance. La tentative de prendre le contrôle du Grand Séminaire d'Henzbüri avait échouée pour eux à cause de l'opposition de l'épiscopat bassaxon, trop moderniste et autonomiste pour accepter de voir ses curés formés par des prêtres traditionalistes et ultramontains. La visite de la Cité Scolaire de la Fraternité n'était pas étrangère à cet échec : les pères ignatiens devraient bientôt quitter le Séminaire, mais une solution leur avait été trouvée. Avec l'aide du Secrétariat de l'Union pour l'Instruction, ils allaient fondés un Collège de l'Union. Le gouvernement bassaxon avait accepté à contre-coeur de vendre la Cité Scolaire, établissement en trop mauvais état pour être encore entretenu par l'Etat.

La Cité Scolaire de la Fraternité allait devenir le Collège Constantin, en l'honneur du premier empereur romain catholique. Il était une expérience nouvelle, tant pour l'éducation bassaxonne que pour les Collèges de l'Union. En effet, contrairement aux autres collèges de l'Union, il était un établissement urbain. Ses cours respecteraient néanmoins le programme des Collèges de l'Union : d'un côté les cours théoriques (latin, littérature alémanique, mathématique, histoire et hellène de l'Agorsa'a) et de l'autre les cours pratiques (bricolage et jardinage pour les jeunes gens, économie domestique pour les jeunes filles). Une partie du parc de la Cité deviendra ainsi le potager de l'établissement. Néanmoins, le Collège devrait plus se spécialiser sur le bricolage grâce à ces grands ateliers. Le but avoué du Collège sera de former les ouvriers de demain.

Mais cela n'est pas pour tout de suite : il faut encore s'installer dans ces immenses locaux et dans ces quartiers de banlieues.

Posté : dim. sept. 04, 2016 6:23 pm
par Otto
Dans la tête de la noblesse (1.)
Ainsi naquit la noblesse

La noblesse bassaxone, et tout particulièrement alémanique, a acquis une grande estime d'elle-même depuis l'indépendance et la création de l'Union Alémanique. Cet orgueil est d'abord issue d'une redécouverte de son passé lointain, plus ou moins fantasmé. En effet, la noblesse alémanique de Bassaxe a redécouvert ses origines millénaires. Elle est l'héritière des grands chefs de guerre germains qui renversèrent l'Empire Néapolitain. Elle installa ses fiefs en Bassaxe dès le VIIème siècle après avoir pillé la partie occidentale de l'Empire. Au Moyen Âge, elle lutta avec vigueur contre les chevaliers fiémans venu étendre leur empire. A l'époque moderne, ils défendirent avec de grands succès l'Eglise face aux réformateurs lors des guerres de religion qui secouèrent à la fois les terres germaniques et galliques. La plupart des grands lignages bassaxons peuvent s'enorgueillir de grands fait d'armes : les Hasabrü se félicitent d'avoir repoussé les armées protestantes à la bataille de Brokberg en 1582, les Rodé d'avoir dirigé les armées franconiennes à la victoire lors de la Guerre de Huit Ans (1705-1713) face au Schlessein, les Mathern d'avoir participé à six croisades en Terre Sainte et aux croisades teutoniques...

Ce grand héritage historique permet à la noblesse bassaxone de se placer dans un sillon historique : elle n'est pas simplement une noblesse créé par un roi pour le servir, elle est antérieure à la monarchie elle-même. Ses origines se perdent dans les affres du temps car elle vient de la Germanie décrite par Tacite, dont nos historiens ignorent encore tant de chose. La noblesse bassaxone ne doit rien à personne, pas même au Duc ou au Saint-Empereur. Elle est profondément empreinte de tacitisme : la Monarchie lui doit le respect car elle n'existe que grâce à l'action de la noblesse. Elle doit être liée au pouvoir puisqu'elle est l’institution la plus légitime de Bassaxe. Elle a été légitimé par le temps mais également par l'histoire. Alors que le peuple bassaxon fut fiémancisé par la Franconie, la noblesse n'a jamais oubliée ses racines. Après l'annexion de la Bassaxe par la Franconie au Moyen Âge, de nombreuses familles nobles bassaxones auraient préférées s'allier avec des petites familles nobles germaniques qu'avec les grands lignages galliques. Elle semble même en vouloir au Duc d'être le fils d'une petite noblesse franconienne.

Néanmoins, tout cela est avant tout un fantasme pour une noblesse qui se redécouvre alors que la monarchie renaît des affres de l'histoire. Cet orgueil est vu d'un oeil inquiet par la noblesse viertensteinoise, élevée dans le respect de l'institution monarchique à laquelle elle est assujetie. De même, la noblesse almérane en générale s'amuse de voir un annuaire de la noblesse, le Mathern, être édité par ces nobles qui viennent tout juste de se rappeler d'où ils viennent. Ces nobles qui, redécouvrant leur passé, n'ont pas hésité à se placer avant toute les autres noblesses du monde chrétien. Tout cela n'est finalement qu'une idéalisation d'un passé tout juste redécouvert. Mais la noblesse devra apprendre à vivre avec son temps, et à s'adapter à la monarchie si elle ne veut pas subir les contrecoups de son orgueil.