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Posté : dim. janv. 24, 2016 7:33 pm
par Alwine
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Malinia Namalik Balioko, Ministre Royale des Affaires Étrangères.[/center]

[right]12 Mars 2029, Aéroport de Lokaroum.[/right]

Comme cela semblait devenir l'habitude en début d'année, la diplomatie maokorienne avait connu une période assez calme. Il fallait dire qu'il y avait nombre de traités plus anciens à finaliser et à publier enfin officiellement, et nombre d'autres questions à traité, sans compter que le royaume n'était pas vraiment resté inactif non plus depuis le début de l'année. Néanmoins, cela faisait plaisir à Malinia de se retrouver une nouvelle fois à l'aéroport de Lokaroum, en train d'attendre une délégation étrangère, d'autant que c'était sans doute une des dernières fois qu'elle se tenait dans cette version assez vieillotte de l'aéroport, qui devrait bientôt commencé à être modernisé pour accueillir le flux international de plus en plus diversifié qui passait par ici. C'était toujours une bonne chose d'évoluer, bien entendu, et la diplomate ne doutait guère du fait que le nouvel aéroport lui plairait beaucoup, une fois terminé, mais pour l'heure elle se plaisait à savourer le plaisir de se retrouver une fois encore dans l'ancien.

Pour l'heure toutefois, elle se reconcentra sur la rencontre du jour. Il s'agissait de recevoir les envoyés du Royaume Aléouite de Galnaquie, un état héritier de l'ancien Empire Tyrantin, situé au nord de l'actuel Royaume de Tyrance. Après les liens avec ledit Royaume, qui jusqu'ici se révélait hélas tristement peu actif sur la scène international après un retour prometteur, le Maok avait à cœur de tisser des liens avec cet autre royaume héritier de ce glorieux passé, en espérant qu'il se montrerait un partenaire plus actif. Malinia avait donc à cœur une réussite, mais jusqu'ici, elle n'avait jamais connu l'échec, et elle ne voyait pas de raison que ça arrive... ce fut donc avec un sourire qu'elle entendit que l'avion de ses visiteurs était en approche. Si elle avait bien compris, elle rencontrerait deux personnes : le Premier Ministre ainsi que son homologue. Ce n'était pas un problème, elle avait déjà géré plus, et était sûr que cela ne ferait qu'enrichir les points de vue.

Le comité d’accueil habituel était réunis devant l'aéroport, avec Malinia elle-même, un assistant pour les urgences et une haie d'honneurs de soldats maokoriens – hommes et femmes, comme toujours au Maok – menant jusqu'à la voiture attendant d'emmener les dignitaires jusqu'au lieu de la rencontre proprement dites. Ne sachant pas si les dignitaires parleraient le latin ou seulement leur langue nationale principal, une interprète était aussi prête à intervenir au cas où, Malinia maîtrisant la langue latine, mais n'ayant que de vagues rudiments de grec. Tout était donc prêt pour l'arrivée des invités, qui étaient annoncés comme sortant de leur avion, et arriveraient donc bientôt devant la femme noire, qui souriait déjà, de ce sourire ouvert qui avait fait sa réputation.

Posté : mar. janv. 26, 2016 9:39 pm
par Cyrios
[url=http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=263683MatteoRenzi.png][img]http://img15.hostingpics.net/thumbs/mini_263683MatteoRenzi.png[/img][/url] Alan SELDEM, Premier ministre du royaume aléouite de Galnaquie


[img]http://img15.hostingpics.net/thumbs/mini_708934LaurenceDumont.jpg[/img] Danilia RAGENVER, ministre des affaires étrangères

Alan Seldem, le Premier ministre de Sa Majesté Constantine, avait profité des quelques heures du trajet en avion pour s'informer sur le royaume du Maok et sur les idées de partenariats possibles avancés par ses ministres. De taille moyenne, brun, le visage à la fois arrondi et affirmé, le Premier ministre était assez jeune, à peine 49 ans, Donc en résumé, le Maok est une vieille nation monarchique, qui a connu une sorte de protectorat, puis une guerre civile et après son indépendance a préféré l'isolationnisme. (En outre, comme l'a précisé Danilia, la religion catholique y est très forte). Intéressant...les points communs sont finalement nombreux: forme monarchique de l'Etat, tentation de l'autarcie, tradition chrétienne, relative pauvreté, même si pas autant que la Galnaquie.

La Galnaquie était en effet si appauvrie après la récente guerre civile que même les moyens à disposition du gouvernement étaient arriérés. Surtout l'avion qui les transportait! Faute de ressources financières, le gouvernement devait encore se contenter d'un avion d'occasion. Le chauffage était dysfonctionnel, les moteurs bien trop bruyants et il n'y avait même pas de quoi dormir ! Un prochain avion allait bientôt être livré mais les doutes de l'entreprise sur la capacité de paiement du gouvernement avait retardé son acquisition.

Bref, se demanda une enième fois Alan alors que l'avion commençait à se rapprocher du sol, quel intérêt y-aurait-il à coopérer avec le Maok? D'un côté ce royaume était lui-même peu intégré sur la scène internationale, et Alan ignorait ses objectifs. De l'autre, faire connaissance avec lui ne pouvait qu'être positif et ouvrir la voie à de potentiels partenariats. Quelles ressources et savoirs a le Maok? Inversement, quelles ressources galnaques (système universitaire, réserves sous-exploitées de pétrole..) intéresseraient le gouvernement du Maok?

Lorsqu'ils furent arriver à l'aéroport de Lokaroum, Alan sortit le premier apprécia la relative modernité de l'armée maokorienne. Il fut suivi de sa ministre des affaires étrangères Danilia Ragenver. Danilia était une femme de 63 ans, plutôt petite, cheveux châtains mi-courts et lunettes. Tous deux saluèrent Malinia Namalik Balioko, une femme dont le sourire les mit tout de suite à l'aise. Danilia rentra aisément dans la conversation en latin avec Malinia. Son latin était très fluide, tandis que celui d'Alan était beaucoup plus limité. Le Premier ministre tentait de faire bonne figure mais Danilia était plus que souvent amenée à faciliter la communication. Alan pesta intérieurement contre lui-même : il faudrait vraiment qu'il se magne en langues étrangères ! Même si Danilia n'était pas de son bord politique, elle était l'un des ministres les plus expérimentés en matière de relations internationales et le gouvernement aléouite ne pouvait pas encore se passer d'elle.

"Merci beaucoup à vous de nous accueillir, chère homologue", déclara aimablement Danilia, tandis qu'ils marchaient en direction de la voiture. "Le gouvernement galnaque est heureux de découvrir votre nation. Nous souhaitons que nos deux pays apprennent à se connaître pour coopérer. Comment se porte le Maok?"

Posté : jeu. janv. 28, 2016 1:06 am
par Alwine
[center][img]http://img.xooimage.com/files110/1/4/4/____affo-4c48c9a.jpg[/img]

Malinia Namalik Balioko, Ministre Royale des Affaires Étrangères.[/center]

Cela aurait été une triste erreur que de croire que le Maok était encore isolé sur la scène internationale, comme il avait pu l'être à peine deux ans au part avant. Ces deux années avaient été très productives, mine de rien, et de nombreux liens avaient été tissés avec de tout aussi nombreux pays de part le monde. Aujourd'hui, le Maok, largement ouvert, tout en gardant toute la force de son identité, pouvait compter sur de nombreux partenaires, dont certains étaient véritablement de premier plan, et Malinia comptait bien qu'après cette rencontre la Galnaquie compterait également au nombre des amis du Maok, ouvrant à ce pays du sud de l'Alméra, si proche du Zanyane, les premières portes du rayonnement international.

Ce fut donc en souriant qu'elle accueillit les dignitaires venus du nord, heureuse de voir qu'ils semblaient maîtriser le latin. Certes, la femme semblait avoir une meilleure maîtrise que l'homme, mais celui-ci restait compréhensible, et en cas de besoin ils pourraient toujours se rabattre vers un interprète, ou une traduction par l'un ou l'autre. Ce fut donc dans la bonne humeur, qui était un peu sa marque de fabrique, que la Ministre leur proposa d'avancer vers la voiture, écoutant ce qu'ils avaient à lui dire sur le chemin de celle-ci, alors qu'ils passaient au milieu de la haie d'honneur formée par les soldats pour honorer les deux dignitaires étrangers, avant de leur répondre.

« C'est un honneur de vous accueillir tous les deux, soyez-en certains ! Quant au Maok, il se porte bien... mais prenons place ! »

Avec le sourire, elle invita ses visiteurs à entrer dans la voiture, dont un officier venait d'ouvrir la portière, et à s'installer, avant de faire de même, prenant place en face d'eux. Une fois que tout le monde fut assis confortablement, l'officier referma la porte, et la voiture pu se mettre en route, cependant que Malinia reprenait.

« Je disais donc, le Maok se porte bien, merci ! J'ose espérer que c'est également le cas de la Galnaquie, ainsi que de Sa Majesté votre Reine ! Pour entrer dans le vif du sujet, j'ai pris pour habitude, au cours de mes assez nombreuses rencontres diplomatiques – mes homologues semblant aimer Lokaroum, car je reçois beaucoup, mais je ne m'en plaint pas – de proposer de profiter du trajet pour « faire connaissance », comme j'aime à le formuler, c'est à dire apprendre à connaître mutuellement nos pays respectifs pour mieux pouvoir nouer des accords une fois que nous serons arrivés à destination et que les choses « sérieuses » commenceront !

Je suis donc ouverte à toutes vos questions sur le Maok, n'hésitez pas ! De votre côté, Vos Excellences, pourriez-vous me parler un peu de la Galnaquie, m'en dresser un portrait rapide selon votre façon de voir votre pays, peut-être ? J'ai remarqué que c'était ce qui permettait le mieux d'avoir une vision d'ensemble, de façon bien plus pertinente et claire que les documentations que nous avons sans doute mutuellement compulsés sur nos pays avant de venir ! »

Posté : lun. févr. 01, 2016 3:49 pm
par Cyrios
Alan eut un sourire complice quand Malinia évoqua les "documentations compulsées". Ah les dossiers lus à la hâte juste avant une réunion importante ! Prenant la parole le premier, il déclara:

"Sa Majesté Constantine se porte bien, elle pourra sûrement rencontrer votre roi à une prochaine opportunité. De notre côté, nous allons avoir beaucoup de plaisir à découvrir Lokaroum ! Avez-vous des endroits particuliers à visiter? Et quant à la Galnaquie, euh..nous avons une très compliquée Histoire....."

Voyant que son Premier ministre hésitait dans ses mots, Danilia Ragenver prit le relais :
"Notre Histoire n'est pas si compliquée mais elle est tourmentée. A la base, les galnaques sont des descendants des grecs, mais nous avons été colonisés par l'Empire Ottoman. Après notre indépendance, un Etat fort s'est progressivement construit avec comme idéologie le socialisme. Hélas, le socialisme a donné des résultats mitigés et l'Etat est devenu de plus en plus impopulaire...jusqu'au déclenchement d'une guerre civile il y a une quinzaine d'années...C'est une guerre qui, hélas, a ruiné notre pays. Il a fallu sept ans avant qu'une solution politique, conciliant différents courants politiques dont les socialistes et les conservateurs, puisse mettre fin à la guerre.
"De fait, la Galnaquie, bien qu'étant une nation ancienne, est presque un pays neuf, qui repart depuis 3-4 ans sur de nouvelles bases institutionnelles. De ce fait, les questions concernant la démocratie, l'adhésion à la nation, et un développement harmonieux, sont des thèmes importants aujourd'hui dans notre vie intellectuelle et politique.

"Sinon, notre diplomatie se réveille à nouveau ainsi que notre économie même si notre nation manque de tout, en particulier en termes d'infrastructures. Dans quelques régions la nourriture est encore rationnée ! Je pense qu'actuellement l'un des domaines où nous avons gardé un bon niveau est l'éducation et l'université. Malgré de faibles moyens, la vie intellectuelle est plutôt vivante dans notre pays.
Voilà, conclut-elle après un court instant de réflexion à quel stade en est la Galnaquie actuellement.
"Concernant le Maok, nous avons pris rapidement connaissance de votre Histoire. En revanche, nous ignorons tout des dernières années où vous avez rompu avec l'isolationnisme. Pouvez-vous nous en parler?"


Alan hocha la tête pour appuyer la question de sa ministre. Il était de plus en plus curieux sur le Maok qu'il commençait à découvrir et qui paraissait relativement moderne.

Posté : mar. févr. 02, 2016 7:19 am
par Alwine
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Malinia Namalik Balioko, Ministre Royale des Affaires Étrangères.[/center]

Alors que la voiture avançait dans les rues de la ville, Malinia écoutait ses deux interlocuteurs avec attention. Elle n'était guère étonnée par leur histoire au fond, profondément convaincue qu'elle était que la monarchie restait le meilleur moyen pour un peuple de trouver sa voie : que seule la restauration monarchique ait permis le retour de la stabilité en Galnaquie – c'était ainsi qu'elle le voyait – lui semblait donc logique. Elle écouta enfin les questions qui lui furent posées en fin d'intervention, et répondit rapidement, avec le sourire.

« Bien entendu, je serais ravie de vous en parler, si c'est cela qui attise votre curiosité... je suis d'ailleurs ravie que l'histoire ancienne du Maok vous soit assez familière pour ne pas avoir à l'aborder ! Hé bien, l'ouverture... elle a été entamée plus tôt, mais, le processus étant long pour ouvrir un pays après une si longue période d’isolationnisme volontaire, c'est seulement en 2027 que cette ouverture fut vraiment effective. Très vite, le Maok suscita de nombreuses demandes diplomatiques, d'une part de pays partageant une partie de notre culture, à un degré plus ou moins fort, comme le Royaume de Thorval ou l'Empire du Kaiyuan, et d'autre part de pays désireux d'établir des relations commerciales, comme les Républiques d'Endo ou de Sébaldie, pour ne citer que quelques exemples.

Fort de cet élan initial, qui donna d'excellents résultats, permettant au Maok de nouer des liens commerciaux, culturels et diplomatiques riches et variés, notre Royaume a rapidement continué de développer sa diplomatie, pour palier à ses problèmes et diffuser ses matériaux, tout d'abord, puis ensuite dans un cadre de plus en plus large. Nous avions, au Maok, une certaine instabilité alimentaire également, quoique pas si terrible, en vérité. Chacun parvenait généralement à manger à sa faim, mais nous étions encore vulnérables à tout phénomène de famine ou à une très mauvaise récolte par exemple, et certaines régions souffraient d'une alimentation trop peu équilibrée. Corriger cela fut notre premier soucis, et nous y sommes parvenus grâce à des importations venus d'Endo, d'Agorsa'a et de Viertenstein, principalement, mais aussi d'autres fournisseurs comme le Qabar thorvalien, qui nous fait parvenir de l'excellent poisson des mers glaciales du sud.

Parallèlement, nous avons aussi conclus des contrats de vente avec de nombreux pays pour notre cacao, notre café, notre bois ou encore nos excellents produits manufacturés, pour vous citer quelques exemples. Mais surtout, nous avons acquis peu à peu, au fil de ces rencontres, une pratique assez bien rôdée de la diplomatie, et nous avons tissés des liens nombreux, généralement porteur de paix. Le Maok est ainsi membre de plusieurs mouvements visant à contrer la piraterie dans les eaux autour du Zanyane, d'un pacte défensif, de plusieurs associations culturelles à visées internationales, et a été l'un des fondateurs d'un projet de pacte de paix à l'échelle du Zanyane, sans compter de nombreux liens culturels et diplomatiques avec des pays de tous les continents !

Lokaroum, jadis un petit aéroport oublié, est maintenant desservit par de nombreuses compagnies, et sert pour certaines de nœuds de transport ! Bientôt, l'aéroport que vous avez vu sera rénové et agrandit et une compagnie aérienne sera spécialement créée pour le Maok, sans enlever les passages des autres compagnies, bien sûr... et je pourrais continuer longtemps ! Sur le plan économique, de sécurité alimentaire, de diplomatie, de culture, de défense, le Maok a partout progressé. Par exemple, nous avons connu le plus grand bon économique en pourcentage entre 2028 et 2029 pour l'ensemble du simpomonde, grâce aux nombreux contacts que nous avons noués. Je dirais donc que l'ouverture a donné un bilan très positif, et cela ne fait que nous confirmer dans notre diplomatie ouverte et porteuse de paix !

Voilà, désolé, je me suis laissée emportée, mais j'ai été très impliquée personnellement dans tout cela, de par mon poste, et on est toujours plus enthousiaste pour ce à quoi on a participé personnellement, je trouve. Je pense qu'avec cela vous avez pu vous rendre compte de la nature de la diplomatie maokorienne, très ouverte, allant en priorité vers les états monarchiques et chrétiens, bien sûr, mais ne s'y restreignant pas, au contraire, et traitant aussi bien avec les nationales-capitalistes du Mayong qu'avec les rostovs, se liant d'amitié l'Océanie comme la Tchoconalie, avec le Kaiyuan comme la Sébaldie, entre autres très nombreux exemples !

Ce qui m'amène à ma question suivante : pourriez vous m'en dire plus sur les projets diplomatiques et autres de la Galnaquie ? Votre royaume est resté assez discret depuis son ouverture au monde, et j'avoue être curieuse de connaître vos projets, si vous voulez bien m'en parler, bien entendu, ainsi que votre « positionnement idéologique », si j'ose dire, par rapport au reste du monde, les nations dont vous vous sentez plus proches et, si hélas il y en a, celles que vous voyez comme ennemies, et ce afin de pouvoir mieux vous situer. »

Posté : dim. févr. 07, 2016 7:02 pm
par Cyrios
[url=http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=263683MatteoRenzi.png][img]http://img15.hostingpics.net/thumbs/mini_263683MatteoRenzi.png[/img][/url] Alan SELDEM, Premier ministre du royaume aléouite de Galnaquie


[img]http://img15.hostingpics.net/thumbs/mini_708934LaurenceDumont.jpg[/img] Danilia RAGENVER, ministre des affaires étrangères


Alan écouta attentivement la longue explication de leur interlocutrice sur le développement récent du Maok. Il se dit que la Galnaquie avait beaucoup à apprendre de cette riche expérience. L'aéroport de Lokaroum n'était pas exceptionnel mais il restait d'une qualité au dessus de l'aéroport de Galtar. Le fait que le Maok puisse construire un plus bel aéroport lui semblait symbolique du développement que connaissait le Maok.

Concernant le côté agricole, cela lui rappela la situation insatisfaisante de la Galnaquie, où il y avait une sous-production en viande (par rapport aux besoins de la population). Cela devrait être une priorité dans les années à venir. De même que l'ouverture diplomatique, qui semble-t-il avait si bien réussi au Maok. Alan avait bien de l'espoir de ce côté-là. Il n'avait pas été possible, dans l'immédiat après-guerre, de réactiver la diplomatie; il avait auparavant fallu un long travail de réconciliation politique pour que le nouveau gouvernement soit pleinement accepté politiquement. Aujourd'hui, le gouvernement aléouite avait désormais suffisamment de confiance politique pour reprendre une activité diplomatique digne de ce nom.

Après les explications de leur hôte, Danilia prit la parole :
"Merci de ces explications fort intéressantes. La Galnaquie a beaucoup à apprendre d'un pays comme le Maok qui a mené un développement intelligent et pacifique.
"De notre côté, le compromis politique qui a réglé la guerre civile galnaque a aboutit à ce que notre pays ne s'aligne sur aucun bloc, et n'ait aucune hostilité de principe envers des pays qu'ils soient socialistes, communistes, libéraux ou conservateurs. Néanmoins, il faut admettre que la tendance politique qui caractérise le mieux notre pays serait un traditionnalisme modéré.
"La religion chrétienne garde une certaine assise dans notre population, les grandes églises comme la Sagesse Sacrée de Galtar restent très populaires. Mais en réalité le christianisme a peu d'influence politique. Notre ligne de conduite est désormais beaucoup plus guidée par la doctrine aléouite ; mais celle-ci n'est pas tout à fait une religion au sens classique du terme. Il y a certes quelques manifestations surprenantes comme par exemple certaines flagellations à Sanct-Yuna. Mais globalement il n'y a presque aucun sectarisme car l'aléouisme ne crée aucune barrière entre le croyant et le non-croyant. L'aléouisme, c'est d'abord une philosophie du vivre-ensemble, fondée sur l'importance du lien de confiance entre les individus, la société et les institutions dirigeantes. Il faut à la fois que les citoyens soient loyaux envers l'Etat et bienveillants envers leurs pairs, et que réciproquement les gouvernants respectent le pluralisme et poursuivent l'intérêt général.

"Pourquoi je vous explique ceci? Simplement pour ne pas avoir d'incompréhension sur la Galnaquie : notre Etat n'est pas chrétien. Toutefois, il est évident que nos traditions chrétiennes respectives rapprochent nos pays.
"Concernant nos ambitions diplomatiques...nous souhaitons développer les relations diplomatiques et d'amitié avec d'autres pays. La priorité étant d'améliorer le niveau de vie, actuellement très faible, des galnaques. Etant donné nos valeurs, il est probable que nous aurons plus de facilité à les développer avec des pays comme vous qu'avec des pays communistes.


Alan approuva sa ministre d'un hochement de tête et prit la parole :
"Justement..je pense qu'il serait intéressant de développer des liens entre nos pays. Qu'en pensez-vous? Et si le Maok y serait favorable, avec votre bonne expérience internationale, quels types de projets seraient pertinents? En termes de traités ou d'échanges par exemple?"

Posté : mar. févr. 09, 2016 1:48 am
par Alwine
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Malinia Namalik Balioko, Ministre Royale des Affaires Étrangères.[/center]

Malinia écouta avec attention la présentation de son homologue, de même que les questions du Premier Ministre. Son visage avait prit une expression plus concentrée, preuve qu'elle écoutait avec attention, certes, mais aussi qu'elle se posait certaines questions. De fait, quand vint le moment de répondre, elle ne tarda guère à le faire, non sans un léger sourire.

« Je reviendrai sur vos questions dans un instant, mais au part avant j'aimerais en proposer une moi-même, à propos de votre doctrine... l'aléouisme, donc. J'ai bien compris quelle était sa philosophie mais, plus concrètement... en quoi croyez-vous ? Je veux dire, au-delà de ses idéaux, le christianisme croit en Jésus Christ, en la Sainte Trinité, en la résurrection et en de nombreuses autres choses. Sur le même plan, que croit l'aléouisme ?

Pour en revenir à vos questions, Excellence, hé bien, évidemment, le Maok est intéressé par le développement de liens entre nos deux royaumes, c'est bien pourquoi nous vous avons proposé d'organiser cette rencontre, justement ! Bien qu'alméran, le Royaume de Galnaquie est proche du Zanyane, et comme vous l'avez souligné nous avons un héritage chrétien commun, en dépit du fait que la religion d'état chez vous soit différentes. Néanmoins, nous avons nombre de points communs qui, je pense, doivent nous rapprocher.

Du côté des accords hé bien il y en a de nombreux à aborder : des accords diplomatiques, culturels, touristiques, judiciaires et bien sûr économiques. Je serai ravie de vous présenter un programme détaillé au fur et à mesure quand nous commencerons les discussions. En fonction du degré d'importance que vous voulez donner à notre alliance nous pourrons aussi éventuellement envisager un volet militaire, il faudra en discuter... avez vous d'autres interrogations ? Nous ne tarderons plus à arriver et à pouvoir nous mettre sérieusement au travail, je pense. »

Posté : mer. févr. 17, 2016 6:16 pm
par Cyrios
Alan sourit intérieurement. Au cours de ses rares voyages à l'étranger, il avait pu constater à quel point l'aléouisme pouvait être déroutant dans certaines cultures. L'aléouisme n'entrait pas dans les cases traditionnelles "religion", "philosophie", "idéologie". Conceptuellement, l'aléouisme était un peu tout ça. Il est vrai que l'aléouisme avait en soi été une révolution sur le plan intellectuel, même si c'était aujourd'hui une évidence pour la majorité des galnaques.

Ce fut Danilia qui répondit.
"S'il faut retenir quelques éléments clefs de la croyance aléouite, c'est l'adhésion à la philosophie que je vous ai décrite qui rassemble les aléouites. Celle qui a mis en oeuvre puis théorisé l'aléouisme s'appelle Sanct-Yuna, qui a vécut au XIXe siècle. Alors qu'elle était une fonctionnaire de la dictature socialiste, elle a été frappée d'une Révélation, et s'est mise à défendre les petites gens et les révoltés en expliquant que les humains devaient vivre en cohérence avec l'ordre naturel sacré, dans lequel chaque chose a sa place, les différentes religions ou opinions, le bonheur et le malheur, etc.
"Elle inspire un profond respect chez tous les aléouites, voire une vénération, et est vue comme une sainte qui protège et réconforte tous ceux ou celles qui subissent des difficultés. Au-delà de ce socle, il y a de nombreux courants, par exemple il y a tout un courant d'aléouisme chrétien qui considère Yuna comme la nouvelle envoyée de Dieu, affirmant qu'elle est directement inspirée par Jésus. Bref, c'est un culte avec de nombreuses facettes."


Alan reprit la parole:
"Je partage votre conviction quant au...potentiel de liaison entre nos pays. Nous sommes impatients d'étudier ça avec vous. J'aurais une dernière éventuelle interrogation pour être sûr bien de comprendre : quel est le rôle politique du roi? Il gouverne directement? Qui d'autre est important dans la gouvernance?" demanda-t-il. Il préférait être sûr du rôle du souverain pour ne pas commettre d'impair, d'autant qu'en Galnaquie la royauté n'avait qu'un pouvoir symbolique.

Posté : jeu. févr. 18, 2016 11:24 am
par Alwine
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Malinia Namalik Balioko, Ministre Royale des Affaires Étrangères.[/center]

Malinia, qui posait rarement des questions par hasard, étaient très intéressée par la réponse qui serait apportée à celles qu'elle venait d'avancer, et écouta donc avec attention. Au fond, de ce qu'elle compris, l'aléouisme n'était qu'une philosophie malgré sa proclamation religieuse. Elle ne croyait au fond qu'en l'action d'une femme qui aurait pu être tout simplement une sainte ou une autre figure semblable dans d'autres pays. Ce qui lui faisait penser que, en comptant les chrétiens déclarés et tous ceux qui devaient appliquer ce fameux « courant chrétien d'aléouisme », la Galnaquie pouvait sans problème être classée comme une nation chrétienne, du moins à ses yeux.

« Hé bien, je vous remercie de toutes ces précisions, Excellence, j'y vois assurément plus claire maintenant dans ce qu'est l'aléouisme. »

Après avoir répondu, avec un sourire sincère, aux explications de la Ministre, elle jeta un coup d’œil par la fenêtre, s'assurant qu'elle avait encore le temps de développer une réponse pour le Premier Ministre. Vu que c'était le cas, elle se tourna un peu plus vers lui pour lui répondre.

« Pour vous répondre, le Maok est un Royaume traditionnel et le Roi a en théorie tous les pouvoirs, en effet. Il est le maître de l'exécutif, c'est lui qui valide toute initiative législative de portée nationale, c'est de lui qu'émane la justice et il est le chef des armées. Il n'est que sur le plan spirituel que le Roi n'est pas l'autorité suprême, en ce domaine les différentes églises, catholique, orthodoxe et protestantes, sont indépendantes, bien que pouvant être conseillées par le pouvoir royal, tout comme le Roi, d'ailleurs, cherche également leur conseil.

Dans les faits, le Roi de Maok est loin d'être un despote ou un tyran. Il dispose d'un Parlement issu au suffrage direct simple, et représentant d'une part le peuple et d'autre part la noblesse, qui fait remonter vers lui les avis, les préoccupations de ses sujets, ainsi que de nombreux conseillers, bien entendu. Plus largement, il y a une large délégation des pouvoirs par le Roi. La justice, par exemple, est rendue par des juges et des tribunaux, et le Roi n'intervient généralement que comme instance d'appel suprême.

Au niveau exécutif, Sa Majesté est assistée par son gouvernement, dont j'ai l'honneur de faire partie. C'est à travers nous que le Roi gouverne. Le second personnage le plus important est le Premier Ministre, relais exécutif du Roi, puis ensuite les Ministres, comme moi-même, qui vous parle présentement par l'autorité que la Couronne m'a transmise sur les questions étrangères. C'est moi qui discute avec vous, mais ce sera le Roi qui validera nos discussions de sa signature, pour vous donner un exemple concret.

Le Roi de Maok a donc virtuellement tous les pouvoirs, tout émane de lui, mais en pratique bien sûr il s'appuie sur des institutions que l'on pourrait dire démocratique, d'une part, à savoir le Parlement, et sur des conseillers choisis pour leur compétence d'autre part, tout en délégants toute une série de pouvoirs, et en restant garant de leur bonne application... j'espère vous avoir éclairé ? Ou avez-vous une quelconque incompréhension, avant que nous arrivions ? »

Posté : sam. févr. 27, 2016 6:46 pm
par Cyrios
Alan se félicita d'avoir posé la question pour avoir un éclairage que ses notes lues dans l'avion ne lui avaient pas donné. Le Maok était donc une monarchie constitutionnelle, avec un système qui semblait permettre une certaine démocratie. Même si ce n'était pas rédhibitoire, il préférait éviter d'apparaître comme soutenant des régimes oppressifs, ce qui dérangerait beaucoup ses électeurs. Cela n'était visiblement pas le cas du Maok. Souriant à Malinia, il se dit que décidément le Maok et la Galnaquie avaient un certain nombre d'affinités. Il remercia Malinia de ses explications et lui indiqua n'avoir pas d'autres questions. Puis finalement:
"Euh...au fait, je ne sais pas si vous l'avez dit, mais où nous emmenez-vous?"