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Posté : ven. déc. 18, 2015 1:32 pm
par Thunderoad
Tout au long de cette fuite difficile , le colporteur avait manifesté une sérénité et une présence d’esprit que rien ne semblait perturber. Toutes ses facultés semblaient être d’une perfection supérieure à l’habituel et les infirmités naturelles n’avaient semble-t-il pas prise sur lui . Henry l’avait suivi comme un enfant dans la broussaille , et maintenant il récoltait sa récompense , tandis qu’il sentait une vague de satisfaction en son cœur, en entendant qu’il était délivré de l’insécurité et autorisé à bannir en lui tout doute sur sa sureté .


Une ascension raide et pénible les amena depuis le niveau de la mer jusqu’au plateau qui forme sur cette partie du fleuve , la rive orientale de l’Hudson . S’écartant un peu de la grand-route , à l’abri d’un bosquet de cèdres , le colporteur se laissa tomber sur un roc plat et annonçait à son compagnon que l’heure du repos et du rafraichissement était finalement arrivé . Le lever du Soleil était maintenant avancé et les objets pouvaient être vus au lointain avec distinction . En contrebas d’eux était l’Hudson s’étendant vers le Sud en une ligne droite aussi loin que portait le regard . Vers le Nord les fragments éclatés des Highlands formaient des nunataks au-dessus des masses de brouillard qui stagnaient sur l’eau , et par lequel on pouvait suivre le tracé de la rivière au pied des collines dont les sommet coniques se groupaient l’un derrière l‘autre dans un désordre que l’on pourrait supposer être la conséquence d’une gigantesque lutte inutile pour enrayer la progression des flux .
Emergeant de ces piles confuses , le fleuve comme une sublimation après s’être libéré de son combat s’épand en une large baie . De l’autre coté , sur la rive occidentale , les rochers du Jersey étaient rassemblés en un éventail qui avaient acquis le titre de palissades , s’élevant de plusieurs centaines de pieds , comme pour protéger la riche région dans leurs dos des percées de l’envahisseur.
Mais dédaignant un tel ennemi , la rivière balayait tout à leurs chevilles et poursuivait sa route inébranlable vers l’océan . Un rayon du Soleil Levant dardait par-dessus le léger nuage qui se pendait à la rivière placide , et au final la scène entière était en mouvement , changeant de forme en assumant ses nouvelles , et exhibant de nouveaux objets à chaque instant successif .

Au lever quotidien du grand rideau de la Nature , à l’instant présent , on voyait des dizaines de voiles blanches de vaisseaux amorphes se mutipliant sur l’eau , avec cet air de vie qui dénote la présence voisine d’une métropole d’un empire à la grandeur florissante mais pour Henry et le colporteur il ne montrait que la voilure carrée et les nobles mats d’un vaisseau de guerre progressant à quelques miles d’eux .

Posté : ven. déc. 18, 2015 1:33 pm
par Thunderoad
Je coupai le moteur silencieux , mis les phares en veilleuse et restai là attentif. Rien . Je finis par éteindre simultanément toutes les lumières et sortis de la voiture . Les grillons cessèrent leurs stridulations . Pendant un court instant il régna un tel silence que je pouvais entendre les crissements des pneus sur l'autoroute au pied des falaises , à un mile d'ici . Et puis les grillons recommencèrent un à un à crisser jusqu'à ce que l'air nocturne en fut saturé .

Reste bien là . Je vais aller jeter un coup d'œil par là-bas . Murmurais-je à la banquette arrière de la voiture . Je mis la main sur la crosse de l'arme dans mon blouson et me mis en marche .
Je dépassai la rambarde . La route était en pente raide sinueuse . En-dessous se trouvait les ténèbres et un vague son marin au lointain et la lueur des phares sur l’autoroute Je m'avançais . La route se terminait en une cuvette peu profonde entourée par la broussaille . Il n'y avait rien . Il semblait n'y avoir pour seule voie d'entrée que celle que j'ai emprunté . Je me tenais là , à l’affut . Les minutes s'égrenaient doucement mais je continuais à rester en l'attente d'un nouveau son . Rien ne vint . C'est comme si j'avais le coin pour moi tout seul . Je regardai en direction de la discothèque illuminé sur la plage . Depuis l'une de ses fenêtres supérieures un homme avec un viseur nocturne pourrait assez aisément couvrir le site . Il verrait les allées et venues d’une voiture , qui en sort , si c'est juste un homme ou un groupe . Tapis dans l’obscurité d’une pièce avec un bon viseur nocturne vous pouvez voir bien plus de détails que vous ne le croyez .
Je m'en retournais vers le haut de la colline . Du pied d'un buisson un cricket stridula assez fort pour m’arracher un sursaut . Je remonta le long de la courbe et passa la barrière blanche .
Toujours rien . La voiture noire se détachait en luisant vaguement d’un fond gris ni sombre ni lumineux . Je me dirigeai vers elle et mis un pied sur le (-) à côté du siège du conducteur.
On dirait un essai , marmonnai-je à voix basse mais suffisamment fort pour que Marriott , à l'arrière de la voiture , puisse m'entendre . Juste pour voir si tu suis les ordres .

Il y eut un vague mouvement derrière mais il ne répondit pas . J'alla essayer de voir si il n'y avait pas quelque chose à part la broussaille . Qui que ce soit derrière tout ça , il fit un joli coup net à l'arrière de ma tête . Avec le recul je pense que ça aurait pu être le bruissement d'un (-) . Peut-être que l'on pense toujours ça ... Avec le recul .

Posté : sam. déc. 19, 2015 1:36 pm
par Thunderoad
Les Enfants de Minuit

Je suis né dans la ville de Mumbai , un beau jour lointain . Non , ça le fait pas , la date n’est pas dispensable : Je suis né à la clinique du Docteur Narlikar le 15 Aout 1947. Et l’heure ? L’heure importe aussi alors voilà : je suis né la nuit . Nan , c’est important d’être plus … Sur le coup de Minuit .
Les deux aiguilles de l’horloge se joignirent pour saluer respectueusement mon arrivée . Aller, aller !
Dis le bien fort ! A l’instant précis où l’Inde gagna son indépendance , j’échouai dans ce monde .
Certain en eurent le souffle coupé et dehors , par la fenêtre on pouvait entendre des foules et des feux d’artifices . Quelque secondes plus tard mon père se cassa le gros orteil mais son accident ne fut qu’une broutille quand comparé à ce qui me tomba dessus à cet instant nocturne , parce qu’à cause de l’occulte tyrannie de ces horloges j’avais été mystérieusement menotté à l’histoire , ma destinée indissolublement enchainée à celle de mon pays.
Pour les trois décennies suivantes il n’y eut aucune échappatoire . Les prophètes avaient annoncé ma venue . Les journaux célébrèrent mon arrivée dont les politicards ont certifié l’authenticité .
On ne m’a pas laissé le moindre mot à dire .

Posté : sam. déc. 19, 2015 9:46 pm
par Thunderoad
The Octopus

Il était un jeune homme , mais singulièrement enclin à la calvitie . Ses oreilles très rouges et larges étaient décollées en angle droit de chaque coté de sa tête et sa bouche aussi était large . Ses joues étaient d'un rouge tendant sur le marron , avec des pommettes légèrement saillantes . Sa face était celle d'un acteur comique , jamais à court d'idées pour une réponse , tout entier dévoué à faire rire .

Mais il n'avait pas grand intérêt pour la gestion de ranch et il avait délégué la gestion de sa terre à ses superintendants et ses contremaitres tandis que lui vivait à Bonneville .



C'était un poseur, tout le temps en train de jouer un rôle , luttant pour créer une impression , pour attirer l'attention sur lui . Il n'était pas sans une certaine énergie , mais il la dévouait à se perfectionner dans de petits accomplissements , tout le temps en train de courir après quelque chose de nouveau tout en étant incapable de persister bien longtemps dans quelqu'une d'entre elles.

A un moment sa lubie serait la construction de clôtures , et le moment suivant ce sera le tir à l'arc .

Pendant plus d'un mois il s'est tout entier consacré à apprendre comment jouer sur deux banjos simultanément , puis y a renoncé , ayant développé une soudaine passion pour le travail du cuir et réalisé quantités de sac à main , qu'il présentait à de jeunes femmes de sa connaissance .



Son postulat fondamental était : ne jamais se faire d'ennemis même si de fait Il était apprécié bien plus qu'il n'était respecté . Les gens en parlaient comme étant le " gamin mal luné d'Osterman ", et l'invitaient à diner. Il était du genre de personne que quelque part , vous ne pouviez ignorer.

La plupart du temps , seulement par sa clameur, il se rendait important . Si il avait un trait tout à fait caractéristique , c'était bien son désir de surprendre les gens , et d'une certaine manière , bien connue de lui-même , il arrivait à être la cause des plus extraordinaires histoires circulant , dont il était toujours l'acteur clef . C'était un raconteur de blagues drôles omniprésent et désinvolte , un croqueur de blagues .

Posté : dim. déc. 20, 2015 9:17 am
par Thunderoad
Moby Dick

Aucun des rameurs n'étaient à ce moment là conscients du péril mortel si proche en face d'eux mais pourtant , avec leurs yeux rivés sur la figure très concentrée du gars à la barre à la poupe du navire ils surent que l'instant décisif était venu . Ils entendirent aussi un énorme bruit de quelque chose qui retombait comme une cinquantaine d'éléphants se vautrant dans leurs litière . Pendant ce temps le navire traçait toujours à travers la brume , les vagues ondulant et sifflant autour de nous comme les crêtes levées de serpents enragés .

C'est sa bosse ! Là , là , passe la lui ! Murmurant Starbuck .

Un son court rapide bondit hors du bateau ; C'était le fer élancé de Queequeg . Quand tout d'un coup après une commotion vint de derrière une poussée invisible tandis qu'à l'avant le bateau semblait cogner contre un rebord puis la voile s'effondra en explosant tandis qu'une bourrasque de vapeur brulante passa tout près = quelque chose roulait et se secouait comme un tremblement de terre en dessous de nous ... Tout l'équipage était à moitié étouffé alors qu'on était ballotés les uns sur les autres dans la crème blanche coagulante du squale . Squale , baleine et harpon étaient tous mixés ensembles , et la baleine , à peine effleurée par le fer, s'échappa .

Bien que complètement inondé le navire était presque intact . Nageant autour, nous primes les rames qui flottaient , et en les arrimant en travers du plat-bord , nous reprîmes nos places .
Là on s'asseyait avec les genoux dans la mer, l'eau couvrant chaque nervure et planche de telle sorte qu'avec le regard fixé vers le bas , l'ouvrage suspendu ressemblait à un vaisseau corallien venu jusqu'à nous des abysses océaniques .

Le vent forcit jusqu'à devenir un hurlement . Les vagues unissaient leurs boucliers . Le squale tout entier rugissait , se débattait et craquait autour de nous comme un feu blanc sur la prairie dans lequel nous brulions en incandescence , immortels dans ces mâchoires de mort ! En vain nous avons hélé les autres bateaux , nous avions même fait rugir les charbons ardents dans la cheminée comme une fournaise flambante afin d'appeler ces bateaux dans cette tempête . Tandis que le brouillard infernal devenait de plus en plus noir avec les ombres de la nuit . Il n'y avait aucun signe en vue d'un quelconque navire . Les rames étaient inutiles en tant que propulsion , et servaient maintenant de radeau de survie . Alors coupant l'arrimage du baril étanche , après plusieurs tentatives ratées Starbuck parvint à allumer la lampe dans la lanterne . Puis après l'avoir planté sur un poteau le tandis à Queequeg , comme le porte-drapeau de cet ultime espoir palot .

Posté : dim. déc. 20, 2015 1:38 pm
par Thunderoad
Verloc

Et Monsieur Verloc , raide comme un menhir, un genre de menhir léger, marchait désormais le long d'une rue qui de par chaque propriété pourrait être qualifiée de privée . Il y avait comme un air de majesté , d'une nature inorganique , de quelque chose qui ne meurt jamais , dans sa large longueur vide . Le seul rappel à la mortalité était une berline d'un docteur, garée en une auguste solitude près du virage . Les heurtoirs polis des portes étincelaient d'aussi loin que pouvait porter le regard , les vitres propres des fenêtres laissaient transparaitre la lueur opaque d'un lustre . Et tout était figé .
Mais un panier de lait cliquetait bruyamment à l'horizon . Un garçon boucher, conduisant avec la noble inconscience d'un pilote de chariot des Jeux Olympiques , passa en flèche au virage , se tenant haut au-dessus d'une paire de roues rouges . Un chat à l'air coupable courut un moment en face de Verloc après s'être glissé d'en dessous des pierres puis plongea dans une autre cave , et un épais agent de police , semblant étranger à toute émotion comme si lui aussi faisait partie de cette nature immuable , surgit apparemment d'un lampadaire sans prendre note le moins du monde de Verloc .

Posté : mer. janv. 27, 2016 5:41 am
par Thunderoad
Par delà un rivage désert, à la lisière d'un pays lointain, dans un pays de fougères massives et d'oiseaux incapables de voler, un petit croiseur est apparu, coupant à travers la houle et les embruns.
Encore cernées par la mer tumultueuse, Ada McGrath et sa fille ont été sortis à la main du bateau et transportées comme des sacrifices humains sur les épaules des marins. Les plis de la grande jupe noire d'Ada s'entremêlaient dans les bras et le dos des hommes ; elle a lutté pour maintenir un semblant de dignité, déterminé à ne pas crier.

Les marins ont trébuché puis ont fait front commun contre les vagues chaotiques ; deux étaient d'origine africaine, tous ciselés par la vie, tatoués, et durs, certains étaient ivres. Enfin, Ada et Flora ont été posées sur le vierge sable noir, sans fioritures. "Gare de Paddington", a déclaré l'un d'entre eux mais Ada ne sourit pas ou n'a même probablement pas entendu, toute absorbée qu'elle était par son arrivée. Le bruit des vagues se brisant sur le rivage derrière eux faisait un tonnerre énorme.
Tout en s'enfonçant dans le sable mouillé et argenté , Ada baissa les yeux sur ses bottes, la mer se précipitant autour d'elle, puis le leva vers l'énorme confusion , au loin , qu'étaient ces arbres et plantes grimpantes énigmatiques .

Ada parcourut du regard les hautes falaises , accidentées et couvertes avec le plus dense feuillage qu'elle avait jamais vu - à la recherche d'un quelconque signe de vie, avec une certaine appréhension, et pourtant pleine de curiosité. Elle était pâle et morose et presque aussi petite que Flora, dont l'expression grave du visage et les vêtements austères en faisait un reflet de sa mère. Pour le moment, Flora était penchée en avant, à genoux, souffrant du même mal de mer que celui qu'elle avait eu presque chaque jour du voyage. Ada n'avait jamais vu de ses propres yeux un pays comme ça, si différent des criques rocailleuses et des estuaires apaisés de l'Ecosse. Un épais écran de verdure fit la jonction entre le ciel et la mer, et il n'y avait rien, aucun peuple, aucun bâtiment, aucune piste, aucune trace de l'homme en ce monde.
Elle était venue jusqu'au bout du monde, semblait-il, pour se trouver un mari.

Posté : mer. févr. 03, 2016 5:51 am
par Thunderoad
Le deuxième Dimanche de Novembre , au matin , Alexander Maybrick émergea de son lit conjugal à six heures du matin , enfila sa robe de chambre et ses pantoufles puis sortit de la suite grand-luxe qu'il partageait avec sa femme Rosalind . On aurait dit que chaque tapis persan de chaque pièce était tous les matins ornés de petits étrons sombres et denses laissés là par Eileen , le Jack Russel terrier.
Rosalind , qui faisait nettoyer ses sous-vêtements à la blanchisserie , laver les fenêtres toutes les deux semaines et gardait le four si immaculé qu’on aurait pu y stériliser instruments chirurgicaux essayait d’adopter l’idée qu'après tout, les étrons étaient tout petits et ne présentaient aucun danger, que les tapis pouvaient bien endurer ça , mais en fait elle trouvait le chien adorable , tout simplement , et ce même après que Eileen se balada sur le plan de travail de la cuisine avec ses pattes sales de sauvageonne en faisant clic-clic-clic , à la barbe de M. Maybreak ... Et encore après que Eileen commença à dormir avec eux sous les draps , agitant son pelage raide et rugueux en pleine nuit en plein dans le nez de M. Maybreak .

Posté : mar. févr. 23, 2016 1:58 pm
par Thunderoad
:oops: 1. A friend once told me that when he was under the influence of ether, he dreamed
Un ami m'a un jour dit qu'une fois où il était drogué à l'éther, il rêva

he was turning over the pages of a great book, in which he knew he would find, on
qu'il tournait les pages d'un grand livre , dans lequel il le savait il finirait par trouver, à

the last page, the meaning of life. The pages of the book were alternately tragic and
la dernière page, la signification profonde de la vie. Les pages du livre étaient tour à tour tragiques

comic, and he turned page after page, his excitement growing, not only because he
ou comiques , et il tourna les pages les unes après les autres avec une excitation grandissante et ce pas seulement parce qu'il

was approaching the answer but because he couldn’t know, until he arrived, on which
était en train de se rapprocher de la réponse , mais parce qu'il ne parvenait pas à déterminer de quel

side of the book the final page would be. At last it came: the universe opened up to
coté du livre la page finale serait . Et puis , enfin elle vint : l'univers s'ouvrit à

him in a hundred words: and they were uproariously funny. He came back to
lui en une centaine de mots , et ils étaient incroyablement drôles .Il revint au

consciousness crying with laughter, remembering everything. He opened his lips to
monde réel en pleurant de rire , se rappelant d'absolument tout . Il ouvrit la bouche pour

speak. It was then that the great and comic answer plunged back out of his reach .
parler, et c'est là que la grandiose réponse comique s'envola de nouveau de son esprit .



2. If I had to draw a picture of the person of Comedy, it is so I should like to draw it :
Si j'avais à peindre un portrait personnifiant la Comédie , voici comment j'aimerais le faire :

the tears of laughter running down the face, one hand still lying on the tragic page
Les larmes de rire dévalant son visage , une main demeurant sur la page tragique

which so nearly contained the answer, the lips about to frame the great revelation,
qui l'avait tant rapproché de la vérité , les lèvres sur le point de pondre la grande révélation

only to find it had gone as disconcertingly as a chair twitched away when we want to
Pour justement découvrir qu'elle est partit , d'une manière aussi étrangement farceuse qu'une chaise qui fuit en se tortillant quand on veut

sit down. Comedy is an escape, not from the truth but from despair: a narrow escape
s'y assoir. La comédie est un échappatoire , non pas pour fuir la vérité mais le désespoir, une étroite porte dérobée

into faith. It believes in a universal cause for delight, even though knowledge of the
donnant sur la Foi . Elle porte la foi en une cause universelle qu'est le plaisir libérateur, même si la connaissance de la

cause is always twitched away from under us, which leaves us to rest on our own
cause nous est toujours volée , ce qui nous laisse à nous fonder sur notre propre

buoyancy. In tragedy every moment is eternity; in comedy pain is a fool, suffered gladly.
modèle . Dans la tragédie chaque instant dure une éternité , dans la comédie la douleur est une blague que l'on endure avec plaisir.

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1. A friend once told me that when he was under the influence of ether, he dreamed
Un ami m'a un jour dit qu'une fois où il était sous l'emprise de l'éther, il rêva

he was turning over the pages of a great book, in which he knew he would find, on
qu'il parcourait les pages d'un grand livre , dans lequel il le savait il finirait par trouver, à

the last page, the meaning of life. The pages of the book were alternately tragic and
la dernière page, la signification profonde de la vie. Les pages du livre étaient tour à tour tragiques

comic and he turned page after page, his excitement growing, not only because he
ou comique et il tourna les pages les unes après les autres avec une impatience grandissante et ce pas seulement parce qu'il

was approaching the answer but because he couldn’t know, until he arrived, on which
était en train de se rapprocher de la réponse , mais parce qu'il ne parvenait pas à déterminer de quel

side of the book the final page would be. At last it came : the universe opened up to
coté du livre la page finale serait . Et puis , enfin elle vint : l'univers s'ouvrit à

him in a hundred words : and they were uproariously funny. He came back to
lui en une centaine de mots et ils étaient incroyablement désopilants . Il revint au

consciousness crying with laughter, remembering everything. He opened his lips to
monde réel en pleurant de rire , se rappelant d'absolument tout . Il ouvrit la bouche pour

speak. It was then that the great and comic answer plunged back out of his reach .
parler, et c'est là que la grandiose réponse comique s'échappa à nouveau de son esprit .



2. If I had to draw a picture of the person of Comedy, it is so I should like to draw it :
Si j'avais à peindre un portrait personnifiant la Comédie , voici comment j'aimerais le faire :

the tears of laughter running down the face, one hand still lying on the tragic page
Les larmes de rire ruisselant sur son visage , une main demeurant sur la page tragique

which so nearly contained the answer, the lips about to frame the great revelation,
qui l'avait tant rapproché de la vérité , les lèvres sur le point de pondre la grande révélation

only to find it had gone as disconcertingly as a chair twitched away when we want to
Pour justement découvrir qu'elle est partit , d'une manière aussi étrangement farceuse qu'une chaise qui fuit en se tortillant quand on veut

sit down. Comedy is an escape, not from the truth but from despair: a narrow escape
s'y asseoir. La comédie est un échappatoire , non pas pour fuir la vérité mais le désespoir, une étroite porte dérobée

into faith. It believes in a universal cause for delight, even though knowledge of the
donnant sur la Foi . Elle porte la foi en une cause universelle qu'est le plaisir, même si la connaissance de la

cause is always twitched away from under us, which leaves us to rest on our own
cause nous est toujours volée , ce qui nous laisse à nous fonder sur notre propre

buoyancy. In tragedy every moment is eternity; in comedy pain is a fool, suffered gladly.
modèle . Dans la tragédie chaque instant dure une éternité , dans la comédie la douleur est une blague que l'on endure avec plaisir.

Posté : mar. mars 08, 2016 8:24 pm
par Thunderoad
The car slowed down to rattle very slowly over a long wooden bridge across a channel of large almost spherical speckled stones. A little trickle of water, the colour of brown sherry, forced an erratic way among the stones and spread out on the seaward side into a shallow rippled expanse bordered with tangles of glistening yellow seaweed.

[ms]La voiture ralentit doucement pour ne pas trop faire craquer le long pont de bois par-dessus un enfilement de pierres mouchetées presque sphériques . Un mince filet d'eau de la couleur du xérès brun se frayait erratiquement un chemin entre les pierres et s'étalait du coté de du coté de la mer en un plateau ciselé peu profond entouré d'algues marines jaunes enchevêtrées et brillantes .[/ms]

A few white-washed one-room cottages huddled in a disorderly group near to the read. Marian noticed that some of them were roofless. No people were to be seen. Below and beyond, framed on each side by the perpendicular black cliffs, whose great height was now apparent, was the sea, total gold. The house, Riders had come into view again behind them. The car began to climb the other side of the valley.

[ms]Une poignée de chaumières délavées à une seule pièce se blottissaient en un groupe désordonné proche de la route .
Marianne nota que certaines d'entre elles étaient sans toit . Il n'y avait personne en vue .
En-dessous et delà , cerclé de tout coté par les falaises noires perpendiculaires dont la hauteur remarquable était désormais flagrante , il y avait la mer, le cadeau ultime .
La maison , Riders en avait de nouveau une vue derrière eux . La voiture commençait à grimper l'autre coté de la vallée .[/ms]

Marian was suddenly overcome by an appalling crippling panic. She was very frightened at the idea of arriving. But it was more than that. She feared the rocks and the cliffs and the grotesque dolmen and the ancient secret things. Her two companions seemed no longer reassuring but dreadfully alien and even sinister. She felt, for the first time in her life, completely isolated and in danger. She became in an instant almost faint with terror.

[ms]Marianne fut soudainement submergé par une horrible panique paralysante .
Elle était tout à fait horrifiée à l'idée d'arriver. Mais il y avait plus que ça .
Elle craignait les rochers et les falaises et le dolmen grotesque et les vieilles choses secrètes .
Ses deux compagnons ne semblaient plus rassurants mais terriblement étrangers voire sinistres .
Elle sentit , pour la première fois de sa vie totalement isolée et en danger. Elle faillit presque un instant s'évanouir de terreur.[/ms]

She said, as a cry of help, “I’m feeling terribly nervous.”

[ms]Elle dit comme pour crier au secours : " Je me sens terriblement nerveuse " .[/ms]

“I know you are,” said Scottow. He smiled, not looking at her, and again the words had an intimate protective ring. “Don’t be. You’ll soon feel at home here. We’re a very harmless lot.”

[ms]" Je sais bien que tu l'es " , répondit Scottow. Il sourit sans la regarder, et ses mots formaient de nouveau un cercle protecteur. " Mais ne le sois pas . Tu te sentiras bientot à la maison ici .
On est une bande tout à fait sans danger
. "[/ms]

Behind her she heard again the high-pitched sound of the boy’s laugh.

[ms]Elle entendit , venant de derrière son dos , la voix haut-perché des rires du garçon .[/ms]

The car bumped over a jangling cattle-grid and through an immense crenellated archway. A lodge cottage with blank gaping windows and a sagging roof stood in a wilderness of wind-torn shrubs. The uneven, gravel track, devastated by rain and weeds, wound away to the left, circling upward toward the house. After the dry rocks, the earth here was suddenly moist and black, covered patchily with wiry grass of vivid green. Red flowering fuschia blotched the hillside among dark disheveled clumps of rhododendron. The track turned again and the house was near.

[ms]La voiture cogna contre une grille à bétail cliquetante et à travers une immense arche crénelée. Un chalet de pavillon avec des fenêtres béantes sans fenêtres et un toit s'affaissant se tenaient dans une nature sauvage d'arbustes déchirés par le vent . La piste inégale en gravier, ravagée par la pluie et les mauvaises herbes, crevée du coté gauche, s'enroulait vers le haut en direction de la maison. Après les roches sèches, la terre était ici soudainement humide et noire , couverte ci et là d'une herbe raide d'un vert vif. Des fuschias en floraison maculaient la colline parmi les touffes sombres échevelées de rhododendrons. Il y eut un dernier virage sur la piste et la maison était proche[/ms].