Posté : sam. oct. 10, 2015 8:47 pm
Chapitre 4 : L'Histoire de la Nation
Avant l'arrivée des blancs
L'histoire pré-coloniale de l'Aleka est assez mal connue , mais les historiens ont déjà 2 certitudes : premièrement que la région du Cap était vide d'hommes avant l'arrivée des néerlandais , mais que secondement il n'en a pas toujours été ainsi .
Que des peuples aient vécu dans la péninsule bien avant le peuplement actuel est une certitude acquise du fait que l'on a retrouvé d'innombrables ossements partout dans le pays qui remontent jusque très loin dans le passé avec notamment l'enfant de Tangenberg , remontant à plus de 2,8 Millions d'années . Plus près de nous , on trouve les sublimes fresques d'Okinadorp , datées d'entre 1200 et 1800 ans avant JC . Toutes les traces archéologiques prouvent que l’être humain est passé et a vécu dans la péninsule mais pour une raison inconnue toutes les traces de présence humaine disparaissent vers 1300 après JC . Au-delà , c'est le néant absolu ! Dans ce flou total , toute hypothèse scientifiquement sérieuse est permise , et les historiens/archéologues n'ont encore aucune explication à cette désertion de l'ile . Peut-être est-ce l'arrivée de peuplades étrangères qui , ayant bouleversé l'équilibre des populations locales , a abouti de par un jeu de dominos qui nous échappe à ce que la péninsule soit vidée de sa population ? Nul ne peut le dire ...
Mais l’être humain n'a pas dis son dernier mot , et revient en force en 1488 avec les Britons qui veulent faire de la région nommée New Taree par les colons , une étape sur la route vers l'Orient .
La colonie consiste en plusieurs comptoirs exploitant , grâce à une main-d’œuvre " importée " d'Algarbe continentale le mais qui pousse vite et bien sur cette ile tempérée chaude au climat généreux .
Leurs présence est attestée par des bouteilles de rhum sur la terre ferme et dans les océans portant le sceau de la Compagnie Orientale de Britonnie dont une a notamment été découverte récemment dans l'océan au large de Venüe . La colonie connait pendant environ un siècle une progression fulgurante et le site était reconnu par la Britonnie comme ayant un fort potentiel mais l'aventure britannique dans la péninsule s’arrête brutalement en une demi-décennie car à partir de 1597, la terrible maladie de la Dengue Rouge , tue en 5 ans 97 % de la population frappant autant les blancs et les esclaves .
L'ile est alors évacuée en catastrophe et la métropole la déclare mise en quarantaine pour l'éternité .
Celle-ci ne sera officiellement levée qu'en 1831 pour mieux justifier l'invasion de la région mais la peur de cette maladie était encore si forte que les rumeurs allaient bon train dans la troupe ...
Les prémices à la nouvelle colonisation
En 1650 , alors que la Dengue Rouge continue de hanter le souvenir des Britons la VOC du Fritz décide de passer outre la quarantaine . L'Aleka ferait en effet une excellente halte de repos et de ravitaillement pour les navires en partance ou à destination de l'Orient Fritzlandais , qui à l'époque était en très grande partie une colonie de peuplement . La VOC finance alors une première expédition d'un seul navire qui ne revint jamais mais cela ne la découragea pas : il faut et il suffit de former alors une expédition plus importante et mieux équipée ... Ce qui fut fait en 1652 , avec 90 followers dont huit femmes parmi lesquelles la femme du commandant de l'expédition !
Une expédition de 5 navires est formée :
Ils débarquent le 16 Février, en l'an de grâce 1652 , à l'emplacement de la ville actuelle de Moonhoek située au pied de la Montagne de la Table où ils fondent la ville de Kaapstad .
Les premières années sont pénibles pour les nouveaux colons : la Dengue Rouge revient régulièrement parmi eux et le temps même plus chaleureux qu'au Fritzland est pas si évident que ça à endurer.
Plus d'une trentaine de ceux qui étaient venus dans le convoi meurent dés la première année !
Pourtant , bon gré mal gré , la colonie finit par devenir viable . Dés 1654, elle commence à servir ce pour quoi elle a été installée : les navires faisant l'aller-retour mondial Ouest-Est .
Stefan Van Driebeeck , le dirigeant de l'expédition d'origine en est le premier commandeur, avec pour l'assister, en tant qu'organe législatif même si la notion même n'existe pas encore , un Landrost composé de 12 conseillers élus par et parmi les colons libres votant les lois de la colonie et à qui revient le dernier mot . En théorie . Car en réalité c'est Van Driebeeck lui-même qui prend toutes les décisions et le Landrost n'a aucun pouvoir, si ce n'est celui de se la boucler...
Des débuts difficiles à l'indépendance
En 1660 , alors qu'à l'origine l'Aleka était uniquement destinée à n’être qu'un comptoir, le pays compte déjà un millier d'habitants et la pointe de la péninsule ne suffit plus à nourrir tout le monde : il faut se rendre à l'évidence , qui est que l'Aleka est devenue une véritable colonie de peuplement .
Dés 1691 le titre du gestionnaire en chef, délégué de la compagnie , devient Gouverneur, ce qui démontre que la région a connue une progression exponentielle pour les standards de l'époque .
En 1707, apparait ce qui avec le recul peut être considéré comme la première craquelure ...
Le matin du 25 Mars de cette année-là , environ une centaine de colons avec leurs familles manifestent devant la magistrature de la compagnie dans le village de Stellenbok et vers Midi le magistrat militaire local de la Vennootschap vir die Ostwelt-Cargo ordonne à la foule de se disperser.
Là-dessus un adolescent du nom d'Hendrik Bibault , fils d'un freiburgher ponantin , s'avança hors de la foule et dit haut et fort en face du susdit magistrat :
[quote]" Ik es ein Alekânder, en ewen as die makistrât was te ferslân mij zwe mijn töt , of al zwetten mij in der trunk , ik zal niet mir, nor wil te schweiken ! "
Traduction en francais moderne : " Je suis un Alekaner, et même si le magistrat venait à me faire fouetter à mort ou me faire mettre au trou je ne serais pas , ni ne serais jamais , silencieux ! "[/quote]
Notez d'ailleurs le Fritzlandais assez approximatif, et assez proche du Deutsch ...
La sentence fut vite tombée : il fut aussitôt capturé et fouetté en public pour son insolence puis banni pour cinq années de la colonie et envoyé dans un pénitencier au Wenlei .
C'est là la toute première fois formellement identifiée et documentée qu'un citoyen du Cap s'est proclamé ouvertement comme étant non-dytolien et donc en dehors de l'autorité métropolitaine .
Pendant ce temps en métropole la situation politique s'est beaucoup dégradée après la mort du Roi .
Le pays se déchire en une terrible guerre civile et la colonie est laissée à elle-même .
Il faut bien comprendre qu'à l'époque , le téléphone satellite n'existe pas et Internet non plus .
Il n'y a même pas encore le télégraphe ! Les navires sont encore à voile et les plus rapides mettent malgré tout plusieurs mois pour faire un aller-simple Aleka-métropole ... De sorte que quand les liaisons maritimes sont interrompues entre la métropole et la colonie en Mars 1741 , c'est le trou noir total pour les habitants de la colonie . Le gouverneur général n'a donc pas d'autre choix que de diriger la colonie en son nom selon ses propres initiatives et Stefan Van Riebeeck veut absolument s'en tenir aux ordres reçus des mains du souverain soit de ne pas étendre la colonie du Zuid-Kaap au-delà des limites fixées par la compagnie en métropole => ne pas dépasser la Montagne de la Table .
Sauf que les nouveaux arrivants se sont tout de suite bien acclimatés à la péninsule malgré les difficultés et il est donc très dur de contenir leur esprit de conquête . A partir d'Octobre des colons ne trouvant plus de terre autour de la Tafelberg décident de passer outre les ordres du gouverneur et remontent vers le Nord , d'abord le long des cotes puis à mesure que celles-ci sont colonisées , vers l'intérieur des terres . Le processus va se poursuivre durant toute la période de black-out vis-à-vis de la métropole , et ce n'est qu'en 1747, peu après le rétablissement de l'ordre public au pays et par la consolidation du pouvoir de Niklas Vennegoor Ferdinand , que le gouvernorat reçoit enfin du renfort militaire qui lui permet de couper la fuite des colons en fortifiant la frontière de la colonie .
Entre temps Stefan Van Driebeek meurt en Février 1717, à l'age (plus qu'honorable pour l'époque) de 89 ans .
Le Landrost a alors voté à l'unanimité pour que la charge soit transféré à son fils cadet Jacobus dit aussi Koos Van Driebeeck alors âgé de 21 ans , né et éduqué à Kaapstad .
Et les colons font le bon choix car si le père est né aux Nederlands et restait attaché à sa terre natale le fils cadet n'en a cure de la métropole . Lui voit déjà l'Aleka comme étant une nation à part entière et il est en première ligne pour l'agrandissement de la colonie , il avait même essayé de faire pression sur son père en ce sens au début des années 1710, à l'époque où les khoisans se faisaient massacrer en silence par milliers par une épidémie de variole pour profiter du vide ainsi généré .
Maintenant qu'il est enfin aux commandes il en profite pour développer la Colonie du Cap Occidental !
Durant sa tenure de Gouverneur, il aura :
Néanmoins il est déjà trop tard , le mal est fait : des centaines de colons libres et leurs familles ont migré vers le Nord en quittant le comptoir de Kaapstad . Face à l'évidence et afin d'éviter une guerre civile locale qui aurait des conséquences catastrophiques , le gouverneur général légalise les fermes déjà construites , avec l'interdiction pour elles d'étendre d'avantage leur terres , alors même qu'immédiatement de nouvelles expéditions envoient encore et toujours plus de nouveaux colons venant s'installer définitivement en Aleka : en 1797, la population de l'ile est déjà de 62 000 colons mâles libres de plus de 22 ans et sans compter leurs familles !
Et le retour à l'ordre fut tout relatif : à travers tout le XVIIIème siècle les contacts furent très erratiques et ponctuels voire aléatoires avec la métropole ... Il y eut de nombreuses années de coupure des liaisons et de manques de ressources et/ou d'informations .
Dés 1759, une nouvelle vague d'exploration et de colonisation démarre ! Cette fois l'envie est d'autant plus forte qu'arrive la première génération de colons libres nés en Aleka qui contrairement à leurs parents se sentent viscéralement Alekaners et ils veulent passionnément découvrir et maitriser cette ile qui dans leur esprit est à eux comme un cadeau de Dieu .
La colonie du Cap s'était arrêtée en 1747 au pied du Grand Escarpement ; cette fois , les jeunes se donnent pour objectif de la franchir, pour atteindre la forêt tropicale dont parlent les indigènes et qui fait fantasmer tout le monde afin de savoir ce qui se trouve derrière , car les explorations précédentes s'en sont systématiquement arrêtées à la forêt .
La progression s'effectue là encore le long des cotes dans un premier temps , et en Mai 1759 la modeste ville de Swettendam sur la cote orientale de la péninsule est annexée à la colonie .
Mais de toutes façons , cela ne fait que retarder l'inévitable : il faudra bien un jour la dépasser !
D'autant plus qu'en Juin 1760, les communications sont de nouveau interrompues avec le Fritzland !
Ce qu'osent faire un convoi de 150 personnes le 30 Mars 1763. La veille de ce jour-là , un groupe d'éclaireurs avait enfin trouvé une passe accessible aux ossewas : la Kastel Kloof.
Depuis , une route asphaltée passe à 40 mètres du site historique qui est aujourd'hui classé car le nombre de chariots à bœufs ayant accompli ensuite le passage , qui fut utilisé jusqu'à l'ouverture de la route , ont finit par marquer durablement la roche volcanique créant des sillons , désormais protégés .
Après le passage de la passe ils découvrent enfin la jungle mythique qui les ont tant fait rêver, et qui les fait vite déchanter ensuite ... Les ossewa cassent facilement d'asséchement dans cette mer de poussière en haute montagne où la nourriture pourrit vite , les moustiques sont d'une férocité démente et les journées sont torrides alors que les nuits sont glaciales : la jungle existe bel et bien mais très loin derrière un gigantesque désert quasilunaire où il n'y a ni eau ni ressources !
Rapidement , les colons prennent la décision de chercher à sortir au plus vite de cet enfer, car le désert en tua la moitié des 150 partis de Kaapstad ! Il est donc décrété inexploitable et à éviter, et l'information se répand vite à Kaapstad de ne pas tenter de traverser le Karoo .
Mais ce n'est surement pas cela qui mettra fin aux volontés des colons d'aller toujours plus loin ...
Au contraire : l'idée d'une région où nul n'irait vous chercher présente beaucoup d'attrait pour les esprits les plus indépendants et les moins volontaires à se soumettre à la tyrannie de la VOC !
Des milliers de trekboers partis dans les années '30 vont au fil des années se concentrer, et finir par se resédentariser dans la région de l'actuelle Kastel-Reinet où ils y fondent cette petite ville en 1777.
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Dans les années 1810', un grand chamboulement intervint au Nord de l'ile lorsque les peuples noirs indigènes furent poussés vers le Sud par la progression fulgurante des Zolos , qui ont développé un art naval notable qui leur permit de traverser le détroit de Shimonoseki et débarquer en Aleka en 1814.
Très rapidement ils développent dans l'actuel Kwazulonatal un véritable empire : le Zuloland .
Ce peuple transplanté dut s'adapter au climat plus sec et plus hostile que celui auquel il était habitué sur le continent et doit donc s'étendre pour assurer l'approvisionnement en nourriture d'une population toujours plus grande qui sert une caste de guerriers de plus en plus forte .
L'ensemble est dans sa construction une véritable Pyramide de Ponzi avant l'heure , et si son règne fut donc très court il fut d'une taille considérable et eut une influence décisive sur l'Aleka .
Entre 1815 et 1827, en à peine une douzaine d'années , le Zuloland triple de superficie et double de population ce qui en fait lors de son apogée vers 1829, la seule véritable nation noire au sens occidental du terme de toute l'ile et donc une force incontournable de l'Aleka .
Mais cette croissance démente poussa tout les autres peuples noirs à partir en étoile des bordures des territoires du Zuloland pour échapper au rouleau compresseur, et cela fut un gigantesque exode d'une ampleur inégalée dans l'histoire de tout le continent noir. Cet exode => c'est le Mafekan .
Le Royaume-Uni s'engouffra dans la brèche du chaos généré par le Mafekan en envahissant le territoire ainsi réduit en poussière entre la Colonie du Cap et le Zuloland dés Février 1824.
Entretemps , les Boers sont préoccupés par un tout autre problème : la tyrannie de la VOC qui encore au XIXème siècle impose sa poigne de fer, sans partage aucun , sur toute la Colonie du Cap.
La VOC pouvait taxer, embaucher, virer, faire emprisonner, juger, exiler, et abattre comme elle le voulait quand elle le voulait et sans jamais avoir à se justifier, pour quoi que ce soit !
D'autant plus qu'elle interdit tout commerce en dehors d'elle : tout achat et vente de quoi que ce soit devait être fait à la VOC et uniquement avec elle , ce qui frustrait atrocement les Burghers .
Eux voulaient pouvoir commercer librement avec les noirs et les autres blancs !
Alors que des milliers de Fritzlandais du Cap avaient fuit en direction du Nord-Est pour échapper à son autorité celle-ci ne les lâchait pas d'une semelle ! Elle s'agrandissait en annexant les villages autour.
Stellenbok : Fondée en 1679, annexée par la VOC dés 1682 !
Swettendam : Fondée en 1745, annexée par la VOC dés 1748 !
Krâf-Reinet : Fondée en 1777, annexée par la VOC dés 1786 !
En un siècle toute l'avance faite par les Burghers et les Trekboers avait été réduite à néant !
A partir des années 1820 , un certain mécontentement commence à gronder parmi les Alekaners qui se sentent de plus en plus méprisés par la métropole qu'ils considèrent sourde à leurs revendications .
Leurs motifs de colère sont nombreux et d'abord la colère contre le mépris affiché des Fritzlandais en métropole et en Aleka qui considèrent l'Alekâns non pas comme une véritable langue , mais comme un patois bâtard et vulgaire du hollandais , qu'il conviendrait de corriger.
Ils l'appellent souvent par le terme péjoratif de " kombuis taal " soit en clair un " hollandais de cuisine " .
Le terme s'est peu à peu forgé du fait que les esclaves aborigènes avaient beaucoup trop de difficultés à comprendre le hollandais formel qui leur était trop complexe , même avec explications .
Du coup les femmes blanches ont peu à peu " coupé " leurs langue avec des mots aborigènes et en ont simplifié la conjugaison pour la rendre plus accessibles aux esclaves et vu que les femmes blanches à l'époque passaient le plus clair de leurs temps de travail dans la cuisine l’appellation est restée ...
Les Alekaners n'en ressentent pour la plupart aucune honte , voire même une certaine fierté d'avoir créé une nouvelle langue , et voudraient que leurs hollandais simplifié soit enseigné à l'école afin que le taux d'alphabétisation augmente , notamment ! Mais la royauté Fritz , même lorsque le gouverneur général de la colonie va en personne en métropole relayer cette requête , y restent sourde ...
Le délégué de la couronne , aux ordres de la VOC à la surveillance du gouverneur, écrit en 1829 :
[quote] Ayant appris le Fritzlandais à leurs esclaves et l'entendant donc prononcé d'une manière quasiment inintelligible , eux-mêmes [les Alekaners] commencent doucement à imiter cette détestable manière . [/quote]
Montrant par là même le dédain porté par les Princes-Marchands .
Ensuite , les revendications sont économiques .
Le principal motif de colère des Alekaners réside dans l'interdiction formelle qui leur est faite de commercer avec quelque autre pays que le Fritzland et même avec d'autres colonies Fritlandaises !
Interdiction donc de commercer, à plus forte raison , avec le reste du monde ...
Or ils montent déjà à cette époque , les futurs phares régionaux en matière de commerce !
Le bénéfice ainsi raté est estimé à plusieurs millions de Tulp par mois par le Directeur de la Chambre de Commerce de Moonhoek . Mais il y a aussi le fait que la compagnie interdit à la colonie de posséder des usines mécanisées et limite drastiquement le nombre de locomotives à vapeur, pourtant instrument incontournable à l'époque du développement économique de n'importe quelle nation à être autorisées à circuler sur l'ile et la couronne est aussi en cause : elle impose des conditions de sécurité absolument insoutenables pour l'économie locale de la Colonie , paralyse le commerce alekan à la moindre incartade ou encore interdit à ses employés de créer des fermes ou des usines .
Ces principales raisons , couplées à une myriade de plus petites , rendent bientôt les alekaners de plus en plus nerveux et méfiants à l'égard de la métropole . La colère gronde surtout dans les milieux d'affaires mais aussi parmi les simples colons qui partagent les vues de l'intelligentsia locale .
L'embrasement et la chute
Un mouvement de révolte éclate le 4 Décembre 1830, à Krâf-Reinet quand une foule de plus d'un millier de personnes se rassemblent devant la magistrature de la VOC pour réclamer la démission et le renvoi immédiat en métropole avec excuses publiques du Commandeur, qui a eu la très mauvaise idée de faire pendre une douzaine de Burghers pour avoir vendu de la gnôle aux noirs en cachette .
Vers 18 H 20, les esprits s'échauffent et une balle fuse tuant un policier sur le coup.
La riposte de la sécurité de la VOC est immédiate : une quinzaine de civils sont tués eux-aussi sur le coup par une rafale de balles qui fauchèrent tout le premier rang de manifestants puis une autre mourut des suites de leurs blessures par balles et le bilan de ce soir-là est terrible : 32 morts .
Dés le surlendemain matin , la foule qui s'était dispersée après la fusillade pour enterrer les morts et soigner les blessés revint devant la magistrature et envahit le bâtiment vers 9 H 45.
Le Commandeur Aleksander Van Kopf, présent à l'étage dans son bureau , est sur-le-champ décapité et sa tête fut emportée pour être promenée au bout d'une pique dans toute la ville .
Le soir du 6 Décembre 1829, la première brèche dans la discipline de fer, imposée par la VOC , est ouverte par la proclamation de la foule que la commanderie de Krâf-Reinet déclare son indépendance contre la corporation et appelle les autres commanderies , de Swettendam , de Stellenbok et du Cap à rejoindre le mouvement indépendantiste national pour réclamer au Roi du Fritzland que l'Aleka puisse devenir une Principauté Royale sous son autorité directe et plus sous celle de la VOC !
Et ça marche : à Swettendam le 10, puis à Stellenbok le 19, et enfin au Cap le 31 Décembre 1830.
En moins d'un mois la révolte a traversé toute l'ile d'Est vers l'Ouest , propagée par les Trekboers qui diffusent au fur et à mesure de leurs voyages les nouvelles de hameau en hameau .
Sentant le vent tourner pour la VOC , les Britons envahissent la Colonie du Cap le 28 Janvier 1831 en profitant du chaos ainsi généré pour mettre la main sur le reste de l'ile dont ils occupaient déjà à l'époque la péninsule orientale depuis leur première incursion en Février 1826, soit depuis 5 ans .
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Mais au début de l'occupation , pendant une quinzaine d'années , les Britons jouèrent la carte de l'apaisement pour ne surtout pas déclencher une guerre asymétrique qu'ils savaient perdue d'avance de par le haut niveau de préparation paramilitaire de la population Boer.
La législation demeura donc inchangée , jusqu'en 1845, et les colons Fritzlandophones furent laissés en paix le temps pour le Royaume-Uni de se préparer à une guerre totale de grande envergure .
Ce qui n’empêcha pas les Boers d'avoir saisi l'essentiel : leurs modes de vie sont menacés !
Et le vent tourna bien assez tôt : dés 1843, un contingent massif, de plusieurs milliers de soldats britanniques débarquent dans le port de la ville du Cap Occidental , et déferlent sur la péninsule .
En moins d'un mois , le contingent expéditionnaire a envahit le Sud de l'ile et verrouillent définitivement toute tentative de soulèvement armé direct .
L'année suivante , à partir du mois de Mars , des navires commencent à débarquer des Britons par milliers dans tout les ports de l'ile et qui commencèrent immédiatement à s'y installer.
En quelques mois , puis au fil des années , la population britannique sur l'ile va flamber, ce qui va accroitre la pression démographique sur un territoire déjà fragile en tant que tel et cette pression a des conséquences visibles rapides sur l'état de la colonie : la part de l'adélosaxon dans le paysage linguistique augmente à tout les niveaux de la société , tant aux diverses assemblées législatives locales que parmi les journaux et la littérature ... etc ...
D'un point de vue économique , les difficultés empirent : le seul fait qu'il y ait moins d'eau par personne est dans cette région aride un vrai défi social pour tous , à chaque nouvelle arrivée !
La terre se raréfie en la Colonie du Cap, entrainant vite une hausse des prix du foncier, fragilisant la communauté des Fritzlandophones qui est bien plus agricole donc dépendante de la terre que ne le sont les Britons qui eux ont souvent un lien plus relâché avec tout ça .
Les Boers ne sont pas dupes : ils savent que quelque chose de grave se prépare en Britonnie !
Et le couperet tomba effectivement dés l'année suivante : en 1845, le Parlement de Britonnie annonce officiellement l'interdiction définitive et totale de l'esclavage , en métropole et en colonie .
Toutes les colonies du Royaume-Uni de par le monde , dont l'Aleka , sont affectées et obligées de faire appliquer l'ordonnance dans leurs propres territoires : le 31 Décembre 1845, la fin de l'esclavage entre en vigueur en Aleka et ce sans aucune compensation prévue pour les propriétaires .
Rétrospectivement , de nombreux Alekaners le voient comme un mal pour un bien dans le sens où parce qu'ils n'avaient jusqu'alors presque aucune raison de se plaindre , la communauté n'aurait probablement jamais connu de sursaut aussi fort et se serait fait progressivement assimilée !
L'adoption de cette loi était probablement inévitable , mais la publier si tôt , alors que les Boers n'ont pas encore perdu cet esprit d'indépendance qui les animait mais s'affadissait peu à peu , a qui sait peut-être permit de servir d'électrochoc aux Boers et de sauver la culture Fritzlandophone !
Le 14 Juillet 1846, révoltés par cette mesure , des dizaines d'Alekaners s'organisent en un convoi .
Ensembles sous la direction d'Henri Potrieker, ils partent vers le Nord-Est pour rejoindre les grandes plaines herbeuses du veld situées derrière le Grand Escarpement , une région connue mais jusque-là très peu explorée par les occidentaux qui en avaient une peur bleue .
Ce sont les premiers Voortrekkers , les héros du Grand Trek .
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Le 9 Janvier 1876, les Alekaners de la colonie du Cap Occidental se révoltent : une grande manifestation a lieu ce matin-là devant le gouvernorat , rassemblant 14'000 personnes , mais les autorités ne se laissent pas impressionner, et font violemment disperser la foule .
Pendant ce temps là , les Britons eurent leurs propres chats à fouetter, et ne se préoccupèrent donc plus des Alekaners qui ont ainsi pu construire et gérer tranquillement les deux nouveaux états .
En 1877, le Royaume-Uni est très préoccupé par l'état du Kwazulonatal qui ne s'arrange pas .
Bien au contraire , ça empire de semaines en semaines , depuis que
Le gouverneur général est en quelque sorte pris en otage entre ses devoirs envers la couronne laaglandaise et sa sympathie pour ces concitoyens , et la royauté britone le sent bien !
Le 12 Janvier 1879 , la décision tombe tel un couperet sur les alekaners : Hans Tachenreschner, le colonel en charge de la sécurité de la ville de Moonhoek se voit accorder une promotion au grade de lieutenant-général dans l'armée britone puis est muté à plusieurs milliers de kilomètres de l'Aleka dans l'actuel Territoire de Guongzhou pour 10 ans .
Et il ne s'y trompent pas : la royauté a bien compris qu'étant né et élevé ici , il est trop éloigné dans tout les sens du terme de la métropole . Son insistance sur la question linguistique lui fait craindre une potentielle défection en faveur de ceux qu'il est censé surveiller !
Tandis qu'à sa place est nommé à ce poste crucial , un homme insignifiant qui n'a aucune affinité avec la région ce qui permet aux britons de se calmer, mais qui désormais tiennent à l’œil cette colonie un peu trop autonome culturellement parlant ...
Climat d'autant plus délétère qu'entretemps les choses ont mal tourné pour les Khozas !
Les années 1870 furent l'occasion d'une des hystéries collectives les plus bizarres et meurtrières :
Le démembrement de la population Khoza par une famine ravageuse causée par la crétinerie à l'état brut dans son expression la plus triste et la plus massacrante .
Le 9 Avril 1877, deux jeunes filles noires de l'ethnie Khoza allèrent tirer de l'eau à une rivière .
Et là , ce matin , un spectre leur apparut disant qu'il était l'ombre d'un éclaireur de l'armée de l'outremonde qui un jour, viendrait pour chasser les Blancs , Boers et Britons , dans la mer.
Mais que pour qu'ils puissent venir, les soldats devaient arriver dans un monde débarrassé et libéré de son plus grand fléau qui le ronge qu'est selon eux la " mauvaiseté " du peuple Khoza ...
Le meilleur moyen pour ça ? Tuer tout le bétail et incendier les récoltes agricoles !
Et surtout de ne plus travailler, ni semer de futures récoltes ... Forcément cela aurait un impact direct sur la vie quotidienne de la population qui serait qu'elle souffrirait bientôt de la faim mais que ce ne serait pas grave car d'ici le 18 Février 1878, au plus tard ! Les soldats de l'outremonde seront là et alors le monde sera libéré des envahisseurs et l'abondance viendra à flot sans travailler...
Malheureusement les Khozas ont foncé tête baissée dans ce délire , du fait qu'ils n'étaient pas assez éduqués pour comprendre que supprimer la nourriture donne faim et que ça ne sert à rien d'en attendre après des esprits (qui de toutes façons n'existent pas) pour résoudre des problèmes par la fainéantise .
Abusé par le sorcier du village d'Urundi qui relaie et amplifie l'appel donné par les deux jeunes filles le grand chef de tout le peuple Khoza réclame alors que les ordres soient exécutés immédiatement .
Le résultat est très largement à la hauteur des attentes : en moins d'un semestre la quasitotalité du bétail et des récoltes agricoles a été supprimée et en Novembre 1877, la faim commence à pointer.
Mais au lieu de se révolter, les Khozas sont ravis ! Ils sont fous de joie de savoir que leurs enfants meurent de faim parce qu'il n'y a plus rien à manger, car ça annonce la fin des Blancs !
Et le jour tant attendu du 18 Février 1878, c'est véritablement tout l'Aleka qui tremble !
Les Khozas attendent avec impatience l'arrivée des spectres tandis que les Blancs , qui sentent déjà en quoi tout ce cirque débile va finir, se préparent militairement à faire face au chaos à venir.
Comme le raconte le missionnaire Robart Mollins =
[quote]Le soleil se leva et se coucha normalement . Entretemps , il ne s’était rien passé du tout .[/quote]
Sauf que les malheureux attendaient désespérément un signal de la part des grands ancêtres ...
La frayeur, l'angoisse primale de la faim saisit alors les Khozas , un peuple alors en piteux état après plus d'un trimestre d'attente dans la peur, la faim et la soif, comme le décrit Ellen Defoe :
[quote]Probablement l'une des images les plus tragiques de ce jour, temps maudit que je n'oublierais jamais aura été de voir cette vieille dame dessoudée par l'age et tordue par des semaines de starvation qui malgré tout était sortie parée de bijoux en bronze qui tintaient en continu .
Elle était si faible qu'il n'eut presque pas été abusé de dire que c'était presque les bijoux qui la tenaient debout plutôt que ses propres jambes tant elle tremblait d'épuisement ce qui faisait sonner les bijoux et elle en était pour ainsi dire heureuse car elle espérait attirer ainsi les esprits sacrés .
Et elle se cramponna à ce dernier espoir, jusqu'à ne même plus avoir assez de force pour enlever ses bijoux et s'écroula par terre à bout de force , pour mourir en contact avec le sol des ancêtres .
Quand le Soleil se coucha ce soir-là il y avait un silence de mort , au sens le plus brut du terme .
La plaine sentait le cadavre , la peur, la honte et la souffrance .
Les enfants ne riaient plus , ne jouaient plus , n'avaient même plus la force de pleurer...[/quote]
Les humanitaires britons qui tourèrent dans le pays des Khosas pour distribuer de la nourriture afin de sauver le plus de monde possible furent confrontés à des scènes véritablement postapocalyptiques qui leur brisèrent le cœur, et en traumatisa à vie des centaines voire des milliers .
Beaucoup racontèrent avoir vu des gens condamnés pour qui il était déjà trop tard rassembler leurs ultimes forces pour grimper dans le silo à grains pour voir si la prédiction qu'il se remplirait miraculeusement en leur absence s'était réalisée mais bien entendu dans chaque cas il ne restait rien alors ils grattaient désespérément le torchis des murs et du sol du silo, à la recherche du moindre petit grain de céréales et crevaient sur place parce-qu'ils étaient trop faibles pour en redescendre .
Des mères émaciées aux seins aplatis et crevassés auxquels se cramponnaient désespérément de jeunes enfants voire des adultes arrivés à la fin de leurs forces , et qui tous grattaient le sol pour y chercher des racines à faire bouillir, pour avoir au moins quelque chose à mâcher...
Des soldats qui firent bouillir, par désespoir, les boucliers en cuir, ou les jupes en laine .
Les rares chiens qui avaient réussi à échapper à se faire tuer pour de la nourriture s'allièrent aux corbeaux pour venir ensuite dévorer les cadavres et parfois même des gens encore vivants tandis que les missionnaires calvinistes Britons ou Boers durent intervenir pour empêcher certains parents de tuer leurs propres enfants pour les manger, et beaucoup d'autres n'eurent pas cette chance au point que l'un de ces missionnaires déclara dans une conférence de presse 5 ans plus tard :
[quote]J'y ai vu ce qui arrive quand Dieu abandonne ses enfants . La famine efface toute humanité .
Elle écrase les esprits jusqu'à ne plus laisser aucune place pour autre chose que de manger.[/quote]
Guerre d'Indépendance
L’État de Cérésie est fondé le 24 juillet 1895.
A ce moment là , la Cérésie est fondée et une nation tente tant bien que mal de se créer et de se stabiliser mais les laaglandais en métropole ne veulent pas lâcher prise . Conscients du danger que représenterai cet état hostile à leurs intérêts , en plus de la perte des rentes des ressources du territoire cérésien , le Laagland riposte immédiatement en y envoyant son armée régulière !
Celle-ci dispose ainsi de tout un matériel ultra-moderne incluant navires-cuirassés , mitrailleuses , du fil de fer barbelé et des canons du nec plus ultra pour l'époque .
Elle débarque en Cérésie le 1er Aout 1995 et commence alors tout de suite à envahir l'ensemble du territoire .
Dés le 21 Aout l'occupation est totale !
Toutefois les citoyens du jeune état n'ont pas l'intention de se laisser faire confisquer ce territoire qu'ils chérissent déjà tellement , et ils commencent eux-aussi immédiatement à former une résistance partout dans le pays .
Mais l"Armée Laaglandaise continue de les traquer sans relâche en un conflit qui fait de nombreux morts et blessés des deux côtés.
Drame de ce conflit qui voit s'affronter des blancs dans une guerre civile à l'autre bout du monde .
L'AB n'hésite pas à faire usage de canons modernes et de mitrailleuses ( tout nouveau à l'époque ) dans les forets tropicales , pour déloger les résistants sans que cela n'apporte de marge significative et au début les Britons ne la mène pas large !
Les résistants Alekaners leur font subir de lourdes pertes et au début du mois de Novembre 1895 la force expéditionnaire a déjà perdu 1 200 soldats .
Pire encore la tentative de mener une bataille conventionnelle à Spionskop le 8 Novembre tourne à la boucherie et coute au Royaume-Uni plus d'un millier de combattants en une seule et unique journée !
Très vite les généraux de la force expéditionnaire doivent se rendre à l'évidence => La méthode habituelle de la guerre conventionnelle ne mène nulle part .
Au sein de la résistance un posnan s'est fort bien illustré : le Général Antoine Delaray, aussi appelé le Lion du Transvaal Occidental pour sa force physique hallucinante ainsi que sa grande intelligence pour la tactique sur le champs de bataille , et du fait qu'il s'est illustré sur le front du Transvaal de l'Ouest dans ce qui est aujourd'hui la Province du Kerala .
Mais face à lui se trouve un autre officier, de grande valeur, qu'est le colonel Briton Kenneth Anton .
Il s'est illustré durant la bataille de Spionskop en tenant à lui seul une colline pour couvrir la retraite de son bataillon qui fut décimé au plus fort des combats , tuant seul plusieurs dizaines d'Alekaners !
Lui au moins avait tout de suite compris , dés son arrivée en Aleka , que cette guerre ne ressemblerait à aucune autre guerre du passé et qu'il fallait se montrer aussi méchant et tacticien que l'autre .
Kenneth Anton est nommé Général en chef de la lutte contre la résistance le 14 Novembre et commence tout de suite à mettre en pratique ces théories : la guerre doit être pratiquée comme la font les résistants et se doit d'être totale , partout , asymétrique .
Il exige de ses soldats beaucoup de courage et d'abnégation , mais en même temps leurs demande de fuir dés que possible face à l'ennemi . Les Britons s'offusquent de sa méthode jugée lâche et trop conciliante mais le futur va vite donner raison à Anton ...
Face à cette nouvelle tactique , il est particulièrement difficile à l'Armée de la Résistance de tenir la gageure face : la forte mobilité des troupes résistantes et leurs connaissances du terrain rendent tout son matériel inutile et trop lent .
Dés le mois de Décembre , la vapeur est renversée => l'AB ne cessera de gagner du terrain et ne récupérera jamais la maitrise du champ de bataille , tandis qu'à la résistance la guerre lui échappe complétement , la victoire pourtant à portée lui glisse d'entre les doigts ...
En Février, c'est la Semaine Sanglante : le 15, le 17, et le 19, les Britons infligent de sévères défaites aux combattants Alekaners de la résistance . Elle qui n'avait en 5 mois perdu qu'une centaine de soldats , elle en perd à chaque fois 1 200 ! A la fin de la semaine elle a perdu 3 600 soldats supplémentaires et le cout humain ne va cesser d'augmenter durant tout le reste de la guerre .
Au Royaume-Uni , les journaux se font un plaisir de la massacrer, un journal sort même une édition spéciale avec un titre lapidaire : La gifle aux incapables , pourquoi ils l'ont bien cherché .
Kenneth Anton en personne se permet même d'affirmer : " Nous avons vengé les martyrs de Spionskop " .
Finalement, le vendredi 13 Septembre 18--, les Britons déclenchent l'Opération Vendredi 13 : une vague d'attaques suicides contre les QG ennemis, décapitant leur commandement.
Au prix très lourd de la mort de plus de 250 volontaires , rejoignant les martyrs des Alekaners , les résistants parviennent à sauver une trentaine des principaux généraux de la résistance mais l'ennemi
a détruit ses centres de logistique en munitions et en nourriture .
Le cout pour la résistance est considérable : plus de 30 Millions de Tulp partis en fumée en une seule journée et surtout les meilleurs officiers Alekaners sont morts .
Si malgré toutes les difficultés rencontrées jusque là , la résistance avait continué de croire en ses chances , qui d'ailleurs étaient bien réelles , de gagner la guerre , il est clair pour tous qu'après cette frappe d'envergure nationale il n'est plus possible de venir à bout de l'occupant .
Le bilan final de la guerre est très lourd : 6'000 morts parmi les Boers et 8'000 parmi les Britons d'un point de vue strictement militaire auxquels s'ajoutent environ 140'000 civils innocents .
Bien que les Britons aient perdu d'avantage de soldats , la compensation démographique de leur coté fait que la guerre a eu un impact beaucoup plus long et lourd sur les Alekaners .
Il y a le traumatisme des camps d'extermination où les Britons ont tué à l'industrielle des dizaines de milliers de femmes et d'enfants dont le seul crime étaient d'être les familles des résistants .
Il y a la seconde grande famine de l'histoire du pays , à cause du brulage des fermes rurales .
Et pour finir, il y a des deux cotés la honte de se dire que des chrétiens protestants se sont entretués sous le regard horrifié et désillusionné des aborigènes qui en voyant des blancs pleurer, souffrir, et déprimer, comprennent que la puissance de ceux-ci n'est pas absolue et qu'ils peuvent être battus militairement quand l'on s'en donne vraiment les moyens .
Le XXème siècle
L'ile d'Aleka ainsi réunifiée commence alors à se construire en tant que nation libre et indépendante .
Dans un premier temps , c'est particulièrement difficile : pour lutter contre la résistance les Britons ont fait enfermer en camps de concentration des centaines de milliers des femmes et enfants de Boers et plus de 28 000 sont mort(e)s de malnutrition et de maladie dans ces camps .
La saignée démographique , pour la petite ile d'à peine 3 Millions d'habitants , est donc notable entre les morts et les malheureux que les maladies et la faim ont mutilé à jamais tant dans leurs chairs que leurs esprits d'autant plus que les Britons ont pratiqué une politique de la terre brulée systématique et ont détruit de nombreuses fermes : alors que l'ile était exportatrice de nourriture avant la guerre , il faudra attendre 1911 pour qu'elle soit de nouveau autosuffisante sur le plan alimentaire !
D'où plusieurs années de famine chronique ... Tandis que la politique n'attend pas ! Kenneth Anton , en grand vainqueur de la Guerre d'Indépendance , est élu dés le 6 Septembre 1900 Président de la République avec 56 % des voix au second tour face au Zanyaner Friederick Van Klerk . Son premier objectif est de redresser l'économie : le Parlement approuve ainsi le 14 Mars 1901 le Plan Anton , qui vise à libérer la Cérésie de sa dépendance économique , dans tout les domaines .
Le nouveau gouvernement de Cérésie crée ainsi une monnaie cérésienne , le Rand , pour remplacer le Tulp ( qui continuera à circuler jusqu'en 1925 environ ... ) et donne ainsi au pays de monnayer sa dette elle-même . Utile , car le plan est fondé sur un lourd endettement .
Politiquement , la présidence Anton est marquée par l'improvisation et la construction : il n'y a pas à l'époque de véritables partis , et l'Assemblée Populaire est d'abord composée d'anonymes venus de tout le pays sans aucune conscience politique . Le premier travail de cette AP fut de rédiger une Constitution , car la République d'Aleka proclamée en 1895 ne tenait que par une Charte Nationale très vague et juste suffisante pour faire tenir un maigre édifice le temps de tenir durant la guerre .
La Constitution qui est approuvée par le Président Anton le 16 Février 1903 confirme la nature fédérale du pays qui prend le nom d'Union de Cérésie . La Cérésie sera donc formée d'états largement autonomes avec un gouvernement central basé à Moonhoek ; le droit de vote est accordé à tout les hommes blancs de plus de 21 ans et fait tout à fait remarquable pour l'époque , aussi aux femmes mais à la condition d’être mariée et d'avoir plus de 30 ans .
L'Union est dirigée par un Président élu pour un septennat unique au suffrage universel .
Mais si cette Constitution est démocratique entre les blancs , elle est en revanche discriminatoire pour les Aborigènes qui se voient refusé le droit de vote , de fonder une entreprise et bien d'autres droits humains fondamentaux . Elle confirme dans son Article 12 : La race blanche est intrinsèquement supérieure à toutes les autres et donc seule habilitée à présider aux destinées de la nation .
Ce programme d'envergure nationale , appelé Apartheid en Alekâns , a un but bien précis : éliminer progressivement et sans vagues le peuple premier d'Aleka . C'est pourquoi l'apartheid n'interdit pas les mariages pluriethniques , bien au contraire ! L'architecte de l'apartheid , compte justement principalement là-dessus : avec en parallèle un statut très avantageux pour les métis , le boulevard est tout tracé et les aborigènes vont malheureusement le suivre . L'efficacité du système est implacable : en 50 ans à peine le ratio entre aborigènes et blancs s'inverse ... Aujourd'hui , ils ne sont plus qu'un quart de la population totale Alekane .
Ce système perdurera sans aucune modification majeure jusqu'aux années 50 ...
Tandis qu'entre blancs , la petite vie politicienne suit son cours , as usual .
En 1908 Kenneth Anton quitte la présidence pour se retirer comme fermier dans le SuidKaap et restera jusqu'à sa mort député de son état .
A sa place est élu le perdant de l'élection de 1901 , Friederick Van Klerk . Rien à signaler lors de sa présidence ni lors de celle de son suivant Ovronnaz Steampkampf , élu en 1915 .
C'est sous Francis Van Wet , le troisième Président de de Cérésie , élu en 1922 , que l'état du Kerala intègre l'Union , en 1925 . C'est aussi durant son mandat que le droit de vote est étendu à toutes les femmes à partir de 21 ans .
En 1929 , la grande crise mondiale vient frapper la Cérésie . Le taux de chomage explose et le pays plonge dans une interminable crise extrêmement dure qui durera plusieurs années ... La première partie des années 30 ne sera qu'une succession d'échecs du Président Padraigh Swanson à redresser la situation . Le sauveur sera le Zanyaner convaincu Klaus Kirschner . Ce jeune homme de 31 ans , arrivé de lui-même à 16 ans après une longue odyssée depuis le Schlessien , désapprouve avec vigueur la politique ultralibérale de Swanson et ouvre une nouvelle politique qu'il appelle d'un nom anglais : le New Deal , la nouvelle donne .
Après une réorganisation totale du Parti Progressiste qu'il renomme en Parti Travailliste , il conquiert la Présidence avec sa promesse d'une sociale-démocratie prospère et éternelle . Dés son arrivée au pouvoir en 1936 il fait passer une loi permettant au Président de se représenter , une unique fois , à l'élection présidentielle : il sait que sa politique va nécessiter beaucoup de temps alors il sécurise ses arrières afin de s'inscrire dans la durée .
Intraitable en finances , il laisse couler de nombreuses petites banques locales , supprimant ainsi tout leurs actifs et passifs douteux afin d'assainir le secteur bancaire ; même si cette cure a ruiné de nombreux petits épargnants elle a très certainement sauvé la Cérésie du fascisme qui sévit tout autour à la même période ... En 1937 il ordonne la stricte séparation des établissements d'affaire et de dépôt , et dévalue de 88 % la valeur du Rand .
En 1943 , il est réélu de justesse avec à peine 50,08 % des voix ! Mais le hasard de l'histoire va donner une opportunité rêvée : les guerres des années 40 qui déchirent le reste du continent induit une consommation record en carburant et armement .
Restant neutre , l'Union de Cérésie offre ses services aux deux parties de la guerre , ne s’embarrassant aucunement de quelconques contradictions et devient le pourvoyeur indispensable des combattants .
Monnayant durement son travail , l'argent afflue rapidement . Le premier mandat avait remis l'économie cérésienne en ordre de marche , le second lui fait retrouver le ciel ! Les 6 années de guerre seront d'une rentabilité exceptionnelle pour l'Union d'Aleka qui revient à sa pleine forme .
Aujourd'hui encore beaucoup s'interroge sur le pourquoi d'un tel basculement , si fort et rapide .
Klaus Kirschner lui-même avouera en 1962 qu'il ne s'attendait pas à être réélu et encore moins à quitter une Présidence adulée par les citoyens ...
Après la Grande Guerre , fidèle à sa parole , Kirschner ne se représente pas . Très malmené par sa droite , le PT ne parvient pas à convaincre une 3ème fois , et c'est le Parti National qui rafle les élections de 1950 .
Renforçant dés son arrivée les lois de l'apartheid , le PN s'attire la colère des aborigènes qui manifestent en masse malgré l'interdiction qui leur est faite de s'exprimer dans la rue . L'escalade ne cesse de s’accélérer jusqu'au Printemps 1956 . Le 14 Avril , la Police blanche tire à balles réelles dans une manifestation d'aborigènes à Salisbury en banlieue de Woodstocktown , puis fait donner la chasse aux manifestants à travers la ville . La journée se conclut sur un bilan humain effroyable !
En tout , 365 morts parmi les manifestants dont 12 blancs progressistes opposés à l'apartheid et quatre morts parmi la Police . Encore aujourd'hui , si le nombre exact de morts est connu l'on ne connait toujours pas le nombre exact de blessés de ce jour funeste dans l'histoire de l'Aleka ...
Dans la foulée , le gouvernement nationaliste proclame aussitôt l'état d'urgence et fait arrêter plus de 18 000 personnes , en majorité des aborigènes mais aussi beaucoup de blancs progressistes , et en fait rapidement condamner à mort 230 , dont 7 blancs . Le gouvernement ment au peuple en avançant le chiffre dément de 100 morts dans les rangs de la Police , et s'en sert de prétexte , sautant du coq à l’âne , pour interdire aux métis le droit de vote . Coup de poignard terrible ! Car si en 1957 , les forces progressistes au sein des blancs sont encore trop sonnées pour résister , elles ne sont pas pour autant hors-jeu , loin de là ... Or les métis formaient le gros des troupes du Parti Travailliste , de sorte que la gauche du spectre politique du pays s'en trouve laminée .
Les nationalistes ont donc tout leur temps puisqu'ils se retrouvent comme étant le seul parti d'assez grande envergure au sein du corps électoral .
Réélu avec le score stalinien de 82 % , le Président Pikko Van Blerk poursuit l’œuvre d'Hendrik Verwoerd en imbriquant le petit apartheid dans un grand apartheid : l'idée étant de faire une Aleka totalement blanche en excluant les aborigènes qui seraient parqués dans des réserves , des espèces de zoos humains servant de cages à poules en main-d’œuvre peu regardante pour l'industrie conquérante .
Ainsi , 3 bantoustans sont créés : le Natokwaland , l'Amandjerek et le Solewen . Ces trois entités sont bien sur fictives et ne sont que des coquilles vides de sens politique ; Les noms sont complétement fantaisistes et les tracés aussi , ne leurs confiant comme par hasard que les terres arides et sans aucune richesse (extérieure comme souterraine) afin qu'elles ne soient jamais économiquement autonomes .
En clair , cela consacre la mise en esclavage totale des populations aborigènes .
Théoriquement , les bantoustans auraient du devenir à terme des états vraiment viables œuvrant en concertation avec le gouvernement dans le cadre d'une Fédération des États d'Algarbe du Sud .
Le Natokwaland accède le premier à l'indépendance en 1971 , suivi de l'Amandjerek en 1977 , mais pas le Solewen qui malgré tout les efforts du Parti National n'aura jamais rempli les conditions nécessaires à l'indépendance . De toutes façons , cette politique n'aurait pu être efficace qu'avec la reconnaissance officielle de ces nouveaux états par la communauté internationale , ce qui ne fut jamais le cas ...
Conforté en sa prise de pouvoir le Parti National tiendra sans partage le Parlement et la Présidence de 1950 à 1987 avec une intransigeance terrifiante .
En 1985 , le Parti National célèbre avec faste et grandeur son 70ème anniversaire , avec discours des chefs , des défilés gigantesques et autres buffets à volonté . Peu sont ceux qui savent à ce moment là que ce sera en réalité son chant du cygne ! Car en coulisse , l'embargo international qui n'a eu de cesse de se resserrer pendant 30 ans est en train d'étrangler lentement mais surement l'économie .
Les entrepreneurs sont les plus furieux contre cet embargo qui les privent non seulement de ressources matérielles et de capitaux , mais aussi et surtout de technologies ; ainsi alors que dans les années 50 la nation était en pointe du progrès technologique aux cotés même des plus forts , en 1985 elle est encore au niveau technologique de 1965 , soit 20 ans de retard !
Et le phénomène ne cesse de s'amplifier... Ainsi les produits de plus en plus vieillots de l'industrie cérésienne peinent à conquérir le peu de marchés qui s'offrent encore à eux . Les faillites d'entreprises augmentent d'année en année et cela devient une véritable source de préoccupation au Ministère de l'Economie , tandis que le PN festoie sans compter pour célébrer sa victoire sur les aborigènes ...
De plus , au sein de ces-derniers la colère gronde tant et si bien qu'elle commence à se structurer : au mois d'Avril tout les groupuscules militantistes aborigènes se sont réunis sous la bannière du Whakaoranga qui est un mot signifiant " Libération " en langue locale . Ces mouvements luttent depuis le début des années 50 pour la fin de l'apartheid via l'abolition du passeport intérieur et l'accord du droit de vote , pour ne citer que leurs revendications les plus pressantes ...
En 1986 , de graves différents entre le Président Pieter Schluss Botha concernant la privatisation totale des transports et des télécoms , qui porte ce projet , et sa base politique qui s'y oppose avec fermeté pousse celui-ci a démissionner , l’annonçant en direct à la télévision et prend ainsi tout le monde par surprise .
Face à un Parti National en proie à de profondes dissensions se trouve un Parti Travailliste remis en ordre de marche qui assez bizarrement , s'est uni avec l'Alliance Populaire , pourtant étendard de la droite libérale .
Cette union est plus une entente de raison qu'un mariage d'amour , bien sûr => L'objectif commun de tout ceux n'étant pas au Parti National à ce moment-là était de virer Botha et d'aviser après .
La pression politique extérieure couplée à l'embargo international contre la Cérésie était devenue insoutenable au point que même certains nationalistes commençaient à être prêt à assouplir l'apartheid pour récupérer de la marge de manœuvre dans le commerce mondial .
Lézardé dans sa confiance , le PN ne résiste pas à la vague pourpre de 1987 .
Le Président par intérim Franken Necker n'a rien pu faire : le 11 Novembre 1987 le démocrate Henri Van Wyk est élu avec 63 % des voix et le PN en est réduit à seulement un cinquième du Parlement !
L'apartheid est ainsi peu à peu supprimé : dés le 15 Novembre , le droit de vote est rendu aux métis , et avec ce gigantesque retour de flamme pour le Parti Travailliste , le spectre d'un retour potentiel des nationalistes est définitivement écarté . Le 30 Mars 1988 est accordé aux aborigènes le droit de fonder et diriger une entreprise .
Le 16 Février 1989 , au vu de l'échec total que furent les bantoustans indépendants , l'Aleka proclame la réannexion de ceux-ci au sein de l'Union Fédérale , mais il faudra attendre le 7 Mai 1993 pour que le passeport intérieur soit définitivement supprimé , et le 3 Janvier 1994 le droit de vote est accordé aux aborigènes .
Enfin , pas tout à fait , puisqu'il n'est accordé qu'aux hommes mariés de plus de 25 ans ...
En parallèle aux efforts du nouveau gouvernement , l'embargo international se desserre peu à peu : les 2 marqueurs principaux en sont la rencontre USP-Cérésie en Octobre 1992 , première depuis 1951 , et le retour à une balance commerciale extérieure positive en 1993 . Les élections de Septembre 1994 consacre la fin de l'apartheid , puisque avant même le scrutin Henri Van Wyk avait annoncé de prendre sous son aile comme Ministre de l'Intérieur l'aborigène Anguna Makawi , 48 ans . Il sera pourtant réélu avec 65 % des voix , tandis que le Parti National poursuit sa descente aux enfers : il ne récolte que 12 % des sièges au Parlement ! Van Wyk lui-même dira dans une interview radiodiffusée en Juin 1995 :
" Jamais je n'aurais pu croire que les nationalistes tomberaient si bas " ...
En Juin 1995 toujours se situe le marqueur clé qui signe la fin définitive de l'apartheid : l'Article 12 de la Constitution de 1903 qui avait gravé dans le marbre que la race blanche serait supérieure aux autres , est aboli par un amendement via un référendum ayant récolté plus de 91 % de OUI , alors que les nationalistes avaient obtenus 12 % des sièges aux élections législatives de 1994 : preuve s'il en était toujours besoin que le Parti National s'était bien écroulé de l'intérieur , que l'apartheid ne faisait plus l'unanimité que par la volonté qu'il disparaisse !
Mais bien sur, c'était sans compter sur la détermination fanatique de l’extrême-droite blanche suprémaciste qui était bien décidée à tout faire pour faire échouer la mutation politique et défendre l'apartheid , coute que coute malgré la désapprobation de plus en plus grande chez les blancs .
C'est pourquoi le mandat Van Wyk est émaillé d'incidents dramatiques : le 23 Aout 1991 , de terribles affrontements entre la Police et l'Alekaner Weerstandbewegung , abrégé en AWB , font 3 morts au sein de celui-ci et une vingtaine d'amputés au sein de la Police . L'AWB entendait protester contre le passage du Président Van Wyk dans son bastion , la petite ville de Tendersdorp, et c'est lors du discours de celui-ci que ce qui reste désormais profondément ancrée dans la mémoire collective nationale comme la Bataille de Tendersdorp a éclaté devant la Mairie communale .
Alors que le démantèlement de l'apartheid s'amplifie , inexorable , le ZWB manifeste le 23 Juin 1993 soit deux ans jour pour jour après Tendersdorp , devant l'auditorium municipal de Woodstocktown où se tiennent les négociations entre le Whakaoranga et le Parti Travailliste sur la question du démantèlement de l'apartheid . Bien sur il devient vite impossible de contenir la foule qui s'amasse très rapidement devant l'auditorium et la situation dégénère lorsque la Garde de Fer , le bras armé du ZWB , arrive vers 9 H sur les lieux en camions bâchés et pire encore lorsqu'à 10 H 25 du matin le leader du parti Roger Terrerouge arrive monté sur un pick-up blindé !
C'est alors Terrerouge lui-même qui se place au volant du pick-up et défonce la baie vitrée du hall de l'auditorium permettant à ses partisans lourdement armés d'envahir le building . Une fusillade éclate à 10 H 37 dans le hall principal : les hommes de Terrerouge ont ouvert le feu sur la délégation aborigène ! La journée s'achève dans le sang et les larmes , avec de nouveau 3 morts au sein du ZWB et 8 morts parmi les aborigènes , qui perdent là leurs principaux leaders : Anguna Makawi perd son fils et sa femme qui l'avaient accompagné dans la délégation ...
Le ZWB avait rencontré un écho plutot fort parmi la communauté blanche nostalgique de l'apartheid ...
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Tandis qu'au même moment , émergeait celui qui sera le dernier Président de l'Union d'Aleka en la personne d'Erwin Greengrass . Né en Britonnie en 1960 et arrivé avec ses parents en Aleka à l'age de neuf ans , il est élevé dans un esprit très woodstockien par ses parents écolibertaires et s'était très tôt engagé en politique en fondant l'Association des Gardiens de la Terre à l'age de 16 ans avec des amis lorsque révolté par la condition du peuple aborigène d'Aleka il fait partie des manifestants de première ligne en 1976 lors des émeutes de Siwitha .
Doué à l'école malgré son caractère rebelle , il obtient une bourse au mérite pour l'Université très réputée de Woodstocktown où il étudie le droit fondamental et l'histoire-géographie où il obtient ainsi respectivement un doctorat et un master .
Aussitôt sa licence obtenue ( et poursuivant en parallèle ses études vers le doctorat ) il s'inscrit au Parti Travailliste au sein duquel il se fait vite remarquer pour ses harangues déchainées contre l'apartheid et dans lesquelles il crache avec vigueur sur les nationalistes .
Ses discours contribuent beaucoup à cimenter idéologiquement le Parti et sa contribution au débat d'idées est reconnue par tous jusqu'au plus haut niveau => Henry Van Wyk le nomme directeur de campagne pour 1987 et il sera ainsi l'artisan clé de la victoire de la vague pourpre .
Pendant le 1er mandat Van Wyk , il est soutenu par celui-ci aux élections internes du Parti Travailliste qui l'élit comme Secrétaire Général du parti le 6 Juin 1989 , et se verra renouvelé en cette fonction en 1994 et en 1999 .
En 1995 , un an après la nouvelle vague pourpre , Van Wyk lui confie le Ministère de l'Economie , faisant ainsi une décision qui va bouleverser l'histoire de la nation ! Se rodant là à la gestion d'une économie nationale , il prend conscience de l'urgence qu'est la sauvegarde de la nature , de l'état déplorable de l'environnement cérésien .
Et peu à peu , son discours se teinte d'une très forte consonance écologiste => Architecte d'une révolution idéologique au sein de la gauche de Cérésie , il aboutit à lier la condition des travailleurs à l'écologie , partant du principe que c'est de la faute des grandes compagnies capitalistes , qui avaient soutenu d'ailleurs l'apartheid pour son apport constant en chair fraiche pour l'industrie et l'agriculture productiviste , si la nature mourrait à petit feu .
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Pendant ce temps , le Président Van Wyk poursuit la lourde tache de solder le passé douloureux de l'apartheid pendant son second mandat . Sa première initiative est dés Février 1995 de mettre fin au système fédéral : c'est pourquoi les 4 grands états et les 3 bantoustans récemment réintégrés à la fédération sont éclatés en 8 provinces dont les pouvoirs sont réduits .
Une Commission pour la Vérité et la Réconciliation est établie avec pour mission d'obtenir le témoignage de tout les participants à la ségrégation puis d'instruire les procès . On voit alors passer devant les 11 juges les ministres et les présidents de " l'ère apartheid " , mais aussi des membres " repentis " du ZWB ou des paramilitaires des organisations aborigènes de libération . Tous viennent plaider coupables devant des files de victimes venues demander réparation . Insistant sur son aspect d'unification du peuple Alekan après tant d'années de divisions et de meurtrissures , la CVR graciera au total 3 200 témoins mais condamnera aussi à la peine de mort environ 400 collaborateurs notoires de l'apartheid dont une vingtaine d'anciens ministres , des policiers et des agents des services secrets .
Seuls les présidents échappent à la peine capitale de par le statut d'anciens chefs d'état mais sont déchus de leurs droits civiques . La CVR travailla ainsi de Mars 1995 à Septembre 2000 , date à laquelle sa tache est considérée comme accomplie , et elle alors dissoute . Mais le travail de mémoire continue sous la houlette d'un nouvel organisme : l'Institut National aux Relations Interraciales ...
Les premières élections provinciales tenues en Aout 1996 confirment l'enracinement du Parti Travailliste comme nouveau parti dominant de la scène politique en Aleka : sur les 8 provinces , 5 sont raflées par celui-ci .
Sur les trois provinces qui échappent à son contrôle , deux sont aux mains du Parti National et la dernière à la Fraternité Humaniste .
Au XXIème siècle
Mais en 2001 , lassée par plus d'une douzaine d'années sous la houlette de la gauche et sous la pression d'une petite délinquance en hausse et de l'augmentation du nombre de meurtres de fermier blancs la population décide de donner la majorité parlementaire et la présidence à la droite !
Celle-ci est alors menée par Andrew Thalès pour le Parti Libéral-Démocrate .
L'adélophone Andrew Thalès remporte l'élection présidentielle avec 59 % des voix et dispose d'une courte majorité absolue au sein de l'organe législatif, suffisante pour faire passer son programme de choc pour la nation composée de privatisations et de dérégulations commerciales couplées à une politique de tolérance zéro contre la criminalité et la délinquance .
Entre Février 2001 et Septembre 2009, tout les indicateurs sont au vert et le pays y trouve la stabilité après une décennie des années 90' faite de grands bouleversements sociaux et une croissance économique faible mais solide qui rassure les investisseurs . Mais à partir de la mi-Septembre 2009 une bulle spéculative à la bourse et dans l'immobilier, portée par l'étranger, gonfle démesurément en quelques années sur fond de délits d'initiés au Ministère de la Maitrise du Territoire .
La bulle éclata à peine plus de trois ans plus tard en Octobre 2010, depuis tourné en dérision par les traders et les courtiers de Meklenburg sous le titre d'Octobre Rouge .
D'autant que la démission le 11 Mars 2011 dudit Ministre vint dans l'esprit des gens les confirmer, ces fameux délits d'initiés dont apparemment tout le monde dans l'univers de la finance était au courant mais sans jamais rien en dire à qui que ce soit !
Malheureusement , les dissensions entre Erwin Greengrass et la coalition des ultraconservateurs de l'AWB , de l'Ossewabrandwag et des électrons libres du Parti National n'ont de cesse de s'envenimer avec de longues et terribles disputes dans l'enceinte de l'Assemblée Nationale , jusqu'à la dramatique explosion du 6 Juin 2014 où une bagarre éclate en pleine séance plénière lorsque Greengrass se fit insulter de babouin par un député de l'AWB ! Une dizaine de députés travaillistes prennent alors l'initiative et chargent les ultraconservateurs : 5 députés finiront la journée à l’hôpital avec des membres cassés et même un œil crevé ...
A partir de là , il était devenu clair que l'ambition réformatrice écologiste d'Erwin Greengrass ne passera pas sans casser en profondeur le système politique de l'Aleka .
Il sera même la première fissure : le 1er Mai 2025 le Président de la République Erwin Greengrass meurt à 65 ans d'une commotion cérébrale causée par un éclat d'obus lui ayant traversé la boite crânienne . Une bande de terroristes de la Garde de Fer, la branche militaire de l'Alekaner Weerstandbewegung ont attaqué le Palais Présidentiel au mortier, tuant ainsi 2 employés du palais en plus du Président .
L’enquête aboutira à la conclusion que c'est la malheureuse tentative présidentielle de redistribuer une partie des terres des Boers aux aborigènes , en Février, qui a fait déborder le vase .
Ce meurtre ébranle l'ensemble de la société cérésienne , car si des Présidents ont démissionné , ont été démis de leurs fonctions par la Cour Suprême , jamais l'un d'eux n'avait été assassiné dans l'exercice même de ces fonctions !
Du meurtre d'Erwin Greengrass à l'ère Rophile
En Aleka même à partir de 2025 s'ouvrent de longs et profonds tourments politiques , opposant les partisans d'Erwin Greengrass et tout les autres .
C'est pendant ces difficultés que vont naitre 2 figures politiques actuelles : Kloé Rophile , arrivée de l'Empire du Ponant et qui prend parti pour les premiers , et Maureen Danvëk , arrivée du Dalradia et qui prend parti pour les autres .
Kloé Rophile est née à Havre-Vert en Cérésie le 11 Novembre 1987, le jour même de la grandiose victoire écrasante de Henri Van Wyk aux élections . Dés 2008 à 21 ans elle s'inscrit au Parti Travailliste et parvient à rencontrer en personne Erwin Greengrass en Octobre 2009 : elle lui fait une excellente impression avec sa trempe politique et sa verve acide !
Élue à 33 ans députée de sa province en Mai 2020 elle est ensuite nommée adjointe au poste très convoité de Secrétaire Générale du Parti Travailliste par Erwin Greengrass en Septembre 2020 et elle occupera conjointement ces 2 postes jusqu'en 2015 .
Kloé Rophile se trouvait dans la salle blanche du Palais lorsque le Président fut assassiné et en garde encore aujourd'hui une marque psychique profonde ... Et bien sur, elle prit aussitôt les rênes du parti qu'elle connaissait désormais très bien = son objectif est de maintenir à tout prix l'ordre et la discipline au sein de sa formation politique , d'éviter que ce meurtre n'entraine le pays dans le chaos .
Sa tache herculéenne , pour la jeune femme de 28 ans , elle va la mener avec Emmanuel Bellecroix qui était en tant que Premier Ministre l'éminence grise de feu Erwin Greengrass .
La Cour Suprême de l'Aleka étant ici confronté à du jamais vu et n'ayant aucune jurisprudence sur le sujet elle ordonne Bellecroix comme Président par intérim et dissout l'Assemblée Nationale pour pouvoir convoquer des législatives anticipées : elles auraient du se tenir en Décembre 2015 mais se feront donc en Juin ... Et voit la victoire du Parti Travailliste d'une très courte tête !
Mais cela ne suffit pas à calmer la colère du peuple qui désire du changement : la condamnation de l'assassinat est unanime et le peuple a renouveler sa confiance aux néo-travaillistes , mais il y a en même temps une profonde volonté de changement .
Taraudée par la question il émet alors une solution alternative : changer de structure politique .
En 2025 le pays fonctionnait encore avec des institutions nées de la Guerre d'Indépendance et si des changements certes importants mais en réalité cosmétiques ont bien été réalisés le fond quant à lui restait le même .
L'idée est soumise au vote par le peuple en étant proposée en référendum le 2 Janvier 2026 :
Souhaitez-vous une nouvelle Constitution pour l'Aleka ?
La réponse tombe : OUI à 63 % , NON à 28 % et 7 % de votes blancs . L'Aleka entre alors dans une période extrêmement troublée , de luttes terribles entre les partis au sein du Parlement et d'émeutes violentes dans les rues des grandes villes .
La Cour Suprême ordonne la création d'une assemblée constituante pour rédiger une nouvelle constitution qui devra être ratifiée par le Parlement , le Président par intérim , puis la Cour Suprême .
Le 20 Mars 2026 le Parti Travailliste se renomme en Bloc Démocratie en hommage à l'homme qui a tant donné pour sa formation politique et dont les discours ont durablement marqué l'idéologie du parti .
Le 3 Avril 2026 , Roger Terrerouge est assassiné à la machette durant son sommeil par 2 de ses employés aborigènes , dans sa ferme principale à Tendersdorp . Plus de 12 000 personnes , principalement des membres du ZWB mais aussi beaucoup de membres de l'Ossewabrandwag et du Parti National , se réunirent le 10 Avril pour ses funérailles à l'église du village . Bien que ce meurtre est pour mobile un différend monétaire , les employés expliquèrent ne pas avoir été payés pendant des mois , il intervient sur un fond de grandes tensions raciales et ravive les ultraconservateurs de tous bords : en Février 2027, après des mois de tractations secrètes entre les différents mouvements , est annoncé la fusion des 3 grands partis de l’extrême-droite cérésienne en un parti unique afin de mieux " lutter " contre les greengrassiens => Le Front des Libertés . Il constituera le premier parti d'opposition durant la période transitionnelle , et éclatera le 1er Janvier 2022 , lorsque la Constitution entra officiellement en vigueur .
En janvier 2031, après moult difficultés impliquant notamment des luttes fratricides entre les partis , la nouvelle Constitution de Cérésie est adoptée, permettant l"ouverture de la Cérésie au monde .
Avant l'arrivée des blancs
L'histoire pré-coloniale de l'Aleka est assez mal connue , mais les historiens ont déjà 2 certitudes : premièrement que la région du Cap était vide d'hommes avant l'arrivée des néerlandais , mais que secondement il n'en a pas toujours été ainsi .
Que des peuples aient vécu dans la péninsule bien avant le peuplement actuel est une certitude acquise du fait que l'on a retrouvé d'innombrables ossements partout dans le pays qui remontent jusque très loin dans le passé avec notamment l'enfant de Tangenberg , remontant à plus de 2,8 Millions d'années . Plus près de nous , on trouve les sublimes fresques d'Okinadorp , datées d'entre 1200 et 1800 ans avant JC . Toutes les traces archéologiques prouvent que l’être humain est passé et a vécu dans la péninsule mais pour une raison inconnue toutes les traces de présence humaine disparaissent vers 1300 après JC . Au-delà , c'est le néant absolu ! Dans ce flou total , toute hypothèse scientifiquement sérieuse est permise , et les historiens/archéologues n'ont encore aucune explication à cette désertion de l'ile . Peut-être est-ce l'arrivée de peuplades étrangères qui , ayant bouleversé l'équilibre des populations locales , a abouti de par un jeu de dominos qui nous échappe à ce que la péninsule soit vidée de sa population ? Nul ne peut le dire ...
Mais l’être humain n'a pas dis son dernier mot , et revient en force en 1488 avec les Britons qui veulent faire de la région nommée New Taree par les colons , une étape sur la route vers l'Orient .
La colonie consiste en plusieurs comptoirs exploitant , grâce à une main-d’œuvre " importée " d'Algarbe continentale le mais qui pousse vite et bien sur cette ile tempérée chaude au climat généreux .
Leurs présence est attestée par des bouteilles de rhum sur la terre ferme et dans les océans portant le sceau de la Compagnie Orientale de Britonnie dont une a notamment été découverte récemment dans l'océan au large de Venüe . La colonie connait pendant environ un siècle une progression fulgurante et le site était reconnu par la Britonnie comme ayant un fort potentiel mais l'aventure britannique dans la péninsule s’arrête brutalement en une demi-décennie car à partir de 1597, la terrible maladie de la Dengue Rouge , tue en 5 ans 97 % de la population frappant autant les blancs et les esclaves .
L'ile est alors évacuée en catastrophe et la métropole la déclare mise en quarantaine pour l'éternité .
Celle-ci ne sera officiellement levée qu'en 1831 pour mieux justifier l'invasion de la région mais la peur de cette maladie était encore si forte que les rumeurs allaient bon train dans la troupe ...
Les prémices à la nouvelle colonisation
En 1650 , alors que la Dengue Rouge continue de hanter le souvenir des Britons la VOC du Fritz décide de passer outre la quarantaine . L'Aleka ferait en effet une excellente halte de repos et de ravitaillement pour les navires en partance ou à destination de l'Orient Fritzlandais , qui à l'époque était en très grande partie une colonie de peuplement . La VOC finance alors une première expédition d'un seul navire qui ne revint jamais mais cela ne la découragea pas : il faut et il suffit de former alors une expédition plus importante et mieux équipée ... Ce qui fut fait en 1652 , avec 90 followers dont huit femmes parmi lesquelles la femme du commandant de l'expédition !
Une expédition de 5 navires est formée :
- le Drommedaris
le Reijger
le Goede Hoope
le Walvis
l'Oliphant
et le Reijger.
Ils débarquent le 16 Février, en l'an de grâce 1652 , à l'emplacement de la ville actuelle de Moonhoek située au pied de la Montagne de la Table où ils fondent la ville de Kaapstad .
Les premières années sont pénibles pour les nouveaux colons : la Dengue Rouge revient régulièrement parmi eux et le temps même plus chaleureux qu'au Fritzland est pas si évident que ça à endurer.
Plus d'une trentaine de ceux qui étaient venus dans le convoi meurent dés la première année !
Pourtant , bon gré mal gré , la colonie finit par devenir viable . Dés 1654, elle commence à servir ce pour quoi elle a été installée : les navires faisant l'aller-retour mondial Ouest-Est .
Stefan Van Driebeeck , le dirigeant de l'expédition d'origine en est le premier commandeur, avec pour l'assister, en tant qu'organe législatif même si la notion même n'existe pas encore , un Landrost composé de 12 conseillers élus par et parmi les colons libres votant les lois de la colonie et à qui revient le dernier mot . En théorie . Car en réalité c'est Van Driebeeck lui-même qui prend toutes les décisions et le Landrost n'a aucun pouvoir, si ce n'est celui de se la boucler...
Des débuts difficiles à l'indépendance
En 1660 , alors qu'à l'origine l'Aleka était uniquement destinée à n’être qu'un comptoir, le pays compte déjà un millier d'habitants et la pointe de la péninsule ne suffit plus à nourrir tout le monde : il faut se rendre à l'évidence , qui est que l'Aleka est devenue une véritable colonie de peuplement .
Dés 1691 le titre du gestionnaire en chef, délégué de la compagnie , devient Gouverneur, ce qui démontre que la région a connue une progression exponentielle pour les standards de l'époque .
En 1707, apparait ce qui avec le recul peut être considéré comme la première craquelure ...
Le matin du 25 Mars de cette année-là , environ une centaine de colons avec leurs familles manifestent devant la magistrature de la compagnie dans le village de Stellenbok et vers Midi le magistrat militaire local de la Vennootschap vir die Ostwelt-Cargo ordonne à la foule de se disperser.
Là-dessus un adolescent du nom d'Hendrik Bibault , fils d'un freiburgher ponantin , s'avança hors de la foule et dit haut et fort en face du susdit magistrat :
[quote]" Ik es ein Alekânder, en ewen as die makistrât was te ferslân mij zwe mijn töt , of al zwetten mij in der trunk , ik zal niet mir, nor wil te schweiken ! "
Traduction en francais moderne : " Je suis un Alekaner, et même si le magistrat venait à me faire fouetter à mort ou me faire mettre au trou je ne serais pas , ni ne serais jamais , silencieux ! "[/quote]
Notez d'ailleurs le Fritzlandais assez approximatif, et assez proche du Deutsch ...
La sentence fut vite tombée : il fut aussitôt capturé et fouetté en public pour son insolence puis banni pour cinq années de la colonie et envoyé dans un pénitencier au Wenlei .
C'est là la toute première fois formellement identifiée et documentée qu'un citoyen du Cap s'est proclamé ouvertement comme étant non-dytolien et donc en dehors de l'autorité métropolitaine .
Pendant ce temps en métropole la situation politique s'est beaucoup dégradée après la mort du Roi .
Le pays se déchire en une terrible guerre civile et la colonie est laissée à elle-même .
Il faut bien comprendre qu'à l'époque , le téléphone satellite n'existe pas et Internet non plus .
Il n'y a même pas encore le télégraphe ! Les navires sont encore à voile et les plus rapides mettent malgré tout plusieurs mois pour faire un aller-simple Aleka-métropole ... De sorte que quand les liaisons maritimes sont interrompues entre la métropole et la colonie en Mars 1741 , c'est le trou noir total pour les habitants de la colonie . Le gouverneur général n'a donc pas d'autre choix que de diriger la colonie en son nom selon ses propres initiatives et Stefan Van Riebeeck veut absolument s'en tenir aux ordres reçus des mains du souverain soit de ne pas étendre la colonie du Zuid-Kaap au-delà des limites fixées par la compagnie en métropole => ne pas dépasser la Montagne de la Table .
Sauf que les nouveaux arrivants se sont tout de suite bien acclimatés à la péninsule malgré les difficultés et il est donc très dur de contenir leur esprit de conquête . A partir d'Octobre des colons ne trouvant plus de terre autour de la Tafelberg décident de passer outre les ordres du gouverneur et remontent vers le Nord , d'abord le long des cotes puis à mesure que celles-ci sont colonisées , vers l'intérieur des terres . Le processus va se poursuivre durant toute la période de black-out vis-à-vis de la métropole , et ce n'est qu'en 1747, peu après le rétablissement de l'ordre public au pays et par la consolidation du pouvoir de Niklas Vennegoor Ferdinand , que le gouvernorat reçoit enfin du renfort militaire qui lui permet de couper la fuite des colons en fortifiant la frontière de la colonie .
Entre temps Stefan Van Driebeek meurt en Février 1717, à l'age (plus qu'honorable pour l'époque) de 89 ans .
Le Landrost a alors voté à l'unanimité pour que la charge soit transféré à son fils cadet Jacobus dit aussi Koos Van Driebeeck alors âgé de 21 ans , né et éduqué à Kaapstad .
Et les colons font le bon choix car si le père est né aux Nederlands et restait attaché à sa terre natale le fils cadet n'en a cure de la métropole . Lui voit déjà l'Aleka comme étant une nation à part entière et il est en première ligne pour l'agrandissement de la colonie , il avait même essayé de faire pression sur son père en ce sens au début des années 1710, à l'époque où les khoisans se faisaient massacrer en silence par milliers par une épidémie de variole pour profiter du vide ainsi généré .
Maintenant qu'il est enfin aux commandes il en profite pour développer la Colonie du Cap Occidental !
Durant sa tenure de Gouverneur, il aura :
- - Fait aménager des centaines de kilomètres de voies pavées
- Fait réaménager aux meilleures normes de l'époque des milliers de logements
- Ouvert le LandRost à tout les hommes blancs mariés de plus de 25 ans
- Obtenu après d’âpres négociations une baisse d'un quart des taxes royales
Néanmoins il est déjà trop tard , le mal est fait : des centaines de colons libres et leurs familles ont migré vers le Nord en quittant le comptoir de Kaapstad . Face à l'évidence et afin d'éviter une guerre civile locale qui aurait des conséquences catastrophiques , le gouverneur général légalise les fermes déjà construites , avec l'interdiction pour elles d'étendre d'avantage leur terres , alors même qu'immédiatement de nouvelles expéditions envoient encore et toujours plus de nouveaux colons venant s'installer définitivement en Aleka : en 1797, la population de l'ile est déjà de 62 000 colons mâles libres de plus de 22 ans et sans compter leurs familles !
Et le retour à l'ordre fut tout relatif : à travers tout le XVIIIème siècle les contacts furent très erratiques et ponctuels voire aléatoires avec la métropole ... Il y eut de nombreuses années de coupure des liaisons et de manques de ressources et/ou d'informations .
Dés 1759, une nouvelle vague d'exploration et de colonisation démarre ! Cette fois l'envie est d'autant plus forte qu'arrive la première génération de colons libres nés en Aleka qui contrairement à leurs parents se sentent viscéralement Alekaners et ils veulent passionnément découvrir et maitriser cette ile qui dans leur esprit est à eux comme un cadeau de Dieu .
La colonie du Cap s'était arrêtée en 1747 au pied du Grand Escarpement ; cette fois , les jeunes se donnent pour objectif de la franchir, pour atteindre la forêt tropicale dont parlent les indigènes et qui fait fantasmer tout le monde afin de savoir ce qui se trouve derrière , car les explorations précédentes s'en sont systématiquement arrêtées à la forêt .
La progression s'effectue là encore le long des cotes dans un premier temps , et en Mai 1759 la modeste ville de Swettendam sur la cote orientale de la péninsule est annexée à la colonie .
Mais de toutes façons , cela ne fait que retarder l'inévitable : il faudra bien un jour la dépasser !
D'autant plus qu'en Juin 1760, les communications sont de nouveau interrompues avec le Fritzland !
Ce qu'osent faire un convoi de 150 personnes le 30 Mars 1763. La veille de ce jour-là , un groupe d'éclaireurs avait enfin trouvé une passe accessible aux ossewas : la Kastel Kloof.
Depuis , une route asphaltée passe à 40 mètres du site historique qui est aujourd'hui classé car le nombre de chariots à bœufs ayant accompli ensuite le passage , qui fut utilisé jusqu'à l'ouverture de la route , ont finit par marquer durablement la roche volcanique créant des sillons , désormais protégés .
Après le passage de la passe ils découvrent enfin la jungle mythique qui les ont tant fait rêver, et qui les fait vite déchanter ensuite ... Les ossewa cassent facilement d'asséchement dans cette mer de poussière en haute montagne où la nourriture pourrit vite , les moustiques sont d'une férocité démente et les journées sont torrides alors que les nuits sont glaciales : la jungle existe bel et bien mais très loin derrière un gigantesque désert quasilunaire où il n'y a ni eau ni ressources !
Rapidement , les colons prennent la décision de chercher à sortir au plus vite de cet enfer, car le désert en tua la moitié des 150 partis de Kaapstad ! Il est donc décrété inexploitable et à éviter, et l'information se répand vite à Kaapstad de ne pas tenter de traverser le Karoo .
Mais ce n'est surement pas cela qui mettra fin aux volontés des colons d'aller toujours plus loin ...
Au contraire : l'idée d'une région où nul n'irait vous chercher présente beaucoup d'attrait pour les esprits les plus indépendants et les moins volontaires à se soumettre à la tyrannie de la VOC !
Des milliers de trekboers partis dans les années '30 vont au fil des années se concentrer, et finir par se resédentariser dans la région de l'actuelle Kastel-Reinet où ils y fondent cette petite ville en 1777.
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Dans les années 1810', un grand chamboulement intervint au Nord de l'ile lorsque les peuples noirs indigènes furent poussés vers le Sud par la progression fulgurante des Zolos , qui ont développé un art naval notable qui leur permit de traverser le détroit de Shimonoseki et débarquer en Aleka en 1814.
Très rapidement ils développent dans l'actuel Kwazulonatal un véritable empire : le Zuloland .
Ce peuple transplanté dut s'adapter au climat plus sec et plus hostile que celui auquel il était habitué sur le continent et doit donc s'étendre pour assurer l'approvisionnement en nourriture d'une population toujours plus grande qui sert une caste de guerriers de plus en plus forte .
L'ensemble est dans sa construction une véritable Pyramide de Ponzi avant l'heure , et si son règne fut donc très court il fut d'une taille considérable et eut une influence décisive sur l'Aleka .
Entre 1815 et 1827, en à peine une douzaine d'années , le Zuloland triple de superficie et double de population ce qui en fait lors de son apogée vers 1829, la seule véritable nation noire au sens occidental du terme de toute l'ile et donc une force incontournable de l'Aleka .
Mais cette croissance démente poussa tout les autres peuples noirs à partir en étoile des bordures des territoires du Zuloland pour échapper au rouleau compresseur, et cela fut un gigantesque exode d'une ampleur inégalée dans l'histoire de tout le continent noir. Cet exode => c'est le Mafekan .
Le Royaume-Uni s'engouffra dans la brèche du chaos généré par le Mafekan en envahissant le territoire ainsi réduit en poussière entre la Colonie du Cap et le Zuloland dés Février 1824.
Entretemps , les Boers sont préoccupés par un tout autre problème : la tyrannie de la VOC qui encore au XIXème siècle impose sa poigne de fer, sans partage aucun , sur toute la Colonie du Cap.
La VOC pouvait taxer, embaucher, virer, faire emprisonner, juger, exiler, et abattre comme elle le voulait quand elle le voulait et sans jamais avoir à se justifier, pour quoi que ce soit !
D'autant plus qu'elle interdit tout commerce en dehors d'elle : tout achat et vente de quoi que ce soit devait être fait à la VOC et uniquement avec elle , ce qui frustrait atrocement les Burghers .
Eux voulaient pouvoir commercer librement avec les noirs et les autres blancs !
Alors que des milliers de Fritzlandais du Cap avaient fuit en direction du Nord-Est pour échapper à son autorité celle-ci ne les lâchait pas d'une semelle ! Elle s'agrandissait en annexant les villages autour.
Stellenbok : Fondée en 1679, annexée par la VOC dés 1682 !
Swettendam : Fondée en 1745, annexée par la VOC dés 1748 !
Krâf-Reinet : Fondée en 1777, annexée par la VOC dés 1786 !
En un siècle toute l'avance faite par les Burghers et les Trekboers avait été réduite à néant !
A partir des années 1820 , un certain mécontentement commence à gronder parmi les Alekaners qui se sentent de plus en plus méprisés par la métropole qu'ils considèrent sourde à leurs revendications .
Leurs motifs de colère sont nombreux et d'abord la colère contre le mépris affiché des Fritzlandais en métropole et en Aleka qui considèrent l'Alekâns non pas comme une véritable langue , mais comme un patois bâtard et vulgaire du hollandais , qu'il conviendrait de corriger.
Ils l'appellent souvent par le terme péjoratif de " kombuis taal " soit en clair un " hollandais de cuisine " .
Le terme s'est peu à peu forgé du fait que les esclaves aborigènes avaient beaucoup trop de difficultés à comprendre le hollandais formel qui leur était trop complexe , même avec explications .
Du coup les femmes blanches ont peu à peu " coupé " leurs langue avec des mots aborigènes et en ont simplifié la conjugaison pour la rendre plus accessibles aux esclaves et vu que les femmes blanches à l'époque passaient le plus clair de leurs temps de travail dans la cuisine l’appellation est restée ...
Les Alekaners n'en ressentent pour la plupart aucune honte , voire même une certaine fierté d'avoir créé une nouvelle langue , et voudraient que leurs hollandais simplifié soit enseigné à l'école afin que le taux d'alphabétisation augmente , notamment ! Mais la royauté Fritz , même lorsque le gouverneur général de la colonie va en personne en métropole relayer cette requête , y restent sourde ...
Le délégué de la couronne , aux ordres de la VOC à la surveillance du gouverneur, écrit en 1829 :
[quote] Ayant appris le Fritzlandais à leurs esclaves et l'entendant donc prononcé d'une manière quasiment inintelligible , eux-mêmes [les Alekaners] commencent doucement à imiter cette détestable manière . [/quote]
Montrant par là même le dédain porté par les Princes-Marchands .
Ensuite , les revendications sont économiques .
Le principal motif de colère des Alekaners réside dans l'interdiction formelle qui leur est faite de commercer avec quelque autre pays que le Fritzland et même avec d'autres colonies Fritlandaises !
Interdiction donc de commercer, à plus forte raison , avec le reste du monde ...
Or ils montent déjà à cette époque , les futurs phares régionaux en matière de commerce !
Le bénéfice ainsi raté est estimé à plusieurs millions de Tulp par mois par le Directeur de la Chambre de Commerce de Moonhoek . Mais il y a aussi le fait que la compagnie interdit à la colonie de posséder des usines mécanisées et limite drastiquement le nombre de locomotives à vapeur, pourtant instrument incontournable à l'époque du développement économique de n'importe quelle nation à être autorisées à circuler sur l'ile et la couronne est aussi en cause : elle impose des conditions de sécurité absolument insoutenables pour l'économie locale de la Colonie , paralyse le commerce alekan à la moindre incartade ou encore interdit à ses employés de créer des fermes ou des usines .
Ces principales raisons , couplées à une myriade de plus petites , rendent bientôt les alekaners de plus en plus nerveux et méfiants à l'égard de la métropole . La colère gronde surtout dans les milieux d'affaires mais aussi parmi les simples colons qui partagent les vues de l'intelligentsia locale .
L'embrasement et la chute
Un mouvement de révolte éclate le 4 Décembre 1830, à Krâf-Reinet quand une foule de plus d'un millier de personnes se rassemblent devant la magistrature de la VOC pour réclamer la démission et le renvoi immédiat en métropole avec excuses publiques du Commandeur, qui a eu la très mauvaise idée de faire pendre une douzaine de Burghers pour avoir vendu de la gnôle aux noirs en cachette .
Vers 18 H 20, les esprits s'échauffent et une balle fuse tuant un policier sur le coup.
La riposte de la sécurité de la VOC est immédiate : une quinzaine de civils sont tués eux-aussi sur le coup par une rafale de balles qui fauchèrent tout le premier rang de manifestants puis une autre mourut des suites de leurs blessures par balles et le bilan de ce soir-là est terrible : 32 morts .
Dés le surlendemain matin , la foule qui s'était dispersée après la fusillade pour enterrer les morts et soigner les blessés revint devant la magistrature et envahit le bâtiment vers 9 H 45.
Le Commandeur Aleksander Van Kopf, présent à l'étage dans son bureau , est sur-le-champ décapité et sa tête fut emportée pour être promenée au bout d'une pique dans toute la ville .
Le soir du 6 Décembre 1829, la première brèche dans la discipline de fer, imposée par la VOC , est ouverte par la proclamation de la foule que la commanderie de Krâf-Reinet déclare son indépendance contre la corporation et appelle les autres commanderies , de Swettendam , de Stellenbok et du Cap à rejoindre le mouvement indépendantiste national pour réclamer au Roi du Fritzland que l'Aleka puisse devenir une Principauté Royale sous son autorité directe et plus sous celle de la VOC !
Et ça marche : à Swettendam le 10, puis à Stellenbok le 19, et enfin au Cap le 31 Décembre 1830.
En moins d'un mois la révolte a traversé toute l'ile d'Est vers l'Ouest , propagée par les Trekboers qui diffusent au fur et à mesure de leurs voyages les nouvelles de hameau en hameau .
Sentant le vent tourner pour la VOC , les Britons envahissent la Colonie du Cap le 28 Janvier 1831 en profitant du chaos ainsi généré pour mettre la main sur le reste de l'ile dont ils occupaient déjà à l'époque la péninsule orientale depuis leur première incursion en Février 1826, soit depuis 5 ans .
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Mais au début de l'occupation , pendant une quinzaine d'années , les Britons jouèrent la carte de l'apaisement pour ne surtout pas déclencher une guerre asymétrique qu'ils savaient perdue d'avance de par le haut niveau de préparation paramilitaire de la population Boer.
La législation demeura donc inchangée , jusqu'en 1845, et les colons Fritzlandophones furent laissés en paix le temps pour le Royaume-Uni de se préparer à une guerre totale de grande envergure .
Ce qui n’empêcha pas les Boers d'avoir saisi l'essentiel : leurs modes de vie sont menacés !
Et le vent tourna bien assez tôt : dés 1843, un contingent massif, de plusieurs milliers de soldats britanniques débarquent dans le port de la ville du Cap Occidental , et déferlent sur la péninsule .
En moins d'un mois , le contingent expéditionnaire a envahit le Sud de l'ile et verrouillent définitivement toute tentative de soulèvement armé direct .
L'année suivante , à partir du mois de Mars , des navires commencent à débarquer des Britons par milliers dans tout les ports de l'ile et qui commencèrent immédiatement à s'y installer.
En quelques mois , puis au fil des années , la population britannique sur l'ile va flamber, ce qui va accroitre la pression démographique sur un territoire déjà fragile en tant que tel et cette pression a des conséquences visibles rapides sur l'état de la colonie : la part de l'adélosaxon dans le paysage linguistique augmente à tout les niveaux de la société , tant aux diverses assemblées législatives locales que parmi les journaux et la littérature ... etc ...
D'un point de vue économique , les difficultés empirent : le seul fait qu'il y ait moins d'eau par personne est dans cette région aride un vrai défi social pour tous , à chaque nouvelle arrivée !
La terre se raréfie en la Colonie du Cap, entrainant vite une hausse des prix du foncier, fragilisant la communauté des Fritzlandophones qui est bien plus agricole donc dépendante de la terre que ne le sont les Britons qui eux ont souvent un lien plus relâché avec tout ça .
Les Boers ne sont pas dupes : ils savent que quelque chose de grave se prépare en Britonnie !
Et le couperet tomba effectivement dés l'année suivante : en 1845, le Parlement de Britonnie annonce officiellement l'interdiction définitive et totale de l'esclavage , en métropole et en colonie .
Toutes les colonies du Royaume-Uni de par le monde , dont l'Aleka , sont affectées et obligées de faire appliquer l'ordonnance dans leurs propres territoires : le 31 Décembre 1845, la fin de l'esclavage entre en vigueur en Aleka et ce sans aucune compensation prévue pour les propriétaires .
Rétrospectivement , de nombreux Alekaners le voient comme un mal pour un bien dans le sens où parce qu'ils n'avaient jusqu'alors presque aucune raison de se plaindre , la communauté n'aurait probablement jamais connu de sursaut aussi fort et se serait fait progressivement assimilée !
L'adoption de cette loi était probablement inévitable , mais la publier si tôt , alors que les Boers n'ont pas encore perdu cet esprit d'indépendance qui les animait mais s'affadissait peu à peu , a qui sait peut-être permit de servir d'électrochoc aux Boers et de sauver la culture Fritzlandophone !
Le 14 Juillet 1846, révoltés par cette mesure , des dizaines d'Alekaners s'organisent en un convoi .
Ensembles sous la direction d'Henri Potrieker, ils partent vers le Nord-Est pour rejoindre les grandes plaines herbeuses du veld situées derrière le Grand Escarpement , une région connue mais jusque-là très peu explorée par les occidentaux qui en avaient une peur bleue .
Ce sont les premiers Voortrekkers , les héros du Grand Trek .
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Le 9 Janvier 1876, les Alekaners de la colonie du Cap Occidental se révoltent : une grande manifestation a lieu ce matin-là devant le gouvernorat , rassemblant 14'000 personnes , mais les autorités ne se laissent pas impressionner, et font violemment disperser la foule .
Pendant ce temps là , les Britons eurent leurs propres chats à fouetter, et ne se préoccupèrent donc plus des Alekaners qui ont ainsi pu construire et gérer tranquillement les deux nouveaux états .
En 1877, le Royaume-Uni est très préoccupé par l'état du Kwazulonatal qui ne s'arrange pas .
Bien au contraire , ça empire de semaines en semaines , depuis que
Le gouverneur général est en quelque sorte pris en otage entre ses devoirs envers la couronne laaglandaise et sa sympathie pour ces concitoyens , et la royauté britone le sent bien !
Le 12 Janvier 1879 , la décision tombe tel un couperet sur les alekaners : Hans Tachenreschner, le colonel en charge de la sécurité de la ville de Moonhoek se voit accorder une promotion au grade de lieutenant-général dans l'armée britone puis est muté à plusieurs milliers de kilomètres de l'Aleka dans l'actuel Territoire de Guongzhou pour 10 ans .
Et il ne s'y trompent pas : la royauté a bien compris qu'étant né et élevé ici , il est trop éloigné dans tout les sens du terme de la métropole . Son insistance sur la question linguistique lui fait craindre une potentielle défection en faveur de ceux qu'il est censé surveiller !
Tandis qu'à sa place est nommé à ce poste crucial , un homme insignifiant qui n'a aucune affinité avec la région ce qui permet aux britons de se calmer, mais qui désormais tiennent à l’œil cette colonie un peu trop autonome culturellement parlant ...
Climat d'autant plus délétère qu'entretemps les choses ont mal tourné pour les Khozas !
Les années 1870 furent l'occasion d'une des hystéries collectives les plus bizarres et meurtrières :
Le démembrement de la population Khoza par une famine ravageuse causée par la crétinerie à l'état brut dans son expression la plus triste et la plus massacrante .
Le 9 Avril 1877, deux jeunes filles noires de l'ethnie Khoza allèrent tirer de l'eau à une rivière .
Et là , ce matin , un spectre leur apparut disant qu'il était l'ombre d'un éclaireur de l'armée de l'outremonde qui un jour, viendrait pour chasser les Blancs , Boers et Britons , dans la mer.
Mais que pour qu'ils puissent venir, les soldats devaient arriver dans un monde débarrassé et libéré de son plus grand fléau qui le ronge qu'est selon eux la " mauvaiseté " du peuple Khoza ...
Le meilleur moyen pour ça ? Tuer tout le bétail et incendier les récoltes agricoles !
Et surtout de ne plus travailler, ni semer de futures récoltes ... Forcément cela aurait un impact direct sur la vie quotidienne de la population qui serait qu'elle souffrirait bientôt de la faim mais que ce ne serait pas grave car d'ici le 18 Février 1878, au plus tard ! Les soldats de l'outremonde seront là et alors le monde sera libéré des envahisseurs et l'abondance viendra à flot sans travailler...
Malheureusement les Khozas ont foncé tête baissée dans ce délire , du fait qu'ils n'étaient pas assez éduqués pour comprendre que supprimer la nourriture donne faim et que ça ne sert à rien d'en attendre après des esprits (qui de toutes façons n'existent pas) pour résoudre des problèmes par la fainéantise .
Abusé par le sorcier du village d'Urundi qui relaie et amplifie l'appel donné par les deux jeunes filles le grand chef de tout le peuple Khoza réclame alors que les ordres soient exécutés immédiatement .
Le résultat est très largement à la hauteur des attentes : en moins d'un semestre la quasitotalité du bétail et des récoltes agricoles a été supprimée et en Novembre 1877, la faim commence à pointer.
Mais au lieu de se révolter, les Khozas sont ravis ! Ils sont fous de joie de savoir que leurs enfants meurent de faim parce qu'il n'y a plus rien à manger, car ça annonce la fin des Blancs !
Et le jour tant attendu du 18 Février 1878, c'est véritablement tout l'Aleka qui tremble !
Les Khozas attendent avec impatience l'arrivée des spectres tandis que les Blancs , qui sentent déjà en quoi tout ce cirque débile va finir, se préparent militairement à faire face au chaos à venir.
Comme le raconte le missionnaire Robart Mollins =
[quote]Le soleil se leva et se coucha normalement . Entretemps , il ne s’était rien passé du tout .[/quote]
Sauf que les malheureux attendaient désespérément un signal de la part des grands ancêtres ...
La frayeur, l'angoisse primale de la faim saisit alors les Khozas , un peuple alors en piteux état après plus d'un trimestre d'attente dans la peur, la faim et la soif, comme le décrit Ellen Defoe :
[quote]Probablement l'une des images les plus tragiques de ce jour, temps maudit que je n'oublierais jamais aura été de voir cette vieille dame dessoudée par l'age et tordue par des semaines de starvation qui malgré tout était sortie parée de bijoux en bronze qui tintaient en continu .
Elle était si faible qu'il n'eut presque pas été abusé de dire que c'était presque les bijoux qui la tenaient debout plutôt que ses propres jambes tant elle tremblait d'épuisement ce qui faisait sonner les bijoux et elle en était pour ainsi dire heureuse car elle espérait attirer ainsi les esprits sacrés .
Et elle se cramponna à ce dernier espoir, jusqu'à ne même plus avoir assez de force pour enlever ses bijoux et s'écroula par terre à bout de force , pour mourir en contact avec le sol des ancêtres .
Quand le Soleil se coucha ce soir-là il y avait un silence de mort , au sens le plus brut du terme .
La plaine sentait le cadavre , la peur, la honte et la souffrance .
Les enfants ne riaient plus , ne jouaient plus , n'avaient même plus la force de pleurer...[/quote]
Les humanitaires britons qui tourèrent dans le pays des Khosas pour distribuer de la nourriture afin de sauver le plus de monde possible furent confrontés à des scènes véritablement postapocalyptiques qui leur brisèrent le cœur, et en traumatisa à vie des centaines voire des milliers .
Beaucoup racontèrent avoir vu des gens condamnés pour qui il était déjà trop tard rassembler leurs ultimes forces pour grimper dans le silo à grains pour voir si la prédiction qu'il se remplirait miraculeusement en leur absence s'était réalisée mais bien entendu dans chaque cas il ne restait rien alors ils grattaient désespérément le torchis des murs et du sol du silo, à la recherche du moindre petit grain de céréales et crevaient sur place parce-qu'ils étaient trop faibles pour en redescendre .
Des mères émaciées aux seins aplatis et crevassés auxquels se cramponnaient désespérément de jeunes enfants voire des adultes arrivés à la fin de leurs forces , et qui tous grattaient le sol pour y chercher des racines à faire bouillir, pour avoir au moins quelque chose à mâcher...
Des soldats qui firent bouillir, par désespoir, les boucliers en cuir, ou les jupes en laine .
Les rares chiens qui avaient réussi à échapper à se faire tuer pour de la nourriture s'allièrent aux corbeaux pour venir ensuite dévorer les cadavres et parfois même des gens encore vivants tandis que les missionnaires calvinistes Britons ou Boers durent intervenir pour empêcher certains parents de tuer leurs propres enfants pour les manger, et beaucoup d'autres n'eurent pas cette chance au point que l'un de ces missionnaires déclara dans une conférence de presse 5 ans plus tard :
[quote]J'y ai vu ce qui arrive quand Dieu abandonne ses enfants . La famine efface toute humanité .
Elle écrase les esprits jusqu'à ne plus laisser aucune place pour autre chose que de manger.[/quote]
Guerre d'Indépendance
L’État de Cérésie est fondé le 24 juillet 1895.
A ce moment là , la Cérésie est fondée et une nation tente tant bien que mal de se créer et de se stabiliser mais les laaglandais en métropole ne veulent pas lâcher prise . Conscients du danger que représenterai cet état hostile à leurs intérêts , en plus de la perte des rentes des ressources du territoire cérésien , le Laagland riposte immédiatement en y envoyant son armée régulière !
Celle-ci dispose ainsi de tout un matériel ultra-moderne incluant navires-cuirassés , mitrailleuses , du fil de fer barbelé et des canons du nec plus ultra pour l'époque .
Elle débarque en Cérésie le 1er Aout 1995 et commence alors tout de suite à envahir l'ensemble du territoire .
Dés le 21 Aout l'occupation est totale !
Toutefois les citoyens du jeune état n'ont pas l'intention de se laisser faire confisquer ce territoire qu'ils chérissent déjà tellement , et ils commencent eux-aussi immédiatement à former une résistance partout dans le pays .
Mais l"Armée Laaglandaise continue de les traquer sans relâche en un conflit qui fait de nombreux morts et blessés des deux côtés.
Drame de ce conflit qui voit s'affronter des blancs dans une guerre civile à l'autre bout du monde .
L'AB n'hésite pas à faire usage de canons modernes et de mitrailleuses ( tout nouveau à l'époque ) dans les forets tropicales , pour déloger les résistants sans que cela n'apporte de marge significative et au début les Britons ne la mène pas large !
Les résistants Alekaners leur font subir de lourdes pertes et au début du mois de Novembre 1895 la force expéditionnaire a déjà perdu 1 200 soldats .
Pire encore la tentative de mener une bataille conventionnelle à Spionskop le 8 Novembre tourne à la boucherie et coute au Royaume-Uni plus d'un millier de combattants en une seule et unique journée !
Très vite les généraux de la force expéditionnaire doivent se rendre à l'évidence => La méthode habituelle de la guerre conventionnelle ne mène nulle part .
Au sein de la résistance un posnan s'est fort bien illustré : le Général Antoine Delaray, aussi appelé le Lion du Transvaal Occidental pour sa force physique hallucinante ainsi que sa grande intelligence pour la tactique sur le champs de bataille , et du fait qu'il s'est illustré sur le front du Transvaal de l'Ouest dans ce qui est aujourd'hui la Province du Kerala .
Mais face à lui se trouve un autre officier, de grande valeur, qu'est le colonel Briton Kenneth Anton .
Il s'est illustré durant la bataille de Spionskop en tenant à lui seul une colline pour couvrir la retraite de son bataillon qui fut décimé au plus fort des combats , tuant seul plusieurs dizaines d'Alekaners !
Lui au moins avait tout de suite compris , dés son arrivée en Aleka , que cette guerre ne ressemblerait à aucune autre guerre du passé et qu'il fallait se montrer aussi méchant et tacticien que l'autre .
Kenneth Anton est nommé Général en chef de la lutte contre la résistance le 14 Novembre et commence tout de suite à mettre en pratique ces théories : la guerre doit être pratiquée comme la font les résistants et se doit d'être totale , partout , asymétrique .
Il exige de ses soldats beaucoup de courage et d'abnégation , mais en même temps leurs demande de fuir dés que possible face à l'ennemi . Les Britons s'offusquent de sa méthode jugée lâche et trop conciliante mais le futur va vite donner raison à Anton ...
Face à cette nouvelle tactique , il est particulièrement difficile à l'Armée de la Résistance de tenir la gageure face : la forte mobilité des troupes résistantes et leurs connaissances du terrain rendent tout son matériel inutile et trop lent .
Dés le mois de Décembre , la vapeur est renversée => l'AB ne cessera de gagner du terrain et ne récupérera jamais la maitrise du champ de bataille , tandis qu'à la résistance la guerre lui échappe complétement , la victoire pourtant à portée lui glisse d'entre les doigts ...
En Février, c'est la Semaine Sanglante : le 15, le 17, et le 19, les Britons infligent de sévères défaites aux combattants Alekaners de la résistance . Elle qui n'avait en 5 mois perdu qu'une centaine de soldats , elle en perd à chaque fois 1 200 ! A la fin de la semaine elle a perdu 3 600 soldats supplémentaires et le cout humain ne va cesser d'augmenter durant tout le reste de la guerre .
Au Royaume-Uni , les journaux se font un plaisir de la massacrer, un journal sort même une édition spéciale avec un titre lapidaire : La gifle aux incapables , pourquoi ils l'ont bien cherché .
Kenneth Anton en personne se permet même d'affirmer : " Nous avons vengé les martyrs de Spionskop " .
Finalement, le vendredi 13 Septembre 18--, les Britons déclenchent l'Opération Vendredi 13 : une vague d'attaques suicides contre les QG ennemis, décapitant leur commandement.
Au prix très lourd de la mort de plus de 250 volontaires , rejoignant les martyrs des Alekaners , les résistants parviennent à sauver une trentaine des principaux généraux de la résistance mais l'ennemi
a détruit ses centres de logistique en munitions et en nourriture .
Le cout pour la résistance est considérable : plus de 30 Millions de Tulp partis en fumée en une seule journée et surtout les meilleurs officiers Alekaners sont morts .
Si malgré toutes les difficultés rencontrées jusque là , la résistance avait continué de croire en ses chances , qui d'ailleurs étaient bien réelles , de gagner la guerre , il est clair pour tous qu'après cette frappe d'envergure nationale il n'est plus possible de venir à bout de l'occupant .
Le bilan final de la guerre est très lourd : 6'000 morts parmi les Boers et 8'000 parmi les Britons d'un point de vue strictement militaire auxquels s'ajoutent environ 140'000 civils innocents .
Bien que les Britons aient perdu d'avantage de soldats , la compensation démographique de leur coté fait que la guerre a eu un impact beaucoup plus long et lourd sur les Alekaners .
Il y a le traumatisme des camps d'extermination où les Britons ont tué à l'industrielle des dizaines de milliers de femmes et d'enfants dont le seul crime étaient d'être les familles des résistants .
Il y a la seconde grande famine de l'histoire du pays , à cause du brulage des fermes rurales .
Et pour finir, il y a des deux cotés la honte de se dire que des chrétiens protestants se sont entretués sous le regard horrifié et désillusionné des aborigènes qui en voyant des blancs pleurer, souffrir, et déprimer, comprennent que la puissance de ceux-ci n'est pas absolue et qu'ils peuvent être battus militairement quand l'on s'en donne vraiment les moyens .
Le XXème siècle
L'ile d'Aleka ainsi réunifiée commence alors à se construire en tant que nation libre et indépendante .
Dans un premier temps , c'est particulièrement difficile : pour lutter contre la résistance les Britons ont fait enfermer en camps de concentration des centaines de milliers des femmes et enfants de Boers et plus de 28 000 sont mort(e)s de malnutrition et de maladie dans ces camps .
La saignée démographique , pour la petite ile d'à peine 3 Millions d'habitants , est donc notable entre les morts et les malheureux que les maladies et la faim ont mutilé à jamais tant dans leurs chairs que leurs esprits d'autant plus que les Britons ont pratiqué une politique de la terre brulée systématique et ont détruit de nombreuses fermes : alors que l'ile était exportatrice de nourriture avant la guerre , il faudra attendre 1911 pour qu'elle soit de nouveau autosuffisante sur le plan alimentaire !
D'où plusieurs années de famine chronique ... Tandis que la politique n'attend pas ! Kenneth Anton , en grand vainqueur de la Guerre d'Indépendance , est élu dés le 6 Septembre 1900 Président de la République avec 56 % des voix au second tour face au Zanyaner Friederick Van Klerk . Son premier objectif est de redresser l'économie : le Parlement approuve ainsi le 14 Mars 1901 le Plan Anton , qui vise à libérer la Cérésie de sa dépendance économique , dans tout les domaines .
Le nouveau gouvernement de Cérésie crée ainsi une monnaie cérésienne , le Rand , pour remplacer le Tulp ( qui continuera à circuler jusqu'en 1925 environ ... ) et donne ainsi au pays de monnayer sa dette elle-même . Utile , car le plan est fondé sur un lourd endettement .
Politiquement , la présidence Anton est marquée par l'improvisation et la construction : il n'y a pas à l'époque de véritables partis , et l'Assemblée Populaire est d'abord composée d'anonymes venus de tout le pays sans aucune conscience politique . Le premier travail de cette AP fut de rédiger une Constitution , car la République d'Aleka proclamée en 1895 ne tenait que par une Charte Nationale très vague et juste suffisante pour faire tenir un maigre édifice le temps de tenir durant la guerre .
La Constitution qui est approuvée par le Président Anton le 16 Février 1903 confirme la nature fédérale du pays qui prend le nom d'Union de Cérésie . La Cérésie sera donc formée d'états largement autonomes avec un gouvernement central basé à Moonhoek ; le droit de vote est accordé à tout les hommes blancs de plus de 21 ans et fait tout à fait remarquable pour l'époque , aussi aux femmes mais à la condition d’être mariée et d'avoir plus de 30 ans .
L'Union est dirigée par un Président élu pour un septennat unique au suffrage universel .
Mais si cette Constitution est démocratique entre les blancs , elle est en revanche discriminatoire pour les Aborigènes qui se voient refusé le droit de vote , de fonder une entreprise et bien d'autres droits humains fondamentaux . Elle confirme dans son Article 12 : La race blanche est intrinsèquement supérieure à toutes les autres et donc seule habilitée à présider aux destinées de la nation .
Ce programme d'envergure nationale , appelé Apartheid en Alekâns , a un but bien précis : éliminer progressivement et sans vagues le peuple premier d'Aleka . C'est pourquoi l'apartheid n'interdit pas les mariages pluriethniques , bien au contraire ! L'architecte de l'apartheid , compte justement principalement là-dessus : avec en parallèle un statut très avantageux pour les métis , le boulevard est tout tracé et les aborigènes vont malheureusement le suivre . L'efficacité du système est implacable : en 50 ans à peine le ratio entre aborigènes et blancs s'inverse ... Aujourd'hui , ils ne sont plus qu'un quart de la population totale Alekane .
Ce système perdurera sans aucune modification majeure jusqu'aux années 50 ...
Tandis qu'entre blancs , la petite vie politicienne suit son cours , as usual .
En 1908 Kenneth Anton quitte la présidence pour se retirer comme fermier dans le SuidKaap et restera jusqu'à sa mort député de son état .
A sa place est élu le perdant de l'élection de 1901 , Friederick Van Klerk . Rien à signaler lors de sa présidence ni lors de celle de son suivant Ovronnaz Steampkampf , élu en 1915 .
C'est sous Francis Van Wet , le troisième Président de de Cérésie , élu en 1922 , que l'état du Kerala intègre l'Union , en 1925 . C'est aussi durant son mandat que le droit de vote est étendu à toutes les femmes à partir de 21 ans .
En 1929 , la grande crise mondiale vient frapper la Cérésie . Le taux de chomage explose et le pays plonge dans une interminable crise extrêmement dure qui durera plusieurs années ... La première partie des années 30 ne sera qu'une succession d'échecs du Président Padraigh Swanson à redresser la situation . Le sauveur sera le Zanyaner convaincu Klaus Kirschner . Ce jeune homme de 31 ans , arrivé de lui-même à 16 ans après une longue odyssée depuis le Schlessien , désapprouve avec vigueur la politique ultralibérale de Swanson et ouvre une nouvelle politique qu'il appelle d'un nom anglais : le New Deal , la nouvelle donne .
Après une réorganisation totale du Parti Progressiste qu'il renomme en Parti Travailliste , il conquiert la Présidence avec sa promesse d'une sociale-démocratie prospère et éternelle . Dés son arrivée au pouvoir en 1936 il fait passer une loi permettant au Président de se représenter , une unique fois , à l'élection présidentielle : il sait que sa politique va nécessiter beaucoup de temps alors il sécurise ses arrières afin de s'inscrire dans la durée .
Intraitable en finances , il laisse couler de nombreuses petites banques locales , supprimant ainsi tout leurs actifs et passifs douteux afin d'assainir le secteur bancaire ; même si cette cure a ruiné de nombreux petits épargnants elle a très certainement sauvé la Cérésie du fascisme qui sévit tout autour à la même période ... En 1937 il ordonne la stricte séparation des établissements d'affaire et de dépôt , et dévalue de 88 % la valeur du Rand .
En 1943 , il est réélu de justesse avec à peine 50,08 % des voix ! Mais le hasard de l'histoire va donner une opportunité rêvée : les guerres des années 40 qui déchirent le reste du continent induit une consommation record en carburant et armement .
Restant neutre , l'Union de Cérésie offre ses services aux deux parties de la guerre , ne s’embarrassant aucunement de quelconques contradictions et devient le pourvoyeur indispensable des combattants .
Monnayant durement son travail , l'argent afflue rapidement . Le premier mandat avait remis l'économie cérésienne en ordre de marche , le second lui fait retrouver le ciel ! Les 6 années de guerre seront d'une rentabilité exceptionnelle pour l'Union d'Aleka qui revient à sa pleine forme .
Aujourd'hui encore beaucoup s'interroge sur le pourquoi d'un tel basculement , si fort et rapide .
Klaus Kirschner lui-même avouera en 1962 qu'il ne s'attendait pas à être réélu et encore moins à quitter une Présidence adulée par les citoyens ...
Après la Grande Guerre , fidèle à sa parole , Kirschner ne se représente pas . Très malmené par sa droite , le PT ne parvient pas à convaincre une 3ème fois , et c'est le Parti National qui rafle les élections de 1950 .
Renforçant dés son arrivée les lois de l'apartheid , le PN s'attire la colère des aborigènes qui manifestent en masse malgré l'interdiction qui leur est faite de s'exprimer dans la rue . L'escalade ne cesse de s’accélérer jusqu'au Printemps 1956 . Le 14 Avril , la Police blanche tire à balles réelles dans une manifestation d'aborigènes à Salisbury en banlieue de Woodstocktown , puis fait donner la chasse aux manifestants à travers la ville . La journée se conclut sur un bilan humain effroyable !
En tout , 365 morts parmi les manifestants dont 12 blancs progressistes opposés à l'apartheid et quatre morts parmi la Police . Encore aujourd'hui , si le nombre exact de morts est connu l'on ne connait toujours pas le nombre exact de blessés de ce jour funeste dans l'histoire de l'Aleka ...
Dans la foulée , le gouvernement nationaliste proclame aussitôt l'état d'urgence et fait arrêter plus de 18 000 personnes , en majorité des aborigènes mais aussi beaucoup de blancs progressistes , et en fait rapidement condamner à mort 230 , dont 7 blancs . Le gouvernement ment au peuple en avançant le chiffre dément de 100 morts dans les rangs de la Police , et s'en sert de prétexte , sautant du coq à l’âne , pour interdire aux métis le droit de vote . Coup de poignard terrible ! Car si en 1957 , les forces progressistes au sein des blancs sont encore trop sonnées pour résister , elles ne sont pas pour autant hors-jeu , loin de là ... Or les métis formaient le gros des troupes du Parti Travailliste , de sorte que la gauche du spectre politique du pays s'en trouve laminée .
Les nationalistes ont donc tout leur temps puisqu'ils se retrouvent comme étant le seul parti d'assez grande envergure au sein du corps électoral .
Réélu avec le score stalinien de 82 % , le Président Pikko Van Blerk poursuit l’œuvre d'Hendrik Verwoerd en imbriquant le petit apartheid dans un grand apartheid : l'idée étant de faire une Aleka totalement blanche en excluant les aborigènes qui seraient parqués dans des réserves , des espèces de zoos humains servant de cages à poules en main-d’œuvre peu regardante pour l'industrie conquérante .
Ainsi , 3 bantoustans sont créés : le Natokwaland , l'Amandjerek et le Solewen . Ces trois entités sont bien sur fictives et ne sont que des coquilles vides de sens politique ; Les noms sont complétement fantaisistes et les tracés aussi , ne leurs confiant comme par hasard que les terres arides et sans aucune richesse (extérieure comme souterraine) afin qu'elles ne soient jamais économiquement autonomes .
En clair , cela consacre la mise en esclavage totale des populations aborigènes .
Théoriquement , les bantoustans auraient du devenir à terme des états vraiment viables œuvrant en concertation avec le gouvernement dans le cadre d'une Fédération des États d'Algarbe du Sud .
Le Natokwaland accède le premier à l'indépendance en 1971 , suivi de l'Amandjerek en 1977 , mais pas le Solewen qui malgré tout les efforts du Parti National n'aura jamais rempli les conditions nécessaires à l'indépendance . De toutes façons , cette politique n'aurait pu être efficace qu'avec la reconnaissance officielle de ces nouveaux états par la communauté internationale , ce qui ne fut jamais le cas ...
Conforté en sa prise de pouvoir le Parti National tiendra sans partage le Parlement et la Présidence de 1950 à 1987 avec une intransigeance terrifiante .
En 1985 , le Parti National célèbre avec faste et grandeur son 70ème anniversaire , avec discours des chefs , des défilés gigantesques et autres buffets à volonté . Peu sont ceux qui savent à ce moment là que ce sera en réalité son chant du cygne ! Car en coulisse , l'embargo international qui n'a eu de cesse de se resserrer pendant 30 ans est en train d'étrangler lentement mais surement l'économie .
Les entrepreneurs sont les plus furieux contre cet embargo qui les privent non seulement de ressources matérielles et de capitaux , mais aussi et surtout de technologies ; ainsi alors que dans les années 50 la nation était en pointe du progrès technologique aux cotés même des plus forts , en 1985 elle est encore au niveau technologique de 1965 , soit 20 ans de retard !
Et le phénomène ne cesse de s'amplifier... Ainsi les produits de plus en plus vieillots de l'industrie cérésienne peinent à conquérir le peu de marchés qui s'offrent encore à eux . Les faillites d'entreprises augmentent d'année en année et cela devient une véritable source de préoccupation au Ministère de l'Economie , tandis que le PN festoie sans compter pour célébrer sa victoire sur les aborigènes ...
De plus , au sein de ces-derniers la colère gronde tant et si bien qu'elle commence à se structurer : au mois d'Avril tout les groupuscules militantistes aborigènes se sont réunis sous la bannière du Whakaoranga qui est un mot signifiant " Libération " en langue locale . Ces mouvements luttent depuis le début des années 50 pour la fin de l'apartheid via l'abolition du passeport intérieur et l'accord du droit de vote , pour ne citer que leurs revendications les plus pressantes ...
En 1986 , de graves différents entre le Président Pieter Schluss Botha concernant la privatisation totale des transports et des télécoms , qui porte ce projet , et sa base politique qui s'y oppose avec fermeté pousse celui-ci a démissionner , l’annonçant en direct à la télévision et prend ainsi tout le monde par surprise .
Face à un Parti National en proie à de profondes dissensions se trouve un Parti Travailliste remis en ordre de marche qui assez bizarrement , s'est uni avec l'Alliance Populaire , pourtant étendard de la droite libérale .
Cette union est plus une entente de raison qu'un mariage d'amour , bien sûr => L'objectif commun de tout ceux n'étant pas au Parti National à ce moment-là était de virer Botha et d'aviser après .
La pression politique extérieure couplée à l'embargo international contre la Cérésie était devenue insoutenable au point que même certains nationalistes commençaient à être prêt à assouplir l'apartheid pour récupérer de la marge de manœuvre dans le commerce mondial .
Lézardé dans sa confiance , le PN ne résiste pas à la vague pourpre de 1987 .
Le Président par intérim Franken Necker n'a rien pu faire : le 11 Novembre 1987 le démocrate Henri Van Wyk est élu avec 63 % des voix et le PN en est réduit à seulement un cinquième du Parlement !
L'apartheid est ainsi peu à peu supprimé : dés le 15 Novembre , le droit de vote est rendu aux métis , et avec ce gigantesque retour de flamme pour le Parti Travailliste , le spectre d'un retour potentiel des nationalistes est définitivement écarté . Le 30 Mars 1988 est accordé aux aborigènes le droit de fonder et diriger une entreprise .
Le 16 Février 1989 , au vu de l'échec total que furent les bantoustans indépendants , l'Aleka proclame la réannexion de ceux-ci au sein de l'Union Fédérale , mais il faudra attendre le 7 Mai 1993 pour que le passeport intérieur soit définitivement supprimé , et le 3 Janvier 1994 le droit de vote est accordé aux aborigènes .
Enfin , pas tout à fait , puisqu'il n'est accordé qu'aux hommes mariés de plus de 25 ans ...
En parallèle aux efforts du nouveau gouvernement , l'embargo international se desserre peu à peu : les 2 marqueurs principaux en sont la rencontre USP-Cérésie en Octobre 1992 , première depuis 1951 , et le retour à une balance commerciale extérieure positive en 1993 . Les élections de Septembre 1994 consacre la fin de l'apartheid , puisque avant même le scrutin Henri Van Wyk avait annoncé de prendre sous son aile comme Ministre de l'Intérieur l'aborigène Anguna Makawi , 48 ans . Il sera pourtant réélu avec 65 % des voix , tandis que le Parti National poursuit sa descente aux enfers : il ne récolte que 12 % des sièges au Parlement ! Van Wyk lui-même dira dans une interview radiodiffusée en Juin 1995 :
" Jamais je n'aurais pu croire que les nationalistes tomberaient si bas " ...
En Juin 1995 toujours se situe le marqueur clé qui signe la fin définitive de l'apartheid : l'Article 12 de la Constitution de 1903 qui avait gravé dans le marbre que la race blanche serait supérieure aux autres , est aboli par un amendement via un référendum ayant récolté plus de 91 % de OUI , alors que les nationalistes avaient obtenus 12 % des sièges aux élections législatives de 1994 : preuve s'il en était toujours besoin que le Parti National s'était bien écroulé de l'intérieur , que l'apartheid ne faisait plus l'unanimité que par la volonté qu'il disparaisse !
Mais bien sur, c'était sans compter sur la détermination fanatique de l’extrême-droite blanche suprémaciste qui était bien décidée à tout faire pour faire échouer la mutation politique et défendre l'apartheid , coute que coute malgré la désapprobation de plus en plus grande chez les blancs .
C'est pourquoi le mandat Van Wyk est émaillé d'incidents dramatiques : le 23 Aout 1991 , de terribles affrontements entre la Police et l'Alekaner Weerstandbewegung , abrégé en AWB , font 3 morts au sein de celui-ci et une vingtaine d'amputés au sein de la Police . L'AWB entendait protester contre le passage du Président Van Wyk dans son bastion , la petite ville de Tendersdorp, et c'est lors du discours de celui-ci que ce qui reste désormais profondément ancrée dans la mémoire collective nationale comme la Bataille de Tendersdorp a éclaté devant la Mairie communale .
Alors que le démantèlement de l'apartheid s'amplifie , inexorable , le ZWB manifeste le 23 Juin 1993 soit deux ans jour pour jour après Tendersdorp , devant l'auditorium municipal de Woodstocktown où se tiennent les négociations entre le Whakaoranga et le Parti Travailliste sur la question du démantèlement de l'apartheid . Bien sur il devient vite impossible de contenir la foule qui s'amasse très rapidement devant l'auditorium et la situation dégénère lorsque la Garde de Fer , le bras armé du ZWB , arrive vers 9 H sur les lieux en camions bâchés et pire encore lorsqu'à 10 H 25 du matin le leader du parti Roger Terrerouge arrive monté sur un pick-up blindé !
C'est alors Terrerouge lui-même qui se place au volant du pick-up et défonce la baie vitrée du hall de l'auditorium permettant à ses partisans lourdement armés d'envahir le building . Une fusillade éclate à 10 H 37 dans le hall principal : les hommes de Terrerouge ont ouvert le feu sur la délégation aborigène ! La journée s'achève dans le sang et les larmes , avec de nouveau 3 morts au sein du ZWB et 8 morts parmi les aborigènes , qui perdent là leurs principaux leaders : Anguna Makawi perd son fils et sa femme qui l'avaient accompagné dans la délégation ...
Le ZWB avait rencontré un écho plutot fort parmi la communauté blanche nostalgique de l'apartheid ...
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Tandis qu'au même moment , émergeait celui qui sera le dernier Président de l'Union d'Aleka en la personne d'Erwin Greengrass . Né en Britonnie en 1960 et arrivé avec ses parents en Aleka à l'age de neuf ans , il est élevé dans un esprit très woodstockien par ses parents écolibertaires et s'était très tôt engagé en politique en fondant l'Association des Gardiens de la Terre à l'age de 16 ans avec des amis lorsque révolté par la condition du peuple aborigène d'Aleka il fait partie des manifestants de première ligne en 1976 lors des émeutes de Siwitha .
Doué à l'école malgré son caractère rebelle , il obtient une bourse au mérite pour l'Université très réputée de Woodstocktown où il étudie le droit fondamental et l'histoire-géographie où il obtient ainsi respectivement un doctorat et un master .
Aussitôt sa licence obtenue ( et poursuivant en parallèle ses études vers le doctorat ) il s'inscrit au Parti Travailliste au sein duquel il se fait vite remarquer pour ses harangues déchainées contre l'apartheid et dans lesquelles il crache avec vigueur sur les nationalistes .
Ses discours contribuent beaucoup à cimenter idéologiquement le Parti et sa contribution au débat d'idées est reconnue par tous jusqu'au plus haut niveau => Henry Van Wyk le nomme directeur de campagne pour 1987 et il sera ainsi l'artisan clé de la victoire de la vague pourpre .
Pendant le 1er mandat Van Wyk , il est soutenu par celui-ci aux élections internes du Parti Travailliste qui l'élit comme Secrétaire Général du parti le 6 Juin 1989 , et se verra renouvelé en cette fonction en 1994 et en 1999 .
En 1995 , un an après la nouvelle vague pourpre , Van Wyk lui confie le Ministère de l'Economie , faisant ainsi une décision qui va bouleverser l'histoire de la nation ! Se rodant là à la gestion d'une économie nationale , il prend conscience de l'urgence qu'est la sauvegarde de la nature , de l'état déplorable de l'environnement cérésien .
Et peu à peu , son discours se teinte d'une très forte consonance écologiste => Architecte d'une révolution idéologique au sein de la gauche de Cérésie , il aboutit à lier la condition des travailleurs à l'écologie , partant du principe que c'est de la faute des grandes compagnies capitalistes , qui avaient soutenu d'ailleurs l'apartheid pour son apport constant en chair fraiche pour l'industrie et l'agriculture productiviste , si la nature mourrait à petit feu .
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Pendant ce temps , le Président Van Wyk poursuit la lourde tache de solder le passé douloureux de l'apartheid pendant son second mandat . Sa première initiative est dés Février 1995 de mettre fin au système fédéral : c'est pourquoi les 4 grands états et les 3 bantoustans récemment réintégrés à la fédération sont éclatés en 8 provinces dont les pouvoirs sont réduits .
Une Commission pour la Vérité et la Réconciliation est établie avec pour mission d'obtenir le témoignage de tout les participants à la ségrégation puis d'instruire les procès . On voit alors passer devant les 11 juges les ministres et les présidents de " l'ère apartheid " , mais aussi des membres " repentis " du ZWB ou des paramilitaires des organisations aborigènes de libération . Tous viennent plaider coupables devant des files de victimes venues demander réparation . Insistant sur son aspect d'unification du peuple Alekan après tant d'années de divisions et de meurtrissures , la CVR graciera au total 3 200 témoins mais condamnera aussi à la peine de mort environ 400 collaborateurs notoires de l'apartheid dont une vingtaine d'anciens ministres , des policiers et des agents des services secrets .
Seuls les présidents échappent à la peine capitale de par le statut d'anciens chefs d'état mais sont déchus de leurs droits civiques . La CVR travailla ainsi de Mars 1995 à Septembre 2000 , date à laquelle sa tache est considérée comme accomplie , et elle alors dissoute . Mais le travail de mémoire continue sous la houlette d'un nouvel organisme : l'Institut National aux Relations Interraciales ...
Les premières élections provinciales tenues en Aout 1996 confirment l'enracinement du Parti Travailliste comme nouveau parti dominant de la scène politique en Aleka : sur les 8 provinces , 5 sont raflées par celui-ci .
Sur les trois provinces qui échappent à son contrôle , deux sont aux mains du Parti National et la dernière à la Fraternité Humaniste .
Au XXIème siècle
Mais en 2001 , lassée par plus d'une douzaine d'années sous la houlette de la gauche et sous la pression d'une petite délinquance en hausse et de l'augmentation du nombre de meurtres de fermier blancs la population décide de donner la majorité parlementaire et la présidence à la droite !
Celle-ci est alors menée par Andrew Thalès pour le Parti Libéral-Démocrate .
L'adélophone Andrew Thalès remporte l'élection présidentielle avec 59 % des voix et dispose d'une courte majorité absolue au sein de l'organe législatif, suffisante pour faire passer son programme de choc pour la nation composée de privatisations et de dérégulations commerciales couplées à une politique de tolérance zéro contre la criminalité et la délinquance .
Entre Février 2001 et Septembre 2009, tout les indicateurs sont au vert et le pays y trouve la stabilité après une décennie des années 90' faite de grands bouleversements sociaux et une croissance économique faible mais solide qui rassure les investisseurs . Mais à partir de la mi-Septembre 2009 une bulle spéculative à la bourse et dans l'immobilier, portée par l'étranger, gonfle démesurément en quelques années sur fond de délits d'initiés au Ministère de la Maitrise du Territoire .
La bulle éclata à peine plus de trois ans plus tard en Octobre 2010, depuis tourné en dérision par les traders et les courtiers de Meklenburg sous le titre d'Octobre Rouge .
D'autant que la démission le 11 Mars 2011 dudit Ministre vint dans l'esprit des gens les confirmer, ces fameux délits d'initiés dont apparemment tout le monde dans l'univers de la finance était au courant mais sans jamais rien en dire à qui que ce soit !
Malheureusement , les dissensions entre Erwin Greengrass et la coalition des ultraconservateurs de l'AWB , de l'Ossewabrandwag et des électrons libres du Parti National n'ont de cesse de s'envenimer avec de longues et terribles disputes dans l'enceinte de l'Assemblée Nationale , jusqu'à la dramatique explosion du 6 Juin 2014 où une bagarre éclate en pleine séance plénière lorsque Greengrass se fit insulter de babouin par un député de l'AWB ! Une dizaine de députés travaillistes prennent alors l'initiative et chargent les ultraconservateurs : 5 députés finiront la journée à l’hôpital avec des membres cassés et même un œil crevé ...
A partir de là , il était devenu clair que l'ambition réformatrice écologiste d'Erwin Greengrass ne passera pas sans casser en profondeur le système politique de l'Aleka .
Il sera même la première fissure : le 1er Mai 2025 le Président de la République Erwin Greengrass meurt à 65 ans d'une commotion cérébrale causée par un éclat d'obus lui ayant traversé la boite crânienne . Une bande de terroristes de la Garde de Fer, la branche militaire de l'Alekaner Weerstandbewegung ont attaqué le Palais Présidentiel au mortier, tuant ainsi 2 employés du palais en plus du Président .
L’enquête aboutira à la conclusion que c'est la malheureuse tentative présidentielle de redistribuer une partie des terres des Boers aux aborigènes , en Février, qui a fait déborder le vase .
Ce meurtre ébranle l'ensemble de la société cérésienne , car si des Présidents ont démissionné , ont été démis de leurs fonctions par la Cour Suprême , jamais l'un d'eux n'avait été assassiné dans l'exercice même de ces fonctions !
Du meurtre d'Erwin Greengrass à l'ère Rophile
En Aleka même à partir de 2025 s'ouvrent de longs et profonds tourments politiques , opposant les partisans d'Erwin Greengrass et tout les autres .
C'est pendant ces difficultés que vont naitre 2 figures politiques actuelles : Kloé Rophile , arrivée de l'Empire du Ponant et qui prend parti pour les premiers , et Maureen Danvëk , arrivée du Dalradia et qui prend parti pour les autres .
Kloé Rophile est née à Havre-Vert en Cérésie le 11 Novembre 1987, le jour même de la grandiose victoire écrasante de Henri Van Wyk aux élections . Dés 2008 à 21 ans elle s'inscrit au Parti Travailliste et parvient à rencontrer en personne Erwin Greengrass en Octobre 2009 : elle lui fait une excellente impression avec sa trempe politique et sa verve acide !
Élue à 33 ans députée de sa province en Mai 2020 elle est ensuite nommée adjointe au poste très convoité de Secrétaire Générale du Parti Travailliste par Erwin Greengrass en Septembre 2020 et elle occupera conjointement ces 2 postes jusqu'en 2015 .
Kloé Rophile se trouvait dans la salle blanche du Palais lorsque le Président fut assassiné et en garde encore aujourd'hui une marque psychique profonde ... Et bien sur, elle prit aussitôt les rênes du parti qu'elle connaissait désormais très bien = son objectif est de maintenir à tout prix l'ordre et la discipline au sein de sa formation politique , d'éviter que ce meurtre n'entraine le pays dans le chaos .
Sa tache herculéenne , pour la jeune femme de 28 ans , elle va la mener avec Emmanuel Bellecroix qui était en tant que Premier Ministre l'éminence grise de feu Erwin Greengrass .
La Cour Suprême de l'Aleka étant ici confronté à du jamais vu et n'ayant aucune jurisprudence sur le sujet elle ordonne Bellecroix comme Président par intérim et dissout l'Assemblée Nationale pour pouvoir convoquer des législatives anticipées : elles auraient du se tenir en Décembre 2015 mais se feront donc en Juin ... Et voit la victoire du Parti Travailliste d'une très courte tête !
Mais cela ne suffit pas à calmer la colère du peuple qui désire du changement : la condamnation de l'assassinat est unanime et le peuple a renouveler sa confiance aux néo-travaillistes , mais il y a en même temps une profonde volonté de changement .
Taraudée par la question il émet alors une solution alternative : changer de structure politique .
En 2025 le pays fonctionnait encore avec des institutions nées de la Guerre d'Indépendance et si des changements certes importants mais en réalité cosmétiques ont bien été réalisés le fond quant à lui restait le même .
L'idée est soumise au vote par le peuple en étant proposée en référendum le 2 Janvier 2026 :
Souhaitez-vous une nouvelle Constitution pour l'Aleka ?
La réponse tombe : OUI à 63 % , NON à 28 % et 7 % de votes blancs . L'Aleka entre alors dans une période extrêmement troublée , de luttes terribles entre les partis au sein du Parlement et d'émeutes violentes dans les rues des grandes villes .
La Cour Suprême ordonne la création d'une assemblée constituante pour rédiger une nouvelle constitution qui devra être ratifiée par le Parlement , le Président par intérim , puis la Cour Suprême .
Le 20 Mars 2026 le Parti Travailliste se renomme en Bloc Démocratie en hommage à l'homme qui a tant donné pour sa formation politique et dont les discours ont durablement marqué l'idéologie du parti .
Le 3 Avril 2026 , Roger Terrerouge est assassiné à la machette durant son sommeil par 2 de ses employés aborigènes , dans sa ferme principale à Tendersdorp . Plus de 12 000 personnes , principalement des membres du ZWB mais aussi beaucoup de membres de l'Ossewabrandwag et du Parti National , se réunirent le 10 Avril pour ses funérailles à l'église du village . Bien que ce meurtre est pour mobile un différend monétaire , les employés expliquèrent ne pas avoir été payés pendant des mois , il intervient sur un fond de grandes tensions raciales et ravive les ultraconservateurs de tous bords : en Février 2027, après des mois de tractations secrètes entre les différents mouvements , est annoncé la fusion des 3 grands partis de l’extrême-droite cérésienne en un parti unique afin de mieux " lutter " contre les greengrassiens => Le Front des Libertés . Il constituera le premier parti d'opposition durant la période transitionnelle , et éclatera le 1er Janvier 2022 , lorsque la Constitution entra officiellement en vigueur .
En janvier 2031, après moult difficultés impliquant notamment des luttes fratricides entre les partis , la nouvelle Constitution de Cérésie est adoptée, permettant l"ouverture de la Cérésie au monde .