Posté : mar. mai 19, 2015 5:26 pm
27 Février 2027 - Wapong
Étendue paresseusement le long des berges du Fleuve Wa, la ville de Gudae était jadis un des nombreux monuments à la gloire de la civilisation dans une région qui ne connaissait que trop bien la sauvagerie et les côtés les plus sombres de l'Homme. Les champs pouvaient brûlés, les villages être pillés et leurs familles jetées sur les routes par la succession de brigands et de "rois" que seul le titre ronflant distinguait des premiers mais les murailles de Gudae, pendant plus de 300 ans, avaient endurés, offrant un sanctuaire aux âmes désirant contribué à bâtir des autels toujours plus solides et majestueux en l'honneur de la paix et de la prospérité marchande dont jouissaient les cités-états de la vallée de Wa.
L'invasion Alméranne et son élan "civilisateur", forces indomptables, avaient mis fin à tout cela. Les murs de pierre de Gudae étaient tombées face à la poudre et à l'acier. Les temples en l'honneur des Kamis, de Bouddha, des Ancêtres et de la Bureaucratie Céleste avaient été mis à sac, leurs merveilles expédiées dans des musées dans le Nord lointain pour satisfaire la curiosité scientifique des archéologues mais surtout l'orgueil des conquérants. La ville, mise en coupe bien réglée, avait dû attendre une autre tornade de violence étrangère pour se libérer. Elle avait enduré encore presque un siècle de conflits sociaux alimentés à distance par les Slaves, les Numanciens, les Nordiques et les Adéliens dans leur "guerre froide". Et enfin, alors qu'un élan nostalgico-romantique propulsait l'Alméra dans un age sombre intellectuel et poussait ses peuples à se réfugier dans le passé plutôt que de poursuivre sa marche vers l'avenir, les coulis et les prostituées de Gudae avaient repris le flambeau des bourreaux de leur culture.
Cela s'était fait presque naturellement. Car après tout, Gudae était jadis un des nombreux monuments à la gloire de la civilisation, de la paix, du progrès et, en bonne citée marchande, de la prospérité.
Aujourd'hui, la réussite de Gudae se matérialisait par une artère fluviale certes polluée mais débordante d'activité, par des rues illuminées comme un champs de lucioles une fois la nuit tombée, avec des immeubles grimpant dix à quinze fois plus haut qu'aucune tour de pierre d'autrefois ne put rêver de le faire. Et par dessus tout, faisant la fierté de sa population et de ses dirigeants, il y avait TOMIK-002
[center][img]http://s11.postimg.org/eb4gig9z7/featured_image_crystal_river.jpg[/img][/center]
Au centre de cette construction de béton armé et d'acier inoxydable, chef d'oeuvre de l'industrie Lochlannaise, bâtait un cœur d'uranium dont les pulsations alimentait en électricité l'ensemble des villes en amont du fleuve, repoussant la nuit et activant les machines d'un millier d'ateliers et usines. C'était une bête dangereuse mais une bête domptée avant tout, une preuve que l'Homme pouvait plier la nature à sa volonté et qu'avec du temps et de la détermination, l'esprit humain surmontait tout les obstacles et remodelait la réalité à sa guise. Avec cette centrale, le Makara reprenait le flambeau de l'Alméra et partait à la conquête de l'Univers, transformant la poussière extraite des entrailles de la Terre en un million de merveilles contribuant à rapprocher les humains des dieux qu'ils vénéraient jadis avec peur, respect, amour et espoir.
Mais ce n'était ni à Gudae ni à cette centrale que se rendait Sun Loe, leader de la Ligue des Communistes Mayongais. Agée d'à peine 30 ans, la jeune femme inspirait aussi peur, respect, amour et espoir pour les différentes mouvances communistes du Mayong. Elle était pour eux ce que Saratova avait été dans l'imaginaire collectif des Rostovs : une pure idéaliste, belle et courageuse, chaste et généreuse, incarnant toutes les valeurs auxquels ils tenaient.
Bien entendu, la réalité était différente : Saratova avait abandonné le peuple Rostov à son sort pendant une décennie, vivant un exil doré au Thorval et sacrifiant autant de ses partisans qu'il le fallait aux mains du Rovostran pour sauver sa peau avant de tout miser sur une version "light" du tyran qu'elle prétendait combattre et de finir grillée comme un morceau de bacon trop cuit, ses restes calcinés vénérés comme des reliques par des gens qui continuerait d'obéir aveuglément et avec enthousiasme à l'État qu'elle dénonçait.
Comme Saratova, Sun Loe était loin d'être parfaite mais, pour l'heure, c'était l'image qu'elle incarnait qui importait, pas la personne derrière cette image. C'était cette image qui se rendait à Shansi Town.
[center][img]http://s24.postimg.org/g8sp9yret/dsc_0854.jpg[/img][/center]
Petite citée à mi-chemin entre le village et le bidon-ville parmi tant d'autres constellant le District qui encerclait Gudae, Shansi Town n'avait pas toujours été ainsi. Mais l'essor industriel rapide du Wapong et l'exode rurale plus ou moins forcé qui l'accompagna avait apporté une horde de paysans sans terre dans la banlieue de Gudae et dans les villes voisines. Ici, point de plaines couvertes à perte de vue de toits en tôle ondulée ou en bois contreplaqué. La densité de population autorisait encore la nature à coexister à côté des hommes, même si l'activité minière avait défiguré la majorité des paysages. Les taches de misère dispersées ici et là formait une archipèle de collectivités urbaines et rurales sur laquelle le Syndicat pour la Solidarité Paysanne avait une main mise absolue. Les raisons de cette domination était nombreuses mais ici, à Shansi Town, la principale raison était une vieille dame.
Une vieille dame qui accueillit Sun Loe lorsque celle-ci descendit du véhicule qui l'avait guidée jusqu'à ce trou perdu.
[center][img]http://s28.postimg.org/vcqq92m8t/Shansi.png[/img][/center]
Shansi :
Fondatrice du SSP
"-Ah !! Pas trop tôt quand même !! Vous êtes en retard, jeune fille.
Enfin... allez, entrez, entrez... Nous discuterons en préparant le diner. Et essuyez vos pieds !! J'ai assez à faire avec les saletés que me rapporte mes arrières-petits enfants !!"
Les intéressés, au nombre d'une vingtaine, pour moitié en uniformes des jeunes révolutionnaires et pour moitié en guenilles, assis par terre ou sur les murets de pierre ou jetèrent des regards curieux à la Mayongaise qui visitait leur arrière-grand mère. Ils n'étaient pas la seule, les voisins mais aussi la milice arrêtant un moment leurs activités pour observer l'étrangère.
Étendue paresseusement le long des berges du Fleuve Wa, la ville de Gudae était jadis un des nombreux monuments à la gloire de la civilisation dans une région qui ne connaissait que trop bien la sauvagerie et les côtés les plus sombres de l'Homme. Les champs pouvaient brûlés, les villages être pillés et leurs familles jetées sur les routes par la succession de brigands et de "rois" que seul le titre ronflant distinguait des premiers mais les murailles de Gudae, pendant plus de 300 ans, avaient endurés, offrant un sanctuaire aux âmes désirant contribué à bâtir des autels toujours plus solides et majestueux en l'honneur de la paix et de la prospérité marchande dont jouissaient les cités-états de la vallée de Wa.
L'invasion Alméranne et son élan "civilisateur", forces indomptables, avaient mis fin à tout cela. Les murs de pierre de Gudae étaient tombées face à la poudre et à l'acier. Les temples en l'honneur des Kamis, de Bouddha, des Ancêtres et de la Bureaucratie Céleste avaient été mis à sac, leurs merveilles expédiées dans des musées dans le Nord lointain pour satisfaire la curiosité scientifique des archéologues mais surtout l'orgueil des conquérants. La ville, mise en coupe bien réglée, avait dû attendre une autre tornade de violence étrangère pour se libérer. Elle avait enduré encore presque un siècle de conflits sociaux alimentés à distance par les Slaves, les Numanciens, les Nordiques et les Adéliens dans leur "guerre froide". Et enfin, alors qu'un élan nostalgico-romantique propulsait l'Alméra dans un age sombre intellectuel et poussait ses peuples à se réfugier dans le passé plutôt que de poursuivre sa marche vers l'avenir, les coulis et les prostituées de Gudae avaient repris le flambeau des bourreaux de leur culture.
Cela s'était fait presque naturellement. Car après tout, Gudae était jadis un des nombreux monuments à la gloire de la civilisation, de la paix, du progrès et, en bonne citée marchande, de la prospérité.
Aujourd'hui, la réussite de Gudae se matérialisait par une artère fluviale certes polluée mais débordante d'activité, par des rues illuminées comme un champs de lucioles une fois la nuit tombée, avec des immeubles grimpant dix à quinze fois plus haut qu'aucune tour de pierre d'autrefois ne put rêver de le faire. Et par dessus tout, faisant la fierté de sa population et de ses dirigeants, il y avait TOMIK-002
[center][img]http://s11.postimg.org/eb4gig9z7/featured_image_crystal_river.jpg[/img][/center]
Au centre de cette construction de béton armé et d'acier inoxydable, chef d'oeuvre de l'industrie Lochlannaise, bâtait un cœur d'uranium dont les pulsations alimentait en électricité l'ensemble des villes en amont du fleuve, repoussant la nuit et activant les machines d'un millier d'ateliers et usines. C'était une bête dangereuse mais une bête domptée avant tout, une preuve que l'Homme pouvait plier la nature à sa volonté et qu'avec du temps et de la détermination, l'esprit humain surmontait tout les obstacles et remodelait la réalité à sa guise. Avec cette centrale, le Makara reprenait le flambeau de l'Alméra et partait à la conquête de l'Univers, transformant la poussière extraite des entrailles de la Terre en un million de merveilles contribuant à rapprocher les humains des dieux qu'ils vénéraient jadis avec peur, respect, amour et espoir.
Mais ce n'était ni à Gudae ni à cette centrale que se rendait Sun Loe, leader de la Ligue des Communistes Mayongais. Agée d'à peine 30 ans, la jeune femme inspirait aussi peur, respect, amour et espoir pour les différentes mouvances communistes du Mayong. Elle était pour eux ce que Saratova avait été dans l'imaginaire collectif des Rostovs : une pure idéaliste, belle et courageuse, chaste et généreuse, incarnant toutes les valeurs auxquels ils tenaient.
Bien entendu, la réalité était différente : Saratova avait abandonné le peuple Rostov à son sort pendant une décennie, vivant un exil doré au Thorval et sacrifiant autant de ses partisans qu'il le fallait aux mains du Rovostran pour sauver sa peau avant de tout miser sur une version "light" du tyran qu'elle prétendait combattre et de finir grillée comme un morceau de bacon trop cuit, ses restes calcinés vénérés comme des reliques par des gens qui continuerait d'obéir aveuglément et avec enthousiasme à l'État qu'elle dénonçait.
Comme Saratova, Sun Loe était loin d'être parfaite mais, pour l'heure, c'était l'image qu'elle incarnait qui importait, pas la personne derrière cette image. C'était cette image qui se rendait à Shansi Town.
[center][img]http://s24.postimg.org/g8sp9yret/dsc_0854.jpg[/img][/center]
Petite citée à mi-chemin entre le village et le bidon-ville parmi tant d'autres constellant le District qui encerclait Gudae, Shansi Town n'avait pas toujours été ainsi. Mais l'essor industriel rapide du Wapong et l'exode rurale plus ou moins forcé qui l'accompagna avait apporté une horde de paysans sans terre dans la banlieue de Gudae et dans les villes voisines. Ici, point de plaines couvertes à perte de vue de toits en tôle ondulée ou en bois contreplaqué. La densité de population autorisait encore la nature à coexister à côté des hommes, même si l'activité minière avait défiguré la majorité des paysages. Les taches de misère dispersées ici et là formait une archipèle de collectivités urbaines et rurales sur laquelle le Syndicat pour la Solidarité Paysanne avait une main mise absolue. Les raisons de cette domination était nombreuses mais ici, à Shansi Town, la principale raison était une vieille dame.
Une vieille dame qui accueillit Sun Loe lorsque celle-ci descendit du véhicule qui l'avait guidée jusqu'à ce trou perdu.
[center][img]http://s28.postimg.org/vcqq92m8t/Shansi.png[/img][/center]
Shansi :
Fondatrice du SSP
"-Ah !! Pas trop tôt quand même !! Vous êtes en retard, jeune fille.
Enfin... allez, entrez, entrez... Nous discuterons en préparant le diner. Et essuyez vos pieds !! J'ai assez à faire avec les saletés que me rapporte mes arrières-petits enfants !!"
Les intéressés, au nombre d'une vingtaine, pour moitié en uniformes des jeunes révolutionnaires et pour moitié en guenilles, assis par terre ou sur les murets de pierre ou jetèrent des regards curieux à la Mayongaise qui visitait leur arrière-grand mère. Ils n'étaient pas la seule, les voisins mais aussi la milice arrêtant un moment leurs activités pour observer l'étrangère.