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Posté : sam. oct. 04, 2014 8:38 am
par Pazu
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A une trentaine de kilomètre de la capitale du Danube, se tient l'une des rares cités pavillonnaires. Alors que ce sont généralement le genre de quartier abritant la classe moyenne d'un pays, on ne trouvait ici que des hauts fonctionnaires, des hauts responsables et chefs d'entreprises. Dans un pays pauvre comme le Danube, ce n'est pas donné à tout le monde de vivre le rêve du pavillon ... encore moins d'y vivre qu'à 30 kilomètres de la capitale. Certes, la très forte croissance permettait de construire massivement des zones résidentielles comme celle-ci, mais elles restent encore très rares face aux HLM des grandes villes, aux petits hameaux des campagnes et surtout, face aux bidonvilles qui n'existent pas dans l'espace médiatique du pays.
Légèrement excentré au quartier, il y avait une sorte d'aérodrome suffisamment vaste pour recevoir un jet. C'est là qu'attendait le ministre des affaires étrangères du Danube, Pierre Moscovi.
Il avait quelque peu joué les provocateurs lors de la création de l'Union mais considérait, à son sens tout du moins, qu'il avait brillamment défendu les intérêts du Danube. A présent, ce n'est plus de diplomatie marketing qui l'attendait mais une affaire beaucoup plus sérieuse, bien que le cadre se veut plus convivial.
La veille, il avait lu un livre en attente d'édition d'une de ses connaissances célèbre à Danube. Le sujet traitait de la géopolitique du Vicaskaran et fera, très certainement, polémique lors de sa sortie. On y parlait crûment de la colonisation du XVI au XXème siècle, des actes d'oppressions que les "autochtones" durent subir; comme ceux que le Danube à connu jusqu'en 1945, date de l'égalité des citoyens. L'on y traitait aussi d'un certains universalisme occidentale aujourd'hui présent dans certaines "anciennes" colonies du continent mais, dont l'esprit est très mal perçu par d'autres, comme l'Esmark.
A sa lecture, on aurait presque cru a un choc des civilisations sur le continent, entre les démocraties "blanches", les dictatures "blanches" et tous les régimes dit "natif".
Moscovi ne prêtait aucun crédit à cette théorie, surtout qu'il militait ; comme tous son parti, contre le racisme anti-natif, pour la reconnaissance administratif du Péro, et qu'il interprétait les pamphlets Esmarkien comme une incompréhension de "l'égalitarisme ethnique" naissant à Danube. De plus, cette opposition entre les nations "d’autochtones" aux nations "blanches" était pour lui ridicule mais, dans le cadre de l'Union du Vicaskaran, de sa peur de voir l'Aquanox tricher aux élections, des scandales de Gerardo Tumien; un extrémiste de l'Esmark, de l'indépendance régionale du Péro; une région à dominante native au Danube qui est encore sous domination administrative des Hispanois, et plus généralement dans le cadre de la rencontre à venir, le Ministre ne pouvait que penser à ce livre bientôt polémique qui cherche par une grille de lecture plutôt simple, peut-être manichéenne, d'expliquer une grande partie des événements actuels sous un angle nouveau.
Mais voilà l'invité qui posa le pied sur le sol Danubien, il fut accueillie par quelques majordomes armées, qui devaient s'assurer du transport et de la protection des deux hommes. Aucun journaliste n'étaient là, si la rencontre n'aurait pas eu lieu on aurait même pu qu'entendre les grillions tellement l'atmosphère était calme comparé au grandes villes. Moscovi perdit son aire pensif, il cessa de divaguer afin d'accueillir l'invité.
« Bien le bonjour *sourire*. C'est un plaisir de vous rencontrer. »
Les deux hommes montaient dans une voiture banalisée, escorté par deux autres véhicules à l'image d'un convoi discret. L'on y croisait ça et là quelques passants mais, généralement, à cette heure tardive, les rues du quartiers étaient plutôt calme.
« J’espère que le cadre plutôt inhabituelle ne va pas vous décontenancé mais, j'ai cru bon de faire ainsi afin de discuter plus de fond que de forme. »
Le convoi s'arrêta sur le parking d'un restaurant-bar huppé, complètement vide pour l'occasion.
Moscovi fit signe à son homologue de le suivre puis de s’asseoir à la table qui le conviendrait le mieux.
« Que pensez-vous du principe de l'Union du Vicaskaran, de marché commun et des élections généralisées ? Je sais que certains sont rebutés par cela, c'est pourquoi je suis curieux de votre opinion.»
Un serveur bien costumés vînt donner une carte aux deux clients prestigieux.
« Je ne sais pas si vous avez faim ou soif mais, une chose est sur, je vais prendre une pression. *rire*»
Sur la carte figurait des spécialités culinaires Danubois, allant du lapin en sauce au tartare de bœuf, sans oublier les innombrables spécimen de pâtes. Par respect ou par pudeur, aucun prix ne figurait sur les menus. De toute manière, c'est le contribuable Danubois qui payera la rencontre.
« Votre pays, avec le Danareeth, êtes très réputés ici pour votre impressionnante vie politique dynamique. Auriez-vous quelques nouvelles à me raconter à ce sujet ? »
Posté : sam. oct. 04, 2014 7:54 pm
par Steve
John Richardson avait longtemps été un homme très influent en Shawiricie. Agissant dans l'ombre, le démobloquiste dans l'âme était un homme extrêmement aimé du Shawiricois moyen. Âgé de soixante-dix-huit ans, Richardson avait été membre du Congrès de la Shawiricie, sans interruption, de 1983 à 2021. Il est à ce jour le seul Shawiricois à avoir réussi l'exploit. Durant ses trente-huit années de service au Congrès fédéral, Richardson a notamment été membre de 1986 à 2002 du Comité congressionnel de la diplomatie, membre de 1984 à 1992 du Comité congressionnel de la sécurité nationale et membre de 1994 à 2020 du Comité congressionnel de l'union shawiricoise. À la suite du décès de la Présidente Himbab, Larry Calvin l'avait contacté pour lui offrir le poste de ministre des Affaires extérieures et du commerce, offre qu'il refusa en premier lieu. Âgé à l'époque de soixante-seize ans, Richardson souhaitait vivre une retraite paisible, mais l'appel de la Nation lui dit recontacter le Président quelques jours plus tard. Il devenait ainsi le ministre le plus âgé de l'histoire de la Shawiricie, le dernier étant Jeff Stenfield, en 1954, âgé de soixante-quatorze ans.
Richardson s'était prononcé à une ou deux reprises au sujet de l'Union du Vicaskaran, appuyant d'une part le fond des propos d'un sociologue esmarkien peu tendre envers l'Organisation, et d'une autre part, modérant les propos de celui-ci en affirmant que la Shawiricie n'était pas à la veille de se positionner. La Shawiricie a historiquement toujours eu de la difficulté à exposer sa position sur la scène internationale. Que ce soit au sujet de l'Assemblée des États ou de l'Organisation du Traité de Hellington, il était commun pour la Shawiricie de danser d'une position à une autre sans réellement se brancher. L'instabilité politique de la Shawiricie depuis 2015, où les gouvernements conservateurs et démobloquistes s'alternaient toutes les quatre années, démontrait bien l'incapacité de la Shawiricie à se positionner concrètement sur quoi que ce soit. Il y avait également, d'une part, le manque de courage politique d'apposer les gestes qui devaient être faits, de peur de signer la fin de leur carrière politique. Le gouvernement démobloquiste de Larry Calvin n'échappait pas à cette réalité, même si la volonté en était tout autre. Même si le peuple n'élisait pas directement le président de la Shawiricie, les électeurs avaient voté pour Monica Himbab, par l'intermédiaire du Congrès, et jamais Larry Calvin n'avait obtenu l'approbation du peuple par voix électorale. La peur de décevoir, et de rater le prochain rendez-vous électoral, étaient des craintes palpables chez le président quelquefois considéré comme illégitime.
John Richardson avait accepté de rencontrer secrètement son homologue danubois pour discuter brièvement de l’Union du Vicaskaran –même si Richardson se refuserait à répondre à des questions directes et de possibles accords entre les deux nations sur différents volets. La rencontre, se devant d’être dans la plus grande discrétion possible, n’avait été annoncée qu’au Comité congressionnel de la diplomatie et au gouvernement shawiricois. Cette rencontre ne devait pas avoir eu lieu auprès des médias et des peuples danubois et shawiricois. Le ministre des Affaires étrangères Pierre Moscovi insistait sur ce fait. Et Richardson comprenait très bien. Cette rencontre pouvait être un succès, comme un désastre, mais dans les deux cas, elle se devait de n’être qu’officieuse. Dans le cas contraire, certains pourraient croire à une alliance secrète quelconque et un plan machiavélique des deux gouvernements pour s’assurer l’adhésion de la Shawiricie. Ni un ni l’autre ne souhaitaient scandale dans cette histoire.
L’appareil banalisé du ministre Richardson atterrit sur la piste d’un petit aérodrome, près d’un petit quartier bondé de pavillons en rangées, comme il était possible d’en voir dans de vieux films pelabssiens d’espions et d’agences secrètes. L’appareil se posa, puis s’immobilisa. Richardson attendit qu’un employé à bord de l’appareil ouvre la porte, et que les marches soient suffisamment positionnées pour qu’il puisse descendre. Sur le sol danubois, le ministre shawiricois passa sa main gauche dans ses cheveux, pour les placer, puis il boutonna son veston avant d’être accompagné par quelques hommes armés. Il salua son homologue, puis entra dans une voiture tout aussi banalisée que l’appareil shawiricois. John Richardson rassura son homologue au sujet de la tenue de cette rencontre, qu’il estimait d’ailleurs plus importante qu’une rencontre officielle devant les journalistes. Les hommes stationnèrent le véhicule dans un stationnement d’un commerce, un genre de restaurant-bar, aussi vide que les yeux d’un cadavre sans histoire. Les deux hommes entrèrent, puis allèrent s’asseoir à une table. On pouvait entendre des mouches voler. Le Danube étant majoritairement espagnol et francophone, Richardson employé la langue de Molière pour s’adresser à Moscovi. Une langue apprise parmi tant d’autres par l’homme d’expérience.
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(John Richardson, ministre des Affaires extérieures et du commerce)[/center]
- Si vous me le permettez, je préfèrerais ne pas émettre d’opinion sur l’Union du Vicaskaran au nom de mon pays et de mon gouvernement. Pour être honnête, nous sommes encore loin d’accorder à cette Organisation le temps et l’énergie nécessaire pour statuer officiellement à son propos. Cependant, si vous voulez l’opinion d’un homme, sans que cela n’engage à rien, vous l’aurez. Je ne considère pas l’Union du Vicaskaran comme une option plausible pour la Shawiricie, de par son manque complet d’informations, de garanties et d’exemples concrets. D’où la raison pour laquelle nous attendons. Vous possédez en votre sein plusieurs éléments susceptibles de ne pas du tout plaire à la Shawiricie, notamment la Fédération d’Aquanox, un déchet pour notre continent. Le rapprochement de l’Aquanox et de la Shawiricie sous le gouvernement de Brian Blackburn a été inacceptable et impardonnable. Jamais la Shawiricie ne traitera avec des criminels, des rapaces. Jamais je ne signerai quoi que ce soit qui contiendra la présence de cette sous-merde. Vous comprendrez ma profonde haine pour ce que je considère comme la plus grande honte du Vicaskaran, et vous comprendrez que l’Union du Vicaskaran ne sera jamais, sous mon mandat ministériel, une réussite que j’inscrirai dans mon fort bagage politique. J’ai accepté de vous rencontrer pour discuter de l’union du Vicaskaran, du message qu’elle souhaite projeter sur notre continent et des actions concrètes de celle-ci pour les vicaskarans. Je refuse néanmoins que cette rencontre soit portée sur une possible adhésion de la Shawiricie, parce qu’en toute honnêteté, ce ne sera pas le cas de mon vivant
Posté : dim. oct. 05, 2014 12:17 am
par Pazu
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Moscovi écouta avec attention Richardson et constata agréablement que la discussion s'annonçait sans détour.
Le serveur apporta les boissons commandés aux deux hommes. Le ministre bu une bonne gorgée avant de répondre.
« Je vois. Vous y allez particulièrement fort sur l'Aquanox *rire*, mais vous avez raison.
Pour tous vous dire, en dépits du fait que j'ai tenu un discours cinglant et sincère sur les dictatures, Markeson m'avait surpris lors du débat pour la construction de l'Union.
Non pas que je l'apprécie particulièrement lui ou son régime, bien au contraire ! Plutôt parce qu'il était étonnamment favorable à une ouverture économique, en tout cas officiellement !
Mais pour être franc, je me méfie de lui. J'ai la désagréable sensation qu'il essayera de contourner au maximum les élections, qu'il essayera d'utiliser le conseil de sécurité pour se protéger lui plus qu'autre chose.
L'Aquanox voudra toujours tendre vers plus de dictature, plus de sécuritarisme, un peu comme un régime se voulant fort et protégé.
Mais sincèrement, regardons les institutions actuelles de l'Union. Le conseil de sécurité, c'est une coquille vide !
La seul institution qui a du pouvoir à mon sens, c'est le C.U.E.N, c'est à dire le conseil économique qui a deux effets : des élections partout, même en Aquanox, et une ouverture économique progressive. »
Les spécialités culinaires sont servie sur la table. Moscovi en fait fi et continue.
« Mais tout ça ce n'est que des jeux politiques. Il faut gratter la peinture pour voir qu'est-ce qu'il y a derrière. En vérité, voilà comment je vois les choses pour l'U.V ;
Le Northland veut faire une simple union et se contrefiche des régimes et des tensions au sein du continent.
L'Aquanox veut subtilement protéger son régime en donnant du pouvoir au conseil de sécurité et en paralysant le C.U.E.N. Tout du moins, c'est ce que je ferais à sa place en tant que dictateur.
Nous, au Danube, nous voulons favoriser la démocratie et l'ouverture économique réfléchie partout sur le continent. En tous cas, je parle au nom de la majorité actuelle *rire*.
Quand au Perlian ... j'apprécie beaucoup ce pays qui est à mon sens prometteur.
Alors la vrai question que je vais vous poser c'est celle ci ; quel valeur défendez-vous ? Si ce sont des valeurs opposées à l'Aquanox, nous nous retrouvons !
Ce sont des criminels, des rapaces, certes ... mais pour les combattre, il faut à mon sens être subtile.
C'est pourquoi je considère, à tord ou à raison, que des élections au sein de cette dictature est déjà une première victoire obtenu par la négociation.
Je pense qu'il faut protéger cette victoire et aller plus loin. Pourquoi pas à terme rêver de la chute de la fédération en tant que tel, mais il faut pour cela procéder par étape.
La politique de la main tendu est plus fourbe et productive que celle de la dénonciation publique et d'une opposition frontale. Je ne sais pas si vous êtes d'accord avec cela. »
Moscovi découpe délicatement sa cuisse de lapin.
« D'un point de vue plus technique, en faisant fi des rapports de force international, qu'est ce que vous modifierez si vous le pouvez à propos de l'Union ?
Je sais que la "supériorité du traité institutionnel" fait peur à certains, c'est pourquoi nous l'abrogerons ... mais cela ne changera rien pragmatiquement parlant.
Le traité et les constitutions nationales doivent être compatibles, et si elles ne le sont pas, soit l'on modifie le traité, soit le pays en question adapte sa constitution, soit il s'en dégage. On voit bien ici que la souveraineté est pleine parce que ... c'est le même mécanisme pour l'ensemble des traités internationaux. Cela fait sens.
Quant à la complexité de l'union ... elle est compréhensible quand l'on a vue le déroulement de la construction de l'U.V, mais c'est une complexité de papier.
Comme je l'ai déjà dis, seul le C.U.E.N. a un véritable pouvoir, le reste n'est là que pour faciliter les débats entre nations souverains.
Alors, qu'est ce qui pourrait vous gêner dans l'Union ? C'est une question sincère *sourire*.»
Il avala une part de la viande prédécoupée qui baignait dans sa sauce.
« J'adore le lapin. La texture est tendre et le goût... Je ne m'en lasserais jamais.
En Shawiricie, vous-avez des spécialités à base de viande à me conseiller ? Je vous avouerais que si un jour j'y vais pour des raisons professionnelles ou personnelles, je ne manquerais pas d'y goûter *sourire*. »
On pouvait entendre une voiture passer devant le restaurant. Très certainement des habitants qui rentraient d'une soirée entre amis.
« Ne croyez pas que je vous force à adhérer à l'Union, je veux juste connaitre votre point de vue pour savoir si nous sommes suffisamment d'accord pour envisager officieusement une sorte de front commun, avec peut-être le Danareeth et d'autres démocraties du continent.
C'est tout à fait normal d'attendre un peu pour voir comment va se développer la chose, c'est aussi normal de prendre en compte l'opinion des électeurs....
Quand à l'Esmark, au Péro et autres affaires du genre, croyez-vous que la grille de lecture natifs/descendants des colons est vraiment à prendre en compte ?
Quand j'entend certains dire que l'Union est une institutions des "pays envahisseurs", je me pose la question... comme si les problèmes du XVI était toujours les nôtres *rire* ....
En faite je ne sais pas, je suis curieux de votre opinion, surtout que, en connaissant votre parcours, vous devez en avoir de l'expérience diplomatique ! *sourire* »
Posté : dim. oct. 05, 2014 1:15 am
par Steve
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(John Richardson, ministre des Affaires extérieures et du commerce)[/center]
- Chaque homme a son propre parcours, monsieur Moscovi. Je ne mettrai jamais ma carrière politique en avant pour quoi que ce soit. J’entame quarante ans de service pour la Shawiricie, et tant que je vivrai, je serai de la partie. Je suis un homme politique d’arrière-scène, tout ceci est nouveau pour moi, mais je peux vous assurer que sur scène comme dernière, j’ai la même soif. Cette soif de faire ce qui est juste pour mon pays, quel que soit le prix. Vous parlez de ce conseil de sécurité comme d’une coquille vide, mais mon opinion personnelle, c’est que l’Union du Vicaskaran est en soi une coquille vide, une couverture qui servira aux plus traites des nôtres. L’homme peut être bon sur un aspect, monsieur, mais dans les faits, il est ce qu’il est. Un homme qui massacre la liberté comme une vulgaire prostituée massacre son âme ne peut être louangé parce qu’il apporte, une fois dans son existence, une poupée à une jeune fille qui finira, de toute manière, par tuer. L’ouverture de l’Aquanox n’est que façade. L’ouverture de l’Aquanox n’est que le début de la fin du continent Vicaskaran libre comme nous le connaissons. Et vous, l’Union, vous embarquer dans l’aventure sans opposition, parce qu’après tout, c’est la subtilité qui sauvera notre continent, notre liberté. J’ignore s’il s’agit d’une naïveté de votre part, ou d’une inconscience bien profonde, mais vous devez vous rendre à la raison que vous ouvrir à la Fédération, c’est accepter de perdre tout ce dont pour quoi nous avons combattus durant des siècles et des siècles. Et dire que le Conseil de sécurité sera sur le sol tarnois…
Richardson commença à découper la viande qui était dans son assiette. Il en prit une bouchée, et constata à quel point elle était tendre et délicieuse.
L’assaisonnement de ce canard est d’un régal. Comme je disais, l’ouverture de la Fédération n’est que du vent. Vous-même qui croyez que la Fédération entachera les élections, ne croyez-vous pas que les élections tenues dans sa porcherie seront falsifiées? Dans les faits, il n’y a aucune garantie de la bonne foi de la Fédération et il n’y a aucune garantie que l’Union du Vicaskaran ne deviendra pas l’objet de la Fédération d’Aquanox. Je suis désolé, monsieur Moscovi, mais au-delà de la subtilité, la Shawiricie ne participera pas à ce cirque qui lui enlèvera tous ses atouts en terme de sécurité nationale et de souveraineté. Vous avez là ma position, et j’espère que le moment venu, mon gouvernement adoptera la même. Si l’Union du Vicaskaran devient une organisation qui a pour but officieux de détruire la Fédération d’Aquanox, nous n’en ferons pas partie, mais nous applaudirons votre échec dans quinze ans, lorsque la Fédération aura fait de vous les pantins de la plus grande honte de notre continent. *rire* Je dis quinze ans, mais vous savez bien comme moi que cela arrivera plus tôt. Je suis d’ailleurs convaincu que vous comprenez la gravité de la situation, et que vous-même, vous ne savez pas comment vous en sortir…
Richardson prit une ou deux bouchées de son canard, puis prit une gorgée d’une bière typiquement danuboise. Une bière comme on n’en faisait pas en Shawiricie.
- Vous avez là la première gêne de la Shawiricie quant à l’Union du Vicaskaran. C’est non seulement une grande gêne, mais un profond malaise. Nous éprouvons également une crainte, ou plutôt une incompréhension, avec votre préambule actuel. Nous n’aurions aucun problème à envisager un débat à l’interne au sujet d’une monnaie commune ou unique, mais l’Union du Vicaskaran devra également s’engager à répondre à toutes les questions et toutes les craintes reliées à ce sujet. L’Union devra également fournir les garanties quant à la conservation des acquis économiques. Nous refusons néanmoins de nous soumettre à une armée commune. Les forces armées de la Shawiricie ne dépendent que des ordres de la Shawiricie et leur souveraineté nationale ne pourra, en aucun cas, être à la solde d’une Union avec en son sein la Fédération. J’ai cru comprendre néanmoins que l’implication militaire dépendrait souverainement de chaque nation. En ce sens, j’applaudis. J’espère que vous comprenez. Vous connaissez également notre position concernant l’Article 1-C. La Constitution de la Shawiricie est un texte sacré, bien plus que vous pouvez le penser, monsieur Moscovi, et celle-ci ne sera jamais derrière un texte quelconque. La Constitution de la Shawiricie est le texte suprême de notre pays, et si l’Union contrevient à celle-ci, ce sera sans nous. Vous comprendrez alors, en ce sens, que l’Article 1-D fera en sorte que la Shawiricie quittera immédiatement l’Union. Tout cela est hypothétique, puisque mon opinion demeure la même. Vous devrez également nous définir dans les temps ce que l’Union du Vicaskaran prétend par marché commun et unique. Nous souhaitons que toute ambiguïté puisse être dissoute par vos explications et vos garanties. Nous sommes opposés à la législation continentale sur la taxe douanière, mais notre position n’est franchement pas arrêtée à ce sujet.
Richardson prit une autre bouchée, puis déposa sa fourchette. Il regarda à l’extérieur. Un monde vide, presque mort, définissant très bien cette rencontre : Inexistante.
- Dans un monde où la bureaucratie et la complexité règnent, vous devez bien admettre que votre papier va plutôt dans cette direction. Également, sachez que nos nombreuses craintes et nos nombreux questionnements ne doivent pas être répondus de manière incontestable. Notre adhésion à l’Union n’est, je vous l’assure, que science-fiction. Nous sommes néanmoins ouverts au statut de membre observateur, le moment venu. Je ne veux pas que vous pensiez que je suis un homme intransigeant, monsieur Moscovi. En dépit des apparences, je vois cette Union d’un bon œil dans son ensemble.
Posté : dim. oct. 05, 2014 10:09 am
par Pazu
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« Ne vous inquiétez pas. Je suis sur que si une incompatibilité surgit entre une constitution et le traité, l'ensemble des pays de l'union seront d'accord pour modifier le traité et éviter la perte d'un membre qui ne voudra pas adapter sa constitution.
Et puis nous supprimerons la primauté symbolique du traité, ce n'est donc pas le plus gros des problèmes.
Quant au conseil de sécurité en Aquanox, étant donné que c'est une coquille vide cela n'a pas d'importance. Il n'y a pas d'armée commune, pas de position commune, en somme, union ou pas union, la question militaire ne change pas.
En revanche, l'Union dans sa globalité n'est pas que de l'encre sur du papier. Si l'Union n'avait aucun véritable pouvoir ou influence, il ne susciterait pas tant de débat *rire*.
Le marché commun et les élections sont déjà des prérogatives révolutionnaires à mon sens ... et la construction de l'union se veut continue.
Certains conseils resteront des coquilles vides, d'autres deviendront comme le C.U.E.N, avec une véritable importance, d'autres encore seront crée.
Tous ces changements seront sensible ... mais si une proposition risquerait l'implosion de l'union, elle serait rejetée avant même d'être signée.
Et puis la monnaie unique ... on en est loin ! *rire*. Déjà que la question de la monnaie commune ne se posera pas avant plusieurs années.
En plus, pour tous vous dire, je suis favorable à la monnaie commune, pas à la monnaie unique. Ça n'a pas de sens, nous serions obligé de faire une union de transfert et, le but de l'union, ce n'est pas de devenir un état à part entière. »
Les assiettes des deux hommes étaient à moitié vide, à moitié plein.
« L'Union n'est pas là pour détruire l'Aquanox. L'Union est là pour favoriser la démocratie, les libertés fondamentales et l'ouverture économique. C'est en tout cas ce que je me représente.
C'est en ce sens que l'Aquanox est un danger, rien d'autre. Comme je l'ai déjà dit, j'ai eu un grand respect envers Markeson. C'était le seul qui, à mon sens, maniait bien le jeu diplomatique lors de la création de l'U.V.
C'est un homme intelligent, et c'est pourquoi il peut-être dangereux s'il s'oppose à ces valeurs ... »
Il bu une gorgé de sa pint, puis continua.
« Même si les libertés fondamentales ne sont pas encore très bien acquise, les élections auront lieu, malgré toute les craintes. N'importe qui, même les journalistes étrangers, pourront être présent à la préparation, au vote et au dépouillement des Vicaskaranaises.
Si l'encadrement se fait sérieusement, aucune nation membre ne pourra y déroger ... sauf par le conseil des élections, mais c'est une autre affaire. »
Moscovi avala une bouché de lapin, puis expliqua ce qu'est le conseil des élections.
« De peur que les élections deviennent un lieu de libre parole pour faire chuter le régime, l'Aquanox à voulu interdire aux candidats d'utiliser leurs prérogatives pour critiquer le dictateur ... et nous n'avions d'autre choix que d'accepter, preuve au passage que ce régime a peur de son propre peuple.
Si le candidat ne respecte pas ce principe, même s'il a le droit de parler d'une manière générale des droits fondamentales de l'union, dans ce cas, le conseil de l'élection constitué de tous les pays membres pourront à la majorité relative censurer le candidat.
Il est clair que si un candidat n'est censuré que parce qu'il a une idéologique qui n'est pas orthodoxe à son régime, le Danube quittera l'Union. »
Un serveur vient changer une carafe d'eau vide par une pleine.
« Je comprend votre méfiance, non pas envers l'union en soit mais envers les événements de manière plus large. C'est vrai que la situation est extrêmement sensible...
Mais si les choses dérapes, la porte de sortie est déjà là. Chacun peut quitter l'union. Dés lors, le risque est à mon sens moins grand.
Soit nous réussirons, nous aurons donc une grande force économique démocratique au Vicaskaran, soit nous échouons, et cela n'aura pas spécialement d'impacte majeur puisque nous reviendrions au point de départ.
Il ne faut pas oublier aussi qu'au delà des oppositions, l'ensemble des pays fondateurs tiennent à l'idée d'union du Vicaskaran. Il faut plus voir cela comme d'un jeu politique sensible pour faire bouger les lignes des prérogatives de l'union.
C'est d'ailleurs le principe voulu, l'union n'est là que pour se construire soit même et il le fera par un long jeu de débat, de retournement de situation, et finalement de consensus.
C'est un peu comme si nous avions politisé les relations diplomatiques ... mais ce faisant, nous avons crée une véritable force.
C'est un véritable jeu d’échec à plusieurs joueurs, et je pense que la Shawiricie, avec peut-être le Danareeth, peuvent aider pour faire bouger les lignes dans le bon sens.
Et puis imaginez-vous ce qu'une grande zone économique commune sera capable de faire dans le monde !
Si le Danube, l'Aquanox, le Northland, le Perlian, la Shawiricie, le Danareeth et d'autres décident d'ouvrir mutuellement leur frontières sur des biens dont la législation commune fut négociée et approuvée par tous les membres, les débouchés qu'il y aura dans la zone ! Très vite beaucoup de pays à l'international s'arracheront les uns-les autres pour avoir un accès à cette zone économique.
C'est aussi l'idée de développement matériel du continent qui est sous-jacente.»
Posté : ven. oct. 10, 2014 4:56 am
par Steve
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(John Richardson, ministre des Affaires extérieures et du commerce)[/center]
Le voyage n'avait pas été remarquablement long, le Danube n'étant pas à mille années-lumières de la Shawiricie, mais Calvin se doutait bien que Moscovi n'avait pas fait faire ce voyage à Richardson que pour lui dire que les élections en Aquanox étaient un pas vers la bonne voie. Richardson était également convaincu qu'il n'était pas assis dans un restaurant-bar du Danube, devant un canard d'une gastronomie supérieure, pour discuter du déroulement des élections de l'Union. Richardson n'était pas là pour rien. Du moins, si c'était le cas, il s'agirait de la rencontre la plus inutile et la plus désolante depuis bien des lunes... Le ministre shawiricois l'avait bien compris, et s'il souhaitait avoir une idée bien arrêtée et irrévocable, pourquoi alors était-il venu? Une conversation téléphonique aurait clairement été suffisante pour dire : Non merci.
- Je n'ai pas l'habitude de revenir sur mes décisions, parce que je suis avant tout un homme passionné qui agit dans l'intérêt de ceux que je représente. Passionné, mais également très instinctif. Ma carrière s'est principalement jouer sur le feeling que je ressentais au moment où je prenais quelque décision qui soit, du choix de me présenter aux élections du Congrès de la Shawiricie aux positions que je prenais au Comité de la sécurité nationale. C'est cet instinct qui fait en sorte qu'aujourd'hui, je suis à la tête d'un ministère extrêmement important pour l'avenir de mon pays. Parfois, les choses les plus simples ne nous viennent pas forcément en tête, parce que nos scénarios sont si complexes et prennent en considération tant de facteurs et de débouchés... Il n'en demeure pas moins pour mon opinion, monsieur Moscovi. Je crois que ma présence sur votre territoire démontre qu'une ouverture est possible et que cette discussion prouve que rien n'est coulé dans le béton tant que celui-ci n'a pas séché.
Il y a beaucoup de doutes et de questionnement au sujet de l'Union du Vicaskaran qui demeurent vives et sans réponses. L'ambiguïté entre vos propos sur la question militaire et le préambule non ratifié du Traité institutionnel de l'Union est bien présente dans mon esprit. Votre entêtement également à accentuer les coquilles vides de l'Union me pousse à me demander : Pourquoi délibérément créer une organisation continentale composée essentiellement de coquilles vides si l'objectif principal de cette création est de répondre aux nombreuses demandes du continent et de régler de nombreuses failles présentes sur le continent d'une manière respectable et indiscutable? N'est-il pas indigne de ce que l'Union souhaite représenter que d'agir de cette sorte? Je n'ai pas fait le saut en politique pour faire ce genre de politique, monsieur Moscovi. Je défends jour et après jour cette réputation intacte qui me précède, et j'attends de vous la même franchise à mon égard que celle que j'ai pour le peuple shawiricois. Qu'attendez-vous de moi? Qu'attendez-vous de cette rencontre?
Posté : mar. oct. 14, 2014 2:11 pm
par Pazu
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Les assiettes étaient vide.
« Pourquoi créer, à part le C.U.E.N., tant de coquilles vides dans l'U.V ? Parce qu'en fonction de l'évolution, elles sont destinés à être ou non remplîtes.
J’espère par exemple que le conseil d’éthique se "remplira". Inversement, j’espère que le conseil de sécurité restera vide. C'est une question d'appréciation.
L'Union est crée de manière à qu'elle puisse continuellement se construire au grès des consensus et des accords. On ne peut à mon sens faire autrement que du tâtonnement ... et même en faisant fi de cela, le premier pas qu'est le marché commun avec une législation commune est déjà suffisamment important pour réfuter l'idée que l'U.V est à ce jour totalement vide.
Cela à l'air peut-être laborieux mais comme vous le dite, les scénarios, surtout diplomatiques, sont forcément complexes.
Vous me dites aussi que, mise à part cela, beaucoup de questions et de doutes au sujet de l'Union du Vicaskaran sont sans réponse. J'attend donc ces questions *sourire*.
J'attend ces questions avec d'autant plus d'importance que votre opinion, en tant que ministre de la Shawiricie, m'est précieuse, et ce, pas uniquement sur le sujet de l'U.V. mais plus globalement sur votre vision de la géopolitique continentale et peut-être une futur coopération économique et culturelle entre nos deux pays.
Que vous agissez pour les intérêts de votre nations, cela va de soit. Que vous-êtes prudent au sujet de l'U.V, je le comprend parfaitement mais, si vous êtes ministre des affaires extérieurs c'est bien que vous avez des objectifs une stratégie diplomatique, c'est cela qui m'intéresse.
Au risque de vous décevoir, je n'attend rien d'autre de vous que votre opinion et vos conseils. La Shawiricie est suffisamment importante et démocratique pour que l'on prenne votre considération dans notre manière d'opérer, tant pour l'U.V que pour l'ensemble de notre politique continentale. Et je fais cela justement parce que j'ai l'idée derrière de pouvoir, éventuellement, nous trouver des objectifs communs et ainsi de coopérer sur le plans diplomatiques. Alors peut-être que notre rencontre restera lettre morte mais qui n'essaie pas n’obtient rien *sourire*.»
Posté : jeu. oct. 16, 2014 9:17 pm
par Steve
[center][img]http://www.haaretz.com/polopoly_fs/1.507780!/image/2349077637.jpg_gen/derivatives/landscape_474/2349077637.jpg[/img]
(John Richardson, ministre des Affaires extérieures et du commerce)[/center]
- J'ai bon espoir, peut-être y verrez-vous une naïveté volontaire de ma part, que cette rencontre ne soit pas que lettre morte, qu'elle puisse aboutir à quelque chose qui, à défaut d'être grande, sera forcément bénéfique. Ne serait-ce que la mise sur pied d'une entente cordiale pour l'avenir. J'ai horreur de faire dépenser aux contribuables shawiricois des voyages inutiles. J'ai horreur de dépenser sans but précis cet argent qui est également pigé à même mes impôts. Comme mentionné tantôt, divers points restent sans réponses, ou disons flous, à mon esprit. Parlons tout d'abord de l'avenir de l'Union vis-à-vis sa volonté de plaire et de laisser libre recours aux pays-membres souhaitant quitter l'union à tout moment. Je félicite cette mesure, car la Shawiricie serait le premier pays à claquer la porte si une mesure allait à l'encontre de ses valeurs. N'est-ce pas cependant courir à la perte de l'Union si tous ses membres peuvent partir quand bon leur semble sans pénalité? Prenons par exemple la Fédération d'Aquanox. Si elle réussit à faire voter une motion quelconque, je ne tiens pas à spéculer, qui fait par la suite claquer la porte à deux ou trois pays-membres. Des membres puissants, ou plutôt importants sur le Continent... N'est-ce pas là le scénario de la construction du tombeau de l'Union? Nous avons vu beaucoup d'organisations mondiales se détruire ces dernières décennies pour moins que cela. Comment l'Union arrivera-t-elle à imposer un poids intéressant sur la scène internationale si ses composants peuvent, à tout moment, décider de claquer la porte parce qu'elle est contre le prix minimum du lait voté par l'Union? Prenons ma crainte actuelle au sujet de la Fédération d'Aquanox : Si la Fédération sème une zizanie irréparable au sein de l'Union et de son image auprès de la communauté internationale et que par la suite, elle décide tout bonnement de quitter l'Union... Ne voyez-vous pas là un non-sens? Ne voyez-vous pas là une façon bien claire de rire de l'Union du Vicaskaran? Ne me parlez pas des conséquences économiques qui pourraient suivre de telles actions. Là n'est pas la question. Un pays qui exerce n'importe quelle influence auprès d'une organisation ne devrait pas avoir le droit, sans pénalité, de se retirer de son propre chef. Ce n'est que mon opinion, bien sûr, et j'espère que vous pourrez me donner le vôtre également.
Cette mise en place d'un marché commun est un peu flou à mon sens. L'Union du Vicaskaran garantira-t-elle les acquis économiques de ses pays-membres, de sorte que les taux et législations passés avant la date de signature des mesures économiques communes de l'Union seront propres aux pays concernés et que ni les taux ni les législations passés avant cette signature ne pourront être soumis aux règles du marché commun? C'est une question fort simple, mais qui remet en question beaucoup d'ententes en cours. il serait également bon de savoir, puisque la Shawiricie ne participe actuellement pas au débat, de quelle manière compte se financer l'Union du Vicaskaran.
Je ne souhaite pas que l'opinion de la Shawiricie sur l'Union du Vicaskaran tourne autour de la Fédération d'Aquanox. Si la Fédération est notre principale crainte, vous avez su répondre convenablement à mes questions et mon ouverture à ce sujet l'est beaucoup plus qu'avant notre rencontre.
Posté : ven. oct. 17, 2014 8:05 am
par Pazu
[center][img]http://img4.hostingpics.net/pics/397244300x21629043vignetteAVTPierreMoscovici2473opt.jpg[/img][/center]
« Je vois. Je comprend vos crainte et elles sont justifiées.
Procédons par étape. Tout d'abord l'article 7 ;
C'est vrai que laisser la libre sortie des pays de l'U.V est un risque... un risque que l'on devait prendre si l'on voulait que certains souverainistes signent. De plus, la clause n'est pas modifiable et, dans un certains sens, c'est une garantie pour les Etats... mais peut-être un risque pour l'U.V. comme vous l'avez souligné.
Alors certes, on peut s'imaginer des scénarios catastrophes de retrait massif lors de crise politique, c'est bien possible mais ... je pense que l'article 7 sera plus un moyen de pression qu'autre chose.
Si un pays menace de quitter l'union, les autres préféreront l'immobilisme temporaire sur le point qui fait débat plutôt que voter la mesure qui provoquera l'explosion de celle-ci.
Après, je ne pense pas qu'un pays usera de ce pouvoir 4 fois dans l'année, sinon a force on le laissera partir et ce serait normal.
Ce sera à mon sens une prérogative qui sera usée sur des sujets graves, comme le respect de la démocratie dans les élections de l'U.V, les OGM, la régulation financière si tenté qu'un jour on légifère sur ce point.
Cette prérogative est justement l'une des protections des acquis nationaux, c'est à dire que l'U.V. sera capable de légiférer jusqu'à un point de non-consensus, de non acceptation, et c'est à mon sens quelque chose de sein puisque l'U.V. devient ainsi un outils de consensus crédible car, comme tout consensus, il aura des limites. Nous n'allons pas créer un supra-état tout de même, c'est pourquoi ce n'est pas du tout un soucis.
Pour tout vous dire et faire une petite parenthèse, quand nous avons commencé la négociation de l'UV... j'ai fait l'erreur de commencer par faire l'apologie de la démocratie et la critique sanglante de l'Aquanox et d'une union qui respecterait tout type de régimes. Imaginez-vous dans quel tension était alors la salle *rire*.
Puis, quand vint le temps des propositions, les autres pays fondateurs ... surtout le Perlian mais moins l'Aquanox, on eu peur de ma proposition de marché commun, de législation commune, même de la suprématie technique du traité sur les constitutions; et pour le coup j'avoue que c'est une erreur mais passons.
Pourtant, à ma grande surprise, par un long débat ces idées se sont imposées peu à peu au point d'être acceptée alors même qu'il y avait la menace de ne pas signer le traité s'il ne convenait pas aux pays en question.
Le droit de quitter l'Union sera donc là surtout dans le cadre des projets de lois du C.U.E.N. et peut-être des autres conseils. Je suis donc confiant sur ce point même si l'on est jamais à l'abri d'une révolution dans une nation membre qui chamboulerait la donne ... mais quelques soit le type d'organisation internationale que nous faisons, cela fait partie des aléas de l'histoire.
Quant aux garanties pour les législations nationales... On ne peut pas, vous le comprendrez, faire un marché commun si l'on conserve gravé dans du marbre l'ensemble des législations d'avant signature, ça n'a pas de sens, néanmoins, si vous me parlez de vos acquis c'est bien de pans de législation qui vous sont cher, et auquel cas, pas d'inquiétude.
Voilà comment devrait normalement se dérouler l'instauration d'une norme économique :
Nous avons des élections démocratiques qui dégage 30 "représentants" par pays, soit des sortes de députés, au sein du C.U.E.N.
Pendant une assez longue période, des groupes de 5 députés peuvent proposer une norme économique. Proposition 1, 2, 3, 4, etc ... pendant ce même temps, ils débattront des propositions et les états pourront aussi faire de même au conseil d'éthique... tout comme les citoyens entre eux d'ailleurs *sourire*.
Si une proposition est vraiment insupportable pour une nation, qu'elle détruit vraiment les fondements d'un pans cher de la législation aux yeux de la population, dans ce cas il est pratiquement certain que le projet ne passera pas !
Pour ce faire il devrait être voté à la majorité relative, soit sans prendre en compte les votes nuls. Ensuite, si jamais elle l'est à moins de 3/5 des voix, ce qui est énorme, elle reste censurable par le conseil d'éthique si la majorité des états n'en veulent pas.
Si vraiment par mal-chance la loi qui touche au sujet sensible pour la nation en question est votée à plus de 3/5 ou que le conseil d’éthique ne veut pas la censurer, dans ce cas la menace de se retirer de l'union pourrait, si elle est crédible et utilisé avec parcimonie, suffire pour que le C.U.E.N. ou le conseil d'éthique revienne sur sa décision.
Voyez, la procédure vous donne toutes les garanties sans pour autant freiner les projets de lois qui pourraient faire l'objet de consensus...
Et puis, pour revenir à ce que l'on disait, l'U.V a peut-être quelque coquilles vides, on constate cependant bien qu'elle est loin de l'être entièrement et que les possibilités ouvertes sont assez vaste.
Nous n'avons encore rien crée d'autre que les outils de l'union. Le marché commun n'existe pas encore, elle existera dés les premières normes votées.
Quant au financement de l'union ... cela dépend de ce qu'il y a à financer.
Les frais de fonctionnement par exemple sont, pour l'instant, payés par les pays qui hébergent l'institution en question. Pour illustrer, le Danube a débourser plusieurs millions afin de ré-aménager un de ses anciens bâtiments pour le conseil économique.
Et si un projet de loi à besoin de financement particulière, une clause organique définira la manière dont les dépenses seront répartie entre les états.
Après, si cela pose un jour un véritable problème, on pourra toujours harmoniser cela à l'avenir.
Puis j'ai également remarqué que vous parliez des taux ... si ce sont par exemple des taux directeurs, le projet de monnaie commune est encore loin d'être à l'ordre du jour *rire*.
Après, j'admet que je ne peux pas pronostiquer à 100% l'avenir de l'U.V. On peut s'imaginer toute sorte de scénario, l'explosion, la construction dans la chamaillerie ... qui sera tout de même une construction, voir même une avancée jusqu'à un certains point puis l'immobilisme, mais c'est à mon sens une expérience sans danger qui vaut le coup d'être tenté. Sans danger parce que la seul chose qui risque d'être perdu est ce que l'on construit. Seul le temps serait irrécupérable en cas d'échec.
D'ailleurs, lorsque l'U.V sera bien mis en place, aura fait ses premières élections et ses premiers débats, rien ne vous empêche de devenir membre observateur sans vous engager à rien.
Vous pourrez ainsi participer oralement à tout les conseils, et ainsi informellement faire des propositions, tout en jugeant par vous même du fonctionnement de l'U.V.
Après, la question c'est justement de quel œil vous voyez tout cela. Et il faut dire que quelque soit votre position ou celle de votre pays, cela ne nous empêchera pas de nouer un lien culturel, éducatif et économique fort entre nos deux nations dans le cadre d'accord bilatéraux à venir *sourire*. »
Posté : sam. oct. 18, 2014 3:45 am
par Steve
Tout n'était pas rose pour Richardson, il fallait l'admettre. D'un côté, il se battait corps et âme pour apporter à son pays toute l'énergie qu'il pouvait y consacrer, et de l'autre, il devait se battre pour sa propre santé, qui nécessitait beaucoup d’énergie également. La maladie du ministre shawiricois n'était pas catastrophique, il n'allait pas mourir demain, mais il savait bien que toutes les décisions qu'il prendrait aujourd'hui auraient un grand impact demain, alors qu'il risque fort de ne plus y être pour témoigner de l'efficacité ou non de ses décisions. Richardson ne se lamentait jamais, n'exposait jamais au grand jour ses nombreux soucis de santé, sauf lorsqu'il avait publiquement annoncé qu'il allait tirer sa révérence en 2027 de par la faute de son cancer de la prostate. Le lien entre la Shawiricie et le Danube pourrait être gravé dans ses réussites. Il avait désormais toutes les cartes pour inscrire son nom dans l'histoire de la Shawiricie, même si tout ce qu'il avait toujours demandé était de servir son pays... Richardson termina sa bière, puis commanda un café auprès des employés présents, en retrait.
[center][img]http://www.haaretz.com/polopoly_fs/1.507780!/image/2349077637.jpg_gen/derivatives/landscape_474/2349077637.jpg[/img]
(John Richardson, ministre des Affaires extérieures et du commerce)[/center]
- Je ne vous cacherai pas que votre position au sujet des acquis économiques précédant la signature du Traité de marché commun est une grande déception pour moi, et si la Shawiricie se devait d'être membre observatrice et qu'elle avait le droit de parole, elle axerait ses premières paroles sur sa farouche opposition à cette pensée. Je suis prêt à bien des concessions politiques, mais je ne suis pas prêt à devoir appeler nos alliés pour leur dire : «Désolé, on va devoir revoir notre entente, l'Union du Vicaskaran désire le monopole de toutes nos ententes signées et souhaite affirmer la suprématie face à nos ententes». Car c'est ce que c'est, peu importe les mots que vous emploierez pour défendre votre position et faire croire à une mauvaise interprétation de ma part. C'est extrêmement difficile pour moi de concevoir qu'on puisse fragiliser ce qui est déjà construit au nom d'une Union dont l'avenir est incertain, comme vous l'admettez vous-même. J'ose croire, en tout bon sens, que je ne suis pas le seul à penser ainsi.
Je suis un monsieur Tout-le-Monde, monsieur Moscovi. J'ai passé quarante ans de ma vie à m'asseoir sur un siège d'une chambre législative, à rencontrer mes électeurs, à être auprès d'eux, à me fondre dans la masse. J'ai passé quarante ans de ma vie à crier de toutes mes forces quand quelque chose n'allait pas. Je suis le peuple shawiricois. Vous m'excuserez de ne pas avoir ce petit quelque chose qui fait en sorte que je signe les yeux fermés. Lorsqu'on empoigne un âne en Shawiricie et qu'on s'adonne à des besoins naturels humains qui mènent à l'assouvissement de nos pulsions sexuelles, on le pointe du doigt, on se lève, et on ordonne qu'il soit traduit en justice. On le juge, on le lapide sur la place publique et on fait la promesse à Dieu de ne jamais sombrer dans la déchéance à ce point. Aujourd'hui, j'ai cette émotion en moi. L'émotion de l'homme qui ressent qu'on tente de lui passer de beaux sapins avec de belles paroles, mais qu'au fond, dans la vision stratégique et le coeur de son pays, c'est celui-ci qui souffrira le plus. Je ne peux concevoir que le continent du Vicaskaran signera chèque en blanc à votre organisation sans se poser les questions les plus fondamentales; les questions du peuple. Les questions de monsieur et madame Tout-le-Monde. Je peux comprendre davantage l'article 7 et son statut exceptionnel accordé par l'article 1-A. Je peux dorénavant comprendre le scepticisme qui fait ravage dans l'ensemble des nations du continent.
La Shawiricie est un pays fier, intègre et loyal, en dépit de toute apparence. Au diable ce que les Esmarkiens prétendent, au diable leurs arguments anti-UV. Nous savons tous que ce pays est rongé par ce sentiment de suprématie vicaskaranne qui méprise tous ceux qui n'agissent pas comme eux, qui ne pense pas comme eux et qui refusent, à leur plus grand regret, de se soumettre à une politique et une philosophie dignes des plus grandes défécations de l'histoire du monde. Au diable les mauvaises volontés de la Fédération d'Aquanox. Au diable ces pays signataires en quête d'une identité. Ce que je vous parle, aujourd'hui, c'est d'un pays fier comme la Shawiricie qui se retrouve aujourd'hui confronté à un choix stupide. Un choix d'une si grande stupidité, mais d'une si grande incidence sur l'avenir d'un pays. À ce jeu du pile ou face, là où une simple pièce de monnaie pourrait détruire tout ce qu'a construit un pays. Je ne vais pas vous le cacher, c'est une position très décevante qu'est la vôtre. Une position à la limite de l'inacceptable, à la limite qu'on se demande si, finalement, la connerie n'aurait pas un nom. C'est une grande déception, monsieur Moscovi.
Je suis plus qu'ouvert à entretenir avec votre pays de forts liens. Tant culturels qu'éducatifs, mais vous me permettrez de ne pas appuyer de liens économiques... De toute manière, l'Union viendra y mettre son nez, et notre liberté sera brimée. Cette liberté qui porte désormais un nom. Le C.U.E.N. Je suis disposé à amener les liens diplomatiques avec le Danube à un niveau supérieur, mais désormais, en ce qui me concerne, je ne signerai pas l'Union du Vicaskaran. Ni en tant que membre, ni en tant qu'observateur. Ce serait encourager ce que je n'encourage pas. Ce serait accepter ce que je n'accepte pas.»
John Richardson prit une gorgée de son café. il n'était pas infect, mais il n'avait décidément pas ce goût si riche et si unique que le café alméran.