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Posté : sam. août 09, 2014 2:55 pm
par Sébaldie
Valentijn Van Leeuwenhoek avait dû mettre entre parenthèses son activité de professeur à l’Université de Stranaberg lorsqu’il devint député à l’occasion des élections législatives sébaldes de 2023. Un de ses collègues, à l’Université, était d’ailleurs un certain Goran Horandson, ancien Vice-Président de Sébaldie, professeur de démographie, idéologue libertaire et malthusien. Valentijn Van Leeuwenhoek avait, lui, des idées plutôt conservatrices et rêvait secrètement d’un retour de la monarchie en Sébaldie. Il avait fait part de ses convictions à la famille royale de Viertenstein, qui avait été séduite. L’éducation du Prince de Viertenstein n’était pas une tâche qu’il fallait prendre à la légère mais ce n’était pas vraiment ce qui motivait au premier chef le professeur de néerlandais. N’oubliant pas sa fonction politique de député, l’objectif était d’améliorer les relations entre les deux Etats. Depuis qu’il enseignait, Valentijn Van Leeuwenhoek avait rencontré tout type d’étudiants. Mais même si certains étaient issus de bonnes familles, aucun jusqu’à présent n’était destiné à devenir roi d’un pays.

Van Leeuwenhoek s’était bâti une réputation de professeur sévère. Son œil hagard n’y trompait pas : il ne se refusait pas un verre de bon vin ou de bon whisky. Alors qu’il arrivait au domaine royal, ses narines ne résistaient pas au charme champêtre de ces lieux, lui qui était habitué à la métropole stranabourgeoise. Il avait plaisir d’une part d’enseigner à nouveau après un an sans avoir donné de cours et d’autre part de le faire dans un cadre si apaisant, loin des amphithéâtres bruyants. Néerlandais et allemand étaient des langues semblables, au moins sur leur grammaire. La tâche serait plus aisée a priori. Un domestique lui ouvrit la porte. Le professeur répondit poliment :


[center][img]http://img11.hostingpics.net/pics/323797ValentijnVanLeeuwenhoek.jpg[/img]
Valentijn Van Leeuwenhoek
Professeur de néerlandais à l’Université de Stranaberg (jusqu’en 2023)
Membre du parti politique Renaissance Néerlandophone
Député au Parlement Sébalde (depuis 2023)
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Valentijn Van Leeuwenhoek : « Danke s(rr)ön ! »

Le « sch » se prononçait « srr » en néerlandais, la confusion était inévitable. Son allemand était perfectible mais il parvenait à se faire comprendre. Un autre majordome lui demanda de réitérer l’objet de sa visite :

Valentijn Van Leeuwenhoek : (en allemand) « Je viens donner des cours de néerlandais à Son Altesse Sérénissime le Prince de Viertenstein. »

On le fit attendre dans une antichambre, le temps que le Prince l’invite à entrer.

Posté : dim. août 10, 2014 11:14 am
par Otto
Installé dans sa chambre, le futur Prince du Viertenstein était avec son chapelain pour son cours de catéchisme. Un garde interrompit le cours et avertit le jeune élève et le prêtre de l'arrivé d'un sébalde pour le cours de néerlandais. Tandis que le nouveau professeur attendait dans l'antichambre, le prêtre pris quelques minutes pour conclure son cours qui avait durée plus d'une heure puis quitta la salle, rencontrant le professeur de néerlandais. Après quelques brèves salutations, le religieux quitta la pièce, allant en direction de la chambre de la Princesse Douairière pour sa confession. Van Leeuwenhoek, le sébalde, rentra alors dans la chambre et le Prince Héréditaire le salua :

« (prononcant à la néerlandaise) Hallo professeur. (reprenant en alémanique) Bonjour professeur, bienvenu dans ma chambre. Votre langue sera la troisième que j'apprendrais après le latin et le fiémancais. J'espère que celle-ci sera moins difficile à apprendre que le dialecte d'Opemont qui est encore très dur pour moi après 4 ans d’apprentissage... »

Posté : dim. août 10, 2014 11:51 am
par Sébaldie
Après avoir salué le prêtre qui quittait alors la chambre du Prince, le professeur sébalde rencontra ce dernier. Ayant à cœur de respecter la tradition monarchique, Valentijn Van Leeuwenhoek fit une révérence polie mais sans exagération pour saluer son élève. Il lui répondit en ces termes :

[center][img]http://img11.hostingpics.net/pics/323797ValentijnVanLeeuwenhoek.jpg[/img]
Valentijn Van Leeuwenhoek
Professeur de néerlandais à l’Université de Stranaberg (jusqu’en 2023)
Membre du parti politique Renaissance Néerlandophone
Député au Parlement Sébalde (depuis 2023)
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Valentijn Van Leeuwenhoek : « Ne soyez inquiet, le néerlandais est très semblable à votre langue natale, l’allemand. Comme elle, le néerlandais est une langue germanique mais s’en est distinguée très tôt de par l’abandon de certaines règles grammaticales. Je me risque à dire que le néerlandais est même plus facile à apprendre que l’allemand, au moins du point de vue des non-germanophones. Les langues sont d’ailleurs si semblables que les confusions de vocabulaire ne sont pas rares. En réalité, la seule difficulté que vous pourriez avoir réside dans la prononciation… mais aussi dans l’abandon des vieux réflexes de prononciation allemande. »

Le professeur installa ses affaires et déroula une carte du monde sous les yeux du Prince.

Valentijn Van Leeuwenhoek : « Pour introduire mon propos, savez-vous dans quelles nations est parlé le néerlandais, outre la Sébaldie ? »

Posté : dim. août 10, 2014 7:04 pm
par Otto
Franz-Ulrich
Prince-Héréditaire
« Je crois me souvenir que le Laagland utilise votre langue, mais en-dehors de ce pays et du votre, je n'en vois pas. Peut-être le néerlandais est il reconnu comme langue co-officielle dans certain pays mais je l'ignore monsieur. »

Posté : mar. août 12, 2014 4:24 pm
par Sébaldie
[center][img]http://img11.hostingpics.net/pics/323797ValentijnVanLeeuwenhoek.jpg[/img]
Valentijn Van Leeuwenhoek
Professeur de néerlandais à l’Université de Stranaberg (jusqu’en 2023)
Membre du parti politique Renaissance Néerlandophone
Député au Parlement Sébalde (depuis 2023)
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Valentijn Van Leeuwenhoek : « C’est exact. Et c’est d’ailleurs du Laagland que provient la maîtrise du néerlandais en Sébaldie. En effet, la Sébaldie fut une colonie du Laagland jusqu’à sa slavisation en provenance d’Alméra orientale. Le néerlandais fut également la langue du [url=http://www.simpolitique.com/bataafseland-f590.html]Bataafseland[/url] (littéralement « le pays batave ») et un dérivé du néerlandais est parlé par un pays du même nom, le [url=http://www.simpolitique.com/suid-zanyaansche-f518.html]Suid-Zanyaansche[/url].

Il me paraît nécessaire de commencer ce cours par l’acquisition des sons et de l’alphabet. Cela est au départ assez fastidieux mais on s’y habitue vite, vous verrez.

[img]http://img11.hostingpics.net/pics/29307819NL.png[/img]

Tous ces sons sont relativement faciles, je reviendrai sur le cas, assez particulier, du « g » ultérieurement. Vous les assimilerez mieux avec un exemple de phrase. »

Le professeur se racla légèrement la gorge et commença à faire profiter de sa langue natale au jeune prince :

Valentijn Van Leeuwenhoek : « Hallo. Ik heete Valentijn Van Leeuwenhoek. Ik ben leraar Nederlands. » (en phonétique très simplifiée : « Hallo. Ek héte Valenteigne Fan Léouvenhouk. Ek benne lerâr Nederlands. »)

Van Leeuwenhoek écrivit quelques expressions traduites au tableau :
- « Ik heete » = « Je m’appelle »
- « Ik ben » = « Je suis »
- « de leraar Nederlands » : « le professeur de néerlandais ».
- « de prins » : « le prince »


Valentijn Van Leeuwenhoek : « Vous remarquerez, au passage, que contrairement à l’allemand, les substantifs n’ont pas de majuscule. À votre tour, comment pourriez-vous dire, sur la base de mes exemples : « Je m’appelle Franz-Ulrich, je suis le Prince de Viertenstein » ? » (HRP : avec la phonologie si possible :D )

Posté : mar. août 12, 2014 4:39 pm
par Otto
Franz-Ulrich
Prince-Héréditaire
« Je vais essayer monsieur :

Hallo. Ik heute... heete Franz-Ulrich (prononcé à la germanique) und Ik bin... been de prins van Viertenstein. (en phonétique très simplifiée aussi : Hallo. Ik haillte... hète Franz-Ulrich unt Ik binne... benne de prinz vanne Viertenstein. Par contre j'ai une question, y a pas une nuance comme en allemand entre prinz et un autre mot ? (fürst en allemand))

Mais professeur, j'ai une question. Vous avez évoqué la slavisation de votre pays, cela veut-il dire que votre langue aussi à changée ? »

Posté : mar. août 12, 2014 5:08 pm
par Sébaldie
[center][img]http://img11.hostingpics.net/pics/323797ValentijnVanLeeuwenhoek.jpg[/img]
Valentijn Van Leeuwenhoek
Professeur de néerlandais à l’Université de Stranaberg (jusqu’en 2023)
Membre du parti politique Renaissance Néerlandophone
Député au Parlement Sébalde (depuis 2023)
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Valentijn Van Leeuwenhoek : « À l’origine, comme tout Etat, la Sébaldie a été le lieu de vie de peuples aborigènes, qui n’avaient pas rien en commun au niveau culturel avec les actuels Sébaldes. Les colons laaglandais, qui sont arrivés par la voie des mers ont déplacé ces populations vers le Nord du Jeekim, vers l’actuel Finnherland, où le terrain était plus hostile. Les colons laaglandais entendaient profiter au mieux des ressources que lui procurait la terre sébalde, cet éloignement des Aborigènes était donc nécessaire pour leur entreprise. Naturellement, ils ont continué à parler néerlandais. Vers le XVe siècle, la Sébaldie mais de manière générale tout le Jeekim, ont été slavisés par l’Alméra orientale, l’actuelle Rostovie essentiellement. La population néerlandophone, descendant des colons laaglandais, a été décimée par les armées est-alméranes. La Sébaldie est alors passée sous la coupe du Saint-Empire Orthodoxe du Khabarovsk qui a banni le néerlandais de l’administration pour le remplacer par des langues slaves, parmi lesquelles le slovène ou le serbe. Une politique nataliste a permis à ces populations slaves d’effectuer un véritable remplacement de la population néerlandophone. Le capharnaüm linguistique n’en est pas à sa fin : l’allemand et le tchèque se sont adjoints aux langues de la Sébaldie actuelle, sous l’effet de l’immigration, précisément et respectivement des immigrés de Centralia et de Tcherkessie. Au moment de l’indépendance du pays, en 1815, ce ne sont pas moins cinq langues qui sont parlées, dont le néerlandais. En effet, les révolutionnaires, qui ont obtenu l’indépendance du pays, étaient majoritairement des descendants slaves qui bien qu’opposés à la politique panslave du Saint-Empire, ne souhaitaient pas pour autant le retour aux sources néerlandophones du pays. Ils considéraient que l’avenir ne se construisait pas avec le passé et qu’un retour en grâce du néerlandais serait une décision « réactionnaire », contraire à leurs idéaux.

La langue sébalde, qui repose sur des bases artificielles, a été quant à elle « fabriquée » pour unir cette diversité de communautés linguistiques, en reprenant les principales règles de grammaire et de prononciation de chacune de ces langues. Ce projet d’uniformisation linguistique est, loin s’en faut, vouée à l’échec mais les nationalistes et identitaires croient à la pérennité de la langue. Le néerlandais subsiste heureusement, par la volonté des descendants des colons laaglandais et tous ceux attachés au véritable patrimoine de la Sébaldie. Le parti avec lequel nous avons formé une coalition se dit également sensible à cette question, et nous promet une meilleure reconnaissance de notre langue. »

Le professeur marqua un temps de pause avant de reprendre :

Valentijn Van Leeuwenhoek : « Oui, j’en conviens, c’est une situation extrêmement compliquée… N’hésitez pas à me poser toutes les questions qui vous viennent à l’esprit, votre Altesse. »

Valentijn Van Leeuwenhoek aimait autant donner des leçons de civilisation que de langue néerlandophone. Généralement, ses étudiants à l'Université de Stranaberg se désintéressaient des conflits linguistiques.

Posté : mar. août 12, 2014 5:56 pm
par Otto
Franz-Ulrich
Prince-Héréditaire
« Votre langue a été malmené par l'histoire mais vous la défendez encore aujourd'hui et cela est tout à votre honneur professeur.

Pour en revenir à la langue en particulier, j'aimerai savoir si vous aviez des déclinaisons comme dans l'allemand ou si comme les adéliens vous aviez abandonné ce système ? »

Posté : mar. août 12, 2014 7:10 pm
par Sébaldie
[center][img]http://img11.hostingpics.net/pics/323797ValentijnVanLeeuwenhoek.jpg[/img]
Valentijn Van Leeuwenhoek
Professeur de néerlandais à l’Université de Stranaberg (jusqu’en 2023)
Membre du parti politique Renaissance Néerlandophone
Député au Parlement Sébalde (depuis 2023)
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Valentijn Van Leeuwenhoek : « Merci, Votre Altesse.

Avant d’aborder le cas des déclinaisons, je souhaitais revenir sur votre traduction. La conjonction de coordination « et », qui se traduit « und » en allemand, se traduit « en » en néerlandais. Pour reprendre votre exemple : « Ik heete Franz-Ulrich en ik ben de prins van Viertenstein. ». Le néerlandais n’admet qu’une seule forme pour « Prince », à savoir « Prins », avec un « s ». Il peut être utilisé comme substantif ou comme titre de noblesse : « Prins Franz-Ulrich van Viertenstein » ou « Franz-Ulrich is de prins van Viertenstein ».

Effectivement, le néerlandais a abandonné le système de déclinaisons, ce qui rend la pratique plus aisée. Les articles définis restent les mêmes en néerlandais, quel que soit le contexte grammatical. Un exemple très basique pour vous illustrer cette situation :

En allemand, il se dit « Die Kinder spielen mit dem Hund » (« Les enfants jouent avec le chien »), « dem Hund » étant le complément objet indirect introduit par « mit ». Il prend de fait la forme au datif : « dem Hund » et non « der Hund » comme au nominatif.
En néerlandais, point de distinction. Ladite phrase se traduit : « De kinderen spelen met de hond ». Pour illustrer l’absence de déclinaisons, on peut inverser la phrase : « De hond speelt met de kinderen » (« Le chien joue avec les enfants »).

L’allemand distingue trois genres : le masculin « der », le féminin et pluriel « die » et le neutre « das ».
Ces trois formes aussi existent en néerlandais mais la distinction est beaucoup moins présente. Les noms masculins et féminin sont précédés par l’article défini « de » tandis que les noms neutres le sont par « het ». Au pluriel, en revanche, tous les mots sont précédé par l’article « de ». Il n’existe aucun moyen rapide de savoir s’il faut utiliser « de » ou « het » avant un nom. En revanche, les statistiques sont très parlantes : 80 % des mots en néerlandais sont précédés par « de ». Je vais vous inscrire quelques exemples. »

Le professeur se retourna vers le tableau pour y inscrire ces quelques mots de vocabulaire :
- Het kind : L’enfant (Prononciation à la française simplifiée : « Heute kind/t », le « d » lorsqu’il est à la fin d’un mot se prononce entre le « d » et le « t » français[).
- De kinderen : Les enfants (« De kindereune », le suffixe « -en » se prononce à peine)

- De hond : Le chien (« De hond/t », avec un « h » aspiré un peu comme en anglais)
- De honden : Les chiens (« De hon-deune »)

Posté : mer. août 13, 2014 8:03 am
par Otto
Franz-Ulrich
Prince-Héréditaire
« En effet, vous avez abandonné le système de déclinaison que nous avons encore en allemand. Toutefois, le néerlandais n'est pas simple non plus à ce que je vois... Votre « de » et votre « het » qu'on ne peut pas vraiment savoir en avance complique tout, mais je pense avoir compris. Le « het » ne s'utilise que lorsque qu'un terme est neutre, c'est cela ? Et j'imagine que c'est comme en allemand ou en latin, un terme neutre désigne le plus souvent un objet inanimé tel que « das Auto ». Bon, il y a bien des exceptions comme « das Mädchen», la jeune fille ou en latin « puer, pueri», l'enfant. Or, jusqu'à preuve du contraire, les deux ne sont pas des objets inanimé... »