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Posté : ven. avr. 11, 2014 9:32 pm
par Orès
Beauport n'eut pas besoin de se mettre sur son 31 pour accueillir les officiels de la Fiémance. De fait, l'île était déjà une excentricité culturelle et une beauté naturelle préservée. Que la Fiémance souhaita se rendre sur l'île de Beauport pour ouvrir les bases de futures relations étonna à moitié les services diplomatiques adélaïdiens : l'on préférait souvent Port Louis ou la capitale Adélaïde pour ses infrastructures et ses lieux de pouvoir... mais qui eut reproché à la Fiémance de profiter de ce petit théâtre du bout du monde où l'on parle français par fierté, tradition et subtilité raffinée ? La voilà donc, Beauport la splendide, la belle ! Le raisin brillait au soleil - l'on attendait en effet un ou deux mois de plus ici en raison du climat pour récolter le fruit de la terre -, les feuilles de vignes étaient orangées et rosées et la végétation s’asséchait... on entrait dans la dry season, ou "saison sèche" à Beauport. Cette période de l'année, de six mois, où le mercure ne descend pas en dessous des dix-huit et où la pluie retient ses larmes. Beauport, tant de rêves, tant d'histoires ! Objet des comtes d'aventure, des livres fiémançais de fiers navigateurs qui voguaient sur les mers, bravaient les flots ! Ils sont six mille, sept mille, peut-être même huit mille à vivre dans l'indifférence totale. Qu'importe si les insulaires de Beauport vivent dans un pays anglophone, efstlandophone, javophone, jilljiiphone. Leur flegme, leur calme, leur caractère raffiné leur supprime toute considération autre que la saison des vendanges, le goût des vins et les plaisirs des cafés-théâtres.

À Fayette, où un petit aérodrome fait la desserte entre l'île et Port Louis, Ogustus A. Neville, Premier Ministre, attendait les représentants fiémançais. Derrière lui se tenait le Chief Ranger - qu'on appelle ici officieusement le chef-rangère (car oui, à Beauport on aime les anglicismes !) -, francophone, tout fier, tout pimpant.

<center>[img]http://image.noelshack.com/fichiers/2014/15/1397251944-wine.png[/img]</center>

Posté : sam. avr. 12, 2014 8:00 am
par Arios
Gaston Mauyon, le nouveau ministre des affaires étrangères, effectuait sa première visite extraterritoriale depuis la nomination du gouvernement Lepiot.

Les tractations d'ambassades avaient permis à la Fiémance de rencontrer le Commonwealth sur le dernier caillou francophone de l'archipel, cela devait renvoyer l'image d'une rencontre placée avant tout sur la corde culturelle et civilisationnelle, afin de donner du coffre aux accords qui seraient signés ici, une profondeur que n'aurait pas permis une visite aux apparences purement économique.
Les Adélaïdes craignaient à forte raison de finir comme le Fallsland, avalé par le nationalisme belliqueux de super-États makarans, dont la grossièreté politique intérieure n'avait d'égal que le contondant de la politique étrangère.
Le Commonwealth, très libéral, n'en était pas moins encore un pays blanc, ou au moins "occidental", où les castes cachées du pouvoir du dollar ne souhaitaient pas finir dans les poubelles d'un Mcdo, assassinées par les hommes de main de dragons financiers.
Pour cela, le Commonwealth avait ouvert les vannes de son pétrole, parmi ses ressources désirées, et il tendait des mains à qui les voulaient bien prendre.
Dans la continuité de sa politique étrangère royale, la Fiémance chorocrate avait accepté cette rencontre prévue depuis plusieurs mois, non avec le panache d'antan en dépit des attaques militaires du Raksasa contre les flottes commerciales fiémançaises, mais avant tout pour les ressources, et parce-qu'il valait mieux acheter son pétrole ici que d'entamer les réserves nationales.

Gaston Mauyon avait le crâne dégarni, sur celui-ci un chapeau, une paire de lunettes rondes sur son nez rond, une moustache mi-longue et un gros ventre encostumé et dissimulé derrière sa cravate large. Il espérait à cet instant qu'on lui fît goûter le vin nouveau de l'hémisphère sud.

Posté : sam. avr. 12, 2014 10:24 am
par Orès
On avait fait dépêcher un interprète franco-anglais afin de mener à bien les discussions entre les officiels des deux pays. Aux Adélaïdes, les stéréotypes sur les Fiémançais étaient tenaces : ils ne se laveraient que trop peu, parleraient très fort, râleraient tout le temps, seraient très chauvins et tous un peu bedonnants. À la vue de Gaston Mauyon, Ogustus A. Neville ne put que retenir un sourire qu'il dissimula en une chaleureuse poignée de mains.
L'interprète, un insulaire de Beauport, parlait plus le dialecte francophone de l'île que le Fiémançais académique, et les anglicismes étaient donc nombreux.

O.A. Neville (traduit)
Quel un plaisir de vous voir ici, sir Mauyon ! Enfin vous avez l'occasion de visiter Beauport. Êtes-vous déjà venu ici auparavant ? Aussi loin que je sais, certains Fiémançais apprécient Beauport telle une destination touristique de qualité. Nous en sommes enchantés. Votre trajet fut agréable ? Voici la journée programme : premièrement nous nous réunirons dans l'un des plus beaux restaurants de Beauport - vous aurez une vue souffle-coupante sur les côtes de l'île. Puis nous entrerons la Maison Coloniale, que nous vous ferons visiter... et nous y commencerons les tractations.

On conduisit Mauyon et ses fonctionnaires dans un restaurant très raffiné à deux pas de la Maison Coloniale. Quelques Rangers, vêtus de beige et de chapeaux de cow-boy, montaient la garde devant le restaurant mais l'ambiance était moins sécuritaire que dans d'autres villes.

O.A. Neville (traduit)
Bien ! Ici nous allons ! Vous allez déguster le sauvignon blanc de l'île de Beauport. Lors de cette dégustation... peut-être pourriez-nous vous parler des récentes nouvelles de Fiémance ? Et quelles sont vos relations avec voisins ? Le Thorval ? Le Raksasa ?

Posté : sam. avr. 12, 2014 12:33 pm
par Arios
Gaston Mauyon : Ce vin a une acidité appréciable qui le distingue des côtes du Rintheux, plus aigres, même si les cépages doivent être similaires, du sauvignon. Votre vin a bien profité de ce soleil.
Je vous dirais que nos relations avec le Thorval sont au mieux ; les nouvelles qui nous parviennent de ce pays nous encouragent à le croire, elles sont très satisfaisantes. Nous avons en le Royaume nordique un allié idéologique de poids, qui sait avec tact conserver des relations avec la plupart des pays du monde qu'importent leurs choix politiques ou diplomatiques. Il s'agit, en dehors de la Ménovie, de notre unique allié en Alméra. Et il s'agit de notre unique ami.
Pour ce qui est du Siongving...

il regardait le fond de son verre en faisant tourbillonner les particules dans le reste de vin d'un geste du poignet.

Nous ne partageons pas les analyses de beaucoup de penseurs libéraux qui voient en le Raksasa l'héritier des États-Unis, autant sur le plan de la force que sur celui de la légitimité. Le Raksasa est un pays nationaliste, agressif. Par ailleurs il n'est nullement venu en aide à son puissant allié pelabssien, qui lui a transmis une partie de sa puissance avant de dépérir. Le Raksasa est un danger d'envergure, pour ses voisins d'abord, pour le reste du monde ensuite. C'est la forme libérale d'un autoritarisme makaran dont les différents régimes acoquinés, socialistes ou traditionnalistes, sont un même danger pour la dignité des personnes et les valeurs humanistes de la Civilisation. Nous n'avons pas de rapport avec ce pays, au-delà de l'accueil d'un de leurs établissement d'études supérieures à Opemont et d'une communauté habitant la capitale.
Nous ne demandons qu'à nous tromper sur ce pays.
Pour vous dépeindre un tableau plus général, la Fiémance a toujours eu une politique cavalière, mais respectueuse de ses partenaires. Lorsque nos possessions sont attaquées, sont répliquons. C'est ce qui nous a conduit à un affrontement avec le Lychaka, affrontement dans lequel le nationalisme makaran a été flagrant, et où le Raksasa s'est vraisemblablement compromis en coulant à de nos navire de commerce, civil.
Notre politique étrangère, faute de pouvoir compter sur des alliés naturels que d'aucuns voient pour nous en le Saint-Empire ou la Biturige, s'appuie principalement sur des pays dont nous ne partageons pas les vues politiques, il faut le reconnaître ; bien que je n'aime pas le principe de la barrière idéologique, la Fiémance mène une politique intérieure ambitieuse et particulière qui traduit des choix sociaux et économiques qui ne vont pas de soi. Ainsi nous collaborons activement avec la Ménovie technocrate, pour des raisons géopolitiques, en lui offrant particulièrement une interface maritime d'où nous tirons un avantage commercial. Notre principal partenaire mondial reste à l'heure actuelle le Khaldidan. Nous sommes, mines de rien, éclectiques dans nos choix qui s'imposent souvent d'eux-mêmes pour des intérêts économiques clairs.

Nous serions ravis de développer de nouveau commerce avec le Makara, en la nation du Commonwealth.

Posté : sam. avr. 12, 2014 7:53 pm
par Orès
O.A. Neville (traduit)
Permettez-moi de vous reprendre sur un point, avec tout respect du. Vous semblez critiquer le nationalisme raksasan, mais la Fiémance n'est-elle pas l'épitome du nationalisme alméran ? Tout comme le Thorval, votre système économique et politique semble être largement inspiré et issu d'une tradition nationale et historique. Par ailleurs, si vous n'y voyez pas d'insistance, pourriez-vous préciser vos pensées sur l'autoritarianisme raksasan ? Excusez -nous d'insister sur ce sujet, mais avec le Polao comme voisin, nous sommes particulièrement intéressés par les opinions extérieures.
Quant au reste, notre pays serait aussi ravi d'intensifier ensemble les liens économiques qui nous assemblent et de fournir à la Fiémance une plaque tournante vers le Makara que seraient les Adélaïdes. Voyez-vous notre coopération sous cet angle ?

Posté : dim. avr. 13, 2014 11:17 am
par Arios
Gaston Mauyon : Je ne partage pas ce point de vue sur le nationalisme en Fiémance, qui est du niveau d'analyse de la propagande pour jeunesses communistes encadrées.
Toutes nos mesures, depuis 2020, sont allées dans le sens contraire au nationalisme. Nous avons déjà abattu tous les vecteurs de celui-ci, et la plupart des piliers sociétaux, hors la société est condition sine qua non au nationalisme.
Nous avons confié l'éducation des enfants, progressivement, à un organisme international : l'Église catholique, si bien que nous ne possédons plus de Ministère de l'éducation, sinon un Ministère de la culture supervisant cette transition et collaborant, avec le Ministère des Structures, à la réussite des échelons secondaires et supérieurs de la formation et la professionnalisation.
Nous avons éliminé, à peu de choses prés, la télévision, et celle-ci au même titre que les supports électroniques nouveaux n'émettent plus que rarement dans la langue "nationale", mais dans celles des régions.
Nous avons organisé l'Armée de telle sorte que le Fiémançais participe le moins possible à la défense du territoire, revenant à des troupes professionnelles dont cela est le métier.
Nous voyons d'un bon œil, partout, l'entretien des langues locales jusque dans les prénoms donnés aux enfants, qui sont enfin les version retranscrites des surnoms et prénoms régionaux attribués anciennement uniquement à l'oral.
En les protégeant au maximum de toute propagande d'État, de tout cursus unificateur, de tout service armé amalgamant, de toute dépendance économique à une autre partie de la nation - pour ainsi dire -, nous avons déconstruit au plus clair toute aspiration à une nation comme objet d'un projet politique.
Et en cela, la Fiémance est une exception notable dans le monde hypocrite qui vous entoure. Plus ou moins dosé, le poison du mondialisme qui commence très nettement avec le concept de "Nation", tel que nous l'entendons dans notre langue, est utilisé par l'intégralité des régime et accepté comme la vérité suprême. De la CESS au Saint-Empire, du Khaldidan à l'Océania, tous les programmes politiques entretiennent ce mythe. Il est à mon point de vue combattu dans mon pays. Comment ne pas mourir de rire et de pitié, mon cher Neville, quand un pays comme l'Océania, ou l'Espérance, ou la Biturige, se définit comme une nation ? Je veux bien qu'il existe divers niveaux d'édification et de structuration d'une nation, lui conférant une légitimité dépendante des notions portées, mais le concept national est utilisé partout à des fins d'orgueil exclusif, par un petit nombre en construisant une vision faussée.
Mais la proximité des sens de "nation" et "État" dans votre langue est symptomatique du projet politique qui se cache toujours, au sein de ces pays, dans le "nationalisme" ourdi ou affiché. Il s'agit d'entretenir un sentiment factice chez des masses hébétées, miséreuses ou bourgeoises, croyantes ou agnostiques, afin qu'en croyant servir cette construction sentimentale de "Nation", elles servent l'État et ceux qui sont derrières.
Au Raksasa, pays qui n'a aucune identité propre, l'État et la Nation sont un méli-mélo d'intérêts de caste, une caste industrielle et financière au sommet de la fourmilière, qui annexe par simplicité des territoires, avec l'appui d'une frange qui y voit un geste nationaliste : le nationalisme prometteur au Makara est le panmakiranisme, la démonstration la plus flagrante de la pauvreté intellectuelle des tribus qui soutiennent cette idée, et de la spoliation accomplie par les États des identités locales des Makarans, dont l'agressivité témoigne d'une cage à lapin qui s'est faite trop petite.

Posté : dim. avr. 13, 2014 12:17 pm
par Orès
O.A. Neville (traduit)
Et je ne peux, monsieur Mauyon, qu'être d'accord avec la plupart de vos dires. Je conviendrai que ma politique ne reflète pas systématiquement les concepts que vous me présentez, mais élu par les hommes libres des Adélaïdes, je suis tenu de gérer leur État et leurs services... et tout comme vous l'évocation d'une identité nationale ou du concept de Nation en lui-même pour légitimer l'action étatique me répugne. Et pourtant, je suis tenu de subventionner nombre de collectivités moriori avec l'argent des Adélaïdiens le plus souvent d'origine almérane, très probablement pour soutenir ce sentiment d'unification nationale. Et même si je ne suis pas étreint par cette idée, je me permets de voir en cela un point positif : au moins, la nation adélaïdienne, celle qui unifierait blancs et moriori, n'a qu'une chance infime de se tourner vers l'autoritarisme et l'impérialisme. Et je sais que je puis faire confiance aux textes adélaïdiens et aux principes fondateurs de notre démocratie pour que jamais nous ne prenions cette voie.
Nous voilà donc. J'admire la vision que vous avez de votre pays. Nos deux na-... nos deux pays ont, au fond, ce même espoir de fin des autoritarismes, des conquêtes et des guerres. N'est-ce pas ? Pour forger la paix entre deux entités, je ne connais que le marché libre de durable. Le lien du commerce crée l'intérêt commun, une légère interdépendance et l'éloignement des conflits armés. Les compétitions doivent se régler par la concurrence et non par la confrontation des armes. Et à ce point, les Adélaïdes seraient heureuses d'ouvrir avec la Fiémance des tractations économiques pour faire profiter la Fiémance des opportunités que lui offre aujourd'hui l'économie mondiale, et pour que les Adélaïdes profitent de l'ouverture de la Fiémance sur cette même économie-monde qu'elle semble pourtant peu encline à embrasser. Pourriez-vous m'en dire plus sur votre doctrine économique et sur les possibilités d'ouverture avec les Adélaïdes ?

Posté : dim. avr. 13, 2014 12:45 pm
par Arios
Gaston Mauyon : Nous convenons que l'armement dont se rendent coupables nombre de gouvernement n'est pas un signe d'une résolution des problèmes internationaux. Le monde multipolaire qui doit naître de l'écroulement de la Main Noire ne peut pas s'appuyer sur un monde multi-armé, qui serait multiconflictuel. C'est à un nombre limité de grands pays de partager ce poids en participant au rapport de forces. Mais comme vous l'avez dit, l'arme principale est celle de l'économie.
Nous privilégions toujours les produits intérieurs, bien sûr dans le secteur nourricier. Nous n'importons, de l'agro-alimentaire, que les biens non produits chez nous. Cela peut apparaître restrictif, mais grâce à la politique agricole qui est nôtre, nous ne produisons plus toutes les cultures importées ces derniers siècles et soi-disant acclimatées. Pour vous donner un exemple, nous importons les tomates et les dattes, au lieu de les produire.
Pour l'agro-alimentaire, je suis impatient de connaître les produits que les Adélaïdes auraient à exporter chez nous.
Vous avez parlé de subventions pour les Maori... Nous sommes prêts à importer en Fiémance, dans une logique de commerce équitable, des productions alimentaires que ces tribus cultiveraient, et ce sans qu'il soit question de douanes, puisque nous sommes incapables de les produire là-haut. Si l'idée vous intéresse, un de vos ministres dressera la liste desdits produits, alimentaires j'entends, qui pourront nous aider, vous et moi, à rendre moins dépendant vos autochtones de ce biberon de l'aide sociale que vous leur accordé magnanimement.
J'ai dit équitable... Sachez qu'en dehors des frais de transports, que nous réduirons au mieux - malheureusement le Barebjal nous a offert très peu de possibilités d'obtenir un port franc, nous n'avons que Yestahem sur la côte ouest -, nous n'appliquerons aucune douane. Libre au Commonwealth de prélever ce qu'il entend sur ces marchandises afin que tous y gagnent, à commencer par vos indigènes. Qu'ils ne soient pas trop lésés, et qu'ils aient un secteur de travail qui leur corresponde afin de les extraire du salariat ou de l'oisiveté.
Par ailleurs, nos lignes commerciales afin d'être rentables doivent s'étoffer. Nous savons que vous recherchez des entrepreneurs pour exploiter le pétrole de vos sous-sols marins et terrestres. Nous avons en Fiémance la technologie mais malheureusement pour elles, nos entreprises ont connu des heures très sombres économiquement avec la fin de la civilisation de l'automobile. Plus aucun particulier, en dehors de chauffages urbains, n'utilise de pétrole. Oui, vous pouvez faire cette tête, ce n'est pas un secret qu'on nous critique de les renvoyer au moyen-âge, même si encore ce jugement est coupé au couteau. Quoiqu'il en soit, nos sociétés d'extractions seront ravies de trouver chez vous les matières premières à raffiner, que vous pourrez revendre en accord avec elles, et nous leur rachèterions une partie afin d'entretenir le niveau de nos réserves stratégiques et d'assurer le transport par les lignes essentielles consommant de l'essence. Quelles seraient vos conditions à un accord de ce type avec Lacanorgue, l'entreprise à laquelle nous pensons ?

Posté : dim. avr. 13, 2014 1:10 pm
par Orès
O.A. Neville (traduit)
En matière d'extraction pétrolière, la législation adélaïdienne empêche le gouvernement de participer activement à ce type d'accords. Notre seul pouvoir est d'autoriser ou non les sociétés étrangères à percer le sol adélaïdien pour en extraire du pétrole ou toutes autres ressources naturelles. Le gouvernement adélaïdien compte ouvrir son sol à deux pays au maximum pour les prochaines années. Nous serions heureux que la Fiémance en fasse partie. Ce que nous apprécierons, c'est de replacer cette autorisation d'extraction dans un traité économique plus global. Voici ce que à quoi nous avions pensé avant d'amorcer cette rencontre.

Le premier ministre fait un aimable signe de la main à l'un de ses conseillers qui, rapidement, lui donne une page blanche en papier rigide.

[quote]<center>Traité entre le gouvernement des Adélaïdes et le Royaume de Fiémance
É C O N O M I E
</center>

Section 1 : Issues relatives à l'exploitation pétrolière
1. Le gouvernement des Adélaïdes donne l'autorisation au Royaume de Fiémance d'accréditer certaines de ses entreprises à exploiter les ressources pétrolières adélaïdiennes à raison de ... barils par an.
1.1. Le Royaume de Fiémance sera soumis à la législation fiscale adélaïdienne en matière de forage et de production pétrolières, à savoir 9% de la valeur ajoutée de la production pétrolière.
1.1-1. Le Royaume de Fiémance payera chaque année la taxe sur la valeur ajoutée pétrolière sur la production de l'année suivante.
1.2. La construction des installations fiémançaises devra respecter un quota de 30% au minimum d'ingénieurs et de techniciens adélaïdiens et de 15% d'ouvriers moriori.
1.3. Le gouvernement des Adélaïdes n'impose aucune restriction sur la destination ou l'utilisation de la production pétrolière fiémançaise aux Adélaïdes.

Section 2 : Issues relatives à la fluidité des échanges
1. Le Royaume de Fiémance abolit toute taxe sur le capital étranger en provenance des Adélaïdes.
2. Le Royaume de Fiémance abolit toute taxe sur la commercialisation de produits du secteur tertiaire entre les Adélaïdes et la Fiémance.
3. Le gouvernement des Adélaïdes assure au Royaume des Fiémances la surveillance des capitaux transitant par des entreprises enregistrées au sein des Adélaïdes par le biais de ses services de renseignement, de sa police et de ses services fiscaux.
4. En termes de contentieux, les gouvernements des deux pays nommera une cour de justice réunissant quatre juges : deux en provenance de cours fiémançaises, deux en provenance des cours adélaïdiennes.
5. Pour se rendre aux Adélaïdes en provenance de la Fiémance, un visa ne sera pas nécessaire en-deçà de trois mois de séjour.
6. Pour se rendre en Fiémance en provenance des Adélaïdes, un visa ne sera pas nécessaire en-deçà d'un mois de séjour.
[/quote]

La section 1 vous offre une totale liberté sur votre production pétrolière au sein des Adélaïdes. En échange du bénéfice conséquent que vous pouvez amasser à percer nos sous-sols, vous supprimez toutes barrières douanières sur les capitaux et sur les services (légaux, marketing, consulting, stratégie commerciale internationale, import-export) en provenance des Adélaïdes. Ne croyez pas que la section 2 ne profiterait qu'aux Adélaïdes : nous connaissons votre désir d'adopter une politique économique protectionniste. Seulement, l'ouverture aux capitaux étrangers ne fera qu'enrichir votre pays. Le fait qu'ils transitent exclusivement par les Adélaïdes vous assure un meilleur contrôle et une meilleure visibilité sur ces derniers. Vos autorités ne seront pas ainsi débordées par des capitaux provenant d'on-ne-sait-où et, en dernière instance, vous garderez de toute façon souveraineté en matière de décision au sein de votre territoire en matière économique, réglementaire ou fiscale, tant que les principes de libre-échange sont respectés. Quant à nous, nous pourrons profiter des opportunités qu'offre la Fiémance : les investisseurs fiémançais privilégieront les Adélaïdes pour en faire une porte d'entrée vers le Makara, et cela ne fera qu'augmenter les capitaux transitant sur notre territoire.
Qu'en dites-vous ?

Quant aux issues relatives aux produits moriori... certaines communautés disposent en effet de certaines productions, de kiwi et de bananes notamment. Nous ne voyons aucun obstacle à votre proposition de libre-échange entre les tribus moriori et la Fiémance.

Posté : lun. avr. 14, 2014 7:03 am
par Arios
Il s'était mis du vin plein la moustache à la lecture de la Section 2. Il l'essuyait donc avec un coin de sa serviette tout en tentant de répondre.

Gaston Mauyon : Mais, disons, quels secteurs dans quels secteurs les Adélaides souhaiteraient investir du capital ?
Je ne voudrais pas que vous preniez des décisions qui vous nuiront par la suite, faute de connaissance du terrain. De même, quels produits du secteur tertiaires seraient intéressants pour vous d'exporter en Fiémance ?
Notre marché pour ce genre de produits s'élève à... allez, avec 40 millions d'urbains... une vingtaine de millions de personnes, entre quinze et vingt millions de personnes.
En fait, notre quasi-unique zone d'investissement de capitaux étrangers est, à terme, notre unique ville : Opemont, la capitale.
Dans le reste du territoire, les villes sont en déclin, et se muent en bourgs ruraux dont les seules fonctions vont à permettre aux campagnes d'échanger, et aux touristes de manger.
C'est une ville d'envergure, 18 millions d'habitants, mais si l'entrée de capitaux est gratuite, sa sortie est taxée à 6%. Ensuite, cela peut se discuter.