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Posté : lun. juil. 12, 2010 10:39 am
par Ramiro de Maeztu
Les nouveautés culturelles du Royaume de Numancia - Las novedades culturales del Reino de Numancia


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Dans le cadre des différents plans culturels proposés par le gouvernement et approuvés par Sa Majesté Sérénissime, chaque semaine, un extrait d'une œuvre magistrale de la littérature numancienne sera envoyée par le Ministère de la Culture et de l'Éducation à tous les ménages qui en feront la demande. Cet extrait, en castillan puis en traduction française, pourra être un fragment de poème, d'œuvre dramatique ou narrative, d'essai..., et aura été validé par le Roi Felipe V.
Il s'agit de promouvoir, face à l'expansion des langues anglo-saxonnes, le génie et la richesse de la culture et des lettres nationales.

Cette semaine, il s'agit d'un extrait d'un recueil exemplaire médiéval, datant du XIIIème siècle, de Gonzalo de Allende, Los Milagros de Nuestra Señora (Les Miracles de Notre Dame), choix somme toute logique à l'approche des festivités de l'Assomption.
Cet ouvrage regroupe une série d'anecdotes exemplaires à visée hagiographique et prosélyte rédigées en quatrains constitués d'alexandrins (vers de quatorze syllabes, et non pas de douze, en espagnol) avec césure à l'hémistiche. En apparence incohérent et décousu, ce recueil est en fait guidé par un fil argumentatif fait de références bibliques, et notamment vétérotestamentaires, et mène à une conclusion logique. Nous avons sélectionné pour vous la deuxième anecdote du recueil, intitulée "La Casulla de San Ildefonso" ("La Chasube de Saint Ildefonso").
Voici l'extrait concerné en castillan (la graphie médiévale originelle a été conservée), puis sa traduction française :


<center>"Amigo, – díssol – sepas que só de ti pagada,
Ásme buscada onrra non simple, ca doblada:
Fecist de mí buen libro, ásme bien alavada,
Fecístme nueva festa que non era usada.

A la tu Missa nueva d’esta festividat,
Adúgote ofrenda de grand auctoridat:
Cassulla con que cantes, preciosa de verdat,
Oy en el día sancto de Navidat.

De seer en la cátedra que tú estás posado,
Al tu cuerpo sennero es esto condonado;
De vestir esta alva a ti es otorgado,
Otro que la vistiere non será bien hallado.

Dichas estas palabras, la Madre glorïosa
Tollióseli de ojos, non vío nulla cosa;
Acabó su officio la persona preciosa
De la Madre de Christo, crïada e esposa.

Esta festa preciosa que avemos contada
En general concilio fue luego confirmada;
Es por muchas eglesias fecha e celebrada,
Mientre el siglo fuere non será oblidada.

Quando plogo a Christo, al celestial Sennor,
Finó Sant Illefonso, precioso confessor;
Onrrólo la Gloriosa, Madre del Crïador,
Diol gran onrra al cuerpo, a la alma muy mejor."



"Mon ami - dit-elle - sache que tu m'as beaucoup honorée,
Tu as recherché ma gloire, non pas une fois mais deux,
Tu as écrit sur mon compte un bon livre, tu m'as bien louée,
Tu as créé pour moi une nouvelle fête, qui n'existait pas auparavant.

Lors de cette fête nouvelle, à l'occasion de la Messe,
Je t'apporte un présent d'un grand prestige :
Une chasuble avec laquelle célébrer le culte, véritablement belle,
Aujourd'hui, jour de Noël.

Puisque je l'attache à la chaire que tu occupes,
Seul ton corps pourra la revêtir.
Il t'est permis de porter cette aube,
Tout autre qui la revêtirait serait déconsidéré du ciel.

Sur ces mots, la Mère glorieuse
Disparut à ses yeux, sans qu'il vît rien;
L'homme chéri par la mère du Christ, servante et épouse,
Termina son office.

Cette superbe fête que nous vous avons contée
Fut par la suite confirmée en concile général;
Dans bien des églises elle fut célébrée.

Lorsqu'il plut à Dieu, notre Seigneur céleste,
Saint Ildefonso, grand confesseur, périt;
La Glorieuse mère du Seigneur l'honora;
Elle fit un grand honneur à son corps et plus encore à son âme."</center>

Posté : mar. juil. 13, 2010 1:21 pm
par Ramiro de Maeztu
Les nouveautés culturelles du Royaume de Numancia - Las novedades culturales del Reino de Numancia


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<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/45/f/8/1/blanky-a216b7.jpg.htm][img]http://img45.xooimage.com/files/4/0/f/blanky-a216b8.jpg[/img][/url]</center>


Après plus de dix ans d'attente, la Real Academia de Castellano, organisme chargé de régir la langue espagnole pour le Numancia et le monde, va faire paraître le 1er septembre prochain la la vingt-troisième édition de son Dictionnaire castillan, en six volumes. La dernière édition, datant de 2001, a donc été revue, corrigée et augmentée sous la supervision de l'Académie, en collaboration avec les autres académies nationales de castillan (notamment au Logroño, en Cubalivie et au Ranekika).

Par ailleurs, c'est également le 1er septembre que paraîtra le grand Dictionnaire étymologique du castillan et le Le Dictionnaire panhispanique des doutes, toujours sous la supervision de la Real Academia. Ce dernier, pour sa première édition, comportera un dictionnaire proprement dit, cinq appendices (abréviations, symboles, modèles de conjugaison, gentilés...), un glossaire de termes linguistiques et une liste des sources citées.


<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/44/3/d/6/diccionario-panhi...co-dudas-1e44194.jpg.htm][img]http://img44.xooimage.com/files/2/2/f/diccionario-panhi...co-dudas-1e44195.jpg[/img][/url]</center>

Posté : mer. juil. 14, 2010 2:12 pm
par Ramiro de Maeztu
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<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/23/8/a/2/sepang-circuit-162c273.jpg.htm][img]http://img23.xooimage.com/files/b/f/d/sepang-circuit-162c276.jpg[/img][/url]
Le circuit de Pedralbes, où se court le Grand Prix de Formule 1 du Numancia</center>


C'est aujourd'hui que se déroulait la course automobile de Formule 1 annuelle du Numancia, l'une des plus prestigieuses du monde, sur le circuit de Pedralbes, à une trentaine de kilomètres de Filipina.

Sur ce circuit reconnu comme l'un des plus ardus du monde, c'est le coureur automobile adélien Howard Winfrey qui a démarré en pôle position mais c'est le pilote numancien Fernando Alberto Romero qui est arrivé premier, remportant son premier Grand Prix de l'année en une heure, trente-cinq minutes et quarante-quatre secondes devant le Pelabssien John Parlour et le Germanique Friedrich Bicksberger.

Aucun accident n'a été à déplorer et c'est donc Howard Winfrey qui reste premier au classement mondial, propulsant son écurie (qui est aussi celle de Fernando Alberto Romero) en tête du classement des constructeurs.


<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/5/b/6/9/f1-130382.jpg.htm][img]http://img44.xooimage.com/files/1/0/9/formule_1_85-01-ccce72.jpg[/img][/url]
Fernando Alberto Romero lors de la course d'aujourd'hui</center>

Posté : jeu. juil. 15, 2010 3:18 pm
par Ramiro de Maeztu
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Dans le cadre des différents plans culturels proposés par le gouvernement et approuvés par Sa Majesté Sérénissime, chaque semaine, un extrait d'une œuvre magistrale de la littérature numancienne sera envoyée par le Ministère de la Culture et de l'Éducation à tous les ménages qui en feront la demande. Cet extrait, en castillan puis en traduction française, pourra être un fragment de poème, d'œuvre dramatique ou narrative, d'essai..., et aura été validé par le Roi Felipe V.
Il s'agit de promouvoir, face à l'expansion des langues anglo-saxonnes, le génie et la richesse de la culture et des lettres nationales.

Cette semaine, il s'agit d'un extrait du grand chef-d'œuvre de la poésie post-romantique numancienne, œuvre de l'auteur numancien d'origine germanique, Alfonso María Bécquer, Las Rimas (Les Rimes). Ouvrage de soixante-seize poèmes assonants, il développe plusieurs thèmes poétiques fondamentaux : la poésie, l'amour, la douleur et l'angoisse. Son prologue, par ailleurs, contient une poétique qui décrit l'état d'esprit de l'auteur et son mode de création.
Très influencé par des auteurs quantariens comme Heine ou des poètes adéliens comme Byron, Alfonso María Bécquer évoque dans ce recueil un monde onirique, étranger à la réalité, très influencé par le symbolise francophone, tout en y mêlant son génie propre, notamment fait de chansons de la Province de Península del Ponente (il naît dans la localité de Sáinz del Lucero en 1836) et de culture populaire hispalienne.
Voici l'extrait concerné en castillan, puis sa traduction française :


<center>"Volverán las oscuras golondrinas
En tu balcón sus nidos a colgar,
Y otra vez con el ala a sus cristales
Jugando llamarán;
Pero aquellas que el vuelo refrenaban
Tu hermosura y mi dicha al contemplar,
Aquellas que aprendieron nuestros nombres,
Ésas… ¡no volverán!
Volverán las tupidas madreselvas
De tu jardín las tapias a escalar,
Y otra vez a la tarde, aún más hermosas,
Sus flores se abrirán;
Pero aquellas cuajadas de rocío,
Cuyas gotas mirábamos temblar
Y car, como lágrimas del día…
Ésas… ¡no volverán!
Volverán del amor en tus oídos
Las palabras ardientes a sonar;
Tu corazón de su profundo sueño
Tal vez despertará;
Pero mudo y absorto y de rodillas,
Como se adora a Dios ante su altar,
Como yo te he querido… desengáñate,
¡Así no te querrán!"



"Elles reviendront, les noires hirondelles,
Suspendre leur nid à ton balcon,
Et à nouveau, en jouant, elles frapperont
A tes vitres avec leurs ailes…
Mais celles-là qui ralentissaient leur vol
En contemplant ta beauté et mon bonheur,
Celles-là qui apprirent nos noms,
Celles-là… Elles ne reviendront pas !
Ils reviendront, les chèvrefeuilles touffus,
Escalader les murs de ton jardin,
Et à nouveau, à la nuit tombante, ses fleurs s’épanouiront,
Plus belles encore ;
Mais ces caillés de rosée,
Dont nous regardions les gouttes trembler
Et tomber, comme des larmes du jour…
Ceux-là… Ils ne reviendront pas !
Elles reviendront tintinnabuler à tes oreilles,
Les paroles ardentes de l’amour ;
Ton corps, de son profond sommeil,
Se réveillera peut-être ;
Mais muet et absorbé et à genoux,
Comme l’on adore Dieu à son autel,
Comme moi je t’ai aimé… détrompe-toi,
Plus personne ne t’aimera comme cela !"</center>

Posté : jeu. juil. 15, 2010 11:01 pm
par Ramiro de Maeztu
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<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/43/d/4/2/vuelta-a-espa-a-1e59a1e.jpg.htm][img]http://img43.xooimage.com/files/4/d/6/vuelta-a-espa-a-1e59a1f.jpg[/img][/url]
L'arrivée de la première étape du Tour du Numancia de 2011, à Vinaroz</center>


C'est aujourd'hui que s'élanceront les compétiteurs du Tour du Numancia 2012 - en castillan "vuelta a Numancia", familièrement "vuelta" -, dans la localité d'Alcalá de Guadaíra, pour une course de vingt-et-une étapes qui se terminera sur l'Avenida de Gustavo II, à Hispalis, le 2 septembre prochain.
Remporté par le Numancien Felipe de Valverde l'année dernière, en quatre-vingt-sept heures, vingt-deux minutes et trente-sept secondes, la "vuelta" offre chaque année la possibilité de remporter le "maillot oro" (maillot jaune), le "maillot punto" (maillot du meilleur coureur cycliste en termes de points) et le "maillot montaña" (maillot du meilleur grimpeur).

Le parcours a été révélé il y a six semaines et comportera notamment deux contre-la-montre (l'un au départ, à Alcalá de Guadaíra, et l'autre à Peñafiel, pour la dix-septième étape) et neuf étapes de montagnes, des sommets et de cols (entre Marbella et Albaladejo del Cuende; entre Villena et Jorret del Catín; entre Calpe et Alcoy; entre Tarragona et Villanueva de Filipina; entre Burgos et Peña Cabarga; entre Solares et Lagos de Covadonga; entre Gijón et Cotobello; et entre San Martín de Valdeiglesias et Bola del Mundo). Vingt-huit équipes et cent quatre-vingts coureurs seront au départ cette soixante-cinquième édition, qui innovera par ailleurs en matière de lutte contre le dopage et de contrôle des coureurs et des vélos !


<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/41/b/c/2/truc-1e59ba9.jpg.htm][img]http://img41.xooimage.com/files/a/9/d/truc-1e59baa.jpg[/img][/url]
Felipe de Valverde l'année dernière, lors de l'arrivée du Tour du Numancia à Hispalis</center>

Posté : ven. juil. 16, 2010 10:05 pm
par Ramiro de Maeztu
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<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/28/e/7/7/constitution_robespierre432-1e61af2.jpg.htm][img]http://img28.xooimage.com/files/3/4/f/constitution_robespierre432-1e61af3.jpg[/img][/url]
Une copie tapuscrite de la première constitution jamais appliquée au Numancia, dite "la gonzalina"</center>


C'est le 22 août prochain que tout le Numancia, et particulièrement la ville d'Hispalis, fêtera le Jour de la Constitution ("Día de la Constitución"), en référence à la promulgation de la Constitution d'Hispalis, révisée au début de l'année 2012.
C'est l'occasion pour les Numanciens de célébrer une sorte de "seconde fête nationale", avec défilé militaire, feux d'artifices dans les principales villes, allocutions du Roi et du Président du Gouvernement.
Mais c'est aussi l'occasion pour les philologues, les historiens et les spécialistes de droit constitutionnel de revenir non seulement sur la Constitution d'Hispalis et ses récents amendements mais aussi sur toutes les constitutions qui ont parsemé l'histoire du Royaume (parfois devenu une République provisoire), comme "la gonzalina", appelée officiellement "Constitución de Gonzalo I" (1814), la Constitution de la Première République (1985) ou encore la Constitution d'Adelia, appelée officiellement "Constitución de la Reina" (1940).

De nombreuses expositions dans les universités et musées de tout le pays, mais également des conférences, des colloques et des débats seront réalisés cette année afin de vulgariser le droit constitutionnel numancien, notamment dans un souci comparatiste.


<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/48/f/6/e/feuartifice-1453357.jpg.htm][img]http://img48.xooimage.com/files/4/9/2/feuartifice-1453358.jpg[/img][/url]
Les feux d'artifice du 22 août 2011 à Hispalis</center>

Posté : sam. juil. 17, 2010 10:38 pm
par Ramiro de Maeztu
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Dans le cadre des différents plans culturels proposés par le gouvernement et approuvés par Sa Majesté Sérénissime, chaque semaine, un extrait d'une œuvre magistrale de la littérature numancienne sera envoyée par le Ministère de la Culture et de l'Éducation à tous les ménages qui en feront la demande. Cet extrait, en castillan puis en traduction française, pourra être un fragment de poème, d'œuvre dramatique ou narrative, d'essai..., et aura été validé par le Roi Felipe V.
Il s'agit de promouvoir, face à l'expansion des langues anglo-saxonnes, le génie et la richesse de la culture et des lettres nationales.

Cette semaine, il s'agit d'un extrait d'une très célèbre pièce de théâtre intitulée La Dorotea (Dorothée), composée par le plus célèbre dramaturge numancien de tous les temps, surnommé par ses pairs, et même par ses rivaux, le "phénix et monstre de la création", tant son œuvre a été prolifique et a connu une prospérité sans égal : Félix López Vega, né en 1562 et mort en 1635. Sa carrière, qui s'est déroulée lors du "Siècle d'Or" littéraire numancien, est parsemée d'une multitude d'écrits : trois mille sonnets, mille pièces de théâtre, trois romans, quatre nouvelles, neuf épopées et trois poèmes didactiques !
Dans ce cadre herculéen, La Dorotea paraît en 1632 et fait partie d'un cycle poétique en prose, entrecoupé de dialogues et de formes lyriques nombreuses et variées.
Voici l'extrait concerné en castillan, puis sa traduction française :


<center>"Dorotea. – Dame aquel arpa, Celia.
Celia. – De buen humor te levantas; no querría que te sucediese lo que al tiempo; que arreboles de la mañana, a la noche son de agua.
Dorotea. – Segurísima estoy de que por culpa mía se mude el tiempo. Mi amor paró en celos, mis celos en furia, mi furia en locura, mi locura en rabia, mi rabia en deseos de venganza, mi venganza en lágrimas, y mis lágrimas en arrojar por los ojos el veneno del corazón. Quédese aquel ingrato con su Marfisa; trocaré estas galas en un hábito, y daré con prudencia esto que los hombres llaman gracias al Autor dellas, que ni puede engañar ni faltar, ni dejar de agradecer; que, volviendo los ojos a lo pasado, ¿qué tengo yo, Celia, de la amistad de Fernando, sino el arrepentimiento de mi ignorancia? Aquellos papeles, cuyas letras quemadas, blancas entre lo negro del papel, me ponían miedo; haber echado cinco años por la ventana de mi apetito en la calle de mi deshonra. La hermosura no vuelve, la edad siempre pasa, posada es nuestra vida, correo el tiempo, flor la juventud, el nacer deuda, el duelo pide, la enfermedad ejecuta, la muerte cobra.
Celia. – Dicen que los sucesos adversos son muchas veces causa de la enmienda de las costumbres; en que se ve lucir la providencia del cielo, y cuánto desea su divino autor la reducción de nuestros pasos a su servicio. ¡Ay, señora! ¡Qué grande es el engaño de la hermosura! Más mujeres se han perdido por los oídos que por los ojos; más daño les ha hecho siempre el oír alabanzas que el mirar gentilezas."



"Dorotea. – Donne-moi cette harpe, Celia.
Celia. – Tu te lèves de bonne humeur ; je ne voudrais pas qu’il t’arrivât ce qui arrive au temps, car aux rougeurs matinales succède la pluie vespérale.
Dorotea. – Je suis tout à fait certaine que c’est par ma faute que change le temps. Mon amour s’est mué en jalousie ; ma jalousie, en fureur ; ma fureur, en folie ; ma folie, en rage ; ma rage, en désirs de vengeance ; ma vengeance, en larmes ; et mes larmes deviennent une projection du poison de mon cœur. Qu’il reste, cet ingrat, avec sa Marfisa ; j’échangerai ces atours pour prendre le voile et je ferai offrande avec sagesse de ce que les hommes nomment grâces à leur Auteur, car il ne peut ni tromper, ni faillir, ni manquer de remercier ; car, si je tourne mes regards vers le passé, qu’ai-je retiré, Celia, de l’affection de Fernando, si ce n’est la repentance de mon ignorance ? Ces papiers, dont les lettres brûlées, blanches sur le noir du grain, me faisaient peur ; avoir jeté cinq années par la fenêtre de mon désir dans la rue de mon déshonneur. La beauté ne revient pas ; las années toujours défilent ; notre vie est une auberge ; le temps, la voiture du courrier ; la jeunesse, une fleur ; la naissance est une dette, son propriétaire la réclame, la maladie saisit les biens, la mort la perçoit.
Celia. – L’on dit que les événements contraires poussent souvent à amender son comportement ; c’est en cela que l’on voit briller la providence céleste et combien désire son auteur la soumission de nos actes à son service. Hélas, madame ! Plus de femmes ont provoqué leur perte à cause de leurs oreilles que de leurs yeux ; cela leur a fait plus de tort de toujours entendre des flatteries que de regarder de jolies choses."</center>

Posté : dim. juil. 18, 2010 7:48 pm
par Ramiro de Maeztu
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<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/49/c/f/2/queen-rania-at-unesco-1e70873.jpg.htm][img]http://img49.xooimage.com/files/f/a/b/queen-rania-at-unesco-1e70874.jpg[/img][/url]
La Reine Isabel Ière quelques semaines avant son tragique décès</center>


Il y a quelques mois mourrait Sa Majesté Sérénissime, Isabel Ière, plus grande souveraine numancienne depuis Adelia Ière, dans des circonstances aussi énigmatiques qu'émouvantes.
La troupe de danse professionnelle numancienne Cave Canem, spécialisée dans la danse contemporaine, a décidé de lui rendre un hommage post mortem en réalisant une comédie musicale qui sera créée au Palais des Sports d'Hispalis le 2 octobre prochain et fera ensuite le tour du Numancia. Elle devrait par ailleurs s'exporter, notamment au Thorval, après autorisation des autorités compétentes.
Cette comédie musicale, intitulée Isabel: el musical de su vida (Isabel : la comédie musicale de sa vie), devrait relater la vie privée, professionnelle et royale du monarque depuis la mort de ses parents jusqu'à son accession au trône, en passant par le poste de Fidéicommissaire Royal aux affaires étrangères en une cinquantaine de chansons, le tout durant près de trois heures.
Les décors et les effets scéniques s'annoncent d'ores et déjà comme fantastiques et accompagneront des titres classiques ou modernes, passant par tous les styles, depuis le jazz jusqu'à la salsa ou la musique électronique.
Le nom du rôle-titre et des principaux autres protagonistes n'a pas encore été communiqué, mais les réservations rencontrent déjà un succès fou !


<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/41/3/0/d/rania-modest-1e70b02.jpg.htm][img]http://img41.xooimage.com/files/9/6/9/rania-modest-1e70b03.jpg[/img][/url]
Feue Sa Majesté Sérénissime lors de la fête nationale numancienne, le 11 janvier dernier</center>

Posté : lun. juil. 19, 2010 5:23 pm
par Ramiro de Maeztu
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<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/40/b/8/4/saint-cloud_-_hippodrome-1ad99de.jpg.htm][img]http://img40.xooimage.com/files/c/a/f/saint-cloud_-_hippodrome-1ad99df.jpg[/img][/url]
L'hippodrome Crémenes-Montaña Oriental, dans la banlieue de Filipina</center>


C'est aujourd'hui qu'avait lieu la cours hippique la plus prestigieuse du Numancia, celle de l'hippodrome de Crémenes-Montaña Oriental, bourgade réunie de la Province d'Astur.
Les Numanciens, et particulièrement la noblesse, passionnée par les arts équestres, s'est ruée en masse dans cette immense arène herbeuse pour admirer trois courses, où les purs-sangs : celle de trop attelé, galop plat et galop d'obstacles.
Dans les deux premières, c'est le jockey numancien Don Balatasar Oencia, casaque orange à damier, qui l'a emporté d'une courte tête, devançant notamment le grand spécialiste de ces épreuves, le Pelabssien Paul Anderson.
Dans la course de galop d'obstacles, c'est la Numancienne Doña Amalia Prioro qui l'a emporté devant la Quantarienne Ludmila Hohenschwangau.


<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/49/a/6/6/nng_images.php-1e78019.jpg.htm][img]http://img49.xooimage.com/files/7/7/6/nng_images.php-1e7801b.jpg[/img][/url]
Don Balatasar Oencia (casaque orange à damier) aux prises avec ses concurrents lors de la course de galop plat</center>

Posté : mar. juil. 20, 2010 5:06 pm
par Ramiro de Maeztu
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Dans le cadre des différents plans culturels proposés par le gouvernement et approuvés par Sa Majesté Sérénissime, chaque semaine, un extrait d'une œuvre magistrale de la littérature numancienne sera envoyée par le Ministère de la Culture et de l'Éducation à tous les ménages qui en feront la demande. Cet extrait, en castillan puis en traduction française, pourra être un fragment de poème, d'œuvre dramatique ou narrative, d'essai..., et aura été validé par le Roi Felipe V.
Il s'agit de promouvoir, face à l'expansion des langues anglo-saxonnes, le génie et la richesse de la culture et des lettres nationales.

Cette semaine, il s'agit d'un extrait du roman satirique et didactique El Diablo Cojuelo (Le Diable intrigant), de Luis Enríquez de Guevara. Grand tenant du conceptisme et du baroque, cet auteur est plus connu au XVIIème siècle pour ses comédies (Le Prince transylvanien, Le Roi et son imagination, La Nouvelle colère de Dieu, Les Mutins des Flandres) et obtient sa renommée avec un éloge funèbre paru en 1608, composé en l'honneur de Ferdinand le Catholique, Roi de Parda, décédé un siècle auparavant.
Son œuvre majeure, Le Diable intrigant, est en fait un recueil de récits oniriques et picaresques ainsi que de digressions dans le style conceptiste. Moraliste, cynique, Luis Enríquez de Guevara critique la Cour, alors fixée à Emerita Augusta, où de nombreuses personnes en vue sont pour lui des adversaires mortels. Son style parfois obscur se caractérise par des amphibologies, des ellipses, des doubles sens, des jeux de mots, des allégories, des chiasmes, des anacoluthes... et est nourri de références bibliques et mythologiques.
Voici l'extrait concerné en castillan, puis sa traduction française :


<center>"A las dos de la noche, unas temerosas voces que repetían: “¡Fuego! ¡Fuego!” despertaron a los dormidos pasajeros con el sobresalto y asombro que suele causar cualquier alboroto a los que están durmiendo, y más oyendo apellidar fuego, voz que con más temor atemoriza los ánimos más constantes, rodando unos las escaleras por bajar más aprisa, otros saltando por las ventanas que caían al patio de la posada, otros que, por las pulgas o temor de las chinches, dormían en cueros, como vinagre, hechos Adanes, poniendo las manos donde habían de estar las hojas de higuera, siguiendo a los demás, y acompañándolos don Cleofás con los calzones revueltos al brazo y una alfajía que, por no encontrar la espada, halló acaso en su aposento, como si en los incendios y fantasmas importase andar a palos ni a cuchilladas, natural socorro del miedo en las repentinas invasiones.
Salió en esto el huésped en camisa, un candil de garabato en la mano, diciendo que se sosegasen; que aquel ruido no era de cuidado; que se volviesen a sus camas, que él pondría remedio en ello. Apretóle don Cleofás, como más amigo de saber, le dijese la causa de aquel alboroto, que no se había de volver a acostar sin descifrar aquel misterio. El huésped le dijo muy severo que era un estudiante de Hispalis, que había dos o tres meses que entró a posar en su casa y que era poeta de los que hacen comedias, y que había escrito dos, que se las habían chillado en Puerto Abierto y apedreado como viñas, y que estaba acabando de escribir la comedia de Troya abrasada y que sin duda debía de haber llegado al paso del incendio y se convertía tanto en lo que escribía que habría dado aquellas voces."



"A deux heures du matin, des cris d’effroi qui répétaient « Au feu ! Au feu ! » réveillèrent les voyageurs endormis saisis par la peur subite et la stupeur que provoque généralement tout tumulte chez ceux qui dorment, et ce d’autant plus lorsque l’on crie au feu, cri qui, empreint de plus de terreur, effraie même les esprits les plus fermes. De sorte que certains dégringolèrent les escaliers pour descendre plus vite, d’autres sautèrent par les fenêtres qui donnaient sur la cour de l’auberge, d’autres qui, à cause des puces ou par peur des punaises, dormaient nus, revêtus de leur seule peau, comme du vinaigre dans son outre de cuir, ainsi devenus Adam, et posaient leurs mains où devaient se trouver les feuilles de figuier, suivirent les autres. Et don Cleofás les accompagna, les haut-de-chausses roulés sous le bras avec une pièce de bois qu’il avait trouvée par hasard, ne pouvant mettre la main sur son épée, dans sa chambre, comme s’il était important de se battre dans les cas d’incendie et face aux fantômes à coups de bâton et de couteau, recours naturel de la peur lors des intrusions soudaines.
L’hôte sortit alors en chemise de nuit, avec en main une chandelle à crochet, et leur dit de se calmer ; qu’il ne fallait pas faire attention à ce bruit ; qu’ils devaient retourner dans leur lit, qu’il allait régler cette affaire. Don Cleofás le pria instamment, en tout bon curieux, de lui dire la cause de ce tumulte, car il ne retournerait pas se coucher sans avoir percé ce mystère. L’hôte lui dit sèchement qu’il s’agissait d’un étudiant d’Hispalis qui était venu se loger chez lui deux ou trois mois auparavant et que c’était un poète de ceux qui font des œuvres dramatiques ; et qu’il en avait écrit deux qu’on avait fustigées et lapidées par la grêle à Puerto Abierto, comme la vigne, et qu’il achevait d’écrire le drame de Troie en flammes et qu’il devait sûrement en être arrivé à l’épisode de l’incendie et qu’il s’identifiait tellement à ce qu’il écrivait qu’il avait probablement poussé ces cris."</center>