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Posté : lun. sept. 30, 2019 7:24 pm
par Arios
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30/03/2040 - Il giornale di lingua italica per tutte le regioni dell'Epibatia[/center]

Guerre du trône d'Épibatie : Tecoggli passe sous souveraineté de Giorggis IV - Gighida s'offre le contrôle du Sanctuaire de Sciarsciëvire

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Vue depuis le sanctuaire de Sciarsciëvire[/center]

La situation militaire au 30/03/40 : https://nsa40.casimages.com/img/2019/09/30/190930090437910258.png

Gighida a renforcé son dispositif de défense au mois de février, après que l'État-Major ait reconnu estimer plus longue que prévue initialement la période durant laquelle la "bulle" gighidienne demeurerait isolée du reste du territoire sous souveraineté de Giorggis IV, et l'Armée Épibate Libre. Une liaison aérienne de transports de troupes a pu être établie après le travail de renseignement mené quant aux positions des dernières batteries anti-aériennes possédées par le camp ioannite, et ce sont 1 400 soldats du Commonwealth, 1 700 soldats lébiriens, et 1 800 soldats de l'AEL qui ont pu arriver en renfort dans la poche, augmentant par là même la nécessité logistique d'approvisionnement alors qu'une grande partie de la capitale dépend directement des envois alimentaires pour s'alimenter. La poche compte entre 140 et 220 000 personnes, et cela fait deux mois que les importations depuis l'arrière-pays sont coupées par la proximité des troupes rebelles. Parmi les soldats du Commonwealth, de nombreux Noirs issus d'Aleka, choisis pour réduire la "blancheur" des troupes combattant pour Giorggis IV.

C'est grâce à cet apport de troupes fraiches qu'une offensive a pu être menée sur le nord, la ville de Tecoggli, sans combats d'envergure. La résistance rebelle s'est limitée à quelques escarmouches isolées menées par des Teribbi, des groupes de soldats improvisés, militarisés sous la contrainte ou par leur propre initiative, connaissant particulièrement bien les territoires. Tecoggli a accueilli avec bienveillance l'AEL et les troupes lébiro-britonniques, faisant partie de ces grandes villes connues pour leur modernisme par opposition à la majeure partie des campagnes. Avec Gighida et Aghgia, elle est la troisième ville conséquente, d'ethnie épibate, a rejoindre le territoire contrôlé par Giorggis IV. C'est pour répondre à la prise en main, par les rebelles, au courant du mois de février, de Dinibbit', dans une offensive dont la rapidité a surpris le camp d'en face. Désireux d'éviter le contrôle du cours de l'Ibbabi entre Dinibbit' et Acoracci, Megersa Nezzebo a commandé cette offensive.

Par ailleurs, il y a quinze jours maintenant, une opération héliportée ambitieuse a permis l’atterrissage de forces spéciales sur le lac de haute-altitude de Sciarsciëvire, et son sanctuaire majeur dans la religion monophysite, puisque c'est là-bas que, selon la légende, l'Apôtre Matthieu, au premier siècle, aurait arrêté son voyage vers les montagnes, estimant avoir accompli son œuvre d'évangélisation de l'Épibatie, ayant été averti par les montagnards qu'il n'habitait plus que les esprits de l'autre côté du lac. L'Armée Épibate Libre a pu s'offrir d'importantes images de propagande, bien que l'accueil réservé par la vingtaine de moines du Sanctuaire aurait été particulièrement neutre.

Au sud-est d'Aghgia, la progression des troupes de l'AEL est particulièrement lente. Un mois entier a été nécessaire pour progresser d'une centaine de kilomètres, à grand renforts de bulldozers pour tracer les pistes manquantes à la région. Mais la forêt sèche est passée et maintenant, la pleine jungle s'offre aux forces de pénétration. La célérité des troupes s'en trouve encore diminuée. La cible, 200 km su du, est bien sûr Segda, pôle important de l'exploitation forestière, et ville industrielle notable qui exportait, avant-guerre, de nombreuses pièces de sidérurgie dans le reste de l'Empire. Les troupes rebelles ne contrôlent pas cette cité, qui devrait prochainement être la cible d'héliportages de troupes de l'AEL.

Posté : mar. oct. 01, 2019 9:55 am
par Arios
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01/04/2040 - Il giornale di lingua italica per tutte le regioni dell'Epibatia[/center]

Guerre du trône d'Épibatie : Ioannes XII a bien reçu des armes de la part des Saturniens

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L'entrée d'aéronefs extra-terrestres dans le conflit effraie l'État-Major[/center]

Alors que la piste des fusils caskars était encore privilégiée la semaine dernière, le Gouvernement Petrosi a annoncé que les armes mystérieuses capturées aux rebelles proviennent bien d'un milieu extra-terrestre. Des traces de Saturnium, un élément instable absent de la terre, viennent confirmer les soupçons d'alliance entre le camps ioannite et une ou plusieurs civilisations du système solaire. Si le marché noir inter-planétaire reste une option, les spécialistes de la spatiostratégie semblent plus convaincu par un soutien négocié entre les Saturniens et Ioannes XII.

Plusieurs éléments relus à la lumière de cette découverte lui apportent du crédit. La prise rapide de la mine de coltan de Darra, dès décembre dernier, pourrait s'expliquer par la volonté extra-terrestre de s'accaparer le gisement, alors que la ressource commence à manquer dans les rayons éloignés du système solaire. Minerai contre armes de poings, censées donner l'avantage au camp de l'Armée chrétienne, tel serait la nature d'un marché qui inquiète en haut lieu.

  • "Si les Terriens ont vite renoncé à intervenir face à Cartagina, toujours critiquée mais rarement affrontée, les Saturniens sont plus audacieux et savent ce qu'ils veulent. Pour l'instant, quelques fusils, ça n'inversera pas le cours du conflit dont l'issue, même tortueuse, semble acquise. Mais si Saturne envoyait des aéronefs, cela pourrait s'avérer dramatique pour Cartagina." confie une source proche du Ministère de la Défense.

Megersa Nezzebo, commandant en chef des forces alliées, pourrait volontairement repousser la prise des gisements, le temps d'avoir davantage d'arguments pour un accord de principe avec Saturne, du moins avec la Confédération de la Mer d'Asplageonas, qui est à l'origine de ce soutien. Le risque pour Cartagina serait de s'aliéner son adversaire historique, la Fédération des Anneaux, fort conglomérat proche du Caeturia et qui peuple la ceinture des satellites naturels de Saturne. "L'internationalisation du conflit peut survenir d'un retournement des alliances stellaires", poursuit la source. Certains veulent par ailleurs voir un signe dans la présentation par les Valdaques, au concours miss univers, d'un transexuel martien grimée en femme, comme symbolique du rapprochement entre la CND et la République troglodyte martienne, ennemi juré des Saturniens.

Posté : sam. oct. 05, 2019 8:00 pm
par Arios
15/04/2040
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L'éléphant, première victime de la guerre

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Les éléphants semblent la principale source d'alimentation des rebelles[/center]

Il y aurait entre 800 000 et 3,7 millions d'éléphants dans toute l'Épibatie. Contrairement aux stéréotypes, les plus nombreux ne sont pas les grands éléphants de savane, qui ne sont que les plus connus et les plus mieux répertoriés. Les sous-espèces majoritaires sont en fait des éléphants de plus petite taille, vivant essentiellement dans les jungles et autour des mangroves humides de la côte occidentale, dans les vallées les moins anthropisées. Entre 1550 et 1800, on estime d'ailleurs que plus de 200 000 éléphants ont été tués par les populations venues s'établir, provisoirement ou durablement, sur la côte épibate : pirates musulmans, Amarantins, colons occidentaux... Aujourd'hui encore, les populations humaines ou proto-humaines vivant dans les jungles utilisent l'éléphant comme une source d'alimentation régulière, la chasse constituant le principal mode d'alimentation de nombre de tribus sauvages.

Si la disparition des éléphants n'est certainement pas à l'ordre du jour dans l'Empire, ni d'ailleurs en Algarbe (le pachyderme est davantage en danger en Janubie), la guerre civile en cours entre partisans de Giorggis IV et Ioannes XII semble heurter ces populations de géants, qui (re)deviennent une source de nourriture importante dans les alentours des campagnes d'Épibatie centrale. En effet, la petite agriculture vivrière, pastorale souvent, voit peser sur elle dans les régions occupées par Ioannes XII, le poids d'une importante armée "rebelle", qui n'est plus pourvue en vivres par l'État central et ses importations, du nord, alimentaires. Le blé illythe ne vient plus nourrir des troupes épibates qui n'obéissent plus à Gighida, mais à un Empereur sans capitale. Déjà fatiguées, abîmées par la nécessité de nourrir des forces militaires, les campagnes du centre du pays semblent être de plus en plus ménagées par les chefs de la rébellion, qui ont massivement recours à la chasse, notamment en réquisitionnant des hommes, pour fournir les protéines nécessaires à l'entretien de leurs armées.

On estime qu'entre 2000 et 4000 éléphants de jungle auraient été chassés, depuis le début de l'année, pour alimenter les forces de Ioannes XII, mais pas seulement. De nombreux villages auraient été ruinés par le passage des troupes rebelles, qui par leurs prélèvements, même minces, ont pu dérégler la petite économie, souvent précaire, de hameaux construits aux limites du monde sauvage. Des populations, sédentaires depuis plusieurs générations, ou seulement quelques années depuis leur immigration vers ces nouveaux lieux pionniers, semblent aujourd'hui poussées vers le retour aux terres centrales, quand il est possible, mais surtout vers la jungle - le cycle agricole est perturbé, l'effort de colonisation tombe à bien des endroits à l'eau, et la chasse et la cueillette s'imposent à nouveau comme un moyen de subsistance, et un effort nécessaire d'anticipation de la saison humide qui reviendra dans quelques mois.

Si l'éléphant de savane compte encore entre 50 000 et 140 000 individus dans le nord du pays (ils étaient 1,4 millions en 1900, mais l'agro-foresterie haut-illythe s'est développée), les éléphants de mangrove seraient autour de 600 000 individus, dont un tiers en Zuméjovie amarantine (les efforts de diminution de l'anthropisation par la Commune de Zuméjovie y sont pour beaucoup). Les éléphants de jungle, sous-espèces confondues, seraient quelques 400 à 900 000. En haute altitude, les pachydermes laineux, éléphants ou cousins, seraient autour de 80 000 - une population qui a toujours été relativement faible, du fait de la rareté de ces milieux.

Posté : lun. oct. 07, 2019 6:55 pm
par Arios
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21/04/2040 - Il giornale di lingua italica per tutte le regioni dell'Epibatia[/center]

Guerre du trône d'Épibatie : Des nouvelles des combats

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Segda ouverte aux troupes de l'AEL[/center]

Segda se range du côté de Giorggis IV : C'est dans des effusions de joies que Segda a accueilli les troupes de l'Armée Épibate Libre. Quatre jours après l'envoi des premiers soldats, ce sont 14 000 hommes qui se sont installés dans la ville jusque-là épargnée par l'occupation militaire et dépourvue, en dehors de quelques probables groupes d'infiltrés parmi les civils, de rebelles en son sein. Les forces spéciales lébiriennes auraient néanmoins préparé l'entrée des troupes régulières dans la ville, par des opérations conduites depuis plusieurs semaines pour éliminer sur zone d'importants éléments de réseaux terroristes en constitution, et préparant le harcèlement des troupes de l'AEL une fois celles-ci, comme cela était anticipé, dans la ville.

Largages alimentaires sur les grandes villes : Ce sont plus de 7 500 tonnes d'aliments qui ont été larguées depuis le début du printemps sur les villes de Deghdi, Acoracci, Agliecca et Dinibbit', toutes occupées par les troupes rebelles au service de "l'Empereur" Ioannes XII. Si au sol les forces de l'AEL et de son allié lébirien avancent on ne peut plus doucement, le camp de Giorggis IV entend marquer des points malgré la rareté du feu, en pourvoyant aux besoins les plus élémentaires des populations citadines, bloquées par l'occupation actuelle. Les grandes villes concernées souffrent toutes de pénuries, du fait de la rupture de nombreux approvisionnements habituels, et de par le dévoiement des ressources rurales au service des combattants.

D'importants massacres le long de l'Aramo : Une tentative d'incorporation massive d'hommes de la jungle dans l'est de la zone contrôlée par les rebelles aurait tourné à l'échec et occasionné d'importantes opérations de représailles par les troupes de Ioannes XII, s'inquiètent une ONG lébirienne habituée à travailler avec plusieurs contacts étrangers, dont Makengais, auprès des Bantous dans l'est de l'Épibatie. Une trentaine d'humanitaires aurait refusé d'être rapatriés suite à la déclaration de guerre. Ils couvrent aujourd'hui une actualité locale tragique. Les chiffres de 1300 à 5000 morts sont avancés, tous assassinés par les troupes rebelles, mais aussi tués dans le cadre d'affrontements inter-tribaux.

Posté : jeu. oct. 10, 2019 11:00 am
par Arios
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Lébira déguise-t'elle le retrait des Sud-algarbiens pour contenter Lanfair ? - 30|04|40

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Les soldats sud-algarbiens du Commonwealth vont être remplacés par des Britons[/center]

À la demande de Cartagina, soucieuse d'atténuer la blancheur coupable de son armée d'invasion, le Commonwealth avait envoyé une majorité de soldats noirs, originaires d'Aleka, combattre dans les opérations spéciales et offensives de la prétendue "Armée épibate libre - AEL". Faire "libérer" des vallées épibates par une majorité de combattants blancs ou illythes est plus handicapant sur le plan de la communication, que l'arrivée de noirs, bien que les uniformes soient eux bien étrangers. En fait, pour les malheureuses populations civiles, cela change peu de voir arriver des barbares céruléens, ou des noirs assimilés aux ethnies sauvages des forêts - la plupart des sud-algarbiens étant des bantous, ce qui n'a rien à voir avec les Épibates.

Mais pour les caméras qui livreraient leurs images aux populations canapées diversement allocataires du pourtour céruléen, le jeu scénique y gagnait, la crédibilité et la légitimité des rangs de Giorggis IV pareillement. Seulement voilà, voir des milliers de Noirs sud-algarbiens combattre pour les blancs a ses limites, passée la joie raciste du fonctionnaire de l'apartheid et de l'industriel britonnique. Ce soudain mélange racial, teinté d'une juste gloire des armes, pour "libérer" qui plus est d'autres peuples algarbiens de la "barbarie des milices", selon les éléments de langage des envahisseurs, a fini par donner le tourni à un Commonwealth dont les experts y ont vu les germes de revendications futures en Aleka.

De Klerk, qui rêverait de trouver une solution finale pour éliminer les Noirs de l'Algarbe-du-Sud, est largement toléré par la Britonnie et les instances du Commonwealth depuis longtemps. Autant dire que Lanfair approuve généreusement les tenants et aboutissants de l'apartheid, et surtout du projet deklerkien.

Il y a quelques jours, Cartagina s'est offusquée publiquement des agissements de la police en Algarbe-du-Sud, qui aurait utilisé des gaz de guerre contre des grévistes. Comme un cheveux sur le pudding, elle a réclamé le départ des Sud-algarbiens d'Épibatie, prétextant ensuite ne pas vouloir renvoyer l'image d'une compromission avec un régime qui s'est déja vu en janvier dernier fermées les portes douanières lébiriennes. Le Commonwealth a répondu avec une vitesse probablement encourageante pour ses projets de course à l'espace, prenant acte avec déférence des demandes de son allié, et annonçant le retour aux casernes de ses soldats sud-algarbiens.

Segda prise, l'Ibbabi encourageusement envahie et remontée, de nombreux viviers de chair épibate à canon récupérés, Cartagina peut se permettre de renvoyer ses figurants noirs à la maison. L'occasion de verser du sang "bien de chez nous" la réjouit probablement, ce qui demain fera autant de place supplémentaire aux colons "lébiriens" sans distinction de race ou de religion.

Posté : mar. oct. 15, 2019 10:30 am
par Arios
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01/04/2040 - Il giornale di lingua italica per tutte le regioni dell'Epibatia[/center]

Guerre du trône d'Épibatie : Megersa Nezzebo "n'arrive plus à avancer".

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Le Général en chef de la coalition autour de l'AEL promet une longue guerre de position[/center]

"Les meilleurs corps d'élite aguerris au combat de jungle sont du côté des rebelles. L'AEL, malgré tout son courage, est une armée dont les piliers sont des corps du nord, habitués à la savane. Les rebelles connaissent toutes les positions de défense traditionnelles de l'Armée impériale, ils tiennent les forts, ils tiennent les crêtes et les grottes. Ils se comportent comme des frelons, et enrôlent de force de nombreux civils. Nous ne pouvons pas avancer dans ce contexte. On n'arrive plus à avancer."

Le Chef d'État-Major de l'Armée épibate libre, et général en chef de la coalition, a tenu des propos fort pessimistes lors d'une énième conférence de presse pour expliquer à l'opinion publique, mais aussi à ses propres hommes, la faiblesse des initiatives et des avancées territoriales, depuis maintenant 4 mois. N'hésitant pas, dit-il, à exprimer les craintes et limites réelles posées aux décideurs de l'État-Major quant à la situation de terrain et aux rapports de force, il a voulu jouer le jeu de la transparence, quitte à renvoyer l'image d'une armée déjà impuissante face à l'ampleur de la tâche qu'il lui reste à accomplir.

Si l'AEL et ses alliés montent leurs troupes à quelques 20 000 hommes, dont désormais la moitié d'Épibates dont tous n'ont pas été soldats dans le passé, les rebelles ne disposeraient plus que d'un peu plus de 10 000 combattants réguliers, de nombreux soldats ayant finalement déserté pour tenter de rejoindre leurs villages, y compris à l'ouest. Mais les forces fidèles à Ioannes XII n'hésitent pas à enrôler de force de nombreux civils, qui viennent grossir leurs rangs, notamment sur les positions défensives dans les reliefs, desquelles ils peuvent parer à toute tentative d'avancer des troupes de l'AEL en terrains accidentés. Le problème ne semble pas être celui du rapport numérique entre les deux armées, mais celui plus matériel encore du terrain. "C'est comme si vous deviez monter un escalier sur plusieurs étages, avec cachés derrière chaque barreau de potentiels combattants qui vous tirent dessus" a tenté de métaphoriser Megersa Nezzebo.

L'espoir, ou plutôt l'optimisme déterminé, n'était pas absent du discours, puisqu'à l'occasion des nombreuses questions qui ont pu être posées au militaire, celui-ci n'a pas hésité à marteler les grandes lignes de la stratégie future de l'AEL : "Nous allons veiller à ce que les rebelles continuent de manquer de tout, jusqu'à ce que la situation ne soit plus tenable humainement. Il y a déjà des mouvements de désertion et des couloirs humanitaires improvisés alors que certaines vallées se vident de leurs habitants qui tentent de rejoindre Segda et Aghgia. L'Armée rebelle impose durement les villages qu'elle occupe, capte l'essentiel de la nourriture, les populations sont exaspérées et épuisées.".

Les critiques émergent néanmoins contre les hommes de Giorggis IV, et surtout contre leurs alliés. Même dans les territoires relativement développés, contrôlés par l'AEL, la thèse d'une attente volontaire des Lébiriens et des Britons qui serait motivée par le souci de laisser mourir un maximum d'Épibates, dans la faim et l'oppression, est bien présente, au moins dans l'intimité des familles et des amis. Les envois de vivres alimentaires sont quant à elles sur la sellette, alors que les rapports d'ONGs dont certains membres sont encore présents dans les territoires rebelles, dénonçent la captation quasi-systématique de ces largages par les militaires rebelles pour nourrir leurs troupes, au détriment des civils.

Posté : lun. oct. 28, 2019 6:01 pm
par Arios
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22/06/2040 - Il giornale di lingua italica per tutte le regioni dell'Epibatia[/center]

Agriculture : L'AEL déclare la guerre au reboisement naturel

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Si rien n'est fait, l'Épibatie pourrait perdre 35% de ses terres agricoles en cinquante ans[/center]

Les agents administratifs qui consignent les rendements agricoles et les activités des terres depuis plusieurs siècles sont formels : entre 1950 et 2050, l'Épibatie aura perdu plus de 32 000 hectares de terres agricoles au profit de la forêt... dans sa partie occidentale et nord, tandis que la colonisation sur la jungle, dans les territoires du centre de l'Empire et dans le bassin versant de l'Aramo, lui auront rapporté 80 000 hectares de terres neuves, gagnées le plus souvent sur la forêt primaire, de la terre noire aux rendements meilleurs que dans la région capitale, où les sols sont cultivés depuis l'Antiquité. Si le bilan est positif, puisque la forêt recule en Épibatie au profit de l'élevage et des cultures de légumineuses et de céréales, la situation n'en est pas moins inquiétante car la déprise agricole est synonyme de mutations sociales accélérées, et illustrent jusque dans les paysages la disparition d'une certaine idée de l'Empire.

Couper, couper, couper. Voilà la nouvelle mission attribuée à l'Armée Épibate Libre, dans les anciennes terres agricoles abandonnées le long des nombreuses rivières affluent vers l'Ibabbi, mais aussi dans certaines ex-zones agricoles autour des oasis de la savane. Dans les vallées également, sur les versants nord le plus souvent, de nombreux villages ont déjà délaissé les terres qui constituaient, il y a quelques décennies, d'importantes zones de plantations. À l'époque où les Épibates rentabilisaient au mieux l'espace qui leur été offert, et où les forêts étaient réduites à peau de chagrin, c'est bien la faim et la pression démographique (aujourd'hui repoussée vers les grandes agglomérations) qui rendaient les terres excentrées attractives, bien que pas toujours très rentables. Au pis aller, on y cultivait un foin de mauvaise qualité, qui servait à l'alimentation des animaux de trait, et des lapins algarbiens. Aujourd'hui, champs de hameaux fluviaux abandonnés et terrasses isolées des vallées montagneuses sont regagnées par les arbustes, les lierres, et des millions de jeunes tamariniers, moabi, mais aussi de plus en plus de pins maritimes - importés par les Amarantins au XVIème siècle, et qui colonisent aujourd'hui les étages de basse-montagne épibates.

La lutte contre la reforestation naturelle est certes un objectif noble sur le plan symbolique, de la part d'un pouvoir politique qui souhaite lutter contre le sentiment eschatologique de disparition d'un monde, mais elle est concrètement permise aujourd'hui par la forte disponibilité d'hommes occupés à attendre sur place dans le contexte militaire d'impossibilité d'avancer. Quand les soldats, épibates et étrangers, retourneront d'où ils viennent, y aura-t'il pour autant des cultivateurs pour remettre en valeur les terrains qui s'effacent lentement sous la pression de la forêt ?


Dynastie : La thèse de l'ascendance épibate de la lignée de James IV à nouveau sur la table

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Le Chevalier Brad Segda de Saint-Ergloff[/Center]

En 1758, son père parvenait jusqu'à Fort William, au milieu d'une délégation de marchands céruléens. Ioannis de Segda, ou Jean de Segda, avait été de ceux qui avaient servi d'interprètes et de connaisseurs des lieux à la mission, mandatée par les îles Lorthon, d'entrée en contact avec le grand royaume chrétien d'Épibatie, au cœur de l'Algarbe, vingt ans auparavant. À cette époque, les républiques latines, à l'image de la Nazalie, les villes marchandes libres de Cérulée et même certains royaumes occidentaux disposaient déjà d'ambassades auprès du Roi des rois épibate, dont le christianisme zélé contre les musulmans et païens divers renforçait encore, fût-il monophysite, la fascination qu'entretenaient certaines cours pour les récits de ces montagnes lointaines.

Ioannis de Segda, touché par une mauvaise grippe, ne reprit pas la mer après cette nouvelle mission d'offre de présents et de biens tropicaux, à commencer par l'ivoire, à la Cour des îles Lorthon. Il supervisa, depuis Fort William et bientôt le cottage de Saint-Ergloff qui devait lui être offert par le Roi (hélas transformé depuis en zone commerciale, à 35 minutes du centre-ville), la régularisation des échanges marchands entre les îles Lorthon, qui exportèrent de nombreux biens manufacturés et des armes vers l'Épibatie, et le royaume chrétien d'Algarbe, qui faisait parvenir quantités d'ivoires, de diamants, bientôt d'objets d'arts, mais aussi encore quelques marchandises humaines, vers les Lorthon et leurs colonies. Ioannis de Segda devait donc être anobli, quinze ans après son arrivée à Fort William, pour sa grande diplomatie, son aide économique précieuse, et sa connaissance formidable des réseaux mercantiles des côtes algarbiennes, du détroit de Degirba encore terrorisé par les pirates musulmans, et des eaux effrayantes d'Algarbe centrale...

Outre une immense fortune en pièces d'or et d'argent, puis bientôt en lettres de change tandis que Saint-Ergloff s'essayait aux nouvelles sciences financières, Ioannis de Segda fut très vite un beau parti, malgré son âge, à combler - fort d'ailleurs déjà d'une réputation d'amant accompli. En 1788, il épousa une baronne en vogue, ex-maîtresse du monarque, Mary de Lesborough, de trente ans sa cadette, et qui ne tarda pas à lui donner un fils, puis un second, puis enfin un troisième - dont les boucles d'une soie brune et la peau ambrée amusèrent la Cour de longues années durant, non sans générer bien évidemment quelques remarques et craintes dans le petit monde balbutiant des anthropologues qui voyaient venir un risque d'abâtardissement de la Cour (à l'époque, uniquement de la Cour).

Brad était le second. Né en 1780, il fit rapidement la fierté de ses parents, qui le placèrent dans la meilleure école d'officiers qui soit. À seize ans, parmi les premiers de ses camarades, il participait déjà à plusieurs campagnes pour le compte du Roi. Cet officier métisse, émérite, n'hésitait pas à défendre son honneur et sa famille en engageant de nombreux duels auprès de ceux qui raillaient son physique, et ses origines - il les gagna pratiquement tous, mais fut blessé deux fois. Ses marques de bravoure, sur un corps vanté déjà dans les discussions de boudoirs, n'entamaient rien de sa popularité, et le servaient bientôt, en attendrissant ses cibles... qu'il aimait particulièrement âgées.

Il ne fallait pas moins que cette réputation d'éphèbe vigoureux pour que se propagea, dès les années 1800, et probablement sous l'impulsion intéressée de quelques clubs de pensée anti-monarchiques, la rumeur d'une liaison passionnée entre le jeune homme et la sœur de la Reine Jeanne, Abigaël de Fussex, connue et caricaturée pour son célibat et ses mœurs de garçon manqué. Si les historiens s'accordent régulièrement aujourd'hui sur la véridicité d'un idylle entre le jeune De Segda et la royale frangine, tant les témoignages de Cour semblent concorder, personne n'explique la disparition d'Abigaël dès l'année 1805, sans que personne dans la famille royale ne s'en étonna. La postérité inventa plusieurs pistes, comme l'enlèvement par des barbaresques un soir qu'elle chevauchait, à son habitude, sur les plages sous la lune, ou encore et bien sûr la thèse d'un enfant naturel né de sa liaison avec Segda de Saint-Ergloff...

La famille royale n'aurait pas pu tolérer qu'un enfant pour un quart épibate naisse au cœur de la dynastie, et puisse donc un jour, si les difficultés de Jeanne la Grande à procréer perduraient, monter sur le trône... du moins, elle ne le pouvait au vu et au su de la Cour, des cabinets de libre-pensée et du peuple, agité par un mécontentement économique et eschatologique... Un siècle plus tard, sous la plume de James Fambridge dans son roman La pourpre et la soie, c'était le jeune nourrisson d'Abigaël de Fussex, aux yeux noirs et aux tâches de rousseur mâtinant sa peau maladroitement blanche, que l'on enlevait au sein de sa mère pour l'accrocher à celui de sa tante, un soir d'orage sous le ciel déchiré des îles...

Posté : mar. oct. 29, 2019 10:31 am
par Arios
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25/06/2040 - Il giornale di lingua italica per tutte le regioni dell'Epibatia[/center]

Guerre du trône d'Épibatie : Affamés, plus de 2600 rebelles se rendent à l'AEL à Segda.

Ils auront utilisé leurs dernières forces pour rejoindre à pieds le checkpoint militaire de Segda. Un éclaireur, les précédant, avait averti les autorités loyalistes et les militaires lébiriens que cette troupe était innerme, et que leurs armes avaient été déposées plus loin, à une trentaine de kilomètres, pouvant dès lors être récupérées par l'AEL.

Avec prudence, la colonne des pauvres hères dont le physique peut faire douter qu'ils furent un jour soldats, tas d'os ambulant, fut appréhendée, ses maigres membres vite emprisonnés, et suite à un examen médical long et contraignant, répartis petit à petit dans les camions et barques devant les emmener l'arrière, plus près des points de ravitaillement, avant de probables répartitions en camps de prisonniers militaires, prisons lébiriennes voire camps de migrants illégaux faute de place.

Parmi cette prise, qui constituerait entre 8 et 10% des forces effectives de l'Armée rebelle, on trouverait près de 25% de civils enrôlés, plus ou moins de force. Ces hommes et femmes, suivant leur condition, se rachèteront une conduite en servant dans le personnel encadrant la logistique militaire loyaliste, voire au combat lors des offensives futures. Les criminels de guerre identifiés, rares, se comptent à une petite dizaine, dont des officiers ayant tenté de se fondre dans la masse. Certains seront rapidement exécutés.

Ce coup de filet est la résultante de la stratégie du Général Megersa Nezzebo, qui est resté prudent dans l'exercice de félicitation des personnels militaires et médicaux ayant procédé à la réception de ces personnes. Ce dernier a choisi de mener une guerre d'usure contre un territoire vaste, mais dépourvu d'assez de ressources pour nourrir à la fois une population campagnarde immense, plusieurs grandes villes sans ceintures agricoles, et une armée rebelle se voulant mobile et en alerte.

L'avancée en laquelle consiste cette prise est à relativiser : résultat d'un défaut logistique (nombreux bombardements de voies par l'AEL), ou famine organisée contre des unités de moins bonne valeur, ce départ allège notablement l'effort frumentaire des rebelles, tandis que les civils connaissent probablement à cette heure des débuts de famine graves.

Posté : sam. nov. 02, 2019 6:57 pm
par Arios
4/07/2040
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La savane plus humide qu'il y a cinquante ans ?

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Les records de précipitations de l'été dernier aident à dessiner une tendance lourde[/center]

Une enquête de l'Université d'Atomia, richement abondée par les observations de terrain des services météorologiques et photographiques de l'Armée lébirienne (dont les forces sont placées sous le commandement du Général en chef épibate Megersa Nezzebo en Épibatie) depuis plusieurs mois, met en lumière une tendance à l'humidification du climat et des sols de la savane épibate. Ce milieu de steppes sèches faisant la transition entre les grands espaces arides autour du désert au nord, et les forêts sèches puis humides établies plus au sud et à mesure que le relief augmente, est un habitat naturel exceptionnel mais pourrait être soumis à des variations climatiques inédites dans l'histoire récente. Depuis de nombreuses années, les tribus semi-nomades qui l'habitent, essentiellement des groupes humains bantous plus ou moins sémitisés par l'héritage des groupes sémites non-illythes pratiquant le nomadisme, rapportent des observations similaires aux anthropologues qui les visitent mais aucune compilation de données n'avait jusque-là donner une valeur scientifique à cette constatation.

D'après l'Université d'Atomia et son Laboratoire d'étude des milieux naturels, l'hygrométrie aurait augmenté de 4% depuis 1950 dans l'air de plusieurs sites servant de base à l'étude, répartis sur 300 kilomètres d'ouest en est, et le niveau d'une vingtaine de sources aurait sensiblement augmenté depuis dix ans, de même que la durée de présence de l'eau dans certaines nappes supérieures habituellement asséchées plus longtemps dans l'année et plus tôt. Les effets sur la flore se feraient nettement sentir mais l'enquête, du fait de la guerre en cours, n'a pu étayer cette observation par une documentation photographique et taxonomique suffisamment pertinente. L'Unviersité d'Atomia a promis de renvoyer des étudiants et chercheurs sur place dès lors que la situation de terrain le permettrait, afin d'étudier non seulement les impacts possibles sur la flore, mais également ceux sur la faune sauvage. L'impact d'un dérèglement se ferait sentir potentiellement jusque sur les habitudes de vies des rares groupes indigènes persistant dans ces zones. Le développement de la sylviculture et des villes haut-illythes a considérablement réduit la présence humaine semi-nomade dans ces espaces, au profit de la civilisation marchande des Illythes d'Épibatie.


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[right]04/07/2040[/right]
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Huit cent Prêtres se rencontreront à Segda en septembre pour évoquer l'avenir du culte

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De nombreux ermites devraient également faire le déplacement[/center]

C'est un exercice difficile auquel doit se livrer une partie du clergé, dans les territoires toujours sous la souveraineté de l'Empereur Giorggis IV, par opposition à ceux répondant à Ioannis III, qui a été désigné par le Chef de l'Église monophysite épibate comme le successeur d'un Giorggis Malacchi jugé par l'autorité supérieure de l'Église comme impropre à poursuivre son "mandat" de Roi des rois.

Le clergé de l'Épibatie "libre" entend réunir ses principales figures à Segda en septembre prochain pour aborder la question d'une sécession de jure, d'avec l'autorité de l'Abuna, Basilios, le Chef de l'Église d'épibate qui demeure en territoires rebelles et appelle Église et fidèles à combattre l'imposteur Giorggis IV et les armées étrangères de la Ligue de Lébira, et du Commonwealth. De fait, le clergé demeurant en exercice dans les territoires loyalistes et contrôlés par l'Armée Épibate Libre, est en rupture avec la hiérarchie religieuse traditionnelle.

Pour les quelques huit cent clercs qui se rejoindront à Segda, en provenance d'un très grand nombre de territoires de la partie loyaliste du pays, il s'agit d'envisager la nomination d'un successeur à l'Abuna Basilios, un processus inédit depuis le moyen-âge alors que les plus grands clercs de la haute hiérarchie de l'Église, qui entourent également l'Empereur Ioannis III, ont seul ce privilège depuis plusieurs siècles. Les Prêtres épibates entendant assurer la pérennité de leurs institutions et de leur Église dans une Épibatie qui s'est par ailleurs engagée sur le chemin de la démocratisation, devront donc rompre avec de nombreux codes quittes à se mettre en état de rupture avec l'Église officielle, qui n'est ni plus ni moins qu'à l'origine, au moins officielle, de la guerre civile par son rejet des influences étrangères sur l'Empereur.

Posté : mer. nov. 06, 2019 7:24 pm
par Arios
4/07/2040
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Les prévisions de récolte de fourrages sont bonnes pour 2040

[center][img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/11/06/191106073523169423.png[/img]
L'Épibatie historique est découpée en millions de terrasses à cultures et fourrages[/center]

La tradition fourragère épibate est un mystère. La pratique de la culture des fourrages, du fauchage de l'herbe pour son stockage en vue des périodes de l'année maigres en herbe (la saison des pluies abondantes, ou le dur de la saison sèche, selon les territoires et les vallées), est très peu répandue en Algarbe - en dehors des ex-territoires coloniaux ou ayant été peuplés par des étrangers (Nazalie médiévale). La saisonnalité et le climat algarbiens ne s'y prêtent pas aussi bien que dans les régions tempérées, bien que certains territoires semi-désertiques se trouvent face à des problématiques de rareté de la nourriture dans les pâturages qui revient chaque année (assèchement des steppes), alors que les cultures locales n'ont jamais mis en place de fauchage des prairies et de stockage des foins.

L'Épibatie, accrochée à des montagnes de haute altitude, a bénéficié de conditions environnementales semblables à celles des régions tempérées de la planète - bien que certains historiens attribuent une origine étrangère à cette pratique, qui aurait pu être importée en Épibatie au Haut Moyen-âge (par exemple par les missionnaires hellènes). D'autres font remonter cette pratique à une époque encore antérieure, sur la base de carottages semblant révéler dans les strates des sols anciens des indices d'un cycle de culture et de fauche de l'herbe - certains y voient un argument en faveur d'une généalogie marquésienne des premiers Épibates modernes.

La culture des fourrages a été particulièrement encouragée dès le XIXème siècle par les Empereurs éclairés. D'une pratique fourragère vivrière destinée à alimenter les troupeaux et le petit bétail, l'Épibatie a su évoluer vers une production d'excédents à destination de l'aval : les pays d'Illythie, où l'élevage s'est a plusieurs périodes rendu très dépendant de ces importations de fourrages qui permirent de réserver des sols à la production maraichère et agricole. Des réseaux logistiques, sous l'impulsion de guildes marchandes dès le XIXème siècle, se sont mis en place, à l'origine notamment d'agrandissement de milliers de kilomètres de sentiers, afin d'acheminer les foins en direction des grandes rivières et du fleuve Ibabbi. C'est également entre la fin du XIXème siècle et le milieu du XXème siècle que les villages épibates ont, le plus souvent, colonisé les endroits les plus hauts, accentué la déforestation jusqu'aux dessous des crêtes de leurs moyennes montagnes, terrassant les terroirs à l'extrême.

La forte humidité et le très bon ensoleillement une grande partie de l'année (l'amplitude de différence d’ensoleillement entre l'hiver et l'été est quasiment nulle en Épibatie, proche de l'équateur) permettent une production abondante, de foins naturels. L'isolat géographique épibate, qui dispose de conditions favorables à des parasites présents en Dytolie mais absents au centre de l'Algarbe, a participé de la mettre à l'abri, évitant aux prairies des maladies qui existent ailleurs dans le monde et dont les souches n'ont pas migré au travers de l'Algarbe au fil des millénaire.

L'Épibatie produit en moyenne aujourd'hui chaque année autant de foin que la Ligue de Lébira dans son ensemble, son nouveau grand allié économique dans le cadre de l'Alliance Commerciale Algarbo-Céruléenne, soient autour de 25 millions de tonnes annuellement (soient 10 milliards de rations pour petits ruminants, de quoi nourrir 28 millions de petits ruminants tous les jours pendant une année). En premier lieu, un foin de qualité médiocre, pour entre 9 à 11 tonnes annuellement, ramassé en début de saison ou sur des terres mal exposées, en altitudes sèches ou peu irriguées. Le foin de qualité supérieure correspond à des prairies bien irriguées, où la flore est diversifiée et riche en herbes à feuilles, et où le savoir-faire des travailleurs peut s'exprimer aisément. L'Épibatie produit également en majorité du foin rouge, propre au pays, qui doit sa couleur brune à l'inflorescence d'une fétuque mésoalgarbienne particulière, festuca scarlata epibatea, font l'épi brunit précocement et la tige perd sa couleur verte à maturité au profit d'un brun ambré virant au rouge clair au séchage. La valeur énergétique du foin rouge d'Épibatie est jusqu'à 15% supérieure à un foin de plaine lambda, tandis que la valeur protéinée lui est également légèrement supérieure, mais son export met en danger l'équilibre floral des prairies étrangères.

L'exode rural et son encouragement par le conflit actuel met en péril la production fourragère épibate, la raréfaction de la main d’œuvre rurale condamnant l'entretien et le fauchage des prés d'altitude et des campagnes éloignées des centres de village, alors que l’accessibilité de ces terrains à des moyens techniques modernes en remplacement des bras manquant est inexistante bien souvent. Récemment, l'Armée Épibate Libre a chargé ses effectifs stationnaires d'entamer des campagnes de nettoyage des terrains en voie de reboisement naturel, signe d'une angoisse nationale sur la disparition des prés de fauche, entre autres...

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Foin de qualité médiocre - 9,7 millions de tonnes

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Foin de qualité supérieure - 3,4 millions de tonnes

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Foin rouge d'Épibatie - 11,4 millions de tonnes [/center]