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Posté : dim. mars 24, 2019 10:46 am
par Sébaldie
    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/QqBwGBR.png[/img]
      11 septembre 2038

      Internationale Communiste : la Santogne marque ses distances avec l’Ennis

      [img]https://i.imgur.com/Nv4qGcr.png[/img]
      Illustration : Manifestation communiste à Forcastel en 2038[/center]

      C’est un controversé projet de loi qu’a présenté le ministre ennissois de l’Intérieur, Ruad Mac Anraí, aux 201 députés de la Dáil Iniseann. Si elle est votée le 30 septembre prochain, la loi prévoit d’inclure l’Internationale Communiste dans la liste des organisations terroristes, aux côtés de l’ERA et des organisations islamistes sunnites (Amarat, Force & Islam) et chiites (Yerleşim Savunma Cephesi). Le projet de loi coïncide avec la réforme de l’Internationale Communiste par laquelle dorénavant seuls des partis politiques peuvent adhérer à l’organisation, et non plus des Etats dans leur intégralité comme le Bykova et la Phalanstérie. « Ruad Mac Anraí est hypocrite. Il sait que les conséquences diplomatiques auraient été graves pour l’Ennis s’il avait qualifié tel ou tel Etat de « terroriste ». Le faire à l’endroit d’un parti politique est une manière pour lui de se laver les mains et de ne pas assumer ses visions diplomatiques. C’est un aveu d’échec pour le ministre de l’Intérieur. » a réagi un collectif de mouvements communistes santognaises dans une déclaration conjointe. Si le projet de loi suscite tant de débats, c’est aussi parce qu’il aura pour conséquence la démission d’office des parlementaires du Páirtí Cumannach na hIniseann (Parti communiste ennissois, ndlr), au nombre de sept. Une rétroactivité de la loi inquiétante, digne des régimes fascistes, pour les militants communistes santognais, qui appellent le gouvernement à recadrer son allié de la CND.

      Le gouvernement santognais, pour l’heure, préfère ne pas y réagir, pour éviter d’être accusé d’ingérence dans les affaires ennissoises. Toutefois, alors que la CND prévoit une alliance militaire entre ses membres, ces derniers n’ont pas la même définition d’une organisation terroriste. Si la Ligue du Renouveau tend à approuver du bout des lèvres la décision ennissoise, son partenaire de coalition, l’Alliance du pouvoir populaire – qui a rallié ses déçus du communisme – est vivement opposée au zèle ennissois. Le sujet divise la majorité, ce qui explique la difficulté pour la Santogne à prendre une décision d’une même voix. Surtout qu’au sein même de la Ligue du Renouveau, les opinions sont disparates, refusant de servir la soupe au mondialisme en s’enlisant dans l’anticommunisme. De plus, la Santogne a des liens notables avec le Bykova, qui a accordé aux ressortissants santognais des conditions d’attribution de titre de séjour plus avantageuses. Déjà en froid avec sa diaspora, le gouvernement n’entend pas raviver ce conflit pour une simple querelle idéologique.

      Plus largement, la Santogne refuse de reconnaître en l’Internationale Communiste un danger potentiel. Le gouvernement a, au moins dans la rhétorique électorale, des connivences avec le discours des partis communistes que l’Ennis a qualifié de terroristes. En résumé, aux yeux du gouvernement, les communistes n’appartiennent pas au « Système ». La position santognaise est cependant assez isolée au sein de la CND. La coalition gouvernementale valdaque est très hostile au Parti communiste local, tandis que le gouvernement lorthonien d’Ulysses Morgan rompt avec l’idée initiale du travaillisme dont pourtant il se réclame encore. Qui plus est, même s’il n’est pas membre de la Communauté, le Valaryan – très marqué par l’anticommunisme - reste dans sa sphère d’influence. Enfin, la Santogne n’abandonne l’idée de ramener à la raison une Phalanstérie culturellement très proche et l’inviter dans le giron de la CND, plutôt que de la braquer avec une position ennissoise jugée caricaturale.


      [right]Roger de Féret[/right][/justify]

Posté : dim. mars 24, 2019 9:22 pm
par Sébaldie
    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/oYuVMvi.png[/img]
      12 septembre 2038

      Le projet de justice prédictive du gouvernement avance à grandes enjambées

      [img]https://i.imgur.com/gIRX48f.png[/img][/center]

      Le thème avait fait irruption lors de la campagne électorale de 2035 : soutenue par la Ligue du Renouveau, l’expérimentation de la justice prédictive était brandie comme une révolution qui permettrait de désengorger les tribunaux et avoir des jugements plus proches de la jurisprudence. Jusqu’ici timides, les expérimentations ont connu un boom avec l’arrivée au pouvoir des populistes. Mais qu’est-ce la justice prédictive exactement ? Née de la révolution du « big data », il s’agit d’un auxiliaire informatique pour les juges et les avocats, proposant une analyse de la jurisprudence dans ses moindres détails : sur la base des décisions rendues, un logiciel détermine par exemple les issues les plus courantes pour un même délit ou, plus controversée, une « probabilité de récidive » pour un prévenu ou un prisonnier qui demande un aménagement de sa peine. Si l’outil fait la joie des étudiants, qui peuvent en quelques clics accéder à des jurisprudences très précises, les juges sont moins emballés. Toutefois, si le recours à ces simulations devrait se systématiser dans les années à suivre, seule la décision humaine d’un juge fait encore foi, martèle-t-on du côté du gouvernement en réponse qui s’inquiète d’être « jugés par des robots ». On comprend mieux, à ce titre, pourquoi le gouvernement tend à dématérialiser certains services publics et à éradiquer les dernières zones blanches du pays : sous couvert de transparence et d’accessibilité au public, il s’agit de donner de la matière à ces logiciels de big data qui peuvent se nourrir de la publication systématique des décisions de justice sur Internet.

      Les intentions du gouvernement sont toutefois nettement moins bienveillantes. Même si, on le rappelle, le juge garde le dernier mot face au robot, il devra plus que jamais motiver sa décision s’il décide par exemple d’aménager la peine d’un condamné qui se serait vue attribuer la note maximale de récidive, sur des bases aussi tendancieuses que l’origine sociale, l’âge, le sexe… Sont particulièrement touchés les juges de première instance qui tenteraient de contredire le résultat d’un algorithme, et qui se verraient contredits en appel pour leur décision trop peu « rationnelle ». Il s’agit en ce sens de recentraliser davantage le pouvoir judiciaire pour qu’il soit uniforme sur tout le pays, et donc conforme à la volonté de l’exécutif. De plus, que la Ligue du Renouveau soit à l’origine de la réforme n’est pas anodin : l’algorithme ne se contente pas seulement de comparer des jurisprudences, il met en évidence les points communs des condamnés. Ainsi, si un prisonnier est d’origine immigrée, alors l’algorithme estimera qu’il a plus de chances qu’un Santognais autochtone de récidiver. L’aspect humain, qui valorise les métiers judiciaires, est ici vue comme un écueil. À cette dimension humaine, on valorise le travail « objectif » de l’ordinateur, qui ne cherchera pas à obtenir des avancements dans sa carrière ou une quelconque notoriété.

      Jusqu’à présent, seules les compagnies d’assurance étaient dotées de tels logiciels, pour déterminer les clients à risque. Sous couvert d’économies et d’efficacité du service public, le gouvernement s’engage donc à renforcer les clichés, au lieu de laisser la jurisprudence évoluer au gré des mutations sociétales. De quoi alimenter un cercle vertueux pour les uns, et un cercle vicieux pour d’autres. « Et pourquoi pas prendre en compte le signe zodiacal du condamné, tant qu’on y est ? » s’étrangle Séraphine Auvray, défenseuse des droits de l’homme. « La communication politique se fait aujourd’hui sur à base de chiffres et de statistiques, que sur des idées et de l’éthique. La Ligue du Renouveau le sait et elle espère atteindre l’opinion publique en prouvant que les immigrés sont plus propices à commettre des délits que les autres. Et puisque les décisions des juges se feront à partir de ces chiffres biaisés, alors statistiquement, oui, les immigrés seront plus délinquants que les autres. Mais on est ici dans la prophétie autoréalisatrice ! » poursuit-elle. Reste que, pour être généralisé à tout le système judiciaire santognaise, le pays devra se doter d’infrastructures informatiques conséquentes. Le gouvernement devrait ainsi lancer prochainement un appel d’offres pour équiper le pays de superordinateurs, capables d’analyser beaucoup plus rapidement les jurisprudences.


      [right]Thomas Gérin-Lajoie[/right][/justify]

Posté : lun. mars 25, 2019 10:24 pm
par Sébaldie
    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/iB4oEW7.png[/img]
      15 septembre 2038

      Des bornes de fusils en libre-service pour sensibiliser le public
      des pays à la législation trop souple


      [img]https://i.imgur.com/uzqPn1j.png[/img]
      Pour son happening, l’artiste Marta Capdepont a installé des bornes de fusils en libre-service
      factices dans plusieurs pays (ici au Westrait) trop souples sur leur législation,
      en vue de sensibiliser le public.[/center]

      Le XXIe siècle a vu l’explosion de l’économie collaborative. Pas une start-up ne propose pas déjà de partager son logement, voire sa brosse à dents en échange d’argent, d’un objet troqué ou juste d’un peu de temps et de convivialité. Un mouvement initié dans les villes par la mise à disposition de vélos en libre-service. Mais à l’heure de cette économie collaborative où tout le monde partage avec tout le monde, la confiance peut-elle régner quand il est aussi facile de se procurer une arme qu’une mobylette ? La militante pacifiste Marta Capdepont a ainsi ciblé plusieurs pays – parmi lesquels le Westrait, l’Ennis ou le Berlim – pour y installer, dans leurs grandes villes, des bornes de fusils en libre-service. L’installation s’est faite en catimini et a pris au dépourvu les municipalités qui ont donné leur autorisation à l’artiste de se produire dans la rue, sans savoir de quoi il allait en retourner. Moyennant une somme dérisoire, les badauds sont ainsi invités à se saisir de ces armes réalistes totalement factices, au mieux chargées en eau. L’argent ainsi récolté est à destination exclusive d’ONG œuvrant pour la démilitarisation. Non sans humour noir, l’artiste propose des forfaits allant de « Frimeur » - pour les tireurs occasionnels – à « Serial killers », accordant plus ou moins de temps d’utilisation à son acquéreur.

      « 15 minutes : le temps d’une recréation d'école » ou « 60 minutes : razzia dans la ville » demande la borne, qui ne manque pas d’irrévérence, au moment d’acter la location du fusil. Derrière l’humour, le but est avant tout de gêner, choquer, pousser au débat. Le happening, qui durera un mois, dans plusieurs villes sélectionnées dans le monde, s’inscrit dans le cadre du Festival International des Arts, dont Marta Capdepont est une des représentantes santognaises. En Santogne, la commercialisation et le port d’armes sont soumises à des règles strictes mais la majorité actuelle a laissé entendre qu’il y avait « matière à débat ». Le Westrait est plus particulièrement dans le collimateur de l’artiste qui dépeint un « pays où les passions politiques s’expriment avec AK-47 ». Quant à l’Ennis, qui a une législation un peu plus modérée, Capdepont rappelle que l’appel à la violence d’un groupe westrait en tournée a conduit en février dernier à [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=346667#p346667]2 morts et 32 blessés[/url]. Son happening a déjà produit quelques émules. Insultée de toutes parts sur les réseaux sociaux par les partisans des armes à feu, Capdepont dit garder la tête haute : « Tous pays confondus, par des militants d’extrême droite, je me fais insulter de bobo gauchiste. De l’autre côté, les mêmes « gauchistes » westraits me trouvent « inutile et nuisible ». « Comment tu veux faire la révolution et la protéger si on n'a pas d'armes ? » me demande l'un d'eux. Je ne suis pas plus en odeur de sainteté auprès des libéraux. Mais je pense au contraire avoir mis le doigt dans l’engrenage d’un fléau civilisationnel, sans couleur politique. » résume-t-elle, tout en montrant les commentaires qu’elle reçoit sur PiouPiou. Et lorsqu’on lui demande s’il ne faudrait pas prendre exemple sur la [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=346780#p346780]Ligue d’Hestine[/url] amarantine, Marta Capdepont est prise d’un rire nerveux. « Je milite pour le droit à ne pas mourir en toute innocence, pas celui de choisir son bourreau. » balaie-t-elle.


      [right]Fabien Grosjean[/right][/justify]

Posté : mer. mars 27, 2019 1:19 pm
par Sébaldie
    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/QqBwGBR.png[/img]
      20 septembre 2038

      Peut-on parler d’un recul du catholicisme en Santogne ?

      [img]https://i.imgur.com/b2z8xf8.png[/img]
      [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=344713#p344713]Part de catholiques dans la population provinciale en 2037[/url]
      Les provinces de la Vallée du Méguès (de Cafrie aux Bouscourats-du-Méguès), en
      passant par Forcastel et Varaunes, affichent un recul notable de la pratique de la religion catholique.[/center]

      Tout un symbole : l’Eglise Sainte-Anne de Joutans, à mi-chemin entre Forcastel et Varaunes, devrait célébrer sa dernière Nativité au mois de décembre prochain. Un baroud d’honneur avant de fermer définitivement ses portes. À la place, dans cette banlieue plutôt cossue, l’édifice religieux construit au début du XXe siècle devrait être réaménagé d’ici 2040 en spacieux lofts tandis que l’extérieur connaîtra une légère rénovation, qui modifiera à la marge l’aspect de l’église. Sur le petit parvis, un panneau annonce la reprise par un promoteur d’immobilier en lieu et place des événements paroissiaux. D’ici le 25 décembre, aucune messe n’est prévue, l’église est grillagée et seul le prêtre de la paroisse voisine est habilité à y pénétrer. Le Père Rodolphe ne semble pas très chagriné par le changement de propriétaire, son visage oscillant entre l’indifférence et le fatalisme. Les réactions des riverains, qui ont annoncé assister en masse à ce dernier office et réclamer le maintien de l’église, n’émeuvent guère le clerc, qui ne mâche pas ses mots : « Ils sont gentils mais ils se réveillent tard. Quand bien même, ce ne sont pas des familles toutes endimanchées qui viendront pour leur bonne conscience qui pourront sauver la paroisse. Il n’y a plus de fidèles ni de laïcs pour la faire vivre au quotidien. On ne peut pas se contenter de la maintenir pour les seuls temps liturgiques. ». L’opération reste toutefois rentable pour l’Eglise de Santogne ; Sainte-Anne était située dans un quartier très prisé de Joutans. Très onéreux, les lofts sont déjà tous vendus, les futurs acquéreurs pourront ainsi se targuer d’habiter dans un logement d’exception, loin de Monsieur Tout le monde.

      Si les ventes des églises se font encore rares, la raréfaction des fidèles est néanmoins chose commune dans la conurbation Forcastel-Varaunes et plus largement dans la Vallée du Méguès, qui concentre l’essentiel de la population santognaise et de l’activité économique. Moins attachée aux valeurs de l’Eglise catholique, la population de ces pôles urbains se laïcise, notamment au [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=348895#p348895]gré des arrivants étrangers[/url]. Pour autant, ce déclin de la pratique de la religion catholique n’est pas le seul fait d’individualités. La Santogne noue avec la papauté des relations en dents de scie depuis plus de cinq siècles et l’Eglise, jusqu’à lui déclarer la guerre sous la règne d’[url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=346168#p346168]Ivona Ière dite « la Catin »[/url]. La crise économique a également nourri une crise plus profonde, identitaire, qui a ébranlé les certitudes des anciens catholiques santognais, qui n’ont pas toujours trouvé dans la foi la réponse escomptée. L’Eglise de Santogne continue d’avoir des assises institutionnelles dans une Santogne pourtant officiellement laïque : héritages médiévaux, quelques rares villes sont toujours soumises à une co-souveraineté entre la Santogne et les Etats pontificaux ; l’Eglise reste seule compétente pour prononcer la rupture d’un mariage célébré en son sein et elle garde un représentant à la [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=342459#p342459]Cour Suprême[/url]. Sans parler de son influence plus informelle sur des parlementaires et des exécutifs locaux. Ces privilèges, censés lui permettre de garder un rôle proéminent sur la vie des Santognais, ont eu l’effet inverse : à l’aune de la crise économique, elle a été assimilée comme partie prenante d’un système, qui a montré son inefficacité, voire sa dangerosité.

      Cette fuite de l’Eglise catholique s’accompagne-t-elle d’un rejet de la foi chrétienne ? Difficile à dire, le [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=344009#p344009]nombre de protestants conventionnels[/url] est resté à peu près stable ces dernières années. S’il est vrai que les mouvements évangéliques ont le vent en poupe, ils semblent davantage tirer profit d’une recherche spirituelle de certains agnostiques plutôt que de la fuite des catholiques. Quant aux religions non-chrétiennes, elles sont encore très ethnicisées et dépendent surtout des flux migratoires. Si la proportion de catholiques tend à diminuer, ils sont par contre de plus en plus concentrés dans des bastions très précis, à l’Ouest et au nord-est. Certaines provinces contrecarrent d’ailleurs le processus de vieillissement des fidèles, par un afflux de jeunes important, notamment dans les Champeix-d’Oèst, notamment sous l’impulsion d’une [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=348393#p348393]nouvelle génération de prêtres[/url], toutefois très ancrés dans la tradition. Faut-il enfin voir un lien de causalité entre la vivacité du courant traditionaliste, observable à l’ouest, et le rajeunissement de fidèles, en quête de sacré et de liturgie ? Rien n’est moins sûr. Au nord-est, l’Eglise de Santogne, a priori plus œcuménique et plus tolérante, garde un certain dynamisme qui semble avoir déserté la Vallée. La « décatholicisation » apparente est donc à nuancer : il est un fait que le catholicisme n’est plus aussi bien propagé et uniforme qu’avant en Santogne ; mais localement, les survivances sont fortes.

      [right]Robert Chastain[/right][/justify]

Posté : jeu. mars 28, 2019 4:31 pm
par Sébaldie
    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/QqBwGBR.png[/img]
      23 septembre 2038

      La Santogne fait le pari du Forum pour l’Entente Sportive et assouplit
      sa législation sur les jeux d’argent


      [img]https://i.imgur.com/nG8vNET.png[/img]
      Illustration : Intérieur du casino de Sainte-Madrague[/center]

      C’est au détour d’un très discret amendement voté à trois heures du matin que le Parlement santognais a sensiblement assoupli sa législation sur les jeux d’argent. Ce cavalier législatif a été voté en même temps que la loi encadrant l’adhésion de la Santogne au nouveau [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1345&p=349529#p349529]Forum pour l’Entente Sportive[/url], la dernière émanation de la Communauté des Nations Dytoliennes. Cette organisation, qui vise officiellement la fraternité entre pays du continent, prévoit en effet la création d’une société publique qui aurait le monopole sur les paris sportifs durant les compétitions organisées par le Forum. Or, jusqu’à présent la Santogne avait une législation assez rigide en ce qui concerne les paris et jeux d’argent, une réglementation votée par les conservateurs dans les années 2020, née de la crise et du surendettement de nombreux ménages. La législation prévoyait notamment une limitation du nombre d’établissements et exigeait d’eux une apparence extérieure sobre pour ne pas inciter à la consommation, notamment auprès des plus jeunes. De plus, malgré une majorité civile à 18 ans, les établissements – casinos, bookmakers… - interdisaient leur accès aux 21 ans. C’est désormais aboli : les municipalités ne se voient plus imposer de numerus clausus et toute personne âgée de plus de 18 ans peut maintenant s’adonner aux jeux d’argent. Les Etats dytoliens espèrent des gains importants avec cette société de paris, tout en promettant que l’essentiel des recettes sera affecté à la seule organisation d’événements et au bon fonctionnement du Forum. Il en est tout autre pour les sponsors, dont les Etats membres espèrent des retombées dans leurs caisses.

      Concrètement, chaque année, le Forum organisera des « Jeux Dytoliens » qui mettront à l’honneur un ou plusieurs sports en particulier, dont certains plus étonnants et plus kitsch, à l’image du lancer de troncs d’arbres, popularisé par les [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=333726#p333726]Highlands Games[/url], organisés au Lorthon. Seront invités à cette occasion des Etats ou organisations extérieurs à la CND, non sans arrière-pensée puisqu’il s’agira pour le dénommé Département des Paris du Forum pour l'Entente Sportive d’élargir sa clientèle à d’autres continents. Simon Caillat, qui représente la Santogne à la CND, anticipe la réaction des détracteurs : « Ceux qui ne retiennent du Forum que la société de paris sportifs ont une vision partisane et militante, et donc faussée, de ce qu’il est réellement. Le Forum prévoit en outre des campagnes de lutte contre le dopage et des projets visant à rendre le sport accessible de tous. Et quand bien même, les paris ont toute leur place dans le monde sportif, ils contribuent à sa popularité et à la bonne humeur des supporters. Il n’est pas inutile de rappeler que quand les nations s’adonnent aux jeux, elles ne s’adonnent pas à la guerre. » précise-t-il en marge d’un sommet, arborant même une casquette « Oui aux Jeux Dytoliens ! ».

      [right]Roger de Féret[/right][/justify]

Posté : jeu. mars 28, 2019 9:20 pm
par Sébaldie
    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/oYuVMvi.png[/img]
      24 septembre 2038

      Déjà en campagne électorale, les communistes veulent rompre
      avec la « crainte de la dernière place » des classes populaires


      [img]https://i.imgur.com/IcZRoFU.png[/img]
      Les travailleurs pauvres espèrent, en votant comme leurs patrons, garder
      leur statut « d’avant-derniers », menacé par l’égalitarisme communiste.
      Les hommes ne veulent pas tant réussir dans la vie que ne pas tout rater.[/center]

      Les élections générales n’ont lieu que dans un an, mais les militants du Parti communiste santognais sont déjà sur le terrain. Certes, en février prochain, les électeurs seront appelés à renouveler les conseils provinciaux mais c’est bien le scrutin parlementaire qui est dans leur viseur. Crédité d’à peine 1.5 % sur l’ensemble du territoire, le Parti communiste n’a plus atteint le seuil électoral de 5 % depuis une dizaine d’années, une contre-performance symétriquement opposée à la montée des mouvements populistes, aujourd’hui au pouvoir. Pourtant, toute la population s’est paupérisée, les inégalités se sont creusé et le taux de participation dans les quartiers les plus défavorisés n’est pas sensiblement inférieur à la moyenne (l’abstention électorale a atteint un niveau record en 2035 : 68 % des électeurs ne se sont pas déplacé aux urnes, ndlr). Pour le Parti communiste, l’heure est à l’introspection pour comprendre ce désamour. Si en interne, des militants communistes continuent d’arguer que la démocratie représentative est une invention bourgeoise, une mascarade dont il faut se tenir éloignés, les cadres se contentent difficilement de cette analyse car ils constatent que ce désamour des électeurs n’est pas seulement à l’égard du parti et des élections mais aussi à l’idée même du communisme, des idées qu’il représente. Ainsi, les élections de 2035 ont mis en évidence que dans des villes populaires comme Oradour-sur-Méguès, Pénasque ou les quartiers sud de Fos-sur-Méguès, les conservateurs du Parti populaire et les libéraux ont enregistré des scores importants, et équivalents aux villes bourgeoises. Le fait a surpris plus d’un commentateur politique, mais les raisons évoquées étaient électoralistes et insuffisantes pour comprendre le choix de ces électeurs. La raison tient en ces quelques mots : les pauvres ont honte d’eux-mêmes et se refusent d’en faire une fierté, encore moins une conscience de classe. Quand bien même, la « classe ouvrière » si on peut la nommer ainsi reste empreinte de clivages culturels, ethniques et professionnels. Chômeurs et travailleurs pauvres n’admettent pas appartenir à une seule et même classe.

      Pour le politologue Bruno Rousselle, « les pauvres cherchent plutôt à imiter une classe de loisir et de consommation ostentatoire qu’à s’identifier à leurs semblables ». S’ajoute à cela une crise des idéologies. Contrairement à des pays comme la Valdaquie ou le Westrait, où le débat politique est passionné et intense, entre de véritables factions construites sur tout un corps idéologique qui s’affrontent, la Santogne n’a pas ce même amour pour la chose publique et se rapproche plutôt de la politique lébirienne, ou même lorthonienne. Les grandes idéologies ont cédé leur place à des mouvements très personnifiés, sans pensée politique réelle, qui progressent sur le rejet du « Vieux monde », ou sur quelques idées phares, mais qui restent très terre-à-terre et difficilement transposables. Les conditions sont donc idéales pour que le Santognais pauvre se résigne à voter comme son patron, de telle sorte à pouvoir effleurer du doigt la classe de loisir et de consommation à laquelle il veut tendre mais sans savoir réellement pourquoi. La crise est idéologique mais elle aussi identitaire et existentielle, la crise ayant mis à mal les certitudes des Santognais sur le sens et le but de la vie. Surtout, le Santognais pauvre veut rester l’avant-dernier car la crainte de tout échouer est bien plus vive que celle de ne pas réussir dans la vie et savoir qu’il y a plus mal loti que soi apporte un certain baume au cœur. C’est la raison pour laquelle, selon plusieurs sondages, les travailleurs pauvres gagnant à peine plus que le salaire minimum sont parmi les plus hostiles à une augmentation du même salaire minimum, d’où une propension à voter contre leur intérêt économique.

      La « crainte de la dernière place » alimente ainsi un vote populaire en faveur des conservateurs et des libéraux mais elle est aussi la conséquence d’une société basée sur la concurrence ou son pendant politiquement plus correct, la méritocratie. Le succès de l’idéologie libérale, c’est d’être parvenu à faire croire aux pauvres qu’ils le sont devenus par leur faute et uniquement par leur faute. Par un manque de travail, de créativité ou même de « flair ». S’ils ont conscience d’être pauvres, ils en ont honte et des mouvements comme le Parti communiste qui appellent à en tirer une fierté ont fini par leur donner de l’urticaire. S’ils veulent voter comme les patrons, c’est parce qu’ils espèrent bénéficier un jour des mesures prises pour ces derniers. Au fond, pour reconquérir son électorat cible, le Parti devra se doter de patience et éviter de renvoyer à ses électeurs la place qu’ils occupent sur un processus productif qui leur est de plus en plus anxiogène, dénué de sens à l'aune du monde contemporain et qu’ils tentent de fuir. La honte d’exercer un [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=349232#p349232]métier à la con[/url] et le refus de s’identifier à lui. Si les pauvres tendent à voter comme leurs patrons, ils se sont avant tout identifiés aux mouvements populistes, qui ont parfaitement su jouer sur la crainte du déclassement des classes moyennes, auxquelles la classe populaire se réfère davantage aujourd’hui.


      [right]Anastasie Vaugeois[/right][/justify]

Posté : lun. avr. 01, 2019 2:23 pm
par Sébaldie
    • [justify][center]3 octobre 2038[/center]

      [img]https://i.imgur.com/gfV4u5p.png[/img] | Parité des Genres : des améliorations mais des résistances régionales
      [justify]Dans le ventre du mou du classement. Le 28 septembre dernier, l’Université de Dunmore (Ennis) a publié une étude comparative sur une trentaine de pays au monde pour évaluer la situation de la parité entre les hommes et les femmes. Avec un indice de 6.750, la Santogne s’impose à la douzième place juste derrière le Thorval mais devant des pays tels que le Kaiyuan, l’Eashatri, le Westrait et l’Ennis. Un résultat encourageant, à plus forte raison que des pays très empreints par les mouvements féministes, comme le Westrait, affichent un score inférieur à celui de la Santogne. Le Parlement santognais s’est féminisé à l’aune du recul des conservateurs, et par la montée de l’Alliance pour le pouvoir populaire, qui envoie un contingent. Mais même si le Parlement compte aujourd’hui 30 % de femmes et que le gouvernement est lui-même dirigé par une femme, cela ne fait pas de la politique nationale une politique favorable à la parité. L’omerta sur les [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=341590#p341590]nombreux viols[/url] commis dans les régions de l’Ouest contraste avec une assez bonne visibilité des femmes dans les régions plus industrialisées. Une Santogne coupée en deux qui n’est pas sans rappeler celle de [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=349466#p349466]la Santogne catholique[/url], en raison de la résistance des mouvements traditionalistes. Le chemin est donc encore long avant de prétendre au peloton de tête, mené par le Caskar qui fait même de sa parité des genres un argument marketing pour attirer les [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=349738#p349738]cerveaux féminins[/url].[/justify]


      [img]https://i.imgur.com/NSqlbkO.png[/img] | Inès Teysseire peut-elle être un rempart contre le populisme ?
      [justify]Les [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=349712#p349712]sondages[/url] ne sont pas bons pour l’actuelle majorité gouvernementale, qui perdrait son contrôle du Parlement. Les conservateurs, qui entendent leur ravir le pouvoir avec une alliance avec les libéraux, n’atteignent pas non plus la majorité absolue escomptée. Partisans du désordre, de la démagogie directe et d’une remise à plat de toutes les institutions, les bien nommés « Dégagistes » atteindraient quant à eux 3.5 % mais leur progression est rapide, pour ce parti créé il y a à peine quelques mois. Si le sondage se confirme, le pays serait ingouvernable, les conservateurs ayant exclu toute coalition avec les sociaux-démocrates et la Ligue du Renouveau. Toutefois, une candidature de la ministre de l’Economie, Inès Teysseire, pourrait changer la donne : si celle-ci conduit une liste, elle arriverait largement en tête, avec 23.5 % des voix. Ce qui permettrait à la majorité actuelle de renouveler pour quatre ans, au prix toutefois d’un jeu des chaises musicales. Malgré des débuts en politique difficile, Teysseire jouit d’une réputation d’incorruptible et de réformiste acharnée, qui ne reculerait ni devant les lobbies, ni devant la pression populaire. Si elle refuse de commenter ces rumeurs de candidature, elle a, à plusieurs reprises, appelé au « retour de l’ordre », quitte à d’autres portefeuilles que le sien, en promettant « plus de sécurité ». Un charisme qui plait aux électeurs conservateurs, mais aussi à ceux de la Ligue du Renouveau. Certes favorable à l’économie de marché, mais souverainiste, pourfendeuse de l’évasion fiscale, elle est également appréciée auprès de la gauche populiste. Sa candidature pourrait d’ailleurs faire reculer « Les Dégagistes », mais pas celle des libéraux qui la considère comme autoritaire et étatiste.[/justify]

Posté : mar. avr. 02, 2019 3:09 pm
par Sébaldie
    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/QqBwGBR.png[/img]
      5 octobre 2038

      Une fromagerie à l'abandon rachetée par des Eashates,
      symbole d’une diaspora en expansion


      [img]https://i.imgur.com/jjBhBWN.png[/img]
      La fromagerie de Rignacq a été rachetée par la famille Shrivastava.[/center]

      En 2036, après quarante années de bons et loyaux services, Roger Clérisseau, fromager de profession, tira sa révérence. À Rignacq, au pied du Massif de l’Argentône, à une demi-heure de Castanhières, il était connu comme le loup blanc et avait réussi, grâce à sa réputation, à résister à la crise et à la chute de la demande interne. Mais son départ en retraite a été contrarié par l’absence d’un repreneur. Son fils, prédestiné à reprendre l’affaire, a préféré les cieux boréaux en devenant développeur informatique auprès du groupe jernlander Altesk. Son atelier tout équipé, ne retrouvant pas de repreneur, commençait à peser sur ses finances personnelles. Il aura fallu attendre un an pour qu’une offre de reprise sérieuse lui parvienne, qui aura la particularité d’émaner d’une famille eashate installée en Santogne depuis deux ans. Un investissement qui s’inscrit assurément dans la tradition hindoue de la famille Shrivastava, qui accorde une place sacrée aux vaches et donc, aux produits laitiers, qui sont omniprésents, aussi bien dans les rites que dans la cuisine quotidienne. Krishna, l’une des divinités les plus importantes de l’hindouisme, était d’ailleurs lui-même vacher.

      Peu baignés dans cet orientalisme, les habitants de Rignacq ont peu goûté l’arrivée de la famille Shrivastava et il faudra sans doute un certain temps pour qu’ils acceptent d’inclure la nouvelle spécialité locale à leur alimentation. Mais pour l’heure, il s’agit surtout, pour la nouvelle fromagerie, de répondre à une demande importante de la communauté eashate installée dans le pays, avec des produits qui leur rappellent leur Janubie d’origine. Différence de taille entre la famille Shrivastava et monsieur Clérisseau, les vaches trop vieilles ou pas assez productives ne finissent pas à l’abattoir mais dans un sanctuaire (« gaushala »), financé par une communauté eashe de mieux en mieux organisée. Des terrains sont assez préemptés partout en Santogne pour permettre aux bovins de finir leurs jours en toute quiétude. Tous n’ont cependant pas le même sens du sacré et, au sein même de la communauté eashe, des investisseurs n’hésitent pas à exploiter tout ce qui peut l’être, que ce soit l’urine (dont ils prêtent des vertus thérapeutiques et cosmétiques) ou la bouse (utilisée comme combustible ou fertilisant), selon des procédés quasi-intensifs.

      L’Eashatri et la Santogne ont des liens historiques assez forts mais si des Santognais sont installés dans l’empire janubien depuis la Renaissance, l’arrivée et la consolidation d’une communauté eashate en Santogne est bien plus récente. En [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=321556#p321556]2033[/url], plus de 2 millions d’Eashates se sont expatriés. Essentiellement des couples âgés entre 25 et 40 ans, ils ont pour certains choisi la Santogne, avec pour conséquence une augmentation nette de naissances dans le pays, à plus forte raison que les femmes eashates affichent un taux de fécondité supérieur à la moyenne. Si beaucoup sont repartis au pays après la fin de la Guerre d'Ashurdabad, d’autres se sont habitués aux us et coutumes de la Santogne, profitant par ailleurs de son système éducatif, qui plutôt défaillant en Eashatri à compter de l’entrée au collège. La cohabitation reste toutefois globalement positive mais les Eashates restent soucieux de leurs traditions. À l’image de [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=349466#p349466]l’Eglise Sainte-Anne de Joutans reconvertie en lofts spacieux[/url], des lieux de culte catholiques désertés pourraient devenir des temples hindous tandis que les cours de yoga investissent de plus en plus les centres de remise en forme. C’est encore hypothétique, mais la progression rapide de la communauté eashate, tant par son ampleur que sa structuration, pourrait faire d’elle un acteur incontournable de la société santognaise.


      [right]Etienne Bossuet[/right][/justify]

Posté : mer. avr. 03, 2019 11:16 am
par Sébaldie
    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/rVlXSZ1.png[/img]
      8 octobre 2038

      Des paléontologues santognais démystifient le « bon sauvage » autochtone

      [img]https://i.imgur.com/q5z0ef4.png[/img]
      La disparition du mammouth s'expliquerait davantage par des facteurs humains que climatiques.
      Illustration : Reconstitution d’une chasse au mammouth au parc préhistorique de Dourgnies[/center]

      Les mammouths ont-ils disparu en raison du climat ou d’une chasse extensive ? Le débat fait rage au sein des paléontologues depuis des décennies. Pour les chercheurs de l’Université de Fos-sur-Méguès, réputée pour son département paléontologie unique en Santogne, la réponse se situe entre les deux, mais la cause serait surtout humaine. « Ce phénomène est trop complexe pour n’être causé que par un seul facteur » tranche Isabèl Bordenave, qui enseigne à Fos depuis plus de vingt ans. Grâce à une datation précise de spécimens particulièrement bien préservés au Tlaloctlitlal, au Berlim et au Bykova, elle a pu mettre en évidence un phénomène de nanification des grands animaux en 30 000 ans. Entre – 40 000 et – 10 000, au moment où s’étend les Sapiens, le poids moyen de ces animaux en Dorimarie aurait ainsi été divisé par cinq ! Une réduction expliquée par un abaissement de l’âge de sevrage, qui est passé pour le mammouth laineux de 8 à 5 ans. Sevrés moins longtemps, les animaux ont donc rapetissé sur le très long terme, une différence de comportement qui s’explique par le choix pour la mère de privilégier la quantité plutôt que la taille de ses petits, afin de faire face le mieux possible au prédateur humain. « Chez l’éléphant, dont le mammouth est un proche parent, un stress nutritionnel lié au climat est à l'inverse associé à un sevrage retardé » explique Isabèl Bordenave pour exclure la prédominance du facteur climat.

      En d’autres termes, c’est la pression humaine des autochtones pratiquant la chasse extensive et l’amélioration de leurs techniques qui a contribué à la disparition de ces grands animaux. De quoi tordre le cou à l’idée que les peuples autochtones seraient, par leurs ancêtres lointains, les plus fervents défenseurs de l’environnement. Sur cette question, la paléontologue botte en touche : « c’est un débat politique, je fais uniquement de la science ». Toutefois, il faut reconnaître que cette image de l’autochtone écologiste est elle-même une émanation des colons, qui l’ont véhiculée à foison, notamment au Berlim et au Txile. Une identité conçue par des colons à laquelle ont fini par se rallier les autochtones, qui disent être persécutés par les premiers. Si l’Université de Fos-sur-Méguès refuse à raison d’entrer dans un débat politique, elle met tout de même en exergue que le mythe du « bon sauvage », resté à un état de nature et de pureté, est à relativiser. Avec leur consentement, les autochtones de Dorimarie et, dans une moindre mesure de Natolique, ont surtout été utilisés à des fins d’évangélisation pour mieux illustrer l’idée du paradis sur terre qui précède le péché originel, sans pour autant les prendre comme exemples, l’homme étant invité à ne pas se contenter d’être un « sauvage » mais un être éclairé et civilisé.


      [right]Léon Beaugendre[/right][/justify]

Posté : sam. avr. 06, 2019 2:08 pm
par Sébaldie
    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/kEbcwxN.png[/img]
      18 octobre 2038

      Des bobos du Rascassin ouvrent une boutique de fruits et légumes en libre-service.
      Résultat : la caisse volée dès le premier jour.


      [img]https://i.imgur.com/aGAERE8.png[/img]
      Romuald et Chloé devant leur boutique de Mallières[/center]

      Ils ont quitté Fabrègue au début de l’année et voulaient retrouver le travail de le terre en y associant leurs valeurs altermondialistes. Romuald et Chloé, un couple de trentenaires santognais, ont ainsi racheté une toute petite exploitation abandonnée au sud de Rodessac. Dreads, vieilles loques, et tenant entre deux doigts aux ongles noircis du tabac roulé, Romuald expose les motivations de sa petite entreprise : « Les gens ne sont pas foncièrement méchants, ils le deviennent quand ils sont maltraités, comme les chiens. ». Cet ancien aide-soignant de 34 ans a quitté l’année dernière l’ambiance stressante de l’hôpital central de Fabrègue pour devenir maraîcher. Particularité de sa boutique : elle est en total libre-service. Les visiteurs sélectionnent, pèsent et paient eux-mêmes les fruits et légumes biologiques présentés sur les étals, avec un « prix conseillé ». Non informatisées, les caisses sont à l’ancienne et on attend du client qu’il verse la somme, sans aucune surveillance car il faut selon ces néo-ruraux « réhabiliter la confiance entre les humains ».

      Sa compagne, Chloé, cheveux ébouriffés et les bras couverts de bracelets d’un autre âge, qui se définit comme « profondément humaniste » s’empresse de préciser : « Pourquoi devrions-nous surveiller nos clients ? Au Teikoku, [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=348757#p348757]19 portefeuilles perdus sur 20 [/url] ont été restitués à leurs propriétaires ! ». Partageant l’avis de Romuald, elle argue que c’est la société capitaliste qui rend les hommes malhonnêtes mais que s’ils évoluent dans une atmosphère réconciliant l’homme et la nature, alors ils retrouveraient leur bonté innée. Ces jeunes en quête d’un idéal de vie ont toutefois vu leur diagnostic contrarié dès le premier jour. À dix-huit heures, au terme de cette journée d’ouverture couronnée de succès, au moment de fermer boutique, il s’aperçoit que les caisses sont quasiment vides. La recette s’établit à 2.43 ₱, alors même que toutes les caissettes de laitues, de tomates et d’aubergines sont vides. C’est que dans leur utopie, Romuald et Chloé ont oublié que si les Teikos ont rendu 19 des 20 portefeuilles, les Santognais n’ont – selon la même étude – rendu que 6 à 8 portefeuilles. Mais à propos de celui ou ceux qui ont volé sa recette, Romuald, visiblement pas bousculé dans ses convictions, veut rester philosophe : « J’imagine qu’ils en avaient plus besoin que moi. ».


      [right]Matthieu Bozonnet[/right][/justify]