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Posté : jeu. mai 30, 2019 8:33 pm
par Arios
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30/03/2039[/center]
Piantapastis : "Non, je n'étais pas téléguidé"
Bernardo Mafone, plus connu sous son pseudonyme et nom d'usage Piantapastis, comprendre "
celui qui fout le bazar", est un journaliste du ravageur et irrévérencieux "
Il Sole", quotidien "poubelle" comme il se revendique lui-même, feuille de quelques grammes néanmoins lue chaque jour par plus de 200 000 Lébiriens, qui le voient à juste raison comme le transcripteur d'un certain art de voir les choses "à la britonne". Il a fait parlé de lui ce mois-ci en s'invitant à la Conférence de presse de la CND, où il a tenté de mettre les commissaires de la CND à la question en rappelant les outrances du gouvernement valdaque sur plusieurs dossiers épineux en Cérulée. Mais son argumentaire rapide et la trop grande latinité dans sa prise de parole ont heurté le Commissaire valdaque lui-même, qui à son tour à délivré la réponse que l'on connait et sur laquelle la Ligue de Lébira s'est positionné pour rompre les relations commerciales avec le pays concerné, estimant que la goutte d'eau avait fait débordé le vase.
- "C'est mon travail de taper, d'être brutal, on sort une feuille par jour, il nous faut du croquant, et la vie politique lébirienne ne suffit pas toujours. Je suis payé pour faire le mariol, mais je pensais pas que mon intervention aurait de telles conséquences... j'ai secoué un prunier, comme d'habitude, mais cette fois-ci c'est l'arbre lui-même qui est tombé par-terre. Mais non, je n'étais pas téléguidé, je n'avais aucune idée des conséquences, même si je me doutais bien que le représentant valdaque réagirait une brute et en déblatérant ses habituelles théories du complot sur la justice lébirienne - car c'est la stratégie de tout le régime. Là-bas les enfants eux-mêmes sont biberonnés avec ces conneries. C'est vraiment une société de merde."
Bernardo Piantapastis ne regrette pas son intervention. "
On a jamais vendu autant de papier" livre-t'il, sur la santé des ventes d'
Il Sole depuis deux semaines. Mais pour lui, il est évident que Cartagina a sur-réagi : "
Le commissaire valdaque n'a rien dit de nouveau : il a répété que la justice et les médias étaient aux ordres, etc... même si le contexte officiel, devant les autres représentants de la CND et les journalistes était décalé, beaucoup ont fait semblant de s'offusquer à Cartagina. En fait, la Ligue cherchait depuis longtemps un prétexte de rompre plus avant avec ce pays, et s'en est surtout servi d'exemple pour le reste de la CND. Nul n'ignore non plus que Vesperto voulait nuire directement au nouveau Président nazalien, qui lui rêve de permettre l'entrée de la Ligue dans la CND, or maintenant ce positionnement politique prometteur est beaucoup plus compliqué à tenir."
Posté : lun. juin 03, 2019 8:32 am
par Arios
[right]9 avril 2039
Stampato a Atomia[/right]
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Dotations provinciales : 1,7 milliards orientés directement vers le patrimoine illythe
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Temple d'Atom, site de Seagh, sur le Naos[/center]
Sur les 2,8 milliards de fonds en gestion propre accordés à la Provincia d'Illitia, une somme identique pour les quatre Province, le Président illythe Giobbe Marzalla a pris la décision d'en orienter directement 1,7, soient plus de 60%, vers le Patrimoine "et les activités annexes". Faire de l'Illythie une destination touristique majeure : voilà un projet somme toute assez banal et qui siérait bien à n'importe-quel gouvernement en quête de gloriole nationale et de vitrine économique - l'Illythie de Marzalla n'y échappe pas, mais le Président physiocrate et loyaliste a une autre idée en tête. Dans un contexte de [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=351575#p351575]sérieuses turbulences institutionnelles[/url], l'homme fort du "plus vieux pays du monde", l'Illythie, entend obtenir davantage de moyens de la part du gouvernement général, comprendre davantage d'autonomie budgétaire pour mener à bien les politiques jugées bonnes par Atomia.
Accorder plus de la moitié des dotations provinciales au seul secteur patrimonial revient à faire comprendre que ces dotations ne sont pas assez importantes en général, toutes attributions confondues. Dans une Province qui pèse lourdement sur le budget général de la Ligue, de par sa structure démographique et le manque de qualification d'une majorité de ses citoyens, mais aussi sur l'image du pays avec une très forte population d'apatrides, le choix d'octroyer de l'argent à des vieilles pierres n'est pas forcément des plus évidents, aussi bien pour une majorité d'Illythes (plutôt défavorisés) qui estiment que c'est une perte d'argent (certains vivant déjà assez mal qu'on leur ait interdit d'utiliser certains monuments comme carrière, ou pire, qu'on soit allé chercher dans leurs murs des morceaux d'anciens sites), que pour un nombre non négligeable de responsables lébiriens céruléens qui jugent que les investissements en formation, universitaire et industrielle, seraient plus appropriés.
Mais au-delà de sa stratégie de l'instant, l'administration Marzalla croit véritablement dans le bien-fondé de sa politique. Longtemps la monarchie absolue a concentré ses efforts conservatoires sur quelques bâtiments emblématiques, notamment le patrimoine chrétien, médiéval, au détriment du nombre "pharaonique" de sites antiques - le patrimoine utile à la monarchie a été privilégié, et beaucoup de sites ont continué à se dégrader. Restaurer le patrimoine antique de l'Illythie est un moyen direct de recréer de l'emploi dans le bâtiment, de former les chercheurs, archéologues, artistes plastiques qui manquent terriblement à la Province (ses plus grands spécialistes ayant souvent été débauchés par les collectivités locales d'Alilée ou de Nazalie...), de créer un maillage territorial de la culture et du patrimoine, de médiateurs et de d'emplois tertiaires - moderniser l'économie illythe, faire le pari du tertiaire pour éviter le prévisible déclin industriel par les délocalisations, devant la hausse très rapide du salaire moyen illythe.
Posté : mar. juin 04, 2019 8:02 pm
par Arios
12 avril 2039
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Tourisme : les "Lébiriens" boudent l'Arovaquie
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Rue vide de Dabaro, samedi après-midi...[/center]
On croise évidemment toujours ces couples de retraités originaires de Nazalie ou d'Alilée, venus s'offrir quelques jours de passage dans une des romantiques petites villes côtières de la côte zémélienne, ou dans un hôtel de Bragopola, de Granique ou de Foresta Velicca... mais ils sont bien moins nombreux qu'avant, et le tourisme familial ou estudiantin tend à diminuer drastiquement. Le nombre de visiteurs en Arovaquie a baissé de 40% sur la période 2037-2038, tandis que les chiffres du premier semestre 2039 s'annoncent catastrophiques. Devant les interminables pérégrinations institutionnelles qui commencent, les débats incessants entre Cartagina, Dovernico, et les différentes strates de l'Administration, la grande peur qui s'est emparée du secteur industriel et des chaines d'information en continue, les échos du mouvement de la Licca sur les ondes et dans la société civile, de nombreux "Lébiriens" préfèrent relocaliser leurs vacances, ou s'orienter vers l'Illythie, ou l'étranger.
Bien sûr, il y a eu aussi l'effet "Valdaquie", les gesticulations militaires, diplomatiques et médiatiques de l'État militariste des confins dytoliens, contre tout ce qui s'apparente à la Ligue de Lébira, a refroidi certains habitués du voyage, prenant un peu trop au sérieux la haine institutionnalisée des Valdaques pour Cartagina. Mais le problème est probablement plus lébiro-lébirien : de nombreux vacanciers ont décidément du mal à envisager d'aller dépenser leurs sous dans une Province qui fait, vu de l'extérieur, cause du siècle le fait d'abandonner le navire, par lassitude de croire payer pour les autres. En comparaison des Arovaques qui possèdent des actifs dans le reste de la Ligue, les autres Céruléens et les Illythes sont rares à avoir des biens et des capitaux divers en Arovaquie : un manque de liens qui favorise une prise de distance. L'Arovaquie veut sortir ? Pour de nombreux Lébiriens, c'est déjà fait.
Mais l'économie est cyclique et le manque de clients laisse entrevoir déjà une déflation générale des prix liés aux séjours dans la Province qui reste la plus riche de la Ligue. Les hôtels, tours opérateurs, sites tourisme, plaisirs et vacances, multiplient les offres et les campagnes d'information promotionnelles pour l'Été 2039, qui commencera dans deux mois, se promettant d'allécher les ménages moyens, notamment la classe moyenne illythe naissante, en abattant les prix et réinventant leurs formules. Mais les patrons du secteur et les commerçants restent pessimistes : l'Arovaquie n'en est qu'au début du chemin pour accéder à cette autonomie apparemment plébiscitée par les urnes, et l'on en ignore encore tous les effets à moyen et long terme.
Posté : ven. juin 14, 2019 7:26 pm
par Arios
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12/05/2039[/center]
Après le FCE, l'IFTA... les blocs douaniers régionaux se constituent, le libre-échange en danger
On ne peut pas dédouaner Cartagina d'avoir en quelques sortes lancé la mode du marché douanier, une tendance dangereuse dès le début tant l'effort diplomatique de l'UDO n'a pas été suffisant pour faire grandir, comme cela aurait dû le projet, rapidement les frontières du marché commun... au point de paraitre aux yeux des économies périphériques comme une forme, assez violente, de protectionnisme au service des deux principales puissances économiques mondiales d'alors : Commonwealth, Ligue de Montalvo.
Sur les ruines d'une UDO fracturée de l'intérieur, la Dytolie a rappelé à elle ses enfants lorthoniens, au sein d'une CND lancée en grande pompe, pour être la nouvelle sublimation du continent, une nouvelle œuvre de civilisation par laquelle la vieille Dytolie renouerait avec son histoire, se replacerait au centre du jeu - quitte à s'appuyer, militairement surtout, sur quelques pays des marges du continent, pas vraiment dytoliens, pas vraiment démocratiques, pas du tout pacifiés, ou même encore raisonnables. La guerre douanière était lancée contre celle qui l'avait initiée : Cartagina. Le continent blanc était vengé, sauvé, face aux ploutocrates algarbo-céruléens, et leurs grandes familles crypto-tötternes.
Il restait à un autre humilié de circonstances, intéressé à la victimisation, à se lever contre le néo-colonialisme impérialiste du libre-échange. L'Islam, abaissé par les invocations de ses apparents dévots lors de la Guerre d'Aminavie, nouvel objet politique, fin en soi officielle de la mobilisation économique et diplomatique d'États entiers, justificatif eschatologique pour des intérêts bien nationaux, et bien terre-à-terre, arme ses bataillons de douaniers. La forteresse islamique, qui recherche encore ses bastions en Algarbe -continent central dans son Histoire-, réunit en réalité quelques pays (deux, jusque-là) s'inspirant du populisme douanier dytolien pour constituer à leur tour un bloc prétendument auto-suffisant.
Mais ni la Santogne et l'Ennis, ni le Kars et le Karmalistan n'ont les ressources cumulées pour prétendre survivre longtemps sans apport extérieur. C'est pourquoi, avec une minutie spectaculaire dans le cas du FCE dytolien, la grille tarifaire s'adapte précisément aux ressources intérieures et aux évolutions économiques propres. Lorsque le Lagac'hann s'étiole, la CND crie au manque de beurre, et abaisse soudainement ses droits de douanes sur les produits laitiers afin de faciliter les importations... "
Cette diplomatie douanière à la carte n'est pas réaliste dans un monde qui se fragmente en blocs douaniers, hostiles de fait les uns envers les autres..." rappelle le Ministre de la Coordination économique lui-même, Sergio Guerbo, s'invitant lui-même au point presse journalier du porte-parole du gouvernement.
- "Nous attendons des clarifications honnêtes de la part du Royaume de Kars suite à son entrée dans l'IFTA, alors que la Ligue de Lébira s'était empressée dernièrement de répondre favorablement à ses demandes d'importations de métaux rares - en lui précisant que la Ligue était un pays libéral, et comme pays libéral n'imposait aucun droit de sortie sur les marchandises extraites ou produites chez elle. [...] Je rappelle que la question d'imposer aux pays membres du FCE des droits de douanes égaux à ceux qu'ils imposent à nos marchandises est toujours sur la table, et qu'une décision similaire pourra s'imposer si, comme on peut le craindre, la grille tarifaire de l'IFTA prétend s'imposer également aux marchandises lébiriennes." a précisé quant à lui le porte-parole du gouvernement.
Sortie de l'UDO, la Ligue de Lébira est toujours théoriquement tenue par le Traité de Lébira... avec le Commonwealth, et les membres de l'Union Pan-Océanique, réduite aujourd'hui à peau de chagrin. Le duopole Lanfair-Cartagina, loin d'être une union passionnelle, était jusque-là un atout commercial permettant aux deux pays d'envergure de cette ère d'après-crise, de compléter leurs disponibilités et leurs productions, sans se soucier autrement du reste du monde que comme un marché à inonder au gré des aumônes. Devant la multipolarisation de la scène mondiale, en fait surtout céruléenne, cette position n'est plus guère tenable. Les pays autrefois marginaux, sortes de gremlins coopératifs réunis en essaims, gagnent en puissance et entendent baser leur prospérité en autonomie par rapport aux grandes économies traditionnelles du Vieux-Monde.
Mais ces initiatives répétées, jumelles et grandiloquentes ne sont-elles pas trop violentes, trop prétentieuses, et trop peu diplomates ?
Posté : dim. juin 16, 2019 9:14 pm
par Arios
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18/05/2039[/center]
Arovaquie : le Sénat rejette le [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=351922#p351922]Plan d'autonomisation[/url]
Le Sénat arovaque a finalement rejeté le plan d'autonomisation âprement négocié, au début de l'année, entre Cartagina et la Province d'Arovaquie. Les Sénateurs indépendantistes d'Avanti Arovachia ont pris parti pour le chef du parti, Andrea Rascovicio, opposé radicalement au plan "Vesperto", contre la Présidente Lena Lazarevicio, elle-même indépendantiste et issue d'AA, qui avait pris la décision de soutenir le plan et d'y travailler afin "d'avancer sur la voie de l'indépendance tant attendue". Son pragmatisme a été mal reçu par ses troupes militantes, hésitantes et finalement ralliées à son ancien mentor, pour mieux rejeter le "plan de Cartagina". L'Arovaquie, et peut-être la Ligue de Lébira, s’enfoncent dans une nouvelle crise politique. Les rangs chrétien-sociaux et les écologistes se sont massivement prononcés contre le plan, le centre-gauche N&L l'a voté, avec les autonomistes.
Alilée : le torchon brûle entre le Président sortant et le leader-candidat de la Lega Impeccabile
Giorgio Funghi et son parti de droite dure est-il le meilleur rempart contre les nationalistes de Iannacacchi ? C'est ainsi qu'il se présente, tout en minimisant à raison l'impact médiatique des actions de Nisimas, le mouvement xénophobe très occupé à mobiliser ses militants au cours d'opérations de contrôles de papiers sauvages, ou de distribution alimentaire aux seuls SDFs aliléens... pour mieux faire oublier son score décevant (9 sièges sur 60) aux Sénatoriales de Février.
Le candidat de la "Ligue Irréprochable", soutien du Président conservateur Alessandro Delando depuis le début de son mandat, a fait prendre à son parti un tournant dur contre l'immigration, pour les échéances électorales de 2039. Le renvoi de "tous les Affranchis", le doublement des effectifs de la BNSL, la hausse générale de l'échelle des peines et notamment pour les délits fiscaux, Monsieur Funghi promet un retour de bâton sévère à tous les fraudeurs... et étonnamment, séduit beaucoup dans les campagnes, notamment chez les citoyens qui eux-mêmes fraudent mais "pour survivre, pas pour s'enrichir".
Le tournant sécuritaire et autoritaire de LI a dû s'appuyer sur l'évidente critique du bilan migratoire d'Alessandro Delando. Le candidat de LI a finalement lâché, il y a trois jours, dans un discours à Calafiore, "qu'en 5 ans l'Alilée est passée de Province montalvéenne à Province à moitié amarantine" - ciblant directement un Président sortant accablé par le manque d'efficacité en communication de ses équipes, autant que par des sondages dans lesquels sa chute s'accélère, lui promettant maintenant la quatrième ou cinquième position au premier tour.
Posté : ven. juin 21, 2019 6:12 am
par Arios
[center][img]https://nsa39.casimages.com/img/2018/06/09/180609042339595347.png[/img]
60ct ---------- 2/06/2039[/center]
Hohengraf : la République satellitaire santognaise impose le silence à Cartagina
[center][img]http://www.topontiki.gr/sites/default/files/styles/ogimage_thumb/public/article/2015-06/kotzias_0.jpg?itok=80b85eKa[/img]
Le Ministre de la Défense, Silvio Ipsilanti, après sa fade conférence de presse[/center]
Le gouvernement s'est arraché les cheveux, après l'annonce de l'ouverture des hostilités entre le Gänsernberg et la Santogne, autour de l'Hohengraf sous protectorat germanique. Si les combats n'ont pas officiellement commencé, on compte bien déjà un certain nombre de disparus, de soldats tombés au cours de ces obscures escarmouches, menées dans un premier temps sous le coup de l'anonymat. Alors que le Gänsernberg avait été conforté par un référendum, dont aucun élément d'irrégularité n'est remonté, et préparait un échéancier électoral libre en Hohengraf, la Santogne s'est empressé d'utiliser la situation des forts incendies agitant le pays pour opportunément imposer ses troupes paramilitaires, comme s'il était normal que les pompiers interviennent dans un pays étranger, aidés par des militaires, et sans consulter les autorités adéquates.
La République de Santogne et son gouvernement populiste, malgré tout visage le plus respectable de la jeune CND qui lui doit tant, joue aux petits soldats en plein cœur du continent dytolien, sans se soucier apparemment des conséquences de ses actes, et en s'appuyant sur les soutiens automatiques de jeunes pays dytoliens en quête de reconnaissance internationale. La Ligue de Lébira avait, à plusieurs reprises, exprimé son soutien et ses félicitations au Gänsernberg, seul pays à avoir réagi aux massacres organisés par la junte en Hohengraf, pendant que la Santogne préférait comme tous placer l'unité de leur continent, et le projet CND, au-dessus des bisbilles internes à des pays susceptibles de rejoindre la croisade institutionnelle du grand continent blanc, marginalisé depuis trop de décennies par les thalassocraties "mondiales" de ses périphéries (Commonwealth, Lébira, Caskar, etc...).
Cartagina devrait, selon toute logique, apporter à nouveau son soutien à un Gänsernberg agressé sur les territoires dont il a la charge, et où il lui a coûté d'intervenir au profit des droits humains les plus élémentaires. Elle devrait également dépêcher des troupes au Gänsernberg, et en Hohengraf, pour accompagner les efforts civils du pays germanique, mais également assurer l'unité et la souveraineté du protectorat. En frôlant la reductio ad imperium, on pourrait dire que l'impérialisme de la CND n'en est qu'à ses débuts et qu'il serait bon de s'opposer au plus tôt à lui, avant que les succès subtils de la Santogne ne nourrissent le goitre d'orgueil du pigeon valdaque.
Mais voilà, la Santogne a beau ne pas être une puissance minière d'envergure, ne pas avoir consacré 15% de son PIB durant quinze ans à sa Défense, préférer le dialogue social aux manifestations folkloriques, elle dispose d'un atout de poids : la domination mondiale de la construction satellitaire. Cartagina attend une trentaine de satellites de dernière génération, auprès de la firme Orbis, grande concurrente de Fulmizio, désormais largement devant. Devant l'importance géostratégique, économique et militaire de ces gros jouets, le gouvernement de la Ligue de Lébira ne peut pas s'immiscer dans le conflit provoqué par Forcastel, préparé par Forcastel, et qui sert incontestablement davantage Forcastel que les intérêts des Hohengrafois.
Posté : ven. juin 21, 2019 7:25 am
par Arios
[right]2 juin 2039
Stampato a Atomia[/right]
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L'Illythie et la Ligue face à la grave crise des réfugiés de Haute-Illythie
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Tente de Haut-Illythes autour du camp improvisé d'Acchebat[/center]
Pendant très longtemps, Acchebat s'est essentiellement nourrie de l'immigration algarbienne noire, notamment makengaise, porte d'entrée fluviale du Royaume puis de la Province lébirienne d'Illythie. Les réfugiés "épibates" d'aujourd'hui sont des Haut-Illythes, qui fuient la perte d'autonomie de leur région au sein de l'Empire d'Épibatie, dont les forces armées ont ré-assumé un contrôle total et contraignant du territoire qui connaissait un fort envol économique, notamment autour de l'exploitation du bois et de la savane. Si de nombreuses familles de Haut-Illythes quelque peu fortunés ont directement choisi Atomia pour se réfugier, un endroit par ailleurs plus sûr quand beaucoup d'entre eux ont mouillé dans la tentative de résistance armée à l'Armée épibate, les plus pauvres fuyant pour des raisons économiques (l'industrie haut-illythe est ravagée par le conflit) se retrouvent à Acchebat.
La prise en charge par les autorités lébiriennes, de facto bien souvent illythes, se fait au travers d'associations humanitaires, parfois spécialement destinées à la problématique haut-illythe, mais également des Carabiniers. Le ressort ethnique joue beaucoup dans une différence de traitement évidente, et ce dans un contexte où les administrations Rescieppi, puis Marzalla, ont acté une politique de reconduite forte à la frontière des clandestins originaires du sud de l'Algarbe. Les Haut-Illythes ne sont pas reconduits, les Carabiniers eux-mêmes organisant, dans un certain flou cadastral et juridique propre aux régions du sud, la mise en place de camps regroupés pour ces réfugiés, ou l'organisation de collectes de fonds dans les commissariats ou institutions du reste du pays. Mais la réponse politique se fait attendre, pour la gestion du flux d'une part, et pour la question diplomatique ensuite.
Selon les estimations, la population haut-illythe pourrait représenter, au sein de l'Empire d'Épibatie et ses quelques 19 millions d'habitants, entre 1,5 et 3 millions de personnes. L'animosité de l'Armée épibate, plus que de l'État lui-même peut-être, envers les Haut-Illythes, justifiée parfois par une arrogance certaine de ses élites marchandes avant le déclenchement du conflit - la proclamation ubuesque d'indépendance sur internet n'a pas arrangé les choses -, ne joue pas en faveur d'un retour au calme. La situation météorologique le long du Naos ruine également la perspective d'une reprise de l'économie en 2039, alors que le fleuve inonde d'ores et déjà de nombreuses petites villes le long de son cours, et une bonne partie de la surface agricole utile du territoire.
L'afflux de réfugiés haut-illythe, d'ici 2040, dans la Ligue de Lébira pourrait donc représenter entre 200 000 et 1,2 millions de personnes, selon la fourchette d'estimations définie par les démographes s'étant penché sur le sujet. Les conséquences sociales et politiques sur l'Illythie, mais aussi sur la Ligue de Lébira dans son ensemble, pourraient être énormes - la Ligue est peu peuplée, les tensions xénophobes sont déjà fortes chez les Céruléens, et l'Illythie connait une envolée économique qu'elle ne voudrait pas voir ternir par l'arrivée massive d'étrangers... ou même de frères qui seraient trop pauvres.
Posté : mar. juil. 02, 2019 9:14 am
par Arios
[center][img]https://nsa39.casimages.com/img/2018/06/09/180609042339595347.png[/img]
60ct ---------- 2/07/2039[/center]
De la crise politique à la crise économique
Un mois et demi après le camouflet imposé par le Sénat arovaque au Président Vesperto, déja en sursis depuis décembre 2038, les discussions sur l'avenir de la Province sont au point mort. Éviter les déclarations et les initiatives afin de ne pas nuire davantage à une activité provinciale qui peine à reprendre sa respiration. Aux incertitudes gigantesques sur l'avenir institutionnel, s'ajoutent les durcissements douaniers aux frontières de la Dytolie, et de la Marquésie : un protectionnisme triomphant chez les pays les plus développés de la périphérie céruléenne, aux effets particulièrement corrosifs pour l'industrie lébirienne.
Essoufflée par les gémissements institutionnels de sa démocratie finissante, la Ligue de Lébira a comme tourné la page de l'ouverture, s'enfonçant plus que de raison dans son escargotisme diplomatique, ne parvenant pas à sortir ses mains de sa poche avant que les bras tendus et offerts en face n'aient passé leur chemin. La Ligue a conservé une organisation des années 1950, quand les régimes centralisés et plus directs se sont parfaitement adapté aux nouvelles donnes des technologies de l'information.
On sait que Luciano Vesperto va partir, suite au refus de son plan par l'Arovaquie. On sait que Lena Lazarevicio, désavouée par son parti, hésite entre l'abandon de poste et le durcissement de ligne, quitte à franchir les limites de l'illégalité pour sortir par force l'Arovaquie des institutions lébiriennes. On ne sait pas qui sortira vainqueur des présidentielles en Alilée. Mais les soubresauts politiques internes au pays sont autant méprisés ici et à l'étranger qu'ils sont secondaires par rapport au gouvernement des faits économiques : or les faits sont là, la BdM et d'autres institutions financières prévoient une récession en Arovaquie en 2039, les carnets de commande se vident un peu partout, plusieurs petits établissements bancaires tirent la sonette d'alarme sur les difficultés d'un nombre croissant d'entreprises à respecter leurs échéanciers de remboursement...
Les patrons s'invitent au Palazzo de Cartagina en ce début de semaine pour avertir l'exécutif, et exiger une réponse nette : ou la réplique douanière brutale pour défendre les parts de marché qui voleraient au secour de la production, ou bien un revirement extrêmement rapide de la position lébirienne avec une entrée précipitée dans la CND. Avec un retard diplomatique de 10 ans, par peur du ridicule de ces États qui ne savent faire qu'échanger des étudiants, promettre de ne pas s'ingérer, jouer aux cartes pokémons de la technologie, la Ligue n'a pas le temps de négocier un à un des accords douaniers et doit s'agglomérer à un espace douanier pour continuer de vendre, et de faire tourner la première productivité mondiale...
Posté : mer. juil. 03, 2019 9:03 pm
par Arios
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60ct ---------- 8/07/2039[/center]
Vers un Sénat unique : Luciano Vesperto annonce un référendum le 1er octobre
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À la télévision, le Président du Conseil a décrit son ultime proposition pour "sauver la Ligue"[/center]
Le Président du Conseil a annoncé un nouveau référendum général, sept mois après l'échec de celui portant sur l'autonomisation budgétaire des Provinces. Celui-là, annoncé pour octobre, portera sur la création d'un Sénat unique, réunissant les Sénats provinciaux dans une seule instance législative aux pouvoirs renforcés.
Un seul Sénat pour les gouverner tous ? Luciano Vesperto entend "
régénérer la démocratie", en portant cette réforme, véritable "serpent de mer" de la politique montalvéenne durant plusieurs décennies. Selon le Président, les Sénats provinciaux sont "
confinés dans une posture d'opposition éternelle, se bloquant mutuellement, rendant très difficile la moindre évolution alors que le monde s'accélère". Il a rappelé que depuis 2025 et le début de la crise économique, ce sont 8 700 propositions qui ont été étudiées par les Sénats provinciaux, pour seulement 120 adoptions - la validation par les trois, puis les quatre Sénats provinciaux étant nécessaire pour faire adopter une loi.
Luciano Vesperto a pointé du doigt la "
malhonnêteté" d'un système qu'il a lui-même décrit comme "
inspiré par le contexte de souveraineté limitée de l'après-guerre", car dominé par un exécutif qui "
au cours de l'Histoire et du renforcement d'une société montalvéenne libérée de ses punitions, a dû laissé à raison une marge plus grande à la représentation parlementaire, pour une démocratie toujours contenue par le cadre restrictif d'institutions périmées". Selon le Président du Conseil, lui-même nommé par les Présidents de Province, la crise démocratique rencontrée par la Ligue de Lébira est imputable en grande partie au déficit de représentation efficace. "
Réunir les représentations provinciales au sein d'une chambre majeure, c'est permettre à ces représentations de se penser et d'agir en acteurs fraternels au service de la réussite commune, et à sortir du rôle d'instrument de blocage des initiatives d'autres territoires".
La Ligue de Lébira acceptera-t'elle une telle transformation ? Les Sénats provinciaux, probablement pas. C'est pourquoi le Président du Conseil tente cet ultime coup de poker, en passant par la voie du référendum, car il a par-là de grandes chances de l'emporter, dans un contexte de lassitude généralisée des citoyens pour une vie politique qu'ils suivent depuis trop longtemps sans pouvoir lui reconnaitre des fruits... En cas de victoire au référendum, la Constitution pourra être amendée et les Sénats, probablement après de nouvelles élections, seront réunis à la demande de la population.
Le Président soumettra ces points à la question du référendum :
- Réunion des représentations sénatoriales provinciales au sein d'un Sénat unique, pas forcément situé à Cartagina
- Nécessité pour l'adoption d'une loi au Sénat lébirien, d'un seuil minimal de 40% de soutiens au sein des contingents provinciaux
- Possibilité de poursuite du siège provincial de chaque représentation, un "Sénat provincial" n'ayant plus de pouvoir autre que celui du débat
- Octroi d'un droit de véto à chaque Président de Province, contre l'adoption d'une proposition au Sénat unique
Posté : jeu. juil. 04, 2019 8:58 am
par Arios
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VIDÉO CHOC : Stefano Iannacacchi filmé en Amarantie dans un possible établissement de prostitution enfantine
"Les dents de lait" - tout un programme. Situé à la frontière avec l'Alilée, l'établissement est une maison close pour mineurs, largement médiatisée et connue en Amarantie, et dont le gérant à plusieurs reprises déclarait à la presse recevoir des personnalités connues - mais le monde politique lébirien a toujours négligé le timide débat sur ce qui n'étaient interpreté que comme des racontards malveillants.
Dans une vidéo de 1min40, publiée cette nuit sur un site d'hébergement libre ouralo-livien, on reconnait le leader nationaliste de Nisimas, candidat par ailleurs à la présidentielle de septembre en Alilée et crédité jusque-là de 10 à 15%, donc à portée d'un second tour. Un film court, clandestin, dans lequel Iannacacchi est attablé avec d'autres hommes autour d'un apéritif. On le voit discuter, et s'essuyer la bouche avec une serviette marquée du nom de l'établissement en amarantin. En arrière plan, le décor semble bien celui du Les dents de lait... Mais ce sont les dialogues qui fragilisent la thèse de la mise en scène.
Un homme lui demande s'il est un habitué. Il approuve de la tête, avant de rajouter "C'est un bol d'air ici. On se vide la tête. Plus de nanas, plus de coups de fil, plus d'emmerdes". Apparemment les hommes ont sympathisé depuis une heure, l'alcool a déja coulé. "J'ai mon type", "j'aime les Algarbiens, parmi eux il y a des pépites", "j'aime quand ça pue", "j'aime quand ça sort du plus profond de l'homme, tu vois ?".
Pour le parti, la réaction ne s'est pas faite attendre. Nisimas assure qu'il s'agit d'une mise en scène, insistant sur l'absence de choses compromettantes dans la vidéo. Stefano Iannacacchi assure que le film a été pris dans un dancing classique, et qu'il en fournira les preuves aux Carabiniers, devant l'ouverture d'une enquête pour complicité de trafic d'enfants.