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Posté : mer. avr. 03, 2019 6:52 am
par Arios
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Bisbilles présidentielles autour de la poursuite du Conseil

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Le Président aliléen, au centre, entend replacer la Province au centre du jeu politique[/center]

Il était fier ce jour-là d'avoir obtenu, auprès des branches locales de Ticcachi du Groupement des Pêcheurs lébiriens et du Mouvement de Défense des Ouvriers, un accord de principe sur la politique du gouvernement provincial et l'arrêt des jours de grève intempestifs qui rythment à l'habitude la vie économique de la ville, comme celle de nombreuses autres. Alessandro Delando a été un Président élu contre l'excentrique Baronne de Sutzopolis qui en 2034, alors que le dynamisme inter-frontalier était encore au plus haut, promettait de durcir les contrôles à la frontière amarantine. En cinq ans de règne, ce conservateur pro-famille affiché, d'origine amarantine lui-même, a beaucoup misé sur la politique du "retour" des Aliléens par des primes à l'immigration, et une politique d'allocations familiales fondée sur les dotations provinciales accordées par Cartagina. Promeneur de ville en ville, préférant rencontrer les citoyens dans leur quotidien qu'organiser de grandes interviews sur la politique de la Ligue, il s'est comporté en "fonctionnaire honnête" et jusque-là fidèle à la Présidence du Conseil, qu'elle soit celle de Boterlo, de Mazzola ou de Vesperto. C'est, malgré un bilan mitigé mais fort d'un enrayement de la récession aliléenne, le secret d'une popularité qui résiste malgré tout (c'est à dire essentiellement malgré les libertaires et les nationalistes).

Ce jeudi, il reçoit à sa demande le nouveau président nazalien, Lino di Melaccis, libéral entreprenant qui entendait s'appuyer sur Miliameni pour séduire Dovernico et Atomia et nommer un successeur à Luciano Vesperto, un homme capable d'aller fracasser les a priori douaniers du FCE dytolien. Mais le scandale morbide touchant le sommet de l'administration illythe a décidé autrement de l'agenda politique lébirien, et un changement à la tête du Conseil devra attendre fin décembre. C'est en anticipant le risque de l'émergence d'un exécutif illythe hostile à une reprise du commerce avec la Dytolie "valdaquienne", et potentiellement protectionniste et trop pro-algarbien, que le Nazalien a jugé bon de proposer à son homologue aliléen de le recevoir, se justifiant en ces termes :

  • "Je reste à Miliameni pour poursuivre les nécessaires discussions du Conseil avec mon homologue et ami Alessandro Delando. La Nazalie et l'Alilée sont déterminées à rester au cœur du jeu économique céruléen et dytolien. Nous devons relancer la Ligue !"" écrivait Lino di Melaccis sur son compte Zibibbo, à deux heures du matin le soir du Conseil suspendu entre les quatre présidences.


Dans son avion du retour vers Suresisca, la Présidente arovaque fustigeait auprès de la presse locale varate une "manœuvre cartaginienne" dans le fait de "prolonger un Conseil de manière illégale sous couvert de rencontre amicale". Elle a bien saisi qu'il s'agissait de la "mettre à l'écart", de "mettre la pression sur le peuple arovaque pour lui montrer qu'on est prêt à faire sans lui demander son avis". Si du côté Di Melaccis, on peut admettre que la rencontre bipartite avec l'Aliléen est avant tout un signal politique sur la forme plus qu'un labourage de fond des perspectives (Alilée et Nazalie ensemble ne forment plus que 40% du PIB lébirien, soient 4% de moins que l'Arovaquie à elle seule), on ne sait dire si les déclarations acides de la Présidence indépendantiste relèvent de la grogne personnelle, ou d'un contre-signal envoyé à son nouvel homologue pour lui faire comprendre que c'est Dovernico, plutôt que Miliameni, qui détient la solution à la crise institutionnelle dans laquelle s'enfonce, mandat après mandat, la Ligue de Lébira.

Posté : mer. avr. 03, 2019 3:58 pm
par Arios
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9 octobre 2038[/center]
[center]"On en marre de payer pour tout le monde"
La jeunesse dorée lébirienne rejette massivement l'assistanat d'État en vigueur
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En sortie au Dahar, de jeunes influenceurs et héritiers industriels lébiriens[/center]

Savez-vous que la population de la Ligue de Lébira ne compte que 27% d'actifs ? dont un tiers sont des étrangers ? qu'il y a dans la Ligue 5,3 millions d'inactifs en âge de travailler, contre 5 millions d'actifs ? que les retraités ont passé la barre des 4 millions de personnes, à qui l'État a encore versé en 2037 plus de 11 milliards, soient près de 20% de la dépense publique. Savez-vous encore qu'en 2038, on dépassera la barre des 1 million de chômeurs ? et de 2 millions d'apatrides qui n'ont pas le droit de travailler ?

En mettant ces chiffres bout à bout, c'est un paysage étrange du monde du travail lébirien qui se dessine. Un paysage qui raconte l'histoire d'une population dont un petit tiers travaille, en comptant l'économie souterraine, indispensable dans de nombreux territoires. Avec l'entrée de l'Illythie dans la Ligue, le corps des fonctionnaires a considérablement augmenté, les dépenses d'infrastructures ont explosé, mais très peu d'imposables sont entrés dans le jeu - au contraire, il a fallu débourser davantage pour une jeunesse abondante, des femmes au foyer sans perspective professionnelle se comptant par centaines de milliers, des agriculteurs et pêcheurs avides de toucher l'aide sectorielle sans forcément chercher à la réinvestir, et des retraités n'ayant pas cotisé qu'il convient de pensionner pour éviter les discriminations.

Il faut du courage pour dénoncer une politique "sociale" qui a enflé encore sous l'ère Vesperto. En 2037, l'intégralité des salaires des fonctionnaires a été revalorisée, le nombre de bourse accordées a augmenté d'un tiers dans certains secteurs, et leur montant a été grandement revalorisé, notamment afin de combattre les effets d'érosion du pouvoir d'achat sous le coup d'une inflation qui reste latente. Selon les études récentes du Creno Instituto, s'il y a un corps social qui rejette massivement cette politique, c'est bien celui des jeunes actifs et enfants d'actifs atteignant l'âge adulte. Beaucoup, influents sur les réseaux sociaux Zibibbo et autres, ont même soutenu cette semaine une campagne sous le code #BastaOneri, "Stop les charges", dénonçant la pression fiscale qui s'abat sur les gens qui travaillent... au profit de ceux qui ne font rien. La campagne, montée notamment avec l'aide des cyber-réseaux xénophobes, s'est articulée dans ses visuels beaucoup contre l'Illythie et le "gouffre à fric" qu'elle représenterait.

Le PIB/habitant actif dans la Ligue de Lébira se monte à 46 800 $. Sans compter le million sept d'étrangers qui travaillent, le chiffre (très théorique) se monte à 71 416 $, soit ce que produit un Valdaque en cinquante ans. Bien sûr le travail des étrangers est primordial dans l'opération, et on aurait tord de prendre ces statistiques pour argent comptant quand on connait l'existence de l'économie parallèle et son poids en bien des endroits, et dans bien des strates de la société.

Mais un malaise grandit à raison dans la Ligue concernant une répartition du travail considérée comme mauvaise, et qu'on peine à n'imputer qu'à l'inefficacité grandissante d'un pan toujours plus large de la population pour une production économique qui monte en gamme et en appétit de compétences. L'indépendantisme arovaque est né là-dessus, contre l'assistanat, bien loin du débat racial. Dans un autre registre, la victoire de Di Melaccis sur Zebbo en Nazalie reflète aussi ce désir des classes supérieures de ne pas poursuivre leur déclassement au profit d'une population sous-qualifiée toujours plus nombreuse. Il en va de l'avenir de ces grands enfants qui doutent.

Posté : jeu. avr. 04, 2019 7:25 pm
par Arios
[right]12 octobre 2038
Stampato a Atomia[/right]

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Grève des arroseurs : « C’est inadmissible, on nous prend en otages ! »

Le monde des jardiniers et petits maraîchers est en plein émoi. Depuis quatre jours maintenant, alors que la sécheresse qui a accompagné les températures froides des derniers mois en Algarbe centrale s’abat sur l’Illythie en ce début d’automne, les arroseurs du secteur du Haut-Delta se sont mis en grève pour protester contre le recours de plus en plus massif aux tuyaux d’arrosage, robinets et enclencheurs plastiques automatiques – une évolution technologique qui selon eux nuit gravement à leur profession et pousse des centaines de jeunes vers le chômage et l’oisiveté.

Angè a aux alentours de 35 ans. Cela fait vingt ans qu’il est dans le métier. Les journées sont longues, les réveils parfois difficiles, il ne compte pas ses heures et ne relève pas les douleurs qui lui lacèrent le dos. « Je n’aurai jamais l’argent pour me refaire la colonne vertébrale, mais tant pis, je travaille. » exprime-t’il dignement. Avec ses camarades il s’est mis en grève – voilà quatre jours qu’il n’arrose plus les jardins des propriétaires, qu’il n’ouvre plus les petites écluses faites de pierres longues, qu’il ne porte plus les seaux et ne va plus les remplir aux canaux. C’est le sourire au lèvres, mais la honte du travail mal fait au ventre, qu’il nous dit assumer ses actes bien que cela lui « déchire le cœur » de voir les plants de salade, de tomates, les champs de mil et de pommes de terre dépérir. « Je le fais pour nos enfants, pour qu’un jour ils puissent être arroseurs. Dans notre profession, nous aimons le travail bien fait, et il n’y a qu’un humain pour bien le faire. »

Du côté des propriétaires, les plus heurtés par ce mouvement social sont évidemment ceux qui n’ont pas de canal à proximité, qui dépendent d’un réseau d’éclusettes pour alimenter leurs parcelles en eau, qui n’ont encore ni conduite, ni tuyau d’arrosage, et pas le temps de s’occuper de toutes leurs parcelles en même temps, surtout après un épisode climatique de sécheresse comme celui de cet été. « D’habitude, j’ai 14 hommes qui travaillent sur mon domaine. On est à trois kilomètres du canal et cela coûterait trop cher de faire venir l’eau. Depuis trois jours, plus qu’un seul bonhomme répond présent. Tout est déjà en manque d’eau… je vais vers la catastrophe. C’est inadmissible, on nous prend en otages !  » désespère Iano, maraîcher, un habitué de l’alimentation de Metmasci en gros, qu’il fournit avec deux voyages par semaines la plupart de l’année. Les larmes aux yeux, il se confie : « Je ne veux plus revivre ça. Ils sont bêtes, car ici on leur fait confiance, on fait attention à préserver un maximum d’emplois, et avec leurs actions ils se décrédibilisent… moi-même, je ne veux pas revivre ça, je vais prendre une décision et investir dans une conduite d’eau souterraine afin de faciliter le travail de mes ouvriers ; j’en aurais moins, mais ils travailleront mieux, je peux vous le garantir.  Et s’il faut acheter des arroseurs automatiques, et même m’endetter pour cela, je le ferai ! »

Posté : mar. avr. 09, 2019 4:31 pm
par Arios
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Internazional, conflitti, economia... Storia di oggi d'un mondo in subbuglio... IL GIORNALE CHE PARLA PER TUTTI - Stampato a Miliameni, Alileia - 27/10/2038
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KARS : la nouvelle perle de l'Orient est dangereusement insaisissable

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Le ministre des affaires étrangères, M. Abdallah Al-Nahyan, le 17 août dernier à Ammar.[/center]

Finis les casinos dans les lieux-saints, les costards à l'occidentale et les attitudes trop laïques. La nouvelle perle de l'Orient entend redonner à la Marquésie ses lettres de noblesse en choisissant un autre chemin, non moins démocratique (plus ?), mais plus proche des racines de cet Orient blessé et affadi depuis le début de la crise économique mondiale, et sans doute bien avant. Il ne fallait pas plus que ses protagonistes assument leur gutrah, pour que le Karmalistan [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=347651#p347651]parte d'un pied très favorable pour se lier d'une amitié islamique par défaut[/url] et soutienne l'adhésion du Kars à la Ligue Islamique mondiale. Une idylle si passionnée et précipitée n'aurait pas été possible avec les petits porteurs de cravate de feue la Hachémanie.

Le Kars a fait, dès le printemps 2038, une arrivée fracassante sur la scène économique mondiale, en [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=347971#p347971]ouvrant subitement les vannes de l'exportation de son très abondant pétrole[/url], ce qui avait directement fragilisé l'économie des principaux détenteurs, jusque-là, du monopole de l'export pétrolier : les pays du nord-ouest dytolien et de l'arctique. Cette arrivée abondante de pétrole alors quelques semaines à peine après le pataquès du traité pétrolier avorté entre le Lagac'hann, les Lorthon, l'Ennis et... le Commonwealth, avait renforcé l'image de puissance de la Marquésie autant que chamboulé plusieurs rapports économiques en Occident - de même que permis à la Cérulée, notamment lébirienne, de retrouver un cours avantageux pour la croissance économique. Le Royaume marquésien avait ainsi démontré son savoir-faire dans l'usage de l'arme économique...

La Ligue de Lébira, empêtrée dans ses débats internes et sa joute interminable avec ses anciens partenaires de l'UDO/WCU, a sans doute laissé passer à ce moment-là l'occasion de se rapprocher de Mahra ; le Kars aurait pu avoir le profil parfait du gendre idéal, en tant que démocratie pluraliste favorisée par un débat médiatique riche et traduisant de l'appétit des classes moyennes supérieures pour un développement économique durable, mais aussi comme pays non ignorant des problématiques du pluriculturalisme ; le Kars, c'est aussi un régime déterminé à [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=349982#p349982]défendre son organisation sociale par des méthodes de surveillance[/url] non sans rappeler les capacités assez peu communes [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=346401#p346401]de certains services lébiriens[/url]. Un potentiel allié de poids, et réservoir pétrolier, [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=349820#p349820]assez ambitieux pour envisager un sérieux rapprochement avec la rive gauche de la Mer céruléenne[/url], mais sous-estimant sans doute le caractère douillet et exclusiviste de Cartagina...

Car en effet, si l'on a beaucoup parlé du Kars ces temps-ci, c'est que celui-là a soutenu mordicus les pieds-pieds et les mains-mains du nouvel auto-proclamé "Co-protecteur de Hiérosolyme", l'ultra-nationaliste Valdaquie déjà conquérante de la plupart des grandes armées dytoliennes partageant désormais partiellement leur souveraineté avec elle. Albarea, comme elle avait réussi à mettre dans son lit la Litavie alors que celle-ci hésitait encore à adhérer à l'UDO/WCU, a su s'attirer les faveurs du Kars et s'en faire un allié central en Marquésie, sur le dos de la Ville Sainte. Le mégalomanesque et à ce stade économiquement absurde projet des routes terrestres de la Soie, qui motive les amateurs de westerns péplumiens qui se passeraient dans un des lointains déserts de Natolique, basé sur les volontés majeures du Karmalistan et de la Valdaquie, engage également le Kars (sur la route) - un argument de plus pour juger que malgré de probables discussions, tardives, la nouvelle perle de l'Orient est déjà naturellement en route vers le bloc des États-nations continentaux, plutôt que vers celui des thalassocraties libérales.

Dangereusement insaisissable - mais le danger venait bien de l'incapacité de la Ligue de Lébira à saisir à temps l'occasion de trouver en Marquésie l'allié nécessaire pour mieux vivre son deuil de ses relations avec la Dytolie occidentale. Insaisissable car entre ses appels du pieds, ses arrangements avec une Valdaquie championne du racisme dytolien autant qu'avec la fédération du Karmalistan islamiste dirigé par une Hindoue, le Kars est sans doute trop pragmatique, trop intelligent et trop au-dessus de la mêlée, pour une capitale comme Cartagina.

Posté : sam. avr. 13, 2019 8:30 pm
par Arios
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09/11/2038[/center]

La Présidence du Conseil soumettra un plan historique de décentralisation budgétaire au référendum le 15 décembre prochain

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Luciano Vesperto prêt à entrer dans l'Histoire comme grand décentralisateur de la Ligue[/center]

Sortir de la crise "institutionnelle, économique, sociale, politique, identitaire" en revenant aux électeurs. Luciano Vesperto y croit. Ses solutions, assure-t'il, ne sont pas "le fruit de ses convictions", mais "le produit de [sa] réflexion sur les attentes les plus larges". Réconcilier l'Arovaquie avec Cartagina, les Riaggiadiens avec les Lajamigliens, les Aliléens avec l'État, les Céruléens avec les Illythes... "César avec Dieu", etc. Son discours télévisuel n'a pas manqué de références historiques, comme pour étayer ce qu'il veut être la construction nouvelle d'une Ligue enfin ancrée dans le XXIème siècle. Mais le défi d'écrire un texte qui permette de conforter la première puissance productrice du monde dans le siècle de la mondialisation tout en fractionnant son pouvoir ainsi mieux réparti entre ses communautés territoriales, relève d'une gageure.

Qu'est-ce que propose le Plan de décentralisation budgétaire de Luciano Vesperto ?
  • Le Gouvernement général conserve les prérogatives de définition et de collecte de l'impôt et des recettes budgétaires diverses.
  • Le budget militaire demeure organisé à l'échelon général.

  • La répartition des dépenses budgétaires est décentralisée au niveau des Provinces, qui décideront de l'utilisation des fonds, reçus au prorata de leur population civique - hormis les frais de fonctionnement du Gouvernement général et des forces armées lébiriennes.
  • Les salaires de fonctionnaires restent définis à l'échelon général. Mais les Provinces décident des effectifs de fonctionnaires civils.
  • Dans ce cadre, le système d'allocations sociales devient une compétence provinciale, les Provinces étant libres d'amender, ou de modifier, les montants et l'ajustement de ces versements.

  • Les Provinces obtiennent la possibilité de lever leurs propres impôts, dont le fruit revient directement à la Province, en plus des dotations générales produits des impôts et taxes concentrées à l'échelon général.

Sur le plan politique, il s'agit surtout pour l'artisan de la paix avec le Karmalistan de rester dans l'Histoire de la Ligue avec un actif un peu plus large, et moins obscurci qu'il ne l'est par l'échec de l'UDO/WCU [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=346132#p346132]pourtant jugée fin 2037 comme le pivot de la nouvelle puissance cartaginienne[/url]. Depuis l'arrivée à la présidence nazalienne du libéral entreprenant Lino di Melaccis, la tenue d'un nouveau Conseil des Présidents de province menaçait incessamment Luciano Vesperto à son poste - le [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=349812#p349812]l'implication scandaleuse du Président illythe dans l'apport d'armes aux rebelles haut-illythes[/url] d'Épibatie avait accordé un délai avant un changement à la Présidence du Conseil devant l'annonce d'élections présidentielles anticipées en Illythies. Avec cette annonce, et en cas de victoire du plan au référendum, Luciano Vesperto sortirait renforcé au prochain Conseil et changerait radicalement le rapport des Provinces entre elles, donc probablement des Présidents de Province à l'égard du Conseil.

Posté : jeu. avr. 18, 2019 7:33 pm
par Arios
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27/11/2038[/center]

Référendum de décentralisation : les Présidents de provinces dans l'embarras

Le débat politique ne tourne plus autour que de ça, depuis une vingtaine de jours maintenant. La Ligue de Lébira, par la décision unique d'un Président non-élu, est plongée toute entière dans une actualité redondante, massérante même : faut-il accorder aux Provinces le droit de gérer leurs dépenses ? Loin d'être une évidence, et a contrario de ce qu'on aurait pu imaginer, les Présidents de province ne sont plutôt pas favorables au projet de Luciano Vesperto... et d'autant plus mal à l'aise que ce plan a de fortes chances d'être approuvé par une majorité de la population lébirienne.

En Arovaquie, Lena Lazarevicio semble perturbée dans ses plans devant le fait de voir Cartagina faire un pas énorme en faveur d'un gain d'autonomie des Provinces. La Présidente de la province, qui avait déclaré au soir de son élection que d'ici 2041 et la fin de son mandat l'Arovaquie serait de facto indépendante. La Présidente et son entourage craignent de voir les Arovaques approuver un plan qui ne vient pas d'eux : ils les invitent à la retenue, critiquant un texte qui semble accorder de bons éléments mais servira d'argument pour bloquer toute évolution autonomiste par la suite. Depuis dix ans, cependant, le principal grief porté à l'encontre de l'État général par les Arovaques, gagnés petit à petit à l'indépendantisme, est bien celui d'une gabegie budgétaire "sociale" que les Arovaques pourraient désormais être en mesure de régler eux-mêmes, au moins en partie. Le principe de recevoir une capacité budgétaire au prorata du nombre de citoyens, définies sur des recettes générales qui continueraient d'être levées et centralisées par Cartagina, semble aujourd'hui le principal point permettant à Dovernico de poursuivre son opposition au référendum.

En Illythie, la campagne se poursuit alors que les Carabiniers sont régulièrement conviés, par les entrées de secours pour éviter les caméras, au chevet d'un Iuseffo Rescieppi conscient d'être pestiféré aux yeux des médias céruléens. Suspecté d'avoir permis des livraisons d'armes aux rebelles haut-illythes d'Épibatie, contre la diplomatie générale, son histoire n'est pas sans échos à un désir croissant d'autonomie dans une part importante de la population provinciale, quand il ne s'agit pas plus prosaïquement de sentiments souverainistes hostiles à l'intégration de l'Illythie dans la Ligue, et réanimés à la faveur d'une crise politique. D'après les plus récents sondages, les Illythes seraient donnés plutôt hostiles au plan de décentralisation, les classes basses et moyennes montantes semblant avoir davantage confiance en Cartagina qu'en Atomia pour gérer les investissements dont a besoin la Province pour ne pas voir partir trop de ses citoyens vers l'Algarbe-du-Nord ou l'Alilée...

En Alilée, le Président Delando est probablement le plus favorable au plan Vesperto, dans la perspective d'une année électorale importante. Devant les prises de positions de ses principaux concurrents libéraux, totalisant près de 45% des intentions de vote pour les scrutins sénatorial et présidentiel de 2039, Alessandro Delando est poussé à grignoter sur l'électorat alter-centraliste n'en déplaise à certains de ses soutiens profonds du Parti Conservateur. Il se présente comme favorable par nature à "davantage de liberté", prenant à revers ses adversaires de droite. Delando ne fait néanmoins pas d'effusions : le vote des Aliléens restant parmi les plus incertains.

En Nazalie, Lino di Melaccis à peine élu est déjà en difficulté. Lui qui se voyait comme le paladin diplomatique d'une Ligue de Lébira débarrassé de son Président général, il se retrouve forcé à replonger dans une campagne, que celui qui voulait être le champion de la lutte contre le populisme se prépare en coulisses à perdre. Le nouveau président nazalien craint en effet l'effet troisième tour du référendum : les très nombreux Nazaliens qui n'ont pas voté pour lui, dont ceux qui n'ont pas voulu s'exprimer en faveur de son adversaire non plus, pourraient valider le plan Vesperto par simple volonté de nuire à ce nouveau président trop beau et trop entreprenant - quand il ne s'agirait pas simplement d'un vote de classe, et d'un vote régionaliste contre le Ciorco nazalien et ses élites cartaginiennes. Beaucoup voient dans la proposition du référendum un acte audacieux et contrevenant aux projets de l'élite... de la part du Président général : un sentiment renforcé même par la critique d'un plan bâclé et mal préparé, des travers qui encouragent encore plus les adversaires du système à se liguer en faveur de ces propositions bancales qui hâteraient la destruction d'un État contre lequel ils ont beaucoup à dire.

Posté : lun. avr. 22, 2019 11:09 am
par Arios
[right]4 décembre 2038
Stampato a Atomia[/right]

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Sénatoriales anticipées : Nationalistes en tête, pro-Ligue en rangs éclatés

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Le Sénat illythe, pour sa deuxième législature, déjà dominé par les nationalistes[/center]

[quote]Sénat d'Illythie :
:arrow: 18/60 sièges affiliés à Einarrat (nationalisme anti-Cérulée)
:arrow: 15/60 sièges affiliés à Progresso per l'Illitia (centre écologiste)
:arrow: 10/60 sièges affiliés à Macana (conservatisme démocratique)
:arrow: 10/60 sièges affiliés à Partito Cinico (gauche libérale)
:arrow: 6/60 sièges affiliés à Igiene e salute (eugénisme)
:arrow: 2/60 sièges affiliés à Sindacato di difesa del Delta del Naos (anti-aménagements)[/quote]

Presque un tiers des bulletins exprimés vont donc à la formation nationaliste et indépendantiste Einarrat, fondée et dirigée par le captivant et très médiatique [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=344775#p344775]Dioscuri Scienudi[/url]. Pour sa deuxième législature depuis sa création en 2036, le Sénat illythe offre dorénavant une majorité relative aux défenseurs auto-proclamés de l'identité et de la souveraineté illythe, contre le grand marché économique de la Ligue de Lébira, et contre l'autorité de Cartagina, perçue par une part importante des Illythes comme un organe étranger... et non comme une strate supérieur d'un État auquel ils participent.

La "victoire" d'Einarrat a été saluée par la Présidente d'Arovaquie, Lena Lazarevicio, qui espère se faire de son homologue dans la contestation un allié potentiel - louanges d'autant plus faciles envers cet indépendantiste revendiqué, qu'il possède très peu de chance de remporter un second tour tant l'attachement d'une majorité de citoyens illythes à la Ligue (pour des raisons avant tout économiques) favorise le "vote utile". Einarrat avait failli être interdit à la suite du coup d'État avorté d'Août dernier tant les Carabiniers ont pu établir des liens entre le complot armé et des personnalités proches de la direction du parti. Les Présidentielles se dérouleront dans quelques heures en Illythie, mais la nouvelle de cette avancée pour le groupe nationaliste pourrait jouer, dans un sens comme dans un autre, dans le premier tour des présidentielles.

L'abstention pour ces sénatoriales s'est montée à 17%, un taux faible si l'on considère les difficultés d'accès de nombreux villageois du Naos vers un bureau de vote, malgré les efforts des différents gouvernorats, et l'aide matérielle importante mise en place par les autres provinces, notamment la Nazalie qui a envoyé plus de 4 000 volontaires pour aider à mettre en place les bureaux, surveiller les scrutins et aider les forces de l'ordre dans le transfert des suffrages jusqu'aux centres de dépouillement dans le Delta. Chez la diaspora illythe dans les provinces céruléennes, l'abstention n'a pas dépassé les 8%.

Dans onze jours se tiendra un référendum capital dans toute la Ligue, à l'initiative du Président du Conseil, qui espère en faire une victoire politique lui permettant de rester à son poste, contre l'avis du nouveau président nazalien Lino di Melaccis. Si l'Illythie venait à élire un nationaliste, ou un candidat décidant de s'appuyer sur une coalition avec les Sénateurs nationalistes, la direction même de la Ligue serait fortement colorée : un Luciano Vesperto gagnant son référendum pourrait devenir le champion des dé-tricoteurs de la Ligue sans jamais franchir le rubicon, au nom de la liberté de chacun qui lui est chère, porté par les Présidents arovaque et illythe, ou lui-même pourrait être remplacé par une personnalité gagnée aux théories indépendantistes... encore faudrait-il cependant convaincre l'Alilée ou la Nazalie.

Posté : lun. avr. 22, 2019 11:47 am
par Arios
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Le directeur du Musée d'art antique de Clisto accusé d'avoir couvert la fuite de 7 000 œuvres

[center][img]https://i.pinimg.com/236x/9f/31/e2/9f31e2bd44e692f37f6ea56927ce3ec0--le-louvre-louvre-paris.jpg[/img]
L'acteur vidant sa bourse (ivoire, IIe s. av J-C.) est introuvable dans la réserve, comme beaucoup d'autres.[/center]

[url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=345366#p345366]Il ne faut pas compter sur l'État pour assurer le fonctionnement des Musées[/url]. Mais de là à couvrir la vente illégale d’œuvres pour "payer les frais de fonctionnement de l'établissement", comme se défend Fabrizio Ginetti, les spécialistes du patrimoines sont assez unanimes pour condamner l'initiative... Ce sont [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=347486#p347486]80 % des Musées et monuments culturels de la Ligue de Lébira[/url] qui sont confiés à une gestion par des sociétés privées, un état de fait qu'accusent de nombreux défenseurs de la Culture, accusant le privé et sa logique lucrative de nuire à la bonne conservation du patrimoine.

Malgré cette gestion privée, les entreprises en charge d'éléments du patrimoine sont bien souvent tenues à des clauses contraignantes pour la conservation, la protection, la non-destruction des œuvres, voire leur visibilité. Un effort a été fait sous Luciano Vesperto, 5 000 postes de fonctionnaires du patrimoine et de la culture créés entre 2036 et 2037 pour les 10 000 pré-existants, et les salaires jusque-là limités augmentés de 50% afin de couvrir notamment une inflation pénalisante sur plusieurs années. Les dotations restent maigres : si les Régions ont reçu 50 millions de Lires supplémentaires, cet argent s'explique essentiellement par l'entrée des Gouvernorats illythes dans le dispositif. Les subventions aux municipalités pour la défense du patrimoine ont vu leur montant multiplié par deux, et 800 bourses supplémentaires ont été alloués dans les domaines du patrimoine et des sciences humaines dans la même période.

Cette tardive prise de conscience, et encore modérée, pèse peu sur l'état général du patrimoine dans la Ligue de Lébira. Des millions d’œuvres, provenant essentiellement de l'Antiquité et du Moyen-âge (les œuvres plus tardives ont souvent été totalement absorbées par le marché privé), attendent ou s'exposent dans des Musées privés conventionnés, ou quelques Musées publics. L'art phénicien, hellène, hellénistique, et désormais illythe antique, se retrouve à la merci d'un encadrement isolé et peu développé, dont la rareté et le sentiment d'abandon semblent pousser au crime, facilité dans un pays où une majeure partie de la population ne s'intéresse pas à ces domaines.

C'est ce qui s'est passé au MAA de Clisto, à la frontière avec la Fédération amarantine : son directeur Fabrizio Ginetti, en poste depuis 14 ans, est accusé d'avoir couvert le départ de plus de 7 000 œuvres à partir de 2034, profitant de la mise en place d'une nouvelle muséographie occupant durablement une grande partie des locaux pour permettre l'évacuation frauduleuse des milliers de pièces au profit du marché noir. C'est l'alerte d'un stagiaire, observant une pièce étrusque et découvrant des traces d'usure suspectes lui faisant penser à un faux, qui a donné l'alerte au début du mois dernier, avant que le Musée soit fermé et mis sous scellé dès lors qu'une partie du personnel a découvert l'ampleur des anomalies et les disparitions dans la réserve "en travaux". Le directeur du Musée risque jusqu'à 8 ans de prison ferme pour trafic d'art.

Posté : ven. avr. 26, 2019 4:26 pm
par Arios
[right]14 décembre 2038
Stampato a Atomia[/right]

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Présidentielles : deux favoris

[center][img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/04/26/190426060642382699.png[/img][img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/04/26/190426060644143186.png[/img]
Dioscuri Scienudi pour les nationalistes d'Einarrat, Selena Acciaroffi pour les conservateurs loyalistes,
le second tour est-il déjà écrit ?
[/center]

En 2038, le PIB cumulé de la Nazalie et de l'Illythie dépasserait apparemment la barre des 110 Milliards, et passerait devait celui de l'Arovaquie, dont les perspectives de croissance paraissent entamées suite la crise de la Licca et à la vague de délocalisation (loin d'être générale) qui a fragilisé l'industrie de la province continentale dytolienne. C'est pour diriger une Illythie qui pourrait devenir la troisième "puissance" économique algarbienne derrière la Nazalie et l'Algarbe-du-Sud, qu'un combat électoral assez inédit dans notre jeune démocratie s'orchestrera dès demain.

Durant toute la journée du 15 décembre, plus de 2 millions de citoyens illythes vont apporter leur suffrage à un des cinq candidats déclarés pour cette seconde présidentielle depuis la fin de la monarchie absolue. Élection anticipée, élection improvisée, trop rapide sans doute, comme toutes les premières fois : car à la différence de 2036, le jeu démocratique a fini par être accepté et compris par une majorité de citoyens, les Coptes du pays qui seuls disposent des droits civiques. Échaudés par les dernières sénatoriales et le résultat coup-de-poing des forces nationalistes opposées à la Ligue de Lébira, réveillés par la crainte de voir cesser le développement fulgurant de la Province, habitués au métronome quasi-annuel des grands rendez-vous démocratiques au sein des différentes Provinces de la Ligue, les Illythes vont proposer un destin au pays...

Dans le même temps, le 15, ils s'exprimeront également sur le référendum général pour ou contre la décentralisation budgétaire, proposé par le Président du Conseil, Luciano Vesperto. Et de nombreux Céruléens comptent sur le loyalisme de ces Illythes, passés d'oubliés de l'Histoire moderne à nationaux prodigues du futur d'un continent, pour soutenir le maintien du budget général et rejeter le référendum aux accents d'affaire personnelle. Le nouveau président nazalien, Lino di Melaccis, était en visite en Illythie cette semaine, d'où il a appelé tous les Lébiriens à rejeter le référendum du Président Vesperto "au risque de voir la Ligue disparaitre au terme de longues années de chaos et de perdition économique".

Devant l'impossibilité pour le Président sortant, tenu responsable par les deux capitales algarbiennes Cartagina et Gighida d'avoir couvert des livraisons d'armes aux rebelles de Haute-Illythie, en Épibatie, de se représenter, son parti Progresso per l'Illitia arrivé deuxième aux sénatoriales derrière les nationalistes part fragilisé pour cette élection en proposant un second couteau, Giobbe Marzalla, qui ne parvient pas à dépasser la Gouverneure d'Atomie-Paomèches dans les sondages. Le Partito Cinico a quant à lui refusé de présenter un candidat, arguant qu'aucun parmi eux n'était vraiment intéressé, et qu'il valait mieux donner plus de chances aux nationalistes, malgré les divergences qu'ils ont avec eux, afin qu'ils "sortent le régime de l'impasse lébirienne". Le Syndicat de Défense des berges du Naos présente également un candidat, crédité de 1 à 2% des voix, et les eugénistes d'Igiene e Salute renvoient Aidare Gazzale, Gouverneur de Hathosorie, au combat électoral - il est crédité d'environ 15% des voix.

Un des deux favoris pourrait être élu au premier tour dès demain soir.

Posté : ven. avr. 26, 2019 8:18 pm
par Arios
[Center][img]http://nsa39.casimages.com/img/2017/12/05/17120501480197541.png[/img]
15/12/2038[/center]

Victoire du NON au référendum - la décentralisation budgétaire rejetée à 52,4%
Vesperto désavoué, di Melaccis gagnant, Lazarevicio embarassée
Alilée, Illythie et Nazalie rejettent le référendum - le OUI l'emporte à 62,8% en Arovaquie
Sans l'Illythie, les "Montalvéens" auraient validé la décentralisation


[center][img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/04/26/190426095408907021.png[/img][/center]

On aurait pu s'attendre à un résultat plus tranché. Les Lébiriens ont été finalement 52,4% à rejeter le plan de décentralisation budgétaire proposé par Luciano Vesperto, par lequel le Président du Conseil ouvrait la voie à la fédéralisation de la Ligue, un État algarbo-dytolien encore très pyramidal. En proposant aux citoyens de s'exprimer pour ou contre la délégation partielle de la souveraineté budgétaire à l'échelon provincial, il espérait une victoire lui permettant de se maintenir à la tête du Conseil de la Ligue - surtout, il prétendait offrir à "chaque homme, chaque femme, tous les citoyens, de choisir en leur âme et conscience la voie leur paraissant la meilleure pour le pays" et ce malgré une position personnelle elle-même très critique envers un détricotage de la structure de l'État.

Les Lébiriens ont ainsi rejeté l'idée que les Provinces décideraient seules de l'allocation des recettes, redistribuées au prorata de la population civique. La Ligue de Lébira devrait donc conservé le système actuel, à savoir une collecte générale par les services centraux des impôts et taxes, et l'établissement d'un budget par le gouvernement général... ce qui prive les Provinces d'un réel pouvoir puisqu'elles ne sont pas partie prenante, en dehors des porte-feuilles de "dotations provinciales", des choix de dépenses sur leur territoire.

Le OUI a été présenté souvent dans la presse comme un "vote des riches" en Arovaquie, se recoupant avec les intentions indépendantistes d'une majeure partie de la population, confirmées lors des récents scrutins. En réalité, là où le OUI est un "vote des pauvres" en Alilée ou en Nazalie, il s'agit d'un vote dépassant les clivages de richesses en Arovaquie - les principaux bastions du NON étant eux-même des territoires de richesse moyenne, loin d'être les moins avantagés.

En Alilée, les cantons frontaliers les plus heurtés par les problèmes migratoires et leurs pendants économiques ont voté contre une modification des règles de la Ligue, apeurés probablement par le spectre d'un abandon plus important de la Province par l'État central - les campagnes aliléennes centrales ont été le théâtre d'un vote comparable aux marges arovaques, un OUI motivé par la volonté d'infliger une défaite à Cartagina et de revendiquer une forme de souveraineté par laquelle beaucoup pensent que la vie de tous les jours pourrait s'améliorer.

En Nazalie, un clivage territorial très marqué s'est opéré entre le nord développé, et le sud plus rural, semi-aride et moins peuplé. On a également constaté que le Lébirien, qui a gagné de nombreux habitants originaires du nord, s'est exprimé contre une modification des règles budgétaires. On retrouve cette limite nord-sud, approximative, dans les affrontements syndicaux, la crise de l'élevage pastoral, ou le récent second tour opposant Lino di Melaccis à Giasmina Zebbo.

En Illythie, la très grande partie des cantons s'est exprimé contre la décentralisation budgétaire - la plupart des citoyens craignant un gain d'influence des anciens réseaux de pouvoirs en les compétences desquels ils n'ont pas confiance tandis que le développement actuel de l'Illythie est spectaculaire sur le plan de l'amélioration du niveau de vie, des structures et des perspectives encore gigantesques.

C'est Lena Lazarevicio, en Arovaquie, la Présidente indépendantiste, qui est la embarrassés par les résultats. Mitigée durant la campagne, opposée frontalement au plan au début en arguant du fait que "aucune solution à nos problèmes ne peut être trouvée par Cartagina", elle s'était montrée moins conciliante, à mesure du constat que son propre électorat plébiscitait le plan du Président du Conseil, qu'il considérait comme un premier pas vers l'indépendance tant vantée par le nouveau gouvernement provincial. Si le OUI l'avait emporté, Dovernico se serait retrouvée contrainte dans un état de semi-autonomie budgétaire qui aurait pu jouer le rôle de garde-fou à toute évolution plus avant de la souveraineté provinciale. Le OUI n'a gagné que dans la Province, ce qui est en soit un avertissement pour l'exécutif indépendantiste sur le fait que les Arovaques préfèreraient sans doute une autonomie forte qu'une indépendance miroitée mais vers laquelle les dirigeants provinciaux actuels semblent bien impuissants à avancer.

A l'issue des résultats de la Présidentielle en Illythie, un Conseil de la Ligue devrait être organisé à Cartagina, afin de faire le bilan des derniers scrutins importants dans le pays, et envisager un probable remplacement de Luciano Vesperto, sortant défait de ce scrutin.