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Posté : mer. août 28, 2019 8:14 am
par Arios
20/12/2038
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Depuis 2000, 800 000 hectares de forêts ont été rasés par l'Épibatie

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Une goutte d'eau dans le phénomène[/center]

L'Épibatie se débarasse de près de 20 000 hectares de forêts par an. Depuis l'an 2000, elle a ainsi transformé près de 16% de sa surface terrestre, de milieux forestiers en zones de culture, de pâturages ou autres vastes étendues. Dans le même temps, des zones de pâturages ou de culture sont devenues des forêts, naturellement ou par l'action de reboisement. On estime que 6 000 hectares de forêts sont plantées chaque année, dont 4 000 dans les seules entités amarantines autonomes (les pasteurs miksi se plaignant de l'érosion, ou les Amarantins étant sensibles à la question forestière). La forêt primaire représente toujours un étiage bas de 60% du territoire, pour 10 à 15% de zones rocheuses vierges.

L'usage du feu est des plus récurrents dans ces opérations de nettoyage. Dans 17% des cas de brûlages, des produits chimiques sont employés, proches du napalm, afin de répondre à l'état très dense de la végétation. Ces opérations visent le plus souvent des petites zones, dans le cadre de projets de défense. [Url=""]Plusieurs entreprises occidentales ont toujours appuyé l'Épibatie dans sa quête de connaissance de ses surfaces forestières[/url], et jamais l'usage que pouvait en faire une société profondément suprémaçiste n'a été questionné, par aucun média occidental.

L'imposition par la Ligue de Lébira d'observateurs auprès des corps militaires forestiers, dans le cadre d'accords plus larges, est ce qui a mis le feu aux poudres de la contestation militaire. L'Armée et l'Église, soutiens structurels de l'œuvre de colonisation ethnique dans l'Est, sont les déclencheurs de la crise dynastique, désireux de remplacer un Empereur jugé trop conciliant avec la vision céruléenne des droits de l'homme. Alors qu'une Épibatie qui n'organiserait plus la déforestation à des fins de guerre raciale est en construction dans les bivouacs de Haute-Illythie, les bureaux d'Aznella et de Lébira, chancelleries occidentales et islamiques font le choix de pleurer les quelques arbres qui furent sacrifiés pour empêcher les résistants racistes à la modernisation et l'humanisation, de s'en prendre à nouveau à un cosmodrome représentant le plus grand du monde de la science, de la technique et de la raison.

Posté : mer. août 28, 2019 2:15 pm
par Arios
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23/12/2039 - Il giornale di lingua italica per tutte le regioni dell'Epibatia[/center]

Gouvernement : Giorggis IV nomme Tesfaye Petrosi au poste de premier ministre

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De dirigeante de la Woreda d'Accoracci à Première ministre[/center]

On a beaucoup raconté dans le pays ces derniers jours sur le sort de Getsa Memrizzi, le premier ministre, qui depuis les évènements au Palais impérial n'a plus eu le loisir de s'exprimer. Certains l'ont dit mort assassiné, d'autres contraint au silence. Le tempérament très patriotique du personnage aurait pu le pousser à suivre l'avis révocatoire de l'Église épibate sur Giorggis IV, mais son respect fidèle de la personne de l'Empereur contredit cette hypothèse. C'est par communiqué des services du premier ministre, et non de lui-même, que sa démission a été annoncée. Encore un détail qui permettra à de nombreux observateurs de crier au complot.

Remercié sans que l'on sache où il se trouve, et tandis que l'Occident continue de s'auto-persuader que la Ligue et le Commonwealth soutiennent des massacres ethniques, la destruction du vivant et la corruption institutionnalisée, le premier ministre a été remplacé par une femme - une première. Tesfaye Petrosi a été chargée par l'Empereur, depuis ses bureaux improvisés d'Aznella, du contrôle du gouvernement, que la brillante fonctionnaire doit remanier à son image - la défection de ministres en faveur de Ioannes XII n'a pu être dissimulée. Mais pas seulement.

Solennellement, Giorggis IV a reçu la nouvelle Première ministre pour lui indiquer son souhait de voir des élections démocratiques être conduites dès 2040 dans le pays, nécessité selon le Roi des Rois pour réconcilier les Épibates. Tesfaye Petrosi aura donc la lourde tâche de faire entrer l'Épibatie au rang des démocraties, alors que de nombreux territoires demeureront sous la coupe des rebelles armés pour de nombreux mois, et que les aspirations générales de la population peuvent sembler très en contradiction sur certains sujets avec un certain humanisme intrinsèque au principe démocratique.

Posté : ven. août 30, 2019 11:01 am
par Arios
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29/12/2039 - Il giornale di lingua italica per tutte le regioni dell'Epibatia[/center]

Guerre des deux Empereurs : "À l'arrière, les gens pensent lutter contre une invasion étrangère."

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Des Teribbi, "Frelons", petits corps de recrues civiles en marge des colonnes armées professionnelles[/center]

On leur a dit qu'il fallait se lever car des Blancs voulaient voler le pays. On leur a parfois dit que Giorggis IV était mort, beaucoup ignorait déja la mort de Iaconno, certains de son père Salomone. On leur a fait souvent comprendre qu'ils n'avaient pas le choix. Pour répondre à sa promesse d'aligner 1 million de combattants face aux troupes brito-lébiriennes, l'Armée rebelle épibate, avec le soutien appuyé de l'Église et son vaste réseau de prêtres monophysites, remue ciel et terre afin d'enrôler des civils dans son œuvre. Si en faire des combattants n'est pas évident, alors même que manquent les armes, les convaincre du bien-fondé de la lutte est assez facile.

Les Épibates sont habitués aux invasions. Enfin, les dernières ont marqué dans leur culture cette nécessité de la lutte à mort entre jungle et montagnes, par absence de possibilité de compromis. Les grands aléas climatiques et l'explosion démographique de l'époque médiévale chez les populations bantous ont fait jaillir d'immenses migrations armées qui poussèrent à l'époque l'Empire à se retrancher dans ses réduits de montagne - ce n'est qu'à l'arrivée des marchands d'esclaves, islamiques, chrétiens ou amarantins, que l'avantage revint du côté épibate, et que les bantous purent être marginalisés et repoussés. L'Armée n'entends pas attendre 700 ans pour éliminer les Lébiriens et ceux qui aspirent à faire de l'Épibatie une démocratie libérale - mais pour autant elle compte inscrire la lutte dans la durée.

Si de très nombreux habitants des grandes villes de la région centre nord du pays attendent et espèrent la victoire de Giorggis IV, qu'ils conspuaient comme le trop conservateur Empereur il y a un an, dans les campagnes et les jungles du pays, tout le monde ou presque à une autre lecture de la situation, loin des vecteurs de confort et d'information modernes. Les arguments de l'Armée rebelle passent facilement, dans les villages se situant sur les grandes routes traditionnelles ou à proximité. Car le gros de l'Épibatie ne sera pas concerné par des combats. "Il est probable qu'il s'écoulera 2, 3, 5, voire 10 ans de guerre avant que tout le monde soit au courant du conflit. Par monde, je n'entends que les Épibates d'ethnie, et la plupart des Blancs. Mais il y a une masse de populations, même sapiens, qui ne sauront probablement jamais qu'il y a un conflit, tant elles sont isolées ou arriérées, et tant les deux camps auraient du mal à vouloir y accéder." explique Taccola Asbi, démographe anthropologue.

Posté : lun. sept. 02, 2019 6:01 am
par Arios
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4/01/2040 - Il giornale di lingua italica per tutte le regioni dell'Epibatia[/center]

Guerre des deux Empereurs : Giorggis IV s'assure Gighida, bulle loyaliste au milieu de territoires incertains

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L'Armée épibate libre reprend ses quartiers dans les rues de la capitale[/center]

C'est un paradoxe : Gighida, aristocratique et conservatrice, a toujours été des grandes villes du pays celle qui penchait le moins pour les mouvements modernistes et réformistes, à l'inverse de Tecoggli, Segda, Acoracci ou Dinibbit', villes secouées de longs mois durant par la contestation de classes moyennes aspirant à davantage d'ouverture politique et économique (leur niveau de vie étant handicapé et freiné par la rareté et le coût des produits étrangers). Aujourd'hui, tandis que ces villes "bourgeoises", cibles de la propagande moraliste des rebelles, sont sous la coupe des hommes armés jurant allégeance à Ioannes XII, Gighida est la première des grandes cités épibates à être "libérée" par Giorggis IV, sa jeune armée loyaliste reconstituée, et surtout l'effort technique et militaire de la Ligue de Lébira dont d'importants sièges d'entreprises sont installés dans sa banlieue.

Durant une quinzaine de jours, les tirs de missiles depuis la Haute-Illythie ont été quotidiens, contre les positions des rebelles autour de la ville, et dans certains quartiers. [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=307331#p307331]Récemment riche de 4 satellites de toute nouvelle génération[/url], la Ligue de Lébira entend poursuivre l'usage de ces armes modernes contre les rebelles, aux moyens moindres, qui sèment la pagaille dans sa nouvelle colonie économique. Cartagina vous observe depuis l'espace, à 50 centimètres près, et guide ses objets de morts jusqu'aux endroits précis où la résistance, quelle qu'elle soit, entend s'organiser. Heureusement, la Ligue est aujourd'hui du côté des forces qui tendent à la démocratisation de l'Épibatie, à sa libéralisation, à la fin des oppositions ethniques et au retour du pouvoir vers le civil, et le laïc, quand la motivation première des "rebelles" a été de conserver leur pouvoir de nuisance à l'encontre des populations primitives des forêts, la politique de colonisation au détriment d'habitats humains pré-existants, et la conservation d'avantages économiques de castes au milieu d'un océan de misère.

Les premières troupes de l'Armée épibate libre sont arrivées paisiblement par la voie aérienne, ces trois derniers jours, prenant position dans des rues nettoyées par la balistique lébirienne, et les opérations des forces spéciales et corps parachutistes de Cartagina et Lanfair. Une petite vie économique a pu reprendre, tandis que les charters de biens alimentaires et divers autres sont arrivés sur le petit aérodrome du complexe de Zibbibo, réquisitionné par les forces de libération, afin d'alimenter les épiceries et aider a vie à reprendre. Le véritable front se situe à 300 km au nord, alors que les rebelles contrôlent apparemment Aghgia et Scierasciat, dans la plaine forestière haut-illythe. Mais la capitale des Empereurs d'Épibatie, symbolique, justifiait bien quelques mesures zélées, au risque de voir l'usurpateur Ioannes XII, soutenu par la Valdaquie, s'y installer.

La timide, fragile et aujourd'hui purement théorique Alliance Commerciale Algarbo-Céruléenne approchait au 1er janvier les 308 Milliards $ de PIB, environ un tiers du PIB de la CND. Doit-on voir dans l'explosion de violence de cet hiver, la main de Dytoliens inquiets par le potentiel de croissance et de consommation qu'apportent certains territoires algarbiens à l'industrie lébirienne, violemment combattue sur le marché douanier céruléen ?

Posté : mar. sept. 10, 2019 10:51 am
par Arios
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30/01/2040 - Il giornale di lingua italica per tutte le regioni dell'Epibatia[/center]

Guerre du trône d'Épibatie : Bricolages et grignotages

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L'Armée épibate libre recrute et équipe à la va-vite pour imiter son adversaire[/center]

La situation militaire au 30/01/40 : https://nsa40.casimages.com/img/2019/09/10/190910123506263824.png

Récapitulatif : https://nsa40.casimages.com/img/2019/09/10/190910123500895725.png

Cartagina voulait aider Gighida à bâtir une armée moderne rapidement, quand l'essentiel des troupes les plus aguerries de l'Empereur Giorggis IV se sont retrouvées du côté de Ioannes XII, et de l'Église épibate qui l'a nommé en remplacement de celui qu'elle a voulu déchoir. Mais devant le rouleau-compresseur des Rebelles sur les hauts-plateaux ruraux, où ils recrutent à tour de bras des hommes sans expériences qui serviront ensuite à harceler en pleine nature toutes les tentatives lébiro-épibates de contrôler du terrain, Aznella (d'où sont planifiées les opérations à cette heure) consent à imiter l'adversaire - recueillant par-là la volonté de nombreux jeunes désireux d'en découdre, en Haute-Illythie et dans les territoires gris qu'elle contrôle autour d'Aghgia.

Depuis la bataille de Gighida début décembre, aucun affrontement d'ampleur n'a eu lieu. Dix-sept soldats du Commonwealth avaient perdu la vie, montant le total des pertes britonniques à 49 hommes depuis le début du conflit, ainsi que 24 parachutistes lébiriens - les opérations très précautionneuses de stabilisation de la poche gighidienne, organisées depuis, se sont faites sans heurts. Les Rebelles également connaissent la difficulté des "poches", à Deghdi, et Acoracci, villes industrielles aujourd'hui cités mortes, dont les habitants se terrent et respectent la loi militaire, mais dans les alentours certains maquis de citadins ayant fuit l'invasion s'organisent pour empêcher la sécurité des échanges terrestres entre le gros du territoire contrôlé par Ioannes XII, et ces deux poches urbaines. Des opérations de largages d'armes depuis le nord ont eu lieu à destination de ces groupes résistants, lesquels seraient infiltrés par des formateurs lébiriens.

Les Rebelles continuent leur marche vers l'Est, évitant les opérations sur le front ouest depuis leurs lourdes pertes essuyées par les tirs de missiles lébiriens durant tout le mois de décembre. Il est plus facile, et plus rentable, de rallier des territoires ruraux à la cause du nouvel Empereur "qui a la légitimité des Prêtres", desquels vivres et métaux d'échange pourront être tirées, en plus de l'image de légitimité populaire, plutôt que de lancer des opérations coûteuses vers l'Ouest... alors que les tentatives d'offensives des troupes de Giorggis IV, encore majoritairement composées de Haut-Illythes, promettent d'être sanguinolentes faute d'une connaissance du territoire montagneux à la hauteur de celles dont bénéficient les bandes de Ioannes XII.

La guerre en cet hiver 2040 promet de durer, car elle tente de progresser avant tout sur le terrain de la communication : les Rebelles veulent rallier à eux l'essentiel de la population amharique, envoient des émissaires quémander une aide financière à l'étranger (pas facile en ces temps de makengophilie, de venir en aide à des massacreurs avérés de Bantous), tandis que Megersa Nezzebo tente d'éviter la trop grande "blancheur" de ses armées avant de passer aux choses sérieuses, et qu'Aznella dépêche des diplomates dans l'ensemble du monde amarantin pour éviter le ralliement de certains territoires à l'Empereur Ioannes, qui serait une bonne parade face à la "vassalisation" épibate par la Ligue de Lébira.

Pendant ce temps l'implication du Commonwealth reste en suspend, au-delà de son territoire de quelques hectares de la ville de Malacchi, plateforme de lancement satellitaire d'importance mondiale en ces heures de course à l'espace. Le Sénat lébirien, début janvier, a mis fin à l'ouverture douanière de la Ligue aux ex-colonies de la Britonnie, et Lanfair fait tarder sa réponse, mais cet évènement ne facilite pas les relations entre les deux cobelligérants. Les projets de rachats des gisements d'uranium épibates par des acteurs britonniques commandités par l'État, un temps posée dans les négociation comme une condition à plus grand engagement du Commonwealth dans le conflit, auraient été mis sur le côté par Gighida, qui ne peut se permettre de passer davantage pour le dilapidateur du pays auprès d'une population largement divisée.

Bricolages dans les deux camps, et menus grignotages territoriaux. Si l'avantage matériel et mécanique est clairement du côté de Cartagina-Gighida, qui a récupéré après l'avoir désarmée par cyber-attaque la flotte aérienne de l'Armée impériale, et mis sous tutelle l'équipement (notamment DCA) qui était présent dans les bases épibates sur le sol lébirien, les Rebelles ont avec eux l'avantage territorial, et sans doute l'essentiel de la population, en tous cas les couches les moins aisées et ce malgré la faible compréhension, par ceux-ci, des tenants et aboutissants du conflit.

Posté : ven. sept. 13, 2019 3:20 pm
par Arios
9/02/2040
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Malacchi : suite aux incendies, un important site préhistorique mis au jour

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Quatre squelettes d'hommes préhistoriques homo ergaster découverts - ici un crâne antérieurement mis au jour[/center]

Les incendies provoqués en décembre par les services de sécurité militaire du site de Malacchi LP, sur le territoire épibate alentour, ont permis la curieuse découverte de squelettes humains préhistoriques appartenant apparemment à Homo ergaster, qui peuplait une partie du monde dont l'Algarbe entre 1,9 millions d'années et 80 000 ans avant notre ère. La découverte de restes humains complets de cette période est extrêmement rare, inédite dans la région tant les conditions d'humidité ne sont pas favorables à ces conservations de longue durée.

On ne pouvait cacher plus longtemps à la population britonnique de Malacchi LP la découverte, tant les allers et venues à peine discrets de l'équipe de fouilles et ses nouveaux visages avait alerté depuis janvier une colonie encore bouleversée par l'attaque de la fin d'année. C'est donc dans la bonne humeur qu'a tenté d'annoncer la nouvelle aux curieux le Professeur Antonio Giulianelli, lors d'un banquet donné pour les officiers et leurs épouses à la base, devant micro. "La technique a une fois de plus servi la science, et ces incendies anecdotiques pour l'énormité de la biomasse d'Épibatie ont non seulement protégé votre cosmodrome, mais levé le voile sur nos lointaines origines, un peu plus" a tenté le Pr., en omettant volontairement d'expliquer que les brûlages avaient causé des dégats irréversibles aux fossiles.

Si le feu a en effet brûlé une couche de terre humique que personne n'aurait eu l'idée ni les moyens de retourner, il a également consumé en grande partie les restes, probablement d'autres squelettes que les 4 découverts, appartenant à des mâles, mais aussi carbonisé ces derniers au point qu'aucune datation ne soit possible sur ces ossements. "On ne saura jamais quand ils ont vécu, on ne comprendra pas l'histoire climatique du site qui pourrait expliquer leur conservation relativement en surface" accorde Giulianelli hors tribune.

Les restes ont été modélisés en trois dimensions, la numérisation étant le seul moyen de conserver leur forme : un crâne a été partiellement détruit par un archéologue qui tenta de s'en saisir, avant que les chercheurs ne saisissent l'état de carbonisation des fossiles. Force est d'admettre pour l'équipe que ces témoignages extra-ordinaires du passé ne survivront pas à la manipulation, pas plus qu'à la prochaine pluie. "Ils sont encore couchés là, sur ce qui sera une florissante prairie dans deux mois, au milieu des cendres, étalés comme fuyants, comme s'ils avaient été surpris par le feu eux-aussi, et courraient encore parmi les arbres il y a deux mois" conclue le Pr., ému et déçu, devant un insaisissable lointain, et un sentiment, quand même, de gâchis.

Posté : sam. sept. 14, 2019 8:02 pm
par Arios
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11/02/2040 - Il giornale di lingua italica per tutte le regioni dell'Epibatia[/center]

Rébellion : Assassinat et paranoïa au sein de l'état-major rebelle

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Un des généraux rebelles, Omar Beie, ici à gauche, aurait été assassiné par ses pairs[/center]

Ils s'accusent mutuellement d'être manipulés par la Ligue de Lébira. D'après les agents de renseignements de Cartagina au sein de la rébellion, des soldats fidèles à Giorggis IV la plupart du temps ou certains officiers désireux de s'assurer du rachat de leurs fautes en cas de défaite de l'insurrection, l'état-major rebelle est en ébullition et sombrerait dans la paranoia. En cause : une controverse ayant agité ses rangs il y a deux semaines, Omar Beie accusant un de ses pairs, Ati Faranscia, l'homme qui dirige la première ligne de front à l'est de Gighida, d'être de mèche avec Cartagina en refusant pour l'instant de mener une offensive terrestre tandis que les Lébiriens et pro-Giorggis renforcent la défense de leur poche gighidienne.

De son côté, Ati Faranscia, mais avec d'autres officiers, dont l'éminent Colonel Saia, responsable ces deux dernières années des grandes opérations de pacification dans le nord de l'Épibatie, semblaient nourrir des doutes depuis plusieurs semaines sur les liens entre Omar Beie et les Céruléens. D'après les écoutes et échanges de messages interceptés, révèle la presse militaire, d'importants documents sur les comptes qu'Omar Beie disposait dans plusieurs banques lébiriennes, au moins jusqu'en août 2039, ont suscité la circonspection de ses frères d'armes. Ces documents leur auraient été fournis par des officiers du renseignement épibate, fidèles aujourd'hui à Ioannes XII. Omar Beie était notamment un client de la Monezzi Solutione, ce par quoi il justifie le versement de certaines sommes, liées au dédommagement des clients, et ce après même le début de la guerre civile. De fait, et bien qu'il n'ait pas eu les moyens techniques de retirer cet argent, Omar Beie a touché indirectement de l'argent par la Ligue, en décembre 2039, alors qu'il avait rejoint la rébellion depuis plus de 6 semaines - l'argent provenait du fond d'indemnisation des victimes épibates de la faillite bancaire de la Monezzi, tel que prévu par les accords de l'ACAC.

Mais c'est sa propension à jeter le doute sur ses propres compagnons de combat qui semble avoir poussé le reste de l'état-major de Ioannes XII à précipiter la chute du client des banques lébiriennes. Dernièrement, Omar Beie, dans le cadre de ses succès dans le ralliement de très nombreux villages des hauts-plateaux ruraux à la rébellion, et le recrutement par ses soins de plus de 17 000 hommes dans les campagnes, avait pris position dans Gerebba, en amont de Sciaghiste, qu'il n'aurait pas voulu quitter avant d'être entendu directement par la garde rapprochée de l'Empereur Ioannes XII. La réunion aurait eu lieu, au cours de laquelle l'état-major put mettre à exécution son plan d'élimination de Beie, jugé trop peu fiable pour les fonctions de commandements d'opérations qu'il devait continuer d'assumer. Omar Beie avait envoyé un courrier à Ioannes XII pour le mettre en garde contre certains de ses hauts officiers, selon lui à la solde de Cartagina.

Posté : dim. sept. 15, 2019 9:21 am
par Arios
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15/02/2040 - Il giornale di lingua italica per tutte le regioni dell'Epibatia[/center]

Économie : Gighida promet 35 hectares à chaque famille qui s'engage à produire du cacao durant 25 ans

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L'Épibatie, leader du cacao d'ici 2050 ?[/center]

Le gouvernement promet la "paix du cacao", désireux de faire de l'Empire un grand producteur d'une fève à la valeur montante, dès le retour à une situation intérieure plus pacifique. En attendant la victoire contre les gangs armés, Gighida entend vendre du rêve à des classes populaires, aujourd'hui majoritairement favorables, occupation oblige, aux rangs rebelles de Ioannes XII. Ce sont 350 000 hectares de terres, aujourd'hui dans le domaine impérial, que le plan cacao du gouvernement veut céder en propriété aux investisseurs ruraux familiaux, sur un contrat d'engagement de production pour 25 années.

À mesure que les populations occidentales sortent d'un long hiver industriel, leur niveau de vie augmente à la la faveur du retour de l'énergie bon marché. La consommation de chocolat, dérivé du cacao, s'envole, et comme toutes les études sociologiques le montrent, le besoin de chocolat est parmi les plus stables dans les populations, même en voie de déclassement, qui y ont eu un jour l'accès facile. Si l'Épibatie est traditionnellement une terre de café, le pouvoir entend accroître ses capacités agricoles autour de la nouvelle spéficité cacao.

Le défi pour le pays est surtout de maîtriser la filière, et de ne pas demeurer un simple producteur en laissant le bénéfice des marges à des transformateurs étrangers. Gighida laisse entendre qu'un acteur public de collecte, de toréfaction et de transformation du cacao en pépites de chocolats, base de travail de l'agro-alimentaire, serait dans les cartons, mais l'on ignore si le gouvernement pourrait lui accorder un monopole. Des aides aux futurs chocolatiers et agro-businessmen ont par ailleurs été promises.

Les rêves cacaotés de Gighida impliquent d'abord un besoin de gains territoriaux, l'essentiel des terres favorables à la culture ne se trouvant pas dans le périmètre contrôlé par l'Armée Épibate Libre. Ensuite, ce sont d'importantes mutations dans les infrastructures de transport et la géographie qui sont annoncées en creux, puisqu'il s'agira pour soutenir les ambitions de production, de desservir sérieusement le centre du pays par l'aménagement de routes, ou le dragage des portions de fleuve trop accidentées pour la hausse du trafic fluvial qui débute. Des dizaines de milliers de villages, l'essentiel du pays, ne se trouvent reliés par aucune route au reste du monde, mais des sentiers de terre, plus ou moins étroits, impropres au commerce. Enfin, la promesse foncière du gouvernement annonce une politique de déforestation massive, qui elle-même est porteuse d'espoirs économiques pour la filière bois, déja faite reine par les besoins gigantesques de la Cérulée en charbon.

Posté : mar. sept. 17, 2019 8:35 pm
par Arios
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21/02/2040 - Il giornale di lingua italica per tutte le regioni dell'Epibatia[/center]

Guerre du trône d'Épibatie : Cartagina et Gighida s'assurent la maîtrise du Sciaursciodanacche

[Center][img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/09/17/19091710183449295.png[/img]
8 000 soldats lébiriens participent au maintien de l'ordre impérial dans le nord-ouest[/center]

La situation militaire au 21/02/40 : https://nsa40.casimages.com/img/2019/09/17/19091710133741662.png

Tandis que les troupes rebelles sont parvenues à contrôler les cols séparant les deux villes industrielles de Deghdi et Acoracci, les reliant par-là même à leur territoire, le camps de Giorggis IV continue ses efforts de mise sur pied d'une armée professionnelle qui dépendrait moins des troupes lébiriennes, et haut-illythes. Aghgia, ville peuplée à cinquante pourcent d'Épibates de race, est dans l'escarcelle de l'Empereur légitimiste, et sert de vivier de recrutement pour bâtir son armée au visage épibate, nécessaire pour progresser à l'avenir dans les territoires plus centraux du pays.

Plutôt que de précipiter les milices haut-illythes, aguerries par des années de lutte contre l'Armée épibate, en territoires noirs, au risque de renforcer l'image d'armée étrangère pour l'AEL, Gighida et Cartagina les déploient à la sécurisation du grand désert du Sciaursciodanacche, et surtout de la savane environnante où demeurent certains combattants rebelles dissimulés parmi les nomades touaregs et bantous. Les soldats réguliers lébiriens supervisent certaines missions de sécurisation, notamment pour éviter les bavures de la part de miliciens [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=348257#p348257]impliqués parfois dans le passé dans des crimes discutables[/url].

L'Armée épibate libre assure la jonction entre ses territoires du nord par la voie de la savane, et non par la route de montagne séparant la vallée de l'Anuzza de celle de l'Ibabbi. La route, moderne, serpente au milieu des reliefs, dans lesquels attendraient des bataillons rebelles prêts à tendre les pires pièges aux troupes de Giorggis IV. La route des pistes de savane, reliant San Marco à Codarat, permet désormais la reprise de l'activité sylvicole de Haute-Illythie, et l'export des bois rares vers la Cérulée. Les militaires gardent la voie tracée au milieu de la steppe pour acheminer les grumes vers San Marco, où elles prennent le cours du fleuve et descendent vers Aznella et son port.

L'Armée chrétienne d'Épibatie poursuit sa laborieuse avancée dans les vallées anthropisées d'Épibatie centrale, malgré les difficultés de terrains, dans sa quête de ressources démographiques pour respecter sa promesse de levée d'un million d'hommes. Mais selon les informations de l'État-Major, le camp de Ioannes XII manquerait toujours autant d'armes, alors même que la présence des troupes dans les campagnes et l'augmentation du nombre de "volontaires" prive de bras l'arrière, tout en augmentant les prélèvements sur l'économie locale. La capacité d'une guerre longue pour le camp ioannite ne convainc pas les experts, tant la logistique fait défaut aux "rebelles", quand leurs adversaires jouissent d'une d'importations alimentaires, notamment à destination des civils, quasiment illimitées.

Posté : sam. sept. 21, 2019 8:45 pm
par Arios
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Le grand malaise des clercs

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Un moine épibate sur les hauteurs de Raggia, territoire occupé par l'Armée Libre d'Épibatie[/center]

Comment réagir, en tant que clerc épibate dans les territoires "fidèles" à Giorggis IV, alors que le sommet de la hiérarchie monophysite épibate a proclamé Empereur Ioannes XII ? D'après la tradition dans l'Empire, le chef spirituel et la hiérarchie ecclésiastique encadrent la dynastie et lui confèrent sa légitimité, arbitrant les conflits au sein de la famille régnante et observant au bon déroulement des transitions et des héritages. A l'automne dernier, émettant le jugement que l'Empereur Giorggis IV était compromis pour sa fonction, le chef spirituel monophysite l'Abuna Basilios a nommé un successeur au Roi des Rois en la personne de son frère, Ioannes XII. Depuis, le pays se déchire, faisant le jeu des quêtes d'influence de puissances extérieures, et les hommes d'Églises sont mis face à leur double responsabilité : la pastorale, partout où ils se trouvent, et la loyauté à la hiérarchie de l'Église, qui leur commande de ne plus reconnaître qu'un seul Roi-messie, Ioannes XII.

[url=https://nsa40.casimages.com/img/2019/09/17/19091710133741662.png]Les territoires demeurés sous la houlette de Giorggis IV[/url] ne concernent pas le coeur de l'Empire d'Épibatie, culturellement, ethniquement et spirituellement. Seule la maitrise de Gighida assure au camp lébiro-épibate le contrôle d'un lieu symbolique au centre de l'aire monophysite, la ville historique majeure de l'Empire, avec sa cathédrale, ses églises, ses monastères, sa mémoire. Mais les "rebelles" du camp ioannite se sont rendus maîtres, en plus de l'essentiel des campagnes épibates, d'importantes vallées montagnardes, où niche peut-être encore mieux qu'entre les pierres des hommes la spiritualité de l'Épibatie, dans son rapport à l'immense Création, et à la toute puissance démiurgique du Seigneur. Le sanctuaire du lac de Sciarsciëvire ou le monastère de Sornaggi, aux confins du toit du monde, sont des endroits majeurs qu'aucun des deux camps n'occupe à cette heure, car ces lieux n'ont pas d'importance stratégique apparente.

Les milliers de clercs monophysites présents dans les territoires de Giorggis IV ne sont évidemment pas des agents de l'extérieur, prêts à placer leur fidélité hiérarchie au-dessus du simple exercice de leur mission au service de la Foi. Beaucoup font la différence entre ce qui relève de leur mission évangélique, et de la mission politique que se sont vue confiés les clercs au fil de l'Histoire de l'Église d'Épibatie. Sans connaître véritablement le rapport que souhaite construire entre l'État et l'Église le camp de l'Empereur déchu qui ne veut pas déchoir, alors que sa propre l'Église a prétendu l'éliminer et qu'il combat aujourd'hui par l'épée les volontés de l'Abuna, les clercs entendent continuer à faire vivre la Foi épibate sans l'enfermer dans des considérations politiques : "Il faudrait que l'on quitte nos fidèles, nos lieux de vie, nos sanctuaires, pour nous retrancher derrière les lignes de front, aux côtés de gens d'armes qui n'ont pas toujours témoigné de leur grand amour pour le Christ, prétendant exclure petit à petit du Royaume chrétien les territoires gagnés par les armes par les adversaires de Ioannes ? Ne serait-ce pas là une grande erreur ?" interroge l'archiprêtre monophysite d'Aghgia.

Car aux côtés des Haut-Illythes aujourd'hui choyés par l'État-Major de Megersa Nezzebo, figurent les prêtres catholiques et coptes, trop heureux de voir advenir un régime dans lequel leurs dogmes ne seraient pas inféodés dans l'ombre de ceux du Monophysisme. Et les prêtres épibates le savent : s'ils désertent pour Ioannes XII, ils diminuent l'influence de leur Foi, et la condamne peut-être à une position inconfortable, moralement, dans le coeur de trop nombreux fidèles sincères, mais désireux aujourd'hui de soutenir la modernisation promise par le camp de Giorggis IV et de la Ligue de Lébira. "Sans nul doute, nous devrons nous réformer. De fait, si Giorggis IV gagne, l'Abuna Basilios devra céder sa place. Qui sait si nous aurons encore un Abuna ?" - plus que jamais les clercs épibates sont dans l'expectative eschatologique.