Activités diverses
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Arios
[center]Une porte en banlieue...[/center]
[center][img]https://i.redditmedia.com/adutnOB7HsBt1yVn--e-XuY1iv2XHZMkFn_74RFehOA.jpg?w=320&s=5ec1d59025794d30b81432209c211ac1[/img][/center]
Les portes s'enchainaient une à une. Grises, métallisées, recouvertes de tags et de petits stickers du genre de ceux que l'on trouve dans les paquets de fromages à emporter. Elles s'ouvraient puis se refermaient, après avoir écouté ce qu'on avait à leur dire. C'étaient des portes froides, orientées plein nord, chaleureuses comme un novembre au Tötternland. Elles donnaient sur un balcon-couloir commun, d'habitude bondé d'enfants plus ou moins à jour dans leur carnet de santé et roulant sur des tracteurs et des camions de plastique. Ce jour-là, les enfants étaient rentrés derrière les portes. Et celles-ci s'ouvraient, répondant aux coups familiers contre elles. Deux hommes visitaient les habitants un à un, sur leur palier, le long du long couloir.
L'habitant : Bonjour Don Bonaldi, bonjour, que me vaut l'honneur ?
Don Bonaldi n'était qu'un trentenaire passe-partout, au moins dans le milieu des banlieues de Miliameni et des autres principales cités de l'Alilée, mais aussi dans les campagnes, qui vivaient accrochées à leur poste de télévision, renvoyant les codes vestimentaires de toute la société populaire urbaine. Il était accompagné d'un autre jeune homme.
Don Bonaldi : Bonjour Giuseppe, comment ça va la famille ? On vient te demander pour qui tu veux voter.
L'habitant : Ah, je ne sais pas, comme d'habitude j'imagine. Et vous, que me conseillez-vous ?
Don Bonaldi : Cette année, je te conseille de voter pour le Movimento. Je pense que c'est le mieux. Tu ne le penses pas toi ?
L'habitant : Si, je pense, c'est le mieux si vous le dîtes, je vous fais confiance.
Don Bonaldi : Surtout, dis bien à ta femme que c'est le mieux. Et tes filles, elles sont grandes maintenant ? Tu vas les appeler, tu vas leur dire aussi que le Movimento, c'est le mieux, pour cette année en tous cas.
L'habitant : Je vous fais confiance, Don Bonaldi, mais je ne pensais pas que cela vous plairait...
Don Bonaldi : Si, ça me plait, c'est bon, tu vas voter pour le Movimento, ta femme et tes filles aussi. Mais surtout, ne me mens pas, tu sais que j'ai des hommes à moi dans ton bureau... tu votes pour qui tu veux, mais ne me dis pas que tu votes pour un autre, on est amis, on ne peut pas se mentir entre amis.
L'habitant : Bien sûr, Don Bonaldi, si je vous dis que je vote pour le Movimento, alors c'est fait. Et je le dirais à mes filles. C'est tout ?
Don Bonaldi : Oui, c'est tout, passe une bonne journée Giuseppe.
Et les habitants se succédaient, les portes s'ouvraient et se refermaient, entonnant à peu près le même discours, et ce dans tous les longs balcon-couloirs de la cité.
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Les portes s'enchainaient une à une. Grises, métallisées, recouvertes de tags et de petits stickers du genre de ceux que l'on trouve dans les paquets de fromages à emporter. Elles s'ouvraient puis se refermaient, après avoir écouté ce qu'on avait à leur dire. C'étaient des portes froides, orientées plein nord, chaleureuses comme un novembre au Tötternland. Elles donnaient sur un balcon-couloir commun, d'habitude bondé d'enfants plus ou moins à jour dans leur carnet de santé et roulant sur des tracteurs et des camions de plastique. Ce jour-là, les enfants étaient rentrés derrière les portes. Et celles-ci s'ouvraient, répondant aux coups familiers contre elles. Deux hommes visitaient les habitants un à un, sur leur palier, le long du long couloir.
L'habitant : Bonjour Don Bonaldi, bonjour, que me vaut l'honneur ?
Don Bonaldi n'était qu'un trentenaire passe-partout, au moins dans le milieu des banlieues de Miliameni et des autres principales cités de l'Alilée, mais aussi dans les campagnes, qui vivaient accrochées à leur poste de télévision, renvoyant les codes vestimentaires de toute la société populaire urbaine. Il était accompagné d'un autre jeune homme.
Don Bonaldi : Bonjour Giuseppe, comment ça va la famille ? On vient te demander pour qui tu veux voter.
L'habitant : Ah, je ne sais pas, comme d'habitude j'imagine. Et vous, que me conseillez-vous ?
Don Bonaldi : Cette année, je te conseille de voter pour le Movimento. Je pense que c'est le mieux. Tu ne le penses pas toi ?
L'habitant : Si, je pense, c'est le mieux si vous le dîtes, je vous fais confiance.
Don Bonaldi : Surtout, dis bien à ta femme que c'est le mieux. Et tes filles, elles sont grandes maintenant ? Tu vas les appeler, tu vas leur dire aussi que le Movimento, c'est le mieux, pour cette année en tous cas.
L'habitant : Je vous fais confiance, Don Bonaldi, mais je ne pensais pas que cela vous plairait...
Don Bonaldi : Si, ça me plait, c'est bon, tu vas voter pour le Movimento, ta femme et tes filles aussi. Mais surtout, ne me mens pas, tu sais que j'ai des hommes à moi dans ton bureau... tu votes pour qui tu veux, mais ne me dis pas que tu votes pour un autre, on est amis, on ne peut pas se mentir entre amis.
L'habitant : Bien sûr, Don Bonaldi, si je vous dis que je vote pour le Movimento, alors c'est fait. Et je le dirais à mes filles. C'est tout ?
Don Bonaldi : Oui, c'est tout, passe une bonne journée Giuseppe.
Et les habitants se succédaient, les portes s'ouvraient et se refermaient, entonnant à peu près le même discours, et ce dans tous les longs balcon-couloirs de la cité.
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Arios
Économie Répartition des salaires par secteur (2033)
[center][url=http://nsa39.casimages.com/img/2017/09/19/17091912483186598.png][img]http://nsa39.casimages.com/img/2017/09/18/170918095354788835.png[/img][/url][/center]
Le tableau concerne tous les actifs, dont étrangers.
La masse salariale NET² ainsi que le Revenu NET² sont obtenus après retranchement, du salaire BRUT, des impôts et cotisations, mais non des taxes indirectes comme l'équivalent-TVA (TTM).
Le Revenu NET² est donc un porte-feuille de consommation.
Les salaires BRUT ont été obtenus en ayant pour objectif total la somme des Dépenses Publiques, de la Consommation des Ménages (obtenue par découpage préalable du PIB*), majoré de 10% pour comprendre la part des particuliers de l'Investissement, défini par la FIDES, soient autour de 30% de cet Investissement qui est considéré comme de l'investissement immobilier des particuliers.
*Consommation des Ménages + Dépenses Publiques = PIB - Balance Commerciale - Investissement
[center][url=http://nsa39.casimages.com/img/2017/09/19/17091912483186598.png][img]http://nsa39.casimages.com/img/2017/09/18/170918095354788835.png[/img][/url][/center]
Le tableau concerne tous les actifs, dont étrangers.
La masse salariale NET² ainsi que le Revenu NET² sont obtenus après retranchement, du salaire BRUT, des impôts et cotisations, mais non des taxes indirectes comme l'équivalent-TVA (TTM).
Le Revenu NET² est donc un porte-feuille de consommation.
Les salaires BRUT ont été obtenus en ayant pour objectif total la somme des Dépenses Publiques, de la Consommation des Ménages (obtenue par découpage préalable du PIB*), majoré de 10% pour comprendre la part des particuliers de l'Investissement, défini par la FIDES, soient autour de 30% de cet Investissement qui est considéré comme de l'investissement immobilier des particuliers.
*Consommation des Ménages + Dépenses Publiques = PIB - Balance Commerciale - Investissement
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Arios
Consommation Véhicules personnels
Avec une population de 13 millions de citoyens, le pays possède un parc automobile de 3,5 millions de véhicules . Parc vieillissant, qui retarde le pays dans sa capacité de transition écologique, et qui favorise l'économie parallèle pour les pièces détachées (essentiellement contrefaites).
Le Montalvo a besoin aujourd'hui d'implanter des concessionnaires étrangers sur son territoire, voire des centres de stockages et usines d'assemblage de firmes de production automobile. À défaut, les voitures sont importées depuis les pays voisins.
En terme d'importations de voitures étrangères, le Montalvo n'applique aucun droit de douane sur les importations de particuliers ; le parc montalvéen évoluera en fonction de l'attrait des catalogues étrangers, auprès d'une population diverse.
Chaque année, un dixième du parc est renouvelé en neuf, soient 350 000 véhicules.
Dans le même temps, les Montalvéens dédient 3 459 950 000 $ par an aux Transports (s : http://www.simpolitique.com/post322449.html#p322449 ). Une partie de cette somme est utilisée pour les voyages en avion, en ferry, l'achat des abonnements aux transports en commun, les liaisons en car...
On peut estimer que 1,5 milliards $ sont réservés chaque année à l'achat de véhicules neufs, soient 4 285 $ par véhicule. Devant ce pouvoir d'achat, sont privilégiés :
Avec une population de 13 millions de citoyens, le pays possède un parc automobile de 3,5 millions de véhicules . Parc vieillissant, qui retarde le pays dans sa capacité de transition écologique, et qui favorise l'économie parallèle pour les pièces détachées (essentiellement contrefaites).
Le Montalvo a besoin aujourd'hui d'implanter des concessionnaires étrangers sur son territoire, voire des centres de stockages et usines d'assemblage de firmes de production automobile. À défaut, les voitures sont importées depuis les pays voisins.
En terme d'importations de voitures étrangères, le Montalvo n'applique aucun droit de douane sur les importations de particuliers ; le parc montalvéen évoluera en fonction de l'attrait des catalogues étrangers, auprès d'une population diverse.
Chaque année, un dixième du parc est renouvelé en neuf, soient 350 000 véhicules.
Dans le même temps, les Montalvéens dédient 3 459 950 000 $ par an aux Transports (s : http://www.simpolitique.com/post322449.html#p322449 ). Une partie de cette somme est utilisée pour les voyages en avion, en ferry, l'achat des abonnements aux transports en commun, les liaisons en car...
On peut estimer que 1,5 milliards $ sont réservés chaque année à l'achat de véhicules neufs, soient 4 285 $ par véhicule. Devant ce pouvoir d'achat, sont privilégiés :
- -Les véhicules Northern Stars (Commonwealth) : 35% - Environ 122 500 véhicules importés et vendus par an.
Volatilité des prix Proximité
-Les véhicules Faishan motors (Kaiyuan) : 25% - Environ 87 500 véhicules importés et vendus par an.
Pas de véhicules familiaux Accessibilité des prix et implantation de concessionnaires
-Les véhicules Cxiela (Amarantie-Kodomo) : 20% - Environ 70 000 véhicules importés et vendus par an.
Volatilité des prix, véhicules de luxe, nécessité d'infrastructures spéciales Proximité
-Les véhicules RAZ (Bykova) : 15% - Environ 52 500 véhicules importés et vendus par an.
Prix un peu élevés et éloignement
-Les véhicules Hanasu-Kabak (Kodomo) : 5% - Environ 17 500 véhicules importés et vendus par an.
Volatilité des prix et éloignement
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Arios
[center]Les illusionnistes 1/?[/center]
[center][img]http://www.secondowelfare.it/images/articoli/home_assolombarda_osservatorio-welfare-aziendale_secondo-welfare.jpg[/img][/center]
Le Ministre de l'Économie, devant le parterre du Movimento dei Affari e Capi, syndicat patronal hégémonique dans la Ligue. Vers 22h, dans un immeuble de verre du Corso dei Vincitorri, avenue majeure de Cartagina.
Maometto Buazizi : [...] Aussi, mes chers amis, il ne peut pas y avoir de socialisme, fût-il internationaliste, sans que n'ait été préalablement préparé son nid. On ne peut pas redistribuer des richesses qui n'auraient pas encore été créées, et pour les créer, nous avons besoin de la puissance des hommes d'action, des hommes de ressources, des capitaines d'industrie. Si tout homme était un génie, alors pourquoi entasserions-nous des pauvres malheureux à la frontière du désert, fauchés par les 4x4 des gardes frontières dans leur chemin vers une illusion ? L'immigration sélective vient renforcer le corps social actif des travailleurs, et donner à nos usines ce que nos femmes n'ont pas voulu offrir à la collectivité. L'immigration sélective vient remplacer ce que d'impuissants nous comptons parmi nos propres nationaux.
Je sais que certains d'entre-vous n'aiment pas le mot socialisme. Il comporte une référence trop importante à la philosophie eschatologique du sectarisme communiste, il emporte avec lui des définitions et des concepts qui nous sont étrangers - et tant mieux. Mais préférez alors le mot social. Nous avons besoin du social pour tenir la pyramide des différentes couches qui composent la population. Il nous faut redistribuer une partie de ce que nous créons.
En somme, il ne peut y avoir de socialisme, national ou plus idéaliste, sans frontières et sans effort préalable conduit par l'élite du peuple. Car sans ces frontières, externes et internes, on n'y voit plus rien, et il est impossible de créer un régime donnant à chacun de quoi subsister, de quoi prendre une part de plaisir durant sa vie terrestre. On ne peut pas répartir des dividendes dans des cases, avant que n'eût été dressé le tableau nécessaire à cela.
Attablés, applaudissant de temps à autres, les principaux patrons de la Ligue et des alentours dégustaient leur champagne, leurs écrevisses et leurs petits pains rond, de sésame couronnés.
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[center][img]https://i.ytimg.com/vi/3UYC_gZA4UY/mqdefault.jpg[/img][/center]
Des inconnus, dans une pièce sombre éclairée de la lumière des écrans d'ordinateurs. Tapant et discutant entre eux malgré le vrombissement des machines, le clignotement des LEDs et le bruit du métro passant non loin derrière les murs.
Inconnu 1 : Ce soir, la grand-messe fasciste à Cartagina.
Inconnu 2 : Hein, tu disais ?
Inconnu 1 : Ce soir, le MAC se réunit au Corso, et Buazizi y fait un discours.
Inconnu 2 : Ah, merde, tu voulais que je prépare quelque chose ? Je peux encore leur couper la lumière si tu veux.
Inconnu 1 : Nan, t'es con, je dis pas ça pour ça. Je disais ça comme ça, continue de bosser sur ton truc. T'en es où ?
Inconnu 2 : Ben, Nuna a dû te montrer ce qu'on a réussi à faire hier.
Inconnu 1 : Ouais, c'était super. Vous êtes ressortis du système sans laisser de traces ?
Inconnu 2 : Non, j'ai pris 3 millions, pour les clopes, connard.
Inconnu 1 : Déconne pas, surtout ne laissez pas de traces.
Inconnu 2 : C'est mon boulot.
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Maometto Buazizi : Les frontières internes, ce sont celles de tous les jours. Celles de la rue, celle de l'immeuble, de quel quartier vous habitez. Du fait que l'épicier vous permet une ardoise ou non. Du fait que vous avez un logement, ou que vous n'en avez pas. Nous devons connaître ces frontières, avant de pouvoir abattre les murs non nécessaires, mais on ne peut pas d'un côté souhaiter qu'elles se maintiennent -c'est anti-économique-, et de l'autre les déclarer abolies avant de réfléchir à comment le faire.
Vous tous, ici, je l'espère, savez que la plupart du monde est une illusion. Le PIB, par exemple, est une illusion, n'est-ce pas ? Si quelqu'un venait à nous couper l'électricité, et que nous ne trouvions le disjoncteur qu'au bout de trois mois - comme lorsque vous descendez dans le garage après une coupure de surtension -, le PIB du pays durant trois mois connaitrait une récession phénoménale. Nous tomberions au niveau du Sokolo, peut-être. Mais une fois l'électricité remise, nous aurions 30, 50, 180% de croissance au trimestre suivant, quand le Sokolo resterait au niveau du plancher. Pourquoi ? Car ce qui comptent, ce sont les structures industrielles, c'est le tissu industriel, la capacité de production au sens large : combien j'ai de champs, combien j'ai de tracteurs, combien j'ai d'usines, combien j'ai de jeunes désargentés pouvant y travailler, combien j'ai de bureaux, et combien de machines à cafés : quelle est l'ampleur du tissu que je mobiliserai, ou remobiliserai après une crise.
Une autre illusion, peut-être plus ahurissante, est celle de l'argent. Je suis sûr que si l'on faisait un sondage dans cette salle, on se rendrait compte que nous-tous sommes de moins bons épargnants que la masse du peuple - car pour avoir travaillé au contact de tout cela, nous savons que l'épargne n'a pas de sens - et ce n'est pas qu'une histoire d'inflation. Votre richesse, vous la devez à votre nom, certes, à vos revenus, oui bien sûr, mais surtout à vos placements, et ces placements sont bien réels - quand l'assurance vie de tout le monde est une illusion. Depuis deux siècles, et sans doute davantage, l'argent n'a pas cessé de se réinventer, et de se virtualiser. Le billet de banque, supercherie suprême des Guildes, fait pâle figure par rapport aux masses phénoménales d'argent scriptural que l'économie moderne et numérique a permis, et à nécessité.
L'argent est la première des frontières internes, et il est nécessaire pour que demain le voisin n'attaque pas le voisin, le riche en ressources ne réduise pas le pauvre en esclavage, la femme ne dévore pas ses enfants. Nous devons tenir cette frontière, la tenir fermement, au risque que l'humanité plonge dans le chaos, dans la jungle, une jungle trop peuplée pour que chacun y cueille les fruits qu'il peut y trouver.
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Inconnu 2 : Et non, je n'ai pas vraiment avancé. On préfère prendre notre temps, avec la bande, vérifier en amont nos lignes de code, tester les logiciels sur maquette. Pour ça, on continue de travailler les maquettes, du coup.
Inconnu 1 : Oui, d'accord, de toutes façons il est trop tôt pour agir.
Inconnu 2 : C'est pas ça, il ne sera jamais trop tôt. C'est juste qu'on ne veut pas laisser de traces, comme tu dis, et c'est du one shot. Le jour où on attaquera, le logiciel devra se démerder. Il faut qu'il connaisse tous leurs systèmes à l'avance.
Inconnu 1 : Je t'ai transféré ce que j'ai glané cette semaine. Apparemment, les squadristi du Gouvernement travaillent sur un nouveau programme de défense. Ils passent par une centaine de proxy, tout est entremêlé, c'est dingue, enfin tu verras.
Inconnu 2 : Oui, je l'ai lu ce matin, ça ne m'alarme pas, rien d'indépassable. D'autant qu'ils le changeront encore avant qu'on puisse attaquer. Les centaines de millions de l'année dernière et de cette année leur permette de recruter des types assez bons. Mais franchement, pour 600 millions de Lires, j'aurais fait un bouclier un peu meilleur.
Inconnu 1 : Tu sais que sektor124 travaille pour eux maintenant ?
Inconnu 2 : Oui, Natacha lui a parlé dernièrement.
Inconnu 1 : Tu déconnes, encore avec ce faux profil ? Tu fais pas gaffe putain, Zibibbo peut remonter à toi, il peut utiliser ton microphone.
Inconnu 2 : D'abord j'ai retiré tous capteurs extérieurs, ensuite je ne parle pas quand je joue Natacha, au cas où il y aurait un micro caché dans le PC. Pour le Webcam, je suis sûr, j'ai tout démonté. Et l'ordi est à la sœur de ma copine, donc, pas trop de risques. Ce profil ne fait rien de suspect, ça me permet juste de rester en contact avec les traitres.
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Maometto Buazizi : Le mur de l'argent se lézarde de jours en jours sous les coups répétés de la Mafia. Je devrais dire, "des" Mafias, car la réussite économique a augmenté notre potentiel à subir l'hospitalité que nous accordons à divers groupes nationaux, plus ou moins développés, qui complexifient encore davantage le paysage de la criminalité. Le trafic de l'argent, qui s'instaure sur les trafics au sens large, fait du mal à notre économie et à notre capacité à préparer ce monde de justice, dans lequel vous, capitaines d'industries, aurez un rôle ne pouvant être remis en cause : celui de patrons, redistribuant dans la justice ce qui peut être redistribué, et uniquement ce qui peut être redistribué.
C'est pourquoi, vous avez intérêt à collaborer avec le gouvernement. Vous devez accompagner la force publique dans son effort de lutte contre la criminalité. Vous devez cessez les alliances dangereuses avec le destin morbide et infertile des réseaux criminels. De force physique et de force financière, il ne doit rester que l'État, l'État tout puissant, et nous ne tomberons pas dans le piège d'en faire un outil d'imposition excessif afin de devoir contrôler les moindres faits et gestes. Il y a une place pour la justice sociale sans le trop-plein de supervision étatique et de dépenses publiques, mais cette place ne peut se trouver que dans le contrôle rationnel des capitaux.
C'est pourquoi, encore, notre pays a vocation à la numérisation, à la modernisation par la scripturalisation monétaire. Demain, chacun des achats, chacune des actions commerciales du moindre citoyen, dès 14 ans, sera connue de l'État - il vaut mieux qu'elle soit connue de l'État, plutôt qu'inconnue, quand nous savons que les plus grosses entreprises d'entre les vôtres les suivent déjà à la trace. C'est le jeu, nous devons vous accompagner dans cette évolution des mœurs, de la connaissance, de la régie publique. Les pièces et les billets vont disparaître, dans votre intérêt, dans notre intérêt, dans l'intérêt populaire de sécurité, d'abord, et de contrôle strict d'une économie plus facile à entretenir, accompagner, faire fructifier. Sans la monnaie papier, et dans un effort national strict de contrôle et d'avant-garde quant à la domination du numérique, les Mafias disparaîtront, et le mérite de l'homme ne sera plus entravé car les chiffres justes seront-là pour témoigner de sa vertu.
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Inconnu 1 : Tu penses à quel délai, sinon ?
Inconnu 2 : Encore une fois, on peut lancer ça demain, le tout est de se préparer au maximum ; je crois que ça n'urge pas complètement. Je t'ai dis, ils se rôdent. Plus on attend, plus on construit des choses nouvelles que nos anciens potes n'imaginent pas, et plus on sera efficace.
Inconnu 1 : Et... tu y crois ?
Inconnu 2 : Oui j'y crois, sinon je ne serais pas là. C'est possible, on sait déjà transférer l'argent de comptes en comptes. Il nous faut juste un compte assez grand pour tout mettre dessus. Un compte officiel, logé quelque part... avec l'autorisation pour paramétrer surtout.
Inconnu 1 : Paramétrer ?
Inconnu 2 : Paramétrer la suppression.
Inconnu 1 : La suppression de quoi ?
Inconnu 2 : La suppression de tout le putain d'argent qui circule dans ce pays.
[center][img]http://1.bp.blogspot.com/-SfaOsaaISgs/Tcl7q_CBIUI/AAAAAAAAAAw/CPZOsSbJ1M4/s320/Avenue_H._Bourguiba_%2528la_nuit%2529_-_Tunis.jpg[/img][/center]
[center][img]http://www.secondowelfare.it/images/articoli/home_assolombarda_osservatorio-welfare-aziendale_secondo-welfare.jpg[/img][/center]
Le Ministre de l'Économie, devant le parterre du Movimento dei Affari e Capi, syndicat patronal hégémonique dans la Ligue. Vers 22h, dans un immeuble de verre du Corso dei Vincitorri, avenue majeure de Cartagina.
Maometto Buazizi : [...] Aussi, mes chers amis, il ne peut pas y avoir de socialisme, fût-il internationaliste, sans que n'ait été préalablement préparé son nid. On ne peut pas redistribuer des richesses qui n'auraient pas encore été créées, et pour les créer, nous avons besoin de la puissance des hommes d'action, des hommes de ressources, des capitaines d'industrie. Si tout homme était un génie, alors pourquoi entasserions-nous des pauvres malheureux à la frontière du désert, fauchés par les 4x4 des gardes frontières dans leur chemin vers une illusion ? L'immigration sélective vient renforcer le corps social actif des travailleurs, et donner à nos usines ce que nos femmes n'ont pas voulu offrir à la collectivité. L'immigration sélective vient remplacer ce que d'impuissants nous comptons parmi nos propres nationaux.
Je sais que certains d'entre-vous n'aiment pas le mot socialisme. Il comporte une référence trop importante à la philosophie eschatologique du sectarisme communiste, il emporte avec lui des définitions et des concepts qui nous sont étrangers - et tant mieux. Mais préférez alors le mot social. Nous avons besoin du social pour tenir la pyramide des différentes couches qui composent la population. Il nous faut redistribuer une partie de ce que nous créons.
En somme, il ne peut y avoir de socialisme, national ou plus idéaliste, sans frontières et sans effort préalable conduit par l'élite du peuple. Car sans ces frontières, externes et internes, on n'y voit plus rien, et il est impossible de créer un régime donnant à chacun de quoi subsister, de quoi prendre une part de plaisir durant sa vie terrestre. On ne peut pas répartir des dividendes dans des cases, avant que n'eût été dressé le tableau nécessaire à cela.
Attablés, applaudissant de temps à autres, les principaux patrons de la Ligue et des alentours dégustaient leur champagne, leurs écrevisses et leurs petits pains rond, de sésame couronnés.
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[center][img]https://i.ytimg.com/vi/3UYC_gZA4UY/mqdefault.jpg[/img][/center]
Des inconnus, dans une pièce sombre éclairée de la lumière des écrans d'ordinateurs. Tapant et discutant entre eux malgré le vrombissement des machines, le clignotement des LEDs et le bruit du métro passant non loin derrière les murs.
Inconnu 1 : Ce soir, la grand-messe fasciste à Cartagina.
Inconnu 2 : Hein, tu disais ?
Inconnu 1 : Ce soir, le MAC se réunit au Corso, et Buazizi y fait un discours.
Inconnu 2 : Ah, merde, tu voulais que je prépare quelque chose ? Je peux encore leur couper la lumière si tu veux.
Inconnu 1 : Nan, t'es con, je dis pas ça pour ça. Je disais ça comme ça, continue de bosser sur ton truc. T'en es où ?
Inconnu 2 : Ben, Nuna a dû te montrer ce qu'on a réussi à faire hier.
Inconnu 1 : Ouais, c'était super. Vous êtes ressortis du système sans laisser de traces ?
Inconnu 2 : Non, j'ai pris 3 millions, pour les clopes, connard.
Inconnu 1 : Déconne pas, surtout ne laissez pas de traces.
Inconnu 2 : C'est mon boulot.
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Maometto Buazizi : Les frontières internes, ce sont celles de tous les jours. Celles de la rue, celle de l'immeuble, de quel quartier vous habitez. Du fait que l'épicier vous permet une ardoise ou non. Du fait que vous avez un logement, ou que vous n'en avez pas. Nous devons connaître ces frontières, avant de pouvoir abattre les murs non nécessaires, mais on ne peut pas d'un côté souhaiter qu'elles se maintiennent -c'est anti-économique-, et de l'autre les déclarer abolies avant de réfléchir à comment le faire.
Vous tous, ici, je l'espère, savez que la plupart du monde est une illusion. Le PIB, par exemple, est une illusion, n'est-ce pas ? Si quelqu'un venait à nous couper l'électricité, et que nous ne trouvions le disjoncteur qu'au bout de trois mois - comme lorsque vous descendez dans le garage après une coupure de surtension -, le PIB du pays durant trois mois connaitrait une récession phénoménale. Nous tomberions au niveau du Sokolo, peut-être. Mais une fois l'électricité remise, nous aurions 30, 50, 180% de croissance au trimestre suivant, quand le Sokolo resterait au niveau du plancher. Pourquoi ? Car ce qui comptent, ce sont les structures industrielles, c'est le tissu industriel, la capacité de production au sens large : combien j'ai de champs, combien j'ai de tracteurs, combien j'ai d'usines, combien j'ai de jeunes désargentés pouvant y travailler, combien j'ai de bureaux, et combien de machines à cafés : quelle est l'ampleur du tissu que je mobiliserai, ou remobiliserai après une crise.
Une autre illusion, peut-être plus ahurissante, est celle de l'argent. Je suis sûr que si l'on faisait un sondage dans cette salle, on se rendrait compte que nous-tous sommes de moins bons épargnants que la masse du peuple - car pour avoir travaillé au contact de tout cela, nous savons que l'épargne n'a pas de sens - et ce n'est pas qu'une histoire d'inflation. Votre richesse, vous la devez à votre nom, certes, à vos revenus, oui bien sûr, mais surtout à vos placements, et ces placements sont bien réels - quand l'assurance vie de tout le monde est une illusion. Depuis deux siècles, et sans doute davantage, l'argent n'a pas cessé de se réinventer, et de se virtualiser. Le billet de banque, supercherie suprême des Guildes, fait pâle figure par rapport aux masses phénoménales d'argent scriptural que l'économie moderne et numérique a permis, et à nécessité.
L'argent est la première des frontières internes, et il est nécessaire pour que demain le voisin n'attaque pas le voisin, le riche en ressources ne réduise pas le pauvre en esclavage, la femme ne dévore pas ses enfants. Nous devons tenir cette frontière, la tenir fermement, au risque que l'humanité plonge dans le chaos, dans la jungle, une jungle trop peuplée pour que chacun y cueille les fruits qu'il peut y trouver.
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Inconnu 2 : Et non, je n'ai pas vraiment avancé. On préfère prendre notre temps, avec la bande, vérifier en amont nos lignes de code, tester les logiciels sur maquette. Pour ça, on continue de travailler les maquettes, du coup.
Inconnu 1 : Oui, d'accord, de toutes façons il est trop tôt pour agir.
Inconnu 2 : C'est pas ça, il ne sera jamais trop tôt. C'est juste qu'on ne veut pas laisser de traces, comme tu dis, et c'est du one shot. Le jour où on attaquera, le logiciel devra se démerder. Il faut qu'il connaisse tous leurs systèmes à l'avance.
Inconnu 1 : Je t'ai transféré ce que j'ai glané cette semaine. Apparemment, les squadristi du Gouvernement travaillent sur un nouveau programme de défense. Ils passent par une centaine de proxy, tout est entremêlé, c'est dingue, enfin tu verras.
Inconnu 2 : Oui, je l'ai lu ce matin, ça ne m'alarme pas, rien d'indépassable. D'autant qu'ils le changeront encore avant qu'on puisse attaquer. Les centaines de millions de l'année dernière et de cette année leur permette de recruter des types assez bons. Mais franchement, pour 600 millions de Lires, j'aurais fait un bouclier un peu meilleur.
Inconnu 1 : Tu sais que sektor124 travaille pour eux maintenant ?
Inconnu 2 : Oui, Natacha lui a parlé dernièrement.
Inconnu 1 : Tu déconnes, encore avec ce faux profil ? Tu fais pas gaffe putain, Zibibbo peut remonter à toi, il peut utiliser ton microphone.
Inconnu 2 : D'abord j'ai retiré tous capteurs extérieurs, ensuite je ne parle pas quand je joue Natacha, au cas où il y aurait un micro caché dans le PC. Pour le Webcam, je suis sûr, j'ai tout démonté. Et l'ordi est à la sœur de ma copine, donc, pas trop de risques. Ce profil ne fait rien de suspect, ça me permet juste de rester en contact avec les traitres.
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Maometto Buazizi : Le mur de l'argent se lézarde de jours en jours sous les coups répétés de la Mafia. Je devrais dire, "des" Mafias, car la réussite économique a augmenté notre potentiel à subir l'hospitalité que nous accordons à divers groupes nationaux, plus ou moins développés, qui complexifient encore davantage le paysage de la criminalité. Le trafic de l'argent, qui s'instaure sur les trafics au sens large, fait du mal à notre économie et à notre capacité à préparer ce monde de justice, dans lequel vous, capitaines d'industries, aurez un rôle ne pouvant être remis en cause : celui de patrons, redistribuant dans la justice ce qui peut être redistribué, et uniquement ce qui peut être redistribué.
C'est pourquoi, vous avez intérêt à collaborer avec le gouvernement. Vous devez accompagner la force publique dans son effort de lutte contre la criminalité. Vous devez cessez les alliances dangereuses avec le destin morbide et infertile des réseaux criminels. De force physique et de force financière, il ne doit rester que l'État, l'État tout puissant, et nous ne tomberons pas dans le piège d'en faire un outil d'imposition excessif afin de devoir contrôler les moindres faits et gestes. Il y a une place pour la justice sociale sans le trop-plein de supervision étatique et de dépenses publiques, mais cette place ne peut se trouver que dans le contrôle rationnel des capitaux.
C'est pourquoi, encore, notre pays a vocation à la numérisation, à la modernisation par la scripturalisation monétaire. Demain, chacun des achats, chacune des actions commerciales du moindre citoyen, dès 14 ans, sera connue de l'État - il vaut mieux qu'elle soit connue de l'État, plutôt qu'inconnue, quand nous savons que les plus grosses entreprises d'entre les vôtres les suivent déjà à la trace. C'est le jeu, nous devons vous accompagner dans cette évolution des mœurs, de la connaissance, de la régie publique. Les pièces et les billets vont disparaître, dans votre intérêt, dans notre intérêt, dans l'intérêt populaire de sécurité, d'abord, et de contrôle strict d'une économie plus facile à entretenir, accompagner, faire fructifier. Sans la monnaie papier, et dans un effort national strict de contrôle et d'avant-garde quant à la domination du numérique, les Mafias disparaîtront, et le mérite de l'homme ne sera plus entravé car les chiffres justes seront-là pour témoigner de sa vertu.
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Inconnu 1 : Tu penses à quel délai, sinon ?
Inconnu 2 : Encore une fois, on peut lancer ça demain, le tout est de se préparer au maximum ; je crois que ça n'urge pas complètement. Je t'ai dis, ils se rôdent. Plus on attend, plus on construit des choses nouvelles que nos anciens potes n'imaginent pas, et plus on sera efficace.
Inconnu 1 : Et... tu y crois ?
Inconnu 2 : Oui j'y crois, sinon je ne serais pas là. C'est possible, on sait déjà transférer l'argent de comptes en comptes. Il nous faut juste un compte assez grand pour tout mettre dessus. Un compte officiel, logé quelque part... avec l'autorisation pour paramétrer surtout.
Inconnu 1 : Paramétrer ?
Inconnu 2 : Paramétrer la suppression.
Inconnu 1 : La suppression de quoi ?
Inconnu 2 : La suppression de tout le putain d'argent qui circule dans ce pays.
[center][img]http://1.bp.blogspot.com/-SfaOsaaISgs/Tcl7q_CBIUI/AAAAAAAAAAw/CPZOsSbJ1M4/s320/Avenue_H._Bourguiba_%2528la_nuit%2529_-_Tunis.jpg[/img][/center]
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Arios
[center]Les illusionnistes 2/?[/center]
[center][img]http://nsa37.casimages.com/img/2016/08/20/160820114912972160.png[/img][/center]
Dans le bureau présidentiel arovaque, le Président Girardo Mascarpone, et l’ex-candidate autonomiste Addolorata Pozzi, battue à deux reprises.
Girardo Mascarpone : Ah, vous voilà, je vous en prie asseyez-vous, je cherche juste quelque chose.
Le Président, debout, agité, fouille les masses de papiers sur les différentes tables et maies de la pièce, l’air inquiet, et surtout pressé.
Addolorata Pozzi : Vous m’avez fait venir… ?
Girardo Mascarpone : Ah, j’ai trouvé. Oui, pardon, je vous ai faite venir.
Il rejoint la chaise de son bureau et s’assoie, reprenant son souffle, passant sa main dans ses cheveux gras et bouclés, retirant ses lunettes et se pinçant entre les deux yeux avant de reprendre la parole.
Girardo Mascarpone : Alors. Vous voulez toujours être présidente ?
Un silence. La fille du charbonnier fixe le président un instant.
Addolorata Pozzi: Je ne comprends pas, M. le Président.
Girardo Mascarpone : Vous voulez toujours être présidente ? Cela vous intéresse toujours ? Oui, non ? Vous aviez un projet, vous vouliez faire de ce pays un pays indépendant, c’est toujours d’actualité ? Si je vous donne les clefs, maintenant, et que je m’enfuis, vous pouvez assumer la présidence ?
Addolorata Pozzi: Mais euh, ça ne marche pas comme ça, je dois être élue, il faut organiser des élections. Et puis pourquoi partiriez-vous ? Qu’est-ce que… je ne comprends rien.
Girardo Mascarpone : Je comprends. Écoutez, ça reste entre nous, mais je reviens de Cartagina. J’ai l’impression d’être un gamin, un putain de gamin. Un putain de gros gamin obèse. Peut-être que j’en suis un, mais je sais une chose, c’est que je n’aime pas ce qui se prépare. Ils ne m’ont pas laissé l’occasion de m’expliquer comme j’aurais voulu. Vous savez que je suis là un peu par hasard. Et bah voilà, je n’ai pas réussi à faire entendre mes arguments au Conseil. Ils m’ont déballé leur projet, ils m’ont dit que si j’étais d’accord c’était bien, sinon ils se débrouilleraient.
Addolorata Pozzi: S’il vous plait, M. le Président, expliquez les choses plus…
Girardo Mascarpone : Arrêtez de m’appeler M. le Président, putain, est-ce que j’ai un tête de président ?
Addolorata Pozzi: Pardon. Mais je ne comprends rien, reprenez vos esprits, ou ce n’est pas la peine…
Girardo Mascarpone : Je suis allé au Conseil. Il y avait moi, il y avait Abo Darfi, il y avait le Président Giuseppe Veraldini, il y avait Cavafella, le type imposé par Cartagina. On a rencontré les instances bancaires, M. Spazziris, puis on s’est réuni entre présidents.
Addolorata Pozzi: Et alors ?
Girardo Mascarpone : Et alors ils vont supprimer l’argent ! Il vont supprimer l’argent ! Supprimer l’argent liquide ! Dans 72h, il n’y aura plus un seul billet de banque à retirer, tout sera numérisé ! La banque centrale contrôlera la moindre de vos dépenses !
Un nouveau silence.
Girardo Mascarpone : Alors voilà, moi je me casse, mais avant, je veux mettre à l’abri la Province. S’il faut l’indépendance, alors on fera l’indépendance. On peut la faire aujourd’hui, vous comprenez, parce-qu’on a encore des billets de banque. Mais demain ? Je ne suis pas très intelligent, mais je sais que lorsque Cartagina et ses petits amis de la Montefiori contrôleront tout par ordinateur, vos doux rêves d’indépendance ou même d’autonomie, vous pourrez vous les… enterrer.
Un silence, encore.
Addolorata Pozzi: Vous partez où ?
Girardo Mascarpone: Loin, en Dorimarie d’abord. Je dois partir loin, ou ils me retrouveront pour se venger.
Addolorata Pozzi: Alors pourquoi moi, et comment voulez-vous faire ?
Un autre silence.
Girardo Mascarpone : Vous, parce que vous aviez déjà un projet pour l’indépendance. Les autres, ils sont vendus, c’est la même chose.
Tout en caressant son tailleur bleu au niveau de la cuisse pour en chasser les poils de chats :
Addolorata Pozzi: Un plan, oui, certes, même si on s’était assez vite recadré. Par contre, le Sénat, ils sont tous aussi vendus à Cartagina, vous le savez bien. Il nous faudrait des voix N&L et UCS pour faire adopter, je ne sais pas quoi, quelque chose qui court-circuiterait leurs projets…
Girardo Mascarpone : Je sais, c’est difficile, et le Sénat ne peut pas vous nommer présidente, seule Cartagina a ce pouvoir, mais dès que je me serai retiré, ils tenteront d’imposer un autre technocrate, comme Massimo Cavafella en Alilée. J’ai réfléchi longtemps, il n’y a qu’une solution : je vais briser le silence, et organiser un vote pour ou contre la suppression de la monnaie liquide. Vous, vous donnerez des consignes à vos rangs, et aux écologistes. J’ai encore un ou deux amis au Sénat pour entraîner quelques voies contre. Cela doit passer.
Addolorata Pozzi : A quel moment je deviens présidente ?
Girardo Mascarpone : Dans le texte à voter il y aura une clause d’autonomie. La Constitution de 1953 sera suspendue par le choix des Sénateurs, qui auront valeur d’assemblée constituante. Le Sénat aura le pouvoir de désigner l’exécutif, à la place de Cartagina. Il suffira de faire un vote pour confirmer cela, et un vote pour vous désigner présidente.
Addolorata Pozzi: Cela fait beaucoup de votes…
Girardo Mascarpone : On n’a pas le choix, eux non plus, les Sénateurs seront face à deux choix : la répression et la dictature bancaire, ou vous nommer présidente, la mieux placée pour conduire le pays durant son processus d’indépendance.
Addolorata Pozzi: Je marche. On commence quand ?
Le président se lève, il éteint la lampe de bureau, mets ses habituelles lunettes de soleil et se dirige vers la porte.
Girardo Mascarpone : Maintenant, venez, j’ai fait réunir le Sénat en séance exceptionnelle.
[center][img]http://nsa37.casimages.com/img/2016/08/20/160820114912972160.png[/img][/center]
Dans le bureau présidentiel arovaque, le Président Girardo Mascarpone, et l’ex-candidate autonomiste Addolorata Pozzi, battue à deux reprises.
Girardo Mascarpone : Ah, vous voilà, je vous en prie asseyez-vous, je cherche juste quelque chose.
Le Président, debout, agité, fouille les masses de papiers sur les différentes tables et maies de la pièce, l’air inquiet, et surtout pressé.
Addolorata Pozzi : Vous m’avez fait venir… ?
Girardo Mascarpone : Ah, j’ai trouvé. Oui, pardon, je vous ai faite venir.
Il rejoint la chaise de son bureau et s’assoie, reprenant son souffle, passant sa main dans ses cheveux gras et bouclés, retirant ses lunettes et se pinçant entre les deux yeux avant de reprendre la parole.
Girardo Mascarpone : Alors. Vous voulez toujours être présidente ?
Un silence. La fille du charbonnier fixe le président un instant.
Addolorata Pozzi: Je ne comprends pas, M. le Président.
Girardo Mascarpone : Vous voulez toujours être présidente ? Cela vous intéresse toujours ? Oui, non ? Vous aviez un projet, vous vouliez faire de ce pays un pays indépendant, c’est toujours d’actualité ? Si je vous donne les clefs, maintenant, et que je m’enfuis, vous pouvez assumer la présidence ?
Addolorata Pozzi: Mais euh, ça ne marche pas comme ça, je dois être élue, il faut organiser des élections. Et puis pourquoi partiriez-vous ? Qu’est-ce que… je ne comprends rien.
Girardo Mascarpone : Je comprends. Écoutez, ça reste entre nous, mais je reviens de Cartagina. J’ai l’impression d’être un gamin, un putain de gamin. Un putain de gros gamin obèse. Peut-être que j’en suis un, mais je sais une chose, c’est que je n’aime pas ce qui se prépare. Ils ne m’ont pas laissé l’occasion de m’expliquer comme j’aurais voulu. Vous savez que je suis là un peu par hasard. Et bah voilà, je n’ai pas réussi à faire entendre mes arguments au Conseil. Ils m’ont déballé leur projet, ils m’ont dit que si j’étais d’accord c’était bien, sinon ils se débrouilleraient.
Addolorata Pozzi: S’il vous plait, M. le Président, expliquez les choses plus…
Girardo Mascarpone : Arrêtez de m’appeler M. le Président, putain, est-ce que j’ai un tête de président ?
Addolorata Pozzi: Pardon. Mais je ne comprends rien, reprenez vos esprits, ou ce n’est pas la peine…
Girardo Mascarpone : Je suis allé au Conseil. Il y avait moi, il y avait Abo Darfi, il y avait le Président Giuseppe Veraldini, il y avait Cavafella, le type imposé par Cartagina. On a rencontré les instances bancaires, M. Spazziris, puis on s’est réuni entre présidents.
Addolorata Pozzi: Et alors ?
Girardo Mascarpone : Et alors ils vont supprimer l’argent ! Il vont supprimer l’argent ! Supprimer l’argent liquide ! Dans 72h, il n’y aura plus un seul billet de banque à retirer, tout sera numérisé ! La banque centrale contrôlera la moindre de vos dépenses !
Un nouveau silence.
Girardo Mascarpone : Alors voilà, moi je me casse, mais avant, je veux mettre à l’abri la Province. S’il faut l’indépendance, alors on fera l’indépendance. On peut la faire aujourd’hui, vous comprenez, parce-qu’on a encore des billets de banque. Mais demain ? Je ne suis pas très intelligent, mais je sais que lorsque Cartagina et ses petits amis de la Montefiori contrôleront tout par ordinateur, vos doux rêves d’indépendance ou même d’autonomie, vous pourrez vous les… enterrer.
Un silence, encore.
Addolorata Pozzi: Vous partez où ?
Girardo Mascarpone: Loin, en Dorimarie d’abord. Je dois partir loin, ou ils me retrouveront pour se venger.
Addolorata Pozzi: Alors pourquoi moi, et comment voulez-vous faire ?
Un autre silence.
Girardo Mascarpone : Vous, parce que vous aviez déjà un projet pour l’indépendance. Les autres, ils sont vendus, c’est la même chose.
Tout en caressant son tailleur bleu au niveau de la cuisse pour en chasser les poils de chats :
Addolorata Pozzi: Un plan, oui, certes, même si on s’était assez vite recadré. Par contre, le Sénat, ils sont tous aussi vendus à Cartagina, vous le savez bien. Il nous faudrait des voix N&L et UCS pour faire adopter, je ne sais pas quoi, quelque chose qui court-circuiterait leurs projets…
Girardo Mascarpone : Je sais, c’est difficile, et le Sénat ne peut pas vous nommer présidente, seule Cartagina a ce pouvoir, mais dès que je me serai retiré, ils tenteront d’imposer un autre technocrate, comme Massimo Cavafella en Alilée. J’ai réfléchi longtemps, il n’y a qu’une solution : je vais briser le silence, et organiser un vote pour ou contre la suppression de la monnaie liquide. Vous, vous donnerez des consignes à vos rangs, et aux écologistes. J’ai encore un ou deux amis au Sénat pour entraîner quelques voies contre. Cela doit passer.
Addolorata Pozzi : A quel moment je deviens présidente ?
Girardo Mascarpone : Dans le texte à voter il y aura une clause d’autonomie. La Constitution de 1953 sera suspendue par le choix des Sénateurs, qui auront valeur d’assemblée constituante. Le Sénat aura le pouvoir de désigner l’exécutif, à la place de Cartagina. Il suffira de faire un vote pour confirmer cela, et un vote pour vous désigner présidente.
Addolorata Pozzi: Cela fait beaucoup de votes…
Girardo Mascarpone : On n’a pas le choix, eux non plus, les Sénateurs seront face à deux choix : la répression et la dictature bancaire, ou vous nommer présidente, la mieux placée pour conduire le pays durant son processus d’indépendance.
Addolorata Pozzi: Je marche. On commence quand ?
Le président se lève, il éteint la lampe de bureau, mets ses habituelles lunettes de soleil et se dirige vers la porte.
Girardo Mascarpone : Maintenant, venez, j’ai fait réunir le Sénat en séance exceptionnelle.
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Arios
[center]Les illusionnistes 3/?[/center]
[center][img]http://nsa37.casimages.com/img/2016/08/21/160821045857798343.png[/img]
"Palazio" et non "Palazzo", héritage d'un orthographe moyen-nazalien du mot[/center]
Un grand monsieur, joufflu, avance dans un couloir, les mains croisées dans son dos. Il scrute les tableaux, les boiseries, les lustres, le trait fin des plinthes aux motifs hyptates et des arabiques dorées cernant les miroirs, balançant le regard de gauche à droite, en passant par en bas et damier de marbres rose et blanc du sol. Tournant à droite à l'angle, il fait le tour du jardin central, ouvert sur le ciel, suivant le plan à la manière d'un cloître ancien ou d'une villa latine, des deux.
Il est suivi, à une vingtaine de pas, par deux autres hommes, se privant pas de parler à voix haute, mais rapidement, précipitamment, en mâchant volontairement les syllabes et en altérant les sons d'accents régionaux.
Le conseiller : Vous êtes sûr de vous ?
Maometto Buazizi : Pour votre information, c'est M. Darfi qui a insisté lourdement pour que cette solution soit privilégiée.
Le conseiller : Et c'est définitif ?
Maometto Buazizi : Rien n'est définitif que le dessein de Dieu.
Le conseiller : Mais encore, s'il vous plait, c'est définitif ?
Maometto Buazizi : Il faut l'unanimité du Conseil.
Le conseiller : Pourquoi ne vous ont-ils pas nommé vous, au Conseil, ou même à la Présidence ?
Maometto Buazizi : Je n'aime pas la place du mort.
Le gros homme, devant, s'arrête devant une peinture représentant la cavalerie croisée, fonçant contre les hordes barbares défendant le port de Magh-al-rati.
L'homme : Magnifico, quando anne fa ?
Maommeto Buazizi : Oh, XIIIème, Signore.
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[center][img]http://www.turkcealtyazi.org/resimler/prs/3370158/m-slimane-dazi-vq5v5.jpg[/img]
Simone Zagri, président du SFL[/center]
Séance de 11 heures, le 15 mars, au Sénat arovaque. Dans les couloirs, une atmosphère plus lourde que d'habitude. Il y a quelques heures, le Sénat a contourné la Constitution et élit directement une Présidente, chargée de négocier l'autonomie de la Province puis son indépendance en cas de querelle fiscale. La machine à cafés vrombit, les secrétaires trimballent du papier de couloir en couloir, le petit hémicycle de 60 places se remplit doucement, on entend les voitures arriver une à une dans la cours extérieure... Et puis soudain, on se rend compte que ce sont des camionnettes.
Des hommes armés, uniformes noirs, pénètrent dans le bâtiment, grimpent les escaliers. Un portier se prend un gnon accidentel, lorsqu'un des soldats lui prête l'intention de bloquer une porte.
Un gradé brandit un mégaphone et parle.
Officier : Tout le monde pose ce qu'il a entre les mains. Mains sur la tête. Évacuation du bâtiment. Vous êtes placés en garde-à-vue pour intelligence contre l'État.
Un sous-officier accourt vers son supérieur, le fusil entre les mains, le salue et lui rapporte.
Sous-officier : Aucunes traces de Boucle d'Or.
Officier : Fouillez les caves, le dortoir, la salle des fournitures, raflez tout le monde, rendez-vous en bas dans 2 minutes.
Et dans son mégaphone :
Officier : Tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous. Merci de faciliter le travail des agents. N'emportez rien. Suivez calmement les agents jusque dans la cours.
-----------------------------
[center][img]http://diaspora-grecque.com/modules/addresses/images/shots/mousei02[/img][/center]
Dans une des salles du grand musée de Miliameni, les Sénateurs aliléens ont été réunis. Tenus et gardés par des personnels du SFL, ils ne pipent mot, restent debout dans la pénombre, alignés comme des pièces d'un jeu d'échec, comme des statues en réserve, certain tentant discrètement de se soulager les vertèbres en s'appuyant de temps à autre les mains sur leurs genoux. Une camionnette militaire arrive, provoquant l'attention de certains gardes, dont le chef va à la rencontre du véhicule.
Gradé SFL : Maggiore Fulceschini, mes respects mon lieutenant, je vous prie de m'indiquer ce que vous faites dans la zone ?
Réserviste : Mes respects, Maggiore, Sottotenente Lezzini, j'ai une ordonnance des Services Provinciaux, comme quoi les Sénateurs doivent être libérés.
Gradé SFL : Impossible, Sottotenente, nous prenons nos ordres de Cartagina. Qu'en disent vos supérieurs de rang ?
Réserviste : J'ai également une ordonnance des Services Provinciaux, comme quoi la Réserve ne dépend plus des rangs réguliers.
Gradé SFL : Retournez aux casernes, ne suivez que le commandement militaire, les ordres tentant de le contourner sont l'émanation des rebelles. Je devrais vous faire arrêter pour désertion à cette heure.
Le lieutenant de réserve replie son papier, l'air déçu et préoccupé.
Gradé SFL : Retournez à votre caserne d'affectation avec ces hommes, ne répondez plus aux ordres civils, ce n'en sont pas. Le rang vous communiquera toute la marche à suivre.
Réserviste : Bien, mes respects Maggiore, bonne journée.
Gradé SFL : Bonne journée, Sottotenente.
Après être remonté dans le véhicule, celui-ci s'en alla, non sans que ses passagers, tous réservistes en uniforme, ne lancent des regards de désapprobation devant la scène où les Sénateurs, en rangs d'oignons, patientaient dans l'inquiétude face aux mitrailleuse des paramilitaires du contre-terrorisme.
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[center][img]http://www.delo.si/assets/media/picture/iman/2007_05/janez.drnovsek.predsednik.damjan.zibert1a.jpg?rev=1[/img][/center]
Le Directeur de la Banque Centrale, Fabbio Spazziris, s'exprime face à une poignée de personnes dans le salon d'un des immeubles de la BdM, à Cartagina.
Fabbio Spazziris : S'il vous plait, laissez-moi voir vos mains. Voilà, mains sur le bureau, ah ah, comme à l'école, sinon c'est un coup de règle. Non, je plaisante, bien sûr. Voilà, on est tout bon ?
Il fait signe à une gardienne de fermer les portes derrière elle en quittant la salle.
Fabbio Spazziris : Mes chers amis, c'est un grand jour.
Stupéfaction, puis amusement.
Fabbio Spazziris : Si, si, une province sur trois veut créer sa propre monnaie, deux provinces sur trois veulent faire sécession, la Présidence est décapitée, du moins pour l'instant, on n'est pas sûr qu'il reste assez de présidents de province pour nommer un dirigeant à l'exécutif...
L'amusement fait place à des rires plus francs. "Tu es un génie, Fabbio !" lance un des hommes.
Fabbio Spazziris : Oh non, j'ai du sang froid, c'est tout, mais c'est gentil. Ce n'est pas du génie, c'est du sang froid. Alors voilà, les distributeurs sont fermés depuis deux jours en Alilée, pareil en Arovaquie, on les a fermé ce matin en Nazalie - mais pas de mouvement, n'est-ce pas Lisa ?
Une quinquagénaire à lunettes, tailleur, cheveux d'une mauvaise couleur rousse lui répond.
Lisa : Rien de spécial, comme un samedi je dirais.
Fabbio Spazziris : Ils sont bien ces Nazaliens. Donc pas de mouvement particulier. Enfin tout est fermé. Vous avez annoncé la réouverture comme prévu ?
Lisa : Réouverture annoncée sur toutes les télévisions dans 24h. L'annulation du projet a été comprise jusqu'en dehors des frontières, jusqu'au Vonalya, alors c'est pour dire.
Fabbio Spazziris : Voilà. Et donc, je vous laisse me dire, même si je le sais déjà, où est la Lire ?
Lisa : Elle est loin, elle est haute, bien haute, presque au-dessus d'il y a trois jours. Elle est bien remontée.
Fabbio Spazziris : C'est bien la preuve que plus personne ne s'y attend.
Il fait une pause, se penche sur la gauche, sort un papier de sa poche arrière droite et le déplie.
Fabbio Spazziris : Voici l'autorisation écrite du Ministre de l'Économie, paraphée par les autres personnalités du gouvernement général.
Il montre le papier à l'assistance.
Fabbio Spazziris : Je vous annonce la fin de l'argent liquide.
[center][img]http://nsa37.casimages.com/img/2016/08/21/160821045857798343.png[/img]
"Palazio" et non "Palazzo", héritage d'un orthographe moyen-nazalien du mot[/center]
Un grand monsieur, joufflu, avance dans un couloir, les mains croisées dans son dos. Il scrute les tableaux, les boiseries, les lustres, le trait fin des plinthes aux motifs hyptates et des arabiques dorées cernant les miroirs, balançant le regard de gauche à droite, en passant par en bas et damier de marbres rose et blanc du sol. Tournant à droite à l'angle, il fait le tour du jardin central, ouvert sur le ciel, suivant le plan à la manière d'un cloître ancien ou d'une villa latine, des deux.
Il est suivi, à une vingtaine de pas, par deux autres hommes, se privant pas de parler à voix haute, mais rapidement, précipitamment, en mâchant volontairement les syllabes et en altérant les sons d'accents régionaux.
Le conseiller : Vous êtes sûr de vous ?
Maometto Buazizi : Pour votre information, c'est M. Darfi qui a insisté lourdement pour que cette solution soit privilégiée.
Le conseiller : Et c'est définitif ?
Maometto Buazizi : Rien n'est définitif que le dessein de Dieu.
Le conseiller : Mais encore, s'il vous plait, c'est définitif ?
Maometto Buazizi : Il faut l'unanimité du Conseil.
Le conseiller : Pourquoi ne vous ont-ils pas nommé vous, au Conseil, ou même à la Présidence ?
Maometto Buazizi : Je n'aime pas la place du mort.
Le gros homme, devant, s'arrête devant une peinture représentant la cavalerie croisée, fonçant contre les hordes barbares défendant le port de Magh-al-rati.
L'homme : Magnifico, quando anne fa ?
Maommeto Buazizi : Oh, XIIIème, Signore.
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[center][img]http://www.turkcealtyazi.org/resimler/prs/3370158/m-slimane-dazi-vq5v5.jpg[/img]
Simone Zagri, président du SFL[/center]
Séance de 11 heures, le 15 mars, au Sénat arovaque. Dans les couloirs, une atmosphère plus lourde que d'habitude. Il y a quelques heures, le Sénat a contourné la Constitution et élit directement une Présidente, chargée de négocier l'autonomie de la Province puis son indépendance en cas de querelle fiscale. La machine à cafés vrombit, les secrétaires trimballent du papier de couloir en couloir, le petit hémicycle de 60 places se remplit doucement, on entend les voitures arriver une à une dans la cours extérieure... Et puis soudain, on se rend compte que ce sont des camionnettes.
Des hommes armés, uniformes noirs, pénètrent dans le bâtiment, grimpent les escaliers. Un portier se prend un gnon accidentel, lorsqu'un des soldats lui prête l'intention de bloquer une porte.
Un gradé brandit un mégaphone et parle.
Officier : Tout le monde pose ce qu'il a entre les mains. Mains sur la tête. Évacuation du bâtiment. Vous êtes placés en garde-à-vue pour intelligence contre l'État.
Un sous-officier accourt vers son supérieur, le fusil entre les mains, le salue et lui rapporte.
Sous-officier : Aucunes traces de Boucle d'Or.
Officier : Fouillez les caves, le dortoir, la salle des fournitures, raflez tout le monde, rendez-vous en bas dans 2 minutes.
Et dans son mégaphone :
Officier : Tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous. Merci de faciliter le travail des agents. N'emportez rien. Suivez calmement les agents jusque dans la cours.
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[center][img]http://diaspora-grecque.com/modules/addresses/images/shots/mousei02[/img][/center]
Dans une des salles du grand musée de Miliameni, les Sénateurs aliléens ont été réunis. Tenus et gardés par des personnels du SFL, ils ne pipent mot, restent debout dans la pénombre, alignés comme des pièces d'un jeu d'échec, comme des statues en réserve, certain tentant discrètement de se soulager les vertèbres en s'appuyant de temps à autre les mains sur leurs genoux. Une camionnette militaire arrive, provoquant l'attention de certains gardes, dont le chef va à la rencontre du véhicule.
Gradé SFL : Maggiore Fulceschini, mes respects mon lieutenant, je vous prie de m'indiquer ce que vous faites dans la zone ?
Réserviste : Mes respects, Maggiore, Sottotenente Lezzini, j'ai une ordonnance des Services Provinciaux, comme quoi les Sénateurs doivent être libérés.
Gradé SFL : Impossible, Sottotenente, nous prenons nos ordres de Cartagina. Qu'en disent vos supérieurs de rang ?
Réserviste : J'ai également une ordonnance des Services Provinciaux, comme quoi la Réserve ne dépend plus des rangs réguliers.
Gradé SFL : Retournez aux casernes, ne suivez que le commandement militaire, les ordres tentant de le contourner sont l'émanation des rebelles. Je devrais vous faire arrêter pour désertion à cette heure.
Le lieutenant de réserve replie son papier, l'air déçu et préoccupé.
Gradé SFL : Retournez à votre caserne d'affectation avec ces hommes, ne répondez plus aux ordres civils, ce n'en sont pas. Le rang vous communiquera toute la marche à suivre.
Réserviste : Bien, mes respects Maggiore, bonne journée.
Gradé SFL : Bonne journée, Sottotenente.
Après être remonté dans le véhicule, celui-ci s'en alla, non sans que ses passagers, tous réservistes en uniforme, ne lancent des regards de désapprobation devant la scène où les Sénateurs, en rangs d'oignons, patientaient dans l'inquiétude face aux mitrailleuse des paramilitaires du contre-terrorisme.
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[center][img]http://www.delo.si/assets/media/picture/iman/2007_05/janez.drnovsek.predsednik.damjan.zibert1a.jpg?rev=1[/img][/center]
Le Directeur de la Banque Centrale, Fabbio Spazziris, s'exprime face à une poignée de personnes dans le salon d'un des immeubles de la BdM, à Cartagina.
Fabbio Spazziris : S'il vous plait, laissez-moi voir vos mains. Voilà, mains sur le bureau, ah ah, comme à l'école, sinon c'est un coup de règle. Non, je plaisante, bien sûr. Voilà, on est tout bon ?
Il fait signe à une gardienne de fermer les portes derrière elle en quittant la salle.
Fabbio Spazziris : Mes chers amis, c'est un grand jour.
Stupéfaction, puis amusement.
Fabbio Spazziris : Si, si, une province sur trois veut créer sa propre monnaie, deux provinces sur trois veulent faire sécession, la Présidence est décapitée, du moins pour l'instant, on n'est pas sûr qu'il reste assez de présidents de province pour nommer un dirigeant à l'exécutif...
L'amusement fait place à des rires plus francs. "Tu es un génie, Fabbio !" lance un des hommes.
Fabbio Spazziris : Oh non, j'ai du sang froid, c'est tout, mais c'est gentil. Ce n'est pas du génie, c'est du sang froid. Alors voilà, les distributeurs sont fermés depuis deux jours en Alilée, pareil en Arovaquie, on les a fermé ce matin en Nazalie - mais pas de mouvement, n'est-ce pas Lisa ?
Une quinquagénaire à lunettes, tailleur, cheveux d'une mauvaise couleur rousse lui répond.
Lisa : Rien de spécial, comme un samedi je dirais.
Fabbio Spazziris : Ils sont bien ces Nazaliens. Donc pas de mouvement particulier. Enfin tout est fermé. Vous avez annoncé la réouverture comme prévu ?
Lisa : Réouverture annoncée sur toutes les télévisions dans 24h. L'annulation du projet a été comprise jusqu'en dehors des frontières, jusqu'au Vonalya, alors c'est pour dire.
Fabbio Spazziris : Voilà. Et donc, je vous laisse me dire, même si je le sais déjà, où est la Lire ?
Lisa : Elle est loin, elle est haute, bien haute, presque au-dessus d'il y a trois jours. Elle est bien remontée.
Fabbio Spazziris : C'est bien la preuve que plus personne ne s'y attend.
Il fait une pause, se penche sur la gauche, sort un papier de sa poche arrière droite et le déplie.
Fabbio Spazziris : Voici l'autorisation écrite du Ministre de l'Économie, paraphée par les autres personnalités du gouvernement général.
Il montre le papier à l'assistance.
Fabbio Spazziris : Je vous annonce la fin de l'argent liquide.
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Arios
[center]Les illusionnistes 4/?[/center]
[center][img]http://www.repubblica.it/2009/04/sezioni/esteri/attacchi-pirati/maestrale/este_22140830_09000.jpg[/img]
Une des frégates de la flotte Santa Eusebia[/center]
Salle des commandes du navire.
Wolframo di Santaregina, Generale delle forze armate della Lega di Montalvo : Très bien, je ne serai pas long, messieurs les Colonels ici présents sont de ceux qui... m'accompagnent. Ils ont fait un choix, respectez-le, d'autres en ont fait un différent, respectons-le également. Devant les imminences politiques, les choix faits par nos dirigeants, improvisés, il est compréhensible que nous-autres militaires puissions prendre également des choix, irréguliers, improvisés.
Le pouvoir vous attribuera très prochainement un nouveau chef d'État-Major, du moins je l'espère, pour la pérénnité d'une certaine indépendance militaire, indépendance dans l'esprit, qui me permet aujourd'hui de sortir, afin de mieux préparer, je le crois, une alternative - je sais que certains ne le comprennent pas, ou du moins ne le soutiennent pas et le critiquent. Mais c'est un choix, encore une fois, et l'Histoire seule aura la prérogative de juger, de nous juger.
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[center][img]http://nsa37.casimages.com/img/2016/08/21/160821045857798343.png[/img][/center]
Bureau du Président général. Le ministre de l'Économie tend un dossier à l'homme occupant le siège.
Maometto Buazizi : Voici, donc, le procès verbal officiel de votre nomination. Signé par les trois Présidents de province.
L'homme, toujours aussi goguenard, remercie en riant.
L'homme : Les trois présidents de province, c'est ça, les trois présidents. Bonne idée que vous avez eu, trois présidents, et moi-aussi je suis président, ça fait quatre présidents. Ah ah, c'est pas grave, d'accord.
Il ouvre le dossier.
L'homme : Massimo Cavafella, right, bon gars, good, good. Abo Darfi, yes, great. C'est bon ça... Addolorata Pozzi, Mrs. Pozzi, formidable, gentille petite dame, au final, hein ce n'est pas ?
Maometto Buazizi : Madame Pozzi s'est montrée compréhensive, elle a appréhendé sa marge de manoeuvre avec une grande intelligence. C'était, tout compte fait, une alliée.
L'homme repose le dossier, refermé, sur le bureau.
L'homme : Ok, maintenant, n'oubliez pas surtout, il faut retrouver le fils de pute qui vous a mis là, le cheveux-bouclés, j'espère que vos services sont sur le coup. Peut-être Madame Pozzi vous a aidé, non ? Vous avez la direction dans laquelle ce connard est parti, ah ah, au moins !
Maometto Buazizi : Sans doute. Permettez-moi de vous donner un second dossier, vous devez nous dire quelle sera votre décision quant aux...
L'homme saisit le dossier d'une main et l'ouvre.
L'homme : Ah, quelle jolie langue vous avez, la langue de ma mère, ça me remémore tant de souvenirs, c'est vrai... c'est vrai... c'est bien. Oui, dîtes-moi, je ne veux pas faire d'erreur de lecture, de quoi est-ce ?
Maometto Buazizi : La liste des Sénateurs arovaques et aliléens ayant voté des textes illégaux, par rapport à la Constitution, par rapport aux lois générales en vigueur. Nous devons savoir, ce qu'on en fait, si on les transfèr...
L'homme : Juste les gens qui ont voté ces textes n'est-ce pas ?
Maometto Buazizi : Uniquement eux, sur la liste, oui.
L'homme : Ok, donc vous allez faire ceci : vous allez les pendre.
Silence.
L'homme : Ah ah ah !
Décontraction du Ministre, qui s'essuie le front.
L'homme : Quelle est la plus belle avenue de votre... capitale, à, euh, l'Arovaquie ?
Silence.
Maometto Buazizi : L'Avenue Silevicio, sans nul doute.
L'homme : Et à l'Alilée ?
Maometto Buazizi : Le corso del Sole, à Miliameni.
L'homme : Ok, vous allez réveiller les gens des télécoms, et vous allez leur faire tendre un fil bien en évidence le long de ces deux belles avenues, et vous allez y accrocher les Sénateurs, tous les Sénateurs qui ont violé les lois générales et la Constitution de nineteen fifty-three, ok ? Je vous remercie, donnez la consigne à qui le doit recevoir.
Maometo Buazizi : Je comprends. Les citoyens doivent voir qu'on ne viole pas les lois. La... rigueur à l'égard du politique est une attente réelle des honnêtes contribuables, alors je comprends.
L'homme : Bien, je suis ravi que vous comprenez. Merci, M. Buazizi, je vous ferai rappeler dans la soirée, je dois voir un petit peu mes appartements et j'ai mal à mes sciatiques, vous savez, alors peut-être see you soon, ok ? Merci pour tout, M. Buazizi, et ne vous en faites pas, on va remettre votre pays à quatre présidents sur les rails, vous allez voir, ne vous faites aucun souci pour le business et pour l'ordre public.
Maometto Buazizi : Bonne soirée M. le Président, peut-être à tout à l'heure. Et bienvenue en Nazalie, encore une fois.
[center][img]https://d1k5w7mbrh6vq5.cloudfront.net/images/cache/45/bd/66/45bd664cd2c51608ddbe1c51f335e4bd.jpg[/img]
Sir Edmund Butler, Duke of Kunnington / Edmondo Boterlo, Duca di Conitono
Lord of Britonnia, Knight of the Commonwealth, League of Montalvo's Governor / Presidente generale della Lega di Montalvo[/center]
[center][img]http://www.repubblica.it/2009/04/sezioni/esteri/attacchi-pirati/maestrale/este_22140830_09000.jpg[/img]
Une des frégates de la flotte Santa Eusebia[/center]
Salle des commandes du navire.
Wolframo di Santaregina, Generale delle forze armate della Lega di Montalvo : Très bien, je ne serai pas long, messieurs les Colonels ici présents sont de ceux qui... m'accompagnent. Ils ont fait un choix, respectez-le, d'autres en ont fait un différent, respectons-le également. Devant les imminences politiques, les choix faits par nos dirigeants, improvisés, il est compréhensible que nous-autres militaires puissions prendre également des choix, irréguliers, improvisés.
Le pouvoir vous attribuera très prochainement un nouveau chef d'État-Major, du moins je l'espère, pour la pérénnité d'une certaine indépendance militaire, indépendance dans l'esprit, qui me permet aujourd'hui de sortir, afin de mieux préparer, je le crois, une alternative - je sais que certains ne le comprennent pas, ou du moins ne le soutiennent pas et le critiquent. Mais c'est un choix, encore une fois, et l'Histoire seule aura la prérogative de juger, de nous juger.
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[center][img]http://nsa37.casimages.com/img/2016/08/21/160821045857798343.png[/img][/center]
Bureau du Président général. Le ministre de l'Économie tend un dossier à l'homme occupant le siège.
Maometto Buazizi : Voici, donc, le procès verbal officiel de votre nomination. Signé par les trois Présidents de province.
L'homme, toujours aussi goguenard, remercie en riant.
L'homme : Les trois présidents de province, c'est ça, les trois présidents. Bonne idée que vous avez eu, trois présidents, et moi-aussi je suis président, ça fait quatre présidents. Ah ah, c'est pas grave, d'accord.
Il ouvre le dossier.
L'homme : Massimo Cavafella, right, bon gars, good, good. Abo Darfi, yes, great. C'est bon ça... Addolorata Pozzi, Mrs. Pozzi, formidable, gentille petite dame, au final, hein ce n'est pas ?
Maometto Buazizi : Madame Pozzi s'est montrée compréhensive, elle a appréhendé sa marge de manoeuvre avec une grande intelligence. C'était, tout compte fait, une alliée.
L'homme repose le dossier, refermé, sur le bureau.
L'homme : Ok, maintenant, n'oubliez pas surtout, il faut retrouver le fils de pute qui vous a mis là, le cheveux-bouclés, j'espère que vos services sont sur le coup. Peut-être Madame Pozzi vous a aidé, non ? Vous avez la direction dans laquelle ce connard est parti, ah ah, au moins !
Maometto Buazizi : Sans doute. Permettez-moi de vous donner un second dossier, vous devez nous dire quelle sera votre décision quant aux...
L'homme saisit le dossier d'une main et l'ouvre.
L'homme : Ah, quelle jolie langue vous avez, la langue de ma mère, ça me remémore tant de souvenirs, c'est vrai... c'est vrai... c'est bien. Oui, dîtes-moi, je ne veux pas faire d'erreur de lecture, de quoi est-ce ?
Maometto Buazizi : La liste des Sénateurs arovaques et aliléens ayant voté des textes illégaux, par rapport à la Constitution, par rapport aux lois générales en vigueur. Nous devons savoir, ce qu'on en fait, si on les transfèr...
L'homme : Juste les gens qui ont voté ces textes n'est-ce pas ?
Maometto Buazizi : Uniquement eux, sur la liste, oui.
L'homme : Ok, donc vous allez faire ceci : vous allez les pendre.
Silence.
L'homme : Ah ah ah !
Décontraction du Ministre, qui s'essuie le front.
L'homme : Quelle est la plus belle avenue de votre... capitale, à, euh, l'Arovaquie ?
Silence.
Maometto Buazizi : L'Avenue Silevicio, sans nul doute.
L'homme : Et à l'Alilée ?
Maometto Buazizi : Le corso del Sole, à Miliameni.
L'homme : Ok, vous allez réveiller les gens des télécoms, et vous allez leur faire tendre un fil bien en évidence le long de ces deux belles avenues, et vous allez y accrocher les Sénateurs, tous les Sénateurs qui ont violé les lois générales et la Constitution de nineteen fifty-three, ok ? Je vous remercie, donnez la consigne à qui le doit recevoir.
Maometo Buazizi : Je comprends. Les citoyens doivent voir qu'on ne viole pas les lois. La... rigueur à l'égard du politique est une attente réelle des honnêtes contribuables, alors je comprends.
L'homme : Bien, je suis ravi que vous comprenez. Merci, M. Buazizi, je vous ferai rappeler dans la soirée, je dois voir un petit peu mes appartements et j'ai mal à mes sciatiques, vous savez, alors peut-être see you soon, ok ? Merci pour tout, M. Buazizi, et ne vous en faites pas, on va remettre votre pays à quatre présidents sur les rails, vous allez voir, ne vous faites aucun souci pour le business et pour l'ordre public.
Maometto Buazizi : Bonne soirée M. le Président, peut-être à tout à l'heure. Et bienvenue en Nazalie, encore une fois.
[center][img]https://d1k5w7mbrh6vq5.cloudfront.net/images/cache/45/bd/66/45bd664cd2c51608ddbe1c51f335e4bd.jpg[/img]
Sir Edmund Butler, Duke of Kunnington / Edmondo Boterlo, Duca di Conitono
Lord of Britonnia, Knight of the Commonwealth, League of Montalvo's Governor / Presidente generale della Lega di Montalvo[/center]
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Arios
[center]La simmachia[/center]
[center][img]http://nsa39.casimages.com/img/2017/11/26/171126082926672892.png[/img]
Bandiera della Simmachia[/center]
Depuis de trop nombreux mois, les recettes des principales zones balnéaires d'Alilée sombraient. Et c'était, là, quelque chose d'insupportable pour l'ensemble des petits -et gros- patrons qui contrôlaient le business du tourisme. Edmondo Boterlo, l'ubiquieux président de la Ligue et chef de l'exécutif de Britonnie, n'avait rien fait pour palier à ce manque - et surtout ne pouvait-il rien faire, tant l'économie montalvéenne était dépendante du tourisme, particulièrement en Alilée, province dépourvue de grandes industries.
Alors lorsque les grands tenants de la Mafia avaient envoyé leurs émissaires un peu partout sur les côtes cochipèdes ou lofusiennes, eux déjà menacés et traqués de jours en jours par le pouvoir, il avait été facile d'obtenir le soutien tacite de nombreux commerçants et grands propriétaires de foncier balnéaire, pour le jour X où le peuple en armes se lèverait contre l'infâme occupation étrangère, les persécutions et surtout... cette horrible monnaie électronique, obligeant les citoyens honnêtes à se reporter sur la Lire amarantine, l'acier, ou des coupons de redevance.
De leur côté, les glorieux héros de la résistance populaire se voyaient déjà qui à la tête de la République de Cochipédie, qui de la Grande-Cité de Filipiada, qui jusque dans le Royaume de Nazalie, dans la Marche esclavagiste de Transvélécie ou dans la République des Ravoniche. En attendant, il fallait peaufiner cette alliance, jusque-là officieuse, entre l'organisation de la résistance face au tyran Briton, et les forces vives, financières et matérielles, qui pouvaient émaner du voisin amarantin, tout juste sorti du conflit mondial, comme pour pouvoir mieux rentrer dans la lutte régionale pour la libération de la Ligue de Montalvo.
Ainsi, il fallait envisager une symmachie, une de ces alliances antiques et médiévales, dans lesquelles différentes entités politiques additionnaient leurs moyens afin d'atteindre un but militaire précis, quitte à abandonner leurs rivalités habituelles et jusqu'à leur pleine indépendance décisionnelle. Seule compterait la victoire contre les Britons, pour que revive le monde d'avant... ce monde insouciant où un billet était toujours dissimulable dans un fond de poche, et où une prostitué pouvait faire une partie de ses passes au noir sans mettre à jour son terminal d'encaissement.
[center][img]http://nsa39.casimages.com/img/2017/11/26/171126082926672892.png[/img]
Bandiera della Simmachia[/center]
Depuis de trop nombreux mois, les recettes des principales zones balnéaires d'Alilée sombraient. Et c'était, là, quelque chose d'insupportable pour l'ensemble des petits -et gros- patrons qui contrôlaient le business du tourisme. Edmondo Boterlo, l'ubiquieux président de la Ligue et chef de l'exécutif de Britonnie, n'avait rien fait pour palier à ce manque - et surtout ne pouvait-il rien faire, tant l'économie montalvéenne était dépendante du tourisme, particulièrement en Alilée, province dépourvue de grandes industries.
Alors lorsque les grands tenants de la Mafia avaient envoyé leurs émissaires un peu partout sur les côtes cochipèdes ou lofusiennes, eux déjà menacés et traqués de jours en jours par le pouvoir, il avait été facile d'obtenir le soutien tacite de nombreux commerçants et grands propriétaires de foncier balnéaire, pour le jour X où le peuple en armes se lèverait contre l'infâme occupation étrangère, les persécutions et surtout... cette horrible monnaie électronique, obligeant les citoyens honnêtes à se reporter sur la Lire amarantine, l'acier, ou des coupons de redevance.
De leur côté, les glorieux héros de la résistance populaire se voyaient déjà qui à la tête de la République de Cochipédie, qui de la Grande-Cité de Filipiada, qui jusque dans le Royaume de Nazalie, dans la Marche esclavagiste de Transvélécie ou dans la République des Ravoniche. En attendant, il fallait peaufiner cette alliance, jusque-là officieuse, entre l'organisation de la résistance face au tyran Briton, et les forces vives, financières et matérielles, qui pouvaient émaner du voisin amarantin, tout juste sorti du conflit mondial, comme pour pouvoir mieux rentrer dans la lutte régionale pour la libération de la Ligue de Montalvo.
Ainsi, il fallait envisager une symmachie, une de ces alliances antiques et médiévales, dans lesquelles différentes entités politiques additionnaient leurs moyens afin d'atteindre un but militaire précis, quitte à abandonner leurs rivalités habituelles et jusqu'à leur pleine indépendance décisionnelle. Seule compterait la victoire contre les Britons, pour que revive le monde d'avant... ce monde insouciant où un billet était toujours dissimulable dans un fond de poche, et où une prostitué pouvait faire une partie de ses passes au noir sans mettre à jour son terminal d'encaissement.
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Arios
Travail Sécurité et respect des normes
[center][img]http://nsa39.casimages.com/img/2017/12/08/171208124740336968.png[/img]
TRAVAIL, Respect des normes - NOUS VEILLONS !!! - BNSL[/center]
Depuis bientôt un an, les 60 000 hommes de la Brigata Nazionale della Sicurezza del Lavoro ont rejoint et accompli pour la plupart les formations nécessaires au métier d'inspecteur de la sécurité du travail. Descendant où on ne les attend pas, ils débusquent la fraude et détruisent le matériel des fraudeurs pris sur le fait. Luttant contre les activités non déclarées et les ateliers clandestins reliés au terrorisme mafieux ou séparatiste, ils sont de véritables auxiliaires du bien public, chevaliers des temps modernes au service de la Ligue et de sa prospérité ! Anges protecteurs des intérêts de l'entreprise, la vue de leurs uniformes bien soignés est une réjouissance et un encouragement pour l'investissement dans la Ligue, indivisible, sûre, juste sans être spoliatrice, accordant à chaque homme sa dignité.
W la Lega ! W il Lavoro ! W la Brigata' !
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TRAVAIL, Respect des normes - NOUS VEILLONS !!! - BNSL[/center]
Depuis bientôt un an, les 60 000 hommes de la Brigata Nazionale della Sicurezza del Lavoro ont rejoint et accompli pour la plupart les formations nécessaires au métier d'inspecteur de la sécurité du travail. Descendant où on ne les attend pas, ils débusquent la fraude et détruisent le matériel des fraudeurs pris sur le fait. Luttant contre les activités non déclarées et les ateliers clandestins reliés au terrorisme mafieux ou séparatiste, ils sont de véritables auxiliaires du bien public, chevaliers des temps modernes au service de la Ligue et de sa prospérité ! Anges protecteurs des intérêts de l'entreprise, la vue de leurs uniformes bien soignés est une réjouissance et un encouragement pour l'investissement dans la Ligue, indivisible, sûre, juste sans être spoliatrice, accordant à chaque homme sa dignité.
W la Lega ! W il Lavoro ! W la Brigata' !
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Arios
Sondages Présidentielles aliléennes de Janvier 2035
Creno Instituto per la ricerca politica - sondaggio condotto 5-10 novembre
Si le premier tour des Présidentielles avait lieu ce dimanche, à qui apporteriez-vous votre voix ?
Giustina Taravella, candidate de Nazione&Liberta : 19%
Mara-Mamella Mavrocordato di Sutzopolis, candidate du Movimento Basta Corruzione : 17%
Lino Chefalla, candidat de Forza Alileia : 21%
Alessandro Delando, candidat du Partito Conservativo : 9%
Ne se prononce pas : 34%
En cas de duel entre ces candidats au deuxième tour, à qui apporteriez-vous votre voix ?
Giustina Taravella, candidate de Nazione&Liberta : 62%
Mara-Mamella Mavrocordato di Sutzopolis, candidate du Movimento Basta Corruzione : 38%
Lino Chefalla, candidat de Forza Alileia : 51%
Giustina Taravella, candidate de Nazione&Liberta : 49%
Giustina Taravella, candidate de Nazione&Liberta : 82%
Alessandro Delando, candidat du Partito Conservativo : 18%
Lino Chefalla, candidat de Forza Alileia : 76%
Mara-Mamella Mavrocordato di Sutzopolis, candidate du Movimento Basta Corruzione : 24%
Mara-Mamella Mavrocordato di Sutzopolis, candidate du Movimento Basta Corruzione : 60%
Alessandro Delando, candidat du Partito Conservativo : 40%
Lino Chefalla, candidat de Forza Alileia : 79%
Alessandro Delando, candidat du Partito Conservativo : 21%
Creno Instituto per la ricerca politica - sondaggio condotto 5-10 novembre
Si le premier tour des Présidentielles avait lieu ce dimanche, à qui apporteriez-vous votre voix ?
Giustina Taravella, candidate de Nazione&Liberta : 19%
Mara-Mamella Mavrocordato di Sutzopolis, candidate du Movimento Basta Corruzione : 17%
Lino Chefalla, candidat de Forza Alileia : 21%
Alessandro Delando, candidat du Partito Conservativo : 9%
Ne se prononce pas : 34%
En cas de duel entre ces candidats au deuxième tour, à qui apporteriez-vous votre voix ?
Giustina Taravella, candidate de Nazione&Liberta : 62%
Mara-Mamella Mavrocordato di Sutzopolis, candidate du Movimento Basta Corruzione : 38%
Lino Chefalla, candidat de Forza Alileia : 51%
Giustina Taravella, candidate de Nazione&Liberta : 49%
Giustina Taravella, candidate de Nazione&Liberta : 82%
Alessandro Delando, candidat du Partito Conservativo : 18%
Lino Chefalla, candidat de Forza Alileia : 76%
Mara-Mamella Mavrocordato di Sutzopolis, candidate du Movimento Basta Corruzione : 24%
Mara-Mamella Mavrocordato di Sutzopolis, candidate du Movimento Basta Corruzione : 60%
Alessandro Delando, candidat du Partito Conservativo : 40%
Lino Chefalla, candidat de Forza Alileia : 79%
Alessandro Delando, candidat du Partito Conservativo : 21%